(Jour 2) Débat général — Assemblée générale : séance plénière, 81e session Assemblée générale Date: 23 September 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/asset/k1b/k1b5jwwa58 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- GA · PGA [15:27]: Je déclare ouverte la 7e séance plénière de l'Assemblée générale. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Ahmad al-Chara, président de la République arabe syrienne. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Syrian Arab Republic · Président [16:16]: Au nom de Dieu le miséricordieux. Nous avons toujours mis l'accent sur notre population. Entre le bien et le mal, entre la déconstruction, la reconstruction, la population a connu des difficultés. Cette lutte entre le bien et le mal se poursuit. Cela étant dit, les gens bien choisissent la bonne voie. Ceux qui luttent sont parfois différents de ceux qui commettent des massacres. Il ne faut pas recourir à l'injustice. Lorsque vos terres sont volées, lorsque le caractère sacré n'est pas respecté, les populations souffrent. Ce sont elles qui paient un lourd tribut. Les populations doivent lutter contre le mal. Malheureusement, Notre région a connu de nombreux conflits. Parfois, la vérité s'impose, parfois ce n'est pas le cas. Toutes les paies ne sont pas justes, mais l'injustice ne peut se poursuivre éternellement. Excellence, M. Khalilur Rahman, président de l'Assemblée générale, M. António Guterres, secrétaire général de l'Organisation, Que la paix de Dieu vous accompagne. Il y a un an, j'étais ici pour représenter ma population pour la première fois en 60 ans. J'ai rappelé la victoire de notre population et souligné qu'il s'agissait d'une victoire pour l'ensemble du monde. Aujourd'hui, je suis ici pour vous transmettre des faits, ce que nous avons réalisé, les avancées que nous avons connues. L'année dernière, j'ai mentionné que la Syrie était de retour. Aujourd'hui, je vous dis que la Syrie s'épanouit. Dans notre lutte entre le bien et le mal, nous avons mis fin aux bains de sang, aux destructions. Nous nous sommes engagés sur la voie de la reconstruction, du relèvement. Notre pays est désormais uni. Nous avons contrôlé le marché des armes. Nous avons remis sur pied les institutions civiles. Nous avons pu lever les sanctions. Des projets de reconstruction sont en cours. Nous luttons contre le trafic de drogue. Nous avons mis l'accent sur la justice transitionnelle. Nous avons déterminé le sort des personnes disparues. Nous avons fondé des partenariats et nous nous concentrons maintenant sur l'avenir et sur le bien-être de notre population. Nous nous concentrons sur la reconstruction de notre pays en mettant l'accent sur notre indépendance, cette vision nationale. repose sur des efforts diplomatiques. Depuis la libération, plus de 100 Etats ont établi des relations avec notre pays. Par le biais de plus de 4 000 communications, notre capitale a accueilli plus de 60 missions diplomatiques. La Syrie a restauré son statut dans le concert des nations. Nous avons également jeté d'autres ponts diplomatiques et, parallèlement, nous avons prouvé au monde que la sécurité de la région devait commencer par Damas. Avec cet État, nous avons mis sur pied un groupe pour la liberté afin de détruire Les armes chimiques, nous avons travaillé avec l'AIEA en toute transparence. Nous pensons que la sécurité collective est notre devoir. Nous devons mettre en œuvre de manière stricte l'ensemble des traités afin d'épargner au monde le fléau que sont les armes chimiques et les armes nucléaires. Nous luttons contre la criminalité organisée transnationale. Nous avons saisi des quantités importantes de captagon. Nous avons lutté contre la criminalité organisée, la traite des personnes. La stabilité et la sécurité ont pu être établies. Nous ne sommes plus isolés désormais. Le Caesar Act a été abrogé. Les sanctions ont été levées. Nous coopérons avec l'Union européenne. Nous ne faisons plus partie de la liste d'États qui sponsorisent le terrorisme. Nous avons relancé notre production. Nous avons plus de 5 000 lignes de production actives. Nous voulons garantir notre indépendance. Le secteur du logement a également fait l'objet de beaucoup d'efforts. 3,5 millions de réfugiés et de personnes déplacées sont rentrés. La Syrie a fait d'une crise une opportunité. Comme pour beaucoup de pays, nous sommes convaincus de l'importance des ressources humaines. Toute planification en matière de développement pour notre région qui ignore la Syrie serait vouée à l'échec et le prix à payer serait lourd. Mesdames et messieurs, toutes ces initiatives mettent l'accent sur les citoyens et les citoyennes en Syrie. Nous voulons assurer des retours sûrs de manière digne. Nous avons lancé l'initiative, une série sans camps de réfugiés. Nous avons reconstruit des universités, des écoles pour maintenir tous les services éducatifs à l'adresse de nos citoyens. Nous avons consolidé nos valeurs. Nous avons consolidé l'État de droit. et toute tentative de violation de notre souveraineté sera stoppée. Le Golan demeurera un territoire syrien. Toute tentative sera contrée conformément à la résolution 497 du Conseil de sécurité. Je remercie toutes celles et ceux qui respectent le droit international. Il ne faut pas réinterpréter la résolution 497, qui est très claire. Le monde se réjouit de notre retour, mais Israël lance des attaques contre la Syrie. Il y a eu 500 frappes aériennes, plus de 1 200 incursions, 300 arrestations. Cela va à l'encontre de l'accueil qui nous a été réservé au niveau international. Cela nous rappelle une ère que nous pensions être révolue. Nous nous inscrivons dans le cadre de l'accord de 1974. Nous demandons le retrait des forces israéliennes. Nous rejetons le fait accompli qu'Israël essaie d'imposer, ainsi que les agressions qui sapent l'APL et la sécurité. Nous voulons vivre en paix, dans une paix juste. En conclusion, la guerre nous a appris que la vérité est forte et que le mensonge est faible. La Syrie continuera de se reconstruire, de restaurer sa dignité. Depuis cette tribune, j'ai récité un passage du Coran qui concernait les mensonges qui s'évaporent. continuerons à servir Dieu. Dieu vous récompensera toujours pour vos bonnes actions. Nous avons maintenant créé un élan grâce à ceux qui nous aident, qui nous soutiennent. Nous remercions tous les pays qui sont désormais présents à Ndames, qui veulent travailler en partenariat avec nous. Nous sommes ici à cette quatre-vingtième session. pour vous présenter ce que nous avons réalisé à la 80e. Nous étions là pour vous dire que nous étions de retour. Et à la 82e, nous voulons vous présenter les fruits des partenariats qui ont été créés. La Syrie sera alors un acteur, un modèle de stabilité, un acteur prêt à un avenir radieux. Je vous remercie. Speaker 3 [25:53]: Au nom de la Je remercie le président de la République arabe syrienne. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Edgar Rinkivics, président de la République de Lettonie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence. Je l'invite à s'adresser à l'Assemblée générale. Latvia · Président [26:34]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, permettez-moi tout d'abord de vous féliciter, Dr Rahman, à l'occasion de votre élection comme président de l'Assemblée générale. Vous pouvez compter sur le soutien de la Lettonie. Il me tarde d'œuvrer avec vous à une Union plus forte et à un monde plus sûr. Excellence, au cours de l'année écoulée, on n'a cessé de nous le dire, l'ordre mondial est en train de s'effondrer. L'ordre basé sur les règles qui nous apportaient la stabilité est de plus en plus sous pression. Quelque chose de nouveau est en train d'émerger, mais nous ne savons pas encore ce qui va suivre. Mais il y a une chose qui est certaine: le monde a changé. Il s'agit du commerce international, de la mobilité, des technologies. Ce qui se passe loin de nous n'est plus distant. L'instabilité se propage. Les conflits franchissent les frontières. Ce qui se passe en Ukraine ne reste pas en Ukraine. Ce qui se passe au Moyen-Orient, en mer Rouge, au Soudan, n'y reste pas. Cela vaut également pour les autres menaces internationales. La technologie a réduit encore plus à néant les distances. L'intelligence artificielle, nous offre d'immenses chances, mais si elle tombe dans les mauvaises mains, elle peut également devenir un important outil de désinformation, de perturbation et de conflit. La nature, elle aussi, ignore les frontières. Les vagues de chaleur ne s'arrêtent pas aux points de contrôle. L'élévation du niveau des mers menace de réduire à néant les pays insulaires. Cette menace signifie que ces pays insulaires pourraient être rayés de la carte. Et loin des océans, le danger est tout aussi réel dans les montagnes. En quelques secondes, une rivière peut provoquer des inondations mortelles. En quelques secondes, ces inondations balayent les maisons, les routes, les moyens de subsistance. Nous venons de voir des inondations catastrophiques au Népal. où 33 citoyens lettons ont aussi été portés disparus. Le changement climatique mondial ignore les frontières et les nationalités. Les menaces peuvent varier, mais la leçon est la même. Aucun d'entre nous ne peut y faire face seul. Nous sommes dans le même bateau. Et peut être que l'arche de Noé n'est plus simplement un récit biblique. Il y a différents pays, différentes réalités, mais de plus en plus, leur sort est commun. Et lorsque nous sommes dans le même bateau, nous avons besoin de quelque chose qui nous permette de rester à flot. la Charte des Nations unies et ses la souveraineté, l'intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends, le respect des droits humains, le rejet de l'agression. Ces principes n'ont pas été inscrits dans la Charte pour un monde calme. C'est tout l'inverse. Ils ont émergé des dévastations de la guerre et de la détermination à faire en sorte qu'elle ne se répète pas. La paix et la sécurité internationale, ces mots sont au cœur de la Charte. On les y trouve 32 fois, et ce n'est pas un hasard. La paix était l'objectif de la Charte à l'époque. La paix reste notre responsabilité aujourd'hui, et la paix continuera à importer demain. Mesdames et messieurs, pour la Lettonie, Ces principes sont inscrits dans notre histoire. La Lettonie et son peuple savent ce que cela signifie de perdre sa souveraineté et sa liberté. Pendant 50 ans, on nous a privés de notre indépendance, mais le droit de la Lettonie à la souveraineté a fini par être le plus fort. Nous avons rétabli notre indépendance grâce au courage et à la détermination de notre peuple. Et nous n'étions pas seuls. Nous avions des amis qui n'avaient jamais accepté l'occupation soviétique comme légitime. Cette histoire continue à nous inspirer. La souveraineté et l'intégrité territoriale sont le fondement de notre liberté et de notre sécurité. Et cela vaut également pour chaque pays représenté dans cette salle. Quand un État pense qu'il peut modifier les frontières d'un autre État par la force, chaque frontière sur chaque continent devient négociable. Ces principes sont mis à l'épreuve aujourd'hui en Ukraine. La guerre de la Russie contre l'Ukraine frappe au cœur même de la Charte des Nations Unies. Les frontières sont modifiées par la force, les territoires sont saisis de force. Les enfants sont enlevés de force. Les civils ukrainiens sont ciblés par la Russie. Les écoles, les hôpitaux, les maisons, les marchés, les infrastructures énergétiques. Les attaques de la Russie vont bien au-delà du champ de bataille. Elles visent le peuple de l'Ukraine et le fondement de leur vie quotidienne. On utilise des drones pour faire la chasse aux civils. comme si les vies humaines sont traitées comme des cibles dans un safari. Il ne s'agit pas là de désaccords en matière de politique, il s'agit de graves violations du droit international. Et quand les crimes sont commis, il faut appliquer le principe de responsabilité. Ne détournons pas le regard. La Russie est un membre permanent du Conseil de sécurité. Ça s'accompagne d'une responsabilité particulière pour la paix et la sécurité internationales. Au lieu de quoi, la Russie viole les principes mêmes qu'elle a été chargée de faire respecter. C'est la Russie qui a déclenché cette guerre brutale. C'est la Russie qui peut y mettre un terme. Elle peut mettre un terme à ces attaques. Elle peut retirer ses forces. Elle peut quitter le territoire souverain de l'Ukraine. La Lettonie continue à appeler à un cessez-le-feu immédiat et intégral. L'Ukraine mérite une paix juste. Mesdames et Messieurs les membres des Nations unies, tous les États contre l'ordre international n'équivalent pas à la guerre. Il y a des drones qui transportent des explosifs contre des aéroports, des drones qui s'écrasent dans des maisons, des espaces aériens sont violés, des infrastructures critiques sont endommagées, des centrales électriques, tout d'un coup, prennent feu, il y a des cyberattaques. Parfois, nous appelons cela des menaces hybrides, mais cela nous paraît aussi innocent que des voitures hybrides. En réalité, ces menaces contre la paix et la sécurité internationales sont aussi dangereuses que des guerres conventionnelles. La Lettonie monte la garde sur la frontière orientale de l'OTAN et de l'Union européenne, et elle est confrontée à ces menaces chaque jour. Des migrants illégaux sont librement exploités et poussés vers notre frontière avec le Bélarus. Des cyberattaques visent nos réseaux et infrastructures critiques. Les actes de sabotage visent à semer la peur et l'instabilité au sein de nos sociétés. La flotte fantôme de la Russie exploite les zones grises juridiques et met en danger notre sécurité comme notre environnement. En ce bâtiment même, à la table du Conseil de sécurité, nous avons entendu la Russie propager des mensonges éhontés et lancer des menaces contre la Lettonie et d'autres pays libres et démocratiques. Mesdames et Messieurs les délégués, j'en viens J'en reviens à une question fondamentale: quel est le rôle de l'ONU si ses membres sont menacés et si ses principes sont violés? L'ONU ne peut pas tenir sa pertinence pour acquise. Elle doit la mériter chaque jour, pas grâce au nombre de réunions que nous organisons, pas grâce au nombre de résolutions que nous adoptons. mais grâce à de véritables résultats concrets. L'ONU doit prouver qu'elle peut toujours changer la donne là où cela compte le plus. Pour cela, il faut des institutions qui fonctionnent. La Lettonie appuie l'initiative ONU 80 du Secrétaire général. Les réformes ne visent pas à affaiblir les Nations unies, Elle vise à rendre l'ONU plus fort, plus concentré, afin qu'elle soit davantage capable de s'acquitter de son mandat. Voilà qui doit inclure également le Conseil de sécurité. La composition de ses membres doit mieux prendre en compte le monde d'aujourd'hui, pas celui de 1945. La Lettonie appuie un Conseil de sécurité élargi et plus représentatif. Excellence, Les réformes sont également une question de leadership. Cette année, nous allons choisir le prochain ou la prochaine Secrétaire général. Ce choix importe. Le ou la prochain ou prochaine Secrétaire général doit défendre la Charte avec conviction. Il ou elle doit défendre le droit international. Voilà ce que signifie un véritable leadership: défendre les faibles contre les puissants, Voilà ce que signifie un véritable leadership. Chers collègues, la Lettonie est actuellement un membre élu du Conseil de sécurité que nous présiderons en novembre. La Lettonie est venue au Conseil avec une promesse toute simple: défendre l'ordre international, s'exprimer clairement lorsqu'il est enfreint, et faire en sorte que les voix des petits pays se fassent entendre. Cela correspond à qui est la Lettonie, cela correspond à ce en quoi la Lettonie croit. Au cœur de tout cela, il y a de véritables personnes. Voilà pourquoi la Lettonie continuera à faire tout son possible pour aider à ce que les enfants ukrainiens déportés en Russie rentrent chez eux. Ces enfants ont été enlevés à leurs familles, à leurs communautés, à leur pays. Ces histoires nous rappellent les chapitres les plus sombres de l'histoire. Aujourd'hui, cela se produit à nouveau. Nous appuyons tout véritable effort visant à parvenir au retour chez eux des enfants ukrainiens. Nous remercions de tout cœur la première dame des États-Unis, Melania Trump, pour ses efforts visant à ramener ses enfants chez eux. Ces enfants doivent pouvoir rentrer chez eux maintenant. Il faut protéger les plus vulnérables, ce qui inclut les violences sexuelles liées aux conflits. Les rescapés ont besoin de justice et non de silence. Ces priorités sous-tendent la candidature de la Lettonie à un siège au Conseil des droits de l'homme lors des élections de 2028. Monsieur le Président, Excellence, il nous faut une institution où chaque État, petit ou grand, peut se faire entendre, avoir un chapitre, où les menaces contre la paix peuvent être affrontées ensemble, où les différends peuvent être réglés grâce au dialogue et non par la force, où le droit international protège les forts comme les faibles. Telle était la promesse des Nations unies il y a 81 ans. Cette promesse reste notre responsabilité aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une liste de voeux pour Noël, pour cette année. Nous devons toujours être fidèles à nos principes. Le monde a changé, les menaces ont changé, mais notre objectif fondamental, lui, reste le même. Notre objectif fondamental est de maintenir la paix et la sécurité internationales. Cet objectif mérite d'être défendu et cette organisation mérite d'être réformée afin qu'elle puisse apporter des résultats pour tous, faisant en sorte que l'ONU fonctionne pour la paix, pour la sécurité et pour nous tous. Je vous remercie. Speaker 5 [40:53]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République de Lettonie. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Nicușor Dănilă, président de la Roumanie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Romania · Président [41:32]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, Mesdames et Messieurs, c'est un honneur pour moi que de prendre la parole devant cette Assemblée. J'ai le plaisir de le faire ici, aux États-Unis, Un pays avec lequel la Roumanie a une longue histoire d'amitié, un pays que nous observons avec beaucoup de respect, notamment pour sa contribution à la chute du rideau de fer et à l'ouverture de la voie vers la démocratie et la liberté pour mon pays. Nous sommes ici aux Nations Unies et je vais parler des relations entre les pays. Mais avant cela, je voudrais attirer votre attention sur une menace pour nos démocraties, une menace qui ne bénéficie pas de l'intérêt qu'elle mérite, la manipulation par le biais des réseaux sociaux. Les principes fondamentaux de la démocratie sont une personne, un vote, mais Si des milliers de faux comptes œuvrent de manière coordonnée, les voix individuelles ne sont plus entendues et la liberté d'expression est niée. Et si des milliers de faux comptes lancent une attaque coordonnée contre les idées exprimées par une personne, cela décourage d'autres personnes à rejoindre la personne qui a été victime de cette attaque. Et la liberté d'association est alors violée. Je vais maintenant m'exprimer en roumain. Nous réaffirmons l'engagement de la Roumanie envers les principes de la Charte de l'ONU. Et ces principes ne sont pas des engagements abstraits. Nous avons ces principes qui nous ont. Les mêmes principes qui sous-tendent le droit international, les droits humains, l'État de droit et la gouvernance démocratique sont les principes qui ont permis à la Roumanie de se transformer. La transformation de la Roumanie au cours de ces dernières décennies démontre l'importance de défendre ces principes. Des millions de Roumains et de Roumaines savent d'expérience Quelle est la différence entre un système communiste qui les opprime, qui entrave leurs initiatives, qui réduit à néant leur liberté et une démocratie qui permet l'innovation et qui respecte les responsabilités personnelles? Ce choix a fait de la Roumanie l'une des destinations les plus dynamiques en Europe pour le développement industriel, pour les investissements. La Roumanie s'est alignée sur les normes établies par l'OCDE. De grandes entreprises ont établi des centres de services, de production dans mon pays. Nous avons créé un environnement favorable aux entreprises. Nous avons une main d'œuvre très qualifiée et notre actif le plus stratégique, ce sont nos scientifiques, nos ingénieurs, nos spécialistes. nos techniciens qui contribuent à façonner l'industrie de l'avenir en matière de cybersécurité, notamment en matière de technologies de défense, en matière de robotique et de production de pointe. Par ailleurs, la Roumanie contribue à la résilience de l'Europe. Nous avons des réserves de gaz importantes, des minerais critiques ainsi que d'autres ressources stratégiques qui sont essentielles à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement et à la réduction de l'indépendance vis-à-vis de sources énergétiques qui sont imprévisibles. L'année prochaine, nous allons commencer les activités d'extraction de gaz naturel en mer Noire. La Roumanie est une porte d'entrée de l'Europe. Nous sommes entre le Danube, la mer Noire, des grands couloirs commerciaux. Mon pays est un hub stratégique pour le commerce, l'énergie et le transport. La croissance économique est robuste lorsqu'elle se fonde sur des partenariats. Notre message est simple. La Roumanie est ouverte pour l'innovation, pour la création d'entreprises. Nous sommes un partenaire fiable. Nous sommes prêts à contribuer à une prospérité partagée. Mesdames et Messieurs, nous sommes entrés dans la cinquième année de la guerre illégale non provoquée, une guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, un membre permanent du Conseil de sécurité. Ce membre permanent s'est vu confier par l'ensemble de la communauté des Nations unies de la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité. et il s'est soustrait à ses obligations fondamentales pour mettre en place un programme révisionniste. Nous partageons une longue frontière avec l'Ukraine et nous avons donc ressenti les effets de cette guerre de manière directe, avec notamment des violations répétées de notre espace aérien. Il y a quelques mois, un drone s'est écrasé sur un bâtiment résidentiel sur notre territoire, causant des blessés et des dommages matériels. C'est un épisode qui s'inscrit dans une série de nombreux autres. Nous l'avons dit par le passé et nous le redisons aujourd'hui: la Roumanie restera aux côtés de l'Ukraine et de sa population qui exerce son droit légitime la légitime défense, et ce aussi longtemps que cela sera nécessaire. Nous avons également agi de manière responsable afin de stabiliser la région. Nous avons apporté de l'aide aux réfugiés ukrainiens face aux attaques russes contre des infrastructures portuaires. qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement des denrées alimentaires et qui ont accru l'insécurité alimentaire pour des millions de personnes, la Roumanie a travaillé avec l'Ukraine afin de permettre le transit de céréales par la Roumanie, par voie fluviale, mais également par son réseau ferroviaire. Face aux perturbations de la navigation en mer Noire, la Roumanie, avec la Turquie notamment, a créé un groupe pour la mer Noire afin notamment de travailler au déminage. Nous voulons préserver la liberté de navigation et la sécurité énergétique pour l'ensemble de la région. Afin d'accroître la sécurité dans la région de la mer Noire, la Roumanie accorde une importance toute particulière à l'approche stratégique de l'Union européenne. Avec la Bulgarie, nous avons établi un groupe de sécurité afin de sensibiliser à cette question. Enfin, face aux perturbations des approvisionnements énergétiques dans la région, la Roumanie a étendu ses connexions avec la République de Moldova et avec l'Ukraine dans ce domaine. La Roumanie continuera à appuyer la résilience de la République de Moldova qui est le deuxième pays le plus touché par cette guerre. Il est exposé aux chocs économiques causés par l'agression russe et par une campagne hybride de diffusion de désinformation avec des pressions énergétiques, et tout ça pour déstabiliser les institutions démocratiques du pays. La Roumanie appuie fermement la République de Moldova face à ces difficultés. La Roumanie demeure également le plus grand défenseur de la République de Moldova au sein de l'Union européenne, partageant avec elle notre expérience d'adhésion. La menace posée par la Fédération de Russie ne se limite pas à l'Ukraine. L'Europe est la cible d'une guerre hybride avec des attaques cybernétiques, des campagnes de désinformation, des activités de sabotage des infrastructures critiques. L'objectif étant de saper la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques et de réduire le soutien apporté à l'Ukraine. Nous devons dissuader ces menaces russes et malheureusement, nous ne pouvons le faire qu'en augmentant les dépenses militaires. La Roumanie est favorable à l'objectif de 5 % du PIB consacré aux dépenses militaires. Cette année, nous avons atteint 3,7 %. Mesdames et Messieurs, nous sommes également très préoccupés par la prolifération des conflits partout dans le monde. Il est crucial de faire progresser la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza, conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité. Il convient de répondre sans plus attendre à la situation humanitaire. La Roumanie a apporté son soutien. Nous avons contribué notamment à l'évacuation médicale de nombreux patients, particulièrement des enfants. Le désarmement du Hamas reste la condition préalable à une stabilité durable à Gaza. Le plan de paix du président Trump représente la solution la plus crédible pour la paix et la prospérité dans la région. La Roumanie appuie sa pleine mise en œuvre. Simultanément, les évolutions récentes en Cisjordanie suscitent de nombreuses préoccupations. risque de saper le plan de paix. En ce qui concerne l'Iran, notre position est claire. L'Iran ne doit pas se doter de l'arme nucléaire. L'Iran doit respecter le traité de non-prolifération nucléaire, les garanties de l'AIEA et doit garantir la pleine transparence de son programme nucléaire. La diplomatie doit être la première option. pour permettre un accord global vérifiable qui ouvrira la voie à l'instauration d'un Moyen-Orient plus stable. La Roumanie continuera de promouvoir la sécurité maritime et la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, mais également en mer Noire et ailleurs. Il s'agit là d'une responsabilité commune et d'une priorité pour mon pays. Les organisations spécialisées, telles que l'Organisation maritime internationale, peuvent apporter une contribution importante à ces efforts. La suspension de l'initiative céréalière pour la mer Noire, à la suite du retrait unilatéral de la Russie en 2023, nous rappelle que les accords ne sont utiles que lorsque leurs dispositions sont honorées par celles et ceux qui y ont souscrit. Au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, en Somalie, en Libye, au Sahel et dans toutes les régions d'Afrique touchées par les conflits. L'Allemagne contribue à la prévention des conflits, à la médiation, à la consolidation de la paix et au rétablissement économique, tout en soulignant l'importance des solutions portées par des Africains, dans le plein respect de la Charte. La prévention et la médiation devraient jouer un rôle plus important. Les opérations de paix doivent avoir un mandat clair, produire des résultats mesurables, assurer un financement responsable et répartir équitablement les charges. Depuis 1991, la Roumanie a contribué aux missions de maintien de la paix des Nations unies par un soutien politique, des contributions en troupes et en équipements, ainsi que par la formation des Casques bleus et d'agents des Protections rapprochées. La Roumanie attache également une grande importance au rôle de l'Organisation internationale de la francophonie dans la promotion de la paix et de la sécurité. Comptant la majorité de ses 90 membres en Afrique, l'OIF soutient la médiation, l'observation électorale et la consolidation de la paix dans les contextes fragiles. La Roumanie a présenté un candidat au poste de secrétaire général de l'OIF, un ancien Premier ministre, figure chevronnée des affaires internationales. Sa candidature reflète la volonté de la Roumanie de mettre cette expérience directement au service d'une francophonie plus forte et plus efficace. Nous comptons sur votre soutien. Mesdames et. Messieurs, je voudrais conclure maintenant en saluant l'initiative de la Première dame concernant les enfants, l'éducation et la sécurité. La Roumanie a rejoint l'initiative lancée par Mme Melania Trump, Erina Erdoğan et Elena Zeleska. En permettant une éducation accessible et en créant des environnements plus sûrs pour nos enfants, nous bâtissons un meilleur avenir pour nos sociétés. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [56:32]: Au nom de l'Assemblée générale, Permettez-moi de remercier le président de la Roumanie. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Evariste Ndiayishimiyi, président de la République du Burundi. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence. Je l'invite à prononcer son allocution devant l'Assemblée. Burundi · AU · Président; Président en exercice de l'Union africaine [57:17]: Au nom de Dieu le Tout-Puissant, le Tout Miséricordieux, Monsieur le Président de l'Assemblée Générale, Monsieur le Secrétaire Général, Excellence, Mesdames, Messieurs les Chefs d'État et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs, en tant que Président de la République du Burundi et Président en exercice de l'Union Africaine, je voudrais exprimer de prime abord au nom du peuple burundais et de l'Afrique, féliciter Son Excellence Dr. Kalyirou Raham, président de l'Assemblée générale des Nations unies, pour son élection et lui souhaiter plein succès dans l'accomplissement de son mandat. Je voudrais, à cette occasion, adresser mes chaleureuses félicitations et l'expression de ma profonde gratitude à Son Excellence, M. António Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, pour l'engagement constant et le dévouement sans faille dont il a fait preuve tout au long de son mandat au service de la paix, de la sécurité et du développement durable dans le monde. Ces bons offices, exercés avec sagesse, humilité et détermination, ont permis de rapprocher les points de vue les plus divergents et d'apporter un soutien précieux aux nations, notamment aux pays du Sud, dans leur quête de stabilité et de prospérité. Le Burundi, qui a toujours pu compter sur l'accompagnement bienveillant des Nations unies, tient à saluer son leadership et son attachement indéfectible aux principes du multilatéralisme. Au moment où il s'apprête à tourner cette page importante de sa vie, je lui souhaite, en mon nom propre et au nom du peuple burundais tout entier, plein succès dans ses nouvelles entreprises, ainsi qu'une bonne santé et un avenir empreint de sérénité et d'épanouissement. Excellence, Mesdames, Messieurs, le thème de cette 81e session, « Rétablir la confiance et gérer la transformation Une Organisation des Nations unies au service de tous, intervenant à un moment où notre monde est confronté à des crises multiples, des agressions contre des États, des conflits armés internes attisés par l'extérieur et des conflits expansionnistes causant la méfiance entre les États et conduisant à l'incapacité de la communauté internationale à régler ces crises par voie pacifique. Dans ce contexte, une question fondamentale se pose: comment restaurer la confiance entre le multilatéralisme et faire en sorte que les institutions internationales répondent réellement aux attentes de tous les peuples. nous devons renforcer le multilatéralisme, réformer la gouvernance mondiale et placer la dignité humaine au cœur de notre action collective. Excellence, d'abord la paix. La paix est la source de tout bien. La paix dans nos cœurs, la paix dans nos sociétés, la paix dans nos pays. Commençons par rétablir la paix dans notre enclos. Consolidons la paix dans nos pays respectifs. Rétablissons la confiance entre nos peuples. Redorons l'image de l'humanité dans notre entourage. En cette année où le Burundi assure la présidence en exercice de l'Union africaine, Nous sommes particulièrement conscients de la responsabilité qui nous incombe. En tant que champion de l'Union africaine sur l'agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, j'ai organisé cette année, une fois de plus, un dialogue continental des jeunes, couplé avec l'agenda Femmes, Paix et Sécurité. J'ai senti, lors de ce dialogue, l'engouement des jeunes et des femmes pour créer une communauté de destin partagé dans l'esprit d'Ubuntu. J'ai senti en ces jeunes la volonté de se connecter les uns aux autres et de vivre ensemble. Mais malheureusement, il y a encore des États qui empêchent leurs citoyens de vivre ensemble avec les autres peuples comme des frères. Le développement, il développe et entretient la xénophobie et l'intolérance. Il divise par l'omission des mesures préventives et correctives en avançant le niveau de développement, tel est riche, tel est pauvre, créant ainsi un fossé entre les peuples sur la base de la richesse et de la possession matérielle. Et sur cette base, ils arrivent à se prendre pour des saints, reprochant aux autres d'être inférieurs. Comment alors pourrons-nous créer la confiance entre les États sans commencer par la connexion et la cohésion de nos peuples? Nous, les leaders, nous devons ressusciter en nous cet esprit de bon goût, avec lequel Dieu nous a créés. En effet, Dieu n'a pas créé un homme égoïste. Il a créé un homme de Ubuntu, Ubuntu que je vois en toi et que tu trouves en moi. Le Ubuntu est le dénominateur commun qui doit régénérer la confiance entre tous les humains. Excellence, en tant qu'Africain, et porteur de la parole africaine à ce moment où j'assure la présidence tournante de l'Union africaine, je me dois aussi de le déclarer. Nous sommes ici pour porter une conviction. L'Afrique doit être davantage écoutée, mieux représentée et plus étroitement associée aux décisions qui déterminent l'avenir de notre planète. C'est cela qui doit créer la confiance entre l'Afrique et les autres continents, ainsi qu'avec les institutions internationales. Nous ne voulons plus voir le Conseil des droits de l'homme devenir un forum pour opprimer les pays si amèrement choisis parce qu'ils défendent et se battent pour les intérêts de leurs peuples. Nous voulons voir ce Conseil œuvrer à la justice et à l'équité pour tous les États sans distinction. Le droit international des droits de l'homme se doit de s'appliquer sans exception à l'ensemble des États du monde, tant dans sa fonction correctrice que dans sa fonction d'encadrement. Le Conseil des droits de l'homme ne peut être instrumentalisée par certains pays au détriment d'autres États, dès lors que tous les États membres des Nations unies jouissent d'un statut d'égalité souveraine. Le Burundi tient à réitérer avec constance son opposition à l'imposition d'un rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Burundi, qui lui a été désigné en dehors de tout dialogue et de toute concertation préalable. Le Burundi est un pays responsable et respectueux des droits humains. Il lutte depuis des décennies contre l'impunité. Il fait respecter les droits et libertés de tous et assure la garantie de sécurité ainsi que celle de non-répétition des crimes qu'il a connus dans le passé. Monsieur le Président, L'Afrique entend être un acteur à part entière et non un simple observateur appelé à applaudir des décisions à l'élaboration desquelles elle n'aurait pas été associée. L'Afrique ne sollicite aucun privilège. Elle demande justice, équité et représentation. Aussi, réaffirmons-nous avec force la nécessité d'une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies afin de mettre une représentation africaine permanente et une participation plus équitable du continent aux mécanismes de décision de la communauté internationale. Dans cette perspective, Le Burundi estime que les discussions sur les réformes doivent également porter sur la viabilité financière du système des Nations unies, en renforçant la prévisibilité, la transparence et la soutenabilité de son financement. Il ne sera pas cohérent de confier à l'Organisation des responsabilités toujours plus importantes sans lui garantir les ressources nécessaires à leur mise en œuvre. Nous appelons donc les États membres, surtout les plus nantis, à faire preuve de responsabilité et de solidarité afin de préserver la stabilité financière de l'Organisation. Monsieur le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs, Dans cette dynamique de réforme, de renforcement et de consolidation de notre Organisation, Le Burundi souhaite également contribuer au débat sur le processus de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies. Dans le contexte international actuel, marqué par des profondes divisions géopolitiques et des défis croissants pour le multilatéralisme, ce processus doit être mené dans un esprit de transparence, d'ouverture et de responsabilité collective. Le Burundi considère que ce processus doit être fondé avant tout sur la qualification, l'expérience, l'intégrité, l'indépendance de jugement, la capacité diplomatique et l'aptitude à rapprocher les positions de tous les États membres. Nous avons besoin d'un véritable bâtisseur de ponts, d'une personnalité capable de dialoguer avec tous, de rapprocher les positions lorsque les divergences apparaissent insurmontables, mais également de faire preuve de fermeté, de courage et d'indépendance lorsqu'il s'agit de défendre les principes de la Charte des Nations unies et de faire prévaloir l'intérêt collectif. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames, Messieurs, la paix demeure la condition première du développement. L'Union africaine est profondément préoccupée par la persistance des conflits et des crises qui continuent de provoquer des déplacements massifs de populations, de détruire les infrastructures et de priver des millions d'enfants de leur droit à l'éducation et à un avenir meilleur. Nous accordons une attention particulière à la situation dans les Grands Lacs, au Soudan, au Sahel, en Somalie et dans toutes les régions confrontées à la violence et à l'instabilité. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la recherche de solutions africaines aux problèmes africains, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Nous appelons donc au renforcement du partenariat entre l'Union africaine et l'Organisation des Nations unies dans la prévention, la médiation et le règlement pacifique des conflits. Le Burundi, fort de son expérience, continuera d'apporter sa contribution aux efforts de paix sur le continent. Mais nous devons aller plus loin. Comme décidé au Rwanda lors de la 21e session de la Conférence extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, L'Afrique ne doit pas seulement apprendre à gérer les conflits, elle doit renforcer sa capacité à les prévenir. Nous appelons également la communauté internationale à soutenir davantage les mécanismes africains de paix et de sécurité, notamment par un financement prévisible et durable des opérations de paix dirigées par l'Afrique. Monsieur le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs, Je m'en voudrais si je prenais la parole devant cette auguste Assemblée sans parler de la question de l'eau. L'Union africaine a placé l'année 2026 sous le thème de la disponibilité durable de l'eau et de l'accès à des systèmes d'assainissement sûrs afin de réaliser les objectifs de l'Agenda 2063. Ce choix est particulièrement significatif Car l'eau est la vie, l'eau est la santé, l'eau est la sécurité alimentaire, l'eau est l'énergie, l'eau est également, dans certaines régions, une question de paix et de stabilité. Nous appelons donc à une mobilisation internationale renforcée en faveur de l'accès universel à l'eau potable et à l'assainissement, particulièrement dans les zones rurales et les communautés les plus vulnérables. Nous invitons nos partenaires à considérer l'eau non seulement comme une ressource naturelle, mais comme un investissement stratégique dans la paix, la santé et le développement durable. Excellence, s'agissant du développement socio-économique, la réalisation des objectifs de développement durable de l'Agenda 2063 exige des moyens financiers à la hauteur des ambitions. Or, de nombreux pays en développement font face à des contraintes budgétaires considérables, à des coûts de financement élevés et au poids de la dette. Nous appelons donc à une réforme de l'architecture financière internationale afin de rendre plus équitable, plus inclusive et mieux adaptée aux réalités des pays en développement. Une telle réforme doit notamment permettre l'accès à des financements prévisibles, abordables, durables, indispensables à l'accélération de la mise en œuvre des ODD et de l'Agenda 2063. Nous devons aussi rendre l'Afrique plus active. Sur ce point, L'Afrique, forte de 55 États et de plus de 1,4 milliard d'habitants, ne saurait demeurer à la marge des instances où s'élaborent les règles du commerce mondial. Au nom de l'Union africaine, je réitère l'appel de notre continent en faveur d'une représentation pleine et équitable au sein de l'Organisation mondiale du commerce. Ce n'est pas une faveur que nous sollicitons, mais une justice que nous exigeons et un gage de progrès pour le système commercial multilatéral tout entier. Avec la zone de libre-échange continentale africaine, notre continent a déjà démontré sa capacité à bâtir des règles et à intégrer des marchés. Il est engagé désormais à la gouvernance mondiale du commerce d'intérêt parti. Mais pour réussir, nous devons être plus résilients, pour préserver l'environnement favorable à l'agriculture, source de vie et de sécurité alimentaire. En effet, Monsieur le Président, le changement climatique frappe particulièrement les populations les plus vulnérables. L'Afrique contribue peu aux émissions historiques de gaz à effet de serre, mais elle en subit déjà de lourdes conséquences. Nous appelons donc à une solidarité internationale renforcée en matière d'adaptation, de financement climatique et de transfert de technologie. La sécurité alimentaire doit devenir une priorité stratégique, car aucun développement durable n'est possible lorsque des millions de familles ne disposent pas d'une alimentation suffisante et nutritive. En terminant, je souhaite relever la question de la jeunesse, ce capital le plus précieux sur lequel l'ensemble de la communauté internationale peut et doit compter. Je m'exprime aujourd'hui non seulement un ami convaincu des jeunes, mais aussi fort d'un constat du Sud. Notre jeunesse intellectuelle est devenue l'objet d'une convoitise soutenue, voulue et organisée de la plupart des nations les plus nanties, alors que sa vocation première devrait être de servir ses parents, ses proches et la patrie qui se sont tant investis pour sa formation. De nombreux États africains consacrent des ressources considérables à l'éducation, à la formation professionnelle, à l'entrepreneuriat, au numérique et à l'innovation. Cependant, alors que nos nations africaines, à l'instar du Burundi, consentent des sacrifices majeurs pour bâtir leur avenir, ces talents de jeunes sont prématurément attirés par des acteurs offrant de meilleures conditions matérielles et financières, affranchis de tout investissement préalable dans leur cursus. Entendons-nous clairement, il est impératif d'établir un partenariat juste afin que nos pays reçoivent une contrepartie équitable pour les investissements consentis dans la formation de notre jeunesse. Les autres actions que nous devons tous réaliser consistent également à donner aux jeunes une place réelle dans les processus de décision, de paix et de développement. La jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme bénéficiaire des politiques publiques. Elle doit être intégrée en amont et en aval dans leur processus de conception et de mise en œuvre. C'est cela qui permettrait de créer un avenir certain et de redonner de l'espoir à cette jeunesse. Ceci ressort des discussions lors de la 5e édition du dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité, qui s'est tenue à Bujumbura du 10 au 12 août 2026 et qui a mis en lumière le lien existant entre l'eau, la paix, la prévention des conflits et le leadership inclusif des jeunes et des femmes. Il est ressorti des travaux de ce dialogue qu'il ne peut y avoir de paix durable en Afrique sans la participation pleine, effective et institutionnalisée de sa jeunesse. Pendant trop longtemps, nous avons parlé de la jeunesse comme d'une génération appelée à prendre la relève demain. Mais la jeunesse africaine n'est pas seulement l'avenir de notre continent, elle doit en être le présent. Nous appelons donc à renforcer l'Agenda continental Jeunesse, Paix et Sécurité et lui donner des moyens à la hauteur de ses ambitions. Nous avons le devoir de créer davantage d'espaces permettant aux jeunes de contribuer à la prévention des conflits, à la médiation, à la réconciliation et à la consolidation de la paix. En tant que président en exercice de l'Union africaine et champion de l'Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, J'entends continuer à porter cette ambition. Enfin, Excellence, Mesdames, Messieurs, par la du Burundi, nous poursuivons avec satisfaction sa transformation économique et sociale dans le cadre de sa vision Burundi 2040-2060. Nous sommes déterminés à transformer notre agriculture, à développer nos infrastructures, à améliorer l'accès à l'énergie et à l'eau, renforcer l'éducation et la santé et à promouvoir un secteur privé dynamique. Notre ambition est celle d'un Burundi émergent à l'horizon 2040 et développé à l'horizon 2060. Nous invitons nos partenaires à accompagner cette transformation, non seulement par des appuis multiformes, mais également par des investissements le transfert de technologies, le renforcement des capacités et le développement de partenariats mutuellement bénéfiques. La vision 2040-2060 constitue désormais un cadre central de la planification du développement national. L'Union africaine et les Nations unies partagent une responsabilité particulière dans la construction d'un monde plus pacifique et plus juste. Nous devons renforcer notre partenariat dans les domaines de la paix et de la sécurité, du développement durable, de la santé, du climat, de la jeunesse et de la gouvernance mondiale. Le partenariat ONU-Union africaine doit être fondé sur le respect mutuel, la complémentarité et une plus grande appropriation africaine des solutions aux défis du continent. L'Afrique veut être un partenaire stratégique et un acteur à part entière du multilatéralisme, et non seulement un espace d'intervention de la communauté internationale. Le Burundi, en assumant la présidence de l'Union africaine, fait le choix de l'unité, de la solidarité et de l'action. Nous faisons le choix d'une Afrique en paix, d'une Afrique intégrée, d'une Afrique qui se nourrit elle-même d'une Afrique qui transforme ses ressources, d'une Afrique qui donne à sa jeunesse les moyens de créer et d'innover, d'une Afrique qui maîtrise son destin. Et nous faisons le choix d'un multilatéralisme renouvelé dans lequel chaque région, chaque peuple et chaque nation comptent. Pour l'Afrique, nous voulons une Organisation des Nations unies plus représentative, plus efficace et plus proche des peuples. Nous voulons une Afrique davantage représentée aux instances de décision mondiales. Nous voulons un partenariat mondial fondé non pas sur la dépendance, mais sur la solidarité, la responsabilité partagée et l'investissement dans l'avenir. Au nom du peuple burundais et en notre qualité Le président en exercice de l'Union africaine nous lance un appel à tous nos partenaires, faisons de cette période de transformation une opportunité de bâtir un monde plus juste, une Afrique plus forte et un avenir meilleur pour les générations futures. le Burundi et l'Union africaine émettent le vœu que le débat de haut niveau de cette 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies soit un départ pour un multilatéralisme consolidé, une Organisation des Nations unies au sein de laquelle chaque État et chaque région comptent. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [1:23:29]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République du Burundi. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Massoud Pezeshkian, président de la République islamique d'Iran. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Iran (Islamic Republic of) · Président [1:24:23]: Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, Mesdames et Messieurs. J'avais préparé un discours que je devais vous lire hier, mais hier, le président des États-Unis nous a qualifiés de terroristes, mais nous, nous avons été les victimes du terrorisme. Je viens d'un Iran dans lequel Notre cher dirigeant suprême a été assassiné sans aucun fondement juridique. Je viens d'un Iran où, véritablement, ils ont bombardé une école. Vous voyez ces enfants? Ces enfants ont péri sous les bombes. Les États-Unis et Israël ont utilisé ces armes alors qu'ils étaient innocents, ils n'avaient commis aucun crime. Alors, l'une des petites villes d'une province iranienne, et bien là, une salle de sport où des enfants étaient en train de jouer. Les États-Unis en utilisant des armes à ogives multiples, ont visé cette salle de sport. Ils ont assassiné, fait martyrs nos scientifiques, nos hommes, nos femmes et nos enfants, des enfants innocents qui, en vérité, n'avaient commis aucun crime, aucun péché. Ceux qui sont des terroristes, qui forment et qui protègent des terroristes, nous décrivent comme des terroristes. Mais nous, nous n'avons fait que nous défendre. Nous ne sommes pas des terroristes. Notre peuple innocent a été la cible de lâches attaques et agressions imposées à notre pays. Et nous, nous nous sommes défendus avec toute notre force. L'Amérique et l'Israël nous ont attaqués avec les technologies et les systèmes d'armes les plus perfectionnés. Et notre peuple à résister. Oui, ils nous ont frappés, mais nous n'avons pas mis le genou à terre, nous n'avons pas incliné le chef, nous avons riposté, mais nous n'avons pas frappé des populations civiles. Ils sont venus dans les territoires autour de nous, ils ont visé nos universités, nos cliniques, nos écoles, nos hôpitaux, nos infrastructures, tout cela en violation du droit international. Quand j'ai assumé mes responsabilités en tant que président. Ils ont assassiné Ismail Haniyeh en Iran le jour de mon inauguration. Israël frappe n'importe quel quartier dans n'importe quelle ville, n'importe quelle province, commet des assassinats comme de véritables terroristes. À Gaza, plus de 80 000 civils innocents ont été assassinés brutalement. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées. Ils commettent des génocides en utilisant les prétendues technologies à leur disposition, et ensuite ils traitent d'autres de terroristes. Sommes-nous la source de l'instabilité? Nous ne souhaitons que vivre de manière indépendante. C'est nous qui provoquons l'instabilité. Ce sont ceux qui commettent le terrorisme, qui commettent le crime. Sont-ils, eux, les protecteurs de la paix et de la stabilité? Il ne respectait aucune des règles du droit international. Voilà à quoi nous faisons face. Nous ne demandons rien. Nous avons compris la réponse. Il faut que nous soyons forts, car un peuple incapable de se défendre sera foulé aux pieds dans le monde d'aujourd'hui. Nous vivons dans un monde où les puissants plutôt que de penser à l'humanité, la justice, l'équité et la démocratie, semblent être les protecteurs et les créateurs de l'instabilité et de la destruction. Et ils traitent de terroristes tous ceux qu'ils veulent discréditer. Depuis 200 ans, l'Iran n'a attaqué aucun pays, aucun territoire, mais nous nous sommes toujours défendus de manière déterminée. Mais maintenant, on nous accuse d'être la source de l'instabilité dans la région, on nous traite de terroristes. Et ainsi, la voie que nous avons choisie fait qu'il faut que nous soyons forts pour nous défendre. Nous ne voulons pas être forts pour être des agresseurs. Il nous faut l'énergie pour nous défendre, pas pour menacer les sociétés avec des armes. Nous voulons coopérer. pour parvenir à la sécurité. Le peuple iranien, ces sept derniers mois, notre peuple, descend dans la rue chaque soir pour manifester en soutien de leur patrie pour que ceux qui ont été équipés, formés, armés par Israël et les États-Unis ne puissent pas détruire et nuire à la sécurité de leur pays. Depuis sept mois, chaque jour, chaque nuit, ils ont été dans la rue. C'est eux la source de notre force, de notre soutien. Voilà pourquoi nous sommes déterminés. L'Iran doit être fort, puissant, afin d'éviter d'être menacé afin que son avenir ne soit pas menacé. Nous ne voulons pas utiliser notre puissance à des fins hégémoniques. Nous ne recherchons pas notre sécurité aux dépens de la sécurité des autres. S'agissant de la défense de l'Iran, notre système de défense a été édifié afin que personne ne puisse imaginer que bombarder les villes iraniennes sera impuni. Voilà pourquoi nous avons notre puissance militaire à des fins de défense. Mais nous le disons clairement, pour défendre notre pays, nous n'avons besoin de la permission, de l'approbation de personne. Nous voulons l'énergie pour le progrès depuis des années. On nous parle de centrifuge, il y a des sanctions internationales s'agissant de notre technologie nucléaire, mais pour notre pays, l'énergie nucléaire pacifique fait partie de notre progrès. pour soigner nos malades, pour la sécurité alimentaire, pour nos secteurs agricoles, pour les progrès, pour notre courant électrique. L'Iran n'accepte pas que l'énergie nucléaire soit uniquement à la disposition de quelques puissants. Nous ne nous inclinerons pas, nous n'abandonnerons pas à notre droit inhérent. Nous disons clairement, pas d'armes nucléaires et pas de limites aux technologies nucléaires pacifiques. Notre paix ne sera pas conquise sur le champ de bataille. Mais il faut que l'on accorde la sécurité nécessaire au peuple et à la nation de l'Iran. Nous recherchons la coopération pour la sécurité. Nous vivons dans une région où la guerre ignore les frontières. Une crise dans un pays se propagera aux pays voisins. Voilà pourquoi l'Iran se considère par ses voisins comme des rivaux en matière de sécurité. Nous voulons des voisins forts. Dans les voies navigables, dans le détroit d'Ormuz, nous ne pouvons pas permettre que certains libre accès et profitent d'une voie d'eau navigable tout en l'utilisant pour nous agresser et nous imposer l'insécurité pour nous interdire l'accès à nos propres voies navigables. Ils nous ont interdit l'accès à notre propre voie navigable. Cependant, ils continuent à fournir des missiles et des technologies militaires pour apporter l'insécurité à tous les pays autour de cette voie navigable. Nous ne l'accepterons pas. L'expansion de la guerre n'amènera pas la sécurité. On ne peut pas créer le chaos pour les pays côtiers qui recherchent la sécurité navale. En s'agissant de la Palestine, la Palestine reste une plaie béante sur la conscience de la communauté internationale et Gaza reste un symbole de l'échec des mécanismes internationaux à prévenir les souffrances civiles. Depuis des décennies, des résolutions ont été adoptées. Cependant, l'occupation et la violence se sont poursuivies. Nous ne saurions parler de paix tout en ignorant la Palestine. Une paix durable en Asie occidentale est impossible sans justice pour la Palestine. Tant que l'occupation, l'agression et l'injustice persisteront dans ce monde, la résistance se poursuivra. Si elle est affaiblie sous une forme, elle réémergera sous d'autres formes, peut-être même encore plus forte. À Gaza, malgré des meurtres en série, d'immenses dévastations, Gaza a renforcé la foi du peuple dans la résistance. La résistance ne saurait être détruite par les bombes et les sièges. Telle est la nature humaine. Si un être humain est chassé de sa terre, il résistera. Si sa maison est bombardée, attaquée, agressée, il résistera. Quel autre choix y a-t-il? Accepter la loi du plus fort, être chassé de ses terres, de ses foyers, rester silencieux face aux menaces et dangers. Quand ils se défendent, on dit que ce sont des terroristes. Alors, les mots employés montrent clairement dans quel monde nous vivons aujourd'hui, malheureusement. Il faut régler nos problèmes régionaux dans la région. Ça doit être fait par les pays de la région. Il ne faut pas devenir des pions aux mains d'agresseurs extérieurs. Aucune relation avec une puissance étrangère ne peut permettre de menacer les pays voisins de la région. Et à présent, je voudrais dire quelques mots à ceux qui sont qui ont planifié et mené à bien l'agression contre notre pays. Notre peuple a fait l'humaine expérience de cette agression mortelle qui a mis à l'épreuve la force et la détermination de l'Iran. On a appris que l'on ne peut pas forcer l'Iran à se rendre. L'Iran n'a jamais été un agresseur. L'Iran n'a jamais déclenché de guerre. Il a toujours étaient attachés à la table de négociation. On nous a imposé la guerre, mais nous avons prouvé que nous n'avons pas peur de nous battre. Nous ne craignons pas la guerre, qu'une guerre défensive, et nous défendrons notre Iran chéri, notre terre, jusqu'à notre dernier souffle. Mesdames et messieurs, le thème de cette C'est sur la confiance mutuelle. On ne peut pas y parvenir uniquement en paroles. Il faut ne pas avoir recours aux deux poids, deux mesures. Les bombes atomiques sont aux mains du régime israélien, mais les inspecteurs demandent à venir en Iran. Israël a sauvagement assassiné plus de 70 000 innocents à Gaza. Mais alors même que l'Iran était à la table de négociation, c'est l'Iran qui a été bombardé. Israël a la bombe, il a des armes de destruction massive. Il n'est pas membre du TNP. Lors de son existence honteuse, Israël n'a pas permis une seule inspection, mais on le récompense en lui donnant tous les moyens nécessaires pour bombarder n'importe quelle capitale de la région à volonté. Je le répète. Les armes nucléaires sont en Israël, mais les inspecteurs sont en Iran. Israël tue, mais c'est l'Iran qui fait l'objet de sanctions. Voilà une véritable tragédie qui ferait rire amèrement n'importe qui. Eux tuent, nous, nous sommes sanctionnés. Ceux qui tuent les innocents, les plus pauvres, les moins privilégiés de notre société, voilà les victimes des sanctions. Voilà ce que les États-Unis veulent faire avec tous les pays: sacrifier la population d'un pays pour réaliser ces objectifs illégitimes. Si nous voulons vraiment la paix et la stabilité, nous devons appliquer un seul critère pour tous. L'Iran ne recherche pas de traitement particulier. Nous voulons les mêmes droits que les autres. Nous assumons nos responsabilités. Nous acceptons nos responsabilités, mais l'Iran, tout au long de sa fière histoire, a appris la leçon suivante: un monde sans pouvoir est dangereux, mais un monde qui ne comprend que le langage de la guerre et des intérêts imposés ne vivra pas dans la sécurité. Quand on veut mettre en oeuvre des dessins qui ne profitent qu'à quelques privilégiés, le monde sera dans le chaos. Nous comprenons que ce monde sera bien plus dangereux pour nous tous. Nous ne devons pas permettre que le 21e siècle nous renvoie à une période où ne comptaient que les puissants les puissances hégémoniques. Il ne faut pas avoir un monde où les puissances militaires remplacent la légitimité, où le terrorisme remplace la politique et les négociations, et où la guerre prend la place du dialogue et de la diplomatie. L'Iran tend la main au monde entier. Nous invitons le monde à nous parler, pas par faiblesse, mais parce que nous croyons profondément dans notre possibilité à coopérer car nous sommes convaincus que personne dans la région ne pourra jouir de la sécurité seul. Soit nous édifierons la sécurité ensemble, ou bien nous devrons vivre dans l'insécurité ensemble. Nous voulons un avenir digne où la sécurité, la justice, l'équité, la dignité humaine deviendront des droits inaliénable pour tous, pour tous les êtres humains, un avenir dans lequel aucun peuple n'est écarté, aucune voix ne se perdra dans le chaos, et où personne n'aura le droit de déterminer l'avenir d'un peuple, si ce n'est ce peuple lui-même. Si nous voulons vraiment un ordre reposant sur le droit international et les normes internationales, il doit reposer sur la justice, la volonté humaine, la dignité humaine, car une paix qui n'est pas une paix pour tout le monde, ce n'est pas une vraie paix. La justice et l'équité qui ne valent pas pour tous ne sont pas dignes d'être qualifiées de justice et d'équité. Mais pour en revenir à ce qu'a dit le président des États-Unis hier, Les experts du droit international, du dialogue et de la diplomatie et des normes de droits humains savent que tout ce qui a été dit sur notre pays va à l'encontre de l'esprit de la Charte des Nations unies. Ils doivent savoir que la résistance du peuple iranien ne fera qu'augmenter face aux sanctions, face à la pression accrue. Nous ne mettrons jamais le genou à terre. Nous ne nous inclinerons jamais. M. Trump doit comprendre l'Iran et ceux qui veulent nous brimer doivent savoir que nous sommes prêts au dialogue, à la diplomatie et aux négociations, sans accepter le langage de la force. Je vous remercie. Que Dieu vous bénisse. GA · Président de l'Assemblée générale [1:42:33]: En nom de l'Assemblée, Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République islamique d'Iran. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Santiago Peña Palacios, président de la République du Paraguay. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Paraguay · Président [1:43:14]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur Marcelo Capini, un compatriote, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs, le thème de cette Assemblée nous interpelle. Restaurer la confiance, gérer la transformation, une organisation des Nations Unies au service de tous. C'est un bon thème et je m'y rallie avec enthousiasme. Mais soyons sincères, chers amis, les gens ne veulent plus de slogans. Nos concitoyens et concitoyennes veulent des solutions à leurs problèmes. C'est pourquoi je ne viens pas à cette tribune pour réciter de belles phrases truffé de termes ronflants qui ne profitent en rien à nos concitoyens. Je viens ici pour parler de problèmes concrets et pour proposer des solutions. Je viens ici pour parler d'un pays qui s'est relevé de la guerre la plus déchirante de l'hémisphère occidental, la guerre de la Triple Alliance, qui a plongé dans le deuil pas moins de quatre pays frères, dont le pays que je représente, un pays qui connaît une des plus fortes croissances au monde aujourd'hui. La contribution du Paraguay n'est pas une théorie, c'est une expérience. Les faits nous enseignent que la guerre, c'est une abomination, que la paix est le seul objectif et que nous devons cesser de nous contenter d'observer, de parler, que nous devons commencer à agir. Le Paraguay a rejoint le Conseil des Nations avec une conviction non négociable. La dignité de la personne humaine doit être au cœur de chacune de nos décisions. Et c'est pour cela que nous défendons la liberté, la démocratie, la souveraineté des États, le respect des droits humains et le règlement pacifique des différends. C'est pourquoi nous revendiquons le droit à la vie humaine dès sa conception et que nous reconnaissons la famille comme le noyau fondamental de notre société. Car là où l'on oublie la dignité humaine, l'humanité elle-même disparaît. La dignité humaine, de la conception jusqu'à la fin de la vie, est le fondement de notre présence sur cette terre. Il existe un fossé de plus en plus visible entre les engagements que nous prenons et les résultats que nous obtenons. Et lorsque ce fossé se creuse, la confiance, elle, s'effiloche. Les gens ne nous croient plus et cette confiance Elle ne se regagne pas par de simples déclarations ou des slogans. Elle se récupère en affrontant les problèmes sans crainte, en proposant des solutions, en obtenant des résultats. Le premier problème dont je tiens à vous parler ici aujourd'hui et celui qui se pose dans mon voisinage en Amérique latine, mais vous connaissez tous ce problème, il s'appelle le Venezuela. Avant de venir à New York, je me suis rendu à Caracas, bien que le Paraguay et le Venezuela aient rompu leurs relations diplomatiques. C'est d'ailleurs pour cela que je me suis rendu dans ce pays des Caraïbes et que cette décision a surpris beaucoup de personnes. Elle a été remise en cause, cette décision, parfois même avec virulence. Je profite donc de cette tribune pour le dire haut et fort, de manière très claire. Je ne suis pas allé au Venezuela pour cautionner un régime. Je n'y suis pas allé pour cautionner quoi que ce soit, pas du tout, bien au contraire. Le Paraguay est un pays épris de démocratie et nous estimons que le peuple vénézuélien mérite lui aussi la démocratie. Si je me suis rendu au Venezuela, c'est parce que pendant 25 ans, les dirigeants sud-américains n'ont cessé de prononcer des déclarations retentissantes, des devises, des slogans au sujet du Venezuela. Pendant 25 ans, nous avons observé, attendu, condamné à distance, une distance confortable, mais sans rien faire pour le peuple vénézuélien. On a observé, on a parlé, mais nous n'avons pas agi. Nous n'avons rien fait. Et pendant ce temps-là, nos frères et sœurs vénézuéliens souffraient. C'est pourquoi je me suis rendu au Venezuela il y a quelques jours, afin de franchir une deuxième étape, après la première, difficile mais très importante, qui a été la chute du dictateur Maduro. Car le Paraguay peut jouer un rôle utile dans cette deuxième phase, celle qui doit mener le Venezuela vers une transition démocratique et pluraliste. Aujourd'hui, le Venezuela est confronté à une nouvelle réalité. La défense de nos valeurs ne peut signifier l'indifférence face à cette réalité. C'est pour cela que le Paraguay a ouvert un canal de dialogue avec les autorités vénézuéliennes et c'est pour cela que nous travaillons par des actions concrètes en faveur d'un Venezuela où le pouvoir repose sur son seul souverain, le peuple. Dialoguer, ce n'est pas renoncer à ses principes, ni oublier le passé. c'est avoir le courage de regarder vers l'avenir et d'agir. Nous ne pouvons pas attendre que les États-Unis ou une quelconque puissance du Nord résolvent nos problèmes. Nous devons le faire nous-mêmes. Je souhaite pour le Venezuela ce que mon pays, le Paraguay, a accompli après 35 ans de dictature en 1989, à savoir une véritable transition démocratique et durable. Je ne veux pas une simple photo, je ne veux pas un communiqué de presse. Nous voulons une transition avec des institutions, avec de la sécurité, avec une économie et un peuple à nouveau intégré à la communauté internationale et, dans notre cas, intégré au Mercosur. Les dirigeants du Paraguay ne confondent pas dialogue et indifférence. Parler, c'est une façon d'accompagner le peuple vénézuélien. C'est aussi une façon de lutter ensemble contre la criminalité transnationale qui, elle, ne respecte pas les frontières et qui porte préjudice à toute la région. Aujourd'hui, je demande à mes frères latino-américains, mais aussi aux Nations Unies, unissons-nous pour aider le Venezuela, un si beau pays, afin qu'il se réinsère dans le monde et qu'il se dote d'un gouvernement démocratique et respectueux des droits humains. Pour citer le poète latin Publius, je suis un homme, rien de ce qui est humain ne peut nous être étranger. Eh bien, la souffrance du peuple vénézuélien est celle du peuple paraguayen, et elle doit être la souffrance de tous. Et ce qui vaut pour le Venezuela vaut peut-être encore davantage pour le Nicaragua, pour Cuba et pour Haïti, des pays qui depuis trop longtemps vivent dans les ténèbres de l'autoritarisme, de la violence, de la tristesse. Apportons de la lumière à ces peuples frères, car là où il y a des élections libres, il y a de l'espoir. Mais nous ne devons pas en rester au discours, nous devons agir, faisons-le, mais faisons-le ensemble. Bien sûr, L'Amérique latine n'est pas la seule région à connaître des problèmes. Les problèmes dans le monde sont omniprésents et le Paraguay observe avec beaucoup d'inquiétude ce qui se passe dans le golfe Persique. Lorsque le détroit d'Ormuz est fermé, ce ne sont pas les grandes puissances ni les plus riches qui en payent le prix, ce sont les plus démunis, les citoyens les plus vulnérables. La sécurité alimentaire énergétique de millions de personnes dépend du maintien de l'ouverture de ce passage. C'est pourquoi je lance aujourd'hui un appel fervent en faveur de la cessation immédiate des attaques, en faveur de l'ouverture totale et de la libre navigation dans les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb. Il faut également garantir le retour aux négociations. La dignité humaine, chers amis, ne change pas parce que nous changeons de continent. Elle est toujours la même. c'est cette dignité humaine qui doit guider non seulement nos discours, mais aussi nos actes. Hormoz est le problème qui nous interpelle aujourd'hui, mais je tiens à vous dire ici que demain, cela pourrait être bien pire. Et je fais ici référence aux ombres menaçantes qui se profilent dans la région indo-pacifique et en particulier dans le détroit de Taïwan, ce qui s'y passe n'est pas une simple affaire régionale. Non, mesdames et messieurs, cela concerne le Japon, toute l'Asie de l'Est et du Sud-Est, et surtout l'économie mondiale. Cela concerne les micro-puces qui font tourner l'industrie, la défense, l'intelligence artificielle. Quiconque prétend que tout cela est lointain, n'a pas compris le 21e siècle. Si le pétrole a été le carburant du 20e siècle, les puces électroniques sont le carburant du 21e siècle. Les enjeux sont énormes dans le cadre de ce conflit potentiel. C'est l'avenir même de l'humanité qui est en jeu. Je tiens à vous dire que face à ce problème, mon pays n'est pas neutre. Le Paraguay est, et je le dis haut et fort, aux côtés de Taïwan. et pas par opportunisme, bien au contraire. C'est en raison des valeurs profondes que nous partageons: la démocratie, l'État de droit, les droits humains et la paix. 70 années de relations diplomatiques ininterrompues, ce n'est pas un simple chiffre, ni un simple calcul d'opportunité, c'est un hommage à l'amitié véritable entre nos peuples. C'est pourquoi je réaffirme aujourd'hui notre soutien à la participation pleine et effective de la République de Chine, Taïwan, aux Nations unies et à ses entités spécialisées. Taïwan apporte des contributions concrètes à la paix, au développement et aux droits humains. L'exclure ne renforce pas le système. Cela le prive de capacités qui pourraient bénéficier à tous. Et c'est une tâche pour l'Organisation des Nations Unies. Mais le problème ne se limite pas à Taïwan. Ce qui se prépare là-bas, dans cette région, est terriblement dangereux pour tout le monde. Chers amis, ne nous contentons pas de paroles ou de slogans. Passons à l'action. vous trouverez toujours le Paraguay prêt à apporter son concours dans le cadre de négociations de paix. Mais les problèmes du monde ne se limitent pas à une région ou à un lieu. Ils touchent au cœur même du système international. Les Nations Unies, je ne serai ni le premier ni le dernier à le dire, ont besoin d'un nouvel élan. La devise de cette Assemblée nous propose des Nations Unies pour tous. C'est une belle devise, c'est certain, mais je crains que cela ne suffise pas. Et c'est pourquoi je vous demande aujourd'hui, avec beaucoup de respect, mais également avec fermeté, comment pourrions-nous avoir des Nations Unies pour tous si elles sont dirigées par un Conseil de sécurité composé de quelques-uns seulement? Il s'agit d'un Conseil qui a été conçu il y a 80 ans pour une autre époque, pour faire face à d'autres situations. Un conseil qui démontre trop souvent qu'il n'est pas adapté aux problèmes auxquels nous nous heurtons aujourd'hui. La conception du conseil original, due à son époque, a connu de nombreuses réussites, c'est vrai, il faut le reconnaître, mais comme le dirait le grand lauréat du prix Nobel de littérature Bob Dylan, les choses ont changé et l'organisation, elle aussi, doit changer. À des problèmes différents correspondent des solutions différentes, sinon cette belle idée qu'est celle des Nations Unies sera tout simplement dépassée, elle sera réduite à n'être qu'une tribune où l'on prononce de beaux discours mais où on n'agit pas concrètement en faveur des populations. Certains concluent que le multilatéralisme a échoué. Mbargui, lui, parvient à une autre conclusion: les Nations Unies demeurent indispensables. C'est le seul système qui permet à tous les pays du monde de coexister. Mais ce système doit se montrer plus efficace pour prévenir les conflits, protéger les personnes, faire respecter les normes que nous, les États, avons convenues. Notre avocation de paix se résume dans la phrase d'un illustre Paraguayen, Manuel Gondra. Ne pouvant garantir que le juste soit toujours fort, nous devons tout faire pour que le fort soit toujours juste. Le Paraguay souhaite assumer davantage de responsabilités au sein de ce système. Mais ce système, en l'état, il ne fonctionne pas. C'est pourquoi nous estimons que l'élection de la prochaine secrétaire générale constituera une décision fondamentale. Le moment est venu que ce poste revienne à l'Amérique latine et aux Caraïbes. Notre région a une vocation de paix, de dialogue, de multilatéralisme. elle dispose de candidats capables d'assumer cette responsabilité. Nous avons besoin d'un secrétaire général qui redonne à l'ONU son leadership politique, qui renforce la diplomatie préventive, qui agisse avant que les crises ne deviennent irréversibles et qui écoute les États et les peuples qu'il sert. Le Conseil de sécurité doit cesser d'être le reflet du monde de 1945. Il doit être davantage à l'écoute de l'Assemblée générale et ne pas se paralyser lorsque la paix est menacée. Nous avons besoin d'une Organisation des Nations Unies adaptée à 2026 ou même à 2050 et pas à 1945, afin de pouvoir véritablement répondre aux besoins de tous ses membres. Cette Assemblée Il nous demande également de gérer la transformation. Il n'est pas nécessaire de préciser ici quelle est la grande transformation de notre époque. Chaque grande ère de l'humanité a eu son moteur. La vapeur a été le moteur de la révolution industrielle. Le transistor a été le moteur de l'ère numérique. Et aucune force de notre époque n'est aussi importante que l'intelligence artificielle. Elle montre déjà sa puissance dans la guerre, dans l'économie, dans la vie quotidienne. Et contrairement aux outils qui se contentaient de transmettre ce que nous disions, ces systèmes participent à ce que nous décidons. Le potentiel est énorme. Le Paraguay nourrit aujourd'hui 100 millions de personnes. Et grâce à cet outil, Cela pourrait être 1 milliard. Il peut réduire en quelques années des écarts qui ont pris des générations à se combler. Cette transformation ne peut pas être arrêtée et personne ne devrait en être exclu. Mais nous ne sommes pas aveugles. La peur ne doit pas nous guider, cela étant dit. Tout comme un enfant, l'intelligence artificielle répète ce qu'elle a appris de celui qui l'a formée. Si elle a appris à nier la liberté, cette leçon ne se présentera pas sous la forme d'une loi que nous pourrions débattre. Elle viendra sous couvert, dans la tâche la plus insignifiante, dans le geste que personne ne considère comme une décision. La démocratie se maintient tant que les décisions qui nous gouvernent peuvent être rattachée à la volonté de celles et ceux qui en subissent les conséquences. Lorsque ce lien n'existe plus, la volonté populaire risque d'être remplacée sans avoir été vaincue. Protéger ce lien, ça ne signifie pas renoncer aux avantages, cela signifie ne pas ignorer les risques qui existent. L'intelligence artificielle doit servir la dignité humaine et non la remplacer. Comme le rappelle la récente encyclique Magnificat humanitas du Saint-Père, les valeurs véhiculées par ces systèmes ne constituent pas une limite technique. Elles relèvent d'une décision de la part de celles et ceux qui les entraînent. Et l'avenir exige de nous que cette décision soit la liberté, la démocratie, l'égalité devant la loi et que celui qui la prend en assume la responsabilité. On pourrait croire que jusqu'à présent, je n'ai fait qu'égrener une liste de problèmes, de difficultés, un discours pessimiste peut-être, mais ce n'est pas du tout le cas, chers amis. Je suis simplement convaincu que la seule manière de changer la réalité, de bâtir un monde meilleur, c'est avant tout de faire face à la réalité et d'affronter les problèmes auxquels nous nous heurtons. Il ne faut pas les balayer sous le tapis, ni les dissimuler derrière des discours, et c'est pourquoi je viens également porter un message d'optimisme. Les choses peuvent changer. Le monde peut être meilleur. La paix n'est pas une chimère, c'est une possibilité réelle. Mon pays, le Paraguay, est bien placé pour en parler, car il connaît la dure réalité de la phrase de Rotterdam: « La guerre n'est douce que pour ceux qui ne l'ont jamais vécue. » Le Paraguay l'a vécue dans la douleur, Nous savons que ce qui se passe lorsque le multilatéralisme ne fonctionne pas, des gens meurent, la terre se teint de sang et le prix à payer ne se limite pas à aujourd'hui, mais s'étend sur des générations. C'est pourquoi mon pays sait que le multilatéralisme et le dialogue constituent la seule alternative. Je viens ici défendre avec fermeté toutes ces idées afin qu'elles se concrétisent. L'extrémisme dans la défense du multilatéralisme, ce n'est pas un vice, c'est une vertu. Soyons extrémistes, chers amis, dans la défense du multilatéralisme, de la concorde et de la paix. Tout comme le Paraguay s'est relevé d'une guerre sanglante, le monde peut en faire de même. Ce Paraguay qui était, après la catastrophe militaire, un véritable cimetière à ciel ouvert, vit aujourd'hui une autre réalité, le Paraguay s'est relevé et il est prêt à prendre sa place dans le monde. Nous nous sommes relevés à force d'efforts, d'ouverture sur le monde et avec l'obstination d'un peuple qui n'a pas choisi sa géographie, mais qui a choisi son destin. Aujourd'hui, le Paraguay connaît l'une des meilleures périodes économiques de son histoire. Il est devenu un exemple pour d'autres pays en matière de stabilité macroéconomique, de croissance soutenue et de lutte contre la pauvreté. Et en décembre 2025, Standard & Poor's nous a attribué la deuxième note en matière d'investissement, en faisant de nous le premier pays à obtenir cette distinction depuis plus d'une décennie. Au cours du dernier trimestre de cette année, le taux de chômage est tombé à 3,6 %, le niveau le plus bas jamais enregistré. La croissance n'a d'importance, cela étant dit, que si elle se ressent dans toutes les familles. Un emploi décent est l'une des meilleures politiques sociales qu'un État puisse offrir à sa population. Mais ce n'est pas tout. Le Paraguay a réduit la pauvreté à des niveaux jamais atteints. En moins de 20 ans, nous sommes passés d'un taux de pauvreté de presque 60 % à 16 %. Plus rapidement que tous les autres pays de la région. Parce que les gens comptent à nos yeux. De plus, l'avenir est prometteur, non seulement parce que notre réseau électrique est abondant, stable et 100 % renouvelable, mais aussi parce que notre région dispose des terres, de l'énergie, des minerais critiques et surtout sa population qui est merveilleuse. Monsieur le Président, j'en viens au terme de mon intervention et je souhaite revenir à l'idée par laquelle j'ai commencé. Les gens ne veulent plus seulement des slogans, ils veulent des solutions à leurs problèmes et surtout, ils veulent la paix, ils veulent la liberté, la sécurité, la démocratie, la prospérité, des opportunités pour leurs enfants. Et nous, qui avons la responsabilité de diriger nos pays, nous devons être à la hauteur de ces attentes. Le Paraguay sait que le chemin est difficile, mais nous savons également qu'il n'est pas impossible. Nous croyons qu'il est possible de bâtir un monde où la coopération porte ses fruits, où la démocratie n'est pas une promesse vide de sens, où la technologie est au service de l'humanité, où le développement profite à celles et ceux qui en ont le plus besoin et nous croyons que le Paraguay a beaucoup à apporter à cet avenir. Nous sommes un pays qui n'a pas choisi sa géographie mais qui a choisi son destin. Un pays qui a affronté l'adversité et a décidé de se relever. Un pays qui possède de l'énergie, des ressources, du talent et surtout une volonté inébranlable d'aller de l'avant. Nous sommes un pays qui a cessé de se demander ce qui nous manque pour commencer à se demander jusqu'où nous pouvons aller. Tel est ce Paraguay, le Paraguay qui s'intègre au monde, qui ouvre ses portes aux opportunités, qui défend sa souveraineté, qui mise sur la paix, la liberté et la démocratie, et qui souhaite se développer sans qu'il n'y ait aucun laissé pour compte. Et ce Paraguay a un message à adresser au monde. Nous venons démontrer ce que nous sommes capables de faire. Aujourd'hui encore, nous choisissons le dialogue plutôt que la confrontation, la coopération plutôt que l'isolement, la démocratie plutôt que l'autoritarisme, la paix face à la guerre et le développement au lieu de la résignation. Les Nations unies ne regagneront pas la confiance simplement parce que nous l'affirmons ici, dans cette salle. Nous devons être fermes, sans équivoque, dans la défense du multilatéralisme, de la démocratie, de la paix et surtout de la dignité humaine. Et face à cette Assemblée, je tiens à l'affirmer avec une clarté absolue, le Paraguay est prêt à jouer son rôle, car notre histoire nous a appris à résister et l'avenir nous invite à poursuivre ces efforts. Au-delà des mots, il y a les actes. Chers frères et sœurs du monde entier, je termine ces quelques mots par une demande, une exhortation, presque une prière. Soyons des extrémistes dans la défense du multilatéralisme, de la démocratie, de la paix et surtout de la dignité humaine. Ce n'est qu'ainsi que les générations futures pourront se retourner sur notre passé et dire que nous avons rempli notre mission, que nous avons restaurer la confiance en l'humanité, que nous avons mené à bien une transformation pour le mieux avec une Organisation des Nations Unies qui tient ses engagements envers tous. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [2:08:14]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président du Paraguay L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Petr Pavel, président de la République tchèque. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Czechia · Président [2:09:03]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, c'est pour moi un honneur de revenir en cette salle, une fois de plus, pour intervenir devant la 81e session de l'Assemblée générale au nom de la République tchèque. Rétablir la confiance, gérer la transformation est un thème adapté à la session de cette année. Il reflète l'ampleur des changements que connaît notre monde et la nécessité à y faire face de manière pacifique. Après la Deuxième Guerre mondiale, un système multilatéral robuste basé sur les règles et la coopération internationale a été institué, englobant la sécurité, les droits humains et le développement économique. Pendant des décennies, les changements dans les jeux de pouvoir mondiaux ont eu lieu au sein de ce cadre largement prévisible. Le pouvoir a toujours été réparti de manière illégale. Cependant, aujourd'hui, nous assistons à de profonds changements qui redéfinissent le système de l'après-guerre. La tâche de l'ordre international n'est pas de résister à ces changements, mais de les gérer de manière pacifique. Notre ambition commune devrait être de nous inspirer des fondateurs des Nations unies. Notre objectif devrait être de prévenir les guerres et les destructions, et d'édifier un ordre international prévisible, capable de s'adapter aux changements tout en assurant la justice et la stabilité. Voilà pourquoi nous avons besoin d'enceintes comme celle-ci, des endroits où le dialogue peut l'emporter et où la diplomatie peut faire son travail. Voilà pourquoi nous avons besoin de règles, pas parce que tous les États sont également puissants, mais précisément parce qu'ils ne le sont pas. Les règles n'importent que si elles engagent chacun, en particulier ceux qui sont suffisamment puissants pour les enfreindre. Quand on ignore les règles, le pouvoir brut comble le vide. Un monde dominé par la concurrence entre les grandes puissances est un monde volatile qui est moins capable de relever les défis les plus pressants de notre époque. C'est un monde où une seule étincelle peut provoquer un incendie. Au lieu de cela, nous devrions insister à grand pouvoir, grande responsabilité, plus grande responsabilité, les responsabilités concernant le recours à la force, concernant le fait de faire preuve de retenue, mais également la responsabilité d'utiliser son influence pour empêcher que la force devienne nécessaire. Cela vaut particulièrement pour les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. La Chine a le pouvoir, l'influence et la responsabilité qui peuvent aider à prévenir les conflits, à mener une désescalade des tensions et contribuer au fait de mettre un terme aux guerres. qui inclut le fait d'utiliser son influence pour aider à mettre un terme à l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cette agression a été lancée et continue à être menée par un autre membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie, en violation de la Charte des Nations unies et des principes fondamentaux du droit international. L'agression de la Russie continue à infliger d'immenses souffrances au peuple ukrainien. Les civils, les infrastructures civiles continuent à être attaqués de manière aveugle. Et les risques augmentent chaque jour. La position agressive de la Russie représente une menace directe pour la sécurité européenne dans son ensemble. L'imminence de la menace a été brutalement illustrée par la récente tentative d'attaque de drones par la Russie contre l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne, à seulement 150 kilomètres de la frontière avec la République tchèque. Les conséquences de l'agression vont bien au-delà de l'Europe. La guerre menée par la Russie a mis à mal la sécurité alimentaire mondiale, a perturbé la production agricole, les exportations, les chaînes d'approvisionnement. Ces effets sont ressentis dans mon pays, mais ils sont ressentis encore plus gravement dans certaines régions d'Afrique comme ailleurs, en particulier dans les pays qui dépendent d'un cheminement alimentaire stable et abordable. Nous devons faire en sorte que le coût de la guerre soit plus élevé pour la Russie, mais nous devons également donner une véritable chance à de vrais efforts diplomatiques. Ce n'est pas entre amis que la diplomatie importe le plus, mais entre adversaires. C'est là que l'ONU reste indispensable, en tant qu'enceinte pour le dialogue, même quand les accords semblent lointains. L'ONU a été fondée sur la base de principes. Ces principes importent en Ukraine, ils importent en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taïwan, et ils importent également au Moyen-Orient, en Soudan et en République démocratique du Congo. L'évolution actuelle de la situation au Yémen, en Arabie saoudite, montre ce qui se passe quand les règles le cède à la force et à la constitution quand la loi du plus fort remplace le droit et quand, en un instant, un conflit régional peut avoir des conséquences pour le monde entier. Mesdames et Messieurs, alors que le secrétaire général Antonio Guterres s'approche de la fin de son mandat, nous saluons ses efforts visant à réformer et moderniser l'ONU. Le prochain ou la prochaine secrétaire général sera confronté à une tâche fondamental, adapter l'ONU à un monde qui connaît des rivalités géographiques et des fragmentations croissantes. Nous attendons de lui ou d'elle qu'il poursuive le programme de réforme 1980 et transforme les réformes en résultats. Le succès de la réforme de l'ONU sera jugé non pas à l'aune de nouvelles structures ou de nouveaux textes, mais à l'aune du fait de savoir si le système multilatéral peut apporter des résultats, faire respecter le droit international et faire en sorte que ces règles comptent. La future légitimité de l'ONU en dépendra. Cela n'est nulle part plus important que s'agissant de la paix et de la sécurité. La communauté internationale doit mieux prévenir les crises, protéger les civils et défendre les règles qu'elle a accepté de respecter. La République tchèque est prête à jouer son rôle. Permettez-moi de répéter que nous solicitons un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2032-2033. Si nous sommes élus, nous contribuerons activement à ces activités et nous assumerons notre part de responsabilité. Nous continuerons à aider à prévenir et régler les conflits grâce au travail politique, à l'aide humanitaire et à la coopération concrète. Nous défendrons la protection des civils et des infrastructures critiques. et pour l'application du principe de responsabilité lorsque le droit international est gravement violé. Et nous resterons un ferme partisan des droits humains et de la démocratie. Nous appuierons les mécanismes indépendants pour les droits humains, le droit de réunion pacifique et des élections libres et régulières. Et nous nous efforcerons de faire en sorte que les nouvelles technologies renforcent nos sociétés plutôt que de les affaiblir. Monsieur le Président, le moment est également venu de faire face à la vitesse extraordinaire des progrès de l'intelligence artificielle. Ces derniers jours, le débat est devenu encore plus urgent, encore plus grave. Le message du Groupe scientifique international indépendant de l'ONU sur l'intelligence artificielle, des chercheurs, des principales sociétés d'IA et des experts indépendants est de plus en plus clair. Notre capacité à régir cette technologie est en retard face à l'évolution de la situation. L'IA peut apporter d'immenses avantages à l'humanité, mais sans véritable garde-fou efficace, elle peut également provoquer d'immenses dommages. Nous devons donc respecter un principe fondamental: les êtres humains doivent conserver le contrôle de la technologie et ne pas être dominés par elle. La technologie doit promouvoir nos objectifs communs et aucun système ne doit jamais pouvoir fonctionner sans être soumis à la responsabilité humaine. Nous ne pouvons pas également permettre une concurrence effrénée pour l'avenir de l'IA qui déterminerait son avenir alors que la pression à agir en premier mettre de côté les préoccupations de sûreté, contrôle et responsabilité. Il y a plus de 80 ans, le projet Manhattan a montré à quelle vitesse une percée scientifique pouvait transformer l'équilibre du pouvoir et à quel point il était difficile pour la politique et les règles internationales de suivre. L'intelligence artificielle nous met face à des technologies et des risques différents, mais l'enseignement est le même. Une gouvernance qui n'intervient qu'après les faits risque d'intervenir trop tard. Pour que l'IA soit au service de l'humanité, Elle doit être développée au sein d'un cadre de règles internationales. Aucun pays et aucune entreprise ne peut relever ce défi seul. Nous avons besoin de normes communes, d'un véritable contrôle public et de mécanismes clairs de responsabilité. Le choix ne se pose pas entre l'innovation et les règles. C'est un choix qui se pose entre une innovation régie par les règles et une innovation régie par la logique de cette concurrence. Mesdames et Messieurs, l'intelligence artificielle n'est pas le seul défi qu'aucun pays ne peut relever seul. Cela vaut également pour les changements climatiques. Une fois de plus, cette année nous rappelle l'impact croissant des événements météorologiques extrêmes touchant les personnes et les communautés partout dans le monde. Dans de nombreuses régions, les défis liés au climat menacent les foyers, les moyens de subsistance, et ils mettent sous pression la santé publique. Les aliments, la sécurité hydrique augmentent le coût de la vie et, dans certains cas, contribuent à l'instabilité et aux conflits. Ce sont les plus vulnérables qui, souvent, sont les plus durement touchés. La République tchèque a proposé son soutien et est solidaire de ceux qui veulent reconstruire leur communauté, mais le soutien après la catastrophe est insuffisant. Il nous faut une action mondiale concertée pour limiter les futurs dommages et pour s'adapter aux changements qui affectent déjà nos vies et qui définiront les vies des générations futures. Monsieur le Président, permettez-moi de conclure avec un message qui n'a pas changé ces dernières années. La plupart des défis auxquels nous sommes confrontés sont de nature mondiale. Aucun pays ne peut les relever seul. Voilà pourquoi nous avons besoin de davantage de dialogue, davantage de coopération et davantage d'actions collectives. Et c'est pourquoi nous devons faire en sorte que le multilatéralisme fonctionne. Tel est notre objectif commun. Je vous remercie. Speaker 15 [2:20:07]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République tchèque. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Javier Gerardo Milei, président de la République argentine. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Argentina · Président [2:20:54]: Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les chefs d'État, Mesdames et Messieurs les représentants du peuple du monde, Je prends la parole devant vous pour la troisième fois en tant que représentant de tous les Argentins, de toutes les Argentines. Lorsque nous avons pris les rênes d'un pays en ruine, au bord de la pire crise de son histoire, une chose était claire dès le départ: nos problèmes devaient être affrontés avec la plus grande sincérité. Se mentir à nous-mêmes pour nous sentir mieux ne nous aurait menés à rien. Il est toujours préférable de dire une vérité désagréable plutôt qu'un mensonge réconfortant. C'est pourquoi, croyez-moi, Je sais de quoi je parle lorsque je dis dans un esprit constructif que les problèmes que rencontre cette organisation qui a pour mission d'orienter et d'arbitrer entre les États sont réels. Et je voudrais vous parler de trois points. Premièrement, ce que cet organisme aurait dû faire, mais ce qu'il n'a pas fait. Deuxièmement, ce qu'il n'aurait pas dû faire, mais qu'il a quand même fait. Et troisièmement, sa position face à l'avènement de l'intelligence artificielle. Il y a 78 ans, cette assemblée a déclaré que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Des paroles nobles que je partage pleinement. Et à cette fin, on s'est engagé à faire respecter le droit international, à défendre la souveraineté des nations et à offrir une tribune où les conflits seraient résolus par la coopération plutôt que par les armes. C'était l'objectif initial, le contrat que nous avons tous signé. Mais aujourd'hui, malheureusement, il convient de reconnaître que ce pacte sacré, dans les faits, il a été rompu. Cette organisation est devenue une organisation inutile qui ne sert qu'à nourrir une caste de parasites fatalement arrogants déguisés en bureaucrates bien intentionnés, auxquels je rappelle ce que disait Mises: « Les gens de bonne volonté ne cherchent pas à contrôler la vie de leurs semblables. Ceux qui devaient garantir la sécurité collective et les droits humains ont échoué dans leur mission. Ils ont laissé le chaos, la violence et le terrorisme international s'installer. Les prétendus défenseurs des droits humains ont soutenu des dictatures sanguinaires, des régimes qui lapident des femmes en pleine rue. Ils ont systématiquement voté contre Israël, tout en restant silencieux face au terrorisme islamique et au génocide chrétien en Afrique. Et comme si cela ne suffisait pas, une organisation qui s'est donnée pour mission de défendre la souveraineté territoriale de ses membres, a décidé de fermer les yeux face à la situation dans les îles Malvinas, Géorgie du Sud, Sandwich du Sud et sur les espaces maritimes environnants. Les Malvinas sont pour nous une cause nationale. Je répète, les Malvinas, pour nous, représentent une cause nationale. Et c'est également la preuve du fossé qui peut exister entre les paroles des institutions internationales et la réalité sur laquelle elles prétendent agir. Il y a 50 ans, cette Assemblée a adopté la résolution 31/49 qui exhorte les parties à s'abstenir d'apporter des modifications unilatérales tant que ce différend demeure en suspens. 50 ans plus tard, la situation n'a pas changé. Mais les modifications unilatérales, elles, se poursuivent. Aujourd'hui, le projet Sea Lion progresse vers l'extraction de pétrole sur le plateau continental argentin correspondant au bassin des Malvinas du Nord, au titre de licences britanniques que l'Argentine rejette car elles sont illégales. Il est légitime. Toute action en ce sens, non autorisée par la République Argentine, constitue un acte illégal, tant en vertu du droit international, y compris la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qu'en vertu du droit interne argentin. C'est pourquoi je souhaite ici poser une question: à quoi sert une résolution si, pendant des décennies, la partie adverse peut agir à l'encontre de celle-ci et que cette résolution reste intacte dans les archives, mais impuissante face à la réalité? Les mots et les résolutions ne manquent pas. Ce qui manque, c'est qu'elles aient des conséquences, car une institution qui ne parvient pas à faire peser sa parole sur les faits perd ce qu'il y a de plus important, à savoir son autorité. Face à cette réalité, ceux qui respectent les règles n'en sont pas récompensés, alors que ceux qui les enfreignent ne sont pas exposés à des conséquences. Et c'est pourquoi la question. Des Malvinas n'est pas seulement une affaire entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Elle soulève également la capacité de cette organisation à faire respecter ses propres résolutions. L'Argentine a pris acte de cette réalité et face à l'exploitation non autorisée de nos ressources dans la zone contestée. Nous avons agi, nous avons présenté des notes pour déplorer la situation, nous avons recouru aux outils juridiques, nous avons sanctionné les entreprises impliquées, leurs fournisseurs et nous avons soumis au Congrès une loi visant à défendre la souveraineté nationale. Pendant trop longtemps, les gouvernements argentins ont opté pour une défense rhétorique. Nous avons choisi une défense pacifique, pratique et efficace. Je le répète, nous, nous avons choisi une défense pacifique, pratique et efficace. Je tiens également à rappeler la situation de la population dans ces îles. Comme cette Assemblée l'a établi dans de nombreuses résolutions, le principe de l'autodétermination ne s'applique pas dans ce cas, puisqu'il s'agit d'une population implantée par la puissance occupante sur un territoire dont la souveraineté fait toujours l'objet d'un différend. Ce principe existe pour libérer les peuples colonisés et non pour consacrer des situations découlant de la colonisation. Si le Royaume-Uni adopte une interprétation sélective du principe de l'autodétermination concernant les îles Malvinas, il devra également expliquer comment il concilie ce critère avec les débats sur l'autodétermination qui ont lieu au sein de son propre territoire. Nous réitérons une fois de plus notre appel au Royaume-Uni afin de reprendre les négociations pour trouver une solution pacifique aux différends de souveraineté conformément au droit international. Nous l'invitons également à procéder sans délai à un échange de points de vue en vue de résoudre la question relative au litige mentionné concernant l'exploitation de nos ressources naturelles. Et au secteur énergétique mondial, je tiens à ajouter ce qui suit. Vaca Muerta, c'est une opportunité historique. susceptible de devenir l'un des acteurs majeurs du secteur énergétique au cours des prochaines décennies. Venez, investissez avec nous. Mais cette invitation, cette invitation a une limite. Nous ne resterons pas indifférents face à ceux qui exploitent des ressources sous une occupation étrangère illégale. La position de l'Argentine est claire. Aujourd'hui, je suis là pour vous dire que mon pays ne va pas rester les bras croisés à attendre que l'ONU et la communauté internationale soient à la hauteur de leur mandat. Elle va prendre les choses en main. Pendant trop longtemps, L'Argentine a géré son déclin, nous avons géré la pauvreté, nous avons géré l'isolement, nous avons géré notre manque d'importance. Nous sommes habitués à discuter de la manière de répartir ce qui restait, au lieu de nous demander comment renouer avec la croissance, comment reconstruire. Nous avons perdu suffisamment, nous ne voulons plus perdre davantage. C'est pourquoi nous adoptons le capitalisme de libre entreprise. Nous avons notre économie au commerce, à l'investissement. Nous progressons dans le développement de nos ressources stratégiques. Nous adoptons la révolution technologique. Nous construisons notre appareil militaire après des décennies d'abandon. Nous avons également fait un choix géopolitique. Nous nous sommes alliés sans ambiguïté sur l'Occident, les États-Unis et Israël, pays avec lesquels nous partageons une profonde affinité de valeurs et une complémentarité stratégique. C'est pourquoi nous condamnons les attaques du régime iranien contre l'État d'Israël. Nous avons déclaré la Garde révolutionnaire iranienne organisation terroriste et nous continuons à rechercher la justice concernant les deux attentats que nous avons subis. en Argentine en 1992 et en 1994. Nous avons décidé de coopérer avec le monde, mais de le faire de manière positive, en comprenant que seule une nation politiquement importante, économiquement influente et militairement respectée peut être véritablement maîtresse de son destin. Monsieur le Président, de même que je vous ai montré comment l'ONU a échoué à remplir sa mission, je veux maintenant expliquer comment elle s'est distinguée en faisant ce que personne ne lui avait demandé et qu'elle n'aurait jamais dû faire car parallèlement à cet échec elle a mis en place une bureaucratie énorme destinée à décider comment doivent vivre les peuples du monde et leurs citoyens. Cela constitue un mélange curieux d'anarchie, de tyrannie, une impuissance face à ceux qui enfreignent les règles les plus élémentaires, les dictatures sanguinaires, les organisations terroristes et un contrôle et des impositions orwelliennes à l'égard des de démocratie libérale qui, elle, respecte les règles. Nous l'avons vu avec le programme à l'horizon 2030, avec la réglementation économique, les agendas de genre, l'extrémisme environnemental et l'immigration incontrôlée. Et à chaque fois qu'ils ont échoué, au lieu de réviser leur copie, ils ont redoublé d'efforts, comme ils le font déjà avec le programme à l'horizon 2045. Je m'attends à ce qu'il échoue également. Mais l'exemple le plus grave, celui qui devrait Faire honte à cette organisation, c'est la gestion de la pandémie. Pendant la pandémie, des organismes dépendants de cette organisation ont fait fi des preuves scientifiques et de la souveraineté des nations et ont promu partout dans le monde des politiques de confinement qui ont détruit des emplois, ruiné l'éducation de toute une génération d'enfants, coûté la vie à des millions de personnes qui sont mortes seules, sans soins médicaux de base. Là où certains voient une erreur de politique sanitaire, nous voyons une expérience mondiale de contrôle social déguisé en science. Et lorsqu'un État ayant des lunettes sanitaires, des œillères sanitaires, et qui prive sa population de travailler, de s'éduquer, il y a un mot qui s'impose: le génocide. C'est ce qui s'est passé dans de nombreux pays, dans l'Argentine qui s'est vantée d'être l'élève préféré de l'OMS. Et c'est pour cette raison que nous avons décidé de quitter l'OMS. À cela s'ajoute un phénomène plus subtil, mais tout aussi nocif, la terreur psychologique instaurée par l'État. Pendant des années, on a dit aux citoyens du monde qu'ils devaient avoir peur, peur de leurs voisins, de l'air qu'ils respiraient, de sortir de chez eux. Cette peur n'était pas un effet secondaire, c'était l'outil qui avait été choisi. Le problème, c'est que Les situations d'urgence finissent par passer, la peur disparaît, les générations se succèdent et les institutions et les pouvoirs mis en place au nom de ces prétendues situations perdurent. Et si pour un instant nous avons eu l'illusion que la leçon avait été retenue après tant d'échecs, l'arrivée de l'IA nous prouve le contraire. L'imprimerie, la machine à vapeur, l'électricité, l'internet, chaque grande révolution technologique s'est accompagnée de craintes concernant ce qu'elle détruirait, en particulier l'emploi. C'est sans aucun doute l'un des moyens les plus efficaces de semer la terreur chez les êtres humains compte tenu du rôle que joue le travail en tant que moyen de subsistance. À titre d'exemple, la révolution industrielle. À son avènement, la Terre comptait environ 800 millions d'êtres humains. Si, conformément aux pessimistes, l'emploi était resté constant dans le meilleur des cas, étant donné que la population a été multipliée par 10, le taux de chômage s'élèverait aujourd'hui à 90 %. C'est une absurdité, une question sur laquelle peu de gens semblent avoir réfléchi, à l'exception de ceux d'entre nous qui avons la passion de lire Borges et qui apprécions son approche consistant à valider une idée en la poursuivant jusqu'à ses limites. Ces progrès technologiques non seulement n'ont entraîné aucune catastrophe avec lesquelles on a tenté de nous faire peur, mais chacune d'elles a également finalement a élargit les capacités des êtres humains. L'homme a construit des machines capables d'accomplir des tâches qui semblaient impensables il y a peu et où beaucoup voient une menace. Nous pensons que c'est une nouvelle frontière. L'intelligence artificielle ou la super intelligence, comme l'appelle le président Trump, pourrait multiplier notre productivité dans un ordre de grandeur que nous ne comprenons pas encore. Pour reprendre les termes d'Adam Smith, l'intelligence artificielle sera l'usine à épingle du 21e siècle et bien plus encore. Elle peut transformer nos économies, notre médecine, notre éducation et même notre manière de gouverner. Cela exige de faire preuve de prudence, c'est vrai, mais la prudence ne signifie pas avoir peur. Par ailleurs, la peur ne devrait en aucun cas se traduire automatiquement par l'obéissance. En effet, les scénarios dystopiques auxquels on fait souvent référence pour créer la peur et favoriser le contrôle de l'État n'ont aucun sens du point de vue économique. La réponse se trouve chez Adam Smith. L'intelligence artificielle, à l'instar de la division du travail dans le cas de l'usine susmentionnée, est un accélérateur de croissance de la productivité. Mais Smith a souligné que la division du travail est limitée par la taille du marché et, par conséquent, La croissance s'éteindra lorsque la demande réelle aura atteint sa limite, sans déficit budgétaire ni émission abusive de monnaie. Ces projets doivent en outre être financés, et cela se fait grâce aux ressources humaines, les dotations initiales et le niveau de richesse qui correspond à la taille du marché. Produire davantage a pour objectif d'augmenter le niveau de consommation, cependant la satisfaction que cela génère diminue proportionnellement. tandis que la perte de satisfaction liée au sacrifice du temps libre au profit d'une production accrue augmente de manière disproportionnée. Le point où ce que l'on gagne grâce à une consommation accrue est équivalente à la perte de loisirs conduit le système à un équilibre dans lequel la terreur dystopique n'a pas sa place. Lorsqu'on entend que l'État doit contrôler l'intelligence artificielle, il faut rappeler quelque chose de fondamental. L'État n'est pas une créature abstraite, mais des hommes, des fonctionnaires, des bureaucrates. Et lui accorder le contrôle sur l'innovation, c'est accorder à certains, dans le meilleur et le plus naïf des cas, le pouvoir de limiter ce que les autres peuvent créer. L'histoire nous donne des raisons d'examiner avec précaution un tel pouvoir. Pendant des siècles, la peur de l'avenir a servi d'argument pour limiter les libertés avec la même promesse: abandonne Abandonnez-nous une partie de votre liberté et nous vous protégerons de cette nouvelle menace. Nous allons appliquer un principe différent. Face à l'incertitude, nous proposons la détermination, face à la peur, le courage, face à la décadence, l'ambition et face à la résignation, nous proposons l'optimisme. C'est pourquoi, je vous le dis, face à l'IA, l'Argentine se placera à l'avant-garde de la liberté. Nous disposons des minéraux critiques, de l'énergie, du talent et de la capacité Pour être présent à chaque maillon de cette chaîne de valeur, nous voulons être le lieu le plus compétitif au monde pour le développer avec un cadre juridique de pointe, l'engagement de ne pas réglementer de manière préventive une responsabilité limitée pour les entreprises utilisant des agents d'IA et des avantages fiscaux également, car l'IA n'est pas une question géopolitiquement neutre. L'Occident doit mener le développement de cette technologie afin de nous assurer qu'elle corresponde à nos valeurs fondamentales, telles que le respect de la vie, de la liberté, de la propriété privée et la notion de la dignité humaine. À cet égard, nous partageons entièrement la vision du président Trump. Monsieur le Président, nous vivons l'un de ces moments insolites de l'histoire où un monde commence à disparaître avant que le suivant n'ait finalement vu le jour. Ce sont des moments dangereux, mais également extraordinaires. Au cours de longues périodes de stabilité, les nations gèrent le monde qu'elles ont hérité. Lors des périodes de transformation, certains ont la possibilité de construire le monde à venir. L'Argentine souhaite en faire partie. Nous continuerons à participer aux forums multilatéraux en toute bonne foi, car certains problèmes nécessitent une collaboration. Mais nous ne confondons pas coopération et subordination. Nous croyons aux alliances et, avant tout, aux nations. L'Argentine s'exprime sur ce sujet grâce à son expérience. Nous connaissons le coût de l'isolement, nous connaissons le coût de la destruction d'une monnaie, nous connaissons le coût de la transformation de l'État en un obstacle permanent à l'initiative humaine. Pendant un siècle, nous avons expérimenté presque toutes les façons d'empêcher notre propre grandeur et nous avons survécu. Et c'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui, nous comprenons quelque chose que d'autres nations peuvent oublier. La décadence, ce n'est pas inévitable. C'est le résultat de décisions répétées. Et si cette voie peut être choisie, elle peut également être modifiée. Et c'est ce que l'Argentine s'efforce de faire. Nous disposons de l'énergie dont le monde aura besoin. Nous disposons de denrées alimentaires, de minéraux critiques. Nous disposons de talents humains. Nous disposons de l'Atlantique Sud et nous sommes une porte d'accès vers l'Antarctique. Nous disposons de ce qui nous a trop longtemps manqué, la volonté de transformer notre potentiel en puissance nationale. Nous voulons une Argentine prospère, influente, puissante, pas pour soumettre les autres, mais pour être libres, non pas pour conquérir les autres, mais pour que notre destin soit décidé par les Argentins. C'est pourquoi, aux hommes et aux femmes libres du monde entier, aux scientifiques, aux entrepreneurs, aux créateurs, à celles et ceux qui rêvent d'une terre où commencer à nouveau, je dis: Tournez votre regard vers le sud, vous y trouverez une terre immense, des terres fertiles, du pétrole, des minéraux et du talent humain. Une terre qui a accueilli des 1000000 de personnes ayant traversé les océans. dans l'espoir que leurs enfants auraient un avenir meilleur et qui ont bâti l'une des nations les plus prospères de la terre, nous avons la responsabilité d'être à la hauteur de cet objectif. Nous ne savons pas exactement à quoi ressemblera le monde qui est en train de naître, mais nous savons quel type de nation nous voulons être. Une nation libre, prospère, souveraine, capable de défendre ce qui lui appartient et ouverte sur le monde. Une nation qui n'a pas peur de prononcer un terme qui pendant trop longtemps semblait être interdit, le terme de grandeur. Aucune nation n'a de place garantie dans l'histoire. Elle se construit génération après génération, avec du travail, avec de la liberté, avec la volonté d'un peuple qui refuse d'accepter que ses meilleurs jours soient derrière lui. Nous croyons que l'Argentine a encore un grand avenir devant elle et nous avons décidé d'aller le chercher. Que Dieu bénisse tous les peuples du monde, que Dieu bénisse la République d'Argentine, que les forces du ciel nous accompagnent Et vive la liberté, bon sang! Speaker 17 [2:40:46]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République d'Argentine, Javier Milei. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Alar Karis. président de la République d'Estonie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Estonia · Président [2:41:28]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, l'année dernière, du haut de cette tribune, j'ai décrit l'ONU comme une idée pour un monde meilleur. C'est un accord méticuleusement conçu visant à préserver la paix et la sécurité, promouvoir le développement et défendre les droits humains. Je crois toujours en cette promesse consacrée dans la Charte des Nations unies. Mais le monde est en train de changer autour de nous, et pas pour le mieux. Au cours de l'année dernière en particulier, il est devenu de plus en plus clair que l'ordre mondial multilatéral, avec l'ONU et sa Charte en son cœur, est à un tournant crucial. Le mépris flagrant du droit international et des principes de la Charte, renforcé par un sentiment d'impunité, l'emporte trop souvent sur le respect de la primauté du droit et de la coopération entre les pays pour un avenir meilleur. La dépendance mutuelle est maintenant traitée comme une vulnérabilité critique. les agressions, les guerres et les conflits risquent de devenir la nouvelle normalité. Des millions de personnes souffrent en Ukraine, à Gaza, au Soudan, en Haïti, au Myanmar. Parfois, nous oublions que derrière les chiffres, il y a toujours des êtres humains, des familles séparées, des enfants qui souffrent, des maisons détruites et des vies bouleversées par les conflits. Ces trois dernières années, plus de 1000 travailleurs humanitaires ont été tués. Et au-delà des guerres et des conflits en cours, il y a la crise qui plane au-dessus de nous, des changements climatiques. Et nous n'avons de moins en moins de temps pour agir. Et c'est effectivement maintenant qu'il faut agir. Par exemple, l'Estonie joue son rôle. Nous avons réduit nos émissions de 66 % ces 35 dernières années, tout en transformant nos systèmes énergétiques. Alors, c'est vrai, le monde est en feu. Les problèmes, les crises ne cessent d'augmenter sous nos yeux. L'esprit de coopération dans les relations internationales qui a émergé de San Francisco était clairement présent après la fin de la guerre froide, s'estompe, et l'ONU en souffre. Mais il est également vrai que l'ONU a besoin de profondes réformes pour pouvoir relever les défis du 21e siècle. Donc, la vraie question qui se pose est la suivante: est-ce que nous permettrons que l'ONU, ainsi que ses objectifs et principes fondateurs, sombrent lentement dans l'insignifiance? Ou bien commençons-nous à relever ces défis avec un sentiment de responsabilité commune? Est-ce que nous essayons véritablement de réformer l'ONU Est-ce que nous commençons à utiliser le seul cadre mondial que nous ayons de manière responsable et sensée? Les enjeux sont immenses. C'est à nous que revient le choix. Je pense que pour l'Estonie, pour la vaste majorité des États membres de l'ONU, faire respecter les principes de la Charte des Nations unies est un intérêt essentiel. Mais nous savons également que Pour que ces principes restent valables et respectés, nous devons investir dans ces principes, autant en actes qu'en paroles. Mesdames et Messieurs, l'une des principales épreuves pour la pertinence de l'ONU, c'est l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Depuis plus de 12 ans, depuis l'annexion illégale de la Crimée et l'occupation de l'Ukraine orientale en 2014, Un membre permanent du Conseil de sécurité, la Fédération de Russie, mène une guerre d'agression au cœur même de l'Europe. Cette agression ignore les principes de la Charte des Nations unies, ses principes fondamentaux. Elle viole le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États et l'interdiction du recours à la force contre un autre État. Cependant, les conséquences de l'agression par la Russie vont bien au-delà de l'Ukraine et de l'Europe. Par exemple, en ciblant de plus en plus les ports ukrainiens de la mer Noire, la navigation commerciale, les infrastructures céréalières et les autres itinéraires d'exportation, la Russie met gravement en danger la sécurité alimentaire internationale. C'est donc une préoccupation pour nous tous, à juste titre. Les agissements de la Russie ont été condamnés par une vaste majorité de l'Assemblée générale, mais les condamnations sont insuffisantes. Nous devons collectivement forcer la Russie à accepter la paix en Ukraine, la forcer à venir à la table des négociations en augmentant les coûts entraînés par son agression. Pour cela, nous pouvons et devons utiliser les divers instruments à notre disposition, qu'ils soient économiques, diplomatiques ou politiques. J'encourage fermement davantage les autres chefs d'État et de gouvernement à saisir cette occasion pour appeler la Russie à mettre un terme à son agression. Pour ceux d'entre vous qui l'ont déjà fait, qui viennent du Sud global ou du Nord, je vous remercie. Les principes de la Charte des Nations unies ne sauraient être foulés aux pieds. Notre tâche collective, c'est de les défendre. Nous devons également appuyer les efforts des mécanismes internationaux visant à documenter les crimes de guerre, garantir l'application du principe de responsabilité et aider ceux dont les droits ont été violés. L'Estonie joue son rôle. Nous avons mené à bien toutes les procédures nationales. Nous sommes chefs de file dans les discussions à Strasbourg pour créer un tribunal spécial le plus rapidement possible. Un État membre de l'ONU dont les forces armées ont été à plusieurs reprises cités dans les rapports du Secrétaire général, en raison de graves violations contre les enfants et de violences sexuelles liées au conflit, ne devraient pas avoir leur place dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Il s'agit ainsi de faire en sorte que les actes des auteurs des violations entraînent des conséquences. Mais il s'agit également de préserver la confiance dans l'intégrité du maintien de la paix des Nations unies. J'appelle donc l'ONU à arrêter simplement de réfléchir et à agir immédiatement. L'Ukraine a besoin d'aide pour se défendre, mais également pour reconstruire le pays. L'Estonie, avec ses partenaires, s'est efforcée d'appuyer la cybersécurité et la résilience de l'Ukraine face à l'évolution des menaces à travers le mécanisme de Tallinn et la coopération pour les technologies de l'information. L'Estonie est également fière d'organiser la conférence pour le relèvement de l'Ukraine en 2027, organisée en coopération avec nos proches amis de la région nordique et baltique. Faisant fond sur les résultats des conférence précédente, la manifestation de l'année prochaine promouvra de manière concrète la paix internationale à long terme pour l'Ukraine et son relèvement. Ce sera donc à la forme multilatérale, un exemple d'une véritable coopération pour la paix et la sécurité internationales. Mesdames et Messieurs les dirigeants, c'est certes la situation en Ukraine, la sécurité de l'Ukraine qui a fait le plus directement l'Estonie, mais nous ne sommes ni indifférents ni non concernés par les conséquences d'autres guerres, menaces et conflits. La situation en Cisjordanie et à Gaza reste extrêmement préoccupante. Les civils innocents et les enfants ne doivent pas supporter le coût humain dévastateur de la guerre. L'Estonie a constamment appelé au respect du droit international humanitaire pour garantir un accès sûr, rapide et sans entrave de l'aide humanitaire pour ceux qui en ont besoin. Nous restons un bailleur de fonds stable à l'UNRWA. Nous sommes attachés à un processus politique crédible qui mènerait à une solution à deux États négociée avec Israël et la Palestine, vivant côte à côte, en paix, en sécurité et dans la dignité. Nous avons fourni une aide humanitaire aux hôpitaux à Gaza. Nous sommes prêts à proposer notre expertise en matière de transition numérique. pour la future reconstruction de la bande de Gaza. L'Estonie a constamment condamné les attaques menées par l'Iran contre nos proches partenaires, les États du Golfe. Nous avons été prêts à contribuer à garantir la liberté de navigation dans la région. C'est une question qui nous concerne tous. Nous considérons également que l'instrumentalisation des migrations est un moyen de faire pression sur les pays qu'ils soient sur les frontières orientales et méridionales de l'Union européenne ou ailleurs. L'immigration irrégulière devient de plus en plus une question de sécurité et nécessite une riposte internationale coordonnée. Mesdames et messieurs, si nous voulons une ONU qui soit plus efficace s'agissant de sa prise de décision, plus efficace et efficiente pour gérer les ressources disponibles et à la hauteur de l'évolution technologique, notre tâche commune doit être de réajuster la structure de l'ONU autour des trois piliers. Il faut réévaluer la manière dont l'ONU fonctionne. L'ONU appuie la réforme systémique représentée par l'ONU 80, la relance humanitaire. Les deux sont en cours et ont déjà apporté des résultats encourageants. Le moment est venu de faire fond sur cet élan et d'opter de manière délibérée pour les réformes, d'avancer. Nous devons être ambitieux. Par exemple, le secteur humanitaire, ainsi qu'une harmonisation plus robuste des données, pourrait passer à un modèle d'interopérabilité commune qui permettra à de nombreux systèmes de coexister tout en échangeant rapidement, en toute sécurité, les données. Les organisations humanitaires estoniennes sont déjà en train de tester ces solutions, de la Palestine au Soudan. Nous devons également être déterminés. Avant tout, nous devons agir, agir de manière à renforcer l'ONU comme le principal acteur responsable de la coopération multilatérale. Et il faut préparer l'ONU aux futurs défis qui nous attendent. Cette année, l'ONU va prendre ce qui est peut-être l'une de ses plus importantes décisions le choix et la désignation de son prochain ou sa prochaine Secrétaire général. En tant que membre actif du groupe ACT, Responsabilité, cohérence et transparence, l'Estonie défend un processus transparent, juste et inclusif. En cette période difficile pour l'Organisation, nous avons besoin d'un dirigeant qui a des principes, avec des antécédents inattaquables pour ce qui est de défendre le droit international, les droits humains et les principes de la Charte. L'Estonie estime également qu'après 81 ans, le moment est venu pour cette organisation d'être dirigée par une femme. Je saisis cette occasion pour remercier très sincèrement l'actuel secrétaire général, M. Antonio Guterres, pour son engagement indéfectible en faveur des principes de la Charte des Nations unies, y compris son appui à une paix juste et durable en Ukraine. S'agissant du Conseil de sécurité, il convient de dire que son incapacité à prendre des décisions en temps voulu et de manière décisive concernant certaines des pires crises d'aujourd'hui risque de rendre l'ONU insignifiante. Nous n'avons pas constaté d'action unifiée décisive de la part du Conseil concernant l'Ukraine, le Soudan, le Myanmar. Le recours au veto et la menace du recours au veto continuent à planer sur le Conseil et à paralyser toutes ces tentatives d'agir. L'Estonie a dit très clairement qu'elle souhaitait que les membres permanents s'abstiennent d'avoir recours au veto. afin de mettre un terme aux atrocités de masse, conformément à la proposition francophone mexicaine et au code de conduite ACT. Il est également important d'appeler les membres du Conseil de se mettre pleinement à mettre en œuvre l'article 27.3 de la Charte, une fois de plus, et de pousser à s'abstenir dans les cas où les membres du Conseil sont partis indifférents. La résolution de l'Assemblée générale Unis pour la paix donne à l'organe le plus représentatif et démocratique de l'ONU une trousse à outils lui permettant d'agir en matière de questions liées à la paix et à la sécurité internationales lorsque le Conseil est incapable de le faire. De concert, nous devons renforcer le rôle de l'Assemblée générale en matière de paix et de sécurité. En effet, cela nous aidera à collectivement trouver des solutions là où le Conseil est impuissant. Mesdames et Messieurs, L'Estonie est convaincue que le respect des droits humains est une condition préalable à la paix, à la sécurité et à la prospérité. Nous soutenons très fermement le système des Nations unies pour les droits humains et nous continuerons à le défendre et à le renforcer. En tant que l'un des premiers partisans de l'Alliance mondiale pour les droits humains, l'Estonie estime que les droits humains devraient, une fois de plus, être au cœur du monde que nous choisissons d'édifier. L'Estonie est un membre du Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour le mandat 2026-2028, et nous assumons actuellement la vice-présidence du Conseil. En tant que pays qui est l'un des trois premiers du monde pour la liberté de la presse, nous nous engageons à promouvoir la liberté de la presse, à protéger les journalistes et à renforcer une bonne connaissance des médias. Nous continuerons à œuvrer pour les droits des femmes et l'égalité de genre, y compris la santé et les droits sexuels et reproductifs, avec la Nouvelle-Zélande et la Colombie. L'Estonie est chef de file dans les négociations au Conseil des droits de l'homme sur une résolution sur la prévention de la mortalité et de la morbidité maternelles. La survie des mères est une question de justice et de droits humains, pas seulement de soins de santé. L'Estonie Je tiens absolument à mettre un terme à toutes les formes de violence contre les enfants. L'un des aspects les plus graves de la guerre de la Russie contre l'Ukraine, c'est les déportations de masse et les transferts de force des enfants ukrainiens. Il s'agit d'une tentative systématique et délibérée d'effacer leur identité ukrainienne. Il s'agit là d'un crime de guerre et d'un crime contre l'humanité. Nous réitérons donc l'appel de la résolution de l'Assemblée générale adoptée le 3 décembre 2025 et nous exigeons de la Fédération de Russie qu'elle garantisse le retour sûr, immédiat et inconditionnel de tous les enfants ukrainiens transférés de force et déportés. Nous remercions tous nos partenaires internationaux qui s'efforcent de rendre ces enfants à leurs familles, et en particulier la Première dame des États-Unis, Melania Trump, que nous remercions pour sa remarquable initiative humanitaire. Mesdames et Messieurs, l'intelligence artificielle ne va pas disparaître. Nous devons l'utiliser pour nous aider, comme cela a été le cas avec toutes les nouvelles technologies majeures à travers l'histoire humaine. Comme toute nouvelle technologie, l'IA représente des risques et des défis, mais avec des connaissances, la sagesse, en agissant de manière unie, nous pouvons la mettre au service de l'humanité. En tant que coprésident du premier dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l'IA avec El Salvador, l'Estonie, à faire mes connaissances et expérience au service des Nations unies et de ses États membres. À titre personnel, j'ai l'honneur de devenir l'un des membres de la Commission mondiale pour le bien de l'intelligence artificielle cet été. Pour moi, ça signifie confiance comme responsabilité. Il faut faire en sorte que l'IA soit au service de la population, mais que son utilisation soit sûre et fiable. et que ces avantages profitent à autant de pays et de communautés que possible. En tant que président actuel du Conseil d'administration de l'UNICEF, l'Estonie accorde une attention particulière au thème de l'innovation dans l'éducation, en particulier la manière de promouvoir de manière responsable un apprentissage sur inclusif et centré sur l'enfant avec l'aide de l'IA. En Estonie, Nous avons lancé un programme massif d'innovation éducative que nous appelons le grand bond en avant grâce à l'IA. L'objectif est d'aider les écoles, les écoliers, les étudiants et les enseignants à s'adapter à l'âge de l'IA, à promouvoir un véritable apprentissage. L'intelligence artificielle doit encourager l'apprentissage et l'enseignement plutôt que les remplacer sous les auspices de l'ONU, notamment en coopération étroite avec l'UNICEF. Nous apportons notre expérience et nos pratiques optimales sur la scène internationale pour faire en sorte que l'IA crée les mêmes occasions pour toute l'humanité. Nous savons avec certitude que la numérisation, qui est maintenant renforcée par l'IA, a permis à notre petit pays de connaître la croissance, d'innover de jeter des ponts avec le reste du monde. C'est pourquoi nous avons partagé notre expérience avec 150 autres pays du monde. C'est également pourquoi l'Estonie a présenté un candidat au poste de directeur du bureau de développement de l'UIT. Vous pouvez nous faire confiance pour nous efforcer de transformer la connectivité en capacité durable et pour faire en sorte qu'aucun pays ne soit laissé pour compte dans la transformation numérique. Nous espérons pouvoir compter sur votre précieux soutien. Mesdames et messieurs, le fait même que nous soyons rassemblés ici aujourd'hui doit nous donner l'espoir que nous avons toujours un attachement commun à la Charte des Nations unies et à la coopération multilatérale. Autrement, pourquoi continuerions-nous à revenir à New York chaque année? Préservons ce qui compte, adaptons-nous là où nous le devons et concevons l'avenir ensemble. Nous avons un choix. définir le changement ou bien être défini par lui. Et nous ne pouvons le définir que si nous sommes unis. Je vous remercie de votre attention. GA · Président de l'Assemblée générale [3:01:15]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République d'Estonie. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence José Ramos-Horta, président de la République démocratique du Timor-Leste. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Timor-Leste · Président [3:02:02]: Señor Presidente, estimado Secretario General. Monsieur le Président, cher secrétaire général, Antonio Guterres. Un matin d'hiver, le 1er janvier 2017, vous êtes arrivé à votre bureau, M. le secrétaire général, au 38e étage du bâtiment du secrétariat, parfaitement préparé à pour la mission la plus exigeante de votre longue et brillante carrière. Tout au long de ce parcours remarquable, vous êtes resté fidèle à vous-même. Vous êtes resté un dirigeant compatissant, éclairé, infatigable, humble, accessible, qui ne s'est pas laissé éblouir par l'importance de sa fonction, ni intimidé par le poids énorme d'un agenda chargé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Vous n'avez apporté à cette fonction ni un ego exigeant, ni une vanité. Vous êtes demeurés humbles, honnêtes, fidèles à vos principes. Vous n'avez jamais perdu de vue des millions de femmes et d'enfants rejetés, oubliés, aux prises avec la guerre. Et à mesure que les guerres s'éternisent, et que les causes humanitaires deviennent de plus en plus insupportables. On reproche aux pompiers de ne pas parvenir à éteindre les incendies que les pyromanes ont eux-mêmes allumés. Monsieur Guterres, lorsque vous quitterez ce bâtiment le 31 décembre 2026, vous rejoindrez le Panthéon des grands secrétaires généraux dont l'héritage continuera d'inspirer les jeunes du monde entier à suivre leur exemple au service des personnes dans le besoin. Monsieur le Président de l'Assemblée générale, je vous félicite à l'occasion de votre élection à la présidence de la 80e session de l'Assemblée générale. Vous apportez à cette Assemblée la sagesse de 5 milliards de personnes, soit 60 % de la population mondiale, représentant certaines des civilisations les plus anciennes et les plus sophistiquées du monde. Au lendemain des horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, nous étions grisés par les rêves d'une Organisation des Nations Unies promettant une nouvelle aube pour l'humanité. Et après cette Seconde Guerre mondiale qui était inimaginable, déclenchée par l'Europe chrétienne et civilisée, nous n'aurions pas pu espérer moins. Mais il semble que les êtres humains ne se lassent jamais vraiment des guerres, qu'ils ne tirent jamais vraiment les leçons de l'histoire. Après l'holocauste est intervenue la naissance glorieuse de l'État d'Israël. Mais après, il y eut la Nakba palestinienne en 1948. Et au cours des années suivantes, nous avons entendu parler des guerres de partition, des famines en Asie du Sud, de la guerre de Corée, des ravages au Cambodge, au Laos, au Vietnam, du génocide des Khmers rouges, puis du génocide bosniaque, du génocide rwandais et de nombreuses autres guerres. partout dans le monde. Puis vint la guerre froide, avec l'euphorie que ça a suscité, les célébrations, de nouvelles promesses de paix, le mur de Berlin qui s'effondre, l'apartheid qui prend fin. Mais les germes de futures guerres furent semés au moment même où l'OTAN et Mikhail Gorbatchev signaient les accords de l'après-guerre. L'encre n'était même pas encore sèche que l'OTAN entamait déjà son expansion rapide vers l'Est. Et nous avons eu maintenant cette guerre dévastatrice en Ukraine, une guerre qui s'est désormais retournée contre la Russie. Nous sommes réunis dans cette salle des Nations unies. Nous sommes autant de pays, grands et petits, dont certains sont follement riches et d'autres terriblement pauvres. Mais nous jouissons tous d'un vote égal. Pourtant, nous savons que l'égalité ici n'est qu'une illusion. Certains possèdent des armes inoffensives, obsolètes, tandis que quelques autres ont perfectionné leurs arsenaux nucléaires, cent fois plus destructeurs que ceux largués sur Hiroshima et Nagasaki en 1945. Aussi primitives qu'elles étaient à l'époque, ces bombes ont incinéré deux villes et la quasi-totalité des personnes qui y vivaient. Les malheureux qui ont survécu à l'explosion ont connu une agonie longue et douloureuse. La Russie, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, tous membres du TNP, ont été rejoints par quatre pays non signataires du TNP: Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, dont l'OTAN estime l'arsenal nucléaire à 100 ogives. Les dirigeants nord-coréens semblent avoir tiré les leçons de la Libye, de l'Ukraine et de la guerre en cours en Iran. démanteler vos capacités nucléaires et vous perdez le seul moyen de dissuasion. Le 30 juin 2019, le président Trump s'est rendu dans la zone démilitarisée de la péninsule coréenne. Le mystérieux dirigeant nord-coréen a parcouru la moitié du chemin et les deux dirigeants se sont embrassés dans un geste qui était prometteur. Le président a alors pris la bonne décision. Les amis sont des amis. Nous chérissons et accueillons nos amis à bras ouverts. Nous ne les excluons jamais de la table des négociations, mais nous dialoguons avec nos adversaires pour ne pas devenir des ennemis. Nous dialoguons avec nos ennemis pour prévenir les guerres et avec la possibilité de devenir des partenaires de paix. Ces pays qui accumulent des armes nucléaires, nous tiennent tous au bord d'une catastrophe. N'importe quel jour, par accident, par erreur d'appréciation, par défaillance informatique, par folie ou conformément à une stratégie insensée, nous pourrions devenir la dernière génération de l'humanité. Pendant ce temps, le fait de brandir ces armes renforce la peur, ce qui crée un obstacle énorme à la coopération nécessaire pour assumer notre responsabilité envers les générations futures. Des milliards sont investis dans les armes au lieu d'investir une fraction de ces montants dans des écoles, des hôpitaux. On n'a pas accordé la moindre attention aux dizaines de millions de personnes dans une extrême précarité à cause de la pandémie, à cause de la guerre entre l'Ukraine et la Russie. Et comme si les innocents n'avaient pas assez souffert, on nous présente aujourd'hui une nouvelle catastrophe, la guerre en Iran et la perturbation de voies navigables qui sont essentielles au commerce. Nous connaissons la folie des dirigeants iraniens qui cherchent une suprématie régionale. qui attisent l'extrémisme religieux dans les pays voisins afin de déstabiliser des monarchies qui sont stables. Ils attaquent des industries civiles, des infrastructures. L'Iran justifie ses attaques par le fait que ces pays abritent des bases américaines. L'Iran va-t-il donc lancer des vagues de drones et de missiles contre les bases américaines en Europe? Pouvons-nous changer de cap? Pouvons-nous arrêter d'être des somnambules? Monsieur le Président Trump, soyez audacieux, imprévisible, visionnaire, invitez toutes les puissances nucléaires ainsi que toutes les grandes puissances militaires conventionnelles et leur industrie sans exception à un sommet, peut-être au Portugal, afin de discuter du principe selon lequel on ne frappe jamais en premier. en renforçant les communications régulières entre les dirigeants de puissances nucléaires, en prenant des engagements en faveur de la réduction des armes nucléaires. Soyez audacieux, imprévisibles, Président Trump. Faites l'impensable et vous gagnerez la gratitude et le respect du monde entier. La situation humanitaire à Cuba est déchirante. Nous comprenons que les États-Unis, en fournissant un million de dollars d'aide humanitaire d'urgence au peuple cubain par l'intermédiaire de Caritas, conformément à la tradition humanitaire américaine et afin de créer un environnement propice à des relations normales entre Cuba et les États-Unis, les relations commerciales entre Cuba, les États-Unis et le reste du monde pourraient être améliorées. S'agissant des territoires occupés par Israël à Gaza et en Cisjordanie, le Timor-Leste se joint à la grande majorité des États membres de l'ONU pour réaffirmer notre conviction que la solution à deux États est la seule viable pour que les Israéliens et les Israéliennes vivent en paix entre eux et avec les Palestiniens et Palestiniennes, et pour que les Palestiniens et Palestiniennes vivent en paix entre eux et avec les Israéliens. Les risques sont trop élevés pour maintenir un statu quo instable. Nous pouvons mieux faire. Le choix se résume à un ordre international qui s'effondre ou le choix de la paix. En ce qui concerne le Sahara occidental, nous saluons la proposition marocaine et la récente résolution du Conseil de sécurité. C'est une opportunité de dialogue. Les populations les plus directement concernées doivent être consultées sur leur statut. Nous espérons qu'un règlement juste et global sera trouvé entre les autorités marocaines et le Front Polisario. Excellence, prenez le temps d'examiner la situation au Soudan. C'est la pire crise humanitaire au monde aujourd'hui. Voyez ce qui se passe au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, en Afghanistan, au Myanmar, au Yémen. Ces situations ne sont pas abstraites. Il s'agit de personnes, de femmes, d'enfants, de jeunes, de parents, de grands-parents. Ils constituent le grand jury de l'humanité qui nous accuse, dirigeants, entreprises, de la mort, car Vous vous réjouissez des dizaines de milliards de dollars de profits tirés des guerres et des morts dont vous êtes complices. Comment se fait-il que nous puissions faire défiler l'actualité de la fin du monde avant même d'avoir fini notre café? Comment se fait-il qu'un enfant extrayant les restes de sa famille des décombres soit devenu un titre qu'on passe rapidement, une notification qu'on ignore? Derrière chaque mort, ce n'est pas une statistique, c'est une mère qui passera le reste de sa vie à chercher un visage dans la foule qu'elle ne verra jamais. C'est un garçon qui se cache en silence, apprenant avant même de savoir lire que le monde à l'extérieur veut sa mort. C'est une jeune fille mise enceinte par les hommes venus détruire sa maison, portant en elle à la fois la violence qui lui a été infligée et une vie qu'elle n'a jamais choisie. Nous avions dit que nous ne détournerions jamais le regard. Et pourtant, nous avons vu le Rwanda et la Bosnie se dérouler sous les yeux de l'ONU. Nous le voyons chaque jour en direct, dans nos poches, en couleur. Et pourtant, la vie continue. Nous terminons nos réunions, nous planifions nos week-ends, nous nous habituons au massacre des Palestiniens. Ce n'est pas un manque d'information. Nous croulons sous les informations. On peut tout suivre en direct. Ce qui manque, c'est l'émotion. Tout cela se passe sous nos yeux et sans réaction des puissances qui peuvent faire la différence. Pire encore, nous assistons à des acrobaties diplomatiques visant à minimiser le bombardement d'une école ou d'un hôpital en affirmant que cela ne constitue pas réellement une violation du droit international, car des terroristes pourraient se cacher dans le sous-sol du bâtiment frappé. Je suis inquiet, inquiet que nous ayons commencé à considérer une catastrophe comme quelque chose avec lequel nous pouvons coexister, inquiet que le massacre de civils soit justifié, inquiet que le recours à la force totale semble désormais plus envisageable que la diplomatie. Cette institution a été fondée sur la base d'une promesse. Partout dans les archives de l'ONU, les résolutions stipulent qu'un cessez-le-feu doit être respecté, qu'une frontière ne doit pas être franchie, qu'un civil ne doit pas être pris pour cible. Bon nombre de ces promesses sont restées lettre morte, ce qui fait craindre que l'expression "plus jamais ça" a perdu tout son sens. Je n'ai pas de plan qui mettra fin à la guerre d'ici à la tombée de la nuit, mais je sais que l'indifférence n'est pas une position neutre. Le silence n'est pas synonyme de sécurité. Chaque fois que nous laissons la souffrance des gens devenir un bruit de fond, nous permettons d'oublier à quel point la distance est en réalité minime. Combien votre fille, votre petite fille, votre nièce n'est pas vraiment séparée de la fillette du camp de réfugiés que vous avez vu aux informations. Combien d'enfants en ce moment même apprennent qu'un monde en guerre, c'est normal. Plus nous nous attardons dans ce brouillard, plus il devient difficile pour cet enfant qui se cache de croire que le monde n'est pas son ennemi. Ces tragédies ne sont pas celles des autres. ce sont celles que nous avons permises, que nous permettons encore et il faudra y répondre. On entend un cri douloureux en faveur d'un meilleur ordre mondial alors que nous assistons à l'affaiblissement des institutions multilatérales. Aucun pays, quelle que soit sa taille ou sa puissance, ne peut relever seul les défis interdépendants auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Le leadership ne consiste pas simplement à identifier le pire instinct de l'électorat et à l'amplifier. Le leadership, c'est parfois dire à nos propres partisans qu'ils ont tort. C'est expliquer quelque chose de complexe alors qu'un slogan serait plus simple. C'est demander aux gens de penser à demain alors qu'ils sont en colère contre aujourd'hui, c'est persuader les citoyens que l'humanité des autres, qui peuvent avoir une autre religion, parler une autre langue ou voter pour un autre parti, ne porte pas atteinte à leur propre liberté. L'art de gouverner exige de la patience, de la persuasion, du courage, de faire des compromis et surtout, il exige de comprendre que le pouvoir implique des responsabilités, pas une exemption. La Charte des Nations Unies n'a pas été rédigée pour affaiblir les puissants, elle a été rédigée pour empêcher les puissants de rendre le monde invivable. Nous élirons bientôt un nouveau secrétaire général ou une nouvelle secrétaire générale. Le principe de rotation régionale doit être préservé. L'Afrique a connu une série sans précédent de trois mandats consécutifs. Boutros Boutros-Ghali de 92 à 96, Kofi Annan de 97 à 2006 et à présent, le Conseil de sécurité élira un latino-américain comme nouveau secrétaire général pour la période 2027-2032. Et après plus de 80 années d'hommes à la tête de notre organisation, il va sans dire que nous devrions faire preuve de suffisamment de sagesse pour élire une femme doté d'une intégrité incontestable, d'un parcours irréprochable en matière de défense des droits humains, d'un engagement fort en faveur de l'égalité des genres, de l'inclusion, de l'État de droit, de la démocratie, ainsi que d'une solide expérience à des postes de direction au sein d'institutions nationales et multilatérales. Monsieur le Président, excellence pour les pays en développement et en particulier pour les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés, Il faut de meilleurs résultats sur le terrain et pas réduire le soutien qui est essentiel. Nous plaidons pour une réforme globale et un élargissement des catégories de membres permanents et non permanents. Les pays en développement et les régions historiquement sous-représentées doivent avoir une voix amplifiée dans les chapitres qui les concernent. Monsieur le Président, le Timor-Leste réaffirme les principes de justice climatique et de responsabilité commune, mais différenciée et de capacités respectives, et ce à la lumière des différentes situations nationales. Une ambition climatique accrue doit s'accompagner d'un financement accessible et prévisible, d'un soutien à l'adaptation, de transfert de technologie et d'un renforcement des capacités. L'intelligence artificielle et d'autres technologies émergentes refaçonnent nos sociétés et les pays en développement doivent participer activement à leur gouvernance et à leur développement. Le sommet Science pour le développement 2026 s'est tenu à Dili en août 2026, avec pour thème la science au service de la vie. Cela s'est fait à mon initiative et à celle du premier ministre du Timor-Leste. Cela a permis de réunir au Timor-Leste des scientifiques, des lauréats du prix Nobel, des penseurs, afin d'explorer comment la science, la technologie et l'innovation peuvent être mises au service de l'humanité et du développement durable. C'est ce même esprit consistant à mettre le savoir, l'éducation et le potentiel humain au service de la paix qui guidera le tournoi Les échecs pour la paix, prévu à Dili en janvier 2027, parrainé par mon cabinet et par M. Kirsan, ancien président de la Fédération internationale des échecs. Cela permettra de réunir des jeunes et 100 maîtres d'échecs venus du monde entier en utilisant les échecs comme un outil d'éducation, de dialogue, d'amitié et de paix. Notre adhésion à l'ASEAN le 26 octobre 2025 a été un moment historique pour notre pays. Cela a été l'aboutissement d'un processus de 14 ans qui a débuté lorsque le Timor-Leste a officiellement déposé sa demande d'adhésion en mars 2011. Les dirigeants de l'ASEAN nous ont aidés en matière de renforcement des capacités et ils continuent à le faire. Nous avons besoin d'institutions plus robustes et d'une mise en oeuvre efficace des engagements de l'ASEAN en matière de sécurité, d'économie notamment. Notre politique étrangère vise à établir des liens d'amitié avec tout le monde. Nous voulons maintenir des relations équilibrées avec l'ensemble de nos voisins, les grandes puissances, nos partenaires de développement. Le Timor-Leste a une population jeune. qui souhaitent apprendre et contribuer. Alors que nous travaillons pour notre vision 2045, nous appuyons une approche fondée sur l'humain, résiliente. Nous appuyons également le caractère central de l'ASEAN et nous sommes prêts à travailler avec l'ensemble de nos partenaires. Nous sommes un petit État insulaire en développement, un pays parmi les moins avancés, une nation dont l'histoire démontre à la fois la nécessité et les possibilités du multilatéralisme. Enfin, pour conclure, je tiens à partager quelques messages d'enfants et de jeunes qui ont répondu à mon invitation à écrire quelques mots exprimant leurs inquiétudes, mais également leurs rêves. Ils vont entendre ces messages en timbre à l'est. J'en ai sélectionné quelques-uns. à l'intention de l'Assemblée générale des Nations unies, donner la parole aux jeunes. Depuis un pays qui a tiré les leçons de la guerre, le Timor-Leste adresse un message au monde. Le voici. La paix n'est pas seulement un rêve, mais un choix que nous devons tous faire. Message de Olguita, 16 ans. Nous avons peut-être des apparences différentes, parlons des langues différentes et venons d'endroits différents, mais notre sang est de la même couleur. Alors pourquoi Nos différences devraient-elles nous diviser? Message d'Elisabeth, 16 ans. Puissions-nous bâtir un monde où aucun enfant n'apprenne le bruit de la guerre avant celui du rire et où aucun rêve ne soit enterré à cause de la haine d'autrui. Message d'Emilie, 16 ans. Pourquoi choisirions-nous la haine et la guerre alors que l'amour peut être un choix? Isabella, 12 ans. Ma voix est peut-être faible, mais ma demande est simple. Laissez les enfants grandir en connaissant le bruit de la paix et non celui de la guerre. Qu'ils héritent d'écoles, de foyers, d'opportunités, non de la peur, de la destruction et de la haine. Que les dirigeants d'aujourd'hui donnent aux enfants de demain une raison de croire en la paix. Victoria, 12 ans. Que nos différences soient des ponts entre les cœurs et non des murs entre les nations, afin que chaque enfant puisse grandir en connaissant le son du rire plutôt que celui de la guerre. Natalia, 17 ans. Que toutes les armes se taisent afin que chaque enfant puisse grandir en connaissant le son de la paix. Christian, 16 ans. Je pense toujours que la paix dans le monde commence en nous. Lorsque nous apprendrons à nous aimer les uns les autres sans condition, à pardonner sincèrement, à nous respecter malgré nos différences, le monde deviendra un lieu de paix, d'espoir et d'amour. Melqui Vido, 12 ans. La paix n'est pas simplement le silence qui suit un conflit. Elle signifie plutôt que nous surmontons tout pacifiquement, que la paix soit la victoire que nous essayons d'atteindre et qu'elle crée l'unité de l'humanité. Kaïssa, 14 ans. La paix n'existe jamais d'elle-même, mais elle commence par vous. Francisca, 14 ans. À tous ceux qui dirigent notre monde, les enfants ne devraient pas avoir à étudier toutes les guerres dans nos cours d'histoire, nous devrions apprendre les noms des étoiles, ceux des artisans de la paix et comment atteindre la planète Mars. Avec le plus profond respect, Solomon, 12 ans. Excellence. L'année dernière, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, nous étions nombreux avec des chefs d'Etat, des lauréats du prix Nobel de la paix, pour lancer la déclaration mondiale sur la compassion. Le Premier ministre du Bhoutan et moi-même figurions parmi les premiers signataires de cette déclaration, qui appelle à un partage des responsabilités, à une plus grande responsabilité en matière de gouvernance mondiale. Comme mon ami Kailash Satyarthi, lauréat du prix Nobel de la paix, l'a dit, nous avons mondialisé les marchés et la technologie, Le moment est désormais venu de mondialiser la compassion, non pas comme une émotion passive, mais comme une force puissante permettant d'instaurer la justice et la paix pour tous. Je vous remercie. Que Dieu vous bénisse. GA · Président de l'Assemblée générale [3:26:14]: Le nombre de l'Assemblée générale. Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président du Timor-Leste. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Mohamed Yunis Menfi, président du Conseil présidentiel de l'État de Libye. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence. que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Libya · Président du Conseil présidentiel [3:27:17]: Excellence, Monsieur le Président de l'Assemblée générale des Nations unies, Excellence, Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, Mesdames et Messieurs. Nous sommes rassemblés aujourd'hui alors que le monde subit des transformations profondes, notamment pour ce qui est des rapports de force, mais pour ce qui est également de la question du pouvoir en soi. Cette transformation change la nature de nos alliances ainsi que la capacité des autres nations à se repérer dans le cadre créé pour elles. Au cœur de cette transformation, on retrouve des questions qui font fi des frontières et des continents. Comment pouvons-nous ériger un ordre international au cœur duquel l'État de droit n'est pas réservé aux privilégiés? Comment nouer de véritables partenariats parmi les nations plutôt que de simplement se concentrer sur les zones d'influence? Nous, dans notre monde islamique ou sur le continent africain, nous n'abordons pas la question comme des observateurs parce que nous le vivons au quotidien. Cette réalité a lieu sous nos yeux. Nous n'avons pas pu toujours participer aux prises de décisions. À Gaza, les souffrances des Palestiniens se poursuivent après des décennies d'oppression et de volonté d'effacer leur identité. Pourtant, les Palestiniens demeurent déterminés à préserver leur droit à la vie et à l'autodétermination. Ce sont des droits qui sont garantis sans discrimination par le droit international et le droit international humanitaire. Au fil des ans, des résolutions ont été adoptées. Nous devons maintenant les traduire dans la réalité. Nous devons permettre aux Palestiniens de réaliser leur droit à un État, conformément au droit international. Les efforts de sape de ce processus foulent aux pieds toute perspective de paix. et font sombrer la région dans un cycle de conflits, d'extrémisme et donnent lieu à des politiques expansionnistes allant bien au-delà de la Palestine pour toucher le Liban ou la Syrie. Les lieux saints, les civils, les infrastructures civiles en Palestine ne sont pas épargnés. par les effets dévastateurs de ce conflit. Le Golfe arabe en fait les frais également, notamment l'Arabie saoudite. Nous sommes pleinement solidaires avec le royaume d'Arabie saoudite qui œuvre à préserver sa sécurité, son intégrité territoriale, à protéger ses citoyens et ses lieux saints. Nous nous opposons à toute mise en danger des lieux saints islamiques. La sécurité du royaume et de l'ensemble du golfe, étant donné leur nature, constitue un véritable pilier central de la région. Le conflit qui fait rage dans notre pays frère du Soudan est une guerre dévastatrice pour les civils. Les différentes politiques interventionnistes se font sentir au-delà du Soudan et mettent en péril l'ensemble de la région ainsi que l'unité de l'État. L'instabilité dans la région du Sahel constitue une menace existentielle qui pèse sur les États de la région. Cette menace est liée à l'existence de groupes criminels, de pauvreté, de déplacements, de migrations, de groupes terroristes. Sans oublier les nombreux conflits armés de la région. Nous ne pouvons plus tolérer que le Sahel soit simplement considéré comme une zone de ressources, une arène pour régler des comptes ou une note en bas de page de notre histoire. Cette région est une région centrale du monde. La Libye, quant à elle, appartient pleinement à l'Afrique, fait partie de son histoire, de sa sécurité et de son avenir. Il y a plusieurs décennies, la ville de Syrte était érigée. Un de ses ressortissants contribuait à la création de l'Union africaine. C'est la preuve que nous sommes un lien entre l'Afrique et la mer Méditerranée, mais nous sommes aussi un véritable partenaire de l'Afrique. Voilà pourquoi nous estimons que la sécurité de la région du Sahel concerne notre propre sécurité et notre stabilité. Nous estimons que la stabilité et la sécurité des États de la région et de tous les pays africains, proches ou lointains, doivent faire l'objet d'investissements en faveur de la sécurité avec la participation des voisins européens. Il ne s'agit pas d'une responsabilité qui incomberait à une seule partie. S'agissant du bassin méditerranéen, ce n'est pas une frontière entre l'Europe et l'Afrique, mais c'est un pont entre ces 2 continents. Il faudrait non pas se contenter de gérer les migrations, mais de faire de la mer Méditerranée une zone d'investissement, de sécurité commune et de prospérité. Mesdames et messieurs, d'un point de vue géographique et stratégique, nous sommes à la croisée de ces continents. Notre identité, notre langue sont arabes. Notre géographie est africaine et méditerranéenne. La Méditerranée fait partie intégrante de notre culture. Nos valeurs islamiques nous font prôner la paix et nouer des liens avec nos voisins. Cette diversité n'est pas une contradiction, mais une force, une responsabilité, une occasion à saisir. De ce point de vue stratégique, nous avons pu tirer des enseignements. difficile par le passé. Lorsque l'État s'affaiblit, le vide créé est vite rempli. Les groupes armés y trouvent leur place, les réseaux criminels, les réseaux de trafiquants prolifèrent, les financements illicites abondent, et notre pays se transforme en zone de lutte d'influence. C'est notre sécurité qui en pâtit, mais aussi notre propre identité. Cela m'amène à l'essence même de la souveraineté. La souveraineté, ce n'est pas simplement un drapeau qui flotte ou une frontière tracée sur une carte. Ce n'est pas non plus une simple devise, alors que les institutions de l'État échoue à appliquer les règles en vigueur. La souveraineté signifie une prise de décision indépendante, mais aussi la coopération avec les organes des Nations unies sur la base de la transparence, du sérieux et de l'impartialité, sans double de poids de mesure et sans arbitraire la souveraineté c'est protéger les droits la dignité du peuple libyen face à toute violation quels qu'en soient les auteurs la souveraineté c'est s'assurer que personne ne soit au-dessus du droit et que personne n'échappe à ses responsabilités la souveraineté signifie que les institutions de l'État sont plus robustes que les individus ou les groupes d'individus, que les armements sont régulés par l'État, que l'État appartient à la population, que les ressources appartiennent à la population, et que l'État n'appartient pas à une poignée de privilégiés. La souveraineté, c'est juguler la corruption. Si la corruption s'installe, l'État pourrit de l'intérieur. Voilà pourquoi nous appelons le Conseil de sécurité à s'acquitter de ses responsabilités et à faire les suivis des rapports qui lui sont présentés, y compris le rapport du groupe d'experts sur les cas de violation et de non-conformité. Nous appelons le Conseil à examiner avec sérieux les recommandations et à agir. L'objectif est de garantir la bonne mise en œuvre des résolutions du Conseil et des différentes mesures de sanction sans deux poids, deux mesures ou sélectivité. Les cas de violation ne doivent pas simplement être une information répétée dans un rapport. La reddition de comptes ne se limite pas simplement à recenser les faits. Il faut pouvoir passer de la supervision à la véritable reddition de comptes. Il faut passer de l'adoption de résolutions à la mise en œuvre, sans exception. La souveraineté signifie également que les relations étrangères d'un État sont un prolongement de ses intérêts et non pas le prolongement de différents conflits. La Libye a payé un très lourd tribut alors que le rapport de force international et régional a fait l'objet de règlements de comptes sur son territoire. Voilà pourquoi notre politique étrangère est claire. Nous n'avons pas l'intention de nous substituer à d'autres. Nous ne voulons pas dépendre de qui que ce soit. Nous voulons entretenir des relations robustes avec notre voisinage musulman. Nous voulons que la Libye retrouve son rôle naturel auprès de ses voisins et du continent africain. Nous voulons pouvoir compter sur des partenaires équilibrés avec nos voisins méditerranéens, mais aussi au niveau international, sur la base d'un seul principe, à savoir la prise en compte des intérêts des uns et des autres le respect mutuel et le respect de la souveraineté. La Libye ne cherche pas dans ses alliés l'allié le plus fort. La Libye recherche des partenaires sincères, des alliés qui nous permettent d'aller de l'avant, qui partagent nos intérêts alors que la Libye s'unifie et devient prospère. Nous voulons que des investissements favorisent la situation de notre pays et nous permettent de nous reconstruire après des années de division et de polarisation qui ont épuisé nos ressources, nous passons d'une étape de gestion de la crise à une véritable sortie de crise. Nous devenons un État souverain dont la légitimité est liée à la volonté de sa population. et ce parce que nous rétablissons les mécanismes constitutionnels et nous garantissons la tenue d'élections justes et libres. Le peuple est à l'origine de notre légitimité et c'est le peuple qui garantit la stabilité et l'unité de nos institutions. Un tel État ne peut pas s'effondrer en cas de changement de rapport de force. Voilà pourquoi nous saluons la volonté de chaque État de mettre fin aux divisions institutionnelles. Nous saluons également le rôle de la Mission déployée en Libye, qui a contribué à la tenue du processus politique. Toutefois, notre histoire nous l'a démontré. Tout processus politique viable doit respecter certains principes. Premièrement, le respect de la légitimité ainsi que des cadres constitutionnels en vigueur, en s'opposant à toute volonté de contournement ou de création de procédures secondaires. Deuxièmement, le principe d'appropriation est une ligne à ne pas franchir. Nous ne pouvons pas tolérer l'imposition de solutions trouvées à l'étranger. Nous voulons garantir l'intégration de toutes les parties sans exception. L'inclusion, c'est la clé de la durabilité de nos solutions. Troisièmement, nous devons garantir l'égalité de chances pour chaque partie. Nous devons également. rejeté, le fait accompli pour imposer tel ou tel résultat politique. Quatrièmement, il faut s'engager en faveur de la transparence. Pour cela, nous devons déterminer les mesures à prendre et les entités qui en sont responsables. Il faut également se doter de mécanismes de supervision et de reddition de comptes rationnels permettant d'étayer des institutions robustes. Des institutions fragiles risquent de s'effondrer dès que le rapport de force est modifié. Tout cadre juridique faible expose les États à des remises en question et à la reprise des crises. L'État de droit, les institutions robustes ne sont pas le fruit du fait accompli. C'est le fruit de la volonté de la population et du respect du droit. Ces principes doivent ensuite donner lieu à des actions concrètes. Voilà pourquoi, du haut de cette tribune, nous annonçons un lancement d'un travail sur la désescalade. Nous allons œuvrer à des initiatives locales permettant de prévenir les conflits, d'éviter l'escalade. Et ce, en vue d'efforts de réconciliation et de mise en œuvre d'un processus politique. Nous appelons toutes les parties libyennes à participer à ce cadre. Nous appelons l'ONU et les partenaires de la Libye à nous accompagner en respectant notre souveraineté et nos mesures nationales. Nous retrouvons notre souveraineté et l'unité de notre institution. Ce n'est pas uniquement dans l'intérêt des Libyens, c'est dans l'intérêt du monde arabe. Nous allons devenir une source de sécurité stratégique pour la région. Nous allons être un partenaire responsable de la Méditerranée et nous allons garantir la coopération entre le Nord et le Sud. Du haut de cette tribune, nous annonçons que nous sommes candidats pour un mandat au Conseil de sécurité de 2028 à 2029 pour occuper un siège africain. Notre campagne a lieu sous la devise: « Consolider la justice pour la paix, la Libye, un pont entre les nations ». Nous espérons pouvoir compter sur la confiance et l'appui tous. Cette candidature n'est pas simplement le résultat d'ambitions diplomatiques. C'est le fruit de notre volonté nationale, notre volonté de retrouver notre rôle naturel dans l'arène internationale et d'assumer nos responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Cette candidature est liée à notre conviction selon laquelle la paix n'est pas simplement l'absence de conflit, mais bien le résultat de l'établissement de la justice et de la lutte contre l'instabilité. La Libye ne souhaite pas simplement occuper un siège pour des raisons d'influence. Nous voulons créer un ordre plus équitable. Nous voulons contribuer à nouer des liens entre les pays. Nous voulons être un partenaire actif en faveur de la paix. Voilà pourquoi nous faisons passer ce message à nos partenaires et à nos amis. Ne vous désintéressez pas de la Libye, au contraire. Participez à nos efforts. Vous avez tout intérêt à garantir une Libye robuste et un partenariat avec la Libye. Nous, les Libyens, nous assumons notre responsabilité. Le patriotisme ne revient pas simplement à défendre sa souveraineté contre l'ingérence étrangère. Le patriotisme, c'est aussi protéger l'État de la corruption, protéger les fonds publics, garantir l'État de droit, respecter les intérêts des uns et des autres. Aujourd'hui, nous pouvons tourner la page de la transition et ouvrir un nouveau chapitre de notre État. Nous pouvons maintenant retrouver le rôle qui est à la hauteur de notre stature. Nous ne voulons pas être un état servant à régler des comptes. Nous voulons être un état de partenariat. Voilà le choix que nous faisons, un choix souverain d'une Libye unifiée qui garantit la justice entre ses citoyens, qui est un partenaire de paix et de stabilité pour la région et le monde. Voilà notre responsabilité, le droit de notre population, l'héritage que nous voulons laisser aux générations de demain. Que Allah vous bénisse. GA · Président de l'Assemblée générale [3:46:47]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président du Conseil présidentiel de l'État de Libye. L'Assemblée va, président, entendre l'allocution de Son Excellence Sir Angell Weeps, président de la République des Palaos. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à cette auguste Assemblée. Palau · Président [3:47:33]: Monsieur le Président, je vous félicite de votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, Ali, je vous salue chaleureusement au nom du peuple des Palaos. Monsieur le Secrétaire général, Antonio Guterres, je vous remercie de votre leadership et du service rendu aux Nations Unies. Votre action climatique, votre défense inlassable du multilatéralisme, du droit international, de la dignité humaine et des voix des plus vulnérables revêtent une signification toute particulière pour les petits États insulaires en développement. Je m'adresse à cette assemblée au nom d'un peuple dont l'avenir est tributaire d'un océan sain, d'un climat stable et du droit souverain de choisir son destin. Pour nous, La souveraineté est une souveraineté vécue dans notre capacité de nourrir notre peuple grâce à nos océans en bonne santé, de fournir l'énergie nécessaire à nos foyers indépendamment de marchés du combustible lointains, de protéger nos côtes de l'élévation du niveau des mers et de choisir notre chemin. Une responsabilité de plus en plus urgente. Alors, notamment, Les dernières conclusions du PNUD nous montrent que le monde dépassera pour sûr les 1,5 degré Celsius. Cette réalité doit nous conforter dans notre détermination de tenir parole et de préparer nos communautés à l'impact dont la science nous dit qu'il est inévitable. Les petits États insulaires, les jeunes, les scientifiques, la société civile, les communautés autochtones et les partenaires responsables ont d'ores et déjà revu à la hausse leurs ambitions climatiques, ont accéléré la transition vers les énergies renouvelables et ont mis à nu le véritable coût de l'inaction. Nous avons appelé à une ambition à la hauteur de la science. Nous avons prouvé que la gouvernance des océans peut protéger la nature, soutenir les moyens de subsistance, tout en insistant pour que la voix des petits États insulaires soit davantage entendue lors de la prise de décisions qui définiront notre avenir. Les dirigeants du Pacifique ont adopté une nouvelle feuille de route grâce à l'initiative Unlocking Blue Pacific Prosperity, UBPP, lancée à la COP28 et renforcée par la déclaration sur l'océan des dirigeants du Pacifique, adopté dans les Palaos. Cette initiative rassemble 22 pays du Pacifique et territoires afin de mobiliser un investissement accessible, catalyseur, en faveur d'une gestion des océans à 100 % durable, en faveur de systèmes alimentaires robustes et de moyens de subsistance résilients. et ce afin de promouvoir notre engagement commun 30x30. Nous continuons d'investir davantage dans cette initiative pour atteindre les objectifs et garantir une résilience pérenne à nos communautés. Les Palaos ont traduit la vision de l'UBPP en action nationale. Nous avons lancé une politique sur les océans durables qui s'engage à une gestion de nos océans à 100 % efficace, basée sur les données scientifiques et capable de s'adapter pour trouver un équilibre entre la protection et la production dans l'intérêt de nos peuples. Dans le prolongement de ces efforts, nous avons et avec le soutien de partenaires comme le Japon, nous Développons des ports de pêche et autres infrastructures essentielles pour pleinement saisir la valeur des ressources de nos eaux. En tant que président du Forum des îles pacifiques et de l'AOSIS, et grâce à la direction des Palaos du Groupe de haut niveau pour une économie durable de l'océan, nous appelons à un un programme océanique à la hauteur du défi. Maintenant, il faut s'exécuter. Nous avons besoin d'un financement qui arrive aux communautés sans rajouter de la dette, un financement de l'adaptation accessible aux pays qui subissent déjà des problèmes qu'ils n'ont pas créés et pleinement appuyer les pertes et préjudices et les circonstances particulières des PEID, ce qui signifie qu'un financement à des conditions favorables basé sur des subventions, l'état de préparation du réseau, l'utilisation et l'entreposage de l'énergie, tout en respectant nos circonstances, soit possible, en permettant également une fourniture suffisante. Ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique font face à la pire menace de la hausse du niveau des mers et ils ne doivent pas écrouler sous le fardeau de la dette simplement pour s'acheter un gilet de sauvetage et essayer de survivre. Les institutions financières internationales doivent prendre en compte autre chose que le revenu et tenir compte des vulnérabilités des pays, l'exposition aux chocs climatiques, l'éloignement des économies limitées, un manque d'accès à un financement abordable sont autant de Un facteur à prendre en compte, le programme d'Antigua-et-Barbuda pour le PEID est une feuille de route pour la résilience, mais il faudra un soutien urgent, prévisible et renforcé. Le Fonds pour la résilience du Pacifique est une solution concrète entérinée par les dirigeants du Pacifique. Il s'agit du premier mené et contrôlé par le Pacifique à l'échelle régionale, consacré à la résilience climatique, à la lutte contre les catastrophes. C'est la première institution financière internationale détenue collectivement par le Pacifique pour faire des ressources une véritable résilience à l'échelle communautaire. Ce fonds tient compte du capital que le monde entier devrait soutenir. La résilience est également la préservation de la santé publique. Je félicite la première dame des Palaos des efforts de lutte contre le tabagisme et la consommation de nicotine en mettant l'accent sur les jeunes. Ces efforts ont amené les Palaos officiellement demandé au secrétaire général des Nations unies de lancer un examen l'OMS de la nicotine en tant que psychotrope. A l'échelle mondiale, la nicotine coûte la vie à plus de 7 millions de personnes dans le monde chaque année. Plus d'un milliard de personnes souffrent d'addiction. Protéger notre avenir, c'est élargir la prévention et à l'arrêt du tabagisme et adopter des politiques robustes pour limiter l'attrait et le caractère abordable de ces produits délétères. Nul pays ne devrait choisir entre la santé de ses enfants et les intérêts commerciaux d'une industrie qui compte sur l'addiction. Nous appelons à une coopération internationale renforcée afin de protéger les jeunes de la dépendance à la nicotine. à la nicotine et afin de faire passer la santé publique avant le profit. La résilience doit également transformer la façon dont nous fournissons l'énergie à nos foyers, garantissant la mobilité de nos peuples et reliant nos îles. La sécurité énergétique, c'est la sécurité climatique, la sécurité économique et la sécurité nationale. Grâce à l'appel à l'action de Manou Bada, Le Pacifique a réaffirmé sa vision commune d'un Pacifique bleu à 100 % d'énergie renouvelable, ainsi qu'une transition juste, inclusive et équitable pour nous détourner des combustibles fossiles. Il ne s'agit pas simplement de réduire les émissions, il faut réduire la vulnérabilité face aux combustibles importés, aux chocs extérieurs et aux prix qui échappent à notre contrôle. Les Palaos transforment un engagement régional en action nationale. Nos engagements climatiques visent à une réduction de 44 % du combustible fossile d'ici 2035, grâce également à des politiques concrètes de production énergétique renouvelable pour que la transition soit abordable et fiable. Notre avenir énergétique est le reflet d'une vérité plus grande encore. La résilience passe par le partenariat, conformément à nos priorités, dans le respect de notre souveraineté. La façon dont nous protégeons les océans, luttons contre les changements climatiques et alimentons nos îles en énergie déterminera directement la façon dont le monde travaillera avec nous. Le partenariat ne doit jamais être vécue comme des pressions exercées. L'assistance ne peut jamais se faire aux dépens des valeurs, des institutions, de la liberté de choisir d'une nation. La souveraineté n'est pas l'isolement, c'est la liberté de coopérer dans un respect mutuel, dans la transparence, dans la responsabilité, le dialogue et le droit international. Et ces principes sont essentiels car nous avons vu ce qui se passe lorsque s'accumulent les tensions, lorsque les préoccupations sont balayées d'un revers de la main et lorsque le dialogue n'est pas à la hauteur des défis auxquels nous faisons face. La guerre entre la Russie et l'Ukraine vient nous rappeler la tragédie qui éclate lorsque la diplomatie cède devant le conflit et vient nous rappeler également à quel point il est difficile de parvenir à une désescalade des tensions lorsqu'il y a des flambées de violence. Le détroit d'Ormuz montre à quelle vitesse la perturbation des voies navigables menace la stabilité internationale, la sécurité énergétique et le commerce dans le monde, en réaffirmant la responsabilité Première de la Charte des Nations unies s'agissant du maintien de la paix et de la sécurité mondiale. Nous rappelons la souveraineté du Bahreïn, de la Jordanie, du Koweït, d'Oman, du Qatar, de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis. Nous condamnons toute action de l'Iran hypothéquant la sécurité maritime ou cherchant à entraver, fermer ou s'ingérer dans la navigation internationale via le détroit. Lors de la réunion des dirigeants du Pacifique dans les Palaos, les dirigeants se sont dits vivement préoccupés par les essais de missiles balistiques de la Chine qui ont survolé plusieurs nations du Pacifique sans notification préalable. Notre région ne peut jamais être ignorée au nom d'une concurrence stratégique ou d'essais de la puissance militaire. Le Pacifique accueille des peuples, des communautés, des cultures, des zones de pêche, des écosystèmes. C'est le fondement même de notre sécurité et de notre avenir, une source d'alimentation vitale à nos communautés. Face à ces crises, le choix du Pacifique est de désamorcer les tensions avant qu'elles ne deviennent des crises Donner la place au dialogue avant que le désaccord ne se transforme en conflit. Rechercher l'inclusion plutôt que l'isolement et défendre le respect, la retenue et le droit international. Le Pacifique est notre maison et non pas le théâtre de la concurrence géopolitique. Le Pacifique doit rester un océan de paix où les nations se rencontrent pour coopérer, où le droit international est respecté, où la sécurité des peuples du Pacifique n'est jamais mise à mal. Les Palaos sont l'ami de tous. Nous choisissons nos partenaires sur la base de nos valeurs communes de démocratie, de droits humains et d'un ordre international fondé sur les règles. Des principes qui sous-tendent notre amitié avec Taïwan, un partenaire fiable qui, s'il en avait la possibilité, pourrait apporter une plus grande contribution encore. La Charte des Nations Unies commence par cet engagement, nous, les peuples. Or, l'ONU marginalise les 23 millions d'habitants de Taïwan, faisant fi de cet objectif fondamental. Nous appelons, à l'instar de nos partenaires, à ce que l'on revienne sur les interprétations erronées du règlement intérieur qui ont empêché Taïwan de pleinement participer aux travaux de cet organe. En vertu de la Charte des Nations Unies, les petits États sont des États souverains et ont le droit de prendre en main leur propre avenir, de choisir leurs partenaires et de tendre un développement au service de leur population. Nous exhortons toutes les parties à préserver la paix et la stabilité, à régler les différends de façon pacifique et à faire le choix du dialogue et non de l'escalade. La politique et les mesures adoptées, une vérité doit nous unir. Nos enfants, leurs enfants, méritent un monde qui soit sûr, sain et propre. Voilà pourquoi nos débats dans cette salle et au-delà doivent conduire à l'action, une action à même de créer les conditions propices à ce que chaque enfant vive, grandisse, s'épanouisse. Et nous voyons que l'architecture est en train d'être construite, même si cela reste insuffisant. Un premier élan politique a été donné, les ressources sont mobilisées, même si le contexte géopolitique est des plus complexes. La sagesse traditionnelle nous le rappelle. Soyons forts, n'abandonnons pas, la rive est proche. La promesse du multilatéralisme est que même les plus petits peuvent être entendus et que de nombreuses voix, influencées par leurs histoires et leurs expériences, peuvent se rapprocher d'une rive commune. Nous disons aussi que la connaissance est comme les vagues de l'océan. Elle vient sous diverses formes et tailles, mais aucune vague ne l'emporte sur l'autre et finalement, elles déferlent toutes sur la même rive. Quittons cette assemblée en ayant renouvelé notre attachement à un multilatéralisme qui fasse honneur à chaque voix, à chaque forme de connaissance et qui nous conduise à un monde plus sûr, plus sain, plus pacifique. Miss Ulan, je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [4:03:51]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République de Palaos. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Nicos Christodoulides, président de la République de Chypre. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Cyprus · Président [4:04:39]: Monsieur le Président, Excellence, comme le Secrétaire général nous le disait il y a quelques années, l'Organisation des Nations unies est le fruit de l'espoir. 81 ans après sa naissance, cet espoir est remis en question. Les technologies, y compris l'intelligence artificielle, progressent à une cadence effarante. Les changements climatiques refaçonnent nos sociétés. L'horizon international est plus complexe, fait l'objet de nombreuses contestations et est devenu imprévisible. L'ordre international n'est pas simplement en train d'évoluer, il est mis à rude épreuve, et ce plus que jamais. Mais c'est bel et bien en ces temps d'incertitude que les valeurs essentielles du multilatéralisme doivent être protégées: le droit international, la Charte de l'ONU, le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends. le respect des droits humains, l'égalité entre États. Ce ne sont pas là des principes qui appartiennent au passé. Il s'agit là de principes intangibles qui sont indispensables à notre présent et à notre avenir. L'enjeu est donc très clair. Alors que le monde évolue, nos institutions doivent pouvoir réagir aux nouvelles réalités et aux nouvelles menaces, sans pour autant oublier les leçons douloureuses de notre histoire et la vision des pères fondateurs de notre organisation. C'est là l'essence même du thème de la 81e session de l'Assemblée générale, rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous, Mesdames et Messieurs. La transformation est inévitable. Notre constante C'est la Charte des Nations unies qui est notre boussole. La Charte nous guide tous, quels que soient nos niveaux de pouvoir, notre taille ou nos capacités d'action. Pour les plus petits États, le principe d'égalité entre États est indispensable. C'est ce principe qui permet d'établir la confiance entre nous. Nous comptons sur un système international au sein duquel la souveraineté et l'intégrité territoriale sont respectées. Nous attendons du droit international, y compris de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qu'il soit appliqué de façon cohérente. Nous sommes convaincus par le principe de résolution pacifique des différends et nous comptons que les droits de chaque État soient garantis. Voilà les ingrédients de notre confiance collective. C'est à ce code de conduite que Chypre est attachée. Dans un monde en évolution rapide, les petits États et les États de taille moyenne doivent créer des synergies tout en préservant leur autonomie stratégique. Préserver la confiance nécessite également de pouvoir compter sur des institutions à la hauteur du monde d'aujourd'hui. L'Organisation des Nations Unies, donc, doit évoluer. L'initiative ONU80 fait partie de ces efforts. Le Pacte de l'avenir et le programme à l'horizon 2030, ainsi que ses objectifs du développement durable, nous permettent également de nous assurer que la coopération multilatérale réponde aux besoins de notre époque. Ces efforts de réforme ont lieu alors que le Secrétaire général, Antonio Guterres, voit son mandat à la tête de l'Organisation toucher à sa fin. Nous aimerions saluer son rôle de chef de file en cette période d'évolution extraordinaire. Nous rendons hommage à son engagement infaillible en faveur du multilatéralisme et à ses efforts de renforcement et de réforme de l'ONU. Mais réformer la structure n'est qu'une partie de la réponse. Nous devons aussi pouvoir compter sur la volonté sincère des États membres à contribuer à la protection du système multilatéral. En fin de compte, Les États sont dotés de capacités, d'expériences et de perspectives différentes. Les grands pouvoirs peuvent compter sur leur stature, les petits États peuvent faire le jeu de la persuasion. Nous ne pouvons pas contraindre, nous pouvons convaincre, nous ne pouvons pas dicter des résultats, mais ensemble, nous pouvons les façonner. Il est indubitable que les défis d'aujourd'hui nécessitent la coopération ainsi que des partenariats en tenant compte des connaissances des différentes régions et de leur réalité. La République de Chypre n'a eu de cesse de s'atteler à cette question et Nous en avons les capacités. Notre localisation géographique au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique nous place à proximité des dynamiques les plus complexes du monde. Dans le même temps, cette localisation nous donne la possibilité de contribuer à régler ces difficultés. Suite aux attentats terroristes perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023 et suite à la situation humanitaire dévastatrice à Gaza, Chypre, en sus de plus de 25 % de son assistance budgétaire allouée à la Palestine, a créé un couloir maritime humanitaire. Nous pouvons offrir Des solutions bien spécifiques. Notre situation géographique, notre infrastructure, nos relations excellentes avec tous les pays de la région nous permettent de coopérer avec les partenaires internationaux grâce à la coopération, y compris grâce au mécanisme UN 27 20. nous avons préservé cette voie humanitaire qui, alors que je vous parle, change la donne. Chypre joue aussi un rôle constructif en cas de situations d'urgence. Lorsque des ressortissants d'autres pays ont dû être évacués de la région, mon pays, à maintes reprises, a servi de refuge. Nos infrastructures, nos ressources ont été rendus disponibles pour garantir un passage sûr à des personnes en danger. Ces trois dernières années seulement, nous avons contribué à l'évacuation de milliers de citoyens de septante pays différents. Via notre système Cyprus Aid, nous fournissons une assistance humanitaire aux pays confrontés à des catastrophes naturelles. Nous sommes parmi les premiers à avoir réagi suite aux tremblements de terre catastrophiques au Venezuela et aux inondations violentes du Népal. La situation humanitaire effroyable au Soudan et dans l'ensemble de la région du Sahel est une priorité pour mon pays, alors que nous allouons un vaste pan de nos ressources à la région. Mesdames et Messieurs, l'augmentation des températures Les pénuries d'eau et les phénomènes climatiques extrêmes nous concernent tous. Ce sont des phénomènes qui font fi des frontières ou des choix politiques. Dans l'est de la Méditerranée et au Moyen-Orient, les différentes réalités politiques complexes auxquelles nous nous heurtons sont exacerbées par la crise climatique. Par conséquent, la coopération est la seule bonne réponse. C'est bel et bien l'objectif de notre initiative régionale sur les changements climatiques, rassembler les pays de la région et donc renforcer notre capacité commune d'adaptation, d'atténuation et de résilience. Autre effort que nous déployons, la création de notre Station de pompiers pour la région, elle se trouve à la base aérienne de Paphos, bénéficie de l'appui de l'Union européenne, est un centre opérationnel, un centre d'excellence de formation, d'interopérabilité et de renforcement des capacités. Ce centre nous permet d'insister sur le rôle que joue la région et de rassembler des partenaires du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de la région du Golfe. Cet attachement à la coopération régionale est aussi au cœur de notre centre pour la sécurité terrestre, la sécurité en mer et la sécurité portuaire que nous avons créé conjointement avec les États-Unis. En quatre ans de fonctionnement, ce centre a formé des milliers de représentants gouvernementaux issus de plus de 50 pays du Moyen-Orient, de l'Afrique et de l'Europe. Excellence, cette capacité de fédérer s'est aussi retrouvée au cœur de notre présidence du Conseil de l'Union européenne lors de ce premier semestre. Pendant six mois, un pays comptant moins d'un million d'habitants a été à la tête des travaux d'une Union rassemblant 450 millions de citoyens européens. Pour Chypre, il s'agit d'une responsabilité, mais aussi d'une occasion en or d'écouter, de négocier, de parvenir au consensus et de permettre à l'Union européenne et à ses États membres d'avancer sur ses priorités communes. La taille de notre pays n'atténue pas notre capacité à gérer ni notre capacité à assumer nos responsabilités. Notre position est claire. En cette époque de crises nombreuses, l'isolement est à l'opposé de la responsabilité et c'est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Chypre à démontrer sa volonté d'être un acteur actif et responsable au sein de la communauté internationale. Nous contribuons à la gestion des crises, nous fournissons l'assistance humanitaire, nous prônons la création de synergies, nous défendons la protection des droits humains et du multilatéralisme. Mesdames et Messieurs les délégués, en cette ère de transformation, il convient de préserver la crédibilité de l'ONU. La crédibilité dépend de l'application cohérente du droit international. Pour mon pays, pour Chypre, ce n'est pas un principe théorique, c'est une réalité quotidienne et douloureuse. 52 ans se sont écoulés depuis l'invasion illégale de la Turquie à Chypre, un acte d'agression qui a violé les principes mêmes de la Charte de l'ONU. Une violation flagrante du droit international qui perdure jusqu'à présent, avec plus d'un tiers du territoire de la République de Chypre sous occupation turque. Voilà 52 ans que des dizaines de milliers de personnes déplacées et leurs descendants ne peuvent pas retrouver leur foyer. Voilà 52 ans que Varoša est inaccessible. et que la Turquie méprise ses obligations claires et spécifiques consacrées par les résolutions du Conseil de sécurité sur la question. Voilà 52 ans que nous subissons des violations de nos droits humains fondamentaux, la destruction de notre patrimoine culturel et religieux, ainsi que le transfert organisé de colons qui constitue une volonté de modification démographique. La douleur et la souffrance sont le quotidien des proches des personnes portées disparues qui, jusqu'à aujourd'hui encore, attendent de connaître le sort de leurs proches. Et pendant 52 ans, pourtant, les principes à respecter n'ont pas changé. Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale. Ces principes ne sont pas vides de sens. Ces principes ne sont pas non plus à appliquer de façon sélective. en fonction de l'identité de l'auteur des violations. Ces principes ne perdent pas de leur importance alors que le temps s'écoule. Il en va de même pour les résolutions de cette organisation. Les résolutions de l'ONU ne peuvent pas être appliquées dans une situation et totalement foulées aux pieds dans une autre. La souveraineté et l'intégrité territoriale d'un État ne saurait dépendre de sa taille, de son pouvoir ou du temps qui passe. Cela ne concerne pas uniquement Chypre. Il en va de la crédibilité du système international lui-même. Si nous attendons des États qu'ils croient au multilatéralisme, si nous attendons des États qu'ils y contribuent, ces derniers doivent pouvoir être convaincus que les principes et les décisions de nos institutions seront appliqués sans exception. Mesdames et Messieurs, j'ai écouté avec beaucoup d'attention l'allocution du président Erdoğan hier. J'ai entendu des références au droit international, au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de tous les États, sans oublier les questions d'occupation illégale ou encore la tragédie des réfugiés. Pourtant, s'agissant de Chypre, mon pays, eh bien, la Turquie fait exactement l'opposé. C'est l'incarnation même de l'hypocrisie. Le président Erdoğan, hier, n'a pas hésité à citer la Charte de l'ONU. Mais les responsables politiques ne sont pas simplement jugés à l'aune de leurs paroles, mais bien à l'aune de leurs actions. Et si M. Erdoğan souhaite citer la Charte, il doit avant tout l'appliquer. Le Conseil de sécurité à établir un cadre pour la solution au problème de Chypre. Ce cadre est celui d'une fédération bicommunautaire bizonale qui constitue le seul moyen de parvenir à une solution pérenne. Je demeure fermement engagé à parvenir à une solution viable. Je suis prêt à reprendre les négociations là où elles se sont arrêtées. fondant sur le travail de fond abattu. Les points de convergence existent, les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, le droit international, le droit, les valeurs et les principes de l'Union européenne. Ce dont nous avons maintenant besoin, c'est de la volonté politique de toutes les parties, d'une véritable volonté sincère à reprendre des négociations de fond à travailler sérieusement et à se fonder sur les travaux déjà accomplis et parvenir à une solution permettant de réunifier notre pays et notre peuple. Une solution permettant aux Chypriotes grecs et turcs, aux maronites, aux Arméniens, entre autres, de vivre ensemble dans la paix, la sécurité et la prospérité. Je le répète, je suis, moi, pleinement engagés à y parvenir, et ce parce que nous ne pouvons tolérer la division. La division ne peut pas et ne sera pas l'avenir de mon pays et de mon peuple. Jamais. Notre détermination à réunifier notre île est infaillible. Voilà pourquoi j'appelle mes compatriotes chypriotes turcs à envisager un futur, un avenir ensemble de prospérité. Évidemment, j'appelle le président Erdoğan à autoriser la reprise de négociations de fond dans le cadre des accords déterminés par l'ONU. Mesdames et Messieurs, Excellence, je l'ai dit, le changement est inévitable, mais les décisions que nous prenons face au changement nous appartiennent. Pour des pays tels que Chypre, la réponse est celle de la coopération avec des résultats concrets, des partenariats qui portent leurs fruits. et qui sont noués parce que nous sommes convaincus qu'en temps de besoin, nous devons agir ensemble. Voilà la décision à prendre. Nous ne pouvons pas tolérer que les divisions affaiblissent les institutions que nous avons érigées ensemble. Nous pouvons faire le choix de les renforcer. Nous pouvons laisser les différences de pouvoir déterminer nos choix, ou nous pouvons réaffirmer les principes fondateurs de notre organisation. Pour Chypre, ce n'est pas un dilemme. Nous sommes convaincus de l'importance d'une Organisation des Nations unies qui protège les principes consacrés par la Charte et qui agit pour les défendre. Nous sommes convaincus par l'importance d'un système multilatéral au sein duquel chaque État dispose de droits, mais aussi de responsabilités. Et nous en sommes convaincus, les États de petite taille ont un rôle bien particulier à jouer. pas en marge des affaires internationales, mais bien en tant que participants actifs pour façonner notre avenir commun. Pour la République de Chypre, cela revient à défendre les principes dont nous dépendons, à contribuer aux institutions en lesquelles nous croyons, nouer des partenariats pour le bien commun, mener à bien des initiatives pour créer de véritables synergies et agir de façon responsable lorsque nous pouvons changer la donne. Excellence. Malgré les difficultés que nous rencontrons en raison de l'occupation turque, nous demeurons résilients et déterminés dans notre conviction en faveur du système multilatéral, parce qu'en fin de compte, nous pouvons mesurer la force du multilatéralisme lorsque chaque État est convaincu que sa voix compte, que ses droits sont protégés et que ses contributions comptent. C'est de cette façon que nous rétablissons la confiance, c'est de cette façon que nous gérons la transformation et que nous créons des Nations unies véritablement au service de tous. Merci. Palau · Président [4:24:54]: Au nom de l'Assemblée. Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président de la République de Chypre. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Luis Rodolfo Abinader Corona, président de la République dominicaine. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Dominican Republic · Président [4:25:46]: Excellence Khalilur Rahman, président de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Excellence monsieur Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Excellences, Mesdames et Messieurs, chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, chefs de délégation, Mesdames et Messieurs. Tout d'abord, permettez-moi, au nom du peuple dominicain, de vous féliciter, Monsieur le Président, de votre élection. Et je m'adresse au Secrétaire général Guterres, dont c'est la dernière session à la tête de notre organisation, pour le remercier de son engagement en faveur de la paix. Vous nous avez invités à rétablir la confiance et à gérer le changement. Et pour y parvenir, en cette heure, il nous faut sérénité, clarté et unité. Sérénité, car l'ordre international traverse une profonde transition. Clarté, parce que l'Organisation fait face à une situation financière sans précédent, des conflits armés incessants et une révolution technologique qui progresse plus rapidement que notre capacité à la régir, et unité parce qu'aucun de ces défis ne peut être relevé par un pays à lui seul. En tant qu'État insulaire en développement, la République dominicaine sait ce qu'est la vulnérabilité. Des situations qui surviennent bien loin de nos côtes peuvent toucher directement le cœur de nos familles. Les guerres en Europe et au Moyen-Orient ont fait exploser les prix des aliments et de l'énergie. Mon pays importe la totalité des combustibles que nous consommons. Nous ne fixons pas les prix, mais nous en subissons l'impact alors qu'ils échappent à notre contrôle. Voilà pourquoi nous appelons à la désescalade, à la liberté de navigation et à un règlement diplomatique qui empêche la prolifération nucléaire dans notre région. Monsieur le Président, pour des pays comme le nôtre, un ordre basé sur des règles est la condition de notre sécurité et la garantie que cela soit les normes convenues entre tous et non la force qui règle les différends entre les nations. Voilà pourquoi il convient de rétablir la confiance vis-à-vis de notre organisation, ce qui passe par une refonte de la représentation, une refonte des opérations de paix et une refonte du soutien aux pays en développement. Nous appuyons pleinement l'initiative ONU80, mais aucune réforme ne peut aboutir sans ressources. Voilà pourquoi la République dominicaine honore ses engagements. Cette année, nous avons été parmi les premiers pays à payer la totalité de notre contribution au budget ordinaire. Refondre la représentation, c'est exiger un Conseil de sécurité qui ressemble davantage au monde multipolaire actuel. Cela suppose également de réfléchir à celui ou celle qui doit mener notre organisation. Il y a un an, j'ai affirmé depuis cette tribune qu'il revenait à l'Amérique latine et aux Caraïbes de proposer un leadership renouvelé et que le moment était venu d'avoir une femme Secrétaire générale. Les candidatures l'ont confirmé. En plus de 80 ans, aucune femme n'a mené notre organisation. Nous comptons que le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale seront à la hauteur. Mesdames et Messieurs, La refonte des opérations de paix est indubitablement la tâche la plus urgente de toutes. Aujourd'hui, des réseaux criminels transnationaux contrôlent des territoires entiers, se livrent à un trafic d'armes, à la traite des personnes et recrutent des enfants. Haïti, notre voisin, en est l'exemple le plus criant. Depuis 2021, la République dominicaine n'a eu de cesse de répéter en tous lieux que cette crise menace la paix et la sécurité de la région et, en particulier, Et. menace mon pays. Il y a un an, depuis cette tribune, j'ai demandé que le Conseil agisse sans tarder. Six jours plus tard, le Conseil avait adopté la résolution 2793, qui autorisait une force de répression des gangs en la dotant d'un mandat robuste et d'un bureau d'appui des Nations Unies. Je remercie les États-Unis et le Panama de leur rôle de chef de file. Je remercie le Canada et d'autres bailleurs de fonds de leur soutien. Je remercie le Kenya et les autres pays qui ont détaché leurs femmes et leurs hommes en Haïti. Mais la réalité ne peut plus attendre. Il y a un mois, dans la communauté haïtienne de Kenscoff, les gangs, en une seule nuit, ont assassiné au moins 47 personnes, dont cinq enfants. Près d'un million et demi d'Haïtiens ont été déplacés. La moitié à nouveau sont des enfants. L'Assemblée ne peut se résigner à ce que ces massacres deviennent la norme pour le peuple haïtien qui a tant souffert. Ce que le Conseil a adopté doit être doté des moyens de la mise en œuvre. D'abord, il faut achever le déploiement de la force qui n'a qu'un cinquième des effectifs autorisés. Deuxièmement, il faut faire appliquer l'embargo sur les armes et sanctionner ceux qui financent et protègent les gangs. Troisièmement, il faut renforcer la police, les forces armées et la justice haïtienne pour que la sécurité puisse être garantie à l'avenir. Le mandat de la force prend fin le 30 septembre. Le Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent fournir les troupes et les ressources qui manquent. Renouveler le mandat sans l'achever reviendrait à prolonger une promesse sans la tenir. Rien de cela n'exige une nouvelle décision. Il faut simplement honorer l'engagement déjà pris dans les mois et non pas dans les années à venir, car le peuple haïtien ne peut plus attendre. La République dominicaine, notre pays, a fait sa part. Nous ne pratiquons pas une diplomatie de déclarations, mais bien une diplomatie de solutions. Nous avons contribué à dégager le consensus qui a rendu possible l'adoption de la résolution. Nous avons apporté une contribution financière proportionnelle au Fonds d'affectation spéciale de la Force. Nous avons facilité depuis notre territoire le transit, la logistique, un bureau d'appui des Nations unies. Nous coopérons avec le régime des sanctions et dans nos hôpitaux, nous accueillons le de la mission et nous l'avons fait parce que avant toute chose c'est une question de sécurité nationale pour notre pays et je le répète sans ambages il n'y a pas de règlement dominicain de la crise haïtienne aucun état aucun organisme ne peut imposer à notre pays de l'assumer. Nous continuerons de protéger nos frontières, d'appliquer nos lois sur l'immigration. Nous continuerons de renforcer nos forces armées conformément au principe d'égalité souveraine conféré par la Charte des Nations unies à tous les États et dans le plein et entier respect des obligations internationales auxquelles nous avons librement souscrit. Le règlement de la situation d'Haïti se trouve en Haïti et l'obligation de la communauté internationale est de rendre ce règlement possible en Haïti, sur ce territoire, pour que les enfants puissent retourner à l'école et que les jeunes aient un avenir et pour que, si les conditions le permettent-ils puissent voter pour la première fois en dix ans. La République dominicaine s'est efforcée d'honorer les engagements essentiels attendus par notre peuple et afficher des résultats. Nous avons réduit la pauvreté monétaire de 25,8 % en 2019 à 14,6 % au premier semestre de cette année. Il y a deux mois à peine, la FAO a confirmé que mon pays avait été retiré de la carte de la faim. Nous sommes le cinquième pays d'Amérique latine à y parvenir. Nous nous étions engagés à atteindre l'objectif d'une fin zéro en 2028. Nous y sommes parvenus plus tôt. Pendant quatre années consécutives, nous avons reçu plus de 4 milliards de dollars annuels d'investissements étrangers directs. En 2025, pour la première fois, plus de 5 milliards. Nos exportations ont atteint un niveau record de près de 16 milliards de dollars. Autant de résultats. qui illustre la sécurité juridique, la stabilité institutionnelle et la confiance qu'inspire désormais la République dominicaine. La paix, les investissements dans les nouvelles infrastructures ainsi que l'hospitalité de notre peuple nous ont permis de passer de 7,5 millions de visiteurs en 2019 à plus de 12 millions attendus cette année. un chiffre qui n'a été atteint que par le Mexique en Amérique latine. Mais les progrès faits par un pays ne peuvent devenir une sanction. Les pays à revenu intermédiaire, tels que le nôtre, accueillent environ trois habitants sur quatre de notre planète, deux personnes sur trois en situation de pauvreté extrême. Or, Le revenu par habitant reste la clé, pratiquement exclusive, d'un financement à des taux favorables. Nous demandons que le processus lancé par le pacte pour l'avenir débouche sur un cadre commun permettant d'évaluer le progrès sans tenir uniquement compte du produit intérieur brut et que les institutions financières rajoutent parmi leurs critères l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle. Parce que ce qui n'est pas évalué ne peut pas être pris en compte dans les décisions et ce qui n'est pas pris en compte dans les décisions est oublié. Pour un petit État insulaire comme le nôtre, les changements climatiques n'ont rien d'abstrait. Notre vulnérabilité n'est pas une simple catégorie statistique, c'est une réalité vécue. Voilà pourquoi nous nous félicitons que l'Assemblée s'efforce d'adopter une déclaration sur la hausse du niveau des mers qui garantira la stabilité des zones maritimes. La déclaration aborde également les sargasses, un fléau qui, chaque année, frappe les côtes des Caraïbes et nuit au tourisme. À l'initiative de la République dominicaine, l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement a adopté la première résolution mondiale sur les sargasses. C'est un problème régional qui a été reconnu comme étant un défi mondial. Voilà pourquoi c'est sans relâche que nous demanderons que le financement climatique arrive à la même vitesse qu'arrivent les tempêtes dans les Caraïbes. Dans le droit fil de cette idée, nous avons progressé dans la ratification de l'accord sur la biodiversité marine des zones de la juridiction nationale. Au mois de mars, nous avons déposé notre instrument de ratification. L'océan est une source de vie essentielle, notre plus longue frontière. Sa protection relève de l'obligation d'État. Monsieur le Président, la sérénité, la clarté et l'unité. Ce sont ces concepts qui doivent nous amener à bâtir des Nations Unies plus représentatives, efficientes et à même de répondre aux exigences des peuples au service desquels nous travaillons. Car l'humanité qui nous regarde ne se contentera pas des résolutions adoptées, mais bien des résolutions exécutées. Mesdames et Messieurs, Cette ère nouvelle doit nous amener à agir en urgence. L'avenir ne peut plus être perçu sur le long terme. Aujourd'hui, nous le voyons au quotidien, nous voyons les changements dans les conditions d'existence de l'humanité qui surviennent à une telle rapidité qu'il ne faut plus attendre des décennies pour regarder le passé. Nombre de nos peuples risquent de vivre cette époque et de ne plus être contemporains des grands progrès de l'humanité. Agissons dès maintenant et œuvrons de concert en faveur du bien-être de nos peuples. Merci beaucoup, que Dieu nous protège. Palau · Président [4:38:54]: Le nombre de l'Assemblée. Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président de la République dominicaine. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Duma Gideon Mokot, président de la République du Botswana. Je prie le protocole d'accompagner en excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Botswana · Président [4:39:50]: Monsieur le Président, nous vous félicitons chaleureusement pour votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Vous pouvez compter sur notre plein soutien alors que vous assumez cette responsabilité majeure. Nous félicitons également la Présidente sortante pour son rôle de chef de file. Son mandat nous rappelle qu'un chapitre de l'histoire de cette Organisation n'est toujours pas achevé. Quatre-vingts ans après sa création, L'ONU n'a pas encore été dirigée par une femme secrétaire général. Monsieur le Président, le thème de la session, rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous, voilà un thème qui reflète de façon adéquate le défi à relever. Pour rétablir la confiance, nous devons rester fidèles à la Charte des Nations unies et au droit international. Pour gérer la transformation, nous devons compter sur des institutions capables de s'adapter à un monde en évolution rapide. et des Nations Unies au service de tous nécessite de passer des paroles aux actes et à l'amélioration concrète des vies et des conditions de vie de nos peuples. En fin de compte, nos déclarations, nos communiqués, nos résolutions doivent cheminer depuis cette Assemblée pour changer le quotidien des peuples que nous représentons. Les conflits qui perdurent, les tensions géopolitiques, les divisions croissantes mettent à l'épreuve la confiance entre nos nations. Ainsi, le monde subit des transformations liées aux technologies, au changement climatique, aux modifications démographiques et au changement des équilibres de pouvoir entre les puissances économiques. La question de savoir comment nous pouvons renforcer le multilatéralisme afin que l'Organisation des Nations unies soit au service de tous les États membres. Notre humanité a parcouru un bien long chemin et a relevé bien des défis. Nous ne pouvons pas y parvenir à nous seuls. que nous soyons un pays d'un milliard de personnes ou un pays comme le Botswana qui n'abrite que 2,5 millions de personnes, nous partageons une même planète fragile et une Organisation des Nations unies, certes imparfaite, mais irremplaçable. Les choix que nous faisons vont déterminer si nous allons rétablir la confiance, gérer la transformation, être au service de tous, ou si notre histoire sera une mise en garde. nous exprimons depuis cette tribune avec conviction. Lorsque nous avons acquis notre indépendance en 1966, nous étions convaincus que notre sécurité et notre prospérité seraient le fruit de l'intégration de nombreuses nations régies par des règles que nous avions tous accepté d'honorer. Nous avons honoré les obligations des traités. Nous avons ouvert notre économie selon les normes de notre organisation. Nous estimons que le respect du droit est notre plus solide garde-fou. C'est cette tradition qui m'a amenée à m'exprimer du haut de cette tribune. Je représente une nation dont l'existence dépend du respect des règles et dont l'humanité est le meilleur instrument pour la paix et la prospérité. Cette tradition nous convainc que nous pouvons rétablir la confiance entre nations petites et grandes. Pour cela, nous devons rétablir le respect, le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de la dignité égale de chaque nation, quelle que soit sa taille, sa richesse ou sa puissance militaire. Pour des États tels que le Botswana, un ordre international fondé sur les règles est une protection indispensable qui nous garantit que les relations internationales sont régies par les principes auxquels nous avons souscrit. Le Botswana estime que des règles qui ne s'appliquent qu'aux plus faibles ne sont pas des règles et que des principes qui sont appliqués de façon arbitraire perdent très vite leur respect. Voilà pourquoi nous appelons l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité et chaque organe des Nations unies à se réengager en faveur du dialogue comme premier outil de diplomatie. incarne ce principe et accueille le secrétariat de la SADEC et contribue aux efforts de médiation régionale, d'observation électorale et s'est engagée de façon systématique à garantir le règlement pacifique des différents. Alors que nous nous attelons à rétablir la confiance, notre monde évolue. Les changements climatiques ne sont plus le problème de demain. Ce sont les sécheresses d'aujourd'hui en Afrique, les inondations en Asie, l'élévation du niveau de la mer en Pacifique et les incendies ravageurs en Europe et en Amérique. Pour le Botswana, qui abrite le delta d'Okavango, site appartenant au patrimoine mondial de l'UNESCO, ainsi que l'écosystème de Kalalagani. Les changements climatiques frappent nos moyens de subsistance, notre approvisionnement en eau et notre biodiversité. Nous nous sommes engagés en faveur de la cible 30 d'ici 2030 et en faveur de la gestion pérenne de notre capital naturel. L'Afrique abrite la population la plus jeune du monde. C'est un atout remarquable si nous procédons aux bons investissements. Mais le dividende démographique d'aujourd'hui pourrait se transformer en crise démographique demain si nous ne suivons pas le rythme des changements. Le chômage des jeunes est l'enjeu le plus pressant de notre époque. Gérer cette question est une responsabilité qui nous incombe à tous. Nous appelons le Programme de développement des Nations unies, l'Organisation internationale du travail et toutes les institutions multilatérales pertinentes à garantir que le transfert de technologie, le renforcement des connaissances et le renforcement des capacités soient des priorités suffisamment financées. Nous nous accordons à le dire, la crédibilité de nos engagements multilatéraux est remise en question par les moyens alloués au financement du développement. Lorsque les pays ont les moyens d'investir dans leur population, lorsque les institutions peuvent réagir de façon efficace aux différentes menaces, nous renforçons la confiance. Mais lorsque ces engagements restent lettre morte, le système s'affaiblit. Voilà pourquoi il est essentiel de respecter ces principes pour rétablir la confiance, gérer la transformation et garantir des Nations Unies au service de tous. L'architecture financière internationale doit donc refléter les réalités économiques du 21e siècle. Il faut tenir compte des besoins financiers créés par les changements climatiques, les transformations technologiques et les impératifs du développement durable. Les pays en développement, très souvent, sont confrontés à des taux d'emprunt bien plus élevés que ceux alloués aux nations les plus riches, et ce en raison d'un système qui a été élaboré en faisant fi des circonstances du Sud global. La durabilité de la dette est une question de développement et d'équité. Lorsque des nations doivent allouer plus de ressources au service de la dette qu'à l'éducation, à la création d'emplois, aux services de soins de santé, la confiance dans notre système s'érode. Nous appelons l'Assemblée et les institutions financières internationales à œuvrer à garantir la réforme de la gouvernance financière internationale. Cela permettra aux pays en développement de se faire entendre et d'avoir accès à des financements à taux favorables. Nous appelons l'ONU et les partenaires financiers à mobiliser des capitaux privés en adoptant des modalités de financement novatrices, des systèmes d'atténuation des risques pour les économies en développement. Il s'agit là de l'équité éclairée et d'une bonne gestion de l'économie. Les capitaux doivent être mobilisés là où ils peuvent changer la donne. Monsieur le Président, la santé est aussi un domaine central en matière de solidarité internationale. Nous voulons parler de notre expérience difficile. Il y a 30 ans, nous étions confrontés à une épidémie de VIH/SIDA si grave que certains remettaient en question la résilience même de notre pays. Mais en faisant montre d'un rôle de chef de file déterminé, en procédant à des investissements publics ambitieux et en comptant sur des partenariats, nous avons pu nous doter d'un des systèmes de traitement de VIH/SIDA les plus complets. Nous avons atteint l'objectif d'ONUSIDA 95-95-95 avant la date butoir et nous avons été le premier pays africain à obtenir le statut de niveau argent de l'OMS en matière d'élimination de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. Notre expérience est la preuve que les Lorsque les efforts nationaux et la solidarité internationale vont de pair, il est possible de surmonter des défis qui paraissaient insurmontables. C'est de ce type de solidarité dont nous avons besoin pour rétablir la confiance dans le multilatéralisme. Nous sommes prêts à faire part de notre expérience via la coopération Sud-Sud ou triangulaire. Nous accordons une importance toute particulière à la préservation de l'ONUSIDA, un partenaire indispensable dans nos efforts en matière de politiques fondées sur des données, d'assistance technique, de mobilisation des ressources et de plaidoyer au niveau international. Ce partenariat a permis de lutter contre une épidémie avec le plus de succès possible. Et nous devrions pouvoir de mettre fin au statut de VIH/SIDA comme menace pour la santé publique du pays en 2030. Nous appuyons une réforme qui renforce l'efficacité, la cohérence et la capacité de réaction du système de l'ONU. Nous sommes aussi convaincus que les gains d'efficience doivent être pour renforcer les capacités de l'organisation à prévenir les conflits, lutter contre les nouvelles menaces sécuritaires et changer la donne dans les programmes de pays, conformément à la vision de l'ONU 80. C'est donc dans cet esprit que nous attachons une priorité centrale à notre partenariat avec le Bureau de lutte contre le terrorisme, avec l'ONU Habitat, le Centre de commerce international et l'Organisation internationale pour l'immigration, entre autres. Nous saluons tout particulièrement le rôle du Bureau de lutte contre le terrorisme, qui contribue à renforcer les efforts collectifs déployés par l'ONU pour contrer le terrorisme et l'extrémisme violent, les prévenir et faire de nos engagements internationaux des véritables mesures d'appui pour les États membres. Nous demeurons prêts à renforcer notre coopération avec le Bureau et l'ensemble du système des Nations Unies grâce aux efforts de renforcement des capacités, d'assistance technique, de partage de connaissances ou l'échange de pratiques optimales. De tels partenariats nous démontrent que notre Organisation des Nations Unies peut rétablir la confiance, renforcer les capacités nationales, promouvoir la paix et la sécurité. Monsieur le Président, aucun programme de réforme, y compris l'ONU 80, ne sera véritablement complet sans traiter des inégalités profondes au Conseil de sécurité. À ce sujet, le Botswana appuie une réforme de fond du Conseil de sécurité et souscrit à la position africaine commune telle que consacrée par le consensus des Oluini et la déclaration de Syrte. Nous sommes convaincus qu'un Conseil de sécurité qui continue d'exclure l'Afrique et l'Amérique latine de sa catégorie de membres permanents ne peut pas prétendre refléter les réalités géopolitiques d'aujourd'hui. Nous appelons l'ONU à continuer d'envisager la création d'un cadre international inclusif sur les nouvelles technologies, y compris l'intelligence artificielle. Nous reconnaissons que Les technologies peuvent réduire les inégalités. Cela concerne les minéraux critiques, les terres rares et autres ressources énergétiques qui nourrissent cette révolution technologique et qui souvent sont en provenance des pays en développement. Les pays en développement doivent pouvoir se faire entendre. aux mesures de garde-fou régissant cette technologie, avec pour objectif d'augmenter la création d'opportunités d'emplois décents, tout en renforçant les services publics, en protégeant la dignité, les droits humains et la sécurité. Monsieur le Président, je réaffirme l'engagement du Botswana en faveur du multilatéralisme. Nous estimons que, À ces enjeux communs, nous devons trouver des solutions communes. Nous estimons également que la mise en œuvre du Pacte de l'avenir ainsi que l'initiative ONU 80 nous donnent la possibilité de faire de nos engagements de véritables possibilités d'amélioration du fonctionnement des Nations unies. En guise de conclusion, je le répète, rétablir la confiance, gérer la transformation et être au service de tous, Ce sont des questions qui se renforcent les unes les autres. Nous rétablissons la confiance lorsque nous honorons nos engagements, lorsque nous respectons la Charte de l'ONU et lorsque nous appliquons le droit international de façon cohérente. Nous gérons la transformation lorsque le changement crée des possibilités d'aller de l'avant plutôt que de creuser les inégalités, lorsque les pays en développement peuvent contribuer à façonner des systèmes déterminent leur avenir et lorsque les progrès technologiques et économiques sont au service de l'ensemble de l'humanité. Et nous sommes au service de tous lorsque nos décisions donnent lieu à de véritables améliorations en matière de paix, de sécurité, de développement, de santé et de dignité humaine. C'est à l'aune des changements que nous apportons aux vies de nos populations que nous pouvons mesurer la crédibilité de l'ONU. Le Botswana est prêt à travailler avec tous les États membres. Nous sommes certes un petit pays, mais nous avons nos principes chevillés au corps. Nous proposons des partenariats en matière de gouvernance pour ce qui est des innovations dans les soins de santé. Nous appelons à une bonne gestion des ressources naturelles et nous faisons le choix du dialogue. Assurons-nous que la 81e session entre dans l'histoire comme la session où nous avons rétabli la confiance, honoré nos promesses et façonné notre avenir ensemble. Merci. GA · Président de l'Assemblée générale [4:55:56]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président de la République du Botswana. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence, M. Daniel Noboa Assine, président constitutionnel de la République d'Équateur. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Ecuador · Président constitutionnel [4:57:50]: Monsieur le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Monsieur le président de l'Assemblée générale des Nations unies, Mesdames et Messieurs, chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, chefs de délégation, Mesdames et Messieurs. Il fut un temps où, dans mon pays, la peur l'emportait sur le droit. Une réalité vécue par des familles qui ne sortaient plus la nuit, des commerçants qui payaient pour travailler, des jeunes qui se voyaient offrir une arme plutôt qu'un diplôme. Nous avons décidé que tel ne serait pas le destin de l'Équateur et nous avons agi avec détermination. Et sur ce chemin, nous avons appris quelque chose dont je voudrais vous faire part. Aucun état ne va à lui seul à un ennemi qui fait fi des frontières. Les armes qui se sont retrouvées dans nos rues ont traversé de nombreux pays. L'argent qui finance les mafias est blanchi loin de la scène du crime. Les routes du trafic de drogue, de la traite des personnes et de l'extraction minière illégale ont traversé des continents. Les criminels ont mondialisé leur coopération. Ils partagent des routes, la logistique, la finance, la technologie, sans bureaucratie, sans méfiance, sans retard. Il est inadmissible que les organisations criminelles coopèrent entre elles de façon plus efficace que les États. Voilà la réalité que les Nations unies doivent admettre et assumer. Trop longtemps, on a traité la criminalité organisée comme un problème policier, mais nous savons désormais que c'est bien plus que cela. La criminalité organisée contrôle les territoires, s'infiltre dans les institutions, se substitue à l'autorité légitime, met à mal l'État de droit et déstabilise des sociétés entières. Lorsque cela survient dans plusieurs pays en même temps, ce n'est plus une affaire intérieure, c'est devenu une menace pour la paix et la sécurité internationales. Et je le dis haut et fort, nous ne demandons pas à personne d'agir en lieu et place des Etats, nous demandons une coopération à la demande, dans le respect de la souveraineté de chaque nation, avec des résultats concrets. Voilà pourquoi l'Equateur propose aujourd'hui trois mesures concrètes. Premièrement, un mécanisme international dans le cadre des Nations unies afin de tracer et de geler les flux financiers illicites de la criminalité transnationale organisée. si l'argent nourrit ces réseaux, tarissons ce flux où qu'il circule. Deuxièmement, une plateforme permanente d'échange d'informations entre la police, les parquets, les cellules de renseignement financier pour que les États puissent anticiper plutôt que réagir. Troisièmement, nous souhaitons que l'initiative 1080 fasse de la criminalité transnationale organisée une priorité de la prévention des conflits et que l'organisation soit capable de soutenir les États qui en feraient la demande. Ce sont des propositions que nous sommes prêts à apporter aux côtés des pays qui souhaiteront se joindre à nous. Excellence. La sécurité n'est pas une fin en soi, c'est la condition sine qua non pour qu'un pays puisse prospérer. Rétablir la sécurité, c'est rendre l'avenir possible pour qu'un jeune puisse choisir l'université plutôt que d'être pris au piège par un gang criminel, qu'une famille puisse ouvrir un commerce sans crainte, qu'une entreprise investisse, crée de l'emploi, que les institutions puissent répondre devant les citoyens et ne se soumettent pas à des intérêts illicites. Voilà pourquoi le succès d'une économie ne peut être mesuré uniquement à l'aune de la croissance de la production, mais bien à l'aune de la réduction de la pauvreté. Le succès se mesure à l'aune des jeunes ayant un emploi digne, d'enfants mieux instruits, de citoyens qui auront un avenir digne. et. Voilà ce qui doit guider le programme international de développement. Les pays à revenu intermédiaire font face à des vulnérabilités dont le revenu par habitant ne tient pas compte. Nous demandons que l'accès à la coopération et au financement soit défini selon des critères de vulnérabilité qui soient plus équitables. Nous demandons que l'architecture financière internationale appuie les efforts des pays qui ont engagé des réformes. Nous croyons en un commerce ouvert, prévisible, équitable, lorsqu'un producteur peut exporter, innover, se développer, c'est une famille qui peut s'extraire de la pauvreté. La meilleure politique sociale, c'est celle qui crée des débouchés pour tous et toutes. Monsieur le Président, je viens d'un pays qui est petit par son territoire, mais grand par sa nature. Les îles Galapagos, où Darwin a trouvé les premiers indices de l'évolution de la vie. sont un patrimoine de l'humanité, un patrimoine menacé par la pêche illégale qui suit la même logique et dépend des mêmes financements que d'autres crimes organisés. Il en va de même avec l'extraction minière illicite dans l'Amazonie qui détruit les forêts et finance les mafias. Protéger la nature, c'est une question de sécurité. L'Équateur continuera d'assumer sa responsabilité et nous invitons tout le monde à se joindre à nous. L'Amérique latine et les Caraïbes sont une région de talents, d'énergie, d'aliments, de ressources stratégiques, une région où les jeunes sont déterminés à bâtir un avenir distinct, une région qui ne s'adresse pas à l'Assemblée pour demander des solutions extérieures, mais bien pour proposer les siennes. Et l'un des grands défis à relever à l'avenir sera l'intelligence artificielle, l'intelligence artificielle qui peut transformer l'éducation, multiplier la productivité et combler des fractures historiques, mais qui risque également de creuser les inégalités ou de servir les intérêts de ceux qui cherchent à affaiblir nos institutions. Il nous faut une gouvernance internationale qui nous permette d'innover sans renoncer à nos valeurs et qui ne laisse pas de côté ceux qui ont moins de ressources nécessaires pour accéder à cette technologie. Excellence, la confiance vis-à-vis du système multilatéral traverse une rude épreuve. Nous avons reçu beaucoup de questions concernant notre lutte contre la criminalité organisée et peu de questions sur le nombre de victimes de la criminalité organisée. De nombreux citoyens voyant un décalage entre ce qui est convenu ici et ce qu'ils vivent au quotidien. rapprocher ces positions, telle est la tâche de notre génération. En tant qu'État fondateur, l'Équateur croit en les Nations unies. Voilà pourquoi nous voulons une organisation qui soit capable de répondre aux attentes du monde d'aujourd'hui et pas de 1945. Soutenir les Nations unies, c'est vouloir les transformer. Voilà pourquoi nous appuyons l'initiative Années 80 et nous l'invitons à répondre courageusement à une question existentielle. De quelle Nations unies a besoin le monde aujourd'hui? Nous avons besoin d'une organisation plus efficiente, avec la capacité de prévenir les conflits, de régler les crises, d'aider les États qui font face à des menaces qui n'existaient pas au moment de leur création. Une organisation dont la légitimité non seulement est tributaire des décisions adoptées, mais également de la façon dont ces décisions sont adoptées. Et il faut que la Charte et le droit international restent notre lingua franca. Voilà plus de 80 ans, les pays ont compris que la paix ne pouvait dépendre du pouvoir de l'un ou l'autre, et ont bâti des institutions destinées à la coopération. Tel reste notre plus grande force. Les citoyens du monde ne jugeront pas l'Organisation à l'aune de ses déclarations. Elle sera jugée selon sa capacité à transformer les engagements en faveur de la paix et de la sécurité en respect des droits humains et en véritable possibilité de développement, en nombre de vies véritablement sauvées. Monsieur le Président, les mafias ont déjà coordonné leur action. À nous de faire mieux. L'Équateur, devant cette Assemblée, veut défendre des solutions collectives. Aucun pays à lui seul ne peut bâtir un avenir surprospère et durable. Lorsque la coopération internationale fonctionne, Nous en sortons tous plus forts. Merci. GA · Président de l'Assemblée générale [5:06:17]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président constitutionnel de la République de l'Équateur. L'Assemblée. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence, Monsieur Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Ukraine · Président [5:07:18]: Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs. Ce matin, alors que je me rendais à New York, Au-dessus de cet océan Atlantique magnifique, je lisais le post du président Trump sur son réseau social. Il indiquait que la Russie avait perdu le contrôle de son secteur de la production du pétrole et du diesel en raison de sa guerre contre l'Ukraine. Et il est difficile de s'imaginer une perte plus humiliante pour un pays qui occupe le siège de membre permanent au Conseil de sécurité et qui s'enorgueillit de ses exportations de je cite "une grande partie des raffineries de diesel ont explosé et sont hors service" fin de citation. C'est vrai, la Russie a commis une erreur immense et Et le post s'achevait sur une vérité également: cette guerre ridicule et insensée contre l'Ukraine doit cesser. Je ne peux pas m'imaginer un autre dirigeant du monde qui penserait le contraire et qui prônerait la poursuite de cette guerre, à l'exception d'une seule personne. Mesdames et Messieurs, voilà près de cinq ans maintenant que les généraux russes tente de réaliser l'ordre insensé de Poutine: saisir notre terre, s'accaparer la région de Donetsk. Mais depuis le mois d'août, la Russie a perdu 248 964 personnes sur le champ de bataille en Ukraine. En huit mois, 240 000. personnes tuées, grièvement blessées. Dans certains pays du monde, compte moins d'habitants. 21 pays du monde compte moins d'habitants que le nombre de soldats russes tués en huit mois seulement. Nous avons des confirmations pour chacune de ces pertes. Ce ne sont pas de simples chiffres, ce sont des êtres humains. Nous disposons d'archives de vidéos de drones qui montrent des milliers et des milliers de Russes perdant la vie dans des zones de tir. C'est de la folie. Mais on les envoie encore pour mourir parce que c'est ce que veut Poutine. Après avoir perdu tant de personnes, la Russie n'est parvenue qu'à saisir un millier de kilomètres carrés de notre territoire cette année. Et nous avons déjà pu libérer des grands pans de ce territoire. La Russie est un pays qui dispose déjà de 17 millions de kilomètres carrés de territoire, sans compter les territoires de l'Ukraine. Donc, pour ajouter un millier de kilomètres carrés Poutine est prêt à sacrifier des milliers de soldats russes pour chaque kilomètre carré. Pouvons-nous considérer que c'est un choix modéré et raisonnable? Son camarade, le dirigeant de la Corée du Nord, envoie ses troupes en Russie pour venir en aide aux points faibles de la Russie, et la Corée du Nord subit également de lourdes pertes. Vous l'avez peut-être vu, vous avez vu les informations de Pyongyang qui rendaient hommage aux soldats tués. C'est de la folie. Pourquoi les Nord-Coréens devraient-ils sacrifier leur vie dans cette guerre contre l'Ukraine? Kim Jong-un les utilise comme de la monnaie d'échange. Il obtient ce qu'il souhaite en retour. Et les pays de la région, les voisins de la Corée du Nord, l'ont déjà remarqué. Ils ont pu constater une amélioration des missiles balistiques et une amélioration des capacités en matière de drones de la Corée du Nord. Donc cette guerre qui n'a pas été arrêtée à temps, qui n'a pas été évitée à temps, et cette guerre pour laquelle la Russie n'a pas été sanctionnée à temps, continue sa contamination. Très récemment, nous avons envoyé deux prisonniers de guerre de la Corée du Nord en Corée du Nord. Il n'est pas facile de les capturer en vie. L'un d'entre eux, lorsqu'il a compris qu'il allait être fait prisonnier, a tenté de se suicider. Il a été choqué d'apprendre et de constater que le sort ne l'a pas laissé faire. la réalité pour ces personnes qui sont privées de liberté qui sont privées de leur droit de choisir ces personnes à qui on inculque qu'elles doivent mourir quoi qu'il arrive voulez vous véritablement permettre à ces personnes d'avoir plus de temps pour faire la guerre. Cette guerre dure depuis déjà cinq ans et nous le savons, récemment, Poutine a promis à des représentants du président américain qu'il allait saisir la région de Donetsk et il a dit qu'il ne lui faudrait que quelques mois supplémentaires. C'est peut-être la 17e ou la 18e fois en cinq ans qu'il fait cette promesse. Toujours la même. Quelques mois de plus. Ensuite, la date butoir est reportée. Mais Poutine échouera encore. Mais après cela, même Même si la région de Donetsk était saisie, cela ne lui suffirait pas. Il lui faut plus de villes, Odessa, Kharkiv, Dnipro et d'autres encore. Quelqu'un au Kremlin a même présenté une carte les faisant aller jusqu'à Kiev. La Russie ne s'arrêtera jamais. Elle va menacer la Pologne, les pays baltes. La Russie fait fi du respect des droits des États du Caucase du Sud, d'Asie centrale. Et malheureusement, la population de la Syrie et les populations en Afrique connaissent bien les tueurs russes. Il semblerait que rien n'empêche Poutine de dire trop, c'est trop. Rien ne l'empêche de reconnaître que 17 millions de kilomètres carrés de son propre territoire, reconnu sur le plan international par vous tous, devrait lui suffire. Poutine de cesse de chercher quelqu'un qui l'aidera à tuer plus de personnes pour chaque kilomètre carré de territoire, pour s'accaparer d'autres pays plutôt que de s'atteler à gérer son propre pays. Il est impossible de se l'imaginer sans faire la guerre. C'est cette idée de la guerre qui, comme contamine. Et partout où cette guerre est menée, elle s'accompagne de souffrances et de crises. Plus Poutine a de la marge de manœuvre, plus le monde devient dangereux pour nous tous. Voilà pourquoi Nous devons mettre fin aux actions du patient zéro. Nous devons lui retirer toute marge de manœuvre. Nous devons l'empêcher de poursuivre ses actions malveillantes. L'année dernière, je vous disais que nous vivions à une époque où les armes déterminent tout. Et je l'ai dit, si une nation souhaite la paix, elle doit se doter d'armes robustes. C'est ce que fait l'Ukraine. Et voilà pourquoi, pour la première fois dans l'histoire de la Russie, nous voyons que sa plus grande fierté, son secteur pétrolier, s'essouffle. Mais la Russie n'est pas notre cible, ni son pétrole, ni le diesel, ni ses industries. Notre cible, notre objectif, c'est la capacité de la Russie à financer cette guerre, à la faire s'enliser, à la rendre plus brutale et destructrice. Les finances de la Russie, les capacités de production, voilà ce à à quoi nous devons mettre fin si nous voulons stopper Poutine. Nos soldats courageux, nos armes, œuvrent à cette fin. Le monde qui nous appuie nous permet d'y parvenir. Et je suis reconnaissant à tout un chacun, à tout État qui nous soutient, qui est solidaire avec l'Ukraine et qui vient en aide à notre population. Grâce à cette assistance, notre production d'armement peut se poursuivre. C'est essentiel, c'est indispensable, cela nous rend plus forts. Lorsque l'on octroie plus de financement à la Russie en commerçant avec cette dernière, vous donnez plus de temps à la guerre. Voilà pourquoi nous appelons à limiter le commerce avec cet État agresseur. Voilà pourquoi nous mettons fin à ces capacités de la Russie. Beaucoup d'entre vous ici présents Avez-vous pu constater les abus du droit de veto, les volontés de rejeter la paix? Tant que la Russie aura de l'argent, elle rejettera la diplomatie. C'est aussi un veto imposé à la paix. Certes pas officiellement, mais bel et bien réellement. Grâce aux sanctions, nous pouvons affaiblir la Russie. Nous pouvons sanctionner les oligarques, rendre la vie plus compliquée aux Russes les plus riches. Dans le cas contraire, nous donnons plus de temps à Poutine, nous lui permettons d'envoyer des soldats pauvres sur le champ de bataille. Voilà pourquoi les finances de la Russie doivent rester notre objectif. Le déficit de la Russie est plus élevé que jamais. La plupart des régions russes sont en faillite. La Russie avait prévu une offensive majeure sur le champ de bataille. Ils ont échoué. Les drones Shahid n'ont pas fonctionné comme prévu. Certes, ils ont entraîné des dégâts, mais ils n'ont pas brisé notre volonté ni notre capacité de défense. Notre difficulté pour nous, c'est de lutter contre les missiles balistiques de la Russie et contre les nouvelles technologies iraniennes. Imaginez-vous, depuis le début de cette guerre, la Russie, et depuis cette année, la Russie a déjà utilisé d'un millier de missiles différents à notre rencontre à l'encontre de l'Ukraine à l'encontre de notre population de nos enfants plus de 900 d'entre eux étaient des missiles balistiques en 8 mois cette année la Russie a utilisé 63 000 attaques de drones contre l'Ukraine contre notre population plus Plus de 7700 de ces attaques ont été des attaques menées à l'aide de Shahids, des drones véritablement dangereux. imaginez-vous cela. La Russie lance ces drones toutes les heures contre nos villes, contre notre économie, contre nos infrastructures, contre nous, alors que nos avions de combat lutte contre ces drones, cette menace toutes les heures qui complique notre vie économique, qui met en péril la vie de nos populations, qui empêche les enfants de se rendre à l'école. Que ferait votre pays face à une telle situation, face à la situation que subit l'Ukraine, nos soldats? déjà testé avec succès quatre nouveaux systèmes d'interception de drones Shahid. Nous renforçons la production et évidemment, nous allons nous protéger face à ces menaces. Nous avons aussi lancé un programme anti-balistique Freya avec l'aide de nos partenaires, dix pays. font partie de ce partenariat la Norvège, la Suède, le Danemark, l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Espagne et les Pays-Bas. La semaine dernière, j'ai invité la Pologne à rejoindre cette initiative. Nous sommes aussi en consultation avec différents gouvernements alliés qui veulent rejoindre l'initiative Freya et nous ouvrirons notre porte à tout pays qui souhaite renforcer la protection contre les missiles balistiques. Ce programme Freya, évidemment, ne se substitue pas aux systèmes qui ont déjà fait leurs preuves, tels que certains systèmes de lutte contre les missiles antibalistiques, mais nous voulons nous doter de systèmes que nous pouvons produire à plus grande échelle, à faible coût, un système qui pourrait faire partie intégrante du système de défense de l'Ukraine et de l'Europe, un système qui pourrait permettre à chaque pays épris de liberté de se défendre. La liste d'attente pour se doter de ce genre de système se rallonge, les menaces n'ont de cesse d'augmenter et les capacités de ceux qui font le choix de la guerre sont immenses. Nous devons donc produire suffisamment de systèmes de protection pour que chaque dirigeants puissent dire ma population est en sécurité. Voilà notre approche en matière de sécurité. Aujourd'hui, même les pays les plus riches ne peuvent pas se doter de suffisamment d'intercepteurs de missiles. La production ne suit pas la cadence et même les États qui ont passé des années à stocker ces systèmes en ont déjà utilisé une grande majorité. C'est la réalité, même dans la région du Golfe où les pays redoubler d'efforts pour se doter de systèmes anti balistiques robustes. Nous devons donc un nous. Nous avons besoin d'un nouveau programme Freya. Il faut mener ces efforts conjointement. Et en effet, parfois, on peut avoir l'impression que l'Ukraine ne parle que de la guerre parce que nous parlons d'armes, nous parlons de mesures de défense, de sanctions contre l'État agresseur, mais l'Ukraine n'a pas fait le choix de cette guerre. Nous faisons le choix de ne pas mourir. Nous faisons le choix de ne pas perdre notre pays, de ne pas perdre nos familles, de ne pas renoncer à notre indépendance, notre liberté. Nous nous défendons et c'est essentiel pour nous, évidemment. Mais vous tous, comme l'Ukraine, avant la guerre, Vous êtes un pays pacifique. Vous ne pensez pas à la guerre à chaque seconde de votre existence, mais cela ne signifie pas que vous êtes faible, et cela ne signifie pas que ceux qui vous veulent du mal devraient commettre cette erreur. La plupart d'entre vous n'avez pas d'armes nucléaires. Vous n'avez pas pris pour habitude de vous en prendre à vos voisins. Vous n'avez pas non plus les moyens pour financer des années de guerre, mais cela ne signifie pas pour autant que vous ne devriez pas sentir votre sécurité face à ceux qui pourraient vous menacer afin que vous puissiez les dissuader et protéger votre vie et celle de vos peuples. L'Ukraine l'a démontré. Même face à un ennemi immense, il est possible de se défendre et de survivre. Il y a aussi un accord sur la vente de drones, mais ce n'est pas tout. La coopération a pour objectif de créer des systèmes de défense sophistiqués contre les drones en mer, sur terre et dans les airs. Il s'agit non seulement de protéger notre ciel, mais aussi de protéger nos frontières, nos régions montagneuses, nos routes. Sans ces systèmes de défense, Cela serait impossible. C'est aussi essentiel pour protéger nos infrastructures critiques. C'est une question de résilience, d'utilisation efficiente de nos ressources afin que nos infrastructures critiques, nos systèmes de transport restent opérationnels, même dans les circonstances les plus difficiles. Voilà ce que nous vous offrons. Ce sont des modalités d'accord que nous adaptons à chaque pays, à chaque région. Nous travaillons avec les partenaires de la région du Golfe, les pays du Caucase du Sud et l'ensemble de l'Europe. Nous travaillons à ces accords de drones. J'ai signé, par exemple, aujourd'hui un accord avec la Finlande. C'est très important. Aujourd'hui, j'ai signé un accord de sécurité avec l'Australie. Les drones font partie de cet accord. Nous préparons des accords de la même manière avec le Canada, par exemple, lorsque la Russie lancé cette guerre, elle ne pouvait pas s'imaginer que les drones à longue portée de l'Ukraine pourraient un jour toucher et frapper ces entreprises, ces sites de production en Sibérie, sur la péninsule de Yamal, à des milliers et des milliers de kilomètres de la frontière. Aucun capitaine russe ne pouvait s'imaginer que nous pourrions faire sombrer ces navires qui étaient censés dominer la mer, mais qui n'ont pas pu résister à nos drones à longue portée. Outre les drones, nous produisons également des armes traditionnelles à coût réduit qui ont déjà été testées dans le contexte de la guerre. L'Ukraine renforce sa sécurité. L'Ukraine est un véritable fournisseur et garant de sécurité. Nos systèmes de protection ont déjà fait leurs preuves et ils peuvent réduire les risques de guerre. C'est un moyen de garantir la paix par la protection. Mesdames et messieurs, pensez-y. Aucun représentant russe n'aurait pu imaginer qu'un jour, un capitaine russe défendrait l'opposant. Et cela pourrait avoir lieu si la Russie continue de s'en prendre à notre système de chauffage cet hiver. Nous savons que l'hiver sera difficile et nous n'aurons d'autre choix que de rendre cet hiver douloureux pour la Russie également. Et c'est pour cela que nous le disons, les mesures de désescalade sont essentielles avant l'arrivée de l'hiver. Elles sont nécessaires maintenant. Nous devons pouvoir compter sur la diplomatie et petit à petit, nous comblons le gouffre. Hier, nous avons rencontré le président des États-Unis et c'est ce sujet que nous avons abordé. Malheureusement, nous n'avons pas pu parler directement avec le dirigeant de la Chine, qui est aux États-Unis, mais qui n'est pas ici. C'est pourtant une personne qui peut peser de son poids sur la Russie. Bien d'autres le peuvent également et nous voudrions que ces personnes souhaitent la paix autant que nous en Ukraine. Nous estimons que le monde peut changer la donne. Le monde a besoin de changer la donne. C'est une question d'énergie, d'infrastructures critiques, de sécurité alimentaire. Il en va de la vie de bien des personnes dans bien des pays. Enfin, il s'agit également de ralentir le développement d'armes meurtrières, un processus incessant qui est devenu une véritable menace internationale. Nous devons ralentir ce processus avant d'entamer l'étape suivante, parce que dès l'année prochaine, Il est possible que l'intelligence artificielle, pas uniquement des individus, décide de la situation sur le champ de bataille. Nous devons ralentir avant d'en arriver à ce stade, mesdames et messieurs. Ce patient zéro, ce dirigeant russe qui a lancé cette guerre, qui s'est lancé dans cette guerre, la plus grande en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. à cette guerre mais tant qu'il pourra faire la guerre, les victimes s'accumuleront. Aujourd'hui, le monde n'est plus le même qu'en 2022. Par contre, ce qui n'a pas changé, c'est la bravoure de notre population. Mais tout le reste a changé. Qui sait si notre courage sera aussi efficace à l'avenir? A en écouter certains des plus grands défenseurs de l'IA, on nous dit que l'IA reste pour le moment numérique, mais qu'un jour l'IA va passer du monde numérique pour façonner le nôtre. Et lorsque cela sera le cas, Nous aurons tout intérêt à vivre dans la paix. L'Ukraine défend sa sécurité comme vous le faites, comme chaque pays, comme chaque nation le fait. Voilà des semaines maintenant que l'Europe vous met en garde sur des velléité de la Russie contre le territoire de l'OTAN. Certains renseignements confirment ces intentions de la Russie. Et aujourd'hui, je ne veux pas non pas m'exprimer à l'Europe, mais à d'autres États, alors que la Russie pourrait se lancer dans d'autres campagnes brutales. Nous avons maintenant des prisonniers de guerre nord-coréens, mais nous savons que la Russie recrute des ressortissants de 47 pays différents pour mener cette guerre. Le Ghana, le Népal, le Tadjikistan, l'Inde, le Yémen, la Guinée, le Zimbabwe, Cuba, le Belarus, le Soudan, l'Afrique du Sud et bien d'autres pays encore sont concernés. Et de temps à autre, nous recevons des demandes de rapatriement de prisonniers de guerre. Et grâce à nos vidéos, nous voyons ces soldats mourir sur le champ de bataille, des soldats qui ne sont pas russes, qui appartiennent à vos pays, à 47 pays. personnes qui se sont retrouvées trompées, victimes de tromperie en Russie. Et j'aimerais donc dire aux représentants de ces 47 pays, vous savez ce que fait la Russie avec vos concitoyens. Prenez-en soin, ne leur permettez pas de se retrouver sur le champ de bataille. Ne laissez pas Poutine vous traîner dans cette guerre, ne laissez pas la Russie éteindre ses incendies, cacher sa honte en sacrifiant vos citoyens, restreignez sa marge de manœuvre, limitez ses financements, mettez fin à sa guerre. Et enfin, vous tous, ne soyez pas les derniers à rejoindre ceux qui défendent la vie. à rejoindre ceux qui garantissent votre sécurité. Merci à tous ceux qui nous aident. Merci à tous ceux qui sont solidaires avec nous, avec notre peuple, avec nos soldats, nos enfants. Slava, Ukraine. GA · Président de l'Assemblée générale [5:33:15]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de l'Ukraine. L'Assemblée va. À présent entendre une allocution de Son Excellence Ilieva Yotova, Présidente de la République de Bulgarie. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée générale. Bulgaria · Présidente [5:34:01]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de féliciter M. Khalilur Rahman pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies et de lui souhaiter plein succès dans cette mission responsable. Aujourd'hui, le monde a besoin non seulement de plus de dialogue, mais aussi plus de confiance, de plus de responsabilité et de plus de capacité à agir tous ensemble. L'homme doit être au cœur de cette réponse commune, sa vie, sa dignité, ses droits et ses possibilités. Cela nécessite un ordre international fondé sur la Charte des Nations unies et le droit international et une Organisation des Nations unies qui non seulement formule des principes, mais a le pouvoir et la capacité de les respecter. Cela signifie un ordre mondial de règles de tous et pour tous, pour les petits et les grands pays, sans deux poids, sans deux mesures. La Bulgarie continuera d'être un défenseur constant de cet ordre et d'une ONU forte, efficace et active. Mesdames et messieurs, aujourd'hui, l'ONU doit prouver non seulement sa capacité à rassembler les États, mais aussi sa capacité à agir. Grâce à des efforts communs, il est de notre devoir de transformer le monde du désordre en un monde de droit international et de paix durable. Le pacte pour l'avenir fournit une orientation importante, mais celle-ci doit être soutenue par une véritable réforme. Le Conseil de sécurité doit refléter le monde d'aujourd'hui avec une représentation régionale plus équitable et une légitimité et une efficacité accrues. La Bulgarie est favorable à son élargissement aux deux catégories de membres, y compris avec au moins un siège non permanent supplémentaire pour le groupe des États de l'Europe orientale. L'élection prochaine du nouveau secrétaire général sera également un choix pour la direction de l'Organisation. Nous remercions M. António Guterres pour son dévouement au service de l'ONU. Nous attendons de son successeur qu'il ait la vision, le courage et le leadership nécessaires pour rétablir la confiance, surmonter les divisions et agir pour le changement. Vos Excellences, la paix et la sécurité font partie des principales responsabilités de la communauté internationale. Face aux conflits qui ont coûté la vie de milliers de personnes et causer d'énormes destructions. Nous devons redoubler d'efforts pour prévenir et mettre fin aux hostilités. Le principal défi reste la guerre contre l'Ukraine, dont les conséquences s'étendent bien au-delà de la zone de combat immédiate. Est-ce que nous pouvons résoudre le problème? Est-ce que nous pouvons trouver les solutions? Bien sûr, je suis tout à fait convaincue. N'est-il pas le temps de repenser la politique européenne de sécurité? La Bulgarie, en tant qu'État membre de l'Union, élève la voix et propose que nous ayons également un débat sur ce sujet et le but plus large du futur de l'Europe, avant et après la guerre. Et pour commencer le débat, il est grand temps de transférer le conflit de l'armée au domaine politique et diplomatique. Il s'agit de négociations qui nécessitent un dialogue et au moins un minimum de confiance, étayé par les garanties appropriées. À la fois, l'Europe ne peut pas être un simple observateur. Elle doit être un véritable participant aux négociations sur l'architecture de sécurité d'après-guerre sur le continent après la fin de la guerre. L'Europe doit être en mesure de garantir sa propre sécurité. La sécurité militaire devrait être complétée par le deuxième pilier de la sécurité, c'est-à-dire le pilier contractuel juridique, qui devrait garantir que le renforcement du potentiel de défense apporte plus de sécurité, plus qu'une nouvelle course aux armements. Pour la sécurité de l'Europe, nous devons ajouter à la sécurité militaire, économique Une diplomatie forte, parce qu'on ne peut pas négocier, chers collègues, sans la participation des deux pays, l'Ukraine et la Russie. Il serait irresponsable qu'après la fin de la guerre en Ukraine, nous ne puissions rien offrir de mieux aux citoyens européens qu'une guerre froide nouvelle et pire. Nous avons besoin d'une vision pour le lendemain, selon la formule une Europe de la paix grâce à une défense dissuasive et une sécurité partagée. De cette plus haute plateforme, nous faisons un appel pour nous guider sur la voie de cet objectif. La Bulgarie considère que la sécurité et la stabilité de la région de la mer Noire font partie intégrante de la sécurité nationale dans toutes ses dimensions. Mais ce n'est pas seulement la sécurité nationale, c'est la sécurité mondiale. La guerre en Ukraine est sortie des eaux territoriales des parties au conflit, ce qui touche directement la Bulgarie aujourd'hui. Cependant, le problème de la mer Noire est passé du régional au mondial, car avec les conséquences négatives régionales combinées à la guerre en Iran et à l'aridité du Danube, Il conduit à une crise alimentaire dans le monde, principalement au Moyen-Orient et en Afrique. L'impossibilité d'exporter des céréales et des engrais pose un risque réel de famine cet hiver dans un certain nombre de pays de ces régions et de compromettre la récolte de 2027. La Bulgarie ne peut pas et ne veut pas rester indifférente et, appliquant l'approche de la diplomatie pratique, prépare une initiative pour laquelle elle s'efforcera, avec les pays de la région et toutes les parties intéressées, de parvenir à un accord et une action commune afin d'assurer la liberté et la sécurité de la navigation en mer Noire. Nous sommes convaincus que ce sujet mérite l'attention de l'ONU aussi. La Bulgarie demande donc que la mer Noire soit transformée d'une zone de risques et de menaces accrues à une zone de sécurité partagée, une zone de sécurité, une zone de libre transport, d'énergie, de commerce, de corridor numérique, de tourisme, une zone où différentes cultures, religions et systèmes politiques se rencontrent en paix. Le Moyen-Orient a également besoin de solutions politiques et de désescalade aussi. Un nouveau cycle de destruction, de crise humanitaire et de violence ne peut être permis à Gaza. Chers collègues, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, je commémore la capitaine Marine Marinov, qui a perdu sa vie à Gaza, mais qui a accompli sa mission humanitaire. Il est nécessaire de créer les conditions d'une stabilisation et d'une reconstruction, de garantir des sécurités crédibles pour Israël et d'une gouvernance palestinienne efficace. La Bulgarie condamne les actions terroristes de Hamas et insiste sur son désarmement complet et inconditionnel. L'organisation n'a pas sa place dans la gouvernance de Gaza. Nous restons convaincus que la seule solution durable est pour deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et dans la sécurité. C'est la seule façon de donner aux deux peuples la perspective d'une vie digne et d'un avenir pacifique. Dans le contexte du développement autour de l'Iran, la sécurité des voies maritimes mondiales est en premier lieu. La route à travers le détroit d'Ormuz a mis en évidence les dimensions mondiales de cette question. Comme nous l'avons souligné publiquement à plusieurs reprises dans les enceintes internationales, La Bulgarie soutient fortement la liberté et la sécurité du transport maritime international, insiste sur le plein respect du droit international applicable et de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. La sécurité exige que nous limitons les risques découlant des armes de destruction massive et de leurs prolifération. La Bulgarie reste déterminée à renforcer l'architecture internationale de non-prolifération, de désarmement et de maîtrise des armements, et les 3 piliers du Traité sur le non-prolifération des armes nucléaires. Nous soutenons l'objectif d'un monde sans eux, qui doit être poursuivi par des mesures pragmatiques, plus de transparence, un contrôle vérifiable et une limitation des arsenaux. Les conflits mondiaux ont introduit de nouvelles menaces jusqu'alors inconnues, menaçant même la sécurité nucléaire par des attaques irresponsables contre des sites nucléaires. D'autre part, Le respect du traité de non-prolifération est la condition essentielle pour l'Iran, qui doit avant tout se conformer strictement à ses obligations internationales et parvenir à un accord nucléaire durable sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique. La sécurité d'aujourd'hui exige que nous agissions à temps. Cela implique un renforcement de la diplomatie, de la médiation et du dialogue politique. mais aussi un contrôle efficace de la prolifération des armes et de l'application militaire des nouvelles technologies. L'intelligence artificielle doit être développée dans le cadre du droit international et sous un contrôle humain efficace, et l'espace doit rester un espace d'utilisation pacifique et sûr. Le même principe doit guider notre réponse au terrorisme, à la radicalisation, à la désinformation et aux cybermenaces. Aucun pays ne peut le faire seul, mesdames et messieurs. Des institutions fortes, des opérations de maintien de la paix des Nations unies efficaces et une coopération internationale plus étroite sont tout à fait nécessaires, juste aujourd'hui. La Bulgarie continuera de défendre cette approche. La sécurité durable se construit non seulement en répondant aux crises, mais aussi par notre capacité à les prévenir. Vos Excellences. En tant que membre du Conseil des droits de l'homme des Nations unies de 2024-2026, la Bulgarie œuvre pour un environnement public où la discrimination, le racisme, l'antisémitisme et le discours de haine n'ont pas leur place, dans notre temps et dans notre vie. La liberté des médias, la protection des journalistes et de l'accès à des informations fiables constituent un élément essentiel de cet environnement, en particulier face à la désinformation croissante. Cet engagement implique également de veiller à ce que chacun ait la possibilité de participer et d'être entendu. Les droits de l'enfant et l'accès à l'éducation, la participation légale des femmes et des filles aux processus sociaux et la pleine inclusion des jeunes dans ceux-ci sont essentiels pour construire des sociétés dans lesquelles chacun fait partie des décisions qui déterminent son propre avenir. À la fois, ce sont les inégalités qui s'approfondissent chaque minute dans le monde. La Bulgarie appuie les efforts internationaux concrets dans cette direction, depuis la garantie du droit à l'éducation de chaque enfant, jusqu'à la mise en œuvre cohérente du programme pour les femmes, la paix et la sécurité. La protection des droits de l'homme se mesure non seulement aux engagements pris, mais aussi aux possibilités réelles de participation, d'éducation et de vie digne. Tel est notre objectif commun, des sociétés dans lesquelles les différences ne divisent pas, la haine ne définit pas et les droits et la dignité de chaque personne sont protégés. La responsabilité environnementale est l'un des principes fondamentaux du développement durable. Malheureusement pour nous, dans le contexte de la guerre contre l'Ukraine, un tel sujet devient de plus en plus pressant. La résilience et l'équilibre des écosystèmes marins dans la mer Noire sont menacés par des conséquences néfastes du conflit militaire. La Bulgarie appelle instamment à l'engagement politique et au respect de la résolution 77104 de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 7 décembre 2022, sur la protection de l'environnement dans les conflits armés. Pour la Bulgarie, l'investissement dans l'éducation, la science et la culture est un investissement dans la viabilité de long terme des sociétés. Non seulement il préserve la connaissance de l'identité, mais il donne aux gens la capacité de s'adapter et de créer. La Bulgarie continuera de respecter cet accord également au niveau international. Notre élection en tant que membre du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel de l'UNESCO pour la période 2026-2030 est l'occasion de faire de cet engagement une contribution encore plus forte et plus active. Vos Excellences, tous ces efforts mènent à un objectif commun, à un monde dans lequel la paix, la sécurité, les droits de l'homme et le développement sont soutenus et complétés, et où le droit international protège la dignité humaine. Faisons en sorte que l'ONU ne soit pas seulement un forum pour discuter des crises, mais aussi un moteur pour leur prévention et leur règlement pacifique, parce que L'avenir n'appartient pas nécessairement aux plus forts. Il appartient à ceux qui réussissent à bâtir la confiance. Il n'y a pas de plus grande responsabilité envers nos peuples que de livrer aux générations futures un monde dans lequel la coopération est plus forte que la confrontation, le dialogue plus fort que les discours de haine et la paix plus forte que la guerre. Et la Bulgarie est prête à y contribuer, non seulement en tant qu'utilisateur de sécurité, mais aussi en tant que créateur de sécurité. Merci beaucoup. GA · Président de l'Assemblée générale [5:50:35]: Au nom de l'Assemblée. Au nom de l'Assemblée, je remercie la présidente de la République de Bulgarie. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Faustin-Archange Touadéra, chef d'État de la République centrafricaine. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée. Central African Republic · Chef d'État [5:51:37]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, je prends la parole au nom de la République centrafricaine, avec le sentiment de responsabilité que confère cette tribune et la fierté d'un peuple qui n'a jamais cessé d'espérer. Monsieur le Président, Cette session s'ouvre sur le signe d'une double exigence: restaurer la confiance et gérer la transformation. Pour comprendre l'urgence d'agir, regardons d'abord le monde tel qu'il est. Jamais depuis longtemps, la paix n'a paru aussi fragile dans tous les continents. Les conflits se multiplient, s'enlisent et se nourrissent les uns des autres. Chacun a sa logique, son histoire, ses responsables, mais tous ont un point commun: ils coûtent des vies civiles, détruisent des écoles et des hôpitaux, et déplacent des familles entières. Ces crises ne restent jamais confinées. Les perturbations autour du détroit d'Ormuz font flamber les prix de l'énergie et des engrais. Les routes de la migration forcée se remplissent. Le terrorisme, les trafics et les groupes armés prospèrent dans les zones que l'État ne contrôle plus. Aucun pays, si lointain soit-il du front, n'est à l'abri des répercussions. Dans le même temps, les divisions au sein du Conseil de sécurité, instance chargée de préserver la paix et la sécurité internationales, paralysent l'action là où elle serait la plus urgente. Le droit international, censé protéger les faibles des ambitions des puissants, est chaque jour davantage relégué au rang de simple option. Voilà le paradoxe de notre temps. Nous n'avons jamais eu autant de raisons d'agir ensemble et jamais autant de mal à le faire. Ce paradoxe a un prix. Et ce prix, ce sont d'abord les plus vulnérables qui le payent. Selon les Nations unies elles-mêmes, plus de 147 millions de personnes dans 19 pays et territoires ont connu en 2025, une insécurité alimentaire aiguë causée par les conflits. Et pourtant, au moment où les besoins explosent, les moyens reculent. Le financement humanitaire est retombé à des niveaux que l'on n'avait jamais connus depuis 2016. L'aide publique au développement s'effrite, les opérations de maintien de la paix, y compris dans mon propre pays, ont dû réduire leurs patrouilles, fermer des bases, suspendre des initiatives de dialogue local. Chaque coupe budgétaire décidée à New York ou dans une capitale lointaine se traduit sur le terrain par un espace laissé aux groupes armés. Le piège est cruel. Un pays fragile a besoin de sécurité pour se développer. et de développement pour se stabiliser. Quand la santé, l'éducation, les routes, l'énergie et l'emploi des jeunes passent au second plan, ce ne sont pas seulement les objectifs de développement durable qui s'éloignent, c'est la paix elle-même qui se fragilise. Je le dis ici avec force, abandonner les pays fragiles, ce n'est pas faire des économies. C'est reporter la fracture en la rendant plus lourde. La République centrafricaine connaît ce piège. Elle sait aussi comment en sortir. Elle a traversé des épreuves dont la mémoire reste vive. Elle en a tiré une conviction. La paix ne se décrète pas, elle se construit jour après jour, par le dialogue, la justice et le développement partagé. Aucune paix imposée par la force ne saurait être durable. Seule une paix négociée, juste et inclusive, peut restaurer véritablement la confiance entre les nations. C'est pourquoi nous avons fait le choix, un choix difficile et souvent critiqué, du dialogue politique inclusif, du désarmement négocié et de la réconciliation nationale plutôt que de la seule réponse militaire. Cette politique de la main tendue a permis des résultats concrets que je tiens à partager avec cette Assemblée. Sur les 14 groupes armés signataires de l'accord politique pour la paix et la réconciliation, 11 ont déjà procédé à leur autodissolution dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement. Les deux derniers groupes engagés dans ce processus poursuivent, conformément à l'accord de Djamena, leur propre dissolution. Je le dis avec la conviction de l'expérience vécue, tendre la main à l'adversaire d'hier n'est pas un signe de faiblesse. C'est souvent le chemin le plus sûr vers une paix durable. C'est pourquoi je renouvelle la proposition que la République centrafricaine porte depuis plusieurs sessions la création d'un mécanisme mondial de prévention et de médiation des conflits, doté de ressources prévisibles et géré avec une transparence totale. Monsieur le Président, on ne saurait prétendre restaurer la confiance sans s'attaquer avec la même détermination au changement climatique. Il n'y a pas de sécurité durable sans sécurité climatique. ni de sécurité climatique sans justice climatique. Mon pays portera à la 31e Conférence des parties à Antalya, en Turquie, trois exigences. Que le Fonds pour les pertes et dommages devienne pleinement opérationnel et accessible. Que le financement de l'adaptation cesse d'être le parent pauvre de la finance climatique et que les pays du bassin du Congo deuxième poumon forestier de la planète, soient enfin rémunérés à la juste valeur du service qu'ils rendent à l'humanité en préservant leur écosystème. Cette exigence de justice vaut pour la santé mondiale. Nous appelons à un accès équitable aux vaccins et aux technologies de santé et à un renforcement des systèmes de santé des pays les plus fragiles. Restaurer la confiance, monsieur le Président, ne se limite pas aux relations entre États. Elle se construit d'abord à l'intérieur de nos propres frontières, entre l'État et les citoyens. C'est le sens de notre plan national de développement 2024-2028, la sécurité et la gouvernance, le capital humain, les infrastructures résilientes La production économique et la durabilité environnementale ne sont pas seulement un cadre de planification, mais un contrat social renouvelé. avec notre population. Au centre de cette ambition, il y a notre jeunesse. Elle est notre première richesse, notre première responsabilité. Une jeunesse formée, employée, associée aux décisions est la meilleure garantie contre les regroupements des groupes armés. Il en va de même des femmes, dont le rôle dans la consolidation de la paix n'est pas un complément, mais une condition. Monsieur le Président, mon pays vit aussi, comme tant d'autres, l'impact des crises qui l'entourent, qu'il s'agisse des mouvements de réfugiés ou de la pression sur ses frontières. La guerre au Soudan voisin a poussé plus de 27 000 réfugiés à s'installer autour de la seule ville de Birao, dont la population a plus que doublé, exerçant une pression insoutenable sur des ressources en eau et des services déjà limités. La localité d'Amdafoq a connu en juin dernier une escalade de violences qui a jeté sur les routes plus de 11 000 de nos compatriotes, tandis que l'arrivée d'éleveurs soudanais en fuite avec leurs troupeaux attisent des tensions nouvelles avec nos populations agricoles pour l'accès à la terre et à l'eau, des tensions que des groupes armés n'hésitent pas à exploiter. Mon pays, fort de son hospitalité légendaire, ne s'en plaint pas. Il demande que la solidarité régionale et internationale soit à la hauteur des défis. La République centrafricaine aspire, comme toute nation souveraine, à assumer pleinement seule sa sécurité. Je le dis avec la même gravité, tout retrait de la MINUSCA doit être progressif, se construire sur des critères objectifs et partagés, et non sur un calendrier arbitraire, déconnecté des réalités du terrain. Monsieur le Président, La transformation dont parle le thème de cette session, nous la voulons, mais nous refusons qu'elle se fasse sans l'Afrique ni sur son dos. Cette transformation passe d'abord par une réforme assumée du Conseil de sécurité. On ne peut pas prétendre représenter le monde de 2026 avec les équilibres de 1945. Un continent de plus d'un milliard 300 millions d'habitants, dont les crises occupent une part majeure des travaux du Conseil, doit y avoir au moins une représentation permanente. Le pacte pour l'avenir a ouvert une fenêtre. Mais deux ans après son adoption, les négociations sur la réforme du Conseil de sécurité se poursuivent sans qu'une décision à la hauteur de l'urgence n'ait été prise. La position africaine, portée depuis plusieurs années par le consensus d'El-Zouhni et la déclaration de Syrte, n'est pas une faveur demandée, c'est une exigence de justice et d'efficacité. La transformation passe ensuite par des opérations de paix dotées de mandats réalistes et de financements prévisibles. Nous soutenons le renforcement du partenariat entre l'ONU et l'Union africaine, y compris par des financements prévisibles pour les opérations conduites par les Africains eux-mêmes. La transformation passe enfin par une architecture financière internationale qui cesse de pénaliser les pays fragiles. Ces réformes ne sont pas des faveurs. Ce sont des investissements dans la stabilité du monde. L'ONU doit profiter à tous ses membres. Monsieur le Président, la transformation numérique et l'essor de l'intelligence artificielle sont présentés à juste titre comme l'une des grandes promesses de notre époque. Le pacte numérique mondial doit devenir réalité. connectivité abordable, transfert de compétences, protection des données et une gouvernance de l'intelligence artificielle où les pays en développement décident et ne se contentent pas d'utiliser. La transformation suppose aussi d'affronter l'histoire avec lucidité. Les blessures héritées de la colonisation marquent encore notre continent. La réparation n'est pas une querelle du passé, c'est une exigence de justice qui engage l'avenir. Reconnaissance des torts, restitution des biens culturels et des archives, coopération équitable, allègement de la dette, les voies sont nombreuses. L'Union africaine en a fait une priorité et la République centrafricaine s'y associe pleinement. La transformation appelle un respect réel de la souveraineté des États. Les sanctions et restrictions doivent être des instruments au service de la paix, ajustés en fonction des progrès réalisés et non des mesures de représailles au service de la géopolitique. Monsieur le Président, nous sommes à la croisée des chemins. Les diagnostics, nous les avons. Il nous manque maintenant la décision. C'est pourquoi la République centrafricaine appelle les Nations unies à agir. Sauver le monde n'est pas l'affaire d'une nation, ni d'un continent, mais de toutes les volontés réunies. Que cette 81e session soit celle où nous avons cessé de constater pour commencer à agir. Mesdames et messieurs, je vous remercie pour votre aimable attention. GA · Président de l'Assemblée générale [6:06:47]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le chef d'État de la République centrafricaine. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence José Raúl Molina Quintero, président de la République du Panama. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence, que j'invite à s'adresser à l'Assemblée générale. Panama · Président [6:07:47]: Bonjour, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs. Je m'adresse à nouveau à l'Assemblée générale au nom de la République du Panama, nation dont la géographie a défini le destin. Pont du monde reliant les continents, les cultures et les marchés. A un moment de l'histoire où les fractures géopolitiques menacent de nous polariser dangereusement, nous réaffirmons notre vocation historique de l'union et d'accord commun. Les polarisations sont accompagnés d'un grand nombre de personnes qui estiment que les organisations internationales ont oublié les valeurs et les priorités de l'écrasante majorité des citoyens. Je pense à ceux qui veulent progresser dans la paix, qui veulent pouvoir travailler, rentrer chez eux en toute sécurité, ceux qui défendent l'institution de la famille, dont le credo et la culture s'est forgé au fil des siècles et qui maintenant est remise en cause. La majorité se sent sous pression en raison de l'action du multiculturalisme progressiste. Une grande partie de la société n'est pas prête à l'accepter et ne pas accepter cette imposition. Je viens d'une petite grande nations, croisements de races, de traditions culturelles pour créer une société ouverte au monde, convaincue de l'importance de la paix. Mais nous avons pu le faire au fil des ans sans imposer quoi que ce soit. C'est-à-dire que ça s'est fait naturellement. Je suis profondément convaincue que l'ONU a un immense potentiel dans un monde aussi instable, aussi asymétrique, mais il doit pouvoir prendre les rênes d'actions préventives et prendre des mesures pour rectifier le tir de façon efficace. Je crois en le multilatéralisme. Je suis convaincue que la paix et la prospérité des nations doivent reposer sur le droit international, axe régissant les relations entre les pays. Ces arguments théoriques doivent s'exprimer en résultats concrets. À l'heure actuelle, il nous faut reconnaître que les citoyens ne pensent pas que ce type de rencontre soit dans leur intérêt, d'où l'importance de restaurer la confiance. Je vais vous donner un exemple concret pour illustrer mon propos. Depuis 2021, L'organisation avait formulé des recommandations sur la migration clandestine, avait créé une base d'aide humanitaire qui ressemblait plus à un camp de concentration en plein 21e siècle. Mais très concrètement, le transit de personnes a augmenté en 2022, plus encore en 2023 et au premier semestre de 2024, c'est-à-dire qu'on est passé d'une immigration échappant à tout contrôle à une immense immigration illégale avec un poste de contrôle. La traite des personnes, les trafiquants de drogue ont profité de l'opportunité pour transporter davantage de familles et des femmes se sont retrouvées veuves, des enfants orphelins dans l'une des pires catastrophes qu'a connues mon pays, ce à quoi il faut encore ajouter les dégâts écologiques provoqués dans une réserve de la biodiversité, à savoir le parc national du Darien. qui avaient été utilisés pour y déverser des déchets de tous types par plus d'un million de personnes qui sont passées par là. Dès le premier jour, j'ai su que je devais régler la question individuellement et c'est ce que j'ai fait parce que l'organisation n'allait pas pouvoir le faire. Et voilà pourquoi au début de. ma présidence, j'ai passé un protocole d'accord avec le gouvernement des États-Unis, car finalement, c'était une question frontalière qui concernait les États-Unis, mais qui se déroulait au Panama. Et c'est comme ça que, au deuxième semestre de 2024, grâce à un immense effort de notre pays, nous avons réussi à parvenir à une diminution de 50 % par rapport au premier semestre. En 2025, lorsque les États-Unis ont appliqué des mesures restrictives et lorsque nous avons travaillé en plus étroite coopération, la réduction a été de 99 %, ce qui a signifié que l'on a pu mettre un terme à l'une des pires crises humanitaires qu'a jamais connues le Panama. Nous avons mis un terme à la désintégration familiale et à une activité criminelle. Ne comprenez pas cette description comme une critique isolée. Mais c'est véritablement un point d'inflexion pour véritablement comprendre le décalage de plus en plus important entre ce qu'attendent les citoyens et ce qu'ils obtiennent de l'organisation sur des questions telles que la migration irrégulière, par exemple. Mesdames et Messieurs, pour restaurer la confiance, il nous faut ensemble travailler sur les questions dans l'intérêt des citoyens. Le commerce mondial est indubitablement l'une des plus grandes expressions de la liberté de produire, de transporter et de commercialiser des pays d'une nation à l'autre. Nous sommes fiers d'être un lieu de connexion du commerce mondial. Nous avons le canal qui relie des océans, qui transporte des marchandises de tous les pays sans distinction aucune et qui est le parangon de l'intégration. Et nous subissons les effets des changements climatiques, ce qui est paradoxal parce que nous avons des émissions de carbone négatives. Nous sommes l'un des rares pays au monde à être dans ce cas, mais nous devons quand même faire face à de graves sécheresses, suivies de graves précipitations qui entraînent des inondations. Et cela nous amène à lancer une réflexion. Il existe de multiples assistances aux nations qui rejoignent l'objectif noble de la décarbonation. Mais nous ne bénéficions pas d'aides économiques, alors même que nous enlevons davantage de carbone que nous n'en produisons. C'est le canal du Panama. qui s'est développé sous le contrôle du Panama, qui doit investir des milliards pour pouvoir gérer le projet d'un réservoir d'eau pour garantir l'utilisation du canal, pour assurer la prévisibilité du commerce international et pour alimenter en eau des centaines de milliers de citoyens. Et c'est également la responsabilité des Nations unies que de soutenir des projets responsables sur le plan social et environnemental, qui représentent de véritables progrès dans nos pays. Il est absolument fondamental de ne pas céder aux pressions exercées par des organisations qui recherchent l'extorsion sous prétexte de lutte sociale et qui se derrière des organismes internationaux tels que l'OIT, par exemple. Mesdames et messieurs, le Panama est un leader mondial dans la conservation de la biodiversité et du patrimoine culturel en tant que fondement même de notre développement durable. Nous sommes un pays qui protège 33 % de notre territoire et 54 % de nos mers. L'année dernière, nous avons annoncé ici un pacte avec la nature et le Fonds Panama Nature, des initiatives sur lesquelles nous progressons déjà. Et aujourd'hui, je vous annonce que le Panama mènera à l'échelle internationale des efforts de reconnaissance des droits universels de la nature. Je vous demande à tous et toutes de nous accompagner et de soutenir cette initiative. En tant que chef d'État, Je vous remercie. En tant que chefs d'État, nous savons que la confiance ne peut pas être décrétée à grand renfort de résolutions. La confiance se gagne sur le terrain, lorsque les institutions honorent les engagements, lorsque le droit international est appliqué sans sélectivité et lorsque les peuples voient que le système multilatéral se traduit en mesures concrètes. Je vais vous raconter une anecdote. En 1992, j'étais jeune vice-ministre des Affaires étrangères de la République à l'époque, et j'ai participé en Indonésie, à Bali, à la première réunion après la transformation du monde du MNA, du Mouvement des Non-Alignés. Et à l'époque, tout était encore confus, compliqué. Le monde n'avait pas encore d'organisation rassemblant les pays. On luttait contre l'apartheid, on luttait contre le colonialisme, le néocolonialisme, les conflits au Moyen-Orient. Bref, il y avait des problèmes de part le monde, le Panama. était dans la dernière étape de la restitution souveraine du canal à notre pays. Et à ce moment-là, j'ai posé la question à l'ambassadeur représentant permanent du Panama auprès des Nations unies, César Pareja. Je lui ai demandé qu'est-ce qu'on fait maintenant? Et il m'a donné une réponse très franche et très courte. Nous soutenir dans le droit international public. Et nous sommes là, des années plus tard, en train de parler de la même chose. Nous Croyons fermement en un multilatéralisme utile qui ne soit pas une fin en soi, mais qui soit un outil efficace permettant le développement des peuples et la préservation de la paix. Ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz prouve les défaillances dans l'application du droit international. prouve l'impossibilité de trouver des solutions face aux premiers symptômes d'une crise et des dégâts mondiaux que provoque cette situation de par le monde. Il me serait facile de ne pas aborder la question car le canal de Panama en a profité avec un transit accru de navires en raison de cette situation. Mais Je n'ai jamais été égoïste et je refuse de me livrer à des spéculations sur une question si sensible pour le monde entier. La réalité est délétère, non seulement en raison des attaques contre des innocents, tels que les équipages des navires commerciaux, mais aussi pour des millions de personnes qui manquent d'aliments, les agriculteurs qui doivent payer davantage pour les engrais et les travailleurs qui doivent payer plus cher leur carburant, ce qui génère l'inflation, l'impôt le plus régressif qui existe. Je suis scandalisée du point de vue du Panama parce que nous sommes des fervents défenseurs de la souveraineté nationale, mais nous avons également un traité de neutralité du canal qui a constitutionnel et qui a été et qui sera la garantie de la liberté de commerce et la garantie de ce passage devant toutes les nations du monde. Comme vous le voyez, le Panama ne défend pas uniquement ses principes, mais s'efforce activement de les appliquer. En décembre prochain, notre pays va achever son mandat en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité. En assumant cet insigne honneur, notre position était très claire. Nous n'avons pas voulu choisir de camp au Conseil de sécurité. Nous y sommes allés pour défendre des principes: la souveraineté, l'intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends et la protection des civils. Voilà les règles qui protègent l'existence même des États, surtout des plus petits États. Je tiens, devant cette Assemblée générale, à insister à nouveau sur le fait que l'Amérique latine et les Caraïbes doivent occuper des positions plus importantes dans la prise de décision au Conseil de sécurité, notamment pour être membre permanent du Conseil de sécurité de cette Organisation. Nous sommes une région décisive en termes d'alimentation, de minerais, de biodiversité et nous sommes convaincus de l'importance de la paix et de l'intégration. Notre conclusion est donc inéquivoque. Le monde n'a pas besoin de moins de Nations unies. Le monde a besoin d'une Organisation des Nations unies qui fonctionne mieux, qui agisse avec au niveau de la diplomatie préventive et qui puisse obtenir des résultats très concrets dans de brefs délais. Nous sommes à un tournant de notre histoire. Nous allons élire le ou la prochain Secrétaire général, ce qui sera décisif pour définir le programme futur, pour instaurer une confiance forte et durable, compte tenu, bien entendu, du nouvel équilibre mondial, si on peut l'appeler ainsi. Et voilà pourquoi nous sommes d'avis que la guerre en Ukraine doit cesser, s'achever grâce au dialogue et la diplomatie. Au Moyen-Orient, nous rechercherions également une paix pérenne qui rassemblerait des nations recherchant une harmonie avec le reste du monde. A l'échelle régionale, nous Nous réitérons la demande de renforcement de la démocratie participative dans toute l'Amérique latine et les Caraïbes, qui sera possible dans le respect des élections libres, régulières et transparentes dans tous les pays de la région. S'agissant de la sécurité, nous continuerons de coordonner notre action avec nos alliés dans la lutte contre le trafic de drogue, contre la violence et la désintégration sociale. Nous soutenons fermement le gouvernement voisin de la Colombie, qui s'efforce de réduire la production de cocaïne, une question qui nous touche également en tant que pays de transit. Mesdames et messieurs, Sur une planète caractérisée par la rivalité stratégique des grandes puissances, le Panama fait le choix, en raison de l'histoire et de ses convictions profondes, de rester un point de rencontre où l'humanité pourra bâtir un avenir fait de paix et de développement partagé. Nous sommes une nation qui accueille des personnes de différentes cultures. qui accueille des oiseaux, des baleines, des navires, des conteneurs du monde entier. Nous sommes l'amphitryon du monde et nous invitons toutes les nations libres qui aspirent à la prospérité de leur peuple et qui aspirent à participer à un commerce mondial avec une autonomie de décision dans le respect de leurs valeurs et de leurs traditions, à œuvrer de concert. Nous sommes également les amphitryons Des investissements avec une nouvelle étape de développement national pour améliorer la logistique mondiale. Les concessions de cinq ports mondiaux, dont deux. parmi les plus grandes de l'Amérique latine, l'expansion des services des pétro-terminaux du Panama, ce qui sera stratégique pour permettre le transit des hydrocarbures de l'Atlantique vers le Pacifique, et ce qui a été récemment acquis. dans sa totalité, par notre État. Comme je l'ai dit dans mon allocution, qu'il s'agisse de commerce mondial, qu'il s'agisse d'investissement, qu'il s'agisse de lutte contre le trafic de drogue et contre le terrorisme, tout doit se faire dans le respect de la souveraineté et de la paix, et tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies peuvent compter et pourront continuer de compter sur le Panama. Je vous remercie. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [6:27:30]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République du Panama. Panama · Président [6:27:58]: L'Assemblée va très entendre l'allocution de Son Excellence Taye Adke Selassie Amde, président de la République démocratique fédérale de l'Éthiopie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prononcer son allocution devant l'Assemblée. Ethiopia · Président [6:28:36]: Excellence Khalilur Rahman, président de la 81e session de l'Assemblée générale. Excellence António Guterres, secrétaire général des Nations unies. Excellences, Mesdames et Messieurs. Au nom de l'Éthiopie, je tiens à vous féliciter, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Je tiens également à adresser mes sincères remerciements à votre prédécesseur, Son Excellence Madame Annalena Baerbock, pour son sens de la direction des travaux de la quatre-vingtième session. Monsieur le Président, nous sommes rassemblés à un moment historique pour l'humanité. Il y a 63 ans, en 1963, l'empereur Haïlé Sélassié avait mis en garde la communauté internationale en indiquant qu'une paix pérenne ne pourrait advenir que si les nations reconnaissaient que leur véritable force ne résidait pas dans la domination des autres, mais bien dans la coopération axée sur une véritable égalité. En tant que membre fondateur des Nations unies, L'Éthiopie porte à la fois les plaies de la trahison historique et également la conviction intime d'un rescapé. Lorsque la Société des Nations n'a pas répondu à notre appel face à l'agression fasciste dans les années 30, nous n'avons pas succombé au désespoir, à la désolation. Non, nous nous sommes tenus la tête haute en tant que chantre de la sécurité collective. en aidant à créer l'organisation d'aujourd'hui. Aujourd'hui, nous appelons le concert des nations à mobiliser ce même courage afin de renforcer les idéaux qui ont permis d'éviter un conflit mondial et le fléau de la guerre. La question à se poser est de savoir combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que les piliers de la sécurité collective ne se fissurent tellement qu'ils ne puissent plus être raccommodés. C'est exactement là le sens du multilatéralisme, non pas en tant qu'opportunisme diplomatique, mais en tant que bouclier ancré dans l'égalité souveraine pour faire face aux aléas de la politique du pouvoir. Monsieur le Président, je tiens à remercier le Secrétaire général de nous avoir présenté les enjeux majeurs de notre époque, à savoir l'intelligence artificielle, la crise climatique et les inégalités planétaires qui se creusent. Ce ne sont là pas seulement des choix politiques. Ces défis façonneront le destin de l'humanité. Les Nations Unies ont remporté des victoires majeures face à la pauvreté abjecte, mais cela n'a jamais suffi. Lorsque les richesses s'accumulent entre les mains d'une poignée de personnes, des milliards d'autres souffrent des inconvénients, des privations structurelles. Toutefois, nous pensons que nous pouvons mobiliser les programmes, les ressources, la sagesse pour combler ce fossé. Ce ne sont pas les moyens de mise en œuvre qui font défaut au sein de la communauté internationale, mais bien le courage moral de tenir les promesses faites il y a huit décennies. La pauvreté, les disparités systémiques attisent également les crises écologiques et environnementales. La consommation excessive de quelques-uns est à l'origine des émissions qui asphyxient aujourd'hui notre planète. Pourtant, ces engagements non tenus ravagent déjà les vies et les infrastructures. Si nous souhaitons surmonter cette crise, nous devons agir maintenant et agir rapidement. S'agissant des actions menées, mon pays, l'Éthiopie, est fière d'accueillir la COP32 en novembre 2027. L'Éthiopie va contribuer à organiser une conférence dynamique, participative, rassemblant le secteur privé et les parties prenantes internationales pour lancer des solutions tangibles en faveur de l'action climatique. À cet égard, j'invite sincèrement tous les dirigeants de ce monde à se rendre en Éthiopie et à marquer de leur empreinte sommet sur le climat. Pour ce qui est de la révolution numérique et de l'intelligence artificielle, l'Afrique se doit de poser une question décisive. L'ère de l'intelligence artificielle Entraînera-t-elle de nouvelles inégalités mondiales ou va-t-elle décupler notre croissance collective? Nous devons veiller à ce que le Sud global prenne les rênes de cette révolution technologique au lieu de demeurer un spectateur impuissant. Toutefois, certaines initiatives émanant du Sud global nous donnent une lueur d'espoir. En effet, nous pouvons bénéficier des avancées technologiques grâce à notre clairvoyance et à notre leadership. Un exemple éclatant, c'est l'initiative lancée par l'Éthiopie du programme de 5 millions de codeurs et l'université de l'intelligence artificielle qui verra bientôt le jour. Tout cela démontre que notre continent est prêt à bâtir l'avenir. Monsieur le Président, l'Éthiopie est intimement convaincue que les Nations unies doivent être réformées de fond en comble pour mieux prendre à bras le corps les défis mondiaux en pleine mutation. La réforme de l'ONU doit être à la hauteur de nos nobles aspirations, une organisation ancrée dans l'égalité et la justice. L'Afrique a attendu trop longtemps dans l'ombre des décideurs de ce monde et à présent, elle réclame que justice soit rendue immédiatement grâce à une réforme profonde du Conseil de sécurité de l'ONU. Si la communauté internationale est véritablement de bonne volonté, alors comment Le monde peut-il justifier qu'1,6 milliard d'Africains soient privés du droit à une représentation égale? En effet, il s'agit là d'une quête générationnelle de la vérité et de la moralité. Monsieur le Président, l'Éthiopie n'a cessé de promouvoir la coopération et l'intégration régionales grâce au développement des infrastructures, au commerce et aux relations entre les peuples de la Corne de l'Afrique. Nous avons accompli des progrès notables aux côtés de plusieurs de nos voisins, en dépit des tentatives d'acteurs externes irresponsables qui attisent souvent l'instabilité, en dépit d'ingérence continue dans nos affaires intérieures par certains éléments. Nous avons fait montre d'une retenue sans pareille et nous souhaitons toujours être une des nations les plus prospères et dynamiques en Afrique. Notre message aux forces de la destruction et du chaos est limpide. Nous les exhortons à respecter le droit sacro-saint du peuple de la Corne de l'Afrique à vivre dans la paix et dans la prospérité. Pour ce qui est de la région, l'Éthiopie n'a cessé d'appuyer les efforts des organisations régionales et sous-régionales visant à faire advenir une paix durable au Soudan. Nous sommes persuadés qu'un règlement pacifique ne sera possible que grâce à un processus de paix emmené et maîtrisé par les Soudanais, qui rendrait compte de la volonté et des aspirations du peuple soudanais. Monsieur le Président, l'Éthiopie continuera de s'engager en faveur de la réalisation de notre objectif primordial d'édifier un pays démocratique et prospère. Les avancées accomplies à ce jour dans divers domaines de développement rendre compte de cette ferme détermination. Récemment, nous avons tenu une élection démocratique qui a posé les jalons d'un système politique libre, régulier, transparent. De même, dans notre quête inlassable d'un consensus national, la Commission nationale du dialogue a convoqué le tout premier sommet historique rassemblant des citoyens de tous les coins du pays, venant de diverses horizons qui ont pu discuter de questions nationales d'importance cruciale. Cela a ouvert un nouveau chapitre radieux de notre histoire politique qui viendra renforcer nos institutions démocratiques. Un pas de géant a également été réalisé en matière de sécurité alimentaire. Dans le cadre de notre engagement à accroître la résilience face aux chocs climatiques, nous avons pu produire une variété de semences de blé résilientes au changement climatique. En très peu de temps, nous sommes passés d'un importateur de blé à l'un des plus grands producteurs de blé en Afrique, alors que la production d'aliments est devenu un combat politique et que les chaînes d'approvisionnement alimentaire sont mises à rude épreuve, nous démontrons que l'Afrique peut se nourrir. Depuis le lancement de l'initiative de patrimoine vert en 2019, nous avons pu planter 56 milliards d'arbres, ce qui permet non seulement d'étendre notre couvert forestier, mais également de remettre en état nos écosystèmes. Si la cadence se poursuit, cette initiative devrait permettre de séquestrer quelque 9 milliards de tonnes métriques de dioxyde de carbone chaque année. En tant qu'un des moteurs de l'énergie propre, avec un potentiel total de 60 000 mégawatts, l'Éthiopie entend générer 13 000 mégawatts d'ici à 2030. Nous souhaitons également renforcer notre fourniture d'énergie dans le cadre de l'Afrique de l'Est et au-delà. À cet égard, le grand barrage de la Renaissance éthiopien est un projet majeur d'énergie propre panafricain qui démontre que nos eaux partagées peuvent donner lieu à des progrès et un développement commun aux fins de la prospérité de la région. De surcroît, Dans le cadre de nos mégaprojets, notre gouvernement investit dans un aéroport international à hauteur de 12,5 milliards de dollars, qui permettra d'accueillir 110 millions de passagers et quelque 4 millions de tonnes de marchandises chaque année. Ce projet jouera un rôle de catalyseur dans le cadre de la zone continentale africaine de libre-échange, afin de pérenniser les succès remportés en matière d'énergie renouvelable, de connectivité, de sécurité alimentaire, d'industrie manufacturière et de développement des villes, nous appelons à une coopération régionale et internationale d'envergure. En dépit de ces réalisations d'ampleur, monsieur le Président, force est de constater que nos efforts visant à bâtir une économie robuste ne peuvent donner lieu à un développement durable sans un accès fiable à la mer. Nous sommes d'avis que l'accès maritime peut être géré pour le bien et les progrès de tous les pays de la région. Et c'est fort de cette aspiration indéfectible que nous explorons tous les moyens diplomatiques pour sécuriser notre accès à la mer afin d'intégrer notre pays au système commercial mondial. Monsieur le Président, alors que nous sommes présents à ce débat général, nous nous souvenons des idéaux et des valeurs de notre organisation, mais également des impératifs que nous devons défendre, les impératifs consacrés dans la Charte des Nations Unies. Nous aurons plus de chances de survivre, de remporter des succès si nous continuons de coopérer. Cela va sans aucun doute redynamiser le multilatéralisme pour être à la hauteur des revendications des générations actuelles et futures. En conclusion, Monsieur le Président, je voudrais vous assurer une fois de plus que l'Éthiopie ne cessera de défendre la dignité humaine, la justice et la solidarité entre tous les peuples libres. Je vous remercie, Monsieur le Président. Panama · Président [6:41:59]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République démocratique fédérale d'Éthiopie. Nous avons entendu le dernier orateur dans le cadre du débat général de cette séance, mais la séance plénière suivante se tiendra directement après la levée de cette séance. La séance est donc levée et, à présent, je déclare ouverte la 8e séance plénière de l'Assemblée générale. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Carole Nawrocki, présidente de la République de Pologne. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Poland · Présidente [6:43:02]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, je suis absolument ravie d'être parmi vous aujourd'hui. Je remercie tout le travail que vous avez fait pour l'organisation. Merci pour la République de Pologne. La 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies s'ouvre à un des moments qui est à mon sens un des moments les plus difficiles de l'histoire de l'organisation. La Pologne a été en fait un membre fondateur des Nations Unies. Dès le départ, nous avons dû répondre à une question, une question concernant les fondations mêmes de l'ordre international que nous contribuons à poser au sein de cette organisation. Malgré les multiples réalisations, nous ne devons pas oublier qu'à la racine même de la création de l'organisation se trouvait un défaut fondamental, une faille qui continue de saper la crédibilité du système à ce jour. Les Nations Unies ont été créées pour répondre à la plus grave tragédie de l'histoire humaine, la Deuxième Guerre mondiale. l'ONU a été fondée sur un principe fondamental, c'est-à-dire que chaque méfait doit donner lieu à une reddition de comptes et parfois à un châtiment juste. Pour la Pologne, ce n'est pas une question abstraite. Au moment même où étaient posés les jalons des Nations unies, mon pays, victime de deux régimes totalitaires, était sous la domination d'un de ces régimes, la Russie soviétique, et après quelques années d'occupation dévastatrice de l'autre, l'Allemagne. Des milliers de héros polonais qui se sont battus pour la liberté de l'Europe et du monde entier étaient à l'époque emprisonnés, torturés, condamnés à mort. Les Nations unies existaient déjà à l'époque. En même temps, l'État responsable de ces crimes avait voix au chapitre dans la mise en place de l'ordre mondial d'après-guerre en tant que membre permanent du Conseil de sécurité. La Pologne n'a jamais reçu de réparation pour cette période, ni pour les torts causés. L'échec d'obtenir la reddition de comptes pour ces crimes n'est pas simplement une omission historique. Cela a envoyé un message clair montrant que les violations du droit international, l'agression, les politiques impérialistes pourraient rester impunis. Et c'est précisément ce manque de justice, cette sorte de péché original de l'ordre international d'après-guerre qui permet la réapparition d'anciennes ambitions agressives et méthodes d'opération. Les politiques agressives de certains Etats aujourd'hui ne sont donc pas un phénomène sans lien avec l'histoire. C'est la conséquence directe. Un Etat qui n'a pas dû rendre des comptes pour ses agissements a plus de risques de recourir à nouveau aux mêmes outils. C'est la raison pour laquelle il est tellement important aujourd'hui, en tant que communauté internationale, nous rétablissons le sens même du principe de reddition de comptes, faute de quoi il ne saurait y avoir de paix durable et le droit international ne sera qu'une simple déclaration sans véritable pouvoir. Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, nous devons afficher le courage tout en nous rappelant que parfois le courage à lui seul ne saurait suffire, mais que sans prudence, le courage peut conduire à la catastrophe. un véritable leadership requiert ces deux éléments. La prudence, dans ce cas, ne signifie pas simplement savoir ce que nous voulons. C'est aussi la poursuite d'objectifs. Ça signifie aussi qu'il faut appeler l'agression pour ce qu'elle est, une agression, la dénoncer et condamner ceux qui perturbent l'ordre mondial sans fermer les yeux lorsqu'ils violent les règles. Mesdames et Messieurs, Depuis de nombreuses années, les représentants de mon pays essaient, dans cette salle et au Conseil de sécurité, de montrer du doigt une situation dans laquelle un membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie, essaie, en vain mais avec une persistance impitoyable, de conquérir un État voisin et de déstabiliser l'ensemble de la région. C'est une violation des principes que nous nous sommes tous engagés à défendre en signant la Charte des Nations Unies. La Russie déstabilise cette région d'Europe avec une agression ouverte, des opérations hybrides, des actes de subversion, le sabotage et en ignorant à dessein des résolutions successives de l'Assemblée. la Russie affiche la même arrogance impériale que celle qui, par le passé, a abouti à des souffrances inimaginables et aux tragédies des deux guerres mondiales. Le mépris du droit international ne saurait devenir la norme. Il n'est pas trop tard pour rétablir la primauté du droit international et pour renforcer les fondations d'un système dans lequel les principes importent. Un système dans lequel la communauté internationale agissant de façon solidaire, s'opposent à l'agression, laquelle est prohibée par la Charte des Nations Unies. Mesdames et Messieurs, la Fédération de Russie, guidée par une vision néocoloniale et impériale du monde, essaie d'imposer aux autres sa volonté. Ce faisant, elle remet de facto en question le droit de chaque nation à déterminer son propre destin. Les politiques néocoloniales et néo-impériales sont le fond, une tentative de retour à un monde dans lequel les frontières, la sécurité, l'avenir des États et des nations étaient décidés ou seraient décidés non pas par les États ou les nations elles-mêmes, mais par d'autres États qui se considèrent plus forts et prédestinés à dominer. Une situation dans laquelle la raison du plus fort est toujours la meilleure. C'est une tentative de revenir au concert des puissances. Cela est inacceptable. Le C'est la force du droit qui devrait décider et non pas la loi de la force. La Pologne est particulièrement consciente des conséquences du colonialisme et de l'impérialisme russe. L'histoire nous a appris que la liberté et la souveraineté ne peuvent se défendre toutes seules. C'est la raison pour laquelle nous sommes déterminés à contrer les menaces posées par les politiques agressives du Kremlin avec une audacité croissante. En tant que représentant d'un pays voisin de la Russie, Je le dis haut et fort, ce n'est pas nous qui cherchons l'affrontement. Nous renforçons nos alliances, nous développons notre armée, nous modernisons notre matériel, non pas pour faire la guerre, mais pour l'éviter. Notre objectif, c'est la dissuasion, la défense, la défense de deux valeurs qui constituent également le socle même de la Charte des Nations unies, à savoir la liberté et la souveraineté. Nous continuons de considérer que l'Alliance nord-atlantique est la garante de la sécurité internationale. L'OTAN reste unie pour atteindre l'objectif ultime de la défense de notre communauté des deux côtés de l'Atlantique, en Europe et en Amérique, sur le flanc est et le long des frontières du Nord. Par conséquent, nous nous félicitons du renforcement de la sécurité dans la région Arctique, qui est désormais une réalité grâce à l'accord conclu hier entre nos alliés. Mesdames et messieurs, nous devons toutefois le dire sans ambages, les menaces modernes en matière de sécurité ne se limitent pas à une action militaire classique. La Russie s'emploie à saper les fondations mêmes de la stabilité internationale en s'attaquant à la sécurité alimentaire internationale, en prenant pour cible des ports des navires transportant des céréales et en provoquant délibérément des crises dont pâtissent des millions de personnes au-delà des frontières de l'Europe. Et dans le même temps, une guerre hybride à grande échelle fait rage, impliquant des sabotages, des cyberattaques, des opérations de déstabilisation à une échelle sans précédent, y compris avec une crise de migration artificiellement causée. Il s'agit là de mesures coordonnées et planifiées dont l'objectif est d'affaiblir les États, de saper la confiance du public et d'ébranler l'unité de la communauté internationale. Nous ne sommes pas là face à des incidents isolés, mais à une stratégie durable et bien pensée. Et c'est précisément pour cela que notre réaction ne saurait être ponctuelle ou à mi-mot. Elle doit être ferme, cohérente, unie. En effet, cette agression, ou si cette agression, qu'elle soit militaire ou hybride, ne donne pas lieu à une riposte adéquate, nous ne serons contraints d'inviter l'agresseur à reproduire cette agression. Mesdames et Messieurs, Même si aujourd'hui nous avons des réserves quant à l'efficacité du Conseil de sécurité, nous respectons les succès remportés par les Nations unies pour maintenir et consolider la paix dans de nombreuses régions du monde. Le rôle des opérations de maintien de la paix pour prévenir la réapparition des conflits est indéniable. La Pologne préconise un financement stable des missions. de maintien de la paix, ainsi que l'octroi de mandats plus transparents, tenant compte aussi des tâches liées à la protection de la population et à l'appui à la reconstruction des institutions étatiques. La Pologne s'acquitte également de ses engagements en faveur de la sécurité internationale en participant aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. Des soldats de la paix polonais sont actuellement en poste au Liban et font leur devoir avec dignité, malgré les conditions de sécurité délicates dans l'ensemble de la région. Nous continuerons d'appuyer les efforts pour entraîner une désescalade des conflits, protéger les civils, appuyer le droit international humanitaire et nous nous emploierons à contribuer à la mise en œuvre de la solution des deux États, garantissant la coexistence pacifique d'Israël et de la Palestine. Mesdames et Messieurs. C'est précisément pour cela que la réponse aux menaces contemporaines ne saurait se limiter à une simple réaction face aux crises. Notre riposte doit se fonder sur des principes clairs et des partenariats fiables. La Pologne n'a pas de passé colonial. Notre expérience historique est différente. Elle est marquée par la lutte pour notre propre liberté et la résistance face à la domination imposée par la force. Dans les relations internationales, nous préconisons une solution fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et l'égalité des États. La Pologne ne cherche pas à avoir un avantage sur les autres, au contraire, nous. nouant une véritable coopération, renforçant tous les participants. Dans un monde où les rivalités géopolitiques vont croissant, nous avons besoin de davantage de partenariats créant une véritable valeur plutôt que des dépendances qui s'intensifient. C'est la raison pour laquelle la Pologne s'achemine de plus en plus vers un modèle de coopération internationale donnant aux pays la possibilité de se développer, de renforcer la résilience et de prendre des décisions souveraines. Cette démarche se trouve reflétée à la fois dans notre politique régionale et dans notre action sur la scène internationale. Nous proposons un partenariat plutôt que la dépendance. C'est dans cet esprit que nous envisageons notre rôle dans l'économie mondiale et c'est ainsi que nous voyons notre engagement dans les initiatives internationales. Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, la Pologne est la 20e économie du monde. Notre trajectoire pour devenir un pays développé n'est pas le fruit du hasard. C'est plutôt le résultat de réformes cohérentes, y compris en luttant contre la corruption. C'est le résultat de politiques responsables et le fruit des efforts de toute notre société. Cette expérience ne nous amène pas à nous reposer sur nos lauriers. C'est plutôt un engagement à partager avec d'autres. Alors que nous participons aux travaux du G20, nous considérons que cette enceinte est clé pour rétablir la confiance et les relations internationales et répondre aux défis les plus importants du monde actuel, de la sécurité économique à la résilience de la chaîne d'approvisionnement, en passant par la stabilité du système commercial. Dans ce contexte, une étape importante pour avoir une structure de gouvernance plus représentative a été la décision d'élargir le G20 pour que chaque région puisse être représentée. En 2023, L'Union africaine a ainsi été admise au G20. C'était là une bonne décision, une décision qui a renforcé la voix du continent africain et qui reflète mieux les processus réels visibles dans l'économie mondiale. L'heure est venue de faire entendre également maintenant la voix de l'Europe centrale au G20. C'est une voix qui est absente. dans cette enceinte de G20 jusqu'à présent. Or, il s'agit d'une région qui connaît une croissance dynamique, qui a une perspective légèrement différente, une expérience distincte de celle de ses partenaires occidentaux. La Pologne veut être la voix de cette région en tant que pays qui comprend bien les difficultés du développement et l'importance de règles stables dans le jeu de l'économie internationale. L'Europe centrale, cofondatrice de l'initiative des trois mers, n'est pas simplement une région qui rattrape son retard par rapport aux régions plus développées du continent. C'est une région qui connaît une croissance dynamique, une innovation croissante et qui a une énergie exceptionnelle. C'est une des régions les plus prometteuses pour le développement économique du monde. Le socle de ce dynamisme n'est autre que la coopération, y compris dans le secteur de l'énergie et des infrastructures. Le renforcement des liens de transport, des voies de transport, la mise en place de couloirs nord-sud et les investissements dans la sécurité et la diversification des sources énergétiques contribuent directement à la résilience de nos économies. La souveraineté énergétique, y compris reposant sur l'énergie nucléaire, n'est pas un choix aujourd'hui. C'est une condition sine qua non pour l'indépendance politique et la sécurité. Les expériences de ces dernières années ont très clairement montré que les pays pouvant s'extraire de la pression énergétique sont plus résilients et peuvent mieux résister au chantage et à la déstabilisation. C'est la raison pour laquelle nous estimons que le développement de la coopération régionale est une contribution indispensable à la mise en place d'un ordre économique mondial plus prévisible et plus stable. Nous pensons que nous devons relever ensemble les défis du 21e siècle. Pour nous, les partenaires nationaux dans ces efforts incluent également des pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, avec qui nous partageons une expérience du développement, l'ambition de la modernisation et la volonté de renforcer la souveraineté. Je pense que tout le monde peut tirer parti, tout le monde tirera parti de la présence de la Pologne au G20. Cette année, nous participons aux travaux du groupe à l'invitation de la présidence actuelle des États-Unis. Je voudrais remercier le président Donald Trump de nous avoir invités au sommet du G20. Nous participons activement aux préparatifs de ce sommet qui se tiendra en décembre à Miami. Dans le même temps, n'oublions pas que le développement économique durable et la stabilité internationale sont impossibles sans la prise en compte des difficultés structurelles que connaissent nombre de régions du monde aujourd'hui. Une de ces difficultés est la crise démographique qui n'est pas une simple question de statistiques, mais qui est un défi posé à la civilisation elle-même. Les sociétés sont vieillissantes, la natalité est en berne, l'érosion des liens sociaux réel et tout ceci sape les fondations même de nos nations. La réponse ne saurait être une simple série de mesures économiques. Nous devons également reconstruire nos institutions, refaçonner notre culture. Nous devons protéger et apprécier la valeur de la famille, renforcer l'importance significative de la parentalité. Oui, la famille, le père, la mère et devons mieux apprécier leur rôle qui sont la première étape pour surmonter la crise démographique. Sans communauté et famille solides, nous n'aurons pas de développement stable ni de sécurité à long terme. Faisons tout ce que nous pouvons pour que notre culture et les médias s'adaptent tâche à promouvoir la natalité et non pas l'avortement. Je crois que les Nations Unies peuvent être une organisation dans laquelle nous pouvons collaborer pour surmonter la crise démographique ainsi que d'autres défis comme l'immigration illégale qui prennent souvent la forme d'une traite d'êtres humains. Toutefois, la migration illégale ne saurait en soi être la réponse aux difficultés démographiques, car cela entraîne des tensions, des troubles, etc. Ce n'est pas la solution. Mesdames et Messieurs, là, La Pologne apporte une aide qui incarne la solidarité mondiale avec ceux qui en ont besoin. C'est la raison pour laquelle, depuis des années, nous appuyons les efforts internationaux pour régler la crise au Moyen-Orient. Nous sommes déterminés à apporter une aide humanitaire à la région et aux initiatives de développement pour la Palestine et le Liban, qui sont des pays prioritaires pour l'aide polonaise. Nous mettons l'accent sur des régions cruciales pour le développement durable. En Palestine, nous continuons d'appuyer des dispensaires mobiles qui apportent des soins de santé en Cisjordanie, qui renforce l'emploi, les compétences professionnelles, notamment des femmes. Au Liban, la Pologne développe les capacités opérationnelles des unités de défense civile libanaise dans les zones et dans le secteur de la réponse aux catastrophes. Mesdames et Messieurs, le renforcement de la résilience des nations, le renforcement de la stabilité ne saurait être négligé. Il ne faut pas non plus négliger une dimension de la responsabilité. la responsabilité du monde que nous allons léguer aux générations futures. Il est de notre devoir vis-à-vis des générations futures de leur laisser un environnement non pollué et sûr. Nous appuyons les efforts de protection de l'environnement, reconnaissant leur impact sur la sécurité, y compris la sécurité alimentaire. La protection de l'environnement est, à n'en pas douter, notre devoir. Mais pour nous acquitter de ce devoir, nous ne devons pas affaiblir nos économies ou déplacer les problèmes au-delà des frontières, rechercher des politiques environnementales ambitieuses sans se pencher sur les conséquences mondiales qu'elles pourraient avoir, qui pourraient entraîner une désindustrialisation, de plus longues chaînes d'approvisionnement et la relocalisation de la production dans des pays qui n'appliquent pas des normes comparables est à prendre en compte. Cette voie n'entraîne pas une véritable protection du climat. Cela entraîne simplement une exportation des émissions dans d'autres régions du monde, avec des pertes d'emplois dans le pays d'origine et l'érosion des capacités de production. nous avons besoin de solutions qui combinent la responsabilité environnementale et la compétitivité compétitivité économique ainsi que la sécurité économique dans cet esprit il a lieu de rappeler le message de saint françois d'assise qui voyait dans la nature non pas une ressource à exploiter mais un cadeau confié à l'humanité notre maison commune dont nous sommes responsables dont nous sommes les gardiens et les protecteurs en résumé mesdames et messieurs Nous ne pouvons pas abandonner la protection de l'environnement à des fanatiques. C'est le fruit d'une déontologie. La protection de l'environnement est bien plus ancienne que des concepts de gauche. Cela vient d'une déontologie qui a pris forme long avant l'apparition des idéologues post-marxistes. Les droits humains, mesdames et messieurs, ne sont pas une arrière-pensée de la politique internationale. C'est le socle même de la politique et ça découle des principes éthiques plus vieux même que notre organisation. Violé ces principes conduit toujours à la violence, à la déstabilisation, aux conflits. L'histoire, y compris celle de mon pays, nous le montre sans équivoque. Le mouvement social qui a entraîné la chute du gouvernement communiste imposée à la Pologne s'appelait "solidarité". C'était une expression du courage de Polonais qui, malgré la répression, malgré l'absence de liberté, ont refusé de vivre dans un système fondé sur les mensonges et la violence. Nous avons peut-être une évaluation différente quant à la façon dont les crimes du système ont été traités, dans quelle mesure ils l'ont véritablement été, entièrement. Ce débat est encore d'actualité dans mon pays. Mais c'est précisément pour cela que nous devrions rendre hommage à toutes ces personnes, en particulier des travailleurs, grâce auxquels nous avons aujourd'hui un monde libre et qui ne se vantent pas de leur statut, de leur richesse, mais qui restent fidèles aux valeurs et aux engagements indiqués. Mesdames et messieurs, Trop de citoyens du monde se heurtent aujourd'hui à la persécution du fait de leur foi. Ceci s'applique à de nombreuses communautés religieuses très différentes. Aujourd'hui, nous voulons en particulier parler du sort des chrétiens dans des régions touchées par la persécution et le conflit. Jusqu'à une époque récente, les communautés chrétiennes faisaient partie intégrante de la vie sociale. communautés présentes depuis 2000 ans, qui contribuent à façonner la culture, la langue, l'identité de régions entières. Aujourd'hui, dans de nombreux endroits, leur nombre diminue de façon spectaculaire et parfois il ne reste que quelques traces de leur ancienne présence. une tradition vivante disparaît par là même. L'héritage des premiers siècles du christianisme, des communautés qui ont survécu à des siècles de tempêtes successives de l'histoire. Dans bien des cas, cet héritage a été brisé de façon irrévocable, peut-être même perdu. Les attaques contre les lieux de culte, la discrimination, la violence et même la perte de vie, voilà la réalité qui mérite une réponse de la communauté internationale. Mesdames et messieurs, ce qui se passe aujourd'hui ces communautés religieuses persécutées montrent la fragilité de la liberté si elle n'est pas suffisamment protégée. Cette même vérité s'applique également à de nouvelles dimensions de notre réalité. Pensons notamment aux nouvelles technologies, telles que l'intelligence artificielle ou la superintelligence, qui devraient toujours être au service de l'humanité et non pas exploiter les individus ou leurs faiblesses. Ceci soulève la question suivante: est-ce que nous voulons un monde lequel les hommes resteront des sujets ou simplement des objets de l'influence des algorithmes. Je sais fort bien que les nouvelles technologies présentent des opportunités considérables, mais elles présentent aussi des risques graves. Au début des années 1980, le célèbre écrivain polonais Stanislaw Lem, dans son roman Fiasco, a mis en garde contre le moment auquel nous apprenons aux machines à réfléchir. Il a dit que lorsque viendrait ce moment, nous devrons nous poser la question, pas simplement des capacités des machines, mais également de leurs ambitions. Parce que si nous commençons à avoir des machines qui imitent les êtres humains dans leur façon de réfléchir, la conséquence naturelle que ces machines voudront surpasser l'être humain. Aujourd'hui, ce défi revêt une dimension particulière et c'est précisément le développement de la technologie qui joue un rôle décisif pour façonner les réalités du 21e siècle. Donc, nous avons besoin d'une conversation. Mais le débat ne suffit pas. L'intelligence artificielle ne doit pas être utilisée comme outil de déstabilisation, de manipulation pour saper l'ordre international. Nous avons besoin de règles qui doivent être appliquées et qui définissent très clairement le début de l'innovation et le début de la menace posée à l'humanité. Nous devons donc envisager d'avoir un accord international clair. Mesdames et messieurs, la réalité de la Pologne se fonde sur la vérité. C'est la raison pour laquelle les Nations unies ne sont pas, selon nous, simplement une enceinte de discussion. C'est une institution qui doit pouvoir prendre des mesures. Le monde change. Les Nations unies doivent, elles aussi, changer. Nous avons besoin d'une organisation à même de répondre aux violations du droit et une organisation qui doit pouvoir défendre les principes et éviter l'impunité. La réforme des Nations Unies ne saurait être réduite à de simples déclarations. Elle doit signifier une véritable efficacité, reddition de comptes, y compris face à de nouveaux défis tels que la crise démographique ou le développement de l'intelligence artificielle qui dépasse les règles existantes et qui met à l'épreuve les limites même de notre responsabilité. Nous sommes à la croisée des chemins. D'un côté, La logique de la force et l'impunité font un grand retour. D'un autre côté, nous sommes face à des technologies qui peuvent soit renforcer cette logique, soit y mettre un terme. Ce sont nos décisions qui détermineront si le droit l'emportera sur la force. Ce sont nos décisions qui détermineront si l'immunité restera plus importante que les outils qu'elle a créés. La Pologne, mesdames et messieurs, sera toujours des côtés du droit, de la responsabilité, de l'humanité et de la liberté. Je vous remercie. GA · PGA [7:09:26]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République de Pologne. L'Assemblée va à présent entendre une allocution. de son excellence Netumbo Nandi Naitoah, présidente de la République de Namibie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Namibia · Présidente [7:10:22]: Excellence, Monsieur le Président de l'Assemblée générale, je vous félicite, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection à la présidence de la 91e session de l'Assemblée générale. Je remercie également la présidente de la 90e session de l'Assemblée générale pour son rôle de chef de file. Monsieur le Président, la confiance envers le système international est en chute libre. Les organisations internationales voient leurs capacités réduites. L'impunité politique et économique monte en puissance. La Charte des Nations unies met en exergue le règlement des différends internationaux par des moyens pacifiques et l'obligation des États de rechercher des solutions diplomatiques avant de recourir à l'escalade ou à l'emploi de la force. Et pourtant, nous continuons d'être submergés par des images de civils innocents qui souffrent au Soudan et dans l'est de la RDC notamment, des déplacements internes à grande échelle, des migrations transfrontalières et des crises humanitaires qui sévissent aux quatre coins du monde. Ces conflits continuent de miner les mécanismes internationaux et les structures créées pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Dès lors, nous vous saluons, Monsieur le Président, pour le thème retenu pour cette 91e session de l'Assemblée générale et qui tombe à point nommé, à savoir restaurer la confiance, gérer la transformation, une ONU qui donne des résultats pour tous. L'indépendance de la Namibie trouve ses racines dans la solidarité internationale. et a été reconnue comme une grande réussite des Nations Unies. Cela illustre le bon fonctionnement de l'Organisation des Nations Unies. Dès lors, nous ne devons pas rester les bras croisés face aux initiatives visant à démanteler ou affaiblir le système international qui nous sert depuis 80 ans. même si ce système a certes quelques défaillances. À cet égard, nous devons continuer de plaider en faveur de la paix et non des conflits, du dialogue et non des affrontements, et de la coexistence pacifique et non des tensions. Pour ce qui est de rétablir la confiance, nous devons gérer la transformation du Conseil de sécurité des Nations unies. entendant à une représentation équitable dans la prise de décision afin de rendre compte de la donne géopolitique contemporaine. La position africaine commune, énoncée dans le consensus des Uluwini et dans la déclaration de Syrte, a également été réaffirmée dans le pacte pour l'avenir, qui reconnaît que l'Afrique est un cas particulier. L'heure est venue de prendre conscience que nous négocions depuis bien trop longtemps et que c'est en raison de ces problèmes que la confiance s'ébranle envers les Nations Unies. L'équité, la justice devrait également concerner la participation des femmes à la prise de décisions, y compris à la prévention et au règlement des conflits, à la reconstruction après les conflits et à la consolidation de la paix dans le droit fil de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. La cause des femmes, de la paix et de la sécurité a concouru à la réconciliation, à la réintégration dans les régions touchées par des conflits. Il s'agit donc d'un cadre incontournable de stabilisation des situations d'après conflit. Il s'agit d'une initiative noble qui devrait être émulée. par d'autres organisations internationales et régionales et par des organisations non gouvernementales qui prennent part aux opérations d'appui à la paix et aux initiatives de consolidation de la paix. Monsieur le Président, tout système doit être sans cesse réformé pour maintenir son efficacité. Alors que nous continuons de réaliser les ODD, la refonte de l'architecture financière internationale s'impose afin de faire advenir un ordre économique mondial plus équitable et plus inclusif. Ces réformes devraient donner lieu à un espace politique plus vaste et à l'accès accru aux financements afin que les pays puissent faire croître leurs économies grâce à l'ajout de valeur à leurs ressources naturelles et notamment aux minerais critiques, pour que nos peuples puissent tirer le meilleur parti de leurs ressources. Cela viendra accélérer le développement durable, remédier aux inégalités, créer des emplois pour les jeunes et sortir les populations de la pauvreté. À cet égard, nous nous félicitons de la création de l'agence de notation africaine qui sera lancée à Maurice en octobre de cette année. Ce jalon démontre que l'Afrique prend en main son développement, sa prospérité Cela témoigne des progrès dans l'ambition de l'Afrique de donner un nouvel élan à la refonte de l'architecture financière internationale afin de garantir des règles plus égales. Les pays à revenus intermédiaires continuent de se heurter à de hauts coûts de l'emprunt. à une marge de manœuvre budgétaire réduite, aux vulnérabilités liées à la dette, aux chocs climatiques et à des inégalités persistantes. La Namibie réaffirme l'engagement de Séville en tant qu'étape cruciale vers la réforme de l'architecture financière internationale et le renforcement du partenariat mondial en faveur du développement durable. Le système doit donc devenir plus participatif, équitable et doit davantage prendre en compte la réalité des payeurs à revenus intermédiaires. Monsieur le Président, notre monde est le théâtre d'inondations dévastatrices, de canicules, d'ouragans fréquents et de sécheresse prolongée. Parfois, il semblerait que nous soyons en guerre avec la terre nourricière. La Namibie tient à afficher sa solidarité à l'égard du gouvernement et du peuple népalais à la suite des inondations récentes. balayé ce pays. La Namibie continue d'être exposée à de grands défis climatiques du fait des changements climatiques, sécheresses à répétition, montée des températures, pression grandissante pesant sur l'agriculture et les ressources hydriques. Et pourtant, la Namibie contribue à à hauteur de moins de 0,01 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, et est touchée de façon disproportionnée par les changements climatiques, à l'image d'autres pays en développement. Dans l'esprit de la justice climatique, nous appelons à ceux qui ont contribué le plus aux émissions de gaz à effet de serre mondiales, à endosser davantage leurs responsabilités, notamment en prêtant davantage assistance aux pays les plus à la merci des incidences des changements climatiques. C'est grâce au financement durable face au changement climatique que l'on pourra parvenir à l'objectif 13 de développement durable. de lutte contre le changement climatique. Sur ce fond, il sera crucial d'accorder toute notre attention à l'eau en 2026, en particulier à l'heure de l'intensification des changements climatiques apportant son lot de sécheresses, d'inondations, de désertification et de dégradation des terres en Afrique. En tant que pays aride, la Namibie continue de préconiser une utilisation rationnelle et la bonne préservation de l'eau, la gestion intégrée des ressources hydriques, la remise en état des nappes phréatiques et davantage d'investissements dans des infrastructures hydrauliques durables. Nous insistons également sur la mise en œuvre de la Déclaration de Namib, adoptée à la COP11 à Windhoek, s'inscrivant dans notre riposte collective face à la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. A cet égard, nous sommes ravis de vous informer que la Namibie accueillera le siège du Partenariat mondial pour l'eau pour la toute première fois, sera abrité dans le Sud global. En notre qualité de coprésident, côté du Sénégal, de coprésident du groupe international de haut niveau de l'Union africaine sur le programme d'investissement africain pour l'eau, lundi, nous allons organiser une manifestation parallèle de haut niveau sur l'investissement dans les ressources hydriques en Afrique et la coopération mondial. Nous pensons que cette manifestation concourra grandement à la conférence sur l'eau de 2026, ainsi qu'à resserrer les partenariats mondiaux, à renforcer les investissements et l'action en faveur de la sécurité hydrique et durable. Monsieur le Président, le pacte pour l'avenir, qui a été co-facilité par la Namibie et l'Allemagne, constitue un cadre ambitieux visant à transformer la gouvernance mondiale et à prendre à bras-le-corps les défis contemporains et émergents. Si le pacte prête une grande attention aux intérêts et aux besoins des générations futures, la mise en œuvre laisse hélas encore à désirer. Aux yeux de la Namibie, La bonne mise en œuvre des engagements principaux du pacte pour l'avenir nous aiderait à œuvrer en faveur de nos priorités nationales, à savoir l'agriculture, le sport, l'épanouissement des jeunes, une éducation et une formation de qualité, des secteurs créatifs. la santé, le bien-être social, les terres, le logement, l'assainissement. Je demande instamment à tous les États membres d'aborder la mise en œuvre du pacte pour l'avenir sous l'angle d'une priorité internationale cruciale en faveur du développement. Dans le cadre de nos programmes de développement, Nous préparons les jeunes à travailler dans les nouvelles industries dans notre pays, pétrole et gaz, énergies renouvelables, hydrogène vert, entre autres. Par conséquent, cette année, nous avons lancé Des frais d'inscription subventionnés à hauteur de 100 % à l'intention des étudiants namibiens qui entrent à l'université ou dans les centres de formation professionnelle. Nous les encourageons à suivre les cours les plus appropriées. Le gouvernement a créé le Fonds de développement de la jeunesse, ce qui a permis aux jeunes de mettre sur pied leurs propres cabinets médicaux, leurs sociétés d'avocats ou encore des entreprises de volaille, pour n'en citer que quelques-uns. Cela contribue à la création d'emplois et à la réduction de la pauvreté. La Namibie est bien consciente des avancées rapides de l'intelligence artificielle pour le progrès de l'humanité, conformément au Pacte numérique mondial. Toutefois, nous appelons de nos vœux un développement et une utilisation de l'intelligence artificielle éthique, responsable, inclusive et axée sur l'être humain, assortie des garde-fous nécessaires. afin que ces progrès technologiques complètent et renforcent les capacités humaines au lieu de les mettre en péril. Une ONU qui donne des résultats pour tous doit être inclusive. Je réitère la solidarité indéfectible de la Namibie à l'égard des peuples privés de leur droit à l'autodétermination. Cette position trouve son origine dans notre vécu de la brutalité du colonialisme, de l'apartheid et de l'occupation. Ce n'est donc pas une position hostile, mais plutôt ancrée dans notre engagement de longue date en faveur de la justice, de la solidarité et des droits des peuples à déterminer leur propre destin. Dans le droit fil de la résolution 1514 de 1960 de l'Assemblée générale, l'ONU est tenue de favoriser un règlement juste et durable de la question du Sahara occidental. Conformément à la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes relatives à la décolonisation et à l'autodétermination, nous appuyons le mandat de la MINURSO ainsi que la tenue d'un référendum organisé par l'ONU au Sahara occidental pour que le peuple sahraoui puisse enfin exercer son droit à l'autodétermination. Partant, nous appelons à la pleine mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité en date d'octobre 2025, qui réaffirmait la nécessité d'une solution politique durable, mutuellement acceptable entre le Polisario et le Royaume du Maroc. La Namibie plaide en faveur du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, à la liberté et à son État. Nous appelons dès lors à faire cesser les atrocités perpétrées à Gaza. La création d'un État palestinien indépendant vivant côte à côte avec Israël dans la paix et dans la sécurité demeure un objectif primordial vers lequel nous devons tous tendre. Nous appelons à la levée de l'embargo économique injustifié contre Cuba, qui a de très lourdes conséquences sur l'économie cubaine et le bien-être du peuple cubain, y compris l'accès aux biens et aux services essentiels. Nous appelons à mettre un terme au siège énergétique contre Cuba et nous appelons à la radiation de Cuba de la liste unilatérale des États qui prétendument parraineraient le terrorisme. Dans le cadre de l'esprit de la Charte, pour une ONU qui donne des résultats pour tous, l'ONU a la responsabilité de protéger et de favoriser la participation de tous ses membres et de tous ses observateurs à ses travaux. Monsieur le Président, l'adoption de la résolution des Nations Unies sur la traite transatlantique des esclaves en mars 2026 était le début d'un long chemin, un cheminement vers la vérité, la reconnaissance, la guérison, la justice pour des millions d'Africains et de personnes d'ascendance africaine. dont les vies ont été à jamais modifiées par l'esclavage, le colonialisme et d'autres injustices historiques. Alors que nous commémorons le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Durban, nous nous rappelons que la discrimination raciale n'a sa place dans aucune de nos sociétés. et que les recours, notamment les réparations, doivent avoir lieu afin de remédier aux injustices historiques. Monsieur le Président, la Namibie félicite le Secrétaire général sortant, M. Antonio Guterres, dont le mandat touche à sa fin. Nous le louons pour avoir supervisé la plus grande partie de la mise en oeuvre des objectifs de développement durable. Il a redynamisé le soutien international, notamment au travers des actions adoptées dans le Pacte pour l'avenir. La Namibie est toute disposée à travailler avec le ou la prochaine Secrétaire général. Toutefois, je dois souligner que depuis que l'ONU a vu le jour en 1945, Aucune femme n'a été secrétaire général de cette organisation. La direction de l'organisation doit être le miroir du principe d'égalité entre les genres, un principe promu dans l'ensemble du système international. Dès lors, la Namibie est d'avis que l'heure est venue d'élire une femme secrétaire générale de notre organisation. Monsieur le Président, les Nations unies sont la seule instance au sein de laquelle toutes les nations peuvent œuvrer de concert aux aspirations partagées. atteindre des objectifs communs, prendre à bras-le-corps les défis planétaires. La Namibie sera toujours un partenaire constructif et s'emploiera à renforcer la coopération multilatérale afin de rétablir la confiance envers les Nations Unies. Continuons donc de défendre notre organisation. Plaçons à l'unisson, la dignité humaine au cœur même de l'Organisation des Nations Unies, et ce afin de restaurer la confiance, de gérer la transformation et de donner des résultats pour tous. Je vous remercie. GA · PGA [7:33:35]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier la présidente de la République de Namibie. L'Assemblée va présent entendre une allocution de Son Excellence Peter Pellegrini, président de la République slovaque. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Slovakia · Président [7:34:20]: Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, chaque pays entrant dans cette salle vient avec ses propres préoccupations. Pour certains, la sécurité signifie protection des frontières. Pour d'autres, cela signifie assurer l'approvisionnement en denrées alimentaires, en eau, en énergie ou bien assurer l'avenir de leurs enfants. Nombre de pays doivent relever tous ces défis simultanément. C'est la raison pour laquelle un monde régi essentiellement par la force plutôt que par des règles serait dangereux pour tout un chacun. Pour des petits pays tels que la Slovaquie, c'est une évidence. Mais aucun pays, petit ou grand, n'est véritablement en sécurité dans un monde où le droit international est foulé aux pieds, où les institutions sont affaiblies. Hélas, de nos jours, nul n'a besoin d'imaginer un tel monde. Nous en voyons déjà des exemples autour de nous. Les échanges commerciaux deviennent moins prévisibles. La coopération en matière de sécurité est plus morcelée. L'idée selon laquelle chaque pays devrait pouvoir faire entendre sa voix est remise en question. Et lorsque les règles sont affaiblies, lorsque la coopération est remplacée par l'affrontement, nous devenons tous et toutes plus vulnérables. Mais nous avons encore le choix. Le système international que nous avons bâti n'est pas parfait. Il peut être lent, il peut être frustrant. Parfois, il ne donne pas les résultats aussi rapidement que ce dont nous avons besoin. Mais la solution n'est pas de détruire ce système international. La solution est de faire en sorte qu'il fonctionne mieux. La Slovaquie est très attachée aux Nations unies, à l'OTAN et à l'Union européenne. Nous croyons à la coopération, mais nous croyons aussi que les institutions doivent donner de véritables résultats. Durant l'année écoulée, la Slovaquie a organisé plusieurs réunions internationales et a donné la place au dialogue. Lorsque nous pouvons être utiles, nous sommes prêts à rassembler les parties et à appuyer la diplomatie dans le cadre des Nations unies. En effet, lorsque la diplomatie cesse, C'est l'affrontement qui prend sa place. C'est la raison pour laquelle, lorsque nous parlons des Nations Unies, je crois à l'évolution plutôt qu'à la révolution. Le monde a changé et les Nations Unies doivent changer avec lui. Le Conseil de sécurité devrait mieux refléter les réalités du monde actuel et donner davantage voix au chapitre aux pays et régions qui sont encore sous-représentés. Les pays de la région comprennent souvent mieux une crise. Leur donner davantage voix au chapitre peut nous permettre d'agir plus tôt et d'éviter l'escalade. La Slovaquie voit sa participation à la réforme des Nations Unies comme un reflet de sa responsabilité vis-à-vis de l'Organisation, y compris dans le cadre de l'ONU 80, de la mise en œuvre du Pacte pour l'avenir. Notre candidature au Conseil de sécurité pour 2028 et 2029 démontre également notre responsabilité vis-à-vis de l'ordre international. Nous vous serions gré de votre confiance et de votre soutien. Si nous sommes élus, nous mettrons l'accent sur quatre priorités: le droit international et la Charte des Nations unies, des institutions de sécurité redevables, la protection des ressources stratégiques et des infrastructures critiques, et les défis en matière de sécurité liés à la numérisation et à l'intelligence artificielle. Je partage pleinement les préoccupations des Nations unies quant aux inégalités qui peuvent être créées par un accès inégal à l'intelligence artificielle. Il est dans notre intérêt commun que l'innovation bénéficie à l'ensemble de l'humanité et non pas aux économies les plus fortes ou aux entreprises les plus Si l'intelligence artificielle n'est qu'à la disposition de quelques-uns, de nouvelles divisions se feront jour et des communautés entières seront laissées de côté. L'utilisation croissante d'armes utilisant l'intelligence artificielle et les systèmes autonomes requiert également notre attention de toute urgence. Un principe doit rester clair: les machines ne devraient jamais être autorisées à prendre à elles seules des décisions qui concernent la vie ou la mort. Alors même que la communauté internationale a élaboré des règles pour ce qui est des armes nucléaires, chimiques et biologiques, de la même façon, nous avons également besoin de cadres internationaux plus solides pour les nouvelles technologies. Les Nations unies peuvent et devraient jouer un rôle moteur dans cet effort. L'intelligence artificielle n'est pas simplement une menace potentielle sur le champ de bataille. L'intelligence artificielle a déjà un impact négatif sur la société, notamment dans l'éducation. Une génération entière de jeunes en fait les frais. Des évaluations récentes montrent une baisse du niveau scolaire dans une écrasante majorité de pays. C'est une tendance préoccupante qui mérite une discussion franche et sérieuse dans des enceintes internationales telles que les Nations unies. Dans le même temps, nous ne devons pas voir dans l'intelligence artificielle simplement un risque. Elle peut aussi être un outil au service de la paix. Elle peut nous aider à analyser les informations, à repérer des tendances, à surmonter le barrage de la langue en temps réel. Elle peut appuyer une meilleure prise de décision, permettre de réagir plus rapidement, d'assurer une prévention plus efficace Si elle est utilisée de façon responsable, avec un contrôle humain, une bonne gouvernance, nous pouvons éloigner cette technologie du champ de bataille et l'utiliser plutôt pour la diplomatie, la médiation et la prévention des conflits. Et la prévention a toute son importance. Chaque conflit que nous empêchons sauve des vies, protège le développement, préserve la dignité humaine. Une fois que la violence éclate, il est plus difficile de trouver une solution. C'est également plus coûteux, plus douloureux. Il est inutile de réinventer la roue lorsque nous réformons les institutions internationales. L'intelligence artificielle est peut-être révolutionnaire, mais nous n'avons pas eu besoin de réinventer l'ordinateur pour la construire. Il en va de même pour la politique internationale. Nous devons améliorer ce qui existe déjà et non pas recommencer à la case zéro. Cela dit, posons-nous une question toute simple. Que se passerait-il si, en tant que dirigeants du monde, nous commencions simplement à nouveau à suivre de nouveau la Charte des Nations Unies? Est-ce que la réforme aurait une quelconque importance si nous faisions enfin tout notre possible pour assurer la paix mondiale? Trop de conflits sont encore dus à l'idée selon laquelle les problèmes politiques peuvent être réglés par la force, en redessinant les frontières, en violant la souveraineté, en ignorant en dessin les règles internationales. Nous devons rejeter cette logique. Le leadership n'est pas démontré par la volonté d'une escalade. Ce leadership nécessite le courage de la désescalade. Des règles internationales peuvent sembler abstraites dans cette salle, mais sur le terrain, Ces règles internationales sont tout à fait réelles. Elles peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Lorsque les règles sont ignorées à dessein, les civils souffrent, les communautés sont détruites, des 1000000 de personnes sont déplacées, les chaînes d'approvisionnement sont désorganisées, la prospérité se perd. et. le danger devient plus grand encore. Si la violence devient normale pour la prochaine génération, la diplomatie elle-même deviendra plus difficile. Ce qu'il est difficile de régler aujourd'hui sera peut-être impossible à régler demain. C'est la raison pour laquelle notre tâche la plus urgente doit être claire. Nous devons faire cesser la violence. Nous devons maintenir en vie la diplomatie et prévenir les conflits, éviter que les conflits d'aujourd'hui ne deviennent normaux demain. La guerre en Ukraine, qui en est maintenant à sa cinquième année, continue de semer la destruction près de la frontière de la Slovaquie. Les attaques dans les zones civiles et contre les infrastructures critiques restent inacceptables. Un cessez-le-feu est encore distant et la paix durable est encore plus éloignée. Nous devrions appuyer tous les efforts diplomatiques sérieux qui peuvent contribuer à mettre un terme à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine. Et nous devons nous employer à bâtir un avenir sûr pour notre voisin. Notre attachement au droit international et la dignité humaine ne peuvent pas s'arrêter aux frontières de l'Europe. Les mêmes principes de base doivent aussi guider notre action au Moyen-Orient. Le droit international humanitaire doit être respecté. Les civils doivent être protégés. L'aide humanitaire doit pouvoir parvenir aux nécessiteux, y compris à Gaza. Le terrorisme, l'antisémitisme, la haine contre les musulmans, les appels à la violence ne sauraient être justifiés. Les Israéliens et les Palestiniens méritent de vivre dans la sécurité et la dignité. La Slovaquie continue d'appuyer. une solution négociée des deux États avec Israël et un État palestinien indépendant vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. D'autres conflits qui ne font pas actuellement la une des journaux ne doivent toutefois pas échapper à notre attention et nous devons nous efforcer de les régler. Prenez le cas de la guerre civile en Soudan qui a déclenché la crise humanitaire la plus grande du monde. Excellence, les premiers mots de la Charte sont nous les peuples des Nations Unies. Aujourd'hui, nous devons une nouvelle fois assumer cette responsabilité partagée. Les conflits armés ont atteint des niveaux inédits depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les civils continuent d'en payer le prix inacceptable. Nous avons déjà les institutions, nous avons déjà des règles, nous avons déjà les connaissances requises. Mais ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de la volonté de les utiliser. Cette année, les Nations unies vont sélectionner leur prochain secrétaire général. La Slovaquie est favorable à un processus inclusif et transparent fondé sur le mérite. compte dûment tenu de la diversité régionale et de l'équilibre hommes-femmes. Je voudrais en profiter pour remercier également le secrétaire général, Antonio Guterres, pour son travail au service de l'Organisation, pour son dévouement et pour son rôle moteur en ces années difficiles. Le prochain ou la prochaine secrétaire général héritera d'une Organisation soumise à une pression financière, institutionnelle, géopolitique et sécuritaire de premier plan. Mais l'avenir des Nations unies ne dépendra pas d'une seule personne. L'avenir des Nations unies dépendra de chacun, de chacune d'entre nous, de notre volonté, de notre courage, de notre détermination. Nous, les peuples des Nations unies, ne devraient pas laisser à la génération future un monde dans lequel la violence est normale, un monde dans lequel la diplomatie est une exception. Je vous remercie. Namibia · Présidente [7:46:37]: Au nom de l'Assemblée, je souhaite remercier le président de la République slovaque. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence William Samoei Ruto, président de la République du Kenya et commandant en chef des forces de défense. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence et j'invite Son Excellence à prendre la parole devant l'Assemblée. Kenya · Président [7:47:20]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, Mesdames et Messieurs, Il y a 80 ans, les Nations, réunies à San Francisco, songeaient aux ruines de la guerre. Elles étaient résolues à préserver les générations futures du fléau de la guerre. Elles ont proclamé à nouveau leur foi dans la dignité humaine et dans l'égalité de droits des nations, grandes et petites. Et elles se sont engagées à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie et favoriser le progrès économique et social de tous les peuples. Ce n'étaient pas là des mots creux. mais le fondement d'un nouvel ordre mondial. Privilégions la paix aux dépens de la guerre, le droit aux dépens de la force, l'égalité souveraine et non la dépendance, la coopération et non les divisions, la dignité humaine et non plus les ambitions du pouvoir. Le 16 décembre 1963, quatre jours après avoir acquis notre indépendance, Le Kenya siégeait en cette assemblée. Nous sommes arrivés munis d'un vote, d'une voix et des mêmes droits souverains que tous les autres États. La promesse faite à San Francisco s'adressait désormais également à nous. Et cette promesse a changé la face du monde. Lorsque l'ONU a été créée, 750 millions de personnes vivaient sous le joug colonial. A San Francisco, seuls quatre pays africains étaient représentés, alors que la plupart de notre continent demeurait sous domination coloniale. La décolonisation a transformé la carte du monde, remplaçant la domination coloniale par l'autodétermination, alors que des peuples, gouvernés autrefois depuis une métropole lointaine, occupaient leur place en cette salle de l'Assemblée générale en tant que nations souveraines égales. L'ONU a également changé la donne. Lorsque la paix avait été rompue, l'ONU a aidé la Namibie à acquérir son indépendance, a concouru à la transition du Cambodge après un conflit, à désarmer des combattants en Sierra Leone et au Liberia et à aider le Timor-Leste à occuper la place qui lui revient au sein des nations souveraines. Plus de 2 millions de soldats de la paix ont servi sous la bannière de l'ONU, prouvant que la paix pouvait être édifiée, protégée et pérennisée. Les vies des personnes ordinaires ont également été changées. Le système de l'ONU a aidé à éradiquer la variole, à vacciner des générations entières d'enfants, à lutter contre la faim et les maladies, à étendre l'accès à l'éducation et à apporter au propre et aide humanitaire à des populations aux quatre coins du monde. Depuis l'année 2000, le nombre de décès d'enfants de moins de 5 ans a chuté de plus de moitié. Ces avancées comptent. Elles ont permis de modifier les frontières, de mettre un terme à des guerres, de vaincre des maladies et ont transformé des vies. Cela nous démontre que Le multilatéralisme est à l'œuvre lorsque les nations mobilisent la volonté de faire en sorte qu'il fonctionne. L'ONU n'a pas pu tenir tous les engagements inscrits dans la Charte, mais sans cette organisation, notre monde serait plus démuni, plus dangereux et moins libre. C'est pour ces raisons que le Kenya prend la parole aujourd'hui non pas mué par le désespoir à l'égard de cette institution, mais bien par la conviction, par la confiance plutôt en son potentiel. Et pourtant, la confiance en ce que peut être cette institution nécessite que nous fassions face à ce que cette institution est devenue. Mesdames et messieurs, l'an dernier, le monde était secoué par 65 conflits armés internes, le nombre le plus élevé en huit décennies pour lesquelles l'on dispose de données mondiales sur les conflits. Treize de ces conflits ont été des guerres. Près de 250 000 personnes ont péri dans des violences. Le nombre de conflits entre les États a doublé pour la deuxième année consécutive. Rien qu'en deux ans, le nombre a quadruplé pour passer de deux à huit. Des violences contre les civils ont atteint des niveaux sans précédent depuis 1994, l'année du génocide au Rwanda. De l'Europe au Moyen-Orient, du Sahel à la Corne de l'Afrique, Les civils payent un très lourd tribut. Des villes sont détruites, des familles déplacées. La faim s'accroît. Les chaînes d'approvisionnement sont perturbées, faisant monter en flèche les coûts des aliments, des carburants et des articles de première nécessité, bien loin des champs de bataille. Les enfants ont hérité de guerres qu'ils n'ont pas lancées, qu'ils ne peuvent pas comprendre. Bien trop de différends ne sont plus réglés, mais seulement gelés, reportés à plus tard ou tranchés par la force. C'est précisément ce type d'incidents que la Charte était appelée à prévenir. La Charte n'a pas chargé les Nations Unies seulement de dépeindre les guerres, de dénombrer les victimes ou d'organiser les secours après l'échec de la diplomatie. Non, la Charte a conféré à l'organisation le devoir d'empêcher les conflits, de défendre la paix et de d'œuvrer en faveur de la sécurité collective. La Charte appelait l'Organisation également à favoriser le bien-être économique et social de tous les peuples. La paix et la prospérité n'ont jamais été des mandats distincts. Il s'agissait d'un seul et même engagement. Aujourd'hui, Les deux aspects de cette promesse sont mis à rude épreuve. La crise que traverse le multilatéralisme n'est pas due à un manque d'engagement d'institutions de règles, mais plutôt au gouffre qui se creuse entre l'égalité que proclame ce système et les disparités inhérentes à ces structures. Et c'est précisément pour cette raison que l'on ne peut accepter les défaillances actuelles. S'agissant de la paix et de la sécurité, l'on ne peut plus ignorer cette situation contradictoire. Chaque pays présent à cette salle a une voix. Chaque nation est souveraine et égale, aux termes de la Charte. Et pourtant, S'agissant des questions les plus graves de guerre et de paix, cinq nations détiennent un pouvoir permanent que les 188 autres nations n'ont pas. L'égalité décrétée en cette salle s'arrête donc aux portes du Conseil de sécurité. Ce déséquilibre rendaient peut-être compte du monde de 1945, mais pas de celui d'aujourd'hui. L'Afrique a 54 États membres, plus d'un quart des membres de l'Assemblée générale, et pourtant ne dispose toujours pas de sièges permanents au sein de l'organe chargé de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Oui. Nous faisons souvent l'objet des décisions du Conseil de sécurité. L'on discute en permanence de l'Afrique et pourtant on est en permanence exclus. Le problème n'est pas qu'il n'y a pas assez de droit en ce monde, mais plutôt que la confiance à l'égard de son application cohérente s'ébranle. Le droit international ne peut être invoqué haut et fort dans une crise, du bout des lèvres dans une autre, et méprisé lorsque cela nous arrange. Tous les deux poids, deux mesures ont leur prix. Ce prix, c'est la confiance. La confiance ne peut pas être rétablie par des discours. Elle doit être acquise grâce à une application cohérente. Mais le coût de l'échec ne se mesure pas seulement à l'aune de la confiance perdue, mais bien à l'aune du nombre d'enfants déscolarisés du nombre d'enfants qui ont faim, du nombre d'enfants qui entendent les armes, le retentissement des armes avant de connaître la paix. Lorsque la sécurité collective s'effondre, les écoles ferment leurs portes, les hôpitaux également, les familles doivent fuir et les économies sont ravagées par la guerre. La paix est indissociable du développement. C'est sa condition préalable même. Lorsque les institutions chargées de maintenir la paix échouent, bien trop souvent, ce sont les plus jeunes qui pâtissent des conséquences. Excellence. L'Afrique représente de façon éloquente cette contradiction. En 1945, la plupart de notre continent ne pouvait pas parler en son propre nom à San Francisco, car nous étions sous le joug colonial. Seuls quatre pays africains étaient représentés. Le dispositif de sécurité collective a donc été conçu à un moment où la plupart des Africains ne disposaient pas de nations autour de la table des négociations, n'avaient pas voix au chapitre afin de façonner les institutions qui régiraient la paix. Ce monde, depuis lors, a été transformé, mais pas le Conseil de sécurité. On ne peut pas gérer la transformation si les institutions refusent de se réformer. L'épreuve de l'égalité ne s'arrête pas auprès des institutions qui décident des questions de paix. mais plutôt s'étendre à des institutions qui façonnent la prospérité. Et nous devons donc nous poser à nouveau cette question. Le système international donne vraiment à chaque pays une chance égale de garantir le bien-être de son peuple. La Charte ne prévoyait pas le développement comme un acte de charité, mais promettait les progrès sociaux, de meilleures conditions de vie et le progrès économique et social pour tous les peuples. Hélas, pour bien trop de pays, les ressources nécessaires afin d'honorer cette promesse sont consommées avant qu'elles ne puissent parvenir à leur peuple. La dette publique de par le monde a atteint la somme record de 102 000 milliards de dollars en 2024. Les pays en développement représentaient moins d'un tiers de cette dette et pourtant, ont payé 100 milliards, 1 000 milliards de dollars d'intérêts pour rembourser leur dette rien qu'en 2024. En d'autres termes, 46 pays en développement dépensent aujourd'hui plus pour rembourser leur dette que pour les salles de classe et les médicaments. Derrière ces statistiques se cache une réalité toute simple. L'hôpital est en concurrence avec un créancier. La salle de classe est en concurrence avec le service de la dette. Et bien trop souvent, c'est le créancier, le service de la dette, qui sont payés les premiers. Et ce sont nos enfants qui pâtissent des conséquences. Aujourd'hui, 251 millions d'enfants et de jeunes sont déscolarisés. Des millions d'autres entrent dans des salles de classe dépourvues de professeurs, de maîtres, de manuels, de repas ou d'installations dont ils ont besoin pour apprendre. Lorsque le service de la dette ne permet pas d'investir dans l'éducation, nous transférons les coûts du système financier actuel à la prochaine génération. Le Kenya a fait le choix d'investir dans la prochaine génération. Ces quatre dernières années, nous avons ainsi décaissé 5,3 milliards de dollars supplémentaires dans le domaine de l'éducation, recruté 100 000 professeurs supplémentaires, construit plus de 23 000 nouvelles salles de classe et nous mettons sur pied 1 600 laboratoires, tout en continuant de prêter assistance aux universités et aux institutions techniques. Nous le faisons parce que l'éducation, ce n'est pas la consommation. L'éducation est un moteur d'opportunités, de productivité, de transformation nationale qui appuie les progrès de notre pays. Mais ces efforts nationaux ne peuvent pas tout faire si le système financier international rend le développement plus onéreux. Les pays qui ont le plus besoin de capitaux, souvent, payent le plus haut prix pour les obtenir. Les pays en développement ont récemment emprunté à des taux deux à quatre fois plus élevés en moyenne que les pays développés. Donc, la question à se poser n'est pas de savoir si les fonds sont disponibles, mais plutôt de savoir qui peut y accéder, à quel prix, pendant combien de temps et dans le cadre de quelle évaluation des risques. L'Afrique connaît très bien le coût de cette évaluation. Les notations façonnent les perceptions de risque des intérêts payés par les pays et même du volume des financements auxquels ils ont accès. Le PNUD estime que la subjectivité dans les notations a causé aux pays africains quelque 75 milliards de dollars, étant donné des intérêts excessifs et des emprunts qui représentent des manques à gagner. Les risques, certes, doivent être évalués, mais ils doivent l'être équitablement. On ne peut bâtir une économie mondiale équitable si les pays qui ont les plus grands besoins de développement se heurtent aux coûts les plus élevés pour le financer. Il faut donc que ces moyens de financement soient viables sur le plan commercial, parce que c'est en Afrique. Un projet d'électricité ne doit pas être plus onéreux simplement en raison du pays dans lequel ce projet a lieu. Les capitaux, certes, doivent chiffrer les risques, mais pas les préjudices. La refonte de l'architecture financière internationale doit donc commencer en prenant en compte le coût et la disponibilité de capitaux. La Charte des Nations Unies prévoyait des banques multilatérales de développement qui prêterait plus, prêterait plus longuement et mobiliserait du capital privé à grande échelle. L'on avait également envisagé des garanties et des instruments de partage des risques afin de réduire le coût des investissements viables. Et nous avons besoin d'un accès plus large aux fonds à long terme en devises locales afin que les pays ne doivent pas construire des infrastructures sur le long terme avec de l'argent cher et à court terme. Et il ne s'agit pas ici d'un argument pour nous dédouaner de nos responsabilités. Les gouvernements doivent également apporter leur pierre à l'édifice afin de gérer de façon prudente la dette, de renforcer leurs institutions, de préparer des projets crédibles, de renforcer leurs marchés nationaux de capitaux afin d'honorer les contrats et de combattre la corruption sans hésitation. Un système international plus équitable nécessite des responsabilités de part et d'autre. Une réforme à l'étranger ne peut se substituer à la reddition de comptes chez soi. Mesdames et Messieurs, l'Afrique n'est pas ici pour vous supplier. Non, nous avons une proposition à vous faire. Notre continent recèle de vastes richesses minérales, un potentiel agricole incommensurable, des ressources d'énergie renouvelable sont pareils et la population la plus jeune au monde. Nous sommes un marché de 1,5 milliard de personnes de plus en plus reliées grâce à la zone continentale africaine de libre-échange. Il ne s'agit pas là seulement d'atouts africains, car Si tous ces atouts sont bien gérés, ils sont des solutions à la quête de notre monde en faveur de la sécurité alimentaire, de l'énergie propre, de chaînes d'approvisionnement résilientes et de nouvelles sources de croissance. Les ressources de l'Afrique doivent être le début de l'industrie africaine et non pas la fin de la contribution de l'Afrique à la chaîne de valeur. L'extraction a hélas trop déterminé notre passé. Les investissements doivent, quant à eux, façonner notre avenir. Cette transition commence déjà à prendre forme. Les pays producteurs de cacao passe de la fève à des marques. Les producteurs de coton sont en train de mettre en place des chaînes de valeur de l'habillement et l'Afrique a présenté sa position. Une transition vers l'énergie propre ne doit pas être une nouvelle transition marquée par l'extraction. Notre zone de libre-échange continentale doit être plus qu'un marché de ce que produit déjà l'Afrique. Cela doit être une instance qui permet à l'Afrique de tirer davantage parti de ce qu'elle importe aujourd'hui. Le Kenya entend bien participer à cette transformation. Cette prochaine semaine, nous devrions accomplir une percée dans le cadre de la raffinerie de Lamu. en Afrique de l'Est, qui pourra traiter 700 000 barils de pétrole par jour, un investissement d'environ 16 milliards de dollars. Son importance ne concerne pas seulement ce projet ou un seul pays. Cela représente l'Afrique que nous voulons construire. Ajouter de la valeur chez nous, créer des emplois pour nos peuples, bâtir des industries à même de servir les marchés continental et mondial. Cette transformation doit être financée à l'aide de ressources étrangères et nationales, et c'est bien ce que nous comptons faire, y compris les plus de 4 000 milliards de dollars de capitaux nationaux, de fonds de pension, de fonds d'assurance, de fonds souverains, de banques et d'autres institutions en Afrique. L'objectif étant de mobiliser plus de ce capital aux fins d'investissements productifs, tout en mettant en place les garanties, les projets crédibles et les instruments financiers dont ont besoin les investisseurs sur le long cours. Ce déséquilibre ne concerne pas seulement l'argent, mais également notre voix à faire entendre. Les 54 pays africains abritent une personne sur cinq sur Terre, et pourtant, notre influence dans les institutions régissant la finance mondiale demeure très, très petite. Nous ne pouvons pas endosser nos obligations dans un système si nous sommes exclus de l'élaboration de ses règles. L'Afrique doit avoir voix au chapitre aux décisions de ces instances. Nous n'implorons pas ici en vue d'obtenir un traitement privilégié. Non, nous souhaitons une prospérité partagée. Une Afrique industrialisée étendra la demande mondiale. Une Afrique marquée par la sécurité alimentaire renforcera la stabilité du monde. Une Afrique mieux connectée pourra diversifier les chaînes d'approvisionnement mondiales. Et l'Afrique, à même de se financer, de financer son développement, sera un partenaire plus robuste du monde entier. Le Président, Excellence, j'en reviens ici à la question centrale, à savoir, est-ce qu'au sein du Conseil de sécurité ou du système financier international, les institutions qui ont été bâties pour une autre époque devront gouverner dans le cadre d'un monde complètement différent, le monde d'aujourd'hui. Rétablir la confiance nécessite plus que de défendre ces institutions. Il faut avoir le courage de les réformer. Cette discussion ne commence pas aujourd'hui. Cela fait déjà des décennies que les États membres discutent de la façon de rendre le Conseil de sécurité plus représentatif, légitime et efficace. En 2008, à l'issue d'années de discussions, l'Assemblée générale a fait passer la réforme du Conseil de sécurité à des négociations intergouvernementales. Ces négociations ont commencé l'année suivante et, 17 ans plus tard, nous sommes toujours en train de négocier. Les questions centrales n'ont toujours pas été tranchées: composition, droit de veto, représentation régionale, taille et méthodes de travail du Conseil de sécurité, et les relations entre ce dernier et l'Assemblée générale. Et le monde n'est pas resté figé alors que nous débattions de toutes ces questions. Dans le pacte pour l'avenir, les États membres sont convenus que rectifier l'injustice historique contre l'Afrique était une priorité de la réforme du Conseil de sécurité. Nous ne pouvons pas accepter que la réforme est impossible parce qu'elle est difficile. L'Organisation des Nations Unies a changé son architecture Auparavant, en 1963, l'Assemblée générale a adopté des amendements afin d'élargir le Conseil de sécurité. Le Conseil est ainsi passé de 11 membres à 15, parce que les États membres avaient reconnu que cette institution devait évoluer face au nombre croissant d'États membres. Ce qui était possible à l'époque l'est également aujourd'hui. La réforme doit donner lieu à une représentation équitable et permanente, avec toutes les prérogatives et les privilèges des membres permanents, pour l'Afrique et pour les autres régions qui le méritent. La réforme politique et la refonte financière ne sont pas des projets distincts. Ils nous ramènent à la même question fondamentale: Est-ce que les institutions qui régissent notre avenir commun seront le reflet de l'égalité souveraine proclamée ou préserveront-elles les disparités héritées d'une autre époque? Il y a plus d'un demi-siècle, l'Assemblée générale appelait de ses vœux un nouvel ordre économique mondial fondé sur l'égalité souveraine, l'interdépendance et la coopération entre les États. Nul besoin de relancer les débats d'une autre ère, mais nous devons répondre à la question qu'ils ont laissée sans réponse. Que faut-il faire pour garantir l'égalité entre les nations dans notre monde contemporain? Il nous faut un monde au sein duquel aucun continent ne soit exclu de façon permanente des décisions les plus importantes en termes de paix et de sécurité, un monde au sein duquel le droit international n'est pas modifié en fonction de l'État auquel il s'applique, un monde dans lequel les perspectives d'un pays ne sont pas déterminées par le prix du capital de ce monde. Il faut également qu'aucun pays qu'aucun enfant ne soit déscolarisé parce que le service de la dette a dû être payé, qu'aucune femme ne trouve une clinique vide parce qu'il n'y a pas eu d'investissement et que les ressources des pays en développement deviennent enfin le fondement de leur prospérité et non pas des moyens d'extraction. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, alors que vous allez bientôt quitter l'Organisation, nous reconnaissons votre plaidoyer incessant en faveur d'une infrastructure financière mondiale plus équitable, d'une plus grande représentation de l'Afrique et d'une voie grandissante pour le Sud global. Vous avez rappelé au monde entier que la dignité, l'égalité, la représentation n'étaient pas des privilèges, mais bien des obligations et peut-être que votre plus grand legs sera de transformer la réforme que vous avez favorisée en réalité. Il y a 81 ans, les fondateurs de cette organisation voyaient un monde s'effondrer. Ils ont décidé de ne pas préserver l'ordre qui avait échoué. Ils ont décidé d'en construire un autre. Nos responsabilités sont lourdes aujourd'hui également. Il ne faut pas attendre une nouvelle catastrophe pour réformer cette institution dont on constate déjà les faiblesses. Nous ne devons pas demander à nos enfants d'hériter de guerres qu'on aurait pu prévenir ou de dettes que l'on pourrait rendre soutenables, d'inégalités qu'on aurait pu rectifier, d'institutions qui, nous le savions, ne reflétait plus depuis longtemps le monde actuel. Si nous souhaitons véritablement rétablir la confiance, et je suis convaincue que nous le voulons, alors les règles doivent s'appliquer de façon cohérente. Si nous souhaitons véritablement gérer la transformation, comme cela a été dit, alors ces institutions doivent se réformer, se transformer. Et si nous voulons une organisation des Nations Unies qui donne des résultats pour tous, alors tous doivent avoir voix au chapitre, doivent avoir des chances égales, et cela au sein de ce système. Soyons donc la génération qui termine le chantier inachevé de San Francisco, qui ferait de l'égalité souveraine la réalité dans nos institutions. qui veillerait à ce que le droit international soit appliqué de façon cohérente, qui veillerait à ce que le capital serve le développement et à ce que la coopération l'emporte sur la division. Non pas des Nations unies de certaines notions, non pas un système au sein duquel le pouvoir détermine quelle voix compte, mais des Nations unies dignes de leur nom, où chaque nation a une voix, chaque peuple a sa place, chaque enfant a son avenir. Voilà les Nations unies auxquelles le Kenya croit. Tel est le multilatéralisme que l'Afrique souhaite bâtir. Telle est la promesse que notre génération doit tenir. Je vous remercie de votre attention. GA · PGA [8:19:38]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République du Kenya et commandant en chef des forces de défense. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence. Et j'invite Son Excellence à prendre la parole devant l'Assemblée. Serbia · Président [8:20:30]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Excellence, Mesdames et Messieurs, le thème de la session de cette année, rétablir la confiance, gérer la transformation, une ONU au service de tous, résument du moins en partie l'époque que nous vivons. Nous devons j'en conviens rétablir la confiance envers les Nations Unies mais je ne sais guère dans quelle mesure nous sommes à même de mener une transformation qui a bien des égards a déjà eu lieu. Le système international tel que nous le connaissons s'est effondré. Il n'existe plus. Aujourd'hui, nous sommes les témoins de l'apparition d'un nouvel ordre de plus en plus structuré autour de deux centres de pouvoir principaux, aux côtés d'un nombre croissant d'acteurs régionaux forts, dotés de capacités politiques, économiques, militaires et technologiques considérables, cherchant à façonner leur propre environnement et à influencer un développement mondial plus général en tenant compte de leurs propres souhaits. Nous entrons donc dans une époque marquée par une distribution des pouvoirs plus complexe, moins prévisible, et le risque de conflit n'a jamais été aussi présent depuis des décennies. Ceci n'est plus confiné à des conflits armés classiques entre États. Les affrontements prennent de plus en plus la forme de restrictions technologiques, de pressions économiques, de concurrence pour les ressources et les marchés, de cyberattaques, de désinformation, de tentatives d'influencer d'autres sociétés. Les divisions identitaires et culturelles deviennent également plus prononcées, exploitées de plus en plus à des fins politiques et accroissant plus encore la méfiance entre les peuples. La frontière entre la paix et les conflits devient plus en plus floues et les conséquences de l'affrontement entre puissances mondiales et régionales touchent de plus en plus même les pays qui ne sont pas directement impliqués. Pour les petits pays et les pays de taille intermédiaire comme la République de Serbie, un tel environnement représente un défi considérable. La marge de manœuvre pour une prise de décision indépendante se rétrécit. Cependant, même que la pression sur les États pour qu'ils choisissent leur camp augmente de plus en plus et dans le même temps, les désaccords entre les acteurs les plus puissants paralysent de plus en plus les institutions même qui devraient protéger tous les pays sur pied d'égalité. Le système traditionnel de justice internationale est fébrile. lorsque les intérêts prévalent sur le droit et que les mêmes règles ne s'appliquent pas à tout le monde. Le principal problème aujourd'hui, ce n'est pas le manque de règles ou de principes politiques, mais le fait qu'ils n'ont pas été respectés, ni dans le passé, ni aujourd'hui. Vous remarquerez, chers amis, qu'aujourd'hui, à l'exception de quelques pays, chacun parle de la Charte, chacun invoque la Charte, l'esprit de la Charte, les principes sur lesquels les relations internationales reposaient jusqu'à une époque récente. C'est comme si on voulait nous dire: peu importe, cela ne ne compte pas. Le fait est que par le passé nous avons violé la Charte. Nous avons ouvert la boîte de Pandore qu'il est impossible de refermer. Aujourd'hui nous voudrions sans conséquence ce retour vers le futur. Nous voudrions redynamiser le respect de ces principes mêmes que les pays grands et puissants ont si brutalement foulé aux pieds. Combien de fois, ces deux derniers jours, depuis cette tribune, avez-vous entendu des appels au respect des principes du droit international public, notamment s'agissant du conflit en Ukraine, alors même que la majorité de ces mêmes pays restent silencieux de façon honteuse et irresponsable face au fait qu'ils ont eux-mêmes participé à cette violation de la Charte, à cette destruction des fondations du droit international public. Et aujourd'hui, ils voudraient à tout prix revenir à ces principes, maintenant qu'ils voient que des pays plus puissants, plus forts qu'eux, ont recouru aux mêmes violations, celles-là mêmes qu'ils ont mené eux-mêmes mais je voudrais faire référence ici à tous les pays qui ont reconnu l'indépendance déclarée unilatéralement du soi-disant Kosovo sans base quelconque dans des documents juridiques internationaux avec une tentative de saisie de 14% du territoire de la République de Serbie. Pour nombre d'entre vous, cela ressemble à un passé distinct, mais les plaies infligées droit public international deviennent de plus en plus béantes, de plus en plus graves, pour être précis, lors de fontrer sur le respect de la Charte des Nations Unies et sur le droit n'existe plus, cela a été détruit par ceux qui ont dépecé les territoires d'autres pays pour leurs propres intérêts politiques et économiques. Ils l'ont fait sans scrupule, de façon irresponsable et honteuse. Savez-vous, chers amis, Quelle était en réalité la raison, la seule raison officielle pour cette attaque contre le territoire de la République de Serbie, la République fédérale de Yougoslavie, par 19 États de l'OTAN? Vous n'allez pas le croire, ils nous ont dit que. Ils avaient attaqué un pays indépendant, libre et souverain pour prévenir une catastrophe humanitaire potentielle. La catastrophe humanitaire n'est pas intervenue et je n'ai encore entendu ou vu aucun exemple semblable de parlement. L'attaque contre ce pays de petite taille, libre et néanmoins épris de liberté, la Serbie, dont je suis aujourd'hui le président, et je suis fier de l'être, a été effectuée avec l'intention de détruire l'ordre international. Créé par l'ONU après la 2e Guerre mondiale dans le but de confirmer la dominance de monde occidental de l'Amérique et de l'Europe, vous savez. Quel pays, entre autres, prépare à la prise de décision, conseil de sécurité, pour bombarder un pays indépendant et souverain qui n'avait attaqué aucun autre pays? Pas un seul soldat, pas un seul policier de Serbie n'avait mis le pied sur le territoire d'un autre pays. Et pourtant, cette décision a été prise. Je suis certain que la plupart d'entre vous, chers amis, qui sont pourtant parmi les plus informés de la politique internationale, ne s'en souviennent plus. Et en particulier, vous ne vous souvenez plus la question de savoir qui au Conseil de sécurité avait voté pour cette décision peut-être même à l'Assemblée générale n'essayez même pas parce que vous n'arriverez jamais à vous en souvenir pourquoi parce que cette décision n'a jamais été prise et pire encore personne n'a même essayé de prendre une telle décision il était tellement arrogant tellement puissant qu'ils ont tout écrasé sur leur chemin du gouvernement Clinton gouvernement de nombreux pays européens c'est précisément pour cela que la sur la Serbie appuie les mesures du gouvernement du président Donald Trump et nous pensons que son travail nous donne l'occasion de créer un monde plus juste, un ordre plus juste et une attitude plus responsable vis-à-vis de la Serbie en tant qu'allié américain. Et ce qu'ils ne savaient pas, Ce qu'ils ne comprenaient pas à l'époque précitée, c'était la chose suivante. Ces États ont piétiné la Serbie, mais ils ne l'ont pas réduite en échec. La Serbie est renée de ses cendres comme le phénix. Et aujourd'hui, grâce à cet exemple, nous montrons au monde entier comment l'ordre public international est préservé, comment le droit international public est protégé. Néanmoins, les conséquences de cette attaque brutale contre la Serbie sont énormes et particulièrement visibles ici, à l'Assemblée générale des Nations unies. sont encore plus visibles sur les nombreux champs de bataille de par le monde, certes. Pourquoi? Eh bien, parce que ces principes n'existent tout simplement plus. Ceux qui les ont piétinés n'ont pas le droit moral d'en parler aujourd'hui. Et pour rendre la situation pire encore et l'hypocrisie encore plus visible, c'est précisément ces personnes, ces pays qui ont assumé la position des suprêmes prédicateurs de l'ordre moral et de la protection des valeurs du monde modernes qui sont visés. Le plus difficile pour nous en Serbie, c'est de voir la réapparition du nazisme élevé à la position de préminence sociale, en particulier en République de Croatie, qui est fière de son passé nazi et l'utilisation de slogans et de symboles nazis aujourd'hui. Le peuple serbe, peuple qui a souffert le plus aux mains des nazis, ne peut pas accepter la renaissance des fantômes les plus terribles du passé, responsables de la mort de centaines de milliers de Serbes, de Juifs, de Romains dans des centres de concentration monstrueux tels que Jasenovac. C'est précisément pourquoi les discours moraux qui viennent de ces sources sont tout à fait inacceptables pour la Serbie et le peuple serbe. C'est la raison pour laquelle, depuis quatre ans et demi maintenant, j'écoute des discours qui montrent comment l'Occident est le dernier porteur du flambeau de la démocratie de par le monde. Des protecteurs, non pas de l'Ukraine, mais des règles et des principes du droit. Et lorsqu'ils élèvent la voix en pensant qu'ils ont la supériorité morale, que leurs positions sont les seules justes, nous sourions. Nous nous posons la question: "Et comment avez-vous traité le Kosovo, Metoija, l'intégrité territoriale de la Serbie garantie par la Charte des Nations Unies, la résolution 1244? Il n'y a pas de réponse. Je voudrais vous lancer un avertissement à tous ceux qui appartiennent à l'hémisphère sud. Faites très attention lorsque vous signez ces accords avec les grandes puissances. C'est comme ça que nous avons signé le fameux accord de Bruxelles en 2013, en souhaitant régler les problèmes entre les Serbes, les Albanais du Kosovo et Metohija par un compromis. Toutes ces obligations ont été respectées par la Serbie. Et la seule que concernait l'établissement de la communauté des municipalités serbes n'a pas été respectée. Il est intéressant de voir que l'accord a été accepté, non seulement la présence de l'Union européenne, mais qu'elle a été confirmée avec la signature de l'Union européenne, mais que cela ne signifie rien. En tant que président de la Serbie, pendant dix ans, j'ai vu toutes les pressions exercées pour abandonner la mise en œuvre de cet accord. signé. C'est une leçon pour nous, les Serbes, mais également pour les autres pays du monde qui veulent protéger leur nation. Malgré tout, la Serbie défendra son pays, son intégrité territoriale, la Charte des Nations unies, la résolution 1244 du Conseil de sécurité. Je souhaite remercier individuellement chacun des 107 États qui n'ont pas reconnu l'indépendance déclarée unilatéralement par le prétendu Kosovo. Nous savons que nombre de ces États ont été soumis à la pression. Nous savons que maintenir une position de principe est souvent beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. Merci de votre cohérence. Merci de ne pas avoir reconnu l'indépendance d'un pan du territoire serbe. Excellence, la Serbie est sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne. Nous avons encore beaucoup de choses à faire pour devenir membre. De plein droit de l'Union européenne, nous remercions tout particulièrement l'Union européenne, notamment le la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, de leur aimable assistance. apporter à notre pays. Bien que cette appartenance à proprement parler à l'Union européenne reste une priorité stratégique, nous ne pouvons pas ignorer à dessein la lassitude prolongée de l'élargissement parmi certains États membres de l'Union européenne et parmi les pays candidats eux-mêmes. Cette trajectoire européenne pour la Serbie est une illustration très claire de la longueur de la complexité du processus. Nous avons obtenu le statut de candidat en 2012. Nous avons entamé les négociations d'accession 2014, il y a plus de 12 ans. Les citoyens serbes s'attendent donc à juste titre à des perspectives plus claires, à des résultats plus concrets dans le cadre de ce processus auquel participe notre pays depuis plus de 10 ans. Le prochain élargissement de l'Union européenne ne semble pas très probable dans un avenir proche. Nous avons tout de même de rester constructif, de proposer des solutions concrètes pour sortir de l'impasse actuelle. Nous avons donc proposé que les Balkans occidentaux soient peu à peu intégrés dans le marché unique européen et qu'ils aient accès à Schengen avant même de devenir membre de plein droit de l'Union européenne. Ce ne serait pas un substitut de l'appartenance à l'Union européenne. Cela ne diminuerait pas nos ambitions, cela permettrait plutôt d'avoir une solution pragmatique, cela permettrait aux citoyens, aux économies de la région de bénéficier des résultats tangibles de l'intégration européenne et cela permettrait de sortir de l'impasse dans laquelle se trouve depuis longtemps, trop longtemps même, le processus d'élargissement. Toutefois, Une Europe stable et intégrée à laquelle appartiendrait la Serbie et notre trajectoire européenne ne signifie pas que nous renonçons aux amitiés traditionnelles grâce auxquelles Belgrade est une des rares capitales européennes. de laquelle on peut aller directement en avion aux États-Unis, en Chine, en Fédération de Russie. Je remercie tout particulièrement ces pays du soutien apporté pendant la pandémie. Je me félicite des investissements très importants en Serbie. et investissements de la Chine, en espérant que les pourparlers du président Xi et du président Trump seront productifs et contribueront à la stabilisation du monde. Dans le même temps, nous avons des liens très utiles avec des amis traditionnels et partenaires en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Nous avons commémoré récemment le 65e anniversaire de la première conférence des pays non alignés dans notre capitale, en 1961. Cette ouverture reflète notre stratégie de développement, notre histoire, notre compréhension du monde. Nous pensons que les États peuvent avoir leurs propres intérêts sans fermer la porte à ceux avec lesquels nous ne sommes pas d'accord sur tout. Après tout, un monde dans lequel nous ne parlons qu'à ceux qui ont les mêmes idées que nous On n'a guère besoin de diplomatie. La liberté et l'indépendance dans la prise de décision sont les valeurs les plus élevées de la Serbie. Nous devons anticiper les conséquences d'un monde dans lequel la force, une nouvelle fois, est présentée comme l'instrument le plus fiable de la politique, dans lequel les budgets militaires vont croissant, les conflits se multiplient, les mécanismes de maîtrise des armements s'affaiblissent, les voies de la communication disparaissent. Nous devons donc nous poser une question essentielle. Où sont les Nations unies dans ce monde? Le Conseil de sécurité est souvent bloqué précisément dans des crises pour lesquelles il devrait être le plus actif. D'autres pans du système onusien ont des difficultés financières. Nous avons de véritables problèmes et il ne faut pas passer outre. Mais cela ne signifie pas que nous ayons moins besoin des Nations unies. Peut-être que nous en avons même besoin plus que jamais. Simplement, elles doivent être plus efficaces, plus ciblées, mieux préparées pour régler les problèmes pour lesquels elles ont été créées ou pour lesquels elles doivent trouver une solution. Ces 80 dernières années, les États ne sont pas venus ici parce qu'ils partageaient les mêmes intérêts, parce qu'ils comprenaient que le coût du règlement des différends par la force des armes était trop élevé. C'est pour cela que le multilatéralisme est né. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui. Nous appuyons les Nations unies et la réforme pour que l'organisation soit plus efficace et plus adaptée aux réalités d'aujourd'hui. Nous prônons un Conseil de sécurité plus représentatif, avec une grande représentation des pays en développement, notamment des pays africains, une représentation régionale plus inclusive avec de notre siège pour le groupe d'Europe de l'Est, mais sans un véritable retour aux principes dont nous sommes déjà convenus, il n'y aura guère de progrès, de résultats concrets. Excellence, la paix ne permet pas simplement de mesurer notre capacité à changer la donne. Nous sommes face à une transformation technologique dont nous commençons simplement à comprendre l'ampleur. L'intelligence artificielle change déjà l'économie, l'éducation, la médecine, la sécurité, le marché du travail, le fonctionnement des États. Elle peut apporter des avantages considérables à l'humanité, mais elle peut aussi intensifier les inégalités, les creuser, voire apparaître de nouvelles formes de manipulation, créer des risques qui pèsent sur la sécurité, inimaginables il y a simplement quelques années. Lorsque nous étions à la tête du Partenariat mondial sur l'intelligence artificielle, que nous avons présidé en 2025, une de nos priorités était de veiller à ce que les progrès technologiques restent liés à la sécurité, aux droits humains, à l'État de droit, à la reddition de comptes et permettent de combler la fracture numérique. La déclaration ministérielle Belgrade a reçu le soutien de 84 États membres de l'Union européenne a affirmé la nécessité d'une intelligence artificielle durable axée sur l'être humain et sur plus la technologie devient puissante plus ceux qui la gèrent doivent être responsables nous avons peut-être des algorithmes extrêmement perfectionnés l'informatique quantique des systèmes de drones une intelligence artificielle à même de gérer en secondes des problèmes qui nous ont pris des années à régler. Mais dans le même temps, il faut faire attention. Les règles fondamentales de l'ordre international ne doivent pas être appliquées de façon sélective. Le progrès technologique, si c'est le cas, ne rendra pas le monde plus sûr. Nous serons simplement plus avancés sur le plan technologique dans un monde qui deviendra moins prévisible sur le plan politique. Si nous voulons gérer la transformation à venir de façon responsable, nous devons tout d'abord renforcer les fondations sur lesquelles repose l'ordre international. Ces fondations sont simples: l'égalité souveraine des États, le respect de l'intégrité territoriale, l'interdiction de l'emploi de la force, sauf dans les cas prévus par la Charte et l'obligation de ne pas changer ces règles au cas par cas. Je voudrais exprimer ma gratitude à tous ceux qui ont honoré la Serbie en confirmant leur participation à l'exposition spécialisée EXPO 2027 qui se tiendra l'an prochain à Belgrade sur le thème "Jouer pour l'humanité, le sport et la musique pour tous". Les cultures, les sciences, le sport, la technologie, le commerce, les entreprises, des jeunes du monde entier se retrouveront à Belgrade. Je me réjouis d'avance d'accueillir un grand nombre d'États représentés dans cette salle aujourd'hui. Au départ, dans l'entame de mon propos, j'ai parlé de confiance. J'ai parlé de responsabilité et je voudrais terminer par là. Nous n'allons pas rétablir la confiance avec des déclarations grandiloquentes si, ensuite, nous nous plions à la routine. Chacun d'entre nous doit commencer par prendre des décisions à viser la Serbie, à le faire en préservant la paix dans son voisinage, en participant aux missions de maintien de la paix loin de nos frontières, en aidant ceux qui sont en danger, en parlant même avec ceux avec lesquels nous ne sommes pas d'accord, en honorant les engagements pris. Ce qui permettra de rétablir la confiance dans le droit international, dans les Nations unies, ce sont des mesures de ce type. Je vous remercie, Mesdames et Messieurs. GA · PGA [8:40:33]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République de Serbie. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de son Excellence Daniel Francisco Chapeau, président de la République du Mozambique. Je prie les services de protocole d'accompagner Son Excellence et j'invite Son Excellence à prendre la parole devant l'Assemblée. Mozambique · Président [8:41:23]: Excellence, chef d'État et de gouvernement, Excellence Khalilul Rahman, président de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Excellence Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, Excellence, Mesdames et Messieurs les ministres ici présents, représentants vos chefs d'État, qu'il me soit permis, à l'entame de mon propos, de vous féliciter, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection. À la présidence de l'Assemblée générale, soyez assurés du plein appui de la République du Mozambique. Nous rendons hommage également au travail accompli par votre prédécesseur, Son Excellence Annalena Baerbock, pour le bien de cette organisation. Nous apprécions grandement sa contribution. Monsieur le Président, le thème retenu pour la présente session, restaurer la confiance, gérer la transformation, une ONU qui donne des résultats pour tous, nous invite à songer au préambule de la Charte des Nations Unies. Des mots très simples et pourtant, peut-être, des mots parmi les plus puissants jamais couchés sur papier dans un traité international, nous, les peuples, ensemble. Il s'agit de l'expression de notre responsabilité collective à l'égard de l'humanité. Il y a 81 ans, à la suite des dégâts causés par la guerre, l'humanité a privilégié la coopération et non la confrontation. le droit et non la force, l'espoir et non la crainte. Cette promesse a marqué des générations entières. Elle a permis de protéger des millions de vies aux quatre coins du monde et a permis de donner voix au chapitre à ceux qui, pendant si longtemps, demeuraient en marge des décisions internationales. Aujourd'hui, Toutefois, cette promesse est mise à rude épreuve alors que notre monde se caractérise par les guerres prolongées, les rivalités géopolitiques montent en puissance, les crises humanitaires persistantes, les graves phénomènes météorologiques et d'autres défis très complexes. Par ailleurs, la révolution numérique, les changements démographiques et la réorganisation des chaînes de valeur transforment nos économies et nos sociétés au quotidien à une cadence inouïe. Le monde n'a jamais été aussi interconnecté et dans le même temps aussi clivé qu'aujourd'hui. Et c'est précisément Sur cette toile de fond, le thème de la présente session revêt une importance toute particulière. Rétablir la confiance nécessite que nous respections les principes que nous proclamons en tant que décideurs et les décisions que nous prenons. Il faut appliquer de façon équitable le droit international et garantir des résultats concrets qui améliorent les conditions de vie des populations dans l'ensemble du monde. En bref, restaurer la confiance signifie réitérer la promesse faite il y a 91 ans, nous, les peuples. Monsieur le Président, le Mozambique Fort de sa propre expérience, connaît bien la valeur du multilatéralisme et l'importance de l'ONU, de cette organisation. Une organisation qui s'est tenue aux côtés de notre population à des moments déterminants de son histoire, sur le chemin vers notre indépendance, dans la quête la consolidation de la paix au Mozambique et également dans le cadre de la reconstruction nationale pour faire face à des catastrophes naturelles et alors de promouvoir le développement durable. Aujourd'hui, dans le cadre du processus de dialogue national. Merci du fond du cœur à l'ONU. La confiance du Mozambique. Dès lors, le Mozambique est très confiant en le multilatéralisme grâce à son expérience. C'est dans cet esprit que nous souhaitons rendre hommage au secrétaire général, Antonio Guterres. dont le mandat a coïncidé avec une période marquée par des défis planétaires majeurs, une période au cours de laquelle le multilatéralisme a été mis à rude épreuve. Il lègue une organisation robuste, mieux à même de relever les défis de l'heure. Son legs est, à nos yeux, très positif et marqué par des réalisations et des transformations profondes de cette organisation. Dès lors, le meilleur moyen de rendre hommage à cet héritage, c'est de continuer de renforcer cette organisation, car aucune génération ne peut hériter d'une ONU qui sera un chantier achevé aujourd'hui. Les trois piliers sur lesquels reposent les activités des Nations Unies, paix et sécurité, développement et droits humains, font l'objet de pressions inégalées. Dans le domaine de la paix et de la sécurité, nous sommes témoins du foisonnement des conflits, de souffrances des civils qui empirent et de la prolifération du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée. Tous ces écueils, entre autres, doivent nous amener à respecter davantage et à promouvoir davantage les mécanismes de prévention et de règlement pacifique des conflits, ainsi que le droit international à la lumière de la Charte des Nations Unies, y compris le respect de la souveraineté de l'intégrité territoriale de nos États, des droits humains également et la coopération internationale. Ce sont autant de facteurs qui sont en effet indissociables. Ainsi, nous pourrons résoudre les conflits qui sévissent toujours de par le monde, notamment dans certains pays et certaines régions de notre continent, l'Afrique. C'est également ce principe qui sous-tend notre soutien en faveur de la solution des deux États pour la Palestine, c'est-à-dire des Palestiniens vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël. Il s'agit là d'une solution juste, légitime et durable. Le principe de l'autodétermination des peuples, consacré dans la Charte des Nations Unies, et ce dès 1945, est toujours d'actualité aujourd'hui. Et à cet égard, nous réaffirmons notre position de principe en faveur de la cause du peuple sahraoui. Les valeurs consacrées dans la Charte des Nations Unies font de cette organisation l'épicentre du multilatéralisme de par le monde. C'est pour cette raison que nous nous opposons à l'imposition de mesures coercitives unilatérales qui continuent de pénaliser des peuples entiers en violation flagrante de la Charte des Nations Unies. Dès lors, nous réitérons notre position, à savoir lever le blocus économique, commercial et financier contre Cuba. De même, nous souhaitons afficher notre solidarité à l'égard du peuple frère du Zimbabwe et réitérer notre position en faveur de la levée inconditionnelle des sanctions contre le Zimbabwe et d'autres pays du monde. Nous plaidons également en faveur d'une coopération économique mutuellement favorable, axée sur le respect de la souveraineté de chaque État. sur l'égalité entre les États et la liberté de choix lors des processus électoraux. Quant au développement, nous sommes encore bien loin d'avoir atteint les objectifs inscrits dans le programme à l'horizon 2030. Alors qu'il ne nous reste que quatre ans avant cette échéance, des millions de personnes sont toujours privées de services essentiels, eau, électricité et autres. Il convient donc d'accélérer la réalisation des engagements contractés dans le cadre des ODD, ce qui requiert des financements prévisibles, accessibles et durables. Il nécessite également une architecture financière internationale plus équitable, un allégement durable de la dette, davantage de transferts de technologies, un commerce international plus équilibré, des investissements à même de transformer notre potentiel en prospérité, ainsi que le respect du principe de responsabilité commune mais différenciée. De même, dans le domaine des droits humains, il est de mise de promouvoir une approche équilibrée, impartiale et cohérente, fondée sur les principes d'universalité et de traitement égal entre les États. Promouvoir tous ces droits devrait favoriser le dialogue constructif, la coopération et le renforcement de nos institutions. Monsieur le Président, au Mozambique, nous sommes attachés à consolider la paix, à renforcer les institutions démocratiques et à mener un dialogue national inclusif, piloté par nos habitants, des initiatives destinées à renforcer la réconciliation, l'unité nationale, la paix et les réformes qui s'imposent grâce au concours de nos partenaires internationaux, tout en respectant l'appropriation nationale. Au Cabo Delgado, nous avons progressé dans notre lutte contre le terrorisme et dans le renforcement de la sécurité grâce aux efforts des forces de défense et de sécurité et grâce au concours de la SADEC, de l'Union européenne, du Rwanda et de la Tanzanie. Toutefois, la stabilisation n'est toujours pas terminée et nécessite un effort concerté et une coopération internationale plus vaste dans la lutte contre le terrorisme. Nous sommes très reconnaissants de la solidarité dont nous avons bénéficié. Nous appelons à une aide internationale plus prévisible et mieux coordonnée, afin de renforcer notre sécurité, la stabilisation, la reconstruction et le développement dans les zones touchées. Nous allons continuer de combattre le terrorisme. Dans le cadre de notre plan de développement national 2025-2029 et la stratégie de développement économique 2025-2044, le Mozambique souhaite utiliser son potentiel pour garantir la prospérité partagée de son peuple en exploitant ses ressources, en misant sur le capital humain et en particulier sur les jeunes et les femmes qui représentent la majorité de notre population. Nous souhaitons également ajouter de la valeur à nos ressources naturelles, moderniser l'agriculture, promouvoir l'industrialisation, développer le tourisme, étendre l'accès à l'énergie et investir dans les infrastructures, l'éducation, la santé la science et les technologies, le domaine numérique et l'économie de façon générale. Les ressources naturelles devraient contribuer à la diversification économique, à la génération de revenus et à des investissements en notre plus grand atout, à savoir le peuple talentueux du Mozambique. et les talents des peuples africains. Notre emplacement géographique dans l'océan Indien, les couloirs logistiques, nos couloirs logistiques, notre énergie, notre potentiel agricole et en termes de minerais. ont fait du Mozambique un pôle stratégique d'investissement et d'intégration régionale. Dès lors, nous souhaitons mettre en branle des partenariats qui renforcent les capacités nationales, promeuvent les contenus locaux, respectent l'environnement et créent des emplois, surtout pour les jeunes et les femmes. Le Mozambique continuera de diversifier ses partenariats. de façon souveraine, transparente et mutuellement bénéfique, en travaillant avec toutes les parties dans le cadre de nos priorités nationales. C'est également là l'ambition de l'Afrique de prendre en main sa propre destinée, de participer à l'élaboration des règles et de tirer pleinement parti des richesses que nous aidons à créer. L'Afrique se trouve cependant face à un paradoxe. L'Afrique recèle de ressources, mais pourtant ne reçoit que très peu de la valeur ainsi générée. Dès lors, les investissements doivent passer de la simple extraction à la transformation et à la création de valeur au niveau local passant des transactions partenariat, de la dépendance au renforcement des capacités et de l'exportation de ressources à la construction de chaînes de valeur nationales et régionales et également internationales. Dans ce contexte, l'intégration régionale revêt une importance stratégique. en étendant les marchés, en créant des économies d'échelle, en attirant les investissements, en stimulant l'innovation et en transformant le potentiel économique en perspectives concrètes, en particulier pour les jeunes. Au Mozambique, cette stratégie donne lieu à des progrès dans le domaine de l'électricité et de la liaison entre les réseaux électriques avec les pays voisins, ainsi que des points de passage aux frontières. L'intégration se construit au travers des routes qui rassemblent nos peuples, de l'énergie qui se joue des frontières, des infrastructures qui transforment des communautés limitrophes en une seule famille, une transformation nécessitant des conditions de financement équitables et durables. Excellence, alors qu'il ne reste que quatre ans pour réaliser le programme à l'horizon 2030, les pays en développement continuent de faire face à de hauts coûts des financements à une dette en hausse et à un accès limité aux ressources pour investir dans leur propre développement. Nous continuons de plaider en faveur d'une architecture financière internationale plus équitable, en faveur de financements plus prévisibles et accessibles et de solutions durables à notre dette. Il importe également que l'accès à des fonds à des conditions favorables tienne compte des vulnérabilité de nos pays et ne tiennent pas seulement compte des revenus. Nous voulons également veiller à ce que les pays développés s'acquittent pleinement de leurs engagements en termes de financement du développement et d'action climatique. Pour le Mozambique, un des pays les plus vulnérables au monde, les changements climatiques donnent lieu à des pertes de vies humaines, au déplacement de familles, à la destruction de cultures et aux dégâts. Aux infrastructures. De façon cyclique, les cyclones démontrent que la résilience est maintenant une question ayant des facettes environnementales, économiques, sociales, de développement et de sécurité alimentaire. et. concernent également la paix et la sécurité de plus en plus partout dans le monde. Dès lors, il nous faut renforcer le financement pour l'adaptation, faciliter l'accès aux fonds climatiques, rendre opérationnel le mécanisme de pertes et préjudices et investir dans les systèmes d'alerte précoce et des infrastructures résilientes. Le Mozambique demeure très à la merci des phénomènes météorologiques extrêmes. les inondations, les cyclones notamment, et nous sommes également préoccupés par El Nino qui pourrait avoir de lourdes conséquences dans le centre et le sud de notre pays, notamment en termes de sécheresse, d'insécurité alimentaire et de moyens de subsistance. La préparation et la coopération internationale seront nécessaires pour atténuer ces impacts dans un contexte où les besoins humanitaires font déjà l'objet d'un grand déficit de financement partout dans le monde. Monsieur le Président, la transformation numérique exige la même solidarité que j'ai mentionné, car l'Afrique ne doit pas se cantonner à fournir les minerais qui alimentent les pôles d'innovation de ce monde. Nous devons investir dans la connectivité, dans les capacités informatiques, dans la recherche scientifique, la formation des jeunes en Afrique, le transfert des technologies, la gouvernance éthique de l'intelligence artificielle, dans l'esprit de partenariat permettant de renforcer les capacités de promouvoir l'autonomie. de notre État souverain. Partant, le Mozambique redit son attachement aux objectifs de l'initiative ONU 80 visant à rendre l'Organisation plus efficace, cohérente, inclusive, représentative et à même de relever les défis de l'heure. La réforme doit être vu comme un engagement politique et doit être axé sur des résultats concrets. Cette réforme doit rectifier également les déséquilibres dans la représentation au sein de la gouvernance mondiale. À cet égard, l'Afrique ne peut pas continuer d'être à l'ordre du jour du Conseil de sécurité tout en étant absente. des rangs de ses membres permanents, l'Afrique doit être un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Dès lors, nous réaffirmons la position africaine commune quant à la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, fondée sur le consensus des ZULUINI et la déclaration de Syrte, au terme desquelles au moins deux sièges permanents assortis de toutes les prérogatives et de tous les privilèges, y compris le droit de veto tant qu'il existe, et cinq sièges non permanents devraient être alloués à l'Afrique. Les contributions que nous apportons par le biais de ce débat ont pour objectif de rétablir la confiance grâce à la paix, de gérer la transformation grâce à l'inclusion et d'obtenir des résultats grâce à des mesures cohérentes à l'échelle nationale Mais également régionales et mondiales. À cette fin, il convient de renforcer la coopération internationale et de munir l'ONU. de plus grande capacité afin de prendre à bras-le-corps les défis de l'heure et afin de veiller à ce que les générations futures héritent d'une organisation plus forte que celle que nous avons aujourd'hui, une organisation à la hauteur des écueils de l'heure, à même de servir les peuples, de protéger la planète et de promouvoir une prospérité partagée à l'échelle internationale. Excellence. Il y a 81 ans, les fondateurs de l'organisation ont confié à l'humanité une promesse de paix, de coopération, de dignité et surtout d'espoir. Aujourd'hui, cette responsabilité nous incombe et la voie est limpide. Dialogue, coopération, partenariat, innovation, solidarité Et renforcement du rôle de l'ONU et ne jamais recourir à la force pour imposer des décisions. L'Organisation des Nations Unies est. l'expression la plus forte de notre responsabilité collective et de notre engagement en faveur du multilatéralisme et au service de l'humanité. Monsieur le Président, alors que je conclus, je tiens à revenir au préambule de notre Magna Carta, la Charte, nous, les peuples. Ces mots n'appartiennent pas au passé. Il s'agit d'un engagement. envers un avenir au sein duquel les Nations Unies continueront d'incarner notre responsabilité commune à l'égard de l'unité de l'humanité. Merci beaucoup de votre attention. GA · Président de l'Assemblée générale [9:06:10]: Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président de la République du Mozambique. L'Assemblée va à présent entendre une allocution de Son Excellence Mamady Doumbouya, président de la République de Guinée. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence. Je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Guinea · Président [9:07:04]: Monsieur le Président de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, monsieur le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Excellences, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président, je voudrais avant toute chose vous adresser, au nom du peuple souverain de la République de Guinée et de sa délégation, Mes chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de cette 91e session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies. Je forme le vœu que les travaux, sous votre conduite éclairée, permettent à notre Organisation de mieux répondre aux attentes légitimes des peuples du monde. Je voudrais également saluer l'action constante de M. le Secrétaire général, Antonio Guterres, à la tête de notre organisation commune. C'est avec un profond sentiment de fierté mais aussi d'humilité que je me présente devant cette auguste tribune au nom du peuple souverain de la République de Guinée pour partager avec la communauté des nations le chemin parcouru par mon pays. Mesdames et messieurs, il y a trois ans, depuis cette même tribune, j'avais tenu avec la franchise que mon pays et notre continent doivent à ce monde un discours de vérité. J'avais dit que le monde et le modèle de gouvernance importé sans adaptation sur notre continent peine à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens. Mais je reviens aujourd'hui devant vous dans un esprit différent, non pour dénoncer, mais pour partager avec vous les éléments factuels avec le respect dû à cette assemblée, du chemin que la République de Guinée a parcouru et a choisi de tracer et des résultats que ce soir a produit. Sous le fondement de la Constitution, la République de Guinée a organisé l'intégralité de son cycle électoral, direct, présidentiel, législatif, communal et l'installation de toutes les institutions qui en découlent, financés à 100% par le Trésor guinéen. Je le dis avec une fierté légitime devant cette Assemblée qu'aucun de ces scrutins, sur toute l'étendue de notre territoire, n'a connu d'incidents significatifs de la part d'aucun des acteurs du processus électoral. C'est la preuve, madames et messieurs, qu'un pays peut seul, sur ses propres ressources, organiser des élections crédibles, apaisées et transparentes. Cette Constitution introduit des innovations profondes en faveur du vivre ensemble. une représentation renforcée de nos terroirs et de nos communautés, des garanties nouvelles pour l'alternance de gouvernance participative et une reconnaissance affirmée de notre pluralité culturelle, linguistique, religieuse et culturelle comme fondement de l'unité sacrée nation plutôt que comme facteur de division. Je le dis avec une fierté légitime, encore une fois, que toutes ces élections ont été organisées sur notre sol sans aide de qui que ce soit. Mesdames et messieurs, je ne suis pas venu devant cette tribune pour dresser un inventaire exhaustif Mais je crois utile pour étayer mon propos de partager avec vous un simple aperçu, utile, que la République de Guinée a accompli en moins de trois années. Nous avons pu accomplir plus de 1 000 km de goudron bitumé qui désenclavent nos régions. Le méga-projet Simandou, le plus vaste projet minier et d'infrastructures d'Afrique, aujourd'hui réalisé. Des écoles et des hôpitaux construits sur l'ensemble du territoire national. Trois raffineries d'alumine en cours de construction pour transformer notre bauxite sur notre propre sol. la plus grande raffinerie d'or d'Afrique en capacité de production déjà achevée, un programme de développement socio-économique durable et responsable de mon pays pour les 15 prochaines années, Simandou 2040. Le programme Simandou 2040 incarne une ambition de transformation structurelle de notre économie, il ne s'agit pas seulement d'un projet minier, mais d'un véritable levier stratégique pour accélérer le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'énergie, de l'éducation et de la santé, pour ne parler que de cela. Ces résultats obtenus en moins de trois ans ne sont pas cités par vanité. illustre une conviction que je veux partager avec cette Assemblée. Notre plus grande richesse demeure toutefois notre jeunesse. Nous devons lui offrir une éducation de qualité, des formations adaptées aux besoins du marché du travail à travers Simandou Academy. ainsi que de réelles opportunités d'emploi, d'entrepreneuriat. Mesdames et messieurs, les chefs d'État et de gouvernement, l'expérience guinéenne récente m'autorise, avec respect, à formuler une conviction: lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu'importés sans discernement, le développement s'accélère. Regardons l'Asie. Regardons certains pays du Proche-Orient. Ils n'ont pas attendu qu'un modèle extérieur leur soit validé. Pour bâtir leur prospérité, ils ont su s'inspirer de l'expérience universelle tout en adaptant à leur propre génie national. En une génération, ils ont accompli ce que d'autres ont mis un siècle à réaliser. L'Afrique peut-elle aussi, emprunter cette voie. Ce n'est pas un rejet du monde, ni de la coopération internationale, bien au contraire. C'est un appel à un partenariat gagnant-gagnant, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction gagnant-gagnant, plutôt que sur le schéma préétabli qui ignore nos réalités. La République de Guinée, pour sa part, reste et restera un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l'ensemble de la communauté internationale, dans le respect mutuel des souverainetés. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. Elle le fait dans le respect du droit international, dans l'esprit de la Charte des Nations unies et dans un esprit de coopération franche et sans exclusive avec l'ensemble de ses partenaires. Je forme le vœu que cette expérience guinéenne puisse, modestement, inspirer une réflexion plus large sur les voies multiples et légitimes du développement pour notre continent. Je vous remercie pour votre attention. GA · Président de l'Assemblée générale [9:18:55]: On behalf of the assembly. Au nom de l'Assemblée, je remercie le président de la République de Guinée. The assembly. L'Assemblée. va entendre une allocution de sa majesté le roi Mswati III, chef d'État du royaume d'Eswatini. Je prie le protocole d'accompagner sa majesté et l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Non, c'est pas ça. Eswatini · Chef d'État [9:20:13]: Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Majesté, Excellence, chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, C'est avec beaucoup d'humilité et c'est également un honneur pour moi que de m'adresser à la 81e session de l'Assemblée générale. Nous félicitons le président de la 81e session pour sa prise de fonction et nous accueillons favorablement le thème qui s'impose, à savoir restaurer la confiance, gérer la transformation, une ONU qui donne des résultats pour tous. Ce thème renvoie à deux des questions à laquelle la communauté internationale doit répondre de toute urgence. Tout d'abord, pouvons-nous rétablir la confiance dans nos systèmes collectifs? Deuxièmement, pouvons-nous gérer les grandes transformations de notre époque tout en ne faisant pas de laisser pour compte parmi les nations et les populations. L'ONU est née en 1945 de la volonté de l'humanité de faire en sorte que les tragédies de la guerre ne marquent plus jamais notre destin commun. Huit décennies plus tard, le monde considère encore cette organisation comme un sanctuaire, un lieu sûr où les États peuvent se réunir, où les différents peuvent être réglés par le dialogue et où l'espoir peut donner lieu à des mesures concrètes. Pourtant, à une époque où les conflits perdurent et les inégalités se creusent, où les catastrophes liées au changement climatique s'intensifient et où de nombreuses populations doivent encore de vivre dans la pauvreté et l'insécurité, la communauté internationale doit renouveler son engagement en faveur de la coopération internationale. Pour les populations du monde entier, cette assemblée ne doit pas être simplement perçue comme une enceinte où le monde discute de ses problèmes, mais comme une organisation qui règle activement ces problèmes. La coopération internationale se mesure à l'aune de sa capacité à faire en sorte qu'un enfant dans un pays touché par un conflit puisse vivre dans la peur, ou un jeune puisse trouver un emploi décent, ou une famille puisse trouver de la nourriture, ou un pays en développement puisse avoir accès au financement nécessaire à son avenir. La confiance entre les nations s'est érodée sur de nombreux plans. Les engagements multilatéraux, souvent, ne sont pas honorés. Les engagements en matière de financement n'ont pas été respectés et les pays en développement ont besoin de milliers de milliards de dollars chaque année pour réaliser les objectifs de développement durable. Par ailleurs, des milliards de personnes vivent dans des pays où leurs États doivent dépenser davantage pour le service de la dette que pour la santé ou l'éducation. Restaurer la confiance ne se fait pas par de simples déclarations. Les promesses qui ont été faites doivent être honorées. Nos institutions doivent montrer qu'elles sont capables et qu'elles veulent répondre à l'évolution de la réalité internationale. Depuis l'adoption du consensus des Oluwini en 2005, l'Afrique n'a malheureusement toujours pas de siège permanent au sein du Conseil de sécurité. Et pourtant, le continent demeure un partenaire stratégique mondial sur la scène internationale. Alors, combien d'années devront les dirigeants africains encore se rendre à New York et plaider devant cette assemblée pour une représentation équitable au sein du Conseil de sécurité de l'ONU? Monsieur le Président, on nous empêchent d'apporter notre pierre à l'édifice de la sécurité mondiale. Nous nous réunissons à un moment où de nombreuses guerres, de nombreux conflits armés coûtent encore la vie à de nombreuses personnes, où les infrastructures sont détruites et où les populations sont déplacées dans différentes régions du monde. au-delà de la tragédie humaine, directs. Ces conflits imposent également un bilan économique lourd et détournent des ressources qui sont nécessaires pour le développement et qui sont dépensées à des fins militaires. Ils font augmenter le coût de l'énergie et des transports, perturbent les chaînes d'approvisionnement et font augmenter le coût de la vie. partout. La paix demeure le socle indispensable sur lequel le développement doit être construit. Quand il y a la guerre, le développement est effacé. Quand il y a instabilité, les investissements disparaissent. Quand il y a la peur, le potentiel humain est perdu. Le Royaume d'Eswatini demeure profondément préoccupé par la persistance des conflits et des crises humanitaires qui touchent différentes régions du monde. Nous appelons à continuer à chercher des solutions diplomatiques et politiques à ces conflits. Les guerres peuvent certes faire des vainqueurs temporaires sur le champ de bataille, mais seul le dialogue permet une paix durable. L'ONU doit rester l'enceinte qui laisse toujours une porte ouverte au dialogue. Sur le continent africain, l'instabilité continue. montre qu'il faut de toute urgence renforcer les processus de paix pilotés par les Africains. Il y a un besoin par ailleurs d'appuyer la capacité des organisations régionales africaines en matière de prévention des conflits, de médiation des différents et de construction d'une paix durable. Le royaume des Swatini considère que la paix en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique doit être fondée sur la diplomatie préventive, appuyée pleinement par l'ONU. Nous exhortons l'ONU à garantir que les pays respectent les accords de paix signés pour éviter de compromettre les gains déjà obtenus entraînant encore destruction des infrastructures et pertes de vies innocentes. L'ONU doit assurer la surveillance et le suivi de ces accords pour toujours. Lors du 46e sommet de la SADC, Eswatini a assumer la présidence de l'organe de la SADC consacré à la politique, à la défense et à la coopération en matière de sécurité, la troïka, dont le mandat est de promouvoir la paix, la stabilité dans la région d'Afrique australe. Assumant cette responsabilité, nous coopérons étroitement avec tous les États membres afin de renforcer la diplomatie préventive, le dialogue et la médiation. Pour que la SADEC réalise sa vision pour 2050, il nous faut créer une région pacifique, concurrentielle et industrialisée qui garantisse un bien-être durable et la liberté pour tous nos citoyens. L'agenda 2063 de l'Union africaine et sa volonté de faire taire les armes correspond à la du continent de mettre fin au conflit et de créer des conditions stables nécessaires au développement durable. Cependant, nous sommes préoccupés par les retombées des changements inconstitutionnels de gouvernement et qu'elles sont contraires aux valeurs et aux principes consacrés par les chartes des Nations unies, de l'Union africaine et des blocs économiques régionaux. Le respect de l'ordre constitutionnel et de la primauté du droit est fondamental pour la stabilité. Nous exhortons la communauté internationale à s'exprimer collectivement contre son érosion. L'ONU doit pleinement appuyer les décisions prises par les organes régionaux qui condamnent ces agissements, lesquels causent des souffrances très nombreuses et entraînent une incertitude pour des millions de personnes. Le développement durable doit être au cœur de notre entreprise collective. La promesse des objectifs de développement durable est celle d'un engagement pour que aucun pays, aucune personne ne soit laissée pour compte. Pourtant, les pays en développement se heurtent encore à des problèmes majeurs. Accès limité aux financements, aux technologies, aux infrastructures, à la santé, à l'éducation et aux investissements productifs. Le développement économique doit passer de plus en plus par une transformation structurelle de nos économies. Il nous faut passer de l'exportation de matériaux, de matières premières non transformées à une production à valeur ajoutée, à une industrialisation locale et à la création d'emplois décents sur le territoire de nos pays. Cette croissance économique est un objectif qui est inséparable des technologies émergentes. La transformation que représente la révolution numérique et l'IA est une opportunité immense pour l'humanité, celle d'améliorer l'accès à l'éducation, à la santé, aux services financiers, aux débouchés économiques. Toutefois, l'innovation doit être régie de manière responsable et la redevabilité doit être assurée. Les technologies émergentes, notamment l'IA, se développent plus rapidement que notre capacité à régir celles-ci, tout en assurant l'autonomie et le contrôle de l'être humain. Cela soulève des questions essentielles qui concernent la redevabilité, la sécurité, les conséquences environnementales et le risque d'une fracture numérique qui se creuserait entre ceux qui créent ces technologies et ceux qui sont pleinement exclus des bénéfices tirés de ces technologies. Le Royaume des Swazis demeurent attachés à construire une économie plus résiliente, diversifiée et inclusive. Nous entendons créer une économie qui crée des emplois décents, attire des investissements durables, crée des possibilités pour la jeunesse, les femmes, les groupes marginalisés, entre autres, et ce afin d'améliorer les conditions de vie. Et à cette fin, nous continuons à investir de manière stratégique dans le capital humain, dans les infrastructures, dans la santé, dans l'éducation, dans l'agriculture, dans le tourisme, dans l'industrialisation, dans le développement numérique et dans l'extraction minière, tout en positionnant Eswatini de manière efficace au sein des chaînes de valeur mondiales et régionales. Nous appelons l'ONU à appuyer le renforcement des capacités des pays africains pour qu'ils puissent produire davantage de valeur ajoutée à partir de leurs ressources naturelles et créer un centre, un pôle commercial pour échanger des matériaux précieux et des minéraux, des minerais et d'autres matières premières sur le continent. Et à cet égard, la zone de libre-échange continentale africaine est une plateforme essentielle qui permet aux pays africains de ne pas simplement exporter des matières premières, mais de produire davantage de valeur ajoutée, de procéder à davantage de transformations industrielles, de commercer entre nations africaines afin de réaliser notre vision. Aucun pays ne peut réaliser le développement durable si de grands pans de sa population restent aux marges de l'économie. Nos citoyens ne doivent pas être de simples bénéficiaires du développement, mais doivent être des participants, des piliers de notre croissance durable. Nous avons créé un environnement inclusif pour l'ensemble de notre population, quel que soit le genre, la religion des personnes. C'est au cœur de notre stratégie de croissance économique. Le progrès économique et social, toutefois, restent exposés aux crises sanitaires mondiales. La pandémie de COVID 19 a permis à l'humanité de se rendre compte qu'aucun pays ne pouvait se protéger d'une urgence sanitaire mondiale à lui seul. Et alors que nous nous rétablissons de cette crise, la reprise de l'épidémie de variole du singe d'Ebola et d'autres maladies infectieuses nous rappellent que nos systèmes de santé doivent demeurer sur le qui-vive et être résilients. Nous souhaitons lutter contre les inégalités persistantes dans l'accès aux vaccins, aux médicaments et aux technologies médicales. La communauté internationale doit appuyer les pays africains à l'heure où ils renforcent leurs capacités locales et régionales en matière de production de produits sanitaires et pharmaceutiques essentiels. Lors d'une réunion récente de la Conférence de la communauté de la santé de l'Afrique de l'Est, centrale et australe, en Eswatini, les pays se sont engagés à agir comme un seul bloc dans l'achat de médicaments et de fournitures médicales essentielles. Cela permettra de réduire les coûts et de garantir la stabilité des chaînes d'approvisionnement. Nous demandons à l'ONU, par le truchement de l'OMS, de soutenir ce projet. Et en parallèle de la sécurité sanitaire, il y a une crise fondamentale, celle du changement climatique, qui est un autre défi majeure de cette génération. Les pays en développement n'ont contribué que très peu aux émissions mondiales, mais sont les plus touchés par les sécheresses, les inondations, les évolutions des régimes météorologiques et les chocs induits par le changement climatique. L'action climatique doit donc s'accompagner d'une justice climatique. Nous appelons à une coopération internationale plus forte en matière d'adaptation climatique, de résilience, de transfert de technologie, de renforcement des capacités et d'accès à des financements prévisibles et abordables pour le climat. Nous devons protéger notre environnement, non seulement pour la génération actuelle, mais pour ceux qui doivent encore naître. Dans notre région, nous allons connaître ce qui devrait être le régime météorologique le plus intense d'El Niño jamais enregistré. Il nous faut pour cela mobiliser des ressources nationales qui sont déjà peu nombreuses pour protéger nos populations et nos conditions de vie. Et en lien direct avec la résilience climatique, il y a notre engagement en faveur de la sécurité alimentaire. Notre objectif national est de garantir que chaque famille ait accès à une alimentation sûre, nutritive et en quantité suffisante. Il en va de la dignité humaine la plus fondamentale et du développement durable. Pour cela, nous investissons encore davantage dans l'agriculture, dans les technologies agricoles modernes, dans la recherche, dans les infrastructures et dans l'autonomisation des petits producteurs. Nous continuons à fournir des subventions pour les intrants agricoles et les équipements afin d'appuyer les agriculteurs de subsistance. Nous avons entamé des projets de construction de barrages de grande ampleur pour l'irrigation, lesquels devraient transformer notre paysage agricole, notamment dans la région du Lowveld. Des projets nationaux tels que ceux-là sont encore renforcés par la coopération internationale. Le partenariat entre l'ONU et le Royaume d'Eswatini a joué un rôle fondamental pour promouvoir nos objectifs de développement national et pour mettre en œuvre les ODD. Cette coopération couvre des secteurs essentiels, à savoir notamment la santé, le tourisme, l'éducation, l'agriculture et les énergies renouvelables. Nous apprécions tout particulièrement ce partenariat et demeurons attachés à garantir une présence forte et durable de l'ONU dans notre pays et notamment avec la création d'une présence permanente de l'ONU en Eswatini. Les partenariats au niveau national sont essentiels, mais la participation inclusive à l'échelle internationale est tout autant essentiel. Taïwan joue un rôle essentiel dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et peut fortement contribuer aux efforts de la communauté internationale et peut participer à construire un avenir durable pour l'humanité. L'ONU doit trouver des solutions adéquates pour permettre la participation effective de Taïwan aux réunions et aux activités de l'ONU, lui permettant ainsi de partager son expertise et de coopérer activement avec les partenaires internationaux. Monsieur le Président, alors que nous nous réunissons à ce moment charnière dans l'histoire de l'ONU, rappelons-nous que nos divergences ne doivent pas nous empêcher de trouver un terrain d'entente. Le monde n'a pas besoin d'un consensus parfait sur chaque question. Il a besoin de trouver le courage d'identifier les domaines dans lesquels la coopération est possible et doit trouver la volonté d'y donner suite. Nous devons rétablir la confiance dans la diplomatie et le dialogue. Nous devons rétablir la confiance dans la coopération internationale et surtout réaffirmer notre conviction selon laquelle les défis que partage l'humanité peuvent être relevés lorsque les pays choisissent la coopération plutôt que la division. L'ONU doit demeurer une enceinte où chaque pays, grand ou petit, a voix au chapitre et où la souveraineté et la dignité de tous les États membres sont pleinement respectées. Les dirigeants du monde sont réunis ici chaque année pour promouvoir la dignité, la paix, la justice, l'humanité et la coopération. afin de créer un monde meilleur. Nous ne devons jamais abandonner notre lutte pour y parvenir. Le Royaume d'Eswatini se tient prêt à coopérer avec tous les États membres, le système de l'ONU, les organisations régionales et les partenaires internationaux aux fins de promouvoir la paix, le dialogue, le développement durable et la dignité humaine pour tous. Nous saisissons cette occasion pour remercier toutes les agences de l'ONU et les structures d'appui de leur travail inlassable afin de garantir la réussite de cette rencontre et pour permettre l'exécution des responsabilités de chacun. Je vous remercie. Dieu vous bénisse toutes et tous. GA · Président de l'Assemblée générale [9:45:28]: Au nom de l'Assemblée, je souhaite remercier le chef d'État du Royaume d'Eswatini. Honduras · Président [9:45:39]: L'Assemblée va maintenant entendre une intervention de Son Excellence Nasri Juan Asfura Závila, le président de la République du Honduras. Je prie le protocole de bien vouloir l'escorter et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Mesdames et Messieurs, Bonjour. Que Dieu vous bénisse, vous et vos familles. Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les délégués, le Honduras s'adresse à vous aujourd'hui en tant que pays fondateur de cette organisation. Nous sommes l'un des 50 pays qui, il y a 81 ans, ont signé la charte à San Francisco, en Californie, charte des Nations unies qui aujourd'hui régit notre organisation. Il y a neuf mois, il y a eu des élections dans mon pays et à l'occasion de ces élections, notre démocratie et notre liberté étaient en jeu. Mais la démocratie et la liberté ont été sauvées par les institutions du pays qui ont résisté et grâce aux Honduriens qui se sont rendus aux urnes afin de rectifier le tir et de changer la donne. Et cette décision, nous ne l'avons pas prise seuls. Ou plutôt, nous ne sommes pas les seuls à dire que c'est ce qui s'est produit, car il y avait des observateurs internationaux qui ont confirmé l'excellent processus électoral, et ce en dépit des difficultés auxquelles nous faisions face. des hommes et des femmes pleins de courage ont donc agi à l'occasion de ces élections et nous avons par ailleurs reçu le soutien des démocraties internationales qui nous ont aidés à sauver notre pays. Nous avons donc pris nos fonctions et nous avons pu compter sur un peuple qui n'a jamais perdu la dignité ou l'espoir. Et aujourd'hui, nous renforçons nos institutions ainsi que notre démocratie multipartite. Monsieur le Président, depuis le premier jour où nous avons pris nos fonctions, nous avons décidé de gouverner autrement, gouverner sur le terrain. Nous sommes en train de réduire les dépenses pour pouvoir investir dans la santé, dans l'éducation, dans les infrastructures et dans la sécurité. Et nous le faisons sans perdre de vue la stabilité macroéconomique et la rigueur budgétaire. Nous ne ménageons aucun effort à l'échelle nationale. Mais le fait est que nous faisons aujourd'hui face à des conditions à l'échelle internationale qui ont une incidence sur le développement de nos pays. Aujourd'hui, l'économie mondiale fait face à une crise énergétique avec les cours du pétrole qui sont extrêmement élevés et cela a une incidence directe sur notre population. Cette assemblée générale est le seul endroit où un pays de 11 millions d'habitants peut faire entendre sa voix. Le Honduras exerce sa souveraineté sur tout son territoire national. Nous gérons nos ressources naturelles conformément à notre constitution. Tout le monde au Honduras respectent la loi aux quatre coins du pays, car sans sécurité juridique, sans respect de la propriété privée, il ne peut y avoir de paix, de développement, d'emploi ou d'investissement. Le principal devoir de mon gouvernement, c'est de faire respecter le droit au développement de tous les habitants. Le Honduras s'acquitte de ses engagements. Nous honorons nos accords et les traités auxquels nous avons souscrit. Ce sont des principes que nous ne pouvons pas appliquer de façon sélective. Je me suis rendu en Ukraine il y a trois mois et j'ai pu voir un peuple, un peuple qui se défend, un peuple qui lutte pour sa liberté, un peuple qui respecte l'intégrité territoriale, l'indépendance politique, un peuple qui protège sa population civile, un peuple qui œuvre à une paix durable. La sécurité, cela ne se décrète pas. Non, la sécurité, cela se construit avec des ressources, avec des formations et avec de la volonté politique. Et c'est ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes en train de mobiliser des ressources pour notre police nationale et pour les forces armées. Le crime organisé transnational ne respecte pas les frontières. Les réseaux des trafiquants de drogue, des maras, des gangs, ces réseaux opèrent dans plusieurs pays en même temps et aucun pays ne peut faire face à ces groupes seul. C'est donc une responsabilité partagée. Chaque pays peut apporter sa pierre à l'édifice. Les démocraties qui ont les mêmes intérêts doivent donc conjuguer leurs efforts et doivent agir rapidement et avec fermeté. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons garantir la sécurité et la prospérité dans notre région. Monsieur le Président, il y a un autre défi auquel aucun pays ne peut faire face seul: les phénomènes naturels. Aujourd'hui, nous faisons face à une période de grave sécheresse et nous prenons des décisions très concrètes afin d'aider les citoyens les plus vulnérables de notre pays. Nous avons été directement touchés par le passé par des ouragans et aujourd'hui nous faisons face à la sécheresse et ces phénomènes ont la même cause, un climat qui est de plus en plus extrême, un climat qui va avoir une incidence sur la planète au cours de ces prochaines décennies. Nous ne pouvons pas nous contenter de répondre à ces phénomènes, nous devons également continuer à nous préparer. afin d'atténuer l'impact du changement climatique. Voilà pourquoi nous investissons avec nos propres ressources afin de protéger la vie de nos citoyens, afin de protéger les récoltes et afin de garantir l'accès à l'eau potable. Mais nous souhaitons aller encore plus loin. Voilà pourquoi mon pays ouvre grand ses portes à ceux qui souhaitent investir dans de nouvelles solutions pour l'accès à l'eau, pour l'agriculture, pour les systèmes d'alerte précoce, ceux qui souhaitent investir dans les infrastructures dont nous avons besoin au Honduras. Si nous souhaitons relever le défi de l'avenir, nous devons prendre ces défis au sérieux. Le Honduras est un pays de rigueur, un pays de législation, de lois, un pays où nous vous invitons à investir. Si vous décidez d'investir au Honduras, eh bien, vous aurez accès à de nombreux débouchés. C'est un pays où règne l'ordre, la transparence, où les règles sont claires. Nous respectons nos obligations vis-à-vis du Fonds monétaire international. En l'espace de six mois, depuis ma prise de fonction, nous avons augmenté nos réserves de change pour atteindre 1,3 milliard de dollars, c'est-à-dire une augmentation de 13%. Nous sommes également de nouveaux membres du Centre international de l'arbitrage et ce depuis le 6 mars 2026. Nous en étions en effet membre déjà depuis 1989. Nous souhaitons en effet résoudre nos problèmes avec responsabilité. Grâce à toutes ces mesures, Nous démontrons que dans mon pays, les règles sont les mêmes pour tout le monde et les règles, nous les faisons respecter. Le Honduras est donc une terre d'opportunités pour les investissements dans la logistique, dans l'industrie, dans l'énergie, dans les infrastructures, dans l'industrie agroalimentaire, dans l'industrie minière, dans le secteur touristique, entre autres. Notre pays se situe au centre du continent américain. Nous nous trouvons entre deux océans. Nous sommes en train de donner un nouveau souffle à la ville portuaire de Cortés, qui se trouve sur la mer des Caraïbes, un port avec un fort potentiel de croissance et l'un des principaux ports de la région centro-américaine. Nous sommes en train d'investir afin de rénover nos infrastructures routières afin de créer un couloir logistique afin d'unir l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Grâce à notre emplacement géographique, le monde a accès, grâce à nous, à des chaînes d'approvisionnement sûres, fiables et efficaces. L'Honduras est un grand exportateur de textiles. Notre industrie textile est reconnue à travers le monde. Nous sommes également un pays qui fabrique des câbles électriques et des pièces pour l'industrie automobile, des produits qui se vendent à travers le monde, des produits qui sont fabriqués dans des usines au Honduras. Et quelque 200 000 Honduriens travaillent dans ces industries. Ces usines, ces ateliers, ces industries exigent un approvisionnement en énergie stable à des prix compétitifs. Voilà pourquoi nous avons récemment approuvé au Congrès national une réforme de la loi sur l'énergie électrique. Et c'est une réforme que ma présidence avait promue. Voilà pourquoi je vous invite à investir dans notre pays. Nous invitons les investisseurs étrangers à participer au développement du secteur énergétique au Honduras. afin de contribuer à la production, à la transmission et à la distribution d'énergie. Nous avons également des terres fertiles. Nous sommes un pays d'exportation de café, le premier en Amérique centrale, le cinquième exportateur de café au niveau mondial. 57 % du café produit au Honduras, ou plutôt 50 % du café que nous exportons correspond à des cafés d'excellence, des cafés de qualité, des cafés certifiés, ce qui reflète donc la qualité de cette production au Honduras. Le Honduras estime également que l'agriculture, que l'élevage, notamment l'élevage de volailles, constituent des piliers fondamentaux pour notre développement économique, pour notre sécurité alimentaire et pour la production d'emplois. Nous avons pris un engagement Nous nous sommes engagés à développer ces secteurs de façon durable. Nous souhaitons aider nos producteurs et nous souhaitons également renforcer la qualité des produits du Honduras sur les marchés internationaux. Notre terre a également une grande richesse minière avec un fort potentiel qui reste sous-exploité. Il est donc possible pour nous de mettre sur pied une industrie minière moderne, responsable et durable afin de créer des emplois et afin de valoriser toutes ces ressources pour permettre le développement et la prospérité de notre population. Donc, nous souhaitons développer ces secteurs en fixant des règles claires, en respectant l'environnement et en veillant à ce que cela bénéficie à nos communautés. Nous jouissons également d'une extraordinaire biodiversité, d'une grande richesse naturelle et d'un patrimoine culturel qui fait du Honduras une terre à fort potentiel touristique. Je vous invite à découvrir les eaux cristallines et les récifs de l'archipel des îles de la baie. Il y a également la ville grandiose de Copán et le legs de la civilisation maya. Nous offrons donc au monde une grande diversité avec de la nature, de l'histoire et de la culture. Mais nous avons surtout une force, la plus grande force, peut jouer un pays la jeunesse de sa population. Nous avons une population jeune, travailleuse, une population avec beaucoup d'aptitudes et une population qui, à juste titre, exige d'avoir la possibilité de s'épanouir pleinement sur son territoire. Nous souhaitons donc des investissements de longue haleine, des investissements qui génèrent des emplois, des investissements qui nous permettent de former notre jeunesse et donc l'engagement que je prends devant vous, c'est de faciliter les investissements au Honduras. Le Honduras est donc en pleine rénovation. Le Honduras, de nouveau, croît dans ses institutions. Nous marchons main dans la main avec nos alliés et nous bâtissons notre avenir avec travail, ordre et espoir. Aujourd'hui, le Honduras réitère son engagement en faveur de la paix, en faveur du droit international, de la souveraineté et de la coopération entre les États. Notre pays comprend bien que souveraineté ne signifie pas isolement. La souveraineté, c'est la capacité à tisser des liens avec le reste du monde sur la base de l'égalité et du respect. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse les Nations Unies, que Dieu bénisse vos pays et l'Honduras. Je vous remercie. Au nom de l'Assemblée, je souhaiterais remercier le président de la République du Honduras. Speaker 62 [10:00:50]: L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Jakov Milatovic, président du Monténégro. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à s'exprimer devant l'Assemblée. Montenegro · Président [10:01:23]: Monsieur le Président, Excellence, je félicite avant tout le Dr. Rahman pour son élection à la présidence de cette session de l'Assemblée générale. J'aimerais également remercier Mme Barbocz pour son rôle de chef de file à la tête de la 80e session de l'Assemblée générale. J'aimerais aussi remercier tout particulièrement le Secrétaire général Guterres, dont les efforts à la tête de l'Organisation et son partenariat avec le Monténégro ces dix dernières années nous sont très chers. C'est un honneur aujourd'hui que de m'exprimer en ma qualité de président du Monténégro, un pays des Balkans et de la Méditerranée, un allié crédible de l'OTAN qui chemine avec détermination sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne et qui est fermement engagé en faveur de la coopération régionale et du multilatéralisme efficace. Au Monténégro, nous avons une devise simple et ancienne: Les paroles d'une personne ont une valeur. Cela signifie qu'une promesse s'accompagne de responsabilités. Et ce qui est vrai pour les individus devrait aussi l'être pour les nations. Dans le préambule de la Charte des Nations Unies, les nations du monde entier ont sans doute fait la promesse la plus importante de toutes: préserver les générations à venir du fléau de la guerre. Huit décennies plus tard, alors que les conflits coûtent des vies, déplacent des millions de personnes, alors que les rivalités géopolitiques mettent sous pression notre système international, de nouveaux enjeux mettent à l'épreuve notre capacité de réaction. Avons-nous alors tenu notre promesse? Les chiffres sont plus parlants. En 2025, Le monde a été le témoin de plus de conflits armés que pendant n'importe quelle année depuis 1946. L'on recense 65 conflits actifs, 8 entre des États. Plus de 240 000 vies ont été sacrifiées sur l'autel de la violence, le bilan le plus lourd en 30 ans. Près de 20 millions de personnes ont dû fuir leur foyer, soit une personne sur septante. Sommes-nous donc en train de léguer un monde meilleur aux générations de demain, ou avons-nous plutôt érodé la confiance dans notre capacité à prévenir les conflits et relever les défis mondiaux? Il est impossible d'établir la confiance en se contentant de déclarations. La confiance peut être établie lorsque les engagements sont honorés, lorsque les règles sont appliquées avec cohérence, lorsque les institutions agissent avec responsabilité et lorsque les peuples peuvent constater que la coopération internationale apporte des résultats tangibles. Excellence, il y a 20 ans, Peu après avoir rétabli notre indépendance, nous avons assumé notre rôle d'État membre à part entière des Nations unies. Cette année est donc particulièrement importante pour nous. Nous célébrons 20 ans d'appartenance à l'ONU en tant que pays souverain. Un enfant né au Monténégro cette année est maintenant âgé de 20 ans. C'est toute une génération qui a grandi alors que le Monténégro se transformait, passait d'un état nouvellement indépendant à un état qui allait façonner les Balkans, qui refusait d'être défini par les conflits du passé, mais bien par les opportunités de l'avenir. D'un point de vue géostratégique, nous avons jeté les bases de notre avenir au sein de l'Union européenne. Cet avenir Nous pouvons le toucher du doigt. Notre objectif est clair. D'ici à 2028, nous voulons voir le drapeau du Monténégro flotter aux côtés de ceux des États membres de l'Union européenne. En 2017, le Monténégro a rejoint l'OTAN. Nous avons donc renforcé notre propre sécurité, mais nous contribuons également à la stabilité de l'ensemble de notre région. Nous entretenons des relations de bon voisinage avec nos voisins. Et nous sommes la preuve qu'une société multiethnique, multireligieuse et multiculturelle peut faire de la diversité une source de confiance et un objectif commun. Au niveau national, nous avons transformé notre économie. Nous avons renforcé nos institutions démocratiques dont dépend notre prospérité. Il reste encore un travail immense à abattre. mais nous avons jeté les bases d'une société au sein de laquelle le talent et les efforts vous ouvrent des portes. Nous sommes un pays où la jeunesse peut envisager un avenir dans le pays. Pour nous, l'Union européenne, ce n'est pas une destination à laquelle nous aspirons, c'est un processus de renforcement de nos valeurs que nous avons entamé. Alors que lorsque l'on a réaffirmé Les perspectives européennes des Balkans lors du sommet de Thessalonique en 2023, le monde était bien différent. Le multilatéralisme, la coopération internationale prenaient de l'ampleur. L'Union européenne constituait l'un des projets politiques les plus attrayants au monde et allait bientôt accueillir 13 nouveaux États membres dans la prochaine décennie. Dans le même temps, les Balkans se relevaient encore des dévastations et des divisions des années 90. Plus de 20 ans plus tard, nous vivons dans un contexte international radicalement différent. Notre ordre international entre dans une nouvelle phase incertaine. C'est pour cela que l'élargissement de l'Union européenne constitue une décision stratégique. Il s'agit d'un des meilleurs investissements que l'Europe peut faire en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité à long terme. Le Monténégro est fier d'être en première ligne de ce processus. Nous sommes prêts à être un exemple pour les autres pays candidats. Pas parce que ce cheminement s'est fait sans heurts, mais bien parce que nous sommes la preuve d'un élément essentiel, à savoir que les progrès sont possibles, que les réformes peuvent changer la donne et qu'une culture de politique démocratique porte ses fruits. Plus tôt cette année, les dirigeants de l'Europe se sont rassemblés au Monténégro à l'occasion du sommet Union européenne-Balcons occidentaux. Pour nous, cette réunion était bien plus qu'une simple réunion de nature protocolaire. Nous avons pu présenter nos progrès et ressentir à quel point notre avenir européen se rapproche. J'ai aussi pu faire passer un message important à la région. L'avenir de l'ensemble des Balkans est européen. Notre région subit le poids des divisions depuis trop longtemps. Nous voulons écrire un nouveau chapitre de coopération, de connectivité, d'opportunités économiques et d'intégration européenne. Ma génération a la responsabilité de rédiger ce chapitre. Ces responsabilités sont essentielles, non pas simplement en raison de leur titre, mais en raison de leurs résultats, la réconciliation, la connectivité, la résilience démocratique et l'avenir européen de notre région. Une réconciliation pérenne ne peut être le fruit du rejet, du déni, de l'approche arbitraire en matière de justice ou de la glorification des auteurs de crimes de guerre. Il faut que les jugements et les verdicts des cours internationales et que la dignité de chaque victime soient respectés, quelle que soit l'identité de ces derniers. Dans un monde qui cherche encore les preuves de l'efficacité de la coopération, le Monténégro est cette preuve pour les Balkans. Ce principe qui nous guide au niveau national nous guide ici au sein de cette organisation. Notre travail au sein des Nations Unies et guidé par ces mêmes principes, le Monténégro est un partenaire fiable, crédible et prévisible, un partenaire engagé en faveur d'un système multilatéral efficace avec la Charte de l'ONU en son cœur, un partenaire qui souscrit à la politique étrangère commune à l'Union européenne et à sa politique sécuritaire. un partenaire qui travaille étroitement avec les alliés de l'OTAN, les partenaires de l'Union européenne, en faveur de la paix et de la sécurité internationales. Cet engagement nous est cher, alors que l'ONU elle-même est mise à l'épreuve. 80 ans après sa création, les enjeux auxquels elle est confrontée sont de plus en plus complexes et interconnectés. Les conflits érodent la confiance dans le système international, les changements climatiques mettent à rude épreuve nos États et nos sociétés. L'intelligence artificielle et les nouvelles technologies font apparaître des risques à une cadence que ne peuvent pas suivre nos cadres nationaux. La réponse ne peut pas être moins de multilatéralisme, mais bien un multilatéralisme plus efficace. Nous appuyons donc le programme de réforme de l'ONU et la volonté d'ériger une Organisation des Nations unies plus efficace, plus souple, plus accessible, pérenne d'un point de vue financier et à la hauteur de notre époque. Cette réforme doit donc renforcer la capacité de l'ONU à agir là où il le faut, en matière de prévention des conflits, protection des droits humains et des libertés, promotion du développement durable et réaction efficace aux crises humanitaires. Cette responsabilité s'applique également au Conseil de sécurité qui doit devenir plus efficace, plus représentatif, plus redevable et transparent. L'exercice du droit de veto doit être une décision de poids, surtout en cas de crimes d'atrocités de masse et de nombre élevé de victimes civiles. La Charte de l'ONU doit être notre point de convergence. Le Monténégro sera un partenaire constructif dans le cadre de ses efforts. Excellence, le Monténégro demeure engagé à épauler l'Ukraine et salue tout effort diplomatique crédible visant à mettre fin à la guerre. Nous sommes convaincus qu'une paix juste et pérenne doit être garantie grâce au dialogue et la diplomatie. À Gaza, nous avons la responsabilité de protéger les vies humaines. Les civils doivent être protégés. L'assistance humanitaire doit parvenir à ceux et celles dans le besoin en toute sécurité et sans obstruction. Les Israéliens méritent de vivre dans la sécurité. Les Palestiniens méritent la dignité, la liberté et méritent leur propre état viable. Le Monténégro appuie la solution à deux États, avec un État d'Israël et un État de Palestine viables, vivant côte à côte dans la paix, la sécurité et la reconnaissance mutuelle. Le désarmement du Hamas demeure un élément central d'une solution pérenne, alors que le respect entier du droit international humanitaire doit être notre boussole. Chaque conflit a sa propre histoire, mais la dignité humaine ne peut pas faire l'objet de deux poids, deux mesures. Il en va de même pour le droit international. Cet engagement en faveur du droit international s'applique à la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime dont la sécurité a des retombées bien au-delà de la région. Toute perturbation. A des répercussions sur les marchés énergétiques et sur le commerce international, mais aussi sur la sécurité alimentaire via l'augmentation des prix des engrais et autres intrants agricoles. Les conséquences pour les pays dépendants de ces importations sont immenses. Dans le même temps, nous ne pouvons pas tolérer que certains conflits deviennent des conflits oubliés. Au Soudan, au Myanmar, à Haïti et ailleurs, les civils continuent de subir des violences, le déplacement et vivent dans l'insécurité la plus totale. Chers collègues, les droits humains sont au cœur de notre société et au cœur de l'ordre international que nous prônons à l'étranger. La dignité humaine est universelle et indivisible. Cela signifie que nous devons protéger les droits et les libertés de chaque individu. Nous devons combattre la discrimination, le discours de haine. Nous devons préserver l'indépendance de nos institutions, la liberté de la presse et la société civile dont dépendent nos sociétés démocratiques. Le Monténégro s'enorgueillit de sa nature multiethnique, multireligieuse et multiculturelle. Nous savons que la diversité n'est pas un problème à gérer, c'est une force à chérir. Le Monténégro est à la croisée de la Méditerranée et des Balkans. Nous sommes un petit État façonné par de nombreuses cultures, religions et identités. Notre histoire nous a enseigné que la coexistence ne peut pas être prise pour acquis. C'est un choix qui doit être réaffirmé de génération en génération. Voilà pourquoi nous savons que la confiance, ce n'est pas l'absence de divergence. La confiance, c'est la capacité de vivre avec ceux qui sont différents de nous sans que ces différences ne deviennent des divisions. En cette époque de polarisation, nos sociétés ne deviennent pas plus fortes en. promouvant des identités similaires. Ces sociétés se renforcent en créant des institutions garantissant l'équité et la dignité. Les choix que nous faisons aujourd'hui en matière de paix et de technologies d'action climatique vont déterminer les vies des générations à venir. Le Pacte de l'avenir nous rappelle cette responsabilité à juste titre. Les décisions que nous prenons aujourd'hui ne seraient hypothéquées les opportunités de ceux qui vivront avec les conséquences de nos décisions demain. Mais les générations à venir ne devraient pas être simplement le sujet de nos décisions, elles devraient pouvoir les façonner. Le Monténégro a bien entendu les appels de la jeunesse qui veut passer d'une simple participation à une véritable contribution à la prise de décision. Les jeunes ne sont pas des simples bénéficiaires de nos politiques, ils en sont des partenaires. L'éducation est le meilleur investissement que l'on puisse faire dans la jeunesse en leur inculquant les connaissances, l'esprit critique et les valeurs nécessaires pour créer un monde meilleur. C'est un choix qui m'est cher. Je sais ce que rend possible l'éducation. Je suis née éduquée au Monténégro et c'est l'éducation qui m'a permis d'étudier, de travailler à l'étranger, d'apprendre d'autres pays, d'autres institutions et en fin de compte de retrouver mon pays pour le servir. C'est cette éducation qui m'a convaincu que le pays dans lequel naît un enfant ne devrait pas limiter ses perspectives. Alors que je viens d'un petit pays, l'on pourrait croire que plus le pays est grand, plus la sagesse est grande. Mais l'ONU nous rappelle une simple vérité. La vision ou la sagesse ne dépendent pas de la taille d'un pays, mais des idées que nous présentons et des responsabilités que nous assumons. Notre responsabilité est d'augmenter ces opportunités, de construire des écoles sources d'inspiration, des institutions qui reconnaissent les talents, des économies qui récompensent les idées fructueuses et des sociétés où les jeunes ont une raison de prospérer. et lorsqu'il la quitte, d'y retourner. L'intelligence artificielle peut contribuer à façonner ces opportunités, mais l'IA est à la fois une occasion extraordinaire, mais s'accompagne de la responsabilité de s'assurer que cette transformation reste axée sur l'humain et respecte nos droits. La technologie doit être au service de l'humanité et non l'inverse. Les changements climatiques ne requiert cette même responsabilité au long cours. Le Monténégro assume son identité d'État écologique. Nos montagnes, nos fleuves, nos forêts et la mer Adriatique ne sont pas simplement des ressources naturelles. Ces richesses font partie de notre identité nationale et de l'héritage que nous allons léguer aux générations de demain. Les changements climatiques sont aussi une question d'équité internationale. Ceux qui sont le moins responsables de cette crise sont trop souvent les premiers à être frappés et à être frappés le plus durement par ses conséquences. Aucun pays ne peut relever ce défi à lui seul. Voilà pourquoi le multilatéralisme efficace reste indispensable. Excellence, en guise de conclusion, il y a 20 ans, le Monténégro entrait dans cette même salle pour écrire un nouveau chapitre de son histoire. Nous avons érigé nos institutions Assumer notre place dans l'arène internationale, renforcer notre économie, renforcer notre démocratie. Et nous touchons du doigt notre adhésion à l'Union européenne. Notre transformation n'est pas achevée, mais notre direction et notre trajectoire sont claires. Et lorsque la prochaine génération du Monténégro se tiendra dans cette même salle, dans 20 ans, j'espère qu'ils nous diront que nous avons pris les bonnes décisions, que le Monténégro est pleinement européen, que la région, les Balkans ont fermé la page des divisions et ont fait le choix de défendre les règles et les principes préservant la paix. Mais surtout, j'espère que ces générations pourront nous dire quelque chose de bien plus simple, que nous leur avons donné plus d'opportunités que celles que nous avons reçues. Parce que c'est bel et bien là la responsabilité des dirigeants, non pas simplement gérer le présent, mais augmenter les perspectives pour l'avenir. Au début de mon allocution, j'ai parlé de l'importance que nous octroyons à une promesse. Et c'est peut-être la conclusion dont l'ONU a besoin aujourd'hui. Pas besoin de nouvelles promesses, mais une confiance renouvelée dans les promesses que nous avons déjà faites. Défendre la Charte de l'ONU, protéger la dignité humaine, préserver la paix. et offrir à ceux qui nous succèdent plus d'opportunités que nous en avons reçues. Excellence, le Monténégro continuera de jouer son rôle au niveau national, dans la région et ici au sein de cette remarquable Organisation des Nations Unies. Je vous remercie. Speaker 64 [10:24:25]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le président du Monténégro. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Delcy Eloina Rodríguez Gómez, présidente en exercice de la République bolivarienne du Venezuela. Je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Venezuela (Bolivarian Republic of) · Présidente en exercice [10:25:13]: Mesdames et Messieurs, bonsoir. Monsieur le Président de l'Assemblée générale, à l'occasion de cette 81e session, Mesdames et Messieurs les chefs d'État, les chefs de gouvernement, Mesdames et Messieurs les délégués. Je me suis tenue à cette tribune à plusieurs moments de ma vie en tant que fonctionnaire. Tout d'abord en tant que ministre des Affaires étrangères, puis en tant que vice-présidente Et aujourd'hui, je m'adresse à vous en tant que présidente en exercice de la République bolivarienne du Venezuela. Au cours de chacun de ces moments, je me suis livré à des réflexions sur de grandes questions, nos aspirations, les préoccupations que nous avons pour l'humanité, des questions telles que la paix, le développement, l'égalité, la crise climatique, le libre-échange, la sécurité énergétique et plus récemment l'intelligence artificielle. Sur chacune de ces questions, le Venezuela a toujours maintenu une position très claire. Premièrement, nous sommes un pays épris de paix, un pays qui rejette la violence, un pays qui privilégie la compréhension et le dialogue plutôt que le conflit. Nous sommes convaincus que le dialogue un fort potentiel. Le Venezuela sait ce que cela signifie que de devoir extraire ses enfants des décombres. Le Venezuela souhaite dire toute sa solidarité à tous les peuples qui souffrent de la guerre. Et nous souhaiterions réaffirmer sans ambiguïté aucune que la paix, une paix juste, une paix durable, une paix avec une dignité pour toutes les personnes, que cette paix donc n'est pas une aspiration naïve, mais plutôt la seule voie véritablement humaine. Deuxièmement, Nous avons besoin de développement inclusif et de justice sociale pour réduire la pauvreté et pour atténuer la souffrance de centaines de millions de personnes qui vivent principalement dans le sud global. Nous savons que les sanctions portent un coup dur aux libertés économiques et financières. Les sanctions ne font que retarder le développement humain. Troisièmement, nous sommes convaincus qu'il faut respecter les droits de la nature. C'est la seule façon de consacrer la vie humaine. Quatrièmement, nous pensons que nous assistons à un échec institutionnel, l'échec du commerce mondial. Cet échec est évident car aucun pays ne peut prospérer lorsque ce pays se voit imposer des mécanismes supranationaux qui ne promeuvent pas l'industrie nationale et qui encouragent la délocalisation. Cinquièmement, L'instabilité internationale exige que nous résolvions un dilemme énergétique, à savoir qu'il faut garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique, il faut garantir des prix bon marché et il faut garantir le respect de la durabilité environnementale. Promouvoir des mécanismes de décarbonisation forcée menace directement la sécurité alimentaire, l'emploi, la production. Donc il faut éviter les effondrements industriels. Il faut éviter d'imposer au peuple des coûts énergétiques insupportables. La sécurité énergétique est donc indispensable pour l'économie internationale et pour le développement. À n'en pas douter, le Venezuela joue et continuera de jouer un rôle très important dans le cadre de l'approvisionnement énergétique. Je souhaiterais citer l'accord qui a récemment été signé entre les États-Unis et le Venezuela, un des plus grands accords jamais signés. Cet accord va contribuer à l'équilibre énergétique de notre région et à l'économie internationale. Sixièmement, en ce qui concerne l'intelligence artificielle, l'intelligence artificielle constitue une révolution technologique. C'est un véritable point de rupture pour l'humanité. L'intelligence artificielle, utilisée à bon escient, aboutira à un développement inédit dans le domaine de la santé, de l'environnement, des processus productifs. L'IA pourra améliorer la vie de la population. Les gouvernements, les entreprises technologiques, les scientifiques ont une immense responsabilité. Il faut veiller à ne pas perdre de vue cet objectif vital constructive de l'intelligence artificielle. L'IA doit bénéficier aux citoyens et nous ne devons pas exacerber les inégalités et notamment la fracture numérique. Septièmement, je me dois de mentionner aujourd'hui à l'Assemblée générale qui est le siège de la légalité internationale, je me dois de mentionner notre revendication, nos droits historiques concernant la région de l'Essequibo. Et nous demandons au Guyana de reprendre les négociations afin de résoudre ce différend et respecter ainsi l'accord de Genève. Les accords qui résistent à l'épreuve du temps sont les accords qui découlent de négociations bilatérales et non pas les accords qui sont imposés depuis l'extérieur. Pour ce qui est du camp auquel appartient le Venezuela, si c'est ce que vous vous demandez, bien, je souhaiterais dire que nous, nous appartenons à un seul camp, le camp des citoyens, les citoyens qui aspirent au bonheur, au développement et à la liberté. Beaucoup se disent sur le Venezuela. Beaucoup ont un point de vue concernant le Venezuela. D'aucuns souhaitent s'immiscer dans les affaires du Venezuela. Eh bien, moi, je souhaiterais vous parler de mon pays, le Venezuela, un pays dont la vie a été directement affectée par une crise, une crise de la coexistence politique. Cette crise a perturbé la vie de nos citoyens et a perturbé nos relations avec le reste du monde. D'aucuns ont souhaité imposer des intérêts au détriment des Vénézuéliens. En 2026, le Venezuela a connu deux événements extrêmement douloureux. Premièrement, un événement qui découle de la politique interne qui a véritablement étouffé notre pays et qui est un événement qui est également lié à la confrontation que nous avions avec les États-Unis d'Amérique. Autre événement qui est lié à la nature qui peut être féroce parfois, c'est le tremblement de terre, le double tremblement de terre du 24 juin. En dépit de ces deux coups durs que nous a portés la vie, comme le dirait le grand poète César Vallejo, en dépit de ces coups durs, donc, le Venezuela renaît. Et cette renaissance incarne bien le comportement de notre peuple qui a su faire face à ces deux événements douloureux. Tout d'abord, nous souhaitons profondément transformer nos relations diplomatiques. Aujourd'hui, le Venezuela aspire à tisser des liens avec les États-Unis, avec les pays de notre région, avec les pays de notre continent. Nous souhaitons reconstruire nos relations et établir des relations de respect et d'égalité. À l'occasion de cette session de l'Assemblée générale de l'ONU, je souhaiterais remercier le président Donald Trump et remercier son gouvernement. Je les remercie de leur disposition à s'engager sur la voie diplomatique, la voie de la coopération avec le Venezuela. La dernière fois que deux présidents du Venezuela et des États-Unis se sont entretenus, c'était en 2009. Aujourd'hui, nous travaillons d'arrache-pied afin de s'engager sur la voie du dialogue pour remédier, pour résorber les divergences qui sont les nôtres et surtout pour travailler dans le secteur de l'énergie, de la sécurité, de la lutte contre le crime transnational, dans le domaine de la coopération économique, et ce, au bénéfice de nos peuples et de notre continent. En outre, pour ce qui est de la reconstruction matérielle, morale et spirituelle de notre patrie, une patrie qui a été affectée par un terrible drame naturel, le tremblement de terre. Je souhaiterais remercier les pays d'Amérique, d'Europe, d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient, remercier le système des Nations Unies dans son ensemble. Je vous remercie de votre soutien, de votre solidarité à l'endroit du peuple vénézuélien pendant ce chapitre très sombre de notre histoire causé par ce double tremblement de terre. Je pense que cela a montré l'esprit qui règne au sein de cette organisation depuis sa création. Et aujourd'hui, je me présente à vous comme une Vénézuélienne lambda pour présenter les aspirations de mon pays, un pays qui souhaite prendre son destin en main après avoir vécu un conflit politique, après avoir vécu un embargo économique qui a eu une incidence sur le modèle de développement, sur l'inclusion, sur l'égalité dans mon pays. Pendant trop longtemps, le Venezuela a été un pays qui a été divisé, où nous étions arc-boutés sur nos positions, où le plus important, ce n'était pas ce que nous partagions, mais l'appartenance à tel ou tel parti politique, alors que nous sommes tous vénézuéliens. Nous devons tourner cette page. Nous devons inaugurer une nouvelle ère politique qui repose sur la vérité, la justice et la capacité à se tourner vers l'avenir ensemble afin de nouer un dialogue politique dans le respect pour dégager un espace où nous sommes à même de résorber nos divergences en tant que Vénézuéliens. Nous souhaitons donc un avenir radieux pour notre pays. J'ai le plaisir de vous annoncer que le Venezuela s'est lancé dans un processus de transformation, un processus démocratique pour permettre au pays de renaître. C'est un processus structuré, institutionnel, vérifiable. L'objectif, c'est de bâtir un pays plus libre pour tous, un pays plus prospère, un pays en paix avec lui-même. C'est un processus de changement politique, économique, spirituel, avec des réformes structurelles pour permettre la renaissance du Venezuela, pour permettre à notre pays de renaître, pour permettre à notre peuple de renaître. Il s'agit de construire un pays où personne ne n'ignore, un pays où tous les citoyens peuvent travailler main dans la main. Nous devons donc aspirer à un pays où la classe politique est profondément engagée pour le bien des intérêts nationaux, et ce, au-delà de toute cause. Il faut veiller à ce que les algorithmes médiatiques ne contribuent pas à cliver la population. Je connais bien le Venezuela. Grâce à Dieu, j'ai eu la possibilité de découvrir les différents espaces institutionnels de ce pays, les différents secteurs de la vie publique. Et je sais quelles sont les portes que nous devons ouvrir pour permettre cette transformation profonde du Venezuela. pour édifier, pour jeter de nouvelles bases, pour que l'économie soit mise au service du développement national, pour que la justice soit équitable pour tous, sans aucune distinction de classe sociale ou de classe politique. Je sais comment consolider un système de justice, un système d'égalité sociale, comme y aspirait notre père libérateur, Simón Bolívar. Je pense que sur les ruines de la division, nous pouvons jeter les fondations d'une nouvelle république où règne le pluralisme, la spiritualité, une république en paix avec elle-même, en paix également avec un monde qui est là, c'est de plus en plus, ou plutôt un monde qui est de moins en moins intégré. L'histoire nous apprend que certaines des transitions démocratiques qui s'avèrent ensuite les plus solides du monde contemporain, que ces transitions ne sont pas nées sur la base d'une rupture, mais que ces transitions ont été entamées par les institutions déjà en place, car ces institutions souhaitaient changer. C'est ça l'objectif. L'idée n'est pas de reproduire une histoire passée qui ne nous appartient pas. L'idée est tout simplement de reconnaître que nous pouvons, sur la base de la légalité actuelle, nous engager sur la voie d'une plus grande, d'une légalité plus grande encore. La renaissance n'est pas seulement possible avec la reconstruction des bâtiments. Il faut également recouvrer la confiance dans nos institutions. Voilà pourquoi je souhaiterais vous présenter les différents piliers de ce processus. Tout d'abord, nous avons besoin d'une réforme juridique ordonnée. Le Venezuela s'est lancé dans un processus de révision institutionnelle. Nous souhaitons renforcer le fonctionnement de l'État. Nous souhaitons garantir la sécurité juridique, car la sécurité juridique Les investisseurs en ont besoin, mais pas seulement. Les citoyens en ont besoin également. Pour que les citoyens n'aient pas le sentiment qu'ils sont. qu'ils vivent dans l'ombre d'un pouvoir arbitraire. Non, le pouvoir doit être au service des citoyens. Deuxièmement, nous avons besoin d'une. d'un monde politique au service de la population. Nous allons garantir la participation pour toutes les forces politiques du pays. La démocratie ne se mesure pas simplement par l'organisation d'élections. Non, la démocratie fait ses preuves lorsqu'il y a un véritable pluralisme dans le cadre du processus électoral qui mène aux élections. L'élection doit permettre de trouver des solutions plutôt que de créer des conflits irréconciliables. Et je souhaiterais le dire très clairement, au Venezuela, il y aura des élections. Et à cette fin, nous avons entamé un dialogue politique avec les différents secteurs de l'opposition pour aboutir à un processus où tous les candidats sont sur un pied d'égalité. Le peuple vénézuélien a une sagesse ancestrale. Et c'est le peuple vénézuélien qui déterminera quel sera le moment adéquat. Et les institutions vont se préparer pour garantir un processus électoral inclusif et transparent. Nous ne souhaitons pas être soumis à des restrictions économiques afin de pouvoir garantir le droit au développement du Venezuela. Pour ce qui est des réactions auxquelles nous assistons au Venezuela et dans certains pays et qui viennent perturber la situation, et bien tout cela ne fait partie que d'une mise en scène. dont nous souhaitons tourner la page. Le Venezuela souhaite donc promouvoir la coexistence démocratique et pacifique et laisser de côté l'extrémisme et l'intolérance. Et je demande à cet égard le soutien de la communauté internationale. Nous avons besoin de votre soutien pour nous permettre d'entreprendre tous ces changements, ces changements dont le pays a besoin. Il faut respecter l'autodétermination des Vénézuéliens. Le Venezuela souhaite respirer librement, souhaite exercer ses droits en tant que pays souverain sans aucune ingérence. Le Venezuela souhaite être admiré et respecté. Et donc, je suis présente aujourd'hui pour assumer une responsabilité historique, celle de mener à bien cette transformation pour permettre au Venezuela de tourner la page de l'incertitude et des conflits, pour inaugurer une ère de démocratie, une démocratie reconnue par le monde entier, une ère de bien-être pour permettre au Venezuela de renaître. Et je m'adresse à mon peuple qui m'est si cher. Ce n'est pas aujourd'hui la fin, c'est le début, le début d'un engagement. Et je souhaite maintenant m'adresser à la communauté internationale. Le Venezuela est prêt à aller de l'avant et à tisser des liens avec ceux qui souhaitent nouer des liens de confiance et de respect avec le Venezuela sans ingérence. Je m'adresse maintenant aux jeunes qui ont grandi dans un pays fracturé et souvent qui ont décidé d'émigrer car ils ne trouvaient pas au Venezuela les débouchés. Eh bien, je les encourage à croire de nouveau dans le potentiel de leur pays. Le moment est venu de bâtir un pays où tous ceux qui ont quitté le Venezuela souhaiteront revenir dans leur patrie. Et je m'adresse à chaque Vénézuélien qui aujourd'hui fait face peut-être à des pertes matérielles à la suite du tremblement de terre ou qui a perdu des proches, chaque Vénézuélien qui se demande est-ce que le Venezuela vaut la peine de se battre? Et bien oui, la force de ce peuple, et bien, c'est que le peuple c'est se relever à la suite de moments difficiles et non pas seulement des moments faciles. À la suite de chaque catastrophe, le Venezuela a pu renaître encore plus uni. Chers Vénézuéliens, le chemin sera semé d'embûches. Il faudra du temps pour permettre au pays de se relever. Notre priorité sera de reconstruire l'âme de la nation. Nous allons travailler ensemble en tant que nation, nation qui a décidé, après la douleur, de choisir l'espoir. Ce moment politique et géopolitique doit rester dans l'histoire en tant que moment où nous avons décidé de la renaissance du Venezuela. Le 16 décembre, nous allons célébrer 200 ans depuis l'appel qui a été lancé par le libérateur Simón Bolivar, appel lancé au peuple du Venezuela pour sauver le Venezuela de la division et de la guerre civile. Et il a dit ce 16 décembre, chers Vénézuéliens, nous allons vous consulter pour que vous puissiez décider du moment où se tiendra la grande convention nationale. À cette occasion, le peuple pourra exercer son autorité. Vous pourrez décréter vos lois fondamentales. Le peuple, lui seul, peut prendre son destin en main et non pas un puissant ou un parti ou une faction. Non, c'est le peuple qui est souverain. et non pas une personne puissante ou un parti ou une faction. Non, tous ensemble, nous devons déployer tous nos efforts pour permettre la renaissance de notre patrie, patrie que méritent nos enfants. Que Dieu bénisse le Venezuela. Nous avons besoin de l'union de notre peuple. C'est ça le drapeau qui doit nous guider pour montrer ce dont nous sommes capables, nous les Vénézuéliens, de bonne volonté. dans la dignité afin de continuer à aller de l'avant. Je vous remercie. Speaker 66 [10:44:08]: Au nom de l'Assemblée générale, je souhaiterais remercier la présidente en exercice de la République bolivarienne du. Venezuela (Bolivarian Republic of) · Présidente en exercice [10:44:24]: Venezuela. Nous allons poursuivre le débat général. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Jessica Rose Epel Alupo, vice-présidente de la République de l'Ouganda. Je prie le protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à cette Assemblée. Uganda · Vice-Présidente [10:44:59]: le président de l'Assemblée générale des Nations Unies, excellence, mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, monsieur le secrétaire général des Nations Unies, mesdames et messieurs les délégués, mesdames et messieurs, je souhaite vous saluer de la part de son excellence le général Kabukin Stevani, président de la République de l'Ouganda, au nom de qui je prononce cette allocution. Je vous en donne lecture. Je souhaite me féliciter d'avoir été invité à m'adresser à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Je n'ai pas pu participer personnellement à ce débat et j'ai demander à Mme Jessica Alupo de me représenter. Je félicite le Dr Khalilur Rahman pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Vous pouvez compter sur le plein soutien de l'Ouganda. Je remercie également Son Excellence Mme Annalena Baerbock de sa direction de la 80e session Et je remercie le secrétaire général, Son Excellence Antonio Guterres, de son engagement indéfectible en faveur des Nations unies. Monsieur le Président, il y a 80 ans, l'Organisation des Nations unies a été créée suite à la Seconde Guerre mondiale afin de promouvoir la coopération internationale et de prévenir de futurs conflits armés. Pourtant, aujourd'hui, alors que nous sommes réunis, nous vivons à une époque marquée par des incertitudes sur laquelle plane la menace persistante d'un conflit mondial. Il importe d'œuvrer ensemble pour empêcher la guerre. Nous devons revenir aux principes fondateurs de la Charte et nous engager à nouveau à préserver les générations futures du fléau de la guerre, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations, à favoriser le progrès social et à instaurer les meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande. L'Ouganda est convaincu que le multilatéralisme et la coopération multilatérale demeurent les mécanismes les plus importants pour relever les défis que nous partageons. Nous réaffirmons notre engagement en faveur des principes de la Charte de l'ONU, pierre angulaire de la diplomatie mondiale, à l'appui des piliers interconnectés de la paix et de la sécurité, des droits humains des questions humanitaires et du développement durable. L'ONU doit rester souple et s'adapter à l'évolution de la réalité mondiale. L'Ouganda est attaché à travailler avec l'ensemble des États membres afin de dégager un consensus concernant les réformes essentielles du système, notamment au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Nous appelons à une réforme globale. afin de rendre le Conseil plus équitable, transparent, démocratique et représentatif. Nous demandons-nous exigeons la représentation légitime de l'Afrique, aussi bien en lui octroyant des sièges permanents et non permanents, et ce afin de corriger le déséquilibre historique, conformément à la position africaine commune, présentés dans le consensus des Oluwini et la déclaration de Syrte. Concernant l'initiative ONU 80, l'Ouganda salue les efforts visant à rationaliser le système de l'ONU pour le rendre plus efficace, efficient et coordonné. Toutefois, cette réforme ne doit pas conduire à diluer les mandats, les engagements et les programmes de l'ONU approuvés. Ça ne doit pas non plus empêcher la mise en œuvre du programme à l'horizon 2030. Monsieur le Président, lorsque nous avons adopté le programme à l'horizon 2030 et ses 17 ODD en 2015, nous nous étions engagés à ne pas faire de laissés-pour-compte. Et pourtant, les progrès demeurent hors de portée. Seuls 36 % des 139 cibles sont sur la bonne voie. De nombreux obstacles nous empêchent d'accélérer la réalisation des progrès et notamment en raison du manque de marge budgétaire. De nombreux pays en développement n'ont pas de ressources financières suffisantes pour répondre à leurs besoins de développement. Une grande partie de leurs recettes fiscales sont mis au service de la dette plutôt que des infrastructures publiques ou des services sociaux. Ce défi impose une réforme des institutions financières internationales de toute urgence afin de donner voix au chapitre aux pays en développement et de mettre en œuvre l'engagement de Séville et le pacte pour l'avenir. Par ailleurs, il est essentiel d'avoir une fiscalité équitable pour mobiliser des ressources nationales. Il nous faut un système fiscal international inclusif afin de renforcer la coopération mondiale, de lutter contre les flux financiers illicites et les transferts des bénéfices des multinationales. L'Ouganda appuie pleinement les négociations intergouvernementales portant sur la convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale et sur ses protocoles sur les services transfrontières et Règlement des différends. Nous exhortons tous les États membres à participer aux négociations dans un esprit constructif. L'Ouganda a entamé la mise en œuvre de son quatrième plan de développement national dans le cadre de notre stratégie nationale visant à accélérer la transformation numérique et à réaliser le développement durable. Cette stratégie s'appuie sur quatre piliers à croissance pour une croissance élevée, agro-industrialisation, développement du tourisme, exploitation des minerais, sciences, technologies et innovation. L'objectif est d'arriver à une croissance à deux chiffres sur une période de cinq ans et de multiplier notre PIB par dix pour arriver à 500 milliards de dollars d'ici à 2040. créant ainsi des emplois et améliorant la qualité de vie de tous les Ougandais et Ougandaises. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, le règlement pacifique des conflits par la diplomatie est indispensable pour une paix durable, pour la sécurité et la croissance économique. La plupart des conflits découlent de différends locaux et régionaux non réglés et nécessitent des solutions globales avec une appropriation politique et locale plutôt que des réponses souvent militaires. L'Ouganda contribue de manière continue à la stabilité régionale, notamment dans la Corne de l'Afrique et dans la région des Grands Lacs. Notre approche en matière de sécurité fait fond sur le cadre panafricain qui promeut la paix par des alliances collectives et une coopération régionale. Monsieur le Président, investir dans la santé de la population demeure la priorité stratégique de l'Ouganda. Au titre du plan de développement 4, nous investissons davantage dans la santé pour garantir des soins de santé accessibles, abordables et équitables dans tout le pays. Nous modernisons les centres et les hôpitaux de référence régionaux. Nous intégrons les solutions sanitaires numériques afin d'améliorer la prestation de services et la redevabilité. Nous luttons contre le fardeau double des maladies transmissibles et non transmissibles. Notre stratégie face au VIH/sida s'appuie sur un rôle politique fort et une participation durable de la communauté. Ainsi, l'Ouganda est sur la bonne voie pour réaliser les cibles 95-95-95 de l'ONUSIDA pour contribuer à faire en sorte que le sida ne soit plus une menace de santé publique d'ici à 2030. Nous avons réussi à endiguer deux foyers épidémiques du virus Bundibugyo Ebola et nous avons construit ainsi un cadre sanitaire public résilient. Nous appelons les partenaires de développement et les institutions multilatérales à répondre aux besoins de financement, à améliorer la préparation face aux pandémies et à garantir un accès équitable aux outils de diagnostic, aux médicaments et aux vaccins dans le monde. À la présidence du MNA, l'Ouganda continue à défendre les principes d'unité, de paix et de solidarité entre pays en développement, demeurant attaché à promouvoir le pacte international relatif au droit au développement pour transformer la déclaration de 1986 en instrument opérationnel contraignant permettant de lutter contre les inégalités structurelles mondiales. Il nous tarde d'accueillir les ministres des États membres et observateurs du MNA lors de la réunion ministérielle du Bureau de coordination du MNA à Kampala, du 2 au 4 décembre 2026. Monsieur le Président, le processus de sélection du prochain secrétaire général de l'ONU est en cours. L'Ouganda a présenté la candidature de l'ambassadeur Olara Otunnu. L'ambassadeur Ola Raoultounou dispose de quatre décennies d'expérience d'exception au sein du système de l'ONU, de diplomatie internationale et au sein de l'administration publique. En tant que premier représentant spécial pour les enfants en temps de conflit armé, de 1998 à 2005, il a fermement inscrit la protection des enfants touchés par les conflits à l'ordre du jour du Conseil de sécurité et il a créé, au titre de la résolution 1622005, le mécanisme de suivi et d'établissement de rapports. Son expérience longue, son envergure politique et ses capacités qui ont su faire leurs preuves en matière de consensus font de lui une personnalité tout à fait qualifiée pour diriger le secrétariat en ce moment charnière. Monsieur le Président, en conclusion, pendant huit décennies, l'ONU a été un pilier central de la paix internationale, des droits humains et du développement. Tout en reconnaissant ses accomplissements et sa force fédératrice, il nous faut toutefois continuer à réformer l'organisation pour que celle-ci gagne en transparence, en efficacité, en efficience et en représentativité. Redynamisant la coopération internationale, l'ONU pourra honorer sa promesse fondamentale pour toute l'humanité. Je vous remercie de votre attention. Venezuela (Bolivarian Republic of) · Présidente en exercice [10:57:51]: Au nom de l'Assemblée, je souhaite remercier la vice-présidente de la République de l'Ouganda. Speaker 70 [10:57:59]: L'Assemblée va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Justin Nsengumyimba, Premier ministre de la République du Rwanda. Je prie le protocole de bien vouloir escorter Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Rwanda · Premier ministre [10:58:47]: Excellence, le docteur Khalilur Rahman, président de la 81e session de l'Assemblée générale. Excellence, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies. Excellence, mesdames et messieurs les chefs de délégation, mesdames et messieurs, bonsoir. Au nom du gouvernement du Rwanda, j'aimerais, à l'entame de mon propos, féliciter Son Excellence le docteur Kalilu Ramane pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Le Rwanda félicite également le secrétaire général, son excellence Antonio Guterres, pour son engagement infaillible dont il a fait montre à la tête de cette organisation. pendant une période de difficultés extraordinaires. Nous réitérons notre plein soutien alors qu'il s'acquitte de la fin de son mandat. L'année dernière, nous étions rassemblés autour du thème "Mieux ensemble". pour commémorer les 80 ans de la signature de la Charte. Cette année, nous sommes appelés à rétablir la confiance et à être au service de tous. Mais soyons francs, nous sommes loin d'avoir atteint cet objectif. L'Organisation des Nations Unies doit encore prouver qu'elle peut s'adapter à un monde incertain et en évolution. Et c'est aux États membres d'en faire une réalité. Cette situation n'est pas simplement théorique pour nous. Il y a 30 ans, L'avenir de notre pays était totalement incertain. Notre survie dépendait de notre capacité à nous reconstruire contre toute attente. Ce qui a rendu cela possible a été notre attachement à un principe simple, à savoir que les institutions peuvent obtenir la légitimité, non pas en se contentant de faire des promesses, mais en étant au service des populations année après année. Nous estimons qu'il en va de même pour le système multilatéral dans son ensemble et pour l'ONU en particulier. C'est à l'aune de cette norme que nous devons juger l'efficacité de la réforme. L'optimisme est certes important, mais il doit s'accompagner d'une volonté de changer de paradigme. Bien trop souvent, l'Organisation des Nations Unies a été plus efficace à réagir aux crises plutôt qu'à les anticiper. C'est le cas pour les pandémies, les chocs climatiques, les perturbations technologiques et surtout les conflits qui sont les plus coûteux. L'Est de la RDC en est un bon exemple. Voilà près de 30 ans que les FDLR font la promotion d'une idéologie génocidaire. Ça donne à des violations graves dans l'Est de la RDC et ont menacé la sécurité du Rwanda en procédant à des attaques transfrontières. Ce groupe se retrouvent maintenant parmi les troupes du Burundi et des milices appuyées par la RDC, ainsi que des mercenaires à leur service, et ce en violation de la convention de l'ONU de 1989 et de la convention de l'Organisation de l'Union africaine de 1977 contre les mercenaires. Cela n'a pas eu lieu du jour au lendemain. Les racines du conflit dans l'est de la RDC sont de nature politique. Elles sont liées à des doléances de longue date, à l'exclusion, à l'échec de la bonne gouvernance. Par conséquent, la solution doit aussi être politique. Le Rwanda appuie pleinement les efforts diplomatiques déployés pour parvenir à une telle solution. Nous saluons la conclusion des accords de Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi que la conclusion d'un processus, le processus de Doha, entre la RDC et les AFCM23. Il s'agit là de pas dans la bonne direction. Nous saluons les efforts inlassables déployés par le président Donald Trump, par son Altesse l'Amir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, ainsi que par le médiateur de l'Union africaine, le président Faure Gnassingbé du Togo. qui oeuvrent à promouvoir ces processus. Nous demeurons engagés en faveur d'une région où tous les pays coexistent pacifiquement, où ils peuvent commercer et se développer ensemble. Le Rwanda appelle tous les acteurs, y compris le Conseil de sécurité, à appuyer ces efforts de paix en toute équité, et nous encourageons toutes les parties à honorer leurs engagements. Il sera impossible de pérenniser la paix sans s'atteler aux causes profondes du conflit et sans répondre aux préoccupations légitimes des parties concernées. Excellence, L'importance de la prévention ne concerne pas simplement les conflits. La prévention, c'est aussi s'atteler aux conditions qui rendent les pays vulnérables à la pauvreté, aux chocs économiques et au manque d'opportunités. Un système international qui garantit à chaque pays L'égalité de chances et la possibilité de faire ses choix de développement doivent être au cœur du processus de réforme ONU 80. Il ne s'agit pas pour l'Assemblée de savoir si le multilatéralisme est toujours pertinent. Il s'agit plutôt de déterminer si nos institutions sont prêtes à s'adapter aux enjeux de notre époque et à changer la donne. Nous saluons le choix du thème de cette session, rétablir la confiance grâce à la prévention, l'inclusion et la réforme, et nous sommes prêts à coopérer avec tous les États membres de l'ONU pour atteindre cet objectif. Je vous remercie. Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre de la République du Rwanda. Uganda · Vice-Présidente [11:08:43]: Nous allons maintenant entendre une allocution de Son Excellence Pedro Sanchez Perez Castanon, le président du gouvernement espagnol. Je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Spain · Président du gouvernement [11:09:07]: Présidente. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, je m'adresse à vous aujourd'hui avec un objectif, défendre ce que beaucoup souhaitent détruire. Je viens pour réitérer des principes et des ambitions qui ont donné lieu à la création de cette organisation il y a 81 ans. Des principes et des ambitions que beaucoup de gouvernements ici présent, méprise ou souhaite démanteler. Cela fait huit ans que je me suis adressé à vous pour la première fois depuis cette tribune et depuis, beaucoup de choses ont changé et hélas, je dois dire que beaucoup de choses ont empiré. En 2018, les 193 pays membres de cette organisation sont convenus d'adopter le programme à l'horizon 2030. Et la plupart des dirigeants présents à l'époque étaient fiers d'avoir adopté les objectifs de développement durable. Et nous étions fiers, non pas parce que les ODD étaient à la mode, non pas parce que nous pensions que la tâche serait simple, mais nous étions fiers car la plupart des dirigeants étaient convaincus de l'importance de cette promesse commune. Nous étions convaincus du fait que la paix, la durabilité, l'égalité des chances ne constituent pas des positions idéologiques, mais que tout cela fait partie intégrante de l'avenir de l'humanité. Aujourd'hui, néanmoins, ces idées non seulement sont remises en cause, mais elles sont même attaquées par des entités, des acteurs politiques, par des gouvernements qui souhaitent nous replonger dans un passé sombre. Inutile de vous dire de qui je parle, vous le savez très bien, nous savons qui ils sont et quel est leur mode opératoire. Généralement, ils commencent par remettre en cause les règles, ensuite ils cessent de respecter ces règles, car ils savent que personne ne va oser leur demander de rendre des comptes, ensuite ils réduisent leur contribution à des organisations multilatérales, tels que l'ONU. Ils critiquent les dirigeants, les employés de ces organisations. Ils empêchent ces organisations de pouvoir fonctionner et ensuite les présentent comme des entités inutiles dont nous pouvons nous passer. Donc leur objectif, c'est une démolition délibérée, coordonnée. Une démolition qu'ensuite ils nous présentent comme quelque chose de nécessaire, d'inéluctable, alors que cela va, à vrai dire, à l'encontre de l'histoire même. Et tout cela repose sur trois piliers erronés. Premier pilier, l'égoïsme. La conviction absurde selon laquelle le monde est un jeu à somme nulle où le gain pour quelqu'un signifie nécessairement une perte pour quelqu'un d'autre. Deuxième pilier, l'ignorance, car ces personnes ignorent la science. Ces personnes pensent qu'il y a des pays tellement puissants que ces pays peuvent abuser des autres pays et qu'ils n'ont besoin de personne d'autre pour prospérer. Troisième pilier, et c'est le pire selon moi, c'est la cruauté. une cruauté qui n'a que faire d'un enfant qui meurt de faim ou d'un hôpital réduit en ruine. Au cours de ces huit dernières années, j'ai pu observer ces forces, ces forces égoïstes, ignorantes, cruelles, gagner du terrain. Des forces qui ont petit à petit révélé leur vrai visage et qui ont qui sont parvenues au pouvoir dans de nombreux pays. Et ces forces ont lancé des guerres illégales, ont massacré des civils innocents. Ces forces ont traité des millions d'êtres humains comme du bétail et ont retiré leur aide à ceux qui souffrent le plus de la pauvreté et des maladies. Ces personnes qui ont pollué l'atmosphère et l'océan comme si l'atmosphère et l'océan leur appartenaient. Des personnes qui complotent pour détruire cette organisation et tout ce qu'elle représente. Et je vous le dis, car être témoin de ces événements a transformé ma façon de comprendre le monde. Mais cela ne signifie pas que j'ai perdu tout espoir. Non, car au cours de ces 8 dernières années. J'ai également assisté à des choses extraordinaires qui font que j'ai encore foi dans l'humanité. Par exemple, des millions de personnes qui se sont mobilisées pour défendre la nature, la paix, les libertés civiques. J'ai vu des milliers de militants, de fonctionnaires qui ont décidé de s'opposer à ces pouvoirs, à ces forces réactionnaires, sachant qu'elles mettaient en danger leur carrière, voire même leur vie. J'ai vu des scientifiques qui ont accompli des progrès que nous pensions impossibles et beaucoup de gouvernements qui ont fait le nécessaire, qui ont misé sur la coopération, la justice la durabilité environnementale. Tout cela m'a convaincu de quelque chose que je souhaite partager avec vous. Cela m'a convaincu du fait que l'humanité n'est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise. L'humanité peut être les deux. Et chaque année, chaque jour, face à chaque crise, l'humanité doit décider comment agir. Et l'ONU, c'est un espace où cette décision se concrétise et au plus haut niveau. Et l'ONU ne le fait pas toujours bien. Bien entendu que non, et j'ai été le premier à dire à plusieurs reprises qu'il y a des contradictions et des manquements au niveau de cette organisation. Mais je suis convaincu que la plupart des voix que nous entendons aujourd'hui qui s'acharnent à critiquer l'ONU ne sont pas en train de décrire l'échec de l'ONU. Ces personnes s'efforcent de provoquer l'échec de cette organisation. Et je souhaiterais également dire le multilatéralisme est le meilleur instrument dont s'est dotée l'humanité pour gérer la diversité, notre interdépendance, tout particulièrement dans un monde mondialisé et multipolaire. Voilà pourquoi nous devons réitérer notre confiance dans le multilatéralisme. Nous devons rénover ce système, le renforcer pour qu'il puisse jouer le même rôle au 21e siècle qu'il a joué au 20e siècle, un rôle essentiel. Bien entendu, cela ne sera pas simple. Mais la bonne nouvelle, c'est que nous avons toutes les orientations dont nous avons besoin. Et je fais référence à la Charte de l'ONU. En effet, la Charte a été rédigée par nos ancêtres, par des hommes et des femmes qui avaient vu le monde brûler et qui ont eu le courage d'imaginer un avenir meilleur. Ce sont des hommes et des femmes qui ont Rédigé cette charte avec leur espoir, avec leur sagesse, et ils ne nous ont pas demandé de nous contenter de regarder ce document. Nous devons le mettre en œuvre, nous devons défendre la charte et nous devons revenir à la charte. pendant. les circonstances que nous traversons aujourd'hui, c'est-à-dire des périodes d'incertitude et de grandes difficultés. Aujourd'hui, nous traversons l'un de ces moments. Voilà pourquoi notre devoir est d'être à la hauteur de ce défi, être à la hauteur du courage et de l'ambition que nous retrouvons dans la Charte des Nations unies. Voilà pourquoi, mesdames et messieurs, nous devons réformer le Conseil de sécurité afin que toutes les régions du monde soient représentées de façon équitable au sein du Conseil, afin de mettre un terme droit de veto des membres permanents, car, comme l'indique la Charte, aucun pays ne peut être à la fois juge et partie, aussi puissant ce pays soit-il. Nous devons donc renforcer les autres organes de l'ONU, réorganiser les agences, les fonds, les programmes, doter ces entités de plus de ressources, de plus de capacité exécutive, pour que ces entités puissent avoir un plus fort impact et nous aider à relever les grands défis au l'humanité fait face. Nous devons renforcer des organisations telles que la CPI pour qu'elle puisse enquêter, lancer des poursuites, sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles. L'humanité a mis des siècles à remplacer la loi du plus fort par la force du droit. Nous ne pouvons pas être la génération qui assiste à une régression. Voilà pourquoi nous devons reconstruire l'architecture de non-prolifération et de désarmement nucléaire pour éviter qu'une politique sécuritaire erronée nous plonge dans un nouveau conflit mondial. Et nous devons également imposer aux techno-oligarques des régulations strictes pour contrôler le fonctionnement des réseaux sociaux et le développement de l'IA. Car, en fin de compte, il il en va de l'avenir de nos enfants et cet avenir doit primer sur les profits de ces techno-oligarques. Bien entendu, atteindre ces objectifs prendra du temps, exigera un engagement, un leadership fort pour nouer un dialogue, atteindre des accords, aller au-delà du statu quo pour imaginer une alternative meilleure. Et pour ce qui est de ce leadership, ma position est claire. Neuf hommes ont occupé le poste de secrétaire général de l'organisation au cours de ces huit dernières décennies. Il revient désormais à une femme de diriger cette organisation, une femme latino-américaine. En effet, mesdames et messieurs, comment cette organisation peut-elle prétendre parler au nom de l'humanité toute entière alors qu'une femme n'a jamais dirigé cette organisation? Comment l'organisation peut-elle représenter tous les continents sachant que cela fait trois décennies que ce continent, qui représente le troisième continent le plus peuplé, n'a pas occupé le poste de Secrétaire général. L'ONU est née avec l'idée selon laquelle tous les êtres humains seraient chez eux au sein de cette organisation. Le moment est donc venu de concrétiser, d'honorer cette promesse. Le moment est venu pour une femme latino-américaine d'occuper le poste de Secrétaire général. C'est en effet une dette historique que nous devons régler. Et aujourd'hui, aujourd'hui, où le féminisme est attaqué de toutes parts, où des milliers de femmes sont victimes du machisme, de la violence et de la xénophobie. Et je souhaiterais le dire clairement, je ne dis pas car je pense que les femmes doivent faire leurs preuves. Non, je le dis car c'est le monde qui lui a besoin de démontrer lorsque nous nous engageons sur la voie de l'égalité, il n'y a pas de retour en arrière possible. Dans mon pays, mesdames et messieurs, dans mon pays, l'Espagne, ce sont les femmes qui ont été les premières à montrer que la sécurité découle non pas de la force, mais du progrès social. Ce sont des femmes courageuses comme Clara Campoamor qui ont été les premières à défendre au Parlement le fait de renoncer à la guerre comme façon de régler les différends. Ce sont les premières à avoir misé sur la la compassion, la paix. Si seulement nombre des dirigeants qui se sont adressés à nous depuis cette tribune avaient ne serait-ce que la moitié du courage et de la lucidité dont ces femmes ont fait preuve. Le féminisme, mesdames et messieurs, est l'une des principales forces de transformation et de progrès que le monde a connu au cours du dernier siècle. Et le moment est venu pour le féminisme de guider cette organisation de façon beaucoup plus déterminée et résolue. Pour cette raison et pour d'autres raisons, je pense que pour que l'Organisation puisse faire face à cette ère qui sera décisive pour l'ONU, l'ONU aura besoin d'une femme Secrétaire générale, une femme d'Amérique latine. Et pour que cette femme ne soit pas seule, elle aura besoin du soutien de gouvernements courageux, prêts à faire le nécessaire, quel que soit le prix à payer. Et c'est sur cette voie, Mesdames et Messieurs, que va s'engager l'Espagne. Au cours de ces huit dernières années, mon pays s'est opposé à toutes les guerres d'agression, où qu'elles surviennent, que ce soit en Ukraine, au Liban ou en Iran. Nous avons refusé d'augmenter notre budget à 5 % du PIB, nos dépenses militaires. Et nous avons fait tout ce que nous pouvions faire pour éviter les agressions qui sont contraires à la Charte de l'ONU. Nous avons sanctionné les agresseurs russes, nous avons imposé un embargo sur les armes au gouvernement de Netanyahou en Israël et nous avons veillé à ce que notre territoire ne soit pas utilisé pour une agression qui est contraire à la légalité internationale. Et nous avons condamné sans équivoque le génocide que Netanyahou continue de perpétrer à Gaza. Et nous avons mobilisé des ressources pour aller encore plus loin. Et face aux coupes considérables qui ont été opérées à l'aide au développement mondial, l'Espagne a doublé ses investissements dans la coopération et a augmenté sa contribution au système multilatéral de 60 %. Et nous l'avons fait en restant toujours fidèles à nos principes. Et nous restons fidèles à nos principes, même pendant des moments difficiles, tels que le moment que vit la ville espagnole de Ceuta, où les inégalités, le désespoir, la désinformation ont alimenté l'une des pires crises migratoires de ces dernières années. Et je sais qu'en pareilles circonstances, d'aucuns sont tentés de faire des raccourcis, céder à la peur, faire du migrant l'ennemi et cesser de respecter les règles. Mais l'Espagne ne cédera pas à cette tentation. Et bien entendu, la ville espagnole de Ceuta ne cédera pas non plus à cette tentation, car les citoyens de cette ville montrent qu'il est possible de faire face à une crise sans renoncer à la décence, qu'il est possible de maintenir la légalité, de respecter les droits humains. Et nous ressortirons de cette crise encore plus forts, car l'Espagne ne choisit jamais la solution la plus simple, mais toujours le chemin le plus juste. Et le monde le sait. Les forces réactionnaires qui souhaitent détruire l'ordre multilatéral ne cessent de nous attaquer pour cette raison. Elles souhaitent nous faire céder, elles souhaitent que nous nous rendions, elles souhaitent que nous finissions par être convaincus que les ODD sont une cause perdue. Elles souhaitent nous convaincre que défendre le bien commun, c'est naïf et que coopérer, c'est un acte de faiblesse. Eh bien, je suis ici et je suis à cette tribune pour vous dire haut et fort qu'ils se trompent et que nous n'allons pas rester silencieux, que les Espagnols ne vont pas faire un pas en arrière, que nous ne cesserons jamais de croire que l'humanité peut progresser et que nous pouvons tous ensemble construire un monde meilleur. Et nous allons le faire pour être à la hauteur des rêves de nos enfants, car nous savons que dans quelques années, ces générations futures vont regarder en arrière et vont regarder ce qui s'est fait pendant cette décennie décisive. Et ces générations vont nous demander quel est le rôle que nous avons joué. Elles vont nous demander, à juste titre, qu'avez-vous fait? Qu'avons-nous fait lorsque certains pays ont commencé à violer les règles et lorsque certains sont restés passifs? Ils vont nous demander qu'est-ce que nous avons fait lorsque défendre nos convictions a commencé à avoir un coût. Et lorsque ces générations nous le demanderont, nous souhaitons pouvoir leur dire que nous n'avons pas cessé de lutter, que Nous n'avons pas jeté l'éponge. Nous souhaitons pouvoir leur dire que nous nous sommes battus bec et ongles pour leur léguer un monde plus pacifique, plus durable et plus juste. Voilà ce que nous espérons pouvoir leur dire à ce moment-là. C'est l'engagement que je souhaiterais prendre devant vous aujourd'hui. Et je le prends non pas en mon nom, mais au nom du pays que je représente, l'Espagne. Merci beaucoup. Uganda · Vice-Présidente [11:24:44]: Au nom de l'Assemblée, je souhaite remercier le président du gouvernement de l'Espagne. L'Assemblée va maintenant entendre une allocution de Son Excellence Javier Espod Samora, chef du gouvernement de la Principauté d'Andorre. Je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Andorra · Chef du gouvernement [11:25:30]: Seigneur Président. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, une idée accompagne l'Inde depuis plus de 270 ans et continue de définir notre manière de concevoir l'action politique. Le Manuel Digeste, l'une des œuvres majeures de notre patrimoine institutionnel, à travers laquelle Antoni Fitè Rosell a condensé et décrit l'andorranité, nous rappelle que l'exercice légitime du pouvoir ne trouve son sens que lorsqu'il place le bien commun au-dessus de tout autre intérêt. Cette idée, formulée en 1748, longtemps avant la création des organisations internationales modernes, conserve aujourd'hui une remarquable actualité, car le multilatéralisme n'est rien d'autre que la transposition de ce même principe dans les relations entre les peuples. Comprendre que le bien commun de la communauté internationale est indissociable du bien de chacun de nos pays. En Andorre, cette conception de la politique nous a permis de préserver plus de sept siècles de paix, de dialogue et de coexistence harmonieuse. Non pas parce que l'histoire nous aurait épargnés, mais parce que nous avons appris que la meilleure façon de protéger la liberté est de construire la confiance, de rechercher l'équilibre et de faire du compromis une méthode de gouvernement. Peut-être est-ce justement cette expérience qu'un petit pays comme le nôtre peut aujourd'hui partager avec cette grande Assemblée. Monsieur le Président. Permettez-moi tout d'abord de vous adresser mes félicitations pour votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Je suis convaincu que l'expérience que vous avez acquise dans le système multilatéral contribuera à renforcer le rôle des Nations Unies à un moment particulièrement décisif pour le monde et pour notre organisation. Le thème que vous avez choisi pour cette session, « Rétablir la confiance, gérer la transformation: des Nations Unies au service de tous », décrit avec justesse les défis auxquels notre époque est confrontée. La crise que nous traversons n'est pas seulement géopolitique, économique, climatique ou technologique. Elle est avant tout une crise de confiance, confiance entre les États, entre les institutions et les citoyens, mais aussi et surtout dans la capacité de la communauté internationale à tenir la promesse qui a donné naissance aux Nations Unies, préserver les générations futures du fléau de la guerre, défendre la dignité inhérente à chaque être humain et promouvoir un ordre international fondé sur les droits de l'homme. La confiance est un bien immatériel, sans doute le plus précieux de tous. Elle exige du temps, de la constance et des efforts pour être construite, alors qu'il suffit de peu pour la détruire. Lorsque les engagements internationaux sont relativisés, lorsque la Charte des Nations unies cesse d'être le cadre commun qui guide l'action des États, Lorsque le droit international humanitaire est violé avec une fréquence telle que l'horreur finit par être banalisée, ce n'est pas seulement la paix qui s'affaiblit, mais aussi la confiance dans l'ordre international et aussi dans les institutions chargées de le représenter et de le défendre. Depuis cette tribune, l'Andorre souhaite réaffirmer une conviction qu'elle soutient depuis plus de trois décennies. Pour les petits États, le multilatéralisme n'est pas une option stratégique, mais une garantie, la garantie que tous les pays, quelle que soit leur taille, puissent faire entendre leur voix dans des conditions d'égalité juridique. Il constitue la meilleure expression du principe selon lequel la force du droit doit toujours prévaloir sur le droit de la force. C'est précisément pour cette raison que nous continuons à défendre avec détermination le respect de la Charte des Nations unies et du droit international. Nous souhaitons également, plus que jamais, les efforts déployés par la Cour pénale internationale pour identifier et poursuivre les responsables des crimes les plus graves, et nous condamnons, une fois de plus, sans ambiguïté, toute agression portant atteinte à la souveraineté et l'intégrité territoriale d'un État. Dans ce sens, nous continuons d'exprimer notre solidarité avec le peuple ukrainien face aux conséquences d'une guerre qui dure déjà depuis trop longtemps, et nous réitérons notre soutien aux efforts visant à parvenir à une paix juste, globale et durable, conforme aux principes de la Charte des Nations unies et du droit international. Nous le faisons aux côtés du peuple ukrainien, mais également de toutes les populations qui continuent de vivre sous la menace ou le poids du conflit persistant à travers le monde. De même, nous réaffirmons qu'une solution négociée fondée sur la coexistence des deux États, Israël et la Palestine, qui vivent côte à côte dans des conditions de sécurité et de reconnaissance mutuelle, demeure la voie la plus solide pour progresser vers une paix juste et durable au Moyen-Orient. D'autre part, nous espérons qu'une solution pacifique pourra être trouvée au Liban, dans le plein respect de la souveraineté de tous les États concernés. Nous ne pouvons pas nous résigner à voir la souffrance humaine réduite à une statistique. Derrière chaque victime, il y a une vie brisée. Derrière chaque enfant qui meurt, un avenir qui disparaît. Derrière chaque école ou chaque hôpital détruit, c'est une part de notre humanité qui échoue. C'est pourquoi nous sommes particulièrement préoccupés par la multiplication des attaques visant des populations civiles, le personnel humanitaire et les agents des Nations unies qui accomplissent leur mission dans des conditions souvent extrêmes et courent des risques considérables. Les conclusions des derniers rapports du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés et sur les violences sexuelles liées aux conflits nous inquiètent tout particulièrement. Les chiffres qu'ils présentent ne sont pas seulement alarmants, ils sont moralement inacceptables. Pour la première fois, Les principaux responsables de ces violations sont, dans de nombreux cas, les États eux-mêmes, alors qu'ils devraient être les principaux garants de la protection de leurs citoyens. Face à cette réalité, l'Andorre continuera d'agir. Nous avons renforcé notre contribution au Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Nous avons accru notre soutien au programme de l'UNICEF et nous participons activement aux négociations de la futur convention sur les crimes contre l'humanité, en accordant une attention particulière à la protection des enfants. Excellence, l'Agenda 2030 demeure l'engagement collectif le plus ambitieux que la communauté internationale ait jamais pris. Il ne s'agit ni d'un ensemble d'objectifs purement techniques, ni d'un simple exercice de planification internationale. C'est une promesse. La promesse que le lieu de naissance d'une personne ne devrait pas déterminer ses chances dans la vie, son espérance de vie ou son avenir. Les effets du réchauffement climatique se manifestent dans de nombreuses régions du monde, des zones côtières et des deltas aux territoires les plus vulnérables, de plus en plus exposés aux phénomènes météorologiques extrêmes. L'Andorre les subit depuis ses montagnes. Nos réalités géographiques sont très différentes. Mais nous partageons une même certitude: le changement climatique n'est pas une prévision scientifique, c'est une réalité qui transforme déjà la vie des populations. Cette année, l'Andorre a eu l'honneur d'accueillir la réunion mondiale du Partenariat pour la montagne, qui s'est conclue par l'adoption de la Déclaration d'Andorre. Celle-ci souligne l'importance d'améliorer la connectivité des zones de montagne, de réduire la fracture numérique et de renforcer la résilience face aux risques naturels. Nous l'avons fait parce que nous sommes convaincus que les montagnes ne peuvent plus rester à la périphérie de l'agenda climatique international. Elles sont bien davantage qu'un paysage. Elles constituent des réserves d'eau douce dont dépendent des centaines de millions de personnes, des refuges pour une biodiversité exceptionnelle et un indicateur privilégié des effets du réchauffement climatique. Cet été encore, nous avons enregistré des températures qui ont dépassé tous les records connus. Nous avons observé avec inquiétude les grands incendies qui ont touché les territoires très proches de notre pays. Et la catastrophe survenue au Népal a mis en évidence les conséquences dramatiques de la hausse des températures sur les glaciers et, par conséquent, sur les régions de montagne. Une fois de plus, nous avons constaté que le changement climatique n'est pas un défi qui appartient aux générations futures. Il fait partie de notre présent depuis longtemps déjà. Notre enjeu soit pleinement entendu par les grandes négociations climatiques internationales. Notre contribution est modeste par sa dimension, mais ambitieuse par son engagement. Nous poursuivons notre transition vers un modèle énergétique plus résilient en augmentant année après année la production d'énergie renouvelable et en préparant notre troisième rapport national volontaire sur les objectifs de développement durable. Mesdames, Messieurs, l'intelligence artificielle représente l'une des transformations les plus profondes que l'humanité ait jamais connues. Elle offre des Elle ouvre des perspectives extraordinaires pour le progrès scientifique, la médecine, l'éducation ou encore la lutte contre le changement climatique. Mais elle nous oblige également à nous poser une question qu'aucune génération avant nous n'avait dû affronter avec une telle intensité. Comment garantir que le progrès technologique demeure un progrès humain? C'est là le véritable débat auquel nous sommes confrontés. Ce n'est pas un débat sur les machines, c'est un débat sur nous-mêmes. Nous devons veiller à ce que l'intelligence artificielle élargisse les opportunités plus qu'elle n'accentue les inégalités, qu'elle protège les droits humains au lieu de les mettre en péril, qu'elle renforce nos démocraties au lieu de les fragiliser et qu'elle préserve la diversité culturelle et linguistique qui constitue l'un des plus précieux patrimoines de l'humanité. Pour un pays comme l'Andorre, ce dernier aspect revêt une importance toute particulière. La révolution numérique ne peut conduire à une uniformisation culturelle qui condamnerait les langues moins parlées à l'invisibilité. C'est pourquoi nous défendons une gouvernance numérique mondiale qui intègre pleinement le respect du multilinguisme, de la diversité culturelle et de l'égalité d'accès au savoir. C'est pourquoi l'Andorre continuera à oeuvrer tant au sein du groupe des Amis du multilinguisme que du groupe des Ambassadeurs francophones, afin que les nouveaux outils numériques et les Nations Unies elles-mêmes continuent à refléter la pluralité des peuples et des cultures que nous représentons. Cette organisation existe parce que la communauté internationale a compris que le destin des peuples est commun. Aucune nation ne peut prospérer en ignorant la souffrance des autres. Que la sécurité des uns dépend également de celle des autres. A cet égard, je voudrais saluer, au premier lieu, l'excellente initiative ONU 80, qui vise à améliorer le fonctionnement du secrétariat, à instaurer un cycle de vie de mandats plus cohérent et à simplifier certaines structures afin d'éviter le chevauchement et les duplications. En second lieu, je souhaite souligner la nécessité d'une réforme du Conseil de sécurité afin que notre organisation reflète le monde d'aujourd'hui et non celui d'il y a 80 ans. Mais la réforme la plus importante consiste sans doute à faire en sorte que cette organisation demeure un espace où les États ne se contentent pas de défendre les intérêts légitimes, mais soient également capables d'assumer une responsabilité commune face aux grands défis de l'humanité et surtout Continuer à croire que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. Je voudrais également adresser quelques mots de reconnaissance au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Depuis 2017, il exerce son mandat dans l'une des périodes les plus difficiles et les plus incertaines qu'ait connues la communauté internationale. Il a toujours défendu avec détermination les principes de la Charte des Nations unies et n'a cessé de nous rappeler, même lorsque cela paraissait le plus difficile, que le multilatéralisme demeure notre meilleur espoir pour préserver la paix, la dignité humaine et la coopération entre les peuples. Je forme le vœu que la prochaine ou prochaine Secrétaire générale élue fasse preuve de la même capacité de rassemblement, de la même ambition pour renforcer l'Organisation et relever avec détermination les défis auxquels l'humanité est confrontée. Excellence, Mesdames et Messieurs, Cette intervention est la dernière que j'ai l'honneur de prononcer devant cette Assemblée générale en tant que Chef du Gouvernement de la Principauté d'Andorre. Ce sera ma huitième allocation devant cette Assemblée. J'ai eu le privilège d'intervenir à six reprises en personne et malheureusement à deux reprises à distance, en raison de la pandémie de COVID-19. 8 occasions au cours desquelles j'ai eu l'honneur de porter ici la voix de mon pays, d'en partager les convictions et d'en défendre les intérêts, avec la certitude que la grandeur d'une nation ne se mesure ni à son territoire, ni à sa puissance économique ou militaire, mais à la force de ses valeurs et à sa volonté de contribuer à un bien meilleur. Et je continue de croire, comme au premier jour, que les Nations unies sont indispensables, non pas parce qu'elles sont parfaites, mais parce qu'elles continuent d'incarner la plus belle expression d'une idée extraordinaire. Que malgré nos différences, le dialogue se garde toujours plus puissant que la force. Cela a été pour moi l'un des plus grands honneurs, en tant que chef du gouvernement d'Andorre, de pouvoir représenter et me servir mon pays depuis cette tribune. L'artiste franco-iranienne récemment disparue, Marjane Satrapi, s'interrogeait sur notre manière de concevoir l'éducation. Peut-être, disait-elle, qu'avant d'enseigner à nos enfants à réussir sur les plans économique ou professionnel, nous devrions leur apprendre que le véritable succès réside dans l'humanisme. L'histoire de l'humanité ne peut se comprendre sans l'extraordinaire capacité des êtres humains à créer des communautés, à coopérer et à bâtir des sociétés grâce à l'intelligence et le langage, mais aussi grâce à l'empathie. Nous sommes parvenus jusqu'ici parce que nous avons compris que l'intelligence nous permettait de nous organiser, le langage de communiquer et l'empathie de prendre soin des uns des autres. C'est ainsi que nous avons découvert l'une des plus grandes conquêtes de la civilisation. Lorsque l'un d'entre nous est vulnérable, la communauté ne l'abandonne pas, elle le protège. De la même manière, face aux grands défis de notre temps, aucune nation ne peut s'en sortir seule. C'est pourquoi l'avenir de l'Andorre et de toutes les autres nations se situe au sein des Nations Unies et, je l'espère, un jour, dans notre cas également, au sein de l'Union européenne en tant qu'État associé. Car, quelle que soit la richesse d'un pays, nous ne pourrons façonner notre avenir commun qu'en renforçant les liens entre nos peuples, tant à l'échelle mondiale qu'à l'échelle régionale. Si nous savons préserver cette conviction, nous continuerons à trouver des chemins vers la prospérité, la paix et la justice, car l'avenir ne dépendra pas seulement de l'intelligence que nous serons capables de créer, il dépendra avant tout de l'humanité que nous saurons défendre et préserver. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [11:42:29]: Au nom de l'Assemblée, je remercie le chef du gouvernement de la Principauté d'Andorre. L'Assemblée va maintenant entendre une déclaration de Son Excellence Judith Suminwa Toulouka, Première ministre et chef du gouvernement de la République démocratique du Congo. Je prie le protocole de bien vouloir escorter Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée. Democratic Republic of the Congo · Première ministre et chef du gouvernement [11:43:16]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement. Le privilège m'est fait de porter au nom de Son Excellence Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo, chef de l'État, la vision congolaise du futur de notre organisation du haut de cette tribune. Je voudrais adresser mes chaleureuses félicitations à Son Excellence M. Khalilur Rahman pour son élection à la présidence de cette 81e session de l'Assemblée générale. Je rends également hommage à Son Excellence Mme Annalena Baerbock pour le travail accompli au cours de la précédente session. Je tiens enfin à rendre un hommage appuyé à M. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, alors que son mandat touche à son terme. Au cours d'une décennie éprouvée par les guerres, la pandémie, l'urgence climatique et l'accentuation des tensions géopolitiques, il a défendu avec constance la paix, la dignité humaine et la coopération internationale. Monsieur le Président, le thème de cette session, rétablir la confiance, "Gérer la transformation, une Organisation des Nations unies au service de tous" exprime avec justesse le défi qu'il nous revient collectivement de relever afin de raviver l'espoir que suscitait notre Organisation au moment de sa création. Pour la République démocratique du Congo, cette session est une nouvelle fois l'occasion d'une réaffirmation de sa foi en un multilatéralisme fondé sur la recherche permanente d'une paix et d'une justice qui ouvrent la voie non pas à la prospérité de quelques-uns, mais plutôt à la création d'un environnement, d'un véritable horizon partagé entre les peuples et pour les générations futures. Cette foi nous oblige cependant à regarder avec lucidité les transformations du monde et à nous interroger sur la capacité de notre organisation à évoluer avec lui, car nos peuples, eux, n'ont jamais cessé de croire en la nécessité d'une coopération internationale, une coopération qui, dans les heures les plus difficiles, se mobilise avec promptitude, mais qui peut aussi, à certains égards, sembler tarder ailleurs, lorsque l'intégrité territoriale est défendue avec vigueur dans une crise et semble négociable dans une autre, lorsque la souffrance des civils appelle l'action en un lieu, mais paraît s'accommoder de l'attente dans un autre. Il ne peut en réalité y avoir de confiance durable lorsque la force de nos principes proclamés varie selon les peuples, les crises ou les circonstances. Dans un monde en constante mutation, la confiance de nos peuples dans le multilatéralisme commence là où cesse l'application d'un droit variant selon la géographie, la puissance économique ou encore le jeu des alliances. Notre transformation doit en fait reposer sur l'exigence de rendre à la Charte toute sa force, notamment à travers le respect du principe de l'égalité souveraine des États, du règlement pacifique des différends, de l'interdiction du recours à la force, du respect de l'intégrité territoriale et de la dignité de la personne humaine. Telle doit être l'ambition des Nations unies. Monsieur le Président, il ne pourrait y avoir de confiance restaurée envers notre organisation et elle ne pourra encore moins être transformée tant qu'elle ne continuera de refléter un monde qui a cessé d'exister. Le monde de 1945 n'est plus. La révolution numérique, la transition énergétique et le dérèglement climatique en redécident aujourd'hui les équilibres. Pourtant, les institutions chargées d'accompagner ces mutations demeurent trop souvent le reflet d'un ordre qui n'existe plus. L'intelligence artificielle en offre aujourd'hui l'une des illustrations les plus saisissantes. Elle porte des possibilités immenses, mais aussi le risque de nouvelles fractures. Sa gouvernance ne peut être l'apanage de quelques puissances ou entreprises. Les pays en développement doivent pouvoir participer à la définition de ces règles, comme accéder aux capacités qui en déterminent l'usage. La République démocratique du Congo soutient le dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l'intelligence artificielle et la création d'un fonds mondial de renforcement des capacités. La fracture numérique ne peut devenir une fracture de l'intelligence. Cette exigence d'inclusion doit avant tout trouver sa traduction dans la gouvernance mondiale. L'Afrique s'est affirmée au fil des époques comme une puissance démographique, diplomatique et géopolitique incontournable, mais elle demeure encore à ce jour insuffisamment représentée là où se prennent les décisions qui engagent l'avenir du monde. En effet, comment ne pas évoquer l'anomalie historique que constitue l'absence de l'Afrique parmi les membres permanents du Conseil de sécurité? L'admission de l'Union africaine au sein du G20 a certes marqué une avancée importante. Elle ne saurait toutefois contenir cette exigence de représentation membre du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027. Nous réaffirmons notre adhésion à la position commune africaine consacrée par le consensus d'Asuélwini et la déclaration de Syrte. Deux sièges permanents pour l'Afrique, avec toutes les prérogatives qui s'y attachent, tant que subsistera le droit de veto, ainsi que deux sièges non permanents supplémentaires. Ceci afin de rendre le Conseil plus représentatif, plus légitime et, en définitive, plus efficace. Cette exigence de représentation va de pair avec celle de la responsabilité. Et c'est dans cet esprit que la République démocratique du Congo entend pleinement exercer la sienne, notamment dans le choix du prochain Secrétaire général, dont le mandat devra poursuivre l'effort de transformation de notre organisation et l'adapter aux priorités d'un monde en profonde mutation. Cette même ambition, nous la portons au sein de la francophonie à travers la candidature de madame Juliana Matoloumba au poste de secrétaire général de l'OIF, avec la vision d'une francophonie renouvelée, plus proche des peuples et capable de renforcer la confiance entre ses membres et les défis qui se présentent à nous. Pour la République démocratique du Congo, c'est précisément dans l'écart entre la confiance que nous appelons à restaurer et les transformations que nous ambitionnons d'accompagner que se mesure toute la portée de nos engagements internationaux. Notre pays se trouve au cœur de plusieurs de ces transformations et parfois au croisement même de leurs contradictions. Monsieur le Président. Peu de situations illustrent aussi douloureusement l'écart entre les engagements internationaux et la réalité vécue que celle de l'Est de la République démocratique du Congo. Depuis plus de trois décennies, des millions de Congolaises et de Congolais subissent les attaques, les déplacements forcés et le deuil. Des territoires sont occupés, des familles dispersées. des femmes et des filles victimes de violences sexuelles, tandis que des enfants sont recrutés par les groupes armés ou privés d'école. Dans le même temps, le pillage de nos ressources continue d'alimenter les circuits du commerce international. Mon pays demeure confronté à une guerre d'agression menée par le Rwanda sous couvert de l'AFM 23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l'ont documenté les Nations unies. Les atrocités perpétrées par d'autres groupes armés, notamment les ADF et la CODECO, aggravent davantage cette crise humanitaire. Face à cette épreuve, la République démocratique du Congo a choisi la voie de la diplomatie, sans jamais renoncer à ses droits. L'accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, les engagements pris dans le cadre du processus de Doha et la feuille de route harmonisée de l'Union africaine ont ouvert des perspectives que nous soutenons avec constance. Je salue l'engagement des États-Unis d'Amérique, de l'État du Qatar, de l'Union africaine, des facilitateurs africains, des partenaires régionaux et de tous ceux qui œuvrent sincèrement au rétablissement de la paix. Cependant, nous devons à la vérité de reconnaître que pour des millions de Congolais, cette paix demeure encore une promesse. La résolution 2773 du Conseil de sécurité a pourtant tracé une voie sans ambiguïté. Elle exige la cessation effective des hostilités, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, la fin de tout soutien aux groupes armés, le désengagement de l'AFCM-23, le démantèlement des administrations parallèles, le rétablissement de l'autorité de l'État, l'accès humanitaire sans entrave, ainsi que le retour sûr et digne des personnes déplacées et réfugiées. Mais nous n'attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution. Sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR en sigle, longtemps invoquées par Kigali pour justifier sa présence militaire sur notre territoire, la République démocratique du Congo assume ses responsabilités. Le protocole signé par la direction politique et militaire des FDLR le 30 mai 2026, prévoit leur désarmement, leur démobilisation et le cantonnement de ses combattants en vue de leur rapatriement ou de leur relocalisation, sans préjudice des poursuites judiciaires pour les crimes graves, et ce jusqu'à la dissolution du mouvement. Le rapatriement, le 8 septembre dernier, avec l'appui de la Monusco, de 120 personnes associées au FDLR, en constitue une première traduction concrète. La question des Fdlr ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d'une présence militaire étrangère sur notre territoire. La mise en œuvre coordonnée des mécanismes de Washington, de Doha et de l'Union africaine doit donc reposer sur un calendrier précis, une vérification indépendante, un partage régulier de l'information et des conséquences effectives en cas de violation. Dans ce contexte, La MONUSCO conserve un rôle essentiel dans la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu, l'appui aux mécanismes convenus. Toute évolution de sa présence devra être déterminée par les conditions de sécurité sur le terrain, le renforcement des capacités nationales et la garantie qu'aucun vide ne sera laissé au détriment des populations. La République démocratique du Congo continuera pour sa part d'assumer pleinement ses responsabilités, notamment à travers la poursuite des réformes de ses institutions de défense et de sécurité, le renforcement de l'autorité de l'État et la reconstruction des territoires affectés par les conflits. Et parce que la paix recherchée dans la sous-région doit être également allée de pair avec la cohésion au sein de notre nation, le président de la République démocratique du Congo a lancé, le 21 août dernier, un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État. Ce dialogue est ouvert aux forces politiques et sociales attachées à la République, à la Constitution et à l'intégrité du territoire et au rejet de la violence. Il ne vise ni à contourner les institutions, ni à organiser un partage de pouvoir. Il doit nous permettre de traiter les causes structurelles de nos fragilités, de consolider l'unité nationale et de bâtir un État plus juste, plus présent et plus protecteur. Notre main demeure tendue à tous les enfants du Congo qui choisissent la paix, le débat républicain et la loyauté envers la patrie. Nous parlerons entre Congolais avec franchise et responsabilité, mais aucun dialogue intérieur ne saurait transformer une agression extérieure en simple différend domestique. De même, aucune agression extérieure ne doit nous dispenser de corriger nos propres faiblesses. La cohésion nationale et la défense de l'intégrité territoriale ne s'opposent pas, elles se renforcent mutuellement. Car la paix que nous recherchons ne saurait se limiter à la cessation des hostilités. Elle doit aussi permettre à notre pays de reprendre pleinement possession de son avenir en transformant les richesses qui ont trop longtemps alimenté les conflits en instruments de développement et de prospérité partagés. Monsieur le Président, il est un autre paradoxe que l'expérience de mon pays donne à voir au monde. Certaines de ces ressources qui alimentent les conflits sur son territoire sont aussi celles dont dépend une part croissante des transformations de l'économie mondiale. La gouvernance des ressources stratégiques devrait désormais être un enjeu de paix, de développement et de sécurité mondiale. La transition énergétique L'électrification des transports, le stockage de l'énergie ainsi que l'expansion des infrastructures numériques et de l'intelligence artificielle accélèrent la demande de cuivre, de cobalt, de lithium, de nickel et d'autres minerais critiques. Premier producteur mondial de cobalt et grande puissance du cuivre, la République démocratique du Congo se trouve au cœur de cette transformation. Le cobalt congolais contribue déjà au fonctionnement des batteries, des réseaux électriques, des équipements numériques et des technologies indispensables à la décarbonation de l'économie mondiale. Il serait à la fois injuste et dangereux que la valeur ajoutée, les emplois, les savoir-faire et les technologies demeurent concentrés loin des communautés qui rendent cette mutation possible. On ne bâtira pas une économie décarbonée avec des minerais ensanglantés et l'on ne rendra pas la transition juste en reproduisant sous une couleur verte les dépendances du passé. La République démocratique du Congo refuse donc le modèle ancien qui cantonne les pays producteurs à l'extraction brute, tandis que la transformation, la recherche, la technologie et l'essentiel des profits se concentrent ailleurs. Notre ambition est claire. Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l'économie mondiale. Nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain. Nous voulons transformer davantage de cobalt et de cuivre sur notre territoire, développer les précurseurs de batteries et les composants industriels, former nos ingénieurs, soutenir nos chercheurs et intégrer nos entreprises aux chaînes de valeur mondiales. Nous voulons bâtir, avec nos partenaires africains et internationaux, des filières régionales compétitives, créatrices d'emplois, de compétences et de prospérité partagée. Cette ambition nous impose d'abord d'assumer pleinement notre propre responsabilité. La République démocratique du Congo poursuit la modernisation de la gouvernance minière par la transparence des contrats, des revenus extractifs et des bénéficiaires effectifs. le renforcement du cadastre minier, le déploiement de mécanismes de traçabilité et la lutte contre la fraude. Elle accélère également la formalisation de l'exploitation artisanale, l'encadrement des négociants, l'organisation des coopératives et la sécurisation des zones d'exploitation. La lutte contre le travail des enfants dans les mines constitue à cet égard une obligation morale et nationale. Avec l'Organisation du travail, l'UNICEF et nos autres partenaires, nous renforçons les mécanismes d'identification, de suivi et de remédiation, la formation des inspecteurs, la scolarisation des enfants et les solutions économiques proposées à leurs familles. Notre objectif ne souffre d'aucune ambiguïté: il s'agit pour nous d'arriver à zéro enfant dans les mines. Cette responsabilité l'État congolais, mais elle engage également les entreprises, les négociants, les raffineurs, les fabricants, les institutions financières et les marchés de destination. Le premier test d'une chaîne responsable n'est pas le véhicule électrique à l'arrivée, c'est l'enfant qui ne descend plus dans la mine au départ. C'est pourquoi La République démocratique du Congo propose l'élaboration, sous l'égide des Nations unies, en partenariat avec l'Union africaine et en concertation avec les pays producteurs, transformateurs et consommateurs, d'un cadre mondial pour les chaînes de valeur des minerais critiques, juste, traçable et résilient. Fondé sur la souveraineté des États producteurs, il devra garantir la traçabilité des minerais, la responsabilité des acteurs économiques, la protection des travailleurs et des communautés, ainsi qu'un partage plus équitable de la valeur ajoutée grâce à la transformation locale et au transfert de technologie. Le corridor de Lobito doit devenir l'un des instruments de cette ambition. Nous saluons l'engagement de l'Angola, de la Zambie, des États-Unis d'Amérique, de l'Union européenne, de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, des institutions financières et du secteur privé en faveur de sa réalisation. La réhabilitation des liaisons ferroviaires, la modernisation des infrastructures, la facilitation des échanges et les investissements énergétiques peuvent désenclaver nos territoires, réduire les coûts logistiques et stimuler le commerce régional. Mais notre vision va bien au-delà de l'exportation accélérée des matières premières. Un corridor qui raccourcirait seulement le chemin de la mine au port ne ferait que reproduire le passé. Le corridor de Lobito doit devenir une véritable colonne vertébrale de l'industrialisation régionale avec le concours des investisseurs avec qui nous espérons bâtir des partenariats transparents, durables et mutuellement avantageux pour le bien-être de nos générations futures. Monsieur le Président, vous l'aurez compris, la transformation que nous appelons de nos vœux à l'échelle de notre organisation, nous avons choisi de l'engager d'abord chez nous. avec la conviction qu'en investissant dans notre propre dans notre population, première richesse de notre nation, nous parviendrons à bâtir les fondements d'une confiance retrouvée et d'une prospérité durable. Engagée depuis 2019, la gratuité de l'enseignement primaire a permis à plus de 5 millions d'enfants supplémentaires d'accéder à l'école. Au cours de l'année scolaire 2023-2024, plus de 21 millions d'enfants ont fréquenter le cycle primaire, contre 14 700 000 quatre ans auparavant. Cette avance quantitative doit désormais se traduire en qualité. Nous poursuivons la construction et la réhabilitation des écoles et avons récemment lancé le déploiement des cantines scolaires. Car l'accès ne suffit pas. Chaque enfant doit pouvoir apprendre dans une école sûre, inclusive et équipée, ouverte aux outils de son temps. Cette exigence vaut tout particulièrement pour les filles, les enfants en situation de handicap, les enfants déplacés et ceux dont la scolarité est menacée par les conflits. La même ambition guide notre politique de santé. Nous poursuivrons Nous poursuivons l'extension progressive de la couverture santé universelle, notamment à travers la gratuité de la maternité, l'amélioration des soins maternels et néonatals, la vaccination, l'accès aux médicaments essentiels, le renforcement du personnel soignant et l'élargissement de la protection sociale. Monsieur le Président, chaque crise sanitaire confirme une même vérité: la souveraineté sanitaire se construit avant l'urgence. Elle repose sur des systèmes de santé accessibles, une surveillance épidémiologique robuste, des laboratoires performants, une recherche suffisamment financée et surtout la confiance des populations. À cet égard, l'épidémie de la maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, demeure une épreuve majeure pour la République démocratique du Congo. La lutte contre cette épidémie constitue une priorité absolue. Après avoir contenu 16 flambées antérieures, la République démocratique du Congo mobilise une expertise scientifique et opérationnelle reconnue. Et grâce à la mobilisation nationale et au soutien de nos partenaires, la riposte engagée produit depuis peu des résultats tangibles. Par ailleurs, des essais cliniques évaluent parallèlement des vaccins et des traitements adaptés à cette souche. J'aimerais rendre hommage aux personnels soignants congolais et étrangers, aux chercheurs, aux communautés et à nos partenaires, notamment l'Organisation mondiale de la santé et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Africa CDC, pour l'appui précieux apporté à la République démocratique du Congo dans l'éradication de cette maladie et dans le renforcement de sa résilience. Monsieur le Président, cette exigence de résilience ne s'arrête pas qu'aux frontières de la santé. Elle s'impose face au dérèglement climatique, dont les effets soumettent déjà nos sociétés à une pression croissante. Inondations, sécheresses ou encore érosions, sans oublier déplacements de populations, menacent notre stabilité. Face à ces bouleversements, tous les pays ne portent ni la même responsabilité, ni le même fardeau. Ceux qui contribuent le moins au réchauffement climatique en subissent souvent les conséquences les plus lourdes. Ce paradoxe est d'autant plus saisissant que certains de ces pays comptent également parmi les principaux gardiens des naturels dont dépend notre avenir commun. La République démocratique du Congo en fait partie. Elle abrite une part essentielle du bassin du Congo, l'un des grands régulateurs climatiques de la planète. Ses forêts, ses tourbières, ses eaux douces et sa biodiversité rendent à l'humanité des services écosystémiques considérables. Ce patrimoine mondial continuera d'être préservé, tout en soutenant que les communautés qui en assurent la protection devraient pouvoir en tirer bénéfice. Le financement climatique représente à cet égard une juste solution. Il devrait toutefois être accessible, prévisible et proportionné au service rendu. En effet, la justice climatique ne pourrait consister à endetter davantage ceux qui supportent déjà le coût des dommages qu'ils ont le moins causés. En République démocratique du Congo, cette ambition prend notamment forme à travers le couloir vert Kivu-Kinshasa, qui associe préservation des écosystèmes, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations. Avec une production de 60 mégawatts d'électricité, cette initiative porte également, à l'horizon 2027, l'ambition de créer 25 000 emplois et de protéger 5 000 kilomètres carrés de forêts naturelles. La crise climatique est aussi une crise de l'eau. Dans le prolongement du Forum africain de l'eau tenu en juillet dernier à N'Djamena, la République démocratique du Congo a proposé la création d'une coalition africaine pour la sécurité hydrique, destinée à renforcer la coopération régionale et à mobiliser les financements nécessaires pour faire de l'eau un levier de développement et de prévention des tensions. Monsieur le Président, ces transformations exigent des moyens considérables. À quatre ans de l'échéance de 2030, la feuille de route congolaise pour l'accélération des objectifs de développement durable évalue nos besoins à plus de 70 milliards de dollars. Nous renforçons nos recettes intérieures et améliorons la qualité de la dépense publique, mais un pays confronté simultanément à la guerre, aux épidémies, à la pauvreté et aux chocs climatiques ne peut combler seul un tel déficit. Dans le même temps, l'aide publique au développement a reculé de plus de 23 % en termes réels en 2025, soit la contraction annuelle la plus forte jamais enregistrée. Cette contraction fragilise les efforts de développement et compromet la prévention des crises dont les conséquences dépassent largement les frontières nationales. L'aide publique au développement demeure indispensable, mais elle ne suffira pas. L'engagement de ces villes doit désormais se traduire par un meilleur accès au financement concessionnel, une mobilisation accrue des banques multilatérales de développement et des mécanismes d'allègement de la dette qui préservent les capacités d'investissement de nos États. Enfin, aucune architecture financière ne sera durable sans justice fiscale. La coopération internationale doit combattre les flux financiers illicites, l'évasion fiscale, la manipulation des prix de transfert et le blanchiment des revenus tirés des ressources naturelles. Les avoirs volés doivent être rapidement identifiés, gelés et restitués. Chaque denier recouvré peut financer un vaccin, un manuel scolaire, un forage ou une route. Monsieur le Président. La République démocratique du Congo sait que la confiance qu'elle appelle à restaurer sur la scène internationale vaut d'abord par les engagements qu'elle tient sur son propre sol. C'est le sens des efforts qu'elle engage pour consolider la paix, renforcer ses institutions et faire de ses richesses naturelles et humaines le fondement d'une prospérité partagée. Notre expérience nous enseigne cependant qu'aucune transformation nationale ne peut pleinement porter ses fruits dans un ordre international dont les principes demeurent inégalement appliqués et les institutions insuffisamment adaptées aux réalités de notre temps. C'est pourquoi notre ambition pour les Nations unies est indissociable de celle que nous portons pour notre propre pays. Nous voulons une transformation qui inspire confiance parce qu'elle tient ses promesses et une confiance qui rend possible des transformations durables. À l'heure où l'humanité hésite entre la fragmentation et la coopération, il nous appartient donc de faire de cette ambition une responsabilité collective. Restaurer la confiance, c'est appliquer le droit lorsqu'il coûte et pas seulement lorsqu'il convient. Accompagner les transformations, c'est en partager équitablement les bénéfices. Mettre l'Organisation des Nations unies au service de tous, c'est garantir qu'aucun peuple ne soit trop éloigné pour être protégé, trop démuni pour être entendu ou trop riche en ressources pour demeurer souverain. La République démocratique du Congo entend prendre toute sa part à cette œuvre. Au cœur de l'Afrique, elle poursuivra sa propre transformation tout en contribuant à celle de notre Organisation, avec la conviction que la justice rendue à cette dernière renforcera la sécurité de tous car c'est en rendant aux institutions la force de leurs principes, au peuple la preuve de notre parole et aux générations futures le droit d'espérer que nous redonnerons tout son sens à la promesse des Nations unies. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [12:11:43]: Au nom de l'Assemblée générale, je remercie la première ministre et chef du gouvernement de la République démocratique du Congo. Je donne la parole à Son Excellence Antonio Tajani, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la coopération internationale de la République d'Italie. Italy · Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale [12:12:32]: Le président. Monsieur le Président, l'année dernière, depuis cette estrade, la Première ministre Giorgia Meloni a rappelé que 56 conflits faisaient rage dans le monde, le nombre le plus élevé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Et aujourd'hui, Nous en sommes à 61. Cela montre une vérité. Le pape Léon XIV a émis un avertissement que l'Italie a fait sien. Nous ne devons jamais nous habituer à la guerre, parce que lorsque nous nous habituons aux mots, ensuite ce sont les images, puis enfin les victimes. Lorsque nous. Nous habituons à la guerre, la paix risque de devenir un mirage et nous n'abandonnerons jamais. Face à la loi du plus fort, nous choisissons la force de la loi. Face à la politique de la force, nous choisissons la force de la politique. C'est le message que l'Italie adresse aux Nations unies. C'est la mission de la diplomatie italienne de construire des ponts, d'ouvrir des voies et d'entretenir le dialogue, même lorsque cela semble impossible, de vrai pour la paix, la prospérité et la croissance, parce que la croissance crée la prospérité et la prospérité consolide à son tour la paix. en Ukraine, au Moyen-Orient, au Golfe, au Soudan, au Sahel, ce ne sont pas des crises séparées, ni les guerres commerciales, ni la concurrence pour l'IA, ni les attaques hybrides et leurs répercussions économiques et sociales, ni le terrorisme sous toutes ses formes nombreuses que nous continuons à combattre partout dans le monde. Il s'agit là de fronts différents d'une même transformation profonde. le monde, l'ordre mondial de l'après-guerre se désintègre. C'était un ordre imparfait, il n'empêchait pas les guerres, l'injustice ou les souffrances, mais aujourd'hui l'équilibre mondial a été perturbé et l'histoire que quelqu'un nous a dit qu'elle arrivait à sa fin, avance aujourd'hui à un rythme effréné. Mais chaque course trouve sa fin, et notre tâche ne doit pas être de constater la fragmentation du monde, mais de construire un nouveau cadre de règles, de responsabilité, de coopération pour régir ce changement. Le changement ne peut advenir que de la volonté politique, par le dialogue entre nations, la sensibilisation des peuples et la capacité des institutions multilatérales à retrouver une mission à la hauteur du défi de notre époque. Les Nations unies ne peuvent pas simplement constater les divisions, mais avoir l'ambition d'imaginer un avenir, reconnaître ses limites L'organisation doit reconnaître ses limites et venir à bout de sa paralysie, réformer ses instruments sans abandonner sa raison d'être plus profonde: être l'enceinte où le conflit cède au dialogue, la confrontation à la diplomatie et la peur à la recherche de solutions partagées. L'ONU demeure l'enceinte la plus universelle pour la réalisation de cette aspiration, non pas parce qu'elle est parfaite, mais parce qu'aucune autre institution ne peut fédérer autant autour d'une même table, différents intérêts, différentes cultures, religions et visions du monde. Et c'est lorsque le monde est divisé que la valeur du dialogue est d'autant plus importante. L'Italie croit dans cette institution, dans sa valeur et son rôle central. Nous croyons dans la paix, notre étoile polaire, le principe directeur de la politique étrangère de l'Italie. C'est sur la base de notre histoire consacrée par notre Constitution et de notre identité. Le dialogue n'est pas un signe de faiblesse, ne signifie pas neutralité. L'Italie connaît sa position. Notre maison, c'est l'Europe. Notre alliance, c'est celle de l'Occident. Nos valeurs, ce sont la liberté, la démocratie et la dignité de chaque être humain. Mais appartenir à l'Occident, ça ne veut pas dire se retrancher derrière des remparts. Ça veut dire faire fond sur nos forces, la force de nos valeurs pour coopérer avec d'autres, construire des partenariats entre égaux et réparer le tissu d'un système international qui risque de sombrer dans le chaos. L'Union européenne, le G7 et l'Occident, auxquels nous sommes fiers d'appartenir, ne doivent pas être perçus comme des murs, mais doivent jeter des ponts. C'est l'objectif de l'IMEC. qui est le couloir économique et logistique qui entend connecter l'Europe avec la région indo-méditerranéenne au sens large. Les mêmes principes guident notre relation avec l'Afrique, une priorité stratégique pour l'Italie et un grand partenaire de notre siècle. Le plan Mattei fait participer 18 pays. Il est fondé sur une idée simple de ne pas décider pour l'Afrique, mais avec l'Afrique. Ce n'est pas de l'aide qui doit être prodiguée depuis du haut vers le bas, mais un partenariat entre égaux dans l'agriculture, l'énergie, l'éducation, la formation, l'infrastructure et les produits pharmaceutiques. Produire des vaccins en Afrique sauve des vies, renforce les systèmes de santé, crée des emplois et appuie une croissance capable de d'appuyer la stabilité. C'est dans cet esprit et pour défendre le droit de ne pas être forcé à migrer que nous combattons les passeurs qui profitent de la pauvreté. Les accords avec les pays d'origine et de transit nous aident à combattre la migration irrégulière, tandis que l'éducation, la formation et l'accès à l'emploi appuient une migration sûre et régulière. Un monde aussi complexe que le nôtre ne saurait être régi que de deux manières. par des lois partagées, des règles partagées ou par la loi du plus fort. L'Italie a fait son choix. Elle défend les règles, le dialogue et la diplomatie. C'est pourquoi nous avons condamné et continuons à condamner l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Nous continuerons à appuyer l'Ukraine tant que cela sera nécessaire, tout en œuvrant pour une paix juste et pour un avenir dans lequel la Russie pourra redevenir un partenaire de dialogue plutôt qu'une menace pour l'Europe. La Russie, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, ne peut pas échapper à ses responsabilités. Un cessez-le-feu ne représente pas une concession à l'autre camp. C'est une première étape pour une architecture de la sécurité européenne qui protège tout le monde, y compris la Russie. C'est pourquoi nous sommes profondément préoccupés par les menaces hybrides croissantes que représente la Russie pour l'Europe. Nous avons exprimé notre solidarité avec l'Allemagne suite à l'attaque visant la port de Leipzig. La paix impose un esprit d'ouverture, une détermination. Le dialogue sans vérité est une faiblesse et la détermination sans dialogue mène à l'impasse. Le même principe guide notre approche concernant le Moyen-Orient. La paix ne peut advenir que d'une solution à deux États, deux peuples, deux États. À Gaza, la vérité, le cessez-le-feu ralenti les combats, mais il n'a pas mis fin aux souffrances. Il n'y a aucune minute à perdre. Le cessez-le-feu doit être consolidé, l'aide humanitaire doit être acheminée sans entrave et le désarmement du Hamas doit devenir une réalité. Dès le départ, l'Italie a mobilisé le meilleur de ses capacités humanitaires. Grâce à Alimentation pour Gaza, nous avons acheminé de la nourriture et des fournitures essentielles fournis par nos agriculteurs. Nous avons accueilli des blessés, des enfants vulnérables. Nous avons ouvert nos universités, des centres de recherche aux jeunes Palestiniens parce que l'avenir d'un État se construit avec une génération de dirigeants. Au Liban, ce n'est pas que le pays qui est en jeu, mais la région. L'accord de Washington du 26 juin a ouvert cette porte. L'Italie est fière d'avoir continué à accueillir les négociations à Rome qui ont permis de maintenir le dialogue. Pendant des décennies, les soldats italiens ont servi la cause de la paix dans le sud du Liban grâce à la FINUL et ont aidé à former les forces armées libanaises. Nous avons approuvé de nouveaux projets de développement pour cette région et nous continuerons à agir après la fin du mandat de la mission. Chers collègues, 71 conflits armés, ça veut dire que la guerre avance, même à l'abri des caméras de télévision. Et les principes construits ces 80 dernières années des relations internationales sont menacés. L'interdiction de l'utilisation de la force, des droits internationaux humanitaires, la liberté et la sécurité de la navigation. Défendre la liberté de la navigation, c'est défendre le commerce, les emplois, la croissance et le dialogue, parce que quand les marchandises circulent librement, les armes Le sont moins probables, sont moins susceptibles de le pouvoir. Le détroit d'Ormuz doit rouvrir, le dialogue doit retrouver sa place dans le Golfe et l'Iran doit être appelé à renoncer à toute menace nucléaire et toute politique agressive. à. les ports et les gares d'autres pays de la région. Les attaques visant la mer Rouge doivent cesser, de même que les attaques incessantes de la Russie dans la mer Noire visant les navires transportant des céréales ukrainiennes à destination de l'Afrique. Ces crises peuvent sembler éloignées, mais leurs effets touchent tous les ménages: coûts d'énergie, céréales, pain, fertilisants. Ça touche les entreprises, l'agriculture, les familles. La sécurité alimentaire nous concerne tous et nécessite des solutions communes. L'Italie œuvre avec les agences de l'ONU basées à Rome pour répondre à ce défi. met à disposition la meilleure expertise italienne pour l'agriculture, la production alimentaire, les technologies satellitaires pour réduire l'utilisation de terre, d'eau et de pesticides. La sécurité alimentaire et la sécurité hydrique font partie du même combat. Il ne peut y avoir de récolte sans eau, pas de stabilité sans récolte et pas d'eau. Et sans eau, il y a la faim, les conflits et la migration. Monsieur le Président, chers collègues, le choix entre la force et la politique ne se limite pas à la guerre, mais touche l'économie, les ressources et les technologies, chaque domaine dans lesquels un pouvoir sans restriction menace de l'emporter sur la personne humaine. La politique doivent. retrouver les commandes pour façonner le changement. Nous sommes à l'aube d'une révolution technologique qui transforme nos vies, le travail, la production et la prise de décision. La révolution de l'IA. Les grandes inventions du passé ont pris des siècles pour transformer le monde. L'intelligence artificielle le fait en seulement quelques années. Ceux qui contrôlent ces technologies jouiront d'un avantage énorme par rapport à ceux qui sont laissés pour compte. Les risques, ce sont de nouvelles inégalités, de nouvelles dépendances, de nouvelles concentrations de pouvoir, voire des nouvelles formes de domination. Des professions entières vont disparaître ou être transformées. Falsifier ou manipuler la réalité sera plus simple. Les systèmes automatisés sans contrôle humain pourront prendre des décisions extrêmement dangereuses. Le pape Léon XIV dans son encyclique Magnificat Humanitas, nous a rappelé qu'il n'y a pas d'algorithme qui peut remplacer la conscience humaine et que toute technologie capable de frapper sans voir le visage d'une autre personne abaisse le seuil moral des conflits. L'Italie partage ce point de vue. Mais régir l'innovation, ça ne veut pas dire la diaboliser. L'IA peut créer des possibilités, mais qui sont aujourd'hui impensables dans la médecine, la recherche, l'éducation. la production ou la protection environnementale. Toute avancée technologique majeure a été source de peur, mais a aussi créé des possibilités et davantage de prospérité au fil du temps. Il n'est ni possible ni désirable de revenir en arrière, mais nous ne pouvons livrer notre avenir à une technologie sans règles. Nous n'avons pas besoin de carcans bureaucratiques que seuls certains respecteraient. Il nous faut un équilibre entre transparence, surveillance, sécurité et protection de la propriété intellectuelle. Il nous faut partager les bénéfices de l'innovation et construire des mécanismes de surveillance mutuelle. Et c'est justement la tâche qui incombe à l'ONU, celle de créer des règles communes avant que les événements ou les acteurs les plus forts n'imposent les leurs. L'ONU et a été fondée en 1945 sur les ruines d'un monde en ruine, un monde qui avait appris une vérité simple: lorsque chacun est seul, tout le monde en sort perdant. Quatre-vingt années plus tard, cet enseignement est plus que jamais pertinent. L'ONU a été créée pour empêcher que la violence ne devienne la seule règle. Mais pour être fidèle à cette mission, l'ONU doit retrouver sa capacité à prendre des décisions et à agir. C'est avec cette conviction que l'Italie continue à plaider pour un moratoire universel sur la peine de mort, une cause qui est ancrée dans notre civilisation, dans la défense de la vie et de la dignité humaine que nous défendons depuis des années ici, dans cette même enceinte. Nous défendons également les libertés individuelles, les droits des femmes et nous combattons également, entre autres, la pratique répugnante de mutilation génitale féminine. Nous devons avoir le courage de le dire. Trop souvent, cette organisation semble impuissante. Depuis bien trop longtemps, la réforme de cette organisation a n'a pas vu le jour en raison d'intérêts concurrents. L'Italie souhaite un Conseil de sécurité plus légitime, représentatif et qui rend des comptes face aux États membres et non pas un club exclusif, mais l'un des piliers d'un renouvellement plus large de l'ONU qui sera promu, nous l'espérons, par le nouveau ou la nouvelle Secrétaire générale, rendant ainsi cette organisation plus à même de décider et d'agir, tandis qu'il est possible de changer d'infléchir le cours des événements. L'Italie a toujours joué son rôle et continuera à le faire. Nous faisons partie des premiers contributeurs du budget de l'ONU et nous comptons parmi la plus grande présence militaire dans les missions internationales. Nous mettons à disposition nos hommes et nos femmes, nos ressources et notre expertise au service de la paix dans la FINUL et dans chaque mission à laquelle nous participons. remercions tous les hommes et toutes les femmes au nom de notre gouvernement, de nos institutions et du peuple italien. Hommes et femmes en tenue. Monsieur le Président, chers collègues, ma génération est née sur un continent qui avait connu deux guerres mondiales et qui a connu la période la plus longue de paix de son histoire. Ce n'est pas un miracle, c'était un choix, le résultat d'une action politique. Parmi les ruines, les hommes et les femmes ont décidé de mettre en commun le charbon et l'acier plutôt que de les utiliser pour construire de nouvelles armes. C'est de ce choix qu'est née une entreprise inédite, une union fondée sur des institutions communes, la paix, la liberté, la démocratie, la prospérité, les droits humains et la primauté du droit. C'est le message que l'Italie transmet à New York aujourd'hui. La paix n'est pas un héritage est garantie une bonne fois pour toutes. C'est une responsabilité que nous devons assumer chaque jour. Elle doit être défendue avec détermination, elle doit être construite avec patience et nous ne devons jamais l'abandonner. Je vous remercie. GA · Président de l'Assemblée générale [12:28:26]: Je remercie le vice-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l'Italie. Italy · Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale [12:28:43]: Je donne maintenant la parole à Son Excellence Sayida Mirziyoyeva, chef de l'administration du président de l'Ouzbékistan. Uzbekistan · Cheffe de l'administration du président [12:29:16]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les membres des délégations, Mesdames et Messieurs, Aujourd'hui, l'humanité traverse une période difficile. Les guerres se poursuivent à travers le monde, les tensions géopolitiques vont croissant. La confiance s'érode, les inégalités se creusent. En ces temps difficiles, les pays sont face à un choix. L'Ouzbékistan, sous la houlette du président Shavkat Mirziyoyev, a fait son choix, le choix de l'ouverture, des relations de bon voisinage avec la région, le dialogue avec le monde. L'ouverture n'est pas synonyme de faiblesse, que du contraire. Tendre vers la paix signifie assumer ses responsabilités pour l'avenir. Mesdames et messieurs, nous le constatons, les pays doivent répondre à la question suivante: de quel côté êtes-vous? La réponse de l'Ouzbékistan est claire: nous sommes du côté de la dignité humaine. Nous faisons le choix de la jeunesse déterminée à s'éduquer, à se former et à choisir son propre avenir. Et ce, parce que l'on ne mesure pas la force d'un État à l'aune de son armée ou de ses capacités économiques. La puissance d'un pays dépend avant tout de sa capacité à garantir la dignité humaine, les droits et les différents intérêts. C'est pourquoi nous estimons que la paix, le développement et la dignité humaine ne sont pas des objectifs distincts, mais constituent une seule tâche à accomplir. Mesdames et Messieurs les délégués, aujourd'hui, aucune nation, quelle que soit sa puissance, ne peut faire face à tous les problèmes internationaux. Les menaces font fi des frontières. Voilà pourquoi nous avons besoin plus que jamais de l'Organisation des Nations Unies. Nous devons pouvoir compter sur une Organisation des Nations Unies capable de. d'appliquer ces décisions, pas simplement de les prendre. Nous devons pouvoir compter sur une Organisation des Nations unies où la voix de chaque pays est prise en compte. L'Ouzbékistan appuie les efforts du Secrétaire général déployés dans le cadre de l'initiative ONU 80, qui vise à adapter l'Organisation aux circonstances d'aujourd'hui. Nous appuyons l'augmentation du nombre de membres au Conseil de sécurité selon les réalités d'aujourd'hui. L'année prochaine, nous allons assumer la présidence du Mouvement des non-alignés. En cette époque de tensions croissantes, nous avons la responsabilité de créer de nouvelles enceintes de dialogue. C'est donc dans cet esprit que l'Ouzbékistan et candidat pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de 2035 à 2036. Nous comptons sur vous. Pour nous, le droit international n'est pas un instrument que l'on modifie selon ses intérêts. C'est une règle qui s'applique à tous les pays. Il ne peut y avoir de justice universelle sans droit universel. Mesdames et Messieurs, jusqu'il y a peu, on faisait référence à l'Asie centrale dans un contexte de différents frontaliers non résolus, de problèmes de gestion de l'eau ou d'autres conflits. Grâce à l'initiative du président de l'Ouzbékistan et grâce à la volonté politique des chefs d'État de l'Asie centrale, la situation dans la région a profondément changé. Nous nous considérons maintenant comme partenaires et non plus comme menaces. C'est l'approche choisie par le président Mirziyoyev quant à l'Afghanistan. Considérer l'Afghanistan comme une simple source de danger n'est pas une solution. Il n'est pas non plus acceptable d'abandonner à son propre sort le peuple multiethnique de l'Afghanistan. Nous devons leur donner l'espoir et la confiance de pouvoir mener une vie pacifique. Les réformes menées par le responsable de l'Ouzbékistan tiennent compte des possibilités d'amélioration des conditions de vie. Nous mesurons nos résultats à l'aune de ce critère. Ces dix dernières années, le pouvoir d'achat de notre population a doublé. Notre économie est passée de 50 milliards à 147 milliards de dollars. Nous avons pu mobiliser plus de 150 milliards de dollars d'investissements étrangers. Nos exportations ont presque triplé. Le taux de pauvreté a maintenant atteint 4 % et près de 10 millions de personnes sont sorties de la pauvreté. L'éducation maternelle est passée de 27 % à 78 %. L'éducation au niveau supérieur est passée de 9 % à près de 50 %. L'espérance de vie moyenne est passée de 66 ans pour atteindre 75 ans. nous avons pu réduire de 400 % les taux de mortalité maternelle et infantile. La réalité de cette réforme se traduit par l'amélioration des conditions de vie. Les enfants constituent notre plus grande responsabilité. Si un enfant ne naît pas en bonne santé ou ne bénéficie pas d'une bonne éducation, Ce n'est pas simplement son avenir qui est remis en question, mais celui de la société. Nous allons très bientôt organiser un dialogue de haut niveau avec le Fonds des populations des Nations Unies sur les questions de stabilité démographique et de capital humain. En octobre, nous allons accueillir la communauté internationale à Samarcande pour aborder le bien-être infantile. Mesdames et Messieurs, l'Asie centrale peut aussi faire part d'un autre enseignement au monde entier. L'enseignement que nous avons tiré de la mer d'Aral, qui ne s'est pas asséchée en raison d'une catastrophe naturelle, mais bien en raison de décennies de décisions erronées et d'un traitement inacceptable de la nature. Notre nouvel Ouzbékistan crée des zones vertes dans les zones asséchées pour atténuer l'ampleur de ce problème. Nous adoptons de nouvelles technologies visant à préserver l'eau. Notre objectif est d'augmenter la part de l'énergie renouvelable pour atteindre 54 % d'ici à 2030. Nous ne voulons pas que la mer d'Aral entre dans l'histoire comme un symbole de tragédie environnementale. Cela doit être une possibilité de recherche de solutions environnementales. À l'initiative de l'Ouzbékistan, l'Assemblée générale des Nations unies a déclaré la décennie 2027-2036 comme décennie d'action pour la forestation et la reforestation. Il est temps de traduire cette résolution dans la réalité. Mesdames et Messieurs, chers présidents, aujourd'hui, l'humanité est au seuil d'une nouvelle transformation de fond. Je pense à l'intelligence artificielle, mais nous devons encore répondre à une question. Les technologies sont-elles au service de l'humanité ou sommes-nous contraints de nous adapter à ces technologies? Le principe est clair, l'humanité et son destin doivent être au cœur des progrès technologiques. L'intelligence artificielle va de pair avec le respect des droits humains, la sécurité, l'égalité des chances et la reddition de comptes. Les progrès technologiques ne devraient pas contraindre les individus à changer, mais devraient plutôt contribuer à améliorer nos conditions de vie. L'Ouzbékistan prône un dialogue international renforcé. Chers amis, le pouvoir ne peut pas l'emporter sur le droit. Tout individu faisant appel au tribunal doit avoir confiance dans le rôle de la justice qui doit l'emporter. Une cour commerciale internationale fondée sur les principes du droit britannique a été établie au centre financier international de Tachkent. Nous avons éradiqué le travail des enfants et le travail forcé. Nous avons renforcé nos responsabilités en matière de violence domestique. Nous avons créé des critères pour. tenir compte des droits et de l'égalité des chances des femmes. Aujourd'hui, nous avons créé un système distinct pour appuyer l'entrepreneuriat des femmes. Aujourd'hui, notre Parlement compte 39 % de femmes. À Tachkent, le Centre de civilisation islamique a été érigé à l'initiative du président Mirziyoyev. Il s'agit non seulement de représenter notre passé, mais d'alimenter nos connaissances, d'être une source de réflexion et d'enrichissement. Alors que les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle diffusent la haine et les stéréotypes à une rapidité infernale, rappelons-nous cette vérité: l'Ouzbékistan va faire le choix de la coopération et du dialogue entre les cultures, la religion. Nous faisons le choix de la tolérance et de la philosophie des Lumières. Nous voulons tous vivre dans un monde où la dignité humaine est la priorité centrale. Nous voulons léguer à nos enfants un monde meilleur que le nôtre. Nous voulons leur léguer un monde qui chérit la dignité humaine. L'avenir ne nous jugera pas à l'aune des opportunités que nous avons créées, mais à la façon dont nous les avons utilisées. Le peuple et le président de l'Ouzbékistan sont prêts à contribuer à la création d'un monde où la paix, la confiance et la dignité humaine l'emportent. Merci de votre attention. Italy · Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale [12:40:27]: Je remercie la cheffe de l'administration du président de l'Ouzbékistan. Nous avons entendu la dernière oratrice à l'occasion du débat général ce soir. Nous poursuivrons le débat général demain à 9 heures du matin dans cette même salle. La séance est levée.