La situation au Moyen-Orient - Conseil de sécurité, 10208e séance Conseil de sécurité Date: 13 August 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/sc/10208 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Denmark · Présidente du Conseil [7:14]: Oui, oui, oui, oui. Oui. Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui. Parce que. Je vous remercie. Je vous remercie. Oh. Je déclare ouverte la 10 208e séance du Conseil de sécurité. L'ordre du jour de la présente séance s'intitule « La situation au Moyen-Orient ». L'ordre du jour est adopté. Conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite le représentant du Yémen à prendre part à cette séance. Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les intervenants suivants à participer à notre séance. Monsieur Hans Grunberg, envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, et Monsieur Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des services d'urgence. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va à présent examiner le point 2 de son ordre du jour. Je donne la parole à Monsieur Hans Grunberg. UN Secretariat · Envoyé spécial du Secrétaire général · Hans Grunberg [18:20]: Madame la Présidente, le Yémen court aujourd'hui un risque très grave d'une reprise d'un conflit à grande échelle, plus que jamais depuis la trêve de négociées par l'ONU en 2022, les opérations militaires ont repris de plus belle le long des lignes de front, avec des attaques récentes dans Sahal, à Marib, à Dramout, Moka et au-delà, ayant fait des victimes parmi le personnel militaire et les civils. Alors que le commerce régional et l'approvisionnement en énergie sont déjà mis à rude épreuve du fait de la crise dans le détroit d'Ormuz, les attaques récentes dans Sahal contre les navires marchands, en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, qui ont été condamnées récemment dans une déclaration du Conseil, risquent d'accroître les liens entre la situation humaine et les confrontations régionales. Ces attaques mettent en péril les vies des gens de mer. Il y a deux jours, une attaque de missiles contre un navire a ainsi tué plusieurs membres d'équipage. Les tensions connaissaient déjà une montée en puissance avant ces incidents en juillet. Un vol non autorisé de Téhéran à Sana'a a été suivi de frappes contre l'aéroport de Sana'a et des attaques de missiles contre l'aéroport d'Abha et des installations pétrolières en Arabie saoudite. Que les choses soient claires, si le Yémen poursuit sur cette lancée. Et pendant quatre ans, et bien après l'expiration formelle de la trêve, la trêve a fait régner un calme relatif sur les lignes de front au Yémen et même lors des tumultes régionales en 2023, le calme resté au Yémen, donnant aux civils un répit depuis le début du conflit. Mais je l'ai répété à maintes reprises, la trêve était un moyen et non pas une fin. L'objectif principal était d'ouvrir la voie à des négociations pour un règlement global du conflit. Les parties ont ainsi négocié une feuille de route, mais ces efforts ont piétiné à la suite de l'escalade régionale en 2023 et n'ont pas donné lieu à un processus politique. En l'absence de progrès sur le processus politique, le calme dû à la trêve ne pourra régner indéfiniment. Une reprise du conflit à grande échelle au Yémen interviendra à un moment très délicat, alors que les institutions publiques yéménites sont fragmentées après plus d'une décennie de conflit, une économie qui ne peut pas absorber un autre choc et la région enlisée dans la guerre. Pour les Yéménites, une nouvelle guerre signifierait que leurs études, leur travail, leur vie seraient à nouveau à la merci des combats. Une nouvelle génération serait envoyée sur les lignes de front sans pouvoir réimaginer l'avenir du pays. Pour le Conseil et le concert des nations, ce serait un nouveau conflit dans une région déjà à feu et à sang. Madame la présidente, aussi grave que soit la situation, je suis convaincue que des négociations en coulisses sont possibles. Ces dernières semaines, j'ai intensifié mes contacts avec les parties yéménites, avec le concours des acteurs régionaux, y compris dans le cadre de plusieurs visites à Riyad et à Mascate. J'ai proposé des moyens d'inverser l'escalade et de tracer une voie crédible vers une solution politique. Le gouvernement yéménite et Ansar Allah ont déjà recensé plusieurs éléments à réunir que vous connaissez également bien. Mon bureau consulte également divers Yéménites, y compris la société civile et les groupes de femmes, et toute solution doit tenir compte de leurs priorités et de la population yéménite. Tout d'abord, les parties doivent immédiatement œuvrer à la désescalade et œuvrer à un cessez-le-feu robuste. Le calme le long des lignes de front du Yémen doit être rétabli. Les attaques et les menaces contre la navigation doivent cesser. La liberté de navigation en mer Rouge rouge et dans le golfe d'Aden doivent être respectés. Les attaques transfrontalières doivent cesser. Un mécanisme de gestion des incidents et de désescalade existe déjà. Des représentants militaires du gouvernement et Ansar Allah, aux côtés du commandement conjoint des forces dirigées par l'Arabie saoudite, se sont réunis sous les auspices du comité de coordination militaire. Je les exhorte à tirer pleinement parti de ce canal de communication et je répète mon appel aux parties à respecter leurs obligations de protection des civils et des infrastructures civiles. Les parties doivent également protéger le Yémen pour qu'il ne soit pas entraîné dans l'engrenage des dynamiques régionales complexes. Grâce à la désescalade, ils doivent accorder la priorité aux intérêts nationaux yéménites. Je n'ai cessé d'insister sur ce point dans mes contacts avec les parties. La deuxième exigence est la désescalade économique. L'économie yéménite devenue une ligne de front alors que les salaires, les devises, le commerce, les recettes, le transport, les services essentiels sont de plus en plus politisés. Il faudra donc que les parties négocient des accords et comprennent qu'elles ont plus à gagner de la coopération que de la confrontation. La reprise des exportations pétrolières avec des garanties de sécurité pour la production et les infrastructures d'exploitation permettrait de générer une source de revenus critique et d'appuyer le relèvement du pays. Les Yéménites doivent pouvoir se déplacer librement dans le pays. Les parties doivent tomber d'accord sur des mesures de reprise des vols commerciaux depuis et vers l'aéroport de Sanaa. Cela a été possible lors de la trêve de 2022 et donc ces vols pourraient être rétablis. Les navires marchands doivent continuer d'atteindre les ports yéménites pour acheminer les vivres et les autres articles essentiels dont ont besoin les Yéménites. Les parties devront également négocier des accords durables sur les questions économiques qui touchent le quotidien des Yéménites. notamment le versement des salaires aux fonctionnaires, le rétablissement des services essentiels. La troisième exigence, c'est un engagement fort avec l'ONU pour consolider les acquis et relancer un processus politique piloté par les Yéménites inclusifs. C'est le seul moyen de veiller à ce que les divergences soient réglées par le dialogue et par la force et que soient édifiées des institutions redevables et légitimes, reflet de la diversité sociale et politique yéménite. Nous pouvons à présent traduire ce plan en actes. Mais la médiation ne peut se substituer à la volonté politique. Les parties doivent à présent privilégier le dialogue. Aucune partie n'a le contrôle de la situation lors des escalades et ce sont les Yéménites ordinaires qui paient le plus lourd tribut. Les négociations nécessitent des compromis, mais les parties peuvent décider du cap à prendre. pour que le peuple yéménite en sorte gagnant. Enfin, je vous rappelle qu'en mai, les parties sont tombées d'accord sous les auspices de l'ONU de libérer près de 1600 détenus. Les préparatifs pour ces libérations avancent lentement et l'escalade actuelle pourrait mettre ce processus dans l'impasse. Les parties ont réaffirmé leur engagement, mais ces engagements doivent se traduire en actes. J'exhorte les parties à coopérer avec le Comité international de la Croix-Rouge, à achever les préparatifs techniques et opérationnels le plus rapidement possible. Deuxièmement, pendant bien trop longtemps, 73 membres de personnel de l'ONU aux côtés de collègues d'ONG, de la société civile et de missions diplomatiques depuis bien trop longtemps, ces personnes sont détenues de façon arbitraire par Ansar Allah. En dépit des efforts inlassables de l'ONU pour trouver une solution, leur libération n'a toujours pas pu être obtenue. J'exhorte le Conseil à braquer les projecteurs sur cette question et à user de toute leur influence pour garantir leur libération immédiate et sans condition. Madame la Présidente, quatre années de calme peuvent être perdues en quelques semaines d'escalade. Je ne demande pas au Conseil aujourd'hui de d'exprimer leur soutien. Non, vous devez également user de votre influence sur les parties pour inviter les Guinéens à délaisser le champ de bataille pour la table des négociations. Denmark · Présidente du Conseil [26:43]: Je remercie M. Granberg et je donne la parole à M. Tom Fletcher. UN Secretariat · Secrétaire général adjoint · Tom Fletcher [26:52]: Merci, Madame la Présidente, et je remercie l'envoyé spécial pour son exposé qui n'incite guère à l'optimisme et ses efforts inlassables en vue d'une solution politique au Yémen. C'est déjà le sixième exposé de l'OCHA au Conseil cette année et j'aimerais pouvoir vous faire part d'une dynamique plus positive, mais hélas, la crise humanitaire demeure inchangée, la faim va croissant, les services sanitaires s'effondrent, les familles arrivent à bout de leurs mécanismes pour faire face. Et maintenant, la convergence de chocs climatiques et de tensions régionales menace d'exacerber cette catastrophe. Plus d'une décennie après le début du conflit, des millions de Yéménites font face à des choix impossibles: des vivres ou des médicaments, l'éducation, le travail, la survie ou le déplacement. Et hélas, les femmes et les filles sont particulièrement touchées. Quelques 11 millions de femmes et de filles ont besoin d'une aide humanitaire, dont 5,5 millions de femmes en âge de reproduction et de 750 000 femmes enceintes. Elles n'ont pas accès aux soins de base. Quatre femmes sur cinq n'ont pas accès aux services de santé procréative vitaux, alors que seul un centre de santé sur cinq fournit des soins maternels. Les coûts sont trois femmes meurent chaque jour de complications de la grossesse évitables. Et le système de santé est proche du point de rupture. Les installations n'ont plus d'articles de base, de personnel nécessaire. Des foyers de maladie éclatent. A Marib, une crise sanitaire a été déclarée en raison de la rougeole. L'insécurité alimentaire s'aggrave. Plus de la moitié de la population connaît l'insécurité alimentaire aiguë. Six millions de personnes, le plus haut niveau de par le monde, fait face à des niveaux de crise, d'insécurité alimentaire, donc presque la famine. En juin, quelque 60 % des ménages ont dit ne pas avoir assez à manger. Si ces statistiques sont impressionnantes, elles ne doivent pas nous empêcher d'agir, car cette gravité ne doit pas devenir une nouvelle normalité. Mais les facteurs sont clairs les tensions régionales qui font gonfler les prix, le déclin de l'économie qui ébranle les moyens de subsistance et des fonds humanitaires insuffisants. Hélas, une nouvelle menace se fait jour. Ainsi, El Niño pourrait entraîner une réduction de 40 % des précipitations dans plusieurs zones agricoles clés. Cela dévasterait les récoltes, la disponibilité en eau, les moyens de subsistance dans les zones rurales, exacerbant les effets de la chaleur extrême et du stress hydrique dans un des pays déjà le plus à la merci des changements climatiques. Madame la présidente, l'accès humanitaire demeure un grand obstacle. Comme vous l'avez entendu, 73 collègues de l'ONU sont toujours détenus par les Houthis, autorité de facto, aux côtés d'anciens travailleurs d'ONG, de la société civile et de missions diplomatiques. Leurs familles connaissent l'incertitude quant à leur sort au quotidien. Leur libération n'est pas seulement une exigence de notre institution, non, c'est un appel lancé à notre humanité commune. Que ces personnes puissent rentrer en toute sécurité dans leur famille et créons des conditions propices à l'acheminement de l'aide et des services à ceux qui en ont besoin en toute sécurité, de façon indépendante et impartiale. Entre juillet 2025 et juillet de cette année, il y a eu quelque 200 incidents d'accès humanitaire dans le pays. Des interférences, des violences contre le personnel, des restrictions de déplacement continuent d'entraver, de retarder, de limiter les opérations de secours. En amont de l'Assemblée générale, je voudrais présenter des demandes critiques en matière d'accès pour les crises de part le monde. Madame la Présidente, nous savons que l'aide sauve des vies. En 2025, nous avons pu atteindre quelque 5,3 millions de personnes chaque mois au Yémen. Cependant, les pénuries de financement alimentées par l'incertitude et un manque de confiance ont paralysé nos opérations. Alors que l'appel humanitaire n'a permis de recueillir que 20 % des fonds, le calcul est très simple. Lorsque le financement s'étiole, les rations sont moindres, les cliniques ferment leurs portes, les services de protection disparaissent. Donc je remercie nos plus grands bailleurs de fonds, la Commission européenne, l'Arabie saoudite, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Corée du Sud, et ceux qui ont appuyé le Fonds humanitaire pour le Yémen et le CERF. Je viens d'allouer 10 millions de fonds du CERF à la sécurité alimentaire. Mais c'est une mesure qui ne permet que de combler les besoins temporairement. Ce n'est pas une solution. Donc je vous adresse trois demandes aujourd'hui. Premièrement, aux bailleurs de fonds, fournissez des fonds prévisibles, souples. Aujourd'hui, nous pouvons aider la population. Il nous faut les ressources pour couvrir les besoins désespérés de la population. Ensuite, ma demande adressée à toutes les parties, protégez les civils, garantissez une action humanitaire digne de ce nom. Tout d'abord, j'appelle à la libération en toute sécurité immédiate de nos 73 collègues de l'ONU ainsi que des travailleurs des ONG et de la société civile qui sont détenus par les autorités de facto houthistes. Leurs familles et notre humanité commune exigent qu'ils rentrent chez eux. Et enfin, ma demande adressée au Conseil, continuer de braquer les projecteurs sur le Yémen. Votre unité, votre plaidoyer sont essentiels afin d'éviter de nouvelles souffrances et d'ouvrir la voie à des progrès véritables. La population yéménite a fait montre d'une résilience inégalée, mais la résilience ne peut jamais être un prétexte pour demander à un peuple d'endurer encore plus. Ce peuple mérite la dignité, merite des perspectives d'avenir et de l'espoir. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [33:34]: Merci. Je vais donner a present la parole aux membres du Conseil souhaitant prononcer une declaration. La parole est au Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentant [33:46]: Nous remercions l'envoyé spécial, ainsi que le secrétaire général adjoint. Ces dernières semaines, nous avons constaté une grave escalade de la violence au Yémen et dans la région, du fait des agissements irresponsables des Houthis, notamment des frappes de drones et de missiles contre l'Arabie saoudite, des attaques contre la navigation en mer Rouge et des violations de l'espace aérien yéménite par un avion iranien. L'Iran doit arrêter d'aider les Houthis. qui menacent la stabilité du Yémen. Nous présentons nos condoléances aux personnes décédées ou blessées du fait de ces agissements, notamment des ressortissants yéménites, pakistanais et indonésiens. La semaine dernière, le Conseil a adressé un message limpide, condamnant les agissements des Houthis, appelant à la désescalade. Nous exhortons les Houthis à s'efforcer de parvenir à la paix, à atténuer les souffrances des Yéménites, au lieu d'embarquer le Yémen dans un conflit régional. plus vaste. Le Royaume-Uni réitère son attachement indéfectible en faveur de la souveraineté et de la sécurité au Yémen, en Arabie Saoudite et de la stabilité dans la région. Deuxièmement, l'escalade récente exacerbe une situation humanitaire déjà sordide. Quelques 22 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, 18 millions connaissent l'insécurité alimentaire aiguë et plus de 2,2 millions d'enfants de moins de cinq ans sont mal nourris. En tant que pays fortement tributaire des importations alimentaires et de carburant, le Yémen est particulièrement vulnérable aux chocs. Alors que les fonds humanitaires déclinent, la FAO alerte déjà des risques de sécheresse et davantage d'insécurité alimentaire si un conflit à grande échelle se reprend. Nous appuyons l'aide humanitaire, notamment avec près de 180 millions de dollars cette année. Nous sommes également vivement préoccupés par la détention par les Houthis de 73 membres du personnel de l'ONU et autres personnels des ONG et de la société civile, dont beaucoup sont détenus depuis plus de deux ans. Les Houthis doivent libérer sans condition immédiatement toutes les personnes détenues et permettre aux acteurs humanitaires de faire leur travail en toute sécurité, sans obstruction. Enfin, nous nous félicitons de la nomination du Dr Afrah Azuba, première femme ministre des Affaires étrangères du Yémen. Nous souhaitons travailler avec le gouvernement du Yémen pour engager les réformes nécessaires et faire régner la sécurité et la stabilité à présent. Nous verrons si le Yémen peut s'approcher de la paix ou va s'enliser dans le conflit et la crise humanitaire. Nous continuons d'appuyer le rôle de l'envoyé spécial et d'un processus de paix intra-yéménite sous les auspices de l'ONU afin de faire advenir un avenir pacifique que mérite le Yémen. Merci, Denmark · Présidente du Conseil [36:55]: le Panama. Panama · Représentant [36:59]: Merci, Madame la Présidente. Merci à l'envoyé spécial du Secrétaire général, M. Hans Grundberg, et au Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, M. Tom Fletcher, pour leurs contributions précieuses à nos débats et tous les efforts qu'ils déploient afin d'exercer leurs responsabilités respectives. Nous saluons la délégation du Yémen qui nous accompagne ce matin. La situation humanitaire est dramatique, comme nous l'a dit M. Tom Fletcher, et les perspectives d'avenir ne poussent guère à l'optimisme. Madame la Présidente, nous condamnons avec la dernière énergie la dernière escalade de la violence en raison des agissements des Houthis avec des agissements contre les forces armées yéménites, notamment à Marib, le recours à des drones contre des infrastructures civiles en Arabie Saoudite et des agressions contre des objets civils et des camps de déplacés internes à Marib, Mocha et Hodeida. Malheureusement, des personnes ont perdu la vie, sans parler des nombreux blessés. Il est particulièrement préoccupant de constater que des installations liées à l'approvisionnement en ressources énergétiques sont visées par de telles actions. Malheureusement, il semble que cette pratique soit en train de se normaliser dans le cadre des récents conflits. Or, les conséquences de tels actes dépassent le simple échelon local. Dans le même temps, cette escalade met en péril la trêve qui avait été négociée sous les auspices de l'ONU en 2022 et menace d'entraîner de nouveau le Yémen vers un conflit généralisé. Cette nouvelle escalade, le Yémen, la région, la communauté internationale ne doivent pas l'accepter. Madame la Présidente, La recrudescence des attaques contre des navires et des embarcations commerciales en mer Rouge et toutes les mesures qui nuisent à la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz et aux alentours sont catégoriquement inacceptables. Nous avons vu malheureusement les conséquences tragiques de ces actes avec des victimes innocentes qui ont péri. ce qui met en exergue le bilan humain très lourd de ces actes. Non seulement ils mettent en péril la vie des gens de mer ainsi que la sécurité maritime et la liberté de navigation, mais ils ont aussi des conséquences plus vastes encore et mettent en danger les chaînes d'approvisionnement internationales, le commerce international, la sécurité énergétique, avec des répercussions directes pour les économies de tous les pays et la vie quotidienne de leurs populations. Ces conséquences sont particulièrement disproportionnées et graves pour les pays du Sud global et pour les pays les plus vulnérables. Face à une telle situation, et alors que les mesures adoptées par le Conseil de sécurité jusqu'ici n'ont pas suffi à empêcher la poursuite de cette dynamique, nous appelons de nouveau au plein respect des résolutions pertinentes adoptées par le Conseil de sécurité ainsi que de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Nous exigeons également que cessent sans attendre toutes les menaces ou les attaques visant des embarcations commerciales, tous les actes qui entravent ou interrompent la liberté de navigation. Hélas, Madame la Présidente, ces phénomènes ont des conséquences directes pour la population yéménite qui, depuis plus d'une décennie, a enduré des conditions de vie allant de mal en pis. Le conflit qui s'inscrit à présent dans la durée laisse derrière lui des séquelles humanitaires profondes. Plus de 53 % de la population aujourd'hui, c'est-à-dire environ 18 millions de personnes, se trouvent dans une situation d'insécurité alimentaire grave. Parmi eux, 2,2 millions d'enfants de moins de cinq ans et 1,3 million de femmes enceintes ou allaitantes. Toutes ces personnes souffrent aujourd'hui de malnutrition aiguë. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des millions de vies humaines, de personnes qui paient le prix d'une crise qui semble sans fin. Depuis que nous sommes arrivés au Conseil en tant que membres élus, les chiffres signalés par l'OCHA en la matière n'ont pas cessé de croître et les prévisions sont de plus en plus alarmantes. Ces chiffres viennent nous rappeler à chaque fois que la population civile endure les conséquences d'une crise qui ne fait que se prolonger sans que l'on puisse trouver une issue. La situation semble sans espoir, mais l'on ne peut accepter que le Yémen continue de souffrir, que des millions de personnes aillent se coucher le ventre vide. Il nous faut une solution à la hauteur de la gravité de la crise. L'appui résolu du Conseil de sécurité ne suffit plus. Il nous faut un engagement de la part de toute la communauté internationale débouchant sur des financements humanitaires suffisants et l'adoption de mesures coordonnées afin de réagir et de répondre aux besoins les plus urgents, de protéger la population civile et de jeter les bases d'une paix durable. Merci beaucoup. Denmark · Présidente du Conseil [43:23]: Je vous remercie. Je donne la parole au Liberia. Liberia · A3 · Représentant [43:30]: Madame la Présidente, j'ai l'honneur de prononcer cette déclaration au nom des A3, à savoir la République démocratique du Congo, la Somalie et mon propre pays, le Liberia. Nous remercions l'envoyé spécial Hans Grunberg et le secrétaire général adjoint Tom Fletcher de leurs exposés. Nous nous félicitons de la présence du représentant permanent du Yémen à notre séance. Les A3 sont alarmés par la grave détérioration de la sécurité au Yémen. Ces dernières semaines, l'évolution de la situation ne montre qu'une fois de plus le Yémen court un grand risque de la reprise d'un conflit à grande échelle, et cela plus que jamais depuis la trêve d'avril 2022. Cette nouvelle escalade pourrait inverser des années de calme relatif, saper le processus politique dirigé par l'ONU et infliger de nouvelles souffrances au peuple yéménite. Le Yémen ne doit pas devenir le théâtre de plus graves confrontations régionales. À cet égard, nous voulons mettre en exergue les points suivants: Premièrement, Nous réitérons notre soutien indéfectible en faveur de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité territoriale du Yémen. La déclaration à la presse du Conseil de sécurité avait réaffirmé la souveraineté du Yémen sur son espace aérien et que tous les vols devraient être préapprouvés par le gouvernement yéménite. L'avenir du Yémen doit être écrit par les Yéménites grâce à un processus inclusif piloté par l'ONU. À cet égard, nous réaffirmons notre ferme appui en faveur des efforts de l'envoyé spécial Hans Grundberg et du processus politique de l'ONU. Nous exhortons les parties à ne plus seulement gérer le conflit, mais à essayer de s'attaquer à ses racines. La paix ne peut pas seulement être gérée et non, elle doit reposer sur un dialogue digne de ce nom. Deuxièmement, nous sommes vivement préoccupés par l'escalade qui reprend au Yémen. Les affrontements survenus près de Marib et d'Adramout démontrent à quelle vitesse des acquis obtenus de hauts plateaux peuvent être balayés. Nous sommes alarmés par les signalements d'attaques depuis début août, notamment le pilonnage de zones civiles et un grand camp de déplacés à Marib qui abrite deux millions de déplacés, ce qui a fait des victimes et des blessés civils. Si la force militaire remplace la diplomatie, ce sont toujours les civils innocents qui en paient le tribut. Nous exhortons que soit pleinement respecté le droit international humanitaire et en particulier les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Les frappes transfrontalières contre le Royaume d'Arabie Saoudite, les attaques contre les infrastructures énergétiques et des blocus maritimes menace de donner une portée internationale à ce conflit. Les acteurs régionaux doivent user de leur influence de façon responsable. Nous encourageons tous les acteurs à Aden et dans les provinces du Sud à régler les tensions politiques par le biais du dialogue afin de préserver la cohésion des institutions. Troisièmement, alors que nous continuons Alors qu'on continue de nous dire que la situation humanitaire et économique au Yémen demeure extrêmement grave, avec des effets dévastateurs sur les femmes et les filles, près de 11 millions de femmes et de filles qui ont besoin d'une aide humanitaire, dont 5,5 millions de femmes en âge de reproduction et 750 000 femmes enceintes, quatre femmes sur cinq n'ont pas accès aux soins reproductifs, ce qui contribue à trois morts maternelles évitables chaque jour. Dans l'intervalle, le système de santé s'effondre, ce qui a entraîné une épidémie de rougeole à Marib avec 1600 cas et 12 décès. Les frappes contre le port de Al-Makha le 9, le 10 et le 11 août ont endommagé les pontons, les articles commerciaux, les vivres, asphyxiant les importations vitales. L'aide humanitaire est une planche de salut pour des millions de personnes et non pas une monnaie d'échange. Nous appelons à un accès humanitaire plein, sûr, sans entrave, à des fonds souples, à une stabilisation économique. Les A3 demeurent très inquiets face à la détention de personnel de l'ONU, de travailleurs humanitaires, de personnel d'ONG, de représentants de la société civile et de personnel liées aux missions diplomatiques, donc détention aux mains des Houthis. Cela fera ce mois-ci deux ans que cette vague initiale de détention massive a déferlé sur le personnel humanitaire de développement et diplomatique au Yémen. Nous exhortons à libérer immédiatement sans condition tous les détenus. Les A3 se félicitent de l'accord négocié par l'ONU récemment afin de libérer plus de 1600 détenus liés au conflit. C'est une mesure positive pour rétablir la confiance. Nous appelons toutes les parties à garantir un accès humanitaire plein, sûr, rapide et sans entrave. et à protéger le personnel et les biens humanitaires, tout en facilitant la liberté de mouvement des travailleurs et des articles. L'aide humanitaire ne doit pas être politisée, ni détournée ou entravée. En outre, nous appelons la communauté internationale à apporter des financements suffisants, prévisibles et flexibles afin de financer les opérations humanitaires. Il convient aussi d'appuyer le relèvement des moyens de subsistance, les services essentiels et la stabilisation économique. À elle seule, l'aide humanitaire ne suffira pas à régler la crise au Yémen. Une paix pérenne nécessite la mise en place de modalités pratiques permettant le relèvement de l'économie, la stabilisation des institutions et la reprise des services publics essentiels. Enfin, les attaques visant des bâtiments commerciaux en mer Rouge dans le détroit de Bab Al-Mandab et dans le golfe d'Aden, menacent la liberté de navigation, perturbent les chaînes d'approvisionnement et font augmenter les prix à l'échelle internationale de denrées essentielles. Les frappes contre le port d'Al-Maqa et l'interception de vaisseaux sans équipage prouve cette menace, une menace qui menace maintenant directement les infrastructures portuaires vitales à la survie du Yémen. Étant donné l'importance stratégique de Bab Al-Mandab en Afrique et pour le commerce international, la stabilité politique du Yémen et la sécurité maritime sont inséparables et doivent être réglées ensemble. Madame la Présidente, il n'y a pas de solution militaire à ce conflit. Le peuple yéménite mérite la paix, des institutions qui fonctionnent, des perspectives économiques. Le groupe A3 appelle toutes les parties à faire un pas en arrière pour éviter l'escalade, à reprendre la voie du dialogue et à échanger de façon constructive avec les acteurs qui pilotent le processus onusien. Nous sommes prêts à travailler avec tous les membres du Conseil et l'appelons à s'exprimer d'une seule voix sur ce dossier de toute urgence. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [51:40]: Merci. Je donne maintenant la parole aux États-Unis. United States of America · Représentant [51:41]: Merci, Madame la Présidente. Et merci à nos invités. Le 3 juillet, le Conseil s'est réuni pour se pencher sur une violation flagrante de la souveraineté yéménite. Un vol qui avait eu lieu sans l'assentiment du gouvernement yéménite. Le prétexte avancé était que des représentants des Houthis allaient se rendre aux funérailles du guide suprême iranien décédé. En réalité, il s'agissait de vols à motif militaire. Cela s'inscrit dans le cadre d'une campagne systématique de provocation et de déstabilisation. les Houthis n'ont eu de cesse récemment de s'en prendre à plus de sept bâtiments commerciaux liés à l'Arabie saoudite et à des infrastructures portuaires stratégiques associées aux frappes de drones contre certains ports de l'Arabie saoudite, des frappes qui ont fait des victimes civiles. On voit là qu'on est devant un effort coordonné pour imposer un embargo maritime et dicter les dynamiques sécuritaires autour du détroit de Bab al-Mandab. En outre, les Houthis ont tiré des missiles balistiques et des drones contre des territoires sous le contrôle du gouvernement reconnu par la communauté internationale, avec à la clé des dizaines de victimes ces dernières semaines. Le lien est ici très clair, les Houthis sont alignés sur Téhéran et coopèrent activement avec Téhéran. Ils se livrent à des attentats terroristes qui font croître l'instabilité dans la région et menacent le commerce international. Les États-Unis sont aux côtés du gouvernement yéménite face à la menace terroriste houthiste appuyée par l'Iran. Nous sommes aussi fermement aux côtés du Royaume de l'Arabie saoudite face à cette menace. Nous restons engagés en faveur de la stabilité dans la région et du libre commerce qui sous-tend l'économie mondiale. Nous exigeons que les Houthis fassent cesser les attaques visant les pays de la région et tous les actes qui sapent la liberté de navigation en mer Rouge. Cela englobe les attaques et les menaces contre les navires commerciaux. Les actes des Houthis entraîne le Yémen dans un conflit régional, ce qui n'est pas dans l'intérêt de la population. La venue pour parvenir à la stabilité passe par des mesures pour priver les Houthis des ressources dont ils ont besoin pour se livrer à leurs activités terroristes. La communauté internationale est parvenue à un consensus. On ne peut pas aujourd'hui rester les bras croisés alors que le régime iranien et ses partenaires et alliés minent la stabilité régionale et internationale. Les conséquences du non-respect par l'Iran de la résolution pertinente adoptée par le Conseil se voient clairement aujourd'hui. Enfin, les Houthis continuent de détenir injustement plus de 70 membres du personnel de l'ONU ainsi que d'autres membres d'organisations humanitaires et organisations de la société civile ou encore missions diplomatiques, y compris des ressortissants des États-Unis. De nouveau, nous exigeons leur remise en liberté immédiate et sans condition. nous appelons aussi l'ONU à veiller à ce que toutes les opérations menées au Yémen n'aient pas lieu dans les territoires contrôlés par les Houthis jusqu'à la remise en liberté de ceux qui sont injustement détenus. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [55:23]: Merci à la représentante des États-Unis pour cette déclaration. Je donne maintenant la parole à la Lettonie. Latvia · Représentant [55:26]: Merci, Madame la Présidente. Merci à l'envoyé spécial, M. Hans Grundberg, ainsi qu'au secrétaire général adjoint, M. Tom Fletcher, pour leurs exposés riches en informations. Je me félicite de la participation à cette séance du représentant permanent du Yémen. Madame la Présidente, la Lettonie reste profondément préoccupée par la détérioration de l'environnement sécuritaire au Yémen et aux alentours, une dimension de plus en plus significative dans le cadre d'une escalade régionale plus vaste. Nous condamnons fermement les attaques qui ont repris du fait des Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge ainsi que les attaques qui visent le royaume de l'Arabie saoudite. Et nous condamnons l'Iran qui continue d'appuyer les Houthis, un appui qui leur permet de mener à bien ces actions déstabilisatrices. On constate aussi une flambée de violence à l'intérieur du Yémen avec des attaques de la part des Houthis qui visent des zones contrôlées par le gouvernement yéménite. Ces attaques ont fait encore davantage de victimes. En outre, ces actions minent les perspectives de paix déjà fragiles au Yémen, aggravent l'instabilité régionale et hypothèquent la liberté de navigation et la sécurité maritime. Leur coût sur le plan humanitaire et économique est aussi profond pour le Yémen et pour la région. Nous demandons aux TIST de faire cesser immédiatement toutes les attaques et de faire preuve de la plus haute retenue. En ce moment charnière, tout doit être mis en œuvre afin que le Yémen ne soit pas entraîné encore davantage dans le conflit régional et pour préserver les perspectives minces de paix au Yémen. Madame la Présidente, alors que l'escalade des tensions risque de faire reculer encore davantage les perspectives de diplomatie, les mesures de confiance sont encore plus essentielles. L'accord passé au mois de mai concernant les détenus liés au conflit a été une occasion, elles sont trop rares, pour nouer de nouveau des liens de confiance entre les parties. Cependant, le processus n'a pas encore donné de fruits et la sécurité régionale risque de compliquer la mise en œuvre de l'accord aujourd'hui. Nous appelons les parties à honorer leurs engagements et à mettre en œuvre les échanges agréés sans délai. La détention arbitraire de personnel de l'ONU, personnel humanitaire et membres de la société civile ou encore de missions diplomatiques qui se poursuit reste profondément préoccupante. Cette détention aux mains des Houthis injuste et prolongée est la source de souffrances inacceptables pour les individus concernés et leurs familles et continue d'entraver les efforts internationaux sur le plan humanitaire. De nouveau, la Lettonie demande à ce que soient immédiatement remis en liberté tous ceux qui sont encore détenus de façon arbitraire, et ce sans aucune condition. Madame la Présidente, le Yémen reste aux prises de l'une des crises humanitaires les pires au monde. comme dans beaucoup de théâtres aux quatre coins du monde, ce sont les femmes et les filles qui sont touchées de façon disproportionnée. Des millions de femmes et de filles souffrent de faim, de malnutrition, de déplacement. Les décès maternels évitables sont nombreux. Elles sont confrontées à des risques plus importants de violences fondées sur le genre, alors que l'accès aux services de santé, même les plus élémentaires, continuent d'être sapés. ressources ne sont plus à la hauteur des besoins. Le coût de ce sous-financement se mesure en vies humaines. La communauté internationale doit redoubler d'appui pour le Yémen et toutes les parties doivent garantir l'accès humanitaire. En guise de conclusion, je dis de nouveau l'attachement inébranlable de la Lettonie à l'unité, à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Yémen. Une paix durable ne pourra naître que d'un processus politique inclusif piloté par le Yémen et facilité par l'ONU rassemblant tous les acteurs pertinents et garantissant la participation pleine entière et sur un pied d'égalité des femmes. Nous nous félicitons de la nomination historique d'Afra Al-Zoubah au poste de ministre des Affaires étrangères, la première femme yéménite à l'occuper. C'est un pas en avant important vers cet objectif. J'aimerais aussi saluer la efforts sans relâche que déploie l'envoyé spécial Hans Grunberg pour trouver une solution pacifique à ce conflit. Son travail est d'autant plus important aujourd'hui étant donné l'escalade actuelle. Nous enjoignons toutes les parties à des mesures déterminantes pour s'engager dans une direction différente de la direction actuelle et faire de la sécurité, de la dignité et des besoins de la population yéménite la priorité. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [1:00:38]: Merci, je donne la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:00:41]: Madame la Présidente, qu'il me soit permis de remercier M. Hans Grundberg, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, ainsi que M. Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, pour leurs exposés très précieux. Je me félicite de la participation de l'ambassadeur Al-Sadi, représentant permanent du Yémen. La situation au Yémen, pays frère, correspond à nos avertissements de ces derniers mois. Le conflit dans la région s'étend et touche aujourd'hui le Yémen, et ce, car la milice terroriste des Houthis, appuyée par l'Iran, continue de de travailler pour réaliser ses propres desseins au détriment de la population yéménite ainsi que de la sécurité et de la stabilité dans la région. Le Royaume du Bahreïn condamne la violation de la trêve par cette milice et tous ses efforts pour saper la paix au Yémen. Nous condamnons également les récentes attaques terroristes qui ont fait des victimes innocentes, des civils, y compris des femmes et des enfants. Nous condamnons également les attaques répétées menées par la milice houthiste à l'aide de missiles balistiques et de drones depuis le 13 juillet. Ces attaques ont pris pour cible des objets civils et des installations civiles, notamment dans le pays frère de l'Arabie saoudite. En outre, les Houthis continuent de représenter une menace pour la liberté de navigation et la sécurité maritime en mer Rouge et par le détroit de Bab Al-Mandab. Mon pays présente ses condoléances les plus sincères à la République islamique du Pakistan, à la République de l'Indonésie et aux familles des victimes de l'attaque houthiste ayant pris pour cible le navire Tihama en mer Rouge. Nous disons notre solidarité avec le Royaume frère de l'Arabie saoudite. Ces attaques visent non seulement les intérêts sécuritaires de l'Arabie saoudite, mais représentent aussi une menace directe pour la liberté de navigation et le commerce international. Il s'agit d'une escalade dangereuse qui mine tous les efforts déployés pour parvenir à la paix. Nous rappelons la déclaration à la presse du Conseil le 7 août, par laquelle nous avions condamné un vol iraniens non autorisés vers le Yémen, une violation de la souveraineté du pays. Dans cette déclaration à la presse, nous avions aussi condamné les attaques contre le royaume frère de l'Arabie saoudite. De nouveau, nous soulignons que le Conseil de sécurité doit adopter une posture robuste, demander que soit protégée la liberté de navigation et exiger des comptes à ceux qui se rendent coupables d'attaques prenant pour cible les voies de navigation et les navires. Nous rappelons que la liberté de navigation via les voies maritimes essentielles comme Bab Al-Mandab et Ormuz est un principe fondamental. Fermer les yeux face à de telles attaques ne fera qu'enhardir leurs auteurs et exacerber l'instabilité en faisant planer des risques sur la stabilité internationale et le commerce international. Le Royaume du Bahreïn est très préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire au Yémen. Il faut garantir un accès humanitaire sans entrave vers toutes les personnes dans le besoin. De nouveau, nous condamnons la détention de personnels membres de l'ONU, d'organisations humanitaires ou organisations de la société civile qui doivent être remis en liberté immédiatement. Nous appuyons le Dr. Rashad Mohamed Al-Habmi et le Conseil qu'il préside ainsi que toutes les institutions légitimes du Yémen qui s'efforcent de répondre aux besoins des citoyens. Nous disons de nouveau notre solidarité vis-à-vis du Yémen et de l'Arabie saoudite. Nous appuyons les mesures qu'ils adoptent pour préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur stabilité. Nous appelons à adopter une posture ferme sur le plan international, à exiger des comptes des Houthis et à tarir leurs sources de financement et d'armes. De cette façon, nous pourrons protéger les civils et préserver la stabilité et la sécurité régionales. En guise de conclusion, de nouveau, Nous disons tout notre appui à M. Grunberg, envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen. Il faut continuer le processus politique avec sérieux pour parvenir à une solution politique complète à cette crise, conformément à l'initiative du Golfe et à son mécanisme de mise en œuvre à l'issue de la conférence de dialogue international. à la résolution 2216 du Conseil de sécurité. Une telle solution apportée au conflit doit préserver la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Yémen et répondre aux aspirations de la population en matière de sécurité, stabilité, paix et prospérité. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [1:05:49]: Merci. Je donne la parole au Pakistan. Pakistan · Représentant [1:05:55]: Merci, Madame la Présidente. Mes remerciements vont également à l'envoyé spécial, Monsieur Hans Grunberg, ainsi qu'à Tom Fletcher, secrétaire général adjoint. Merci à eux de leur présentation. Le Pakistan est très préoccupé par les faits nouveaux au Yémen. Le pays est aujourd'hui confronté à un grave risque d'être de nouveau engouffré dans un conflit de grande envergure. Ce risque menace le calme relatif qui régnait depuis la trêve de 2022. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous sommes particulièrement préoccupés par les attaques récentes des Houthis, les victimes civiles signalées à Hodeida, Marib et ailleurs. Une escalade. ne sera synonyme que de davantage de souffrance pour la population yéménite et fermera des portes à la diplomatie. Nous condamnons avec la dernière énergie les attaques des Houthis à l'aide de drones et de missiles contre le pays frère qu'est le Royaume de l'Arabie saoudite. Ces provocations sont une grave menace pour la paix et la stabilité dans la région. Nous sommes solidaires de l'Arabie saoudite. et réaffirmons notre appui inébranlable à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Royaume ainsi qu'à la paix et la prospérité dans ce pays. Nous condamnons les attaques des Houthis qui visent des navires dans la région, le golfe d'Aden, le détroit de Bab-el-Mandab ont été visés avec notamment une attaque le 11 août contre un navire commercial Une attaque qui malheureusement a débouché sur la mort de trois membres de l'équipage pakistanais et un membre de l'équipage indonésien. D'autres membres de l'équipage ont été blessés. De tels actes menacent la sécurité régionale, minent la liberté de navigation et hypothèquent le commerce international. La sûreté et la sécurité du commerce par voie maritime et la sécurité des gens de mer doivent être protégés conformément au droit international. De nouveau, le Pakistan condamne la détention arbitraire de membres de l'ONU, membres de missions diplomatiques et d'organisations de la société civile par les Houthis. Toutes ces personnes doivent être remises en liberté immédiatement et sans conditions. Les besoins humanitaires importants au Yémen ne doivent pas non plus être oubliées. Ça doit rester une priorité. La reprise des combats, les perturbations de l'économie, l'insécurité alimentaire risquent d'aggraver encore davantage la situation humanitaire et la communauté internationale doit urgemment réagir au sous-financement de l'action humanitaire. Face à la trajectoire actuelle, Madame la Présidente, on peut dire que la désescalade et la reprise d'un processus politique sont plus urgents que jamais. La désescalade était le mot clé des deux présentations que nous avons écoutées ce matin. L'envoyé spécial a demandé la sécurité et la désescalade économique, alors que M. Fletcher, lui, a attiré l'attention sur l'urgence d'entraîner une désescalade et d'agir de façon proactive sur le volet humanitaire. Nous nous félicitons des efforts déployés par l'envoyé spécial pour nouer des contacts avec les parties yéménites ainsi qu'avec les acteurs régionaux et des partenaires sur la scène internationale afin d'explorer les possibilités pratiques qui s'offrent à nous pour entraîner une désescalade. Comme l'envoyé spécial, nous appelons à la plus haute retenue et exhortons toutes les parties à éviter toute décision qui risque d'entraîner une escalade militaire ultérieure, les appelant à participer plutôt à des négociations de bonne foi sous les auspices des Nations unies. Un processus politique par et pour le Yémen facilité par l'ONU reposant sur le plein respect de l'unité, de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Yémen reste la seule avenue viable pour un règlement complet et durable du conflit. Ça fait des années que la population yéménite souffre. Elle ne doit pas devoir endurer les conséquences d'un nouveau cycle de violence nationale et régionale. À ce stade, tout doit viser à réunir les conditions permettant un processus politique. Pour ça, il faut faire preuve de volonté politique, ce qu'a aussi souligné l'envoyé spécial. Il nous faut un processus politique pour parvenir à un règlement durable et crédible. Le Pakistan continuera, lui, d'appuyer tous les efforts sincères visant cet objectif. Je vous remercie. Denmark · Présidente du Conseil [1:11:16]: Merci. Je donne à présent la parole à la Colombie. Colombia · Représentant [1:11:22]: Merci, Madame la Présidente. Nous remercions l'envoyé spécial Hans Grundberg ainsi que le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, pour les informations transmises. Nous saluons la présence ce matin du représentant permanent du Yémen. Madame la Présidente, la Colombie continue de suivre avec la plus haute préoccupation l'évolution de la situation au Yémen. Les violences persistent avec des conséquences catastrophiques pour la population civile. La crise économique qui dure depuis longtemps s'ajoutent à la détérioration des conditions de vie, à l'insécurité alimentaire et au manque d'accès aux services élémentaires. Résultat de quoi des millions de personnes ont aujourd'hui besoin de l'aide humanitaire pour répondre à leurs besoins les plus essentiels. Dans de telles circonstances, il est indispensable de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave et de mobiliser les ressources suffisantes pour réagir à une crise dont l'ampleur continue d'augmenter. Le contexte régional est de plus en plus volatile, ce qui représente une source de préoccupation supplémentaire. On ne peut tolérer que le Yémen continue de souffrir en raison de dynamiques étrangères. On ne peut permettre que les maigres avancées qui ont été possibles pour atténuer les violences soient balayées. Une escalade ultérieure viendrait rendre encore plus difficiles les efforts visant à trouver une solution politique pilotée par les Yéménites eux-mêmes. Cela entraînerait aussi une aggravation de la situation concernant la liberté de navigation en mer Rouge. Nous appelons à pleinement respecter les engagements agréés précédemment, y compris dans le cadre de l'accord de Stockholm. Nous le répétons, il faut également remettre en liberté toutes les personnes qui ont été détenues de façon arbitraire, notamment le personnel des Nations unies. Leur détention nuit au bon déroulement des opérations humanitaires et représente une infraction au droit international. Enfin, la Colombie appelle à adopter des mesures de confiance concrètes permettant d'améliorer l'accès humanitaire, d'apaiser les tensions et de créer un environnement propice à la reprise du processus politique, un processus politique durable devant répondre aux aspirations légitimes du peuple yéménite. Je vous remercie. Denmark · Présidente du Conseil [1:14:03]: Merci à la Colombie pour sa déclaration. Je donne à présent la parole à la Grèce. Greece · Représentant [1:14:17]: Je remercie Messieurs Grunberg et Fletcher de leurs exposés. Je salue la participation du représentant permanent du Yémen à notre séance. La Grèce est vivement préoccupée par l'escalade militaire récente au Yémen et aux alentours, dont les attaques persistantes contre les navires commerçants en mer Rouge et le recours croissant à la force militaire par les Houthis contre les forces yéménites et les États limitrophes. Les attaques récentes de missiles et de drones des Houthis pourraient encore déstabiliser le Yémen et entraîner le pays dans une vaste confrontation régionale et miner les initiatives de règlement politique. Nous condamnons dans les termes les plus vigoureux les attaques qui se poursuivent contre le Royaume d'Arabie saoudite, notamment celles qui prennent pour cible son territoire et des infrastructures civiles et énergétiques critiques. De telles attaques sont inadmissibles et font planer une grave menace sur la paix et la sécurité de la région. Nous appelons les Houthis à cesser toutes les attaques, à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États voisins et à respecter pleinement le droit international et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Madame la Présidente, la liberté de navigation est un principe fondamental du droit international qui doit être respecté par tous. La Grèce condamne fermement les attaques houthistes contre la navigation internationale, les graves risques que cela entraîne pour les gens de mer, les navires commerçants et le commerce maritime mondial. La sécurité de la navigation en mer Rouge, dans le détroit de Bab-el-Mandeb et le golfe d'Aden revêt la plus haute importance. pour la communauté internationale. L'évolution de la situation en mer Rouge ne peut être vue de façon isolée des autres grands écueils en termes de sécurité maritime dans la région, notamment dans le détroit d'Ormuz. La Grèce réitère que la liberté de navigation, le droit de passage par les détroits internationaux, notamment le droit de passage en transit, doivent être pleinement respectés conformément au droit international, y compris à la convention sur le droit de la mer. Les détroits internationaux doivent être ouverts et accessibles à la navigation internationale sans discrimination, restriction illicite ou ingérence quant à l'exercice des droits de navigation. Dans le même temps, la sécurité maritime ne peut être isolée du plus vaste contexte politique et humanitaire au Yémen. Une reprise des opérations militaires ne permettra pas de régler le conflit, bien au contraire. On pourra ainsi balayer les avancées accomplies depuis la trêve de 2022 et exacerber une situation humanitaire déjà lamentable. La Grèce est très attachée à préserver la liberté de navigation, notamment en appuyant sans faille l'opération Aspidis de l'Union européenne, conformément à son mandat défensif et au droit international. Madame la Présidente, la Grèce appuie sans faille les efforts de l'envoyé spécial en vue d'un règlement politique global et durable grâce à un processus inclusif, piloté et maîtrisé par les Yéménites sous les auspices de l'ONU, dans le plein respect de l'unité, de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du pays. Nous appelons toutes les parties à coopérer de façon constructive et de bonne foi avec l'envoyé spécial. Il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit. Nous saluons également la nomination de la première femme ministre des Affaires étrangères au Yémen, la docteur Afrah Al-Zoubah. Il s'agit là d'un jalon pour la participation des femmes à la vie politique et publique. La participation pleine, égale et en toute sécurité des femmes à tous les échelons de prise de décision, notamment au processus politique, s'impose afin de pérenniser la paix. Madame la Présidente, la situation humanitaire demeure très préoccupante. La communauté internationale doit veiller à ce que l'aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin. Nous reprenons dès lors à notre compte L'appel fait aux donateurs de fournir des fonds humanitaires prévisibles en temps voulu, appropriés afin de couvrir les besoins urgents et d'éviter une nouvelle dégradation de la situation. Le personnel humanitaire doit pouvoir faire son travail en toute sécurité, sans entrave. Nous appelons à nouveau à la libération immédiate et sans condition de tout le personnel de l'ONU, personnel humanitaire de la société civile en captivité auprès des Houthis. Leur sécurité et leur liberté de circulation doivent être respectées. L'accès humanitaire doit demeurer sans entrave. En conclusion, Madame la Présidente, le message adressé par la communauté internationale doit demeurer limpide et uni. La liberté de navigation et de la navigation internationale doit être respectée et ne peut jamais être l'otage d'objectifs politiques ou militaires. Les Houthis ne peuvent mettre en péril la sécurité maritime en mer Rouge, ne doivent pas entraîner le Yémen dans un conflit régional plus vaste et ne doivent pas miner les efforts en vue d'un règlement politique durable. La Grèce continue d'appuyer les initiatives prises par l'ONU et la communauté internationale en vue d'un Yémen pacifique, stable et prospère. Une solution durable ne saurait être que politique. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [1:20:03]: Je remercie la Grèce. La Chine. China · Représentant [1:20:11]: Madame la Présidente, je remercie l'envoyé spécial Grunberg et le secrétaire général adjoint Fletcher de leurs exposés et je salue le représentant permanent du Yémen. Au cours du mois dernier, la situation au Yémen a connu une nette escalade alors que le conflit atteint son comble depuis l'accord de cessez-le-feu en avril 2022. Des affrontements à grande échelle à Marib, à Hodéida et ailleurs ont éclaté, ce qui a fait de nombreuses victimes, tandis que les risques de sécurité en mer Rouge vont croissant, ce qui préoccupe grandement la communauté internationale. Le plus urgent, c'est la désescalade et toutes les parties doivent faire montre de calme et de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade. L'escalade actuelle au Yémen intervient sur fond d'une instabilité croissante au Moyen-Orient et est le fruit de l'effet domino des conflits régionaux dans la région. qui ont éclaté au Moyen-Orient ces trois dernières années ne sont nullement isolées. Afin de régler le problème yéménite, il faut le replacer dans le contexte plus vaste du Moyen-Orient, adopter une approche globale en vue de faire baisser les tensions dans la région. À cet égard, je formulerai quatre observations. Premièrement, nous devons promouvoir la coexistence pacifique entre les pays. Les pays du Moyen-Orient sont intrinsèquement liés, ce sont des voisins. conflit, l'instabilité ne sert les intérêts d'aucun pays. Israël et les parties concernées doivent respecter l'accord de cessez-le-feu afin de parvenir à un cessez-le-feu durable à Gaza. La communauté internationale doit renforcer ses efforts de médiation, exhorter l'Iran et les États-Unis à respecter le consensus du protocole d'entente. Nous devons aider les pays de la région à poursuivre le dialogue afin d'améliorer leurs relations mutuelles et d'établir un nouveau dispositif régional de sécurité adapté aux circonstances actuelles. Deuxièmement, nous devons pleinement respecter la souveraineté de tous les pays. L'égalité souveraine est un principe fondamental de la Charte. Tous les pays de la région sont des membres sur pied d'égalité de la communauté internationale. Leur souveraineté, leur indépendance, leur sécurité et leur intégrité territoriale doivent être pleinement respectées, tandis que la sécurité de leur personnel, de leurs installations et de leurs institutions doit être préservée. Le problème yéménite doit être réglé grâce à un processus piloté et maîtrisé par les Yéménites. Nous sommes favorables au dialogue et aux consultations entre toutes les parties yéménites pour faire avancer le processus politique et parvenir à la réconciliation interne le plus rapidement possible. Nous appuyons les efforts de M. Grunberg, les efforts de médiation. Troisièmement, nous devons faire respecter la primauté du droit. L'autorité du droit international réside dans son application cohérente. On ne peut pas seulement l'appliquer lorsque cela nous arrange et le mettre de côté lorsqu'il nous dérange. La loi de la jungle ne peut l'emporter. Le Conseil de sécurité, face aux points chauds, doit avoir une position équilibrée et jouer un rôle constructif. La liberté de navigation par les détroits internationaux va plutôt dans l'intérêt de tous les pays. Le passage en transit en toute sécurité par le détroit d'Ormuz doit être garanti. Les civils et les infrastructures civiles ne sauraient être ciblés. Tous ces principes fondamentaux du droit international doivent être honorés. Quatrièmement, Nous devons favoriser la sécurité et le développement de façon coordonnée, car le développement sous-tend la sécurité. Faute de développement durable, il ne pourrait y avoir de sécurité pérenne. Le Yémen fait face à l'une des crises humanitaires les plus grandes, les plus longues et les plus graves au monde, et la communauté internationale doit agir de toute urgence. Nous saluons le travail de M. Fletcher en ce sens. La Chine a fourni des vivres récemment au Yémen et nous appelons toutes les parties à accroître leur aide humanitaire au développement au Yémen afin d'éviter une famine à grande échelle. Le groupe armé des Houthis devrait relâcher immédiatement sans condition le personnel de l'ONU et créer des conditions propices à la reprise de l'acheminement de l'aide humanitaire par l'ONU. La Chine est un ami véritable du peuple yéménite et appuie pleinement ce pays dans le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale sur la voie de la paix et du développement. Aux côtés du Conseil des Nations, nous allons continuer de ne pas ménager nos efforts pour promouvoir une solution politique au problème au Yémen et pour rétablir la paix pérenne dans la région. Je vous remercie. Denmark · Présidente du Conseil [1:25:31]: Je donne à présent la parole à la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentant [1:25:35]: Madame la Présidente, nous remercions l'envoyé spécial du secrétaire général sur le Yémen, M. Hans Grundberg, et le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, pour leur rapport. Nous suivons très préoccupés la situation dans ce pays. qui aujourd'hui traverse une grave crise militaire et politique depuis la conclusion de la trêve en avril 2022. Et tout a commencé par l'atterrissage de vols commerciaux à Sanaa le 3 juillet et le 13 juillet à Hodéda. Des incidents qui n'ont pas entraîné de victimes ni de dégâts matériels. Indéniablement, il aurait fallu demander aux autorités yéménites officielles d'autoriser ces vols au préalable. Toutefois, la réaction très musclée de la coalition arabe bombardant la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Sanaa était excessive, notamment du fait de l'importance civile et humanitaire de ce pôle aérien pour le peuple yéménite. Ensuite, le mouvement Ansar Allah a lancé de nouvelles frappes, notamment des attaques de missiles contre l'Arabie saoudite. Les forces de la coalition arabe, en représailles, ont bombardé des zones du Yémen contrôlées par les Houthis, dont Sanaa, Adala et Saada. Dans ce contexte, la situation militaire s'est dégradée également sur les lignes de front avec des affrontements dans les provinces de Marib, de Taiz et de Hadramout. Nous espérons que les belligérants parviendront à faire montre de sagesse et éviteront de nouvelles opérations militaires massives. Car si la tendance actuelle se poursuit, elle pourrait avoir de lourdes conséquences sur l'ensemble de la région. Nous appelons à reprendre le chemin de la table des négociations plus vite et à discuter des divergences par des moyens diplomatiques. Après plus de six mois d'accalmie, les tumultes ont repris en mer Rouge, où Ansar Allah tente de bloquer le passage de navires commerciaux et militaires, expliquant ces actions comme étant des représailles au blocus pendant plusieurs années des provinces du nord du Yémen. Hélas, des victimes sont à déplorer. Nous estimons qu'il est essentiel de garantir sans condition la liberté de navigation. Nous condamnons vigoureusement tout agissement mettant en péril la sécurité des navires commerçants. Les événements au Yémen illustrent clairement les dangers de l'absence de règlement du conflit. Nous constatons que l'absence depuis longtemps d'avancée dans le processus de paix au Yémen a poussé les Houthis à s'immiscer dans la confrontation régionale initiée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Nous sommes convaincu cependant que les Yéménites ont toujours la possibilité de surmonter leurs divergences internes. La médiation internationale, sous la houlette de l'envoyé spécial, doit reprendre de plus belle afin de garantir des pourparlers sur la feuille de route pour un règlement afin d'ancrer les accords obtenus et de lancer un processus de paix. C'est possible grâce au dialogue, en tenant compte des intérêts de toutes les grandes forces politiques du pays, y compris en Saharaha. Ceci étant dit, il est crucial de rapprocher les parties et de contrer leur discours belliqueux. La logique de pression maximale sur l'une ou l'autre partie n'a jamais fait ses preuves au Yémen. Quant à nous, nous allons continuer d'appuyer sans faille le Yémen grâce à nos contacts avec tous les acteurs yéménites et les acteurs régionaux. Nous appelons les puissances mondiales responsables à nous emboîter le pas afin Au lieu de subordonner le processus politique à des conditions supplémentaires, il était censé également de respecter les documents juridiques internationaux pour le règlement au Yémen. Nous soulignons la nécessité d'intensifier les efforts de la communauté internationale dans le domaine humanitaire. Comme nous l'ont dit les intervenants aujourd'hui, dans un contexte d'escalade du conflit et de montée en puissance des besoins des plus vulnérables, les volumes d'aide humanitaire déclinent. Des services vitaux tels que la sécurité alimentaire ou encore les soins de santé sont toujours sous-financés. Nous appelons le concert des nations et les bailleurs de fonds à y accorder une attention cristalline sans distinction entre les zones géographiques. Nous sommes également favorables à la levée complète du blocus maritime, aérien et terrestre contre le Yémen, à l'abrogation de toutes les restrictions de livraison de vivres, de médicaments et d'autres articles de première nécessité. Nous rappelons également que nous appuyons les efforts de la direction de l'ONU afin de libérer le personnel humanitaire et de l'ONU détenu Merci de votre attention. Denmark · Présidente du Conseil [1:30:30]: Je remercie la représentante de la Fédération de Russie et je cède la parole à la France. France · Représentant [1:30:35]: Madame la présidente, je voudrais tout d'abord remercier l'envoyé spécial du secrétaire général, Hans Grunberg, ainsi que le secrétaire général adjoint, Tom Fletcher, pour leur présentation. Je voudrais saluer également la présence parmi nous du représentant permanent du Yémen. Le Yémen connaît la plus grave escalade de tensions depuis la trêve de 2022, cela a été dit. L'entière responsabilité en incombe aux Houthis, qui ont multiplié leurs attaques contre le gouvernement yéménite et l'Arabie saoudite, faisant de nombreuses victimes et détruisant des infrastructures civiles. Nous condamnons la reprise des attaques des Houthis en mer Rouge, comme le documente la lettre adressée le 10 août dernier par le secrétaire général à ce Conseil, et d'autres attaques se sont rajoutées. Avant-hier encore, le 11 août, leur frappe contre le cargo Tihama a coûté la vie à plusieurs membres de son équipage, ressortissants pakistanais et indonésiens. Nous présentons nos condoléances à leurs familles ainsi qu'au Pakistan et à l'Indonésie. La France condamne ces attaques avec la plus grande fermeté et exprime son soutien et sa solidarité à l'égard du Yémen et de l'Arabie saoudite. Ces attaques portent une atteinte grave à la sécurité régionale, ainsi qu'à la liberté de navigation et à la sûreté maritime dont ce Conseil a exigé le respect dans sa résolution 2722. Les Houthis doivent y mettre un terme immédiatement et sans condition. La France poursuivra son engagement pour la sûreté de cette voie maritime dans le cadre de l'opération européenne Eunavfor Aspides, dans le respect du droit international, dans une posture strictement défensive et en lien avec ses partenaires européens et internationaux. Madame la Présidente, L'escalade au Yémen a débuté le 3 juillet, lorsqu'un aéronef iranien s'est posé à Sanaa sans l'accord des autorités légitimes, portant atteinte à la souveraineté du Yémen. Elle traduit le comportement déstabilisateur de l'Iran dans la région. Ces actions doivent cesser immédiatement et définitivement. En soutenant les Houthis, Téhéran alimente cette crise et manque à ses obligations au titre de l'embargo sur les armes institué par la résolution 2216. La France attend de l'Iran qu'il se conforme à ses obligations internationales et mette un terme à tout transfert d'équipements militaires au profit des Houthis, comme nous l'avons exigé lors de la réunion d'urgence de ce Conseil du 13 juillet dernier. À cela s'ajoutent des entraves persistantes et délibérées des Houthis à l'action humanitaire. La France exige la libération immédiate et inconditionnelle de l'ensemble des personnels des Nations unies, des organisations non gouvernementales et des missions diplomatiques arbitrairement détenus par les Houthis. Ces détentions, comme les attaques contre les personnels humanitaires, sont contraires à la fois au droit international humanitaire et à la résolution 2730 de ce Conseil, ainsi qu'au droit international des droits de l'homme. Elles entravent de surcroît l'acheminement d'une aide dont la population civile a urgemment besoin. Madame la Présidente, il n'existe pas de solution militaire au conflit au Yémen. La France apporte son plein soutien au gouvernement légitime et à ses efforts pour assurer la sécurité du pays. Elle appuie pleinement l'action de l'envoyé spécial, M. Hans Grunberg. Seul un processus politique inclusif, sous l'égide des Nations unies, associant les femmes et l'ensemble de la société yéménite, permettra de mettre un terme à cette crise. La France appelle l'ensemble des acteurs à s'y engager de bonne foi. Je vous remercie. Denmark · Présidente du Conseil [1:34:18]: Je remercie le représentant de la France. Je vais à présent prononcer une déclaration en ma qualité de représentant du Danemark. Tout d'abord, je tiens à remercier l'envoyé spécial Grunberg et le secrétaire général adjoint Fletcher de leurs exposés respectifs. Je formulerai quatre observations. Le Danemark est alarmé par l'escalade récente au Yémen et aux alentours. Nous condamnons fermement les attaques houthis contre les navires commerçants en mer Rouge, ainsi que celles dirigées contre l'Arabie saoudite et plusieurs provinces yéménites. Ce sont là des attaques non provoquées. Les agissements des Houthis sapent les efforts visant à faire advenir la paix au Yémen et pourraient embraser l'ensemble de la région. Le Danemark condamne également l'appui de l'Iran à ses supplétifs, y compris les Houthis. Comme l'a dit l'envoyé spécial Grunberg, les hostilités ont de lourdes conséquences économiques, humanitaires et environnementales pour le peuple yéménite et la région. Nous appelons à la désescalade et à utiliser tous les moyens de dialogue afin d'atténuer les tensions. Deuxièmement, nous déplorons la reprise des attaques des Houthis contre les navires commerçants en mer Rouge. Et nous dénonçons l'attaque qui a causé le décès de plusieurs gens de mer cette semaine. La sécurité maritime, la liberté de navigation en mer Rouge devraient être pleinement rétablies conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Le Danemark demeure attaché à la protection de la liberté de navigation dans l'une des voies navigables les plus critiques pour le commerce mondial et le développement. Troisièmement, l'escalade militaire accroît les souffrances humanitaires du peuple yéménite. L'insécurité alimentaire est grave, aiguë, alors que 53 % des Yéménites subissent l'insécurité alimentaire grave. Les familles doivent faire des choix douloureux alors que la faim s'implante, que leur résilience s'étiole. Nous appelons à prendre des mesures urgentes pour combler les besoins humanitaires et les déficit de financement du plan d'aide. Au-delà des préoccupations de financement, les restrictions de mouvement et de sécurité font en sorte que de nombreux districts yéménites n'ont plus accès aux programmes humanitaires. Nous appelons à un accès humanitaire sûr et sans entrave. Nous condamnons les détentions par les Houthis de personnel de l'ONU, d'ONG, de la société civile, de missions diplomatiques. Nous appelons à leur libération immédiate et inconditionnelle. Enfin, Le Danemark estime que des sociétés prospères et pacifiques nécessitent une inclusion véritable et le Yémen ne fait pas exception. La représentation de divers groupes yéménites, société civile, femmes, jeunes et tous les groupes politiques C'est essentiel afin de faire régner une paix pérenne. Nous appelons à un processus de paix véritablement inclusif, emmené par les Yéménites, avec la participation de tous les Yéménites, comme l'a dit M. Grunberg, et nous appuyons pleinement ces efforts. Dès lors, nous regrettons fortement, nous avons été assez surpris d'avoir entendu des oppositions à inviter un représentant de la société civile qui nous aurait certainement fourni un point de vue très utile quant à la façon de faire avancer un processus politique inclusif. Il faut pour cela relancer le processus de paix, que des comptes soient rendus pour les crimes commis dans ce conflit, autonomiser les femmes et les jeunes pour qu'ils puissent être des acteurs de la prise de décision. Je reprends mes fonctions de présidente du Conseil. Le représentant du Yémen a la parole. Yemen · Représentant permanent [1:38:08]: Monsieur le Président, je remercie le Danemark. Je tiens à Féliciter le Danemark qui assume la présidence du Conseil. Je salue également le représentant permanent de la RDC pour sa présidence éclairée du Conseil. Au cours du mois dernier, nous avons pris note des exposés faits par M. Grunberg et M. Fletcher. Je tiens à afficher notre solidarité avec le gouvernement et le peuple colombien à la suite du tremblement de terre qui a ravagé le pays il y a deux jours. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles des victimes. Nous souhaitons prompt rétablissement à tous les blessés. Nous nous réunissons à un moment charnière de l'histoire du Yémen, à la suite de semaines d'une rapide escalade dangereuse lancée par les Houthis, qui pourrait engouffrer à nouveau le Yémen dans l'engrenage du conflit, sapant les perspectives de paix dans lesquelles nous avons investi aux côtés de l'ONU, de cet auguste Conseil de sécurité et d'Etats frères ces dernières années. Cela fait plus d'une décennie que la population yéménite paie un très lourd tribut du fait de la guerre lancée par la milice terroriste des Houthis contre notre peuple. Nul doute, cette tragédie n'était pas fatidique, non, elle est due aux Houthis qui privilégient le chaos, la terreur par rapport à des droits de citoyenneté égaux et ils ont le soutien du régime iranien au détriment du peuple yéménite et de ses aspirations en faveur de la sécurité, de la stabilité, de la dignité. Ces milices n'ont semé que la destruction et les divisions au sein du Yémen, ont sapé les institutions publiques, l'économie du pays, recruté des milliers d'enfants, pillé les ressources et l'aide, ont recouru aux détentions arbitraires et à de graves violations des droits humains. Madame la Présidente, aujourd'hui, nous constatons une escalade violente de la part des milices houthistes qui tentent d'établir un pont aérien entre Sanaa et Téhéran pour transférer des armes et des experts par le biais d'une compagnie aérienne désignée sur la liste des sanctions. Ils ont pris pour cible des navires marchands en mer Rouge dans le détroit de Bab El-Mandeb. Ils s'en prennent à l'Arabie saoudite, utilisent des missiles balistiques, des drones contre des infrastructures civiles et des camps de déplacés, le port d'Al-Ahmar et des infrastructures civiles cruciales. Mardi, ils ont lancé une attaque terroriste contre le navire TIAMA qui achemine de l'aide humanitaire et des vivres. Ainsi, quatre membres d'équipage ont péri, dont trois pakistanais et un indonésien. Quatre autres membres d'équipage ont été blessés. Un incendie s'est déclaré à bord et le navire est endommagé. Une fois de plus, les houthistes ont pris un autre missile, s'en sont pris au navire en lançant un nouveau missile contre les secouristes. Ainsi, une personne a été blessée. C'était une attaque délibérée contre des secouristes. Cela démontre que les Houthis ne font aucun cas pour les vies des membres de l'équipage, ni la liberté de navigation. Cela démontre que les Houthis mènent une guerre systématique contre les les atouts, les avoirs du peuple yéménite, les ports, leur planche de salut. Les capacités en termes de missiles des Houthis échappent au contrôle du gouvernement. Aujourd'hui, nous sommes face à un paradoxe qui ne peut plus être ignoré. Cette milice, pendant des années, a proféré des allégations de blocus pour se soustraire à leurs responsabilités d'avoir détérioré les conditions de vie des Yéménites. Aujourd'hui, les Houthis s'en sont pris à des ports au Yémen, aux infrastructures vitales, mais ils prennent également pour cible des navires commerçants ainsi que l'acheminement de vivres. Ils perturbent l'activité économique et commerciale et accroissent les souffrances du peuple yéménite. Ce sont eux qui ont fait du territoire du Yémen un tremplin pour servir les objectifs des Gardiens de la Révolution iraniens. Ce sont eux qui ont sapé tous les efforts de paix et ont prolongé la crise, entraînant le Yémen dans l'instabilité et les tensions croissantes. Madame la Présidente, le gouvernement yéménite s'est félicité de la déclaration du Conseil de sécurité sur le Yémen, notamment sa condamnation des vols iraniens non autorisés, violation de la souveraineté de notre pays, des vols qui ont atterri aux aéroports de Sanaa et d'Hodéida sans l'aval de nos autorités. Nous condamnons les attaques des Houthis contre les infrastructures civiles ainsi que des navires commerçants. Nous nous félicitons de l'engagement pris par le Conseil de sécurité en faveur de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Yémen. Nous nous félicitons que le Conseil réaffirme que tous les vols doivent faire l'objet d'une coordination avec le gouvernement yéménite et doivent obtenir une autorisation préalable. Et nous nous félicitons que le Conseil réaffirme la nécessité de respecter le droit international et les résolutions pertinentes, y compris la 2216. Cependant, étant donné les événements récents, une question fondamentale se pose comment la communauté internationale et le Conseil de sécurité peuvent-ils traduire ces principes en mesures concrètes permettant de préserver les efforts déployés pour la paix et de prévenir de nouvelles violations? Nous appelons la communauté internationale et le Conseil de sécurité à faire fond sur ces condamnations Elles sont importantes certes, mais doivent s'accompagner de l'application des résolutions pertinentes, y compris la 2114 et la 2216. Il faut aussi déployer des efforts pour prévenir l'arrivée d'armes entre les mains des milices houthistes. Il faut exiger des comptes aux individus responsables de la violation du régime de sanctions. la possession de ces armes et de ces technologies par les autistes va contre les exigences pour qu'une PPRN soit garantie. Il ne faut plus se contenter de condamner, il faut véritablement s'efforcer de tarir les sources d'armes pour les autistes. Le comportement de la milice autiste ces derniers mois montre que Cette milice ne cesse de fouler aux pieds les exigences de la paix. La milice hutiste tente de détourner l'attention des questions les plus importantes concernant le dossier yéménite. Non seulement les hutistes ne respectent plus leurs obligations, mais ils prennent en otage la communauté internationale et entraînent à dessein des crises pour pouvoir ensuite imposer leur réalité sur le terrain. Mais tout cela ne changera pas le fait que pour que la paix règne au Yémen, il faut se pencher sur les causes profondes du conflit et respecter la volonté de la population ainsi que les cadres politiques de référence agréés. Madame la Présidente, nous continuerons de tendre la main à tous les acteurs souhaitant sincèrement la paix. Il faut pour cela restaurer les institutions de l'Etat et préserver la dignité de tous les Yéménites et faire régner la paix et la stabilité que mérite la population. Le Conseil présidentiel et le gouvernement yéménite réaffirment leur attachement à la paix et leur volonté de participer à toutes les initiatives régionales et internationales et tous les efforts qui ont pour objectif de mettre fin à la guerre et d'alléger les souffrances de la population. Nous le soulignons, la paix que nous voulons est une paix qui passe par le règlement des causes profondes de la crise, qui restaure l'autorité de l'État et de ses institutions et protège les droits de la population et l'État de droit. Cette paix doit respecter la sécurité de la République du Yémen, des États limitrophes et la sécurité maritime. Nous ne pouvons pas accepter une paix qui n'est qu'un prétexte pour les Houthis pour se préparer à un nouveau cycle de violence. On voit aujourd'hui le manque de sérieux de nos interlocuteurs concernant tout politique. Les autistes insistent pour continuer sur le chemin de la guerre, continuer le bain de sang, perpétrer les souffrances de la population yéménite. L'Etat n'acceptera plus la poursuite de ce chantage, de ces menaces, de ces intimidations. On ne permettra pas que. les événements soient dictés par les autistes. La paix et la sécurité au Yémen sont fondamentales pour la paix et la sécurité dans la région et dans le monde, pour la liberté de navigation, le commerce international et la protection des chaînes d'approvisionnement internationales. Il faut respecter pour cela la souveraineté de l'État et on ne saurait le faire sans un processus de paix, un processus de paix reposant sur des mesures politiques audacieuses pour réaffirmer qu'il n'y a pas d'avenir pour les groupes qui remettent en question l'autorité exclusive de l'État yéménite ou qui affirment avoir un droit héréditaire, religieux ou politique qui supplanterait la volonté du peuple yéménite et l'État de droit. Le gouvernement du Yémen continue d'appliquer son programme de réformes économiques, financières, administratives. Nous continuons d'améliorer l'efficacité des institutions publiques, de renforcer la transparence, de développer davantage de ressources pour corriger les déséquilibres et renforcer l'indépendance des organes de contrôle. Nous voulons aussi améliorer le climat pour les investisseurs. Cela s'accompagne de décisions pour autonomiser les institutions et pour qu'elles puissent acter de leurs obligations et de leurs responsabilités dans tous les gouvernorats de notre État, c'est la seule garantie d'une paix et d'une sécurité durable. Le gouvernement travaille aussi à restaurer les recettes souveraines de l'État pour qu'elles puissent être mises au service de la population. Nous avons plusieurs priorités. Nous voulons notamment pouvoir verser les salaires et étayer la stabilité de notre économie. Nous voulons aussi veiller à ce que la richesse du pays profite à tous les Yéménites. plutôt que d'être prises en otage en raison des menaces et des actes d'extorsion d'une milice. Les institutions de l'État ne pourront pas rester résilientes et continuer de s'acquitter de leurs obligations sans l'appui du Royaume de l'Arabie saoudite, pays frère que nous remercions, et sans l'appui humanitaire aussi que nous recevons, qui a permis de préserver la cohésion des institutions de l'État. Grâce à cette aide, les souffrances de la population sont allégées. De nouveau, nous appelons les partenaires du Yémen sur la scène du développement et les bailleurs de fonds à nous apporter un appui durable et urgent pour aider le gouvernement à parvenir à une situation de stabilité économique, à renforcer les perspectives de relèvement, à alléger les souffrances Dans le même temps, nous réaffirmons que le gouvernement est bien décidé à continuer de coopérer étroitement avec les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux. Madame la Présidente, concernant le contexte humanitaire, le gouvernement yéménite a fait la preuve de sa détermination à coopérer afin de garantir le succès de l'accord qui a été passé concernant les échanges remise en liberté de détenus, c'est une mesure humanitaire et une mesure de confiance importante pour alléger les souffrances de tant et tant de familles et ouvrir une avenue pour avancer dans le cadre du processus de paix. Cependant, la milice houthiste n'a pas respecté son engagement. Comme d'habitude, les Houthis politisent les questions humanitaires, en font des outils de chantage. Et ce alors que se trouve encore en détention du personnel de l'ONU, des membres de missions diplomatiques, des membres d'organisations humanitaires, alors que le Conseil et la communauté internationale continuent d'exiger leur remise en liberté. Le gouvernement yéménite condamne ces pratiques et demande au Conseil de sécurité de faire véritablement pression afin que l'accord trouvé pour remettre en liberté les détenus soit appliqué. Tous les employés de l'ONU, les membres des organisations humanitaires et autres personnes détenues arbitrairement doivent être remis en liberté immédiatement et les questions humanitaires doivent cesser d'être utilisées pour négocier. En guise de conclusion, Madame la Présidente, j'aimerais citer Son Excellence le Dr. Rashad Al-Alabi, président du Conseil présidentiel qui a dit en substance depuis des années nos amis nous demandent de donner une chance à la paix c'est ce que nous avons fait avec un profond sens des responsabilités nous sommes même allés au-delà de ce qu'on nous demandait car la vie des yéménites nous tient à cœur aujourd'hui nous demandons à nos amis et au Conseil de sécurité de donner une chance à l'État Nous ne demandons pas au Conseil de sécurité de simplement faire preuve de solidarité vis-à-vis du gouvernement yéménite. Nous lui demandons de défendre les principes qui sous-tendent l'ordre international, le respect des civils, le respect de la souveraineté de l'État, la protection des ports, la protection de la liberté de navigation, la condamnation du recours aux missiles et aux drones. Nous continuons de demander une paix juste pour préserver les institutions de l'État, garantir la sécurité de la population et pour que la paix et la stabilité puissent revenir dans le Yémen et la région. Merci. Denmark · Présidente du Conseil [1:54:41]: Il n'y a plus d'orateurs inscrits sur ma liste. La séance est levée.