(Jour 1) Débat général — Assemblée générale : séance plénière, 81e session Assemblée générale Date: 22 September 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/asset/k17/k17s3dutob Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [18:19]: Good morning to all of you. Bonjour à toutes et à tous, je vous invite à prendre place. Ladies and gentlemen. Mesdames et messieurs, la séance va commencer, je vous invite à prendre place. Je déclare ouverte la cinquième séance plénière de l'Assemblée générale. Please take your seat. Veuillez prendre place, je vous en prie. Avant d'entamer le débat général, l'Assemblée va entendre la présentation par le Secrétaire général de son rapport annuel sur l'activité de l'Organisation, au titre du point 113 de l'ordre du jour. et conformément à la résolution 51/241 du 31 juillet 1997. Je donne à présent la parole. Ou plutôt, avant de donner la parole au Secrétaire général, c'est la dernière fois que je vous le demande, veuillez prendre place. Je donne à présent la parole au Secrétaire général des Nations unies, Son Excellence Antonio Guterres. UN · SG · Antonio Guterres [23:32]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Excellences, Mesdames et Messieurs, Les fractures de notre monde ne cessent de s'élargir. Les fissures sont devenues des gouffres béants. Au cours de la dernière décennie, Des guerres ont éclaté avec leurs cortèges de conséquences dévastatrices et n'ont fait que s'éterniser avec une cruauté odieuse. Les populations civiles ont été prises pour cible, les droits humains piétinés, la faim a été instrumentalisée comme une arme, des humanitaires ont été tués, le droit international a été relégué aux oubliettes, les clivages géopolitiques se sont creusés, les inégalités se sont aggravées, la confiance s'est érodée. La crise climatique n'est plus une menace lointaine, c'est une réalité quotidienne, et l'intelligence artificielle a évolué à un rythme tel que même ses créateurs en restent médusés. Toutes ces crises ne sont pas isolées. Ce sont les chapitres d'une même histoire: l'histoire du pouvoir. De ceux qui le détiennent, de ceux qui en sont privés, de l'usage qui en est fait. et dému qu'il opère. Excellence, la redéfinition du pouvoir s'opère au temps de trois grands axes. Tout d'abord, entre États, de nouveaux pôles d'influence économique, politique et technologique ont vu le jour. Deuxièmement, dans un basculement spectaculaire, le pouvoir échappe de plus en plus aux gouvernements pour se concentrer entre les mains d'une poignée d'entreprises privées, de particuliers. L'influence de ces acteurs s'étend désormais à la politique, à l'économie, aux flux d'information, au développement technologique et à l'espace civique dont dépend le développement de la société. Troisièmement, enfin, les êtres humains cèdent de plus en plus le pouvoir à la machine. Les agents d'intelligence artificielle deviennent incontrôlables. et les armes létales autonomes ne relèvent plus de la science-fiction mais sont aujourd'hui une réalité militaire. Nos institutions et nos systèmes de gouvernance mondiale, eux, sont toujours le reflet des réalités du pouvoir et des intérêts d'une époque largement révolue. Tel est le défi d'ampleur que nous devons relever. À l'heure où l'humanité fait face à une conjonction de menaces inédites, nos mécanismes d'action collective ploient sous des difficultés de plus en plus nombreuses. Excellence, nous nous dirigeons de toute évidence vers un monde multipolaire, et c'est une évolution irréversible. Mais la multipolarité peut revêtir des formes différentes. Le risque est celui de voir advenir un monde fragmenté, transactionnel, un monde gagné par la montée des tensions et l'aggravation de la méfiance, où les marchés seraient fracturés, les institutions affaiblies, où la coopération céderait la place à des calculs à somme nulle. À bien des égards, c'est le chemin que nous suivons pour l'instant. Mais il y en a un autre possible, un chemin vers une multipolarité en réseau, Un monde fondé sur l'interdépendance, étayé par un dense réseau de liens économiques, politiques, sociaux et technologiques. Un monde dans lequel coexistent plusieurs pôles d'influence, au sein d'un cadre commun reposant sur le droit international et des règles partagées. Un monde qui nous permette d'échapper aux tendances hégémoniques et à ce que j'ai appelé la grande fracture. c'est-à-dire la division du monde en deux blocs rivaux, avec des systèmes économiques et technologiques et des dispositifs de sécurité distincts. Nous devons éviter cela. Un monde en réseau est fondé sur le principe selon lequel aucune puissance ne peut relever à elle seule les défis contemporains. Bien entendu. La concurrence restera une constante des relations internationales, mais la concurrence ne doit pas nécessairement mener à la confrontation. Une concurrence saine est porteuse d'innovation, de résilience et de nouvelles possibilités. Encore faut-il qu'elle s'inscrive dans les cadres qui soient gage de stabilité et permettent à la coopération de jouer à plein lorsque les circonstances l'exigent. Pour qu'un avenir en réseau se concrétise, il importe que les superpuissances, en particulier, se rendent compte que leur puissance n'est pas si super que ça. Leur pouvoir a ses limites. Les événements de ces dernières années l'ont amplement démontré. La puissance militaire ne saurait à elle seule garantir la paix. La puissance économique ne suffit pas à elle seule à assurer la stabilité. Et la puissance technologique ne peut à elle seule apporter la sécurité. Un monde multipolaire en réseau peut créer les conditions permettant de régler les problèmes mondiaux de manière plus équilibrée, plus représentative. Mais pour cela, il faut un système multilatéral centré sur l'ONU, qui soit lui aussi équilibré et représentatif. Des institutions solides et efficaces qui reflètent les réalités et l'évolution progressive du poids relatif des pays et des économies dans le monde d'aujourd'hui. pas les rapports de force d'il y a 80 ans. Fort heureusement, nous ne partons pas de zéro. Nous disposons déjà d'un socle fondateur contraignant, la Charte des Nations unies, avec les principes qui lui donnent vie. La primauté du droit international, le respect des droits humains, la dignité et la recherche de la justice dans toutes ses dimensions, Tels sont les piliers d'un exercice du pouvoir efficace, légitime et responsable au XXIe siècle. Excellence, la situation est la suivante: ferons-nous ce qu'il faut pour que le pouvoir obéisse à la loi et non au droit du plus fort, pour qu'il s'exerce dans la coopération et non par la contrainte, avec le sens des responsabilités envers les jeunes et les générations futures et non dans l'indifférence quant à leur sort, car les grands défis de notre époque sont indissociables de la question du pouvoir. Ils en sont même l'expression. Et ce sont ceux qui détermineront si nous sombrerons davantage dans la division et l'instabilité, ou si nous emprunterons la voie de la coopération, de la justice et de la sécurité collective. Il existe quatre grandes épreuves du pouvoir qui seront déterminantes pour notre avenir. Le pouvoir de faire la guerre ou la paix. Le risque d'un pouvoir qui accapare les richesses et creuse les inégalités. Celui d'un pouvoir qui alimente le chaos climatique et la guerre contre la nature. Et le pouvoir déchaîné par l'intelligence artificielle. Excellence, la première grande épreuve du pouvoir au 21e siècle, c'est celle de la paix et de la sécurité. La paix est bien plus que l'absence de conflits. C'est la limitation du pouvoir par la loi. L'expression du principe consacré dans la Charte des Nations Unies, selon lequel la force ne saurait être l'arbitre ultime pour déterminer quelles sont les vies, les droits et l'avenir qui comptent. Aujourd'hui, ce principe est mis à rude épreuve. Au Moyen-Orient, les conflits se multiplient en cascade. Les soi-disant cessez-le-feu n'ont guère été que des combats de moindre intensité. Et ce sont les populations civiles qui continuent d'en payer le prix. Cela ne peut plus durer. J'appelle les dirigeantes et dirigeants présents dans cette assemblée à tirer pleinement parti de cette semaine de haut niveau pour permettre la désescalade et relancer le dialogue. Ensemble, nous devons envoyer un message clair. Les combats doivent cesser, l'aide humanitaire affluer et les droits la liberté de navigation doivent être entièrement rétablies en application du droit international. Au milieu des troubles qui secouent la région, nous ne devons pas perdre de vue la situation catastrophique qui règne dans le territoire palestinien occupé. Cela fait près de trois ans que les attaques terroristes odieuses du 7 octobre ont été perpétrées par le Hamas. Ce qui a eu lieu ensuite est un véritable déferlement de violence contre les Palestiniennes et les Palestiniens de Gaza, avec des massacres et des destructions d'une ampleur sans commune mesure, avec tout ce que j'ai pu voir depuis que j'ai pris mes fonctions de secrétaire général. La Cour internationale de justice a pris des mesures conservatoires juridiquement contraignantes en l'affaire relative à l'application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza. Dans un avis consultatif rendu l'an dernier, la Cour a conclu que les entités des Nations Unies devaient être autorisées à s'acquitter de leur mandat à Gaza et que notre personnel ainsi que le personnel humanitaire devaient être protégés. Toutes les parties doivent se conformer au droit international et aux décisions de la Cour. Dans le même temps, La violence, les déplacements de population et l'expansion des colonies par Israël en Cisjordanie occupée font voler en éclats les perspectives de paix et laissent planer la menace d'un nettoyage ethnique. Nous ne pouvons pas laisser la solution des deux États disparaître devant nos yeux. En Ukraine, l'invasion à grande échelle menée par la Russie a plongé un pays souverain dans une guerre brutale, en violation flagrante de la Charte. Loin des lignes de front, des civils continuent d'être tués. En Ukraine surtout, mais aussi depuis peu dans certaines parties de la Russie, les habitations, les réseaux d'énergie et d'approvisionnement en eau ainsi que les transports font l'objet d'attaques répétées qui menacent les chaînes d'approvisionnement alimentaire et énergétique à l'échelle mondiale. Au Soudan, une guerre pour le pouvoir à l'état brut, attisé par des acteurs extérieurs, s'est transformée en guerre contre la population civile. Des millions de personnes ont été déplacées, la faim gagne du terrain, les hôpitaux et les habitations sont frappés par les drones, et les violences sexuelles et les attaques à caractère ethnique se multiplient. Le pays est en lambeaux et le monde ferme les yeux. Au Myanmar, une autre crise risque de passer sous les radars de la communauté internationale, malgré l'escalade de la violence, les déplacements de masse et l'expansion de la criminalité transnationale. Excellence, ces conflits, comme tant d'autres, illustrent ce qui se passe lorsque le pouvoir échappe à tout contrôle, que la force prend le pas sur la diplomatie, que les budgets militaire monte en flèche et que le principe de responsabilité est foulé aux pieds. La question est de savoir si le pouvoir sera exercé dans le respect de la loi ou s'il se placera au-dessus des lois. Nous devons être à la hauteur des enjeux. Nous devons défendre la Charte sans deux poids, deux mesures, protéger les populations civiles sans exception, garantir un accès humanitaire sans entrave, protéger coûte que coûte le personnel humanitaire, faire progresser sans délai la non-prolifération et le désarmement nucléaire, et exiger des comptes sans crainte et en toute impartialité. Nous devons également réformer le Conseil de sécurité pour qu'il soit le reflet du monde contemporain et qu'il ait la légitimité et l'efficacité requises face aux difficultés de notre époque. Le Conseil de sécurité a été créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais le monde a changé du tout au tout depuis. Ces évolutions n'ont guère trouvé leur écho au Conseil de sécurité. L'exemple le plus frappant, c'est celui de l'Afrique. Lorsque l'ONU a été fondée, la majeure partie de l'Afrique était sous domination coloniale. Aujourd'hui, l'Afrique ne dispose toujours pas de représentation permanente au Conseil. Au 21e siècle, il est. Au 21e siècle, il est injuste et indéfendable qu'il n'y ait pas de siège africain permanent au Conseil de sécurité. Cela doit changer. Excellence, la deuxième épreuve de pouvoir, c'est celle des inégalités. On présente souvent les inégalités comme un enjeu économique. Or, c'est un enjeu de pouvoir, le pouvoir de décider qui a ses chances, qui a accès aux ressources, qui a voix au chapitre. Jamais l'humanité n'a disposé d'autant de richesses, de savoir et de puissance technologique. Mais pour des milliards d'êtres humains, le progrès reste hors de portée. Ils observent la prospérité tout autour d'eux, mais pas dans leur propre vie. On leur dit que la mondialisation ouvre de nouveaux horizons. Eux ne connaissent que l'exclusion. On leur promet que la technologie ouvrira de nouvelles perspectives. Beaucoup redoutent qu'elle ne leur prenne leurs revenus. Pendant ce temps, des milliards de personnes sont toujours privées de l'essentiel, ce que les objectifs de développement durable visent à garantir à chacun: de quoi se nourrir, de l'eau potable, une éducation, un travail décent, des soins de santé, la dignité. Excellence, Aucun pays ne devrait être privé d'un avenir durable parce qu'il se situe du mauvais côté d'un système financier profondément inégalitaire. Et pourtant, tant de pays en développement sont écrasés par une dette insoutenable, frappés de plein fouet par des catastrophes dont ils ne sont guère responsables, et tenus à l'écart de financements abordables. Voilà pourquoi nous avons créé de nouveaux espaces politiques pour faire avancer la réforme de l'architecture financière internationale. Ce n'est pas là un débat technique, mais une question de représentation, d'équité et de partage de pouvoir, pour un allègement de la dette rapide, efficace et juste, pour des banques multilatérales de développement plus grandes, plus audacieuses et mieux armées capable de financer de long terme à un coût abordable et à grande échelle et de mobiliser massivement les capitaux privés, pour que les droits de tirage spéciaux bénéficient aux pays qui en ont le plus besoin. Excellences, on ne peut parler d'inégalités sans nommer la plus universelle de toutes, l'inégalité entre les femmes et les hommes, partout. Partout, les femmes et les filles continuent de subir des discriminations, violences, exclusions et abus. Autour du monde, leurs droits reculent, leurs voix sont réduites au silence, leurs corps transformés en champs de bataille et leur liberté traitée comme une monnaie d'échange. C'est une indignité et un immense gâchis pour l'humanité. Quand les femmes participent aux négociations, la paix est plus durable. Quand les femmes ont les mêmes chances que les hommes, les économies sont plus dynamiques. Quand les filles peuvent apprendre, vivre sans peur et prendre leur avenir en main, les sociétés sont plus résilientes. Et quand le pouvoir est partagé de manière équitable, les institutions sont plus efficaces. En dix ans, nous avons franchi un cap immense. Aujourd'hui, je suis fière de vous l'annoncer. Pour la première fois de son histoire, l'Organisation des Nations Unies a atteint la parité hommes-femmes à tous les postes de haute direction, dans toutes les villes sièges et parmi tous les cadres internationaux. Nous y sommes parvenues en levant les obstacles, en bousculant les idées reçues et en refusant que le pouvoir garde à jamais le même visage. Jamais nous n'avons transigé sur la qualité et la compétence. Bien au contraire, l'égalité n'est pas un rêve, c'est une décision. Si l'ONU peut changer, les gouvernements le peuvent aussi, les parlements également, les entreprises, les processus de paix et cette Assemblée générale. Excellence. La troisième grande épreuve du pouvoir, c'est la crise climatique. À bien des égards, c'est le déséquilibre de pouvoir le plus profond qui soit entre les générations. Une génération est en train de consumer l'avenir de la suivante. Un groupe profite de la situation et ceux qui en sont le moins responsables sont les premiers à en souffrir et les plus durement touchés. Il y a trois ans, dans les montagnes du Népal, j'ai tiré la sonnette d'alarme face à l'accélération de la fonte des glaciers et j'ai prévenu que les toits du monde étaient en train de céder. Certains ont balayé tout cela d'un revers de main et estimé que les risques étaient exagérés. Mais comme l'ont montré une série d'événements tragiques, les conséquences se font sentir plus tôt, frappent plus fort et se propagent plus loin que beaucoup ne l'avaient prévu. Il est désormais quasi certain que la limite de 1,5 degré Celsius sera dépassée alors qu'un phénomène El Nino hors norme fonce droit sur l'humanité. Les risques sont bien réels, mais l'espoir l'est aussi. La dernière décennie a été le théâtre de l'un des changements de rapport de force les plus prometteurs de notre époque: l'essor des énergies propres. Le soleil n'appartient à personne. On ne peut pas faire d'embargo sur le vent. L'innovation peut venir de partout. Il s'agit là d'un profond rééquilibrage des rapports de force. Dans la plupart des pays du monde, les énergies renouvelables sont désormais la source d'électricité nouvelle la moins chère. Et c'est la voie la plus viable vers la sécurité énergétique, l'indépendance énergétique et la croissance durable. Excellence, un monde sans combustibles fossiles va bientôt voir le jour. La question est de savoir comment. S'agira-t-il d'une transition juste et ordonnée, fondée sur la coopération internationale, ou bien d'une transition chaotique et coûteuse qui laissera des populations et des pays sur le carreau? Aujourd'hui, j'appelle tous les gouvernements à adopter un plan national de sortie des énergies fossiles qui soit conforme à l'objectif de 1,5 degré et assorti d'un calendrier précis et de mesures de protection pour les travailleurs et travailleuses et les communautés concernées. Nous savons bien que les acteurs des énergies fossiles ne renonceront pas à leurs intérêts d'eux-mêmes depuis des décennies. L'industrie pétrolière se sert de l'atmosphère comme d'un égout à ciel ouvert et c'est pour elle une véritable mine d'or. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, cinq grandes compagnies pétrolières occidentales ont engrangé près de 500 milliards de dollars de bénéfices. Pour référence, seulement 34 milliards de dollars ont été consacrés au financement public international de l'adaptation dans les pays en développement pendant la dernière année pour laquelle on dispose de chiffres. Pendant ce temps, les budgets énergie, alimentation, assurance des ménages s'envolent. Nous avons déjà connu ce genre d'abus de pouvoir. Lorsque les méfaits de l'industrie du tabac sont devenus indéniables, les gouvernements ont réagi. C'est le même type de détermination qui s'impose face à la crise climatique. Ceux qui ont le plus pollué et qui en ont le plus profité doivent faire bien davantage que les autres pour réparer les dégâts qu'ils ont causés. Les pollueurs doivent être les payeurs. Et je veux dire à tous les leaders, aux villes, à la société civile et aux citoyens et citoyennes qui leur demandent des comptes: vous êtes du bon côté de l'histoire, continuez. Les gouvernements doivent aussi poursuivre leurs efforts sur tous les fronts pour mettre fin à la déforestation, investir dans les réseaux électriques et le stockage, réduire les émissions de méthane. Mais cela ne suffit pas. Il faut que la justice climatique passe et l'accent doit être mis sur les mesures d'adaptation et les financements. Les pays développés doivent honorer les engagements qu'ils ont pris. Ils doivent tripler les montants destinés au financement de l'adaptation et faire en sorte que le Fonds pour les pertes et préjudices fonctionne pleinement. Nous devons également veiller à ce que les fonds pour les pertes et préjudices Les fonds disponibles ne sont pas du tout suffisants. Nous devons également veiller à ce que l'exploitation des minéraux critiques ne vienne pas aggraver les inégalités héritées du passé. Les pays producteurs et les communautés concernées doivent conserver une part bien plus importante de la valeur générée par leurs ressources. Fini le pillage, fini l'exploitation. Excellence. La quatrième épreuve du pouvoir, c'est celle de la technologie et surtout de l'intelligence artificielle. Pendant des siècles, Le pouvoir s'est résumé à la possession de territoires, puis vint l'industrie, puis la finance. Aujourd'hui, le pouvoir est de plus en plus affaire de données, de puissance de calcul et d'algorithmes. Ce nouveau pouvoir est extrêmement concentré. Il avance à une vitesse vertigineuse. Trop vite pour que nous puissions en mesurer les pleines conséquences. En 2017, on commençait tout juste à parler de l'intelligence artificielle. Toutefois, à l'occasion de ma première allocution d'ouverture à l'Assemblée générale, j'ai lancé cet avertissement. L'intelligence artificielle est une nouvelle donnée qui peut stimuler le développement et améliorer les conditions de vie de façon spectaculaire, mais elle peut aussi avoir un effet dramatique sur les marchés du travail et, en fait, sur la société mondiale et sur le tissu social même. Fin de citation. Et nous y sommes, près de dix ans plus tard. L'intelligence artificielle change bel et bien la donne. Elle porte en elle la promesse d'énormes progrès dans les domaines de la médecine et des découvertes scientifiques. Elle peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives et améliorer la qualité de vie. Mais que l'on ne s'y trompe pas, le danger ne vient pas de la technologie elle-même. Le danger, c'est que personne n'est à rendre de compte, l'absence de contrôle, le manque de transparence dans des décisions. Et c'est ce danger-là qu'il ne faut pas sous-estimer. Aujourd'hui, ce sont les développeurs mêmes de ces systèmes qui donnent l'alerte. Excellence. Le premier devoir des États est celui de protéger leurs populations. Ils doivent assumer leurs responsabilités. Ceux qui disposent des plus grandes capacités en matière d'intelligence artificielle sont aussi ceux qui sont investis des plus grandes responsabilités envers l'humanité. Ils ont le devoir de créer des espaces de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération, non pas malgré les rivalités géopolitiques, mais justement à cause d'elles. Durant la guerre froide, il y a eu un véritable tournant lorsque les adversaires stratégiques ont enfin compris qu'ils n'avaient d'autre choix que de gérer ensemble les risques existentiels qui les menaçaient tous. Et ils ont mis en place des mécanismes visant à dissiper les malentendus, à contenir les escalades et à prévenir les catastrophes. À l'époque, ce qui posait problème, c'était les armes nucléaires. Face à l'intelligence artificielle, aujourd'hui, nous devons agir avec la même lucidité et le sentiment d'urgence. Il faut que les pays à la pointe de cette révolution technologique fassent connaître les risques qui se font jour sur le plan de la sécurité, qu'ils procèdent résolument à des tests et à des évaluations et qu'ils œuvrent à la mise en place de garde-fous communs qui nous protègent collectivement. Mais puisque ces questions nous concernent toutes et tous, une coordination mondiale est indispensable et il n'existe qu'un seul endroit où chaque pays a voix au chapitre dans la définition de notre avenir commun: l'Organisation des Nations Unies. En adoptant le Pacte numérique mondial, vous avez arrêté pour la toute première fois des principes universels pour la gouvernance de l'IA. Avec le Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, nous avons créé un espace où gouvernements, scientifiques, responsables du secteur et acteurs de la société civile peuvent travailler ensemble. Et en créant le Groupe scientifique international indépendant de l'intelligence artificielle, nous avons réuni des spécialistes du monde entier chargés d'éclairer l'action publique par des données factuelles. Juste hier, le Groupe scientifique de l'intelligence artificielle a publié un rapport thématique sur la question de la sécurité de l'IA et les risques que l'être humain perde le contrôle. Il importe maintenant d'aller encore plus loin. Premièrement, pour créer les conditions propices à un développement maîtrisé et responsable de l'IA et mettre en place les garde-fous supplémentaires qui sont nécessaires face aux risques. Deuxièmement, pour œuvrer à la mise en place d'un cadre multilatéral de gestion des risques liés à l'IA, assorti d'un dispositif de contrôle crédible et indépendant. Et dans tous nos efforts, nous devons veiller à ce qu'aucun pays ne soit laissé de côté. L'intelligence artificielle doit être façonnée par l'humanité, avec l'humanité et au service de l'humanité tout entière. Et face aux défis qui nous attendent, restons fidèles à deux principes fondamentaux. Réaffirmons-les d'une seule voix. Les enfants ne doivent jamais servir de cobayes à des systèmes non réglementés. Et engageons-nous à ne jamais confier à des machines le soin de prendre des décisions de vie ou de mort. Les robots tueurs n'ont pas leur place dans le monde de demain. Excellence, la paix et la sécurité, les inégalités, le climat, l'intelligence artificielle. Telles sont les quatre grandes épreuves du pouvoir qu'il nous faudra prendre à bras le corps. Et elles sont inextricablement liées. Les guerres creusent les inégalités, font reculer le développement et laissent la faim gagner du terrain. Les inégalités déterminent qui a les moyens de faire face aux chocs, notamment aux chocs climatiques, et qui reste vulnérable. La crise climatique alimente l'instabilité et entraîne des déplacements de population. L'intelligence artificielle peut aider à tous ces problèmes ou au contraire les aggraver. Excellence dans ces quatre domaines, la question décisive est celle du pouvoir. Le pouvoir de la force, de l'argent, de l'énergie et de la technologie. Le pouvoir de fixer les règles et de déterminer ce que sera notre monde de demain. C'est pourquoi la Charte des Nations Unies et l'action de l'ONU revêtent plus d'importance que jamais. L'ONU existe parce que le pouvoir doit être encadré par des règles. C'est Et l'humanité a besoin d'une instance où le pouvoir répond à des principes. Et la Charte ne souffre pas d'interprétations à géométrie variable. Elle a donné naissance à une organisation fondée sur trois piliers: paix, développement, droits humains. Et ce ne sont pas là des objectifs concurrents. Ils ne forment qu'une seule et même réalité. Il ne peut y avoir de paix sans développement, ni de développement sans paix. Et il ne peut y avoir ni paix ni développement sans droits humains. Prétendre que la paix peut être séparée de la dignité et des droits, c'est une illusion. Mais défendre cette vérité ne signifie pas pour autant défendre le statu quo. Le Pacte pour l'avenir et l'initiative ONU 80 visent à rendre l'ONU plus réactive et ont toujours respecté les trois piliers de l'ONU. Ainsi, en effet, l'on peut rendre l'ONU plus réactive, plus efficace, plus cohérente, plus transparente, plus attentive aux résultats, plus rigoureuse dans la gestion de ses ressources et plus présente aux côtés de celles et ceux qui ont besoin d'elle. Le monde n'a pas besoin d'une ONU affaiblie. L'ONU doit, au contraire, être suffisamment forte pour faire face aux réalités du monde tel qu'il est aujourd'hui et pour réédifier le monde tel qu'il devrait être. Excellence, après dix années, j'en suis convaincu encore davantage qu'à mon arrivée. Le plus grand pouvoir n'est pas celui de dominer, mais celui de bâtir un avenir qui profite à tout le monde. Notre avenir commun dépendra de la capacité de l'humanité à encadrer l'exercice du pouvoir avec discernement. en faisant respecter la loi avant que l'impunité ne devienne la norme, en mettant fin aux guerres avant qu'elles ne détruisent des générations entières, en luttant contre les inégalités avant que les sociétés ne se divisent, en accélérant l'action climatique avant que les points de bascule ne soient franchis et en gouvernant l'intelligence artificielle avant que ce soit elle qui nous gouverne. Voilà le défi auquel l'Assemblée générale, l'ONU et l'humanité tout entière doivent faire face. excellence face à la catastrophe mondiale survenue il y a plus de 80 ans. L'ONU a été créée dans un élan d'audace. L'audace de celles et ceux qui refusent de laisser la peur prendre le dessus. L'audace face à l'idée pernicieuse selon laquelle la force ferait le droit. L'audace de pays qui savent que nos destins sont inexorablement liés. l'audace de l'espoir. Je ferai preuve de ce même esprit de détermination tout au long des 100 jours qu'il me reste à exercer mes fonctions. Mais l'attachement aux valeurs et aux principes de l'ONU ne dure pas que le temps d'un mandat. Et cela ne s'est pas arrêté non plus à la fin de mon premier mandat. Ces valeurs et principes sont plus illustres que n'importe quelle fonction. Ainsi, le 1er janvier, lorsque je ne serai plus Secrétaire général, soyez-en sûrs, où que je sois, Quoi que je fasse, je continuerai à défendre l'idée que la paix est possible, que la dignité humaine est universelle, que la force du droit doit prévaloir sur le droit du plus fort et que notre avenir commun vaut la peine de se battre. Je continuerai à défendre les valeurs consacrées par la Charte des Nations Unies et jamais, jamais, je ne baisserai les bras. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [56:20]: Je remercie le Secrétaire général. L'Assemblée. Générale va à présent examiner le point 8 de son ordre du jour intitulé « Débat général ». Je vais à présent prononcer une déclaration en tant que présidente de l'Assemblée générale. Excellence, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les anciens présidents et présidentes de l'Assemblée générale, Mesdames et Messieurs, il y a 40 ans, je me trouvais dans cette salle en tant que tout nouveau membre du cabinet du 41e président de l'Assemblée générale, M. Oumayoun Rachid Choudhury. À l'époque, il a dit, et je le cite, au cours des années récentes, il semble y avoir eu une crise de confiance au sein de l'ONU elle-même. Il y a un sentiment général selon lequel l'ONU a besoin aujourd'hui de se revitaliser sur un certain nombre d'aspects afin qu'elle corresponde aux priorités d'un monde en évolution. C'était il y a 40 ans. doutes sur le multilatéralisme et sur l'efficacité de l'ONU ne sont donc pas nouveaux. Ils ont fait partie de l'organisation depuis que la première pierre a été posée. Et pourtant, tout au long de son existence, l'ONU a persévéré, pas parce qu'elle est parfaite, mais parce qu'elle est irremplaçable et parce que l'alternative est tout simplement inimaginable. En 1945, le monde était en péril. Seconde Guerre mondiale et la dévastation immense qu'elle a apportée et l'Holocauste avaient laissé l'humanité en ruine sur le plan moral et budgétaire. Et cela devait changer et cette organisation devait changer. Cela a ouvert une longue ère de diplomatie qui se poursuit. Les États membres se sont rassemblés et ont travaillé ensemble pour régler leurs problèmes parce que l'alternative, le fracas des armes, n'était tout simplement pas une option. Et peut-être que la preuve la plus claire de ces réalisations se trouve dans cette salle. En 1945, 50 pays ont participé à la conférence de San Francisco. Aujourd'hui, 80 ans plus tard, l'organisation compte 193 États membres. L'ONU a rassemblé l'humanité sous un même toit et c'est sans précédent dans l'histoire humaine. La promesse centrale de cette institution, sa raison d'être, était et reste d'empêcher l'inimaginable, une troisième guerre mondiale. Et le fait que nous ayons pu éviter cette calamité fait partie des plus grandes réalisations de notre institution. Mais la survie à elle seule ne peut pas nous permettre de mesurer notre succès. En dehors de ces murs, on ne se demande pas si l'ONU existe toujours, on se demande si elle fonctionne Et bien sûr, il y a eu des guerres, des conflits que nous ne sommes pas parvenus à empêcher, des questions que nous n'avons pas pu régler. La question palestinienne n'est pas réglée depuis des décennies. Le Secrétaire général vient de le dire, les guerres, les conflits et leurs retombées ravagent le Soudan, Gaza, l'Ukraine, Myanmar et le Moyen-Orient. Mais alors même que ces guerres faisaient rage, l'ONU est restée et l'ONU a agi. Et je l'ai vu dans mon propre pays, où l'équipe de pays des Nations unies à Cox's Bazar s'efforce de faire plus avec moins pour appuyer les réfugiés Rohingyas. qui souhaitent revenir au Myanmar. Récemment, le représentant d'un pays déchiré par la guerre m'a dit: "Vos soldats de la paix du Bangladesh ne sont pas que des casques bleus, ils construisent des routes, des communautés, nourrissent les enfants et contribuent à rebâtir des sociétés et nous mettent sur la voie de la bonne gouvernance. En Irak, le système onusien a aidé près de 5 millions de personnes à retourner chez elles. L'ONU a réhabilité des centaines d'établissements scolaires, de centrales électriques, de stations d'épuration. Et en ce moment même, en Haïti, toute la famille de l'ONU travaille dans un contexte de sécurité de gouvernance très difficile. Et tous ces récits font rarement les gros titres, mais on ne doit jamais perdre de vue ce qui fonctionne. Dans le même temps, nous ne devons pas négliger nos défaillances, notamment dans un monde où les défis semblent se multiplier de jour en jour. Il y a un nouveau défi qui apparaît tous les jours. La guerre à Gaza a tué 70 000 personnes, y compris des milliers d'enfants. Le soutien humanitaire ne représentent qu'une fraction de ce qui est nécessaire. Les guerres en cours au Moyen-Orient et en Europe ont des conséquences bien au-delà des lignes de front, et la catastrophe déchirante au Népal et en Chine ne représente pas un événement isolé, mais plutôt une nouvelle conséquence terrible de notre réponse collective insuffisante face au changement climatique. Les circonstances et les réponses politiques face à ces crises peuvent différer, Mais ce n'est pas le cas de nos engagements au titre de la Charte des Nations unies. Les principes de multilatéralisme, de droit international, de protection des civils, d'accès humanitaire ne peuvent pas être mis en œuvre de manière sélective, pas si nous voulons que le monde nous fasse confiance. Et c'est justement dans ces moments que nous devons, avec honnêteté, nous pencher sur nos échecs. quel que soit leur gravité, pas en rejetant la faute, pas avec cynisme ou avec un espoir aveugle, mais en agissant, en menant une réflexion sans fard, avec un réalisme lucide et avec pragmatisme. C'est ainsi que nous pouvons naviguer dans ces eaux turbulentes et c'est ainsi qu'on peut rebâtir la confiance dans cette institution qui est l'objet principal de la 81e session. Alors, comment rétablir cette confiance? La confiance, ce n'est pas quelque chose qui nous est dû, on doit la gagner. Et pour gagner cette confiance, il y a trois manières. Tout d'abord, il faut être réaliste et franc quant à nos échecs. Ensuite, nous devons nous pencher sur les réformes fondamentales nécessaires pour que l'Organisation ait de meilleurs résultats. Et ensuite, nous devons faire en sorte que notre travail soit plus inclusif. Nous devons travailler avec toutes les parties prenantes pour une mise en œuvre efficace. Et je vais développer. Sur le premier point, Nous devons faire preuve de franchise quant aux défis qui nous attendent, quant à ce qui doit être réparé, même si les changements nécessaires peuvent être douloureux. Prenons la paix et la sécurité. Au titre de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité est responsable au premier chef du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Et pourtant, lorsque le Conseil n'est pas en mesure d'agir, les États membres se tournent vers l'Assemblée générale, nous l'avons vu en 1950 déjà avec la résolution Unis pour la paix et nous l'avons vu plus récemment avec l'initiative sur le veto de l'Assemblée. Ces deux organes principaux de notre organisation sont complémentaires, ils ne sont pas en concurrence. La Charte prévoit un équilibre adapté entre ces deux organes. Les deux chambres doivent jouer leurs rôles respectifs. Il faut reconnaître que le Conseil de sécurité, lorsqu'il agit, fait la preuve de sa force et de son efficacité. Il a contribué à libérer le Koweït, mis un terme à la guerre civile à El Salvador, appuyé l'indépendance de la Namibie, il a contribué à reconstruire le Cambodge et à stabiliser des pays touchés par des conflits grâce au maintien de la paix. Cependant, lorsque le Conseil n'est pas en mesure d'agir sur des questions importantes, c'est l'efficacité de toute notre organisation qui est mise en doute. En 1945, l'humanité a placé sa confiance dans le Conseil de bonne foi en lui confiant la responsabilité extraordinaire du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le Conseil de sécurité a accepté cette responsabilité et a noué un pacte, et il doit maintenant respecter cet accord. C'est ce qu'attendent les populations du monde. Selon elle, lorsque le Conseil de sécurité fonctionne, l'ONU fonctionne. La promesse de 1945 nous oblige encore aujourd'hui. J'appelle le Conseil de sécurité et tous les membres du Conseil à agir, à jouer un rôle de chef de file lorsque c'est nécessaire et à agir lorsque c'est nécessaire. Et en lien avec tout ceci, il y a la question de la réforme du Conseil de sécurité. J'appuierai les négociations intergouvernementales menées par l'Assemblée générale dans leurs travaux pour que le Conseil soit plus représentatif, plus transparent et plus fidèle aux réalités géopolitiques de notre époque. Garantir une représentation juste des régions sous-représentées doit rester une priorité. Comme le Secrétaire général l'a dit, ce n'est nulle part aussi important qu'en Afrique aujourd'hui. Après huit décennies, la plus grande région en termes de nombre d'États membres et objet essentiel du maintien de la paix de l'ONU demeure sous-représentée au sein du Conseil de sécurité. L'Afrique doit être assise à la table et ne pas simplement figurer au menu. L'Afrique ne peut pas attendre indéfiniment la place qui lui revient au sein du Conseil. Mettre un terme à la sous-représentation de l'Afrique est aujourd'hui une question d'équité, de justice et, au bout du compte, ce qui est en jeu, c'est la crédibilité de notre organisation. Pour ce qui est du pilier développement et notamment les objectifs de développement durable, nous avons raison de nous focaliser sur les défis L'année dernière, les bailleurs de fonds de l'OCDE ont consacré environ 175 milliards de dollars en termes d'aide au développement. C'est une baisse de 23 % d'une année sur l'autre. Et pourtant, les dépenses militaires approchent 3 000 milliards de dollars, un record après 11 années consécutives d'augmentation. Et tandis que les progrès sur le front des ODD se sont essoufflés et ne concernent qu'un peu plus d'un tiers des cibles, les pays en développement, aujourd'hui, payent le plus lourd tribut des bouleversements qui touchent les chaînes d'approvisionnement dont ils ne sont pas à l'origine et auxquelles ils ne peuvent pas remédier. Le contraste est extrêmement frappant. Nous devons hiérarchiser la manière dont nous affectons nos ressources en augmentant l'aide au développement, en se penchant sur le fardeau de la dette, en réformant l'architecture financière internationale, en honorant les engagements de Séville et de Paris, en mettant en œuvre le programme d'action pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral, les petits pays insulaires en développement et également l'Agenda 2063 de l'Union africaine. Car lorsque nous avons hiérarchisé ces ressources, les résultats sont clairs au cours de la décennie écoulée. Près d'un milliard de personnes a obtenu un accès à de l'eau potable gérée de manière sûre. L'électricité touche aujourd'hui 92 % de la population mondiale et l'accès à Internet est passé de 40 à 74 %. Et au-delà de ces statistiques, il y a des enfants en meilleure santé, des communautés plus résilientes et davantage de possibilités pour les femmes et les filles, ainsi qu'un espoir renouvelé. Ces acquis nous montrent que l'accélération des ODD est possible lorsque les pays en développement et les partenaires de développement travaillent de concert, et c'est une responsabilité collective. Les pays en développement doivent également identifier les propres efforts qu'ils peuvent réaliser par la mobilisation des ressources nationales et colmater les fuites, combattre la corruption, y compris la fuite des capitaux. un fléau qui, jusqu'à récemment, minait le développement de mon propre pays, qui était sous la coupe d'un régime autoritaire. Pour ce qui est des droits humains, nous devons reconnaître qu'ils jouent un rôle central pour les deux autres piliers. Ils peuvent permettre de promouvoir la paix. Il ne peut pas y avoir de paix sans droits. Et les droits humains peuvent faire avancer le développement durable. Et nous devons reconnaître l'une des attaques les plus urgentes sur la dignité humaine aujourd'hui, Le discours de haine et l'incitation à la violence est une menace croissante pour la paix régionale et mondiale et c'est un phénomène qui est en essor. Les récits de haine se répandent comme une traînée de poudre par delà les frontières, pénètrent dans les foyers à une vitesse et à une échelle sans précédent. Ces discours de haine ciblent les femmes et les filles, les minorités, les migrants, les réfugiés, les personnes handicapées, souvent à des fins politiques. Les technologies nouvelles et émergentes sont utilisées pour donner davantage d'écho aux mensonges, manipuler le débat public, propager la haine et inciter à la violence plus vite et plus loin que jamais auparavant. Nous devons choisir le dialogue et la tolérance et promouvoir une culture dans laquelle les droits humains sont respectés, pas seulement en droit, mais dans nos interactions quotidienne. Et nous devons cesser de choisir à la carte les droits qui conviennent à nos cultures respectives ou aux tendances politiques du moment. Que ce soit l'islamophobie, l'antisémitisme, l'homophobie ou la misogynie, c'est toujours la même chose: de la haine, avec un emballage ou une étiquette différente. Utilisons donc les outils de notre époque, non pas pour semer la peur, mais pour élargir l'entente et faire avancer la dignité humaine pour tout le monde et partout. faire en sorte que l'ONU soit à l'épreuve de l'avenir. Ce qu'il faut, ce qui passe par une approche plus fondamentale de la réforme. L'initiative ONU80 est un point de départ constructif, mais ce n'est qu'un point de départ. Le fait de modifier des lignes budgétaires peut permettre de faire des économies. Faire fusionner ou renommer des organes peut permettre de réduire les doublons, alléger les structures, améliorer l'efficacité. Ce sont des mesures importantes et souvent nécessaires pour une bonne gestion, mais cela ne suffit pas. Il faut aller plus loin et se pencher sur les problèmes qui se trouve sous la superstructure, car les défis de réforme de l'ONU sont chroniques et fondamentaux. Le 24 novembre 1949, à peine quatre ans après la fondation de l'Organisation des Nations Unies, l'Assemblée générale a adopté la résolution 310/4 intitulée « Problèmes du foisonnement et du chevauchement des programmes de l'ONU et des institutions spécialisées La résolution a exhorté les États membres, je cite, à s'abstenir de lancer de nouveaux projets autres que ceux qui sont nécessaires de manière urgente et qui peuvent être mis en œuvre dans la pratique. Pourtant, nous n'avons pas accordé suffisamment d'attention à notre propre décision. Depuis, nous avons créé des milliers de mandats, dont 4000 sont toujours actifs, sans prendre en compte leur nécessité ou la possibilité de les mettre en œuvre dans. la pratique. Nous ne pouvons pas continuer de traiter un mal chronique avec des antalgiques temporaires alors que ce qui est nécessaire, c'est un diagnostic plus approfondi et un plan de transformation plus profond, même si ce plan est douloureux. Et il me faut ici parler en toute franchise. Cela ne se fera que si les États membres prennent les choses en main. Nous avons dit à de nombreuses reprises que les réformes de l'ONU doivent être conduites par les États membres, mais bien trop souvent, ces États membres ne prennent pas les choses en main. Trop souvent, nous ne sommes pas à la manœuvre. L'appropriation passive ne suffit pas. Si nous ne nous n'approprions pas cette maison de manière volontariste, nous ne pouvons pas espérer la guérir. Et donc nous devons être mobilisés, nous devons prendre les choses en main, nous devons réparer notre propre maison, respecter la souveraineté des États membres et nous devons travailler ensemble. Alors que nous décidons de ce qui doit changer, nous devons également reconnaître ce qui fonctionne déjà. Les États membres nous ont dit de manière répétée que l'ONU fonctionne bien au niveau des pays dans les situations d'urgence pour maintenir ou rétablir la paix. Nous devons faire fond sur ces réussites. Nous devons renforcer le travail de l'ONU au niveau des pays et faire davantage fond sur les capacités locales, y compris les institutions nationales qualifiées, les différents individus, notamment les femmes ou les jeunes. Nous devons garantir que toutes les activités au niveau des pays concernant le soutien au développement ou le maintien de la paix soient intégrées comme il se doit et permettent les meilleures synergies. Nous devons éviter les batailles de territoire entre différentes composantes de l'ONU et sélectionner avec soin les coordonnateurs résidents pour que ces derniers soient adaptés pour diriger leurs équipes. Nous devons optimiser l'utilisation de nos ressources. La viabilité financière de notre organisation est également une source de préoccupation chronique. Nous devons garantir que l'ONU reçoive suffisamment de ressources de manière pérenne et nous devons garantir que tous les pays s'acquittent de leur contribution à temps et sans condition. Nous devons également reconnaître que les contributions à l'ONU proviennent également de personnes qui travaillent dur dans le monde entier. Et donc, chaque centime dépensé doit être dûment justifié. Chaque centime doit être investi pour peser sur le terrain pour les personnes que nous servons. Le rôle des États membres, avec l'appui du secrétariat, est essentiel dans nos travaux, mais ne suffit pas. Ce qui m'amène à mon troisième point: bâtir une organisation plus ouverte et plus inclusive. Nous savons que l'ONU d'aujourd'hui et le monde qu'elle sert diffèrent profondément de 1945. Il n'y a aucun domaine dans lequel le rythme du changement est plus évident aujourd'hui que dans celui de l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle peut être un accélérateur puissant de progrès humain et dès lors, nous ne devons pas fermer la porte à l'innovation. Mais dans le même temps, nous devons nous pencher sur les risques potentiels de l'IA, y compris les destructions d'emplois et le creusement du fossé numérique. On ne peut pas non plus complètement écarter la possibilité que l'IA, et notamment l'intelligence artificielle générale, affecte la survie de l'humanité. l'humanité, ce qui fait qu'il faut des garde-fous fiables. Il faut faire preuve de prudence sur la base de données factuelles afin de préserver l'intérêt général mondial tout en permettant à l'innovation de progresser. Les gouvernements doivent rester au cœur de cette démarche, mais les gouvernements n'ont pas le monopole de l'expertise, du capital, de la technologie, de l'innovation ou de l'influence. Une grande partie de cette expérience et de ces capacités se trouve aujourd'hui dans les entreprises, les innovateurs, la société civile ou d'autres acteurs. Nous devons ouvrir la porte de l'ONU aux acteurs qui mettent au point, qui utilisent l'intelligence artificielle. Pas un jour lointain, mais aujourd'hui, parce que nous accusons du retard avec chaque jour qui passe. L'IA est différente des défis précédents en matière de prolifération sur un aspect essentiel. Elle est déjà ancrée dans quasiment chaque facette de nos vies, dans nos systèmes hydriques, dans nos réseaux électriques, dans nos dossiers médicaux, nos économies, nos forces armées. Et nous ne pouvons pas permettre que se produise une course aux armements pour le contrôle de l'intelligence artificielle. Et pourtant, il y a un bilan clair du travail de l'ONU concernant les évolutions révolutionnaires. C'était le cas avec la non-prolifération nucléaire, le protocole de Montréal pour protéger la couche d'ozone ou la déclaration des Nations sur le clonage humain en 2005. Nous avons besoin d'experts, d'innovateurs, de scientifiques, de la société civile, de cercles universitaires qui travaillent de concert sur les questions de notre époque. Excellence, Mesdames et Messieurs, lors de cette session, nous avons la possibilité de montrer que nous avons appris de ce qui fonctionne, que nous sommes prêts à faire face à ce qui ne fonctionne pas et que nous pouvons bâtir une organisation pas seulement capable de survivre au changement, mais de le façonner. Et pour saisir cette possibilité, nous devons être assez réalistes pour faire face aux vérités douloureuses. Nous devons être assez audacieux pour réformer et suffisamment inclusifs pour mettre les bonnes personnes à contribution. À mon avis, c'est ainsi que nous pouvons rétablir la confiance dans notre organisation et la rendre à l'épreuve de l'avenir. La tâche n'est pas aisée. Cela ne peut pas être fait du jour au lendemain. Nous devons persister à sur le long terme. Il y a 81 ans, le président Truman a formé l'espoir que l'ONU durerait pendant neuf décennies. Aujourd'hui, nous sommes au début de cette neuvième décennie et nous devons nous atteler à la tâche de rétablir la confiance dans l'ONU pour que l'ONU soit à la hauteur de son potentiel incroyable pendant les nombreuses décennies à venir. Je vous remercie. Avant de donner la parole au premier orateur de la matinée, je tiens à rappeler aux États membres que la liste des orateurs pour le débat général a été établie, étant entendu que les déclarations ne devraient pas dépasser les 15 minutes. Je voudrais donc inviter les intervenantes et intervenants à prononcer leurs déclarations à une cadence raisonnable afin que l'interprétation vers les autres langues officielles puisse Se dérouler sans encombre. Je voudrais également appeler votre attention sur la décision prise par l'Assemblée lors de sessions précédentes, à savoir que les félicitations au sein de l'Assemblée générale après avoir prononcé un discours. est fortement découragé après avoir prononcé leur allocution depuis la tribune. Les intervenants et intervenantes sont invités à se rendre dans la salle par le biais de la salle GA 200 qui se trouve derrière la tribune avant de retourner à leur siège. Êtes-vous d'accord de procéder de la sorte? Il en est ainsi décidé. Enfin, je voudrais également appeler l'attention des États membres sur le fait que lors du débat général, les photographes officiels, les photographies officielles de tous les intervenants et intervenantes sont prises par le département de la communication globale. Les États membres qui souhaiteraient obtenir ces photographies sont invités à contacter la des Nations Unies. Nous allons à présent entendre une allocution de Son Excellence Luiz Inácio Lula da Silva, président de la République fédérative du Brésil. J'invite le protocole à bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prononcer son allocution devant l'Assemblée. Brazil · Président · Luiz Inácio Lula da Silva [1:20:42]: Je félicite le président de l'Assemblée générale, l'ambassadeur Khalilur Rahman, du Bangladesh. Je salue tous les chefs d'État et de gouvernement et les représentantes et représentants ici présents. Et je salue tout particulièrement le Secrétaire général des Nations unies. Au cours de ses deux mandats, Antonio Guterres a été le témoin des excès des superpuissances. Monsieur le Président, c'est la dixième fois que j'ouvre le bal du débat général. Depuis ma première allocution du haut de cette tribune en 2003, La situation n'a jamais été aussi décisive pour les Nations Unies et aujourd'hui, je me sens indignée. L'ONU échoue à accomplir l'une de ses missions les plus fondamentales, préserver l'humanité du fléau de la guerre. Sa crédibilité n'a jamais été plus basse. Sa capacité à protéger les plus vulnérables, ceux qui n'ont pas d'armée ou d'arsenaux, n'a jamais été si faible. Nous sommes tous pris en otage de l'inaction du Conseil de sécurité, incapable de jouer son rôle. En 1946, lors de la première session de l'Assemblée générale, le Brésil avait alerté la communauté internationale quant au lourd tribut à payer pour le droit de veto. Cette défaillance inhérente à la Charte des Nations unies a conféré aux grandes puissances le luxe de rester indifférents. Aujourd'hui, à ce péché originel s'ajoute une profonde crise de direction. L'année 2025 a connu le plus grand nombre de conflits armés depuis la Deuxième Guerre mondiale. Des milliers de milliards de dollars financent une nouvelle course aux armements. Les tensions géopolitiques menacent de muer des conflits régionaux en conflagration mondiale. Celles et ceux appelés à prendre des décisions cruciales doivent agir de façon responsable, emplies d'un sentiment d'urgence. Les dirigeants des États siégeant au Conseil de sécurité doivent se rencontrer. Je ne connais que trop bien les réalités du pouvoir, mais les concessions face à la loi du plus fort ont dépassé toutes les bornes. Ce n'est pas de l'idéalisme, mais c'est du réalisme pur. La guerre, ce n'est pas le prolongement de la politique par d'autres moyens, c'est l'effondrement retentissant de la politique. Dans un monde interdépendant, diriger signifie concilier les intérêts de son pays et ceux de l'humanité. Je dresse ce constat en tant qu'un représentant d'un pays épris de paix et de liberté. J'ai combattu une dictature militaire, j'ai défendu mon pays contre un coup d'État. J'en suis convaincu car j'ai travaillé dans des plantations. J'ai été élu président à trois reprises et j'ai rayé le Brésil de la carte de la faim. L'Assemblée générale a récemment rectifié une distorsion historique dans la carte de notre globe. L'Assemblée générale a récemment reconnu la traite des Africains réduits en esclavage comme étant le crime contre l'humanité le plus grave. Cela a permis une représentation plus exacte de la carte du monde. Aujourd'hui, l'Assemblée générale doit prendre à bras le corps des défis essentiels pour l'avenir de l'humanité. Nous sommes appelés à choisir entre le multilatéralisme et l'unilatéralisme, la démocratie et l'extrémisme, la souveraineté et l'assujettissement. Tous ces choix requièrent bravoure, volonté politique et objectifs clairs. Voilà ce que nous attendons d'un homme d'État. Yasser Arafat et Yitzhak Rabin étaient des hommes d'État. Ils ont défié le passé pour rêver un avenir caractérisé par la paix. Ils ont été vaincus par la haine. Des générations de Palestiniens connaîtront la douleur et les traumatismes laissés dans le sillage de génocide d'enfants et de femmes. Génocide perpétré par le gouvernement de Netanyahou à Gaza. Les civils israéliens payent le prix de la radicalisation de l'intolérance des actes terroristes du Hamas. Poursuivre la Cour pénale internationale et ses membres encourage à laisser ces crimes impunis. La rapporteure spéciale de l'ONU, Francesca Albanese, ne doit pas être réduite au silence parce qu'elle dit la vérité. Les colonies illégales en Cisjordanie hypothèquent de plus en plus la solution des deux États, pourtant essentielle pour que Israéliens et Palestiniens vivent dans la sécurité. Menacer des civilisations d'extinction ne fera pas advenir la stabilité au Moyen-Orient. Le détroit d'Ormuz est devenu un champ de bataille alors qu'il devrait rester une artère incontournable pour le commerce international. Des familles aux quatre coins du monde souffrent de la flambée des cours des carburants, des engrais, des vivres. La guerre qui fait rage entre la Russie et l'Ukraine se poursuit depuis cinq ans. C'est une tragédie humanitaire qui continue de faucher des vies. Nous le savons tous. il n'y aura pas de vainqueur sur le champ de bataille. La diplomatie est notre seule option. Des initiatives à l'instar du groupe des Amis de la Paix, créé par le Brésil et la Chine, démontrent qu'il existe des forces au sein du concert des nations qui souhaitent œuvrer au dialogue. En Amérique latine et aux Caraïbes, La proximité géographique par rapport à la plus grande puissance militaire mondiale est inévitable, en particulier dans un contexte de tentation hégémonique. Le Brésil ne veut pas être dans l'arrière-cour de qui que ce soit. Nous avons besoin de partenaires ayant des objectifs positifs favorisant le développement. Les divergences idéologiques ne doivent entraver une intégration plus profonde entre des pays limitrophes. Les pays de la région ont connu les affres de régimes autoritaires. Nous avons parcouru un long chemin pour rétablir la volonté populaire. La démocratie, une fois de plus, est mise en péril. Nous constatons à nouveau des ingérences étrangères dans les processus électoraux. diviser le monde en zones d'influence et d'incursions néocoloniales pour obtenir des ressources stratégiques, ce sont là des tactiques anachroniques. Le peuple du Venezuela mérite de déterminer son propre destin. Le Nicaragua ne va pas régler ses problèmes en empêchant l'opposition de se présenter aux élections. La crise qui sévit en Haïti continue de mettre à rude épreuve les limites de l'indifférence de la communauté internationale. À Cuba, le Le monde constate dans l'horreur le châtiment collectif imposé à 10 millions de personnes par un embargo économique, énergétique et légal. Monsieur le Président, le Brésil ne sous-estime pas le défi que représente la criminalité organisée. Nous sommes prêts à combattre les organisations criminelles qui terrorisent nos populations locales. Ainsi, des travailleurs sont enlevés, des mères perdent leurs enfants, des agents de police ne rentrent pas chez eux. La population est lasse de la violence, mais nous n'allons pas délocaliser. ou externaliser cette responsabilité de défendre nos frontières. Nous n'allons pas permettre à notre population de vivre dans la peur. Nous n'avons pas besoin de porte-avions pour préserver nos eaux. Nous avons besoin de coopération pour tarir le flux d'armes et d'argent qui nourrit la criminalité. C'est l'esprit de la proposition que j'ai présentée au président des États-Unis. Nous voulons combattre le blanchiment d'argent de criminels brésiliens à l'étranger. Pendant bien longtemps, chaque État brésilien a agi en faisant cavalier seul et la criminalité s'est nourrie de ça. ce manque de coordination. Mais aujourd'hui, les choses changent. À Manaus, nous avons créé un centre de coopération internationale de la police de l'Amazonie, rassemblant les autorités publiques de neuf pays de l'Amazonie. En 2025, nous avons lancé la plus grande offensive contre la criminalité organisée de l'histoire du Brésil. Nous avons battu des records en termes de saisie de stupéfiants. et également d'avoir des recettes illicites. Nous luttons contre tous les niveaux de criminalité, notamment les magnats du crime. La loi anti-factions qui vient d'être promulguée prévoit de lourdes peines pour la criminalité organisée, de plus lourdes peine encore que le terrorisme, la criminalité organisée, la corruption sont concomitants. La lutte contre la corruption doit donc être inexorable. Personne ne se situe au-dessus de la loi. Mesdames et messieurs, les piliers du multilatéralisme sont aujourd'hui ébranlés. L'Organisation mondial du commerce est aujourd'hui sous perfusion. Lorsque des gouvernements capitulent par rapport à ceux qui utilisent les droits de douane en tant qu'arme de coercition et de chantage, les conséquences sont très lourdes. À l'ère de la mésinformation, certains s'opposent encore aux données scientifiques. Nous n'allons jamais oublier les millions de vies fauchées en raison de la négligence dans la lutte contre la Covid-19. Les campagnes contre les vaccins ramènent des maladies que nous pensions éradiquées. Affaiblir l'Organisation mondiale de la santé rend tout le monde plus vulnérable. Jusqu'à très récemment, la riposte face au changement climatique était au cœur des programmes internationaux. Cependant, cette année, cette question a disparu des débats tenus au G7 et au G20, des forums qui rassemblent les plus grands émetteurs de CO2. Il est temps de reprendre l'offensive et de lutter contre le déni des changements climatiques. La nature nous le rappelle au quotidien. Nous n'avons qu'une planète. Les glaciers de l'Himalaya fondent. El Niño, plus puissant que jamais, pourrait entraîner dans son sillage des pluies diluviennes, des sécheresses, des feux de forêt aux quatre coins du globe. Ses effets vont toucher le plus durement les plus faibles. Le Brésil a démontré qu'il était possible de concilier croissance économique et réduction des émissions. Nous sommes déjà autosuffisants en matière de pétrole et nous allons continuer d'explorer le potentiel de nouvelles réserves, telles que le long de la marge équatoriale. Mais nous n'allons pas abandonner les objectifs écologiques. Nous allons avancer résolument dans le cadre de notre feuille de route pour la décarbonation de l'économie brésilienne. Ainsi, le dispositif pour les forêts tropicales lancé à la COP30 à Belém démontre que l'on peut changer la donne. Les forêts doivent être protégées. Nous allons continuer de réduire le déboisement, qui a déjà été réduit de moitié dans l'Amazonie, atteignant son niveau le plus bas en 11 ans. Nous avons l'autorité morale pour nous opposer aux mesures protectionnistes sous le couvert d'engagements en faveur de la cause environnementale. Le Brésil est un point de référence mondial pour l'énergie verte. Nos terres recèlent les minéraux critiques et les terres rares nécessaires à la transition énergétique mondiale. Ces richesses naturelles appartiennent au peuple brésilien. et c'est pour ce peuple qu'elles seront exploitées. L'accès à nos minéraux dépendra de la création de valeur sur notre territoire, du transfert de technologie et des secteurs nationaux stratégiques. Monsieur le Président, nous traversons une révolution technologique sans pareil, présentant de grands risques et de grandes perspectives. Il est indispensable aujourd'hui de réglementer les grandes compagnies technologiques et l'intelligence artificielle. Une poignée de techno-oligarques voudrait faire resurgir l'ultralibéralisme numérique sans règles, sans transparence. Ils promeuvent une course ne connaissant pas de frontières éthiques, contournant l'ONU et le groupe scientifique sur l'intelligence artificielle. Comme Léon XIV l'a dit, les décisions concernant la technologie ne doivent jamais être dissociées de la responsabilité et de la prise de conscience. Les entreprises, conscientes des risques de leurs produits, lancent des algorithmes aux familles. Une industrie de milliards de dollars fait de l'addiction ses propres bénéfices. Cela accroît l'endettement, cela détruit des foyers. Nous ne tolérerons pas ce modèle commercial. Nous avons promulgué l'une des législations les plus à l'avant-garde de la protection des enfants, des adolescents et des femmes dans le domaine numérique. Nous veillerons à ce que des indemnisations justes soient versées aux artistes, aux musiciens et aux créateurs de contenus audiovisuels. Nous n'allons pas céder à la pression des multinationales. qui veulent privatiser notre infrastructure de paiement publique gratuite, ce qui a permis l'inclusion financière de bénéficier à des millions de Brésiliens. Mesdames et Messieurs, les objectifs de développement durable sont aujourd'hui attaqués de toutes parts par des forces réactionnaires qui veulent normaliser les injustices. L'inégalité, le sous-développement sont le fruit de choix politiques. Il est possible d'inclure les plus démunis dans notre budget et de veiller à ce que les plus fortunés paient leur part. Il convient de réduire les privilèges et d'investir dans l'éducation et les soins de santé de qualité gratuits. Ce vent de changement souffle sur le monde, mais ce changement ne signifie pas reculer, ne signifie pas priver de droits, ne signifie pas raviver des théories de suprématie raciale ou de subordination des femmes, de recoloniser le Sud global. Non, le changement, c'est créer un avenir plus participatif, plus de réalisations. Il s'agit de créer des solutions publiques, partagées, efficaces à nos enjeux de développement grâce à un État démocratique fort, efficace. Il s'agit d'être solidaire et de coopérer entre l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine et les Caraïbes. Des initiatives à l'instar de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, lancée par le Brésil, ainsi que le Groupe intergouvernemental sur les inégalités, lancé par l'Afrique du Sud, émanent de cette volonté politique. Le Brésil souhaite devenir un pays développé et juste sur le plan social. Nous avons fait nôtre un modèle économique fondé sur la répartition des la création d'emplois, des hausses de salaires. Nous investissons dans la productivité, le crédit et un filet social plus robuste. Le Brésil renoue avec une croissance soutenue. Nous sommes la troisième plus grande destination pour les investissements étrangers directs. En dépit des droits de douane élevés imposés à notre économie, cette année, nous allons battre un nouveau record d'exportations. Mais il reste encore beaucoup à faire. Le monde du travail connaît des bouleversements. Les personnes âgées souhaitent continuer de travailler. Les jeunes veulent devenir des entrepreneurs. Les travailleurs doivent pouvoir avoir du temps pour se reposer, pour affiner leurs compétences, pour passer du temps avec leur famille. Au Brésil, parvenir à cet objectif passe par le fait de fournir aux travailleurs deux jours de congé par semaine. Ce changement est essentiel afin d'alléger le travail domestique, réalisé encore en grande partie par les femmes. Nous édifions un Brésil au sein duquel les femmes n'auront pas besoin d'une autorisation pour occuper un poste de direction ou entrer sur le marché de l'emploi. Un pays débarrassé des féminicides où aucune femme, chez elle ou dans les rues, ne puisse être menacée par les violences. Voilà Une cause que le monde entier devrait prendre à bras le corps. M. le Président, lorsqu'il s'est vu décerner le prix Nobel de la paix, le docteur Martin Luther King avait dit: « Ce que les hommes égocentristes ont fait voler en éclats, d'autres hommes plus robustes peuvent le reconstruire. » L'ONU est née d'une lueur d'espoir. Au cours de ses 80 ans d'existence, elle a contribué à la décolonisation, à promouvoir les droits humains et à appuyer le développement durable. L'ONU a permis de protéger les migrants et les réfugiés, de condamner le racisme, l'antisémitisme et l'intolérance religieuse. Il s'agit là de réalisations accomplies par des dirigeants qui se sont tenus ici, à cette tribune. indignés par les injustices de leur époque, des hommes, des femmes qui ont refusé d'accepter la guerre comme une fatalité, le colonialisme comme un droit, l'apartheid comme un régime légitime. Et c'est de cette capacité à dire non aux inégalités que certains des plus grands bouleversements de notre monde ont vu le jour. Face à la paralysie des Nations Unies, nous devons remobiliser notre volonté politique pour qu'une fois de plus, l'ONU redevienne un havre de paix. Je voudrais enfin transmettre un message de mon pays à tous ceux qui m'écoutent. Le 4 octobre, des millions de Brésiliens vont se rendre aux urnes pour décider de leur avenir. Ils ne voteront pas seulement pour élire le président de la République, les gouverneurs des États et les représentants de l'appareil législatif, ils devront faire un choix entre la démocratie et le déni de la réalité si le Brésil veut s'acheminer vers un avenir marqué par davantage de perspectives ou marqué par l'exclusion. Nos élections seront concurrentielles, transparentes. Chaque candidat doit bénéficier de la liberté d'expression. Nous savons que certains abusent de cette liberté pour être de mèche avec des intérêts étrangers contre notre pays. Nous ne sous-estimons pas les difficultés que représentent les réseaux de mésinformation qui essaient de déformer les débats publics pendant la campagne. Mais nous avons un système électoral moderne et robuste. et dans le cadre de notre société pluraliste et de la presse libre, nous ne permettrons pas aux adversaires de la démocratie, nationaux ou étrangers, nous ne leur permettrons pas de saper la volonté populaire. La démocratie brésilienne appartient aux Brésiliens. Le Brésil restera un pays souverain. Personne, personne ne nous détournera de ce chemin. Que Dieu nous bénisse tous. Merci beaucoup. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [1:42:38]: Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de la République fédérative du Brésil. L'Assemblée va à présent entendre une allocution prononcée par Son Excellence Donald Trump, président des États-Unis d'Amérique. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prononcer son allocution devant l'Assemblée. United States of America · Président des États-Unis d’Amérique · Donald Trump [1:46:16]: Merci beaucoup. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Madame la Première dame des États-Unis, Mesdames et Messieurs les délégués, les ambassadrices, les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les dirigeants, c'est un honneur que de vous accueillir aux États-Unis alors que nous célébrons 250 ans d'indépendance et de liberté glorieuse. 250 ans plus tard, la cause de la liberté a trouvé une patrie et je suis heureux de vous dire avec fierté que l'Amérique est de retour. Notre pays est aujourd'hui plus fort que jamais auparavant. Notre économie fait l'envie du monde entier. Notre armée est la plus puissante du monde. Notre technologie n'a pas de pareille. Notre énergie coule à flots dans la planète. Notre pays se développe. Notre puissance se propage. Notre pays se porte mieux que jamais. Notre avenir est absolument radieux. Depuis que je suis revenu aux affaires, nous avons créé plus d'un million d'emplois du secteur privé et il y a plus d'Américains qui travaillent aujourd'hui et de loin que jamais. La semaine dernière, on a annoncé le taux de pauvreté atteint son niveau le plus bas de l'histoire de l'Amérique. 1,5 million d'Américains sont sortis de la pauvreté grâce à nous, rien que l'année dernière. C'est un nouveau record. Les taux de pauvreté chez les Afro-Américains et les Hispaniques-Américains sont au plus bas. Les revenus des foyers sont au plus haut niveau. C'est un record dans l'histoire. 80 000 $ en moyenne. Et donc, nous avons battu le record de mon premier mandat. Dès le premier jour, mon administration a commencé à travailler pour abattre tous les obstacles administratifs superflus pour la vie économique en Amérique. Nous avons adopté les baisses d'impôts les plus importantes de l'histoire et il y a davantage de pays qui investissent dans notre pays que jamais auparavant, quels que soient les pays du monde. La bourse a battu 80 records rien qu'au cours des 12 derniers mois. Nous avons sécurisé des engagements pour 31 000 milliards de dollars de nouveaux investissements de toute la planète par à moins de 1000 milliards d'investissements pendant quatre ans du gouvernement précédent. Il y a deux ans, notre pays était mort. Mais maintenant, nous avons le pays le plus sexy du monde entier. Depuis notre arrivée au pouvoir, avant notre arrivée au pouvoir, nous avions les frontières les plus dangereuses. Aujourd'hui, ce sont les plus sûres du monde. Plus personne ne rentre, sauf si ils sont invités ou autorisés. Au cours des 16 derniers mois, zéro immigrants illégaux sont rentrés aux États-Unis. Zéro. L'année dernière, nous avons connu la baisse la plus importante des crimes violents. C'est un record. C'est un record en 125 ans. Depuis l'année 1900, j'ai déployé des personnels à Memphis, au Tennessee, en Louisiane, et cela peut encore baisser. En janvier, le 20 janvier de l'année dernière, lorsque je suis arrivé à Washington, dans la ville de Washington, c'était une ville ravagée par la criminalité, mais la criminalité a baissé de 87 %. Mais notre objectif, c'est 100. Je pense que vous êtes nombreux à vous être rendus. Le tourisme est florissant. Et tout le monde est fier de notre capital. C'est du jamais vu. Nous avons investi plus d'argent dans l'armée au cours des douze derniers mois que dans toute l'histoire. 1500 milliards de dollars. Nous sommes sortis d'un chapitre obscur de l'histoire américaine et nous connaissons maintenant un âge d'or. Le monde entier est ébloui par l'état d'esprit, par le dynamisme, par la force d'un pays revitalisé, qui revit. Et nous avons agi très rapidement pour régler les problèmes que nous avions hérités, mais nous avons également agi rapidement pour régler des problèmes sur la scène internationale qui nous touchaient depuis bien trop longtemps, tous les dirigeants ici représentés, et je vous connais tous très bien. Les dirigeants savent que nous avions très peu de temps pour que le monde devienne plus sûr, plus prospère pour nos enfants. Et en tant que président du pays le plus extraordinaire de l'histoire humaine, je ne veux pas que les dangers, que les risques prolifèrent un jour de plus. Je veux régler les problèmes le plus rapidement possible parce que sinon, ces problèmes deviennent plus difficiles à réglé. Et pendant que certains parlaient, j'ai agi. Pendant que certains parlaient de paix, j'ai fait la paix. Lorsque d'autres ignoraient les menaces, j'y ai fait face. Alors que d'autres parlaient de courage, l'Amérique en a fait preuve. Alors que d'autres promettaient la force, j'ai fait de l'Amérique le pays le plus puissant du monde. J'ai travaillé avec un grand nombre de pays qui se trouvent dans cette salle, nous avons réglé des défis intraitables depuis des décennies et nous réglons les problèmes en suspens et nous le faisons bien. Et il y a avant tout le soutien numéro un du terrorisme, la République islamique d'Iran pendant 51 ans, le régime iranien fanatique. dirigé dans un bain de sang. Il a semé le carnage, la mort au Moyen-Orient et au-delà. Il terrorisait le Moyen-Orient, mais ce n'est plus le cas depuis le premier jour. J'ai dit que je ne permettrai jamais à l'Iran d'avoir l'arme nucléaire. J'ai ouvert immédiatement des négociations avec l'Iran. et je leur ai fait des propositions économiques en échange de la cessation du programme nucléaire, mais l'Iran a refusé en bloc. Ça a été une grosse erreur. Et ensuite, il y a eu l'opération Marteau de minuit. L'armée américaine a éliminé le programme nucléaire sous des montagnes de débris. J'ai refait des propositions. Le régime a de nouveau refusé. Il a continué de renforcer ses arsenaux de missiles et de drones qui menaçaient la sécurité de toute les membres des forces américaines dans la région et de tous les autres dans la région. Ils pensaient être capables de frapper l'Europe, ils en étaient très fiers, j'espère que l'Europe en est consciente. L'objectif de l'Iran était d'obtenir la bombe nucléaire au-delà de ce bouclier balistique conventionnel. Et si ça avait été le cas, ils auraient pu semer la mort et la terreur pour l'éternité, sachant que toute tentative de les arrêter se heurterait à une apocalypse nucléaire. Nous venons de commémorer le 25e anniversaire du pire attentat terroriste aux États-Unis, les attentats du 11 septembre qui ont tué plus de 3000 personnes. Dans deux semaines, nous commémorons le troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre en Israël, où des terroristes financés par l'Iran ont tué, mutilé, enlevé 1200 civils innocents, y compris des Américains et de nombreux bébés, des bébés, des tout-petits bébés innocents. L'Iran a célébré ce massacre et a expliqué que c'était un service rendu à l'humanité. Ce même régime a massacré 72 000 de ses citoyens cette année et récemment 10 000 personnes ont été tuées alors qu'elles manifestaient. Imaginez. ce régime, si ce régime vil pouvait mener des attentats terroristes de grande ampleur, cachés derrière un bouclier nucléaire. Voilà la réalité à laquelle nous faisions face. Mais trop nombreux étaient ceux qui ont ignoré cela. De nombreux présidents l'ont fait. Toutes ces personnes étaient réticents à faire quoi que ce soit, mais tout le monde connaissait le problème. On a donné à l'Iran toutes les chances de conclure un accord, mais rien n'a été fait pour que les États-Unis ou d'autres pays doivent éviter de faire face à un problème si catastrophique. Et suite à l'opération Führer et Epic, plus de 159 navires de la marine iranienne sont au fond de la mer. aujourd'hui, leurs radars sont détruits, leurs capacités anti-aériennes sont détruites, leurs capacités de fabrication de drones et de missiles sont quasiment éliminées, leur économie est détruite. La seule chose qui n'a pas disparu, c'est l'inflation qui est en train de détruire leur pays et qui dépasse aujourd'hui 300 %. Et même après l'accord sur un cessez-le-feu pour des discussions, L'Iran a brandi la menace du terrorisme contre des navires civils et je remercie le Conseil de sécurité de l'ONU qui a voté à une grande majorité pour une résolution qui condamne les attaques terroristes contre les navires civils menées par l'Iran. Je vous remercie. Cette résolution a reçu davantage de soutien de la part des États membres que toute autre résolution de l'ONU de l'histoire. Donc c'est quelque chose. Et maintenant, nous devons rester unis et maintenir la pression. La marine américaine a escorté plus d'un milliard de barils dans le détroit d'Ormuz récemment. Le pétrole coule à flot. C'est du jamais vu depuis le début de la guerre. On est à 22, 25, 32, 35, 37 bateaux. Donc tous les jours, nous escortons des bateaux, toutes les nuits également. Mais j'ai une grosse décision à prendre. quand un accord aurait été trouvé les sont les bâtir un pays encore plus grand qu'auparavant un des plus grands pays du Moyen-Orient voire du monde donc est-ce que je fais ça où est-ce que j'annihile la république islamique et rapidement pour qu'ils n'aient plus la possibilité de tuer, de détruire, de viser des pays pour les envoyer en enfer sans aucune chance de survie, sans aucun espoir pour les générations futures. Je pense que nous trouverons un accord juste après l'élection parce qu'ils n'ont aucun intérêt à ce que cela ne se passe pas. Ils attendent les élections de mi-mandat. Mais ce dont ils ne sont pas conscients, c'est que je ne suis pas candidat. Je l'ai fait et nous avons gagné avec un immense raz-de-marée. Ça fait deux ans et demi que je suis là. Le Parti républicain se présente, mais moi, je ne suis pas candidat. Et donc, je ne prendrai pas en compte les élections pour ce qui est de l'Iran. Cela ne me passe même pas par l'esprit. Le fait est que l'Iran n'aura jamais d'armes nucléaires. Merci. Les lâches et les traîtres aimeraient dire que les États-Unis manquent de munitions, mais ce n'est pas vrai. Nous avons plus de munitions que nous ne pourrions imaginer utiliser et nous Fabriquer des munitions à un rythme sans précédent et des munitions de très bonne qualité. Deux nouvelles usines de fabrication vont ouvrir. Il y en a 18 qui sont en cours de fabrication par les meilleures entreprises du secteur de la défense du monde. 18 usines de fabrication seront terminées très rapidement. Elles le sont presque. et cela nous permettra de déployer très rapidement des missiles, des munitions de tous les types. Nous pourrons équiper nos alliés bien plus rapidement qu'aujourd'hui et j'appelle tous les pays à nous rejoindre et à isoler totalement l'Iran sur le plan économique jusqu'à ce qu'il cesse ses attaques contre les navires commerciaux, abandonne ses ambitions nucléaires et cesse de soutenir le terrorisme. Ce régime terroriste se comporte mal, pas parce qu'il est fort et confiant, mais parce qu'il est faible et désespéré. Et si nous sommes unis, le monde sera bientôt libéré de cette menace qui existe depuis 51 ans, ce terrorisme iranien, et les prix du pétrole s'effondreront et seront encore plus bas qu'au début du conflit. Et aux États-Unis, je peux vous dire qu'ils étaient très bas. Avec courage et détermination, tout est possible. Ces changements peuvent se produire et rapidement. Il y a un an, lorsque j'ai pris la parole devant les grands dirigeants du monde, la guerre à Gaza faisait toujours rage. Les otages étaient toujours dans les tunnels du Hamas. Ils n'avaient pas d'issue en vue. Mais ici, en marge de l'Assemblée générale, nous avons pris les premières mesures pour tout changer. Quelques semaines plus tard, nous avons arrêté la guerre à Gaza. Nous avons sauvé d'innombrables vies. Nous avons ramené tous les otages restants, vivants ou non, chacun des otages. Tout le monde a pensé que ça a été un miracle. Et les gens ont célébré tout cela dans les rues. Je remercie le Conseil de sécurité d'avoir en tenir à l'unanimité notre plan de paix pour Gaza en 20 points et d'avoir approuvé le Conseil de paix. Près de 30 pays ont rejoint le Conseil de paix que j'ai l'honneur de présider et je remercie les nombreux pays amis qui ont fourni des milliards et des milliards de dollars, donc le Maroc, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, le Kazakhstan, l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Ouzbékistan et bien d'autres pays. Cet argent va exactement là où il est nécessaire. Et il y a beaucoup de besoins. Il y a un grand nombre de pays qui s'engagent également parce que ces pays veulent que les choses soient bien faites. Ce sont des pays formidables. Je remercie également les pays qui ont fourni des contingents, des forces de police qui ont contribué à la stabilisation de Gaza, notamment l'Indonésie, le Maroc, l'Albanie, le Kosovo, le Kazakhstan, l'Égypte, la Jordanie, et encore bien d'autres. Depuis que je suis entré en fonction, j'ai eu l'honneur de faire cesser sept guerres. Et ça a été un honneur de le faire, de travailler avec les dirigeants de nombre de ces pays. De nombreuses guerres duraient depuis des années, des décennies, et j'ai pu régler la situation en utilisant mes relations, des relations très spécial en utilisant le commerce avec les droits de douane ou les menaces de droits de douane. Il y a également d'autres raisons en fonction des pays, et notamment les conditions des règlements Cambodge et Thaïlande, Kosovo et Serbie, République démocratique du Congo et Rwanda, Pakistan et Inde, Arménie et Azerbaïdjan, Et bien sûr, la guerre à Gaza avec, comme je l'ai dit, le retour de tous les otages vivants ou décédés. Quasiment tous ces pays m'ont écrit une lettre de remerciement. Le Premier ministre du Pakistan, un homme formidable, a dit que Donald Trump avait sauvé 30 millions de vies humaines et probablement beaucoup plus. Le président de l'Azerbaïdjan a dit que le président Trump, en six mois, avait fait un miracle, un miracle absolu que personne ne pensait possible. Le premier ministre de l'Arménie a affirmé que cette réalisation n'aurait pas été possible sans la mobilisation du président Trump, sans sa détermination pour la paix. Le président du Cambodge a affirmé que les qualités d'homme d'État exceptionnel du président Trump permettaient de régler les conflits et d'empêcher des guerres catastrophiques grâce à une diplomatie visionnaire et innovante. Ça a été démontré récemment avec l'obtention d'un cessez-le-feu et d'une paix immédiate. Il a dit que son intervention opportune avait permis d'éviter un conflit dévastateur et qu'il avait joué un rôle vital pour sauver des vies. et qu'il avait contribué à jeter les bases du rétablissement de la paix. Le président du Rwanda a dit: « Lorsque le président Trump a vu la possibilité de contribuer à la paix, il l'a saisie. Cette guerre faisait rage depuis 32 ans. Des millions et des millions de personnes sont mortes. Mais il a réglé la situation. Des efforts de médiation avaient été réalisés, mais ils n'avaient pas réussi. Il a dit, le président Trump a fait une déclaration qui a permis d'apporter la paix. C'est une avancée majeure que nous ne pensions pas possible. Nous travaillons étroitement avec les dirigeants de la Russie et de l'Ukraine et nous allons parvenir à nos fins bien plus rapidement que ce qu'on pense. Ils en ont marre. 25 000 personnes, notamment des soldats, sont morts. J'ai vu des images des champs de bataille et je n'ai plus envie de les voir, c'est horrible. 25 000 personnes des deux côtés. Les États-Unis y parviendront. Cela sera fait d'une manière ou d'une autre et rapidement. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées depuis que nous sommes rassemblés il y a un an. En janvier, l'armée américaine a mené une opération militaire massive. L'armée a pénétré profondément dans la capitale vénézuélienne, Caracas, face à une base militaire lourdement fortifiée qui était censée être à l'épreuve des attaques, et nous avons arrêté le dictateur, le criminel Nicolas Maduro. Depuis, des centaines de prisonniers politiques vénézuéliens ont été libérés, ils ont pu sortir de prison et nous travaillons étroitement avec les dirigeants du Venezuela pour bâtir un avenir bien plus radieux pour le peuple vénézuélien. Le mois dernier, nous avons signé le plus gros accord pétrolier de l'histoire sur 65 millions de barils qui bénéficieront au Venezuela et aux États-Unis, ce qui permettra de faire baisser le coût de l'énergie dans le monde entier. Les plus grosses entreprises pétrolières du monde sont en train d'y aller et le travail qui est réalisé là-bas est absolument fantastique. Si on conjugue les forces des États-Unis et du Venezuela, nous avons plus de 65 % des réserves pétrolières du monde. C'est l'accord le plus important. C'est probablement le plus gros accord qui ait été conclu. Et notre action au Venezuela montre que les États-Unis ne permettront plus jamais qu'il y ait des menaces contre les Américains et qu'il n'y aura plus aucune menace qui pourra s'ancrer en Occident. Nous avons une puissance militaire sans égale. pour préserver les intérêts nationaux des États-Unis. Comme vous le savez, le Venezuela avait le meilleur équipement du monde qui provenait d'autres pays. Et devinez quoi? Cela n'a pas fonctionné. Pendant des décennies, les autres gouvernements ont permis à la région d'être dominée par des cartels de drogue assoiffés de sang, des gangs qui utilisaient les migrations, qui étaient infiltrés par des adversaires, hostiles, étrangers, des détraqués, des malades. Et aujourd'hui, nous réaffirmons la puissance américaine, y compris notre puissance américaine, notre puissance militaire. Lorsque c'est nécessaire, nous travaillons dans le monde entier pour bâtir un avenir plus sûr pour tout le monde. Et nous avançons très rapidement. Depuis mon entrée en fonction, j'ai inscrit les cartels de drogue en tant qu'organisation terroriste étrangère. et j'ai demandé aux forces armées de les éliminer. Les cartels sont l'État islamique de l'Occident. Ce ne sont pas des gens bien, ce sont des ennemis qui sont en guerre contre la civilisation, qui utilisent le meurtre, la torture, l'extorsion en tant qu'instruments de terreur, tout comme l'État islamique. Ils doivent être tués, exilés, arrêtés, sans possibilité de libération. C'est ce que nous faisons. Les États-Unis ont procédé à des dizaines de frappes contre des embarcations de cartels. 99 % des bateaux qui se dirigeaient vers les États-Unis ont été détruits, ils ont disparu très rapidement. 97 %, personne ne pensait que c'était possible. Il y a trois mois, Nous avons éliminé le dirigeant du gang vénézuélien Tren de Aragua. Le Mexique est l'épicentre de la violence des cartels, malheureusement. C'est inacceptable pour les États-Unis de partager une frontière de plus de 2 000 milles avec un pays où se trouvent ces cartels. Donc le Mexique doit reprendre le contrôle de ce territoire face aux ennemis de l'humanité. Mon gouvernement souhaite également un changement fondamental de la situation à Cuba. Le régime communiste est soumis à une pression énorme, une pression inédite et c'est un État totalement failli. C'est du jamais vu et ce régime tombera. Marco Rubio mène les négociations avec Cuba. Nous verrons ce qui se passe. Nous ne permettrons pas qu'il ait un sanctuaire pour des adversaires étrangers qui menacent les États-Unis sur le pas de notre porte. Le régime cubain a passé des décennies à se coordonner avec les radicaux de gauche et les réseaux communistes ici aux États-Unis. Notre département d'État a vu qu'il y avait des groupes radicalisés, subversifs, appelés le Parti communiste USA, avec des socialistes anti-démocrates. Le communisme ne rentrera jamais en Amérique, mais la liberté entrera à Cuba. La sécurité, la liberté arrivera aussi au Mexique. Nous avons de très bonnes relations avec le gouvernement mexicain. Nous avons fait beaucoup de progrès, beaucoup de progrès avec le Mexique. Ils ne veulent pas de cartels et un jour viendra où toute la région sera plus sûre et sera un des endroits les plus beaux pour vivre et s'épanouir. Comme je l'ai dit récemment également, les États-Unis ont conclu un accord sans précédent à la frontière nord des États-Unis avec un territoire qu'on connaît sous le nom de Groenland, donc un accord avec le royaume du Danemark, un très beau pays. Et le peuple du Groenland donne le contrôle permanent aux États-Unis sa sécurité, nous aurons la possibilité totale de faire ce qui est nécessaire pour défendre le Groenland et l'Europe. Aucun adversaire ne pourra établir de présence militaire au Groenland ou d'investir sans notre approbation écrite. Nous allons bientôt mettre en place une présence militaire importante. dans cette zone avec deux très grandes bases militaires. Cet accord sera signé un peu plus tard aujourd'hui et j'ai hâte de travailler avec le peuple formidable du Danemark et du Groenland. Nous avons établi un lien et, avec cette présence américaine dans l'Arctique et dans l'Atlantique Nord, il y a la possibilité de mieux protéger l'Europe en plus des États-Unis. Cela permet de renforcer également la présence de l'OTAN. Marc, je sais que vous êtes dans la salle et vous êtes un formidable responsable, Marc Rutte. L'OTAN se renforce plus que jamais. L'OTAN fait des choses qu'on ne pensait pas possibles. On est passé à une part de financement de 2 %, ce qui veut dire plus de protection. La guerre désastreuse entre la Russie et l'Ukraine tue, comme je l'ai dit, des milliers et des milliers de personnes tous les mois. La semaine dernière, en l'honneur du sénateur Lindsey Graham, j'ai signé une nouvelle loi adoptée par le Congrès qui donne davantage d'autorité en matière de droits de douane et je devrais probablement les utiliser. Il est temps d'arrêter la tuerie. Je salue également le travail extraordinaire de notre Première dame, qui a permis le retour en sécurité de nombreux enfants russes et ukrainiens dans leur famille. Merci beaucoup, Madame la Première dame. Où est-elle? Elle est quelque part. Je sais qu'elle est là, mais je ne la vois pas. Merci beaucoup, Madame la Première Dame. Beau travail. Le travail est très dur. Cette année, c'est également devenu la Première Dame à présider une séance du Conseil de sécurité. Elle a fait un très beau travail. Aujourd'hui, elle accueille un rassemblement pour notre avenir collectif. 60 membres qui veulent améliorer la vie des personnes dans le monde entier. Donc, bravo. Avec l'ambassadeur Mark Waltz ici à l'ONU, nous avons également travaillé avec de nombreux pays pour faire avancer la plus grande réforme de l'ONU de l'histoire. Nous avons coupé le budget de l'ONU pour la toute première fois. il a baissé de 15 % en 2026. Nous avons éliminé plus de 4 000 postes de la bureaucratie onusienne. L'ONU a un énorme, énorme potentiel, je le dis depuis de nombreuses années, mais il faut arrêter d'imposer les objectifs d'extrême gauche, les objectifs mondialistes. J'ai dû intervenir concernant l'Organisation maritime internationale qui souhaitait créer en secret la toute première taxe carbone du monde, une taxe très chère qui aurait fait augmenter les coûts de la navigation commerciale de 10 à 20 %. Tant que je serai président, il n'y aura jamais de taxe mondiale. Les États-Unis sont également. Merci. Merci beaucoup. Les États-Unis sont également opposés à la Cour pénale internationale. Nous ne vous permettrons jamais de mener des enquêtes, vu que c'est un tribunal anti-américain qui n'a aucune compétence chez nous. Et j'appelle tous les pays qui sont membres de la CPI à se retirer officiellement de cette institution voyou. immédiatement. Il est inacceptable, avec toutes les atrocités du monde, qu'on ait des responsables des droits humains à l'ONU qui critiquent les États-Unis alors que nous protégeons nos enfants vis-à-vis de cette insanité transgenre. Concernant ces lois anti-immigration, ce qu'ils font, c'est incroyable. On a des hypocrites au Conseil des droits de l'homme qui parlent de persécution alors que les chrétiens sont persécutés dans le monde entier. C'est incroyable, je ne pensais pas avoir à le dire un jour, mais cela se produit depuis bien longtemps. On persécute les chrétiens avec les régimes les plus répressifs du monde, mais on veut que les États-Unis ouvrent leurs frontières aux gangs et aux criminels qui viennent des régions les plus dangereuses du monde, on veut que les pires personnes qui viennent des pires endroits du monde viennent dans notre pays, mais nous ne l'acceptons plus. Il est paradoxal que l'ONU est toute une institution, l'UNESCO, qui protège le patrimoine culturel, mais en promouvant de manière incessante les migrations de masse qui détruisent justement les plus grandes cultures ou le patrimoine mondial. L'immigration légale n'a pas de droits humains, mais par contre, on a le droit de rester un pays souverain. Nous voulons rester souverains et vous devriez faire la même chose. Les États-Unis rejettent également toute tentative de créer un mécanisme mondial pour contrôler L'intelligence artificielle, on en parle beaucoup en ce moment. Qu'on appelle officiellement maintenant super intelligence artificielle. On peut changer le nom. Avec ces discours, on a l'impression que l'intelligence artificielle est fausse, alors qu'elle est fantastique. On nous dit qu'il faut faire attention, mais je tiens à vous dire que tous les documents américains, tout le monde devrait le faire, utiliseront le terme super plutôt que artificiel, donc super intelligence. Et donc, bienvenue à l'ère nouvelle de la super intelligence, SI. Ça sonne bien mieux et c'est bien plus précis. Peut-être que je peux changer les choses, peut-être pas, vous verrez bientôt si c'est le cas. Donc super intelligence avec cette technologie. Il y a des gens qui disent qu'on serait tous morts en 12 ans en raison du réchauffement climatique. Puis après, on a décidé de parler de changement climatique parce que la planète se refroidissait, ne se réchauffait pas. C'est les mêmes gens aujourd'hui qui nous disent que l'intelligence artificielle va tous nous tuer, que les robots vont nous attaquer. et que ça va être une catastrophe totale, c'est les mêmes gens. C'est le même groupe de gens qui a mis sur pied cette arnaque Russie, Russie, Russie, Ukraine, Ukraine, Ukraine, changement climatique, frontières ouvertes. Quand on utilise l'intelligence artificielle, il faut bien se rappeler que si on gagne sur cette super intelligence, on rafle tout. Et aujourd'hui, on a énormément d'avance et de loin sur la Chine et sur tous les autres, et nous allons continuer comme ça. Je ne vais pas étouffer la croissance de quelque chose qui pourrait être encore plus important que la révolution industrielle ou que la révolution Internet. ne seront très prudents. C'est pourquoi nous avons un département de la justice qui a déjà été utilisé. Les choses ont été très bien faites. Elles ont été faites très rapidement. Il y aura des organismes qui limiteront les choses si c'est nécessaire, mais nous n'allons faire qu'encourager la super intelligence. Nous n'allons pas limiter les choses et donc nous allons examiner les choses avec ce département de la justice. Les États-Unis sont en tête sur l'intelligence artificielle. Nous allons le faire de manière sûre et responsable. L'Amérique n'a jamais refusé les évolutions révolutionnaires, quels que soient les défis ou les difficultés. Après 250 ans d'histoire, nous n'abandonnerons jamais cette démarche. C'est ici, à New York, que George Washington a fait lecture de la déclaration d'indépendance à ses troupes en 1776. Et pour la première fois, les patriotes voyaient une flotte d'invasion britannique qui arrivait dans le port, qui venait d'arriver pour écraser la rébellion. Des milliers de soldats sortaient de ces bateaux. Personne n'avait. On n'avait aucune chance, mais nous avons gagné. Et on savait à ce moment-là que le fait de croire dans des grands principes ne suffisait pas. Il faut avoir la volonté, le courage, la force de les défendre. Et alors que nous sommes rassemblés dans cette même ville, deux siècles et demi plus tard, pour parler des grands événements de notre époque, c'est un défi pour tous les pays du monde. Et nous sommes Unis, nous nous dressons contre tous les ennemis de l'humanité. Nous ne pouvons pas nous rendre face aux voix qui nous font douter ou qui nous font peur. Eh bien, ensemble, grâce à des actions audacieuses, nous pourrons rendre le monde bien plus sûr et en faire un monde bien meilleur. Nos pays seront beaucoup plus forts. Nous pourrons développer nos économies. Et on ne parlera plus seulement de paix, de prospérité ou de justice ici, à l'ONU. Nous les défendrons dans le monde entier. Ensemble, nous allons bâtir un avenir pour notre peuple, un avenir plus radieux, encore plus magnifique que jamais dans l'histoire. Merci. Que Dieu bénisse les nations du monde et que Dieu bénisse l'Amérique. Merci beaucoup. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [2:24:03]: Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président des États-Unis d'Amérique. Ok, c'est ouvert, c'est ouvert. Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous invite à prendre place. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Sa Majesté le roi Abdallah II. Ibn Al-Hussein, roi du royaume hachémite de Jordanie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Sa Majesté. Je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Jordan · Roi · Abdallah II Ibn Al-Hussein [2:31:58]: Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, chaque génération pense que les défis auxquels elle est confrontée sont inégalés. Mais peut-être que pour nous, c'est vrai, car nous en sommes à un moment décisif de l'histoire. L'étendue des connaissances, la cadence des changements sont sans précédent. Chaque jour apporte son lot de crises, de tragédies, de crises d'urgence nécessitant notre attention. Une étude a démontré que la durée moyenne d'attention devant un écran est passée de 2 minutes et demie en 2004 à seulement 47 secondes aujourd'hui. Bien entendu, un écran, ce n'est pas notre monde. Mais cela en dit long sur le monde d'aujourd'hui, à savoir que l'attention est devenue une denrée rare et qu'il est plus important que jamais de consacrer notre attention là où elle compte. Et en cette salle, l'attention représente bien plus qu'une ressource cognitive. C'est une ressource géopolitique. Une ressource qui détermine quels conflits bénéficient d'une diplomatie soutenue et lesquels sont relégués aux oubliettes. C'est l'attention qu'on y consacre qui fait qu'un cessez-le-feu est respecté ou non après le départ des caméras, que les souffrances humanitaires deviennent intolérables ou simplement familières. Ou encore, c'est cela qui fait que le monde agit ou se replie et bat en retraite. L'histoire nous prend rarement entièrement dépourvus. Très souvent, elle nous surprend alors que notre attention est ailleurs. Les disparités économiques, l'insécurité alimentaire, les catastrophes causées par les changements climatiques, aucun de ces écueils n'a surgi du jour au lendemain. Les signes avant-coureurs étaient déjà là. La question est de savoir si notre attention est assez longue pour agir. Et ce que nous négligeons souvent façonne notre avenir. Excellence, nous constatons les effets de cette négligence au quotidien. Dans ma région, du Liban au Yémen, en passant par le Soudan, les conflits qui s'éternisent accentuent les souffrances humanitaires et Si quiconque croit encore qu'une crise dans notre partie du monde s'y cantonnera, tournez-vous tout simplement vers les factures énergétiques ou de supermarché de familles ordinaires, de Mumbai à Madrid en passant par le Minnesota. La guerre en Iran a démontré à quelle vitesse l'instabilité pouvait perturber le commerce, les investissements et les conditions de vie, bien au-delà de la région. Et bien entendu, il y a Gaza. Pendant des décennies, j'ai pris la parole devant l'Assemblée générale et j'ai alerté sur les dangers de ne pas régler le conflit israélo-palestinien. Mais la communauté internationale a préféré gérer ce conflit et non pas l'affronter. Et chaque nouvelle violation israélienne était présentée comme temporaire détournant l'attention de la réalité créée petit à petit sur le terrain, jusqu'à ce que ce temporaire se mue en permanence et cette permanence en politique. Bien entendu, ce n'est pas la seule injustice qui règne sur notre planète, mais cette occupation des plus anciens au monde nous amène à nous interroger Si le droit international peut être ignoré pendant des décennies, quelle est la valeur du droit international et comment peut-on le faire respecter si l'on ne dénonce même pas ces violations? Tout cela est particulièrement frappant à Gaza. Au cours des 300 premiers jours du prétendu cessez-le-feu, au moins 300 enfants palestiniens ont été tués. Les hôpitaux de campagne jordaniens ont également été pris pour cible. Le président Trump a œuvré sans relâche pour la paix et afin de tracer la voie vers la fin de cette guerre. Mais le gouvernement israélien continue de déplacer les barricades, continue ses attaques, continue de détruire des infrastructures civiles, refuse de se retirer, amassant les Palestiniens sur à peine un tiers du territoire de Gaza. L'on ne peut plus présenter ces mesures comme étant des mesures militaires temporaires ou comme une conséquence de la guerre. La reddition de comptes commence lorsqu'on appelle les choses par leur nom. Une tentative de gommer la vie palestinienne, d'imposer une nouvelle réalité territoriale à Gaza. Et alors que tous les yeux étaient rivés sur Gaza, des faits extrêmement dangereux se tramaient en Cisjordanie. Certains pensent que cela a déjà eu lieu par le passé, les colonies, les violences, le déplacement, des éléments bien connus, mais ce n'est pas pareil. Ce n'est pas non plus une simple escalade. Il s'agit d'un changement profond. Ce processus autrefois lent a pris des proportions beaucoup plus agressives. La violence des colons est endémique. Les Palestiniens sont roués de coups, abattus, terrorisés, des maisons incendiées, des propriétés détruites, des familles entières évincées de leurs terres. Et Israël resserre son étau autour d'une plus grande partie de la Cisjordanie, s'accaparant des terres, étendant ses colonies, expulsant les Palestiniens. L'heure est venue d'appeler les choses par leur nom, car lorsque nos propos sont édulcorés, alors ces agissements deviennent la normalité. Démolir des maisons palestiniennes pour étendre des colonies illégales, ce n'est pas maintenir l'ordre, c'est un transfert forcé. S'approprier une terre occupée, ce n'est pas Enregistrer un bien foncier, c'est une annexion de facto. Un réseau étouffant de postes de contrôle et de barrières, ce ne sont pas des infrastructures de sécurité, mais bien un système d'assujettissement. Les attaques systématiques dirigées contre les communautés palestiniennes ne sont pas des troubles causés par les colons. Le gouvernement israélien critique ces violences devant l'opinion publique internationale. Le gouvernement israélien dit qu'il s'agit d'une poignée de fauteurs de troubles et nous assure qu'Israël est un pays régi par la loi. Pourtant, la réalité sur le terrain est bien autre. Les soldats israéliens restent les bras croisés lorsque des colons attaquent les Palestiniens, souvent en protégeant ces assaillants ou même en s'y ralliant. Ils ont bloqué des ambulances et les ont empêchées d'aller chercher les blessés. Ils ont pris pour cible des journalistes internationaux qui essayaient de dire la vérité. Et lorsque des soldats regardent, aident et même parfois prennent part aux violences perpétrées contre les civils, Il ne s'agit plus seulement d'une poignée de fauteurs de troubles. Et la question n'est plus de savoir si quelques extrémistes ne respectent pas la loi. La question est de savoir s'il s'agit vraiment là du comportement d'un État démocratique régi par la loi. Ce qui se déroule en Cisjordanie, ce n'est pas une série d'actes isolés. Cela s'inscrit dans le cadre d'une politique visant à forcer une population entière à quitter ses terres. Et cela s'appelle déplacement forcé, ce qui est un crime de guerre. Excellence, si nous voulons véritablement régler le conflit israélo-palestinien, Nous devons renoncer à certaines illusions. La première, c'est que Gaza et la Cisjordanie sont des cas à part. Ce n'est pas le cas. Il s'agit de deux fronts d'une même stratégie israélienne. Sur ces deux fronts, des Palestiniens périssent. Sur ces deux fronts, la réalité sur le terrain est remodelée. à Gaza par le biais de la destruction, en Cisjordanie par l'annexion de facto. Mais l'objectif recherché est le même: rendre impossible l'avènement d'un État palestinien viable. Une autre illusion, c'est que le fait que le gouvernement israélien actuel rejette un statut d'État pour la Palestine est une position qui pourrait changer, mais ce n'est pas le cas, non. Cette position se renforce sur le terrain. Le gouvernement israélien a accéléré la construction de colonies et la saisie de terres, mais cela a commencé il y a bien longtemps, depuis Oslo, et la carte a été redessinée petit à petit, colonie après colonie. Et l'illusion la plus dangereuse est la suivante: que le monde arabe n'a jamais voulu la paix. L'initiative de paix arabe en 2002 prévoyait la normalisation des relations entre Israël et 57 États arabes et musulmans, y compris l'Iran et l'Irak à l'époque, en échange de la paix et d'un État pour la Palestine. Cela fait près de 20 ans que cette offre reste d'actualité. L'obstacle rencontré, ce n'était pas l'absence d'un partenaire qui souhaite la paix, mais bien l'absence d'un gouvernement israélien qui souhaiterait l'accepter. Le gouvernement israélien. Le gouvernement israélien comprend bien le pouvoir de l'attention et récemment, Le gouvernement israélien n'a pas apprécié l'attention dont il fait l'objet. Lorsqu'il est confronté à des preuves d'actes répréhensibles, au lieu de changer de cap, le gouvernement opte pour la distraction, pour discréditer ceux qui le critiquent et décide également de présenter ce conflit comme une guerre de religion, avec l'islam d'un côté, le judaïsme, la chrétienté de l'autre. Ce n'est pas le cas. La question est de savoir si les Palestiniens, musulmans et chrétiens, ont les mêmes droits que tous les autres. Mais ces tactiques pour détourner l'attention ne fonctionneront plus, car les populations aux quatre coins du monde nous accorderont attention. La question est de savoir à présent si nous allons agir. car l'inertie politique actuelle n'est pas due à un manque d'options. Donc, appelons les choses par leur nom, il s'agit d'un choix. Nous disposons des outils nécessaires, les sanctions, gel des avoirs, embargo, isolement diplomatique. Nous avons pu utiliser tous ces outils ailleurs, mais pourtant, s'agissant d'Israël, les résolutions demeurent l'être morte. Cela donne lieu à un état qui ne connaît pas la retenue. Le sentiment d'impunité du gouvernement israélien atteint des proportions épouvantables. Il ne doit même plus se demander est-ce qu'on sortira comme cela parce que le gouvernement connaît déjà la réponse et c'est précisément la raison pour laquelle personne ici présent ne devrait penser que ses ambitions s'arrêtent en Palestine. L'appétit de ce gouvernement israélien pour l'expansion représente aujourd'hui une menace régionale et aujourd'hui La Syrie est le signal d'alarme que la communauté internationale décide de ne pas voir. Des incursions répétées, une expansion territoriale inexorable, de nouveaux faits imposés sur le terrain, notamment s'agissant des ressources hydriques vitales. Petit à petit, Israël est en train de voir jusqu'où il peut aller. Et chaque fois que la communauté internationale détourne les yeux, Israël sait qu'il peut aller encore plus loin. traverser les frontières, dépasser toutes les limites juridiques. Aux yeux de la Jordanie, il n'y a pas d'ambiguïté. Toute menace pesant sur notre frontière nord ou notre sécurité hydrique représente une menace à notre sécurité nationale. La Jordanie ne détournera pas les yeux. Nous protégerons notre sécurité, nos eaux et les intérêts de notre peuple. Et la question est la suivante, si Israël poursuit son approche antagoniste dans le sud de la Syrie, la communauté internationale restera-t-elle les bras croisés et permettra à tout cela de se dérouler? Excellence, certains éléments méritent notre attention immédiate, d'autres une attention soutenue. L'injustice requiert ces deux types d'attention. La Jordanie ne le sait que trop bien. Nous savons ce que cela signifie de vivre dans une région où une crise succède à une autre avant que la précédente n'ait eu le temps d'être réglée. Et nous savons que nous ne pouvons pas choisir entre la crise actuelle et l'avenir. Donc, nous prenons à bras le corps ces deux enjeux. Nous resserrons les liens du Golfe à la Méditerranée en tant que pôle commercial d'industrie de technologie, tout en ripostant aux crises humanitaires. Nous luttons contre le terrorisme dans la région et au-delà, tout en renforçant nos moyens de défense et en demeurant une ligne de front contre les menaces telles que les stupéfiants. Et nous protégeons la chrétienté ses communautés, son patrimoine, sur cette ère historique, tout en promouvant la véritable image de l'islam contre les voix de la haine. Et ce faisant, nous ne renoncerons pas à notre engagement en faveur d'une paix juste. Nous allons continuer d'appuyer la résilience palestinienne. Nous allons continuer d'aider les Noirs et nous allons continuer de jouer notre rôle de garant des lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem. Et nous allons maintenir le statu quo historique et juridique sur ces sites. Plus important encore, La Jordanie souhaite faire advenir un modèle différent, un modèle marqué par l'ouverture, la cohérence. En ces temps marqués par l'incertitude et par les bouleversements politiques, nous souhaitons édifier un monde sur lequel on pourrait compter, en restant fidèles à nos principes, fidèles à nos propos, prêts à parler à tout le monde, prêts à travailler avec tous ceux qui souhaitent la paix. Toutefois, aussi engagés sommes-nous en faveur de la diplomatie, nous resterons toujours attachés à nos valeurs humaines, et cela ne doit pas être vu comme une faiblesse. Chers amis, que ce soit à Gaza, au Soudan, en Ukraine ou ailleurs, où les personnes connaissent la guerre, le déplacement, la peur, Qu'une crise ait commencé il y a quelques semaines ou dure depuis des décennies, nos principes ne peuvent pas évoluer au gré de la tension de notre monde. La force militaire ne peut faire advenir des solutions dignes de ce nom. La force militaire ne peut donner à manger à ceux qui ont faim, ne peut permettre aux déplacés de rentrer chez eux, ne peut édifier la paix. Cela ne permettra pas de raccommoder notre planète, de gérer les migrations massives ou encore d'éclairer les progrès technologiques. Pour cela, il faut des institutions légitimes. Il faut de la confiance, confiance établie entre les nations, confiance à l'égard des accords, confiance en le fait que les règles seront appliquées. Si l'on détruit cette confiance, chaque défi devient plus redoutable. Si l'on la préserve, la coopération devient possible. Et dans un monde où l'on est en concurrence pour recevoir l'attention, nous devons faire attention aux problèmes auxquels on accorde notre attention. L'avenir ne sera pas seulement façonné par nos actes, mais également par ce que nous décidons d'ignorer. Merci. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [2:51:32]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le roi du royaume hachémite de Jordanie. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Recep Tayyip Erdoğan, Président de la République de Turquie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prononcer son allocution devant l'Assemblée. Türkiye · Président de la République · Recep Tayyip Erdoğan [2:52:50]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les délégués, je vous salue chaleureusement au nom de mon pays, et c'est un grand plaisir de prendre la parole à nouveau depuis cette tribune. Je prie Dieu tout-puissant que la 81e session de l'Assemblée générale soit une bénédiction pour tous les pays du monde, en particulier les personnes oppressées. Je tiens à remercier Mme Berbach. présidente sortante de l'Assemblée générale et je souhaite plein succès à M. Rahman, président de l'Assemblée générale. Je tiens à féliciter et remercier mon cher ami M. Guterres, secrétaire général de l'ONU pendant près de 10 ans. Il a agi avec impartialité et avec une intégrité totale. Tout d'abord, Je tiens à vous faire part de ma tristesse. L'État de Palestine est officiellement reconnu par une majorité écrasante d'États membres, mais Son Excellence Mahmoud Abbas, président de l'État de Palestine, n'a pas pu participer à cette session depuis deux ans consécutifs. Cette injustice contre nos frères et sœurs palestiniens représente un affront pour la conscience de l'humanité Bien que le président Abbas n'ait pas pu être parmi nous en personne, comme l'année dernière, nous continuerons de défendre un État palestinien libre et souverain. Et depuis cette tribune, nous continuerons de faire entendre la voix du peuple palestinien dans le monde entier. Je saisis cette occasion pour appeler tous les pays qui ne l'ont pas encore fait à revoir leur position concernant la reconnaissance de l'État de Palestine. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, lorsque la Charte des Nations unies a été signée le 26 juin 2045, les États membres ont déclaré la chose suivante, avec beaucoup d'espoir. "Nous, les peuples des Nations unies, déterminés à préserver les générations futures de la guerre qui, deux fois en l'espace d'une vie humaine, a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances, à proclamer notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, et créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, à favoriser le progrès social, à vivre l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Fin de citation. Voilà ce qui a été déclaré à l'époque. Bien que cela fasse 81 ans que le traité a été signé, l'humanité attend toujours que cette réalité advienne. Et il n'est pas nécessaire de regarder trop loin. Regardons ce qui s'est passé simplement pendant l'année écoulée. Au cours des 12 derniers mois, Nous avons connu l'une des périodes les plus sanglantes des 30 dernières années, caractérisée par plus de 60 guerres ou conflits, de Gaza à l'Ukraine et la Russie, du Myanmar au Darfour, de l'Iran au Liban. 250 000 personnes ont perdu la vie et il y en a encore bien davantage qui ont connu des souffrances indicibles. Des milliers de personnes ont dû quitter l'endroit où elles étaient nées, où elles avaient grandi. Rien qu'à Gaza, au cours des trois dernières années, nous avons perdu 74 000 de nos frères et de nos sœurs, en grande partie des femmes et des enfants. Cela représente ce que nous considérons comme des actes de terrorisme d'État de la part d'Israël. Il y a des Palestiniens, des Palestiniens qui cherchent toujours leurs proches dans les ruines, qui recherchent leurs enfants, leurs parents, leurs épouses, leurs époux. Un grand nombre d'enfants ont perdu leurs membres dans des attaques israéliennes. Ils essaient de revenir, de retourner à l'école, de reprendre une vie normale avec des prothèses en bois. Dans les hôpitaux de Gaza, plus de 70 % des groupes électrogènes sont hors service en raison des pénuries de carburant. Sur le plan personnel, en tant que père, en tant que grand-père qui chérit ses enfants, ses petits-enfants, je me dois de dire les choses suivantes, et je le dis avec le cœur lourd. Aujourd'hui, Gaza n'est pas seulement le plus grand cimetière d'enfants du monde, c'est également le lieu où il y a le taux le plus important d'amputation infantile du monde. Gaza est devenu le camp de concentration le plus honteux et le plus inhumain de notre ère. De fait, Un cessez-le-feu a été conclu grâce aux efforts du président Trump et grâce aux contributions de certains pays, y compris la Turquie. Mais même après le cessez-le-feu, le nombre d'enfants tués a dépassé 1500. Certes, le mouvement de résistance palestinien a accepté de passer à la deuxième phase du plan de paix, mais le gouvernement israélien refuse de cesser l'occupation. Dans le même temps, La Cisjordanie connaît la période. plus grave en matière de violence et de terreur des colons. Les musulmans notamment se voient interdire l'accès aux lieux saints. Il y a une tentative de détruire l'Unroi, qui est une initiative collective. Alors chers amis, encore une fois aujourd'hui, je vous parlerai en toute franchise et sans fard, et j'aimerais présenter quelques faits de manière claire. Ne soyez pas offensés, je vous présente mes excuses. Il s'agit là d'une question humanitaire. C'est une question qui engage notre conscience à toutes et tous. Nous faisons face à une volonté génocidaire où les assassinats ne sont jamais assez nombreux. Nous faisons face à une situation extrêmement grave. Personne animé d'humanité, de compassion, personne en toute conscience ne peut rester indifférent face à ce panorama. Ce panorama est très frappant et très clair. L'ONU a été créée il y a 81 ans pour maintenir la paix et la sécurité, mais cette organisation ne peut plus s'acquitter de cette mission, ou plus précisément, elle a été rendue incapable de le faire. L'ONU continue d'être affaiblie et les populations de Palestine, du Liban, du Soudan et dans d'autres zones de crise ont placé beaucoup d'espoir dans l'ONU, ces personnes sont profondément déçues. Mais j'aimerais vous rappeler qu'un jour, tout le monde devra trouver refuge dans la conscience collective de l'humanité. Aujourd'hui, on peut se sentir à l'abri, on peut se sentir prospère ou en paix, Aujourd'hui, il se peut que nous vivions dans le confort, bien loin des zones de conflits ou des zones de crise. Mais aucun de nous ne sait ce qui se passera demain ou ce qu'il adviendra de nous. Et c'est pour cette raison que Selon moi, le thème de l'Assemblée générale est particulièrement opportun et important, car il s'agit de rétablir la confiance dans le système international. Nous appuyons les efforts déployés sincèrement par le secrétaire général, notamment concernant l'initiative ONU 80. Nous espérons que cet engagement en matière de réforme suivra le même cap lors du mandat du ou de la prochaine Secrétaire général. Je tiens également à être très clair sur les éléments suivants. Si nous sommes véritablement attachés à rétablir la confiance dans l'ONU, les mesures à prendre sont claires. Les enfants à Gaza doivent être à l'abri. Et lorsque les enfants regardent le ciel, ils doivent voir des cerfs volants, pas des chasseurs, des drones ou des systèmes aériens autonomes. Les enfants ne devraient pas avoir à se réveiller la nuit au son des bombes. Le travail des travailleurs asiatiques ne sera pas exploité par des capitalistes sans scrupules. Et on pourra se pencher vers l'avenir avec autant de confiance en l'avenir dans les pays défavorisés que dans les pays prospères. Et donc, comment rétablir cette confiance dans l'ONU? Lorsque dans un pays, il y a la volonté de 190 pays qui est soumise à la volonté de cinq pays, c'est problématique. Le Conseil de sécurité doit absolument se réformer et accepter que le monde ne se réduit pas à cinq pays. Il faut garder le rythme de l'évolution rapide des technologies, mais il faut également agir avec responsabilité et bâtir un ordre international plus équitable. Et j'aimerais vous faire part d'un certain nombre de principes de base. Tout d'abord, nous avons l'obligation de faire évoluer l'état d'esprit actuel. Le droit international est appliqué de manière sélective, selon qu'il est appliqué aux puissants ou aux faibles, dans un système international dans lequel ceux qui se livrent à des manquements s'en sortent et vivent dans l'impunité, eh bien, cet ordre est voué à la ruine. Ensuite, les efforts internationaux. Lorsque les efforts internationaux échouent à régler les crises, il faut une appropriation au niveau régional. C'est un moyen efficace de se pencher sur ces questions. Et dans mon pays, nous avons mis en œuvre ce principe dans le cadre du couloir céréalier de la mer Noire, et nous contribuons ainsi à la sécurité régionale et mondiale. Troisièmement, nous devons rétablir l'importance de la coopération et de la diplomatie ouvertes, qui doivent être au cœur des relations entre États. L'histoire a montré à de nombreuses reprises, souvent par des expériences amères, que personne ne gagne lorsqu'il y a une approche politique basée sur la défiance. Quatrièmement, nous devons conjointement bâtir un nouveau paradigme qui offre des solutions face aux inégalités de revenus qui se creusent profondément de par le monde. Nous estimons que pour y parvenir, il faut un développement conjoint de la solidarité et de la connectivité. Les sociétés qui sont connectées les unes aux autres par des routes, des liens commerciaux, des réseaux énergétiques ou une protection commune seront unies au bout du compte dans la paix et la stabilité. Et enfin, en promouvant une approche axée sur l'être humain des technologies, nous devons éviter que de nouveaux obstacles ne se dressent entre ceux qui détiennent les technologies et ceux qui ne les détiennent pas. Il faut bien comprendre que la polarisation technologique et que l'hégémonie numérique ne servent ni les intérêts du système axé sur l'ONU, ni les intérêts des États membres qui se trouvent au cœur du système onusien. Mesdames et Messieurs, la Turquie ne se contente pas de formuler tous ces principes. Dans toutes les mesures que nous adoptons, nous recherchons un système international plus humain et plus équitable. avec l'alliance de défense créée récemment avec le Pakistan et l'Arabie saoudite, sur la base de l'appropriation régionale. Nous renforçons la solidarité et nous avons pour but de mettre sur pied des solutions face aux problématiques régionales à partir de la région elle-même. Nous déployons des efforts avec les acteurs continus pour Faire face au conflit qui a été déclenché dans la région du Golfe et toute tentative imprudente de propager ce conflit aux régions voisines ne servirait les intérêts de personne. Pour ce qui est de Gaza, nous restons engagés à donner suite à l'accord qui a été signé à Al-Sharm El-Sheikh il y a un an. Maintenant, nous devons lancer la reconstruction de Gaza le plus vite possible. À ce titre, je vous appelle à exercer davantage de pression sur Israël. Il faut que tout le monde comprenne et accepte les éléments suivant: les tentatives d'étrangler l'État palestinien échoueront. Et. Si Dieu veut, adviendra un moment où il y aura un État de Palestine sur la base des frontières de 1967, doté d'intégrité territoriale, pour capitale Jérusalem-Est. Chers amis, après 14 ans d'oppression, La Syrie s'est lancée dans une nouvelle trajectoire avec la révolution du 8 décembre sous la houlette du président Al-Charaa. Nous voyons aujourd'hui que la Syrie se rapproche de son objectif, celui de devenir un pays sûr et pacifique, malgré toutes les formes de provocations intérieures ou extérieures. Nous continuerons de défendre le peuple syrien, frère, En Irak, un autre pays voisin, nous appuyons totalement les efforts visant à renforcer l'autorité de l'État et la stabilité. Nous travaillons avec ce pays sur les transports stratégiques et des projets énergétiques qui permettront d'améliorer le bien-être dans notre région. Au nombre de ces projets figure le projet de développement d'axes routiers. Pour ce qui est de la guerre Ukraine-Russie, nous espérons qu'elle cessera bientôt et que l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine seront respectées. Nous restons en contact avec les parties afin de rétablir la sécurité de navigation en mer Noire, de garantir la sécurité alimentaire et d'éviter que la guerre ne se propage. J'aimerais notamment souligner que les attaques récentes contre les navires commerciaux en mer Noire, quel que soit leur pavillon, sont inacceptables. Nous estimons que la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz doit être maintenue. En mer Égée et dans l'est de la région Méditerranée, nous souhaitons que les questions en suspens soient réglées sur la base des relations de bon voisinage et conformément au droit international. Notre position d'avoir une conférence sur la Méditerranée orientale contribuerait à trouver un terrain d'entente. Et je vais. à nouveau lancé l'appel que j'ai lancé lors de sessions précédentes de l'Assemblée générale. L'égalité souveraine et le statut égal des Chypriotes turcs doivent être reconnus et les injustices qui leur ont été commises doivent cesser. J'appelle la communauté internationale à reconnaître la République turque de Chypre du Nord et à reprendre des liens économiques, politiques et diplomatiques. Mesdames et messieurs les délégués, la Turquie, grâce à son industrie de la défense qui se développe et à son économie résiliente, continue d'être un havre de stabilité alors que les conflits font rage dans son voisinage. Nous faisons partie intégrante de l'Europe et, à ce titre, nous jouons un rôle important pour garantir le bien-être et la sécurité sur le continent européen. Le sommet d'Ankara de l'OTAN, qui a été organisé avec succès en juillet, était une manifestation concrète de notre sécurité collective. Une Europe qui exclut la Turquie de son architecture de sécurité ne pourra pas, je vais le dire clairement, ne pourra pas être plus forte ou plus sûre. Nous bâtissons notre avenir avec l'Union européenne justement par le biais de cette vision stratégique et nous nous attendons à ce que l'Union européenne soit animée de la même vision. Les Balkans représentent une région avec laquelle nous avons des liens historiques, culturels et humains importants. Et avec la plate-forme de paix pour les Balkans, nous prenons des mesures concrètes pour renforcer notre coopération avec les Balkans. Et notre position sur le Caucase du Sud est claire. Nous espérons qu'une paix durable régnera entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Nous saluons et nous soutenons les engagements pris en faveur d'une solution par les présidents Ollivier et le Premier ministre de signal. Nous allons également de l'avant pour achever le processus de normalisation des relations entre notre pays et l'Arménie. J'aimerais également vous faire part des éléments suivants avec plaisir, l'organisation des États turcs, organisera un sommet à Ankara le 13 octobre et nous espérons que cela permettra d'ouvrir de nouvelles portes pour notre organisation. Lors du sommet du partenariat Turquie-Afrique, le symbole du partenariat que nous bâtissons depuis plus de deux décennies. En Asie du Sud, il est important que tous les différents, y compris la question du Cachemire, soient réglés par le dialogue dans le cadre de la Charte des Nations Unies et des 11 résolutions. Si des mesures constructives sont prises, toutes les questions peuvent être réglées. Il en va de même pour les tensions sur le continent africain. Nous appuyons totalement les efforts visant un cessez-le-feu et une paix durable au Soudan, mais également les efforts visant à renforcer la sécurité, le développement et les capacités institutionnelles en Somalie. Dans le même temps, le maintien de la stabilité et du calme en Libye est une priorité pour nous. Il est impératif que le processus de réconciliation en cours soit conduit par les Libyens eux-mêmes et fasse l'objet d'une appropriation. La Turquie continue de souhaiter la réussite de ce processus. Nous renforçons également nos relations avec nos partenaires de la région Asie-Pacifique. Nous avons renforcé nos relations avec l'ACEA. Nous avons un partenariat de dialogue et c'est un résultat concret du travail qui a été réalisé dans ce domaine. Nous sommes également en train de renforcer nos relations avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes sur la base du respect mutuel, des partenariats et d'une approche où tout le monde en sort gagnant. Mesdames et Messieurs les délégués, Nous tirons tous notre vie et nos moyens de subsistance de la nature, mais nous faisons face à des menaces graves liées au climat, avec notamment la situation hydrique ou de nombreuses espèces sauvages qui sont touchées par les changements climatiques. Nombre de pays dans nos régions connaissent le changement climatique. Et il est nécessaire que ces pays accèdent aux financements nécessaires. En novembre, nous allons accueillir la COP31 dans la province d'Antalya, en Turquie, et nous ferons en sorte que la justice climatique figure en bonne place Du sommet, nous avons un partenariat avec l'Australie pour que la COP31 soit une COP qui se concentre sur la mise en œuvre avec l'accélération des transferts de technologie. Il faut que les promesses débouchent sur des mesures concrètes. Et donc, La COP31 aura pour but de nous unir tous et toutes et je saisis cette occasion pour vous inviter au sommet des dirigeants de la COP31. En 2017, ma femme avait lancé le mouvement Zéro Déchet avec pour slogan "Le monde est notre maison à tous et toutes". Ce mouvement est devenu une campagne de sensibilisation mondiale. Il y a moult façons de faire face à la crise climatique. Le mouvement Zéro Déchet est une passerelle où se rejoignent tous les efforts. Et avec votre soutien, cette passerelle sera plus solide encore. Je voudrais attirer votre attention sur plusieurs éléments. Une autre menace aussi grave que les changements climatiques, Et cette course effrénée à la consommation. 5,3 trillions de repas chaque année se retrouvent dans les poubelles du monde. Plus de 2 milliards de tonnes d'aliments sont donc gaspillés. L'on ne peut parler de justice dans un monde où des tonnes de nourriture se retrouvent à la poubelle. alors que des centaines de millions de personnes ramassent de la nourriture dans ces mêmes poubelles. La Turquie veut apporter sa pierre à l'édifice pour prévenir le gaspillage et pour garantir la sécurité alimentaire mondiale. Et voilà pourquoi Dr Mehmet Mekki Etiyaz a été désigné à la Direction générale de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l'ONU. J'espère que vous soutiendrez notre candidat. En outre, il convient de noter la chose suivante: alors que notre monde évolue rapidement, l'humanité, quant à elle, fait face à de nouvelles menaces sociales, l'islamophobie, qui se propage en Occident Et l'un de ces fléaux, les femmes et les filles musulmanes notamment, ont été victimes de discrimination ces dernières années. Les interdictions du port du voile imposées par certains pays dans les écoles est une atteinte aux droits les plus fondamentaux des musulmans. La xénophobie, le racisme culturel, et l'antisémitisme vont croissant. Ce sont autant de tendances toxiques contre lesquelles il faut lutter avec détermination. Les politiques mondiales de neutralisation de genre ont pris pour cible des jeunes innocents et l'institution qu'est la famille. C'est un siège à proprement parler. On peut rompre le siège en protégeant la famille, la famille composée d'un homme et d'une femme. La Turquie continuera de prendre des initiatives afin de protéger les familles et les enfants en dépit des attaques perpétrées par certains lobbies. Autre menace qui sape la paix sociale, c'est la menace de la désinformation sur les médias sociaux. Défendre la vérité est plus important que jamais. Nous faisons également face au risque de l'intelligence artificielle, l'IA, un risque qui échappe de plus en plus à tout contrôle. Il est plus que temps de créer un cadre juridique international commun pour réglementer l'IA. Il est essentiel d'accélérer les travaux d'ores et déjà menés afin de rédiger et de mettre en vigueur la Convention internationale des Nations unies sur l'intelligence artificielle. Mesdames et Messieurs, j'ai évoqué plusieurs réalités aujourd'hui, en toute honnêteté, et cela va sans doute susciter un certain malaise chez certains, susciter une certaine gêne. Et je sais également qu'ils vont chercher à manipuler les perceptions dans une tentative de nous bâillonner. Comme le poète l'a dit, ils pensent que si nous restons silencieux, le problème disparaîtra. Mais même si nous restons silencieux, l'histoire ne sera pas silencieuse et si l'histoire reste silencieuse, la vérité ne leur restera pas. Ils pensent que s'ils se débarrassent de nous, le problème sera réglé. Or, même s'ils se débarrassent de nous, ils ne pourront échapper à leur propre conscience et même s'ils échappent à leur propre conscience, ils ne pourront échapper au jugement de l'histoire et même s'ils échappent au jugement de l'histoire, ils ne pourront pas échapper à la punition divine. En tant que président d'une grande nation guidée par sa conscience, son histoire et sa compassion, et si Dieu le veut, tant que Dieu me donnera la vie, je continuerai depuis cette tribune à défendre les droits des opprimés les droits des sans-voix, les droits des malheureux. Je continuerai de m'exprimer en leur nom, de me battre pour eux. Si c'est nécessaire, nous souffrirons. Si c'est nécessaire, nous paierons le prix. Mais nous ne resterons pas silencieux face à l'injustice et jamais n'accepterons-nous l'oppression. Quand on regarde le monde d'aujourd'hui, on voit que deux routes s'offrent à nous, celle de l'incertitude, de la peur, du conflit, de l'isolement, ou alors un avenir de justice et de croissance commune. Alors bien entendu, il est facile de plonger dans l'obscurité, mais il est beaucoup plus difficile d'allumer une bougie qui fera fuir l'obscurité. La Turquie a choisi la deuxième voie. Nous nous avancerons sur cette voie, grand renfort de patience. Que Dieu nous facilite le chemin, soit notre guide. Nos amis nous écoutent dans cette salle des quatre coins du monde et je les appelle à souscrire à cette vision partagée de l'avenir. En mon nom propre, au nom de mon peuple, je vous salue avec un profond respect. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [3:27:19]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République de Turquie. l'assemblée va à présent entendre une allocution de son excellence Sadir ZAPAROV, président de la République kirghize. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Kyrgyzstan · Président de la République · Sadir ZAPAROV [3:28:34]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, Mesdames et Messieurs, tout d'abord, J'adresse mes plus chaleureuses félicitations à M. Khalilur Rahman pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Je lui souhaite un plein succès. Comme vous le savez, l'année dernière, la communauté internationale a célébré le 80e anniversaire des Nations unies. Voilà 80 ans que cette organisation mondiale unique veille sur la paix, la sécurité et le développement. Bien que notre organisation réunisse tous les pays du monde et soit la principale plateforme de coopération internationale, des guerres et des tensions persistent dans diverses régions du monde. Les conflits armés et les crises humanitaires dans différentes parties du monde, y compris en Ukraine, en Iran, au Soudan et en Palestine, témoignent de la complexité des contextes internationaux actuels. et doivent nous amener à conjuguer nos efforts afin de renforcer la paix, la sécurité et le développement durable. Le Kirghizistan est un pays qui croit au dialogue et au règlement pacifique des conflits. Notre pays est prêt à jouer le rôle de médiateur pour régler des problèmes complexes et difficiles. Ces dernières années, l'Asie centrale a clairement montré au monde sa capacité à régler de façon pacifique des différents intérêts complexes. L'Asie centrale est devenue un modèle de coopération interétatique, une coopération constructive en faveur du développement économique, de l'infrastructure et de la technologie. Nous sommes prêts à faire part de l'expérience acquise. Mesdames et Messieurs, pour la première fois, le Kenya existant a été élu membre du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période allant de 2027 à 2028. Je saisis cette occasion pour très sincèrement remercier tous les pays qui ont soutenu notre candidature. Le soutien de 142 États illustre notre volonté a joué un rôle sur la scène internationale et témoigne également du rôle croissant de l'Asie centrale dans les relations internationales. Cet accomplissement montre que même les petits États peuvent apporter une contribution significative au règlement des défis mondiaux. Nous savons que siéger au Conseil de sécurité n'est nullement un privilège. ni une récompense, mais représente une lourde responsabilité. Il y a un an, depuis cette même tribune, j'affirmais avec confiance que le Kirghizistan est l'un des États ayant l'expérience nécessaire pour soumettre d'importantes questions à l'attention du Conseil de sécurité. Nous n'avons pas oublié nos engagements et mettrons tout en œuvre pour pleinement les honorer. Voilà pourquoi, une fois de plus, je tiens à rappeler que le Kirghizistan respecte pleinement le droit international et la justice. protège les droits humains et soutient un système multilatéral fondé sur le respect mutuel, l'équilibre des intérêts et la responsabilité envers les générations futures. Nous comptons travailler en étroite coopération avec tous les pays et nous restons favorables à une coopération fructueuse. Chers collègues, vous ne l'ignorez pas, depuis la création des Nations unies en 1945, ses États membres et ses dirigeants ont lancé des réformes systémique. Ces réformes qui ont porté sur l'élargissement du Conseil de sécurité ou encore sur la modernisation des mécanismes de gouvernance en passant par le maintien de la paix et les droits humains. Ces initiatives font toujours l'objet de débats dynamiques au niveau international. Toutefois, malgré de nombreux efforts et des années de débats, la structure institutionnelle de notre organisation continue de se heurter à divers défis. Par conséquent, je pense que l'élargissement du Conseil de sécurité est l'une des réformes qu'attend la communauté internationale. Il me semble juste d'accorder au continent africain, qui compte plus d'un milliard d'habitants, deux sièges permanents, et à l'Amérique latine, un siège permanent. Aujourd'hui, le monde a changé. Plusieurs pays développés ont également dit souhaiter devenir membre du Conseil de sécurité. Je pense qu'il convient d'examiner les demandes de ces pays. Autre problème, à mon sens, la faiblesse des mécanismes devant garantir la mise en œuvre des décisions de l'Organisation. La non-application systématique des décisions de l'Organisation hypothèque la légitimité du multilatéralisme et donne l'impression que le droit international n'est pas contraignant et contribue au mépris des obligations internationales. Voilà pourquoi il nous faut étendre et renforcer l'autorité des Nations unies. Et à ce sujet, nous proposons d'élaborer un mécanisme d'application des décisions de l'organisation et d'application du principe de responsabilité. Il est nécessaire d'établir au sein de l'Assemblée générale des Nations unies un registre public permanent de la mise en œuvre par les États membres des résolutions et des engagements souscrits. Ce registre pourrait contenir les informations suivantes et veiller à l'application de ces mécanismes, à savoir premièrement, inscrire et vérifier de façon systématique le degré d'exécution des décisions adoptées. Deuxièmement, obligation faite aux États membres de présenter régulièrement des rapports conformément aux normes établies. Troisièmement, présenter des analyses par secteur et par région. Et quatrièmement, garantir la transparence et l'égalité d'accès à l'information à tous les États. Ce registre pourrait être géré par le secrétariat de l'organisation avec le concours d'experts indépendants. Si les décisions de l'organisation sont systématiquement foulées aux pieds, je propose un mécanisme de riposte progressif. La première étape. consisterait à envoyer une notification officielle à l'État concerné, suivie d'une consultation des différents organes compétents des Nations Unies. Deuxième étape, une mission de suivi détachée dans le pays concerné afin d'évaluer les obstacles objectifs à l'application des décisions et afin de formuler des recommandations. Troisième étape, examiner la question ici en plénière de l'Assemblée générale, de sorte à déterminer le statut de l'État concerné s'agissant du respect ou non-respect systématique des décisions de l'ONU. Quatrième étape, saisine des procédures est pertinente, conformément à la Charte de l'Organisation, à l'encontre des États ne respectant pas leurs obligations. La question pourrait par exemple être renvoyée au Conseil de sécurité de l'Organisation pour que soient envisagées les mesures restrictives prévues par le droit international, notamment des restrictions temporaires à la participation aux programmes de l'ONU. Deuxièmement, des recommandations d'examen des modalités actuelles de coopération et autres mesures diplomatiques selon que de besoin. Chers collègues, en cas de non-respect systématique des décisions de l'Organisation, les membres permanents du Conseil de sécurité devraient volontairement s'abstenir d'avoir recours à leur droit de veto si le mécanisme d'application des décisions de l'ONU est systématiquement bloqué par les membres permanents du Conseil de sécurité au moyen de leur droit de veto, cette pratique ne sera plus conforme à l'esprit de la Charte de l'Organisation, ni au principe de responsabilité égale des États membres. Il convient donc, une fois de plus, d'envisager la possibilité de limiter volontairement le recours au veto en matière d'application des décisions de l'ONU. Une telle pratique pourrait promouvoir l'universalité, l'égalité de tous les États, quelle que soit leur taille, et la primauté de la diplomatie, en évitant le deux poids, deux mesures. Afin de mettre en œuvre cette initiative, je propose la création d'un groupe de travail à composition non limitée au sein de l'Assemblée générale de l'Organisation, avec la participation des États membres intéressés. Ce groupe de travail pourrait mener des consultations intergouvernementales et élaborer un rapport sur les modèles éventuels de mécanismes. À la suite de ces consultations, l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité devraient envisager d'adopter les résolutions et décisions qui s'imposent. L'objectif stratégique de cette initiative est de veiller à ce que les décisions de l'Organisation soient perçues non seulement comme des recommandations politiques, mais comme de véritables engagements internationaux. Une amélioration de l'application permettra de consolider l'État de droit et la confiance envers l'Organisation. Le Kirghizistan est prêt à lancer un dialogue interétatique sur la mise en place d'un tel mécanisme. À partir du 1er janvier 2027, en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies, nous avons pour intention de présenter officiellement toutes ces propositions aux comités compétents pour examen. Chers collègues, je voudrais aborder plus précisément la question des sanctions. Nous le constatons, les sanctions, actuellement, sont parfois utilisées par certains États comme instrument d'ingérence dans les affaires intérieures d'États souverains. Les conséquences délétères de sanctions unilatérales injustifiées affectent également les petits États, à l'instar du nôtre, qui sont en cours de formation et de développement. Dans certains cas, de telles pratiques représentent une ingérence dans les affaires intérieures d'États indépendants et contreviennent aux principes fondamentaux du droit international. Certains grands États, poursuivant leurs propres intérêts, exercent des pressions sur des pays plus petits, comme le cas existant en tentant de les contraindre à négocier sur des questions spécifiques et en leur adressant des ultimatums. À cet égard, je saisis l'occasion pour souligner la décision prise par le président des États-Unis, Son Excellence Donald Trump, après son entrée en fonction, de cesser de financer les organisations non gouvernementales dans le monde entier. Par voie de conséquence, l'ingérence des ONG dans les affaires intérieures et la politique des pays en développement a pratiquement cessé. Les décisions du président Trump ont créé les conditions propices au renforcement de la souveraineté des États, leur ont permis de choisir leur propre voie de développement. C'est pourquoi je saisis cette occasion pour remercier M. Trump d'avoir mis fin au financement des ONG. Chers collègues, les décisions d'imposer des sanctions doivent être prises conformément à la Charte des Nations unies et dans le seul cadre de la compétence du Conseil de sécurité. Le droit d'imposer des sanctions à un État donné devrait revenir exclusivement à l'ONU. C'est la seule façon d'améliorer le système international de sanctions. Il est primordial d'instaurer un mécanisme obligatoire permettant à l'organisation de procéder à un examen préliminaire de toutes les mesures de sanctions. Cet examen préliminaire permettra de prendre en compte les éventuelles conséquences humanitaires, économiques et sociales. Un élément essentiel du mécanisme tel que proposé devrait être davantage de transparence et de responsabilité. Les États imposant des sanctions doivent clairement énoncer leur fondement juridique, la nécessité de ces mesures, leurs objectifs et définir des critères et des conditions de levée ultérieure. Il me semble opportun d'établir, sous l'égide des Nations unies, un mécanisme international unifié de suivi et de révision régulière des sanctions. Ce n'est qu'ainsi que le rôle central de l'ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales sera renforcé et ses pouvoirs élargis de plus. Le risque qu'un pays utilise arbitrairement des sanctions contre un autre pays à des fins politico-économiques sera ainsi éliminé. Aucun État ne devrait agir de façon arbitraire. L'ONU doit être forte. Chaque pays devrait trembler à l'idée que l'ONU puisse imposer des sanctions. Ce n'est qu'alors qu'un ordre international robuste pourra émerger. Autrement, les décisions individuelles de l'ONU cesseront d'être prises au sérieux. Lorsque les États commenceront à agir à leur seule discrétion, toute décision de l'ONU doit être appliquée sans tarder. Si un État ne l'applique pas et que les autres États cessent de coopérer avec lui, l'efficacité des sanctions s'en trouvera renforcée. Ce n'est qu'alors que les décisions seront appliquées rapidement et que l'ONU deviendra une organisation forte et influente. Dans le cas contraire, les sanctions existantes deviennent dérisoires. Chers amis, Comme chacun le sait, les changements climatiques sont devenus un problème mondial. La température moyenne sur notre planète et le nombre d'urgences climatiques augmentent rapidement et leurs conséquences délétères sur l'énergie, l'agriculture, la sécurité alimentaire et l'économie dans son ensemble sont considérables. Le Kirghizistan est un pays montagneux. Nous sommes particulièrement sensibles aux conséquences de la fonte des glaciers. Ce n'est pas là une menace abstraite. C'est un défi environnemental d'envergure régionale. Je suis convaincue qu'il est primordial et nécessaire de conjuguer les efforts internationaux pour relever les défis climatiques et pour répondre aux problèmes des régions montagneuses. À cet égard, nous tiendrons le deuxième sommet mondial de la montagne, Bichkek +25, du 21 au 23 octobre 2027 à Bichkek. Je saisis cette occasion pour vous inviter tous et toutes à participer à ce sommet. Ce sommet clôturera les cinq années d'Action internationale pour le développement et des régions montagneuses 2023-2027. Lors de ma rencontre avec le Secrétaire général des Nations unies, M. Antonio Guterres, le 31 août 2026 à Bichkek, j'ai proposé la tenue de ce sommet conjointement avec l'Organisation. Ces décisions témoignent du rôle de premier plan que joue notre pays parmi les États montagneux et de notre engagement à conjuguer les efforts internationaux pour régler les problèmes. Le Cameroun est tout à fait prêt à devenir le porte-parole des petits États et des États en développement aux Nations unies sur les questions climatiques dans les régions montagneuses. Mesdames et Messieurs, chefs de délégation, pour rester sur le thème du changement climatique, je souhaite attirer votre attention sur un autre défi environnemental. Nous le savons, les catastrophes mondiales prennent souvent racine au niveau local. Je vous parle ici du lac de haute montagne unique d'Issyk-Koul, classé réserve de biosphère par l'UNESCO et zone humide d'importance internationale au titre de la Convention de Ramsar. Aujourd'hui, Ce précieux réservoir naturel subit de graves pressions climatiques. Au cours des 170 dernières années, le niveau de l'eau a baissé de près de 14 mètres. Et ces cinq dernières années, le rythme de cette baisse a atteint 7 cm par an. Sur les 101 rivières qui alimentaient autrefois le lac, seule une trentaine coule aujourd'hui en permanence. La principale source d'eau d'Issyk-Koul est constituée par les glaciers de la chaîne de Tian Shan. Au cours des sept dernières années, plus de 30 % des glaciers de montagne ont fondu. Environ 20 % de cette fonte s'est produite au cours des 7 à 10 dernières années seulement. Ce processus menace directement la biodiversité de la région et la viabilité économique de centaines de milliers de personnes. Afin de préserver Sikkim, le gouvernement mobilise toutes ses ressources nationales disponibles. En particulier, un concept national pour le développement durable du système écologique et économique du Sikkim à l'horizon 2030 est actuellement mis en œuvre. Des restrictions environnementales strictes Des projets pilotes ont été lancés afin de surveiller la profondeur du lac grâce à des techniques de robotique sous-marine. Le nettoyage à grande échelle du fond et des zones du lac se poursuit régulièrement. L'ampleur et la rapidité des changements climatiques dépassent les capacités de tout État montagneux. exige une action internationale concertée. La disparition des cycles cool ne serait pas qu'une tragédie locale. Ce serait une perte environnementale irréversible pour toute la région. Afin de comprendre l'ampleur potentielle de ce défi environnemental et le coût de sa prévention, il convient de penser au sort de la mer d'Aral et du lac Tchad, l'un et l'autre ayant subi de plein fouet les conséquences ces dernières décennies. Jetez un oeil. Jusqu'à une période relativement récente, la mer d'Aral et le lac Tchad, comme le lac ici aujourd'hui, étaient des étendues d'eau abondantes, mais aujourd'hui, ils sont en grande partie à sec. Ces exemples devraient nous servir d'avertissement. Je saisis cette occasion pour officiellement inviter les Nations unies, les institutions financières internationales et les pays bailleurs de fonds soutenir notre initiative et à créer, sous l'égide de l'organisation, un fonds fiduciaire conjoint spécial pour la préservation du lac Issyk-Koul. Afin d'assortir notre engagement d'actions concrètes, nous sommes prêts à allouer 10 millions de dollars à ce fonds. Dans notre culture, nous avons un concept qui s'appelle "Amanat". Et c'est la responsabilité de préserver avec soin l'héritage de nos ancêtres et de le transmettre aux générations futures. Ainsi, on pourrait affirmer que le lac qui s'y coule est notre amanat climatique commun. Nous ne demandons pas votre aide. Nous proposons un partenariat mondial de sorte à préserver cette ressource naturelle unique de la Terre avant qu'il ne soit trop tard. unissons nos efforts et nos ressources dans le cadre de ce fonds d'affectation spéciale. Chers participants, Mesdames et Messieurs, les défis auxquels nous sommes confrontés sont communs. Notre riposte se doit d'être collective. Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère de changement. C'est pourquoi Nous ne pouvons bâtir un avenir sûr, juste et durable qu'en agissant de concert. Le destin de notre planète et des générations futures relève de la responsabilité de chacun d'entre nous. Cette année, le Kenya existe en célèbre le 35e anniversaire de son indépendance. Au cours de cette période, notre pays a traversé de nombreuses épreuves, mais nous avons choisi la coopération plutôt que la confrontation, la création plutôt que la destruction, et nous nous sommes engagés sur la voie du développement durable. la paix ne se décrète pas. C'est pourquoi, transformons nos paroles en actes, en actions concrètes capables de changer des vies et de préserver la nature. Œuvrons ensemble à bâtir un monde où le dialogue prime sur les armes, le respect mutuel sur la peur, et où la coopération entre les États apporte des résultats concrets pour toute l'humanité. Merci beaucoup de votre attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [3:50:06]: Au nom de l'Assemblée générale, qu'il me soit permis de remercier le président de la République kirghize de son allocution. L'Assemblée va écouter une allocution de Son Altesse Sheik Tamim bin Hamad Al Thani, Émir de l'État du Qatar. J'invite le protocole à accompagner Son Altesse afin qu'il puisse prendre la parole devant l'Assemblée générale. Qatar · Émir · Tamim bin Hamad Al Thani [3:51:01]: Au nom d'Allah, le très clément, le très miséricordieux. Excellences, Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Excellence, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, que l'appel à miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous. Je félicite Son Excellence, M. Khalilur Rahman, de son accès à la présidence de la présente session et lui souhaite plein succès. Je remercie aussi Son Excellence, Mme Annalena Baerbock, des efforts qu'elle a déployés lors de la présidence de la session précédente. Je tiens aussi à souligner les efforts et les démarches de Son Excellence, M. António Guterres, le Secrétaire général, lors de son mandat. J'exprime également ma gratitude au personnel des Nations unies pour ses efforts déployés dans des circonstances difficiles et complexes. Je me tiens devant vous aujourd'hui alors que notre région traverse l'une des phases les plus critiques de son histoire. Vous connaissez toutes et tous l'ampleur de la crise dans le Golfe et son effet sur le monde entier. La crise à laquelle nous sommes confrontés ne devrait pas être une surprise pour qui que ce soit. C'est le résultat d'années cumulées de reports et de gestion des crises avec des solutions temporaires et des solutions politiques irréalistes. Notre opinion a toujours été que le règlement des différends passe par le dialogue, la négociation, pour parvenir à des solutions équitables et justes fondées sur le droit international. fondée sur le respect de la souveraineté des États et des droits des peuples. Et dans le sillage des guerres que nous avons observées, cette opinion demeure. L'État du Qatar, grâce à son rôle de médiateur fiable et en tant que faiseur de paix, nous vous avons toujours mis en garde. Le temps ne règle pas les conflits sans règlement équitable. Non, le temps double le coût des conflits. Mesdames et messieurs, Au cœur de cette situation dangereuse, il y a l'absence d'un système régional de sécurité collective, un système qui respecte la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale des États et qui encourage le règlement pacifique des différends et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Depuis cette même tribune, nous l'avons déjà rappelé, nous avons appelé à la création de ce genre de système. Nous renouvelons cet appel. puisque les événements récents ont prouvé qu'il était urgent de réagir. En l'absence de ce type de système, désormais une guerre peut éclater sur la base de considérations qui n'ont rien à voir avec les intérêts des pays de la région. Il est possible qu'une partie entraîne ses voisins dans une guerre qui n'est pas la leur en ciblant leurs ressources vitales et installations critiques, alors que des efforts nourris ont été déployés pour éviter l'escalade. Il est possible désormais qu'une voie navigable internationale, par laquelle transite près d'un quart du commerce mondial de l'énergie, soit fermée. Il est aussi possible désormais que les artères vitales de l'économie mondiale se transforment en un moyen de pression de négociation dont le prix est payé par des populations de tous les continents, alors que ces populations sont très éloignées des causes du conflit. Ces crises fait grimper les prix des denrées alimentaires, des médicaments et a des effets néfastes sur la subsistance de populations qui n'ont rien à voir avec ce problème. En dépit de tout cela, en dépit de cette situation qui aurait pu être évitée, nous demeurons profondément convaincus, sur la base d'isolément réaliste, que la crise du Golfe peut être réglée par des moyens diplomatiques, en rouvrant le détroit d'Ormuz à la navigation, en reprenant des négociations afin d'éviter la guerre, ouvrant la voie à une solution permanente qui garantit la sécurité et la stabilité de toute la région, y compris de l'Iran, tout en permettant des perspectives de coopération dans de nombreux domaines, tout en s'assurant de la non-ingérence. Il existe une possibilité de solution diplomatique pacifique, une possibilité réaliste. Nous ne pouvons pas manquer cette fenêtre de tir, Excellence. Tout en déployant tous les efforts possibles pour remédier à la situation par la voie diplomatique, nous avons renforcé notre résilience afin de défendre notre souveraineté, notre patrie, notre territoire, notre peuple et les fondements de notre vie quotidienne. Nous avons mis au point des plans économiques flexibles et nous sommes restés très engagés dans nos projets de développement en dépit des graves conséquences et du lourd tribut lié à la guerre. À chaque tournant, Dans chaque crise, nous avons choisi d'allier résilience et souplesse et de privilégier les intérêts de notre nation, notre peuple et de ceux qui résident sur notre territoire. C'est notre priorité absolue. Nos valeurs ne sont pas qu'un slogan que nous brandissons, mais bien une réalité que nous vivons au quotidien. Une approche pratique La dignité de la nation ne peut pas être mise en péril. La sagesse et la constance et la fermeté sont les deux facettes d'une même question. Cette approche a été promue par les dirigeants du Qatar depuis la création du pays avec Cheikh Jassim bin Mohammed bin Thani jusqu'à Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani. qu'Allah bénisse son âme, notre éminent de 1925 à 2013, qui nous a quitté cette année avec des adieux d'amour et de gratitude de son peuple et de toutes les forces qui aiment la paix dans nos régions et dans le monde. À cette occasion, je remercie l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies d'avoir tenu une séance extraordinaire en hommage à sa mémoire et en reconnaissance de son héritage, des expériences et des défis auxquels nous avons été confrontés ont prouvé que la résilience est le fruit d'une planification préalable, d'une préparation, d'investissements dans les ressources humaines et les compétences nationales. Et de ce fait, au fil des années, nous avons œuvré à étudier les risques, à sécuriser les chaînes d'approvisionnement, à renforcer les capacités de nos institutions nationales, à développer les réserves stratégiques et à nouer des partenariats internationaux fiables. Conscient de l'interdépendance entre la paix, la sécurité, le développement, les droits humains et l'État de droit, l'État du Qatar continue d'investir dans le développement, dans l'éducation, la santé, la sécurité et la diversification économique, conformément à la vision nationale du Qatar à l'horizon 2030. Excellence. On ne peut en aucun cas parler d'un ordre international juste tant que la Palestine continue à souffrir. À Gaza, on assiste à un génocide dans tous les sens du terme. C'est une marque honteuse pour la conscience de l'humanité dans son ensemble. Les générations futures seront stupéfaites par l'ampleur du fossé entre la catastrophe et d'autre côté le niveau de riposte internationale pour y mettre fin. Et pourtant, la catastrophe, le désastre se poursuit et les dirigeants israéliens déclarent désormais ouvertement que la solution la plus appropriée est de déporter les populations, ce qu'ils qualifient de « migration ». Et quand on réalise l'ampleur de l'opposition du public dans le monde entier envers les pratiques d'occupation humaine et aérienne, au lieu de se regarder dans le miroir, Les dirigeants israéliens se répandent en accusations tous azimuts, en accusant certains d'antisémitisme et en recourant à la théorie du complot en accusant d'autres forces et États de produire une image néfaste. Comme s'il n'y avait pas de moyens de communication en Israël, comme si les soldats israéliens ne s'étaient pas vantés, images et sons à l'appui, de leurs crimes, et comme si les images des crimes contre l'humanité commis à Gaza n'avaient pas circulé. dans une génération entière de jeunes, partout dans le monde, d'est en ouest. Dès le premier jour, l'État du Qatar n'a cessé de déployer des efforts inlassables de médiation pour mettre fin au bain de sang, pour atténuer les souffrances des civils, pour libérer les prisonnières et prisonniers, les détenus, jusqu'à ce qu'un cessez-le-feu ait été conclu. Aujourd'hui, nous continuons ces efforts afin de stabiliser la situation et de parvenir à une paix durable. Quand les factions palestiniennes ont accepté les modalités d'un dépôt d'armes comme stipulé dans l'accord, Israël, de son côté, doit honorer pleinement ses engagements sans aucune réserve, c'est-à-dire une cessation définitive des opérations, un retrait de la bande de Gaza, une levée du siège et l'acheminement sans condition de l'assistance humanitaire. Nous craignons que ceux qui pensent que le déplacement de la population est une solution n'entravent tout ce qui serait susceptible de faciliter la vie des populations, au motif que cela renforcerait leur attachement à leurs terres. La communauté internationale endosse une responsabilité directe et doit faire pression en faveur de la mise en œuvre de l'accord et doit veiller à ce que l'application de l'accord ne demeure pas tributaire des calculs d'une partie habituée à bafouer ses engagements chaque fois que les circonstances lui permettent d'agir en toute impunité sur le terrain. Les persécutions, l'apartheid, le terrorisme des colons en Cisjordanie occupée, la profanation des lieux saints musulmans et chrétiens, surtout la mosquée bénie à l'Aqsa et l'usurpation des droits du peuple palestinien, surtout du droit inaliénable à établir un État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, demeurent une plaie béante. L'agression israélienne, marquée par le sceau de l'arrogance et de la vanité s'est étendue aux pays voisins et à la sécurité de toute la région. Israël multiplie les agressions flagrantes contre la Syrie et y occupe des terres supplémentaires. En plus, du plateau du Golan occupé depuis 1967, sans même se soucier de fournir des justifications autres que son analyse de la nature du système politique qui a émergé en Syrie après la chute du régime précédent. Comme si Israël avait un droit de tutelle sur les États de la région. Il déclare publiquement ne pas respecter les accords conclus avec le Liban et insiste pour continuer à occuper les terres libanaises et jouer un rôle de policiers, la destruction en plein jour de villages entiers dans le sud du Liban rappellent son passif en Palestine. Réagir à ce que fait Israël, mettre un frein à ses méfaits et contrôler le comportement illégal d'Israël est l'épreuve à l'aune de laquelle on évaluera le sérieux de la communauté internationale dans la défense des valeurs et de l'état de droit. Le droit, la loi, doit s'appliquer sur un pied d'égalité à toutes et à tous. ou alors elle perd toute signification lorsqu'on applique la loi aux faibles et pas aux forts. Excellence, dans notre région, nous soulignons que le développement global et la fondation d'institutions étatiques sont deux piliers incontournables de la réalisation des aspirations des populations tout en garantissant la sécurité et la stabilité de la région. Il est nécessaire de surmonter les séquelles des conflits civils dans certains États et de mettre fin à la présence de forces armées échappant au contrôle de l'État. Le monopole légitime des États sur les armes est une des composantes indispensables de l'État, et c'est ce qui garantira la capacité à légiférer et à mettre en œuvre un État de droit. S'agissant de notre pays frère, la Syrie, nous nous tenons aux côtés du peuple pendant la phase de relance et de reconstruction, en soutenant les institutions étatiques, la souveraineté et l'indépendance, ainsi que l'unité nationale et régionale, afin de respecter les aspirations du peuple syrien, aspirations de stabilité, de développement et de dignité sur la base d'une citoyenneté sur un pied d'égalité. Au Soudan, un pays frère, nous appelons un dialogue inclusif qui mènera à une paix durable et qui préservera l'unité et la souveraineté de l'État. En Libye, pays frère, nous soutenons le processus politique, les mesures de réconciliation et d'unification des institutions étatiques. En Somalie, pays frère, nous renouvelons notre soutien ferme à la souveraineté, à l'unité et à l'intégrité territoriale du pays. Dans le pays frère du Liban, nous soutenons les institutions publiques et la souveraineté sur l'ensemble du territoire. Et nous condamnons les agressions israéliennes prenant pour cible le Liban et insistons sur la nécessité qu'il y a à respecter le cessez-le-feu et la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Au Yémen, un autre pays frère, nous soutenons les efforts de l'ONU visant à parvenir à un règlement politique global fondé sur les résultats du dialogue national rendu possible par l'ONU, afin de préserver l'unité du Yémen et sa souveraineté, assurant sécurité et stabilité pour le pays. Excellence, Mesdames et Messieurs, l'État du Qatar ne se contente pas de jouer un rôle de médiateur et de facilitateur du dialogue entre les parties belligérantes afin de trouver des solutions pacifiques. Non, nous faisons aussi des efforts pour atténuer les souffrances humanitaires causées par les guerres et les catastrophes naturelles. Nous soutenons le développement humain dans un grand nombre de pays de notre région et bien au-delà. Nous préservons nos intérêts vitaux. Nous jouons un rôle de médiation qui a fait ses preuves, reconnu sur la scène internationale. Nous défendons des principes humanitaires conformes au droit international et conformes aux législations internationales. ce qui constitue le fondement de notre politique étrangère. Ces quatre éléments sont les piliers fondamentaux de notre politique internationale. Le Qatar, de Moha, un espace ouvert au dialogue et à l'interaction culturelle entre les peuples, ainsi qu'à l'échange d'opinions et d'expériences. Nous continuons à contribuer aux initiatives internationales qui rassemblent les peuples et qui soutiennent le développement. Mû par cet esprit, TOA se prépare à accueillir le quatrième sommet mondial consacré aux personnes handicapées en 2028. référent partant notre volonté d'autonomiser des personnes handicapées, notre désir d'établir des sociétés sans exclusives. Fidaoua accueillera aussi la Coupe du monde du basket FIBA en 2027. Partant, nous saluons le rôle du sport dans l'établissement de ponts de communication et de rapprochement entre les peuples. L'agrandissement de la Maison des Nations unies à Doha s'inscrit dans le prolongement de notre partenariat établi avec l'organisation internationale et vise à renforcer notre capacité à honorer notre mission, une mission de paix, de développement et de défense des droits humains. La coexistence pacifique et le dialogue ne sont pas une option parmi d'autres, non. Ils constituent la seule voie qui ne produit ni vainqueur ni vaincu. Et dès lors, nous réaffirmons notre attachement à la Charte de l'ONU et à ses buts et objectifs, et nous réaffirmons que l'État du Qatar œuvrera toujours en faveur de la paix et permettra toujours la mise en œuvre de la paix. Je vous remercie. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient avec vous. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [4:06:45]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie l'émir de l'État du Qatar. L'Assemblée générale va entendre une allocution de Son Excellence Gitanas Nauseda, président de la République de Lituanie. Et j'invite le protocole à accompagner Son Excellence. J'invite Son Excellence à prendre la parole devant l'Assemblée générale. Lithuania · Président de la République · Gitanas Nauseda [4:07:39]: Excellence, Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, il y a 35 ans, la Lituanie récupérait la place qui lui revenait de droit dans la communauté internationale des États souverains. En adhérant à l'ONU, nous avons réaffirmé notre ferme attachement à un ordre mondial fondé sur le droit international, l'intégrité territoriale, la souveraineté de l'État et la dignité humaine. Ce fut un moment glorieux pour une nation qui a traversé de nombreuses expériences historiques prouvant que la liberté et l'indépendance ne peuvent en aucun cas être prises comme des acquis. Ce sont des valeurs qui doivent être défendues de façon constante et cohérente. Et aujourd'hui, je me présente devant vous pour vous parler du même rêve qui a inspiré la Lituanie en 1991, l'idéal d'un monde plus juste, plus sûr, un monde en paix. Et aujourd'hui, je soutiens les principes de l'ONU qui, malheureusement, se trouvent sous une pression de plus en plus importante. Ces dernières années, nous avons été aux prises avec des conflits de haute intensité, des conflits généralisés qui ont dominé les affaires internationales comme jamais depuis des décennies. Nous avons observé une instabilité géopolitique en Europe, au Moyen-Orient et ailleurs. aggravée par des ambitions nucléaires au Moyen-Orient et en Asie et par le transfert irresponsable d'articles militaires, d'articles à usage double et de technologies sensibles. Ces derniers mois, l'Iran a attaqué ses voisins, souvent grâce à des intermédiaires, tout en empêchant activement la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. Ces agissements constituent une menace grave pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Nous réaffirmons notre pleine solidarité au Conseil de coopération du Golfe et ses États et la Jordanie. Nous enjoignons l'Iran à interrompre ses programmes de missiles et nucléaires et à mettre fin à toute collaboration avec des groupes armés au Moyen-Orient. La Lituanie salue tous les efforts visant à faire émerger une solution permettant la liberté de navigation. Nous continuerons à contribuer aux missions maritimes internationales grâce à nos capacités de déminage dans le détroit d'Ormuz. S'agissant de la situation dans la bande de Gaza, mon pays soutient les efforts internationaux visant à maintenir le cessez-le-feu et à le renforcer. le plan global pour mettre fin au conflit à Gaza avec un déploiement de forces de stabilisation internationales temporaires sont une option qu'il faudrait suivre. La Lituanie réaffirme l'importance d'une pleine démilitarisation de tous les groupes armés non étatiques. L'assistance humanitaire doit être acheminée sans la moindre obstruction vers les personnes dans le besoin. La solution des deux États demeure, à l'heure actuelle, la seule façon de parvenir à une paix globale juste et durable, et à la lumière de ce fait, il est d'une importance cruciale de s'abstenir de tout agissement incompatible avec un processus politique crédible. Mesdames et Messieurs, Le conflit qui menace le plus l'ordre mondial est la guerre d'agression que mène la Russie contre l'Ukraine, une Russie soutenue par des intermédiaires. Depuis le début de l'occupation illégale de la Crimée il y a 12 ans, la Russie est passée d'opérations clandestines et de guerre limitée dans l'est de l'Ukraine à des opérations militaires de grande ampleur, des meurtres généralisés et en fin de compte à une vague d'attaques de drones sans précédent ciblant des infrastructures civiles, une vague telle que le monde n'en avait jamais connu. La guerre telle que nous la connaissons actuellement a débuté avec l'invasion de grande ampleur de février 2022, et cette étape de la guerre dure depuis plus de temps que n'a duré la Première Guerre mondiale. Ces 55 derniers mois la Russie a perdu 1,5 million de soldats. Sur l'année écoulée, la Russie a acquis 0,3% du territoire ukrainien, alors que 400 000 soldats ont été tués ou blessés sur l'année écoulée. Ces efforts titanesques, tout ce sang, toutes ces larmes versées n'ont servi à rien. L'Ukraine demeure un État indépendant. La langue ukrainienne, la culture ukrainienne, l'identité nationale ukrainienne sont bien en vie, elles prospèrent. La Russie a déjà perdu la guerre. Et pourtant, ses dirigeants n'admettent pas la défaite, car ils craignent toute responsabilité juridique internationale et une riposte du peuple russe. Alors que l'inévitable s'approche, les enjeux sont de plus en plus élevés, le Kremlin, le régime du Kremlin se trouve de plus en plus acculé. Combien de vies civiles ukrainiennes supplémentaires seront-elles sacrifiées sur l'autel de la guerre russe? Combien de personnes supplémentaires seront torturées, violées, jetées dans des geôles? Combien d'enfants supplémentaires seront séparés illégalement de leurs parents et seront endoctrinés par la Russie. Bien évidemment, nous n'avons pas de réponse. Mais nous devons toutes et tous ressentir la souffrance provoquée par cette guerre inutile et brutale et nous devrions unir nos efforts pour que la victoire s'approche de l'Ukraine. Car seule la victoire de l'Ukraine La préservation de sa souveraineté, de son indépendance, de son intégrité territoriale permettront une paix mondiale, la sécurité et la crédibilité de la Charte de l'ONU. Cela étant dit, nous ne pouvons pas permettre à la force brute de piétiner le droit international. Nous ne pouvons plus tolérer les aspirations coloniales de Moscou qui mettent en péril la sécurité alimentaire mondiale et qui provoquent une augmentation des prix des denrées alimentaires. Les ambitions impérialistes de la Russie s'immiscent en Europe, en Afrique, en Asie. Aucun pays ne peut se sentir épargné par cette menace. Bien évidemment, la Lituanie connaît le danger. Le danger est très proche. Ces derniers mois, la guerre d'agression de la Russie a mené à un grand nombre de violations de notre espace aérien. avec des percées de drones de combat, la Russie a multiplié les attaques hybrides, les mesures de désinformation et de sabotage. Lorsque la Russie s'avance, ouvre la boîte de Pandore avec de nouvelles techniques de déstabilisation, d'autres acteurs hostiles emboîtent le pas, apprennent de nouvelles idées, de nouvelles compétences. Mesdames et messieurs, Les attaques contre l'intégrité de l'information représentent un défi particulièrement préoccupant pour chaque société. La désinformation, la manipulation de l'information par des agents étrangers, les interférences et la falsification de l'histoire mettent à mal la confiance, réduisent l'espace civique et prennent pour cible les journalistes et les défenseurs et défenseuses des droits humains. Et les droits humains, la démocratie et la sécurité en souffrent. Ce risque est accru par les avancées en matière d'intelligence artificielle. Nous le savons toutes et tous, l'IA a un potentiel immense et pourrait transformer du tout au tout notre monde, surtout dans le secteur de l'économie. Des secteurs entiers, notamment les secteurs liés à la défense et à la sécurité, pourraient être transformés, métamorphosés ou détruits en un claquement de doigts ou presque. Comme tout outil, l'IA est aussi de plus en plus souvent utilisée par ceux et celles qui souhaitent semer les dommages et la destruction. Mon pays, la Lituanie, est fermement convaincu du fait que l'avenir de l'IA ne peut en aucun cas être déterminé par un contrôle autoritaire, par une coercition technologique ou par l'utilisation malveillante des données. Et dès lors, nous investissons dans des capacités d'IA fiables en promouvant un déploiement responsable de l'intelligence artificielle. Nous misons sur la mise en œuvre de la Convention de Vilnius, le premier traité international juridiquement contraignant sur l'intelligence artificielle. En démontrant que des principes communs peuvent être traduits en engagements juridiques concrets, nous espérons contribuer très largement au dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'intelligence artificielle. La Lituanie invite la communauté internationale à unir ses efforts pour relever les défis juridiques, éthiques et stratégiques significatifs que représente l'intelligence artificielle. Même les grandes entreprises technologiques envoient des signaux d'alarme, disant que l'IA pourrait échapper au contrôle de l'humanité. Dès lors, il est temps, grand temps, d'agir sur le plan collectif. Ensemble, nous devons nous assurer que l'intelligence artificielle se met au service de la dignité humaine, du développement durable, de la sécurité internationale au lieu de n'être qu'un instrument supplémentaire d'inégalité, de manipulation ou une source de conflit. La responsabilité humaine, le droit international et la paix et la sécurité doivent être préservés à tout prix. Mesdames et Messieurs. La crédibilité de l'ONU dépendra de sa capacité à riposter avec fermeté face aux agressions, face aux conquêtes illicites, face aux déportations forcées, face aux crimes contre l'humanité. Sa crédibilité dépendra aussi de la façon dont elle coordonnera la riposte mondiale face à l'essor de l'IA. Je remercie le secrétaire général, Son Excellence Antonio Guterres, de son mandat, de son travail. sa volonté de réformer l'ONU afin qu'elle soit une organisation plus efficace, moderne et qui réagit davantage. C'est la voie à suivre. Il n'y a pas d'autre voie. Aucun pays seul ne peut relever les défis d'aujourd'hui. L'agression ne peut pas l'emporter. Seul le multilatéralisme, la solidarité et l'union des efforts de tous les États membres nous permettront de défendre la paix, la sécurité et l'ordre international fondés sur des règles. Tout aussi crucial, il faut tirer des enseignements de ce que l'histoire nous apprend. Aujourd'hui, trop nombreux sont ceux et celles qui refusent de voir la réalité en face et d'accepter les crimes du passé commis par des régimes totalitaires, notamment les crimes soviétiques. Voilà une faiblesse fondamentale. Il faut comprendre le passé pour ne pas qu'il se répète. C'est pourquoi nous voulons nous souvenir de l'histoire. Nous souhaitons que le mémorial paneuropéen consacré à toutes les victimes des régimes totalitaires du XXe siècle soit inauguré à Bruxelles le plus rapidement possible. Notre pays a survécu à des vagues d'occupation, de répression, et c'est l'expérience que nous pouvons partager avec la communauté internationale. La liberté peut être remise à plus tard, mais elle ne peut pas être écrasée. La justice peut être mise au défi, mais elle ne peut en aucun cas être défaite. Je pense que c'est un message qui transcende l'expérience d'une nation, d'une personne. Ce message est vrai pour toute l'humanité, l'humanité liée par sa dignité partagée. Et alors que l'incertitude mondiale et que les politiques de la force prennent de l'ampleur, nous avons besoin d'un multilatéralisme fondé sur le droit international, sur la Charte de l'ONU, sur les droits universels. Nous devons résister ensemble à la loi du plus fort pour que nous ne subissions pas le joug de l'oppression de façon individuelle. Il est temps d'agir immédiatement et je crois, je veux croire que nous avons tout ce qui est à notre disposition pour rendre le monde plus juste, plus sûr, un monde plus en paix où nous pourrons toutes et tous vivre. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [4:21:36]: Au nom de l'Assemblée. Générale, je remercie le président de la République de Lituanie de son allocution. L'Assemblée va présent entendre une allocution de Son Excellence Keiko Sofia Fujimori Higuchi, présidente de la République du Pérou. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son excellence et je l'invite à s'adresser à l'assemblée. Peru · Présidente de la République · Keiko Sofia Fujimori Higuchi [4:22:34]: Señor Presidente, Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, Chefs d'État et de Gouvernement, Mesdames et Messieurs, Je m'adresse à vous depuis cette tribune mondiale et je vous salue au nom d'une nation millénaire, à la civilisation de plus de 5000 ans. Je viens d'une terre où l'histoire a été sculptée dans la pierre et où les défis géographiques sont devenus autant de possibilités de rencontres. Il y a des siècles de cela, les Incas on bâtit le Tapajin Yane, un réseau majestueux de chemins, construit pour permettre aux peuples de se rencontrer, pour intégrer des réalités diverses et pour faire en sorte qu'aucun recoin de l'empire ne soit oublié. Cet esprit même Cet esprit d'intégration est celui qui aujourd'hui nous rassemble ici. C'est la première fois que je m'adresse à l'Assemblée générale des Nations unies. Il y a seulement 57 jours, j'ai eu l'honneur d'assumer la présidence de la République du Pérou, un peuple fier, un peuple résilient, un État membre fondateur de notre Organisation. Le Pérou participe à cette Assemblée en réitérant son attachement profond à la Charte des Nations unies et à ses principaux piliers, la paix et la sécurité, le développement et les droits humains. Je viens d'un pays qui connaît le coût élevé de la paix. Nous avons vaincu le terrorisme, mais malheureusement, aujourd'hui, encore et toujours, 34 ans plus tard, ceux qui avaient assumé cette mission continuent d'être jugés. Et le Pérou? à l'instar d'autres pays en Amérique latine, a fait face à l'imposition d'intérêts qui nous ont divisés en tant que société. La politique a été instrumentalisée, la démocratie a été touchée et l'institution de la famille a été affaiblie, une institution si importante pour les Péruviens. L'Organisation des Nations Unies doit rester un lieu de rencontre des peuples, un lieu de rencontre qui respecte la diversité de réalités et de traditions, et ce, toujours dans le respect de la paix, du développement et des droits humains. Voilà pourquoi nous espérons qu'alors que l'on essaye de restaurer la confiance des peuples, les Nations Unies apporteront une réponse indépendante, impartiale, avec une véritable vocation de dialogue, qui nous prouve qu'elle peut ouvrir la voie, même lorsque l'entente semble impossible. Cherchons à renforcer, à souligner, à mettre en avant la raison d'être la plus importante de notre organisation, c'est-à-dire l'intégration sur des questions communes, y compris compte tenu de nos divergences. Après 30 ans dans la politique de mon pays, je sais comment les Péruviens ont connu des périodes d'espoir intense où la confiance vis-à-vis des institutions démocratiques et de leur gouvernement s'est renforcée. Nous sommes allés de l'avant. En plus d'avoir vaincu le terrorisme, nous avons été capables de multiplier par trois, en termes réels, le produit intérieur brut, de multiplier par 15 la valeur de nos exportations et de faire en sorte que notre monnaie soit parmi les plus stables au monde. Malgré tous ces progrès, les derniers gouvernements n'ont pas été capables de relever de nouveaux défis et de combler les fractures sociales qui perdurent encore et toujours au Pérou. Nous avons encore des problèmes structurels à régler qui empêchent un développement plus homogène et qui sapent la confiance de nos citoyens envers les institutions démocratiques et leurs autorités. Permettez-moi de vous faire part des plus grands défis auxquels mon pays fait face. Le premier grand défi est la lutte frontale contre la criminalité organisée. Le Pérou se trouve sur un continent où il n'y a pas de guerres opposant les pays. Toutefois, nous faisons face à une autre forme de guerre, la guerre déclarée par les organisations criminelle, transnationale, qui cherche à imposer la terreur dans nos populations. Et dans cette guerre, il n'y a pas de ligne de front, il n'y a pas de frontière clairement définie, il n'y a pas de règles internationales. L'ennemi n'a pas d'uniforme, l'ennemi se cache au sein de notre population. Il n'est nullement possible de se rendre ou de signer des traités de paix. Et dans ce contexte, faire face à cette guerre comme un problème isolé propre à chaque nation, non seulement est une erreur que nous avons commise, mais c'est un avantage de aux groupes criminels transnationaux qui en profitent pour se renforcer. Ils ont un immense pouvoir belliqueux et économique. Ils se livrent à des activités illégales, commettent des crimes, trafic de drogue, extraction minière illicite, contrebande, ou encore la traite des personnes, l'extorsion, l'assassinat. Et voilà pourquoi la première étape consiste à définir l'ennemi. Ces organisations sont des groupes terroristes et il faut lutter contre ces groupes pour ce qu'ils sont, des ennemis de l'État démocratique et des citoyens. La définition et le cadre normatif permettront de faire en sorte que les forces armées qui viendront aider la police nationale, puissent agir de façon résolue face à la menace de ces organisations pour notre ordre interne. En outre, et en plus de participer activement à l'engagement régional de Santiago, le Pérou, récemment, a rejoint le bouclier des Amériques, illustration de sa détermination résolue à œuvrer aux côtés de nos partenaires pour relever ce défi absolument prioritaire. Au Pérou, nous allons poursuivre les criminels, qu'il s'agisse de l'exécutant ou qu'il s'agisse du réseau qui le soutient, nous n'allons pas reculer face à ceux qui voudraient imposer la terreur, écraser la loi. Réprimer ces organisations avec toute la force de notre loi ne suffirait pas, dès lors que nous ne faisons pas face au défi de créer un meilleur système d'éducation en parallèle. Il faut donner des possibilités véritables d'apprentissage à nos enfants, à nos adolescents. Alors, il sera possible que les jeunes et les jeunes adultes intègrent le marché du travail et ne soient pas recrutés par les criminels. Et voilà pourquoi notre deuxième grand défi sera de faire de l'éducation un outil de transformation sociale et de prévention de violence et de la criminalité. La qualité de l'éducation et la qualité de l'apprentissage de nos jeunes, de nos adolescents, déterminera une meilleure qualité de vie puisqu'il sera possible d'avoir de meilleurs revenus, une meilleure santé, de meilleures habitudes, ce qui contribuera à la mobilité sociale. Et à l'inverse, l'on voit que les faiblesses, les défaillances de l'apprentissage scolaire, aux côtés d'autres facteurs, viennent alimenter et prédire la criminalité. En ce sens, mon gouvernement a lancé une réforme en profondeur de l'éducation au Pérou. Une réforme qui permettra de renforcer l'infrastructure d'enseignement, la prestation de services numériques et la fourniture de matériel didactique. En outre, nous allons renforcer les capacités et les moyens d'enseignement de nos professeurs. Et le cœur même de la réforme sera la création d'une école de formation de directeurs, l'objectif étant de leur donner les outils et les compétences nécessaires afin qu'ils dirigent leur école en toute autonomie et qu'ils deviennent des modèles, sources d'inspiration pour promouvoir la participation des parents dans le cadre de cette mission consistant à faire de chaque enfant un citoyen solidaire, respectueux, fier de son pays. Il convient de souligner que L'imposition d'un programme idéologique et culturel bien loin de nos réalités, à l'époque, avait suscité une certaine confusion, un désordre d'une telle ampleur qu'à l'heure actuelle, les professeurs des écoles ne peuvent imposer l'ordre et la discipline, car ils risquent d'être dénoncés. Il nous faut Rétablir le principe de respect de l'autorité. Nous transformerons les salles de classe en des lieux sûrs où les enfants pourront apprendre, où les professeurs pourront enseigner sans crainte. Voilà notre programme. Le rôle de l'État consiste à faire tomber les obstacles iniques qui empêchent l'épanouissement des personnes et créer les conditions propices à l'épanouissement. L'effort, le talent et la liberté de chaque personne feront le reste. Le troisième grand défi à relever consiste à renforcer les institutions et la démocratie. Au Pérou, nous croyons en la liberté des personnes. Nous croyons en la famille, pilier irremplaçable de nos sociétés. Nous croyons en le respect de nos traditions. Nous croyons en l'égalité devant la loi et la dignité humaine. Et bien entendu, Nous croyons en le nouveau nom de la paix, justice. Dans cette quête du plein exercice de la liberté, il nous faut souligner la nécessité impérieuse d'institutions judiciaires qui fassent appliquer la loi dans le respect de la procédure régulière et des libertés individuelles. Et voilà pourquoi le Pérou affirme que la véritable démocratie n'est possible que dans le respect de l'autonomie et de l'indépendance des pouvoirs, avec une justice robuste, véritablement impartiale, déterminée à respecter les procédures régulières. La défense des droits humains ne doit pas transformer les victimes en accusés et les bourreaux en protégés. Les droits du citoyen s'achèvent lorsque commence l'impunité du délinquant. D'où la responsabilité de la communauté internationale de réagir avec la même fermeté face à toutes ces atteintes. Les Péruviens n'ont pas toujours trouvé dans la communauté internationale l'empathie ou la loyauté aux principes qui avaient donné naissance à cette assemblée. Dans des moments, nous en avions besoin. Et la communauté internationale prend tout son sens dès lors qu'elle est présente dans les moments les plus difficiles. Nous espérons également que, dans ses actions, elle respecte les limites propres à une communauté de nations souveraines. Accompagner un pays n'est pas remplacer ces institutions, il n'est pas remplacer les décisions qui appartiennent aux citoyens conformément à l'ordre démocratique. Nous pouvons partager des principes universels et en même temps reconnaître que chaque peuple a sa propre histoire, sa propre culture, ses propres traditions et le droit légitime de définir démocratiquement son propre chemin. Nous comptons sur une action indépendante, transparente, qui préserve sans calcul idéologique aucun, les droits humains de tous, des paysans, des enfants, des femmes, mais aussi des policiers et des militaires qui sont en première ligne dans la défense de la vie et de la liberté. Cette enceinte a pour devoir historique d'être un lieu de rencontre entre égaux, un lieu de coopération véritable, sans imposition aucune, sans tentative d'uniformiser la pensée. Nous qui venons de nations qui surmontent en permanence des obstacles, nous le faisons convaincus que nous pouvons diffuser et partager des grands principes sans jamais renoncer à qui nous sommes. Il n'est pas nécessaire de penser de la même façon pour nous respecter les uns les autres. Le monde n'a pas besoin de démocratie identique, le monde a besoin de démocratie légitime. Le monde n'exige pas des nations uniformes. Il faut que les peuples soient véritablement libres. Merci. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [4:40:26]: Au nom de l'Assemblée, je remercie la présidente de la République du Pérou. L'Assemblée va présenter une allocution de Son Excellence José Antonio Kast, président de la République du Chili. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Chile · Président de la République · José Antonio Kast [4:41:06]: Bonjour, Monsieur le Secrétaire général, Monsieur le Président de l'Assemblée, générale, Mesdames et Messieurs, chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs. Je salue la délégation qui m'accompagne, la délégation chilienne, notre ministre des Affaires étrangères, notre ministre de l'Environnement, du Développement et de la Famille, nos ambassadeurs, nos sénateurs, nos députés. Je salue tous les Chiliens qui travaillent dans ce bâtiment. Je vous Salut cordialement. Il y a 64 ans, dans cette même enceinte, le président de l'époque, Jorge Alessandri, avait décrit notre pays comme une longue et étroite bande de terre entre les Andes et le Pacifique, jusqu'à l'immensité émouvante Antarctique. La terre reste là. Ce qui a changé, c'est le monde qui l'entoure. Et ce qui a changé, surtout, c'est le Chili. Durant une bonne partie des années 90 et au début des années 2000, le Chili a été un exemple de succès, un modèle pour de nombreuses nations. Notre pays a appliqué des politiques économiques qui ont donné la priorité à la stabilité macroéconomique, à l'ouverture commerciale et aux investissements privés. Dans le contexte latino-américain, où de nombreuses nations faisaient face à des crises inflationnistes et une dette extérieure, le Chili s'est fait remarquer par sa gestion budgétaire responsable, par un taux de croissance élevé, par la réduction de la pauvreté. Alors, que s'est-il passé ensuite? Le Chili a stagné. Le Chili a pris des mauvaises décisions. Des politiques publiques ont augmenté les impôts, les réglementations et les obstacles à l'entrepreneuriat. Nous avons également traversé une terrible épreuve en octobre 2019. Le Chili a vu s'installer dans nos rues pendant des mois. La violence, le chaos, le désordre, tout cela a eu des conséquences. Les investissements ont fui, l'emploi a stagné, la violence homicidaire a connu des niveaux que le Chili n'avait pas connu dans son histoire moderne en raison de la progression de la criminalité organisée, et ce, aujourd'hui encore. Mesdames et messieurs, je suis venue vous dire que le Chili est de retour. Ce n'est pas un mot d'ordre. C'est une constatation d'un pays qui commence à avancer vers le développement. Notre gouvernement fait fond sur une conviction profonde. L'ordre n'est pas contraire à la liberté. L'ordre est l'une des conditions de la liberté. La liberté. de pouvoir rentrer tranquillement chez soi sans être victime de la criminalité. Liberté d'entreprendre sans être entravé par l'action de l'État, la liberté d'investir et de ne pas faire face à un changement continu des règles du jeu. Voilà six mois que nous avons pris nos fonctions et nous mettons de l'ordre. Aujourd'hui, le Chili est un pays plus sûr, plus compétitif. à un pays moins bureaucratique, un pays plus sûr. Au Chili, au premier semestre de cette année, le taux d'homicides a affiché une diminution de 11,5 % et nous nous rapprochons des niveaux d'avant la pandémie. Nos frontières sont mieux contrôlées. Le plan bouclier frontalier nous a permis de réduire de 86 % les arrivées clandestines, 50% de plus de personnes de plus ont été expulsées que l'an dernier. Je le répète, en Chili, on rentre par la porte et pas par la fenêtre avec les bons documents. Et dans le droit fil de cette idée, nous avons lancé l'accord de Santiago, et je remercie d'ailleurs notre ministre des Affaires étrangères. Et en matière de sécurité, nous avons travaillé avec plusieurs pays d'Amérique du Sud afin de coordonner notre action de lutte contre la criminalité transnationale organisée. La tâche vient de commencer, elle est loin d'être achevée. Un pays plus sûr, c'est un pays avec davantage de confiance, et là où il y a confiance, il y a croissance, emploi, investissement. Nous sommes aussi un pays plus compétitif désormais. Il y a seulement quelques semaines, le Chili a adopté une réforme économique, la plus importante de ces dernières décennies. Nous avons fait passer l'impôt des entreprises de 27 à 23 %, un impôt qui, depuis 1990, ne faisait que grossir. En outre, nous avons établi une stabilité fiscale pendant 20 ans pour les grands investisseurs. Nous avons levé les impôts sur l'achat de logements et ouvert la voie au rapatriement des capitaux. Nous sommes un pays moins bureaucratique. Nous avons démantelé ce qu'on appelle la permissologie, c'est-à-dire une bureaucratie occultes qui empêchent le développement des projets. En l'espace de six mois, des demandes d'investissement d'un montant de 44 milliards de dollars ont été soumis au système d'évaluation environnementale. 33 milliards de dollars ont été approuvés pour des projets qui attendaient depuis des années. Ce sont là des faits et non des parole. Ce sont des actions concrètes qui changent le cap du Chili, qui nous rapprochent de plus en plus du développement. Certes, l'économie n'a pas encore décollé. Et le chômage, source d'anxiété pour des milliers de familles, reste élevé. Mais le changement arrive. Les résultats tardent, mais les réformes qui vont structurer l'avenir sont en marche. Et c'est là toute la différence entre une direction qui sait où elle va et une direction qui ne fait que réagir. Sans cap, l'on dit toujours, après la tempête, le soleil, après l'hiver, le printemps et après des années d'impasse, le Chili est de retour. Il y a de nombreuses raisons qui expliquent comment nous y sommes arrivés, mais il n'y a qu'une seule façon pour que le Chili redécolle, c'est l'unité. l'unité entre toutes celles et ceux qui défendent la liberté, qui veulent que le Chili progresse à nouveau. Il y a beaucoup de choses qui nous séparent entre la gauche et la droite, mais nous avons la volonté que le Chili recommence à croître et devienne un pays plus sûr. Mesdames et messieurs, je m'adresse aux investisseurs qui nous écoutent. Choisissez le Chili pour investir. Vous y trouverez des règles très claires qui ne changent pas d'un jour à l'autre, des tribunaux qui fonctionnent, des contrats qui sont honorés et un État tout à fait prêt à faciliter les investissements. Le Chili sait que dans un monde multipolaire, la stabilité institutionnelle est loin d'être un luxe, c'est une nécessité impérieuse. Par exemple, nous sommes un acteur clé de la transition énergétique. Le Chili possède près d'un quart des réserves mondiales de lithium. Nous sommes le premier producteur de cuivre de la planète. Le Chili bénéficie d'un soleil intense, d'une très longue côte le long de l'océan Pacifique, des lacs, des fleuves, des volcans. Tout cela peut générer une énergie impressionnante. Nous avons également le détroit de Magellan, une alternative indispensable au commerce mondial. Notre nation deviendra le pont, le port des couloirs bio-océaniques qui relient l'Amérique et l'Asie. Une richesse qui n'est pas que la nôtre. C'est également notre responsabilité envers vous. Le Chili ne renonce pas à sa souveraineté et ne renonce pas à l'exploitation de ses minerais. L'énergie du futur doit être au service de l'humanité et ne peut être otage de monopoles ou d'acteurs qui ne respectent pas les règles. Que personne ne se trompe, il est possible et nécessaire de concilier croissance et durabilité. Ce sont là des notions inséparables. Le Chili le sait, la protection de l'environnement et le progrès économique s'inscrivent dans une même stratégie de développement où les investissements et l'innovation sont essentiels à l'amélioration de la qualité de vie des personnes. Le développement durable passe par des institutions robustes, des règles claires, des décisions opportunes et une gestion efficace pour que les engagements et les diagnostics se transforment en résultats concrets dans l'intérêt des personnes et de l'environnement. Monsieur le Président, Je voudrais vous entretenir à présent de notre continent, l'Amérique latine, car je suis profondément convaincue que la prochaine décennie pourrait être notre décennie. Pour la première fois depuis longtemps, les gouvernements d'Amérique latine coordonnent véritablement leur action, non seulement par le truchement de communiquer, mais en nous connaissant, en organisant des mesures concrètes de lutte contre la criminalité transnationale organisée, en organisant un contrôle des migrations et en créant des possibilités de développement conjoint. L'Amérique latine est le continent de l'avenir et les dirigeants du continent aujourd'hui sont prêts à porter ce changement. Les relations avec nos voisins directs, le Pérou, la Bolivie et l'Argentine, sont au beau fixe et nous sommes en train de renouer avec le Venezuela. Sous une nouvelle direction, des portes fermées pendant de nombreuses années s'ouvrent à nouveau. D'aucuns nous diront qu'ils ne reconnaissent pas ce changement, d'autres diront que nous procédons à un alignement inconditionnel. Nous ne faisons en fait ni l'un ni l'autre. Nous reconnaissons la réalité telle qu'elle est, nous voyons le changement là où il existe et nous proposons un accompagnement. Et nous estimons que le Venezuela a devant lui une occasion historique à saisir de retrouver ses meilleures traditions démocratique, de retrouver ses institutions, de retrouver ses millions d'enfants éparpillés sur tout le continent et qui rêvent de rentrer dans la patrie. La route sera exigeante et nous sommes tout à fait prêts à fournir l'aide nécessaire à chaque étape. Après 20 ans de tensions, l'Amérique latine souhaite que l'histoire finisse bien. Mesdames et Messieurs, l'Assemblée ne peut rester indifférente face aux guerres et conflits dans le monde. Des conflits qui, non seulement menacent la stabilité de diverses régions, mais menacent également le monde entier. Le Chili, à l'instar de plusieurs pays représentés dans cette salle, importe pratiquement tout le pétrole qu'il consomme et a été directement touché par plusieurs guerres. Ce n'est pas là une géopolitique absente. retraites. Cela se ressent dans le coût du pain, du transport, des récoltes. C'est une inflation qui ne diminue pas, des taux qui ne chutent pas, des investissements reportés, un emploi qui n'est pas créé, des pays entiers qui étaient sur le point de décoller et qui sont de nouveau bloqués par des guerres qu'ils n'ont pas provoquées, qu'ils ne peuvent arrêter. D'où notre appel, les guerres doivent cesser. La guerre, non seulement ensanglantent les combattants, mais appauvrit le reste du monde. Nous y perdons tous avec la guerre. Nous avons déjà trop perdu. Les Nations unies ont un rôle à jouer et elles doivent le jouer avec détermination et énergie qui ont manqué jusqu'ici. Mesdames et Messieurs, j'arrive à la partie la plus difficile de mon propos. L'Organisation n'est pas à la hauteur des défis actuels. Ce n'est pas seulement un problème de leadership actuel ou futur, c'est un problème d'action. Les Nations unies ces dernières décennies et pour diverses raisons, n'ont pas fait partie des solutions apportées aux problèmes. On ne peut pas maintenir l'ordre mondial de 1945 dans un monde de 2026. L'on a bâti une architecture qui délibère de façon excessive et qui agit avec lenteur. Un Conseil de sécurité qui est le reflet d'une situation politique de 1945 et non pas de la réalité de 2026. Une bureaucratie qui grossit, comme c'est le cas dans de nombreux pays. Une prolifération de programmes qui, aussi nobles, semble-t-il, ont eu pour conséquence de mettre de côté ce à quoi s'était engagée l'organisation dans sa charte, à savoir le maintien de la paix, la protection de la vie, la défense et la liberté des peuples. Nous croyons en les Nations Unies, nous croyons en les Nations Unies et donc nous exigeons d'elles qu'elles honorent leur mandat. réduire la bureaucratie, concentrer le budget là où les vies sont en jeu, suspendre tous les programmes qui ne sont pas prioritaires. pour se concentrer sur les programmes qui le sont. Réformer le Conseil de sécurité. Et ce n'est pas un geste symbolique, c'est une condition pour que les décisions soient respectées. Nous avons signé la Charte de San Francisco. Et nous avons toujours respecté la Charte et j'en veux pour preuve notre engagement en faveur de l'accord sur les hautes mers. Et nous avons proposé la Paré-Isso pour accueillir le siège du secrétariat exécutif, ce qui serait le premier organe des Nations unies avec une composition universelle qui aurait un siège en Amérique latine. Et Cette candidature illustre sincèrement un accord national de nos différents secteurs. Voilà le multilatéralisme dans lequel nous croyons, concret, ambitieux et capable d'aboutir à des résultats, un multilatéralisme efficace et efficient. La réforme ne peut plus attendre. Alors que l'on réfléchit à la façon de moderniser des institutions créées en 1945, l'on voit apparaître la technologie la plus puissante que n'ait jamais créée l'humanité. Personne ne la gouverne. Je pense à l'intelligence artificielle qui n'est pas qu'une question technique que l'on peut déléguer aux experts. C'est un défi déontologique, c'est une question géopolitique. Le Chili rejette ce faux dilemme entre innovation et responsabilité. Nous ne pensons pas qu'aller plus vite, c'est aller mieux et nous n'allons pas non plus renoncer aux possibilités par crainte. Pour notre pays, l'intelligence artificielle peut signifier une croissance allant de 10 à 20 % de notre économie. Voilà pourquoi nous avons choisi une voie que nous avons baptisée cadence responsable, c'est-à-dire avancer à la vitesse que permet notre capacité de gestion, une réglementation favorable qui n'interdit pas des investissements dans les compétences, dans la puissance des calculs, l'énergie, une évaluation rigoureuse. Nous voulons mener sur la base des connaissances et non pas Sur la base de la crainte, et je le dis ici dans cette salle, les Nations unies devraient être capables d'amener l'humanité à débattre sur la technologie qui va. trancher les questions de ce siècle avant que ce soit réglé par un algorithme. Je reviens au début. Le président du Chili, qui s'est exprimé ici il y a 74 ans, au nom d'un peuple, par delà toute différence idéologique, a dit que le Chili continuerait, devrait, avec une conviction profonde, à ce que se réalisent les principes de la Charte et la Déclaration des droits de l'homme. Nous étions sept. 1000000, nous en sommes 20 et le monde est différent. Nous sommes différents, mais ces mots restent valables. Je le renouvelle devant vous. Le Chili a remis de l'ordre. Avec l'ordre revient la liberté. La confiance est revenue avec la confiance. est revenue l'envie, les investissements sont revenus et avec les investissements, l'emploi revient. Un pays qui se relève aussi rapidement qu'il est tombé, dit quelque chose au monde. Et ce que dit le Chili, c'est que c'est possible. L'on peut récupérer un pays sans le détruire avec des élections, des accords, des lois, des résultats. Mais nous avons quelque chose de plus à dire. L'on peut bâtir un avenir sans être otage des décisions d'autres. L'Amérique latine peut être le continent de la prochaine décennie, non parce que quelqu'un l'aura permis, mais parce que nous avons la capacité, la volonté de le faire. Le Chili veut montrer le chemin pour y parvenir. Le Chili est de retour. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [4:59:10]: Merci. Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président de la République du Chili de son allocution. l'Assemblée générale va entendre une allocution de son Excellence Alexander Stubb, président de la République de Finlande. J'invite le protocole à accompagner son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale. Finland · Président de la République · Alexander Stubb [4:59:43]: Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, avant toute chose, je tiens à rendre hommage à l'ambassadrice Elina Korku, représentant de la Finlande à l'ONU. qui a connu une carrière formidable de 44 ans dans le service diplomatique finlandais et qui prendra sa retraite en octobre et je voudrais la remercier des services rendus. Bien sûr, puisque son président prend la parole, on ne sait jamais si cet événement sera l'élément le plus poignants ou non de sa carrière. Quoi qu'il en soit, l'ancien secrétaire général Kofi Annan l'a dit: « Quelles que soient nos différences, nous tiendrons debout ensemble ou sombrerons ensemble ». Lorsque l'on oublie cette parole de Kofi Annan, naît le désordre. L'année dernière, de cette même tribune, j'ai déclaré que la politique étrangère était fondée sur trois piliers: les valeurs, les intérêts et le pouvoir. Et cette année, Je vous présente une idée beaucoup plus simple, une alternative en fin de compte. D'un côté, la coopération, d'un autre côté, le conflit. Dans le monde d'aujourd'hui, la coopération est mise à mal par un manque de confiance, par le mépris des règles et par l'affaiblissement des institutions. Et on l'a entendu dans un grand nombre de déclarations aujourd'hui, les conflits se propagent, accompagnés de souffrances, de violences, d'injustices. Selon certains rapports, il y aurait 65 conflits armés actifs à l'heure actuelle. Un record depuis la fin de la guerre froide. Bien évidemment, la compétition existera toujours. La compétition est plus féroce que jamais entre les nations, ce qui ne me préoccupe pas. Ce qui me préoccupe, par contre, c'est que de plus en plus de nations sont en compétition contre les règles qui définissent l'ordre international et dès lors, mon discours est là pour défendre les règles. C'est un appel à la coopération, un appel au multilatéralisme. Les petites nations en ont besoin pour survivre et les grandes nations en ont besoin pour préserver leur grandeur. Défendre les règles fondamentales, valeurs et institutions est notre meilleure solution pour s'assurer que la compétition ne se transforme pas rapidement en conflit. et pour que la coopération gagne du terrain. Je voudrais avant toute chose analyser le monde tel qu'il change à l'heure actuelle. Je suis Finlandais et donc pragmatique, et je vais donc toujours essayer de présenter le monde tel qu'il est avant toute chose, parce que souvent cela nous aide à ensuite construire le monde que nous appellerons tous et tous de nos vœux, c'est-à-dire un monde que nous pourrons établir ensemble. Je vais ensuite faire certaines suggestions sur les prochaines étapes. Je crois que nous devrions toutes et tous être des défenseurs et des défenseuses indéfectibles du multilatéralisme. Comme Straub Talbot l'a dit, le multilatéralisme, c'est l'enfer et peut-être un empêchement de tourner en rond, mais c'est la meilleure option pour l'humanité dans son ensemble. Nous avons besoin du multilatéralisme pour relever les défis communs, des conflits armés au changement climatique, en passant par le développement durable et l'intelligence artificielle. Cela étant dit, Il semble qu'à l'heure actuelle, nous empruntions le chemin inverse. Moins de coopération, un monde multipolaire. Cet ordre est donc fondé sur des accords à somme nulle, des transactions à pouvoir illimité. Cette approche est court-termiste. Cela pourrait être tentant pour certaines et certains, mais cet ordre multipolaire, en fin de compte, se soldera par un conflit. Et nous en subirons le retour de manivelle, que vous soyez une grande puissance, une puissance moyenne ou un petit État comme la Finlande. Entre ces deux approches, il y en a bien évidemment une troisième, le plurilatéralisme, c'est-à-dire établir des coalitions ad hoc lorsque la coopération mondiale est tout simplement inaccessible. Et c'est ma première observation. Aujourd'hui, il y a l'émergence de normes, de formes souples de coopération selon les thèmes et intérêts. en matière économique, climatique, de défense ou de technologie. Établir des coalitions peut être génératrice de bienfaits, mais à une condition. Cette initiative ne doit pas mettre en défi le multilatéralisme, mais bien le renforcer, ne pas remplacer le système de l'ONU, et plutôt le renforcer. La coalition des volontaires pour l'Ukraine est une cause qui me tient particulièrement à cœur, un groupe de pays qui œuvre à mettre fin à la guerre d'agression russe. La guerre est illicite, injustifiée, non provoquée. Cette solution aura des conséquences profondes pour l'Ukraine et au-delà. Et en fin de compte, grâce à cette coalition, nous voulons défendre le droit international. La coalition se met au service d'une paix juste et durable en Ukraine, conformément aux dispositions de la Charte. Elle cherche à défendre les principes fondamentaux du droit international et de l'ordre international. Deuxième observation, j'entends partout dans le monde le mot realignment, réalignement. à tout bout de champ, en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie ou sur le continent américain. Des nations qui cherchent de nouvelles alliances et partenariats. C'est la conséquence logique d'une période d'incertitude et de métamorphose. Vous cherchez la sécurité là où vous pouvez la trouver. On observe une intensification de l'intégration régionale, comme on l'a vu dans le sillage immédiat de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des organisations régionales comme l'Union africaine, le Conseil de coopération du Golfe, le Mercosur, l'ASEAN et l'Union européenne alimentent la confiance, et lorsque l'intégration n'est pas possible, d'autres formes de coopération sont essentielles. Les Finlandais et Finlandaises soulignent toujours avec joie la signature des accords d'Helsinki en 1975 rassemblant 35 États. plus fort de la guerre froide, jetant les bases de ce qui deviendrait plus tard l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, l'OSCE. Pourquoi est-ce que je vous donne cet exemple? Parce qu'à l'époque, la confiance manquait à l'appel. Il y avait de l'hostilité, des désaccords. Et pourtant, il était possible d'établir un processus qui réduirait les tensions et qui créerait des dénominateurs communs. Je pense que certaines régions, comme le Moyen-Orient où les conflits font rage aujourd'hui, pourraient réfléchir à quelque chose de similaire. Et même face aux conflits et aux griefs, une région peut être capable de se mettre d'accord sur des principes qui, ensuite, engendrent la coopération et empêchent toute détérioration des conflits. Troisième observation. un nouveau monde économique semble se mettre en place. Des instruments autrefois utilisés pour l'intégration économique, comme le commerce, les technologies, l'énergie, les investissements et les chaînes d'approvisionnement, se sont mués désormais en instruments de compétition géopolitique. À l'époque, peut-être, certains auraient pu croire naïvement que l'interdépendance s'accompagnerait de stabilité, de paix. Et désormais, les menaces remplace les possibilités. Nous avons entamé un chapitre de coercition où les dépendances sont équivalentes à des vulnérabilités. Des pays cherchent des goulets d'étranglement qui peuvent être transformés en armes de pression sur d'autres. Mais les dépendances sont complexes. Aucune nation, même les plus grandes, ne peuvent s'en sortir seules. Toutes les actions coercitives ont des coûts. Et même si un État plus puissant domine dans un secteur, un plus petit État peut riposter autrement. Dans ce nouvel environnement géopolitique, l'ordre économique de l'ère d'après Seconde Guerre mondiale cherche de nouvelles formes, un nouvel ordre qui doit être fondé sur une compréhension réaliste des forces en présence dans notre monde. En Occident, nous devons bien reconnaître que le Sud et l'Est sont des forces politiques et économiques de plus en plus présentes. Un grand nombre de nations, ont accumulé un savoir-faire et des compétences remarquables. Nous devrions utiliser ce savoir-faire collectif au service du bien commun. Les pays ont tout à fait raison d'être circonspects face aux dépendances dangereuses, mais mettre l'accent sur la menace ne devrait pas pour autant signifier que l'on sacrifie la coopération. Nous devrions établir un ordre mondial économique fondé sur les institutions et les accords. Le multilatéralisme est aussi nécessaire dans l'économie mondiale. Bon, c'était la première partie. Et poser un diagnostic, c'est très bien, en un mot comme en mille, trop de nations qui bafouent les règles de base, ce qui fait que le monde désormais a sombré dans le désordre. Mais, plus important encore, il faut trouver une solution, un remède qui rétablirait l'ordre, la stabilité, la coopération. Et je vais vous proposer trois solutions, trois remèdes pour ce monde en proie au trouble. Avant toute chose, il faut Revenir aux fondamentaux du droit international. Lors de ma dernière visite en Inde, je suis tombé sur une citation de Mahatma Gandhi, c'est-à-dire que violer une règle mène inévitablement à la violation d'autres règles. Des paroles dont la pertinence est troublante à l'heure actuelle. Donc il y a un effet en cascade. Nous revenons à un monde défini par la force brute et les intérêts nombrilistes et triqués. Les règles et les valeurs semblent être au second plan. Certains et certaines semblaient prêts à baisser les bras, prêts à accepter la défaite de l'ordre international fondé sur les règles. C'est une exagération, bien sûr. Le droit international a été remis en question, a été mis en péril par le passé. Le système n'a jamais été parfait, mais nous devons bien admettre que nous en sommes à la croisée des chemins. des normes fondamentales sont remises en question, mettant en péril la confiance dans l'ensemble du système multilatéral. Et dès lors, premier remède face à un monde en proie au marasme: l'État de droit. Aujourd'hui, les normes internationales, trop souvent, sont présentées comme un obstacle face à la quête des intérêts nationaux, ce qui est à la fois faux et périlleux. Le droit international n'a jamais été une solution miracle pour parvenir à la justice universelle. Mais on ne peut non plus le réduire à un instrument de domination. Ce n'est pas qu'une question de valeur ou d'intérêt. Non, les deux sont importants. En dépit de la rhétorique, aucune puissance, aucune grande puissance ne souhaite abandonner sa capacité d'influence des règles. C'est pourquoi les grandes puissances continuent à participer aux travaux de l'ONU, même lorsque certains acteurs disent vouloir abandonner les règles, ils préfèrent remplacer les règles existantes par des règles qu'ils préfèrent. Dès lors, Le monde ne sera jamais exempt de règles, mais par contre, il pourrait y avoir un monde avec moins de prévisibilité, moins de retenue, un monde fondé sur des règles qui font la part belle aux plus puissants. Pour le bien-être collectif des nations cis, en cette salle, nous devrions continuer à défendre l'État de droit, à défendre ses principes fondamentaux, notamment l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale des nations. la liberté de navigation en mer et que des comptes soient rendus pour les crimes internationaux les plus graves. les principes humanitaires. Ils ont été mentionnés à de nombreuses reprises déjà ce matin. Le monde à une capacité sans précédent à répondre aux besoins les plus urgents de l'humanité. Depuis la création de l'ONU, la pauvreté s'est effondrée, l'accès à l'éducation fondamentale est en plein essor, l'alphabétisation se généralise et la mortalité des enfants est moindre. Et pourtant, la tyrannie, le mépris des vulnérables, la violence contre les civils règnent dans de nombreuses régions du monde. La pauvreté et les malheurs sont toujours généralisés. Par exemple, le Soudan est dévasté par la guerre. Des millions de personnes ont été déplacées. En proie à la famine. Gaza, par exemple, reste une des urgences humanitaires les plus urgentes au monde. Avec des déplacements généralisés, la destruction d'infrastructures et l'absence totale de services essentiels. Autre exemple, Haïti. en prise avec la violence armée et des phénomènes climatiques extrêmes causant des déplacements, une crise de la faim et une crise sanitaire. Nous ne pouvons pas fermer les yeux face aux guerres et aux souffrances humaines. Nous devrions au contraire conjuguer nos efforts pour éviter tout conflit, pour défendre les droits humains et renforcer des économies qui seraient durables. Notre prospérité matérielle croissante ne devrait pas se faire au détriment de nos responsabilités éthiques. Troisième remède, dernière solution. Comment nous parlons-nous les uns aux autres, comment nous traitons-nous les uns les autres? Malheureusement, trop nombreux sont ceux qui méprisent, de par leurs paroles, des groupes d'individus. Et trop souvent, les agents les plus provocateurs sont les plus visibles. La provocation est récompensée avec de l'attention et l'excès est interprété erronément comme du courage et l'exagération est perçue erronément comme la vérité. La langue peut faire naître la coopération, mais aussi la méfiance et la compétition. il faut éviter la polarisation, renforcer la confiance et écouter autrui. Les politiques étrangères doivent être dignes, c'est nécessaire, et tout commence ici, à l'ONU. Mesdames et Messieurs, en guise de conclusion, qu'il me soit permis de procéder aux observations suivantes. Je remercie le secrétaire général Antonio Guterres de son travail, de son dévouement face à la réforme et la rationalisation du système de l'ONU. Ce travail doit continuer. Chaque secrétaire général est influencé par son époque et ses actions. Et je m'en suis rappelé lorsque j'ai lu les biographies récemment de deux anciens secrétaires généraux, U Thant et Kofi Annan, deux dirigeants très influents qui ont traversé des périodes de tension entre grandes puissances. Et j'aimerais formuler une suggestion pour la prochaine secrétaire générale, quelle qu'elle soit, une femme, cela étant dit. et pour la communauté internationale dans son ensemble. Je me suis exprimé pour la première fois ici il y a deux ans, et depuis j'ai toujours appelé à une réforme du Conseil de sécurité. Le monde a changé, l'ONU devrait changer elle aussi. Il devrait y avoir au moins deux sièges permanents supplémentaires pour l'Afrique, deux pour l'Asie-Pacifique et un siège permanent pour l'Amérique latine. Aucun État ne devrait avoir un droit de veto et si un membre du Conseil de sécurité viole la Charte de l'ONU, le droit de vote devrait lui être retiré. Le monde a besoin d'un Conseil de sécurité qui fonctionne et pour avancer, il nous faut nous sortir de l'impasse et trouver des solutions créatives. La réforme est aussi nécessaire dans l'architecture économique mondiale. qui doit être mise à jour pour refléter les forces en présence à l'heure actuelle. Nous devons nous assurer que la coopération économique internationale continue d'être fondée sur des règles légitimes et représentatives. Les solutions multilatérales sont nécessaires plus que jamais dans un monde de plus en plus multipolaire. Nous devons aussi replacer l'ONU sur la voie de la médiation de paix. Le secrétaire général, en tant que médiateur en chef, devra jouer un rôle prépondérant. La secrétaire générale. La légitimité de l'ONU en tant que médiatrice est unique. L'ONU, ses États membres ensemble, peuvent accomplir ce que ni les États membres ni l'ONU ne peuvent faire seuls. L'ONU doit être au centre de l'établissement des règles et de la création d'institutions. L'intégration régionale et les coalitions thématiques devraient soutenir l'ONU dans cet exercice. Et en guise de conclusion, je dirais que l'intelligence artificielle est sans doute la technologie qui façonnera sans doute le plus l'histoire de l'humanité. Elle aura des effets sur les sens, l'économie, la politique, la sécurité et sur l'essence même de notre humanité. Les humains peuvent être et devraient être à la manœuvre. Nous avons un choix. On peut soit entrer en compétition, coopérer ou ralentir. Selon moi, la coopération est la meilleure solution. Et c'est la raison pour laquelle la Norvège et la Finlande ont, ensemble, avec des dirigeants et dirigeantes des États des quatre coins du monde, lancé un appel aux entreprises, gouvernements, organisations régionales et à l'ONU afin d'établir des mécanismes de contrôle des modèles de pointe de l'IA. Et je voudrais que le plus grand nombre possible d'États de l'ONU rallient cette initiative. Mon pays, la Finlande, souhaite que l'ONU s'en sorte. Et nous continuerons à travailler assidûment à l'ONU. Et nous voulons être élus au Conseil de sécurité pour la période 2029-2030. Nous sommes en campagne. Nous sommes motivés par notre croyance selon laquelle la Charte de l'ONU fait foi, tout comme les valeurs qu'elle consacre. Nous mettrons la priorité sur la paix, les populations et les partenariats. Nous sommes désireux d'endosser la responsabilité d'un statut de membre au Conseil, à un moment où la paix est plus nécessaire que jamais. Nous voulons que les nations et populations s'épanouissent. Nous sommes des fermes défenseurs du dialogue et de la coopération. Et enfin, L'ONU a été créée à San Francisco il y a plus de 80 ans. J'ai une proposition. Aujourd'hui, nous devons restaurer l'équilibre dans l'ordre mondial. Nous devons à nouveau embrasser les principes fondamentaux du droit international et de l'ordre international. Nous devons miser sur la coopération, pas sur le conflit. Ce dont le monde a besoin désormais, c'est d'un nouveau chapitre de type San Francisco, au moment où les dirigeants et dirigeantes décident d'ouvrir la voie ensemble. Un processus pour y parvenir devrait commencer avec une nouvelle Secrétaire générale. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [5:18:59]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président de la République de Finlande. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Altesse royale le Grand-Duc Guillaume du Luxembourg. Je demande au protocole d'accompagner Son Altesse royale et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale. Luxembourg · Grand-Duc · Guillaume [5:19:36]: Madame la Présidente, Excellence, tout d'abord, qu'il me soit permis de sincèrement féliciter Son Excellence le Dr Khalilur Rahman de son élection à la présidence de l'Assemblée générale. Il peut compter sur le plein et entier soutien du Luxembourg tout au long de son mandat. Madame la Présidente, Le thème choisi pour ce débat général arrive à point nommé. Lorsque j'essaye, en toute honnêteté, de brosser le tableau du monde actuel, une chose me frappe. La confiance est de plus en plus mise à mal, la confiance entre les nations, la confiance entre les peuples et, peut-être plus que tout, la confiance en notre capacité à œuvrer de concert. Mais toutefois, la confiance est là. Je pense qu'il nous faut commencer, non parce que la confiance est chose aisée, mais parce que tout accomplissement de la communauté internationale a commencé par la décision de faire confiance. C'est ma première allocution devant l'Assemblée générale en tant que chef d'État du Grand-Duché du Luxembourg. J'ai pris mes fonctions il y a moins d'un an. C'est un insigne honneur que de m'adresser à vous aujourd'hui pour réaffirmer depuis cette tribune l'importance qu'accorde le Luxembourg aux Nations unies et à un ordre international fondé sur les règles et sous-tendu par l'État de droit. Ce moment m'amène également à lancer une réflexion sur ce que signifient les Nations Unies pour ma propre génération. En tant que relativement jeune homme qui a eu le privilège de voyager de par le monde, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes de différentes cultures, origines, traditions, des expériences qui m'ont laissé avec une profonde conviction. Nous avons tant à apprendre les uns des autres. Et je reste profondément convaincue que ce n'est qu'en agissant de concert que nous pouvons relever les moult défis auxquels fait face notre monde à l'heure actuelle. Une conviction qui n'a rien de naïf. Je sais quelles sont les difficultés auxquelles nous faisons face, mais justement parce que le monde devient de plus en plus difficile, je pense qu'il nous faut résister à la tentation de renoncer à la coopération. Jamais la communication entre les peuples de différentes régions du monde n'a été aussi facile. Des millions de jeunes ont des amis, des connaissances virtuelles sur d'autres continents grâce aux médias sociaux, grâce aux jeux en ligne et tant d'autres formes de connexion. Nous n'avons jamais été aussi connectés. Et pourtant, nous semblons de plus en plus incapables de nous faire confiance les uns les autres. Que cela nous amène à réfléchir. Est-il possible de bâtir un ordre mondial où le respect et la volonté de tendre à des objectifs communs peuvent l'emporter sur l'intérêt égoïste et le pouvoir? Je pense que oui, mais pour ce faire, il faudra détermination, dialogue et une volonté de dépasser les intérêts immédiats. Voilà pourquoi les Nations unies ont un rôle à jouer. Madame la Présidente, le Luxembourg a toujours cru en ce principe. Il y a 81 ans, encore profondément frappé par les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, le Luxembourg a fait partie des 51 membres fondateurs qui se sont rassemblés à San Francisco afin de jeter les fondements d'un nouvel ordre international. À l'époque, nous étions le plus petit pays représenté. Nous avons prospéré dans la paix dont a joui l'Europe pendant les décennies qui ont suivi 1945, et jamais n'avons-nous oublié que la paix ne peut jamais être prise pour argent comptant. Elle a été bâtie génération après génération par ceux qui ont fait le choix de la coopération et non de la confrontation. Et aujourd'hui, cette paix est une fois de plus remise en cause. La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine a ramené la guerre sur notre continent. Elle vient brutalement nous rappeler que la paix ne peut se faire sans un engagement constant et que les principes sur lesquels repose notre ordre international doivent être défendus. Les Nations Unies elles-mêmes sont nées de ce choix. La Charte des Nations Unies nous appelle à conjuguer nos forces en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales et surtout à préserver les générations futures du fléau de la guerre. 81 ans plus tard, cette promesse subit de vives pressions. Mais elle n'a pas échoué. Le multilatéralisme est certes imparfait, mais le désenchantement doit nous conduire à la réforme et non pas à tout balayer d'un revers de la main. La question n'est pas de savoir si nous avons besoin du multilatéralisme. La question est de savoir si nous avons le courage de l'améliorer. Madame la Présidente, cela m'amène à une question qui me tient particulièrement à cœur. Quel monde souhaitons-nous laisser aux générations futures? Nous parlons souvent des jeunes comme s'ils appartenaient à l'avenir. En réalité, Ils façonnent déjà notre présent et nous devons nous demander si nous préparons un avenir qui soit digne de leur confiance. Mon expérience personnelle n'a fait que renforcer cette conviction. Cette année, j'ai eu le privilège de succéder à Sa Majesté le roi Carl-Gustaf de Suède à la présidence d'honneur de la World Scout Foundation. Mon engagement de longue date auprès du mouvement scout m'a beaucoup appris sur la force des échanges entre générations, sur la solidarité et les valeurs du scoutisme. Il m'a aussi appris une chose essentielle: faire confiance aux jeunes, c'est leur donner des responsabilités et leur permettre d'agir. Ils grandissent aujourd'hui dans un monde où les possibilités sont extraordinaires mais où l'incertitude est également profonde. L'intelligence artificielle et les autres technologies émergentes transforment déjà notre manière de vivre et de travailler. L'enthousiasme qu'elles suscitent s'accompagne aussi d'inquiétudes réelles. Les débats actuels sur les risques les plus extrêmes de l'intelligence artificielle nous rappellent que le progrès technologique ne va pas sans responsabilité. Face à ces transformations, nous devons donner aux jeunes les moyens de développer leur esprit critique et leur créativité. C'est précisément le rôle de l'éducation. Transmettre des connaissances et des compétences, mais aussi apprendre à questionner, à s'ouvrir aux autres et à prendre ses responsabilités. Dans un tel contexte, je crois qu'un principe doit nous guider. Nous devons garder l'être humain au centre de toutes nos décisions. Nous devons protéger les droits, la sécurité et le bien-être de chacun. Nous devons aussi écouter les jeunes et leur demander ce que nous pouvons construire avec eux. À travers les cultures et les générations, j'ai pu constater tout ce que les jeunes sont capables d'accomplir lorsque l'on donne la confiance, les responsabilités et l'espace nécessaire pour agir et lorsqu'on les encourage à travailler ensemble. C'est pourquoi le Luxembourg soutient le Programme des jeunes délégués des Nations unies et le Bureau des Nations unies pour la jeunesse. C'est aussi pourquoi notre engagement en faveur de l'éducation de la science et de la culture reste si important, notamment à travers notre mandat au Conseil exécutif de l'UNESCO pour la période 2025-2029. Ce sont précisément ces qualités qui permettent à la confiance de grandir. Madame la Présidente, l'engagement du Luxembourg auprès des Nations unies s'inscrit dans leurs trois piliers: la paix et la sécurité, les droits humains et le développement. La solidarité doit aussi se traduire en actes. Nous continuons de consacrer 1 % de notre revenu national à la coopération et au développement et de construire des partenariats de long terme avec des pays en situation de vulnérabilité. Nous restons engagés en faveur du système humanitaire multilatéral et de celles et ceux qui apportent leur aide là où elle est le plus nécessaire. La même responsabilité s'applique à la paix et à la sécurité. Les conflits touchent tous les êtres humains, les femmes et les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et toutes celles qui sont déjà vulnérables. La protection des civils et la défense des droits humains ne peuvent devenir des considérations secondaires. Le Luxembourg s'est constamment efforcé de contribuer à cet effort à travers les opérations de maintien de la paix, de l'action humanitaire, la protection des enfants touchés par les conflits armés, l'agenda femmes, paix et sécurité et l'action humanitaire de déminage en Ukraine. Notre expérience en tant que membre élu du Conseil de sécurité en 2013 et 2014, nous a montré que les membres élus peuvent faire une réelle différence, en particulier lorsque les membres permanents sont divisés. C'est pourquoi le Luxembourg sollicite la confiance des États membres pour siéger au Conseil de sécurité pour la période 2031 à 2032. Nous le faisons avec humilité, mais aussi avec conviction, celle qu'un petit pays peut apporter une perspective différente, rapprocher des positions et contribuer à trouver un terrain d'entente lorsque cela est le plus difficile. Cette même conviction guide notre engagement en faveur des droits humains. À un moment où le respect des droits humains est soumis à des pressions croissantes, nous devons résister à la tentation de les considérer comme négociables. Les droits humains ne sont ni le privilège de certains, ni l'expression d'une culture ou d'un système politique particulier. Ils sont le fondement de la dignité humaine. Notre engagement est également concret. En tant que membre du Conseil des droits de l'homme, de 2022 à 2024, le Luxembourg a pu mesurer directement l'importance de défendre les droits humains par l'action multilatérale. Nous continuons de soutenir le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, ainsi que les efforts visant à établir le sort des personnes portées disparues en Syrie. Madame la Présidente. Rétablir la confiance signifie rendre nos institutions dignes de cette confiance. Le Conseil de sécurité doit devenir plus représentatif, plus efficace et doit rendre des comptes à tous les membres des Nations Unies. L'Afrique, notamment, et cela a été dit à maintes reprises aujourd'hui, devrait davantage faire entendre sa voix. Et lorsque le Conseil de sécurité est paralysé, l'Assemblée générale doit pouvoir jouer le rôle qui lui revient. Les Nations unies doivent se réformer pour que leur action soit plus efficace, notamment lorsque les ressources sont limitées. Mais la réforme n'est jamais une fin en soi. L'objectif de ces institutions est d'être au service des peuples. En dernière analyse, le multilatéralisme ne peut être mesuré à l'aune du nombre de résolutions adoptées ou de réunions tenues. C'est la question de savoir si un enfant est en sécurité grâce à nos décisions, si un jeune peut avoir accès à l'éducation, si une famille peut vivre dans la dignité, si un petit pays peut croire que le droit international le protégera lorsque le pouvoir à lui seul ne le peut. Voilà pourquoi la confiance fait toute la différence. Voilà pourquoi le Luxembourg continuera de défendre le multilatéralisme, car nous savons ce qui se passe lorsqu'il échoue. Madame la Présidente, les changements climatiques nous rappelle probablement plus que tout autre défi que nous ne pouvons régler les problèmes mondiaux en agissant seuls. Les changements climatiques font fi des frontières et des générations. Les petits États insulaires en développement subissent déjà les conséquences qui hypothèquent leur existence même. Certes, le Luxembourg est un pays enclavé, mais nous sommes profondément attachés à cet effort commun et Nous faisons fond notamment sur les connaissances spécialisées de notre centre financier en matière de finance verte. Nos intérêts ne sont peut-être pas les mêmes, mais l'avenir est partagé. Madame la Présidente, le monde est de plus en plus morcelé. L'ordre international est mis à mal. C'est une réalité qu'il nous faut reconnaître. Mais Ne confondez pas un nombre de lieux de pouvoir concurrents et un ordre international plus juste et stable. Pour le Luxembourg, la réponse est claire. L'expérience nous l'a enseigné. Le droit international et les institutions multilatérales donnent aux pays, quelle que soit leur taille, une voix et un siège à table. Il ne faut pas résister à un monde en mutation, mais faire en sorte que le multilatéralisme soient adaptées à ce monde. C'est ce que les Nations Unies attendent de nous. Pas que nous soyons d'accord sur tout, pas que nous renoncions à nos intérêts nationaux, mais que nous reconnaissions qu'il y a des défis auxquels aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne trouvera de solution durable à elle seule. Nous pouvons observer les imperfections du multilatéralisme et en conclure qu'il ne fonctionne plus. ou nous pouvons le réformer de façon équitable, le renforcer et le rendre digne de la confiance dont nous témoignent les générations futures. Je sais quel est le choix que je veux faire parce que voilà le monde que je veux laisser à mes enfants. Un monde où le dialogue est plus fort que l'affrontement. Un monde où le respect entre les nations permet aux divergences d'opinion d'être une source de force et non de division. Où le droit international protège les plus faibles ainsi que les forts. Si nous rétablissons la confiance, si nous écoutons la prochaine génération, si nous avons le courage d'agir de concert, alors les Nations Unies continueront d'être davantage que le reflet du monde actuel. Elles resteront un outil pour bâtir le monde que nous voulons léguer aux générations futures, un monde à la hauteur de la confiance de celles et ceux qui en hériteront. Les jeunes n'attendent pas de nous que l'on règle tous les problèmes. Ils attendent de nous qu'on essaye. Ils attendent de nous que nous agissions. avec responsabilité, mais plus que tout, ils attendent de nous que nous ne perdions pas la foi en notre capacité de bâtir un avenir meilleur. Et voilà la promesse que nous devrions faire à la prochaine génération. Merci. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [5:37:58]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le Grand-Duc du Luxembourg. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Emmanuel Macron, président de la République française. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. France · Président de la République · Emmanuel Macron [5:38:40]: Madame la Présidente, Madame la Secrétaire générale adjointe, Majestés, Mesdames, Messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les ambassadrices, ambassadeurs et délégués, chers amis. Depuis ce matin, ici se succèdent les discours. qui disent l'état du monde, et j'ai peur de manquer d'originalité en le décrivant. Chacun décrit, en effet, le retour de l'impérialisme, de l'arrogance, du retour à la force sans règles ni retenue. Un monde, au fond, de concentration du pouvoir où quelques-uns pensent qu'on peut battre en brèche l'ordre international pour élargir ses frontières, où d'autres pensent qu'on peut fouler aux pieds la souveraineté des peuples pour en disposer soi-même, et où quelques-uns pensent pouvoir décider de l'avenir de la planète, qu'il s'agisse du climat ou de l'intelligence artificielle. Et au fond, la question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre dans cet état de nature avec une forme de retour de la loi de la jungle ou dans une société internationale civilisée. Notre devoir, plus que jamais, est de nous tenir droit aux côtés des Nations unies pour décider précisément ensemble de l'intérêt commun, c'est-à-dire du côté de ceux qui veulent choisir librement leur destin, leurs alliances, leur modèle de développement, leur avenir, du côté de ceux qui refusent que leur souveraineté soit confisquée par la force injuste ou par la peur, et du côté de l'espoir. C'est la raison d'être de notre organisation, cette maison commune qui réunit les peuples libres, égaux, qui est fondée sur l'égalité souveraine de chacun de ses membres. C'est notre charte qui empêche que la puissance des uns leur permette de décider pour les autres. C'est elle surtout qui nous oblige à faire ensemble la démonstration de notre engagement et de notre capacité d'agir utilement. Vous savez l'attachement de la France aux Nations unies et sa volonté d'assumer pleinement les responsabilités particulières que la Charte lui confie. Et je veux vous dire aussi l'engagement de mon pays à agir avec chacun d'entre vous pour renouveler les conditions de l'action multilatérale et faire la démonstration que nous sommes plus forts, plus efficaces, mieux capables de faire face ensemble aux défis communs. Ceux d'aujourd'hui et ceux qui viennent, qui nous échappent encore alors même que tout change autour de nous, j'évoquais le climat et l'environnement, c'est vrai aussi pour la guerre et la paix, c'est vrai évidemment pour les technologies comme pour le développement. Au fond, dans chacun de ces domaines, là où la loi du plus fort tente de s'imposer, il nous faut défendre la justice, l'intérêt commun, et il faut le faire dans notre intérêt même à chacun, car c'est notre charte qui protège cette possibilité de vivre ensemble. Alors, face au cours du monde et au fait que ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui, c'est l'accumulation de guerres que nous n'arrivons pas à résoudre, de crises qui se multiplient et de défis contemporains qui viennent porter une ombre nouvelle sur les générations nouvelles, je crois que notre devoir, c'est de ne pas céder. Et, au fond, le message que je suis venu porter aujourd'hui, comme je le fais depuis 9 ans, c'est celui d'une détermination, d'un optimisme de l'action, mais c'est de vous dire Ne cédons pas à l'esprit de défaite, à la fatalité, au fond, à ce qui est à la mode, qui serait de nous résoudre à dire: "Cette organisation, nous y venons pour faire des discours, mais elle ne sert plus à grand-chose. Mettons en place d'autres organisations où la loi du plus fort peut réussir et on peut peut-être imposer une autre paix." Ne cédons pas à cela, encore moins aujourd'hui qu'hier. Et n'y cédons pas à 5 égards, ce sont les 5 remarques que je voudrais faire. La première, ne cédons pas à une forme de fatalité face à la guerre et au malheur des peuples. Nous devons nous réengager pour trouver des solutions concrètes et bâtir la paix. Le droit international n'a jamais prétendu décrire la réalité. Il dit les limites que des puissances souveraines se sont volontairement fixées. Et pour que la force ne soit pas le seul recours en cas de désaccord, pour que même dans le face-à-face de la guerre, l'ennemi demeure un être humain, ce sont les leçons du 20e siècle. Ceux qui veulent les oublier aujourd'hui commettent tout à la fois une faute morale et une erreur politique. Mais la réalité est là. Au Moyen-Orient, en Ukraine, en Afrique, l'industrialisation des crimes de guerre, des violations du droit et de la destruction des infrastructures civiles ouvre un nouvel âge de la barbarie. Aucun d'entre nous ne peut vouloir être celui qui démantèle le cadre protecteur des conventions de Genève. alors que les attaques se multiplient de Dniepro à Gaza, de Boukavu à El-Fasher. Avec la Jordanie et le CICR, la France poursuivra donc ses efforts pour que l'initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire, déjà rejointe par plus de 116 États, nous amène à renouveler ensemble nos engagements. Nous devons nous remobiliser pour défendre nos humanitaires, défendre le droit international humanitaire dans cette période. Comme nombre d'entre nous l'avons dit souvent, c'est aussi parce qu'il n'y a pas de paix sans justice que la France continue d'apporter un soutien à la fois politique et opérationnel aux mécanismes internationaux de justice, d'enquête, de collecte des preuves, notamment les missions d'établissement des faits, et que nous continuons et continuerons d'appuyer la Cour internationale de justice et son rôle central. Nous ne pouvons pas accepter le nouvel ordre de l'impunité que certains voudraient bâtir. C'est aussi pour cela qu'au Conseil de sécurité, la France soutient les réformes qui garantissent son efficacité. Sur le format, bien sûr, nous devons l'ouvrir à de nouveaux membres, à de nouvelles régions du monde, à commencer par l'Afrique, mais aussi sur le fond. Le Conseil de sécurité doit pouvoir agir face à des violations massives du droit international. Qui peut se satisfaire d'une impasse procédurale face à la barbarie? L'initiative franco-mexicaine d'encadrement du droit de veto en cas d'atrocités de masse est plus que jamais nécessaire. Et je me félicite que 128 États membres la soutiennent désormais. La campagne doit continuer, permettre de l'emporter, donc obtenir l'engagement de chacun des membres permanents du Conseil de sécurité. Mais il ne suffit pas de convoquer le droit et d'invoquer nos valeurs pour satisfaire les obligations auxquelles nous avons chacun consenti en rejoignant les Nations unies. Notre devoir, c'est l'action. La France y est prête, en coalition avec tous ceux qui veulent agir dans le respect des principes de la Charte et qui n'acceptent pas l'impuissance. Ainsi, en Ukraine, la coalition des volontaires que nous avons formée avec le Royaume-Uni et l'Allemagne rassemble l'ensemble de ceux qui sont prêts à garantir la paix et la stabilité au cœur de l'Europe, là où deux guerres mondiales ont commencé et dont personne ne peut se désintéresser. Beaucoup ici savent mieux que quiconque ce que le retour de la guerre en Europe peut signifier. Nous n'y céderons rien. La coalition des volontaires porte ce combat. Au Moyen-Orient, nous avons mis sur pied une coalition indépendante et multinationale pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. Celle-ci ne doit pas être un objet de chantage. C'est un principe cardinal du droit international, et il est dans l'intérêt de tous que les navires passent le détroit en toute sécurité et que l'approvisionnement énergétique de nos pays soit assuré. La réouverture du détroit d'Ormuz est une priorité, le respect du droit international y est une priorité dans l'intérêt de tous, et la France s'y engagera. En Afrique, nous portons une responsabilité collective face aux crises qui s'accumulent et aux réponses qui ne viennent pas. Au cœur des conflits, les opérations de paix doivent être plus efficaces. Et pour cela, elles doivent disposer des moyens adéquats et s'inscrire dans une meilleure coordination entre les États-Unis et les États hôtes. J'ai évoqué déjà en 2018 le rôle des organisations régionales et l'organisation d'une meilleure coordination entre celles-ci et les Nations unies, lors du sommet Africa Forward à Nairobi avec plus de 30 chefs d'État africains, puis au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, aux côtés de l'ONU. Nous l'avons dit clairement. L'Union africaine et les organisations régionales doivent être en capacité de jouer pleinement leur rôle en matière de paix et de sécurité sur le continent. Nous organiserons à Paris en novembre une réunion de reconstitution du Fonds de paix de l'Union africaine, en marge du Forum de Paris sur la paix, et j'appelle tous les contributeurs potentiels à y prendre des engagements forts et concrets. Ne pas céder donc face aux guerres, nous réengager, chercher à bâtir dans le respect de la Charte des solutions. Le deuxième principe, c'est de ne pas céder à la tentation permanente du double standard, car c'est celui qui divise notre planète et qui décrédibilise la cohérence de notre ordre international et de notre Charte. Combien de fois avons-nous entendu que la souveraineté des peuples était valable en Europe, mais que quand il s'agissait de regarder le Moyen-Orient ou l'Afrique, on pouvait bien s'en passer. Non. Nous devons défendre partout les mêmes principes et le faire dans le respect de la Charte, c'est-à-dire de la souveraineté de ces mêmes peuples, jamais en nous substituant à eux. Et à chaque fois que quelques États, parfois au nom même de l'ordre international, ont voulu se substituer aux peuples, pour changer tel régime ou changer tel système. Ils ont plongé ces États dans des chaos plus grands encore. Aucun double standard. Une vie égale une vie. La paix et la sécurité sont indivisibles et tous y ont droit. En Ukraine, depuis près de cinq ans, la Russie poursuit une guerre cruelle contre les civils et occupe le territoire d'un pays souverain. La France continuera d'apporter un soutien sans faille aux aspirations légitimes du peuple ukrainien à la paix, à la sécurité et à l'avenir. Dans le même temps, elle ne ménagera aucun effort pour que s'engage au plus vite une négociation utile entre l'Ukraine et la Russie. Nous devons défendre les Ukrainiens et les défendre plus que jamais avant l'hiver qui s'annonce, les défendre en matière d'énergie, les défendre pour avoir davantage d'intercepteurs et protéger leur population civile. C'est aussi pour cela que nous soutenons l'initiative d'un double moratoire, un moratoire sur l'énergie et les infrastructures civiles de part et d'autre, et un moratoire sur la mer Noire qui permettra de libérer les céréales et d'apporter une réponse à la question de sécurité alimentaire ô combien cruciale pour tant de pays émergents et en développement. Ce double moratoire est une nécessité. Proposons-le et mettons la Russie face à ses propres discours. Au Proche et Moyen-Orient, c'est encore le respect de la souveraineté de chacun qui peut seul amener la paix et la sécurité à tous, et c'est ce que nous défendons. Respect de la souveraineté pour les Libanais, déplacés et dont les villages sont détruits les uns après les autres dans le Sud. Seul un Liban pleinement souverain pourra conduire à faire rendre les armes au Hezbollah et à rétablir la sécurité pour les Libanais et tous les voisins. Souveraineté du Liban et de son peuple. Souveraineté pour les Palestiniens dont les droits les plus élémentaires sont encore aujourd'hui bafoués Il y a un an, ici même, nous étions une douzaine d'États à reconnaître la Palestine. J'entends le cynisme de certains. Reconnaissance de papier, regardez la réalité. Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza? Certains se flattent d'une paix prétendue. Mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous? Jamais! Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites. Au nom de quoi? Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie. c'est construire chaque jour l'impossibilité d'un projet qui est le respect des droits légitimes du peuple palestinien à exister. Mais c'est en même temps les conditions mêmes de la sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël et son peuple, sécurité à laquelle nous sommes attachés, existence à laquelle nous sommes attachés. Mais tous ceux qui prétendent que la sécurité d'Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins, font une erreur funeste, affaiblissent la sécurité d'Israël pour aujourd'hui et pour demain, et la menace. Souveraineté aussi pour la Syrie, dont la révolution ne doit pas être déçue. J'étais il y a quelques mois à Damas pour apporter le soutien de la France à la construction de la Syrie libre, et nous devons poursuivre ces efforts et là aussi permettre à la Syrie de restaurer pleinement sa souveraineté et son unité. La France est engagée dans chacun de ces combats, comme nous sommes engagés avec l'Italie, avec l'aide de la Jordanie et de quelques autres et de tous les amis du Liban pour trouver une suite efficace à notre engagement d'un demi-siècle au sein de la FINUL, au service de tous les Libanais et de la souveraineté de leur pays. Pas de double standard, donc. Souveraineté des peuples partout. La troisième conviction, c'est que nous ne devons pas céder à la division du monde et à cette fracture que beaucoup décrivent, que certains utilisent, entre le Nord et le Sud. Nous ne réglerons aucun des défis de la planète si nous laissons cette division s'installer. Alors elle s'installe, elle se nourrit du double standard quand il est pratiquée par certains. Mais nous avons besoin de réconcilier le Nord et le Sud pour répondre aux défis, qu'il s'agisse du climat, de la santé, du développement. C'est à ce titre que nous avons, ces dernières années, multiplié les initiatives. Face au Covid, avec les initiatives ACT-A et COVAX, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé et l'Union africaine. Lorsqu'il s'agit de relancer les économies, avec le Fonds monétaire international pour réallouer des droits de tirage spéciaux et permettre de mieux financer les économies africaines. Et nous avons tenu parole en réallouant plus de 100 milliards de dollars de droits de tirage pour aider les pays africains. Mais nous devons constamment veiller à garder l'unité et ne pas opposer les blocs. C'est pourquoi il est si important de ne pas laisser se fracturer l'architecture mondiale de la santé. Nous devons continuer d'avancer sur sa réforme, mais en n'affaiblissant jamais l'Organisation mondiale de la santé, en permettant de finaliser le traité pandémie et en soutenant l'OMS et CDC Africa pour lutter encore plus efficacement contre Ebola. Nous devons aussi savoir lucidement réformer notre aide publique au développement et bâtir un investissement solidaire beaucoup plus efficace. C'est le sens de ce que nous avons fait en 2023 avec le pacte pour la prospérité, les peuples et la planète. C'est le sens de l'initiative prise à Nairobi il y a quelques mois, lors du sommet Africa Forward, bâtir un nouveau consensus de l'investissement solidaire. Là où tant de pays sont en train de réduire leurs transferts, et pourtant, où les besoins de nombre de pays du Sud augmentent. Nous devons aller plus vite et plus fort pour aider le FMI et la Banque mondiale à avoir plus d'efficacité, à améliorer l'efficacité de leurs instruments, à mieux mobiliser le secteur privé, à bâtir des mécanismes de garantie pour que, dans les pays émergents, les pays à revenu intermédiaire et les pays en développement, nous puissions apporter une réponse plus efficace. C'est ce partenariat nouveau, financier, qu'il nous faut bâtir pour éviter la fracture entre le Nord et le Sud. De la même manière, ce partenariat Nord-Sud passe et passera par notre capacité à réouvrir des dialogues sur nos histoires communes, nos mémoires et nos relations culturelles. C'est ce que la France a cherché à faire ces dernières années par un travail de connaissance et de reconnaissance sur la base de travaux scientifiques conjoints, en lançant un processus législatif qui nous a permis d'enclencher la restitution des biens culturels, d'avoir, là aussi, en quelque sorte, un partenariat de mémoire, de culture, d'histoire avec nombre de pays du Sud. Et nous poursuivons, avec le Ghana notamment, mais aussi avec tous les partenaires qui le souhaitent, le travail pour répondre aux besoins de justice réparatrice qui a été formulé. C'est une question de respect, et c'est sur ce respect aussi que se bâtit la réunion du Nord et du Sud. Au-delà des politiques de développement et de mémoire, de nouveaux partenariats impliquent aussi d'avoir une mondialisation, un commerce mondial plus efficace et plus équitable. C'est ce que nous avons cherché à faire lors du G7 organisé par la France, en associant plusieurs pays du Sud en bâtissant à travers le sommet des convergences un dialogue au-delà du G7 avec la Chine, l'Inde, le Brésil, la Corée, le Kenya et j'en passe pour permettre d'améliorer notre organisation collective, d'éviter l'accumulation par quelques-uns des minerais critiques et des terres rares et de permettre une coopération plus efficace en matière de commerce comme en matière monétaire. Au fond, vous le comprenez, nous avons une responsabilité pour ne pas laisser s'installer cette fracture entre deux blocs. Le quatrième principe, c'est de ne pas céder à la fatalité en matière de climat et de biodiversité. Nous avons beaucoup fait ces dernières années. Depuis des accords de Paris il y a 11 ans, dont les principes restent valables, dont les accords sont à défendre et dont nous ne devons pas dévier. Mais j'entends, comme vous, le doute qui naît chez certains, la remise en cause de la science chez d'autres, et donc, là aussi, Ne cédons rien. Si nous voulons répondre aux défis de la planète, ceux du climat, de la biodiversité, nous avons besoin du multilatéralisme d'action. C'est ce que nous avons cherché à faire à travers les One Planet Summits. C'est ce que nous avons aussi cherché à faire collectivement et réussi, si on regarde la question des océans. Il y a quelques années, tout le monde nous disait qu'il était impossible de bâtir des accords pour protéger nos aires marines, nos océans. Regardez ce que nous avons fait il y a quelques années. Protéger 30 % de notre espace terrestre et de nos mers. Nous avons bâti cet accord. Nous améliorons chaque année sa mise en oeuvre. Et puis, beaucoup nous disaient que nous n'arrivions jamais, au fond, à préserver ce qui représente plus des deux tiers de nos océans, la haute mer, au-delà de nos zones économiques exclusives. Nous avons réussi à mener cette négociation en engageant, là aussi, les grandes puissances. Ce fut l'accord dit BBNJ. Et en quelques mois, nous avons finalisé les plus de 60 ratifications, ce qui fait que cet accord, aujourd'hui, est en oeuvre. Le sommet de Nice, rassemblant les nations pour l'UNOC 3 en juin de l'année dernière, a permis d'accélérer ce travail, plus quelques autres réalisations. Et la première COP sur les océans se tiendra dans quelques mois, en janvier. C'est une formidable preuve de notre capacité à avoir des résultats concrets lorsque nous nous mobilisons et agissons ensemble. Et donc. Et donc, ne cédons rien à la fatalité du moment. Défendons nos acquis, mais défendons aussi nos principes. Nous devons défendre la science indépendante et libre. Protégeons le GIEC, l'IPBES, nos scientifiques qui nous alertent, qui mesurent, qui évaluent. Restons attachés aux accords de Paris, à nos trajectoires nationales, à notre décarbonation et à l'objectif de neutralité carbone à 2050. Prenons nos responsabilités, accélérons les coopérations, l'innovation, relançons le travail sur le crédit biodiversité et mettons en oeuvre nos objectifs sur la protection des forêts et des océans. Il n'y a aucune fatalité, que des décisions à prendre pour nous dès aujourd'hui, qui sommes déjà les victimes du dérèglement climatique, et plus encore pour nos enfants. Enfin, ne cédons rien à l'état du monde qui est en train d'émerger sur l'intelligence artificielle. et par lequel quelques-uns voudraient nous faire croire que seules deux puissances, les États-Unis et la Chine, pourraient décider, ou plus exactement que quelques acteurs économiques pourraient décider de tout, décider des innovations qu'ils veulent faire, décider les uns de faire une pause, les autres non, décider de savoir si les innovations qu'ils feront viendront attenter à la sécurité nationale de nos États, pourront demain permettre d'attaquer nos hôpitaux, nos banques, et décider aussi de ce que sera l'avenir de nos sociétés. Non, non. Et nous ne découvrons pas cela. Dès 2018, au sein du G7, avec nos amis canadiens, nous avons lancé le Partenariat mondial pour l'intelligence artificielle, adossant cette structure à l'OCDE pour commencé la discussion et la nécessité de régulation. Lors du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle organisé à Paris en 2025, poursuivi par l'Inde en 2026 et qui se tiendra en Suisse l'année prochaine, nous avons plaidé pour deux éléments très simples: que chaque région du monde puisse se doter de ses capacités propres de calcul, de modèles LLM, d'écosystèmes d'intelligence artificielle, et pour que nous puissions développer la possibilité d'auditer ces modèles et de ne pas être dépendants simplement de quelques acteurs privés. L'Europe, d'ailleurs, a été la première, avec l'IA Act, à bâtir ces principes et en particulier la capacité à auditer ces modèles. Nous devons poursuivre sur cette voie. Et à cet égard, je veux ici insister sur un point: notre jeunesse et nos enfants. Nous avons trop tardé à protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux. Partout dans nos sociétés, nous voyons les conséquences. Baisse de la capacité à apprendre, épidémie d'obésité chez les uns, de troubles de la santé mentale chez les autres. Les constats sont là et les éléments de corrélation sont bien établis. C'est pourquoi nous avons lancé à quelques-uns une grande initiative pour protéger nos enfants et nos adolescents de l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans ou 16 ans, selon les pays. Et l'Europe a suivi maintenant ce pas, qui a décidé de lancer une régulation. Et je veux saluer ici le caractère pionnier des Australiens, qui ont été les premiers à légiférer en la matière. Nous allons poursuivre jusqu'au bout ce combat. Mais n'attendons pas les mêmes conséquences quand il s'agira de l'intelligence artificielle. Dès maintenant, nous devons protéger nos enfants et nos adolescents à cet égard. Regardez l'impact des chatbots sur nos enfants. C'est pourquoi nous avons réuni avec le Kenya, l'Espagne, l'Australie, la coalition pour les droits et la protection des enfants à l'ère de l'intelligence artificielle. Dès cet après-midi, nous la mobilisons. Et le Forum de Paris sur la paix sera le lieu où, les 10 et 11 novembre prochains, nous voulons réunir l'ensemble des gouvernements, l'ensemble des organisations, l'ensemble des acteurs publics, privés, des entreprises et des académiques qui veulent accélérer cet agenda de protection de nos enfants. Et je vous donne rendez-vous le 10 et 11 novembre prochains à Paris à cet égard. Au-delà de cela, nous voyons bien la course aux modèles frontières qui est lancée. Nous devons continuer d'investir, chacun dans nos géographies, pour y participer, et la France est fière d'avoir justement un acteur qui est dans la compétition des modèles frontières, et nous allons continuer d'investir, d'accompagner Mistral et AI pour pouvoir tenir notre rang, essayer justement d'avoir un tel modèle, mais nous devons aussi bâtir des coopérations nouvelles. Et je souhaite très profondément que tous les Etats souverains attachés à leur indépendance, européens, canadiens, brésiliens, indiens, indonésiens, africains, Etats du Golfe, Singapour et j'en passe, cette coalition des indépendants que j'ai plusieurs fois évoquée, ceux au fond qui ne veulent pas devenir les vassaux de l'un ou l'autre des deux grandes puissances mondiales, se mettent ensemble pour développer un modèle frontière open source, en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition, en mutualisant leurs capacités d'investissement pour bâtir un modèle frontière d'intelligence artificielle en open source que nous partagerions. Nous ne devons pas dépendre de l'un ou de l'autre. Et nous devons réussir à pousser justement un tel agenda par la coopération. Enfin, il est des domaines sur lesquels nous devons clairement établir les nouvelles règles du jeu. L'intelligence artificielle dans le spatial, dans la défense, dans la cybersécurité, comme je l'évoquais, a des conséquences profondes qui touchent notre sécurité nationale. Nous avons lancé ce dialogue lors du G7 de juin dernier à Evian. Plusieurs ont Aujourd'hui mobilisés, nous soutenons l'appel qui a été lancé par nos amis norvégiens et finlandais, et nous voulons continuer, dans le cadre du G7, en lien aussi étroit avec nos amis britanniques, qui auront l'année prochaine la responsabilité du G20, à bâtir justement un agenda de coopération en matière d'intelligence artificielle pour protéger les éléments les plus sensibles qui touchent notre sécurité nationale. Comme nous avons par le passé su nous mettre d'accord pour bâtir une architecture internationale nouvelle quand il s'agissait des armes chimiques ou d'autres risques, nous devons acter qu'émergent aujourd'hui des sujets, quand il s'agit du spatial, de la défense, de la cybersécurité, sur lesquels nous devons reprendre le contrôle, qui imposent des coopérations spécifiques et un cadre spécifique entre Etats membres, et nous devons bâtir cette coopération et ce cadre. Là-dessus, nous ne devons rien céder. Voilà les 5 principes d'action, et je ne suis en tous égards pas exhaustif, mais je vais m'arrêter là, auxquels la France croit et que je voulais aujourd'hui défendre devant vous. Et au fond, sur ces 5 points, mon message est de ne rien céder. Ne rien céder à ce qui est en train de s'installer, qui est au fond Une lente division du monde, un esprit de défaite qui s'installe et qui laisserait quelques-uns dans l'abus de pouvoir. Abus de pouvoir des empires qui menacent la souveraineté des uns ou des autres. Abus de pouvoir de quelques-uns qui concentrent les capacités capitalistiques et qui auraient les droits ou de polluer ou d'agréger les capacités de calcul pour tous. Abus de pouvoir de quelques-uns qui voudraient concentrer les richesses. Face aux abus de pouvoir, nous devons retrouver ce qu'est la vitalité de notre organisation, ce multilatéralisme. qui est la défense d'un intérêt commun, d'une justice pour tous, et qui est, au fond, par l'unité, la justice et la coopération, de retrouver la seule efficacité, celle qui permet de rétablir une paix juste et durable dans nos pays, celle qui permet de retrouver l'unité entre le Nord et le Sud, celle qui permet de rebâtir un agenda d'action en matière de climat comme en matière technologique. Ne cédons rien. Plus que jamais, nous avons besoin de nos Nations unies. Et à l'heure où nous procédons au choix de notre secrétaire général, et je veux rendre ici hommage à l'action d'Antonio Guterres durant toutes ces années, dans ce climat si dur, il n'a jamais rien cédé. À cette heure où nous avons à affronter des crises anciennes et des défis nouveaux, nous devons en effet continuer d'agir, aujourd'hui plus que jamais, d'avoir le courage d'être optimistes, de nous mobiliser et d'être utiles, de ne rien céder à l'esprit du temps pour toutes et pour tous. Vive les Nations unies! Merci. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [6:11:36]: Au nom de l'Assemblée générale, qu'il me soit permis de remercier le président de la République française. L'Assemblée générale va entendre une allocution de Son Excellence Joao Manuel Gonçalves Lourenço, président de la République d'Angola. J'invite le protocole à accompagner Son Excellence à la tribune et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale. Angola · Président de la République · Joao Manuel Gonçalves Lourenço [6:12:23]: Excellence, Antonio Guterres, Monsieur le Secrétaire général. Excellence, M. Khalilur Rahman, M. le Président de la 81e session de l'Assemblée générale. Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, Mesdames et Messieurs. Qu'il me soit permis de féliciter Son Excellence Khalilur Rahman à l'occasion de son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. J'espère que, riche de sa très vaste expérience et de ses connaissances pointues de notre Organisation internationale, il arrivera à se mettre au service de l'Organisation, une Organisation qui est en proie à des défis complexes qu'elle doit surmonter pour récupérer son rôle centrale et pour régler les grandes questions des relations internationales. Je félicite aussi madame Annalena Baerbock, qui vous a précédée dans l'exercice de ses nobles fonctions et qui n'a épargné aucun effort lors de son mandat, mandat qu'elle a mené avec une compétence indéniable afin de préserver le rôle de l'ONU dans le règlement des questions qui préoccupent au plus haut point la communauté internationale à l'heure actuelle. Je félicite aussi son excellence, le secrétaire général, monsieur Antonio Guterres, qui n'a épargné aucun effort et qui s'est consacré pleinement avec un dévouement total aux grandes causes mondiales, jetant des ponts permettant le dialogue dans sa quête de solutions pacifiques face aux problèmes auxquels l'humanité se heurte à l'heure actuelle. Il a contribué de façon exemplaire à nos travaux en tant qu'homme de dialogue. Il s'est fait le chantre inlassable de la Charte de l'ONU, du droit international. Il a défendu coûte que coûte la question de la protection de la planète face aux effets néfastes des changements climatiques. Il a défendu la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. Monsieur le Président, Excellence, L'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies a toujours lieu au mois de septembre. Cela étant dit, la session de cette année a lieu 25 ans après l'attentat terroriste qui a détruit les tours jumelles de New York et qui a pris pour cible d'autres bâtiments, soit des tours américaines, causant des milliers de morts et de blessés parmi les civils. des blessés qui continuent de porter des blessures physiques et émotionnelles à l'heure actuelle. Et je saisis cette possibilité pour, à nouveau, condamner le terrorisme dans toutes ses formes et manifestations. Le terrorisme demeure une question qui touche un grand nombre de pays, notamment l'Afrique. Mais en plus de cela, la situation de la paix et de la sécurité au niveau mondial se détériore d'année en année, ce qui nous mène au moment présent et nous notons avec une vive préoccupation que le monde fixe un cap qui le rapproche dangereusement d'un conflit mondial. Au fil des années, l'Angola a cherché à contribuer à la consolidation et à la pérennisation de la paix en Afrique et dans le monde. Cela étant dit, la situation actuelle ne reflète en aucun cas les aspirations des peuples à l'harmonie et à la compréhension entre les nations. Nous avons entrepris plusieurs initiatives pour contribuer à la paix, notamment en Afrique. Je vais mettre en avant la 21e conférence extraordinaire des chefs d'État de l'Union africaine sur le renforcement de la prévention des conflits et des mécanismes de règlement des conflits en Afrique, qui a eu lieu il y a peu à l'Ouganda. a permis de présenter des perspectives sérieuses et raisonnées de règlement des problèmes relatifs à la paix et à la stabilité sur le continent africain. La tenue en juillet de cette année à Luanda, en partenariat avec l'Alliance des civilisations de l'ONU, de la troisième édition de l'initiative Appel pour la paix, mettre fin aux guerres et le respect du droit international, mérite une attention toute particulière. Dans le même contexte, l'Angola accueillera en octobre prochain le Forum panafricain sur la culture de la paix et la non-violence, qu'on appelle la Biennale de Luanda. Mon pays prend très au sérieux ses engagements en matière de paix et de règlement des différends grâce au dialogue, grâce au respect des normes régissant les relations internationales, et prend très au sérieux la défense du droit international, et nous n'épargnons aucun effort lorsqu'il est question de rapprocher les positions des parties belligérantes afin d'établir un consensus sur le continent africain. Nous restons disponibles et sommes toujours prêts à contribuer au règlement des conflits qui persistent sur le continent. Nos initiatives de consolidation de la paix sont fondées sur une quête de solutions réalistes et durables. fondée sur le principe qui stipule que des solutions africaines doivent être trouvées pour les conflits en Afrique. Nous appelons à la mise en œuvre effective de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, qui exige un financement prévisible, adéquat et durable pour les opérations de paix pilotée par l'Union africaine, autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Car investir dans les capacités de prévention et de règlement des conflits en Afrique, c'est aussi investir dans la paix et la sécurité internationales. Excellence, Mesdames et Messieurs, cette session de l'Assemblée générale revêt pour mon pays une importance toute particulière, sachant qu'elle intervient alors que nous célébrons cette année le 50e anniversaire de l'admission de la République de l'Angola à l'Organisation des Nations unies en tant que membre de plein droit, admission survenue en décembre 1976. À l'époque, Ce fut pour le peuple angolais une réalisation historique. Nous avions attendu plus de 12 mois entre la date de la proclamation de l'indépendance jusqu'à notre acceptation en tant que membre de plein droit de la communauté internationale. Cet événement significatif pour l'histoire de mon pays est intervenu alors que l'Angola était victime de confrontations entre des puissances mondiales qui battaient alors pour contrôler certaines zones d'influence sur fond de guerre froide. Les efforts déployés pour parvenir à la paix en 2002 étaient étroitement liés aux différends de l'époque qui entravaient alors la réalisation des rêves des Angolais et leur plan pour bâtir une nation prospère engagée en faveur de son développement. Ces faits relèvent du passé, mais ils nous ont permis d'accumuler une manne d'expériences, de tirer des enseignements dont nous nous sommes inspirés pour bâtir la paix, parvenir à la compréhension et à la réconciliation entre tous les Angolais et pour façonner notre politique étrangère. La paix et la réconciliation nationale sont désormais une réalité. J'en veux pour preuve les gestes concrets de notre pays, y compris l'organisation de cérémonies célébrant les principaux dirigeants politiques de la lutte nationale pour la libération, des représentants de tous les pans de la société civile dans le cadre du 50e anniversaire de notre indépendance. Toujours dans ce cadre, un monument en mémoire de toutes les victimes des conflits politiques survenus en Angola depuis la proclamation de l'indépendance nationale jusqu'à l'établissement de la paix en avril 2002. Un monument, disais-je, sera inauguré en octobre de cette année. Monsieur le Président, Excellence, aujourd'hui, nous constatons une violation des règles qui régissent les relations internationales. Elles sont mises à mal. sur la base de la logique de la force, de l'intimidation, de l'imposition de valeurs, découlant de la vision unilatérale opposée par certains pays qui défendent leurs intérêts exclusifs. L'instabilité fait rage dans différentes régions de notre planète, conséquence directe de cette position, nous le constatons dans le cadre des conflits en cours en Europe, au Moyen-Orient, dans le Golfe Persique et en Afrique. alors que les tensions augmentent dans la région Asie-Pacifique. D'après ce que nous avons constaté, les signaux ne sont guère encourageants en ce qui concerne la possibilité de parvenir dans un avenir proche à un accord de paix dans le cadre des guerres entre la Russie et l'Ukraine, dans le cadre du conflit israélo-palestinien au Moyen-Orient et dans le golfe Persique. Nous condamnons Le génocide contre des populations sans défense, des personnes âgées, des femmes, des enfants, des patients alités, des professionnels de santé, des journalistes, des travailleurs d'organisations humanitaires, bien souvent privés d'accès aux droits fondamentaux ainsi qu'aux biens essentiels tels que l'eau, les vivres et les médicaments. L'expulsion des Palestiniens de leurs maisons, de leurs terres, du fait de l'expansion des colonies de peuplement juives en Cisjordanie, doivent susciter l'indignation, la condamnation les plus vigoureuses au plan international. Toute tentative de dominer des pays, des régions par l'emploi des armes pousse le monde vers la catastrophe. Les problèmes de sécurité alimentaire, énergétique, humanitaire qui frappent des pays et le monde de manière générale se sont considérablement aggravés après les guerres qui ont éclaté en Ukraine et récemment en Iran. Les conséquences de ces guerres sont catastrophiques, à en juger par les conséquences du bouclage de la navigation maritime dans l'étroit d'Ormuz, dans le détroit de Bab el-Mandab. Une situation qui a créé des risques majeurs de perturbation des chaînes d'approvisionnement de manière générale et en particulier des chaînes d'approvisionnement en vivres et en énergie. Les conséquences pour les pays les plus vulnérables sont dévastatrices. Aujourd'hui, nous vivons dans un monde caractérisé par une anarchie. La force l'emporte sur la raison et le droit, en violation flagrante des normes qui régissent les relations internationales. À la lumière de ce qui précède, une réflexion s'impose au sein même des Nations Unies, la seule institution sur la planète qui jouit de légitimité, qui rassemble toutes les nations du monde. Nous devons trouver les solutions optimales pour ramener la paix dans le monde. Nous lançons un appel en faveur du courage, de la sagesse, Nous devons rétablir l'ONU dans son rôle fondamental. L'organisation doit assumer ses responsabilités et pouvoir réaliser sa mission de maintien de la paix dans le monde. Mesdames et messieurs, nous sommes préoccupés par l'injustice dont est victime Cuba depuis des décennies. victime d'un embargo qui se poursuit, détériorant jour après jour les conditions de vie du peuple cubain. Cuba n'est pas un État terroriste. Il ne produit pas d'armes nucléaires, il n'en détient pas, pas plus que d'armes chimiques ou bactériologiques qui pourraient représenter une menace imminente ou réelle pour la sécurité d'autres pays, y compris les pays voisins. Bien au contraire. Cuba a contribué à la chute du régime raciste d'apartheid en Afrique du Sud, un régime qui a été largement unanimement condamné par la communauté internationale. Cuba était devenu signataire de l'accord quadripartite de New York du 22 décembre 1988 L'embargo est la principale cause de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent Cuba et le peuple cubain. Cet embargo est inhumain, inique. Il viole l'ensemble des principes et des normes du droit international. Par conséquent, une fois encore, nous demandons à ce qu'il soit mis un terme à cet embargo contre Cuba. Mesdames et Messieurs, Aujourd'hui, nous voyons que certains membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies sont directement impliqués dans les conflits les plus sanglants, les plus destructeurs de notre temps en Europe, dans le Golfe Persique, ce qui est source de préoccupation et un mauvais exemple pour le reste du monde. Ces pays rendu un grand service lorsqu'ils ont libéré l'humanité des horreurs du nazisme, du fascisme, de l'Holocauste. Ils devraient donc préserver ce capital et cet héritage. Alors que la bonne gouvernance des pays est largement prônée, les La gouvernance du monde appelle aussi un ordre mondial plus juste, plus démocratique, un ordre nouveau qui reposerait non seulement sur le pouvoir inhérent à un petit club de vainqueurs d'une guerre remontant à il y a plus de 80 ans. Depuis lors, le monde a connu différentes réalités. De nouveaux pays ont vu le jour, qui à l'époque étaient des colonies, qui aujourd'hui sont des économies fortes qui progressent à grands pas dans le domaine de la science et de la technologie. Par conséquent, il est toujours plus urgent d'opérer une réforme en profondeur du Conseil de sécurité des Nations unies, réforme qui permettra à l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie d'être dûment représentées en tant que membres permanents avec tous les pouvoirs qui découlent de cette qualité. Dans ce contexte, la République de l'Angola réaffirme son plein appui à la position africaine commune telle que consacrée dans le consensus des Oulwini et dans la déclaration de Syrte. La voix des Africains doit être entendue en toutes circonstances, en tout temps, dans les processus décisionnels stratégiques, sur les questions touchant à la paix, la sécurité mondiale, le financement du développement ou le climat, sans oublier la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. Monsieur le Président, Excellence, la paix et le développement sont dissociable. D'où la nécessité pour nous d'envisager des stratégies capables d'accélérer la mise en œuvre du programme 2030. Les décisions importantes adoptées au titre du Pacte pour l'avenir et l'engagement de ces villes peuvent contribuer à développer les programmes menés au service du développement en Afrique. Cependant, pour obtenir des résultats concrets dans ce domaine, Il est essentiel de faire en sorte que l'on dispose de financements abordables, que l'on assure l'allégement de la dette, le transfert de technologies, le renforcement des capacités, ainsi qu'une participation plus importante aux institutions financières internationales. Les pays africains dépensent bien trop pour assurer le coût exorbitant du service de la dette aux dépens de la santé, de l'éducation, du développement des infrastructures. Cette situation, bien évidemment, ampute les investissements dans la production, creuse les inégalités, exacerbe les disparités économiques et menace la stabilité économique et sociale. À la lumière de ce qui précède, il est impératif de corriger ces distorsions. Par conséquent, Je réitère notre appel en faveur d'une réforme immédiate de l'architecture financière internationale pour qu'elle soit plus équitable, plus démocratique et qu'elle fonctionne pour le progrès et le bien-être de l'humanité. Ces défis sont éminemment complexes et sont exacerbés par les changements climatiques qui affectent gravement l'Afrique. au travers de sécheresses graves et prolongées, d'inondations, de la désertification, de l'insécurité alimentaire et de déplacement des populations. Cette situation illustre clairement la nécessité de trouver des financements prévisibles, abordables et supplémentaires, sans par ailleurs aggraver l'endettement des pays en développement. Aujourd'hui, les peuples et les nations ont l'occasion de faire un bond en avant dans leurs conditions de vie grâce à des mécanismes de financement équitables pour le développement grâce aux outils offerts par l'intelligence artificielle pour améliorer l'éducation, la santé, l'agriculture, les services publics, la recherche scientifique et la productivité économique. À cet égard, Je considère que le Pacte numérique mondial offre de nouvelles perspectives de coopération pour combler la fracture numérique, développer les infrastructures publiques numériques, promouvoir la formation et l'innovation, renforcer la cybersécurité et faire advenir une gouvernance plus inclusive, plus sécure, axée sur l'humain de l'intelligence artificielle. À cet effet, Il me semble nécessaire de renforcer la coopération Nord-Sud, Sud-Sud et triangulaire, l'objectif étant d'assurer la révolution numérique, d'en faire un instrument d'inclusion, de souveraineté, de développement plutôt qu'une source de dépendance et d'inégalité. Excellence, le mandat du secrétaire général en exercice touche à sa fin. Nous sommes en passe de nommer le ou la prochaine secrétaire général. Un acte de grande importance, sachant que la personne qui sera choisie devra posséder les qualités suivantes: indépendance, intégrité, compétence et courage pour dégager des consensus, faire respecter la Charte, promouvoir la prévention des conflits, poursuivre les réformes nécessaires et trouver les solutions de nature à permettre à l'organisation de surmonter sa crise financière. La République de l'Angola réaffirme son engagement vis-à-vis des Nations Unies, convaincue que nous sommes que ce n'est qu'au sein de cette organisation que nous pourrons préserver les acquis des dernières décennies et le respect du droit international. Ce n'est qu'au sein des Nations Unies que nous pourrons progresser, trouver des solutions pacifiques aux conflits qui ravagent le monde, dans un cadre dans lequel le multilatéralisme sera un mécanisme permettant de fédérer les idées, la volonté politique et les initiatives propices à la paix mondiale. Nous, les dirigeants politiques et les dirigeants d'aujourd'hui, nous serons jugés à l'avenir à l'aune de notre capacité de remplacer la confrontation par le dialogue, la concurrence prédatrice par la coopération, l'exclusion par la solidarité et les armes par le droit. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons faire advenir un ordre international plus juste, pacifique, inclusif, capable de garantir le progrès et le bien-être pour l'humanité, sans laisser personne de côté. Aucune arme n'est plus puissante que la diplomatie, étant donné que toutes les autres armes sont utilisées uniquement pour détruire la vie, les infrastructures, les rêves, les plans de vie. La diplomatie, elle, est la seule arme qui permet d'unir, de réparer, de bâtir, de sauver des vies, des peuples, des nations et l'humanité tout entière. C'est pour cette raison que l'Organisation des Nations Unies doit se doter des outils, des moyens nécessaires pour respecter le thème de cette 81e session de son Assemblée générale, à savoir rétablir la confiance, gérer la transformation et faire en sorte que les Nations unies soient au service de tous. Je vous remercie pour votre aimable attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [6:37:10]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de l'Angola. Nous avons entendu le dernier intervenant au titre du débat général pour cette séance. La prochaine séance plénière va se poursuivre immédiatement à la levée de cette séance. La séance est levée. La 16e séance plénière de l'Assemblée générale est ouverte. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Khurultuukhnaa, président de la Mongolie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Mongolia · Président de la Mongolie · Khurultuukhnaa [6:38:22]: Monsieur le secrétaire général, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, Mesdames et Messieurs. D'emblée, je tiens à adresser mes plus sincères félicitations à M. Khalilur Rahman à l'occasion de sa désignation à la présidence de la 81e session. de l'Assemblée générale des Nations unies. Je lui adresse mes vœux de plein succès. Cette session de l'Assemblée générale est convoquée à l'aube du 65e anniversaire de l'adhésion de la Mongolie aux Nations unies en tant que membre de plein droit. En 1961, la Mongolie entré dans l'histoire avec fierté en levant sa bannière portant le symbole Soyombo couleur or aux Nations unies, devenant le 101e membre de l'organisation, garant de la paix et de la sécurité mondiale, symbole d'espoir et de confiance pour les nations du monde. La Mongolie se félicite de la convocation de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies sur le thème "Rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous". Nous réaffirmons notre foi dans le rôle clé de l'ONU pour encourager la confiance mutuelle, le respect mutuel et la coopération entre les nations et les peuples du monde. En Mongolie, nous disons si vous faites de votre mieux, le sort se chargera du reste. L'ONU est une organisation qui repose sur la confiance et l'engagement de chacun de ses États membres. L'ONU n'est que plus forte grâce à leur dévouement, leurs efforts à l'unisson. Il nous incombe donc, à nous, États membres, de nous acquitter de la mission des Nations unies avec sincérité, ne pas simplement attendre soutien et assistance. Nous devons être conscients des responsabilités qui nous incombent, des devoirs qui sont les nôtres et nous consacrer pleinement au renforcement de l'Organisation. C'est par la confiance, l'espoir, le dévouement, l'engagement, une participation active de chaque État membre que nous pourrons renforcer les Nations unies. Une ONU plus forte permettra d'être plus efficace, d'assurer la paix, la sécurité mondiale, le développement durable, créant ainsi les conditions propices à tous les États membres. Alors que les conflits et les affrontements se multiplient de par le monde, la défiance gagne en importance, l'abîme de l'incompréhension se creuse. Il est donc toujours plus important de façonner les relations internationales, non pas par le biais de la multipolarité, au risque de plonger le monde dans la division, mais au travers d'un principe respectant le pluralisme propre à l'histoire, à la culture, à la civilisation de chaque nation, propre à ses intérêts nationaux et à ses voies de développement. Il y a huit siècles, nos ancêtres créaient la grande Pax Mongolica, promouvant pour la première fois devant le monde l'idée selon laquelle les nations peuvent mutuellement se reconnaître les unes les autres, reconnaître leurs valeurs et que les peuples de civilisations de confessions diverses peuvent cohabiter. Cette contribution historique des Mongols à l'avancement de l'humanité est aujourd'hui encore reconnue par la communauté internationale. Renforçons la coopération multilatérale au travers de ce principe de multiplier, inspiré par les idéaux de la Pax Mongolica, pour que l'on puisse rétablir la confiance et l'espoir au travers de responsabilités partagées, pour réformer l'ONU dans un but commun, pour faire advenir un monde meilleur, plus pacifique, grâce à la force de notre action collective, Monsieur le Président. En dépit des progrès du développement qu'a connus l'humanité, notre planète est aujourd'hui confrontée à plus de 90 conflits armés, dont 30 environ sont des conflits internationaux. Nous constatons que la paix et la sécurité mondiales restent instables, que la concurrence géopolitique et géostratégique ne cesse de croître. Tout ceci met à mal les chaînes d'approvisionnement économiques mondiales, entraîne une augmentation des prix de l'énergie, des carburants, des matières premières et des vivres, sans oublier le poids qu'elles représentent au plan économique pour les nations du monde. Tout ceci affaiblit l'ordre international établi depuis la Seconde Guerre mondiale. Tout ceci modifie les normes de droit international internationalement reconnues et sape la stabilité des relations multilatérales et de la coopération. La Mongolie partage les vues exprimées par le Secrétaire général, Antonio Guterres, dans son rapport annuel sur l'activité de l'Organisation, à savoir que dans un monde caractérisé par les troubles, la division, l'incertitude, les Nations unies sont plus nécessaires que jamais. Ainsi, la Mongolie met en exergue les progrès tangibles réalisés grâce à l'initiative ONU80 du Secrétaire général pour améliorer l'efficacité et l'efficience de l'ONU, En réponse aux défis de notre temps, nous réaffirmons notre appui à cette initiative. L'efficacité de l'ONU, la force de ses actions, la capacité des nations à conjuguer leurs efforts dépendront de nous, les États membres. La Mongolie est convaincue que le ou la prochaine Secrétaire générale défendra fermement les buts et principes des Nations unies, le droit international, pour faire en sorte que les voix et les positions de tous les États membres soient dûment entendues, prises en compte, et qu'il ou elle assurera un leadership fort pour rétablir la confiance et gérer la transformation au sein de l'ONU. La réforme du Conseil de sécurité devrait être au cœur de la réforme des Nations unies. Ainsi, nous maintenons notre position de principe. Nous voulons augmenter le nombre de membres permanents et non permanents au Conseil de sécurité en garantissant une représentation équitable des pays en développement au Conseil, tout en promouvant une plus grande ouverture et une meilleure transparence dans ses travaux. La Mongolie est un des 58 pays qui n'ont jamais siégé en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Par conséquent, la Mongolie souhaite participer activement travaux du Conseil de sécurité, contribuer à trouver des solutions collectives aux problèmes et aux défis auxquels se heurte la communauté internationale. Mue par ces aspirations, j'annonce officiellement de cette tribune aujourd'hui que la Mongolie présente sa candidature à un poste de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2048-2049. Monsieur le Président, au nom du peuple de la Mongolie, Je remercie très sincèrement les Nations unies et les organisations faisant partie du système pour leur contribution précieuse au développement et au progrès de notre pays, pour la coopération constructive de longue date depuis plus de 65 ans que nous avons adhéré à l'organisation en tant que membre de plein droit. La Mongolie contribue avec honneur aux efforts déployés pour renforcer la paix et la sécurité internationales, pour assurer le développement économique et social, protéger les droits humains, autant de piliers de l'Organisation des Nations unies. À titre d'exemple, il y a plus de 30 ans, dans le cadre de sa politique étrangère, pour garantir la sécurité nationale au travers des voies politiques et diplomatiques, la Mongolie a déclaré que son territoire était exempt d'armes nucléaires. Depuis, la Mongolie n'a eu de cesse d'appliquer des politiques, de prendre des mesures pour garantir ce statut au plan légal. Dans cet esprit, l'Assemblée générale des Nations unies adopte tous les deux ans la résolution intitulée Sécurité internationale et statut d'État exempt d'armes nucléaires de la Mongolie, initiative lancée par la Mongolie en 1998. Qui plus est, la Mongolie a porter des contributions tangibles aux efforts déployés à l'échelle mondiale pour maintenir la paix et la sécurité internationales en participant activement aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies et à d'autres missions internationales. Nous avons en effet déployé plus de 23 000 militaires et membres des forces de police dans des points chauds du monde entier depuis 2002. Aujourd'hui encore, nos troupes sont déployées dans le cadre de la Force de répression des gangs, la police multilatérale et les missions militaires déployées en Haïti. La Mongolie oeuvre activement pour assurer l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies intitulée les femmes et la paix et la sécurité. Nous sommes un des rares pays à avoir atteint 15 % de femmes dans ses forces militaires servant au sein des OMP. Depuis 2006, lorsque la Mongolie déployait pour la première fois un casque bleu femme dans la mission au Sahara occidental, les femmes de Mongolie ont apporté une contribution précieuse à la cause de la paix grâce à leur courage, leur résilience, leur ingéniosité. À cet égard, la Mongolie a l'intention d'accueillir la deuxième conférence internationale sur la participation des femmes aux opérations de paix des Nations unies à Oulan-Bator en 2027. Je suis heureux ici de mettre en exergue le rôle actif que joue la Mongolie au sein des Nations unies pour défendre les intérêts des pays en développement sans littoral, pour attirer davantage d'attention de la communauté internationale sur leurs besoins, leurs circonstances uniques. Nous coopérons avec ces pays pour faire en sorte que leur voix soit entendue sur la scène mondiale. La Mongolie lancé plusieurs initiatives importantes dans ce domaine. Nous sommes notamment un des membres fondateurs du groupe des pays en développement sans littoral des Nations Unies. Nous avons participé à l'établissement d'un groupe de réflexion international pour les pays en développement sans littoral à l'ONU. Pour traduire le programme d'action d'AOWA en résultats tangibles, il est essentiel que les pays en développement sans littoral alignent le programme sur le programme de développement national et utilisent pleinement les ressources disponibles ainsi que les possibilités d'accélérer l'intégration régionale et la coopération. Nous demandons aussi à la communauté internationale, aux banques, aux institutions financières, aux partenaires au développement de fournir une assistance crédible aux pays en développement sans littoral au travers de leur soutien et de leur coopération. Monsieur le Président. Alors qu'approche la date butoir du programme de développement durable à l'horizon 2030, le rapport 2026 sur les ODD nous montre que seuls 36 % des ODD sont en voie d'être atteints ou affichent des progrès modestes, alors que 15 % connaissent un repli. Il est vivement regrettable que, selon le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, publiée en ces heures critiques, les dépenses militaires mondiales atteignent des records 2,9 1000 milliards de dollars américains. Il est plus que temps que l'on réfléchisse l'on fasse preuve de bon sens, imaginez quel progrès aurait été possible pour le développement de la société humaine si ces budgets, ces financements avaient été alloués à la lutte contre le réchauffement mondial, les changements climatiques, pour améliorer l'éducation, la santé, la sécurité alimentaire, pour assurer la promotion des femmes et des enfants. Selon le rapport 2026 sur le développement durable, la Mongolie atteint 68,8 % des ODD. Ceci est le reflet des efforts tangibles et des progrès réalisés ces dernières années. En tant que pays frappé par les conséquences néfastes des changements climatiques, nous continuons de contribuer aux efforts globaux déployés pour protéger et préserver notre environnement naturel. À cet égard, la Mongolie a lancé avec succès toute une série d'initiatives, a pris des mesures au plan national, notamment le milliard d'arbres, la révolution alimentaire, l'or blanc, l'or bleu, la santé pour les Mongoliens. L'objectif étant de rétablir les terres dégradées, de développer les ressources forestières, de protéger les sols, l'eau, les pâturages, d'assurer la sécurité alimentaire et le développement rural durable. Mais nous allons au-delà de ces initiatives. Un milliard d'arbres vise à lutter contre la désertification et la dégradation des terres, améliorer la restauration des terres, développer les ressources sylvicoles, protéger la fertilité des sols, les ressources hydriques, la biodiversité, tout en atténuant les effets néfastes des changements climatiques, en améliorant la fourniture de vivres et en créant des possibilités d'emploi. Qui plus est, la résolution de l'Assemblée générale lancée par la Mongolie proclamant 2026 année internationale du pastoralisme et des pâturages. offre une nouvelle occasion de sensibiliser le monde à l'importance des écosystèmes de pâturage, de soutenir les moyens de subsistance des éleveurs, renforcer les systèmes alimentaires durables, préserver la biodiversité, préserver le patrimoine culturel riche des peuples nomadiques. À cet égard, la Mongolie, fort de sa tradition millénaire de pastoralisme nomadique, a pris l'initiative de convoquer une une conférence de Ulaanbaatar. Cette conférence a rassemblé quelque 400 éleveurs de 57 pays, dont les avis et la discussion sur les solutions possibles ont abouti à la déclaration de Ulaanbaatar. Qui plus est, en août, la Mongolie a accueilli avec succès la 17e session de la Conférence des parties de la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification à Ulaanbaatar, sous le thème "Restaurer les terres, restaurer l'espoir". Restaurer la Nature est essentielle pour permettre aux générations futures de vivre dans un environnement sain, en toute confiance. Tel doit être le devoir de l'humanité, la nature. Les sols sains sont la garantie de l'existence de l'humanité. Ils sont à la base des vivres, des ressources en eau, des moyens de subsistance, du développement durable. Une terre saine signifie des denrées alimentaires saines, qui signifient des populations en pleine santé. La désertification, la dégradation des terres, les sécheresses ne devraient pas être considérés comme de simples problèmes environnementaux. Ces problèmes doivent être abordés de manière holistique, en lien avec l'approvisionnement en denrées alimentaires, la sécurité alimentaire, les ressources hydriques, les moyens de subsistance, le développement durable, l'appel à sécurité mondiale. Dans cet esprit, en tant que président de la COP17, la Mongolie a lancé le programme d'action en faveur des steppes, qui repose sur trois initiatives phares connectées les unes aux autres, l'initiative phare en faveur des pâturages, l'initiative de gestion intégrée de l'eau et des terres et l'initiative pour des infrastructures durables et des solutions fondées sur la nature. En ce qui concerne l'initiative phare sur les pâturages, il s'agit d'un mouvement mondial qui vise à écrire un nouveau chapitre dans l'histoire de la conservation des pâturages. Cette initiative revêt une importance particulière en ce sens qu'elle sensibilise à la protection et à la gestion durable, à la restauration des pâturages, des éléments essentiels si nous voulons être résilients face au changement climatique, garantir la sécurité alimentaire et préserver des écosystèmes équilibrés. Le mode de vie nomadique que nous, Mongols, avons hérité et que nous préservons depuis des milliers d'années, représente un ensemble de valeurs, la sagesse de nos populations qui vivent en harmonie avec la nature et la préservent pour qu'elle reste dans un état parfait. Nous, Mongols, voulons aujourd'hui partager ce patrimoine culturel avec le monde, les connaissances traditionnelles accumulées dans le cadre de notre vie en harmonie avec la nature pour améliorer l'adaptation et la résilience face au changement climatique. Monsieur le Président, la Mongolie respecte au pied de la lettre le principe qui veut que l'on doit régler les conflits au travers de la diplomatie et du dialogue multilatéral, tout en entretenant des relations amicales de longue date avec les pays de la région. S'en fondant sur cet avantage particulier, la Mongolie a convoqué la 11e conférence internationale du dialogue d'Ulan-Bator sur la sécurité dans le nord-est de l'Asie cette année. Le dialogue de l'ambassadeur est devenu une plateforme unique permettant de renforcer la confiance dans toute la région du nord-est de l'Asie, facilitant les discussions multilatérales entre gouvernements, spécialistes, non seulement sur les questions de sécurité traditionnelle, désarmement, questions politiques, mais sur un large éventail de questions telles que l'énergie, la connectivité des infrastructures, le développement vert et la coopération au plan humanitaire. Qui plus est, En tant que membre actif de l'ONU, la Mongolie a contribué à la coopération internationale pour améliorer l'égalité des genres, renforcer la participation politique des femmes, leur rôle de premier plan, améliorer aussi leur représentation dans les processus décisionnels. Ces dernières années, la Mongolie a pris pour habitude d'organiser des événements internationaux consacrés aux femmes. notamment la conférence internationale sur le renforcement du rôle des femmes dans le maintien de la paix en 2022, la réunion des femmes ministres des Affaires étrangères de 2023 et le Forum mondial des femmes en 2024, en coopération avec l'ONU, sans oublier le Forum mondial des entrepreneuses en 2025. Je suis donc convaincue que le Forum mondial des femmes parlementaires, qui est prévu à Oulan-Bator pour les 12 et 13 octobre de cette année, contribuera de manière substantielle à renforcer le leadership politique des femmes, la coopération interparlementaire et ainsi permettra d'améliorer l'égalité de genre, d'accélérer les progrès vers la réalisation des ODD. Je vous invite cordialement à prendre part à cet événement important au plus haut niveau. La Mongolie continuera de servir de pont pour les partenariats, la coopération, la solidarité, pour faire en sorte que les femmes puissent jouer un rôle de premier plan, plus important, au plan politique et social, à tous les niveaux. Monsieur le Président, La Mongolie n'a eu de cesse de se faire le chantre de nombreuses initiatives au sein de la communauté internationale, des initiatives visant à préserver et promouvoir le patrimoine culturel, les savoirs traditionnels, les valeurs communes de l'humanité. À titre d'exemple, en 2025, à l'initiative de la Mongolie, une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies proclamait la Journée mondiale du cheval, laquelle reconnaît la contribution inestimable des chevaux à l'histoire, à la civilisation, au développement socio-économique des peuples du monde. Qui plus est, en juillet dernier, les complexes de la noblesse Juyun, un complexe de cimetières, a été inscrit à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en reconnaissance de son importance historique et culturelle. J'ai le plaisir d'indiquer que la Mongolie est pour la première fois membre du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO sur la période 2026-2029. Qui plus est, Cette année, nous célébrons le 820e anniversaire du grand empire mongol fondé par le grand Gengis Khan, homme du millénaire, roi parmi les rois. L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution adoptée à l'occasion du 100e anniversaire de l'État mongol, se félicite tout particulièrement de la contribution des Mongols à l'histoire de l'humanité. Elle reconnaît en effet la richesse des civilisations nomades Leur contribution importante à la promotion du dialogue et des contacts entre toutes les formes de civilisation. Elle dit que la civilisation nomade influence entre autres et a influencé les sociétés d'Europe et d'Asie. et a aussi absorbé des influences de l'Est, de l'Ouest, garantissant des échanges de valeurs humaines, assurant un rôle important dans le développement des réseaux commerciaux et créant des centres administratifs, culturels, religieux, commerciaux importants. Tout ceci nous montre que ces contributions historiques sont le reflet des idéaux progressifs qui peuvent aujourd'hui être à la base des efforts déployés collectivement pour préserver la paix et la stabilité. À titre d'exemple, Le mongoliste de renom, Vladislav Kokhovich, dans ses travaux, disait: « Les Mongols sont les promoteurs de l'idée de la paix mondiale depuis le XIVe siècle. » Il notait que le Djou Ilkhan de l'Empire mongol, dans sa lettre au roi Philippe IV de France en 1305, soulignait l'intérêt des relations harmonieuses entre les nations et les peuples. « Quoi de mieux qu'une véritable concorde? L'histoire est le socle sur lequel nous réfléchissons au passé, façonnons le présent, bâtissons l'avenir. C'est là la mémoire de nos États. Les experts nous disent qu'étudier la Pax Mongolica du Grand Djengis Khan et ses successeurs, ainsi que l'histoire de sa politique étrangère et de sa diplomatie, permet de tirer des enseignements précieux. Ainsi, nous, les Mongols, sommes les gardiens du cœur de grand empire mongol souhaitons depuis cette illustre tribu dire que si les nations du monde peuvent conjuguer leurs efforts, nous pourrons établir une Pax Globalica, une paix mondiale consacrant la vision de la Pax Mongolica qui, il y a huit siècles de cela, jetait les bases de la coexistence des nations dans la paix et l'humanité, le rôle, la contribution des Nations unies pour renforcer la compréhension mutuelle, la confiance, le respect entre les nations du monde, pour faire advenir un monde pacifique, loin de la guerre et des conflits, permettant la prospérité de tous est plus important que jamais. Par conséquent, œuvrons de cancer pour donner à l'ONU les moyens d'agir, l'ONU étant le garant de la paix, de la sécurité de par le monde, une source de paix et d'espoir pour les nations du monde. Nous voulons une organisation forte, respectée, capable de faire advenir une Pax Globalica. Que le ciel bleu éternel bénisse notre humanité pour l'éternité et que le monde connaisse à jamais la paix. Je vous remercie pour votre attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [7:01:11]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la Mongolie. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Lee Jae-myung, président de la République de Corée. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et l'inviter à prendre la parole devant l'Assemblée. Republic of Korea · Président de la République · Lee Jae-myung [7:02:06]: Bonjour à tous, chers collègues, excellences. Je voudrais, pour commencer, adresser mes remerciements et exprimer mon respect à tous les États membres des Nations unies et au personnel du Secrétariat des Nations unies pour leur dévouement en faveur de l'humanité et d'un avenir prospère pour tous. J'adresse mes félicitations à Son Excellence le docteur Khalilur Rahman, qui préside la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. J'adresse également mes remerciements et rends hommage au Secrétaire général, Antonio Guterres, de ses inestimables efforts déployés au cours des dix dernières années. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, l'ONU, qui a toujours défendu la dignité humaine et a ouvert la voie aux générations futures, se trouve à la croisée des chemins. Le moment est grave. Les conflits persistants autour du monde, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, menacent la survie de l'humanité. Les technologies émergentes, telles que les drones, transforment rapidement la manière dont sont menées les guerres et font peser de graves menaces sur les droits humains et l'ordre international fondé sur l'État de droit. Les tensions autour du détroit d'Ormuz sapent les principes fondamentaux de la navigation libre et sûre et rendent les chaînes d'approvisionnement énergétiques plus vulnérables. Les Nations Unies n'ont pas été créées pour nous conduire au paradis, mais pour nous sauver de l'enfer. Ces paroles ont été prononcées par le deuxième secrétaire général des Nations unies, M. Dag Hammarskjöld, ce qui nous interpelle aujourd'hui, car nous sommes en droit de nous poser la question suivante: l'ONU est-elle capable aujourd'hui de sauver l'humanité de la guerre, de la pauvreté et des catastrophes? L'ONU peut-elle tenir sa promesse qui consiste à rétablir la paix, à réaliser le développement durable? Ironie du sort, la crise géopolitique provoquée par les troubles que connaît l'ordre international nous rappelle aujourd'hui la valeur même de la coopération multilatérale et des normes internationales. Mais à l'ère où la compétition est acharnée, où le monde est fragmenté, où chacun se bat pour survivre, des valeurs comme la coopération, la prospérité mutuelle et la solidarité peuvent sonner comme des appels creux. Toutefois, les fondateurs, qui ont été témoins des ravages de la guerre, avaient décidé de créer les Nations Unies Après une crise des plus profondes, donc plus profonde, plus grave est la crise, plus nous devons chérir les principes fondamentaux des Nations unies. L'an dernier, j'avais déjà parlé depuis cette tribune. J'avais dit que la République de Corée serait une lueur d'espoir pour les citoyens du monde entier. Aujourd'hui, je voudrais dire encore une fois que nous sommes déterminés plus que jamais à rétablir l'esprit des Nations unies, à reconnecter le monde. en tant que nation qui a émergé grâce à la solidarité de la communauté internationale. La popularité dans le monde entier de la culture coréenne, la K-culture, comme on l'appelle, montre que l'empathie est possible et qu'elle peut être universelle et démontre la valeur de la connexion à l'échelle mondiale. Les récits qui sont nés de l'expérience unique de la Corée sont devenus un langage de solidarité qui transcende les frontières. Tout comme la culture connecte les populations du monde entier à travers les frontières, les nations peuvent s'unir de nouveau face à des problèmes communs. Nous pouvons nous appuyer sur le pouvoir de l'empathie et de la solidarité que la culture a révélé au grand jour. Nous pouvons mobiliser ce pouvoir pour faire face ensemble aux défis communs auxquels se heurte aujourd'hui toute l'humanité. J'aimerais donc vous donner trois orientations dans le cadre de l'initiative Coren, l'initiative K. D'abord, l'intelligence artificielle en faveur de la société universelle. La révolution provoquée par l'intelligence artificielle est source de grandes possibilités, mais c'est également un risque pour l'humanité. Elle peut provoquer une crise très grave. Elle peut aussi générer une prospérité et un développement durable sans précédent. Mais si nous n'y sommes pas préparés, elle ne fera qu'approfondir les inégalités et les déséquilibres. Les jeunes du monde entier, en particulier aujourd'hui, sont anxieux. Ils ne savent pas comment va évoluer l'emploi. Leur avenir est incertain, ce qui montre aujourd'hui que nous devons nous préparer à cette nouvelle ère pour que chacun puisse tirer parti des progrès technologiques apportés par l'IA. La République de Corée va donc bâtir une plateforme mondiale de l'intelligence artificielle afin que cette vision soit partagée avec l'ensemble de la communauté internationale. Nous le ferons en coopération avec les organisations internationales, les banques multilatérales de développement, le monde des affaires et le milieu universitaire. Pour nous, aucun pays, aucun individu ne devrait être écarté du développement de l'intelligence artificielle. Nous allons tout mettre en œuvre pour que l'IA devienne un outil permettant de résoudre ensemble les problèmes auxquels nous sommes confrontés, comme la crise climatique, la santé publique, l'insécurité alimentaire ou les problèmes liés aux réfugiés. Deuxièmement, la transformation verte. La crise climatique est souvent qualifiée de projet de groupe global, projet partagé par 8 milliards de personnes sur la planète. Aucun pays ne peut relever ce défi seul. La République de Corée a annoncé ses contributions déterminées à l'échelle nationale à horizon 2035. Nous participons ainsi activement à la mise en œuvre de l'accord de Paris et à l'action climatique axée sur les initiatives des Nations Unies. Notre stratégie de transformation verte en Corée vise à convertir notre structure industrielle, à la transformer pour créer un cercle vertueux dans lequel la neutralité carbone peut mener à de nouveaux moteurs de croissance et la création de plus d'emplois décents. Nous sommes prêts à partager notre expérience et nos pratiques avec la communauté internationale. Nous co-organisons d'ailleurs la quatrième conférence des océans avec le Chili en 2028, ce qui témoigne de notre attachement à cette question. Troisièmement, la coalition pour les chaînes d'approvisionnement énergétique mondiale. Récemment, nous avons été témoins de blocus répétés des voies maritimes dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge, ce qui a souligné le risque que représente l'instrumentalisation des voies d'approvisionnement logistique énergétique. C'est une réalité sombre dont nous devons aujourd'hui tenir compte, car cette situation risque d'envoyer des ondes de choc puissantes affectant les citoyens ordinaires du monde entier. La liberté de navigation, pourtant, est un droit reposant sur le droit international et c'est un pilier de l'économie mondiale. Les attaques contre les navires marchands et les menaces à la sécurité des équipages ne sauraient être justifiées, quelles qu'en soient les circonstances. Nous devons donc établir un cadre robuste de coopération pour empêcher que survienne une crise des chaînes d'approvisionnement, crise qui peut ensuite dégénérer en menace pour l'économie mondiale et les moyens de subsistance des populations du monde entier. Ces problèmes, évidemment, ne pourront pas être réglés par un pays, quel qu'il soit. Dans le même temps, nous ne pouvons pas rester les bras croisés, attendre que les nations arrivent à une solution concertée. Il est donc urgent et plus réaliste de conjuguer nos efforts et d'élargir le champ de la coopération. J'appellerai cela un partenariat d'acteurs constructifs. Je ne cherche pas aujourd'hui à suggérer la création d'une nouvelle organisation, ni la constitution d'un groupe exclusif de pays. L'idée est simplement de respecter les fonctions de l'ordre international existant et des Nations unies pour travailler ensemble de manière ouverte et souple, de manière à ce que chacun puisse tirer parti de cette configuration. Nous devons coopérer dans de nouveaux domaines également. Nous pouvons travailler séparément, mais ensemble, surmonter nos rivalités géopolitiques, les impasses, la fragmentation et retrouver confiance dans le multilatéralisme. Les Nations unies doivent évoluer avec l'époque. Les accords conclus autour d'une table de négociations doivent se traduire en changements réels sur le terrain pour que les populations du monde entier puissent en tirer parti. dans leur vie quotidienne. Il faut réduire les doubles emplois dans les organisations et les programmes, accélérer la prise de décision et affecter les ressources limitées dont nous disposons aux domaines les plus importants, les plus prioritaires. Dans cet esprit, la République de Corée est favorable à l'initiative ONU 80, qui devrait améliorer l'efficacité, prioriser les opérations de terrain et produire de meilleurs résultats dans l'ensemble. Nous appuyons également la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies afin que celui-ci fonctionne de manière plus efficace, plus démocratique et plus responsable. Il y a, selon nous, trois piliers à respecter: paix, développement et droits humains. Nous allons honorer nos responsabilités et nous positionner de manière à produire des résultats qui respectent ces trois piliers. Grâce au Forum de partenariat mondial de Busan, nous continuerons aussi d'appuyer la croissance inclusive en partageant l'expérience en matière de développement de la Corée, comme par exemple le Saemaul Undong, mouvement des villages nouveaux, et continuerons aussi d'investir de manière durable et innovante. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les délégués, pour ce qui est de la paix sur la péninsule coréenne, la République de Corée sait parfaitement que L'ONU peut apporter un changement concret à la situation. Il y a 35 ans, les deux Corées avaient été admises aux Nations unies en tant que membres à part entière. Ici, à cette même tribune, c'était un tournant crucial qui avait jeté les bases d'une coexistence pacifique, nous libérant de la rivalité permanente et de la confrontation. Il y a un an, j'avais dit ici que nous souhaitions Ouvrir la voie à une coexistence pacifique et à une croissance partagée sur la péninsule coréenne. Je voudrais présenter aujourd'hui à la communauté internationale les trois orientations sur la voie de cette coexistence pacifique sur la péninsule coréenne. D'abord, la coexistence pacifique inclusive, fondée sur le respect mutuel. Il faut respecter le système de chaque pays, tenir compte de nos différences, tout en trouvant de nouveaux canaux de coopération pour une croissance partagée. Nous continuerons de respecter le Nord sur la scène internationale et chercherons à coopérer dans la mesure du possible. Nous espérons que les possibilités qui naîtront de cette approche toucheront des domaines comme la santé publique, la réponse aux catastrophes et la lutte contre la crise climatique. Deuxièmement, la coexistence pacifique stable qui rend le conflit inutile. Nous ferons tout pour instaurer des mécanismes de prévention des crises et de gestion des conflits. Nous rétablirons les canaux de communication fondamentaux et instaurons des relations de confiance. Ce sera le premier pas vers une coexistence pacifique stable. Troisièmement, la coexistence pacifique responsable qui contribue à la paix dans le monde. Nous irons au-delà de l'approche selon laquelle il faudrait libérer la péninsule coréenne de la guerre et des armes nucléaires pour favoriser la stabilité et la coopération en Europe de l'Asie, tout en contribuant activement aux efforts visant à libérer le monde entier de la guerre et du conflit. La tâche la plus cruciale est de mettre fin à la guerre sur la péninsule coréenne, une guerre qui dure depuis des décennies. Il faut en effet mettre en place un régime pérenne pour la paix. Depuis des décennies, les deux Corées reconnaissent la nécessité de la paix sur la péninsule coréenne. Nous discutons du meilleur moyen d'y parvenir. Fort heureusement, la détermination du président Trump a permis aujourd'hui de créer des possibilités de changement. J'espère que le dialogue longtemps suspendu entre la Corée du Nord et les États-Unis pourra reprendre sans tarder. Jetera les bases d'un dialogue entre les parties pour mettre fin à la guerre sur la péninsule coréenne et ouvrir la transition vers un régime de paix. Je suis convaincue que le dialogue. peut établir un cadre utile pour la normalisation des relations entre les parties et pour favoriser la croissance partagée que j'appelle de mes voeux, grâce à la coopération multilatérale et à la promotion de la stabilité et de la coopération en Nord-Est de l'Asie. Nous commencerons d'abord par mettre un coup d'arrêt aux avancées en matière de développement des capacités balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. Ensuite, nous aspirons à la réduction de ces capacités à moyen terme pour que à terme, la péninsule coréenne soit libérée des armes nucléaires. Ce que nous voulons, c'est jouer un rôle responsable et constructif. J'espère que les Nations unies, qui a créé un moment charnière pour la coexistence pacifique sur la péninsule coréenne il y a 35 ans, et le Conseil de sécurité, qui a préservé la paix et la stabilité de la communauté internationale depuis sa création, continuerons de jouer ce rôle également. En tant que partie directe à la paix sur la péninsule coréenne et en tant qu'artisan de la paix, mon gouvernement ne ménagera aucun effort pour que ce dialogue se pérennise. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, la performance des Nations unies ne saurait être mesurée à l'aune des chiffres et des graphiques dans ses rapports ou à l'aune des déclarations. que nous entendons dans les salles de conférence. La raison d'être des Nations Unies ne prendra tout son sens que lorsque le rire des enfants remplacera les tirs d'armes à feu, lorsque les jeunes pourront jouir des possibilités d'apprentissage, de travail, et que chacun pourra choisir la manière dont il souhaite vivre. En 2015, la communauté internationale a adopté les objectifs de développement durable. C'était un engagement pour un avenir plus radieux. Aujourd'hui, à l'approche de la date butoir en 2030, l'heure est venue d'ouvrir une nouvelle voie pour la génération future. Il faut que les jeunes générations futures puissent définir ensemble les problèmes, trouver des solutions à ces problèmes et devenir des acteurs capables de mener l'action. Il faut Donner une plus grande place aux jeunes dans les processus décisionnels en élargissant les possibilités de participation et de communication et en investissant résolument dans le potentiel de la génération future. Nous pouvons témoigner plus qu'aucun autre pays de la puissance de la solidarité qu'incarne aujourd'hui l'Organisation des Nations unies. Notre expérience en matière d'industrialisation et de démocratisation au lendemain de la guerre prouve que le monde peut produire des changements extraordinaires lorsque nous sommes animés d'un même esprit et d'un même cœur. Nous reconnecterons un monde divisé, bâtirons un avenir où personne ne serait laissé pour compte et tracerons la voie des rêves de demain. La République de Corée est prête à mener cette course pour une coexistence pacifique sur la péninsule coréenne et vers une Organisation des Nations Unies qui répond aux besoins de tous. Je vous remercie de votre attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [7:19:12]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le représentant, le président de la République de Corée. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Jennifer Simons, présidente de la République du Suriname. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je la prie de prendre la parole devant l'Assemblée. Suriname · Présidente de la République · Jennifer Simons [7:20:19]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, Mesdames et Messieurs. Monsieur le Président, permettez-moi de vous féliciter à l'occasion de votre désignation aux fonctions de président de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Je remercie aussi votre prédécesseur, pour la façon dont elle a mené la 80e session de l'Assemblée générale. Je lui souhaite les pleins succès pour l'avenir. Monsieur le Secrétaire général, alors qu'approche la fin de votre mandat, la République du Suriname salue le service dévoué que vous avez rendu à l'humanité dans le cadre de votre mandat. Nous n'oublions pas non plus votre visite au Suriname. Vous y aviez rappelé l'importance de l'engagement des Nations unies auprès de notre pays et de la région des Caraïbes. Nous vous souhaitons les pleins succès pour l'avenir. Monsieur le Président, je me tiens aujourd'hui devant cette Assemblée et je me souviens que si des efforts ont été déployés au cours de l'année écoulée depuis cette salle, Ces efforts ne sont toujours pas à la hauteur des défis que connaît notre monde. Il va nous falloir redoubler d'efforts, réaffirmer notre engagement en faveur du processus de transformation, de renforcement de l'Organisation pour rétablir la confiance, confiance que notre Organisation sera véritablement capable de ramener la paix, l'inclusion et le développement dans le monde. Le Suriname est engagée à assurer le respect du droit international. Nous dépendons en effet de l'ordre international fondé sur les règles, en l'absence duquel, comme nombre d'autres nations vulnérables, nous ne pourrions tout simplement pas exister en tant que pays souverain. L'application cohérente du droit international, le renforcement de ses institutions, est également essentielle pour maintenir la paix et la sécurité internationales, pour protéger les droits humains, et garantir le développement durable pour tous. Monsieur le Président, tel que je l'ai déjà dit, la communauté internationale connaît des incertitudes majeures, une crise de l'énergie, de la sécurité alimentaire qui entraîne de plus en plus de déplacements de par le monde, les conflits armés, continue de coûter la vie à trop d'innocents, alors que les tensions géopolitiques ne cessent de croître. Les enfants vivent aujourd'hui des horreurs inimaginables. Les Nations unies n'ont pas réussi à les empêcher ou à y mettre un terme. Nous devons y réfléchir. D'autres situations, par exemple dans le détroit d'Ormuz, nous montrent à quelle vitesse les guerres peuvent affecter le marché de l'énergie, entraîner soudainement une augmentation énorme du coût de l'énergie et ainsi affecter le développement économique et social dans tous nos pays. C'est le peuple de la rue qui souffre directement lorsqu'augmente le coût des denrées alimentaires et de l'énergie. La qualité de vie de nos populations est directement menacée par des guerres, même lorsqu'elles sont menées loin de chez nous. Nous, en tant que gouvernement, devons nous efforcer de les protéger. Par conséquent, le Suriname demande un nouvel engagement en faveur des buts et principes contenus dans la Charte des Nations Unies, à savoir le règlement pacifique des différends. Le dialogue est fondamental pour préserver un système de l'ONU solide qui a fait ses preuves. Le peuple de Cuba Un pays des Caraïbes est affecté de manière particulièrement négative par la situation dans leur pays. Le Suriname demande aux parties concernées de rester engagées en faveur du dialogue et de la négociation. Nous leur demandons de mettre un terme à l'embargo économique, commercial et financier. Nous lançons un appel en faveur de la poursuite des négociations afin d'éviter une nouvelle escalade pour parvenir à un règlement pour le bien du peuple cubain. Nous demandons aussi un soutien international durable à Haïti pour établir la sécurité, l'ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique. Le Suriname appuie des solutions qui placent le peuple haïtien en leur cœur. L'initiative ONU 80 insiste à juste titre sur la rationalisation des mandats, la cohérence institutionnelle et l'efficacité. La réforme doit protéger, améliorer la capacité d'action des Nations unies et faciliter l'utilisation du système. Mais il ne s'agit pas de réduire le soutien là où nous en avons le plus besoin. Tout aussi important, la réforme du Conseil de sécurité qui n'a que trop tardé. Le Suriname réitère donc son appel en faveur d'un Conseil plus représentatif, plus responsable, plus agissant. Pour ce qui est de l'Afrique, la République du Suriname soutient votre demande en faveur d'une représentation juste et permanente. De même, nous soulignons l'importance d'une représentation adéquate des petits États insulaires et des États côtiers en développement de faible élévation. Monsieur le Président, les partenariats régionaux et internationaux restent indispensables pour réaliser nos objectifs économiques et sociaux. Le Suriname continue en effet de travailler activement au sein de plusieurs organes et mécanismes régionaux, notamment la CARICOM, la CELAC, l'Organisation du traité de coopération amazonienne et le Consensus de Brasilia. Alors que le Suriname se prépare à assumer la présidence de la CARICOM en 2027, nous sommes aussi déterminés à renforcer encore notre partenariat à l'échelle mondiale dans différents domaines d'intérêt commun. Nos priorités régionales sont tout à fait concrètes. Sécurité alimentaire, énergétique, résilience climatique. Amélioration de la connectivité. Déplacement des personnes. Qualifié transport des marchandises et des services autant d'éléments essentiels à notre intégration économique et essentielle à notre capacité à supporter les chocs extérieurs. Monsieur le Président. La quête de justice réparatrice a gagné en force avec l'adoption de la résolution sur l'esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains, adoptée en mars de cette année ici même. Il s'agit d'un fait important pour le Suriname et tout aussi important pour l'ensemble des pays de la Caraïbe. Il ne s'agit plus de savoir si l'esclavage et le colonialisme ont eu des conséquences durables, des conséquences négatives. Nous savons que ces conséquences sont là, nous les vivons. Nous devons faire en sorte de venir à bout de ces conséquences et nous demander quelle forme devrait prendre la réparation. Comment Des pays qui ont bénéficié de l'esclavage et du colonialisme vont-ils compenser les pays affectés? Telle est la question la plus importante maintenant. C'est ainsi que le point en 10 plans de la CARICOM pour la justice réparatrice revêt maintenant la plus haute importance. Monsieur le Président, le Suriname occupe une place unique. Nous sommes un pays neutre au plan carbone. Nous sommes le pays avec le couvert forestier le plus important au monde, 90 % de couvert forestier. Les pays à forte forestation et à faible déforestation, tout comme le Suriname, ne devraient pas avoir à perdre leurs forêts pour que les institutions de financement climatique reconnaissent la valeur de la protection de ces forêts. Le coût de la conservation ne peut pas être uniquement assumé par les pays qui protègent les écosystèmes dont les avantages bénéficient au reste du monde. Par conséquent, je continuerai de plaider en faveur de financements climatiques justes et efficaces parce que nos forêts sont soumises à plus de pression cette année que lorsque je me suis adressée à l'Assemblée l'année dernière. Je disais alors que les forêts étaient confrontées à une concurrence des ressources telles que l'or, les diamants et d'autres minéraux précieux. Nous sommes cependant maintenant face à une nouvelle menace de peuples qui veulent aussi déboiser une partie de notre forêt pour développer l'agriculture à grande échelle. Nous allons devoir l'empêcher. Maintenant, mon gouvernement est en train d'introduire des mesures juridiques et institutionnelles destinées à mieux protéger nos forêts et l'environnement qui est celui des peuples autochtones et des communautés tribales. Leurs connaissances, leur participation sont essentielles à toutes les étapes du développement. L'année dernière, à cette tribune, je disais que la diversité du Suriname doit être relevée. Alors même que la diversité est bien trop souvent manipulée pour semer la division, le Suriname a fait le choix de reconnaître l'histoire distinctive de son peuple tout en consolidant son unité, sa responsabilité commune pour l'avenir. Notre expérience nous permet d'affirmer que la diversité, lorsqu'elle est ancrée dans l'égalité, le respect mutuel et une participation digne de ce nom, La diversité n'est pas synonyme d'adversité. Elle est source de résilience et de prospérité nationale. Le mois dernier, la République du Suriname célébrait son premier mois du patrimoine national sous le thème "Hoe jeer je samakwamen, hoe is samen verdergaan", à savoir "Peu importe Comment nous sommes arrivés ici, c'est unique. Nous allons de l'avant. Cette initiative a été conçue non pas simplement pour célébrer notre culture et notre diversité, mais il s'agit d'une initiative nationale axée sur l'inclusion, le respect mutuel et l'unité. Ce processus a aussi son importance pour la communauté mondiale. Monsieur le Président, Le développement des ressources naturelles offshore du Suriname, ces ressources naturelles, pétrole et gaz notamment, offrira des possibilités importantes d'accélérer le développement national et d'améliorer le bien-être de notre peuple. Et pourtant, nous sommes aussi conscients du fait que le pétrole et le gaz ne peuvent pas, ne devraient pas devenir le seul fondement de notre économie. Notre approche est donc claire. Nous devons transformer ces richesses temporaires en une prospérité nationale durable, en utilisant les recettes tirées de ces ressources de manière stratégique pour renforcer notre économie, la rendre plus résiliente grâce à la diversification. Qui plus est, nous devrons améliorer notre sécurité énergétique. Bien que nous soyons en train de préparer le traitement du gaz à terre, les énergies renouvelables feront partie de notre bouquet énergétique national. Monsieur le Président, outre la transition économique énergétique attendue, nous devons aussi nous préparer à la transformation portée par l'intelligence artificielle. Mais pour autant, que l'on puisse utiliser l'IA de manière responsable. et contrôlée. Alors, le Suriname pourra bénéficier des débouchés qu'offre cette technologie et en atténuer les risques. Donc, nous nous y préparons. Pour revenir aux Nations unies, il ne nous reste que quatre ans pour atteindre les objectifs de développement durable. Nous pouvons nous demander si nous n'avons peut-être pas été trop ambitieux ou si nous aurions dû faire bien plus. La volonté politique, la paix internationale et une mise en œuvre accélérée s'imposent, accompagnée de financements, de technologies, de partenariats aboutissant à des résultats mesurables. Tout aussi important, nous devons disposer d'un mécanisme portant sur les engagements mondiaux de l'après 2030. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants, pour conclure, alors que les Nations Unies s'attaquent à bras-le-corps aux changements au plus haut niveau, les réalités actuelles, les mandats adoptés exigent que le ou la prochaine Secrétaire Générale réaffirme son engagement en faveur du multilatéralisme, du dialogue et de l'État de droit. Nombre de candidats et candidates capables, notamment des femmes de premier plan, ont assumé ce défi, ont présenté leur programme. Et pour la première fois de l'histoire, nous avons une candidate des Caraïbes. La CARICOM appuie pleinement cette candidature. Nous vivons un moment de l'histoire où la confiance dans les Nations unies doit urgemment être rétablie. Nous nous efforçons, au Suriname, de protéger nos forêts, d'utiliser nos richesses naturelles de manière responsable. Nous voulons renforcer la communauté des Caraïbes et promouvoir le dialogue. Nous, le Suriname, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir et demandons aux membres les plus influents des Nations unies de nous aider à préserver la paix, à faire en sorte que la paix règne dans le monde. En effet, seules des Nations unies unies, capables de préserver la paix et la sécurité internationales, pourront agir pour tous. Je vous remercie. Grantani, que Dieu vous bénisse. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [7:36:00]: Au nom de l'Assemblée, Je remercie la présidente de la République du Suriname. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Julius Maada Bio, président de la République de Sierra Leone. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence à la tribune. l'invite à prendre la parole devant l'assemblée. Sierra Leone · Président de la République · Julius Maada Bio [7:36:57]: Monsieur le président de l'assemblée générale, Monsieur le secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, j'adresse mes félicitations à Son Excellence Khalilur Rahman, pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Le président Rahmane assume ses fonctions au moment où nous avons besoin d'une direction guidée par des principes et faisant preuve de constance. Il peut compter sur le plein soutien de mon pays. Je rends également hommage à Son Excellence le Secrétaire général, Antonio Guterres, qui entame les derniers mois de son mandat. Il a exercé ses fonctions avec constance et une vision claire des principes moraux à défendre. Il a eu le courage de dire des vérités difficiles. Je salue également Son Excellence Amina Mohammed, vice-secrétaire général, pour les services exemplaires rendu à l'organisation et la manière dont elle a représenté l'Afrique sur la scène internationale. Monsieur le Président, il y a près de 25 ans, la Sierra Leone achevait son processus de désarmement et déclarait officiellement la fin de la guerre civile. Cette déclaration officielle compte, bien sûr, Mais la paix s'est concrétisée de manière beaucoup plus pratique au quotidien, lorsque les familles ont pu rentrer chez elles, lorsque les communautés ont réappris à vivre ensemble, que les citoyens aient pu prendre le chemin des urnes et que les institutions ont retrouvé la confiance de la population. lentement mais sûrement. L'ONU s'est tenue à nos côtés tout au long de ce processus de désarmement, pendant le processus électoral également, dans ce long cheminement dont le but était de consolider la paix. Nous savons ce que peut accomplir la coopération internationale car nous l'avons vécue. L'expérience nous a enseigné que la confiance ne se décrète pas. La confiance grandit lorsque les promesses sont tenues, lorsque la loi protège tout un chacun, lorsque les institutions sont au service de la population et lorsque les citoyens peuvent se projeter dans l'avenir. La CLERON a tiré les enseignements de cette expérience et les soumet aujourd'hui à l'Assemblée à une époque où la confiance entre les nations, la confiance dans les institutions et dans la coopération multilatérale est profondément mise à mal. Le thème choisi pour cette année, rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous, est important, mais le plus important dans ce titre, c'est la dernière partie, pour tous. au service de tous. C'est là qu'elle a le plus de poids. La question que pose cette expression, ce n'est pas seulement s'il a une peu d'agir, mais sur qui ses actions ont-elles un impact, quelle voix façonne ses actions et la dignité de qui ses actions protègent-elles. Une institution peut agir rapidement tout en manquant néanmoins à ses missions envers les personnes qu'elle est censée servir. Si nous voulons être à la hauteur de la Charte des Nations Unies dans les résultats que nous obtenons, il faut que nous puissions atteindre les personnes les plus éloignées du pouvoir et que nous reconnaissions l'égale valeur de chaque nation et de chaque vie humaine. C'est à l'aune de cette norme que le monde va nous juger. Mais cette norme, pour Prendre vie requiert la confiance. Or, la confiance est la monnaie du multilatéralisme. La confiance, quant à elle, s'acquiert lorsque la loi protège les vulnérables avec autant de fermeté qu'elle encadre les puissants. Le droit international ne peut pas et ne doit pas changer en fonction de la géographie ou s'infléchir en fonction de l'identité de l'accusé. Au Moyen-Orient, la Charte des Nations unies et le droit international doivent nous guider. Les civils doivent être protégés, l'accès humanitaire garanti, l'agression et l'occupation doivent prendre fin et la liberté de navigation doit être préservée. Le droit inaliénable du peuple palestinien à l'autodétermination doit être réalisé grâce à la création d'un État viable. un état de Palestine vivant côte à côte avec l'état d'Israël dans la paix et la sécurité. Ce même engagement vers la paix nécessite des progrès en matière de désarmement nucléaire et de non-prolifération, là encore par la voie de la diplomatie. Au Soudan, les civils continuent de subir des atrocités et sont déplacés, ce qui montre l'action lorsqu'elle est tardive et coûteuse. La Sierra Leone appelle donc à la protection, à l'accès humanitaire sans entrave, à la reddition de comptes et à un processus politique dirigé par les Soudanais eux-mêmes, préservant la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriales du pays. Dans l'est de la République démocratique du Congo, les accords conclus n'ont pas encore réussi à faire taire les armes, n'ont pas non plus permis aux millions de personnes déplacées de rentrer chez elles. Dans l'Afrique de l'Ouest et au Sahel, le terrorisme se nourrit de la pauvreté, de l'exclusion, du chômage et de la faiblesse des institutions. Ces conflits n'ont peut-être pas les mêmes sources et ne se tiennent pas dans les mêmes circonstances, mais ils alertent contre la même chose. L'action militaire peut contenir et endiguer une menace, mais elle ne peut en aucun cas conduire à une paix pérenne. Lorsque la faim, l'exclusion et le désespoir s'aggravent, l'insécurité prend racine. Le lien entre la paix et le développement doit donc être reconnu, pas seulement dans des résolutions, mais dans les budgets, il doit y figurer. En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint près de 2,9 1000 milliards de dollars américains, une 11e augmentation annuelle consécutive. Les nations, certes, ont des besoins de sécurité légitimes, mais la vitesse avec laquelle le monde trouve des ressources pour alimenter la guerre met en lumière un déséquilibre grave dans nos priorités. La crédibilité du droit international dépend également de ceux qui ont leur mot à dire dans l'application de ce droit international. Or, cette crédibilité faiblit lorsque les institutions à qui l'on a confié la responsabilité de préserver ce droit international distribuent les pouvoirs de manière inégalitaire. Le Conseil de sécurité est le reflet du monde de 1945. L'Afrique, pourtant, abrite 1,6 milliard de personnes et figure à l'ordre du jour du Conseil, mais n'a toujours pas de siège permanent. L'Afrique ne cherche qu'à occuper la place qui lui revient au sein du Conseil de sécurité, qui ne peut être pleinement légitime ou efficace lorsqu'un continent dans son intégralité en rester écartés de manière permanente. Aucune solution globale ou durable sur la paix, le climat, l'alimentation, l'énergie ou la technologie ne saurait être trouvée sans la participation de l'Afrique. La position africaine commune, incarnée par le consensus des Zélunis et la déclaration de Syrte, appelle à la création d'au moins deux sièges permanents pour l'Afrique avec tous les droits et privilèges. qui y sont associés, y compris le droit de veto si celui-ci est maintenu, et cinq sièges non permanents. En tant que coordonnateur du comité des 10 de l'Union africaine, la Sierra Leone continuera de promouvoir cette position. Des années de négociations intergouvernementales sans réaliser cette réforme mettent aujourd'hui à l'épreuve la crédibilité du processus. Avant la conclusion de cette séance, les États membres devraient Avant la conclusion de cette session, les États membres devraient se doter d'un modèle consolidé, comme nous nous y sommes engagés dans le Pacte pour l'avenir. La Sierra Leone a occupé un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité en 2024 et en 2025 et a œuvré à ce titre à l'unification des positions. Nous avons joué le rôle de pont malgré les divisions au Conseil. Nous avons incarné la voix de la raison. Nous avons convoqué le premier débat au niveau du Conseil de sécurité sur la rectification de l'injustice historique infligée à l'Afrique, placer l'insécurité alimentaire liée au conflit au cœur de son ordre du jour et, avec le Guyana, co-rédiger une résolution adoptée à l'unanimité, la résolution 2807 sur la jeunesse, la paix et la sécurité, renforçant ainsi le rôle des jeunes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix. Monsieur le Président, la représentation ne prend tout son sens que lorsqu'elle change la donne, lorsqu'elle améliore la vie au quotidien. Le déséquilibre au sein du Conseil de sécurité est également présent dans les institutions financières internationales, dont les structures portent toujours l'empreinte d'une époque révolue. Les pays en développement ont besoin d'un droit de vote plus équitable, d'une représentation plus forte et d'un capital accru au sein de ces institutions. Ils doivent aussi pouvoir accéder à des financements plus abordables, à des ressources accordées à titre concessionnel et à un traitement plus équitable en matière d'endettement. Ils doivent aussi participer sur un pied d'égalité à l'élaboration des règles de fiscalité internationale. Nous sommes donc favorables à la convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale. À travers l'ECOSOC, nous défendons la création d'un système de développement qui réponde plus efficacement aux priorités de l'Afrique. Rétablir la confiance et obtenir des résultats pour tous pas ceci par la mise en place d'une véritable justice de réparation. En mars, l'Assemblée a adopté une résolution à l'initiative du Ghana, appuyée par l'Union africaine et la Communauté des Caraïbes, reconnaissant le trafic et l'esclavage dont ont souffert les Africains comme le crime le plus grave contre l'humanité. Pour nous, l'histoire n'est ni une abstraction, ni quelque chose de distant. Des milliers d'Africains ont été transportés de force en tant qu'esclaves. Freetown, notre capitale, est devenue le lieu où se sont réfugiés les anciens esclaves, les Africains libérés. Cette histoire est indissociable de notre identité. Toutefois, les conséquences de l'esclavage n'ont pas pris fin avec l'abolition. Elles continuent de se faire ressentir dans les disparités de richesse, de pouvoir, et d'opportunités, et ce dans le monde entier. La justice de réparation est donc non pas un acte de charité, mais une reconnaissance, une prise en compte formelle des torts infligés pour le retour de notre patrimoine culturel et pour une garantie de non-répétition. Nous sommes aux côtés de l'Afrique, des Caraïbes et de la diaspora africaine dans son ensemble, dans la défense de cette cause. Ce que nous voulons, ce n'est pas rester prisonniers du passé, mais bâtir un avenir plus juste et plus équitable. Le même principe d'équité s'applique aux minéraux essentiels de l'Afrique. Ces ressources minérales essentielles sont indispensables pour la transition énergétique mondiale. Aujourd'hui, hélas, c'est ailleurs que la valeur que représentent ces ressources est ajoutée. Des chaînes de valeur plus équitables, le traitement à la source, le transfert des technologies et la mise à échelle locale des activités industrielles formera ces richesses naturelles en compétences, en économie plus forte et en espoir pour nos jeunes. La transition verte ne doit pas reproduire les erreurs du passé, l'extractivisme. Pour les jeunes, c'est un besoin immédiat. Une jeune personne sans travail, sans perspective, sans possibilité de se projeter dans l'avenir, deviennent vulnérables face aux trafiquants, face à ceux qui essayent de leur faire emprunter des chemins dangereux, notamment en Méditerranée. Les emplois, les compétences et la dignité sont donc partie intégrante de toute politique visant la paix et le développement. La Sierra Leone ne demande pas au monde de lui donner quelque chose qu'elle n'exige pas d'elle-même. Ces principes, nous nous les appliquons à nous-mêmes. Grâce au programme Feed Salone, nous accroissons la production alimentaire à l'échelle nationale et renforçons ainsi la sécurité alimentaire. Grâce à la promulgation en 2024 d'une loi sur l'interdiction du mariage précoce, Nous avons proclamé le 27 novembre, Journée internationale pour l'élimination du mariage forcé précoce et des enfants. Une petite fille en Sierra Leone n'est pas moins précieuse qu'une petite fille n'importe où ailleurs. Protéger cette enfance, cette éducation et cette liberté, c'est aussi lié au développement. L'avenir de cette petite fille, tout comme l'avenir de chaque jeune personne, sera façonné par des forces qui sont assez puissantes pour remodeler notre monde: changement climatique, intelligence artificielle et transition énergétique. L'intelligence artificielle peut certes améliorer l'éducation, la santé, l'agriculture et l'administration publique, mais elle peut aussi creuser les inégalités si l'infrastructure, les connaissances et les règles qui la régie reste concentrée dans une poignée de pays. Les pays en développement doivent pouvoir contribuer à l'élaboration des normes qui détermineront la manière dont ces technologies vont fonctionner à l'avenir. Quant au changement climatique, il pose la même question morale, qui en tire parti, qui décide, qui paye? à Shenge, sur la côte sud de la Sierra Leone, des familles assistent progressivement à l'érosion des terres, à l'épuisement des ressources halieutiques. La mer prend tout, jusqu'aux tombes de leurs ancêtres. Pour eux, les changements climatiques, c'est la disparition de leur foyer. Aujourd'hui, maintenant, ceux qui ont le moins contribué à cette crise climatique, on paye le prix fort aujourd'hui. Les financements de l'action climatique doivent être accessibles et prévisibles. Il faut assurer le soutien à l'adaptation et créer des modalités effectives en matière de pertes et préjudices. Ce sont des obligations. Il s'agit de justice. Ce sont aussi des investissements dans la stabilité mondiale. L'équité en matière de transformation dépend des institutions qui nous régissent aujourd'hui. C'est pourquoi nous soutenons l'initiative ONU 80 et les réformes qui rendent cette organisation plus efficace, plus responsable et plus réactive. L'efficience compte et la réforme doit préserver la capacité d'agir de l'organisation. Le choix du nouveau secrétaire général offre aussi la possibilité de gagner en efficacité. En 80 ans, nous n'avons eu que des secrétaires généraux hommes. Mais nous le savons, les femmes qui ont présenté leur candidature à ce poste sont hautement compétentes. Ces compétences n'ont jamais été contestées. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est faire preuve de volonté pour que l'égalité devienne réalité et qu'une femme se voit enfin confier ce poste de direction à la tête de l'organisation. Notre insistance sur la nécessité pour les Nations Unies de gagner en efficacité et tirer de notre expérience. En effet, pour nous, l'organisation fait partie de notre histoire, car l'organisation était à nos côtés lorsque le pays était en lambeaux. L'Organisation des Nations Unies nous a aidés à conclure une paix durable. Un petit État dans cette salle a le même pouvoir qu'une grande puissance, aussi imparfaite qu'elle soit. Cette égalité reste une des promesses les plus audacieuses de l'humanité. Nous continuerons aussi de tout faire pour appuyer les institutions de justice internationale. À cet égard, nous avons présenté la candidature du professeur Charles Cherno Diallo, un juriste international de renom, entérinée par l'Union africaine et la Cedeao. Cette candidature vise à le faire élire à la Cour internationale de justice en tant que juge. Nous vous demandons respectueusement de lui apporter votre soutien lors de l'élection qui se tiendra le 3 novembre prochain. Monsieur le Président, l'ONU a été créée dans un monde où les pouvoirs étaient distribués inégalement. Néanmoins, l'ONU repose sur une idée radicale. Bien que les nations varient en taille et en force, la valeur humaine de leur population reste la même. Une ONU qui soit au service de tous, c'est ce qui rend cette égalité réelle en dehors de cette salle. Il y a près de 25 ans, la Sierra Leone mettait sa confiance dans la paix en croyant en un avenir meilleur. Que cette session nous permette de donner raison à ceux qui croient encore en la coopération qui croient encore que le droit compte et ceux qui ont promis de GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [8:00:00]: apporter un avenir meilleur. Le mot pour tous ne devrait pas rester une simple déclaration dans le thème choisi pour cette Assemblée. Il doit devenir réalité. Merci. Je remercie le président de la République de la Sierra Leone. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de son président, Zdenis Beširović, président du Collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Bosnia and Herzegovina · Président du Collège présidentiel · Zdenis Beširović [8:01:15]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale des Nations unies, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Excellence, Mesdames et Messieurs, C'est à la fois un honneur et un plaisir pour moi de m'adresser à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies au nom de la Bosnie-Herzégovine. Nous sommes le symbole d'une nation qui a survécu à bien des difficultés, mais qui n'a jamais perdu le cap et continue d'avancer vers un avenir meilleur. Entre 1992 et 1995, mon pays a fait l'objet d'une agression d'entreprise criminelle commune, d'un génocide contre les Bosniaques, de crimes contre l'humanité et autres crimes de guerre. À la fin de l'agression, en 1995, des forces destructives se sont efforcées, au travers de blocus, d'obstructions et par d'autres moyens, de mettre un coup d'arrêt au progrès en Bosnie-Herzégovine. Ils ralentissent notre progression vers un État européen moderne, mais ils ne peuvent pas nous stopper. Aujourd'hui, la Bosnie-Herzégovine est à la porte de l'Union européenne et de l'OTAN. Tels sont nos objectifs stratégiques en matière de politique étrangère, définis à l'unanimité par les autorités de l'État de la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, d'aucuns cherchent encore à réaliser des projets vis-à-vis d'autres États aux dépens du territoire de la Bosnie-Herzégovine. Pendant l'agression, ils ont attaqué notre pays par les voies militaires. Aujourd'hui, Ils le font par les voies politiques, diplomatiques et autres. Il est extrêmement important de noter que les tribunaux de l'ONU ont défini la nature de la guerre menée contre la République de Bosnie-Herzégovine. Les jugements définitifs, y compris ceux portant sur des entreprises criminelles communes, ont établi qu'il s'agissait bien d'un conflit armé international. Les jugements des tribunaux les plus élevés des Nations Unies ont établi qu'il y a eu génocide contre des Bosniaques. Des jugements ont aussi été rendus sur les politiques impliquant d'autres États qui, au travers d'entreprises criminelles communes, s'efforçaient de diviser et de détruire la Bosnie-Herzégovine. et un État indépendant, souverain, indivisible et internationalement reconnu. Mesdames et messieurs, nous vivons dans un monde d'injustice, d'insécurité et d'intolérance. La montée en puissance des populismes autoritaires, l'agression contre l'Ukraine, les souffrances infligées à Gaza, la guerre dans le Golfe, la situation catastrophique au Soudan et d'autres points chauds ont plongé l'humanité dans une crise profonde caractérisée par une grande incertitude et la peur. Nous ne devons pas rester silencieux face à l'injustice. Le monde n'a pas répondu de manière adéquate à l'agression contre l'Ukraine et au génocide contre les Palestiniens à Gaza, tout comme le monde n'avait pas répondu de manière adéquate face à l'agression contre la Bosnie-Herzégovine. L'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine est un exemple flagrant de violation de la Charte des Nations unies et du droit international, alors que Gaza est le plus grand échec de l'humanité au 21e siècle. Les principales crises mondiales sont interconnectées et ont des racines communes, à savoir l'érosion du droit international, le mépris du droit international ne peut pas mener le monde à la prospérité et à un avenir meilleur. Mesdames et Messieurs, si l'on n'identifie pas les causes de la crise auquel est confrontée notre humanité aujourd'hui, nous ne pourrons pas régler ces problèmes. La force ne peut pas être source de progrès pour l'humanité. Au lieu de la force, nous avons besoin de respect, d'un renforcement des normes internationales existantes, des règles, des institutions que nous avons édifiées sur plus de 80 années. Le système multilatéral aujourd'hui est confronté à un problème de taille, une crise de la confiance institutionnelle. La confiance s'érode parce que certains acteurs de la communauté internationale sapent les valeurs consacrées dans la Charte des Nations unies. L'avenir de l'humanité ne passent pas par la violence et les violations des droits humains. Les conflits et les guerres ne sont pas le but auquel aspire notre civilisation. Faisons advenir une culture du dialogue, de la coopération, de la paix. Dans ce contexte, il me semble de la plus haute importance de réaffirmer l'importance de la Charte des Nations Unies, revitaliser le rôle des Nations Unies en tant que centre mondial de coordination et de coopération, soutenir le processus de réforme et asseoir la crédibilité de l'Organisation des Nations unies, réaliser de manière cohérente l'ensemble des ODD, bâtir la confiance mutuelle, assurer l'inclusivité, une vision démocratique du leadership, renforcer la diplomatie préventive, alors que les tensions se multiplient, tout comme les conflits. Respectons le droit international. Faisons en sorte que ce droit international, l'appel à la solidarité, le développement durable, la justice, soit le chemin que nous empruntons ensemble. Mesdames et messieurs, en Bosnie-Herzégovine, nous demandons à l'ensemble des États membres des Nations unies de se concentrer sur la réaffirmation des relations entre États sur la base du droit international, le respect des droits humains et des libertés fondamentales, la promotion de la paix et du progrès social, la lutte contre les discours de haine et toutes les formes de discrimination, le renforcement des politiques de prévention du génocide, des crimes contre l'humanité et autres crimes de guerre, la promotion des droits des femmes et des enfants et le renforcement de l'égalité de genre, l'amélioration des soins de santé et l'éducation. Le monde doit revenir aux principes fondamentaux sur lesquels a été créée l'Organisation des Nations Unies, le respect de la dignité humaine, l'égalité souveraine des États, le règlement pacifique des différends, le respect du droit international. Il ne s'agit pas là de propositions dénuées de tout réalisme, non. Il s'agit des seuls fondements possibles dans un monde stable. La Bosnie-Herzégovine est un membre fiable et responsable des Nations unies. J'aimerais notamment rappeler que la Bosnie-Herzégovine est consciente des changements climatiques et déterminée à contribuer aux efforts déployés à l'échelle mondiale, attachée à la transition vers les énergies renouvelables et à la réduction des émissions de gaz nocifs, et déterminée à lutter contre toutes les formes de terrorisme. En Bosnie-Herzégovine, nous savons que la paix ne peut pas être considérée comme acquise. La paix doit être préservée chaque jour. Elle exige la responsabilité des dirigeants politiques, le respect du droit et une disposition au dialogue. Nous ne pouvons pas appliquer certaines normes pour les grands États et d'autres pour les petits États. Si nous voulons préserver la confiance dans l'ordre international, les règles que nous établissons ensemble doivent s'appliquer à tout un chacun. Mesdames et Messieurs, la Bosnie-Herzégovine est le seul pays en Europe où un génocide a été commis après la Seconde Guerre mondiale. En mai 2024, l'Assemblée générale des Nations unies adoptait la résolution désignant le 11 juillet comme journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de 1995 de Srebrenica. Cette résolution est le reflet d'un acte éminemment moral, digne de la civilisation, un acte de l'Assemblée générale des Nations unies. La résolution adoptée est aussi importante pour l'ONU que pour la Bosnie-Herzégovine. Il est particulièrement dangereux que les dirigeants de la République de Serbie glorifient ce criminel de guerre condamné qu'est Radko Mladic. Ce monstre, Radko Mladic, n'est pas un héros. C'est un criminel de guerre condamné. La glorification institutionnelle de ce criminel de guerre est un acte contraire à la civilisation, un acte inacceptable. Il équivaut à Associer les dirigeants de la Serbie aux pires bouchers de l'histoire de l'Europe, cela montre que la Serbie n'a pas renoncé à l'idéologie, aux politiques qui ont mené à l'agression et au génocide. Il s'agit d'une atteinte directe contre les valeurs des Nations Unies, dont la Cour a rendu un jugement définitif contre ce criminel de guerre. Permettez-moi de vous rappeler que la Serbie est le seul État au monde dont une Cour des Nations unies a conclu qu'il avait violé la Convention des Nations unies sur la prévention et la répression du crime de génocide. Je demande aux Nations unies et à l'Union européenne et à d'autres acteurs internationaux de condamner sans ambages cette conduite et de prendre des mesures concrètes contre ceux qui glorifient de manière institutionnelle des criminels de guerre condamnés. Malheureusement, l'idéologie des politiques qui ont abouti au génocide contre les Bosniaques continue de menacer la Bosnie-Herzégovine. Depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, je tiens publiquement à mettre en garde la communauté internationale. Les dirigeants actuels de l'entité bosniaque de la République srébska continuent de menacer Les dirigeants de l'entité bosniaque de Republika Srpska continuent de menacer la paix et la sécurité de la Bosnie-Herzégovine dans la région. Nous devons mettre un terme à cette politique destructive ensemble. Les victimes du génocide, les employés du Centre pour la mémoire de Srebrenica sont confrontés à des pressions inacceptables imputables à la police de la Republika Srpska. Nous ne pouvons pas permettre que la police et d'autres institutions de la Republika Srpska qui a commis un génocide contre les Bosniaques, menace aujourd'hui les survivants, ceux et celles qui préservent la mémoire des victimes du génocide. Ceux qui cherchent à détruire les accords de paix de Dayton essaient de faire le lit de la sécession de l'entité bosniaque République Srpska. Ils vont multiplier leurs activités dans le but d'affaiblir et de détruire le mandat du représentant de la communauté internationale, qui est aussi envisagé dans l'accord de paix de Dayton. Ils vont chercher à affaiblir l'institution de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine et essayer de saisir les propriétés d'État de la Bosnie-Herzégovine, contrairement à ce que prévoient le droit national et international. Mesdames et Messieurs, La Bosnie-Herzégovine est un état invincible. Aucune carte du sud-est de l'Europe sur les 1000 dernières années ne fait pas figurer la Bosnie-Herzégovine. Elle s'y trouve partout. La Bosnie-Herzégovine abrite des peuples épris de paix qui tiennent plus qu'à leur propre vie. Enfin, en tant que président du Conseil présidentiel de la Bosnie-Herzégovine. Je suis fière du peuple courageux de Bosnie-Herzégovine, un peuple qui a subi l'injustice et pourtant il continue de lutter pour la justice. Un peuple victime de mensonges et qui pourtant continue de se battre pour la vérité. Ce peuple appuie la lutte pour la justice, la liberté, la dignité humaine partout dans le monde. Tel est le peuple honorable et fier de ma terre, la Bosnie-Herzégovine. Je vous remercie pour votre attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [8:15:05]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la présidence ou du collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine. l'assemblée va maintenant entendre une allocution de son excellence Sylvanie Burton présidente du Commonwealth de la Dominique je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner à la tribune et l'invite à prendre la parole devant l'assemblée Dominica · Présidente du Commonwealth de la Dominique · Sylvanie Burton [8:16:01]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, ma brica, bon après-midi à toutes et à tous. Je vous salue aujourd'hui au nom du peuple et du gouvernement de la Dominique. Je vous félicite d'abord, Monsieur le Président, pour votre élection. et vous félicite aussi pour le thème choisi à l'occasion de l'ouverture de cette 81e session de l'Assemblée générale. Le thème, c'est rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous. Un thème qui résonne fort à l'heure où nous devons affronter un certain nombre de défis à l'époque où nous vivons une transformation profonde. La technologie change la manière dont nous travaillons, dont nous communiquons et la manière dont nous comprenons, nous appréhendons le monde. Le changement climatique refaçonne les économies, les communautés et les écosystèmes. Des conflits détruisent et déplace des familles entières. L'incertitude économique accroît les inégalités alors que les progrès en matière d'objectifs de développement durable stagnent. Ces défis ne surviennent pas isolément. Ils sont interconnectés, ont une portée mondiale et ne sauraient être relevés par une nation seule. Il nécessite des modes de coopération plus solides et un regain de confiance dans le multilatéralisme. Mais aujourd'hui, l'action collective est en plus urgente que jamais. L'organisation se trouve à la croisée des chemins. La question qui se pose est donc la suivante avons-nous le courage et pouvons-nous faire preuve de solidarité et de volonté politique pour façonner ce changement et guider le monde vers la paix, la justice et une prospérité commune? Je suis convaincue que les plus éclairés d'entre nous seront d'accord pour dire que le système des Nations unies a produit des résultats substantiels pour tous les pays au cours des décennies. de son existence. Depuis plus de 80 ans, en effet, l'organisation incarne la plus haute aspiration collective que les pays, petits ou grands, riches ou pauvres, puissent travailler ensemble pour prévenir les conflits, protéger la dignité humaine et améliorer les conditions de vie des populations. L'ONU fournit un abri et une protection aux populations qui traversent des conflits, subissent des déplacements ou les conséquences des catastrophes naturelles. L'ONU soutient l'éducation, la santé, le maintien de la paix, les processus électoraux et le développement dans des communautés qui pourraient, sans son aide, tomber dans l'oubli. Ses réalisations comptent et ne doivent ni être minimisées ni être écartées. Ce que l'ONU ne fait pas encore assez, c'est produire des résultats à la hauteur des transformations nécessaires. Bien trop souvent, l'humanité et les institutions que nous avons créées à notre service se focalisent sur la gestion des crises, l'une après l'autre, en négligeant les conditions qui permettent à ces crises de survenir encore et encore. Excellence, il ne fait nul doute que la gestion des crises est indispensable. C'est ce qui soulage les souffrances, rétablit l'espoir et sauve des vies. Mais nous ne pouvons pas nous arrêter là. Notre responsabilité réside aussi dans notre capacité à nous attaquer aux causes profondes de ces problèmes pour bâtir des systèmes plus justes, plus forts et mieux à même de répondre aux besoins de nos populations. La véritable épreuve pour notre organisation ne réside donc pas seulement dans notre capacité à bien réagir une fois que les populations ont souffert. Elle consiste aussi à savoir si nous pouvons travailler ensemble pour que ces souffrances soient évitées. Il ne s'agit pas de balayer d'un revers de main les progrès accomplis. Rien de tel. C'est un appel à faire fond sur les progrès réalisés Un appel à renforcer la coopération et à apporter les changements véritables que nos populations attendent de nous. Une question fondamentale se pose aujourd'hui. Le système international peut-il encore produire des résultats? Pour la Dominique, il ne s'agit pas là d'une question abstraite. Lorsqu'un ouragan détruit nos infrastructures, lorsque le prix des ressources énergétiques augmentent, lorsque l'accès à la capitale devient plus coûteux, lorsque les marchés mondiaux fluctuent ou lorsque nous n'arrivons plus à accéder au financement de l'action climatique, nous en ressentons les conséquences immédiatement, chez nous, dans nos maisons, dans nos entreprises, dans nos écoles, nos hôpitaux, au quotidien. dans les conditions de vie de notre population. Et pourtant, aujourd'hui, je ne veux pas parler de vulnérabilité uniquement, je veux vous parler de transformation, de résilience. La Dominique a fait un choix. Nous avons opté pour la reconstruction, mais de manière différente. Nous avons choisi de construire en mieux, en plus fort. Nous avons choisi de ne pas nous contenter de l'adaptation au changement climatique. Ce que nous voulons, c'est démontrer ce que peut accomplir une économie et un pays résilients face au climat. Et nous avons choisi de passer de la dépendance à une plus grande autonomie. En 2017, l'ouragan Maria, un ouragan de catégorie 5, avait frappé avec force des petits États insulaires comme le nôtre. Les conséquences humaines et économiques de cet ouragan ont été colossales. L'ouragan Maria nous a pourtant enseigné une leçon importante. La résilience ne doit pas être construite ou instaurée après la survenue d'une catastrophe. C'est avant la catastrophe qu'il faut commencer à investir dans la résilience. La communauté internationale doit donc passer d'un modèle qui finance la reconstruction au lendemain des catastrophes vers un modèle qui investit systématiquement dans la résilience avant la survenue des catastrophes, en amont. Pour la Dominique, cela signifie construire des routes et des ponts résistants, des bâtiments résistants, des communications fiables, des systèmes d'approvisionnement en eau modernes, une infrastructure de santé plus forte et des communautés prêtes à affronter les catastrophes. Mais la résilience n'est pas physique uniquement. Un pays résilient doit se doter d'institutions résilientes, de finances publiques résilientes, de systèmes énergétiques résilients, de systèmes alimentaires résilients. Et surtout, une nation résiliente doit avoir une population dotée des compétences et de la confiance lui permettant d'affronter les chocs et d'avancer. Et c'est le pays que nous sommes en train de construire. La Dominique a en effet entamé sa transition vers les énergies renouvelables. Nous avons une centrale géothermique en fonctionnement actuellement et nous accroissons progressivement notre part d'énergies renouvelables dans la production d'électricité. Nous sommes à 80 % actuellement environ et nous devrions atteindre les 100 % d'énergies renouvelables d'ici à 2030. mais il s'agit là d'un projet qui n'est pas seulement de nature énergétique, il s'agit d'un projet de transformation économique qui démontre que les petits États peuvent mener cette transition vers l'énergie propre. Chaque baril de pétrole que nous n'avons plus besoin d'importer renforce notre résilience face aux chocs internationaux. Chaque unité d'électricité propre que nous produisons renforce notre sécurité énergétique. L'énergie abordable, fiable, peut jeter les bases d'une nouvelle industrie, de nouveaux investissements, de nouveaux emplois et d'une plus grande capacité à concurrencer. Cet enseignement est important au-delà de la Dominique. Ce qu'il nous faut, c'est un système financier international qui tienne compte du caractère transformateur de l'énergie renouvelable et de l'investissement que cela représente dans les pays vulnérables. Il nous faut des mécanismes de financement qui permettent aux pays comme la Dominique d'avancer plus rapidement. Nous avons besoin de partenariats. pour que la transition énergétique devienne un moteur du développement économique et de la croissance. Cette ambition ne consiste pas seulement à produire une électricité propre. Ce à quoi nous aspirons, c'est à une utilisation de cette énergie propre pour transformer notre économie. Monsieur le Président, la communauté internationale est devenue très efficaces pour ce qui est de la détection des vulnérabilités. Mais là où nous devons encore nous améliorer, c'est dans notre capacité à financer la transformation pour répondre à ces vulnérabilités. Bien souvent, le processus est prévisible. Une catastrophe survient, l'infrastructure est détruite, l'activité économique s'effondre. Nous mobilisons des ressources pour reconstruire ce qui a été perdu en empruntant, ce qui nous plonge dans l'endettement. Et tout cela pour reconstruire ce que nous aurions pu construire de manière à ce que cela résiste à la catastrophe en question. Ce modèle financier n'est pas optimal. Il faut donc bâtir la résilience avant que la catastrophe ne survienne. La meilleure façon de financer la transformation est de le faire en amont des crises. La valeur de la résilience devrait être mesurée à l'aune de ce que nous construisons, certes, mais également à l'aune de ce que nous arrivons à construire assez solidement pour que les catastrophes ne détruisent pas ces infrastructures. Nous ne venons pas ici pour demander à être traités comme une victime de ces vulnérabilités. Ce que nous voulons, c'est être reconnus en tant que partenaires dans le processus de transformation que nous appelons de nos vœux. Nous voulons financer le potentiel et pas seulement gérer les vulnérabilités. Il ne s'agit pas seulement de la dominer, il s'agit d'un système financier capable de reconnaître la valeur d'un modèle de développement différent, un modèle dans lequel la résilience serait un investissement, la nature un atout, la connectivité une infrastructure productive, l'énergie propre une source de perspectives économiques et la prévention plus judicieuse que la reconstruction. C'est cette proposition que nous faisons à cette Assemblée, le revenu de faire évoluer l'architecture financière internationale. Nous ajoutons notre voix à celle des pays qui continuent de plaider en faveur de l'utilisation de la vulnérabilité multidimensionnelle en tant que base pratique et juste pour déterminer l'accès au financement au service du développement. Nous appelons à accorder un accès plus simple au financement concessionnel et aux subventions visant à financer l'adaptation. Nous appelons à des clauses plus solides dans les instruments de dette souveraine, tenant compte des catastrophes. Nous appelons aussi à la création de mécanismes de financement pouvant être activés rapidement lorsqu'une catastrophe survient. Nous appelons à faire évoluer radicalement la manière dont la communauté internationale voit l'investissement dans la résilience. Chaque dollar dépensé dans la prévention. et précieux. Nous empêchons ainsi la destruction des routes, des hôpitaux, des écoles ou des systèmes d'approvisionnement en eau et investissons ainsi dans notre développement futur. Nous sommes prêts à démontrer que cette approche fonctionne. Nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires internationaux pour montrer ce qui se produit lorsque la finance est conçues pour appuyer la transformation plutôt que pour gérer les vulnérabilités. La Dominique a toujours eu pour ambition de devenir la première nation résiliente au climat. Aujourd'hui, je voudrais pousser cette ambition plus loin encore. Nous invitons la communauté internationale à nouer un partenariat avec la Dominique pour en faire un laboratoire à ciel ouvert de la résilience climatique et du développement durable. Donnez-nous les technologies, les recherches, apportez-nous les investissements et les innovations, et ensemble, démontrons ce qu'un petit État insulaire résilient peut accomplir, ce à quoi une économie résiliente peut ressembler. Des logements résilients, des systèmes énergétiques renouvelables et intelligents, une agriculture tenant compte du climat, une gestion solide des ressources hydriques, des services publics numériques, une infrastructure résiliente, l'adaptation fondée sur la nature et de nouvelles industries alimentées par des sources d'énergie propres. Cette relation ne devrait pas être fondée sur des aides. On ne devrait pas être bénéficiaire du d'aide tout simplement de ce que nous voulons c'est un véritable partenariat fondé sur l'innovation et l'apprentissage mutuel nous avons beaucoup à apprendre du monde mais nous avons aussi des enseignements à apporter au monde monsieur le président la transformation au bout du compte concerne les populations. Une économie résiliente doit créer des perspectives pour sa jeunesse. Les jeunes veulent hériter d'un pays qui ne serait pas seulement protégé des catastrophes, mais un pays qui peut créer des entreprises, faire fonctionner de nouvelles industries, participer à l'économie mondiale et créer des conditions de vie décentes. C'est pourquoi les investissements de l'énergie, la connectivité, la transformation numérique, le tourisme, l'agriculture et la résilience doivent converger pour atteindre un seul et unique objectif, créer des opportunités, des possibilités. Les défis que nous avons à relever ne concernent pas seulement le climat ou la finance. Nous nous réunissons à l'heure où les guerres continuent de déchirer les communautés et détruire des vies. Les crises humanitaires se multiplient. Le droit international est sous pression. La confiance est mise à mal. Nous ne pouvons pas parler de développement sans parler de paix, car sans la paix, le développement est fragile et précaire. Nous croyons dans les principes qu'incarne la Charte des Nations unies. Nous croyons dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, dans le règlement pacifique des différents internationaux, dans le dialogue et nous sommes convaincus que le droit international doit s'appliquer à tous les pays, à toutes les nations, sur un pied d'égalité et de manière cohérente. Les petits États ne devraient pas être réduits à des dégâts collatéraux. dans la concurrence acharnée qui oppose les grandes puissances. La sécurité d'une petite nation n'est pas moins importante que la sécurité d'une grande. La crédibilité du multilatéralisme dépend de l'équité, mais également des résultats que nous apportons. La véritable épreuve pour le multilatéralisme réside non pas dans notre capacité à nous mettre d'accord dans cette salle, mais dans notre capacité à faire appliquer les accords pour transformer les vies des populations en dehors de cette salle. C'est pourquoi je me félicite du thème choisi pour cette 81e session de l'Assemblée générale, qui parle de rétablir la confiance. Le monde n'a pas besoin d'une autre série de promesses qui ne seront pas tenues. Ce qu'il faut, c'est des résultats, des institutions capables de réagir plus vite, des financements qui atteignent les pays vulnérables plus efficacement, de partenariats qui permettent d'accomplir des résultats concrets et d'un système multilatéral qui puisse jouir de la confiance des populations. Pour nous, rétablir la confiance, c'est faire en sorte que les engagements internationaux répondent aux besoins de nos populations, à leur expérience. Lorsque l'on parle de résilience climatique, il faut que les ressources atteignent les communautés qui en ont besoin. Lorsque nous appelons à réaliser le développement durable, il faut mettre en place des mécanismes qui ne rendent pas ces durabilités plus difficiles à accomplir. Et cela signifie aussi que les difficultés auxquelles se heurtent les petits États insulaires ne sont pas des questions marginales, il faut le reconnaître. Ce sont là des alertes précoces, des difficultés auxquelles le monde sera appelé à répondre à terme. Les Nations Unies doivent restait une organisation où chaque pays, petit ou grand, peut faire entendre sa voix. Mais les Nations unies doivent aussi rester un lieu où l'ambition peut se transformer en action. Nous devons aussi affronter les difficultés auxquelles nous nous heurtons dans la réalisation des objectifs de développement durable, les ODD. est une promesse que nous devons tenir d'ici à 2030. Mettre fin à la pauvreté à la fin, améliorer la santé, l'éducation, promouvoir l'égalité, protéger notre planète et bâtir des sociétés pacifiques et inclusives. C'est une promesse qui est aujourd'hui mise en péril, car les conflits, les changements climatiques, le surendettement, l'inflation et les inégalités persistantes nous éloignent de ces objectifs et les rendent hors de portée pour de nombreux pays en développement. Mais l'heure n'est pas au renoncement. Il est temps aujourd'hui, au contraire, de renouveler notre engagement et de nous concentrer sur la production de résultats au quotidien. Pour la Dominique, c'est une priorité, comme en atteste notre stratégie de développement national pour la résilience à l'horizon 2030. et, comme on l'atteste aussi, notre plan de relèvement et de résilience climatique, ainsi que notre programme de développement dans son ensemble. Pour nous, le développement durable, c'est l'investissement dans l'énergie géothermique, dans des énergies plus fiables, plus abordables, plus propres, dans les efforts visant à renforcer l'éducation la formation professionnelle et technique et la préparation des jeunes au monde du travail. Nous le faisons aussi concrètement en venant en aide aux agriculteurs, aux entrepreneurs, aux entreprises touristiques qui créent des emplois et qui créent des industries locales plus fortes. Nous agissons aussi pour protéger nos forêts, nos ressources marines et notre environnement naturel. Ces ressources, en effet, font partie intégrante de notre identité. Elles sont aussi essentielles pour assurer la sécurité alimentaire et créer des moyens de subsistance pour notre population, à travers le tourisme notamment. Ces défis nécessitent Une ONU plus forte, plus efficace, plus de coopération internationale et une détermination à préserver le multilatéralisme, car aucun pays ne peut relever ces défis seul. Nous avons besoin d'une ONU qui puisse ne pas se contenter de répondre aux crises Une organisation qui travaille avec détermination pour prévenir les conflits et promouvoir le développement durable, affronter l'injustice et protéger les plus vulnérables. Il nous faut un système dans lequel chaque pays, quelle que soit sa taille, son niveau de richesse ou son influence, puisse faire entendre sa voix et s'asseoir à la table des négociations. Un multilatéralisme qui ne soit pas sélectif, mais juste, efficace et capable de répondre aux besoins de tous. Le développement doit inclure les jeunes, les femmes, les filles, les peuples autochtones, les personnes handicapées, les personnes âgées et les communautés bien trop souvent laissées à l'écart. Si l'ONU veut être au service de tous, elle doit d'abord voir, entendre et inclure tous ceux au service de qui elle souhaite produire ses résultats. Le multilatéralisme est notre meilleur espoir aujourd'hui, car les difficultés auxquelles nous sommes confrontés transcendent les frontières et menacent notre avenir commun, nécessitant ainsi une action collective. Nous restons donc déterminés à assurer la paix, à agir contre le changement climatique, à assurer le développement durable et la dignité de chaque être humain. Nous sommes prêts à travailler avec toutes les nations dans un esprit de respect mutuel et de responsabilité partagée pour bâtir un monde plus résilient, plus sûr et plus juste. Que cette 81e session, Monsieur le Président, reste dans l'histoire comme le moment du renouvellement collectif de notre foi en la coopération, le moment où nous aurons joint le geste à la parole. Que cette 81e session reste un moment de solidarité, le moment où Nous nous sommes engagés à tenir nos promesses et à rebâtir la confiance. Surtout que cette 81e session soit le moment où la famille des Nations aura trouvé le courage d'agir ensemble pour qu'aucun pays, aucune communauté et aucune personne ne soit laissée pour compte. Ayaora, merci. Merci de votre aimable attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [8:42:08]: Au nom de l'Assemblée, je remercie la Présidente de la Commonwealth de la Dominique. L'Assemblée. Va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Guy Parmelin, Président de la Confédération Suisse. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Switzerland · Président de la Confédération suisse · Guy Parmelin [8:42:50]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Excellences, Mesdames et Messieurs. La Suisse est un pays de montagnes, de vallées et de langues différentes. Une part de notre histoire consiste donc à apprendre à vivre avec ce qui sépare. Nous n'avons pas fait disparaître les montagnes, nous avons d'abord appris à les gravir, puis à les franchir. Nous avons pour cela construit des chemins, des ponts, des tunnels. Et nous avons compris qu'une frontière naturelle n'était pas nécessairement une ligne de division. Elle peut aussi devenir un lieu de passage. Cette expérience toute simple paraît avoir quelque chose à nous dire du monde dans lequel nous vivons. car nous traversons un moment de bascule. L'ordre international construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est soumis à de profondes tensions. Les conflits se multiplient et s'enlisent. Les principes les plus fondamentaux de la Charte des Nations unies, l'interdiction du recours à la force, le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale sont ouvertement violés. À cela s'ajoutent des transformations qui redessinent nos sociétés. Le changement climatique et la multiplication des catastrophes, les crises humanitaires, les inégalités, mais aussi les bouleversements technologiques, notamment l'intelligence artificielle, qui progressent souvent plus vite que notre capacité collective à en mesurer la portée. Au même moment, les institutions multilatérales doivent répondre à davantage de crises, avec des ressources sous pression et une confiance qui s'érode. Le thème de cette 81e session de l'Assemblée générale, "Restoring trust, managing transformation: a United Nations that delivers for all", résume donc avec justesse la tâche qui nous incombe: restaurer la confiance, accompagner les transformations et démontrer par des résultats concrets que la coopération demeure possible, Cette érosion de la confiance dépasse largement le domaine de la paix et de la sécurité, et nous le constatons aussi dans l'économie mondiale. Le protectionnisme progresse. Des chaînes d'approvisionnement construites au fil de décennies d'interdépendance se réorganisent ou se fragmentent sous l'effet des tensions géopolitiques. L'ordre commercial multilatéral est fragilisé. et l'Organisation mondiale du commerce ne peut plus exercer pleinement certaines de ses fonctions essentielles. Pourtant, ce qui se joue ici n'est pas une simple question technique de politique commerciale. Il s'agit de savoir si les relations entre les États continueront d'être régies par des règles communes ou si elles dépendront toujours davantage du poids et de la puissance de chacun. Pour la Suisse, cette question est fondamentale, car mon pays incarne une économie ouverte disposant de peu de matières premières. Une grande part de sa prospérité repose dès lors sur les échanges, mais aussi sur la stabilité et la prévisibilité des règles qui les rendent possibles. La résilience économique exige de diversifier les relations, de créer de nouveaux partenariats et de maintenir aussi ouvert que possible les échanges entre les différentes régions du monde. Et cela importe particulièrement pour les économies qui disposent de moins de ressources ou de possibilités d'accès au marché. L'accès au marché, aux connaissances et aux technologies peut créer des possibilités qui n'existeraient pas autrement. Ces notions abstraites recouvrent des réalités très concrètes. Une entreprise qui peut engager un apprenti, une famille qui trouve un revenu plus sûr, un producteur qui peut commercer au-delà de son marché local, des jeunes devant lesquels s'élargit soudain le champ des possibles. C'est aussi de cela que nous parlons lorsque nous parlons d'économie mondiale. La confiance se construit lorsque les règles offrent à chacun une chance réelle de participer. Elle se construit également lorsque les États continuent de se parler. La Suisse est neutre. Cette neutralité va de pair avec un attachement constant à la Charte des Nations unies, au droit international et aux trois piliers de l'organisation: la paix, la sécurité, les droits de l'homme et le développement durable. Et notre expérience nous a aussi appris que le dialogue n'est pas un signe de faiblesse. Dialoguer ne signifie ni effacer les désaccords, ni renoncer à ses principes. Dialoguer, signifie maintenir le contact lorsque les positions commencent à diverger. Un pont ne demande pas aux deux rives de devenir semblables. Il permet simplement de passer de l'une à l'autre. Et dans les périodes de tension, cette possibilité devient souvent essentielle. Le dialogue est un outil de désescalade lorsque les crises éclatent. Il peut surtout être un instrument de prévention avant qu'elles ne surviennent. C'est dans cet esprit que la Suisse continuera d'offrir ses bons offices et de mettre à disposition des espaces où ceux qui ne se parlent plus peuvent, lorsque les circonstances le permettent, recommencer à le faire. Genève est l'un de ces espaces. Elle accueille les Nations unies, l'OMC, de nombreuses organisations internationales, mais aussi des scientifiques, des acteurs humanitaires, des représentants de la société civile et les missions de presque tous les États du monde. Chaque jour, des personnes venues d'horizons différents et représentant des intérêts parfois opposés s'y rencontrent. Elles n'ont pas besoin d'être d'accord pour pouvoir se parler. C'est précisément ce qui donne de la valeur à un tel lieu. La Suisse continuera donc, en tant qu'État hôte, à veiller à ce que Genève demeure ouverte, accessible et inclusive pour les grands États comme pour les petits, pour le Nord comme pour le Sud. Mais l'inclusion ne consiste pas seulement à disposer d'une place autour de la table. Elle signifie aussi pouvoir contribuer réellement aux décisions qui auront un effet sur son propre avenir. Et cela vaut pour la coopération internationale. Chaque société doit pouvoir façonner son avenir en fonction de son histoire, de ses besoins, de ses priorités. La coopération n'a pas vocation à imposer ses valeurs ou un modèle unique. Elle est utile lorsqu'elle crée des partenariats, facilite le partage des compétences et renforce la capacité de chacun à agir par lui-même. Il s'agit moins de faire pour autrui que de faire avec lui. Et cette exigence prend une importance particulière face aux révolutions technologiques actuelles. L'intelligence artificielle en est l'illustration la plus évidente. Elle offre des perspectives considérables dans la science, l'économie, la médecine, l'éducation ou encore la gestion de nos ressources. Mais elle fait aussi apparaître le risque d'une nouvelle fracture entre ceux qui disposent des compétences et des infrastructures nécessaires pour participer à cette transformation, et ceux qui risquent de ne ressentir que les effets. Nous devons veiller à ce que le progrès technologique élargisse les possibilités sans accroître les écarts. Cela signifie que le plus grand nombre possible de pays et de sociétés doivent pouvoir bénéficier des avancées de l'intelligence artificielle, développer leurs compétences et participer à la réflexion sur les règles qui encadreront son développement et son utilisation. Et c'est précisément l'ambition du Geneva AI Summit qui se tiendra les 21 et 28 juin 2027, sous la devise "Bridging Innovation and Trust", créer un lien entre innovation et confiance. Ces deux notions doivent avancer ensemble. Une innovation dans laquelle les sociétés n'ont plus confiance risque de susciter le rejet. À l'inverse, les règles qui empêcheraient toute innovation nous priveraient d'un potentiel énorme. Notre responsabilité est donc de rechercher un équilibre, permettre le progrès en favorisant les bénéfices, tout en créant les conditions d'un développement et d'une utilisation fiable et responsable de ces technologies. L'intelligence artificielle nous rappelle ainsi une évidence: Certaines transformations sont devenues si profondes et si rapides qu'aucun État ne peut à lui seul en maîtriser toutes les conséquences. Nous avons besoin d'institutions capables de traiter ce qui dépasse les frontières. Nous avons besoin du multilatéralisme. Mais le multilatéralisme ne conservera sa crédibilité que s'il sait aussi évoluer. La Suisse soutient donc les efforts de réforme du système des Nations unies dans le cadre de l'initiative ONU 80. Cette réforme doit rendre l'Organisation plus cohérente, plus efficace et davantage orientée vers les résultats, tout en respectant les compétences et les responsabilités des États membres. L'Organisation doit concentrer ses efforts là où son action apporte une réelle valeur ajoutée, lorsque les problèmes dépassent les frontières, lorsque les capacités nationales ou régionales ne suffisent pas, ou lorsqu'une institution universelle est nécessaire pour offrir un cadre commun. La question essentielle est donc simple: comment faire en sorte que les ressources, les compétences et l'énergie investies dans le système multilatéral produisent davantage de résultats pour celles et ceux qu'il est appelé à servir? Car nos institutions n'existent pas pour elles-mêmes, elles existent pour les peuples, pour ceux qui vivent dans la crainte d'un conflit, pour ceux qui ont perdu leur foyer après une catastrophe, pour ceux qui cherchent du travail ou se préparent à un avenir, pour les enfants dont les jours dépendent de l'accès à l'éducation et aux possibilités nouvelles que nous sommes aujourd'hui en train de créer. C'est à cette échelle que se mesure en définitive la valeur du multilatéralisme. Mesdames et Messieurs, Excellences, nous ne ferons pas disparaître les différences d'intérêt entre nos pays. Nous n'effacerons ni les désaccords, ni les rivalités, ni les frontières, et nous ne supprimerons pas toutes les montagnes qui se dressent entre nous. Mais nous pouvons décider de la manière dont nous voulons les aborder. Préserver des échanges ouverts plutôt que multiplier les barrières, maintenir le dialogue plutôt que nous résigner au silence, faire en sorte que le progrès technologique crée davantage de possibilités plutôt que de nouvelles fractures, et réformer nos institutions plutôt que d'accepter leur lent affaiblissement. La Suisse continuera d'apporter sa contribution avec les moyens qui sont les siens, en défendant le droit international, en favorisant les échanges, en offrant ses bons offices, en soutenant des institutions multilatérales efficaces et en restant un pays où le monde peut continuer à se rencontrer et à se parler. Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses, mais notre expérience alpine nous a appris une chose simple: Si une montagne peut séparer, elle peut tout aussi bien être franchie. Le passage permet la rencontre, la rencontre encourage le dialogue, le dialogue stimule la confiance. C'est peut-être là que commence notre responsabilité commune: maintenir ouverts les passages qui nous permettent, malgré nos différences, de continuer d'avancer main dans la main. Je vous remercie de votre attention. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [8:55:25]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la Confédération suisse. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence le président Matthew Antonio Patrick Herminie, président de la République des Seychelles. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Seychelles · Président de la République · Matthew Antonio Patrick Herminie [8:56:20]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, bonsoir. Monsieur le Président, je vous félicite chaleureusement à l'occasion de votre élection à la tête de la 81e session de l'Assemblée générale. Vous prenez vos fonctions à un moment crucial pour notre organisation et pour l'humanité. Les Seychelles vous assurent de leur plein appui et vous souhaitent les pleins succès à la tête de nos travaux. Monsieur le Secrétaire général, sachant que cette Assemblée générale est la dernière à laquelle vous participez en votre qualité, les Seychelles vous remercie très sincèrement pour une décennie de direction avisée à la tête de l'Organisation. Vous n'avez cessé de vous faire le chantre d'une organisation plus efficace, plus réactive, ancrée dans les besoins des peuples que nous servons. Monsieur le Président, le thème choisi pour cette session touche au cœur de la crise mondiale contemporaine. La confiance s'est érodée. Et nous avons urgemment besoin d'une transformation structurelle. Dans un monde toujours plus fracturé par les rivalités géopolitiques, la réponse ne peut pas être l'isolationnisme. Nous devons revitaliser notre attachement au multilatéralisme. Les Nations unies doivent prouver que le dialogue peut permettre de surmonter les divisions, que le droit international peut l'emporter sur la force et que l'action collective permet d'obtenir les résultats que l'unilatéralisme n'obtiendra jamais. Les Seychelles abordent le monde mues par un principe durable et essentielle. Nous sommes l'ami de chacun et l'ennemi de personne. Notre attachement au non-alignement n'est pas synonyme d'indifférence passive. C'est un choix actif, le choix de la paix. C'est la conviction qu'une diplomatie de principe, le respect mutuel et le droit international sont les véritables fondements de la stabilité mondiale. Les petits États tels que le nôtre ne cherchent pas la concurrence stratégique. Ce que nous souhaitons, ce sont des solutions partagées. Pour cela, nous avons besoin d'un système multilatéral reposant sur des principes tout autant que pratiques, ambitieux tout autant que responsables, représentatifs tout autant qu'efficaces. En bref, une Organisation des Nations Unies au service de tous. Si nous voulons que le multilatéralisme fonctionne, il doit avant tout préserver la paix, dont dépend le progrès humain dans son intégralité. En l'absence de paix, le développement durable n'est qu'une illusion. Les conflits détruisent les vies, déracinent les communautés, détournent des ressources essentielles aux dépens de la santé, de l'éducation, de la résilience climatique. Nous devons rejeter les conflits perpétuels qui deviennent la norme et l'application sélective du droit international. Le droit international doit s'appliquer de la même manière à tous, sans exception, sans biais, sans deux poids, deux mesures. Ce principe est essentiel à la sécurité maritime. Les océans sont l'oxygène du commerce mondial. Lorsque les voies de circulation maritime sont menacées par la piraterie, les frictions géopolitiques ou l'agression armée, ces chocs se font ressentir par delà les eaux régionales, dévastant les économies insulaires vulnérables, la liberté de navigation et la sécurité maritime doivent être préservées en droit international. Les petits États vulnérables, tels que le nôtre, ne devraient jamais subir les coûts économiques collatéraux des conflits auxquels ils ne sont pas associés. Qui plus est, nous rejetons fermement les mesures coercitives unilatérales qui sont une violation du droit international et qui infligent des difficultés disproportionnées aux populations innocentes. Et pourtant, notre architecture mondiale est défaillante, ne permet pas de faire respecter ces principes, car ses principaux organes sont obsolètes. L'incapacité du Conseil de sécurité à agir de manière déterminée lorsque surviennent des crises mondiales hypothèque son utilité première. Sa composition est le reflet d'une ère disparue et non plus des réalités géopolitiques du 21e siècle. La réforme n'est plus simplement une question de politique. Il en va de la survie institutionnelle et de la légitimité de cet organe. Par conséquent, nous réaffirmons la position unifiée de l'Afrique. Notre continent doit occuper au moins deux sièges permanents au Conseil de sécurité, avec toutes les prérogatives qui en découlent, notamment le droit de veto, tant qu'il existera. Monsieur le Président, En juin dernier, les Seychelles ont célébré avec fierté le 50e anniversaire de leur indépendance. Un demi-siècle d'autodétermination nous a enseigné une leçon essentielle. Ce n'est pas la taille qui définit votre souveraineté. Ce n'est pas la géographie qui sape votre dignité. Nous sommes peut-être un petit État insulaire en développement, certes, mais nous sommes ici sur un pied d'égalité dans cette salle. Chaque nation, quelle que soit sa population, son pouvoir économique, possède un droit inhérent à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à la dignité nationale. Cependant, aujourd'hui, La souveraineté est menacée de manière insidieuse et cachée. La criminalité transnationale organisée, le trafic de drogue, les pêches illicites non réglementées, non déclarées, menacent notre sécurité, détruisent nos écosystèmes marins et volent nos peuples. Parce que ces menaces sont interconnectées, notre riposte doit l'être tout autant. Nous devons renforcer le partage de renseignements à l'échelle internationale Renforcer la surveillance maritime, soutenir les services de répression. Il est déraisonnable d'attendre des nations qu'elles préservent de vastes domaines océaniques sur la base de budgets modestes et qu'elles respectent les normes qui exigent d'importantes ressources. sans leur fournir les outils nécessaires. La résilience sans ressources n'est pas résilience, elle n'est que survie. La même logique s'applique dans le cadre de la crise climatique. Pour les Seychelles, les changements climatiques ne sont pas l'objet d'un débat prospectif. C'est une réalité quotidienne qui frappe au cœur même de notre société. L'élévation du niveau des mers menace nos infrastructures, les moyens de subsistance côtiers et notre territoire même. La science est un peu plus claire, les objectifs le sont autant. Ce qui manque, c'est la volonté politique et l'action. Les gros émetteurs doivent faire montre de plus d'ambition et toutes les nations doivent agir en fonction de leurs responsabilités, de leurs capacités. La croissance économique qui entraîne la faillite de la planète pour les générations futures n'est pas un progrès. Les Seychelles se félicitent donc de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les changements climatiques. L'action climatique est ancrée dans le droit international, l'équité et la justice intergénérationnelle. L'atténuation, l'adaptation, le transfert de technologie, Les financements pour pertes et préjudices ne sont pas des actes de charité, mais des obligations juridiques. Notre survie est irrémédiablement liée à la santé de l'océan. Protéger notre environnement marin est une nécessité économique. En tant qu'État ayant rapidement ratifié l'accord BBNJ, les Seychelles attendent avec intérêt sa première conférence des parties et exhorte tous les États membres à rapidement ratifier l'accord. Cependant, nos ambitions sont touchées par les obstacles économiques structurels. Des cadres tels que le programme d'action d'Antigua-et-Barbuda pour les PEID et l'engagement de Séville doivent être étayés par des capitaux. Pour les petits États insulaires, la viabilité de la dette est une question de survie nationale. Nous avons besoin de financements abordables, accessibles, à long terme, d'un allégement véritable de la dette et d'assurer l'application pleine et entière de l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle. Mesurer le développement d'une nation uniquement sur la base de son PIB par habitant revient à ignorer l'exposition extrême aux chocs climatiques et l'isolement géographique. Si l'on veut que les financements internationaux soient à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui, nous devons commencer par mesurer correctement l'état des choses actuelles. Pour l'avenir, nous devrons aussi faire face à la montée en puissance rapide de l'intelligence artificielle et des technologies émergentes. Si ces outils offrent des débouchés immense en ce qui concerne le développement et la gestion des océans, il risque aussi de creuser la fracture mondiale et d'accoucher de nouvelles formes de cybercriminalité, de nouvelles formes de guerre. Nous devons veiller à ce que la technologie soit au service de la dignité humaine. Nous voulons une gouvernance numérique mondiale ancrée dans les droits humains, les normes déontologiques et le droit international, sachant que l'ONU doit jouer un rôle de premier plan dans cette transformation. Monsieur le Président, Excellence, face à chaque crise que nous connaissons, il est un truisme qui perdure. Notre devoir, en dernière analyse, consiste à servir les peuples que nous représentons, nos familles, nos jeunes, nos communautés côtières, les générations futures. Nos nations représentent un riche éventail de cultures, de langues, de systèmes politiques. La diversité n'a pas à alimenter la division. Guidés par notre amitié pour tous, le fait que nous ne sommes l'ennemi de personne, les Seychelles croient dans nos différences, qui peuvent être un fondement dynamique d'une coopération mondiale plus forte. Rétablissons la confiance au travers d'une action délibérée, en faisant respecter le droit international sans condition, en réformant nos institutions de gouvernance mondiale pour qu'elles soient le reflet du monde d'aujourd'hui, en assurant un financement climatique et du développement équitable et en préservant nos océans, notre climat commun. Les Seychelles participent à cette Assemblée générale, mues par une humilité indéniable portée par une conviction claire, une croyance indéfectible dans le système multilatéral. Nous sommes peut-être une petite nation, mais notre voix, notre souveraineté, nos aspirations ne seront jamais mesurées à l'aune de notre taille sur une carte. Que cette 81e session entre dans les livres d'histoire, non pas de par les divisions dont nous aurons hérité, mais pour le courage, la solidarité, la détermination avec lesquels nous agirons pour surmonter ces divisions, rétablissant la confiance, gérons la transformation et ensemble faisons advenir une Organisation des Nations Unies véritablement au service de chaque nation et de chaque être humain. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [9:09:22]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République des Seychelles, L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence David Rannibuk Adeang, Président-chef d'État de la République de Nauru. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Nauru · Président · David Rannibuk Adeang [9:10:09]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, Ekamawir Omo, je vous salue au nom de mon peuple et de mon pays. Le thème choisi pour cette année, rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations Unies au service de tous. signifie pour mon pays qu'aucun pays, quelle que soit sa taille ou son emplacement géographique, ne doit être laissé pour compte alors que le monde se transforme aujourd'hui. J'aimerais tout d'abord vous adresser mes félicitations, Monsieur le Président, pour votre élection à la tête de cette session de l'Assemblée générale. Vous pouvez compter sur tout le soutien de ma délégation Nous rendons hommage également au secrétaire général Antonio Guterres. C'est le dernier débat général de son mandat. Mon pays le remercie pour ses dix années au cours desquelles il a donné une plus grande place aux petits États comme le mien, plus que jamais auparavant. Je viens de loin ici pour parler de questions importantes pour nous. autour d'un principe fondamental, le droit de tous les peuples à être traités sur un pied d'égalité. Je voudrais parler d'abord du nom de mon pays. C'est un moment crucial pour nous. C'est par là que je veux commencer. Pendant des années, le monde a connu notre pays sous le nom de Nauru. Nauru, pourtant, ce n'est pas le nom que nous utilisons. chez nous. Ce changement de nom vise donc à affirmer une vérité. Bien avant que notre pays ne prenne sa place dans la famille des nations, avant que notre nom apparaisse sur la scène internationale, le nom que portait notre pays depuis toujours était Naoro. Ce nom porte la mémoire de nos ancêtres, de notre langue, de notre identité. Il a toujours existé, il n'a jamais été perdu ni absent. Aujourd'hui, nous souhaitons le rétablir, nous rétablissons Naoero. Nous ne faisons pas ce choix pour effacer notre passé, bien au contraire, pour l'honorer. Nous le faisons par respect pour notre histoire et nous remercions la partie de notre histoire qui à porter le nom Nauru, qui les a placés sur la scène internationale. La priorité de mon gouvernement est d'investir dans les générations futures. Rétablir ce nom leur donne une place plus importante, rétablit l'héritage de leur histoire, car l'identité que nous transmettons à ces nouvelles générations doit honorer comme il convient la mémoire de nos ancêtres, leur histoire et leur langue comptent-ils ont aujourd'hui le droit de léguer aux nouvelles générations une nation qui se connaît, qui connaît son nom et qui parle pour elle-même. J'aimerais donc dire aujourd'hui avec une grande fierté que je viens de ce pays, Hanga de Naero. Je viens de Naero, comme tous ceux au nom de qui j'ai l'honneur d'intervenir aujourd'hui. Nous prenons notre place dans l'arène des nations, confiants dans notre identité et déterminés à porter notre histoire. Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est que le monde reconnaisse et respecte cette identité qui nous appartient depuis toujours. Je voudrais que l'on dise ce nom, Naoero. Naoero est un État qui se revendique gardien des océans, participant à l'avenir des océans. Pour nous, l'océan représente à la fois une source de possibilités et une grande responsabilité. Ces deux aspects sont indissociables, les deux sont essentiels. Autrement, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer n'aurait aucun sens. Aujourd'hui, je voudrais donc parler de l'importance des océans pour nous. La Convention a créé l'Autorité internationale des fonds marins et lui a confié la tâche de mettre en place des réglementations claires et de régir les activités dans les fonds marins. Son rôle ne consiste pas à déterminer si l'exploitation des fonds marins est une politique correcte. Lorsqu'un État opte pour cette politique, Nairobi et convaincu que les engagements pris dans la Convention et dans l'accord de 1994 tiennent encore. Depuis 15 ans, nous avons investi des ressources dans l'exploration d'une portion des fonds marins. Nauru Ocean Resources, l'entité chargée de ces questions dans mon pays, contribue à cette entreprise avec responsabilité. Nous avons appelé l'Autorité à solliciter l'avis consultatif sur les responsabilités des États concernés. Nous avons suivi cet avis consultatif. Nous avons établi une autorité de réglementation nationale dotée de pouvoirs et d'obligations, comme le requiert cet avis consultatif. Nos décisions reposent sur les meilleures données scientifiques disponibles, sur la Convention et sur cet avis consultatif. À chaque étage, nous avons appelé à la mise en place d'un code minier. Nous participons à toutes les procédures. Depuis 15 ans, nous avons tout fait pour nous conformer à nos obligations. Nous continuons pourtant d'attendre. D'après le Conseil de l'Autorité des fonds marins, rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu. Les réglementations doivent être adoptées par consensus. Mais c'est un grand défi pour une institution dont les membres restent profondément divisés sur ce que doit représenter l'exploitation marine. C'est une question que la Convention n'a jamais posée à l'Autorité, pourtant. Évidemment, nous nous félicitons de tous les efforts qui sont déployés pour que le développement des fonds marins se fasse dans des conditions optimales, de manière responsable. Mais j'aimerais demander à l'Assemblée de reconnaître que le principe déclaré en 1970 n'a pas encore été appliqué. Ce processus multilatéral ne peut pas, par conséquent, se concrétiser. Et dans ces conditions, le système multilatéral ne tient pas ses promesses. Cela s'applique à cette Assemblée aussi et à toutes les institutions que nous créons. C'est pourquoi nous appelons l'Autorité à mettre fin à cette attente, à adopter les réglementations requises. Monsieur le Président, Le but de mon gouvernement est de garantir la stabilité économique de Nauru. Cette tâche est en cours de réalisation. Notre fonds d'affectation spéciale, auquel nous contribuons plus de 10 % de nos recettes chaque année, vise à réaliser cette aspiration. La pêche, les fonds marins, le groupe Egmont. De nouvelles recettes grâce aux investissements et aux programmes de résidences devraient arriver. Nous avons créé un organisme de réglementation, noué des partenariats précieux et investi dans la santé, l'éducation et le sport afin que notre population soit plus saine et mieux préparée. Nous bâtissons une économie qui ne dépend pas d'un arrangement unique. Nous faisons preuve de discipline budgétaire. Nous avons fait ce qui nous a été demandé. Mais aujourd'hui, certains aspects ne sont pas reconnus. Le coût que représente l'isolement géographique, la fragilité de notre économie et les effets dévastateurs d'une catastrophe qui pourrait nous toucher aujourd'hui. En janvier 2027, Nairobi sera considérée comme un pays à haut revenu dans le système de l'OCDE, ce qui témoigne de véritables progrès. Mais les progrès ne devraient pas être punis. 58 % de nos recettes sont issues d'arrangements bilatéraux qui ne dépendent pas de nous, que nous ne pouvons pas renouveler de manière unilatérale. 87 % de notre alimentation est importée, achetée à l'étranger. Nous avons une piste d'atterrissage, un port, une route qui connecte tout ce que nous avons. C'est pourquoi nous appuyons la mise en place de l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle et les efforts visant à piloter cet outil. qui reconnaît la complexité des vulnérabilités qui doivent être vues, mesurées et faire l'objet d'une action concrète. Monsieur le Président, nous sommes conscients des progrès accomplis par certains de nos partenaires du développement et des institutions financières quant à l'adoption de l'indice multilatéral de vulnérabilité et l'examen des critères d'éligibilité. La Banque asiatique de développement intègre les vulnérabilités avec les revenus. Voilà un des exemples qui nous montre que les revenus cachent bien des aspects des situations des pays insulaires en développement. Nous saluons toutes ces évolutions, mais les lacunes perdurent. Nous avons Nous appelons à prendre des mesures pour reconnaître nos réalités. Il faut que cela soit fait, y compris à la Banque mondiale, afin que la vulnérabilité, parallèlement aux revenus, soit prise en compte, comme le fait la Banque asiatique de développement. Si la communauté internationale souhaite véritablement rétablir la confiance et gérer la transformation, cette dernière doit s'engager sur les sujets les plus importants et en faveur des plus vulnérables. J'en arrive à mon point final. Aucun pays de notre taille n'est seul. Nauru est un ami de tous et l'ennemi de personne. Nos partenariats sont des partenariats uniques, des partenariats caractérisés par l'amitié et le partage des intérêts, qui sont le fruit de décennies de coopération et qui sont ancrés dans notre conviction selon laquelle, lorsque Un mal est commis, il faut y remédier. Chaque relation compte, aucune ne peut se substituer à une autre. On nous demande de plus en plus de choisir, de choisir entre nos partenaires, entre des blocs, entre des visions différentes du monde. Nous n'allons pas faire ce choix. Nous allons travailler avec tous ceux qui respectent notre souveraineté et le droit à déterminer notre propre avenir. Ce n'est pas cela la neutralité, c'est ce que l'on appelle l'indépendance. Un partenariat ne signifie pas que l'on s'accorde sur tout. Cela signifie que l'on est solidaire lorsque nos intérêts convergent et qu'on respecte les principes lorsque nos intérêts ne convergent pas. En tant que défenseur de la justice, je ne peux pas me taire lorsque cette dernière est bafouée. Voilà plus de 30 ans que l'Assemblée appelle à mettre fin à l'embargo imposé à Cuba. Nous appelons à un dialogue fondée sur le respect de la souveraineté, parce que l'égalité souveraine est bien plus qu'un simple principe couché sur le papier dans la Charte. Quels que soient les résultats que l'Assemblée escompte obtenir, elle y parviendra grâce au partenariat et à la coopération, ou elle n'y parviendra pas. Voilà pourquoi je fais cette invitation à tous les membres de l'Assemblée. Je les invite à investir en faveur de nos populations, en faveur d'une économie qui ne dépend pas de simples accords. Je vous appelle à investir en faveur d'institutions qui survivront à nos gouvernements et aux suivants. Je vous invite à investir en faveur des infrastructures. Nous faisons une offre, non pas de dépendance, mais de participation. Pas d'attente, pas de contribution, pas de bénéficiaire, mais un partenaire. Investissez en nous, pour nous et avec nous. Cette organisation a été créée pour répondre à ces promesses. Le Conseil de sécurité ne reflète plus le monde d'aujourd'hui. Il reflète le monde de 1945, alors que la plupart des États que nous connaissons ici dans cette salle n'étaient pas encore indépendants. Nairobi appelle donc à la réforme dans les catégories des membres permanents et non permanents. Un organe qui nous représente doit nous ressembler, Monsieur le Président. Alors que je conclus mon intervention, Les sujets que j'ai abordés peuvent paraître séparés les uns des autres, mais ce n'est pas le cas. Le nom de notre pays est lié à notre souveraineté. C'est à l'aune de cette souveraineté que l'on peut mesurer la justice. Nos fonds marins représentent des opportunités, mais aussi des responsabilités. Nos partenariats sont des partenariats sur un pied d'égalité. Nos principes nous lient le droit des peuples à être traités sur un pied d'égalité et à déterminer son sort. Nous avons rassemblé cette assemblée pour rétablir la confiance. Et la confiance est rétablie lorsque les promesses sont tenues, la transformation est gérée lorsque les décisions donnent lieu à des actions. Et lorsque l'on agit pour tous, on agit aussi pour les plus petits. Tout ce que je vous ai demandé aujourd'hui, on a accepté de le donner il y a bien longtemps. Je ne vous demande pas d'être plus courageux. Je vous demande d'être à la hauteur de vos engagements. N'hésitez pas à prononcer notre nouveau nom. Mettez fin à l'attente. Tenez compte de notre vulnérabilité. Considérez-nous comme des partenaires. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [9:26:51]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président et le chef d'État de la République de Nauru. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Taïo Lang, secrétaire général du Parti socialiste du Vietnam et président de la République socialiste du Vietnam. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole à l'Assemblée. Viet Nam · Secrétaire général du Parti socialiste du Vietnam et président de la République socialiste du Vietnam · Taïo Lang [9:27:39]: Monsieur le Président de la 80e session de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, le monde est face à de profonds bouleversements de l'ordre international, assortis de multiples risques et incertitudes, la tendance à l'emploi de la force et menaces de la force, la course aux armements, notamment la modernisation des armes nucléaires et la mise au point de nouvelles armes technologiques accroissent le risque d'erreurs de calcul, de conflits, d'affrontements, même de guerres à grande échelle. Dans le même temps, l'économie mondiale devient de plus en plus fragmentée face aux obstacles croissants aux échanges, aux investissements, à la technologie. La désorganisation de la chaîne d'approvisionnement et l'instabilité économique entravent les possibilités de développement pour de nombreux pays. Les changements climatiques, les catastrophes naturelles, la pandémie, les risques de nouvelles technologies continuent de poser des menaces directes aux moyens de subsistance de chacun, ainsi qu'au développement et à la stabilité de nombreuses nations. de nombreuses nations. Le changement de l'équilibre des pouvoirs, les inégalités en matière de développement font pression sur les relations internationales. L'instabilité est aggravée lorsque la concurrence est débridée, les engagements ne sont pas honorés, le droit international est appliqué de façon sélective. Une érosion de la confiance entrave plus encore les efforts de coopération. Ce qui devrait nous préoccuper, ce n'est pas simplement les bouleversements de l'ordre international, mais où ces changements nous amèneront. Les changements sont inévitables. font partie de l'histoire. Les conflits et l'affrontement, toutefois, ne sont pas inévitables. Le Vietnam comprend très bien le coût de la guerre, la valeur de l'indépendance, le pouvoir de la réconciliation et de la coopération. Nous sommes donc convaincus que le thème de cette session, « Rétablir la confiance, gérer la transformation, une ONU au service de tous », reflète très bien les exigences de notre époque. Monsieur le Président, à partir des pertes de la Deuxième Guerre mondiale, l'humanité a créé les Nations Unies pour prévenir les guerres, préserver la paix, promouvoir la coopération et placer les relations entre les nations au cœur des principes fondateurs. Ces 80 dernières années, malgré ses les Nations Unies ont contribué à maintenir le dialogue, à promouvoir la décolonisation, faire respecter les droits des peuples, l'autodétermination, appuyer le développement. Ces réalisations doivent être préservées, poursuivies. Nos institutions doivent être réformées pour être au goût de l'époque et les principes fondamentaux de la Charte doivent être respectés et renforcés. Nous recherchons un ordre international plus inclusif, plus démocratique, plus équitable, où chaque pays a voix au chapitre, où chaque nation peut se développer. La mission de notre génération est de contribuer à gérer les changements, à les façonner pour que la concurrence ne devienne pas un affrontement, que les différences ne conduisent pas au conflit et pour que les progrès sur le plan scientifique et technologique ne créent pas de nouveau clivage. Dans cet esprit, quatre priorités méritent d'être signalées. Premièrement, nous devons rétablir la confiance entre les nations sur la base du respect de la Charte et du droit international. La Charte et le droit international sont le socle de l'ordre international et doivent donc être respectés pleinement, sans sélectivité aucune. Tous les États doivent respecter l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale des autres, ainsi que le droit à choisir sa propre voie du développement, en s'abstenant de toute ingérence dans les affaires intérieures et en s'abstenant de recourir à la force ou menacé d'employer la force de façon incompatible avec la Charte des Nations Unies. Rétablir la confiance ne regarde pas des États qu'ils effacent leurs différences. Ils doivent plutôt les gérer de façon responsable. Les crises doivent être évitées. La concurrence doit être contrôlée. Le dialogue doit être soutenue. Les engagements doivent être honorés et entièrement mis en œuvre. Les grandes puissances devraient montrer l'exemple en respectant le droit international, en faisant montre de retenue et en relevant de façon responsable les défis communs. Les Nations unies doivent rester au cœur de ces efforts dans chaque conflit. Les civils doivent être protégés, le droit international humanitaire respecté, l'accès humanitaire garanti. Nous appuyons le droit des peuples palestiniens à l'autodétermination et la solution des deux États avec un État de Palestine indépendant, vivant côte à côte dans la paix avec l'État d'Israël, conformément au droit international et aux résolutions applicables des Nations unies. Asie-Pacifique, près de six décennies de développement de l'ASEAN ont démontré que les pays peuvent transformer la suspicion en confiance, l'affrontement en dialogue, la division en coopération et la force individuelle en force collective. C'est dans cet esprit que le Vietnam reste attaché à son engagement en faveur de la résolution des différends, y compris dans la mer orientale, par la voie pacifique et conformément au droit international, notamment la Convention sur le droit de la mer de 1982, le Vietnam est déterminé à préserver sa souveraineté, les droits souverains et ses compétences juridictionnelles. La mer et l'océan doivent rester des espaces de paix, de coopération, de connectivité, de développement durable. Dans ce même esprit de paix et de respect du droit de développement des peuples, le Vietnam a toujours été solidaire de l'État et du peuple cubains. Nous demandons aux États-Unis de cesser l'embargo unilatéral et les sanctions, ainsi que le blocus énergétique contre Cuba, et de biffer Cuba de la liste des États parrains du terrorisme. Nous demandons également à la communauté internationale d'appuyer Cuba à surmonter la crise. Deuxièmement, nous devons promouvoir le développement équitable, plein d'humanité, inclusif et durable. Les engagements internationaux doivent donner lieu à des actions qui nous rapprochent tous de la paix, de la sécurité, de la dignité et du bonheur. C'est la raison pour laquelle le pacte pour l'avenir et le programme Horizon 2030, nos promesses pour les générations actuelles et futures, doivent être mises en œuvre pleinement et en toute honnêteté. Les engagements sur le financement du développement, y compris l'engagement de Séville, doivent donner lieu à des mesures concrètes: élargir l'accès au financement à long terme abordable, appuyer les pays surendettés, faire mieux entendre la voix des pays en développement dans les institutions monétaires et financières internationales. Le système commercial multilatéral doit être renforcé de façon transparente, équitable et ouverte, en veillant à ce que tous les pays aient la possibilité de se développer. L'action climatique doit avoir sa place de droit dans la coopération au développement, notamment avec un financement adapté, le transfert des technologies, la transition pour une énergie juste. Le développement doit être axé sur l'individu, ne laisser personne de côté. La croissance doit aller de pair avec l'équité, le progrès social, la protection de l'environnement et la préservation des moyens de subsistance, notamment dans les pays et communautés vulnérables. Les progrès mondiaux doivent Préserver l'esprit de l'humanité dans les relations entre les pays, préserver également les intérêts légitimes, respecter les différences sur le plan historique, culturel et les conditions de développement. Troisièmement, nous devons façonner la gouvernance technologique de façon dynamique afin que les progrès soient au service de l'humanité et de notre développement commun. La science, la technologie, la transformation numérique, l'intelligence artificielle offrent des occasions nouvelles inédites, tout en présentant de nouveaux défis. L'avenir de la technologie ne garantit pas forcément l'équité. Les progrès technologiques doivent contribuer à combler les fossés, à élargir les possibilités de développement plutôt que de créer de nouvelles formes de dépendance ou de nouvelles sources de conflits. Nous devons mettre au point des principes transparents, inclusifs et redevables, et des cadres de gouvernance. Nous devons veiller à ce que la technologie soit au service des populations, tout en respectant la souveraineté nationale, la souveraineté numérique et le droit au développement. Les pays en développement doivent pouvoir participer comme il se doit, l'établissement des règles, recevoir un soutien pour les infrastructures et les capacités numériques et bénéficier d'un accès équitable aux avantages des progrès scientifiques et technologiques. Le Vietnam a organisé l'ouverture et la signature de la Convention des Nations unies sur la cybercriminalité à Hanoï en 2025, ce qui montre bien que nous sommes prêts à apporter une contribution de taille à la coopération numérique internationale. Nous sommes prêts à coopérer avec les partenaires pour renforcer la coopération et les capacités pour prévenir et combattre la cybercriminalité, pour que chacun puisse vivre en toute sécurité et tirer parti des progrès technologiques. Nous sommes aussi prêts à appuyer les initiatives internationales sur la transformation verte et numérique et l'établissement de cadres de gouvernance efficaces pour que science et technologie soient les véritables moteurs d'un développement commun. Nous devons, quatrièmement, renforcer le multilatéralisme et le rôle central et indispensable des Nations unies. La force des Nations unies ne repose pas dans sa capacité à remplacer les responsabilités des États, mais à sa légitimité, à leur légitimité, à leur capacité à forger le consensus, à forger des normes, des règles, à mobiliser les efforts internationaux pour surmonter des défis communs. Pour que les Nations unies s'adaptent aux bouleversements actuels, le Vietnam appuie les efforts de réforme de l'organisation, notamment l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le secrétariat, pour qu'elle soit plus efficace, pour Privilégier les réformes structurelles et simplifier les mécanismes, tout en tirant pleinement parti des avantages de l'Organisation pour promouvoir les programmes mondiaux et préserver les intérêts des pays en développement. Monsieur le Président, ces perspectives découlent de l'expérience du Vietnam lui-même. La trajectoire du Vietnam, près de 50 ans auprès des Nations unies, montre bien les transformations également qu'a connues mon pays. Nous avons au départ bénéficié de l'assistance pendant des années, les années de reconstruction et de. Aujourd'hui, de plus en plus, nous apportons une contribution à nos efforts communs, tout en élargissant nos relations avec les Nations unies. Le personnel militaire vietnamien, les policiers ont servi et continuent de servir dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies, promouvant ainsi la paix là où elle reste fragile. Notre tradition d'indépendance et d'autonomie jeté les bases du Vietnam et nous aide à renforcer notre autonomie stratégique et à poursuivre une intégration internationale active. À l'avenir, notre objectif est de devenir un pays en développement doté d'une industrie moderne, un pays à revenu intermédiaire de catégorie de tranche supérieure d'ici à 2030, Économie développée, revenus élevés d'ici à 2045. Nous créons un nouveau modèle de développement fondé sur la productivité, la qualité, la valeur ajoutée, la science, la technologie, l'innovation, la transformation numérique sont des moteurs et la croissance économique est intimement liée au développement culturel, au progrès social, à l'équité, à la protection de l'environnement. L'autonomie s'adapte, coopère. L'autonomie doit nous permettre également de nous adapter, de coopérer avec le monde sur pied d'égalité. Nous avons donc une politique étrangère d'indépendance, d'autonomie, d'autonomie. Le Vietnam continuera d'appuyer la Charte, le droit international, de promouvoir le dialogue, le règlement pacifique des différends et accroîtra sa participation avec les opérations de paix. Nous travaillons d'arrache-pied avec les États membres pour avoir une ASEAN unie, autonome, résiliente et nous préparons à accueillir l'APEC en 2027 pour contribuer à la paix, à la coopération et au développement dans la région, dans le monde. En tant que membres du Conseil des droits de l'homme, nous préconisons le dialogue et la coopération pour promouvoir et protéger les droits humains et pour que chacun bénéficie des fruits du développement. Nous sommes prêts à faire part de notre expérience pour ce qui est de l'élimination ou de la réduction de la pauvreté, le développement agricole, l'adaptation au changement climatique et pour travailler avec les partenaires pour élargir la coopération pour l'intérêt commun. Le monde continuera de changer. La direction de ce changement dépendra des choix que nous ferons, des responsabilités que nous assumons aujourd'hui. Nous choisissons la paix, la coopération et le développement. Nous travaillerons d'arrache-pied avec toutes les nations pour renforcer les Nations unies, faire respecter le droit international et pour que chacun en bénéficie. Nous sommes convaincus que des Nations unies solides nous permettront d'avancer pour un monde plus sûr, inclusif, plus équitable et pacifique pour tous. Le Vietnam restera un membre actif. Nous resterons toujours prêts à contribuer aux entreprises communes de la communauté internationale. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [9:39:57]: Au nom de l'assemblée, je souhaite remercier le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République socialiste du Vietnam. Nous allons maintenant poursuivre le débat général. L'assemblée va maintenant entendre une allocution du vice-président de la République de Tanzanie son excellence des gratus j'invite les services de protocole à accompagner son excellence et je l'invite à prendre la parole. United Republic of Tanzania · Vice-Président [9:41:01]: Devant l'assemblée Son Excellence le docteur Khalilur Rahman, président de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Son Excellence Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les délégués, bonsoir. C'est un véritable honneur et un privilège que de m'exprimer face à l'Assemblée au nom de Son Excellence la docteure Samia Suluhu Hassan, présidente de la République-Unie de Tanzanie. Son Excellence m'a demandé de vous faire part de ses plus sincères salutations et de vous souhaiter plein succès pour la session à venir. Monsieur le Président. J'aimerais vous féliciter pour votre élection à la tête de la 81e session de l'Assemblée générale. Votre vaste expérience et vos nombreuses compétences diplomatiques vont très certainement nous mener à bon port. Votre élection est aussi un hommage tout à fait adéquat à votre pays remarquable, le Bangladesh, avec qui nous entretenons d'excellentes relations. Monsieur le Président, il y a près de 80 ans, l'Organisation des Nations unies était fondée à San Francisco sur la base d'un principe simple mais à l'épreuve du temps, à savoir que les nations peuvent prévenir les guerres et promouvoir la paix grâce à la confiance, l'action collective et le respect de la Charte de l'ONU. Aujourd'hui, l'insécurité croissante et les guerres sont des menaces existentielles pour notre survie, mais une kyrielle d'enjeux tels que les changements climatiques, les pandémies, une intelligence artificielle non réglementée et l'insécurité énergétique nous mettent en péril. Cela nous rappelle que nous devons pouvoir compter sur une Organisation des Nations unies plus robuste et plus coordonnée. Par conséquent, le thème de cette session, à savoir rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous, est un thème tout à fait pertinent. qui nous invite à revenir aux principes fondateurs de maintien de la paix et de rétablissement de la confiance. Pour gérer la transformation, il convient de réformer l'ONU afin qu'elle soit à la hauteur des réalités d'aujourd'hui. À ce sujet, je félicite notre Secrétaire général, Son Excellence Antonio Guterres, pour avoir promu l'initiative ONU 80 visant à mener à bien un programme de transformation. Selon nous, l'initiative ONU 80 va bien au-delà de la question de l'efficience administrative. Il s'agit surtout de l'efficacité au niveau de l'organisation, de la reddition de comptes, de la représentativité, afin que l'ONU soit véritablement au service de tous. Qui plus est, La transformation doit avoir lieu en faisant montre de la plus grande prudence afin d'éviter tout écueil en matière de développement ou de capacité des bureaux et de programmes des pays de l'ONU. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, alors que quelques années seulement nous séparent de 2030, Les progrès en matière de réalisation des ODD sont loin d'être remarquables. Étant donné la situation, nous devons nous assurer d'aller de l'avant et nous devons nous assurer que chaque centime investi porte ses fruits. La Tanzanie reste engagée et avance sur la voie de la mise en œuvre du programme à l'horizon 2030. La vision de la Tanzanie à l'horizon 2050 a pour objectif de créer une économie inclusive et compétitive garantissant la qualité de vie pour tous. Nous investissons dans notre population, dans les infrastructures de production, la technologie, les innovations, tout en créant de nouvelles opportunités pour les femmes et les jeunes. Notre ambition est de faire de notre croissance économique un véritable changement dans la vie de notre population. Ces ambitions resteront impossibles si l'architecture financière internationale n'est pas au service du développement. À l'heure actuelle, alors que les pays en développement voient leurs progrès accélérés, ils sont confrontés à des taux d'emprunt élevés, à l'augmentation du fardeau de la dette et un accès limité à des financements à long terme abordables. La Tanzanie insiste sur l'importance d'améliorer l'accès au financement à des taux favorables, à la mobilisation des investissements privés, à l'accès au financement du développement et au financement climatique. Il convient également de permettre aux pays en développement de peser de tout leur poids au sein des organes de prise de décision des institutions financières internationales. Il est indubitable que l'engagement politique est essentiel dans le cadre de ces investissements. à ce sujet. La Tanzanie a grandement progressé quant à la réduction des taux de mortalité maternelle et infantile en garantissant la fourniture de services, pour passer de 51 % en 2015 à 81 % en 2022. Nous sommes donc la preuve que lorsque l'on investit dans des projets réalistes et que l'on se concentre sur nos populations, les efforts de développement peuvent Traduire dans la réalité nos promesses. C'est donc bien dans cet esprit que la présidente Samia Suluhu Hassan a accepté d'être à la tête des efforts en matière de santé maternelle et infantile à l'Union africaine. Sous sa houlette, la Tanzanie a réduit les taux de décès maternels de 80 % en sept ans seulement. Notre objectif est maintenant d'avancer sur la voie de nos objectifs 3-0. zéro décès évitables d'enfants et de mères, zéro accouchements non médicalisés, zéro enfant non vacciné. Notre expérience nous a démontré que l'Afrique peut atteindre cet objectif, mais que pour y parvenir, il faudra faire montre d'une mobilisation politique, disposer des financements adéquats et compter sur des partenariats robustes. C'est pourquoi nous exhortons la communauté internationale à nous rejoindre et à insuffler un véritable élan à ce programme. Excellence, nos efforts en matière de questions climatiques se heurtent à des obstacles inacceptables, surtout de la part de ceux qui sont les plus responsables des émissions de gaz à effet de serre. Les efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques sont contrées par le retrait de contributions financières quant aux mesures d'adaptation climatique et le rejet d'initiatives menées par des institutions internationales et régionales, ainsi que par les actions de certains États. Nous devons donner la priorité à la réalisation de nos promesses en augmentant l'accès au financement à taux favorable et en utilisant les nouvelles technologies. Nous avons fait le choix d'aborder la transition énergétique en adoptant tout un arsenal de mesures, parmi lesquelles une stratégie pour l'énergie renouvelable, prévoyant un projet de centrale hydroélectrique de 2 115 mégawatts, ainsi qu'un projet d'énergie solaire et éolienne de 650 mégawatts, ainsi qu'un projet d'énergie géothermique de 130 000 mégawatts. ainsi qu'une stratégie pour des modes de cuisson propres afin que 80 % des foyers se dotent de méthodes de cuisson propres d'ici à 2034. Dans le cadre de ces efforts de réduction de la consommation des énergies fossiles, nous avons fait le choix d'un réseau ferroviaire électrique pour relier le port de Dar es Salaam aux pays voisins, le Burundi et la RDC. Ainsi, il convient donc de garantir les financements à taux favorables pour redoubler d'efforts en matière d'action climatique. La Tanzanie a rejoint les petits États insulaires et côtiers pour appeler à une solution quant à l'élévation du niveau de la mer. Nous félicitons la présidence qui a organisé un débat de haut niveau afin d'aborder la menace existentielle que représente l'élévation du niveau de la mer, et nous attendons avec impatience la Déclaration de l'ONU sur l'élévation du niveau de la mer. Il s'agira d'un cadre global en matière de coopération internationale, de progrès scientifique, de résilience, d'adaptation et de stabilité juridique. Nous nous félicitons de constater que la déclaration affirme la nature légale de la stabilité des zones maritimes au titre de la Convention du droit de la mer, sans oublier la continuité étatique, même en cas de perte de territoire, tout en appelant à la coopération internationale et à la protection des droits humains. Des actions urgentes et immédiates sont indispensables pour préserver nos communautés côtières et les nations insulaires. Excellence, la solidarité internationale doit aller de pair avec le respect de la souveraineté des uns et des autres. Nous nous opposons. cette tendance qui veut que certains États s'octroient le rôle de policier et imposent des sanctions unilatérales à d'autres, sapant donc les principes de souveraineté et de coexistence pacifique. Comme nous l'avons déjà dit, la Tanzanie à nouveau, s'oppose à l'utilisation de ces mesures coercitives contre quelque État membre que ce soit. Et à nouveau, nous faisons part de notre solidarité avec Cuba, le Zimbabwe et tout autre État victime de ces restrictions inacceptables. Dans ce contexte, nous sommes déterminés à ne laisser personne pour compte. Nous appelons donc à la levée immédiate et sans condition de ces mesures qui entraînent difficultés, sapent le développement et entravent la pleine réalisation des droits humains. Monsieur le Président, la paix et la sécurité internationales sont indispensables pour notre développement socio-économique. L'Organisation des Nations unies, à travers sa Charte, est resté au cœur des efforts internationaux de maintien de la paix et de la sécurité, de défense du droit international et de promotion des conditions propices au développement. Toutefois, malgré ces engagements de longue date, la persistance de conflits armés à travers le monde nous indique un rejet des buts et principes de la Charte. En outre, Nous constatons une remise en question quant à l'autorité de la Charte et les principes établis du droit international, sans mesure de reddition de comptes. C'est donc la preuve qu'il convient urgemment de réaffirmer l'importance du multilatéralisme, de renforcer le respect du droit international ainsi que le rôle central des Nations Unies en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. à ce sujet. La Tanzanie est fermement engagée à appuyer les efforts déployés par le Conseil de sécurité, qui doit s'acquitter de sa responsabilité principale, le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Nos deux mandats au Conseil de sécurité sont la preuve de cet engagement. À l'occasion de ces mandats, nous avons grandement contribué à cet objectif. On peut, par exemple, mentionner l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité 1653 en 2006 sur la région des Grands Lacs, ainsi que la collaboration de la Tanzanie avec le Danemark pour la création de la Commission de consolidation de la paix. Excellence, Sur la base de tous ces efforts et de notre engagement en faveur du multilatéralisme, j'ai le plaisir de vous informer que l'Union africaine a officiellement pris note de la candidature de la Tanzanie pour un mandat de membre non permanent au Conseil de sécurité de 2029 à 2030. Les élections sont prévues en juin 2028. Je saisis donc cette occasion pour officiellement annoncer notre candidature. À l'occasion de ce mandat au Conseil, nous avons l'intention d'insister sur les questions centrales au maintien de la paix et de la sécurité internationale, telles que la diplomatie préventive et le règlement pacifique des différends, les femmes et leur participation au maintien de la paix, les jeunes et la paix et la sécurité, ainsi que la réforme des opérations de paix de l'ONU. Dans les prochains jours, nous serons en contact avec vous et nous vous présenterons notre vision et vous demanderons de compter sur votre appui afin que la Tanzanie puisse être une voix africaine forte, respectant les principes en vigueur et faisant montre d'un attachement infaillible en faveur de la paix et de la sécurité internationales. Nous sommes Profondément attristée par le conflit qui perdure et par les souffrances humanitaires à Gaza et dans l'ensemble du Moyen-Orient, nous continuons d'insister sur l'importance de la protection des civils, l'accès humanitaire sans entrave et la reprise des efforts diplomatiques en vue d'une paix pérenne. La Tanzanie est fermement engagée en faveur d'une solution à deux États. permettant à Israël et la Palestine de vivre côte à côte dans la paix et en harmonie, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes de l'ONU. Nous réaffirmons le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et nous estimons qu'une paix pérenne doit garantir la dignité, la sécurité et les aspirations légitimes des deux peuples. Nous défendons ce principe depuis 50 ans. Il s'agit pour nous d'un principe de notre politique étrangère. Monsieur le Président, au nom de la population de la République-Unie de Tanzanie, je voudrais rendre hommage à Son Excellence Antonio Guterres, qui achève son mandat en tant que Secrétaire général des Nations Unies. Pendant ses deux mandats, il a guidé l'ONU pendant une période particulièrement difficile, caractérisée par les conflits, les tensions géopolitiques, la pandémie de COVID-19, les urgences climatiques et la pression croissante infligée au multilatéralisme. Face à toutes ces situations, il a fait montre de fermeté et de détermination. La Tanzanie appuie la volonté de l'Afrique de jouer un rôle en matière de paix, de développement durable, de justice climatique. Nous remercions l'appui apporté par le Secrétaire général et son engagement. Il en va de même pour la Vice-Secrétaire générale, Amina Mohamed, dont le rôle a été essentiel pour les ODD. les femmes et les enfants, et la voix de ceux qui souvent ne sont pas entendus. Vous allez nous manquer, mais l'Afrique est fière d'accueillir à nouveau sa fille. À vous deux, nous vous souhaitons plein succès dans les prochaines années. Monsieur le Président, en guise de conclusion, je souligne que l'ONU ne doit pas se contenter d'être le reflet de l'équilibre des pouvoirs, mais bien une plateforme de justice, de solidarité et de progrès. Alors que nous faisons le bilan de ses contributions remarquables en matière de promotion de l'humanité, de maintien de la paix et de la sécurité internationales, de progrès socio-économiques et de développement durable ces 81 dernières années, n'oublions pas qu'il y a encore bien de nombreux jalons à franchir. La Tanzanie estime que ce n'est qu'en respectant et en incarnant la Charte que nous pouvons être à la hauteur du passé et créer un avenir plus sûr et meilleur pour tous. Merci de votre attention. Asante sana. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [9:59:46]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le vice-président de la République-Unie de Tanzanie. L'Assemblée va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Tshering Tobgay, Premier ministre du royaume du Bhoutan. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Bhutan · Premier ministre · Tshering Tobgay [10:00:49]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, Je m'adresse à vous aujourd'hui non pas en tant que Premier ministre, mais en tant que vendeur. Et je suis ici non pas pour vous vendre un produit, ou une politique, ou encore une autre déclaration. Je suis ici Pour vous rendre une idée, une idée conçue et défendue par Sa Majesté le roi Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, une idée accueillie à bras ouverts par le peuple du Bhoutan, une idée qui est déjà en cours de construction. Cette idée, c'est la ville de pleine conscience de Gelephu. GMC, par son sigle anglais. Et mon argument de vente est simple: venez construire cette ville avec nous. Le monde a déjà édifié de nouvelles cités, des centres financiers, des ports francs, des pôles technologiques, des zones économiques spéciales. Mais la ville de pleine conscience de Guélet-Fou est différente. Voyez-vous, cette ville de pleine conscience de Guélet-Fou est une région administrative spéciale. En vertu de sa charte royale, la ville de pleine conscience de Guélet-Fou exerce une pleine autonomie en matière de gouvernance sur le plan législatif et judiciaire. Imaginez un pays de système. Pensez à la souplesse d'un micro-état. Mais Gelephu n'a pas été héritée de l'histoire. Elle n'a pas été créée pour gérer un transfert de souveraineté. C'est une ville délibérément construite par le Bhoutan, au Bhoutan, sur territoire bhoutanais souverain. Une ville construite pour l'avenir. Gelephu couvre plus de 4000 km2, c'est-à-dire plus de 5 fois la taille de Singapour. mais son principal atout n'est pas sa taille. Son plus grand atout tient au fait que sur le plan institutionnel nous repartons de zéro comme face à une page blanche. La ville de pleine conscience de Guélet-Fou a reçu quelque chose d'extraordinairement rare, la liberté de concevoir une ville entière et son système de fonctionnement à partir de quelques principes de base. Alors, nous nous sommes posés les questions suivantes: si nous pouvions recommencer, comment est-ce que nous gouvernerions? Quelles lois écririons-nous? Comment réglementerions-nous les affaires? Comment garantirions-nous l'indépendance du pouvoir judiciaire? Comment attirerions-nous les meilleurs talents? Comment utiliserions-nous la technologie, en particulier l'intelligence artificielle? Comment créerions-nous la richesse tout en protégeant la nature? Et, à terme, à quoi servirait toute cette prospérité? Il ne s'agit pas là de questions théoriques. Nous avons répondu à ces questions et nous utilisons pleinement cette page blanche. Si Singapour a des principes juridiques qui fonctionnent, nous en tirons les enseignements. Si Abou Dhabi a une réglementation financière qui fonctionne, nous en tirons les enseignements. Si des juristes de premier plan du Royaume-Uni peuvent nous aider à mettre sur pied un pouvoir judiciaire indépendant, nous en tirons les enseignements. Si des experts internationaux peuvent renforcer nos institutions, nous en tirons les enseignements. chercher dans le monde ce qui fonctionne. reprendre à notre compte les meilleurs exemples, les adapter et faire en sorte que tout cela fonctionne pour la ville de pleine conscience de Guelph. Le résultat est un système de base, un système de fonctionnement de base qui est maintenant en place, conçu pour donner aux investisseurs la clarté, la familiarité, la prévisibilité requise. Mais ce système de fonctionnement a été construit autour d'une conviction profonde, à savoir que la prospérité et les valeurs devraient se renforcer mutuellement. Cela signifie que nous devons rejeter l'hypothèse selon laquelle nous devons choisir entre l'entreprise et le bien-être, entre la technologie et l'humanité, entre le développement et la nature. Dans cette ville de pleine conscience de Guelph, nous pensons qu'une démarche équilibrée peut permettre d'obtenir des bénéfices substantiels tout en protégeant les valeurs qui rendent valable la prospérité. L'équilibre n'est pas l'ennemi du profit. C'est le socle du profit durable. Et dans cette ville de pleine conscience de BelEphou, GMC, l'équilibre n'est pas un slogan. Cet équilibre est intégré dans le système de fonctionnement lui-même. Et ceci a une profonde importance pour le Bhoutan. Le Bhoutan, voyez-vous, est un pays stable, pacifique. Nos forêts sont intactes, notre culture est vivante, notre peuple est éduqué, mais notre économie et de taille réduite. Elle ne peut pas encore créer suffisamment d'emplois pour nos jeunes. Dès lors, ils sont beaucoup trop nombreux à quitter le Bouton pour trouver un travail ailleurs. Pour un pays aussi petit que le nôtre, ce n'est pas là simplement un défi économique, c'est un défi existentiel. Nous ne pouvons pas simplement leur dire de rester. Nous devons leur donner une raison de le faire, une raison de revenir au pays. un travail, des opportunités, des entreprises, un avenir. Et donc, le bouton doit se transformer. Mais nous refusons de croire que la transformation nous contraint de devenir ce que nous ne sommes pas. Nous voulons la croissance économique, nous voulons les investissements, nous voulons la technologie, nous voulons des entreprises couronnées de succès, nous voulons que notre peuple devienne plus riche, mais nous voulons aussi protéger ce qui fait du Bhoutan le Bhoutan. Et c'est là le moteur derrière la vision stratégique de Sa Majesté en ce qui concerne cette ville de pleine conscience. Et c'est la raison pour laquelle Sa Majesté pilote personnellement ce développement. Cette ville n'est pas un projet accessoire pour le Bhoutan. C'est un projet qui est au cœur de notre transformation nationale. Notre peuple a accueilli à bras ouverts cette idée comme un projet du peuple, un investissement dans nos enfants, notre économie et notre avenir commun. Le Bhoutan n'attend pas de voir si le monde croit à cette ville avant de s'y engager. Nous, nous nous sommes engagés pleinement. Et maintenant je voudrais vous dire pourquoi cette ville GMC doit forcément réussir. Commençons par son emplacement. Elle se trouve juste à côté de la frontière avec l'Inde, notre plus proche ami et plus proche voisin. C'est un projet qui bénéficie du soutien du Premier ministre Narendra Modi, du gouvernement de l'Inde et de nos voisins. de l'autre côté de la frontière à Assam. De l'autre côté de cette frontière, nous avons le pays le plus peuplé du monde, une des économies qui connaît la croissance la plus rapide, une des économies les plus grandes du monde. GMC est également une passerelle conduisant vers les marchés de l'Asie du Sud et de l'Asie du Sud-Est. Mais GMC commence son aventure avec des atouts que les nouvelles villes passent des décennies à essayer d'acquérir c'est à dire l'accès à de vastes marchés en pleine croissance la connectivité et un ami de confiance l'Inde le bouton présente un autre avantage qui ne peut ni être acheté ni construit c'est la confiance la confiance établie grâce à la paix à la stabilité politique à l'état de droit à toute une histoire, une tradition de respect des engagements. Pour les investisseurs à long terme, la confiance crée un bien très précieux, la prévisibilité. Le bouton a passé des générations à établir cette confiance. GMC permet de passer à l'action. Et puis, ajoutons à cela la nature. Imaginez cette ville à l'aube. la brume qui s'échappe des rivières, des forêts qui s'étendent vers les montagnes, les éléphants parcourant le paysage, les tigres errant dans les forêts. Ce n'est pas un paysage désertique, c'est un paysage vivant, absorbant plus de CO2 qu'il n'en libère, un haut lieu de la biodiversité. Nous n'allons pas détruire tout cela pour construire, nous allons construire au sein de ce paysage et nous allons le protéger. Les forêts, les rivières, la faune ne sont pas des obstacles au développement. Ça fait partie de la valeur de cette ville. Et s'ajoute à cela l'énergie. Le Bhoutan élargit, renforce ses capacités d'énergie renouvelable pour avoir 25 gigawatts d'ici à 2040. Cette électricité apportera l'énergie nécessaire à GMC et aux industries de l'avenir, la fabrication, de pointe, la recherche scientifique, l'intelligence artificielle et les centres de données. Une énergie renouvelable, non polluante. GMC a un autre type d'électricité, une électricité ou plutôt une énergie que le Bhoutan cultive depuis des siècles. C'est l'énergie spirituelle. GMC est en train de se développer comme de devenir le centre mondial du bouddhisme Vajrayana. Les maîtres spirituels du monde bouddhiste construisent déjà des monastères, des centres de retraite, des bibliothèques, des centres d'apprentissage. Alors imaginez ce que nous allons voir exister côte à côte: des entrepreneurs et des moines, l'intelligence artificielle et la conscience humaine, des centres de données et des centres de méditation, les nouvelles technologies, même les technologies les plus récentes créées par l'humanité à côté des plus anciennes traditions du monde pour comprendre l'esprit humain. Est-ce une contradiction? Non. Et c'est cela qui importe. GMC ne demande pas aux investisseurs de choisir entre le succès commercial et la qualité de vie. GMC est conçu pour les deux. Parce que les meilleurs habitants du monde ne choisissent pas simplement un lieu de travail. ils choisissent un endroit où ils vont construire leur vie et dans l'ensemble ces avantages réunissent les conditions nécessaires pour que les entreprises connaissent la croissance pour que les investisseurs prospèrent l'incertitude est moindre l'énergie non polluante abondante la croissance possible de même que la capacité d'attirer des talents du monde entier sans oublier la liberté de créer des marchés lesquelles d'autres entreront plus tard. C'est là que GMC fait de ces avantages un avantage commercial. Et vous pourrez bien sûr vous poser une question tout à fait raisonnable et dire ça a l'air vraiment fantastique, mais est-ce réel? Oui, c'est réel. La Charte Royale est en vigueur, les lois ont été promulguées, les règlements sont en cours, les autorités de réglementation sont à l'ouvrage. Le cadre du pouvoir judiciaire indépendant est en place. Cette ville de pleine conscience, de gué de foie, son propre gouvernement, ses propres lois, son propre système financier, sa propre monnaie numérique adossée à l'or. Ce ne sont pas des aspirations, ce sont là les fondements qui sont déjà en place. Une ville physique qui prend forme. Des infrastructures sont construites peu à peu, selon que de besoin. L'aéroport international est en cours de construction. Un lien ferroviaire avec un lien avec le vaste réseau ferroviaire de l'Inde est en cours de construction. La connectivité énergétique numérique et les infrastructures urbaines sont ajoutées au fur et à mesure que la demande augmente. L'intelligence artificielle, les projets de centres de données avancent et près de 5 milliards de dollars des États-Unis sont en train d'être activement négociés. Il s'agit de différents projets. GMC n'est donc pas une idée qui attend dans les coulisses. Le voyage a déjà commencé, mais il y a encore une occasion extraordinaire à saisir pour voir dans quelle direction va s'acheminer cette ville. Peut-être que la meilleure façon de bien comprendre cette idée, c'est d'imaginer qu'il s'agit d'une jeune entreprise, une start-up. une start-up de 4000 km2. La plupart de ces jeunes entreprises naissent avec une idée et cherchent ensuite à réunir les conditions nécessaires pour réussir. GMC voit le jour avec nombre de ces conditions déjà en place: le rôle moteur de Sa Majesté, un pays entier déjà très attaché à cette idée, une énergie propre, un territoire pleine autonomie, des lois, des institutions de confiance et l'accès à de vastes marchés en pleine croissance. Donc c'est une start-up conçue dès le départ pour réussir. Et je puis vous donner une garantie, le Bouton ne va pas lancer des paris sans être sûr de son coup. Nous sommes très attaché à cette idée, chaque start-up a besoin d'un ingrédient crucial supplémentaire, toutefois, des cofondateurs. Excellence, c'est la raison pour laquelle je suis là, ici, en tant que vendeur, parce que nous voulons votre capital, votre technologie, votre talent, vos idées, votre esprit d'entreprise, mais que les choses soient claires, nous voulons que vous gagniez de l'argent. GMC n'est pas un retrait du capitalisme, de la technologie et de l'ambition. C'est une ville qui est là pour exploiter les trois sans sacrifier la nature, la culture ou le bien-être humain. Ceux qui seront les premiers à venir peuvent contribuer à créer les industries et les marchés qui permettront à d'autres de venir plus tard. Cela peut contribuer à définir la trajectoire économique de GMC et la part de valeur ainsi créée. C'est là l'avantage du premier entrant. À GMC, le succès commercial et humain sont conçus pour aller de pair. C'est un équilibre profondément bhoutanais. Depuis plus d'un demi-siècle, le Bhoutan recherche le bonheur national brut. Il ne rejette pas la croissance économique, mais il se pose une question essentielle: à quoi sert la croissance? GMC confère à cette philosophie du développement sa forme contemporaine grâce au marché, à la technologie, aux investissements. Mais l'inspiration elle-même est plus ancienne. Depuis des siècles, le monde bouddhiste de l'Himalaya est porteur d'un idéal de société éclairée où la prospérité matérielle et la sagesse spirituelle coexistent, où la bonne gouvernance est au service de l'épanouissement de l'être humain, où les gens vivent de façon harmonieuse. entre eux et avec la nature. Cet idéal s'appelle Shambhala. Certains de nos maîtres spirituels se sont penchés sur l'évolution de GMC et on dit que Shambhala est ainsi construit grâce aux rois éclairés. Nous ne prétendons pas être parfaits. Pour nous, Shambhala ne nous ramène pas au passé, mais nous conduit vers l'avenir, vers une promesse pour réaliser cette sagesse et pour aller vers l'avenir, pour construire une ville qui prospérera et qui aura et qui a une âme. Monsieur le Président, je vous ai dit au début que je venais ici en tant que vendeur. Vous savez maintenant ce que je vends. La ville de pleine conscience de Guelpho. Ainsi, Je m'adresse aux gouvernements, aux institutions qui cherchent des partenariats, aux investisseurs, aux entrepreneurs, aux entreprises qui cherchent la prochaine occasion à saisir. Ne regardez pas la construction de GMC de loin. Venez au Bhoutan. Venez dans cette ville de pleine conscience de Guelphou. Contribuez à définir ce voyage. Construisez avec nous. Devenez les cofondateurs. Parce que l'avenir n'arrive pas. tout seul. L'avenir se construit et au Bhoutan, nous sommes déjà en train de construire cet avenir. Merci de votre aimable attention et Tashi Delek. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [10:19:07]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre du Royaume du Bhoutan L'Assemblée va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Kamla Persad-Bissessar, Premier ministre de la République de Trinité-et-Tobago. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence et l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Trinidad and Tobago · Première ministre · Kamla Persad-Bissessar [10:20:24]: Merci beaucoup, Monsieur le Président. C'est un honneur que de prendre à nouveau la parole face à cette auguste Assemblée à l'occasion de la quatre-vingt-et-unième session de l'Assemblée générale des Nations unies. Au nom du gouvernement et du peuple de Trinité-et-Tobago, je vous félicite pour votre élection à la présidence. Qu'il me soit également permis de remercier votre prédécesseuse, Son Excellence Annalena Baerbock de l'Allemagne, pour son excellent travail à la tête de nos travaux pendant la session précédente, Monsieur le Président. Le thème choisi est tout à fait à propos. Restaurer la confiance, gérer la transformation des Nations Unies au service de tous. Voilà un thème qui reflète bel et bien les enjeux que doit relever la communauté internationale. S'agissant de restaurer la confiance dans l'ONU, il faut pouvoir rétablir sa capacité à répondre aux besoins de l'ensemble de la communauté internationale. Alors que nous devrions Renforcer nos partenariats grâce au respect mutuel et la coopération. C'est la confiance dans les institutions internationales qui s'érode. Pour des petits États insulaires en développement comme nous, la confiance dépend de la capacité des institutions à appliquer les règles de façon cohérente, à honorer les engagements et à s'assurer que les pans concernés par les décisions puissent Les façonnés. La criminalité transfrontière organisée est une véritable menace qui pèse sur la sécurité et le développement des petits États. Les petits États sont confrontés à de nombreuses difficultés, qu'il s'agisse des réseaux criminels sophistiqués qui trafiquent des personnes, des armes, des stupéfiants et. procèdent au financement illicite à travers les frontières. Pour nous, ce n'est pas une menace hypothétique. Il s'agit de réseaux qui menacent nos citoyens, nos institutions et notre développement. Par conséquent, rétablir la confiance et gérer la transformation doit s'accompagner de résultats. Idéalement, la transformation devrait donner lieu à une Organisation des Nations unies réactive, capable de changer la donne pour ce qui est de la sûreté, de la sécurité et du bien-être des peuples. Depuis que mon gouvernement a été élu en 2025, nous nous sommes concentrés sur des programmes axés sur les populations. afin de garantir la sécurité des communautés, procéder à des investissements productifs, moderniser les services publics et augmenter les opportunités. Au cœur de notre agenda, nous donnons la priorité à la sécurité pour nos communautés. Voilà pourquoi nous renforçons nos efforts de coopération avec les États-Unis et d'autres partenaires pour démanteler les groupes criminels qui sèment le chaos dans notre pays et dans la région. C'est pourquoi nous sommes profondément reconnaissants au président Trump, qui a invité Trinité-et-Tobago plus tôt cette année à participer à un tout nouveau bouclier des Amériques et à la coalition des Amériques contre les cartels. Nous en sommes convaincus, ce partenariat va promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité dans notre région. Trinité-et-Tobago. saluent et se félicitent de la responsabilité qu'assume le Conseil de sécurité. C'est pourquoi nous remercions les 181 États membres qui ont donné leur confiance à Trinité-et-Tobago, qui va entamer son mandat pour les années 2027-2028. Selon nous, ce vote de confiance important est non seulement une réalisation, mais surtout une véritable responsabilité pour nous. Nous retrouvons le Conseil de sécurité pour la deuxième fois dans notre histoire et pour la première fois en plus de 40 ans. Nous allons nous acquitter de l'engagement qui nous a fallu, qui nous a valu votre voix, établir le consensus pour garantir la pérennisation de la paix et la sécurité. La République de Trinité et Tobago a l'intention. de faire valoir le point de vue des petits États insulaires en développement au Conseil, tout en étant guidés par la Charte, le droit international et le principe de règlement pacifique des différends. Ce sont ces principes qui nous guideront constamment au Conseil, qu'il s'agisse d'une crise qui concerne notre région ou qui est fort éloignée. Nous allons mener à bien notre mandat avec indépendance, pragmatisme. Nous allons travailler de façon constructive avec tous les membres du Conseil et chercher des points de convergence. Nous allons insister sur la lutte contre le trafic illicite d'armes légères et de petit calibre. Nous mettrons également l'accent sur les femmes, les enfants, la paix et la sécurité. Nous parlerons aussi d'intelligence artificielle et de sécurité internationale. Je partage l'avis du président Trump. Nous nous engageons à appeler l'intelligence artificielle la super intelligence. Monsieur le Président, l'arrivée d'armes à feu et de stupéfiants dans le pays est une véritable source de préoccupation pour nous et pour l'ensemble des Caraïbes. Alors que la région ne produit pas ces armes, leur présence nourrit les violences perpétrées par les gangs, les groupes criminels organisés, le trafic de stupéfiants et les décès dans nos sociétés. À l'occasion de notre mandat au Conseil, nous allons plaider en faveur d'une coopération internationale accrue pour Juguler l'arrivée des armes illicites en garantissant l'établissement de mécanismes de traçage, le partage d'informations, la coopération aux frontières, la coopération maritime et une coopération entre les pays d'origine, de transit et de destination afin de démanteler ce trafic. Nous pourrons aussi faire part de notre Expérience au Conseil lorsque le trafic d'armes à feu met en lumière la présence de groupes criminels organisés qui hypothèquent la sécurité et la stabilité des États, et ce, même en l'absence de conflits armés traditionnels. S'agissant de la question de la super intelligence et de la sécurité internationale, nous allons appeler à tenir compte des retombées de la super intelligence et des nouvelles technologies sur la paix et la sécurité internationales, y compris les cyberattaques, la désinformation, la présentation de fausses images, les armes autonomes. l'abus de la super intelligence et les menaces qui pèsent sur les infrastructures critiques. Nous reconnaissons que ces technologies peuvent contribuer à la prévention des conflits, aux alertes précoces, au maintien de la paix, à la protection des civils. Trinité-et-Tobago va prôner une approche visant à préserver la sécurité internationale sans entraver l'innovation, le développement et la création d'opportunités. Nous voulons que les pays en développement puissent se faire entendre et participer à l'établissement des règles de cette nouvelle ère technologique. La situation à Haïti est une source de préoccupation, certes pour la région, mais pour l'ensemble du monde. Nous appuyons pleinement les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité et la stabilité d'Haïti, tout en s'assurant que l'avenir politique de ce pays appartienne aux Haïtiens. L'assistance sécuritaire est indispensable, mais une stabilité pérenne dépendra également d'institutions opérationnelles, d'opportunités économiques et d'un processus politique crédible. Par conséquent, alors que Trinité-et-Tobago se prépare entamé son mandat au Conseil, nous continuerons de prêter attention à la situation d'Haïti et à l'ensemble de la région des Caraïbes en coopérant avec la CARICOM et les autres partenaires internationaux afin de trouver des solutions pratiques et pérennes. Monsieur le Président, gérer la transformation signifie signifie également de s'assurer que les pays en développement ne doivent pas simplement accepter les changements adoptés ailleurs. Qu'il s'agisse de la technologie ou de la super intelligence, de l'économie mondiale ou des questions d'énergie, les pays en développement doivent pouvoir participer aux prises de décision. Trinité-et-Tobago dispose d'une perspective unique en matière de résilience climatique, de sécurité énergétique, du coût de la vie et du développement économique. Nous allons non seulement mesurer nos progrès à l'aune de la rapidité de ces derniers, mais aussi à l'aune de leur nature universelle. Ainsi, la transformation doit s'accompagner de plus d'opportunités, de plus de sécurité et de développement, au lieu de creuser les inégalités, l'endettement ou la dépendance. Pour rétablir la confiance, l'Organisation des Nations unies devra démontrer sa capacité à honorer les engagements qui ont été pris et devra démontrer que le multilatéralisme peut changer la donne pour les peuples du monde. Monsieur le Président, l'initiative ONU 80 du Secrétaire général vise à rendre l'organisation plus efficiente et mieux à même de gérer l'avenir. Le Président. Trump a évoqué les réformes qui ont eu lieu et qui auront lieu. La réforme doit contribuer à réduire les doublons, à renforcer la reddition de comptes, à mettre fin à des mandats obsolètes et rediriger des ressources qui se tarissent en faveur de résultats concrets. Dans le même temps, L'organisation doit conserver sa capacité d'action dans les trois piliers que sont la paix et la sécurité, le développement et les droits humains, sans pour autant compliquer la tâche aux petits États en développement qui doivent pouvoir contribuer aux travaux de l'ONU. Alors que l'ONU est à la recherche de sa prochaine Secrétaire générale, j'aimerais remercier très sincèrement Son Excellence Antonio Guterres, dont Le mandat en tant que neuvième secrétaire général des Nations unies prend fin cette année. Le secrétaire général Guterres va entrer dans l'histoire comme un responsable de cette organisation en période de tension et en tant que promoteur de nombreuses initiatives sur la réforme, les changements climatiques, la superintelligence et les risques que posent les armes nucléaires. Nous n'oublions pas non plus les initiatives menées lors de son mandat, telles que l'initiative ONU 80, les efforts visant à garantir la parité aux postes à haute responsabilité, ainsi que ses efforts visant à intégrer les questions de superintelligence et les risques qui l'accompagnent, ainsi que la question des armes nucléaires dans nos efforts internationaux. Trinité-et-Tobago est engagé depuis longtemps en faveur du multilatéralisme et de l'ONU. Cet engagement a pour objectif de changer la donne des citoyens à travers le monde. Alors que Nous continuons à aller de l'avant, ne l'oublions pas. Cette confiance sur laquelle nous comptons doit être méritée et dépend des principes de respect mutuel et de coopération. La République de Trinité-et-Tobago est prête à jouer son rôle afin de reconstruire une organisation au service de tous. Monsieur le Président, merci. Je vous bénis. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [10:34:17]: Au nom de l'Assemblée, je remercie la Première ministre de la République de Trinité-et-Tobago. L'Assemblée va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Takashi Sanae, Premier ministre du Japon. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Merci. Japan · Premier ministre · Takashi Sanae [10:35:29]: Monsieur le Président, Excellence, l'ordre international est en proie à une profonde instabilité. L'ordre international libre et ouvert, fondé sur l'état de droit, que nous avons fait prospérer, est face à des écueils sur de multiples fronts. Parmi l'équilibre de pouvoir qui évoluent et face à l'intensification de la concurrence géopolitique des civils innocents perdent la vie dans le monde chaque jour qui passe. L'époque d'après-guerre froide stable appartient désormais au passé. La distribution des marchandises stagne. Les peuples du monde subissent le coût de la vie élevée, des progrès sur la voie des objectifs de développement des rails, les droits humains sont violés dans différentes régions du monde. Dans ce cadre, est-ce que les Nations unies, 80 ans après leur création, échouent à remplir leur rôle de promotion de la paix et de la stabilité de par le monde? De telles préoccupations se font aujourd'hui entendre. Monsieur le Président, malgré ces préoccupations, les Nations unies n'ont jamais été aussi importantes qu'aujourd'hui, pour apporter paix et stabilité de par le monde et pour permettre à la communauté internationale de surmonter de nouveaux défis et de prospérer. Le Japon continuera d'honorer et d'assumer des responsabilités de taille vis-à-vis des Nations Unies, et je suis ici aujourd'hui pour exprimer cette détermination. Cette année marque le 70e anniversaire de l'adhésion du Japon aux Nations Unies. En cette année anniversaire, je voudrais tout d'abord expliquer comment le Japon relèvent les défis auxquels fait face la communauté internationale aux côtés des Nations unies. Je voudrais ensuite saisir cette occasion pour réexaminer le rôle des Nations unies au sein de la communauté internationale. Passons, pour commencer, à la question de la montée des tensions internationales. La situation au Moyen-Orient est devenue de plus en plus tendue. la navigation, la liberté de navigation, la sécurité de la navigation sont de plus en plus contestés dans le détroit d'Ormuz, qui est pourtant un bien public international. En coopération avec la communauté internationale, le Japon continue de participer aux efforts diplomatiques pour parvenir à une désescalade de la situation dans tout le Moyen-Orient. De surcroît, des préoccupations liées à l'approvisionnement en combustibles, en produits chimiques, en articles médicaux, ont un impact considérable sur les opérations commerciales et le quotidien des uns et des autres. Du fait de la désorganisation de l'approvisionnement en engrais, le risque d'une crise alimentaire se fait de plus en plus marquer. L'Afrique et l'Asie étant particulièrement touchées. Depuis de nombreuses années, nous participons à un commerce dynamique dans les mers libres et ouvertes qui vont de l'océan Pacifique à l'océan Indien. Et ensemble, nous avons créé une région forte et prospère. C'est également vrai dans l'océan Atlantique, dans la mer Méditerranée. Nous souhaitons étendre cela également à l'Afrique pour en faire la principale artère de la croissance et de la prospérité. À cette fin, il y a précisément dix ans, le Premier ministre Abe Shinzo a préconisé un Indo-Pacifique libre et ouvert à l'ATKAD qui s'est tenu au Kenya. Toutefois, compte tenu d'une montée des tensions géopolitiques, le libre-échange a été entravé, la fourniture stable d'énergie et les chaînes d'approvisionnement générales ont été mises à mal. Face à cette situation, en mai dernier, j'ai annoncé une mise à jour de Cet Indo-Pacifique libre et ouvert, j'ai lancé un vibrant appel en disant qu'il est essentiel que tous les pays se dotent des capacités nécessaires pour déterminer leur propre avenir et la résilience nécessaire dans les domaines. économique, sociale et sécuritaire. Le Japon met particulièrement l'accent sur les trois piliers suivants pour incarner cette idée. Premièrement, le Japon s'emploie à renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement pour les matières critiques et l'énergie. Pour ce qui est de la sécurité énergétique mondiale, il est crucial de garantir un commerce énergétique libre et transparent, d'assurer la coordination internationale pour le renforcement des stocks de pétrole et de renforcer la collaboration les pays producteurs et les pays consommateurs. Le Japon a également lancé le partenariat sur la résilience énergétique et des ressources en Asie pour renforcer cette résilience. sur notre continent et nous nous attachons à promouvoir la coopération dans des domaines tels que les capacités de stockage, le développement de ces capacités et les crédits de surcroît. Nous élaborons actuellement un plan complet de coopération pour renforcer la résilience économique et énergétique des pays du Golfe. Grâce à cette initiative, nous renforcerons la collaboration entre l'Asie-Pacifique, y compris le Japon et les pays du Golfe, pour assurer une fourniture énergétique mondiale stable. En outre, des préoccupations concernant les restrictions arbitraires aux exportations se font de plus en plus intenses dans la communauté internationale. Le Japon propose une vision stratégique pour renforcer les chaînes d'approvisionnement qui englobe non seulement le développement de sources différentes d'approvisionnement, mais aussi le renforcement des capacités des pays à faire face à cette désorganisation, en particulier dans le domaine des minerais critiques. Un exemple n'est autre que le partenariat RISE. Grâce à cette initiative d'amélioration de la chaîne d'approvisionnement résiliente et inclusive, nous coopérons avec des pays qui produisent des minerais critiques pour leur permettre de jouer un rôle accru dans l'extraction minière, le raffinage et le traitement. et la transformation en juin, nous avons créé RISE+ avec le groupe de la Banque mondiale et promis une contribution de 20 millions de dollars pour contribuer à mettre sur pied les infrastructures essentielles pour la production de minerais critiques. Deuxièmement, le Japon est très attaché à l'amélioration de la coopération pour la paix et la stabilité. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous avons sans relâche mener des efforts de désarmement nucléaire et de non-prolifération. Au cœur de cette aspiration pour un monde exempt d'armes nucléaires se trouve l'appel sincère des hibakusha. Les conséquences catastrophiques des armes nucléaires ne doivent jamais être reproduites dans le monde. Le Japon, seul pays à avoir subi des bombardements atomiques pendant la guerre, a pour mission de mener les efforts de la communauté internationale pour un monde exempt d'armes nucléaires. Le Japon en appelle à la solidarité au sein de la communauté internationale pour maintenir et renforcer le régime du TNP auquel les États dotés ou pas de l'arme nucléaire sont parties. De surcroît, le Japon promeuvra des efforts pratiques et réalistes, et ce de façon constante, y compris en renforçant la transparence des forces nucléaires et en s'attachant à promouvoir une meilleure compréhension de la réalité des bombardements avec l'arme atomique. Les situations en Ukraine et en Corée du Nord rappellent les risques croissants et les menaces posées par les armes nucléaires. Des préoccupations se font jour aussi au sujet de la prolifération de technologies missiles ou nucléaires par le renforcement de la coopération militaire entre la Russie et la Corée du Nord. La sécurité de l'Indo-Pacifique et de l'Euro-Atlantique est inséparable. L'avancée des programmes de missiles et nucléaires de la Corée du Nord, ainsi que les activités cybernétiques malveillantes, y compris Les vols de crypto-monnaies comme source de financement constituent des violations flagrantes des résolutions applicables du Conseil de sécurité et menacent sérieusement la paix et la sécurité internationales. La pleine mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité en vertu du principe de dénucléarisation complète de la Corée du Nord est essentielle. En outre, la question des enlèvements par la Corée du Nord est une question toujours d'actualité. Des vies sont en jeu. Les personnes enlevées n'ont toujours pas le droit d'être libérées. Leurs familles continuent de souffrir. C'est une question extrêmement préoccupante, pas seulement pour le Japon, mais aussi pour la communauté internationale. Les personnes enlevées et leurs familles vieillissent et la question des enlèvements doit être réglée immédiatement. Dans l'intérêt de l'avenir du Japon et de la Corée du Nord, je suis prête à nouer les fils du dialogue et à prendre des mesures concrètes pour nouer une relation mutuellement fructueuse conformément à la déclaration Japon-RPDC-Pyongyang. Troisièmement, le Japon continuera de contribuer au maintien et au développement d'un ordre international libre et ouvert fondé sur l'État de droit. Toute tentative de modification unilatérale du statu quo par la force ou la coercition est contraire aux principes consacrés dans la Charte des Nations unies et ne saurait jamais être tolérée où que ce soit dans le monde. L'agression russe contre l'Ukraine en est l'exemple le plus patent. Membre permanent du Conseil de sécurité, doté d'une responsabilité spéciale en matière de paix et de sécurité internationales, a agressé un autre pays et a opposé son veto à des résolutions du Conseil de sécurité concernant ses propres agissements. Dans une telle situation, il faut dire qu'à l'heure actuelle, le Conseil de sécurité ne fonctionnent pas dans l'intérêt de la paix internationale. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon, nation et prise de paix, a accordé une grande importance à l'État de droit dans le règlement de tout différend. Ceci est démontré par le soutien constant apporté par le Japon aux différents organes judiciaires internationaux tels que la Cour internationale de justice, la Cour pénale internationale et le Tribunal international pour le droit de la mer, des organes judiciaires auxquels nous avons apporté des juges. Nous avons créé une unité pour la médiation en faveur de la paix au sein du gouvernement japonais au mois de mars. Le Japon jouera un rôle plus dynamique dans le règlement pacifique des différends. De plus, l'ordre maritime fondé sur l'État de droit est actuellement ébranlé dans le détroit d'Ormuz. Garantir la liberté de navigation et une navigation sécurisée par le détroit d'Ormuz pour tous les navires sans coûts supplémentaires comme cela a été le cas jusqu'à présent, est extrêmement important, non seulement pour la sécurité du Moyen-Orient, mais aussi pour la stabilité de l'économie mondiale dans son ensemble. De la même façon, il est essentiel de garantir la stabilité dans le détroit de Bab el-Mandeb. Le Japon continuera de travailler étroitement avec les pays concernés et l'Organisation maritime internationale pour maintenir l'ordre maritime au Moyen-Orient. Madame la Présidente, je voudrais également évoquer les efforts et les engagements du Japon vis-à-vis des Nations unies et du multilatéralisme. Depuis notre adhésion aux Nations unies en 56, le Japon s'est attaché à relever les défis internationaux avec dynamisme, des défis tels que l'élimination de la pauvreté, le développement socio-économique, l'autonomisation des femmes, le changement climatique et la santé mondiale. Et nous l'avons fait grâce à l'aide publique au développement, par le biais d'organisations internationales ou de façon bilatérale. Et nous avons renforcé notre solidarité avec l'hémisphère sud. À ce jour, le Japon a apporté une APD à hauteur de plus de 670 milliards de dollars pour les pays en développement, les régions en développement. Nous avons envoyé plus de 60 000 volontaires bénévoles de la coopération à l'étranger dans 99 pays. Nous avons également promu des initiatives pour parvenir à une couverture de santé universelle dans le monde entier. Depuis 1993, le Japon a coorganisé la TICAD avec les Nations unies. La TICAD a été une enceinte de réflexion de la voix de l'Afrique dans les ODD. Elle est ainsi pour refléter la voix de l'Afrique dans les ODD et le Japon a avancé le concept FOIP, comme je l'ai dit. Précédemment, l'Afrique a une population jeune dynamique, un potentiel économique considérable. Le Japon continuera de promouvoir la diplomatie vis-à-vis de l'Afrique pour que le Japon et l'Afrique soient plus résilients et prospèrent ensemble. Par exemple, nous allons promouvoir le développement industriel de l'Afrique, la création d'emplois, une connectivité accrue en Afrique. De surcroît, l'année prochaine, nous allons accueillir la réunion des dirigeants des îles du Pacifique à Yokohama. Le Japon organise cela avec la région des îles du Pacifique depuis 1997. Le Japon veut renforcer sa coopération avec ces pays et promouvoir la stabilité et la prospérité de la région, y compris en relevant les défis communs tels que la sécurité maritime et les changements climatiques. Plusieurs catastrophes à grande échelle sont survenues et ont causé des dégâts considérables dans le monde, y compris au Japon. Cette année, les catastrophes naturelles sont de plus en plus graves et fréquentes. Nous nous efforçons d'être le leader dans la réduction des risques de catastrophes et nous partageons nos compétences, notre technologie pour réduire les catastrophes et contribuer aux efforts mondiaux dans ce domaine. À cette fin, j'ai nommé un nouveau ministre de la coopération pour la réduction des catastrophes lorsque j'ai reconstitué mon gouvernement la semaine dernière, en 2015, en tant que ministre des Affaires intérieures de la communication, j'ai participé moi-même à la Conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des catastrophes, où le cadre de Sendai a été adopté. La promotion de ce cadre est une de nos priorités encore aujourd'hui. C'est à Sendai que le Japon organisera la conférence ministérielle Asie-Pacifique sur la réduction des risques de catastrophes en octobre. Pour protéger la vie et les générations actuelles et futures, tous les États doivent prendre des mesures sérieuses pour lutter contre le réchauffement. Je crois que l'action climatique et la croissance économique peuvent aller de pair. Le Japon a promu des efforts de transformation verte pour parvenir à l'objectif Émissions zéro d'ici à 2050 en utilisant nos capacités technologiques. Ces capacités incluent la création d'une base pour la production et l'ingénierie de matériaux tels que l'acier vert en utilisant des systèmes de production d'électricité le plus efficace du monde à partir de centrales à gaz et en diffusant l'adoption de centres de données efficaces sur le plan énergétique. Nous allons renforcer nos efforts pour consolider la résilience de la structure de l'offre et de la demande d'énergie et promouvoir un plan de résilience grâce au programme Power GX. De surcroît, nous allons contribuer à l'action climatique, y compris grâce au système GX, à la communauté d'émission zéro en Asie, la ZEC, pour parvenir à la décarbonation, à la sécurité énergétique et à la croissance économique. L'an prochain, nous allons accueillir l'exposition mondiale d'horticulture à Yokohama. S'ajoutent à cela des difficultés qui découlent de l'innovation technologique. L'intelligence artificielle présente beaucoup d'opportunités à l'humanité, mais elle pose aussi des défis liés à la sécurité nationale. Nous avons besoin de toute urgence de mesures pour combattre la propagation d'informations mensongères ainsi que la propagande. Le Japon a pris l'initiative de lancer le processus d'intelligence artificielle d'Hiroshima avec les premiers principes internationaux et le code de conduite pour gérer l'IA générative. En parallèle, nous travaillons avec des partenaires, notamment des partenaires de l'hémisphère sud, pour co-créer un écosystème fiable et sûr d'intelligence artificielle et pour renforcer la coopération sur la sécurité pour répondre aux risques. Pour accélérer ces efforts, nous envisageons d'accueillir le sommet de l'intelligence ou plutôt au Japon. Madame la Présidente, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons développé la paix et la prospérité grâce à nos efforts inlassables, ceux de nos prédécesseurs et la bonne volonté d'un grand nombre de pays. Ce faisant, le Japon a agi en promouvant le multilatéralisme pour relever les défis de la communauté internationale. Toutefois, ces défis ne peuvent pas être réglés par un seul pays faisant cavalier seul. Aujourd'hui plus que jamais, le drapeau des Nations Unies doit doit flotter très haut. Et les États membres doivent mobiliser leurs forces collectives pour créer de nouvelles règles et établir un cadre de coopération. Je suis convaincue que les Nations unies sont la seule organisation à même de tenir les rênes au niveau international. À cette fin, la réforme des Nations unies est essentielle. Les Nations unies sont un navire et la responsabilité ou constitue même un contenant et la responsabilité pour déterminer le contenu nous incombe c'est à dire que cela incombe aux états membres plutôt que de déplorer la lassitude institutionnelle des nations unies les états membres devraient s'unir mues par une seule et même volonté pour promouvoir la réforme, pour transformer l'Organisation, pour que les Nations Unies soient plus résilientes et efficaces. Avançons ensemble sur la base des réalisations d'Antonio Guterres. Dans le même temps, la Charte des Nations Unies, qui a désormais 81 ans, devrait également être revue. S'agissant des clauses sur les États ennemis, l'Assemblée générale a adopté en 2005 une résolution pour supprimer les références aux États ennemis de la Charte des Nations Unies, exprimant la détermination des chefs d'État et de gouvernement de tous les États membres. Conformément à cette résolution, ces clauses doivent être supprimées. Je voudrais souligner fermement cette position, car le Japon est fier et honoré de ses contributions de taille aux efforts des Nations Unies ces 70 dernières années. De surcroît, Et c'est une question très importante. La réforme du Conseil de sécurité est urgente et nécessaire. La structure actuelle du Conseil de sécurité, qui a pour mandat de maintenir la paix et la sécurité internationales, reflète la situation internationale de 1945. Nous devons transformer le Conseil sans tarder pour en faire une structure reflétant réellement la réalité actuelle de la communauté internationale. Il est essentiel, à cette fin, d'avoir davantage de membres permanents et non permanents pour garantir la légitimité et le caractère représentatif du Conseil de sécurité. Une majorité d'États membres est favorable à l'élargissement des deux catégories. Le Japon est déterminé à remplir sa responsabilité solennelle dans ces réformes des Nations Unies. Madame la Présidente. Ces 70 dernières années, depuis notre adhésion aux Nations unies, nous avons constamment contribué à la paix et à la prospérité. La communauté internationale, en tant que nation, est prise de paix, avec une politique orientée exclusivement vers la défense. En outre, nous avons travaillé de pair avec les Nations unies pour mener à bien deux tâches indispensables, en créant des règles et des institutions et en apportant un soutien sur le terrain. Cette politique restera inchangée. Vu son histoire, le Japon a un sens de responsabilité pour préserver les idéaux des Nations unies qui constituent notre lueur d'espoir et pour faire avancer cette lueur vers l'avenir. À cette fin, nous renouvelons notre engagement vis-à-vis des Nations unies et du multilatéralisme. Nous continuerons de prendre des mesures. Dans ce sens, le monde connaît bien des troubles et les Nations unies doivent renaître, être des Nations unies plus résilientes, plus efficaces et regagner la confiance de la communauté internationale. Avec ces Nations unies plus efficaces et plus résilientes, le Japon est déterminé à assurer la paix, la prospérité, en faisant en sorte que la communauté internationale et l'Indo-Pacifique soient plus résilients et plus prospères. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [10:56:42]: Au nom de l'Assemblée, je remercie la première ministre du Japon. L'assemblée va maintenant entendre une déclaration de son excellence Andrew Barnham, premier ministre et Premier Lord du Trésor du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Madame. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Premier ministre et Premier Lord du Trésor · Andrew Barnham [10:57:38]: La Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs. En tant que nouveau Premier ministre britannique, je suis présent face à vous aujourd'hui pour vous présenter la façon dont la Grande-Bretagne va être à la tête des efforts pour changer le monde dans les dix prochaines années, en nous fondant sur notre expérience des dix dernières. Dix ans se sont écoulés depuis le Brexit. Mon pays a surmonté les perturbations qu'il a entraîné. Et cette expérience nous a inculqué des leçons dont je voudrais vous faire part aujourd'hui. Nous sommes de retour. Nous rétablissons notre stabilité. Nous érigeons une économie dynamique. Nous sommes une nation qui veut commercer avec le monde et coopérer pour régler les problèmes que nous rencontrons. Nous avons appris à nous adapter pour relever les défis de notre époque. Nous devons rééquilibrer le pouvoir de notre pays. Le pouvoir doit être plus proche du peuple. Nous devons redoubler d'efforts pour lutter contre les forces de la division et l'instabilité qui nous menace. Pas simplement via la férule, mais bien via des méthodes douces qui sèment la peur et le désespoir. Nous devons en faire plus pour ce qui est du coût de la vie. Nous devons insuffler un nouvel espoir à nos populations. Nous devons faire nôtre le potentiel des nouvelles technologies pour améliorer les conditions de vie des peuples. Voilà ce que je voudrais aborder ce soir. Je voudrais vous expliquer comment le monde peut traverser les troubles d'aujourd'hui pour ouvrir un meilleur chapitre dans la décennie à venir. Pour surmonter les forces de la division et la stabilité, nous devons garantir la sécurité nationale. Nous allons donc continuer d'investir dans notre défense. Nous allons honorer nos engagements auprès de l'OTAN et renforcer les capacités européennes. Nous n'allons renoncer à aucun effort pour lutter contre ces forces et nous n'allons pas céder au jeu de la Russie. Contrairement à la Russie, nous n'avons pas fait le choix de la confrontation. Nous serons au lieu de cela préparés, mais ne pas paniquer. pragmatique. Nous allons faire montre de sang-froid et nous serons déterminés à défendre nos peuples et nos alliés. Une véritable résilience dépend de la force militaire, mais notre expérience des dix dernières années nous a également démontré que cela ne suffisait pas. Nous devons aussi tenir compte de la force de notre tissu social qui nous noue les uns aux autres. Il n'existe pas de sécurité nationale sans une société robuste et unie. Voilà le point de départ de tout ce qui nous est cher et de tout ce que nous voulons réaliser. Force est de constater que ces valeurs sont attaquées. Ces dernières années, nous avons été les témoins d'attaques de grande ampleur perpétrées par des acteurs hostiles dans le secteur de l'information au Royaume-Uni et dans bien d'autres de nos alliés. Les agences russes recours à tous les moyens pour diffuser des mensonges et la désinformation et se nourrir des craintes de nos peuples. Ce sont des systèmes robotisés, des faux sites Internet qui sont utilisés, des articles de journaux qui sont falsifiés, des organisations britanniques qui sont falsifiées, y compris certaines universités et la BBC. Ces agences mettent l'accent sur les discours de l'extrême droite. Et nous avons des preuves qu'il y a eu des tentatives d'ingérence dans nos élections de 2019. Nous savons également que ces agences tentent d'attiser les tensions au lendemain d'événements tragiques. L'idée selon laquelle. on serait capable d'exploiter ce genre d'événements en faveur de ses intérêts répugnants. Mais c'est bien ce qu'ils font. Le Kremlin dépense près de 1,3 milliard de livres sterling par an pour manipuler l'information. Il s'agit de campagnes insidieuses qui s'ingèrent dans nos foyers, qui tronquent leur vision de leur pays et de leur communauté, qui présentent des discours de déclin, qui incitent à la division et au désespoir. En sus de cela, nous sommes les témoins de cyberattaques contre nos entreprises et nos institutions. Et nous savons que l'IA va exacerber cette menace. Nous avons été trop timides pendant trop longtemps. Ces dix dernières années, nous avons cédé trop de terrain à ceux qui veulent présenter une vision négative de la vie en Grande-Bretagne, qui n'a aucun lien avec la réalité. À cela, nous disons assez. Nous voulons écrire une nouvelle décennie. Nous voulons les yeux grands ouverts. Nous voulons être fiers des valeurs que nous représentons et de l'État de droit. Nous voulons aider notre population à renforcer sa résilience, parce que face à cette guerre de l'information, la sécurité dépend de chacun de nos foyers. Si vous rencontrez des difficultés avec le coût de la vie, que vos conditions de vie ne s'améliorent pas, si vous êtes jeune et que vous êtes sans emploi, sans éducation, sans formation, vous serez vulnérable à ces influences. Voilà pourquoi nous devons remobiliser notre population et créer les opportunités requises. Lorsque les inégalités se creusent, nos sociétés sont en péril. Nous voulons que la vie soit plus abordable. Ce sera au cœur de notre nouveau plan sur dix ans que nous allons présenter plus tard dans l'année. Nous allons établir l'architecture requise pour juguler et trouver un antidote à ce poison. Aujourd'hui, j'ai chargé les responsables de la sécurité à travailler à un nouveau centre pour la défense de l'information, et ce, afin de détecter, déterminer les responsabilités contrer ces attaques à l'aide d'informations. L'objectif est de défendre notre démocratie. Je sais que c'est un objectif que nous partageons tous. Nous allons donc faire part de notre expérience au Royaume-Uni. Et étant donné que nous avons déjà très traversé ce choc il y a dix ans, nous allons aider nos partenaires. Nous avons aidé le Moldova à préserver ses élections face aux ingérences de la Russie. Alors que d'autres élections vont avoir lieu en Europe, bien des nations sont confrontées à ces difficultés, parfois pour la première fois. Nous sommes donc prêts à expliquer comment fonctionnent ces acteurs, comment les contrer, et ce parce que c'est essentiel pour notre sécurité collective et notre résilience. Afin de surmonter les divisions et l'instabilité, nous devons trouver de nouvelles façons de nous rassembler. Nous le savons. C'est dans l'unité que nous trouvons la force. C'est dans le partage que nous pouvons régler nos difficultés. Aujourd'hui, face à vous, je suis le témoin des progrès humains auxquels a contribué cette organisation, tels que l'éradication de la variole ou l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme. C'est bel et bien cette promesse qui a poussé la Grande-Bretagne à accueillir la première session de l'Assemblée générale à Londres et qui a poussé le monde à créer cette institution, ces Nations unies, nos Nations unies. Voilà l'ambition dont nous devons faire montre aujourd'hui. Nous devons revitaliser l'ONU pour qu'elle soit à la hauteur de la tâche, pour qu'elle s'attelle aux enjeux tels l'amélioration de la santé mondiale et la lutte contre les pandémies, mais aussi qu'elle mette fin aux guerres qui engendrent tant de souffrance et d'instabilité, tel que le conflit terrible qui fait rage au Soudan. Mais aussi, lutter contre les changements climatiques. La crise climatique est une menace sécuritaire pour les pays du monde entier, comme cet été de chaleur extrême, d'incendies et d'inondations nous l'a clairement rappelé. La Grande-Bretagne avec ses partenaires, va lutter contre cette menace pour protéger nos enfants, pour protéger nos petits-enfants, pour protéger notre planète, mais aussi pour créer des emplois, garantir la croissance, la réindustrialisation qui va accompagner la transition énergétique propre. Nous devons être à la hauteur de la tâche et je pense que le Royaume-Uni a un rôle bien unique à jouer en tant que médiateur pour nous permettre d'aller de l'avant. Nous sommes l'allié le plus proche de l'Amérique. Nous entretenons des liens étroits avec nos amis de l'Union européenne et nous avons l'intention de les renforcer. Nous coopérons avec la Chine et les puissances émergentes telles que l'Inde et le Brésil. Nous siégeons au Conseil de sécurité. Nous siégeons au Commonwealth et nous siégeons au sein du Partenariat transpacifique. Dans un monde divisé, nous avons la capacité de fédérer et nous le ferons-nous sommes prêts à assumer ce rôle et nous allons le faire en nous attelant à un des enjeux et une des opportunités uniques, l'IA de pointe. touchent à bien des questions. L'IA permet d'accélérer le dépistage du cancer au Royaume-Uni, mais l'IA devrait nous permettre d'aller plus loin, pas simplement de dépister ou de soigner, de traiter des cancers, mais bien de les soigner. L'IA va être un vecteur de croissance économique, de transformation de l'éducation. L'IA sera un outil essentiel pour garantir notre sécurité. Aujourd'hui, je vous annonce que nous allons développer un nouveau partenariat de défense de l'IA avec les États-Unis pour préserver notre infrastructure nationale critique. Mais nous le savons, l'IA sera aussi une source de changement qui va perturber la façon dont nous vivons, dont nous travaillons et qui va exacerber les risques. Nous avons entendu les mises en garde, nous devons y réagir. Je sais que nos populations sont préoccupées. Nous devons être à la hauteur de cette situation. Des décisions de la sorte doivent être prises sans s'en remettre au hasard. Les décisions doivent être prises par des gouvernements élus qui servent les populations et nous devons donner aux populations ce dont elles ont besoin, à savoir la réindustrialisation et la création d'opportunités. Voilà une leçon que nous avons pu tirer de notre première révolution industrielle qui a commencé en le nord de l'Angleterre il y a deux siècles. C'était une période de progrès technologique inimaginable, mais pour les travailleurs, cela s'est accompagné de souffrances et d'exploitation. La situation s'est bien détériorée avant qu'elle ne s'améliore. Cette fois-ci, nous devons faire mieux. Et je pense que nous sommes prêts à le faire. Nous disposons des meilleurs talents de l'IA au monde entier. Et s'agissant de nous protéger face aux risques, nous pouvons compter sur notre institution pour la sécurité de l'IA, une institution de pointe qui travaille main dans la main avec les laboratoires américains sur la sécurité de l'IA. Mais nous devons aller plus loin. Suite à la réunion qui a été convoquée par Sa Majesté le roi Charles la semaine dernière, j'annonce que je vais placer l'IA au cœur de la présidence du G20 par le Royaume-Uni l'année prochaine. Je me repenche sur notre réaction à la crise financière en 2008. Nous avons agi rapidement au sein du G20 et dans des groupes plus restreints pour adopter des réponses urgentes. Nous nous sommes accordés sur des principes et cela a porté ses fruits. Voilà l'approche que nous devons déployer aujourd'hui. Je mobiliserai les personnes compétentes afin de réaliser le potentiel de l'IA et contrer ses risques. Il va s'agir de s'accorder sur des principes et des normes au niveau international pour garantir la transparence et l'accès nécessaires afin de garantir notre préparation et un développement sûr de l'IA. Nous allons aussi pouvoir compter sur d'autres initiatives, telles que celle proposée par la Norvège cette semaine. Comme l'a dit Sa Majesté, Il ne s'agit pas simplement de promouvoir des technologies, mais de s'assurer que ces technologies soient bel et bien au service de l'humanité. J'aimerais rassurer le peuple britannique. Nous allons mettre tout en œuvre pour le protéger, notamment en adoptant de nouvelles législations si cela s'avère nécessaire. Nous allons protéger les intérêts de notre population, mais cela ne suffit pas. Cette époque dangereuse et troublée, il est plus important que jamais de nous assurer que nos populations soient résilientes et autonomes. Nous devons aussi permettre à nos populations de défendre leurs principes. Je travaille à un rééquilibre du pouvoir dans toutes les régions du Royaume-Uni. Dans ce contexte, j'ai établi un deuxième Downing Street, un deuxième cabinet à Manchester, le Downing Street du Nord. c'est une statue d'Abraham Lincoln qui vous y accueille. Cela permet de confirmer le lien entre nos deux nations, le lien qu'Abraham Lincoln décrivait dans une lettre qu'il adressait aux ouvriers de cette ville comme un lien perpétuel. Ce n'était pas une question d'appui militaire ou d'appui matériel, ce n'était pas un échange de bons procédés, mais c'est parce que les ouvriers de Manchester ont respecté leurs principes pendant la guerre de malgré les difficultés, ils ont refusé de transformer le coton récolté par des esclaves. En 1862, C'est avec le peu de pouvoir qu'ils avaient en main qu'ils ont été ceux du monde, du reste de l'autre côté de la planète. C'était donc un changement apporté par la population, par des gens bien du monde entier qui étaient prêts à défendre ce qui leur était cher. C'est ce qui m'inspire constamment. Ce qui nous unit le plus, nous, peuple britannique, c'est notre rejet de l'injustice, de l'abus de pouvoir à l'encontre des plus vulnérables. Nous défendrons toujours l'agressé face à l'agresseur. Voilà pourquoi nous sommes solidaires avec l'Ukraine. Et je lui dis, nous rendons hommage au peuple ukrainien qui fait montre d'une résilience et d'un courage sans bornes. C'est une inspiration pour le monde entier. J'étais à Kiev le mois dernier et j'ai pu me faire une idée de la vie sous les attaques russes. J'ai visité un marché bondé, une scène du quotidien de n'importe quelle ville européenne, les commerçants qui chantent les louanges de leurs produits, qui m'invitent à toucher leurs pêches ou leurs prunes produites à Odessa. Mais les étals de ce marché étaient à même la rue parce que le bâtiment avait été détruit. Et Derrière, c'était des voitures incendiées, un bâtiment qui avait été détruit une semaine plus tôt. J'ai pu voir ces personnes qui utilisent le métro pour retrouver leur maison. Mais la nuit, ces stations de métro font aussi office de refuge pour des milliers de personnes, des personnes âgées, des petits enfants. J'ai pu entendre parler des conditions glaciales dans ces stations de métro en hiver dernier, lorsque les températures étaient de moins 20 degrés, alors que la Russie s'en prend à leurs infrastructures énergétiques pour les faire souffrir d'autant plus. Nous ne pouvons pas tolérer cela cet hiver. Nous voulons donc protéger les villes et les civils ukrainiens. Nous sommes donc à la tête des efforts pour mettre fin à cette guerre insensée et illégale. La législation Graham, signée par le président Trump la semaine dernière, va changer la donne. Nous allons épauler l'Ukraine pour qu'elle puisse protéger ses centrales électriques, son système de chauffage, dont dépendra Kiev cet hiver. Nous devons fournir cet appui. Nous devons dénoncer la Russie systématiquement. Nous le savons tous, ces frappes contre les infrastructures civiles sont strictement interdites par le droit international. Pourtant, nous voilà ici à l'ONU à annoncer des mesures visant à atténuer les conséquences de crimes de guerre qui, je le répète, sont perpétrés par un membre permanent du Conseil de sécurité. Cette situation doit cesser. La Russie doit changer de cap, accepter un cessez-le-feu, rejoindre la table des négociations. J'exhorte la Russie de le faire. Mais en l'attente de ce résultat, nous serons solidaires avec l'Ukraine, et ce, plus que jamais, aussi longtemps qu'il le faudra. Il s'agit de défendre la Charte et l'État de droit. Nous serons déterminés à lutter contre toute menace et remise en question de l'État de droit. de la part de la Russie, mais de quiconque, qu'il s'agisse de menacer les droits de territoires britanniques souhaitant rester britanniques, tels que les îles Falkland. Voilà pourquoi je travaille avec la France et d'autres partenaires pour défendre la liberté de navigation dans le golfe. C'est aussi pour cela que j'agis sur le dossier du Moyen-Orient. Huit semaines après le début de mon mandat, avec mon secrétaire aux Affaires étrangères, Ed Miliband, j'ai changer notre position. Nous avons établi une coalition internationale. Les attentats terroristes contre Israël du 7 octobre 2023 étaient effarants. Je les ai condamnés dans les termes les plus fermes et nous continuons de condamner le Hamas. Nous sommes solidaires avec Israël face à ces menaces qui perdurent, qui émanent de l'Iran. porte contre Israël et le peuple juif à travers le monde entier. Mais cela ne saurait justifier les actions du gouvernement israélien à Gaza ou en Cisjordanie. Trop de personnes ont perdu la vie, trop d'enfants, trop peu d'assistance leur parvient. ce depuis trop longtemps nous n'allons pas tolérer ces souffrances indicibles et le risque de voir notre solution à deux états notre meilleur espoir de paix et de stabilité être remise en question l'année dernière Israël a ou offert des appels à l'offre de construction de colonies dans la zone E, ce qui remettrait en question la Cisjordanie ainsi qu'un État de Palestine viable. C'est intolérable. Nous avons donc agi. Nous avons interdit le commerce de marchandises en provenance de colonies illégales et nous reconnaissons que l'occupation israélienne de territoires palestiniens est illégale. Nous sanctionnons les participant à la construction de ces colonies. Nous voulons que ces souffrances et que ces morts cessent. Nous voulons qu'Israël et la Palestine vivent côte à côte dans la paix et la sécurité. Nous mettrons tout en œuvre pour préserver cette possibilité. Nous vivons à une époque de méfiance face au monde politique. Si nous continuons de parler d'une solution à deux États sans pour autant agir, cette confiance va encore s'éroder et nos ennemis exploiteront cet écueil. Nous ne pouvons pas le tolérer. Voilà pourquoi, Excellence, Mesdames et Messieurs, c'est sur la Grande-Bretagne que vous pouvez compter. Nous devons tous ensemble nous réengager afin que la décennie à venir soit meilleure que la précédente. Le message que je voudrais que je voudrais faire passer à nos partenaires à travers le monde est le suivant: vous pouvez compter sur nous, vous pouvez compter sur nous pour défendre nos valeurs britanniques de justice, d'équité, nos valeurs communes et les valeurs de la Charte. Vous pouvez compter sur nous pour lutter contre le racisme, la discrimination, l'abus de pouvoir, où qu'ils soient, tout comme nos ouvriers de Manchester l'ont fait au 19e siècle et comme notre pays l'a fait pour lutter contre le fascisme au 20e siècle. Vous pouvez compter sur nous pour fédérer, non pas pour pointer du doigt d'anciens problèmes, mais pour trouver de nouvelles solutions au 21e siècle. Vous pouvez compter sur nous pour réagir à la peur et la division par l'unité et l'espoir. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [11:19:15]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre et Premier Lord du Trésor du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Du Nord. L'Assemblée On va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Andrej Plenkovic, Premier ministre de la République de Croatie. J'invite les services de protocole à accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Croatia · Premier ministre · Andrej Plenkovic [11:20:01]: Good evening. Bonjour, Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs. Nous venons à cette Assemblée pour représenter des pays différents de par leur taille, leur population et leur pouvoir. C'est précisément pour cette raison que chaque pays a une expérience unique en son genre à partager, des responsabilités propres à assumer, une contribution sous-générée à apporter. La Croatie apporte l'expérience d'une nation qui, En une génération, a enduré l'agression et l'occupation, défendu sa liberté et s'est reconstruite. La Croatie a adhéré à l'ONU, à l'OTAN, à l'Union européenne et a développé une démocratie prospère, une économie en pleine croissance. Le chemin parcouru et la transition n'ont été ni droit ni facile, mais nous y sommes parvenus. Au cours de la décennie écoulée, en tant que Premier ministre, j'ai vu comment la Croatie traduit ses expériences en progrès chez nous et a assumé plus de responsabilités à l'étranger. Ces éléments ont renforcé trois convictions qui concernent directement le thème de cette session. Premièrement, les règles constituent notre boussole commune. Deuxièmement, la transformation contribue à rétablir la résilience. Et troisièmement, la confiance est acquise uniquement par l'obtention de résultats. Commençons par les règles qui constituent notre boussole commune. Mesdames et Messieurs, la Croatie a pris un multilatéralisme fondé sur des règles en tant que summum de la coopération humaine, non pas parce que nous sommes naïfs, mais parce que nous avons connu et vu l'absence de multilatéralisme fondé sur des règles. Pour les États de petite taille ou de taille moyenne, le droit international n'est pas une abstraction. C'est ce qui sépare l'ordre de la tyrannie, l'égalité souveraine de Emprise de la force. Et ceci, cette emprise de la force telle que connue par la Croatie durant l'agression brutale et l'occupation de plus d'un quart de notre territoire dans les années 90 est réelle. Dans le cas d'une guerre qui a fait plus de 20 000 morts. Et ensuite, plus de 30 ans plus tard, la Croatie continue de chercher 1725 personnes portées disparues. Exemple très clair qui montre que les conséquences de la guerre ne cessent pas lorsque les armes se taisent. Au lieu de cela, la paix nécessite courage. Elle nécessite des institutions crédibles et des règles qui s'appliquent à tout le monde sur pied d'égalité. La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine est une attaque directe à ces règles. La Croatie continuera d'appuyer la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ainsi qu'une paix globale, juste et durable, fondée sur la Charte des Nations Unies. La paix ne peut pas récompenser la conquête. et le relèvement ne saurait être séparé de la justice. Cette même boussole doit nous guider au Moyen-Orient. La protection des civils, l'accès humanitaire sans entrave, le respect du droit international et un horizon politique crédible sont essentiels pour rompre le cycle de la violence. La Croatie appuie la solution des deux États négociée, une solution permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre dans la paix et la sécurité. Du Soudan au Myanmar, en passant par le Sahel et la région des Grands Lacs, les civils le plus lourd tribut lorsque les guerres sont foulées aux pieds lorsque la diplomatie réduite en échec et aucune crise ne reste longtemps locale la guerre perturbe l'approvisionnement d'or et alimentaire en énergie cependant même que l'insécurité du détroit d'Ormuz à la mer Noire mais à mal la navigation les prix les moyens de subsistance d'un continent à l'autre c'est la raison pour laquelle En tant que gouvernement, nous faisons face aux conséquences de la pression sur le prix de l'énergie en promulguant des décrets pour protéger les citoyens croates et l'économie de notre pays face au choc énergétique créé loin de nos côtes. Si distantes, semble-t-il, ces distances, semble-t-il, ces chocs sont réels et ils périclitent en donnant lieu à une pression inflationniste au niveau national, ce qui concerne. absolument tout, des salaires aux retraites, en passant par le prix des aliments et des services de base. C'est la raison pour laquelle la liberté de navigation, la sécurité maritime et la stricte mise en œuvre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer sont importantes pour tout le monde. Pour nous, la liberté de navigation et la sécurité maritime sont à la fois un intérêt national et une responsabilité mondiale. Les règles communes ne sont pas une camisole de force, elles nous apportent la prévisibilité et la stabilité nécessaires aux pays pour promouvoir les ambitions. la transformation contribue à établir la résilience. Le monde est transformé par la technologie, les changements climatiques, les pressions démographiques, la migration illégale et les rivalités géopolitiques. Notre responsabilité est de gérer tout cela afin que les changements élargissent la liberté humaine et la sécurité au lieu de les affaiblir. Les Nations unies doivent lancer leur propre transformation. La Croatie appuie des Nations unies plus efficaces, plus redevables, plus durables et plus solides sur le plan financier, plus fortes. pour ce qui est des trois piliers, la paix, la sécurité, le développement durable et les droits humains. La réforme doit également permettre d'avoir un Conseil de sécurité plus efficace et plus représentatif. Lorsque le Conseil est bloqué, l'Assemblée générale peut et doit agir, mais elle ne saurait remplacer la responsabilité essentielle du Conseil au regard de la Charte. Ceci rend plus pertinente encore la sélection du ou de la prochaine Secrétaire général. Je remercie le Secrétaire général, Antonio Guterres, pour son travail durant la décennie écoulée. Les Nations unies ont besoin d'un ou d'une Secrétaire général à même de rassembler les États membres, de défendre la Charte et de faire en sorte que la réforme permette d'obtenir des résultats mesurables. Aucun pays ne peut à lui seul face avec succès aux transformations mondiales du monde actuel. L'intelligence artificielle peut accélérer le développement, mais son utilisation doit rester compatible avec des cadres juridiques, respecter la dignité humaine et la reddition de comptes démocratique. Le renouvellement de la rhétorique du nucléaire rend plus important que jamais un ferme attachement au TNP. L'action climatique devrait être utilisée pour renforcer la cohésion sociale et la sécurité énergétique. Notre expérience montre que la transition verte ne devrait pas être idéologique. Cette transition ne peut être durable que lorsqu'elle est juste sur le plan social, réaliste sur le plan technologique et compatible avec une énergie sûre et abordable, tout en appuyant le développement de façon générale. Pour l'Europe, qui importe l'essentiel de l'énergie qu'elle consomme Les arguments en faveur de la production d'une énergie plus renouvelable chez nous va bien au-delà d'une simple politique climatique. C'est une nécessité stratégique. Cela renforce la souveraineté de l'Europe et sa capacité à agir. Cela réduit la dépendance vis-à-vis de l'extérieur, crée des opportunités économiques et rend nos sociétés plus résilientes. Ces mêmes principes s'appliquent à l'immigration illégale qui a causé la méfiance en Europe et modifié le paysage politique de nombreux pays. Cette situation est inacceptable et ne saurait continuer. L'état de droit doit être respecté, les procédures juridiques doivent être suivies. Notre responsabilité principale est vis-à-vis de nos citoyens, mais elle commence à nos frontières. Nous ne permettons pas de migration débridée, mais nous et nous luttons contre les réseaux criminels qui la facilitent. En tant que pays ayant une frontière externe de l'Union européenne, la Croatie a une responsabilité supplémentaire que nous assumerons avec toute notre détermination. La transformation est également importante dans notre propre voisinage. L'Europe du Sud-Est reste une portion non terminée du projet européen. La Croatie continuera d'appuyer un élargissement de l'Union européenne fondé sur le mérite. L'appartenance à l'Union européenne peut transformer les frontières de la division en lignes de coopération, les réformes sur le papier en institutions plus solides, une élévation du niveau de vie. Mais la transformation européenne nécessite une honnêteté vis-à-vis du passé. La réconciliation devient possible lorsque la responsabilité pour les crimes du passé est reconnue, lorsque la glorification de ces crimes est rejetée. Et cette norme ne doit connaître aucune exception nationale. Cela signifie qu'il faut respecter les victimes et rejeter très clairement le révisionnisme historique. Pas de glorification des criminels de guerre. Radko Mladic a été un criminel de guerre. inculpé responsable du génocide de Srebrenica, le premier génocide en Europe depuis l'Holocauste. Ces crimes de guerre ont connu leur summum à Srebrenica, mais la liste de ces crimes de guerre est beaucoup plus longue. Du pilonnage de villes croates, meurtres de civils, menage de barrages, la destruction du patrimoine culturel et d'installations industrielles. Les honneurs officiels et militaires accordés à Mladic en Serbie ont été un affront aux victimes, au jugement des cours internationales. La participation de représentants de l'Etat et les vivats du public qui ont accompagné la cérémonie sont totalement incompatibles avec les valeurs de l'Union que la Serbie cherche à rejoindre. Ce même attachement à l'égalité et à la réforme devrait guider la Bosnie-Herzégovine. En tant que signataire des accords de paix de Dayton, et voisin et ami de la Bosnie-Herzégovine, la Croatie est un des plus grands partisans de l'avenir de l'Europe. Les accords de Dayton ont mis un terme à la guerre et ont créé un cadre constitutionnel pour la Bosnie-Herzégovine, un État, deux entités, trois peuples constitutifs, les Croates, les Bosniaques et les Serbes. Cet équilibre est le socle sur lequel était construit la paix, mais Les Croates de Bosnie-Herzégovine se voient encore nier leur droit à la représentation légitime, y compris dans la présidence du pays. Ceci est injuste, déstabilisateur et contraire à l'esprit de Dayton. La solution n'est ni la division ni la domination. C'est une réforme électorale prudemment conçue, protégeant chaque citoyen tout en garantissant que le principe de base de la représentation politique légitime des peuples constitutifs soit rétabli. La Croatie ne se lassera pas d'expliquer pourquoi cette réforme est cruciale pour l'ensemble du pays pour parvenir que le pays puisse exploiter son plein potentiel. Et nous ne lasserons pas non plus de nous opposer à ces forces politiques qui poursuivent des gains politiques à courte vue et qui mettent en péril l'égalité des peuples constitutifs et la prospérité à long terme. Notre propre histoire confirme que la transformation réussie lorsqu'elle est enracinée dans l'inclusion, la réforme et la responsabilité. Durant la décennie écoulée, la Croatie a doublé la taille de son économie en valeur nominale, tout en réduisant son ratio dette publique PIB de 30 % par rapport au pic de la pandémie. Six améliorations consécutives de notre note de crédit souveraine ont fait que nous avons maintenant la note A. Nous avons triplé notre budget de la défense. Environ un tiers de ces dépenses sont allouées à la modernisation de notre appareil militaire. Dans un environnement sécuritaire qui ne cesse de changer, nous renforçons notre sécurité et veillons à être mieux équipés pour appuyer les missions de stabilisation internationale à l'étranger. Les réformes que nous menons en interne renforcent notre résilience globale et nous renforcent nos capacités pour être présents dans un monde en pleine évolution rapide. Troisièmement, Mesdames et Messieurs, le système international fébrile lorsque les distances sont trop longues entre les déclarations et les résultats. La confiance est rétablie lorsque la coopération donne des résultats mesurables et réels. Elle est rétablie lorsqu'un enfant va à l'école, lorsqu'une communauté est à l'abri de la violence, lorsqu'une mine est enlevée dans un champ, lorsqu'une famille reçoit de quoi manger. Elle est rétablie lorsque les institutions préviennent les conflits avant même qu'ils n'éclatent. Rien que l'an dernier, l'aide publique au développement dans le monde entier a été réduite de plus de près de 25 % 23,1 %. Cette chute est la chute annuelle la plus importante de l'aide internationale. Refusant cette tendance, la Croatie contribue davantage et non pas moins. Entre 2016 et 2024, notre APD a quintuplé et notre assistance humanitaire a augmenté Elle est plus de 20 fois plus importante que ce qu'elle n'était. Avec nos partenaires des Nations Unies, nous passons de la parole aux actes. Nous appuyons l'éducation des filles au Kenya, apportons une assistance humanitaire à Gaza et aidons les réfugiés syriens. Nous nous attachons à promouvoir le déminage en Ukraine. En tenant compte de notre expérience de l'après-guerre, nous protégeons les femmes et les filles contre la violence numérique. Cette approche axée sur l'être humain, pratique et inclusive, est également visible dans la contribution de la Croatie à l'ECOSOC. Si nous sommes élus à la présidence de l'ECOSOC pour le cycle 2027-2028, nous renforcerons la coordination et la responsabilisation. 2030 Approche et l'accélération de la mise en œuvre des ODD continuent à être une priorité essentielle. La Croatie est régulièrement un des 15 pays les mieux placés pour atteindre les ODD. Notre expérience n'est pas une prescription universelle, mais cela montre que la réforme nationale et la responsabilité internationale peuvent avancer ensemble et le font. C'est cette crédibilité qui est le socle de la confiance dans le multilatéralisme que nous voulons rétablir. Cette crédibilité est plus solide encore lorsque chaque pays, quelle que soit sa taille, sa richesse et son pouvoir, une voix et peut la faire entendre. La réponse n'est donc pas d'amoindrir le multilatéralisme. La réponse est un multilatéralisme qui donne des résultats. Et c'est cette approche que nous apporterons au Conseil de sécurité si nous sommes élus pour 2030-2031. Excellence, ce parcours moderne de la Croatie a commencé la guerre, mais la guerre n'a pas défini la destination. Notre expérience a façonné la façon dont nous envisageons la coopération internationale et les responsabilités qui l'accompagnent. Les règles nous ont donné une boussole lorsque la force essayait de gommer nos frontières. La réforme nous a donné la passerelle qui nous a permis d'aller de la vulnérabilité à la résilience, du relèvement d'après-guerre à l'appartenance à l'Union européenne, à la zone euro et à Schengen. obtention de résultats a fait de ses ambitions des institutions. Ça nous a permis de connaître la sécurité, d'améliorer le quotidien de nos citoyens. Cela nous a permis de contribuer au-delà de nos frontières. C'est l'expérience que la Croatie apporte aux Nations unies. Nous n'entendons pas être parfait, mais cette perspective est celle d'un pays qui a parcouru le chemin difficile et qui a avancé, qui a tiré des enseignements. Les Nations Unies restent indispensables parce qu'aucun pays ne peut seul naviguer face aux tempêtes du monde. Rétablissons la confiance en défendant notre boussole commune pour renforcer la dignité humaine. Veillons à ce que les engagements puissent bénéficier au monde entier. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [11:36:48]: Je remercie le Premier ministre de la République de Croatie au nom de l'Assemblée. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Maxime Prévost, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la coopération au développement de la Belgique. Belgium · Vice-Premier ministre et ministre des affaires étrangères, des affaires européennes et de la coopération au développement · Maxime Prévost [11:37:39]: Madame la Présidente, Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, Maurice Maeterlinck est né à Gand et a reçu le prix Nobel de littérature en 1911. Il a écrit une pièce étrange, presque dérangeante, intitulée Les Aveugles. Douze personnes se trouvent dans une forêt, sur une île. Le guide qui les y a conduits jusque-là est mort, mais ces personnes ne le savent pas encore. Elles attendent son retour. Elles entendent le vent, la mer, les voix autour d'elles. Elles savent qu'elles ne sont pas seules, mais elles distinguent à peine où se trouvent les autres. À un moment, l'un des personnages dit: "Voilà des années, des années que nous sommes ensemble et nous ne nous sommes jamais aperçus." Cette phrase me revient à l'esprit lorsque je regarde notre monde. Nous aussi, nous sommes ensemble. Nous nous rencontrons sans cesse. Nous échangeons des déclarations, des messages, des positions. Parfois, nous passons des heures autour des mêmes tables. Et pourtant, être dans la même pièce ne signifie pas que nous nous comprenons les uns les autres. Prenons-nous encore le temps d'entendre ce que l'autre nous dit, de comprendre ce qu'il craint, ce dont il a besoin, ce qu'il voit depuis où il se trouve. C'est là, à mes yeux, que commence la diplomatie. Non pas lorsque nous sommes d'accord, mais lorsque nous ne le sommes plus. La diplomatie ne consiste pas à effacer les désaccords, ni à renoncer à ses principes pour obtenir un consensus à tout prix. Elle consiste à continuer à parler, à continuer à écouter et à chercher comment gérer nos divergences sans qu'elles se transforment en ruptures ou en confrontation. Dans la pièce, un des personnages dit quelque chose de très simple: "Essayons de nous rapprocher un peu." Il y a plus d'un siècle que Marteling a écrit ces mots et ils me paraissent pourtant très actuels. Se rapprocher ne signifie pas penser la même chose. Cela signifie refuser que la distance devienne de l'indifférence, puis de la méfiance, jusqu'au moment où l'on ne se parle plus du tout. Et ce risque existe aujourd'hui. C'est même là l'un des paradoxes de notre époque. Nous n'avons jamais été aussi connectés, mais nous ne nous comprenons pas forcément mieux. Nos économies, nos sociétés et nos technologies sont devenues profondément interdépendantes, alors que la tentation du repli revient avec force. Autrement dit, nous dépendons davantage les uns des autres au moment même où nous sommes parfois de croire que nous pourrions nous en passer. Or plus nous sommes interdépendants, plus nous avons besoin de règles communes. Pas pour gommer nos différences, pas pour imposer une seule vision du monde, mais pour faire en sorte que nous que que nos désaccords puissent être gérés sans que la loi du plus fort devienne la seule règle qui compte. Dans la pièce Les Aveugles, les personnages ont perdu celui qui devait leur montrer le chemin. Nous ne sommes pas dans la même situation. Personne ne viendra décider à notre place de la direction à prendre. Mais cela ne veut pas dire que nous pouvons avancer sans repères. Face aux guerres, aux crises humanitaires, au dérèglement climatique, aux pandémies et aux bouleversements technologiques, la question est finalement assez simple: avons-nous encore une boussole commune? Belgique, la réponse est oui. Cette boussole, c'est la Charte des Nations Unies, c'est le droit international. Mais une règle n'a de valeur que si elle continue de s'appliquer lorsqu'elle devient difficile à respecter. C'est précisément quand le droit contrarie l'intérêt immédiat d'un État que l'on découvre s'il compte vraiment. Lorsqu'une signature perd sa valeur au moment où elle devient contraignante, lorsqu'un traité ne tient que tant qu'il convient à celui qui l'a signé, ce n'est pas seulement un texte juridique qui s'affaiblit, c'est la confiance dans la parole donnée et avec elle la sécurité de tous ceux qui pensaient pouvoir s'y fier. Et voilà pourquoi la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine dépasse de loin le sort de deux États. Lorsqu'une frontière peut être déplacée par la force, toutes les frontières deviennent moins sûres. Personne ici n'a besoin qu'on lui rappelle que les relations internationales sont façonnées par la puissance et par les intérêts. La Charte ne fait pas disparaître ces réalités, elle trace une limite à ce que la puissance peut s'autoriser. Pour la Belgique, mesdames et messieurs, cette limite a des conséquences très concrètes. Nous sommes une économie ouverte, liée au reste du monde et dont la sécurité est indissociable de celle de ses partenaires. Nous dépendons d'Etats qui tiennent parole, d'accords qui résistent aux changements dans les rapports de force et de frontières qui ne soient pas redessinées par les armes. Le droit international incarne nos valeurs, bien sûr, mais il protège aussi nos intérêts. C'est pourquoi la Belgique se tient fermement aux côtés de l'Ukraine. Toute paix durable devra être fermement ancrée dans la Charte des Nations unies et dans le respect de la souveraineté, de l'indépendance politique et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Mais nous ne pouvons pas défendre ces principes uniquement sur mon continent, en Europe, et les considérer comme facultatifs ailleurs. la souveraineté, l'intégrité territoriale et le droit des peuples à déterminer leur propre avenir ne changent pas de sens aux frontières de notre continent. La même exigence doit nous guider lorsqu'il s'agit du droit international humanitaire. Ces règles ne s'appliquent pas seulement lorsqu'elles nous conviennent. Elles existent précisément pour les moments où il devient difficile de les respecter. En Palestine, au Soudan, au Myanmar, en République démocratique du Congo, en Haïti et dans tant d'autres lieux marqués par la guerre ou la violence armée, les situations sont différentes. Mais aucune vie ne vaut moins qu'une autre. Les civils sont des civils. Ils doivent être protégés. L'aide humanitaire doit pouvoir les atteindre partout. Cette année encore, des centaines de millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire alors que les ressources disponibles diminuent. Quand les financements s'épuisent, Que dit-on à cette mère qui a marché pendant des heures pour amener son enfant malade dans un centre de santé, que les portes sont fermées? Que dit-on à une famille qui attend de quoi manger, que demain la nourriture n'arrivera pas? Nous ne pouvons pas demander aux travailleurs humanitaires de donner ces réponses parce que nous avons choisi de réduire leurs moyens. Ce n'est pas le moment de considérer l'aide humanitaire comme une dépense accessoire. Elle n'est ni une récompense, ni une monnaie d'échange. Un enfant qui a faim n'est pas responsable de la position de son gouvernement. Cet enfant a le droit de manger, le droit d'être soigné, le droit d'être protégé. Voilà pourquoi je nous appelle toutes et tous, avec insistance, à ne pas réduire le financement de l'aide humanitaire. Le droit international ne sert pas uniquement à contenir la violence, il nous permet aussi de commercer, d'échanger et de circuler. Et c'est là que je voudrais parler d'une liberté qui peut sembler assez technique au premier abord, la liberté de navigation. Pour mon pays, elle ne l'est pas. Dès le 19e siècle, le port d'Anvers disposait d'un potentiel immense, mais les navires remontant le fleuve Escaut devaient s'acquitter d'un péage. en 1863, un accord international abolit définitivement ce péage. L'abolition devait s'appliquer à tous les pavillons, tous. Une route internationale n'a véritablement de valeur que si elle est ouverte. Elle ne peut dépendre, à chaque passage, d'un nouveau rapport de force. C'est exactement ce que représente aujourd'hui la liberté de navigation. Elle ne se résume pas au droit abstrait d'un navire de passer d'un point à un autre. Elle permet à des économies qui ne partagent parfois ni les mêmes intérêts ni les mêmes alliances de rester en relation. Elle permet aussi à un état sans accès direct à la mer de participer au commerce mondial. Elle permet à du blé, des médicaments, du gaz ou des composants industriels de traverser plusieurs espaces maritimes sans que leur passage doive être renégocié à chaque étape. Cela paraît normal tant que tout fonctionne. Mais il suffit qu'une route se ferme pour se souvenir de son importance. Pensez au détroit d'Ormuz, au détroit de Bab-el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge, au canal de Suez, au détroit du Bosphore, au détroit de Malacca ou au canal de Panama. Plus de 80% du commerce mondial de marchandises en volume passe par la mer. Lorsqu'un navire est attaqué, lorsqu'un détroit devient dangereux ou lorsqu'un transporteur doit contourner une région entière, les conséquences se font sentir à des milliers de kilomètres. Dans nos ports bien sûr, mais aussi dans le prix de l'énergie, des engrais ou de l'alimentation. le prix d'un plein à la pompe, le prix d'un pain, ou même avoir un pain. Et bien souvent, les pays qui disposent de la marge économique la plus faible en payent proportionnellement le prix le plus élevé. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer des droits mais impose aussi des obligations: la sécurité de la navigation, la protection de l'environnement marin et le respect des droits des Etats côtiers. Une marine moins puissante ne signifie pas moins de droits et une marine plus puissante ne donne pas le droit d'imposer sa volonté aux Aucun pays ne devrait devoir renoncer aux droits qui lui sont reconnus simplement parce qu'un autre peut envoyer davantage de navires. C'est pourquoi les différends maritimes doivent se régler par le droit et non par l'intimidation. Et c'est pourquoi la liberté de navigation repose sur des règles communes, pour que chaque pays puisse exercer ses droits tout en respectant ceux des autres. Mais garder nos routes maritimes ouvertes, c'est aussi assurer leur sécurité jusque dans nos ports. Le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires, le code ISPS, montre très concrètement à quoi sert le multilatéralisme lorsqu'il fonctionne. La piraterie, le terrorisme et la criminalité sont des fléaux que nous devons combattre ensemble. Ce code doit être renforcé. La Belgique en mesure toute l'importance. La liberté et la sécurité ne sont pas des notions opposées. La sécurité est une condition de la liberté. Si j'insiste sur la liberté de navigation, c'est parce qu'elle illustre quelque chose de plus grand. On peut être souverain sans s'isoler. On peut défendre ses intérêts tout en acceptant que d'autres aient également des droits. Et lorsque les règles sont suffisamment claires et prévisibles, Un espace de compétition peut malgré tout rester un espace de coopération. Les océans sont d'ailleurs bien plus que les autoroutes du commerce. Ils nourrissent des populations, régulent notre climat, absorbent une grande partie de l'excès de chaleur lié au réchauffement. Pour de nombreux petits Etats insulaires, la montée du niveau de la mer touche le territoire sur lequel leurs citoyens habitent, leur économie, leur culture et parfois la possibilité même de rester là où leurs familles vivent depuis des générations. La liberté d'utiliser l'océan s'accompagne donc d'une responsabilité: le préserver. Et sur ce point, permettez-moi d'être optimiste. L'accord BBNJ est entré en vigueur cette année après près de 20 ans de négociations. Près de 20 ans. A l'échelle d'un cycle politique, c'est presque une éternité. à l'échelle de la construction du droit international, c'est parfois le temps nécessaire pour parvenir à un compromis suffisamment solide pour durer. Cet accord prouve que même aujourd'hui, nous continuons à construire le droit international plutôt qu'à le déconstruire. La Belgique a beaucoup investi dans ce processus. Elle a contribué à lancer les Blue Leaders, une coalition de pays mobilisés pour protéger au moins 30 % de l'océan d'ici à 2030 et faire aboutir un traité ambitieux sur la haute mer. L'accord BBNJ nous donne désormais un instrument essentiel pour avancer vers cet objectif de protection. Mais 20 ans de négociations ne doivent pas être suivis d'années d'attente. C'est dans cet esprit que la Belgique propose d'accueillir à Bruxelles le futur secrétariat du traité. Nous sommes prêts à lui permettre de travailler dès le premier jour. Il pourra compter sur notre expertise scientifique et sur une communauté où se côtoient organisations internationales, ambassades et sociétés civiles, pour que ce qui a été décidé ensemble se traduise en protection réelle en mer. Et sous ces mêmes océans passent d'autres routes essentielles: les câbles qui relient nos continents et transportent une grande partie de nos communications numériques et de notre énergie. Là aussi, notre interdépendance est évidente. Une rupture, un sabotage ou une attaque peuvent produire des effets à des milliers de kilomètres. Protéger ces liens est indispensable. Mais notre responsabilité dans l'espace numérique ne s'arrête pas aux infrastructures. L'intelligence artificielle nous place déjà devant une autre question. Comment saisir pleinement les possibilités de l'innovation sans laisser la technologie avancer plus vite que notre capacité à protéger les personnes? Je pense notamment aux enfants qui grandissent dans un univers où l'IA peut ouvrir des possibilités extraordinaires, mais aussi créer de nouvelles vulnérabilités. Nous ne devons ni freiner l'innovation par peur, ni croire qu'elle se réglera seule. En mer comme dans l'espace numérique, la liberté a besoin de règles pour rester une liberté. Nous ne pouvons pas parler d'interdépendance sans parler des migrations. Les êtres humains se sont toujours déplacés et continueront de le faire. Il appartient aux gouvernements d'organiser ces mouvements et de veiller à ce que les migrations soient sûres, ordonnées, régulières et conformes au droit. Garantir un cadre ordonné, c'est aussi protéger les droits humains. Lorsque les migrations sont abandonnées aux mains des passeurs et des trafiquants, des êtres humains sont exploités, mis en danger et parfois perdent la vie en mer. Mais la manière dont les gouvernements assurent cet ordre compte tout autant. Les États ont à la fois le droit et la responsabilité de contrôler leurs frontières. Ils doivent le faire dans le plein respect du droit international et des droits fondamentaux. Le statut juridique d'une personne peut changer. Sa dignité humaine, jamais. Chaque être humain compte. C'est pourquoi les pays d'origine, de transit et de destination GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [12:00:00]: travailler ensemble. Des migrations sûres, ordonnées et régulières et le respect des droits humains ne sont pas des ambitions concurrentes. Ces deux exigences font de pair. Soit nous maîtrisons notre interdépendance, soit nous la subissons. Les crises sanitaires nous ont appris la même leçon. Les épidémies ne connaissent pas de frontières. Coopérer est une nécessité. Refuser de coopérer, c'est s'affaiblir soi-même. Mais pour que nos engagements tiennent, il faut aussi des institutions capables de les faire respecter. Le droit a besoin de gardiens. Et cette année, nous célébrons le 80e anniversaire de la Cour internationale de justice. Elle règle pacifiquement, sur la base du droit international, les différends juridiques que les États lui soumettent. La Cour pénale internationale a une autre mission: lutter contre l'impunité en poursuivant et en jugeant des personnes accusées des crimes internationaux les plus graves. Leurs missions sont différentes. leur indépendance doit être également défendue. Ces deux juridictions reposent sur une même idée: le pouvoir ne peut pas être son propre juge. Cela vaut aussi lorsque leurs décisions ou leurs procédures nous déplaisent, lorsque des magistrats ou des membres du personnel d'une juridiction internationale subissent des sanctions ou des pressions parce qu'ils exercent leur mandat, la Belgique se tiendra toujours à leurs côtés pour les protéger. Mais la promesse du droit ne s'arrête pas au prétoire ou aux relations entre États. Elle concerne les personnes, les droits humains, le droit de penser et de s'exprimer librement, La liberté de conscience et de religion. La liberté de ne pas croire également. Elle concerne la possibilité pour chaque femme de décider de sa propre vie et de prendre sa place à égalité dans la société. Pouvoir aimer la personne que l'on aime sans craindre la prison, la violence ou la persécution. Ces libertés ne sont la propriété d'aucun continent. Elles reposent sur une conviction élémentaire. La dignité d'un être humain ne dépend ni de son sexe, ni de son origine, ni de son orientation sexuelle, ni de ce qu'un gouvernement pense de lui. Nos sociétés sont différentes, mesdames et messieurs, elles le resteront. La dignité humaine n'exige pas que nous soyons identiques pour être égaux. Cette conviction guide aussi notre diplomatie. Dialoguer n'est pas approuver. Le dialogue n'est pas le contraire de la fermeté. La diplomatie exige les deux. Mais elle a aussi besoin d'institutions capables de fonctionner. Défendre les Nations unies ne signifie pas prétendre que tout y fonctionne bien. Le processus ONU-80 est nécessaire, mais il existe une différence entre réformer une organisation et l'affaiblir. On ne peut pas lui en demander davantage, lui retirer progressivement ses moyens. puis s'étonner qu'elle ne soit pas suffisamment efficace. La réforme doit préserver ce que donne à l'Organisation son sens: la paix et la sécurité, les droits humains et le développement. Elle doit aussi assurer une meilleure représentation de toutes les régions du monde. Il y a plus de 80 ans, Paul-Henri Spaak conduisait la délégation belge à la conférence de San Francisco qui donna naissance aux Nations Unies quelques mois plus tard. Il devint le premier président de cette assemblée générale. La Belgique sortait alors de la guerre et de l'occupation. Et c'est précisément pour cela que le choix du multilatéralisme nous est apparu comme une évidence. Nous ne sommes pas ici pour préserver une institution pour elle-même. Nous sommes ici pour préserver ce qu'elle doit rendre possible: la paix et la sécurité, les droits humains et la prospérité pour tous, Mesdames et Messieurs. Avant d'être président, ministre, ambassadeur ou diplomate, nous avons tous été des enfants. Et les peuples que nous représentons, malgré tout ce qui les différencie, souhaitent souvent des choses étonnamment simples: rentrer chez eux le soir, voir grandir leurs enfants et pouvoir les envoyer à l'école sans avoir peur, travailler, Aimer la personne qu'ils aiment. Faire des projets pour l'année prochaine. Ne pas vivre avec l'idée qu'une guerre, que la faim, la maladie ou la violence peuvent tout faire disparaître du jour au lendemain. C'est la définition la plus concrète de la paix: pouvoir vivre sa vie. sans avoir constamment peur de la perdre. Nous pouvons construire la paix et nous pouvons l'abîmer. Nous pouvons la transmettre ou transmettre à la génération suivante la tâche de tout recommencer. Au début de ce discours, je vous ai parlé des Aveugles, la pièce de Maurice Martelink. Ces personnages attendaient que quelqu'un leur montre le chemin. Nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre. Personne ne viendra décider à notre place du monde dans lequel nous voulons vivre. Mais nous ne sommes pas sans repères. Nous avons le droit international. Nous avons le dialogue. Nous avons surtout la responsabilité de nous servir de l'un et de l'autre. Une boussole n'empêche pas les tempêtes. Elle sert à ne pas perdre le cap lorsqu'elles arrivent. Je vous remercie. Je remercie le vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la coopération au développement de la Belgique. Je donne la parole maintenant à Son Excellence Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains à l'étranger. Le président de l'Assemblée générale. Morocco · Ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains à l’étranger · Nasser Bourita [12:08:59]: Monsieur le secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, Je présente mes sincères félicitations à la délégation du Royaume du Maroc Son Excellence, M. Khalilur Rahman, à l'occasion de son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Je lui souhaite plein succès. Je tiens également à saluer les efforts inlassables déployés par le Secrétaire général, M. Antonio Guterres, depuis sa prise de fonctions à la tête de l'Organisation, dans un contexte marqué par de profondes divisions Au cours de la dernière décennie, il s'est affirmé comme une voix de la sagesse, du consensus, du pragmatisme, défendant avec courage le système des Nations unies et le droit international, deux piliers fondamentaux du maintien de la paix et de la sécurité internationale. M. Guterres est resté un symbole de la diplomatie multilatérale et de la coopération internationale face aux défis et aux crises auxquels le monde est aujourd'hui confronté. Monsieur le Président, la meilleure description de la situation internationale actuelle est celle exprimée par Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, lorsque Sa Majesté a déclaré, je cite: "Le monde change à un rythme sans précédent et les certitudes reculent continuellement. Ceci a entraîné des critères et des concepts brouillés. Les alliances sont remises en question. Le droit international est souvent violé et sa capacité à régir les relations internationales est mise à rude épreuve face à de nombreux défis. Fin de citoyen de Sa Majesté le Roi. Nous sommes par conséquent face à un monde dont les principales caractéristiques sont les suivantes. Premièrement, l'aggravation des crises internationales aiguës et multiples de nature militaire, économique, énergétique et environnementale. Deuxièmement, la propagation des conflits comme déterminant majeur des relations entre États. Troisièmement, la difficulté de prévoir l'évolution des crises. Nous savons quand elles commencent, mais nous ignorons quand elles finissent. Quatrièmement, le recul de la capacité des organisations internationales à jouer efficacement leur rôle en matière de prévention et de gestion des crises. Dans ce contexte international complexe, Monsieur le Président, je voudrais mettre l'accent sur trois priorités qui exigent l'intérêt particulier de la communauté internationale. Premièrement, la lutte contre les groupes armés non étatiques qui constituent une menace pesant sur la sécurité et la stabilité internationale. Deuxièmement, la lutte contre les changements climatiques et leurs effets. Troisièmement, la gestion des défis régionaux, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Le rôle des groupes armés non étatiques qui menacent la paix et la sécurité des États s'est considérablement accru. De fait, ces groupes essaient maintenant de contrôler les voies maritimes et les détroits stratégiques, mettant ainsi en péril la liberté de navigation. Ils prennent également pour cible les installations d'un certain nombre de pays. A l'échelle mondiale, plus de 200 millions de personnes vivent aujourd'hui dans des zones placées sous le contrôle de groupes armés ou faisant l'objet de luttes entre eux. Par ailleurs, plus de 130 groupes armés ont été identifiés comme étant des parties à des conflits armés. Ces chiffres montrent bien l'ampleur de la propagation, de la prolifération de ces groupes dans un monde qui, ces 20 dernières années, est devenu moins stable et moins sûr. En outre, les liens étroits entre ces groupes armés et des milices séparatistes d'un côté et les organisations terroristes et les réseaux criminels d'autre part et des éléments mercenaires sont évidents et par conséquent nous devons prendre garde à penser que certains de ces groupes sont pacifiques ou peuvent participer au règlement pacifique des différents. Il faut bien comprendre que ces groupes doivent être traités fermement. et les responsabilités des Etats qui parrainent, qui soutiennent, qui financent, qui accueillent ces groupes doit être établie et n'est pas simplement politique. Cette responsabilité est également juridique, morale, historique. Ces groupes et leurs parrains ne doivent pas pouvoir devenir un moyen d'échapper aux responsabilités ou bien un instrument permettant de faire indirectement ce que les Etats ne peuvent pas faire directement. Par conséquent, des sanctions dissuasives doivent être imposées à ces groupes et à ceux qui les soutiennent, qui les financent, qui les arment, qui leur apportent quelque forme d'assistance que ce soit. Ils doivent rendre des comptes. Monsieur le Président, il est impossible d'appuyer la paix et le développement sans lutter efficacement contre les changements climatiques qui ne constituent plus une menace future mais une réalité ayant déjà des retombées concrètes sur la sûreté, la sécurité de l'eau, la sécurité alimentaire, la stabilité des territoires, les économies et les conditions de vie des populations. Bien qu'ayant très peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre, le Maroc est parmi les pays les plus exposés aux effets des changements climatiques. Sous l'égide de Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, le Royaume a ainsi adopté une politique tournée vers l'avenir qui repose sur la poursuite de la construction de barrages, l'interconnexion de bassins hydrauliques, le dessalement de l'eau de mer, la réutilisation des eaux usées et une gestion plus rationnelle des ressources en eau, notamment dans le secteur agricole. Ces efforts nationaux s'inscrivent dans le cadre d'un engagement international en faveur du climat. À ce titre, le Royaume s'est fixé pour 2026-2035 un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 53 %. d'ici à 2035, tout en faisant de l'adaptation au changement climatique et du renforcement de la résilience des territoires des priorités majeures. Ces efforts s'étendent également au continent africain, qui subit de plein fouet les conséquences dévastatrices du changement climatique. L'initiative royale a permis la création de trois commissions africaines pour le climat couvrant le bassin du Congo, la région du Sahel, les États insulaires africains. L'objectif est de renforcer l'action climatique africaine et la coordination entre les États du continent pour relever ces défis. Toutefois, La lutte contre le changement climatique ne peut pas reposer exclusivement sur les efforts nationaux. Elle exige un financement accessible, suffisant, un transfert de technologies et une véritable solidarité internationale permettant aux pays en développement d'assumer leurs responsabilités envers les générations actuelles et futures. Monsieur le Président, Madame la Présidente, La question palestinienne reste une priorité constante de la politique étrangère du Royaume du Maroc, car nous sommes convaincus qu'il s'agit d'une juste cause, une question essentielle pour la paix et la stabilité dans la région. Fidèle à cette conviction, le Royaume du Maroc, sous l'égide de Sa Majesté le roi Mohammed VI, estime que l'instauration d'une paix durable au Moyen-Orient passe nécessairement par la création d'un État palestinien indépendant, souverain, viable, dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, vivant côte à côte avec l'État d'Israël dans la paix et la sécurité. Face à la tragédie que continue de subir le peuple palestinien frère, le Royaume appelle une nouvelle fois au respect du cessez le feu et à l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza en quantité suffisante, sans entrave ni interruption. En parallèle, le Maroc souligne la nécessité de soutenir l'Autorité palestinienne, notamment dans les domaines financier, structurel, technique, institutionnel, humain et dans le domaine de la formation. Il faut également accompagner les réformes menées au sein des différentes institutions. Le Maroc réaffirme également son soutien au rôle essentiel de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine du droit. Fidèle à son soutien qu'il apporte aux initiatives pour rétablir la paix au Moyen-Orient, le Maroc a décidé de participer à la force internationale destinée à contribuer à la stabilisation de Gaza et à l'amélioration du climat de paix et de sécurité dans la région. et ce en contribuant à la formation de la police palestinienne, en déployant des officiers au sein des forces de sécurité intérieure, en mettant en place un hôpital militaire de campagne ainsi qu'en préparant la conduite et la mise en œuvre de programmes de lutte contre l'extrémisme. Le développement et les faits récemment observés en Cisjordanie sont particulièrement préoccupants. L'adoption de lois qui portent atteinte au statut juridique des territoires palestiniens, l'élargissement de la colonisation, la violence systématique contre les citoyens palestiniens, violence qui est le fait des colons israéliens. Toutes ces mesures ont un objectif unique: le déplacement des populations, l'affaiblissement des bases matérielles nécessaires à l'établissement d'un État palestinien indépendant. S'agissant de Jérusalem, nous sommes très préoccupés face aux mesures unilatérales israéliennes ainsi que par les violations répétées du caractère sacré de la mosquée d'Al-Aqsa. Ce sont des agissements qui sont des graves violations qui alimentent l'extrémisme et les discours de haine au détriment de la sagesse et de la modération. Dans sa qualité de président du Comité Al-Quds, Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, poursuit ses efforts pour préserver l'identité historique, culturelle et spirituelle de la ville sainte ainsi que son statut juridique, tout en continuant d'améliorer les conditions de vie de ses habitants. Le roi combine une démarche diplomatique et politique avec des progrès réalisés sur le terrain par l'agence Bayt Mal al-Quds al-Sharif, qui est le bras exécutif du Comité al-Quds. Monsieur le Président, malgré les une ressource humaine, naturelle et civilisationnelle importante qu'elle possède, l'Afrique reste confrontée à un écart considérable entre les engagements annoncés par la communauté internationale et les résultats concrets sur le terrain. Contrairement à l'image souvent véhiculée, l'Afrique n'est pas un continent voué aux conflits et aux problèmes. C'est une terre d'opportunités, de potentiel, d'innovation, d'initiatives. innovante voilà l'idée véhiculée par le roi Mohammed VI que Dieu l'assiste il l'a dit lui-même l'Afrique doit faire confiance à l'Afrique la vision royale concernant l'Afrique concrétisée dans de multiples projets découle de la ferme conviction que le continent a atteint un niveau de maturité qui doit lui permettre de participer à la prise de toutes les décisions qui concernent ses affaires. L'Afrique doit pouvoir formuler des propositions, trouver des solutions pour les défis du monde entier. Et le Maroc a traduit cette vision en initiatives concrètes, tangibles, dont notamment, surtout, l'initiative pour que les États du Sahel puissent prendre certaines mesures. Nous avons également des projets de pipeline, des projets dans les infrastructures, des projets dans la production d'engrais, dans la sécurité alimentaire, les programmes de formation de cadres africains, des partenariats dans les domaines de la santé, des énergies renouvelables et la gestion des ressources hydriques. Madame la Présidente, en Afrique du Nord, grâce à la dynamique Impulsée par Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, la question du Sahara marocain a connu un tournant historique avec l'adoption, en octobre dernier, de la résolution 2797. Depuis lors, ce différend régional s'est engagé sur une voie irréversible, tournée vers l'avenir, vers un règlement définitif de la question. Cette dynamique repose sur des principes et des paramètres clairs qui ne se prêtent à aucune interprétation, qui ne permettent aucune lecture entre les lignes ou dans la marge. Certains sont aveuglés par certaines illusions et ne voient pas la véritable réalité. Ces principes sont les suivants: 1 Aucune solution n'est possible en dehors du cadre de l'autonomie sous souveraineté marocaine. Deuxièmement, aucune approche, aucun mécanisme n'existe en dehors du processus politique mené sous l'égide des Nations Unies et fondé exclusivement sur l'initiative d'autonomie présentée par le Royaume du Maroc. 3. Aucune ambiguïté, aucune discussion n'est possible quant aux responsabilités et obligations des parties, définies très clairement par la résolution 2797 du Conseil de sécurité. 4. Il n'y aura aucun maintien du statu quo recherché par certaines parties. Le train de la solution politique est déjà parti. 5. Aucune complaisance vis-à-vis des interlocuteurs qui violent le cessez-le-feu et refusent les résolutions du Conseil de sécurité. Enfin, sixièmement, nous ne pouvons accepter la poursuite de la rétention des populations dans les camps de Tindouf. C'est une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire. Tout en réaffirmant son attachement à un règlement politique de ce différend régional, Le royaume du Maroc poursuit avec détermination ses efforts de développement économique et social dans les provinces du sud, notamment dans le domaine des infrastructures, de l'éducation, de l'enseignement universitaire, des infrastructures, des aéroports, entre autres. Demain, si Dieu le veut, Nous espérons que les habitants de ces provinces pourront exercer pleinement leurs droits et leurs devoirs civiques en participant à la vie démocratique, comme ils l'ont fait lors de précédentes échéances électorales. le faisant, continueront à renforcer leur représentation démocratique et à contribuer à la gestion des affaires publiques de ces régions. Madame la Présidente, fidèle à son engagement constant, le Royaume du Maroc demeure déterminé à contribuer de façon responsable et efficace au maintien de la paix et de la sécurité internationales, et ce, dans le plein respect du droit international, de la souveraineté nationale, de l'intégrité territoriale des États et dans un esprit de solidarité et de coopération. C'est dans cette perspective que s'inscrit la candidature du Royaume du Maroc à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2028-2029, afin de poursuivre son action au service de la paix, de la sécurité collective et du multilatéralisme, dans le plein respect des buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. cette candidature est portée par un héritage diplomatique séculaire, par la vision stratégique de sa majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, qui est un ancrage de stabilité, de prospérité, de développement durable dans le monde. Cette candidature reflète également la contribution constante du Royaume du Maroc aux trois piliers des Nations Unies, à savoir la paix, le développement et l'État de droit. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [12:27:27]: Je remercie le ministre des Affaires étrangères, la coopération africaine et des Marocains à l'étranger du Maroc. Nous avons entendu le dernier orateur du débat général d'aujourd'hui. Nous poursuivrons le débat général demain à 9 heures dans cette même salle. L'exercice du droit de réponse a été demandé. Je propose que, au titre de ce point de l'ordre du jour, la première intervention soit limitée à cinq minutes et la deuxième intervention à trois minutes. Y a-t-il des objections à cette proposition? Non. Il en est donc ainsi décidé. En conséquence, conformément l'article 72 du règlement intérieur de l'assemblée générale lorsque un orateur dépasse le temps qui lui est fourni son intervention sera coupée chronomètre sera affiché à l'écran. Je vous rappelle également que les délégations doivent intervenir depuis leur place. Je donne la parole au représentant de l'Argentine. Argentina [12:29:12]: Madame la Présidente, en réponse aux remarques du Premier ministre du Royaume-Uni au sujet des îles Malvinas je voudrais rappeler que les îles Malvinas Sandwich du Sud et Géorgie du Sud font partie du territoire argentin et sont occupés illégalement par le royaume de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord c'est le sujet d'un différent entre les pays Comme le reconnaît la communauté internationale, l'occupation britannique des îles date de janvier 1833, lorsque les forces du Royaume-Uni ont occupé les îles Malvinas, brisant l'autorité de notre pays et éloignant la population. légalement présente. Ceci était contraire au droit international. Cela n'a jamais été accepté par la République Argentine qui a pris des mesures diplomatiques dès le début jusqu'à maintenant. Dans sa résolution 2065, les Nations unies reconnaissent ce différend et ont prié les deux pays à renouveler les négociations pour trouver une solution afin de décoloniser le territoire. Le Comité spécial sur la décolonisation s'est prononcé à maintes reprises dans ce sens, la dernière fois en juin de cette année. L'Argentine le répète, elle est prête à reprendre des pourparlers bilatéraux de fond avec le Royaume-Uni, conformément à la résolution 2065. Nous restons attachés au règlement pacifique des différends, au multilatéralisme efficace et à un ordre mondial fondé sur des règles. Nous enjoignons le Royaume-Uni à assumer ses obligations en matière de décolonisation et nous lui demandons de cesser immédiatement son non-respect du droit international. Conformément au droit international, les parties indifférentes doivent s'abstenir d'appliquer des modifications unilatérales à la situation tant que le différend n'a pas encore de solution, ni de prendre des mesures aggravant le différend. Dans le cadre de ce dossier, ces obligations sont dans la résolution 3149, ce qui fera 50 ans dans quelques jours que cela a été appliqué. L'Assemblée générale demande ainsi aux deux parties d'éviter de prendre certaines mesures, de modifier de façon unilatérale la situation. La République Argentine réaffirme son droit légitime à la souveraineté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, et les espaces maritimes voisins qui font partie intégrante du territoire national argentin de fait et de droit. De fait, ces îles sont argentines. Je vous remercie. GA · Président de l’Assemblée générale · Khalilur Rahman [12:32:16]: Je vous remercie. La séance est levée.