Maintien de la paix et de la sécurité internationales - Conseil de sécurité, 10213e séance Conseil de sécurité Date: 25 August 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/sc/10213 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Conseil de sécurité · Président [0:00]: Je déclare ouverte la 10213e séance du Conseil de sécurité. L'ordre du jour provisoire de la présente séance est le suivant: Maintien de la paix et de la sécurité internationales. L'approvisionnement en nourriture pris entre les feux de la guerre. Vous avez tous sous les yeux la liste des oratrices et orateurs qui ont demandé à s'exprimer conformément aux articles 37 et 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil. Nous proposons que toutes ces parties soient invitées à prendre part à la présente séance. Pas d'objection, il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant entamer l'examen du point 2 inscrit à son ordre du jour. J'attire votre attention sur le document S/2026/650, un courrier en date du 4 août 2026 envoyé par la représentante permanente du Danemark auprès des Nations Unies au Secrétaire général pour transmettre une note de cadrage portant sur le point à l'examen. Je souhaite chaleureusement la bienvenue au Secrétaire général, Son Excellence M. António Guterres. Je lui donne la parole. UN · SG · António Guterres [1:25]: Monsieur le Président, Excellence, je remercie le gouvernement danois et le ministre Rasmussen de présider ce débat urgent sur les conflits et la sécurité alimentaire. C'est l'occasion pour le Conseil d'affronter une réalité dangereuse et mouvante. Les systèmes alimentaires essentiels sont pris pour cible, de même que les vies et les moyens de subsistance qui en dépendent. Pouvoir manger à sa faim est un besoin humain fondamental que l'Objectif de Développement Durable numéro 2, éliminer la faim, prend clairement en compte. L'Objectif 1.0 peut être atteint, mais pour y parvenir, il faut s'attaquer aux multiples causes profondes de la faim, notamment aux conflits. Dans sa résolution 2417, le Conseil a insisté sur le lien entre l'insécurité alimentaire provoquée par les conflits et le risque de famine et les conflits armés et la violence. Il a également fourni des orientations claires pour assurer le bon fonctionnement des marchés et des systèmes alimentaires en temps de conflit armé. Aujourd'hui, l'idée est de faire appliquer plus efficacement cette importante résolution. Il n'y a pas de temps à perdre. Dans tout le Sahel, des agriculteurs sont chassés de leurs terres car le conflit perturbe l'agriculture, le commerce et les moyens de subsistance, ce qui accroît l'insécurité alimentaire dans l'ensemble de la région. Au Soudan, des marchés ont été frappés par des drones et des tirs de missiles. En Haïti, la violence des gangs a isolé des communautés entières et les humanitaires se sont vu refuser l'accès à des populations en grande détresse, notamment à Gaza, au Mali, au Myanmar et au Soudan. Des humanitaires ont été directement pris pour cible, certains ont même été tués. Ce n'est pas un hasard si 2025 a vu non seulement le nombre le plus élevé de conflits armés depuis la deuxième guerre mondiale, mais aussi un niveau record de faim aiguë dans le monde. 266 millions de personnes au moins étant en situation d'insécurité alimentaire aiguë. En 2025 également, et pour la première fois depuis le début du siècle, deux famines ont été confirmées au même moment, au Soudan et à Gaza. C'est une page honteuse de notre histoire. Selon le dernier rapport des Nations Unies sur les foyers de famine, les conflits et la violence sont à l'origine de douze des treize foyers de famine les plus préoccupants. Excellence, le lien entre les conflits armés, la violence et la faim est indéniable. Nous savons que l'augmentation de la faim peut entraîner de nouveaux déplacements, être source de fragilité et d'instabilité et attiser des rivalités liées au manque de ressources. Et de tels effets ne connaissent pas de frontières. Les conflits et la violence propagent la faim à toute vitesse dans l'ensemble des régions. La guerre en Ukraine a des répercussions sur les exportations de céréales et d'énergie en mer Noire, tant en provenance d'Ukraine que de Russie. La crise au Moyen-Orient est un autre exemple. Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et un tiers du commerce mondial d'engrais passent par le détroit d'Ormuz. Les restrictions et les fermetures ont fait grimper les prix des produits de base, dont les stocks se sont effondrés. De plus, les attaques contre des navires de commerce en mer Rouge font peser une menace supplémentaire sur les chaînes d'approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base pour les pays qui dépendent des importations, dont beaucoup sont aux prises avec un lourd endettement. Cela augmente directement le coût de la production agricole et met en péril les récoltes futures. Nous avons besoin d'un règlement pacifique juste et durable qui garantisse les droits et libertés de navigation internationaux. notamment dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab al-Mandab, et autour de ces détroits, et qui rétablissent la stabilité et la confiance. Comme je l'ai expliqué en détail hier, nous nous sommes attachés à élaborer et à proposer des mécanismes concrets pour répondre aux besoins humanitaires mondiaux suscités par la crise du détroit d'Ormuz. Sept. Efforts de renforcement de la confiance assortis d'un calendrier précis se concentreraient dans un premier temps sur les engrais et les matières premières associées, tout en pouvant être étendus à d'autres produits. Le soutien international à cette initiative est encourageant. Ce qu'il faut désormais, c'est la coopération et la volonté politique des parties. J'exhorte toutes les parties concernées à s'engager sérieusement et de manière constructive. Toutefois, cet effort ne saurait se substituer au rétablissement complet des droits et libertés de navigation dans le détroit d'Ormuz et aux alentours. excellence dans la résolution 24 17 le conseil se dit conscient de la nécessité de mettre fin au cercle vicieux du conflit armé et de l'insécurité alimentaire et pourtant ce cercle vicieux continue c'est pourquoi j'invite aujourd'hui le conseil à examiner trois mesures visant à renforcer cette résolution historique et en tirer partie premièrement la résolution 24 17 doit être appliquée de manière cohérente et dans son intégralité pour les parties à un conflit cela signifie ne pas priver les civils des biens indispensables à leur survie, tels que la nourriture, les récoltes, le bétail et les réserves d'eau potable, et s'abstenir d'attaquer, de détruire, d'enlever ou de mettre hors d'usage ces biens. Prendre toutes les précautions possibles pour épargner les biens de caractère civil, notamment les biens nécessaires à la production et à la distribution de denrées comme les exploitations agricoles, les usines, les systèmes d'eau, les sites de traitement et de stockage des produits alimentaires et les moyens de transport de la nourriture, et garantir que le personnel humanitaire ait accès librement et en toute sécurité aux civils en période de conflit armé. Un trop grand nombre de parties à des conflits armés se soustraient impunément aux obligations que leur impose le droit international humanitaire. C'est inacceptable. Les États doivent jouer leur rôle pour ce qui est de respecter et faire respecter le droit international humanitaire et user de leur influence pour en garantir le respect. Dans le même temps, il faut agir face aux informations faisant état de la faim engendrée par un conflit. Nous ne pouvons pas attendre que la famine ou des conditions catastrophiques soient confirmées officiellement. J'appelle ce Conseil à agir dès que les premiers signaux d'alerte s'allument. Deuxièmement, les systèmes alimentaires doivent être protégés dans leur intégralité. Les conflits et la violence ne doivent pas empêcher les agriculteurs de se rendre dans leurs champs, les produits de la terre d'être recueillis et les denrées alimentaires de quitter les entrepôts. Je demande au Conseil de réaffirmer qu'il est favorable à des mesures de protection des infrastructures essentielles à la sécurité alimentaire. Des garanties doivent notamment être prévues pour les exploitations agricoles, les systèmes d'eau, les marchés, les installations de stockage, les ports et les itinéraires logistiques. renforcer les garanties concernant l'approvisionnement en denrées alimentaires destinées à l'exportation, en intrants agricoles et en aides alimentaires humanitaires, notamment leur acheminement transfrontière par voie terrestre et maritime. Troisièmement, le personnel humanitaire doit être protégé. Toutes les parties à un conflit ont des obligations claires en vertu du droit international humanitaire. Elles doivent notamment permettre les arrangements pratiques nécessaires à l'acheminement de l'aide. et protéger les travailleurs humanitaires dans l'accomplissement de leur mission vitale. Dans sa résolution 2417, ce Conseil s'est déclaré disposé à examiner les informations concernant le refus illégal d'accès humanitaire et à prendre des mesures appropriées, y compris des mesures de sanctions. J'appelle le Conseil à tout mettre en œuvre pour faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes maintenir le flux de l'aide humanitaire vitale et protéger celles et ceux qui la fournissent. Excellence, la meilleure protection contre l'insécurité alimentaire, c'est la paix. Et un monde sans faim offre les conditions les plus sûres pour la paix. J'exhorte le Conseil à utiliser tous les moyens à sa disposition pour contribuer à prévenir les conflits et à y mettre fin, ainsi que pour empêcher que les risques émergents ne dégénèrent en crises plus vastes d'instabilité et en particulier d'insécurité alimentaire. Je vous remercie. Président [10:03]: Je remercie le Secrétaire général pour sa présentation. Je donne maintenant la parole à M. Carl Schalk. WFP · Directeur exécutif par intérim · Carl Skou [10:14]: Merci, Monsieur le Président. Merci au gouvernement danois. Merci à vous, Monsieur le ministre Rasmussen, de nous avoir convoqués pour évoquer ce sujet extrêmement important. J'aimerais également saluer et remercier le secrétaire général pour son rôle de chef de file. C'est votre lettre, Monsieur le secrétaire général, qui a déclenché cette discussion en 2017 ayant permis l'adoption de cette résolution essentielle, la résolution 2417, un an plus tard. Une résolution véritablement historique adoptée par consensus qui reconnaît l'existence d'un cycle vicieux entre les conflits et la faim. Les conflits entraînent la faim, mais la faim nourrit à son tour les conflits. À l'époque, Je siégeais parmi vous, représentant un Etat membre au sein de ce Conseil. Aujourd'hui, je suis fière de représenter le PAM, une organisation qui s'est vu remettre le prix Nobel de la paix en 2020 pour ses efforts afin de lutter contre la faim et aussi sa contribution à l'amélioration des conditions permettant le retour de la paix dans les théâtres de conflit. A l'époque, le PAM était optimiste. Nous étions appuyés fermement par le Conseil de sécurité, notre travail reconnu par le Comité Nobel. Nous pensions qu'un monde libéré de la faim était possible. Mais six ans plus tard, aujourd'hui, en 2026, la situation a bien changé. Le cycle vicieux entre les conflits et la faim s'accélère. En ce laps de temps assez court, le nombre de personnes souffrant d'une faim aiguë a été multiplié par trois. Les financements à disposition pour nos opérations se sont effondrés et, comme le Secrétaire général vient de le souligner, pour nos collègues qui travaillent sur le terrain, la situation est de plus en plus dangereuse. À mes fonctions au PAM, j'ai eu le privilège de visiter fréquemment nos équipes qui sont en première ligne dans les contextes les plus difficiles et aujourd'hui, je vais m'inspirer de cette expérience de première main pour partager avec vous la situation pratique sur le terrain et bien sûr vous donner une idée de la façon dont, selon nous, le Conseil de sécurité peut et devrait réagir. La semaine dernière, j'étais en Somalie. Mes chaussures portent encore des traces de la poussière de Burakaba. J'ai visité des camps où vivaient des familles qui avaient dû fuir leurs terres et leurs maisons à l'arrivée de groupes armés non étatiques. Je me suis entretenue notamment avec une famille de quatre enfants. Je me suis assise avec eux. Cette famille, depuis plusieurs générations, possédait une exploitation agricole qui leur permettait d'obtenir un revenu. Mais les groupes armés sont arrivés exigeant des taxes. exigeant de pouvoir lever un impôt pour que cette famille puisse continuer d'exploiter ses terres. Elle a décidé qu'il était plus sûr de fuir avec malgré tout un voyage de 100 kilomètres à pied à faire. Cette famille avait tout perdu, y compris un de ses enfants qui n'a pas résisté au voyage. Les autres enfants vivent aujourd'hui dans un camp sans pouvoir aller à l'école. La faim en Somalie est le résultat du conflit et aussi de deux sécheresses consécutives. Un phénomène El Niño particulièrement aigu devrait s'accompagner d'inondations massives au mois de novembre. C'est donc une situation catastrophique pour la Somalie. alors que l'engagement de la communauté internationale connaît un nadir. Comme vous le savez, le mandat de l'UNHCR au-delà de la fin de l'année 2026 est incertain et l'appui à l'action humanitaire se réduit comme peau de chagrin. Un bailleur de fonds clé ne fournit aujourd'hui plus aucun financement et personne ne se présente volontaire pour le remplacer. En 2022, dans une situation similaire, le PAM et ses partenaires ont pu prévenir une famine grâce à un appui généreux des bailleurs de fonds, dont les États-Unis notamment. Nous avons revu à la hausse l'assistance pour près de 10 millions de personnes. Aujourd'hui, le PAM prête main-forte seulement à environ 600 000 personnes. Une personne sur dix seulement parmi ceux qui sont dans le besoin. Des millions sont négligés et ils sont nombreux à risquer la mort, la famine approche. Et ce n'est pas seulement un problème qui se pose en Somalie. Lorsque les familles ne peuvent plus mettre de pain sur la table, elles n'ont que trois possibilités mourir de faim, chercher meilleure fortune ailleurs ou se rebeller. Ce sont des conditions parfaites pour les groupes armés, les gangs de criminels, ceux qui veulent recruter des jeunes personnes vulnérables en Somalie, mais aussi au Guatemala ou en RDC. J'ai parlé avec des parents ces dernières semaines, terrifiés, de voir leurs enfants recrutés dans des camps militaires, recrutés par des gangs au coin de la rue ou devant aller travailler dans des mines plutôt que de pouvoir aller à l'école. Excellence, ça fait des années qu'il existe des signaux d'alarme et il existe aujourd'hui une nouvelle dimension qui exige votre attention et exige que des mesures soient adoptées. Les conséquences du conflit se font ressentir aujourd'hui à des milliers de kilomètres à travers des économies interconnectées. Certains évoquent une double crise avec deux goulets d'étranglement, le détroit d'Ormuz et la mer Rouge. Hier, le secrétaire général, à juste titre, a même parlé d'un triple goulet d'étranglement, car à cela s'ajoute la récente escalade en mer Noire. Ces graves perturbations au niveau du commerce maritime menacent aujourd'hui de pousser des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans une situation d'insécurité alimentaire. Commençons par le conflit dans le Golfe. Un pétrolier qui a jeté l'ancre dans le détroit d'Ormuz peut signifier pour un enfant qui vit au Soudan un repas de moins par jour. Et les systèmes alimentaires ont aussi besoin de combustibles pour l'irrigation, les transports, le traitement des céréales. Et donc lorsque le prix des carburants augmente, cela signifie comme effet domino une augmentation des prix de la farine, du riz, des légumes. Les exportations d'engrais sont aujourd'hui suffoquées, ce qui n'augure rien de bon pour la saison des semences en Afrique et en Asie. Nous sommes très préoccupés par les conséquences de ce phénomène sur les récoltes. Au PAM, Nous avons été exposés à des coûts de transport de 20 % plus élevés, des coûts de carburant de 35 % plus élevés pour nos largages aériens, pour nos vols humanitaires. Cela signifie que nous pouvons aider encore moins de personnes. Ensuite, il y a les frappes des autorités de facto, les Houthis, sur les navires commerciaux dans le détroit de Bab al-Mandab. Et troisièmement, Les attaques russes et ukrainiennes qui connaissent une escalade en mer Noire. Les exportations de la Russie et de l'Ukraine représentent un tiers de l'approvisionnement mondial en blé. Les cargaisons de céréales qui peuvent aujourd'hui passer par le détroit de Bosphore ont enregistré une diminution de 40%. Il existe aussi des termes sur le plus long cours si les ports en mer Noire et les itinéraires logistiques restent fermés, car les agriculteurs auront moins de raisons de semer pour les récoltes de 2027. Le monde ne peut tout simplement pas se permettre que ces crises continuent. Combien de boulets d'étranglement supplémentaires pouvons-nous supporter avant d'être complètement étranglés? Excellence, nous n'avons pas de temps à perdre. Faisant fond sur l'appel lancé aujourd'hui par le Secrétaire général, le PAM se tourne vers le Conseil de sécurité pour que des mesures urgentes soient adoptées, des mesures concrètes, comme cela avait été fait en 2017 pour briser ce cycle vicieux. Et faisant fond sur l'appel du Secrétaire général, je vous demande ce qui suit: Tout d'abord, adopter des mesures pour Faire cesser les conflits qui dans une région entraînent la faim dans une autre. Des initiatives garantissant les flux libres d'aide humanitaire, les exportations de denrées agricoles commerciales et l'arrivée d'intrants agricoles via des couloirs maritimes et terrestres sont nécessaires de toute urgence. Deuxièmement, il faut Utilisez la résolution 2417 bien en amont, agir dès qu'il y a des signaux d'alarme, avant que des récoltes entières soient perdues. Prenez le Soudan. Si nous avions agi rapidement, nous aurions pu prévenir la famine de l'année dernière. Nous avons tous pu anticiper les atrocités à El-Fasher, mais la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité, n'a rien fait malgré les avertissements. Il est difficile de rendre justice à l'ampleur des souffrances au Soudan. Mais moi, j'ai vraiment été frappée par cette réalité lorsque je me suis rendue au camp de Tawila au Darfour où s'étaient réunis des rescapés d'El Fasher. Jamais je n'avais vu cela. 700 000 personnes dans une ville de huttes aux dimensions des personnes qui venaient d'El Fashar, traumatisées, sans aucune possession, qui dépendent maintenant d'un filet misérable d'aide humanitaire pour survivre. Les personnes que j'ai rencontrées se sentaient complètement abandonnées. Lors de la dernière famine en Somalie, en 2010-2012, près de 260 000 personnes ont péri, dont une moitié d'enfants. Nous avons réussi à éviter cela en 2017 et en 2022 car nous avons agi rapidement en amont dès les premiers signaux d'alarme et revu à la hausse l'assistance. Troisièmement, il faut des systèmes plus robustes pour protéger les civils, les infrastructures civiles et les systèmes agricoles et alimentaires. Les principes de distinction et proportionnalité doivent être respectés. Il y a quelques temps, en mars, je me suis rendue au Liban quelques jours après le début de la guerre. J'ai rencontré des personnes dont la vie avait été mises en dessus-dessous par des ordres d'évacuation, des frappes. Par exemple, cette famille que j'ai rencontrée dans un hôtel misérable, un hôtel abandonné dans le sud de Beyrouth sous une pluie de missiles. Leur monde s'était rétréci pour finalement ne faire la tête que de cette petite chambre d'hôtel. Cette famille m'a dit qu'elle ne sortait que pour profiter des repas chauds distribués tous les jours par le PAM. Quatrièmement, il faut protéger le personnel humanitaire. Dans le nord du Yémen, la faim aiguë va croissant, mais l'ONU est incapable d'intervenir à un moment de fragilité extrême. Nous avons dû mettre sur pause l'action humanitaire car l'environnement opérationnel ne permet pas de travailler car notre personnel est pris pour cible. Aujourd'hui, 73 membres de personnel de l'ONU, y compris 38 membres du personnel du PAM, sont détenus par les Houthis. Il n'est pas un jour qui s'écoule sans que nous pensions à eux et à leurs proches. Cinquièmement, et c'est très important, il faut faire preuve de davantage de solidarité avec les personnes les plus vulnérables de ce monde. Je vous ai raconté aujourd'hui quelques exemples en me basant sur les personnes que j'ai rencontrées, mais tant et tant d'histoires ne sont jamais connues. Je pense à ces femmes, ces jeunes filles que j'ai rencontrées en Afghanistan au mois de mai. Je n'oublierai jamais non plus cette clinique rurale aux abords de Jalalabad. Les pleurs de ces bébés à bout de force, la panique dans la voix de leur mère. Certaines avaient dû marcher pendant quatre heures avec leurs bébés qui n'ont que la peau sur les os dans les bras. Mais cette clinique, habituellement, appuyés par l'action du PAM et de l'UNICEF, n'avaient rien à leur offrir. L'Afghanistan est aujourd'hui l'une des crises de malnutrition les pires au monde, mais le manque de fonds est criant. Parmi toutes les femmes et les enfants mal nourris qui arrivent pour nous demander de l'aide, nous devons renvoyer chez eux six sur sept. Aujourd'hui, nous risquons de devenir des témoins impuissants alors que des parents, des enfants, des bébés meurent de faim. Excellence, sachez que le PAM et ses partenaires font tout ce qui est en leur mesure pour s'adapter à la nouvelle situation en matière de financement. Nous essayons d'utiliser le programme de réforme 1080 du Secrétaire général. Nous essayons de nous montrer ambitieux, nous faisons de notre mieux pour faire mieux avec moins, mais il faut que les États membres aussi soient à la hauteur. Il faut corriger le cap, financer l'action humanitaire, s'efforcer de trouver des solutions politiques aux conflits et renverser la tendance, cette tendance qui vise à normaliser aujourd'hui, ou qui consiste plutôt aujourd'hui à normaliser ces situations de faim, de famine. Nous savons que c'est possible. Il y a un an, j'ai visité Gaza. à peu près au moment où la famine était déclarée. C'était comme une dystopie, comme un plateau de film. Partout, il n'y avait que des ruines. Dans toutes les rues, on voyait des enfants désespérés recherchant de la nourriture. Je suis retournée en janvier de cette année après le cessez-le-feu d'octobre et l'adoption de la résolution 2803. La situation n'est guère brillante, c'est certain, mais le cessez-le-feu a permis d'améliorer quelque peu la situation en matière de sécurité alimentaire. J'ai passé un peu de temps avec une famille déplacée qui avait pu retourner dans sa maison, sa maison qui avait été détruite. Elle s'efforçait de réhabiliter une petite vigne au milieu des décombres pour pouvoir de nouveau la cultiver, pour pouvoir de nouveau obtenir un moyen de subsistance et aussi renouer avec la tradition. Je me suis aussi entretenue avec des adolescentes qui allaient chercher de la nourriture du PAM. dans une école de fortune de l'UNICEF. Ces adolescentes m'ont dit qu'elles espéraient pouvoir devenir à l'avenir pilotes, médecins, entrepreneuses. Comme le secrétaire général l'a dit, il y a des progrès fragiles, une faible lueur d'espoir certes, mais qui montre ce qu'il est possible de faire si la volonté politique est au rendez-vous. Nous ne pouvons pas de nouveau trahir la population de Gaza alors que les conditions commencent seulement à s'améliorer. Nous ne pouvons pas abandonner le Soudan alors que nous Garantissons quelques voies d'accès pour voir la hausse de notre action. Nous ne pouvons pas abandonner la Somalie et attendre simplement l'arrivée de la famine. Le Conseil a montré par le passé qu'il peut réussir à contribuer à briser ce cycle vicieux entre la faim et les conflits. Aujourd'hui, nous devons de nouveau agir avec audace pour donner à des centaines de millions de personnes un chemin, une avenue pour fuir la faim et la violence et retrouver la paix et la stabilité. Merci. Président [26:15]: Merci à Monsieur Skou de son intervention. Je donne maintenant la parole à Madame Perrine Benoit. ACF · Coalition contre le conflit et la faim · Co-PDG · Perrine Benoit [26:24]: Bonjour, je m'appelle Perrine Benoit, je suis la co-PDG d'Action contre la faim. Aujourd'hui, je m'exprime au nom de la Coalition contre le conflit et la faim, un groupe d'organisations humanitaires qui œuvrent à réduire les effets des conflits sur la sécurité alimentaire et la nutrition et à protéger les civils de la faim due aux conflits. La résolution 2417 a été adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité en 2018. Elle devait permettre d'éviter les famines et de briser le cercle vicieux des conflits et de la faim. Et pourtant, ces dispositions n'ont cessé d'être violées par les belligérants, alors que la mise en œuvre de la part des membres du Conseil de sécurité n'était pas du tout à la hauteur des exigences de la résolution depuis l'adoption de cette résolution. L'IPC a ainsi confirmé une famine dans certaines parties du Soudan du Sud, du Soudan et de la bande de Gaza. Nous avons enregistré plus de 9300 incidents dans 45 pays. dans lesquelles les violences liées aux conflits ont eu des effets sur les infrastructures civiles essentielles au système alimentaire, notamment 3200 pillonnages de marchés, de champs et de systèmes hydrauliques. Et ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. Au Soudan, plus de 900 attaques contre les systèmes alimentaires ont été dénombrées depuis avril 2023, dont des pillages. de bétail, des attaques contre les marchés, des violences contre des personnes se rendant dans les marchés. Une famine a été confirmée dans plusieurs zones du pays, alors que des signaux d'alerte s'allument dans d'autres parties du pays. Et pourtant, aucune action urgente n'a été prise. Dans le même temps, de nouveaux conflits ont mené à des chocs macroéconomiques mondiaux bouleversant les chaînes d'approvisionnement, les infrastructures clés. faisant monter les prix des vivres et des carburants ainsi que des intrants agricoles et de l'aide humanitaire. Ces perturbations mondiales ont Des effets très étendus. Le conflit dans le Golfe a touché près de la production agricole de près de 80 % des ménages. La flambée des cours des carburants, moins d'entrants agricoles, des pénuries d'engrais sont la nouvelle normalité. Au Soudan, être une femme, vous. fait que vous êtes quasiment sûr de connaître la fin. Mais le cercle vicieux doit être brisé. Les conflits entraînent la faim, tandis que la faim et la destruction des moyens de subsistance sapent la protection des civils, alimentent l'instabilité et les déplacements. Le Soudan connaît maintenant la pire crise de la faim et des déplacements, comme l'a dit mon collègue, ce qui nous rappelle que la faim n'est pas seulement une conséquence des conflits, mais fait partie des dynamiques à l'œuvre dans un conflit. Les organisations humanitaires ont dû faire face aux bouleversements mondiaux. Je voudrais vous parler du Yémen où plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans, soit 2,2 millions d'entre eux, devraient connaître la malnutrition aiguë en 2026, aux côtés de 1,3 million de femmes enceintes ou allaitantes. Ahmed a quatre ans, il vit dans un village reculé. Il y a quelques mois, il a été diagnostiqué de malnutrition aiguë grave. Sa mère craignait. qu'il meurt, mais grâce à des traitements de nutrition thérapeutique vitaux, il est en bonne santé aujourd'hui. Pendant des années, cependant, il a été difficile de fournir des traitements face à la malnutrition aiguë. Et aujourd'hui, c'est encore plus difficile. Les coûts des transports maritimes ont augmenté de plus de 300 %. Et plus inquiétant encore, ces livraisons accusent de grands retards. Il ne faut pas oublier que la malnutrition touche les enfants et cela très vite. Si pendant deux semaines, les enfants n'ont plus accès à assez d'alimentation, les signes cliniques de la malnutrition aiguë commencent à apparaître. Après plus de trois semaines, ils sont beaucoup plus susceptibles aux maladies qui peuvent les tuer. Ils subissent l'émaciation grave, ils ont du mal à se déplacer. Sans traitement, le risque de mort augmente sensiblement. Il faut donc leur fournir des traitements le plus vite possible. En tant qu'acteurs humanitaires, nous faisons tout notre possible pour aider les communautés. Nous demeurons présents, opérationnels, nous sommes prêts à mettre à échelle les ripostes humanitaires en dépit de grandes contraintes. notamment un accès restreint, mais également des obstacles bureaucratiques, la criminalisation, la désinformation et des menaces grandissantes ainsi que des attaques directes. Plus de 1000 travailleurs humanitaires ont été tués ces trois dernières années et lors de la même période, nous avons dénombré plus de 700 attaques contre les activités humanitaires d'acheminement de vivres. Pendant des années et des décennies, les systèmes humanitaires se fondaient sur le savoir-faire pour appuyer les marchés locaux et les systèmes alimentaires. Mais aujourd'hui, les déficits de financement, l'accès restreint, la surveillance, les menaces à la surveillance de la sécurité alimentaire mettent en péril l'efficacité de nos opérations. Ainsi, au Yémen, alors que l'insécurité alimentaire va croissant, les systèmes de suivi ne sont plus opérationnels. Il nous faut davantage l'accès de protection, de soutien pour prévenir les famines et mettre à échelle les solutions locales. A cet égard, nous avons trois demandes principales à vous adresser. Premièrement, tirer parti de la résolution 2417 en tant qu'outil de prévention et d'alerte précoce, s'inspirant des points de vue des communautés touchées. Nous savons ce qui se produit lorsque les systèmes alimentaires sont détruits. Les conséquences sont prévisibles. Les signes d'alerte le sont également. Les attaques contre les systèmes alimentaires, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et des chaînes logistiques, les chocs des prix alimentaires sont autant de signaux d'alerte. Et nous avons les cadres politiques en place. Ce qui manque, c'est la volonté politique et l'action précoce pour lutter contre facteurs de la faim due au conflit. Pour ce faire, le Conseil de sécurité doit protéger la société civile, surtout les communautés les plus touchées, alors que la distance s'accroît entre ces salles où le pouvoir est exercé et ceux qui sont touchés par vos décisions. Le Conseil de sécurité et les États membres doivent combler cet écart et investir davantage. Le Conseil de sécurité doit lancer des enquêtes lorsque des attaques sont menées contre des systèmes alimentaires, agir sur les recommandations énoncées dans des notes blanches. Et cela parce que le conflit et la faim se renforcent mutuellement dans un cercle vicieux. Le conflit alimente la faim alors que la grave insécurité alimentaire perturbe les moyens de subsistance et la flambée des cours des denrées alimentaires peuvent accroître les tensions, alimenter l'instabilité et renforcer les dynamiques à l'œuvre dans les conflits. Dès lors, le Conseil de sécurité ne doit pas seulement documenter la faim, mais doit agir lorsque des informations sont fournies les attaques contre les systèmes alimentaires. Deuxièmement, prendre des mesures urgentes et diplomatiques pour faire respecter le droit international. Les condamnations sont bien creuses lorsqu'elles ne s'accompagnent pas d'actions. Il faut veiller à ce qu'aucune partie en conflit n'utilise la faim comme arme de guerre ou n'exacerbe la faim du conflit en attaquant en détruisant des sites essentiels à la survie de la population civile. Il faut que les auteurs rendent compte de leurs actes. Le recours à des tactiques de siège contre des civils est presque proscrite et ne devrait jamais être acceptée. Nous appelons le Conseil à protéger les acteurs humanitaires, les infrastructures, à préserver l'accès humanitaire pour garantir un accès sûr, rapide et sans entrave dans les zones touchées. Lorsque les systèmes alimentaires sont bouleversés, les populations dépendent davantage de l'aide humanitaire. Si l'accès est bloqué, la faim s'enracinent, les États membres doivent appuyer des négociations pour un accès rapide et prévisible aux acteurs humanitaires, notamment dans les contextes visés par les sanctions internationales et nationales, par le biais de dérogations humanitaires de la diplomatie dans le cadre des résolutions existantes. Troisièmement, il faut investir dans les systèmes alimentaires mondiaux. Les perturbations dans les systèmes alimentaires mondiaux amplifient les effets des conflits sur des systèmes alimentaires déjà précaires, ce qui. Qui accroît les tensions, les déplacements, l'engrenage des conflits. Dès lors, les systèmes alimentaires doivent être plus locaux, durables, résilients. Et il ne faut pas seulement gérer perpétuellement les crises, mais plutôt investir dans la résilience, en accordant la priorité aux solutions locales, en investissant dans la production locale, dans des chaînes d'approvisionnement résilientes. Il faut dès lors remettre en place également des fonds humanitaires de qualité, un financement humanitaire de qualité pour les ONG locales, notamment les organisations des par les femmes. Le Conseil de sécurité est tenu de prévenir et de gérer les conflits, de protéger les civils et d'appuyer la reddition de comptes. Briser le cycle des conflits et de la faim nécessite une action politique et ça, c'est un choix. Mais l'inaction, c'est un choix également. Le monde entier a les yeux rivés sur vous et ne peut plus attendre davantage. Merci. Denmark · Ministre des Affaires étrangères · Lars Løkke Rasmussen [36:18]: Merci à la docteure Benoit. de son intervention, je vais prendre la parole en tant que ministre des Affaires étrangères du Danemark. D'emblée, je vous remercie, monsieur le secrétaire général Guterres, le directeur exécutif par intérim, M. Kouchou, et la co-PDG, Mme Benoit. Je vous remercie de vos remarques et, plus important encore, de vos recommandations. Excellence, il y a huit ans, le Conseil de sécurité avait adopté une résolution qui avait fait date sur le conflit et la faim, qui reconnaissait expressément les liens unissant les conflits armés, la faim et l'insécurité alimentaire, qui condamnait la faim comme méthode de guerre. Cette résolution 74 millions, le nombre de personnes qui souffraient de la faim due au conflit de par le monde à l'époque. Aujourd'hui, il s'agit de 147 millions de personnes, soit deux fois plus. Le conflit demeure le principal facteur de la faim, représentant plus de la moitié des personnes connaissant la faim grave. Plus de 20 000 attaques contre des marchés, des terres agricoles, des systèmes de distribution alimentaire ont été enregistrées depuis l'adoption de la résolution 2417 en 2018. Excellence, aujourd'hui, des récoltes sont incendiées, des marchés attaqués, l'accès humanitaire est refusé. Au Soudan, les belligérants ont ciblé l'agriculture, ont attaqué des entrepôts de l'ONU, privé d'accès les secours alors que la famine avait déjà été confirmée. À Gaza, un blocage de l'aide, des restrictions. ont provoqué l'émaciation d'enfants, détruit des champs et une population entière dépend aujourd'hui de ces livraisons humanitaires pour survivre. Pour la première fois en ce siècle, en 2025, la famine a été décrétée à deux endroits la même année, au Soudan et à Gaza. Pour ce qui est de ces deux crises, les membres du Conseil de sécurité avaient rappelé que l'utilisation de la faim en tant qu'arme de guerre était clairement proscrite par le droit international humanitaire. L'ONU avait mise en garde quant au risque de famine au Soudan du Sud et en Somalie d'ici à la fin de l'année. Donc que les choses soient claires, le blocage, la création délibérée de la faim pour les civils en tant que méthode de guerre constitue des tactiques illicites et brutales où qu'elles soient employées, quels qu'en soient les auteurs. Excellence, Les guerres aujourd'hui coïncident avec la situation des systèmes alimentaires de par le monde, accroissant la faim sur les différents continents. Dans le sillage de l'invasion russe illégale de l'Ukraine, la crise dans la mer Noire nous a montré ce qui se passait lorsqu'un grenier devenait un champ de bataille, c'est-à-dire que les livraisons alimentaires en mer Noire ont été gravement perturbées. La fermeture de par l'Iran du détroit d'Ormuz, c'est un autre exemple de ce qui se passe lorsqu'un axe vital pour les engrais et le pétrole est utilisé comme outil de coercition. Le transit par ce détroit, est aujourd'hui dans l'impasse et les attaques des houthistes menacent la navigation dans le détroit de Bab El-Mandeb. Et comme le PAM nous l'a dit, aujourd'hui, près de 6,1 millions de personnes connaissent l'insécurité alimentaire aiguë à cause des perturbations créées par la crise au Moyen-Orient. Et le PAM nous alerte quant au fait que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient connaître la faim aiguë et beaucoup sont bien loin des lignes de front. Cette situation touche de plus la fourniture d'aide humanitaire, du fait de la flambée des cours des carburants, des coûts des assurances et de la navigation. et les retards dans les livraisons de médicaments, de vivres et d'aliments. Ces perturbations aggravent l'insécurité alimentaire dans les régions les plus vulnérables. Mais la réponse est claire, le détroit d'Ormuz doit être rouvert immédiatement, le droit de passage doit être défendu et aujourd'hui nos intervenants ont demandé une action plus robuste du Conseil. Nous nous rallions à cet appel, nous pensons que la résolution 2417. Est un outil puissant, mais son potentiel n'est pas assez réalisé, en particulier pour ce qui est de l'alerte précoce. Le Conseil de sécurité doit donc jouer son rôle. Autour de cette table, nous devons nous pencher sur les différentes tendances, pas seulement sur les crises, et L'alerte précoce doit amener des actions précoces. Voilà pourquoi le Danemark salue votre initiative, monsieur le secrétaire général, de créer l'équipe spéciale sur le détroit d'Ormuz. Le passage en toute sécurité des engrais doit être garanti. Nous reconnaissons vos efforts. Par le biais de ce mécanisme humanitaire, le Danemark est également prêt à contribuer à la mission militaire multinationale défensive indépendante dans le détroit d'Ormuz en défense de la liberté de navigation lorsque les conditions le permettront. excellence les discours les paroles ont leur importance ici en particulier au conseil de sécurité lorsque des infrastructures sont détruites lorsque des agriculteurs sont attaqués des terres sont accaparées lorsque l'ONU et les partenaires humanitaires ne peuvent pas faire leur travail nous devons parler haut et fort mais cela ne suffit pas la résolution 2417 nous rappelle les outils à notre disposition pour agir de l'alerte précoce aux mesures restrictives pour garantir la reddition de compte. Ce qu'il faut à présent, c'est la volonté d'utiliser ces outils. Ce travail peut être appuyé par les nouvelles technologies, les données satellitaires, l'accès numérique aux zones où l'accès physique n'est pas permis, Et à cet égard, le refus d'un accès physique ne peut plus signifier le refus de la vérité. Enfin, dans les crises, les chaînes d'approvisionnement alimentaire doivent être protégées. Ce sont des infrastructures civiles critiques qui permettent de mettre des aliments sur la table à des milliers de kilomètres de là. Les livraisons humanitaires, les engrais, les produits énergétiques doivent bénéficier d'un passage en toute sécurité. En guise de conclusion, À l'avenir, faisons les bons choix ici au Conseil de sécurité et utilisons les outils à notre disposition. Appliquons des mesures tangibles pour faire face aux effets humanitaires des blocages et rappelons en tout temps que l'emploi de la faim en tant que méthode de guerre est interdit par le droit international humanitaire. Envisageons des sanctions, le cas échéant, utilisons les cadres existants, les nouvelles technologies aux fins de l'alerte précoce et de l'assistance. Les millions de personnes qui sont au bord de la famine de par le monde attendent que nous fassions exactement cela. Nous ne pouvons pas les décevoir. Merci. Présidente du Conseil de sécurité [43:50]: Je reprends à présent mes fonctions de présidente du Conseil de sécurité et je cède la parole à Son Excellence, Madame Daci Melbardé. Vice-ministre des Affaires étrangères de la Lettonie. Latvia · Vice-ministre des Affaires étrangères · Daci Melbardé [44:04]: Merci, Monsieur le Président. Je remercie la présidence danoise d'avoir convoqué la présente séance. Je tiens à remercier le secrétaire général d'être présent ici en salle et d'avoir planté le décor de notre débat. Merci à M. Skow et à Mme Benoit de leurs interventions poignantes ce matin qui ont dépeint un bien triste tableau et les conflits continuent de mettre en péril la sécurité alimentaire et les civils continuent de payer un lourd tribut. De façon générale, c'est la faim de par le monde à accusé une baisse. Plus de 600 millions de personnes étaient touchées par la faim en 2025. Au-delà de ces chiffres se cachent des familles, des enfants, des femmes dont la vie quotidienne trouver assez d'aliments pour survivre. En 2026, le risque de famine perdure, ou en tout cas a été décelé dans quatre pays ou territoires. Que les choses soient claires, ces famines ne sont pas des catastrophes naturelles, elles sont créées par l'homme, elles sont tout à fait évitables. À Gaza, l'insécurité alimentaire aiguë demeure le quotidien des civils. Aggravée par des perturbations répétées des chaînes d'approvisionnement et de graves restrictions d'accès humanitaire étant donné leurs revenus faibles ou. Non existant, la vaste majorité des familles est tributaire de l'aide fournie par l'ONU et les ONG internationales. Au Soudan, plus de 20 millions de personnes souffrent de haut niveau d'insécurité alimentaire aiguë. Et pourtant, les hostilités entre les forces armées soudanaises et les forces d'appui rapide se poursuivent. déplaçant des populations entières, détruisant les moyens de subsistance, perturbant les systèmes dont les civils dépendent. Des marchés n'ont cessé d'être ciblés par des drones, alors que les attaques contre les convois humanitaires et commerciaux sur les grands axes commerciaux continuent d'entraver l'accès aux vivres. La situation dans des points chauds tels que le Yémen, le Soudan du Sud, Haïti, le Nigeria et l'Afghanistan nécessite notre attention et notre action rapide. La fermeture du détroit d'Ormuz a également eu de très vastes conséquences de par le monde, avec de profondes perturbations pour les marchés énergétiques, des répercussions sur la sécurité alimentaire de par le monde. Cela nous rappelle que les perturbations dans les grandes routes commerciales peuvent se ressentir bien au-delà des zones de conflit. Dans le même temps, les changements climatiques intensifient l'insécurité alimentaire et hydrique, en particulier pour les populations qui dépendent de l'agriculture pour leur survie et qui sont déjà touchées par les conflits. Monsieur le Président, nous ne devons pas perdre de vue ce principe fondamental. L'alimentation ne saurait jamais être utilisée en tant qu'arme de guerre. La destruction délibérée de terres agricoles et d'infrastructures essentielles à la vie civile ne saurait être normalisée comme étant un aspect de la guerre. J'en viens aussi à l'agression à grande échelle menée par la Russie contre l'Ukraine. L'Ukraine joue depuis bien longtemps un rôle de premier plan dans la sécurité alimentaire mondiale. avant cette guerre d'agression à grande échelle, les vivres ukrainiens fournis par le biais du PAM alimentaient quelque 400 millions de personnes dans les crises humanitaires et même face à des attaques incessantes, les agriculteurs ukrainiens ont continué de produire et de fournir des aliments aux populations vivant dans des zones de crise, notamment à Gaza, au Soudan, au Yémen, au Nigeria. Et pourtant, la Russie continue de s'attaquer aux ports ukrainiens, aux récoltes de céréales, aux infrastructures humanitaires, aux navires marchands, bouleversant délibérément les fourniture de vivres. Ce ne sont pas seulement des actes d'agression contre l'Ukraine, mais des crimes contre les plus vulnérables en utilisant les aliments comme armes. Nous appelons la communauté internationale à adopter une position diplomatique forte et à exiger que l'on mette fin à ces attaques et à ces restrictions. La Russie ne peut tenir en otage ceux qui ont faim. Un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel est essentiel afin de mettre un terme à l'agression russe et de rétablir le rôle vital de l'Ukraine dans la sécurité alimentaire mondiale. Alors, Monsieur le Président, que pouvons-nous faire ici au Conseil de sécurité? La réponse est limpide. Nous devons mettre pleinement en œuvre la résolution 2417 et pas seulement nous contenter de réaffirmer ses dispositions. Nous ne devons plus seulement réagir aux famines, nous devons les prévenir. Tout d'abord, nous devons renforcer l'alerte précoce. Nous encourageons le Secrétaire général à continuer de fournir au Conseil de sécurité des rapports rapides lorsque le risque d'une famine due à un conflit apparaît. L'alerte précoce doit mener à une action précoce. Deuxièmement, nous devons agir lorsque l'accès humanitaire est refusé ou restreint. Il est donc crucial que l'ONU et les autres organisations humanitaires bénéficient d'un accès rapide, en toute sécurité, sans entrave afin de fournir une aide humanitaire vitale conformément aux principes humanitaires et au DIH. Troisièmement, des comptes doivent être rendus. Dans le droit fil de la résolution 2417, nous invitons tous les États à à ouvrir des enquêtes indépendantes, impartiales et rapides et à demander des comptes aux auteurs des violations. Les acteurs humanitaires et les agriculteurs ne devraient jamais être des cibles. Nous condamnons les attaques contre eux dans les termes les plus vigoureux. Lorsque la faim est utilisée de façon délibérée en tant qu'arme de guerre, le Conseil doit être prêt à agir. En tant que membres du Conseil de sécurité, nous devons envisager des sanctions ciblées et d'autres mesures appropriées contre ceux qui utilisent la faim comme arme et qui font obstacle à l'accès humanitaire. Ces violations auront des conséquences qui se feront ressentir bien au-delà des crises, en détruisant les moyens de subsistance, en accroissant l'instabilité, en laissant derrière elles des blessures qui resteront béantes pendant des générations. L'impunité ne peut devenir un autre facteur de la faim. En guise de conclusion, Monsieur le Président, la Lettonie réaffirme son plein attachement à la résolution 2417 et à sa mise en œuvre. Lorsque nous disposons des moyens de prévenir la faim due aux conflits, alors l'échec à agir est un choix. La Lettonie est toute disposée à travailler aux côtés des États membres siégeant au Conseil afin que la faim due aux conflits soient non seulement évitables, mais soient surtout évitées. Merci. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [51:52]: Je remercie Son Excellence la vice-ministre de la Lettonie. La parole est à la République démocratique du Congo. Democratic Republic of the Congo · Représentant [52:03]: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, distingués membres du Conseil, la République démocratique du Congo remercie le Danemark pour la convocation de ce débat public consacré à une question au cœur de la paix et de la sécurité internationale. Nous remercions également le secrétaire général, M. Antonio Guterres, le directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial, M. Carl Skou, ainsi que Mme Perrine Benois-Coat, co-CEO d'Action contre la faim, pour leur contribution à cette importante réflexion. Au-delà de la simple réflexion, le constat sur le terrain est sans appel. Les conflits comptent aujourd'hui parmi les principaux moteurs de l'insécurité alimentaire dans le monde. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les dommages causés par la faim à l'espèce humaine atteignent des proportions inquiétantes. La situation dans de nombreuses zones de conflit, conjuguée aux perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, démontre que la sécurité alimentaire est désormais indissociable de la paix, de la stabilité et de la sécurité internationale. Les conséquences des conflits dépassent largement les zones de combat, les perturbations des flux énergétiques, de l'approvisionnement en engrais, des routes commerciales et maritimes ainsi que des opérations humanitaires. peut rapidement transformer une crise locale en choc régional, voire mondial. Monsieur le Président, face à cette réalité, la République démocratique du Congo estime que le Conseil de sécurité doit donner à la résolution 2417 une portée pleinement opérationnelle en faisant de la prévention un véritable levier d'action. L'alerte précoce ne peut avoir de sens que si elle se traduit par une action précoce, concertées et proportionnées aux risques identifiés. Il importe à cet égard que les signaux d'aggravation de l'insécurité alimentaire soient considérés comme des éléments pertinents de l'analyse des situations susceptibles de menacer la paix et la sécurité internationales. Dans cette perspective, le Conseil devrait renforcer son recours aux données aux analyses et aux mécanismes d'alerte du Programme alimentaire mondial de la FAO, du FIDA et des autres agences compétentes afin de disposer en temps utile d'une évaluation claire des risques pesant sur les systèmes alimentaires et leurs conséquences potentielles sur la stabilité des populations et des États. Ces informations devraient pouvoir éclairer les délibérations du Conseil, et, lorsque les circonstances l'exigent, déclencher des consultations, une diplomatie préventive et des mesures anticipatives avant que les crises alimentaires ne s'aggravent au point de devenir des facteurs de conflits, de déplacements et d'instabilité. Cette démarche doit aller de pair avec une meilleure protection des infrastructures essentielles, des marchés et des corridors d'approvisionnement, ainsi qu'avec la garantie d'un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave. Les denrées alimentaires et les biens indispensables à la survie des populations civiles ne doivent en aucun cas devenir des instruments de guerre ou de pression. C'est ici le lieu d'affirmer que notre réponse ne peut s'arrêter à une simple urgence humanitaire. Elle doit s'inscrire dans la durée et être fondée sur la résilience. Cela requiert des financements adéquats et prévisibles, le renforcement de la production et des marchés locaux, l'amélioration des capacités de stockage et de distribution ainsi que l'investissement dans des technologies agricoles adaptées aux effets des changements climatiques. Il est par ailleurs essentiel de renforcer la coordination entre l'action humanitaire, les politiques de développement, la prévention des conflits et les opérations de maintien de paix. Une telle approche permettra d'éviter les réponses fragmentées et de mieux s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité alimentaire. Monsieur le Président, l'expérience de l'Afrique et particulièrement celle de la République démocratique du Congo nous rappelle avec force une réalité fondamentale: la faim ne peut être dissociée de la sécurité. En RDC, des millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë. Les conflits au Nord-Kivu, au sud Tivu et Anituri ont entraîné des déplacements massifs des populations, perturbé la production agricole, les circuits d'approvisionnement et l'accès à l'aide humanitaire. Lorsqu'une famille abandonne sa terre pour fuir les violences, elle ne perd pas seulement son foyer, elle perd également sa capacité à produire, à se nourrir et surtout à se reconstruire. C'est pourquoi les réponses urgentes et durables doivent également viser à sécuriser les zones de production, relancer l'agriculture locale, moderniser les infrastructures rurales et mobiliser les investissements nécessaires au développement des chaînes de valeur agricoles. La sécurité alimentaire doit ainsi être envisagée non seulement comme une réponse à la faim, mais aussi comme un investissement dans la paix et la stabilité. Monsieur le Président, La République démocratique du Congo réaffirme dans cette perspective son attachement à une approche qui place les communautés au cœur de la prévention et de la réponse, tout en renforçant les capacités nationales en matière de prestation de services, de production agricole et de résilience. Dans le même esprit, le Conseil de sécurité doit continuer à soutenir les bons offices du Secrétaire général ainsi que les initiatives diplomatiques visant à sécuriser les corridors humanitaires, à préserver la liberté de navigation et à protéger les infrastructures agricoles, énergétiques et commerciales essentielles. Il importe également de renforcer la cohérence entre les mandats du Conseil de sécurité, les régimes de sanctions, les opérations de paix, l'action humanitaire et les efforts de développement. La prévention des crises alimentaires doit devenir une composante à part entière de la prévention des conflits. Monsieur le Président, la République démocratique du Congo, qui connaît elle-même les conséquences humaines, sociales et économiques des conflits, sait que la faim ne saurait être considérée comme une simple tragédie humanitaire. Lorsqu'elle s'installe, se prolonge et s'aggrave, elle fragilise les sociétés, nourrit les déplacements, exacerbe les tensions et peut devenir un redoutable facteur de déstabilisation et de conflit. La sécurité alimentaire est à ce titre indissociable de la paix, de la stabilité et du développement. L'enjeu qui se présente à nous est donc clair. Il nous faut passer de la réaction à la prévention, de l'urgence à la résilience et de la fragmentation à une action collective cohérente et anticipatrice. La prévention de l'insécurité alimentaire doit être pleinement intégrée aux efforts de prévention et de règlement des conflits. Pour conclure, la République démocratique du Congo tient à réaffirmer sa détermination à travailler avec le Secrétaire général, le Conseil de sécurité, le système des Nations Unies, les États membres et les partenaires régionaux afin de renforcer la résilience systèmes alimentaires, de protéger les populations civiles et de s'attaquer aux causes structurelles de la vulnérabilité car notre responsabilité collective est d'agir avant que la faim ne devienne famine et avant que la famine ne devienne à son tour un facteur de conflit et d'instabilité. Prévenir la faim, c'est préserver la dignité humaine. Prévenir la faim, c'est renforcer la résilience. Et en définitive, prévenir la faim, c'est aussi préserver la paix. Je vous remercie. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [1:00:36]: Je remercie le représentant de. La République démocratique du Congo. Et je donne maintenant la parole à la France. France · Représentant [1:00:43]: Nous félicitons tout d'abord le Danemark pour sa présidence du Conseil et nous le remercions pour l'organisation de ce débat. Nous saluons votre présence parmi nous, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, qui illustre l'importance cruciale du sujet qui nous réunit. Et nous remercions Son Excellence, Monsieur le Secrétaire général, Antonio Guterres, pour son rapport aussi alarmant que précis, accompagné de propositions concrètes. ainsi que Monsieur Karl Schaw, directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial, et Madame Perrine Benoît, codirectrice générale d'Action contre la faim, non seulement pour vos interventions éclairantes, mais pour l'action de vos équipes au plus près des populations dans le besoin. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417 par le Conseil de sécurité, les conflits demeurent la première cause de l'insécurité alimentaire aiguë et de la malnutrition. Si les premiers affectés sont évidemment les populations locales, les effets des conflits se font sentir aussi très loin du théâtre de la guerre. Les orateurs l'ont dit, le conflit au Soudan a provoqué une famine, confirmée en 2025, et la situation y demeure catastrophique. En Somalie, la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë qui pourrait aller en s'aggravant à l'approche d'un épisode d'El Niño particulièrement dévastateur. Des millions de personnes, en particulier dans les pays en développement, sont affectées par les méthodes de guerre illégales de la Russie qui cible délibérément les installations agricoles et les infrastructures portuaires ukrainiennes. Les effets de la guerre au Moyen-Orient et en particulier les obstacles à la liberté de navigation posés par l'Iran dans le détroit d'Ormuz pourraient aller jusqu'à un déclin significatif de la production agricole mondiale. Les attaques et le blocus illégal des Ouguis dans le détroit de Bab El-Mandeb participent également d'une insécurité alimentaire grandissante. Comme vous l'avez souligné, Monsieur le Secrétaire général, la stabilité mondiale et la sécurité alimentaire ne sauraient être les victimes collatérales des conflits et il nous faut agir. Monsieur le Président, le Conseil de sécurité doit d'abord se mobiliser en amont et au plus tôt dans les conflits avec la communauté internationale et les organisations régionales. Les alertes du Secrétaire général notamment en vertu de la résolution 2417, et les chiffres alarmants publiés par le Cadre intégré ne doivent pas rester lettre morte. La communauté internationale doit être à l'initiative pour circonscrire les conséquences plus larges des conflits. Ainsi, l'initiative FARM, lancée en 2022 par la France et le Programme alimentaire mondial, visait à répondre à l'urgence créée par l'agression russe contre l'Ukraine et à renforcer les souverainetés alimentaires locales. Deuxièmement, nous devons nous mobiliser en faveur de la pleine mise en œuvre des résolutions de ce Conseil et pour le plein respect du droit international, y compris humanitaire, comme garde-fou face à toute instrumentalisation de l'aide alimentaire. L'utilisation de la famine comme arme de guerre contre des civils est interdite. Un accès humanitaire sûr et sans entrave doit être assuré en toutes circonstances. Les attaques contre les travailleurs humanitaires, qui se multiplient, sont absolument inacceptables et doivent cesser. La France rend un hommage particulier au travail de ces organisations humanitaires. Et les biens indispensables à la survie de la population civile, dont ceux relatifs à l'agriculture et à l'alimentation, doivent être protégés, notamment à travers la liberté de navigation. Enfin, ce Conseil et la communauté internationale doivent également adopter une perspective de long terme, Il nous incombe de travailler à l'instauration de processus de paix durables et de soutenir le rétablissement et le renforcement des chaînes d'approvisionnement mondiales et des systèmes agro-alimentaires locaux post-conflit. Ainsi, la reconstruction et la stabilisation de Gaza passeront nécessairement par la réhabilitation des terres arables et des cheptels. La France, le Royaume-Uni et près de 30 autres États ont pris l'initiative d'une mission multinationale indépendante, neutre et défensive, qui se tient prête à contribuer aux efforts pour restaurer des conditions de navigation sûres dans le détroit d'Ormuz. Et la France salue, Monsieur le Secrétaire général, votre initiative autour d'un mécanisme à visée humanitaire sur ce sujet. Enfin, avec nos partenaires du G7 et dans le cadre de notre présidence, Nous travaillons à la rationalisation des chaînes d'approvisionnement humanitaires comme outil de lutte contre la faim dans le monde, en plein appui à ONU80 et au projet de plateforme logistique intégrée. Monsieur le Président, que les conflits armés constituent la première cause de persistance de l'insécurité alimentaire dans le monde est à la fois un signal d'alarme et une incitation à l'action, car cela signifie qu'un effort renouvelé, d'abord autour de cette table, peut produire des résultats décuplés, la fin des combats amenant aussi une victoire décisive contre la sécurité alimentaire. Je. Vous remercie. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [1:05:50]: Je remercie le représentant de la France de sa déclaration et je donne maintenant la parole au représentant de la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentant [1:05:57]: Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Nous remercions les intervenants d'avoir présenté leur point de vue sur les liens entre la sécurité alimentaire et les conflits. Les organisateurs du débat d'aujourd'hui proposent de se pencher sur cette question de façon plus large, sous le prisme de l'influence des conflits régionaux sur les marchés alimentaires mondiaux et les chaînes d'approvisionnement. Si l'on aborde ce problème sous cet angle, l'on ne peut ignorer l'exemple le plus patent et pernicieux. L'agression lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran. L'escalade qui a suivi a mis en péril le bon fonctionnement d'une des artères les plus importantes du commerce mondial, le détroit d'Ormuz, et a engendré un choc logistique puissant dont les conséquences se ressentent encore bien au-delà du Moyen-Orient. Il ne s'agit pas seulement des transports qui sont plus coûteux, Les futures campagnes de semis dans les pays africains et asiatiques dépendants des importations sont grandement menacées par la hausse des cours de l'énergie et des engrais. Le PAM en particulier avertit que des dizaines de millions de personnes pourraient ainsi souffrir de la faim. Monsieur le Président, nous suivons de. Près le travail de l'équipe spéciale du secrétaire général sur le détroit d'Ormuz, coordonné par le directeur exécutif de l'UNOPS. Bien entendu, l'on ne peut ignorer le fait que l'ONU cite directement l'initiative sur la mer Noire comme étant une source d'inspiration du nouveau mécanisme. Nous estimons indispensable de mettre en garde quant à l'interprétation très arbitraire de cette expérience. En effet, ce mécanisme sur la mer Noire, présenté comme étant humanitaire, a été réalisé de façon très partielle. Et pour cette raison, le présenter comme étant une grande réussite et un modèle pour le détroit d'Ormuz nous semble, c'est le moins qu'on puisse dire, imprudent. Monsieur le Président, un des facteurs les plus importants du déséquilibre des marchés mondiaux alimentaires que nos collègues occidentaux préfèrent taire, c'est les mesures unilatérales coercitives adoptées en marge du Conseil de sécurité. À cet égard, je voudrais souligner le rapport phare sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2025. Ses auteurs constatent que les marchés énergétiques, alimentaires et des engrais ont été déstabilisés, notamment du fait des sanctions contre la Russie. L'an dernier déjà, nous avons appelé l'attention du Conseil sur les conclusions du rapport et sur les tentatives de plusieurs délégations occidentales de contester ces affirmations qui figurent dans des analyses de l'ONU. Dans ce cadre, je soulignerais qu'un rapport analogue publié en juillet pour 2026 ne dit rien des sanctions contre la Russie. Alors, qu'est-ce qui a changé entre-temps? Les données économiques objectives ou bien la décision de savoir quelles données utiliser à des fins politiques? La question est bien sûr rhétorique. La nature funeste des mesures coercitives unilatérales a été reconnue par le secrétaire général dans son rapport en 2025. L'on indique que ces restrictions touchent non seulement les pays les plus vulnérables, mais également les chaînes d'approvisionnement régionales et mondiales dans le secteur de l'agriculture et de l'alimentation, entre autres. Il n'est pas du tout judicieux de rejeter sur la Russie la responsabilité de la volatilité des prix sur les marchés alimentaires mondiaux. En particulier, il est étrange d'entendre ces accusations alors que le régime de Kiev, utilisant des drones et des renseignements fournis par les pays de l'OTAN et de l'UE, intensifie ses attaques de drones contre des navires civils en mer d'Azov et en mer Noire. Rien qu'en juillet, on a dénombré plus de 100 attaques contre des navires commerçants transportant des produits agricoles russes. Ces frappes des forces armées ukrainiennes violent le droit international et engendrent des retards dans les livraisons de céréales, d'oléagineux et de fourrage pour les importations de par le monde. Il s'agit bien sûr d'une campagne cynique menée par Kiev afin de semer le chaos sur le marché alimentaire mondial, alors que la part de l'Ukraine dans la production mondiale de produits alimentaire est en fait assez faible, même si le régime de Kiev fait tout pour prouver le contraire. Et ce sont précisément les actions du régime de Zelensky, qui s'adonne aux tactiques de destruction totale de navires de tout pavillon mer d'Azov et de mer Noire, qui a causé la détérioration de la situation de la navigation. La première mesure de stabilisation, ce ne doit pas être un accord en estimant que tout le monde soit honnête, sans garantie de la part de Kiev, mais bien l'arrêt des mesures déstabilisatrices de l'Ukraine et de ses actions terroristes et de sabotage contre des navires civils ainsi que les obstacles aux routes commerciales mondiales. Les collègues occidentaux qui ne cessent de défendre la liberté de la navigation de par le monde devraient rappeler à l'ordre leurs protégés à Kiev qui mettent de l'huile sur le feu des marchés alimentaires. Nous rappelons ce qu'a affirmé Vladimir Poutine le 22 août, nous réglons déjà les problèmes liés aux exportations de céréales avec cette année près de 60 millions de tonnes. Il y a huit ans, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2417. Son objectif était très concret, il consistait à prendre en compte la sécurité alimentaire et la faim. en lien avec les conflits armés. Cette résolution n'était pas pensée comme un mécanisme universel de suivi de toutes conséquences de crises régionales sur les prix de par le monde, de l'énergie ou de l'alimentation. Et dès lors, les tentatives d'interpréter de façon trop large les dispositions et d'appliquer cette résolution aux bouleversements économiques mondiaux pourraient mener à un affaiblissement des dispositions de la résolution et à politiser davantage ces questions. Nous. Je ne pense pas qu'il faille créer de nouveaux mécanismes d'alerte précoce sous l'égide du Conseil de sécurité. Il y a déjà de nombreux instruments, mais le problème, c'est qu'ils ne sont pas assez utilisés ou pas à temps. S'il vous faut un exemple patent. De situations pour lesquelles avait été pensée la résolution 2417, il ne faut pas aller très loin. Songeons à Gaza. En dépit d'une petite amélioration de la situation ces derniers mois, la situation dans la bande de Gaza demeure critique. Selon les données les plus récentes, 1,4 million de personnes, soit 67 % de la population gazaïe, souffrent d'insécurité alimentaire aiguë. La situation en Cisjordanie est également inquiétante. Les opérations des forces. Israéliennes, la violence des colons, les restrictions de transport et d'accès aux terres sapent les capacités des Palestiniens à garantir leur propre alimentation. Selon la FAO, plus de 72 000 fermes, soit près de deux tiers des fermes, ont besoin d'une aide d'urgence. C'est précisément pour la Palestine que le Conseil doit garantir la résolution la mise en œuvre de la résolution 2417. La même logique s'applique à Haïti, au Yémen, à la Somalie, au Soudan. Monsieur le Président, l'aide alimentaire extérieure est cruciale, mais elle ne doit pas devenir un modèle permanent de survie des États en crise. Non, il faut aider ces pays à mettre en place leur propre production agricole et à renforcer leur capacité à garantir eux-mêmes les aliments pour leur population. La Russie, quant à elle, demeure un grenier mondial, un fournisseur fiable de produits agricoles pour les marchés mondiaux, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire de par le monde. En 2025, nous avons exporté des produits agricoles dans plus de 160 pays. Une grande partie de ces exportation se fait sous forme d'aide alimentaire et technique gratuite aux pays qui en ont le plus besoin, notamment ceux touchés par les conflits. Cette année, nos contributions au PAM ont déjà dépassé les 33 millions de dollars et ces cinq dernières années, il s'agissait de plus de 250 millions de dollars. L'aide de la Russie va à l'Afghanistan, aux pays africains, à la Syrie, à la Palestine, au Yémen, au Myanmar et à d'autres pays. Nous renforçons notre coopération avec la FAO. Notre pays finance des projets de lutte contre les criquets pèlerins et de rétablissement de l'agriculture en Afrique de l'Est, d'aide aux agriculteurs en Syrie, de création de systèmes agricoles résilients aux changements climatiques en Asie centrale et au Sahel. Monsieur le Président, la résolution 2417 ne doit pas être interprétée de façon trop large et ne doit pas engendrer de nouveaux mécanismes. Il faut avant tout l'appliquer scrupuleusement là où les conflits engendrent la faim. Au lieu de politiser cette question, la communauté internationale doit œuvrer à mettre fin aux conflits, à renforcer l'aide humanitaire et aider les pays à rétablir leur secteur agricole. Et avant tout, il ne faut pas créer de nouvelles crises afin de ne pas devoir trouver ensuite des mécanismes pour en surmonter les conséquences. Merci. Président [1:15:52]: Je remercie le représentant de la Fédération de Russie. Je donne maintenant la parole aux États-Unis. United States of America · Représentant [1:15:59]: Merci, Monsieur le Président, et merci au Danemark d'avoir convoqué cette réunion importante. Mes remerciements vont également à tous nos invités. Lorsque ce Conseil a adopté la résolution 2417 en 2018, le gouvernement Trump a avait réitéré l'engagement des États-Unis à contribuer à donner à manger à ceux qui ont faim et les États-Unis restent engagés en faveur de cet objectif. Malheureusement, les conflits et les crises sont de plus en plus complexes, de plus en plus présents. L'insécurité alimentaire est en hausse et le système humanitaire permettant de remédier à l'insécurité alimentaire a du mal à ne pas se laisser dépasser. Et tout cela avant les attaques du régime iranien dans le détroit d'Ormuz, des attaques qui, obstruent près d'un quart du commerce mondial en pétrole et un tiers du commerce mondial en engrais. Nous sommes scandalisés que le régime iranien continue ses efforts honteux visant à perturber la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. Cela choque notre conscience. Le Conseil a exigé que les parties à un conflit ne fassent pas obstacle à l'aide humanitaire. Aujourd'hui, les actes de l'Iran, se font sentir dans le monde entier. Selon le PAM, 45 millions de personnes de plus vont maintenant souffrir d'insécurité alimentaire aiguë aux quatre coins du monde. Le régime iranien a entraîné une flambée du coût des carburants en bloquant les exportations par le détroit, ce qui nuit à tous, partout. En Syrie, à Gaza, la hausse des prix menace les acquis précaires réalisés en matière de sécurité alimentaire grâce aux efforts des acteurs humanitaires et des communautés qu'ils servent. Les engrais qui, en raison des agissements de l'Iran, ne peuvent pas passer par le détroit d'Ormuz sont nécessaires à la production alimentaire en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, dans certains pans de l'Asie du Sud-Est. Les pertes que l'on prévoit en matière de production agricole au fil des prochains mois signifient qu'il y aura moins à manger, que les prix seront plus élevés, que la faim s'empara donc de davantage de personnes au Soudan, en RDC, en Somalie. Rien qu'en RDC, plus de 60 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire selon le réseau Famine Early System Network. Les groupes armés continuent de s'en prendre aux civils, de bloquer les itinéraires humanitaires alors que l'épidémie d'Ebola menace encore plus de personnes. Au Soudan, Le conflit est une des causes de cette crise humanitaire la plus importante au monde et les parties au conflit, selon les signalements, ont utilisé l'accès aux denrées alimentaires et la disponibilité de denrées alimentaires comme tactique de guerre. Nous appelons toutes les parties à ce conflit à faciliter un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave dans tout le pays. Mais les conflits ne sont pas la seule menace pour la sécurité alimentaire mondiale. Il y a des phénomènes naturels comme El Niño qui risquent d'entraîner des dizaines de millions de personnes dans une situation de faim aiguë. Les États-Unis continuent leur partenariat avec les organisations humanitaires et les gouvernements pour, lorsque c'est possible, prévenir l'insécurité alimentaire et y réagir lorsque ce n'est pas possible. À cette fin, nous avons récemment annoncé une aide de plus d'un milliard de dollars à l'UNICEF et au PAM pour répondre aux besoins mondiaux en matière de sécurité alimentaire. Nous explorons aussi les options pour réagir au manque d'engrais. n'abandonnerons pas les personnes qui sont aujourd'hui dans le besoin. Nous ne les livrerons pas à la faim, que leur situation soit le résultat de conflits ou de catastrophes naturelles. Merci. Président [1:19:39]: Je remercie la représentante des États-Unis. Je donne maintenant la parole à la Chine. China · Représentant [1:19:49]: Merci, Monsieur le Président. Je souhaite la bienvenue à Son Excellence le ministre Rasmussen. Nous remercions M. Guterres ainsi que M. Skao pour leur présentation. J'ai aussi écouté avec attention la déclaration faite par Mme Benoit. Les personnes sont le fondement d'une nation et l'alimentation est essentielle aux personnes. La sécurité alimentaire touche à la survie de l'humanité et à la sécurité aussi. Les capacités de l'humanité à produire des aliments a grandi, Mais en raison de facteurs comme les conflits et les guerres, l'insécurité alimentaire reste un défi de taille. La faim sévit notamment dans les régions en proie à des conflits comme l'Afrique occidentale ou le Moyen-Orient. La mise en œuvre de la résolution 2417 du Conseil de sécurité est essentielle. Pour cela, la communauté internationale doit adopter des mesures complètes et coordonnées pour, ensemble, préserver la sécurité alimentaire mondiale et veiller à ce que personne ne souffre de la faim. J'aimerais dire quatre choses. Tout d'abord, il faut promouvoir un cessez-le-feu et faire cesser les hostilités pour garantir un environnement sûr permettant la production de denrées alimentaires. Les guerres entraînent des déplacements de populations civiles, la destruction de champs, la perturbation de la production de denrées alimentaires, ce qui jette de l'huile sur le feu des crises humanitaires. des famines. Le Conseil de sécurité est responsable au premier chef du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Il doit accorder la priorité aux solutions politiques, promouvoir les efforts de médiation et de bons offices, encourager les parties au conflit à régler leurs divergences par le dialogue, travailler pour des cessez-le-feu rapides pour permettre la reprise de la production d'entrées agricoles. Le droit international humanitaire est la base qui doit toujours être respectée. La faim ne doit jamais, absolument jamais, être utilisée comme arme de guerre. Les parties belligérantes doivent toujours accorder la priorité à la protection de la vie humaine et des infrastructures agricoles, éviter que les activités agricoles ne soient perturbées et garantir un accès humanitaire sans entrave, y compris un accès à l'aide alimentaire. Ensuite, il faut lever les barrières au commerce. et préserver un environnement stable sans heurts pour la production alimentaire et les chaînes d'approvisionnement. La production et l'approvisionnement en denrées alimentaires sont étroitement liés à des situations sur le plan logistique. Etant donné l'intensification de tensions géopolitiques et de conflits régionaux, la communauté internationale doit veiller à ce que le commerce par voie terrestre ou maritime ne soit pas perturbé pour garantir le flux de denrées essentielles comme les denrées alimentaires ou les engrais. Nous nous félicitons de l'initiative de l'ONU visant à créer un mécanisme opérationnel pour remédier à la situation dans le détroit d'Ormuz. Nous sommes favorables à ce que l'ONU joue un rôle plus important. Toutes les parties dans l'intervalle doivent adopter des politiques de marché ouvert, approfondir la coopération internationale, promouvoir une allocation mondiale rationnelle des ressources alimentaires, éviter de créer des obstacles artificiels au commerce ou de perturber le commerce en denrées alimentaires et s'abstenir de politiser ou d'instrumentaliser les questions alimentaires. L'utilisation aveugle de mesures unilatérales ne va faire qu'exacerber l'insécurité alimentaire mondiale. Troisièmement, Il convient de promouvoir un développement partagé et d'aider les pays à devenir plus résilients en matière de production de denrées alimentaires. En raison de capacités de développement limitées, certains pays connaissent des pénuries, alors que des phénomènes météorologiques extrêmes, sécheresses, inondations exacerbent encore le problème. Tous les pays doivent faire de la production et distribution de denrées alimentaires une priorité stratégique. La communauté internationale doit les choses sur le long cours et prêter main forte aux pays en développement pour améliorer la préservation de leurs terres arables, de leurs ressources hydriques. Il faut aussi les aider à avoir accès aux techniques sophistiquées, aux technologies de pointe en matière de production agricole. Les pays développés ont une responsabilité toute particulière, doivent apporter une aide au développement et des financements pour l'action climatique, doivent agir aussi pour aider les les pays qui sont vulnérables face aux catastrophes naturelles. Ils doivent aussi arracher les racines profondes des conflits et de l'insécurité alimentaire. Quatrièmement, il faut défendre le multilatéralisme et améliorer la gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale. C'est une question qui exige des actes coordonnés et une réponse collective de la part de tous les pays. Une poignée d'États ne saurait imposer des solutions aux autres. Toutes les parties doivent aussi appuyer le rôle majeur de l'ONU et aider les organisations comme la FAO ou le PAM à s'acquitter de leur mandat en renforçant la coordination. Il nous faut renforcer la représentation des économies émergentes et des organisations internationales qui traitent de sécurité alimentaire. Il faut défendre le principe de la consultation et du partage des avantages, promouvoir une gouvernance de la sécurité alimentaire plus efficace et équitable et préserver les intérêts de tous les pays. Monsieur le Président, en tant que premier producteur céréalière au monde, nous donnons à manger à 1,4 milliard de personnes alors que le pourcentage de terres arables en Chine est minime. Plus d'un cinquième des céréales au monde sont produites en Chine. grâce aux efforts que nous avons déployés, nous sommes devenus autonomes en matière de production céréalière ainsi que d'autres produits de base. C'est une réussite remarquable pour la Chine et une grande contribution à la sécurité alimentaire mondiale. Nous restons déterminés à renforcer la coopération internationale, à améliorer la sécurité alimentaire mondiale et à appuyer les efforts qui sont déployés dans le monde pour faire reculer la pauvreté. L'initiative de développement mondial du président Xi Jinping ainsi que son initiative pour la gouvernance mondiale sont des cadres conceptuels pour nous orienter afin d'approfondir la coopération en matière de sécurité alimentaire mondiale et réformer le système de gouvernance de notre sécurité alimentaire. Nous avons apporté le plus de financement, dépêché le plus d'experts et mis en œuvre le plus de projets parmi tous les pays en développement dans le cadre du cadre de coopération Sud-Sud de la FAO. Nous sommes lancés dans des projets de coopération agricole avec plus de 40 pays et régions, promus plus de 1000 partages de technologies agricoles avec des pays en développement. Nous avons agi concrètement pour lutter contre les pénuries en denrées alimentaires. Nous continuerons de défendre le concept d'avenir commun pour toute l'humanité, travaillerons avec tous et contribueront encore davantage à l'éradication complète de la faim dans le monde et au maintien de la paix et de la sécurité mondiale ainsi qu'au développement et à la prospérité. Merci. Chair [1:27:20]: Merci. Je donne maintenant la parole à la Somalie. Somalia · Représentant [1:27:29]: Merci, Monsieur le Président. Tout d'abord, merci au Secrétaire général de ses remarques. Nous avons écouté avec attention ce qu'a dit Monsieur Skaw, directeur exécutif en exercice du Programme alimentaire mondial. Je tiens aussi à saluer la contribution du docteur Benoît. Monsieur le Président, l'utilisation des aliments et de la faim comme arme ou à des fins militaires n'est plus une menace lointaine, c'est une réalité quotidienne. Dans les théâtres de conflit, les parties s'en prennent à dessein au système alimentaire et utilisent la faim comme arme de guerre. Du Soudan à la Palestine, la faim n'est pas simplement le résultat du chaos, c'est l'issue de formes de privation délibérées qui menacent à la fois des vies humaines et la stabilité régionale. Pour traduire nos engagements en actes véritables, nous devons agir sur cinq plans, cinq priorités urgentes et interconnectées. Tout d'abord, et c'est la première mesure à adopter sans plus attendre, il faut veiller à ce que l'aide humanitaire, les denrées alimentaires puissent arriver à ceux qui en ont besoin sans obstruction, conformément aux principes inscrits dans la Charte des Nations Unies. Le Conseil doit insister pour que soit respecté le droit international humanitaire, protéger les chaînes d'approvisionnement pour les civils et étayer les efforts du Secrétaire général pour sécuriser des couloirs terrestres et maritimes. Deuxièmement, pour trouver des solutions durables, nous devons regarder en face les causes profondes des conflits, notamment l'héritage du colonialisme avec des injustices structurelles, des griefs qui n'ont pas trouvé réponse, le déni de droits qui entraîne conflits et faim. On le voit clairement notamment dans les territoires palestiniens occupés. En raison de l'occupation, de la destruction d'infrastructures civiles et de restrictions très sévères, la famine ravage Gaza. C'est l'une des pires famines résultant de l'action de l'homme. Cette situation est le résultat de choix politiques et non pas de pénurie naturelle. Pour sortir de ce cycle vicieux, il faut mettre fin à l'occupation illégale, cesser les destructions d'infrastructures et garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave dans les territoires palestiniens occupés. Il est donc très important que la Palestine devienne membre de plein droit de l'Organisation des Nations Unies. Il faut défendre le droit à un État palestinien avec Al-Quds Al-Sharif comme capitale. Troisièmement, Il faut renforcer les mécanismes d'alerte précoce et de riposte rapide. La prévention est essentielle. Le Conseil de sécurité doit utiliser pleinement les systèmes établis en vertu de la résolution 2417. Les conflits qui entraînent la faim sont un signe d'instabilité profonde. La perturbation en matière d'approvisionnement en énergie, en engrais, les perturbations commerciales doivent entraîner des ripostes humanitaires et diplomatiques rapide avant que l'urgence n'échappe à tout contrôle. Ces mécanismes doivent être protégés même en temps de difficultés financières pour veiller à ce que notre capacité à agir ne soit jamais hypothéquée en raison de sous-financement. Quatrièmement, il faut bâtir des systèmes équitables et résilients en matière d'approvisionnement alimentaire. Ça signifie qu'il faut partager des technologies, des connaissances de façon équitable avec les pays en développement. redresser les déséquilibres commerciaux mondiaux et étayer les acteurs agricoles locaux pour que tous les pays puissent résister aux chocs et réduire leur situation de dépendance. Ensuite, il faut exiger la reddition de comptes vis-à-vis des acteurs qui utilisent la faim comme arme, notamment les forces d'appui rapide au Soudan et l'occupation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Ces acteurs doivent avoir des comptes à rendre. Et enfin, je dirais ceci, Monsieur le Président, nous devons accepter une réalité difficile, à savoir que l'aide elle-même peut inscrire dans la durée une situation de dépendance. Les céréales importées arrivent sur les marchés pendant la récolte, entraînent une baisse des prix, ce qui prive des agriculteurs de leurs moyens de subsistance. Et en l'espace de quelques mois, ces agriculteurs-là vont faire la queue pour obtenir des repas, pas en raison d'un conflit ou de raisons climatiques, mais parce que les systèmes d'aide alimentaire les ont privés de leurs revenus. L'aide est souvent achetée à des fournisseurs de pays bailleurs de fonds, ce qui signifie qu'une part significative de ces ressources, de l'argent que cela représente, arrivent aux grandes entreprises agro-agricoles. C'est un système qui récompense la quantité et non pas le nombre de personnes dont les moyens de subsistance sont préservés. Lorsque les conflits menacent l'agriculture dans le Nord global, les agriculteurs sont protégés mais les agriculteurs du Sud global ne disposent pas des mêmes protections. Lorsque le conflit fait rage en Europe, l'Europe investit, reconstruit, investit dans le développement. Lorsque les conflits font rage en Afrique, on répond à l'aide d'aide humanitaire et de sanctions. Et on dépêche des mécanismes de surveillance du respect des droits de l'homme. La première approche nourrit la résilience, l'autre nourrit la dépendance. Voilà un dilemme que de nombreux acteurs ignorent. On combat le feu avec le feu, Monsieur le Président. Cette aide, cette assistance qui vise à exterminer la faim ne fait qu'apporter de l'eau au moulin de la dépendance au lieu de sauver le secteur agricole. Cette aide détruit le secteur agricole. Des récoltes brûlent et le l'on jette de l'huile sur le feu. Ce n'est qu'en agissant avec détermination et coordination dans tous ces domaines prioritaires que l'on peut briser le cercle vicieux des conflits et de la faim. J'aimerais faire quelques commentaires à présent pour réagir à l'intervention de M. Skar. Donc pour ceux qui dépeignent. La Somalie comme un cas humanitaire perpétuel en Afrique, eh bien, je dois vous dire que cette époque est révolue. Soyez assurés que ce ne sera plus le cas. Et c'est précisément pour cela que l'ONU est réformée aujourd'hui pour mieux prendre à bras le corps les défis que nous rencontrons. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [1:34:50]: Merci à la Somalie. Je cède la parole à la Colombie. Colombia · Représentant [1:34:54]: Monsieur le Président, nous remercions le Danemark d'avoir convoqué ce débat de haut niveau. Nous nous félicitons de votre présence, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères. Nous remercions également le Secrétaire général. des Nations Unies, le directeur exécutif par intérim du PAM et la docteure Perrine Benoit. Merci à tous les trois pour leur présentation très précieuse. Nous nous trouvons face à une situation internationale jalonnée de défis. Le rapport sur la sécurité alimentaire et la nutrition 2026 indique qu'il y a certes quelques améliorations, mais la réalité reste préoccupante. les niveaux d'insécurité alimentaire restent élevés. Nous sommes loin d'avoir garanti la réalisation du droit à l'alimentation. Les conflits armés et la violence représentent aujourd'hui le facteur numéro un, nourrissant l'insécurité alimentaire aiguë. Les conflits entraînent destruction des moyens de production, déplacement des communautés et, comme c'est dit dans le rapport Hunger Hotspot, Les conflits prennent pour cible parfois les marchés, les chaînes d'approvisionnement, bloquent l'arrivée de l'aide humanitaire. Les conflits hypothèquent aussi les moyens de subsistance, entraînent des restrictions à la mobilité, rendent plus difficile pour les populations qui en ont le plus besoin l'accès à l'alimentation. C'est pourquoi, Monsieur le Président, nous devons réaffirmer, comme cela a été fait aujourd'hui, les engagements pris dans la résolution 2417 adoptée en 2018. Nous devons notamment condamner l'utilisation de la faim comme méthode de guerre contre la population civile, réaffirmer l'obligation de protéger les biens indispensables à la survie des civils et dire de nouveau la nécessité de garantir l'accès humanitaire, un accès humanitaire sûr, rapide, sans obstacle. La faim se joue des frontières. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement, les perturbations le long d'itinéraires stratégiques, comme nous l'avons observé récemment dans le détroit d'Ormuz et ailleurs encore, frappent de façon disproportionnée les pays en développement. Pour un pays comme la Colombie, dont l'agriculture dépend de l'importation d'engrais, toute interruption des flux commerciaux internationaux se traduit immédiatement en coûts de production plus élevés, insécurité alimentaire et risque pour la résilience de nos campagnes. Face à une telle situation, la Colombie propose quatre axes pour que le Conseil agisse. Tout d'abord, la prévention et l'alerte précoce. Comme cela a été dit, nous devons renforcer les systèmes de suivi intégrés. la capacité d'identifier les menaces en temps réel n'est pas seulement un exercice technique, c'est un outil de sauvetage qui permet d'anticiper avant qu'une crise n'échappe à tout contrôle. La Colombie dit de nouveau le rôle central du Conseil de sécurité. Le Conseil doit être l'origine d'initiatives opportunes et informées pour protéger la population civile, pour éviter que la faim ne devienne une arme de guerre. Deuxièmement, résilience et flux logistiques. Il est impératif de garantir le libre transit de denrées alimentaires, d'engrais et d'énergie. Nous appelons à renforcer la coopération internationale et à continuer d'appuyer les bons offices du Secrétaire général, l'action de l'ONU et d'autres médiateurs pour atténuer les retombées des interruptions logistiques. Il faut veiller à ce que les entrants agricoles essentiels arrivent aux acteurs qui en ont le plus besoin. Troisièmement, coordination efficace au sein du système des Nations unies et avec les partenaires internationaux. La fragmentation est un luxe que l'on ne peut se permettre. Nous appelons la FAO, le FIDA, le PAM, et toutes les autres entités pertinentes du système des Nations Unies à redoubler d'efforts et à travailler la main dans la main avec les organisations régionales, les institutions financières internationales et les autres partenaires stratégiques. Sur le terrain, il nous faut des initiatives fortes, des financements flexibles, prévisibles sur la durée, une reddition de comptes véritable et une action cohérente, la priorité aux personnes frappées par la faim et les conflits. Il faut correctement articuler d'un côté l'aide humanitaire immédiate et de l'autre le relèvement, la reconstruction des moyens de subsistance, le renforcement de la résilience et la mise en place de solutions sur le plus long cours. Quatrièmement, il faut garantir un accès humanitaire sûr, soutenu, rapide et sans entrave. Alléger les souffrances des civils touchés par les conflits dans notamment ceux qui font face à la faim et à l'insécurité alimentaire, nécessitent que l'assistance humanitaire puisse parvenir à ceux qui en ont le plus besoin. Toutes les parties doivent pleinement respecter les obligations qui sont les leurs en vertu du droit international humanitaire, protéger la population civile, permettre et faciliter le passage rapide de l'aide sans entrave et respecter et protéger le personnel humanitaire en veillant à ce que celui-ci puisse s'acquitter de son travail en toute sécurité et avec efficacité. Enfin, Mais c'est très important, Monsieur le Président, nous condamnons les agissements de groupes terroristes, d'acteurs armés non étatiques et de réseaux de criminalité transnationale organisée qui détruisent des systèmes alimentaires, contrôlent des itinéraires commerciaux, détournent l'aide ou utilisent la faim et l'accès aux articles essentiels comme mode de coercition. Nous sommes fermement convaincus que Pour riposter face à ces menaces, il nous faut une coopération internationale visant avant tout à protéger les communautés et à garantir une reddition de comptes efficace. Merci beaucoup. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [1:41:24]: Je remercie le représentant de la Colombie et je donne la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:41:32]: Monsieur le Président, je me félicite de pouvoir présenter notre séance, Monsieur Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark. Je remercie le Secrétaire général des Nations unies, M. Guterres, le Directeur exécutif en exercice du PAM et la Dr. Benoist d'Action contre la faim. Je les remercie de leurs exposés édifiants. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417 en 2018 sur la fin du conflit, la situation continue de se dégrader face au conflit existant et à l'éclatement de nouveaux conflits. En tant que point focal aux côtés du Danemark de ce dossier, le Royaume du Bahreïn attend avec intérêt ces discussions sur le renforcement de cette résolution sur la prévention de l'insécurité alimentaire due aux conflits. Je formulerai trois observations. Premièrement, le lien étroit entre la faim et les conflits. Le Royaume du Bahreïn souligne qu'il convient de faire fond sur la résolution 2417 qui établit un lien entre les conflits et l'insécurité alimentaire. et souligne la nécessité de protéger les sites civils, de garantir l'accès humanitaire et de renforcer l'alerte précoce. Le dernier rapport en date de l'ONU sur les points chauds a identifié 13 pays et territoires dans lesquels l'insécurité alimentaire devrait encore s'aggraver. Alors que les conflits sont le principal facteur dans 12 d'entre eux, le Soudan, le Soudan du Sud, le Yémen et la Palestine figurent parmi les cas les plus graves. Toutes ces conclusions illustrent la nécessité d'une action urgente du Conseil de sécurité avant que ces risques ne dégénèrent en vaste crise humanitaire. Deuxièmement, étant donné les retombées sur le long cours des conflits sur la sécurité alimentaire, notamment les dégâts infligés aux terres arables et agricoles, la prolifération de restes explosifs et la situation des communautés agricoles, cette question revêt la plus haute importance. Il faut donc aider les populations à rétablir leur production alimentaire, leurs infrastructures et prendre des mesures pour garantir la continuité des chaînes d'approvisionnement. Troisièmement, alors que la nature des conflits évolue et que leurs effets s'étendent, notamment avec le recours croissant aux drones et le risque que cela fait peser sur l'action humanitaire, il est essentiel de protéger les opérations humanitaires et de garantir la distribution de vivres aux populations en toute sécurité, sans entrave. Les retombées des conflits pèsent également sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. J'en veux pour preuve la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel près de 30 Du commerce mondial des engrais passe et dès lors tout. Bouleversement dans la région a des effets sur les marchés des engrais les marchés mondiaux des engrais à cet égard le royaume du Bahreïn réaffirme que la protection de la liberté de navigation et la sécurité des axes navigables mondiaux n'est pas seulement une question de paix et de sécurité, mais est étroitement liée à la sécurité alimentaire. Lorsque les conflits perturbent le transport de vivres, d'engrais et d'énergie vers les marchés, des parties qui ne sont pas parties au conflit sont durement touchées, surtout les plus vulnérables. Il est essentiel que le Conseil de sécurité assume sa responsabilité en prenant des mesures fermes et de dissuasion pour pousser l'Iran à arrêter tous ses actes hostiles, à respecter la liberté de navigation, à garantir la sécurité et la sûreté de la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et dans les autres voies navigables internationales, et ne pas utiliser le détroit comme outil de pression, de coercition, C'est essentiel pour préserver la sécurité énergétique, garantir l'acheminement de vivres et de médicaments ainsi que le commerce mondial et garantir la prospérité, la stabilité et la sécurité dans la région et dans le monde. Madame la Présidente, relever les défis de l'insécurité alimentaire nécessite une coordination, une coopération entre les États membres, les organisations régionales et internationales, les acteurs humanitaires. le secteur privé afin de garantir une production agricole incessante et la résilience des systèmes alimentaires dans le respect du droit international et du DIH. En guise de conclusion, alors que les conflits continuent de faire rage et ont des répercussions sur les civils et la sécurité alimentaire, le Conseil dispose de mécanismes qui peuvent être pleinement utilisés pour faire face à l'insécurité alimentaire. L'insécurité alimentaire ne doit pas être une victime collatérale des conflits, mais doit faire partie intégrante de nos efforts pour protéger les civils, la paix et la sécurité. Merci. Présidente [1:47:27]: Je remercie le Bahreïn. La parole est au Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentant [1:47:32]: Merci, Madame la Présidente. Nous remercions le Danemark d'avoir convoqué cette discussion cruciale au cours de sa présidence. Je remercie également le secrétaire général ainsi que le directeur exécutif par intérim, Skou, et Mme Benoit pour leurs exposés qui font froid dans le dos. 8 ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits demeurent un des principaux facteurs de l'insécurité alimentaire aiguë, comme nous l'avons entendu l'année dernière pour la première fois ce siècle. Une famine a été décrétée simultanément dans le cadre de deux conflits au Soudan et à Gaza. L'insécurité alimentaire extrême perdure à ces deux endroits. Ces famines étaient créés par l'homme. Cela nous rappelle que la faim n'est pas inévitable, mais souvent découle de choix, de choix de refuser aux civils des vivres, l'aide et les services essentiels. Les enfants paient le plus lourd tribut. Il faut avant tout garantir un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave, mettre fin aux attaques contre les infrastructures alimentaires et au bout du compte, mettre fin au conflit qui alimente la faim. Monsieur le Président, les effets des conflits sur la sécurité alimentaire ne se contentent plus aux champs de bataille. Les conflits bouleversent également les réseaux mondiaux de transport des denrées alimentaires, des carburants et des engrais, avec des conséquences qui se font ressentir bien au-delà des conflits. Les attaques de la Russie contre la navigation des navires civils et des ports de la mer Noire ont sapé l'une des plus grandes routes d'exportation de céréales. L'Ukraine était autrefois le grenier du monde. L'agression russe continue d'endommager les infrastructures qui nourrissent des millions de personnes de par le monde. Les infrastructures sont essentielles à la production alimentaire, au transport et à la distribution doivent être protégés. Nous appelons la Russie à cesser ces attaques et à respecter le DIH. Les attaques et la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz ont également perturbé les chaînes d'approvisionnement et les marchés des engrais. Comme nous l'a rappelé le secrétaire général hier, cela a entraîné des davantage de faim, des récoltes plus maigres et de grandes souffrances, surtout pour les plus vulnérables. Nous appelons l'Iran à rouvrir le détroit, à respecter la liberté de navigation, la primauté de la convention sur le droit de la mer. Tant l'Iran que la Russie ont réduit les exportations de céréales, faisant grimper en flèche les cours des aliments. Les pays dépendants des importations vulnérables sont les plus durement touchés. Les conflits et le mépris du DIH aggravent les stress climatiques, l'endettement, les autres vulnérabilités structurelles. El Niño pourrait également toucher les plus vulnérables. Il faut donc agir de façon coordonnée. Nous appelons à la stricte mise en œuvre de la résolution 2417. Il faut donc prendre en compte les conflits qui mettent en péril la sécurité internationale. Nous avons déjà les outils permettant de déceler les risques de famine. Nous devons continuer d'utiliser les technologies à cet égard. L'alerte précoce doit engendrer une action précoce. Les violations doivent l'objet de reddition de comptes. Nous sommes prêts à travailler avec les partenaires pour renforcer l'alerte précoce, accélérer les secours d'urgence, notamment par un financement des risques de catastrophe. La résolution 2417 nous donne un cadre. Le Conseil de sécurité dispose des outils nécessaires. L'alerte précoce doit donner lieu à l'action précoce. Il faut défendre le DIH et garantir que des comptes soient rendus avant que la faim. Ne se mue en famine et que la famine ne se mue en catastrophe. Chair [1:51:22]: Merci au Royaume-Uni. Le Pakistan a la parole. Pakistan · Représentant [1:51:26]: Merci. Nous remercions le Danemark d'avoir convoqué ce débat crucial. Nous remercions également le Secrétaire général de ses observations très utiles et des recommandations formulées aujourd'hui. Je tiens également à remercier M. Skou et la docteure Benoit de leurs exposés édifiants. Nous sommes d'accord pour dire qu'il faut sortir de l'engrenage des conflits qui engendrent la paix pour passer à un cercle vertueux en faveur de la paix. Aujourd'hui, nous constatons une dynamique en deux sens qui est bien inquiétante. Les conflits engendrent la faim à grande échelle, tandis que la faim et le désespoir économique aggravent la fragilité et accroissent les risques de conflits. Les statistiques font froid dans le dos. Le rapport de 2025 sur la faim dans le monde démontrait que 266 millions de personnes avaient connu la faim aiguë l'an dernier. Elle a doublé en fait la faim ces dernières décennies. Aujourd'hui, 70 % Des personnes souffrant de la faim aiguë vivent dans des pays en état de précarité ou en conflit. Ainsi, dans le dernier rapport du PAM, il y aurait 13 points chauds où les conflits et les violences constituent les principaux facteurs de la faim dans 12 d'entre eux. La résolution 2417 a reconnu ce lien il y a huit ans. Aujourd'hui, Ce qui fait défaut, ce ne sont pas les normes, mais bien leur application scrupuleuse, comme l'a souligné le secrétaire général, comme nous l'ont dit les intervenants et bon nombre de membres du Conseil de sécurité. Madame la présidente, la faim, le châtiment collectif, hélas, continuent d'être utilisés pour atteindre des desseins politiques ou économiques en grave violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité. Cet échec à assumer ses obligations est particulièrement manifeste à Gaza. La privation de vivre et d'autres articles essentiels, les restrictions quant à l'aide humanitaire, la destruction d'infrastructures civiles ont infligé d'indicibles souffrances au peuple palestinien. Cet état de désolation se retrouve au Yémen, au Soudan, au Soudan du Sud, en Haïti et également dans d'autres situations de conflits prolongés, notamment dans les territoires occupés où les moyens de subsistance se sont effondrés, où des millions de personnes dépendent à présent de l'aide humanitaire pour survivre. Madame la Présidente, des tendances récentes démontrent que les conséquences des conflits sur l'insécurité alimentaire se ressentent bien loin des théâtres de conflits. Le conflit en Ukraine le démontre clairement, notamment les perturbations pour les exportations de céréales, d'engrais en mer Noire ont entraîné de grandes pressions sur les coûts du fret et les coûts alimentaires. Les obstacles dans le détroit d'Ormuz constituent également une autre menace majeure quant au marché énergétique et des engrais, au commerce mondial. Étant donné que le détroit d'Ormuz faisait passer près d'un tiers du pétrole brut de par le monde et une grande partie des engrais. Cela entraîne des effets domino sur les coûts des transports, l'agriculture et les cours des vivres. Et les attaques contre les navires commerçants en mer Rouge ont encore aggravé cette situation. Hélas, toutes ces conséquences se ressentent particulièrement dans les pays en développement qui font déjà. Face à une marge budgétaire étroite et sont très dépendants des importations. d'énergie et d'aliments. Nous pensons que les conflits et la faim et les autres questions abordées dans ce débat devraient être examinés de façon globale et cohérente. Tout d'abord, le droit international humanitaire doit être pleinement respecté de façon cohérente, sans sélectivité. La faim en tant que méthode de guerre est proscrite. Les aliments, l'agriculture, les autres infrastructures essentielles à la survie des civils doivent être protégés. Deuxièmement, l'assistance humanitaire ne peut faire l'objet de calculs politiques ou militaires. Il faut un accès humanitaire rapide, sûr, en toute sécurité. Les acteurs humanitaires doivent pouvoir faire leur travail en toute sécurité, librement, et l'aide doit parvenir à ceux qui en ont le besoin sans obstacle. Les obstructions ou les retards délibérés dans la distribution de l'aide humanitaire doivent faire l'objet de reddition de comptes. L'alerte précoce doit engendrer une action précoce. La résolution 2417 permet d'alerter le conflit lorsque des conflits pourraient donner lieu à une grande insécurité alimentaire. Cependant, ces signaux d'alarme sont dénués de sens si la communauté internationale n'agit que lorsque la faim s'est muée en famine. Des évaluations du secrétaire général, du PAM, de la FAO et d'autres entités compétentes de l'ONU devraient permettre une action préventive. Madame la présidente, nous devons également reconnaître que l'action humanitaire seule ne peut se substituer aux solutions politiques tant que les conflits n'auront pas été réglés. Les besoins humanitaires vont continuer de s'accroître, tout comme l'insécurité alimentaire. Nous devons prévenir et régler les conflits grâce à la diplomatie, en favorisant le dialogue et le règlement pacifique des différends conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international, ainsi qu'aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, comme cela figurait également dans la résolution 2718 adoptée l'an dernier. Le Pakistan continue de contribuer sensiblement à ces objectifs, notamment en participant à diverses missions de maintien de la paix, en appuyant les processus politiques et par nos efforts de médiation pour apaiser les tensions en Asie occidentale, pour garantir la mise en œuvre du protocole d'entente d'Islamabad entre l'Iran et les États-Unis en coopération étroite avec nos partenaires du Golfe et au-delà. Madame la Présidente, huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les enseignements tirés sont limpides. Les liens entre la paix, la sécurité et le développement ont été bien établis. Au bout du compte, il ne pourra y avoir de sécurité alimentaire pérenne sans paix. La tâche qui incombe au Conseil de sécurité ne consiste donc pas seulement à réagir aux conséquences de la faim, mais bien. À s'acquitter de sa responsabilité première de prévenir et de régler les conflits qui engendrent la faim. Le Pakistan continuera d'appuyer les efforts collectifs pour atteindre cet objectif. Je vous remercie. Chair [1:59:35]: Je remercie le Pakistan et je donne la parole au Liberia. Liberia · Représentant [1:59:41]: Merci, Madame la Présidente. Le Liberia remercie la présidence danoise d'avoir convoqué ce débat public de haut niveau qui tombe à point nommé. Je remercie également le Secrétaire général, le Directeur exécutif en exercice du PAM, la codirectrice d'Action contre la faim, qui représente la Coalition contre le conflit et la faim, pour leurs exposés riches en informations et leurs points de vue inspirés de la situation sur le terrain. Nous nous félicitons de la présence de nombreuses excellences et collègues illustres participent à ce débat. Madame la Présidente, le Libéria aujourd'hui prend la parole non pas en tant que spectateur de la. Faim, mais en tant que pays ayant échappé à la faim. Nous connaissons le son d'un convoi alimentaire qui est repoussé à un point de passage Nous connaissons le silence d'un marché qui a été détruit parce que la route qui arrive est devenue une ligne de front. Quatorze années de guerre civile nous ont appris à mon pays une vérité bien triste. Lorsque la guerre prend en piège les aliments, la guerre a déjà gagné et l'avenir d'une nation s'effondre aux côtés de son peuple affamé. Nous continuons d'essayer de Retrouver notre paix intérieure face à ce souvenir bien douloureux. Voilà pourquoi, pour le Liberia, la sécurité alimentaire, ce n'est pas seulement une ligne sur un plan de développement, c'est un pilier de notre sécurité nationale. Madame la Présidente, nous devons nommer précisément le sujet dont nous débattons ici, la faim. C'est un estomac vide. L'insécurité alimentaire, c'est le système instrumentalisé derrière ce ventre qui crie famine. Les silos à grains bombardés, les ports soumis à un blocus, les champs incendiés, les cargaisons d'engrais bloquées en mer, Les convois d'aide alimentaire tenus en otage pendant 40 jours d'affilée. Aujourd'hui, nous l'avons entendu à de nombreuses reprises, 318 millions d'êtres humains vivent pris à ce piège artificiel, ce piège construit par l'homme. L'escalade dans la région du détroit d'Ormuz, menace à elle seule de pousser dans l'abîme 45 millions de personnes de plus, en faisant d'une artère maritime vitale un goulet d'étranglement. Excellence, en 2025, pour la première fois depuis le début du siècle, le Conseil de sécurité a été le témoin de deux famines déclarées au même moment à Gaza et au Soudan. Et ce, sept ans après l'adoption de la résolution 2417, une résolution qui déclarait que de telles situations étaient intolérables. La vérité qui dérange est celle-ci ce n'est pas une fatalité, c'est un choix. Et lorsqu'il y a un choix qui est fait, il y a des coupables. Soyons clairs, la famine n'est pas une conséquence accidentelle de la guerre. Refuser à dessein de la nourriture aux civils, c'est un crime de guerre. Et ce Conseil doit cesser de traiter ce phénomène comme une note de bas de page en temps de conflit. C'est pourquoi le Liberia appelle le Conseil de sécurité à agir sur quatre fronts. Tout d'abord, il faut opérationnaliser l'architecture d'alerte précoce prévue dans la résolution 2417 avec des seuils automatiques, non discrétionnaires, Lorsque des couloirs maritimes sont perturbés en raison des hostilités, lorsque les hostilités entravent les exportations d'engrais ou de denrées énergétiques, alors il faut qu'il y ait automatiquement des sanctions ciblées contre ceux qui utilisent l'accès comme arme de guerre, sans attendre qu'une famine soit déclarée. Deuxièmement, il faut protéger les États qui souffrent le plus d'insécurité alimentaire et dépendent le plus des importations grâce à des couloirs humanitaires, des couloirs maritimes et aériens sûrs, sans entrave et protégés par un mandat contraignant adopté par le Conseil de sécurité et non laissés à la merci de la bonne volonté des belligérants. Troisièmement, il faut passer de la réaction À la résilience institutionnalisée. Les institutions financières internationales, le système de l'ONU, les organisations régionales doivent déployer des liquidités d'urgence pour les États sortant de conflits et les États à haut risque. Car investir dans la production agroalimentaire locale, ce n'est pas de la charité, c'est une façon de prévenir les crises. Quatrièmement, Il faut donner au secrétaire général un mandat de bons offices consistant à négocier en temps réel des moyens de protection pour les itinéraires d'approvisionnement pour les civils. Il faut aussi directement ici au Conseil de sécurité lors des séances d'information pouvoir donner en direct les données satellites de surveillance des marchés pour que les marchés soient toujours défendus, préservés avant de s'effondrer. Excellence. La guerre est difficile à contenir. La faim plutôt est difficile à contenir. Elle vide des villages entiers entraînant des déplacements de population vers des camps. Ces camps de déplacés ensuite deviennent les terrains de recrutement pour les guerres de demain. une récolte qui aujourd'hui ne peut avoir lieu, c'est toute une génération qui demain sera radicalisée. Et la guerre de cette génération là produira la prochaine famine. C'est pourquoi le Conseil de sécurité ne peut affirmer protéger la paix tout en tolérant que la faim soit utilisée comme arme pour manufacturer les ennemis de la paix. En guise de conclusion, Madame la Présidente, le Libéria s'est relevé après une guerre qui utilisait la faim, le ventre vide de nos enfants comme arme. Nous n'allons pas rester passifs ici en salle du Conseil de sécurité, en regardant le monde négocier les modalités logistiques de la prochaine famine de masse. La prochaine famine que ce Conseil n'aura pas prévenue ne sera pas racontée dans un rapport. Elle sera gravée dans le marbre des pierres tombales. Merci de votre aimable attention. Présidente [2:08:49]: Merci aux représentants du Libéria. Je donne maintenant la parole à la Grèce. Greece · Représentant [2:08:53]: Madame la Présidente, merci au Danemark d'avoir convoqué ce débat ô combien important. Je remercie également le Secrétaire général pour son engagement de tous les instants sur ce front. Mes remerciements vont également au directeur en exercice du PAM, M. Karl Schaub, ainsi qu'à la co-PDG d'Action contre la faim et membre de la Coalition mondiale contre les conflits et la faim, le Dr Perrine Benoit, pour les messages puissants qu'ils ont transmis ici et tout leur travail. Le message est clair. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits restent un facteur majeur dans l'insécurité alimentaire aiguë. Le dernier rapport de la FAO et du PAM sur les points chauds en matière de famine tire la sonnette d'alarme, avertissant que l'insécurité alimentaire aiguë devrait se détériorer dans treize pays Le Soudan, la Palestine, le Sud-Soudan, Haïti, le Mali sont confrontés au risque le plus important de famine ou d'insécurité alimentaire catastrophique. Dans le même temps, les conséquences des conflits se font sentir bien au-delà des champs de bataille. J'aimerais, dans un tel contexte, souligner quatre points. Premièrement, la Grèce souligne que la résolution 2417 doit rester un levier d'action plutôt qu'une simple déclaration. Le Conseil doit utiliser cet outil de façon plus cohérente. pour prévenir la faim, la mettre en lumière ou y réagir lorsqu'elle est notamment provoquée par des conflits armés, y compris en exigeant le respect du droit international humanitaire et un accès humanitaire sans entrave. Les États membres ont une responsabilité, celle de défendre et respecter les résolutions adoptées par le Conseil. Deuxièmement, L'accès est clé. Protéger les systèmes alimentaires nécessite de protéger l'infrastructure et les itinéraires qui sous-tendent ces systèmes. L'insécurité alimentaire ne s'arrête pas aux frontières lorsque la sécurité maritime est menacée ainsi que les itinéraires commerciaux. La guerre en Ukraine et les tensions dans le détroit d'Ormuz montrent que les perturbations du commerce maritime, des flux d'énergie, d'engrais, d'articles humanitaires peuvent rapidement se traduire en une flambée des prix des denrées alimentaires et davantage d'insécurité alimentaire, notamment dans les pays qui dépendent des importations. Ces derniers mois, la Russie a remis au goût du jour une pratique datant des premiers mois de sa guerre d'agression contre l'Ukraine, à savoir s'en prendre aux infrastructures portuaires ukrainiennes et aux navires civil en mer Noire, ce qui prive des pays en développement de denrées céréalières essentielles et contribue à faire augmenter de façon significative les prix des denrées alimentaires et des engrais. Selon une évaluation de la FAO, les restrictions en mer Noire ont une conséquence directe sur le pouvoir d'achat des populations à faible revenu. exacerbant encore davantage l'insécurité alimentaire et la malnutrition dans des régions en proie à des crises. À Gaza, le fossé entre les besoins humanitaires et l'aide qui parvient bel et bien aux civils reste toujours alarmant. Il nous faut un afflux prévisible de denrées humanitaires et commerciales. Des flux qui doivent être maintenus et revenus à la hausse, y compris à travers la levée des obstacles qui entravent leur acheminement. Les acteurs humanitaires, y compris l'UNHCR, peuvent jouer à cet égard un rôle de taille. Au Soudan, les attaques de drones de plus en plus nombreuses perturbent l'arrivée d'aide humanitaire, de denrées alimentaires commerciales, le bon fonctionnement des marchés et d'infrastructures essentielles, ce qui aggrave l'insécurité alimentaire, notamment au Darfour, au Kordofan, dans le Nil Bleu. dans le corps de fond du Nord selon l'ONU il y aurait eu 21 incidents liés à des attaques de drones entre le 1er et le 19 juillet cela des conséquences néfastes pour les quartiers résidentiels les infrastructures d'approvisionnement en électricité les marchés les stations essence à elobe l'insécurité qui continue de faire rage aggrave les pénuries en aliments et en médicaments et entraîne davantage de déplacement de population troisièmement en tant que l'une des plus grandes nations maritimes au monde, la Grèce souligne que la liberté de navigation et les droits de passage à travers les détroits internationaux doivent être respectés scrupuleusement conformément au droit international tel qu'il est codifié dans l'UNCLOS. Des lignes de communication maritimes sûres sont indispensables pour la sécurité alimentaire mondiale. Préserver la sécurité maritime, les voies de transport et les chaînes d'approvisionnement humanitaires doivent donc rester une priorité pour le Conseil de sécurité. Quatrièmement, le monde constate l'amenuisement des ressources humanitaires et précisément au moment où les besoins sont les plus grands, comme l'ont souligné nos invités, les acteurs humanitaires de plus en plus doivent faire plus avec moins, alors que les crises se multiplient et que le sous-financement s'aggrave. Des financements prévisible et suffisant, arrivant notamment par le truchement de mécanismes multilatéraux, ne représente pas seulement un impératif moral, c'est un élément sine qua non si nous ne voulons pas que les crises alimentaires d'aujourd'hui ne se muent demain en famine. La Grèce est membre de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté depuis 2024 et signataire du communiqué conjoint de 2023 condamnant l'utilisation de l'alimentation comme arme de guerre. À ce titre, nous restons bien décidés à passer de la solidarité aux actes. Nous continuons d'étayer le Programme alimentaire mondial, y compris via notre participation à l'initiative céréales d'Ukraine et nos contributions aux opérations du PAM au Soudan. Faisant fond sur notre aide humanitaire pour les civils de Gaza l'année dernière, nous avons plutôt cette année Envoyez trois tonnes d'aide humanitaire, y compris des denrées alimentaires et de l'eau, au Liban. En guise de conclusion, Madame la Présidente, la faim qui découle de conflits n'est pas un phénomène inévitable et il n'est pas acceptable. La résolution 2417 nous donne le cadre à mettre en œuvre. Nous devons maintenant l'appliquer. Nous sommes disposés à travailler avec tous nos partenaires pour atteindre cet objectif partagé. Merci. Présidente [2:15:52]: Merci à la Grèce. Je donne maintenant la parole au Panama. Panama · Représentant [2:15:56]: Merci, Madame la Présidente. Nous saluons chaleureusement Son Excellence Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark, qui nous fait l'honneur de présider cette séance. Nous remercions la présidence d'avoir convoqué ce débat public essentiel. Nous remercions le secrétaire général Antonio Guterres pour son intervention, ainsi que M. Carlos Chao, directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial. Nos remerciements vont également à Mme Perrine Benoit, codirectrice exécutive d'Action contre la faim. Leurs présentations doivent nous pousser à agir et à mobiliser plus de volonté politique. Voilà neuf ans, le Conseil de sécurité reconnaissait via la résolution 2417 le lien qui existe entre les conflits armés et l'insécurité alimentaire. Un lien qui continue aujourd'hui de toucher des millions de personnes. L'insécurité alimentaire découlant de conflits n'est pas une simple conséquence de la guerre. C'est un phénomène qui nuit à la production. Les populations souffrent de déplacements, le bon fonctionnement des marchés est interrompu, les itinéraires commerciaux, les chaînes d'approvisionnement sont interrompues. Les conséquences du phénomène ne concernent donc pas seulement les théâtres de conflits et il touche particulièrement les pays dépendants des importations. La sécurité alimentaire est liée aux relations de pouvoir. Le contrôle territorial implique un contrôle des terres, des voies maritimes, des marchés, des routes d'approvisionnement, des ressources. Par conséquent, préserver les systèmes alimentaires signifie réduire les pressions économiques qui peuvent approfondir les dynamiques de conflit. Le récent rapport de la FAO et du PAM, publié en juin 2026, signale que les conflits armés sont un facteur déterminant dans douze des treize principaux foyers de famine au monde. Le Soudan est l'un des exemples les plus graves. Selon une analyse récente du cadre intégré de classification de sécurité alimentaire, le cadre IPC, Près de 18,5 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire aiguë et 14 différentes zones du Darfour et du Kordofan sont des foyers de famine potentielle. Cette détérioration de la sécurité alimentaire au Soudan n'est pas un phénomène parallèle au conflit. C'est un phénomène qui s'inscrit dans sa dynamique même. À Gaza, au milieu de la destruction et des déplacements, L'accès à l'aide humanitaire à plus grande échelle a contribué, il faut le reconnaître, à améliorer les conditions dans certaines zones. Cependant, les besoins restent pressants. Plus d'un virgule quatre millions de personnes pourraient se trouver dans des situations de crise alimentaire pendant le deuxième semestre 2026. D'autre part, en Haïti, pays frère, la violence et le contrôle de certains territoires par les gangs entraînent des interruptions de l'approvisionnement en denrées alimentaires. L'extorsion, la violence entraînent une flambée des prix des produits de première nécessité et des restrictions à l'accès aux aliments pour bon nombre d'habitants. À Artibonite, l'une des zones de production de denrées alimentaires les plus importantes du pays, la violence contre les communautés rurales, contre les producteurs, affaiblit la production agricole. et augmente la dépendance vis-à-vis des importations. Ce sont des dynamiques qui aggravent l'une des crises humanitaires et alimentaires les plus graves de notre région. Madame la Présidente, la guerre en Ukraine et l'interruption des exportations de céréales et d'engrais montrent une autre dimension de cette problématique, à savoir que la sécurité alimentaire de nombreux États peut souffrir de conflits qui font rage à des milliers de kilomètres de là. L'initiative d'importation de céréales via la mer Noire nous a montré que même en temps de conflit armé, grâce à la diplomatie, on peut mettre sur pied des mécanismes concrets. Grâce à ces bons offices, à l'action du secrétaire général Antonio Guterres et du gouvernement de la Turquie, il a été possible de mettre sur pied des mécanismes qui ont facilité l'exportation de denrées alimentaires et d'engrais, particulièrement important pour des pays dépendant lourdement des marchés internationaux. Dans le même esprit, les événements actuels dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge montrent que les routes maritimes ont une importance critique en matière d'accès à l'aliment et à l'énergie. L'interruption des flux via ces routes maritimes, que ce soit horizon d'attaque ou de bouclage, a des conséquences néfastes, notamment pour les pays du Sud global et ceux qui ont moins de capacité pour faire face à de tels chocs. Nous réitérons l'importance de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave. Nous répétons notre condamnation de toute attaque visant du personnel humanitaire et exhortons à respecter le droit international humanitaire. L'histoire de mon pays, son économie, son sens des responsabilités internationales sont liés profondément à la mer. Nous comprenons donc particulièrement bien cette réalité. Le canal de Panama relie différents marchés et facilite le mouvement de biens essentiels. 5% du commerce maritime mondial passe par le canal de Panama, tout comme des volumes importants de produits agricoles comme le maïs, le soja ou le blé. Aux yeux de mon pays, garantir des routes maritimes ouvertes, sûres et efficaces signifie aussi contribuer à la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales et à la résilience des systèmes alimentaires. Nous nous engageons dans ce sens au service de l'action humanitaire. Cela se voit aussi au Centre logistique régional pour l'aide humanitaire qui se trouve à Panama. ou encore au Centre pour la riposte humanitaire des Nations unies administré par le Programme alimentaire mondial dans notre pays. Avec des organisations internationales, nous avons aussi mis sur pied l'Observatoire de l'aide humanitaire qui a pour raison d'être de renforcer les travaux d'analyse, la coordination et l'alerte précoce, contribuant à une riposte plus efficace face aux crises. Madame la Présidente, aux yeux du Panama, la résolution 2417 continue d'être un cadre fondamental pour reconnaître le lien qui existe entre conflits et insécurité alimentaire et y réagir. La mise en œuvre de cette résolution vise à protéger les populations, leurs moyens de subsistance et les infrastructures essentielles, à garantir un accès humanitaire sûr, sans interruption. Le Panama dit de nouveau son appui aux initiatives diplomatiques et humanitaires qui visent à renforcer le rôle du Conseil de sécurité pour atténuer les crises alimentaires mondiales. Merci beaucoup. Présidente [2:23:33]: Merci au représentant du Panama pour son intervention. Avant de donner la parole aux orateurs qui l'ont demandée au titre de l'article 37, je souligne que de très nombreuses délégations ont demandé à pouvoir intervenir. C'est pourquoi je demande à toutes et tous de ne pas dépasser cinq minutes par intervention. Vous verrez la lumière de votre microphone commencer à clignoter après cela pour vous inviter à conclure. Je donne la parole au Kazakhstan. Kazakhstan · Représentant [2:23:58]: Madame la Présidente, Merci à la présidence danoise d'avoir convoqué ce débat public de haut niveau sous la présidence du ministre danois des Affaires étrangères. Je remercie également les invités de ce matin pour leur contribution précieuse. Les conflits restent le moteur principal de l'insécurité alimentaire mondiale de par le monde. C'est un facteur d'instabilité, de déplacement. un facteur de violence. Pour sortir de ce cycle vicieux, nous devons non seulement agir sur le plan humanitaire en temps voulu, mais aussi déployer des efforts soutenus pour prévenir les conflits et bâtir une paix pérenne. Nous accordons une importance particulière à la résolution 2417 pendant notre mandat en tant que membre non permanent en 2017-2018, nous avons participé activement aux travaux et aux négociations qui ont débouché sur l'adoption à l'unanimité de cette résolution historique. À l'époque, nous avions travaillé avec la Suède, qui était membre du Conseil, et nous avons travaillé avec Carl Skår en étroite collaboration notamment pour faire naître ce document important. Et je suis d'accord avec Carl et d'autres collègues, l'heure est venue de se concentrer non seulement sur la réaffirmation des principes contenus dans cette résolution, mais de consolider sa mise en œuvre dans la pratique. Pour nous, l'alimentation ne doit pas être utilisée comme arme de guerre. Le Conseil de sécurité doit continuer de renforcer les mécanismes d'alerte précoce, faciliter un accès humanitaire sûr et sans entrave et réagir rapidement lorsque les conflits menacent la sécurité alimentaire. Dans le même temps, l'alerte précoce doit entraîner une action précoce, un engagement politique en temps voulu, une action de diplomatie préventive, et une riposte humanitaire coordonnée avant que l'insécurité alimentaire ne cède la place à la famine et entraîne une instabilité régionale encore plus grande. Les difficultés aujourd'hui en matière de sécurité alimentaire ne concernent pas que les théâtres de conflits immédiats. Il y a des perturbations au niveau des couloirs de transport, des marchés énergétiques, de l'approvisionnement en engrais, du commerce en denrées alimentaires et agricoles. Cela a des conséquences profondes pour les pays qui importent leurs denrées alimentaires, notamment les pays en développement et les pays en développement sans littoral. Des chaînes d'approvisionnement mondiales résilientes, ouvertes et prévisibles sont dans l'intérêt de tous les États membres. Nous pensons que la coopération régionale est indispensable pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale en Asie centrale. De plus en plus, nous travaillons la main dans la main pour appuyer le relèvement de l'Afghanistan sur le long terme à travers le renforcement du commerce, de la connectivité, de la coopération agricole et de l'aide humanitaire. Nous restons convaincus que renforcer la sécurité alimentaire en Afghanistan et les capacités agricoles du pays est essentiel si nous voulons améliorer la vie des Afghanes et Afghans et entraîner une stabilité régionale sur le long terme. Nous continuerons de renforcer l'intégration de l'Afghanistan dans les réseaux régionaux économiques et de transport, car nous savons que le développement durable, la sécurité alimentaire et la paix se renforcent mutuellement. À cet égard, le Centre régional des Nations Unies pour les objectifs de développement durable en Asie centrale et en Afghanistan à Almaty, sera un forum important pour promouvoir la coopération régionale, notamment en matière d'agriculture durable, de sécurité alimentaire, de résilience climatique et d'un appui international coordonné pour l'Afghanistan. Nous pensons que ce centre peut jeter des ponts concrets entre action humanitaire, développement durable et consolidation de la paix dans toute la région. Nous restons aussi engagés en faveur de l'action préventive rapide. Nous voulons renforcer notre coopération à travers l'Organisation islamique pour la sécurité alimentaire, l'IOFS pour son sigle anglais, qui a son siège à Astana. Il s'agit d'une institution spécialisée, l'institution spécialisée de l'Organisation de la coopération islamique. L'IOFS contribue à développer des réserves stratégiques en denrées alimentaires, à renforcer la résilience agricole, à appuyer les systèmes d'alerte précoce et à permettre une meilleure assistance alimentaire pour les populations vulnérables. Nous encourageons une étroite collaboration entre l'UFS et les agences pertinentes de l'ONU, y compris le PAM et la FAO, pour bâtir des systèmes alimentaires mondiaux plus résilients. Les organisations régionales peuvent et doivent être des partenaires efficaces de l'ONU pour lutter contre l'insécurité alimentaire. Nous restons convaincus que prévenir l'insécurité alimentaire nécessite plus que des ripostes d'urgence. Il faut investir sur le long cours dans des systèmes agricoles résilients face au climat, des technologies plus économes en eau, des systèmes logistiques modernes, des systèmes d'alerte précoce et un développement rural inclusif. La résolution 2417 nous a rappelé que la faim et les conflits sont inséparables et les discussions d'aujourd'hui nous rappellent que la sécurité alimentaire et la paix sont aussi inséparables. Aucune paix n'est possible lorsque la faim persiste et aucune sécurité alimentaire n'est durable sans la paix. Le Conseil de sécurité a la responsabilité et la possibilité d'agir de façon préventive, axée sur l'avenir. Nous sommes tout prêts à travailler avec tous nos partenaires pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale et bâtir un avenir plus pacifique, résilient et durable. Je vous remercie. Présidente [2:29:18]: Je remercie le Kazakhstan de cette déclaration. La parole est à la République de Corée. Republic of Korea · Représentant [2:29:24]: Merci, Madame la Présidente. La République de Corée remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat opportun. Je remercie également le Secrétaire général, Antonio Guterres, le Directeur exécutif en exercice du PAM, Karl Schake, ainsi que la docteure Perrine Benoit d'Action contre la faim. Je les remercie de leurs exposés édifiants. Madame la Présidente, tel qu'énoncé dans la résolution 2417 du Conseil de sécurité, Le lien qui unit conflit et insécurité alimentaire aiguë est clair. Cependant, huit ans après l'adoption de cette résolution, nous observons toujours des niveaux inégalés de faim dans le monde dus aux conflits armés et leurs conséquences. À cet égard, la République de Corée voudrait mettre en exergue trois priorités, plusieurs priorités. Tout d'abord, la faim ne devrait jamais être brandie comme arme de guerre. La résolution 2417 proscrit expressément l'utilisation de la faim comme arme, la prise pour cible d'infrastructures civiles indispensables à la distribution de vivres et l'obstruction des livraisons. d'aide alimentaire humanitaire. Cependant, aujourd'hui, ces principes fondamentaux sont foulés aux pieds. J'en veux pour preuve les attaques contre la logistique agricole, les ports commerciaux et ou encore les gazoducs et oléoducs ainsi que l'obstruction délibérée de l'aide humanitaire et la prise pour cible d'humanitaires. Le Conseil de sécurité doit agir à l'unanimité grâce à une volonté politique forte, à des mesures cohérentes pour garantir la protection de toutes les chaînes d'approvisionnement alimentaire vitales. Deuxièmement, nous devons miser sur la résilience sur le long cours afin de prévenir les perturbations locales de la sécurité alimentaire qui ont des effets sur l'instabilité mondiale. La République de Corée partage ces technologies résilientes avec les pays en développement. En renforçant les capacités de production, nous aidons les pays vulnérables à être plus à l'abri des chocs environnementaux et géopolitiques. Troisièmement, nous avons besoin de stratégies intégrées. tenant compte des liens entre l'action humanitaire, le développement et la paix pour faire face à la fin du conflit. À cet égard, le Conseil de sécurité pourrait resserrer ses liens avec la Commission de consolidation de la paix, les entités compétentes, les IFI et les organisations internationales, tout en veillant à ce que l'ONU s'acquitte de son mandat comme il se doit. Face à cette crise alimentaire mondiale, la République de Corée a lancé une initiative phare en partenariat avec le PAM, l'initiative Reach, à savoir fournir une aide d'urgence aux ménages touchés par les conflits. Par l'entremise de cette initiative, non seulement nous avons prêté une assistance directe à plus de deux millions de personnes dans certaines des crises humanitaires les plus complexes, Gaza ou en Syrie, mais nous avons également contribué à renforcer la résilience en redynamisant les marchés locaux, en rétablissant les chaînes d'approvisionnement locales. Aux côtés de cette initiative, WICHH, la République de Corée, a lancé l'initiative Revive auprès du PNUD et l'initiative Résilience pour les enfants avec l'UNICEF. Dans le cadre de ces trois grands projets, nous tenons compte non seulement des besoins immédiats mais également du développement à long terme et de la résilience dans les pays vulnérables. Madame la Présidente, nous devons rompre le cycle vicieux du conflit et de la faim et le remplacer par un cercle vertueux marqué par la sécurité alimentaire, la résilience et la paix. La République de Corée réitère son engagement indéfectible en ce sens et continuera d'œuvrer étroitement avec le Conseil de sécurité et les principaux partenaires internationaux afin d'obtenir des résultats tangibles sur le terrain. Merci. Présidente [2:34:10]: Je remercie la République de Corée. La parole est à l'Égypte. Egypt · Représentant [2:34:15]: Madame la Présidente, je vous remercie de convoquer ce débat public sur une question de prime importance pour la communauté internationale. Nous saluons la participation de M. Carlos Kalskau, directeur exécutif par intérim du PAM et Mme Perrine Benoit. Madame la Présidente, le Conseil de sécurité, par le biais de la résolution 2417, a réaffirmé la relation entre les conflits et l'insécurité alimentaire. Il a réitéré l'importance de protéger les civils et l'acheminement de l'aide humanitaire et le rejet de l'utilisation de la famine comme arme de guerre. Cependant, les crises alimentaires se poursuivent, ce qui confirme que le défi essentiel est le suivant transformer les engagements en des actes concrets et passer de la réaction à la prévention et à l'action précoce. Madame la Présidente, L'Egypte estime que pour gérer ce dossier, il faut se mobiliser à trois niveaux, des niveaux interliés tout d'abord. Prévenir les conflits et s'attaquer à leurs causes profondes. Ceci exige des mécanismes d'alerte précoce et d'utiliser l'expertise des Nations unies qui est diverse. Ainsi, on pourra identifier les risques et le non-acheminement de l'aide, de l'énergie et le non-acheminement de l'aide humanitaire. Deuxièmement, la protection des civils pendant les conflits et garantir l'acheminement de l'aide et de la nourriture à ces personnes. Pour ce faire, il faut que l'aide humanitaire passe de manière sûre, rapide et pérenne et sans entrave. Il faut également protéger les infrastructures civiles essentielles pour les civils, y compris les sources d'eau, les infrastructures relatives à la production, au stockage et à la distribution des aliments, tout en respectant le DIH et le droit international humanitaire. À Gaza et au Soudan, nous voyons les effets humanitaires néfastes des conflits sur la sécurité humanitaire, notamment lorsque la production alimentaire est perturbée. Comment cela affecte les civils? Ainsi, les civils sont déplacés. L'aide humanitaire n'est pas acheminée. Troisièmement, il faut renforcer les capacités des États, notamment les pays en développement qui importent la nourriture. Il faut renforcer leurs capacités. car les voies maritimes, les voies de commerce et la flambée des prix de l'énergie et autres touchent tous les pays. Des pays qui ne sont pas partis au conflit paient le lourd prix. Le PAM a mis en garde contre la crise prolongée au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie et l'interruption des chaînes d'approvisionnement, ce qui aurait poussé 45 millions de personnes supplémentaires dans des niveaux sans précédent d'insécurité alimentaire. M. SCAO a dit tout à l'heure et a mis en garde contre les conséquences des perturbations à Bab El-Mandeb sur le commerce des aliments et des denrées passant par la mer Rouge et le canal de Suez. Ceci revêt une importance majeure notamment pour les pays en développement importateurs d'alimentation qui ont le prix de la dette à payer et qui ont besoin de tous les fonds pour payer les dettes et pour assurer la sécurité alimentaire. Madame la Présidente, Les conséquences des conflits se multiplient lorsqu'elles touchent les lacunes structurelles, par exemple l'eau, les changements climatiques, la détérioration des terres agricoles et la désertification, notamment dans les pays en développement. En effet, les ressources hydriques limitées sont une entrave à la production alimentaire et à la résilience. C'est pourquoi l'Egypte réitère l'importance du lien entre la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire. Il faut que le financement et la technologie et le renforcement des capacités soient disponibles et l'investissement dans dans la bonne utilisation de l'eau dans l'agriculture et la production agricole et alimentaire. Pour conclure, je voudrais réaffirmer l'importance des rôles institutionnels. Le Conseil de sécurité a un rôle principal, à savoir le maintien de la paix et la sécurité internationale. Les agences spécialisées des Nations unies et les institutions financières internationales et les autres organisations ont des rôles économiques et de développement bien précis dans un cadre de coordination et du plein respect des mandats et des spécialisations. Je vous remercie, Madame la Présidente. Chair [2:39:59]: Je remercie l'Égypte de sa déclaration et je cède la parole à l'Inde. India · Représentant [2:40:05]: Madame la Présidente, l'Inde remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat public essentiel. Nous remercions également le secrétaire général et les autres intervenants de leurs remarques édifiantes. L'insécurité alimentaire demeure l'une des plus graves conséquences des conflits. Aujourd'hui, les conflits ont un effet domino bien au-delà du théâtre d'opérations, perturbant les chaînes d'approvisionnement, la fourniture d'engrais, le transport maritime, la logistique, le commerce mondial, l'agriculture. Ainsi, des conflits ont des effets sur l'insécurité alimentaire de par le monde et les pays en développement qui dépendent grandement des importations sont les plus touchés. Mais soyons clairs quant aux causes, l'insécurité alimentaire est une conséquence principalement des conflits, d'instabilité politique et de sous-développement. Ce n'est pas la cause profonde. Si le Conseil de. Sécurité a un rôle important à jouer face aux menaces à la paix et à la sécurité internationale. Construire des sociétés fortes, résilientes demeure la prérogative des gouvernements souverains, appuyés par les entités de l'ONU. La résolution 2718 du Conseil de sécurité sur l'insécurité alimentaire. Conflit est un cadre crucial qui établit le lien entre la faim et les conflits. Dès lors, l'alerte précoce ne doit pas se limiter à constater une détérioration de la situation sur le terrain. Il faut également faire face aux perturbations des chaînes d'approvisionnement des vivres, des engrais, du carburant et de la logistique humanitaire en s'inspirant de l'expertise de la FAO, du PAM et d'autres entités compétentes. Ces analyses doivent être objectives, fondées sur des données probantes, dénuées de toute politisation. Madame la Présidente, la priorité immédiate du Conseil devrait être d'atténuer les conséquences. Humanitaires des conflits en facilitant un accès humanitaire sans entrave, rapide et plein, en mettant en place des mécanismes de désescalade, en veillant à ce que les mesures prises par le Conseil, dont les sanctions, n'entravent pas de façon imprévue, l'action humanitaire ou le commerce de vivre des engrais. Il faut également protéger les infrastructures civiles essentielles à l'alimentation, systèmes d'irrigation, terres agricoles, corridors de transport et ports. Il faut également préserver la liberté et la sécurité de navigation commerciale conformément au droit international. Des voies navigables prévisibles et sûres sont essentielles à la circulation des vivres, des engrais, des carburants et autres articles essentiels. Les perturbations de la navigation commerciale pendant les conflits peuvent avoir des effets bien au-delà des régions touchées. Et dès lors, les pays en développement qui dépendent des importations et les actions humanitaires s'en trouvent entravées. La communauté internationale doit agir de concert pour préserver les infrastructures maritimes critiques en veillant à ce que le commerce mondial et les livraisons humanitaires puissent se poursuivre sans interruption indue. Mais la résilience ne peut être bâtie seulement par l'action humanitaire. Les États membres, les IFI, les organisations régionales, les partenaires au développement doivent œuvrer à l'unisson pour renforcer la production agricole nationale, diversifier les chaînes d'approvisionnement, améliorer les infrastructures logistiques et d'entreposage et appuyer une agriculture résiliente au changement climatique. garantir des engrais abordables, des financements à des conditions favorables, c'est essentiel surtout pour les pays en développement. Un commerce fondé sur des règles, le libre-échange sont également essentiels à la sécurité alimentaire mondiale. Notre expérience en Inde démontre qu'il est important d'investir dans les systèmes d'alimentation résilients nationaux. Nous subventionnons ainsi des céréales pour de nombreux ménages dans le cadre d'un programme qui a permis de renforcer la résilience des petits producteurs agricoles. En 2023, nous avons reçu un prix qui a démontré notre action en faveur de la diversification de la production alimentaire, et cela grâce à des pratiques agricoles résilientes au changement climatique. Ainsi, la sécurité alimentaire a été garantie dans notre pays et nous fournissons également des aliments de par le monde. Nous sommes prêts à partager cette expérience par la coopération Sud-Sud et des partenariats de développement. De surcroît, Des phénomènes tels qu'El Niño entraînent davantage de vulnérabilité en perturbant les moussons, en renforçant l'insécurité alimentaire du fait de phénomènes hydriques. Il faut donc que la communauté internationale prenne à bras-le-corps ce défi. Les bons offices du Secrétaire général peuvent contribuer grandement à favoriser le dialogue, à atténuer les tensions, à faciliter l'accès humanitaire. Le système de l'ONU doit continuer de tirer parti de l'expertise scientifique, doit renforcer les capacités opérationnelles, la fourniture de données en temps utile. pour la prise de décision. Cela ne doit pas se substituer cependant à l'appropriation et aux ripostes nationales. Nous sommes convaincus que la paix, le développement et la sécurité alimentaire se renforcent mutuellement. Le Conseil de sécurité devrait se concentrer sur son mandat de prévention des conflits, devrait faciliter l'accès humanitaire et créer des conditions propices à la paix. L'Assemblée générale, l'ECOSOC, le système de développement des Nations unies et les institutions basées à Rome doivent prendre les rênes des interventions à long terme pour la sécurité alimentaire. Enfin, dépendre d'un seul modèle d'approvisionnement est contre-productif, car on est alors à la merci de la coercition des tensions géopolitiques. Il faut encourager les petites entreprises agricoles pour renforcer la productivité dans les pays du Sud global. Nous devons également encourager les récoltes résilientes aux changements climatiques au lieu de se limiter seulement au riz, au maïs et au blé, principales cultures de par le monde. Ce n'est que grâce à la coopération internationale que le système de l'ONU pourra mieux prévenir les crises alimentaires. Merci. Je remercie l'Inde et je donne la parole à la Suisse. Switzerland · Représentant [2:46:50]: Madame la Présidente, la Suisse remercie le Danemark pour la tenue de ce débat public. Huit ans après son adoption, la résolution 2417 garde toute son urgence. Les conflits armés restent l'un des principaux moteurs de l'insécurité alimentaire. En 2025, pour la première fois de ce siècle, une situation de famine a été déclarée simultanément dans deux contextes. dans certaines parties de la bande de Gaza et du Soudan. En 2026, le risque de famine persiste aussi dans d'autres contextes. Dans les conflits armés, les violations du droit international humanitaire ont aggravé l'insécurité alimentaire. Celles-ci comprennent les attaques affectant des biens civils et des infrastructures essentielles à la survie, les restrictions à l'accès humanitaire et autres obstacles à la fourniture de biens essentiels. La guerre menée par la Russie contre l'Ukraine et les conflits au Moyen-Orient montrent que les conflits armés et les violations du droit international et relatif peuvent avoir des conséquences majeures sur la sécurité alimentaire mondiale. Les perturbations des routes maritimes ont exposé la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales. Les conflits compromettent les systèmes alimentaires en perturbant la production agricole, les marchés, les routes commerciales, l'approvisionnement énergétique et l'accès aux carburants et aux engrais. Ces évolutions soulignent l'importance d'investir dans des systèmes alimentaires résilients et durables et de réduire les dépendances extérieures. Elle renforce également la nécessité urgente de traduire les engagements de la résolution 2417 en actions concrètes. La Suisse appelle le Conseil à renforcer sa mise en œuvre dans trois domaines prioritaires. Premièrement, nous devons renforcer la prévention en faisant un meilleur usage des informations d'alerte anticipée et en agissant avant que les crises n'atteignent des niveaux catastrophiques. Combler l'écart entre alerte et action nécessite la volonté politique et l'engagement rapide du Conseil. Deuxièmement, nous devons préserver l'espace humanitaire et garantir le respect du droit international humanitaire. Cela implique de protéger les civils ainsi que les biens indispensables à leur survie et de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. Nous rappelons aussi à cet égard la résolution 2573 sur la protection des infrastructures civiles et la résolution 2730 relative à la protection du personnel humanitaire et onusien. Troisièmement, nous devons lutter contre l'impunité en veillant à ce que les violations du droit international humanitaire fassent l'objet d'enquêtes et que leurs auteurs répondent de leurs actes. L'utilisation de la famine comme méthode de guerre contre la population civile est interdite par le droit international humanitaire et constitue un crime de guerre. L'atteinte à la sécurité alimentaire, qu'elle soit causée par la perturbation des voies de navigation ou par d'autres facteurs liés au conflit, ne doit jamais être acceptée comme un dommage collatéral inévitable d'un conflit armé. Madame la Présidente, La lutte contre la faim provoquée par les conflits doit rester une priorité de ce Conseil. Un soutien financier et un renforcement de la résilience sont nécessaires, mais ils ne peuvent à eux seuls s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité alimentaire liée aux conflits. La prévention, la médiation, le dialogue et le règlement pacifique des conflits sont indispensables. La Suisse reste engagée dans ces efforts, notamment en tant qu'Etat hôte et facilitatrice de processus de médiation. Je vous remercie. Denmark · Président du Conseil de sécurité · Lars Løkke Rasmussen [2:50:58]: Je remercie la Suisse. La parole est à la Nouvelle-Zélande. New Zealand · Représentante [2:51:05]: Madame la Présidente, je remercie. Ceux qui ont pris la parole sur cette problématique. Le conflit demeure l'un des plus grands facteurs de l'insécurité alimentaire mondiale. Par la destruction de fermes, des pêches, par le déplacement des communautés, les restrictions à l'accès humanitaire, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et commerciales, les conflits armés minent l'accès à des vivres en suffisance, abordables et en toute sécurité. Les civils payent le plus lourd tribut. La nouvelle La Nouvelle-Zélande est très préoccupée par la situation humanitaire catastrophique à Gaza et au Soudan. L'accès aux aliments, à l'eau, aux services essentiels a été durement touché, tandis que les agences humanitaires continuent de se heurter à de grandes difficultés pour atteindre les personnes dans le besoin. Le droit international humanitaire est limpide. L'accès aux denrées alimentaires et aux autres articles essentiels à la survie ne devrait jamais être refusé l'aide humanitaire doit parvenir à ceux qui en ont le besoin rapidement, en toute sécurité, sans obstruction. Mais les conséquences des conflits ne se cantonnent pas aux zones de conflit. Des faits récents ont démontré que les perturbations à la production agricole, aux routes commerciales, aux livraisons d'énergie, aux marchés mondiaux ont de lourdes conséquences sur la sécurité alimentaire de par le monde. L'invasion illégale par la Russie de l'Ukraine démontre que les conflits ont de grands effets sur les systèmes alimentaires mondiaux. Les perturbations en matière d'exportation de céréales, de livraison d'engrais sur les marchés énergétiques ont contribué à une flambée des cours des aliments et à une insécurité alimentaire accrue bien au-delà de l'Europe. Les perturbations sur les routes navigables maritimes sur les routes maritimes mondiales, notamment la mer Noire et le détroit d'Ormuz, ont renforcé la vulnérabilité des systèmes alimentaires mondiaux face à l'instabilité géopolitique. Pour les pays des îles du Pacifique qui sont tout au bout des chaînes d'approvisionnement, ce ne sont pas là des préoccupations géopolitiques abstraites. La sécurité alimentaire est directement liée. À des événements qui se trament bien loin de notre région. Pour les pays faisant déjà face aux changements climatiques, les chocs en matière d'alimentation et d'énergie dus aux conflits ont des conséquences directes sur le caractère abordable des aliments, les moyens de subsistance, la résilience économique. Les ramifications des conflits à l'autre bout de la planète nous rappellent que les trois piliers de l'ONU sont étroitement liés. Madame la Présidente, le Conseil de sécurité a déjà reconnu le lien qui existe entre le conflit armé et la faim par sa résolution 2417, huit ans après son adoption. Nous devons traduire ce cadre en action précoce et plus robuste. Nous devons mieux tirer parti de l'alerte précoce. Le Conseil devrait être saisi d'informations en temps réel et systématiques lorsqu'un conflit menace gravement la sécurité alimentaire, notamment lorsque les effets pourraient se faire ressentir bien au-delà du conflit dans le cadre des chaînes d'approvisionnement énergétique ou des engrais, des opérations humanitaires sur les routes commerciales maritimes et terrestres critiques. Nous devons également mieux profiter des bons offices du secrétaire général et du savoir-faire du système de l'ONU. Enfin, lorsque les conflits hypothèquent les voies d'approvisionnement alimentaire font obstruction à l'accès humanitaire, le Conseil doit déployer ses efforts diplomatiques pour préserver ces routes et permettre l'acheminement de produits agricoles et alimentaires à ceux qui en dépendent le plus. Le droit international garantit la liberté de navigation et le passage en transit au titre de la Convention sur le droit de la mer et du droit coutumier international. Défendre ces principes fondamentaux en temps de paix et en temps de guerre est essentiel au commerce maritime et à la protection de la sécurité alimentaire mondiale. Le Conseil doit prendre à bras le corps les facteurs des conflits, doit appuyer l'accès humanitaire, doit défendre les règles et les institutions internationales sous-tendant la sécurité alimentaire de millions de personnes. Par le biais de notre programme de coopération au développement, nous appuyons des systèmes agricoles et alimentaires résilients au changement climatique afin de pérenniser les moyens de subsistance. Nous finançons également le PAM afin d'atténuer la faim parmi les populations les plus vulnérables, y compris celles touchées directement par les conflits. Tous ces investissements aident les populations à faire face. Aux effets des changements climatiques, des chocs économiques et des perturbations des chaînes d'approvisionnement alimentaire agricole. Madame la Présidente, non seulement la faim ne devrait jamais être utilisée comme arme de guerre, cela ne devrait pas non plus être une conséquence inévitable d'un conflit. Merci. Chair [2:56:27]: Je remercie la représentante de la Nouvelle-Zélande et je donne la parole à l'Indonésie. Indonesia · Représentant [2:56:34]: Merci, Madame la Présidente. Pour commencer, je remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat public important. Merci également au Secrétaire général, au Directeur exécutif en exercice du PAM et au Dr Perrine Benoit, Co-PDG d'Action contre la faim. Merci à eux de leurs interventions. 8 ans après l'adoption de la résolution 2417, le lien qui existe entre conflits armés et insécurité alimentaire reste frappant. L'insécurité alimentaire demeure à un niveau extrêmement élevé et les conflits en restent l'un des principaux facteurs. L'utilisation de la faim comme arme, la destruction d'objets indispensables à la survie des civils, les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, les interruptions du commerce maritime, tout cela a poussé des millions de civils dans des conditions de vie de plus en plus difficiles. Des pays en développement dans tout le Sud global sont les plus durement frappés par des conflits qui, par ce phénomène, et ils sont parfois frappés par des conflits qui font rage bien loin de leurs frontières. Dans de telles circonstances, l'Indonésie, M. Resolines, qui suit tout d'abord, Nous devons veiller à ce que la faim ne soit plus jamais utilisée comme arme de guerre. De telles actions sont une grave violation du droit international humanitaire et constituent un crime de guerre. Dans ce contexte, nous attirons l'attention du Conseil sur les conclusions préoccupantes du Comité spécial des Nations Unies chargé de faire l'enquête sur les pratiques israéliennes, qui dénonce des violations graves du droit international humanitaire et du droit international des droits de la personne à Gaza, jetant la lumière sur une catastrophe où la faim est utilisée comme arme de façon systématique. Lorsqu'un organe mandaté par l'ONU tire la sonnette d'alarme, avertissant que la famine est utilisée de façon systématique, le Conseil doit agir pour garantir un accès humanitaire sans entrave et veiller à ce que ces actions ne restent pas impunies. Deuxièmement, le Conseil doit garantir la reddition de comptes vis-à-vis de ceux qui utilisent la faim comme arme. Conformément à la résolution 2417, le Conseil doit utiliser de son autorité de façon cohérente contre toute partie qui bloque délibérément l'aide humanitaire ou détruit les infrastructures alimentaires. Les signalements du Conseil et d'autres entités de l'ONU faisant état de telles violations doivent servir de base robuste pour garantir la reddition de comptes. L'impunité ne fait qu'endurcir les auteurs de crimes. Le Conseil doit donc combler la lacune qui existe en matière de reddition de comptes aujourd'hui. défendre l'intégrité du droit international humanitaire, empêchant que l'arme de la faim ne devienne une nouvelle normale dans les conflits d'aujourd'hui. Troisièmement, nous devons protéger les chaînes d'approvisionnement agricoles et alimentaires des feux des conflits géopolitiques. Les perturbations au flux d'énergie, les perturbations le long des itinéraires commerciaux maritimes et en matière d'engrais, mis sous pression comme jamais la production alimentaire mondiale et provoqué une flambée des prix aux quatre coins du monde. La sécurité alimentaire ne doit jamais devenir une victime de la guerre ou un dommage collatéral dans les conflits. Nous exhortons les États membres et les organisations régionales à appuyer les efforts visant à protéger les artères vitales du commerce international. À cet égard, nous félicitons des bons offices du Secrétaire général et de récentes initiatives onusiennes, y compris le groupe de travail chargé de prendre à bras le corps la situation dans le détroit d'Ormuz pour garantir un un transit sur ordonné et fiable des articles essentiels et humanitaires. En cas de conflit, il est possible d'éviter la faim. Le Conseil doit montrer que le droit international a encore son importance en confrontant ceux qui affament à dessein les civils comme tactique de guerre. Nous devons agir avec détermination avant que les conflits n'affament toute une génération. Merci. Conseil de sécurité · Présidente [3:00:31]: il reste de nombreux orateurs sur la liste. Avec l'assentiment des membres du conseil, j'entends suspendre la séance, nous reprendrons à 15h. La séance est suspendue.