الحالة في منطقة البحيرات الكبرى – مجلس الأمن، الجلسة 10240 مجلس الأمن Date: 13 October 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/ar/sc/10240?lang=fr Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Greece · Présidente du Conseil de sécurité [0:04]: Je déclare ouverte la 10 240e séance du Conseil de sécurité. Ordre du jour provisoire pour la présente réunion: Situation dans la région des Grands Lacs. L'ordre du jour est adopté. En vertu de l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, J'invite le représentant du Burundi à présenter à la présente séance. Il en est ainsi décidé. En vertu de l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, j'invite M. Huang Xia, envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, à prendre part à la présente séance. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va entamer l'examen du point 2 de son ordre du jour. J'attire l'attention des membres du Conseil de sécurité sur le document portant la cote S/2026/782, le rapport du Secrétaire général portant sur la mise en œuvre de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région. Je vais donner la parole à M. Huang Xia. UN · Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs [1:34]: Madame la Présidente, distingués membres du Conseil de sécurité, Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de me donner l'occasion de vous informer de l'évolution récente de la situation dans la région des Grands Lacs. Depuis mon dernier exposé devant le Conseil, la mobilisation régionale et internationale en faveur d'une résolution pacifique du conflit dans l'Est de la RDC s'est poursuivie. Les processus de Washington et de Doha ont enregistré des progrès notables. Outre l'engagement continu des parties dans le cadre de ces deux processus, je souhaite souligner deux développements significatifs. Le premier est la signature par les autorités congolaises et des représentants des Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR, d'un protocole relatif à leur désarmement, démobilisation et cantonnement. Cette étape a été suivie de l'élaboration d'un plan opérationnel et d'une feuille de route d'un an, ainsi que des termes de référence d'un comité de suivi. Le deuxième développement concerne l'opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargie plus qui a effectué ses premières missions de vérification à Minembwe, au Sud-Kivu, en août, et à Masisi, au Nord-Kivu, en septembre. Ces développements constituent des avancées encourageantes vers la mise en œuvre des accords déjà conclus. L'Union africaine a également poursuivi ses efforts notamment à travers la mise en œuvre de la feuille de route et du plan d'action de six mois adopté à Gaborone, au Botswana, en juillet, afin d'harmoniser les efforts de médiation. À cet égard, une mission du Panel des facilitateurs s'est rendue du 5 au 11 octobre à Goma, Kigali et Kinshasa afin d'évaluer la situation et d'orienter davantage l'action collective vers la mise en œuvre des engagements pris en faveur de la paix et de la stabilité à l'est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Madame la Présidente, distingués membres du Conseil, Excellences, Mesdames et Messieurs, comme mon cher collègue, le représentant spécial, du Secrétaire général et chef de la MONUSCO, James Swan, l'a décrit lors de sa communication au Conseil de sécurité en septembre dernier. Malgré ces engagements diplomatiques soutenus, la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la République démocratique du Congo a continué de se détériorer. Cette détérioration est intervenue dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes qui continuent de fragiliser les efforts de paix. Un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser, malgré l'appel unanime lancé par ce Conseil dans ses résolutions 2773/2025 et 28 08 2025. Les hostilités se poursuivent dans plusieurs zones avec un coût humain dévastateur pour les populations civiles. L'utilisation croissante de drones armés dans des zones habitées aggrave davantage les souffrances des populations civiles. À cette situation, s'ajoute la propagation de la maladie à virus Ebola. Les développements dans l'est de la RDC ont de lourdes répercussions sur les dynamiques régionales, marquées par les tensions entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que par la méfiance persistante entre le Burundi et le Rwanda. Ce climat de défiance continue d'affecter tant l'évolution du conflit que les perspectives de paix dans la région. Face à ces défis interdépendants, j'ai intensifié mon mandat en étroite coordination avec le représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MONUSCO, M. James Swan, afin de préserver les canaux de dialogue de favoriser la désescalade des tensions régionales et de mobiliser un soutien régional et international cohérent. Dans le prolongement de ces efforts, mon bureau a poursuivi son engagement en faveur de l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité. Le 21 septembre dernier, nous avons co-organisé à New York, avec l'Union africaine et l'Union européenne, une réunion de haut niveau qui a réuni notamment les facilitateurs et d'autres représentants de la médiation conduite par l'Union africaine, des ministres et hauts responsables des pays de la région, ainsi que des partenaires. Les échanges ont mis en évidence l'importance de mieux relier les initiatives locales aux efforts diplomatiques en cours et de garantir la participation pleine, égale et effective et significative des femmes à toutes les étapes des processus de paix, y compris le processus de Doha. Mon bureau poursuit également ses efforts pour soutenir une gestion plus transparente et responsable des ressources naturelles dans la région. Dans ce contexte, le 8 octobre, Nous avons organisé à Lusaka, en partenariat avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL, et le secrétariat du processus de Kimberley, un échange de bonnes pratiques visant à renforcer l'initiative régionale contre l'exploitation illégale des ressources naturelles. Les discussions ont permis d'identifier des pistes concrètes pour améliorer la transparence, la traçabilité et la redevabilité dans les chaînes d'approvisionnement régionales. Les recommandations de ces échanges ont été validées par les ministres des mines des pays membres de la CRGL, hier, le 12 octobre. Enfin, mon bureau a continué de promouvoir la coopération régionale en matière de sécurité. À cet égard, nous faciliterons, en étroite collaboration avec la SRGL, la tenue, le 18 octobre à Lusaka, d'une réunion des ministres de la Défense des pays membres du groupe de contact et de coordination, en l'occurrence le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie. Cette rencontre examinera le projet de procédures opérationnelles standardisées relatives au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement et à la réintégration des membres des groupes armés étrangers. Ces procédures visent à renforcer la coordination entre les pays concernés et pourraient ainsi contribuer aux efforts visant à répondre à la menace que continuent de représenter les FDLR, les ATF, les Reb Tapara et d'autres groupes armés étrangers opérant dans la région. Madame la Présidente, distingués membres du Conseil, Excellences, Mesdames et Messieurs, la question qui se pose à nous tous est celle de savoir comment réduire l'écart manifeste entre les avancées obtenues grâce aux efforts diplomatiques et la situation qui prévaut sur le terrain. À cet égard, permettez-moi de formuler quatre observations sur les domaines où l'attention soutenue du Conseil peut encore faire la différence. Premièrement, il importe de renforcer le rôle stratégique de l'Union africaine. Grâce aux efforts soutenus des médiateurs, les différents efforts de facilitation et de médiation deviennent de plus en plus alignés. La priorité est dès lors de confier à l'Union africaine un rôle plus substantiel, tant dans l'orientation des négociations que dans l'accompagnement de la mise en œuvre des engagements convenus. Une telle implication accrue pourrait fournir un cap commun fondé sur l'expertise et la mémoire institutionnelle des processus précédents, ainsi que sur une vision africaine partagée de la paix durable, et contribuer à faire converger davantage les différentes initiatives. Deuxièmement, Les efforts de paix doivent être davantage inclusifs. Une paix durable exige d'aller au-delà de la simple participation des femmes pour garantir leur influence réelle sur les décisions. Tel est le message sans équivoque qui s'est dégagé de la réunion de haut niveau du 21 septembre. Cela implique de veiller collectivement à ce que les perspectives de la société civile, notamment des femmes et des jeunes, soient désormais intégrées à toutes les étapes du processus, depuis la préparation et la conduite des négociations jusqu'aux mécanismes de mise en œuvre, de vérification et de suivi des accords. Troisièmement, la désescalade et les mesures de confiance doivent être poursuivies sans relâche. Dans un contexte de méfiance persistante, rétablir la confiance entre dirigeants, pays et communautés demeure un élément essentiel à la réussite des processus de paix. C'est à cet égard que la médiation de l'Union africaine a un rôle important à jouer en complément des processus de Washington et de Doha. Pour ma part, je continuerai à appuyer sans relâche les initiatives de renforcement de la confiance, tant au niveau politique qu'à travers des initiatives concrètes visant à favoriser la coopération régionale. Et quatrièmement, une paix durable exigera de s'attaquer aux dynamiques économiques et structurels du conflit. À cet égard, il importe de renforcer l'initiative régionale contre l'exploitation illégale des ressources naturelles de la CRGL et son outil phare, à savoir le Mécanisme régional de certification, afin d'accroître la transparence, la traçabilité et la redevabilité des chaînes de valeur minérales. La finalisation prochaine de la réforme du mécanisme régional constituera une étape importante dans cette direction. Monsieur le Président, distingués membres du Conseil, Excellences, Mesdames, Messieurs, toutes ces priorités doivent s'inscrire dans une vision stratégique de long terme en vue de s'attaquer durablement aux causes profondes de l'instabilité dans la région des Grands Lacs. C'est la vision portée par l'accord-cadre d'Addis-Abeba, principal instrument régional destiné à traiter les causes profondes du conflit. L'accord-cadre d'Addis-Abeba incarne une ambition stratégique et collective de paix et de coopération régionale. Le processus de sa revitalisation doit donc être mené à son terme et porté par une détermination renouvelée de la part de ces pays signataires. L'appui à ce processus continuera de figurer au cœur de l'action de mon bureau, qui demeurera pleinement engagé aux côtés des États de la région et de ses partenaires afin d'en soutenir la mise en œuvre effective. Madame la Présidente, distingués membres du Conseil, Excellences, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de conclure en insistant sur l'urgence de saisir la fenêtre d'opportunité que nous offre actuellement l'alignement accru des efforts de paix. Pareille fenêtre ne reste pas ouverte indéfiniment. J'exhorte donc toutes les parties à transformer les engagements en actions vérifiables et à privilégier la confiance construite par les acquis plutôt que par les déclarations. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [16:46]: Je remercie M. Xia de son exposé. Je vais donner la parole aux membres du Conseil qui souhaitent s'exprimer. Et je vais donner la parole au représentant de la France. France · Représentant [16:55]: Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, je voudrais remercier l'envoyé spécial, M. Wang Xia, pour sa présentation. Je voudrais le remercier aussi pour les indications extrêmement précises qu'il nous a données, pour son action et pour les recommandations opérationnelles à ce Conseil. Je voudrais également le remercier pour la coopération étroite qu'il maintient avec le représentant spécial, M. Swan, avec lequel il a conduit des opérations communes importantes. Je salue également la présence du représentant du Burundi. Madame la Présidente, l'activité persistante des groupes armés à l'est de la République démocratique du Congo alimente l'insécurité pour les civils ainsi que les risques de déstabilisation de la région des Grands Lacs dans son ensemble. La priorité est donc de poursuivre les efforts collectifs pour mettre fin aux hostilités à l'est de la RDC et pour faire avancer les processus de paix. Il est urgent de réduire l'écart entre les engagements pris par les parties et la réalité sur le terrain. Nous restons attentifs aux récents développements marqués par la restructuration récente de mouvements armés revendicatifs sur le plan intérieur, et nous rappelons au strict respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale congolaise. Madame la Présidente, premièrement, le cessez-le-feu doit être concrétisé alors que son mécanisme de vérification est en train de se mettre en place. La France salue les deux premières missions de terrain conduites par le mécanisme conjoint de vérification élargi plus, à Minembwe et Masisi. Nous remercions la Monusco pour le soutien apporté, conformément à son mandat tel que révisé par ce Conseil en décembre dernier, ainsi que l'Union africaine et la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs pour leur appui. Nous réaffirmons notre soutien aux médiations et aux partenaires internationaux ayant contribué à ce résultat: les États-Unis, le Qatar, la Suisse, le Togo. Nous appelons en particulier à appuyer les efforts de la médiation de l'Union africaine. Le récent déplacement des trois facilitateurs en RDC et au Rwanda constitue une contribution utile au processus de paix. Des efforts supplémentaires sont attendus des parties pour pérenniser ce mécanisme et pour concrétiser une cessation permanente des hostilités. Deuxièmement, nous appelons les parties à la mise en oeuvre intégrale et inconditionnelle de la résolution 2773 et des accords conclus sous l'égide des processus de Washington et de Doha. La République démocratique du Congo a présenté au Conseil un protocole de démobilisation des FDLR en juillet dernier. Nous saluons l'implication des autorités congolaises en faveur d'une neutralisation efficace des FDLR et l'arrêt de toute collaboration avec ceux-ci, conformément à la résolution 2773, et nous appelons à la mise en œuvre rapide du protocole. Nous nous tenons prêts à accompagner toute avancée en lien avec les membres du Conseil. Nous rappelons également les dispositions de la résolution 2773 concernant l'appel aux forces rwandaises de défense à se retirer sans condition du territoire congolais et à cesser tout soutien au M23. Troisièmement, le Conseil doit soutenir les efforts régionaux et ceux de l'envoyé spécial visant à traiter les facteurs structurels du conflit. Cela inclut, cela a été mentionné par l'envoyé, la lutte contre l'exploitation et le trafic illicite des ressources naturelles qui continuent de financer les activités des groupes armés et de déposséder les populations des richesses auxquelles elles ont droit. Le Conseil doit rester activement saisi de la situation en exerçant une pression sur les parties pour qu'elles honorent leurs obligations et engagements Il doit aussi se tenir prêt à adopter des mesures contre les acteurs faisant obstacle à la paix, comme nous l'avons fait en sanctionnant 6 individus et 2 entités en juillet dernier. Enfin, sur le plan humanitaire, le droit international humanitaire doit être respecté en toutes circonstances par les parties au conflit. Dans un contexte rendu encore plus complexe par l'épidémie d'Ebola, il est également essentiel de soutenir la riposte menée par les autorités congolaises en lien avec les Nations unies et les partenaires internationaux et régionaux. Madame la Présidente, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, s'est rendu à Kinshasa et Bunia les 2 et 3 octobre derniers. Il a voulu témoigner de la solidarité de la France envers les populations confrontées aux conséquences du conflit, dont les victimes de violences basées sur le genre, et à l'épidémie d'Ebola, ainsi qu'envers les acteurs mobilisés sur le terrain. Le ministre a présenté les nouvelles mesures d'appui de la France à la riposte à Ebola, et il a apporté l'appui de la France à l'ensemble des efforts de paix intérieurs, régionaux et multilatéraux. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [21:47]: Je remercie le représentant de la France de son intervention, et je donne la parole au représentant des Etats-Unis. United States of America · Représentant [21:56]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie l'envoyé spécial pour son intervention. Je souhaite la bienvenue à notre collègue du Burundi. Nous sommes gravement préoccupés par l'impact de l'épidémie de virus Ebola dans la RDC. Un accès sans entrave est sûr pour les travailleurs sanitaires, la protection du personnel et des installations humanitaires, tout cela est essentiel pour sauver des vies. Nous remercions tous les travailleurs humanitaires, le personnel de maintien de la paix qui risquent leur vie pour relever ce défi. Chers collègues, Les accords de Washington pour la paix et la prospérité constituent une opportunité historique pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans l'est de la RDC et dans toute la région des Grands Lacs. Il faut honorer cette promesse. Pour cela, la RDC et le Rwanda doivent mettre en œuvre leurs obligations pleinement et sans délai. Nous exhortons les parties à respecter le cessez-le-feu, à cesser les frappes de drones et à s'abstenir de toute rhétorique incendiaire. Les membres du Conseil de sécurité doivent renforcer ces attentes et exercer une pression sur les acteurs pour qu'ils s'acquittent de leurs obligations. Merci au Qatar pour son travail de médiation. Nous exhortons le Front pour la refondation de la nation et les FARDC à faire fond sur les progrès accomplis en Suisse pour mettre en œuvre le protocole de Doha. Nous saluons les efforts de médiation de l'UA sous la présidence du Togo et les efforts et la contribution de la conférence internationale pour la région des Grands Lacs. Nous avons besoin d'une étroite coopération entre ces processus et les processus de Doha et de Washington. C'est essentiel. Pour ce qui est du mécanisme de vérification, elle s'est rendue à Masisi-Mbowe pour la première mission, ce qui montre que ces efforts peuvent aider la RDC et les AFCM-23 à enquêter sur les violations et à régler les différents. Nous saluons la mission de stabilisation en RDC, la MONUSCO, qui apporte soutien opérationnel essentiel, les parties doivent faciliter la poursuite des efforts. Le transfert de 15 détenus des AFCM 23 dans le cadre de l'échange de prisonniers est une mesure de renforcement de la confiance que nous saluons. Il faut poursuivre ces engagements pour bâtir la confiance qui est nécessaire pour les négociations. Le mécanisme de vérification se réunira en octobre, ce qui devrait nous permettre de prévoir les prochaines mesures pour que le Rwanda et la RDC s'acquittent de leurs obligations au titre du processus de Washington. Il faut utiliser ce mécanisme pour un échange d'informations et pour poursuivre les opérations conjointes. Pour ce qui est de la RDC, concernant les FDLR, la neutralisation de ce groupe doit continuer. toute coopération entre les FDLR et les éléments des FARDC, toute coopération doit cesser immédiatement. Le rapatriement de quelque 120 anciens combattants des FDLR, avec le soutien de la Monusco, constitue un progrès tangible. Le gouvernement de la RDC a prévu de continuer la démobilisation. C'est une mesure qui va dans le bon sens. La RDC doit préciser les détails opérationnels de ce plan et doit commencer la mise en œuvre dès que possible. La coordination avec la Monusco et les partenaires régionaux internationaux sera essentielle pour que ce plan soit mis en œuvre et qu'il génère des résultats. La neutralisation des FDLR doit s'accompagner, pour ce qui est du Rwanda, d'obligations. Le Rwanda doit cesser Il doit retirer ses troupes et son équipement militaire de la RDC immédiatement et sans condition, et doit cesser tout soutien apporté au M23. Nous continuerons à agir contre ceux qui entravent la paix, qui commettent des abus contre les civils ou qui tirent parti de l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC. Les États-Unis sont déterminés à soutenir la paix, la sécurité et la prospérité dans la région des Grands Lacs. Et nous demandons à toutes les parties de faire fond sur les progrès récents afin de poursuivre la coopération. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [26:07]: Je remercie le représentant des États-Unis pour son intervention. Et je donne maintenant la parole au représentant de la République démocratique du Congo. Democratic Republic of the Congo · A3 · Représentant [26:15]: Madame la Présidente, j'ai l'honneur de prononcer cette déclaration au nom de A3, le Liberia, la Somalie, ainsi que mon pays, la République démocratique du Congo. Nous remercions l'envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs pour son exposé. Madame la Présidente, face à la persistance de la crise, les A3 saluent le processus de Washington et de Doha, la médiation conduite par l'Union africaine ainsi que tous les efforts et initiatives régionaux. Ces démarches doivent demeurer complémentaires et placées sous le leadership africain. Dans le même esprit, nous saluons la mise en place du mécanisme élargi conjoint de vérification, plus, et le déploiement de ses premières missions sur le terrain. Leur efficacité dépendra de la coopération des parties, de moyens adéquats et de progrès vérifiables. Nous appelons à cet effet à doter la MONUSCO et le bureau de l'envoyé spécial de ressources suffisantes. Nous exhortons toutes les parties à honorer leurs engagements, notamment ceux découlant de la résolution 2773 et des accords connexes en matière de désescalade, de désengagement, de restriction de frappes, de drones, de levée de mesures défensives, de neutralisation des FDLR et d'accès humanitaire sûr. Sur le terrain, la situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo demeure extrêmement préoccupante, en particulier en raison de l'expansion de l'IFCM 23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Nous condamnons les attaques contre les civils et appelons tous les acteurs armés à cesser les hostilités, à respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme et à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. Le recours aux armes lourdes et aux drones, ainsi que les incidents frontaliers exposent les populations et accroissent le risque d'escalade. Madame la Présidente, au-delà de l'urgence sécuritaire, une paix durable exige de s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité régionale. L'exploitation illicite et le trafic des ressources naturelles financent les acteurs armés, fragilisent l'autorité de l'État et privent les communautés de leurs richesses. Les A3 appellent à renforcer la coopération régionale en matière de traçabilité, de vérification, de supervision de certification, de gestion des frontières et des chaînes d'approvisionnement responsables en minerais, en veillant à ce que la redevabilité s'étende au-delà de la région. Les ressources naturelles doivent favoriser la coopération et le développement plutôt que la confrontation. À cet égard, Le Cadre pour la paix, la sécurité et la coopération demeure le principal instrument régional pour s'attaquer aux causes profondes des conflits, restaurer la confiance et renforcer la coopération en matière de sécurité, de gouvernance, de justice et d'intégration économique. Nous réaffirmons notre ferme attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, ainsi qu'à la souveraineté de tous les États de la région. Nous exhortons les Conseils à rester unis en faveur d'une démarche de paix inclusive menée par l'Afrique et fondée sur la responsabilisation. Les populations des Grands Lacs ont besoin de progrès tangibles et non d'un nouveau cycle de violences et de déplacements forcés. À présent, Madame la Présidente, permettez que je puisse faire des commentaires au titre national. Madame la Présidente, la République démocratique du Congo remercie l'envoyé spécial du Secrétaire général pour la qualité de son rapport et prend note son rapport publié sous la cote S/2026/782, relatif à la mise en œuvre de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs. Ce rapport souligne la persistance des hostilités, l'occupation de portions du territoire national par des groupes armés et les souffrances continues des populations civiles, malgré les initiatives diplomatiques engagées. La priorité n'est donc plus d'accumuler les déclarations d'intention, mais de garantir la mise en œuvre intégrale des engagements souscrits. et des décisions du Conseil assorties de mécanismes de redevabilité sur la base de faits vérifiables. Ma déclaration porte donc sur les principales priorités et positions de mon gouvernement. D'abord, le respect de la souveraineté et le retrait des forces étrangères ne sont pas négociables. La République démocratique du Congo réaffirme avec la plus grande fermeté et sans la moindre ambiguïté, son attachement indéfectible à sa souveraineté, à son indépendance, à son unité nationale, à son intégrité territoriale et au respect absolu de l'inviolabilité de ses frontières internationalement reconnues. Elle condamne avec la plus grande vigueur la poursuite de l'offensive menée par les forces de défense rwandaises et leurs supplétifs de l'AFSM 23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tel que relevé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2773. Par ailleurs, l'instauration d'administrations parallèles dans les territoires occupés constitue une violation manifeste de la souveraineté de la RDC, une remise en cause directe de l'autorité légitime de l'État et une tentative inacceptable d'institutionnalisation du fait accompli. De telles structures, établies en dehors de tout cadre constitutionnel et légal, ne sauraient en aucun cas conférer une quelconque légitimité à une occupation de fait, ni produire d'effet juridique susceptible de remettre en cause l'autorité souveraine de l'État congolais. La résolution 2773 doit être appliquée intégralement, sans interprétation sélective ni conditionnalité inversée. Cela exige notamment la cessation immédiate de tout soutien extérieur à l'AFCM-23, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin de toute action visant à consolider par la force des gains territoriaux. Ces obligations ne peuvent être reportées à une échéance indéfinie, ni subordonnées à des exigences unilatérales qui videraient les décisions du Conseil de leur substance. pays est pris de paix, la République démocratique du Congo croit fermement que les préoccupations sécuritaires des États de la région doivent être traitées par des voies politiques, diplomatiques et des vérifications convenues dans le respect du droit international. Aucune préoccupation sécuritaire, réelle ou alléguée, ne saurait justifier une intervention militaire sur le territoire d'un État voisin, l'occupation de ses localités, la transplantation de ces populations et le soutien à des groupes armés qui compromettent sa souveraineté. Deuxièmement, des engagements réciproques, mais des obligations distinctes. La République démocratique du Congo poursuit les mesures annoncées concernant les FDLR, notamment les actions de désarmement, de cantonnement et de rapatriement, selon les modalités convenues et sous vérification appropriée. Elle entend continuer à traiter cette question de manière responsable et transparente. Les progrès accomplis par la RDC doivent toutefois recevoir une réponse concrète, parallèle et vérifiable de la part du Rwanda, conformément à la résolution 2773 et aux engagements pertinents du processus de Washington. La réciprocité ne signifie ni confusion de responsabilité ni droit de différer l'exécution d'une obligation internationale. Il importe de le souligner que la mise en œuvre des mesures relatives aux FDLR ne saurait constituer une condition préalable au retrait des forces rwandaises, à la cessation de leur soutien à la FCM-23 ou au respect de l'intégrité territoriale de mon pays. En ce qui concerne l'effectif des FDLR, La République démocratique du Congo demande au Conseil, au travers du groupe des experts du Comité des sanctions, un état de référence crédible et vérifiable, puis une évaluation régulière des progrès accomplis. Troisièmement, la cessation effective des hostilités et la redevabilité. La République démocratique du Congo invite le Conseil de sécurité à veiller à la mise en œuvre effective des engagements de cessez-le-feu et au renforcement rapide des mécanismes de vérification, notamment le MCVE+, avec l'appui approprié de la MONUSCO, conformément à son mandat. Ces mécanismes doivent disposer des moyens nécessaires pour établir de manière indépendante, impartiale et crédible les faits relatifs aux mouvements de troupes, aux violations du cessez-le-feu et au soutien transfrontalier aux groupes armés. Le Conseil devrait veiller à ce que les conclusions du groupe d'experts éclairent le renouvellement du mandat de la Monusco ainsi que son approche de la région. La vérification ne saurait constituer une fin en soi. Toute violation avérée doit entraîner des conséquences appropriées. Le Conseil doit mobiliser les instruments à sa disposition pour identifier les responsables et sanctionner ceux qui alimentent le conflit. À cet égard, la République démocratique du Congo sollicite le Comité créé par la résolution 1533 à instaurer une obligation de transparence sur les transferts d'armes, de drones et de systèmes connexes au Rwanda. Par ailleurs, face aux conséquences humaines des frappes de drones sur le territoire congolais par les RDF, et ce soutien de AFSCM 23, la République démocratique du Congo demande au Conseil de sécurité d'exiger par le canal du groupe d'experts du comité de sanctions une plus grande transparence sur leur utilisation, leurs auteurs et leurs fournisseurs. Quatrièmement, mettre fin à l'économie de guerre et au pillage des ressources naturelles. Cette question a fait l'objet du débat public du Conseil le 22 juillet dernier, sous la présidence de mon pays. L'exploitation illicite et le trafic des ressources naturelles congolaises ne constituent pas un phénomène périphérique. Ils contribuent à financer les groupes armés, à consolider les contrôles territoriaux imposés par la force et à prolonger les violences. Les minerais provenant des zones affectées ne doivent pas non plus être blanchis dans les chaînes régionales ou internationales d'approvisionnement. Dans son rapport S/2026/466 du 11 juin 2026, le Groupe d'experts des Nations unies relève une intensification significative, au cours de l'année 2025, de l'exploitation minière sur les sites de coltan situés dans le périmètre de Rubaya et placés sous le contrôle de l'AFSM 23. Il met notamment en évidence la mise en place de mécanismes systématiques de taxation de la production et un contrôle étroit de son acheminement, faisant état de prélèvements de l'ordre de 4 $ par kilogramme de coltan et de 2 $ par kilogramme de cassitérite. Parallèlement, les rapports publiés par plusieurs organisations nationales et internationales, notamment le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme, l'UNICEF, Human Rights Watch, et Amnesty International continuent de documenter la persistance de pratiques de travail forcé et des pires formes de travail des enfants, particulièrement dans les zones d'exploitation minière artisanale. Ces constats soulignent la gravité des violations des droits humains associées à l'exploitation des ressources naturelles et mettent en évidence l'urgence de renforcer les mécanismes de traçabilité, de contrôle et de redevabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement en minerais. La République démocratique du Congo demande le renforcement de la traçabilité, de la transparence et du devoir de diligence tout au long des chaînes d'approvisionnement, y compris dans les pays de transit, transformation et d'exportation. Elle appelle à une coopération régionale fondée sur des données vérifiables, à la lutte contre la fraude documentaire et les circuits de contrebande, ainsi qu'à la mise en cause, conformément au droit applicable, des acteurs qui tirent profit du commerce illicite. La paix ne sera durable que si les bénéfices tirés de la guerre cessent d'être supérieurs aux coûts de sa poursuite. Cinquièmement, des processus diplomatiques complémentaires axés sur le résultat. La République démocratique du Congo demeure engagée dans les processus de Washington et de Doha, ainsi que dans les efforts de médiation conduits par l'Union africaine. À ce titre, nous tenons à saluer l'engagement des facilitateurs du panel de l'Union africaine, qui viennent de faire une tournée de travail dans la région en visitant Goma, Kigali et Kinshasa pour les discussions avec les différentes autorités et autres parties prenantes sur l'évolution des processus de paix à l'est de la République démocratique du Congo. Nous reconnaissons la valeur de ces consultations régionales. La République démocratique du Congo considère que ces initiatives doivent se renforcer mutuellement, s'inscrire dans le respect de la souveraineté congolaise et être appréciées à l'aune des résultats concrets sur le terrain. Leur complémentarité ne saurait servir à diluer les responsabilités, à multiplier les calendriers concurrents ou à substituer la signature d'accords à leur exécution. Nous appelons les facilitateurs, garants et partenaires concernés à soutenir un dispositif cohérent de suivi assorti d'échéances claires, d'indicateurs vérifiables et d'un compte rendu régulier au Conseil. Le cadre régional de l'accord-cadre doit également être redynamisé afin de traiter les causes structurelles des conflits, de renforcer la confiance et de faire de la coopération régionale un instrument concret de stabilité plutôt qu'un simple engagement de principe. Huitièmement, la protection des civils et urgences humanitaires. La poursuite des combats, Les déplacements forcés, l'insécurité alimentaire et les entraves aux opérations humanitaires aggravent une situation déjà dramatique. La République démocratique du Congo appelle à la cessation des hostilités, au respect strict du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme, à la protection des civils et des infrastructures essentielles, ainsi qu'à un accès humanitaire sécurisé, rapide, durable et sans entrave. Les femmes, les enfants et les jeunes doivent être protégés contre les violences, le recrutement, l'exploitation et les déplacements forcés. Leur participation aux efforts de paix doit être effective et non symbolique. La restauration de l'autorité de l'État et le rétablissement des services publics dans les zones affectées sont indispensables au retour volontaire, sécurisé et digne des personnes déplacées et des réfugiés. Ils doivent s'accompagner de garanties de sécurité, de justice et de réconciliation afin d'éviter que les populations ne soient exposées à de nouveaux cycles de violence. La République démocratique du Congo souligne que le processus tripartite RDC-Rwanda-ICR, relatif au retour des réfugiés rwandais en cours, devrait être pleinement mis en œuvre. Il offre une voie de retour crédible et soutenue par la communauté internationale pour les réfugiés rwandais, parallèlement au processus des FDLR pour les anciens combattants. Ces deux processus complémentaires et soutenus par la communauté internationale doivent avancer de manière cohérente afin d'offrir des perspectives durables aux réfugiés rwandais et aux anciens combattants des FDLR. Madame la Présidente, la région des Grands Lacs n'a pas besoin d'un nouvel empilement de promesses. Elle a besoin de décisions exécutées, de responsabilités clairement établies et de conséquences lorsque les engagements sont violés. La paix ne peut être construite sur l'occupation, la menace, l'impunité ou l'exploitation des ressources d'un pays par la force. La République démocratique du Congo reste engagée dans une solution politique africaine et régionale soutenue par les Nations Unies, Mais cette solution doit impérativement respecter sa souveraineté et son intégrité territoriale, garantir le retrait des forces étrangères, mettre fin au soutien aux groupes armés, démanteler les économies de guerre et assurer la protection des populations civiles. Nous demandons au Conseil de sécurité de veiller à ce que la résolution 2773 et les engagements pertinents soient appliqués intégralement, de façon cohérente et vérifiable. La République démocratique du Congo est prête à poursuivre de bonne foi les efforts qui relèvent de sa responsabilité. Elle attend de tous les autres acteurs la même exigence de conformité, sans double standard et sans complaisance. La crédibilité du Conseil, comme les perspectives de paix dans la région, se mesurera désormais aux résultats obtenus sur le terrain. Je vous remercie, Madame la Présidente, pour votre patience. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [45:32]: Je remercie le représentant de la République démocratique du Congo et je donne maintenant la parole à la représentante du Danemark. Denmark · Représentante [45:40]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie l'envoyé spécial Schia pour son intervention. La situation dans la région des Grands Lacs demeure très préoccupante. Il y a des combats qui continuent dans l'est de la RDC, combats qui causent une grave souffrance parmi les populations et risquent de déstabiliser plus avant la région. Par ailleurs, nous assistons à des efforts diplomatiques importants en cours. Je souhaiterais faire quatre commentaires brièvement. Tout d'abord, concernant la surveillance et la mise en œuvre du cessez-le-feu, nous saluons les progrès accomplis dans l'opérationnalisation du Mécanisme de vérification conjoint élargi plus, notamment la première mission de vérification qui s'est tenue. Nous saluons la MONUSCO pour le soutien que la mission apporte à ses efforts dans le droit fil de son mandat. La surveillance et la vérification du cessez-le-feu, tout cela est essentiel pour renforcer la confiance entre les parties et pour garantir que les engagements relatifs au cessez-le-feu sont honorés. Un cessez-le-feu est la première étape pour désamorcer les tensions et dégager un espace pour trouver une solution politique. Concernant le volet politique. Nous saluons les efforts diplomatiques qui continuent dans le cadre des processus de Doha et de Washington. Nous saluons les efforts de médiation de l'UA. Il faut poursuivre les efforts pour renforcer la coordination entre les différents volets de médiation, entre les différents processus et pour que les engagements déjà pris soient honorés. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit. Toutes les parties et ceux qui soutiennent les groupes armés doivent prendre des mesures pour désamorcer les tensions. Nous réitérons l'appel du Conseil de sécurité pour que les forces de défense rwandaises cessent de soutenir le M23 et se retirent du territoire de la RDC. La RDC doit s'abstenir de soutenir les groupes armés et doit garantir la bonne neutralisation des FDLR. À cet égard, il ne tarde d'assister à la mise en œuvre du protocole qui a été signé entre le gouvernement de la RDC et les FDLR. la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC doivent être respectées. Toutes les parties doivent honorer les engagements qui ont été pris au titre des différents accords de paix et des résolutions du Conseil de sécurité. Troisièmement, concernant la situation humanitaire, nous sommes gravement préoccupés par la l'épidémie de virus Ebola dans l'est du pays. Les pays de la région doivent faciliter la coopération transfrontalière et l'accès à la région pour les travailleurs sanitaires, les travailleurs humanitaires, pour l'équipement médical et toute l'aide essentielle. Il faut contenir la propagation du virus. C'est essentiel pour éviter d'exacerber une situation humanitaire déjà très vulnérable. Enfin, quatrièmement, la paix durable dans la région des Grands Lacs exige une intégration économique régionale et une connectivité renforcée. Il faut également garantir une gestion responsable et transparente des ressources naturelles. Les ressources de la région doivent contribuer au développement durable et à la prospérité partagée, plutôt que de venir alimenter le conflit. Nous soutenons les efforts régionaux, notamment par le biais du mécanisme de certification régionale de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs. Il faut renforcer la transparence et la traçabilité des minerais, et il faut veiller à ce que l'exploitation illégale de ces ressources naturelles ne vienne pas alimenter les conflits dans la région. Enfin, nous sommes prêts à soutenir les efforts menés à bien par l'Afrique pour promouvoir la paix, la sécurité et la coopération dans la région des Grands Lacs. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [49:08]: Je remercie la représentante du Danemark pour son intervention. Je donne La parole à la représentante du Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentante [49:16]: Merci beaucoup, Madame la Présidente. Je remercie également l'envoyé spécial pour son intervention. Je salue également le représentant du Burundi. Des progrès diplomatiques notables ont eu lieu au cours des derniers mois, mais pour les civils dans l'est de la RDC, cela ne se traduit pas encore par une plus grande sécurité. Trois commentaires. Tout d'abord, la situation humanitaire. plus de 26 millions de personnes dans l'est de la RDC ont besoin d'une aide, font face à une insécurité alimentaire. 3,6 millions ont besoin d'une aide d'urgence. Les conflits, les déplacements exacerbent l'impact de l'épidémie de virus Ebola. Nous soutenons la réponse humanitaire et nous apportons une aide pour faire face à la pandémie d'Ebola. Toutes les parties doivent garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave et doivent doivent lever tous les obstacles qui entravent l'acheminement de l'aide humanitaire, une aide vitale. Nous saluons les progrès accomplis dans le cadre des processus de Doua et de Washington, notamment la mission du Mécanisme de vérification conjoint élargi plus, avec le soutien de la MONUSCO. Nous saluons les efforts de médiation de l'UA pour générer de véritables progrès. Les engagements doivent être honorés pour changer sensiblement la donne sur le terrain pour les populations. Toutes les parties doivent s'abstenir des hostilités, doivent honorer leurs engagements et doivent travailler de façon constructive et de bonne foi dans le cadre des processus de paix. Les processus de Washington, de Doha et de l'Union africaine doivent se renforcer mutuellement. Il faut qu'il y ait une coordination claire et cela doit être pris en main par les Africains. Pour que la situation s'améliore, il faut également que toutes les parties respectent le mandat de la Monusco. Il faut que la mission ait la liberté de mouvement dont elle a besoin. Les parties doivent respecter leurs obligations au titre du DIH, notamment concernant la protection des civils. L'utilisation accrue des drones, de l'artillerie lourde, d'engins explosifs dans les zones peuplées, tout cela en péril les civils et les infrastructures civiles. Troisièmement, l'exploitation illicite et le trafic des minerais dans la région alimentent les groupes armés, sapent la confiance et privent les communautés du développement auquel elles ont droit. Nous soutenons le le mécanisme de certification de la conférence internationale pour la région des Grands Lacs. Il faut renforcer la traçabilité et les mécanismes de certification. Les ressources naturelles doivent bénéficier aux communautés locales plutôt que d'alimenter les conflits. Nous avons besoin de diplomatie. La diplomatie a créé une opportunité à saisir, mais il faut que la diplomatie change la donne sur le terrain. Il faut que les civils puissent vivre dans la sécurité. Il faut que ceux qui en ont besoin aient accès à l'aide humanitaire et les belligérants doivent honorer les engagements qui ont été pris. Nous exhortons toutes les parties et les dirigeants régionaux à saisir la fenêtre de tiers diplomatiques qui s'offrent à elles pour bâtir une paix durable. Merci. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [52:19]: Merci au Royaume-Uni pour cette intervention. Je donne maintenant la parole au Pakistan. Pakistan · Représentant [52:24]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie l'envoyé spécial, Huang Xia, de son exposé, et nous réaffirmons que le Pakistan soutient son mandat et ses bons offices. La situation dans l'est de la République démocratique du Congo demeure fragile et vivement préoccupante. Les combats prolongés dans le Nord et Sud-Kivu, les activités de groupes armés et l'utilisation accrue des drones continuent de mettre en péril les civils et mettent en péril la stabilité. La flambée d'Ebola ajoute un défi humanitaire sérieux supplémentaire. Le Pakistan réaffirme qu'il faut pleinement mettre en œuvre la résolution 2773 et 2808. La première priorité demeure une cessation des hostilités durable donnant suffisamment de place à une solution politique. Nous nous félicitons des efforts diplomatiques soutenus dans le cadre de la médiation pilotée par l'Union africaine, le processus de Washington et le cadre de Doha. Davantage de coordination entre ces volets est encourageant. Désormais, il faut traduire les engagements politiques en mesures vérifiables et concrètes sur le terrain. Et à cet égard, l'opérationnalisation de la modalité de vérification du cessez-le-feu est un événement important. La première vision de vérification conjointe à LRG+, à Mwende et à Matissi prouve bien que les accords convenus peuvent fonctionner lorsque les parties coopèrent. Nous encourageons davantage de progrès pour arriver à une architecture de surveillance de cessez-le-feu impartiale et transparente. Nous soulignons aussi les efforts portant sur les FDLR, notamment les mesures visant au désarmement et la démobilisation des acteurs. Il s'agissant de ce problème persistant, les progrès dans le cadre des cadres régionaux et diplomatiques peuvent permettre le renforcement de la confiance et la mise en œuvre de la résolution 2773. Madame la Présidente, la paix, la sécurité, la coopération et le cadre relatif à ces sujets demeurent indispensables pour éliminer les causes profondes de l'instabilité dans la région des Grands Lacs. Nous soutenons la revitalisation du processus, davantage de prise en charge des Africaines et Africains et des efforts de la part de l'Union de la part des médiateurs de l'Union africaine et des facilitateurs pour promouvoir la cohérence entre les initiatives de paix. L'exploitation illicite et le trafic de ressources naturelles demeurent aussi des moteurs structurels de l'instabilité. Le renforcement de la coopération régionale, la transparence, le renforcement de la traçabilité sont indispensables à garantir que les richesses naturelles de la région deviennent une source de prospérité partagée et non pas une source de conflits. Le Pakistan continue de soutenir la MONUSCO, qui doit jouer un rôle constructif dans la mise en œuvre du cessez-le-feu. Le rôle régional de l'envoyé spécial et les responsabilités des pays de la MONUSCO devraient se renforcer mutuellement. En fin de compte, le défi principal est la mise en œuvre. Les cadres et mécanismes de paix existent d'ores et déjà. Ce dont nous avons besoin désormais, c'est d'une volonté politique de tous les instants, de mesures vérifiables et d'efforts renouvelés pour rétablir la confiance entre les pays et les parties concernées. Le Pakistan réaffirme son plein soutien à la souveraineté, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, et nous demeurons attachés à la promotion d'une paix durable et d'une stabilité sur le long cours dans la région des Grands Lacs. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [55:45]: Je remercie le représentant du Pakistan de son intervention et je donne la parole au représentant de la Chine. China · Représentant [55:59]: Merci, Madame la Présidente. Nous remercions l'envoyé spécial Huang Xia de son exposé. La Chine se félicite des efforts de l'envoyé spécial et de son bureau pour mettre en œuvre le mandat du Conseil de sécurité. Je me félicite aussi de la présence du représentant du Burundi à la présente séance. Des progrès ont été enregistrés récemment dans le processus de paix dans la région des Grands Lacs. Cela étant dit, il reste encore un décalage entre les engagements politiques et la situation sur le terrain. Le conflit dans l'est de la RDC persiste et la flambée d'Ebola aggrave la situation humanitaire. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour aider la région à retrouver une paix durable. J'ai quatre choses à dire. Tout d'abord, la cessation des hostilités et encourager les parties à honorer leurs obligations pleinement. Les hostilités ne feront qu'aggraver les souffrances des civils et de mettre en péril les efforts diplomatiques. La résolution 23 37 du Conseil de sécurité appelle un cessez le feu explicitement sur le terrain et les parties concernées devraient mettre en œuvre cette résolution et s'abstenir de tout agissement qui pourrait attiser les tensions. La Chine a toujours soutenu les efforts de la RDC pour préserver sa souveraineté, son unité territoriale et son intégrité. Nous Nous écoutons les préoccupations des pays de la région. Il faudra les régler grâce à des consultations. Nous espérons que la RTC et le Rwanda avanceront dans le même objectif et mettront en œuvre les résolutions et engagements du Conseil de sécurité. La communauté internationale doit appeler les M23 à cesser toute hostilité et à battre en retraite des territoires occupés. Ensuite, il faut défendre le leadership africain et renforcer la coordination entre les diverses initiatives pour trouver une solution durable dans la région des Grands Lacs. Il faudra l'unité et la coopération des pays de la région, sans quoi c'est impossible. Il faut aussi que les initiatives régionales jouent un rôle accru. La communauté internationale devrait soutenir l'Union africaine dans la création d'une plateforme solide de désescalade et de promotion du dialogue politique. Il faut respecter le rôle central de l'UA dans le processus de paix de la région. L'UA a proposé une feuille de route récemment pour procéder à une médiation de la question de la RDC et a inauguré une nouvelle initiative avec notamment des visites sur le terrain. Voilà qui mérite un soutien fort des partenaires internationaux. Le Conseil de sécurité devrait continuer à soutenir l'envoyé spécial, Kwan Xia, et renforcer les communications avec les parties de la région et dans son exercice diplomatique. En même temps, le mandat devrait être mis à jour et ajusté selon l'évolution de la situation pour s'assurer que une assistance est fournie au processus de paix dans la région et pour que les devoirs soient honorés. Ensuite, la crise humanitaire dans la région. Le conflit a mené bien sûr au déplacement d'un grand nombre de civils et a mené aussi à des vagues d'insécurité dans la région. En outre, la flambée d'Ebola aggrave encore la situation. La communauté internationale devra coordonner les efforts humanitaires et le contrôle de la pandémie dans la région. Il faut s'assurer d'un accès humanitaire sans entrave et il faut protéger la sûreté et le personnel humanitaire. Depuis le début de la flambée de maladie Ebola, la Chine a fourni des articles médicaux à la RDC, à l'Ouganda et à l'UA, et a envoyé aussi deux équipes d'experts et expertes en RDC. Nous appelons les partenaires internationaux à continuer à envoyer une aide financière, technique et matérielle pour que la région puisse sortir de cette pandémie le plus rapidement possible et reprenne une vie plus ou moins normale. Quatrièmement, éliminer les causes profondes des conflits, promouvoir la stabilité grâce à la coopération. L'instabilité dans la région des Grands Lacs est intrinsèquement liée à des griefs régionaux, à des conflits ethniques et à une exploitation minière illégale, entre autres. Enfin, Pour relever les défis sécuritaires, les pays de la région doivent adopter une perspective sur le long terme, doivent soutenir une vision sécuritaire sur le long terme, coopérative, doivent respecter les mesures du bon voisinage, respecter la souveraineté, renforcer la coopération pour des bienfaits partagés et doivent parvenir à un développement partagé. Comment? La Communauté internationale devrait soutenir les pays de la région afin de transformer leurs ressources naturelles abondantes en sources de développement, en moteurs de développement. devrait les encourager à choisir une voie de développement qui respecte leurs conditions, devrait les encourager à renforcer la coopération régionale, notamment économique, et les États devraient mettre leurs efforts en commun pour lutter contre le trafic de ressources et lutter contre le trafic de façon plus générale. L'accord paix, sécurité et coopération de la région demeure un cadre indispensable pour éliminer les conflits. La communauté internationale devrait soutenir la bonne dynamique de cet accord. Le 13 octobre dernier, le président Xi Jinping a proposé quatre principes pour coordonner les actions internationales en Afrique et a proposé quatre initiatives pour la coopération minérale en Afrique. Autant de directives utiles pour la communauté internationale s'agissant des grands dossiers de la région. Madame la Présidente, la Chine entretient une amitié profonde anciennes avec les pays de la région dans leur voie de développement et de revitalisation. Nous travaillons ensemble pour parvenir à des progrès communs ces dernières années dans le cadre du forum de coopération Chine-Afrique. Nous avons redoublé d'efforts en matière de coopération avec les pays de la région dans des secteurs comme le commerce, l'économie, les infrastructures, les ressources minières et l'agriculture, ce qui les a permis de renforcer leurs capacités de développement. En juin 2026, la Chine et l'ONU ont organisé un programme de formation sur le renforcement des capacités portant sur la maîtrise des armes à feu de petit calibre pour les États de la région, soutenant les efforts de la région pour tarir la prolifération illicite de ces armes. Nous sommes des amis des pays de la région et donc la Chine est prête à continuer à travailler avec toutes les parties pour contribuer encore davantage à une paix durable et une prospérité sur le long terme dans la région des Grands Lacs. Je vous remercie, Madame la Présidente. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:02:07]: Je remercie le représentant de la Chine de son intervention et je donne la parole à la représentante de la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentante [1:02:16]: Madame la Présidente, nous remercions l'envoyé spécial Huang Xia de son exposé. Nous nous félicitons de la participation à la présente séance du représentant permanent du Burundi. Depuis de longues années, la situation dans la région des Grands Lacs est définie par l'évolution des crises en matière de sécurité dans l'est de la République démocratique du Congo. Nous notons et nous déplorons que les mesures diplomatiques entreprises en matière de règlement demeurent insuffisantes. Le décalage entre les obligations des parties sur le papier et la situation réelle sur le terrain est évident par toute personne, notamment pour tout observateur, même le moins avisé. Le cessez-le-feu demeure abstrait pour l'instant et la population congolaise continue de souffrir des conséquences du conflit armé. Et la situation humanitaire déjà terrible est rendue plus terrible encore par la flambée d'Ebola. Cela étant dit, certaines tendances nous laissent optimistes, même si l'optimisme est prudent, notamment le lancement certes tardif, du Mécanisme de vérification conjoint élargi fondé sur la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, avec un appui de la MONUSCO. Nous espérons que cet événement ne sera pas un cas isolé et que le mécanisme sera utilisé au mieux et pourra ensuite contribuer à la désescalade. Dans le même temps, Nous notons qu'il est essentiel que le Conseil de sécurité obtienne des informations en temps et en heure sur les activités du Mécanisme. C'est après tout le Conseil de sécurité qui prend des mesures, des décisions sur les paramètres de la participation de la MONUSCO dans les missions de surveillance. Et pour ce faire, le Conseil doit absolument avoir des informations probantes en temps et en heure. Nous notons la volonté du gouvernement de la RDC de se pencher sur le problème des Forces démocratiques de la libération du Rwanda, les FDLR. Nous espérons que le désarmement, la démobilisation et le démantèlement volontaire de ce groupe non gouvernemental, si ce processus venait à être mis en œuvre sérieusement, pourrait mener à la neutralisation des FDLR et, dans le même temps, permettrait aussi d'encourager le Rwanda à s'acquitter de ses obligations. Nous sommes convaincus qu'il est nécessaire de continuer à miser sur les efforts de médiation régionaux. Nous remercions le Premier ministre du Togo, Faure Gnassingbé, et le groupe de médiateurs de l'Union africaine de leur attachement à trouver des solutions afin de réduire le potentiel conflictuel dans la région des Grands Lacs. En outre, la diplomatie africaine travail de façon cohérente et minutieuse, c'est indispensable pour éliminer les causes profondes de la crise dans l'est de la RDC et pour trouver une solution durable. Nous notons la série de visites régionales du groupe de médiateur afin de mener des contacts avec toutes les parties intéressées. Nous demeurons à leur disposition pour trouver une solution globale et pour aider l'Union africaine à trouver une solution dans le dossier congolais. En outre, de toute évidence, Les progrès ne seront possibles que lorsque Kigali et Kinshasa se décideront à mettre en œuvre pleinement les dispositions de la résolution 2773 du Conseil de sécurité ainsi que les autres accords communs. La persistance des durs combats dans l'est de la RDC, malheureusement, nous font douter de la volonté des parties à s'abstenir de toutes les méthodes militaires et de tout soutien aux groupes armés non gouvernementaux. Nous sommes aussi préoccupés par l'utilisation accrue des drones, ce qui témoigne d'un changement de la nature militaire du conflit. En outre, parmi les instructeurs et les pilotes des drones, il y a des mercenaires étrangers. Selon certaines informations des médias, ces personnes participent aussi directement à certains combats sur la ligne de confrontation. ce qui est une violation claire du régime de sanctions 1533 du Conseil de sécurité. Nous espérons que le groupe d'experts et expertes du comité compétent accorderont à ce dossier une attention toute particulière, une attention nécessaire. Madame la Présidente, le conflit dans l'Est de l'Ukraine, comme toute confrontation armée d'ailleurs, en fin de compte, trouvera une solution, mais uniquement autour de la table de négociation. La Russie continuera à soutenir les efforts de l'envoyé spécial, Khrustaliov, afin de régler les divergences au sein de la région, et fera tout ce qui est en son pouvoir au Conseil de sécurité pour nous rapprocher peu à peu de ce moment. Je vous remercie de votre attention. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:07:13]: Je remercie la représentante de la Fédération de Russie de son intervention, et je donne la parole à la Colombie. Colombia · Représentant [1:07:22]: Merci, Madame la Présidente. La Colombie se félicite de l'exposé de l'envoyé spécial, Huang Xia, et se félicite de la présence du Burundi. Nous réaffirmons notre engagement et nous encourageons les parties à respecter les principes de la Charte et à la mise en œuvre du cadre PSC. Nous nous félicitons de la cohérence entre les volets P, entre les leaderships africains, le mandat spécial de l'envoyé spécial et ceux, bien évidemment, en coordination avec la MONUSCO. Nous encourageons les acteurs à coordonner les différents axes des processus de Washington et de Doha. Il faut aussi une médiation de l'Union africaine et nous soulignons les efforts de l'envoyé. Nous sommes vivement préoccupés par la situation des personnes déplacées internes. Plus de 6 millions de personnes sont en situation de déplacement interne. Et n'oublions pas la situation humanitaire en RDC. Il faut soutenir les efforts du pays. Plus de 26 millions de personnes sont exposées. Colombia veut dire ça sans hésitation et clarté, absolue clarté. Tout en considérant les provisions du droit international sur les principes de souveraineté, la Colombie soutient la souveraineté de la République démocratique du Congo. Considérant, en plus, la résolution 2773, notre pays considère que la remise en cause de l'État congolais est inacceptable. Nous soutenons la République démocratique du Congo. Sa souveraineté ne doit pas être mise en question ou en cause. Señora Presidente. Madame la Présidente. Il est essentiel de tenir compte de 3 priorités. Premièrement, il faut renforcer la cohérence entre les différents processus de paix. Nous nous félicitons de la feuille de route de Gabron. Nous prenons note également du mandat régional de l'envoyé spécial. Nous pensons qu'il est essentiel de recueillir toutes les informations relatives à l'exploitation illégale des ressources naturelles, car ces ressources naturelles sont utilisées pour alimenter la violence. Nous sommes préoccupés par l'exploitation et le trafic illégal de ces minerais. Il est nécessaire de renforcer le mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Il est essentiel que cette conférence se dote d'une procédure pour le désarmement et le rapatriement des combattants étrangers. Troisièmement, Nous lançons un appel à tous les belligérants. Ils doivent s'acquitter de leurs obligations conformément au droit international humanitaire, notamment les conventions de Genève. Il faut donc protéger les civils et il faut permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, aide qui doit arriver rapidement et sans entrave pour les populations qui, aujourd'hui plus que jamais, en ont besoin. Il faut respecter la convention de 1951 sur les réfugiés et le protocole de 1966, il y a aujourd'hui une recrudescence du nombre de réfugiés, plus de 1,2 million de personnes. Il est essentiel de permettre à ces réfugiés d'avoir accès à l'aide humanitaire. Et il faut également lutter contre le recrutement illégal de combattants. Merci. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:11:45]: Je remercie le représentant de la Colombie de son intervention et je donne la parole au représentant du Panama. Panama · Représentant [1:11:51]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie l'envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs. Monsieur Chia, je le remercie pour son intervention et pour les efforts qu'il mène à bien pour maintenir ouvert le dialogue. Nous saluons la présence du représentant du Burundi. Le rapport du Secrétaire général présente une réalité préoccupante. Les efforts diplomatiques se poursuivent, mais cela ne se traduit pas par une plus grande sécurité pour les populations sur le terrain. Les hostilités continuent, tout comme le non-respect des engagements, et cela met en péril les progrès qui ont été atteints. Il est essentiel, donc, de joindre le geste à la parole. Le Panama estime que, pour que la paix soit rétablie, il faut respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC et de tous les États de la région. Il y a des préoccupations sécuritaires légitimes. Il faut donc y trouver une réponse grâce au dialogue, grâce à la coopération et au respect du droit international. Rien ne peut justifier le fait de soutenir des groupes armés. Rien ne peut justifier le fait de violer les frontières. Nous sommes préoccupés par la consolidation des positions du groupe AFC M23 avec le soutien des forces de défense du Rwanda, consolidation qui a été documentée par le Secrétaire général. Nous condamnons également les attaques menées à bien par le groupe ADF, par les FDLR et par les autres groupes armés à l'encontre de la population civile. Nous appelons de nos vœux la fin des hostilités. Il faut cesser tout soutien externe apporté à ces groupes. Il faut respecter les obligations relatives au retrait des forces étrangères. Madame la Présidente. Les processus de Washington et de Doua et les efforts de médiation de l'Union africaine ont créé une fenêtre de tir. Il est essentiel, donc, de saisir cette opportunité. Nous soutenons le rôle de chef de file de l'Union africaine et le rôle de l'envoyé spécial. Il faut permettre une convergence de tous ces efforts. Il faut une mise en œuvre structurée. Il faut définir les responsabilités de façon précise, avec des échéances claires. Et il faut qu'il y ait des mécanismes de règlement des différends. Le Mécanisme conjoint de vérification élargi plus s'est rendu sur place pour ses premières missions. C'est une mesure qui va dans le bon sens. Il faut garantir pour ce mécanisme un accès complet, garantir l'indépendance de ce mécanisme et le doter des ressources suffisantes. Il faut bâtir la confiance en honorant les engagements. Il faut également que le Conseil de sécurité accompagne la situation de façon rigoureuse. Il y a aujourd'hui une urgence humanitaire qui exige toute notre détermination. Les déplacements, la faim, la propagation du virus Ebola exacerbent la vulnérabilité de communautés qui souffrent de la violence depuis des années. Il faut garantir un accès à l'aide humanitaire sûr et sans entrave. Il faut protéger le personnel sanitaire et il faut financer l'aide humanitaire. Nous condamnons les actes de violence sexuelle, les graves violations commises contre les enfants et les auteurs de ces crimes doivent rendre compte de leurs actes. Pour une solution durable à ce conflit, il faut également démanteler les économies qui alimentent le conflit. L'exploitation et le trafic illicite des minerais financent les groupes armés et privent la population de ses ressources naturelles. Il faut renforcer la traçabilité le devoir de diligence, il faut qu'il y ait une coopération judiciaire et il faut également créer des opportunités économiques légales pour les populations. L'expérience du Panama nous montre que le commerce et la connectivité peuvent renforcer la coopération. Mais pour cela, il faut que les populations bénéficient du commerce. Il faut également créer des institutions. Le cadre paix, sécurité et coopération, l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération constitue un cadre de référence indispensable. Il faut donc qu'il y ait des engagements à l'échelle nationale et à l'échelle régionale. Madame la Présidente, les habitants de la région des Grands Lacs ont le droit de vivre dans la paix, à l'abri de toute nouvelle offensive. Notre responsabilité, c'est de veiller à ce que les accords résistent à l'épreuve des tensions. Les institutions doivent protéger les personnes et la coopération doit primer sur la méfiance. Les parties doivent honorer leurs engagements et le Conseil de sécurité doit apporter son soutien pour garantir le respect de ces engagements. La paix sera crédible lorsqu'elle sera véritablement ressentie par les populations au quotidien. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:17:10]: Je remercie le représentant du Panama de son intervention et donne la parole à la représentante de la Lettonie. Latvia · Représentante [1:17:18]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie l'envoyé spécial Huang Xia de son exposé et de ses efforts continus pour soutenir les initiatives de paix et la coopération régionale dans la région des Grands Lacs. Madame la Présidente, j'ai trois choses à dire. Tout d'abord, le conflit dans l'est de la RDC demeure le point saillant de la région des Grands Lacs. Nous réaffirmons notre soutien aux efforts de paix. Nous saluons les efforts et les progrès enregistrés jusqu'ici dans les processus de Douai et de Washington. Et pourtant, la situation humanitaire et sécuritaire sur le terrain ne s'est toujours pas améliorée de façon drastique. Nous appelons toutes les parties à continuer à mettre en œuvre leurs engagements au titre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Nous réaffirmons notre appel au Rwanda, qui doit cesser de soutenir les M23, qui doit retirer ses troupes de la RDC, et nous appelons à une neutralisation des FDLR. La conclusion du protocole sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR est une mesure notable, et nous réaffirmons l'appel du Conseil à une mise en œuvre en temps et en heure. réaffirmant que nous sommes très attachés à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Ensuite, impossible d'envisager une paix durable dans la région des Grands Lacs sans une prise en charge, sans une direction africaine. Nous soutenons les efforts de médiation de l'Union africaine dans l'est de la RDC. Les consultations régionales qui ont eu lieu la semaine dernière grâce à la délégation du groupe de facilitateurs de l'Union africaine sont notables et nous espérons que la médiation de l'Union africaine permettra de rétablir la confiance et d'ouvrir un espace de dialogue. La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a aussi un rôle important à jouer dans le développement pacifique et durable de la région, notamment grâce à son appui au Mécanisme conjoint de vérification élargi. et grâce à son travail sur les ressources naturelles et leur gestion est important de permettre une coordination, une complémentarité entre les mesures prises au plan africain et international. Tout aussi important, il faut mettre l'accent sur la mise en œuvre des accords et des engagements des pays de la région. Et enfin, elle est tenue, appelle elle aussi à une pleine participation égale sur un bien d'égalité des femmes aux efforts de paix. Les femmes et les jeunes filles font partie des personnes les plus frappées, touchées pour le conflit dans l'est de la RDC. Dès lors, Les rôles des femmes dans le règlement des conflits sont essentiels pour la paix durable et pour la protection des rescapés survivantes et pour permettre de rendre des comptes. Elles permettent l'union des communautés, elles jouent des rôles de médiatrices, de surveillantes, elles documentent des violations et prennent en charge les vulnérables, les malades dans le cadre de la flambée d'Ebola. Leur résilience n'est pas un acquis, leur participation est indispensable Sans participation des femmes, la paix sera sans doute éphémère. Elle n'aura pas la résilience sociétale nécessaire et replongera sans doute dans le conflit. Nous félicitons l'envoyé spécial de sa promotion d'une paix inclusive. Et enfin, Madame la Présidente, la dynamique de la paix ne devrait pas nous filer entre les doigts. Nous devons absolument la maintenir grâce à une bonne volonté politique, grâce à un rétablissement de la confiance, grâce à un engagement, grâce à un respect des engagements, notamment grâce à des engagements fondamentaux dans le cadre de coopération de paix et de sécurité dans la région et en RDC. La Lettonie continuera à soutenir l'APRDC dans la région des Grands Lacs. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:21:02]: Je remercie la représentante de la Lettonie de son intervention et je donne la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:21:11]: Je vous remercie, Madame la Présidente. D'emblée, permettez-moi de remercier M. Juan Schia, envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, pour son exposé. Je tiens à exprimer l'appréciation du royaume de Bahreïn pour les efforts déployés par son bureau en faveur de la paix et de la stabilité dans la région. Nous nous félicitons de la participation du représentant de la République du Burundi à la réunion d'aujourd'hui. Madame la Présidente, le royaume de Bahreïn se félicite de la dynamique diplomatique soutenue des processus de Doha et de Washington, ainsi que de la médiation menée par l'Union africaine et les partenaires régionaux. Nous soulignons l'importance de la complémentarité de ces processus et nous nous félicitons de l'exécution des premières missions du Mécanisme conjoint élargi de vérification EJVM+ à Minembwe et à Masisi. C'est là une étape importante vers le renforcement du suivi et de la vérification du cessez-le-feu, de sorte à favoriser la restauration de la confiance et à soutenir un cessez-le-feu durable. Nous réaffirmons l'importance de l'application intégrale de la résolution 27713 et du respect par toutes les parties de leurs engagements. Par ailleurs, nous partageons l'inquiétude du Secrétaire général face à l'écart persistant entre les progrès diplomatiques d'une part et la réalité sur le terrain d'autre part. Nous appelons toutes les parties à mettre fin aux hostilités, à protéger les civils, à s'acquitter pleinement de leurs obligations et à respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Nous exprimons en outre notre profonde préoccupation face à la poursuite des attaques menées par les forces démocratiques alliées et réaffirmons la condamnation par le Royaume du terrorisme et de l'extrémisme violent sous toutes leurs formes, ainsi que l'importance du renforcement de la coopération régionale et internationale pour combattre ces phénomènes et tarir leurs sources de financement. Quant à la propagation de l'épidémie d'Ebola, cette situation suscite également une vive inquiétude. Les dernières données disponibles de l'OMS font état de 7 773 cas et de 3 759 décès, ce qui souligne la nécessité d'assurer un accès sûr et sans entrave des équipes humanitaires et sanitaires. Le Royaume de Bahreïn souligne que le cadre pour la paix, la sécurité et la coopération demeure un instrument régional essentiel pour traiter les causes profondes du conflit et renforcer la confiance entre les États de la région. Nous nous félicitons du renforcement de la coopération régionale et attendons avec intérêt l'adoption de la procédure unifiée relative au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement et à la réintégration des combattants étrangers. Nous soulignons également l'importance de lutter contre l'exploitation illicite des ressources naturelles et de promouvoir le dialogue ainsi que la retenue afin d'éviter toute escalade régionale. Madame la Présidente, pour conclure, le Royaume de Bahreïn réaffirme son soutien à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs, tout en soulignant l'importance du respect de la souveraineté des États de la région, de leur unité, de leur intégrité territoriale et des principes de bon voisinage. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:24:43]: Je remercie le représentant du Bahreïn de son intervention et je vais prononcer une déclaration en tant que représentant de la Grèce. Je remercie l'envoyé spécial, M. Wang Xia, de son exposé très intéressant. Qu'il me soit permis de me féliciter de la participation du représentant du Burundi lors de la présente séance. Avant toute chose, je souligne qu'en dépit Des efforts internationaux et régionaux collectifs continus et en dépit des progrès diplomatiques importants, le conflit armé dans l'est de la République démocratique du Congo continue, persiste, mettant en péril la stabilité régionale. Les efforts de paix ont accouché d'une belle dynamique et cette dynamique doit être préservée à tout prix. Toutes les parties doivent opter pour une désescalade immédiate, doivent honorer leurs engagements et accélérer la mise en œuvre des engagements. J'ai trois éléments à aborder. Tout d'abord, la résolution 2773 et la résolution 2808 doivent être mises en œuvre immédiatement, pleinement et sans la moindre condition. Les AFCM23 doivent cesser immédiatement toute hostilité, doivent annuler la création des structures parallèles illégitimes et doivent battre en retraite depuis toutes les zones qu'ils contrôlent. L'autorité de l'État doit être restaurée dans toute la RDC. La Grèce soutient l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriales de la RDC et de tous les États de la région des Grands Lacs. Ce soutien ne flanchera pas. La neutralisation effective des FDLR est une question urgente et nous soutenons les efforts de la RDC à cet égard, conformément aux engagements pris. au titre des accords de Washington. Les forces de défense du Rwanda, les FDR, doivent cesser de soutenir les AFC M23 et doivent, sans la moindre condition, se retirer du territoire de la RDC. La Grèce salue tous les efforts de médiation menés par les États-Unis et le Qatar et souligne en particulier les mesures prises par l'Union africaine, surtout les initiatives du Togo et de l'Angola visant à conclure un cessez-le-feu pour permettre une paix, une stabilité, une réconciliation durable dans l'est de la RDC et dans la région des Grands Lacs de façon plus générale. Ensuite, la flambée d'Ebola fait rage dans l'est de la RDC. Et en plus de cela, l'insécurité alimentaire généralisée et le pillage des ressources naturelles dans la région nous préoccupent, car Ces phénomènes aggravent la situation humanitaire complexe et terrible dans la région, alimentent les violences dans l'Est de la RDC, les violations des droits humains des femmes et des enfants, et engendrent des vagues de personnes déplacées en interne. Nous sommes vivement préoccupés par les attaques des ADF, notamment les tueries de Nord-Kivu, qui ont fait des victimes civiles nombreuses et qui ont provoqué de déplacements supplémentaires. Toutes les parties doivent respecter le droit international humanitaire et doivent garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, tout en facilitant les vols humanitaires. Nous saluons la MONUSCO de son travail de protection des civils et de ses efforts en matière de cessez-le-feu permanent, surtout après les deux premières missions du Mécanisme de vérification conjoint élargi dans l'est de la RDC. Troisièmement, nous estimons que la revitalisation du Cadre de paix, sécurité et coopération est d'une importance critique, comme l'Envoyé spécial l'a réaffirmé à de nombreuses occasions. Toutes les parties signataires doivent respecter les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale de tous les États de la région des Grands Lacs et doivent s'abstenir d'aider, de soutenir ou de tolérer les groupes armés illégaux. Nous nous félicitons des missions de bons offices récentes de l'envoyé spécial dans plusieurs pays de la région et nous le félicitons de son travail de promotion des programmes Jeunes et Femmes et Paix et Sécurité. Il encourage aussi à la pleine participation sur un pied d'égalité significative des femmes et des jeunes dans les efforts de paix, ce dont nous félicitons. Nous réaffirmons en outre que pour parvenir une durabilité et une gouvernance transparente des ressources naturelles de la région des Grands Lacs, il faut des mécanismes équitables de partage des bénéfices et il faut aussi un engagement en faveur de pratiques de développement durable, surtout dans le secteur minier. L'exploitation illicite et le trafic de ressources naturelles doivent aussi être pris à bras-le-corps. Une coopération régionale solide, une bonne intégration de la chaîne de valeur et un renforcement des capacités s'agissant des richesses minérales de la région, peuvent contribuer à la prospérité, à la paix et à la sécurité. Et en guise de conclusion, la Grèce est prête à soutenir toute action supplémentaire du Conseil de sécurité, si nécessaire, pour promouvoir une paix durable, une stabilité et un développement sur le long terme dans la région des Grands Lacs. Je vais reprendre mon rôle de présidente du Conseil de sécurité et je vais donner la parole au représentant du Burundi. Burundi · Représentant [1:30:14]: Madame la Présidente, je voudrais de prime abord remercier la présidence grecque du Conseil de sécurité d'avoir inscrit à l'ordre du jour l'examen du rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs. Cette initiative témoigne de l'attention constante que le Conseil porte à la situation dans notre région et à la recherche d'une paix durable dans la région des Grands Lacs. Ma délégation remercie aussi le Secrétaire général pour son rapport qui rend compte de manière utile des évolutions intervenues au cours de la période considérée et met en évidence la dimension régionale de la crise dans l'est de la RDC. Nous saluons également le travail accompli par l'envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs et son bureau en faveur de la désescalade du dialogue, de la coordination des différentes initiatives de paix et de la revitalisation de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération dans la région des Grands Lacs. Nous apprécions particulièrement ses bons offices auprès des Etats de la région et son engagement à renforcer la cohérence entre les efforts africains et internationaux. Le Burundi partage le constat selon lequel la situation sécuritaire dans l'est de la RDC demeure préoccupante malgré les avancées enregistrées sur le plan diplomatique. La persistance des violences, l'activisme des groupes armés, les déplacements massifs de populations et la détérioration de la situation humanitaire montrent que les engagements pris autour des différentes tables de négociation doivent désormais se traduire par des mesures concrètes sur le terrain. Nous saluons les différents processus et estimons et estimant que la complémentarité entre les processus de Washington, de Doha et la médiation conduite sous l'égide de l'Union africaine constitue à cet égard un impératif. Ces initiatives doivent se renforcer mutuellement et être guidées par un objectif commun: mettre fin aux hostilités, protéger les populations civiles et s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité. Pour le Burundi, Il est également essentiel de ne pas perdre de vue la dimension véritablement régionale de cette crise. Les dynamiques sécuritaires dans l'est de la RDC ont des répercussions directes sur les pays voisins, à travers notamment les mouvements de groupes armés, les trafics transfrontaliers, les déplacements de population et la persistance de la méfiance entre certains États de la région. La paix en RDC ne pourra donc être durable que si elle s'accompagne d'un renforcement de la confiance entre les États des Grands Lacs, d'une coopération accrue en matière de sécurité et d'une volonté politique collective de régler les différends par le dialogue. A cet égard, le Burundi se félicite que le rapport du Secrétaire général reconnaisse les efforts entrepris par notre pays en faveur du dialogue et de la recherche de solutions africaines à la crise congolaise. Nous relevons notamment L'engagement de Son Excellence, M. Evariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi et, au cours de la période considérée, président en exercice de l'Union africaine, qui a reçu à Bujumbura, le 6 juillet 2026, une délégation d'acteurs politiques et religieux de la RDC et a souligné l'importance d'un dialogue constructif. Cette contribution s'inscrit dans la conviction constante du Burundi que les États de la région ont une responsabilité particulière dans la recherche de solutions durables aux crises qui affectent notre espace commun. Le Burundi entend continuer à mettre son expérience, ses bons offices et ses capacités de dialogue au service des efforts africains de paix, en étroite coordination avec l'Union africaine, les mécanismes régionaux et les Nations unies. Madame la Présidente, c'est dans cet esprit que ma délégation souhaite partager les messages suivants au nom de mon gouvernement. Premièrement, le Burundi réaffirme son attachement à l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, qui demeure, à nos yeux, un instrument essentiel pour traiter les causes profondes des conflits dans la région. Nous saluons les efforts en cours pour sa revitalisation et encourageons l'ensemble des Etats signataires à honorer pleinement leurs engagements. Le cadre pour la paix, la sécurité et la coopération doit demeurer un espace privilégié de dialogue, de confiance et de coopération entre les États de la région, avec le soutien de l'Union africaine et des Nations unies. Deuxièmement, le Burundi demeure profondément préoccupé par la présence et les activités des groupes armés dans l'est de la RDC, notamment ceux qui constituent une menace directe ou indirecte pour la sécurité des États voisins. Nous sommes particulièrement attentifs à la présence et aux activités de Red Tabara au Sud-Kivu, telles que relevées dans le rapport du Secrétaire général. La lutte contre les groupes armés doit être menée dans le respect du droit international et dans le cadre d'une coopération régionale renforcée. Il est indispensable d'améliorer le partage d'informations les mécanismes de vérification et la sécurisation des frontières afin d'empêcher les groupes armés de tirer parti des espaces transfrontaliers et de déstabiliser les États de la région. Troisièmement, le Burundi attache une importance particulière au renforcement de sa coopération bilatérale avec la RDC. Nous nous félicitons que le rapport fasse état de l'accord intervenu entre les deux pays en vue de renforcer leur coopération militaire. Cette coopération doit contribuer à la sécurisation de leurs frontières communes, à la lutte contre les groupes armés et au retour progressif de la stabilité dans les zones affectées par les conflits. Le Burundi réaffirme sa disponibilité à travailler avec la RDC et les autres partenaires régionaux dans un esprit de responsabilité, de solidarité et de respect mutuel. Quatrièmement, le Burundi voudrait souligner l'importance d'un renforcement de la confiance entre les États de la région. Le rapport du Secrétaire général relève la persistance des tensions entre le Burundi et le Rwanda, ainsi que la fermeture de la frontière commune depuis janvier 2024. Le Burundi demeure convaincu que les questions qui opposent les États de la région doivent être traitées par le dialogue, la diplomatie et les mécanismes régionaux appropriés. Nous sommes favorables à toute initiative susceptible de contribuer à la restauration de la confiance, à la réduction des tensions et, à terme, à la normalisation des relations entre les pays voisins. Nous réaffirmons que la sécurité d'un État ne saurait être durablement assurée au détriment de celle de ses voisins et que la stabilité régionale repose sur la sécurité collective. Cinquièmement, mon gouvernement accorde une importance particulière à la dimension humanitaire de la crise. Le Burundi a continué à assumer ses responsabilités en accueillant des réfugiés en provenance de la RDC, tout en facilitant, lorsque les conditions le permettent, leur retour volontaire. Nous appelons la communauté internationale à renforcer son appui aux pays qui accueillent ces populations et à veiller à ce que les retours soient véritablement volontaires, sûrs, dignes et durables. Une solution durable à la crise de la RDC et dans la région des Grands Lacs, doit placer les populations affectées au centre de l'action collective et tenir compte des conséquences sociales et économiques supportées par les pays d'accueil. Sixièmement, le Burundi soutient le renforcement des mécanismes régionaux de vérification et de suivi du cessez-le-feu. La mise en œuvre effective du Mécanisme élargi conjoint de vérification plus constitue une étape importante pour instaurer la confiance entre les parties et prévenir les malentendus susceptibles d'entraîner une nouvelle escalade. Ces mécanismes doivent, toutefois, disposer des ressources nécessaires, bénéficier de la pleine coopération des parties et préserver leur crédibilité, leur impartialité et leur efficacité. Les engagements pris dans les différents processus de paix doivent être accompagnés de mécanismes de suivi et de vérification permettant d'en mesurer concrètement la mise en œuvre. Septièmement, le Burundi réaffirme la nécessité de s'attaquer aux causes structurelles des conflits. La lutte contre l'exploitation et le commerce illicite des ressources naturelles, le contrôle des flux d'armes, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants, ainsi que le règlement des différends liés aux terres et aux tensions communautaires doivent faire partie intégrante de toute stratégie régionale de paix. À cet égard, Nous soutenons les efforts visant à renforcer le mécanisme régional de certification de la CRGL, notamment en matière de traçabilité, de transparence et de gouvernance responsable des ressources naturelles. La lutte contre les économies de conflit doit contribuer à priver les groupes armés des ressources qui alimentent leurs capacités de nuisance et à favoriser une intégration économique régionale bénéfique aux populations. Huitièmement, le Burundi réaffirme sont soutenus à une approche africaine de la prévention et du règlement des conflits. Nous saluons les efforts de l'Union africaine, de la CEIREL, de la Sadek, de la Communauté de l'Afrique de l'Est et des autres mécanismes régionaux engagés dans la recherche de solutions à la crise. Nous estimons que l'appui international doit renforcer les initiatives africaines plutôt que s'y substituer. La multiplication des processus ne doit pas conduire à leur concurrence. Au contraire, Washington doit. La médiation de l'Union africaine et les mécanismes régionaux doivent être complémentaires, cohérents et centrés sur la mise en oeuvre effective des engagements pris. Madame la Présidente, la situation dans la région des Grands Lacs exige de la communauté internationale qu'elle demeure engagée, tout en reconnaissant et en soutenant davantage les efforts déployés par les États et les organisations de la région. Le Burundi reste convaincu que la paix dans notre région ne pourra être durablement consolidée que par une appropriation régionale pleine et entière, fondée sur le dialogue, la confiance, la coopération et le respect de la souveraineté et l'intégrité territoriale des États. À cet égard, le Burundi entend continuer à assumer pleinement sa responsabilité en tant qu'acteur de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs. Fort de son engagement au sein de l'Union africaine, de sa participation aux mécanismes régionaux et de son expérience dans les processus de dialogue, notre pays demeure disponible pour contribuer, chaque fois que cela est utile, aux efforts de prévention des conflits de médiation, de renforcement de la confiance et de consolidation de la paix. Les initiatives entreprises par Son Excellence, Monsieur le Président de la République du Burundi, en faveur du dialogue sur la crise congolaise illustrent cette volonté de mettre les bons offices du Burundi au service de la paix régionale. Le Burundi continuera à soutenir les efforts visant à rapprocher les positions, à prévenir l'escalade et à créer les conditions d'un dialogue inclusif et durable. Nous appelons, dans cet esprit, le Conseil de sécurité à continuer d'accompagner les efforts conduits par l'Union africaine à soutenir la revitalisation du Cadre pour la paix, la sécurité et la coopération et à renforcer les capacités des mécanismes régionaux de prévention, de vérification et de règlement pacifique des différends. Nous encourageons également le Conseil à continuer de soutenir les efforts de l'envoyé spécial du Secrétaire général et de son bureau, dont le rôle demeure essentiel pour favoriser la cohérence des initiatives et maintenir les canaux de dialogue ouverts. Le Burundi réaffirme, pour sa part, sa disponibilité à travailler avec tous les États de la région, l'Union africaine, les organisations sous-régionales et les Nations unies pour faire progresser la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Notre pays continuera de privilégier le dialogue à la confrontation, la coopération à la méfiance et les solutions africaines aux crises africaines. Nous sommes convaincus qu'en conjuguant la volonté politique des États de la région avec un soutien international prévisible, coordonné et respectueux de la population africaine, les engagements pris dans les différents processus de paix pourront progressivement se traduire en résultats concrets pour les populations. C'est dans cet esprit que le Burundi continuera d'assumer sa part de responsabilité dans la construction d'une région des Grands Lacs pacifique, stable, intégrée et tournée vers le développement. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:44:04]: Je remercie le représentant du Burundi pour son intervention. Il n'y a plus de. Demande de prise de parole. J'invite les membres du conseil à passer à des consultations pour poursuivre la discussion sur le sujet. La séance est levée.