(Reprise) Maintien de la paix et de la sécurité internationales - Conseil de sécurité, 10213e séance Conseil de sécurité Date: 25 August 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/sc/10213/2 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Denmark · Présidente [0:02]: Nous reprenons la 10 213e séance du Conseil de sécurité. Nous avons une liste longue d'orateurs. Je vous invite à ne pas parler plus longtemps que cinq minutes. Le micro clignotera pour indiquer que les cinq minutes sont bientôt écoulées. Chile · Représentant [0:29]: Madame la Présidente, je remercie le Chili de la tenue de ce débat public ainsi que le Secrétaire général Guterres, le Directeur du PAM et la Directrice exécutive de l'Action contre la faim pour leur contribution précieuse. Comme on l'a dit, la faim est L'arme de destruction massive la plus invisible, mais la plus destructrice. Cette arme invisible se manifeste avec beaucoup de cruauté dans les conflits qui continuent d'être la principale raison de la crise humanitaire et alimentaire dans le monde, avec des incidences sur les opérations humanitaires, les routes commerciales terrestres et maritimes, ainsi que sur le commerce des engrais. Pour les pays qui dépendent des importations, une guerre lointaine peut donner une crise au niveau national. La faim entraîne également des déplacements de population qui détruisent des moyens de subsistance, la production agricole, ce qui ne fait qu'aggraver l'insécurité alimentaire. La résolution 2417 a reconnu cette relation il y a huit ans et a défini des obligations claires. Les parties au conflit doivent respecter et protéger la population civile ainsi que les biens indispensables à leur subsistance. les cultures, les élevages, les marchés, les systèmes d'eau, d'irrigation, les installations de traitement, de stockage ainsi que les moyens utilisés pour transporter les aliments ainsi que l'aide humanitaire. La résolution condamne également sans ambiguïté l'utilisation de la faim comme méthode de guerre et les entraves illégales à l'aide humanitaire. Ce qu'il faut maintenant, c'est que cette résolution donne des résultats concrets. Face à cette réalité, le Chili mentionne trois priorités. Premièrement, le Conseil doit agir avant qu'une crise alimentaire ne devienne une catastrophe. Pour cela, il doit disposer d'informations rapides et vérifiables concernant les risques de faim ou d'insécurité alimentaire généralisée provoquées par des conflits et il doit pouvoir réagir rapidement car une alerte qui ne débouche pas sur une réaction rapide perd une grande partie de son intérêt. Deuxièmement, la production d'aliments et les chaînes d'approvisionnement doivent être protégées. Les parties au conflit doivent adopter des accords concrets qui garantissent le passage sûr des aliments, des engrais, de l'aide humanitaire. Il convient également de s'abstenir d'utiliser le le contrôle des routes d'approvisionnement comme moyen de pression politique. Troisièmement, il faut que les cas de non-respect, d'obstruction délibérée de l'aide humanitaire soient sanctionnés. On ne peut pas accepter qu'il n'y ait pas de conséquences. Les dénonciations doivent être investiguer de manière impartiale et rapide. Enfin, Madame la Présidente, l'insécurité alimentaire n'est pas uniquement une conséquence de la guerre. Elle peut devenir un multiplicateur d'instabilité et une menace pour la paix. Le Chili, par conséquent, souhaite des réponses qui se fondent sur la responsabilité, une action efficace et le droit. Les aliments doivent servir pour garantir la vie, ne doivent jamais devenir une arme de guerre ou un instrument de pression politique. Je vous remercie. Denmark · Présidente [4:13]: Je remercie le Chili de son intervention. Je donne la parole à l'Allemagne. Germany · Représentant [4:17]: Madame la Présidente, je vous remercie de votre rôle pour convoquer cette séance. Nous associons la déclaration de l'Union européenne et du groupe d'amis et nous remercions M. Skaal et le représentant de la société civile de leurs interventions. La situation est épouvantable. En 2025, 266 millions de personnes souffraient d'une insécurité aiguë. Des millions sont exposés à ce risque en raison des conflits. La guerre de la Russie contre l'Ukraine entraîne des attaques ciblées sur les navires, sur les terminaux céréaliers en Ukraine. Et cela a mis à l'arrêt les exportations de céréales. La Russie a toutefois refusé une proposition de l'Ukraine d'arrêter les attaques visant le navire. Au Soudan, des millions de personnes sont menacées par l'obstruction de l'acheminement de l'aide humanitaire et des attaques qui visent les travailleurs humanitaires et les infrastructures. Nous sommes préoccupés par la situation humanitaire à Gaza. Par ailleurs, nous appelons à un accès immédiat et sans entrave et à une distribution durable d'une aide humanitaire à grande échelle. Au vu de ces difficultés, je souligne trois points. Tout d'abord, la résolution 2417 oblige toutes les parties au conflit armé à respecter le DIH. Les infrastructures civiles doivent être protégées. C'est essentiel pour l'acheminement de l'aide à destination. Deuxièmement, la liberté de navigation est un principe fondamental du droit international, inséparable de la sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire mondiale ne doit pas être prise en otage par les actions militaires. Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran représente une menace pour l'économie et la sécurité alimentaire. L'Iran doit inconditionnellement et immédiatement rouvrir le détroit et garantir un passage sans péage pour les navires conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité. L'Allemagne se félicite des efforts menés par l'ONU pour un mécanisme d'exportation des engrais et appelle les parties concernées à appuyer cette première étape pragmatique pour une atténuation de la situation. Ensuite, les vulnérabilités structurelles exigent des réponses structurelles. Les pays importateurs à faible revenu le prix fort. Il nous faut intégrer la prévention, la préparation, la résilience dans des réponses rapides. Et ainsi, afin d'appuyer une transition vers un système qui permet davantage aux parties prenantes d'accéder au financement et pour faciliter l'action préventive, nous travaillons avec les partenaires pour Nous fournissons 300 millions de dollars pour une aide alimentaire immédiate, mais nous appuyons également la production d'engrais et nous appuyons la production avec l'hydrogène d'engrais vert. En septembre, au Cap, un sommet sera consacré aux engrais. Nous avons désigné les systèmes alimentaires résilients en tant que sujet principal du sommet en janvier pour consacrer l'agriculture. L'Allemagne organisera également une manifestation parallèle dans la semaine de haut niveau intitulée Unis contre la faim. harmoniser l'action mondiale pour répondre à la crise alimentaire en période de perturbation, répondre à l'insécurité alimentaire, en particulier en période de conflit, et la résilience des systèmes alimentaires sont des priorités mondiales et doivent demeurer en tant que telles pour le Conseil de sécurité. Je vous remercie de m'avoir donné la parole. Denmark · Présidente [8:39]: Je remercie l'Allemagne. Je donne la parole au Kirghizistan. Kyrgyzstan · Représentant [8:44]: Madame la Présidente, tout d'abord, je remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat public. Merci d'avoir attiré l'attention sur le lien entre conflits armés, faim et sécurité internationale. Nous remercions le Secrétaire général et les intervenants des informations fournies. La République kirghize est préoccupée par les conséquences continues des conflits armés pour la sécurité alimentaire et nous appuyons l'application de la résolution 2417 du Conseil. L'expérience nous a montré récemment que les conséquences des conflits ne se limitent pas aux zones de combat. Les perturbations dans l'approvisionnement d'alimentation, d'engrais et d'énergie ou sur les itinéraires terrestres ou maritimes, l'augmentation des coûts de transport et des prix ont des conséquences particulières pour les pays vulnérables dépendants de l'importation. Mon pays est montagneux et enclavé et ces risques sont donc tout particulièrement importants. un transport fiable et des couloirs logistiques, la fiabilité des approvisionnements extérieurs, la résilience du secteur agricole, tout cela a des retombées sur la sécurité alimentaire et la stabilité sociale. Nous accordons une grande importance au renforcement des mécanismes d'alerte précoce. Le Conseil doit avoir des informations objectives et en temps voulu sur les risques émergents et en tenir compte à l'heure d'évaluer les situations de crise. Plus tôt les risques de pénurie ou de perturbation de l'approvisionnement sont identifiés, plus nous pouvons empêcher d'avoir affaire à une crise humanitaire à grande échelle. Notre expérience montre que le suivi régulier de la production, des stocks, des importations et des prix permet d'identifier les pénuries potentielles au plus tôt et d'adopter des mesures avant d'arriver à un point critique. Au niveau international, il faut pour cela une coopération entre le Conseil de sécurité, la FAO, le PAM et le FIDA, ainsi que d'autres organisations pertinentes, en respectant le mandat de chacune. Il importe également de protéger les fondements de la sécurité alimentaire. Nous réaffirmons l'importance de ce que toutes les parties respectent le DIH applicable et l'importance de protéger les civils et les biens essentiels à leur survie. Les dégâts sur la production agricole, les systèmes d'irrigation, de stockage, de traitement, sur les infrastructures de transport et d'énergie peuvent aggraver les conséquences humanitaires des conflits et rendre plus compliqué le rétablissement. En même temps, les crises alimentaires ne peuvent pas être empêchées par des seules interventions d'urgence. Il nous faut renforcer la résilience des systèmes alimentaires nationaux. Notre expérience montre l'importance d'un suivi régulier de la sécurité alimentaire, de l'appui à la production agricole, de l'amélioration des infrastructures d'irrigation, de l'utilisation plus large de technologies d'économie d'eau et l'importance des capacités de stockage et de traitement. L'appui financier et technique international pour ces mesures est essentiel pour les pays vulnérables et dépendants des importations, notamment ceux qui sont sans littoral. La situation en Afghanistan, à cet égard, revêt pour nous une importance toute particulière. La sécurité alimentaire persistante en Afghanistan n'est pas qu'une préoccupation humanitaire, mais peut avoir des retombées sur la stabilité économique et sociale et sur la résilience de la région plus largement. Madame la Présidente, le Kirghizistan considère que la communauté internationale doit ne pas simplement réagir aux crises alimentaires, mais les empêcher. Le Conseil peut contribuer à cela en adoptant des mesures de prévention, en utilisant les mécanismes d'alerte précoce, en mobilisant le droit international, les bons offices du Secrétaire général et en facilitant la coordination avec les agents spécialisés du système des Nations Unies. Mon pays se tient prêt à contribuer aux efforts collectifs pour construire des systèmes alimentaires plus résilients, équitables et mieux à l'abri des crises. Merci. Denmark · Présidente [13:04]: Je remercie le Kirghizistan. Je donne la parole à l'Islande. Iceland · Nordic Group · Représentant [13:09]: Madame la Présidente, je remercie le Danemark d'avoir convoqué cette séance. J'ai l'honneur de m'exprimer au nom des pays nordiques, Danemark, Suède, Norvège et Finlande et mon pays, l'Islande. Le conflit armé et la faim sont connectés. Les conflits détruisent le secteur agricole, les chaînes d'approvisionnement, entraînent des déplacements et compromettent les moyens de subsistance, alors que l'insécurité alimentaire entraîne une pénurie de ressources et peut alimenter l'instabilité et les violences. Et le changement climatique aggrave ces facteurs et accroissent le risque de conflit. Les conséquences sur l'alimentation des conflits armés sont claires. La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine a perturbé la production agricole et le commerce depuis l'une des régions qui est l'une des premières productrices de céréales, ce qui a des retombées sur les populations vulnérables bien au-delà de la zone de conflit. L'instabilité concernent de grands itinéraires de commerce notamment le détroit d'Ormuz et qui compromettent la viabilité des systèmes de commerce avec cela entraîne une augmentation des coûts de transport et cela pèse davantage sur les pays dépendants de l'importation et entraîne une instabilité au sein des civils notamment comme au Soudan. Pour répondre à cela il faut une action humanitaire et des efforts pérennes pour prévenir et régler les conflits. Le Conseil doit être à la hauteur de son devoir qui est de maintenir la paix et la sécurité internationales. Nous devons faire respecter le DIH, garantir la protection des civils et des infrastructures civiles et garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave. Madame la Présidente, la résolution 2417 du Conseil interdit L'utilisation de la famine comme arme de guerre est une bonne base pour réagir aux famines causées par les conflits. Pour mieux répondre à l'insécurité alimentaire sur le terrain, le Conseil doit envisager des mesures restrictives et utiliser activement ses mécanismes d'alerte précoce conformément aux dispositions de la résolution 2417, notamment avec des calendriers claires pour les mesures à prendre. S'il y a une violation, le Conseil doit assurer la reddition de comptes. Les conflits alimentent la famine. De même, des financements prévisibles et adéquats pour appuyer les efforts humanitaires sont nécessaires, de même que le soutien en faveur de systèmes alimentaires résilients. Nous appuyons la nouvelle donne humanitaire et les efforts pour améliorer l'efficacité et garantir que les ressources viennent en aide à ceux qui en ont besoin tout en préservant les principes humanitaires et les mandats. Ce sont les personnes en situation vulnérable qui sont les plus touchées, notamment les enfants. Dans les zones de conflit, les écoles fournissent un repas parfois le seul pour les enfants, assurent ainsi l'alimentation et la continuité de l'éducation. En conclusion, briser l'engrenage, des conflits et de la famine doit demeurer une priorité. La communauté internationale doit figurer parmi les priorités de l'ordre du jour de ce Conseil. Je vous remercie. Denmark · Présidente [16:56]: Je remercie l'Islande. L'Ukraine a la parole. Ukraine · Représentant [17:01]: Madame la Présidente, je remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat qui tombe à point nommé sur la sécurité alimentaire et les conflits. Ma délégation se félicite de l'intervention des intervenants. Avant de passer à mon intervention, je dois-je me dois de répondre aux allégations mensongères de la Russie que l'on a entendue ce matin. Comme Shakespeare l'a dit, les dames l'on pourrait dire que c'est souvent le chien qui a commis une erreur qui aboie le plus fort. C'est la Russie qui déclenche la guerre contre l'Ukraine en février 2022 et qui a imposé un blocus naval illégal des ports ukrainiens. Et je vous rappelle également que c'est l'Ukraine qui demeure l'un des premiers producteurs de céréales et qui assure l'alimentation de près de 500 millions de personnes dans le monde. Auparavant, 90% de notre production était exportée par nos ports et venait approvisionner les marchés des pays du Sud. Mais en raison des agissements criminels de la Russie, la sécurité alimentaire est compromise et de nombreux peuples se trouvent aujourd'hui au bord de la famine. Et je vous rappelle que grâce aux efforts du Conseil de sécurité du secrétaire général, nous avons pu lancer l'initiative de la mer Noire à l'été 2022 et restaurer la navigation. Et pourtant, un an plus tard, en juillet 2023, c'est la Russie qui, unilatéralement, est sortie de cette initiative, déstabilisant ainsi l'approvisionnement mondial pour les pays les plus vulnérables du Sud global. La Russie a par ailleurs attaqué systématiquement le secteur agricole ukrainien, les ports, les terminaux, les dépôts, les routes maritimes. marine russe a attaqué de manière répétée les navires civils pour s'en prendre à nos capacités d'exportation. Ces derniers quatre ans et demi, la Russie a détruit plus d'un millier d'installations portuaires ukrainiennes et a attaqué de très nombreux navires civils ukrainiens qui quittaient nos ports. Et ainsi, depuis juillet 2026, l'Ukraine a à nouveau fait l'objet d'un blocage de la Russie, ce qui a entraîné une élimination de la liberté de navigation dans la mer Noire, navigation qui est au point mort. C'était une attaque délibérée. Il s'agit là bien d'un crime de guerre et qui ne connaît pas de justification. Nous appelons donc le Conseil de sécurité et tous les membres de l'ONU à faire exercer une pression politique et adopter des sanctions économiques pour mettre fin à la terreur russe et protéger des millions de consommateurs dans le monde. En dépit de cette situation critique dans la mer Noire, nous avons déjà vu du printemps 2022. Mais pourtant, nous avons continué à faire des propositions diplomatiques à la Fédération de Russie. Malheureusement, Ces propositions constructives ont été rejetées, tout comme la Russie avait rejeté la main que nous avions tendue pour arriver à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Mais nos diplomates ne s'arrêteront pas et nous exhortons le Conseil de sécurité et ses membres à adopter des mesures pour restaurer la liberté de navigation dans la mer Noire. Madame la Présidente, je souhaite que vous compreniez bien le prix réel du grain de blé qui est récolté par un agriculteur ukrainien alors qu'il est attaqué par les Russes, alors que des drones ciblent les tracteurs qui fonctionnent dans nos champs. Et la Russie vole nos céréales dans les territoires temporairement occupés. Plus de deux millions de tonnes ont ainsi été volés illégalement et ont été exportés dans des marchés étrangers, notamment avec la flotte de l'ombre des céréales. Cela ne doit pas être légitimé. Nous appelons les organisations internationales et les membres de l'ONU à répondre à ces agissements, sans quoi il s'agit d'une complicité. L'Ukraine, toutefois, continue à contribuer à la sécurité alimentaire mondiale en 2022. Alors que la guerre avait commencé, nous avons lancé l'initiative humanitaire pour les céréales avec l'aide de nos partenaires. Plus de 330 tonnes d'aliments ukrainiens ont été exportés à destination de 22 pays en Afrique, en Asie, en Amérique latine, ceux qui sont les premiers concernés par l'augmentation des prix. La FAO et le PAM, leur coopération est essentielle pour garantir que nos aliments arrivent à destination de ceux qui en ont le plus besoin pour renforcer la résilience des pays les plus vulnérables. En conclusion, Madame la Présidente, la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine a montré que lorsque l'alimentation de la production agricole et les itinéraires commerciaux été attaqués délibérément. Les conséquences ne sont pas locales. Cela menace la sécurité mondiale. La résolution 2417 nous fournit un cadre adéquat pour répondre. Nous sommes prêts à travailler avec tous nos partenaires pour que l'alimentation permette d'appuyer, de préserver la vie et que jamais l'alimentation ne soit utilisée comme une arme. Denmark · Présidente [23:36]: Je remercie l'Ukraine. Je donne la parole à l'Italie. Italy · Représentant [23:44]: L'Italie soutient pleinement la déclaration de l'Union européenne. Nous ajoutons les remarques suivantes à titre national. Je remercie tout d'abord le Danemark d'avoir convoqué cette séance dans le cadre de sa présidence. Les questions liées à la sécurité alimentaire sont essentielles. C'est une priorité pour nous. Nous sommes préoccupés par l'augmentation des prix de l'alimentation, les perturbations en raison des perturbations et des conflits qui durent et qui alimentent la famine. Nous condamnons l'utilisation de l'alimentation comme une arme, comme le fait la résolution 2417, qui a été un moment charnière et qui a créé un cadre pour protéger les civils. Toutefois, malgré une adoption unanime, le respect est insuffisant. Et il y a un écart entre la disposition de ce texte et la mise en œuvre sur le terrain. Le rapport de cette année sur la protection des civils répond à une tendance préoccupante. Plus de 266 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. Notre initiative humanitaire vise à préserver, à protéger les civils et à protéger les systèmes dans les zones de conflit. Grâce à notre initiative, nous acheminons des aliments, des médicaments dans la bande de Gaza. Nous travaillons avec les organisations de société civile et en coordination avec les organisations internationales telles que le PAM, la FAO, Le CICR, l'Italie, sur la base de son expérience, a lancé une initiative au Soudan. En Ukraine, nous avons appuyé les autorités de Kiev grâce à l'initiative sur les céréales d'Ukraine qui permet de renforcer les capacités d'exportation du pays. pour réduire les conséquences des attaques russes qui ne se limitent pas au pays. Et pour le détroit d'Ormuz, nous assistons à une nouvelle crise alimentaire avec des conséquences sans précédent. Cela pourrait entraîner une pénurie d'engrais et ce qui pousserait encore davantage de personnes dans une insécurité alimentaire aiguë. et ainsi le coût des intrants a augmenté. Nous travaillons avec la FAO, nous reconnaissons l'importance de renforcer la transparence grâce au système d'observation. L'Italie joue un rôle essentiel avec la Croatie, elle a lancé une coalition en mai. L'Italie appuie pleinement la résolution 2417 du Conseil de sécurité, mais les données montrent que la résolution 2417 n'a pas encore produit les résultats escomptés. L'Italie est prête à répondre à ce manquement grâce à des mécanismes de déclaration, de publication et de reddition des comptes. et ce pour rendre les systèmes alimentaires plus résilients et inclusifs. Nous continuons à investir dans l'efficacité de la gouvernance de la FAO que nous hébergeons et nous comptons contribuer à son efficacité à l'avenir. Nous ne devons pas simplement réagir aux crises locales où l'insécurité alimentaire est liée aux conflits, mais nous devons empêcher que les conflits ne perturbent l'approvisionnement alimentaire. L'Italie appuie une réforme en ce sens. Nous sommes prêts à travailler avec tous les États membres pour arriver à un Conseil de sécurité plus démocratique, transparent et représentatif. Nous allons présenter nos propositions. Nous invitons les autres à faire de même. Nous sommes ouverts et souples. Denmark · Présidente [28:27]: Je remercie l'Italie de son intervention. Je donne la parole au Qatar. Qatar · Représentant [28:34]: Madame la Présidente, je vous félicite pour votre accession à la présidence et je salue la présence du ministre des Affaires étrangères. Nous remercions les intervenants de leur contribution. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits armés demeurent parmi les premiers facteurs de l'insécurité alimentaire. Ils détruisent les systèmes alimentaires, perturbent les flux énergétiques et commerciaux et empêchent l'acheminement de l'aide humanitaire. Dans le même temps, la faim exacerbe l'instabilité. Il nous faut donc garantir le respect de l'interdiction de l'utilisation de la famine contre les civils comme méthode de guerre et il faut protéger les civils pour assurer leur survie. Ces dernières années, nous avons assisté à des situations proches de la famine à Gaza. Nous voyons ce que les conflits armés peuvent produire en termes de souffrance humanitaire. Le Qatar a facilité l'application du plan d'ensemble à Gaza et du cessez-le-feu que nous avons aidé à négocier avec l'Égypte, les États-Unis et la Turquie. Nous soulignons qu'il faut garantir l'accès immédiat, sûr et sans entrave À Gaza, nous réitérons la nécessité de la pleine mise en œuvre du plan d'ensemble adopté par la résolution 2803 du Conseil, qui permet de mettre fin à la guerre, de promouvoir la reconstruction et d'arriver à une paix juste et durable. sur la base du droit du peuple palestinien à l'autodétermination et de la solution à deux États. Le détroit d'Ormuz nous montre que les conflits peuvent affecter la sécurité alimentaire. Les intérêts des pays de la région et de l'économie mondiale sont entamés. Les perturbations de la navigation maritime ont des retombées sur la sécurité alimentaire, les engrais. tandis que les pays les plus vulnérables et qui dépendent des importations sont les plus touchés. Mon pays souligne que la liberté de navigation dans cette voie maritime est un principe bien établi qui ne doit pas être compromis. Nous soulignons l'importance de restaurer la navigation dans le détroit d'Ormuz conformément au droit international et à la résolution 2817 du Conseil de sécurité. Notre priorité est de d'endiguer, d'inviter toute escalade et de permettre une avancée diplomatique. Et ainsi, nous avons contribué aux efforts de médiation qui visent à rouvrir dès que possible le détroit. Mon pays souligne par ailleurs que tout arrangement futur concernant la gestion du détroit ou lié aux questions connexes doivent être fondés sur un consensus régional et sur le plein respect du droit international. préservant ainsi la sécurité et la stabilité de la région. Mon pays a réitéré son attachement à la sécurité alimentaire mondiale en fournissant un appui pour atténuer les souffrances des civils et renforcer la résilience des communautés, notamment dans la bande de Gaza et ailleurs. Ces efforts complètent notre assistance humanitaire et nos initiatives qui visent à renforcer la résilience des pays exposés à l'insécurité alimentaire. À cet égard, mon pays continuera à coopérer avec les partenaires du système de l'ONU pour fournir une aide humanitaire à ceux qui sont touchés par des conflits pour appuyer les systèmes alimentaires. En même temps, nous continuerons à jouer un rôle actif pour répondre aux causes profondes grâce à la diplomatie préventive, la prévention des conflits et au règlement pacifique des conflits et aux efforts pour la construction de la paix. Je vous remercie. Denmark · Présidente [32:20]: Je remercie le Qatar de son intervention et je cède la parole au représentant de l'Autriche. Austria · Représentant [32:25]: Madame la présidente, excellence, chers collègues, les chiffres sont clairs en matière d'insécurité alimentaire. D'après le rapport mondial sur la crise alimentaire de 2026, il y a plus de deux millions de personnes dans de nombreux territoires qui connaissent une situation d'insécurité alimentaire. C'est une augmentation très nette par rapport à 2016 et les conflits sont les principaux responsables de cette situation. Je voudrais souligner trois points. Tout d'abord, plus vite nous savons qu'une situation est problématique, plus vite nous pouvons réagir. Ça doit être notre premier objectif. Il faut renforcer les mécanismes de la résolution 2417. Le Conseil de sécurité pourrait consolider des approches proactives, des actions d'anticipation. Une manière de le faire serait de garantir des rapports réguliers du bureau des Nations unies de la coordination des affaires humanitaires sur les questions liées au conflit et à l'insécurité alimentaire devant le Conseil ou en mettant sur pied des points focaux. qui serait chargé de la mise en œuvre de la résolution 2417. Ce faisant, il faudrait se concentrer non seulement sur l'approvisionnement en denrées alimentaires, mais également sur les risques systémiques potentiels pour les systèmes alimentaires, tels que les perturbations à l'approvisionnement énergétique, en engrais. Deuxièmement, il y a un lien entre les denrées alimentaires, la sécurité et les changements climatiques qui avec des catastrophes plus régulières, ont un effet multiplicateur. Les efforts humanitaires, les efforts de développement, les efforts de paix sont également touchés. Des systèmes d'alerte précoce et de suivi des événements climatiques extrêmes, ainsi que d'autres facteurs qui peuvent avoir une incidence sur l'insécurité alimentaire, exigent des données supplémentaires, des analyses de données. Les technologies telles que l'IA, l'imagerie satellitaire pourraient jouer un rôle important à cet égard. Il faudrait en faire davantage. Nous saluons également le travail du mécanisme de sécurité climatique qui met l'accent sur le lien qui existe entre climat et sécurité. Troisièmement, le respect du DIH. Si la faim et l'insécurité alimentaire sont des catastrophes en tant que telles, lorsque l'accès humanitaire n'est pas garanti et lorsque le droit international humanitaire n'est pas respecté, la situation est encore pire. Le Conseil de sécurité doit jouer un rôle essentiel pour garantir la protection des civils, le respect du DIH et lorsque des auteurs doivent en répondre. Il ne faut jamais priver les populations de l'accès aux denrées alimentaires comme arme de guerre. L'aide humanitaire doit pouvoir être fournie sans obstruction. La protection totale des travailleurs humanitaires et de l'espace humanitaire est essentielle. Madame la Présidente, Excellence, je voudrais terminer en vous assurant que l'Autriche fait sa part du travail et continuera de le faire en tant que partenaire fiable pour lutter contre l'insécurité alimentaire notamment par le biais des efforts au niveau européen mais également au niveau national. Denmark · Présidente [35:47]: Je remercie l'Autriche et je cède la parole au Maroc. Morocco · Représentante [35:52]: Merci, Madame la Présidente. Avant toute chose, nous souhaiterions remercier le Danemark de la tenue de ce débat important. Nous saluons les différents exposés, le rapport du Secrétaire général. Nous remercions le PAM et Action contre la faim pour leurs exposés respectifs. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits restent la principale cause de la famine aiguë dans le monde. Des chiffres alarmants indiquent que des centaines de millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire et que de multiples famines liées aux conflits se produisent simultanément. L'insécurité alimentaire, ce n'est pas aucune question, aucune conséquence humanitaire des conflits, elle est elle-même un facteur d'instabilité, de déplacement et d'extrémisme violent et elle relève de la paix et de la sécurité internationale. Pourtant, le Conseil ne part pas d'un vide juridique. La résolution 2417 a confirmé le lien entre les conflits armés et la faim. Elle a condamné le recours à la famine comme méthode de guerre et, dans son paragraphe 9 du dispositif, elle appelle à envisager des mesures ciblées à l'encontre de celles et ceux qui détournent ou entravent l'aide humanitaire. Par conséquent, les outils normatifs dont le Conseil a besoin existent déjà. dans le dispositif d'alerte précoce prévu par la résolution. Le véritable défi consiste à traduire cette alerte précoce en une action préventive rapide. En matière d'atténuation, trois éléments sont essentiels. Premièrement, il faut protéger les voies d'acheminement, les infrastructures qui assurent la circulation des denrées alimentaires. Nous soutenons le recours sans réserve aux bons offices du Secrétaire général pour aider à préserver les couloirs d'approvisionnement alimentaire civils, tant terrestres que maritimes, et maintenir la connexion des pays dépendants des importations au marché. Deuxièmement, il faut investir dans la résilience des systèmes alimentaires locaux afin que les pays ne dépendent pas uniquement de la pérennité des chaînes d'approvisionnement mondiales lorsqu'ils sont confrontés à une crise. C'est la logique qui sous-tend l'approche adoptée par le Maroc sous la direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Maroc a fait du développement socio-économique des zones rurales et de l'investissement dans l'agriculture des leviers clés de la stabilité. Le Maroc a lancé l'initiative continentale Triple A pour l'adaptation de l'agriculture africaine ainsi que l'initiative Triple S pour la durabilité, la stabilité et la sécurité par le biais de l'agriculture. Depuis des décennies, le Maroc fournit également des millions de tonnes d'engrais adaptés aux sols africains ce qui a permis de venir en aide à quelque 44 millions d'agriculteurs dans 35 pays africains, en plus des plusieurs millions de tonnes livrées à d'autres pays en développement à travers le monde. Troisièmement, il faut pérenniser ces efforts une fois que les armes se seront tues. La Commission de consolidation de la paix a un rôle naturel à jouer pour ancrer la sécurité alimentaire dans les efforts de consolidation de la paix et de maintien de la paix. grâce à des solutions adaptées au contexte, prises en charge localement et respectueuses des réalités locales. C'est ce que le Maroc aspire à mettre en avant en sa qualité de président de la Commission de consolidation de la paix. Madame la Présidente, en conclusion, le Maroc estime que la tâche du Conseil consiste désormais à passer de la reconnaissance à la prévention. Il faut renforcer les systèmes d'alerte précoce, protéger les couloirs alimentaires et commerciaux contre les chocs géopolitiques et renforcer la résilience à long terme des systèmes alimentaires grâce à une agriculture adaptée au changement climatique, au commerce transfrontalier et à des politiques qui protègent les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants. Le Maroc est prêt à contribuer à ces efforts collectifs. Je vous remercie, Madame. Denmark · Présidente [39:45]: Je remercie Madame la représentante du Maroc et je cède la parole à Malte. Malta · Représentante [39:51]: Madame la Présidente, Malte remercie la Présidence danoise ainsi que les intervenants et intervenantes de leurs exposés instructifs. Nous nous rallions à la déclaration prononcée au nom de l'Union européenne et de ses États membres. Le rapport mondial 2026 sur les crises alimentaires et le rapport du Secrétaire général sur la protection des civils mettent en évidence la réalité alarmante selon laquelle la faim reste à la fois un facteur déclencheur et une conséquence des conflits. La crise de l'insécurité alimentaire induite par les conflits est encore aggravée par la volatilité économique et les chocs climatiques. Madame la Présidente, par le biais de la Charte des Nations Unies, la communauté internationale s'est engagée à préserver les générations futures du fléau de la guerre. La prévention de la famine induite par les conflits est au cœur de cet engagement. Aujourd'hui, dans notre économie mondialisée interconnectée, les répercussions des conflits s'étendent bien au-delà du théâtre des hostilités. Les perturbations des voies navigables essentielles, les attaques contre des navires civils et l'inflation des prix alimentaires ont des conséquences catastrophiques pour les économies dépendantes des importations. Et cette vulnérabilité est aggravée par la crise climatique qui, sans aucun doute, mettra en danger bien d'autres vies encore. Le phénomène El Niño qui se développe actuellement compromettra les rendements agricoles mondiaux et parallèlement la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes perturbe le fonctionnement des infrastructures portuaires essentielles qui constituent des artères vitales pour les petits États insulaires. Par la résolution 43/53 de l'Assemblée générale, Malte a introduit la notion de préoccupation commune de l'humanité. L'insécurité alimentaire aiguë devient rapidement une préoccupation pour l'humanité tout entière et dans l'esprit de notre héritage historique, en tant que gardienne de la Méditerranée, nous appelons toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire. Nous soulignons que la résolution 2417 doit être respectée. Son application s'étend même lorsque les conséquences du conflit se font sentir bien au-delà des hostilités immédiates. Par ailleurs, Nous condamnons les attaques contre les navires civils et leur équipage, en particulier la récente attaque contre le navire battant pavillon maltais, le MT Kavom Aleas, alors qu'il exerçait son droit de passage en transit. En vertu de la convention de Genève et conformément aux résolutions 2417 et 2573, le fait de prendre pour cible la navigation civile et les biens indispensables à la survie des populations civiles, constitue une violation grave du droit international. Malte salue les efforts déployés par les Nations unies pour maintenir l'acheminement des denrées alimentaires et des entrants agricoles essentiels via les voies navigables stratégiques et reconnaît le travail important accompli par la FAO, le PAM, le FIDA, la Banque mondiale et l'ensemble du système des Nations unies pour lutter contre l'insécurité alimentaire. Madame la Présidente, Pour lutter contre le lien qui existe entre conflit et famine, nous devons donner la priorité à deux mesures structurelles. Premièrement, nous devons associer les mécanismes d'alerte précoce à des actions opportunes et anticipatives. Et deuxièmement, nous devons investir dans la mise en place de systèmes agroalimentaires résilients, inclusifs et équitables grâce à des approches centrées sur les communautés capables de résister au triple choc des conflits, de la volatilité économique et des changements climatiques. La paix est la seule option durable pour que les générations actuelles et futures soient préservées non seulement du fléau de la guerre, mais aussi de celui de la faim. Je vous remercie. Denmark · Présidente [43:46]: Je remercie Madame la représentante de Malte et je cède la parole à Cuba. Cuba · Représentant [43:52]: Madame la Présidente, quatre ans seulement avant le délai fixé pour la réalisation du programme à 2030, nous sommes loin d'atteindre l'objectif fin zéro. Selon le rapport de l'ONU sur les ODD, 145 millions de personnes connaissent une malnutrition chronique en 2025, un pourcentage important de la population mondiale. Face à ce contexte, l'APD continue de baisser alors que l'on dépense de plus en plus pour les armements militaires. On a atteint 2900 milliards de dollars de dépenses militaires l'année dernière. Il faut lutter contre la faim, la pauvreté, garantir un développement durable sans qu'il y ait des laissés pour compte. Mais pour cela, il faut mettre fin à la course aux armements. Il faut cesser de dépenser pour des outils de pointe qui ne servent qu'à tuer et consacrer ses fonds au développement. La paix par la force ne fait qu'alimenter les tensions. Il faut donc aborder les causes des conflits comme les inégalités qui sont le produit de siècles de colonialisme, de décennies de libéralisme sauvage. des problèmes d'occupation étrangère, des politiques de domination et les violations des principes et normes du droit international. Il est indispensable que le Conseil de sécurité respecte pleinement son mandat, à savoir maintenir la paix et la sécurité internationales dans un respect strict de la Charte, sans deux poids deux mesures, sans ingérence dans les travaux d'autres organes tels que l'Assemblée générale. L'humanité connaît des crises multiples et ce sont les populations civiles qui en paient le coût avec destruction d'infrastructures, des moyens de subsistance, des problèmes d'approvisionnement d'éléments essentiels notamment pour la production agricole. Nous devons faire référence à la grave situation en Palestine, dont la population, notamment les femmes et les enfants, sont condamnés à connaître la faim à cause des actions génocidaires d'Israël qui font l'objet d'une totale impunité grâce à l'appui militaire, politique, diplomatique et financier du gouvernement des États-Unis. Les obstacles à l'aide humanitaire, notamment l'aide alimentaire et l'utilisation de la faim comme méthode de guerre par Israël. font l'objet d'une stratégie systématique d'occupation dont l'objectif est d'exterminer les Palestiniens. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la situation du Sahara occidental. L'occupation prolongée du Maroc n'a fait qu'aggraver les besoins humanitaires de la population sahraouie, notamment un accès à une alimentation sûre. Nous avons besoin de davantage de coopération, davantage d'aide pour le peuple sahraouie en mettant en œuvre les résolutions les résolutions et les décisions de l'ONU qui le concernent. Cuba fait l'objet d'une guerre multidimensionnelle livrée par le gouvernement des États-Unis. Le blocus économique, financier et commercial a été renforcé à des niveaux extrêmes avec un blocus énergétique de plus de six mois ainsi que d'autres mesures coercitives unilatérales contre des personnes, des entreprises ou autres entités cubaines. Conséquence, on empêche Cuba d'avoir accès à des carburants, On ne peut pas avoir accès non plus à des denrées alimentaires, à des médicaments, à des engrais, à des machines, à des outils agricoles, y compris ceux achetés sur les marchés privés. Cela a donné lieu des difficultés notamment pour générer de l'électricité, pour fournir de l'eau, pour garantir le transport, les chaînes d'approvisionnement, la production, la transformation, la conservation et la distribution de médicaments et de denrées alimentaires. Cela empêche également le fonctionnement d'infrastructures critiques telles que les hôpitaux et les services d'urgence. Nous condamnons cette politique génocidaire qui est une punition collective imposée au peuple cubain. Nous dénonçons par ailleurs la menace constante d'une agression militaire directe par les États-Unis, avec des conséquences imprévisibles pour la paix et la sécurité au niveau de notre hémisphère et au niveau international. Et nous avons attiré l'attention sur ce problème à différentes reprises devant le Conseil. Fidel Castro, commandant de la révolution cubaine, avait en 1996 attiré l'attention sur la sécurité alimentaire en disant que Le nombre de morts de faim aujourd'hui doublera si on ne fait pas preuve de la sagesse nécessaire pour y remédier. Un nouvel ordre mondial fondé sur la justice, l'équité et la paix ne peut être imposé. Il faut garantir la promesse collective qu'il n'y ait aucun laissé pour compte. Merci. Denmark · Présidente [49:24]: Je remercie Cuba de son intervention et je cède la parole à la Pologne. Poland · Représentant [49:30]: Madame la Présidente, je voudrais remercier le Danemark de la tenue de ce débat public. La Pologne s'associe à la déclaration qui sera prononcée par l'Union européenne. Nous devons mettre l'accent sur la famine et l'insécurité. La Pologne accorde une grande importance à la prévention dans le cadre des efforts humanitaires de consolidation de la paix. Nous devons investir dans la résilience des infrastructures, promouvoir une croissance économique durable, la bonne gouvernance et la démocratie. Nous devons atteindre les ODD. Tels sont les piliers de l'amélioration de la protection des civils à long terme. Des mécanismes d'alerte précoce sont essentiels pour contrer et atténuer les crises humanitaires et de sécurité alimentaire en mettant l'accent sur la protection des infrastructures civiles essentielles, notamment les terres agricoles, les réseaux d'approvisionnement en eau, les chaînes d'approvisionnement. Autre aspect important, il faut garantir un accès libre à l'aide humanitaire et au personnel humanitaire dans les régions vulnérables. Des mesures politiques, y compris au Conseil, devraient être prises suffisamment tôt. Il incombe aux membres du Conseil, avec le soutien d'autres États membres de l'Organisation, de lutter contre l'utilisation la sécurité alimentaire à des fins militaires ou politiques. Dans ce contexte, les données provenant d'organisations spécialisées telles que l'AF, le PAM, l'UNICEF pourraient être utilisées de manière plus systématique. Nous estimons également qu'il est possible d'élargir la coopération du Conseil avec les organisations régionales pour maintenir ouvertes les voies commerciales essentielles. Cela pourrait permettre des des accords concernant les ports, les voies maritimes, les corridors céréaliers ainsi que les autres chaînes d'approvisionnement. En ce qui concerne la question de savoir comment garantir des systèmes alimentaires plus résilients et comment atténuer l'impact des futurs chocs géopolitiques, nous recommandons de promouvoir le lien entre l'aide humanitaire, le développement et la paix, notamment en associant le financement d'urgence au renforcement des capacités. Il faut renforcer la coopération régionale. Des organisations fiables peuvent coordonner les couloirs alimentaires, les procédures douanières, les réserves céréalières et les dispositifs d'accueil des réfugiés. Il faut promouvoir une agriculture durable, résistante aux changements climatiques. Il faut permettre un soutien direct aux agriculteurs locaux et il faut rechercher de nouveaux partenariats, y compris avec le secteur privé. En conclusion, je dirais que le Conseil devrait se concentrer davantage sur les thèmes transversaux et sur la nature complexe des menaces contemporaines pesant sur la sécurité, la sécurité alimentaire, comme nous en parlons aujourd'hui, mais également la protection des civils lors de conflits armés ou les autres effets sur l'environnement ou d'autres catastrophes dues à l'homme qui sont à l'ordre du jour du Conseil. Je vous remercie. Denmark · Présidente [52:23]: Je remercie Monsieur le représentant de la Pologne. Je cède la parole au Soudan. Sudan · Représentant [52:32]: Madame la Présidente, nous voudrions remercier le Royaume du Danemark de la tenue de cette séance très importante alors que le monde fait face à une augmentation des conflits armés qui sont directement liés à la sécurité alimentaire. Nous saluons la présence du ministre des Affaires étrangères et nous remercions le secrétaire général et les intervenants de leurs contributions importantes. Madame la Présidente, le Soudan a salué l'adoption par le Conseil de la résolution 2417. Ça a été un jalon historique car celle-ci a réaffirmé le droit à l'alimentation comme étant un droit humain fondamental. La résolution souligne le lien entre conflits armés et faim et le fait qu'il est interdit d'utiliser l'alimentation comme une arme de guerre. Mon pays, dès lors, souhaite faire une distinction juridique importante qui ne devrait pas être ignorée entre la famine et la faim imposée. La famine peut être le résultat de sécheresse, alors que la faim peut être imposée par l'homme par différents moyens, en imposant un blocus par exemple ou en privant une population de denrées alimentaires ou de médicaments pour atteindre des objectifs militaires et politiques, ce qui est condamné par la résolution. Et dans certaines circonstances, cela peut même constituer un crime de guerre, qui appellent à ce que des comptes soient rendus. Le Soudan aujourd'hui est le témoin de ce type de violation. Notre population souffre. Des millions de personnes ont été déplacées de force. Les niveaux de l'insécurité alimentaire n'ont fait qu'augmenter, notamment dans la région du Kordofan, une région qui est sous contrôle des milices. Ces souffrances ne sont pas le résultat de catastrophes naturelles ou des changements climatiques ou d'autres facteurs économiques. Il s'agit d'une conséquence directe d'une guerre d'agression et de l'utilisation par les milices de blocus afin de priver les populations de denrées alimentaires, de médicaments, d'assistance humanitaire. Ils attaquent d'ailleurs les agriculteurs Cela prouve que ce qui se passe dans les zones contrôlées par les milices, c'est une situation d'insécurité alimentaire imposée, et non pas une famine naturelle. Madame la Présidente, le Soudan fait partie des pays qui ont une capacité agricole très importante en Afrique et le Soudan pourrait contribuer à la sécurité alimentaire. Et malgré la guerre, nous avons eu une saison agricole assez bonne. Nous avons eu une production de maïs, notamment très importante, avec un excès de 13,2 %. La sécurité alimentaire les problèmes d'insécurité alimentaire sont souvent des problèmes d'accès, notamment dans les zones contrôlées par les milices. Nous avons 30 millions d'hectares de terres agricoles qui pourraient être exploitées après le retour de la sécurité, notamment en Kordofan, et cela permettrait de répondre à certains problèmes de déficit alimentaire. Le Soudan ne mourra pas de faim, Madame la Présidente. La sécurité alimentaire n'est pas une question uniquement nationale, c'est important au niveau régional et international. Nous avons des réserves sur certains aspects. Nous pensons qu'il faudrait éviter toute politisation. Certains rapports ne repose pas sur des informations de terrain fiables, mais plutôt sur des analyses qui sont réalisées à distance. Le classement du cadre intégré classification de la sécurité alimentaire a été réalisé sur la base de données qui ne sont pas précises. Et c'est dû, comme vous le savez, à un manque d'accès aux zones qui sont contrôlées par les milices. Nous voulons être protégés de toute politisation dans le cadre de l'utilisation des données humanitaires relatives à la sécurité alimentaire. Malgré les agressions, nous continuons de garantir ou nous déployons des efforts pour garantir l'ouverture des points de passage, notamment les points d'adré. Nous essayons de financer les programmes alimentaires. Nous fournissons une assistance alimentaire, notamment par des largages aériens. Nous avons accru notre coopération avec différentes agences d'aide, différentes organisations internationales, y compris dans les circonstances exceptionnelles auxquelles nous sommes confrontés, ce qui démontre notre volonté au niveau national de garantir la sécurité alimentaire. Garantir cette sécurité alimentaire, cela nécessite une action collective. Notamment pour prévenir les conflits, il faut garantir le respect de la souveraineté des États et il faut que ceux qui utilisent la faim comme arme de guerre en répondent. Nous nous engageons en faveur de la coopération internationale pour garantir la sécurité alimentaire, la protection des civils et permettre une paix durable. En conclusion, Madame la Présidente, je voudrais rappeler au Conseil que les civils au Soudan ne meurent pas à cause d'une sécheresse ou de la pauvreté. Ils meurent parce que des milices terroristes appuyées par des puissances régionales utilisent la faim comme arme et la communauté internationale n'a pas réagi, n'a pas mis fin à ce crime. L'histoire ne vous jugera pas de manière positive si vous ne protégez pas les civils. Il s'agit ici d'un appel à mettre fin à cette situation et à exiger des milices et de ceux qui les soutiennent à répondre de leurs actes et à permettre à la population de vivre en toute sécurité. Denmark · Présidente [59:37]: Je remercie le Soudan. Je donne la parole au Zimbabwe. Zimbabwe · Représentant [59:41]: Merci, Madame la Présidente. Le Zimbabwe remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat important. Nous remercions le Secrétaire général et les autres intervenants de leurs exposés. L'alimentation prise pour cible, voilà là une réalité cruelle des conflits d'aujourd'hui. Lorsque la guerre fait rage, Elle perturbe l'agriculture, les marchés, les routes, les ports et crée les conditions dans lesquelles la famine alimente l'insécurité dans différentes communautés, pays, dans les marchés mondiaux. Pourtant, la faim n'est pas une conséquence inévitable des conflits. Avec des mesures rapides, les pires effets peuvent être empêchés. La résolution 2417 reconnaît la relation qui unit conflits armés et insécurité alimentaire. Le rapport sur les points chauds de la famine de la FAO et du PAM identifie les conflits ou la violence comme facteur premier dans 12 des 13 points chauds. La tâche ne consiste pas simplement à reconnaître ce lien mais à y répondre. Le Conseil doit empêcher que les conflits ne créent les conditions dans lesquelles la famine aiguë et la famine puissent s'installer. Et ainsi le Zimbabwe souligne quatre priorités. Tout d'abord, il nous faut agir plus tôt. Le Conseil doit mieux utiliser les alertes précoces émises par le Secrétaire général, la FAO, le PAM, les acteurs humanitaires et les organisations régionales. L'alerte précoce doit surtout aboutir à des mesures précoces grâce à la diplomatie préventive, la médiation et à des solutions politiques avant que la famine n'entraîne déplacement et instabilité. La prévention perd tout son sens lorsque l'alerte n'est sonnée qu'une fois que le grenier a été vidé. Deuxièmement, il faut protéger les civils et les systèmes qui appuient la vie civile. La faim imposée aux civils en tant que méthode de guerre est interdite. Les parties au conflit doivent respecter le DIH, protéger les exploitations agricoles, le bétail, les systèmes hydriques, les installations de stockage, les marchés, les réseaux de transport et les routes d'approvisionnement. L'accès humanitaire doit demeurer sûr, rapide et non entravé. Les régimes de sanctions doivent inclure des exemptions humanitaires efficaces et éviter de produire des obstacles involontaires pour les activités alimentaires agricoles en faveur des intrants agricoles et de l'aide d'urgence. Les bons offices du Secrétaire général peuvent permettre de garantir des modalités pratiques pour protéger les couloirs humanitaires et les routes maritimes et terrestres essentielles pour l'approvisionnement alimentaire. Ces mesures peuvent sauver des vies tout en créant un espace pour un dialogue politique. Troisièmement, le Conseil ne doit pas se limiter au seul champ de bataille. Les conflits ne produisent pas que des conséquences sur le champ de bataille. Ses effets concernent les ménages africains avec l'élévation des prix pour l'alimentation, les engrais, les transports, le carburant. Les pays en développement enclavés dépendant d'importations alimentaires sont tout particulièrement exposés. Le Conseil doit donc tenir compte des répercussions et garantir que ces mesures répondent aux conflits, ne renforcent pas la vulnérabilité des civils. Quatrièmement, l'aide d'urgence doit être à la hauteur de la résilience de long terme. De cet objectif, le Zimbabwe promet une agriculture intelligentes pour le climat, une irrigation et des systèmes d'alerte précoce numérique, des systèmes de stockage qui produisent pour appuyer la production nationale et les moyens de subsistance ruraux. En Afrique, le programme de développement de l'agriculture africaine et l'agenda 2063 jettent les bases pour augmenter la productivité et renforcer l'industrialisation agricole et renforcer le commerce régional. Il faut pour cela des financements prévisibles, des intrants agricoles abordables, un transfert de technologie, un accès fiable aux marchés régionaux et mondiaux. La coopération entre l'ONU, l'UA, les organisations infrarégionales est essentielle pour faire le lien entre prévention des conflits, action humanitaire et rétablissement. Notre objectif collectif doit être d'appuyer la souveraineté alimentaire et la résilience de l'Afrique. Dans le même temps, le Zimbabwe met en garde contre le traitement de la sécurité alimentaire comme une question relevant de la sécurité de manière indiscriminée. Toute crise alimentaire ne doit pas être inscrite à l'ordre du jour du Conseil. La pauvreté, les changements climatiques, le poids de la dette ou les difficultés de développement structurel nécessitent une action durable de la part des institutions qui ont mandat pour y répondre. Lorsque les conflits armés causent la faim, font entrave à l'aide humanitaire, aux menaces des systèmes alimentaires et la paix et la sécurité internationale, toutefois, le Conseil a la responsabilité et les outils pour agir. La réussite de notre entreprise se mesurera de la manière dont nous produisons de la nourriture après l'effondrement d'un moyen de subsistance, mais plutôt à la manière dont nous empêchons les conflits de détruire les conditions qui permettent aux populations de se nourrir. La paix ne peut pas s'enraciner quand les familles vivent dans la peur de la violence et de la famine. Protéger les systèmes alimentaires en temps de guerre est donc inséparable de la protection de la paix. Le Zimbabwe est prêt à travailler avec tous les partenaires à cette fin. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:05:49]: Je remercie le Zimbabwe. Je donne la parole au Liechtenstein. Liechtenstein · Représentant [1:05:53]: Merci d'avoir donné la parole, Madame la Présidente. Répondre à l'insécurité alimentaire relève du mandat principal du Conseil de sécurité. Nous remercions le PAM de son intervention et notons sa contribution au volet humanitaire du travail de l'ONU. Sans action claire et concertée du Conseil, Il pourrait y avoir une augmentation de l'insécurité alimentaire dans les prochains mois et les signes s'amoncellent. J'aimerais traiter de la production, de la transmission et de l'approvisionnement. Production alimentaire. La guerre, bien sûr, perturbe l'agriculture et transforme des producteurs autonomes en consommateurs dépendants. Les cours explosent, entraînant des pénuries. les restes explosifs de guerre polluent les sources d'eau et contaminent des pays greniers. Par exemple, près de 20 % du territoire ukrainien serait contaminé. Notons le travail de l'UNMAS à cet égard. Aussi bien les situations à l'intérieur et à l'extérieur en matière de conflit armé, ont des retombées. Il y a également le réchauffement de la planète qui déplace des agriculteurs et des éleveurs et détruit des moyens de subsistance et bouleverse les marchés. El Niño s'ajoute à cela. Lorsque le climat empêche la production de certains aliments, la sécurité alimentaire est en jeu et le Conseil doit y répondre. Lorsque l'alimentation est produite, elle doit être transmise. En plus des engrais, il y a d'autres substances qui facilitent la production. La crise dans le détroit d'Ormuz a entraîné une augmentation des prix de l'alimentation, des millions de personnes se retrouvent dans la pauvreté. Le conflit doit donc prendre fin. Nous notons que l'ONU a tiré la sonnette d'alarme et nous notons le travail de la FAO. Nous appuyons les efforts pour un groupe de travail pour faciliter le passage sûr des engrais et des matières premières à des fins humanitaires. Et nous appelons cet effort à continuer en dépit des circonstances. L'alimentation, enfin, ne doit jamais être restreinte en période de conflit. Les conflits armés et la violence demeurent le facteur premier de l'insécurité alimentaire aiguë dans 12 des 13 points chauds de faim identifiés par le PAM et la FAO. Les gouvernements et les groupes armés ont utilisé la famine comme arme de guerre. L'année dernière, nous avons vu les conditions de famine liées à des conflits à Gaza et au Soudan, la première fois dans ce siècle que deux famines séparées avaient été enregistrées simultanément. à Gaza nous avons vu des représentants israéliens ordonner un siège total en violation du di la solution est simple il faut permettre l'acheminement de l'aide il n'y a pas d'argument acceptable pour la famine nous notons que la l'imposition intentionnelle de la famine à des civils est un crime de guerre et la CPI a compétence dans les conflits armés internationaux et non internationaux à cet égard. J'aimerais finir par une digression. En 1944, en réponse à des signalements selon lesquels des millions de personnes étaient en danger grave de famine en raison de la Seconde Guerre mondiale, une étude clinique a été menée aux États-Unis, l'expérience de famine du Minnesota. L'expérience permettait de de guider l'aide fournie par les alliés en comprenant mieux les effets à long terme des restrictions alimentaires sévères et l'efficacité de la réhabilitation d'adultes sinon sains. Comme vous l'imaginez, les résultats étaient désastreux. Beaucoup de sujets étaient incapables de retrouver une relation saine à l'alimentation tout au long de leur vie. Ainsi, l'insécurité alimentaire n'est pas qu'une question liée au fait d'avoir faim. Lorsque ça concerne les enfants, on s'en prend à leur avenir, on les prive de la nutrition dont ils ont besoin pour grandir, apprendre et déployer leur potentiel. Pour ceux qui sont concernés, la faim ne disparaît Quasiment jamais. Pourtant, nous avons suffisamment d'alimentation pour nourrir le monde. Le Conseil, appuyé par cette organisation, est capable de faire en sorte que nous nourrissions tout le monde. Il faut agir de toute urgence. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:10:53]: Je remercie le Liechtenstein. Je donne la parole au Portugal. Portugal · Représentant [1:10:58]: Merci, Madame la Présidente. Nous remercions le Danemark d'avoir convoqué ce débat qui tombe à point nommé et nous remercions les intervenants de leur exposé. Le dernier rapport sur la situation de la famille dans le monde montrent que la situation est désastreuse. La faim a peut-être été réduite pour la troisième année de suite, mais 600 millions de personnes vivent encore en situation de famine chronique. Gaza et au Soudan une famine a été confirmée pour la première fois dans ce siècle on avait enregistré deux famines dans deux crises séparées simultanément et ce n'était pas des catastrophes naturelles inévitables elles étaient les conséquences de choix politiques de violence armée de d'infrastructures détruites et de restrictions sur à l'accès humanitaire et d'un échec à protéger les civils la résolution 2417 a donné à ce conseil un cadre clair pour l'action 8 ans plus tard, le problème ce n'est pas le manque d'information mais c'est le manque de mesures en temps voulu. Le Portugal souligne 4 points pour la suite. Il nous faut agir rapidement. Nous devons utiliser les systèmes d'alerte précoce sur les insécurités alimentaires produites par les conflits. Cela doit donner lieu à des discussions, des renouvellements de mandat et à des mesures pour la protection des civils. L'alerte précoce n'a pas beaucoup de valeur si elle n'entraîne pas de mesures concrètes. Ensuite, il faut faire respecter le droit international. L'utilisation de la famine comme arme de guerre est interdite. Les systèmes alimentaires doivent être protégés et les parties au conflit doivent permettre et faciliter un acheminement rapide, sûr et sans entrave de la nourriture. Les violations doivent être documentées. Troisièmement, le Conseil doit agir en amont. Les conflits ont des retombées sur l'approvisionnement d'engrais, sur la logistique maritime. Nous appuyons le travail du Secrétaire général et de la FAO pour préserver les chaînes d'approvisionnement maritimes commerciales, atténuer l'insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires. Nous saluons le mécanisme pour des mesures de confiance. qui a été élaboré par le groupe d'action de l'UNOPS, comme ça a été évoqué par le Secrétaire général aujourd'hui. Il s'agit d'exemples concrets de mesures ciblées qui permettent d'aider les plus vulnérables et d'atténuer les conséquences de perturbations qui s'accumulent. Quatrièmement, il faut des investissements dans la résilience, diversifier les chaînes d'approvisionnement et rendre les systèmes alimentaires plus inclusifs et résilients face aux changements climatiques. Tout ça n'est pas possible sans des financements prévisibles. Et alors que les ressources sont aujourd'hui sous pression. En conclusion, le Portugal souhaite que la question de l'insécurité alimentaire demeure dans les responsabilités du Conseil. La résolution 2417 a donné au Conseil les outils, mais aujourd'hui, il nous faut une volonté politique pour agir rapidement, de manière décisive. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:14:40]: Je remercie le Portugal. Je donne la parole au Nigeria. Nigeria · Représentant [1:14:43]: Madame la Présidente, le Nigeria remercie le Danemark d'avoir convoqué ce débat. Nous remercions le Secrétaire général et le représentant du PAM d'avoir montré la réalité difficile des crises alimentaires liées aux conflits dans de nombreux pays africains. Dans la résolution 2417, le Conseil a réitéré son engagement en faveur d'une réponse à l'insécurité alimentaire induite par les conflits, y compris en cas de famine en situation de conflit armé. Huit ans plus tard, L'écart entre le moment où un conflit commence à perturber des systèmes alimentaires et le moment où le Conseil, le Secrétariat ou un comité de sanctions agit demeure évident. Nous le savons de par notre expérience dans le bassin du lac Tchad. Ce ne sont pas les perturbations à l'importation ou les goulets d'étranglement maritimes qui ont entraîné la famine, mais le déplacement agriculteurs et des éleveurs par Boko Haram et l'Etat islamique dans la province d'Afrique de l'Ouest, la perte d'accès aux pêcheries et la perturbation des routes de migration. Les facteurs dont discute le Conseil en lien avec la sécurité alimentaire liée aux conflits sont mondiaux toutefois dans le bassin et au Sahel plus largement. Il s'agit de facteurs locaux mais pas pour autant moins graves. Il faut donc une réponse à ces deux échelles. Nous proposons trois propositions. Tout d'abord, alerte précoce. La résolution 2417, les rapports doivent être liés à un calendrier. présentées au comité de sanctions. Lorsque le secrétariat ou la FAO ou le PAM sonne l'alerte dans une compétence, dans une juridiction faisant l'objet de sanctions, le comité doit examiner des exemptions humanitaires avec plutôt que de s'en remettre à la procédure ordinaire. Les exemptions existent. Ce qu'il nous faut, c'est une procédure pour faire le lien avec l'alerte automatiquement. Deuxièmement, les bons offices. Ceux-ci ont permis de négocier et de en faveur de commerce transfrontière, de couloir de commerce, le Nigeria demande à ce que cela couvre explicitement la négociation d'un accès local du passage sûr pour les agriculteurs, les éleveurs et pour les pêcheurs. Dans la coordination avec les instances régionales, notamment la Commission du bassin du lac Tchad et la CEDEAO, un cessez-le-feu qui protège un port, ne protège pas la saison de récolte, par exemple. Troisièmement, mandat. Lorsque une mission politique ou de maintien de la paix opère dans une région où il y a insécurité alimentaire et conflit, une présentation sur la sécurité alimentaire du secrétariat du PAM et de la FAO doit être une contribution standard au Conseil, présentée au Conseil en amont du renouvellement ou de la réduction d'un mandat. en plus d'une évaluation sécuritaire et politique. La sécurité alimentaire est traitée en tant qu'annexe humanitaire à ces discussions plutôt qu'un facteur du mandat. La résolution 2417 ne comblera pas l'écart. Il faut des calendriers et des procédures. Le Nigeria est prêt à travailler avec le Conseil. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:18:49]: Je vous remercie, Nigeria. Je donne la parole à l'Union européenne, Son Excellence Madame Eda Samson. EU · EU · Eda Samson [1:18:54]: Je vous remercie. Madame la Présidente, j'interviens au nom de l'Union européenne et de ses États membres, les pays candidats, Macédoine du Nord, Moldova, Bosnie-Herzégovine, entre autres, ainsi que Saint-Marin et Andorre, s'associent à ces déclarations. Nous remercions le Danemark d'avoir convoqué ce débat qui tombe à point nommé. Nous remercions le Secrétaire général, le représentant du PAM et la représentante de la Coalition contre les conflits et la faim de leurs rapports. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits demeurent le facteur premier de l'insécurité alimentaire aiguë. La guerre illégale d'agression de la Russie contre l'Ukraine et l'escalade récente au Moyen-Orient ont montré plus avant la fragilité des systèmes alimentaires mondiaux, les perturbations des couloirs maritimes, des marchés énergétiques et agricoles ont des retombées dans le monde entier et mettent en danger ceux qui sont déjà exposés à l'insécurité alimentaire, notamment les pays qui dépendent de l'importation dans les contextes fragiles. Dans le même temps, la confirmation d'une situation de famine partie de Gaza et au Soudan nous rappelle que la sécurité alimentaire l'insécurité est souvent la conséquence prévisible des conflits et de l'obstruction et du mépris du diih l'insécurité alimentaire induite par les conflits s'aggrave également en Afghanistan en RDC à Haïti au Liban au Mali au Myanmar au Nigeria dans le territoire palestinien occupé en Somalie au Soudan du Sud au Soudan et au Yémen Madame la Présidente, la résolution 2417 demeure le point de référence du Conseil pour empêcher et répondre aux famines induites par les conflits, en tenant compte de la manière dont un facteur, le premier facteur, a une influence sur le deuxième. Les civils et les biens essentiels de leur survie doivent être protégés. Les violations doivent être condamnées sans équivoque. L'accès humanitaire doit être rapide, pérennisé et il ne doit pas y avoir d'entrave. Sur la base d'une analyse indépendante, notamment par l'IPC. Les réponses doivent également être mieux intégrées dans le nexus P. développement et humanitaire. Nous appuyons la résilience, la localisation et les systèmes alimentaires durables. Nous reconnaissons en même temps que l'insécurité liée aux conflits et la malnutrition ont des retombées différentes sur les femmes et les filles. L'UE et ses États membres demeurent un partenaire fiable en tant que premier bailleur mondial. Ces quatre dernières années, près d'un tiers du budget humanitaire de l'UE a été dédié à l'aide d'urgence alimentaire et nutritive, ce qui représente environ 800 millions d'euros par an. Comme évoqué dans notre communication sur l'aide humanitaire, nous entendons augmenter notre approche pour répondre aux crises alimentaires dans le monde. J'aimerais souligner trois appels à l'action. Tout d'abord, nous devons renforcer la diplomatie alimentaire pour garantir l'accès protégé, les chaînes d'approvisionnement protégées, empêcher une détérioration plus avant et une instrumentalisation de la famine dans la guerre et les attaques qui visent le personnel humanitaire tout en répondant aux causes profondes des crises alimentaires. Le Conseil doit utiliser les outils que contient la résolution 2417, notamment l'alerte précoce et les bons offices du Secrétaire général. Deuxièmement, les violations du DIH doivent être systématiquement identifiées et condamnées et ceux qui sont responsables doivent être tenus responsables, faire l'objet de poursuites. et ce via les juridictions nationales ou le cas échéant via des mécanismes internationaux notamment la CPI. La résolution 2417 prévoit également des outils pour adopter des sanctions contre ceux qui sont responsables de l'obstruction à l'assistance humanitaire. Troisièmement, il nous faut un appui politique plus fort pour le système multilatéral et pour les les intervenants d'urgence. Cela concerne l'ONU, les acteurs indépendants et les mécanismes indépendants tels que l'IPC. Et cela vaut notamment pour l'Ormuz, notamment le détroit d'Ormuz, en ce qui concerne les engrais et les intrants agricoles. L'ONU 80 va nous permettre de rendre le système plus efficace plus adaptés pour répondre aux crises alimentaires complexes. Dès le début de sa guerre d'agression contre l'Ukraine, la Russie a essayé d'utiliser l'alimentation comme une arme et de compromettre la sécurité alimentaire mondiale en bloquant la mer Noire. Récemment, elle s'en est prise à des ports, des centres logistiques, des terminaux céréaliers et depuis mai 2022, L'UE promeut la solidarité en facilitant l'exportation de céréales ukrainiennes. L'UE agit avec ses États membres et avec les autres partenaires. Elle est attachée à appuyer l'Ukraine pour exporter les céréales dès que possible afin d'atténuer la pression qui pèse sur les pays les plus vulnérables. Et je le dis très clairement, les sanctions de l'UE ne ciblent pas les acteurs tiers et nous tâchons de préserver le flux mondial de produits agricoles. La famine induite par les conflits est peut être empêché. Le Conseil doit parler plus clairement et réagir de manière plus décisive lorsque les conflits mettent en danger la sécurité alimentaire. Protéger les civils face à la faim est un impératif humanitaire mais est aussi essentiel pour maintenir la paix et la sécurité internationales. L'UE demeure attachée à travailler avec l'ONU et tous les partenaires pour faire respecter le droit international, appuyer ceux qui en ont le plus besoin et permettre d'arriver à un monde dans lequel la faim ne sera plus jamais utilisée comme une arme. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:25:47]: Je remercie Mme Samson. Je donne la parole à Mme Elise Nicole Moschini, Observatrice permanente et chef de délégation du CICR. CICR · Observatrice permanente et chef de délégation · Elise Nicole Moschini [1:26:00]: Merci, Madame la Présidente, Excellence. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, les conflits demeurent l'un des premiers facteurs de l'insécurité alimentaire aiguë. Nous le voyons très clairement dans le cadre de nos activités. Nos équipes voient comment la faim dans les conflits armés est souvent la conséquence d'actions et d'inactions. L'insécurité empêche les agriculteurs d'accéder à leurs terres. Les marchés sont perturbés. Les pénuries de carburant ont des retombées pour l'irrigation et les transports. Les systèmes hydriques et d'électricité se détériorent avec des retombées pour la production et le stockage. Les perturbations de la connectivité numérique accroissent l'insécurité alimentaire, ont des retombées sur les chaînes d'approvisionnement et les systèmes de paiement. Souvent, l'accès humanitaire est contraint ou même fait l'objet d'obstruction délibérée. Lorsqu'il devient plus difficile d'avoir accès à des moyens de subsistance, les populations doivent s'exposer à des risques et ont recours à des mécanismes de survie dangereux pour se nourrir. La faim est donc une conséquence des conflits et un facteur qui aggrave les dégâts. Alors, deux messages et deux demandes. La faim n'est pas une conséquence inévitable de la guerre. Les cadres politiques et juridiques répondent à la faim en temps de conflit armé, notamment la résolution 2417. Cette résolution adoptée à l'unanimité fournit un cadre clair pour l'action, pour agir et empêcher la famine, empêcher qu'elle ne devienne un facteur supplémentaire qui aggrave la crise dans les conflits. L'action humanitaire peut permettre de protéger les systèmes alimentaires sous pression. Appuyer l'agriculture et les moyens de subsistance dans les périodes de crise peut empêcher un effondrement et réduire la dépendance à l'assistance d'urgence. appuyer le rétablissement. Deuxièmement, respect du DIH pour la prévention. Les systèmes alimentaires dépendent de l'infrastructure interconnectée, l'eau, l'énergie, les transports, les marchés. Les dégâts et les perturbations peuvent avoir des retombées sur l'ensemble de ces systèmes avec des retombées pour la disponibilité de la nourriture et l'accès au-delà des zones d'hostilité. Le respect du DIH permet d'atténuer ces perturbations, notamment l'obligation des parties conflict armé de respecter de protéger les civils et les objets civils et de respecter les règles qui interdisent les attaques les destructions et les le fait de rendre les objets inutilisables objets qui sont indispensables à la survie des civils Les parties doivent respecter l'interdiction stricte de l'utilisation de la famine en tant que méthode de guerre et doivent faciliter un passage sans entrave et rapide de l'aide humanitaire pour les civils qui en ont besoin. Madame la Présidente, la résolution 2417, si elle doit être efficace, ne se mesurera pas à l'aune des réponses humanitaires face aux crises humanitaires. alimentaire mais par notre capacité collective à empêcher que l'insécurité alimentaire n'entraîne des conflits armés. Le CICR adresse deux demandes. Les États et le Conseil doivent agir rapidement. L'alerte précoce doit entraîner un engagement politique, diplomatique et opérationnel. Les populations touchées par des conflits ne doivent pas attendre de trouver des mécanismes de survie, qu'il n'y ait plus de mécanismes de survie et que la famine soit imminente. Le respect du DIH doit être au cœur de la prévention. Protéger les civils, les moyens de subsistance, les services essentiels et l'action humanitaire tout au long des conflits permet de préserver la capacité des populations à survivre avant que l'assistance d'urgence ne devienne leur dernière option. L'assistance humanitaire ne peut compenser en cas de violation ou lorsque les populations civiles ne sont pas protégées. En conclusion, le CICR mène ses activités opérationnelles et un dialogue confidentiel avec les parties aux conflits armés pour protéger les civils, préserver l'espace humanitaire et aider les populations à résister aux conséquences des conflits armés. Nous appelons les États à respecter le DIH et à maintenir l'humanité en période de guerre. Je vous remercie. Brazil · Représentant [1:30:33]: Je vous remercie, Madame la Présidente. Je remercie le Danemark pour la tenue de ce débat ainsi que le Secrétaire général et les autres intervenants de leurs contributions La faim n'est ni inévitable, ni une simple conséquence naturelle de la guerre. Il s'agit d'une difficulté politique qui exige une action collective ferme. La faim liée au conflit est l'illustration extrême de notre incapacité à respecter nos obligations internationales fondamentales. La résolution 2417 créé un cadre important à cet égard en reconnaissant qu'il existe un lien entre conflits armés et insécurité alimentaire. Huit années après son adoption, notre priorité devrait être sa pleine mise en œuvre. L'urgence de ce défi ressort clairement de plusieurs crises auxquelles nous sommes confrontés. Au Soudan, le conflit armé a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes, dévasté les moyens de subsistance et pousser des communautés entières vers des conditions de famine. À Gaza, la destruction des infrastructures civiles, la perturbation des systèmes alimentaires et les restrictions à l'accès humanitaire ont entraîné une insécurité alimentaire extrême. Au Soudan et au Soudan du Sud, les violences et les déplacements continuent de menacer les communautés vulnérables. Et au Yémen, des années de conflit et l'affaiblissement des infrastructures continuent d'exposer des millions de personnes à une faim aiguë. Toutes ces situations sont différentes, mais elles nous enseignent une leçon commune. Lorsque le conflit perturbe la production alimentaire, les marchés, les voies d'approvisionnement et les opérations humanitaires, la faim peut devenir à la fois une conséquence de la guerre, mais également un facteur d'instabilité. Notre réponse doit consister à garantir le respect total du droit international humanitaire à tout moment et par toutes les parties. affamer des civils comme méthode de guerre est illégal et moralement inacceptable. Les civils doivent avoir accès à la nourriture, à l'eau, aux services essentiels et le personnel humanitaire doit pouvoir venir en aide aux populations qui en ont besoin en toute sécurité, rapidement et sans entrave. Les terres agricoles, les systèmes de production et de distribution alimentaires, les marchés et tout autre élément indispensable à la survie des civils doivent également être protégés. L'application de ces principes ne doit pas faire l'objet de sélectivité. La prévention doit également être au cœur de notre réponse. La résolution 2417 fournit au Conseil les outils nécessaires pour agir avant que l'insécurité alimentaire n'atteigne des niveaux catastrophiques. Les informations d'alerte précoce fournies par notamment la FAO, le PAM, l'OCHA devraient déboucher sur des mesures préventives prises en temps opportun. La prévention doit également aller au-delà du théâtre immédiat du conflit. Les perturbations affectant la production agricole, l'approvisionnement en engrais et en énergie, les ports, les voies maritimes, le commerce international peuvent rapidement propager les effets du conflit à des pays éloignés, en particulier aux économies en développement et dépendantes des importations. Les actions juridiques et militaires, aussi indispensables soient-elles, ne peuvent se substituer à des solutions politiques, le moyen le plus efficace de mettre fin à la fin, la fin liée au conflit, c'est de mettre fin au conflit. La communauté internationale et le Conseil en particulier doivent investir de manière plus cohérente dans la diplomatie, la médiation et le règlement pacifique des différends. Le Brésil soutient le renforcement des bons offices du Secrétaire général, notamment lorsqu'il permet de faciliter les arrangements humanitaires, de protéger les voies d'approvisionnement essentielles ou de préserver l'accès à la nourriture et à d'autres biens indispensables. L'Initiative céréalière de la mer Noire est un bon exemple d'initiative réussie. Notre réponse à la faim liée aux conflits doit s'attaquer aux causes structurelles. Les conflits amplifient la faim, mais celle-ci est étroitement liée à la pauvreté, aux inégalités, à un endettement insoutenable et à un investissement insuffisant dans des systèmes alimentaires résilients. La lutte contre la faim et la pauvreté est indissociable de l'instauration d'une paix durable. Cette conviction a inspiré le lancement de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté lors de la présidence brésilienne du G20. Les gouvernements, les Nations Unies, les institutions financières internationales, le secteur privé, les organisations régionales ont tous un rôle à jouer pour aider les pays en développement à se prémunir des futurs chocs. Madame la Présidente, La communauté internationale a les connaissances, les ressources et les outils nécessaires pour prévenir la faim aggravée par les conflits. Ce qu'il faut maintenant, c'est une volonté politique. Le malaise que nous ressentons face aux informations faisant état de famine témoigne de notre humanité commune. Nous devons faire de cette indignation une action efficace et rapide. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:35:39]: Je remercie Monsieur le représentant du Brésil et je cède La parole à la Croatie. Croatia · Représentante [1:35:46]: Madame la Présidente, je voudrais vous féliciter à l'occasion de votre présidence du Conseil. Je salue votre leadership, notamment pour la tenue de ce débat important. La Croatie s'associe à la déclaration prononcée par l'Union européenne et souhaiterait faire quelques observations à titre national. Madame la Présidente, la résolution 2417 nous fournit des outils nous devons les utiliser plus tôt, plus rapidement, de manière plus systématique. Les conflits restent la principale cause de l'insécurité alimentaire aiguë dans le monde et cette année, le nombre de personnes confrontées à une famine de niveau crise a atteint un niveau jamais connu. Les conflits perturbent les flux énergétiques, l'approvisionnement en engrais et le Conseil devrait déclencher des alertes précoces lorsque ces risques apparaissent. Ces alertes devraient s'appuyer sur les données de la FAO, du PAM, de l'OMI et des organisations régionales et devraient cartographier l'exposition aux risques dans l'ensemble des systèmes alimentaires mondiaux et pas seulement au sein de la zone de conflit. Il faut nous permettre d'agir avant que la situation ne dégénère en crise de grande ampleur. Deuxièmement, nous devons atténuer les conséquences humanitaires pour les pays les plus touchés par l'insécurité alimentaire et les plus dépendants des importations. Bon nombre d'entre eux sont déjà confrontés à des niveaux records de famine aiguë, dus aux conflits, au coût élevé des importations et à la volatilité des prix des engrais et des carburants. Le Conseil devrait soutenir les garanties d'accès humanitaire dans les régions touchées par des conflits. Il devrait demander la mise en place de couloirs commerciaux temporaires sécurisés pour les denrées alimentaires, le carburant, les engrais. Il devrait encourager les mécanismes de désescalade visant à protéger les ports, les installations de stockage, les convois humanitaires. Il devrait exiger des rapports réguliers sur les répercussions secondaires dans les pays éloignés du conflit, mais fortement dépendants des importations. Troisièmement, Une action coordonnée est nécessaire pour mettre en place des systèmes alimentaires résilients. Les États membres devraient accroître leurs réserves stratégiques de céréales et d'engrais, car les marchés mondiaux restent tendus et les flambées de prix sont fréquentes. Les institutions financières internationales devraient renforcer les financements adaptés aux chocs destinés aux importateurs vulnérables. Les organisations régionales devraient renforcer les mécanismes d'alerte précoce concernant l'alimentation, l'énergie et les transports. Les acteurs humanitaires ont besoin d'un financement prévisible et pluriannuel pour stabiliser les marchés et le système des Nations Unies devrait intégrer l'analyse des risques liés à la sécurité alimentaire dans toutes les évaluations relatives à la paix et à la sécurité, en tenant compte du fait que les crises alimentaires sont désormais systémiques. Quatrièmement, Le Conseil peut mieux soutenir les bons offices du Secrétaire général. Il devrait solliciter des évaluations techniques des risques auprès de la FAO, du PAM, de la CNUSSED, de l'OMI, du PNUE lorsque des conflits menacent les systèmes alimentaires mondiaux. Il devrait exiger des rapports opérationnels sur les points d'étranglement, les ports, les détroits, les centres de production d'engrais dont la perturbation peut plonger des millions de personnes dans une situation d'insécurité alimentaire. Il devrait également encourager le Secrétaire général à faciliter la conclusion d'accords sur la sécurité du passage maritime, la désescalade autour des infrastructures critiques et les dérogations humanitaires. Les systèmes alimentaires mondiaux sont désormais les premières victimes des conflits. Le Conseil dispose du mandat, des outils et a la responsabilité d'agir plus tôt, de manière plus décisive et avec une meilleure coordination. Utilisons la résolution 2417 pour prévenir la faim, stabiliser les marchés et protéger les plus vulnérables. Je vous remercie, Madame la Présidente. Denmark · Présidente [1:39:31]: Je remercie Madame la représentante de la Croatie et je cède maintenant la parole à la Lituanie. Lithuania · Représentant [1:39:39]: Je vous remercie, Madame la Présidente. La Lituanie s'associe à la déclaration prononcée au nom de l'Union européenne et souhaite ajouter les remarques suivantes à titre national. Je remercie la Présidence danoise de la tenue de ce débat ainsi que le Secrétaire général et les autres intervenants de leur contribution. Les faits sont clairs. Les conflits armés constituent un facteur majeur de l'insécurité alimentaire. Du Soudan au Sahel, en passant par Haïti, le Yémen, la République démocratique du Congo et Gaza, les conflits et la faim s'alimentent mutuellement, dévastant ce faisant des millions de vies. La nourriture est utilisée comme arme, les infrastructures civiles sont détruites et l'accès humanitaire est entravé. La résolution 2417 condamne sans équivoque le recours à la famine comme méthode de guerre. Pourtant, les violations se poursuivent en toute impunité. Le Conseil doit exiger la protection des civils et des infrastructures critiques à leur survie et garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. Il est difficile d'évoquer le rôle du Conseil dans la gestion des crises alimentaires alors qu'un membre permanent du Conseil est lui-même responsable de graves violations du droit international. La guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine a dévasté ce pays et gravement compromis la sécurité alimentaire mondiale. Elle a perturbé la production et les exportations de céréales ukrainiennes, accru la pression sur les prix alimentaires mondiaux et mis en évidence les vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement internationales. La Russie s'est retirée de l'initiative céréalière en mer Noire mise en place pour atténuer l'insécurité alimentaire aggravée par sa propre agression. Elle a également intensifié ses attaques contre les ports ukrainiens, les infrastructures céréalières et les navires commerciaux qui les desservent, perturbant ainsi le commerce maritime vital et causant la mort de marins civils. Ces conséquences s'étendent bien au-delà de l'Ukraine. Les attaques contre les ports et les voies maritimes menacent l'approvisionnement des pays dépendant des exportations agricoles ukrainiennes et mettent encore davantage en danger les communautés les plus vulnérables du monde. Nous appelons tous les membres du Conseil à exercer des pressions sur la Russie pour qu'elle mette fin aux attaques contre les infrastructures civiles, les ports et les voies de navigation, qu'elle accepte un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et qu'elle mette fin à sa guerre d'agression contre l'Ukraine. Madame la Présidente, l'impunité pour les attaques visant des civils et des infrastructures civiles ou le recours à la famine comme méthode de guerre ne peuvent être tolérés. Nous devons renforcer le principe de responsabilité, les systèmes d'alerte précoce et les mesures préventives. L'aide humanitaire est indispensable, mais elle ne constitue pas une solution durable. La sécurité alimentaire doit être intégrée à la prévention des conflits, la consolidation de la paix, le relèvement, tout en renforçant la résilience des systèmes alimentaires et en protégeant les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le défi auquel le Conseil est confronté est, en fin de compte, un défi de volonté politique. La Lituanie appelle une action décisive pour briser le lien entre conflit et faim. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:43:05]: Je remercie M. le représentant de la Lituanie et je cède maintenant la parole au Japon. Japan · Représentant [1:43:13]: Je vous remercie, Madame la Présidente. Je remercie le Danemark de la tenue de cette séance importante. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417 du Conseil de sécurité, les conflits continuent d'entraîner des niveaux alarmants de famine et d'insécurité alimentaire. Le Japon est profondément préoccupé par le constat posé par le Secrétaire général selon lequel 147 millions de personnes dans 19 pays et territoires sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë induite par les conflits. Nous sommes en outre préoccupés par le fait que l'escalade des tensions régionales perturbe les flux de marchandises à travers le détroit d'Ormuz et la mer Noire, entrave l'approvisionnement en denrées alimentaires et en engrais, accroît les risques de crises alimentaires et frappe de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables. Les Nations Unies, y compris le Conseil de sécurité, doivent réagir face à cette situation d'insécurité alimentaire avec urgence et solidarité. Le Japon appelle toutes les parties à un conflit armé à respecter leurs obligations en vertu du droit international, notamment en facilitant un accès humanitaire rapide et sans entrave et à mettre en œuvre la résolution 2417, notamment en protégeant les biens indispensables à la production et à la distribution de denrées alimentaires. Nous exhortons en outre la communauté internationale à renforcer les mécanismes d'alerte précoce et à utiliser les outils des Nations Unies existants pour prévenir l'insécurité alimentaire induite par un conflit. La lutte contre l'insécurité alimentaire nécessite à la fois une aide humanitaire immédiate et un redressement à long terme du système agricole. En ce qui concerne la réponse immédiate, cette année, le Japon a apporté une contribution de 31,8 millions de dollars au PAM afin de soutenir l'aide alimentaire d'urgence en Palestine, contribuant ainsi à garantir la poursuite de la distribution de denrées alimentaires essentielles aux familles qui ont enduré des mois de crise. En ce qui concerne les efforts de relance à long terme, le Japon s'est engagé à verser environ 4,4 milliards de dollars américains par l'intermédiaire de la FAO afin de soutenir le service de déminage afin de soutenir le déminage et l'enlèvement des munitions non explosées dans le but de permettre le retour en toute sécurité des familles d'agriculteurs dans le nord-ouest de la Syrie. Cette aide permet de sauver des vies tout en donnant aux communautés touchées les moyens de reconstruire leurs moyens de subsistance de manière digne. La situation en matière de sécurité alimentaire en Afrique appelle également notre attention. Selon le dernier rapport sur les points chauds de la faim publié conjointement par la FAO et le PAM, sept des treize points chauds se trouvent en Afrique, notamment au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie. En réponse, le Japon a versé une contribution de 25,5 millions de dollars à 26 pays africains par l'intermédiaire du PAM et de la FAO, dont plusieurs identifiés comme des points chauds de la faim. Nous avons fourni à la fois une aide alimentaire d'urgence et un soutien à moyen et long terme pour le renforcement de la résilience. Madame la Présidente, ces interventions sont essentielles pour faire face aux crises, mais des solutions durables exigent sans équivoque de s'attaquer aux causes des conflits et de la faim, en s'appuyant sur le lien entre action humanitaire, développement et paix. L'approche de la sécurité humaine, défendue de longue date par le Japon, offre un cadre important pour faire progresser ce lien sur le terrain. En conclusion, le Japon reste déterminé à soutenir les interventions humanitaires immédiates et les efforts de renforcement de la résilience à long terme en coopération avec la communauté internationale afin de lutter contre la faim et de venir en aide aux populations touchées par les conflits. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:47:33]: Je remercie le représentant du Japon de son intervention et je cède la parole à l'Australie. Australia [1:47:39]: Merci, Madame la Présidente. L'Australie remercie le Danemark de la tenue de ce débat ainsi que le Secrétaire général et les intervenants. Le lien entre la faim et les conflits armés est indéniable. La faim est un moteur de conflit et est utilisée trop souvent comme une arme. La résolution 2417 a été une reconnaissance importante de ce cercle vicieux entre conflit et insécurité alimentaire. Les règles sont claires. Les objets civils qui sont nécessaires à la production alimentaire, à la distribution alimentaire doivent être protégés. Cependant, huit années après l'adoption de la résolution, on constate toujours un mépris du droit international et une augmentation de l'insécurité alimentaire dans le monde. Le nombre de personnes qui connaissent la faim a été multiplié par neuf au cours de la dernière décennie. L'Australie propose trois points clés sur lesquels concentrer les efforts internationaux: la protection, la prévention et les partenariats. Tout d'abord, Une sécurité alimentaire durable ne peut pas être garantie sans le respect du droit international et un accès sans entrave et sûr pour permettre de répondre aux besoins des populations. Bloquer l'aide humanitaire et alimentaire est inacceptable. Toutes les entraves aux organisations humanitaires doivent être levées. Il faut permettre l'approvisionnement sans obstacle de l'aide alimentaire à Gaza. Même chose pour l'Ukraine dans les conflits armés, nous ne pouvons pas protéger les civils si on ne peut pas protéger les travailleurs humanitaires qui fournissent une aide alimentaire. Toute attaque qui met en danger la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire doit cesser. C'est pourquoi nous avons adopté une déclaration pour la protection de ce personnel. On ne peut pas simplement réagir aux crises alimentaires. Si on veut briser le cycle entre faim et conflit, nous devons aborder les causes de ceux-ci. La prévention est l'outil le plus efficace. Les facteurs complexes, changements climatiques, insécurité alimentaire, chocs économiques ne font qu'accélérer l'instabilité souvent transfrontalière. Il faut des stratégies de prévention afin de détecter et d'atténuer l'insécurité alimentaire avant qu'elle ne débouche sur de la violence. Nous encourageons le Conseil à utiliser des systèmes d'alerte précoce, voir où sont nécessaires les efforts de prévention afin d'éviter toute escalade. le Conseil pour essayer d'identifier les risques d'insécurité alimentaire avant qu'ils ne se concrétisent. Troisièmement, le monde a besoin d'une approche qui implique l'ensemble de la société pour permettre davantage de résilience en impliquant les gouvernements, les organisations régionales, les IFI, le secteur privé et les communautés. Les incidences du conflit au Moyen-Orient avec les perturbations des voies navigables essentielles ne font qu'aggraver l'insécurité alimentaire pour l'Australie et ses voisins. La liberté de navigation au Moyen-Orient est essentielle pour la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales, de l'énergie, des engrais. Nous devons également utiliser davantage les bons offices du Secrétaire général pour protéger les chaînes d'approvisionnement terrestres et maritimes. Nous plaidons pour une approche globale qui prend pour cible les besoins des plus vulnérables tout en renforçant la productivité agricole et l'ouverture des marchés. L'Australie appuie des mesures concrètes pour mettre en œuvre la résolution 2417 en tant que candidat pour le Conseil pour la période 2029-2030. L'Australie va travailler sur des initiatives concrètes et travailler avec les États membres pour atteindre cet objectif. Nous avons besoin d'une approche impliquant l'ensemble du système, prenant en considération la sécurité alimentaire dans le cadre d'une coordination avec l'ensemble des acteurs. Denmark · Présidente [1:51:41]: Merci à l'Australie. Je cède maintenant la parole à la Slovénie. Slovenia · Représentant [1:51:46]: Je vous remercie, Madame la Présidente. La Slovénie s'associe à la déclaration prononcée par l'Union européenne et par le groupe des amis de l'action contre les conflits et la faim. La faim est sans doute un des éléments les plus visibles de la guerre. Elle est ancrée dans les souvenirs transmis de génération en génération. Elle nous interpelle à travers les plaidoyers des organisations humanitaires. Mais la faim n'est pas inévitable, elle peut être entièrement évitée. Souvent, elle est utilisée comme arme dans le cadre des guerres. L'insécurité alimentaire dans les conflits résulte des choix, des actions des parties. La question est de savoir si les civils et les infrastructures civiles sont protégés, si la production alimentaire est possible, si les marchés peuvent fonctionner, si l'aide humanitaire peut parvenir à ceux qui en ont besoin, que les personnes particulièrement vulnérables bénéficient d'une protection, en fin de compte, que les règles du droit international humanitaire soient respectées et que la résolution historique 2417 soit pleinement mise en œuvre. Cela signifie qu'il est possible d'agir. Et cette responsabilité, elle incombe à ce Conseil. Le rapport qui est parvenu au Conseil, notamment du PAM et de la FAO, doit informer la réponse de la communauté au Soudan, au Soudan du Sud, au Yémen, dans le territoire palestinien occupé, mais également en RDC, les systèmes d'alerte précoce, notamment grâce à l'IPC, doivent permettre des actions collectives en Afghanistan, au Sahel, en Haïti, au Liban, au Mali et au Myanmar. Alors que l'invasion à grande échelle et l'occupation par la Russie du territoire ukrainien ainsi que la contamination des terres agricoles continuent de représenter l'un des risques les plus pressants pour la sécurité alimentaire mondiale, les perturbations du transport de l'énergie et des engrais dans le détroit d'Ormuz exercent une pression supplémentaire. La Slovénie, qui est avec le Guyana, qui a été en 2025 point focal sur la fin des conflits, souhaite faire les observations suivantes. Premièrement, le respect et la garantie du DIH doivent rester au cœur de notre réponse. Le DIH interdit de recourir à la famine comme méthode de guerre. Deuxièmement, les travailleurs humanitaires doivent être protégés, l'accès humanitaire doit être facilité. Celles et ceux qui risquent leur vie pour acheminer de la nourriture ou une autre aide vitale doivent pouvoir atteindre les personnes dans le besoin en toute sécurité, rapidement et sans entrave. Troisièmement, les biens indispensables à la survie de la population civile bénéficient d'une protection spéciale à cet égard. La Slovénie est particulièrement préoccupée par les attaques contre les infrastructures hydriques et les ressources en eau douce. L'Alliance mondiale pour la protection de l'eau face aux conflits armés reconnaît les liens directs entre l'eau, la production alimentaire, la survie des civils et la santé publique. Elle appelle à une protection renforcée de l'eau dans les zones de conflit à travers le monde. Et quatrièmement, la diplomatie humanitaire doit continuer à fonctionner et des accords de cessez-le-feu humanitaire devraient être envisagés chaque fois que c'est possible. L'engagement politique doit se concrétiser par un accès humanitaire et c'est pourquoi la Slovénie continue de renforcer son soutien au PAM et à son action indispensable pour fournir une aide vitale. Nous connaissons les règles, nous disposons des outils d'alerte précoce et nous avons la capacité d'agir avant que la faim ne se transforme en famine. Je vous remercie. Denmark · Présidente [1:55:56]: Je remercie Monsieur le représentant de la Slovénie et je cède la parole au Mexique. Mexico [1:56:03]: Madame la Présidente, la résolution 2417 de 2018 reconnaît que la faim n'est pas seulement une conséquence des conflits, mais également un facteur susceptible de les de les aggraver et de les étendre au-delà de leurs frontières. Nous reconnaissons les répercussions négatives engendrées par le lien qui existe entre les changements climatiques et l'insécurité alimentaire, en particulier au sein des communautés qui sont déjà frappées par des conflits. Selon les Nations données du PAM, 70% des personnes souffrant d'insécurité alimentaire aiguë vivent dans des pays fragiles ou touchés par des conflits. Hier encore, lors de la séance d'information sur la situation au Soudan, les informations présentées par Les responsables de l'ONU, ainsi qu'au cours des interventions de plusieurs membres du Conseil, ont établi un lien direct entre conflit et insécurité alimentaire. Malheureusement, ces chiffres se traduisent par une souffrance humaine concrète dans ce conflit, mais également dans d'autres. Ma délégation profite de ce débat pour mettre l'accent sur trois aspects. Tout d'abord, le Mexique estime qu'il convient que ce Conseil tire parti des informations disponibles provenant des entités spécialisées des Nations Unies, en particulier de la FAO et du PAM, et ce afin d'identifier les risques systémiques qui pèsent sur les marchés alimentaires. Deuxièmement, il est impératif de protéger celles et ceux qui paient le prix le plus lourd des conflits. Le Mexique condamne catégoriquement le recours à la famine comme méthode de guerre et réaffirme que la privation délibérée de biens indispensables à la survie de la population civile constitue une violation intolérable du droit international humanitaire. Aucun objectif politique ou militaire ne justifie qu'une population soit privée d'accès à la nourriture, à l'eau ou à l'aide humanitaire. Nous appelons toutes les parties aux conflits armés à respecter scrupuleusement le droit international, et à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et durable. Mon pays salue et appuie les bons offices du Secrétaire général afin de faciliter la conclusion d'accords permettant de maintenir ouverts les couloirs humanitaires et les voies d'approvisionnement essentielles qu'elles soient terrestres ou maritimes. En troisième lieu, il est essentiel de progresser dans la mise en place de systèmes alimentaires plus résilients. Les récentes perturbations sur les voies stratégiques du commerce international montrent que la sécurité alimentaire dépend également de facteurs tels que l'énergie, les engrais, le transport maritime et la stabilité des chaînes d'approvisionnement. Le Mexique estime nécessaire de réduire ces vulnérabilités en diversifiant les fournisseurs et les marchés, en renforçant les capacités de production nationale et en développant des alternatives durables pour les intrants agricoles. Dans le cadre de ces efforts, la FAO, le PAM ainsi que les autres entités spécialisées des Nations Unies doivent apporter leur expertise technique et scientifique. Madame la Présidente, je ne peux pas évoquer les insécurités alimentaires dans les conflits armés sans aborder la cause profonde de ces situations. à savoir les inégalités économiques sous-jacentes qui sont à l'origine de tout problème de pénurie alimentaire. En d'autres termes, l'inégalité économique qui règne dans notre monde. Nous devons insister sur ce point. 37% de la richesse mondiale est détenue par 1% de la population. Les fortunes personnelles et familiales obscènes se multiplient alors que 10% de la population mondiale survit avec quelques 3 dollars par jour. Cette situation intolérable est la cause profonde les conflits dont nous sommes témoins jour après jour. Je voudrais vous rappeler, chers collègues, que le Mexique a présenté une proposition aux Nations unies visant à atténuer les inégalités. En 2021, nous avons proposé une initiative qui, fondée sur la réduction des bénéfices des entreprises, pourrait constituer un point de départ pour résoudre ce problème fondamental de notre époque. Je propose que nous reprenions l'examen de cette proposition. Le Mexique exhorte le Conseil à veiller à ce que les mandats qu'il confère, y compris dans le cadre des efforts visant au maintien et à la consolidation de la paix, prévoient les capacités nécessaires pour anticiper et atténuer l'interaction complexe entre les conflits, les effets négatifs des changements climatiques et les crises alimentaires. empêcher qu'une crise alimentaire ne se transforme en crise de paix et de sécurité et éviter qu'elle n'affecte celles et ceux qui sont éloignés de ces causes. La prévention commence bien avant l'apparition de la famine. Comme l'a souligné le Secrétaire général, si vous ne nourrissez pas les gens, vous alimentez le conflit. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:03:40]: Je remercie le Mexique. Je donne la parole à l'Algérie. Algeria · Représentant [2:03:45]: Merci, Madame la Présidente. Nous remercions le Danemark d'avoir convoqué ce débat qui tombe à point nommé. Nous remercions le Secrétaire général de son intervention et Mme Sco et le Dr Benoit de leurs interventions très intéressantes. Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2417 en 2018, laquelle fait le lien entre conflits armés et faim et condamne l'utilisation de la famine imposée aux civils comme méthode de guerre. Toutefois, l'insécurité alimentaire aiguë s'est intensifiée dans le monde. Le rapport de 2026 sur les crises alimentaires fait état d'une catastrophe humanitaire sans précédent. La proportion de populations qui connaissent des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë a doublé ces dernières décennies. Les conflits demeurent le premier facteur. Ils déplacent des millions de personnes, détruisent le secteur agricole et restreignent l'accès à l'aide. Pour la première fois dans l'histoire, par ailleurs, deux famines ont été confirmées simultanément en la même année, en 2025, les victimes étant Gaza et le Soudan. À Gaza, la catastrophe humanitaire continue, c'est une plaie ouverte. La dernière classification de phase de sécurité alimentaire intégrée montre que 1,4 million de personnes connaissent une insécurité alimentaire aiguë. Les conditions de famine identifiées précédemment à Gaza montrent le bilan, conséquence de l'utilisation de la faim comme méthode de guerre. Les enfants meurent de malnutrition tandis que les camions d'aide sont bloqués à quelques kilomètres. L'Algérie réitère son appel en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et d'un accès sans restriction humanitaire. Au Soudan, le pays connaît l'une des urgences alimentaire les plus graves dans le monde. D'après l'analyse de la classification des phases d'insécurité alimentaire, 19,5 millions de personnes, soit 41% de la population, connaissent un niveau élevé d'insécurité alimentaire aiguë. 135 millions de personnes sont bloquées en phase 5, connaissent donc la famine, tandis que 125 millions d'enfants connaissent une malnutrition aiguë sévère. Les restrictions alimentées par les conflits imposés à l'accès humanitaire, les attaques qui ciblent les routes d'approvisionnement et la destruction des systèmes de production alimentaire continuent à empêcher l'acheminement de l'aide. Le peuple soudanais a besoin que les armes se taisent. Les couloirs humanitaires doivent demeurer ouverts et l'accès humanitaire doit être immédiat et sans entrave. Toutefois, alors même que ces crises nécessitent une mobilisation internationale plus forte, nous constatons que les financements humanitaires des secteurs alimentaires ont connu un déclin fort avec des niveaux que l'on n'a pas observés depuis une décennie. Ce manque de financement n'est pas qu'une préoccupation humanitaire, mais a des conséquences directes pour la paix et la sécurité internationales. Madame la Présidente, je souligne les piliers centraux suivants: la famine ne peut pas être utilisée comme méthode de guerre. Les parties au conflit ont l'obligation stricte de protéger les civils et les infrastructures essentielles à leur survie, notamment à la production alimentaire et les systèmes hydriques. Par ailleurs, l'accès humanitaire sans entrave est vital. L'Algérie est pleinement mobilisée sur cette question. Nous coprésidons le groupe de travail sur la protection des infrastructures civiles au sein de l'initiative mondiale pour galvaniser un engagement politique en faveur du DIH. Par ailleurs, notre engagement indéfectible en faveur de ceux qui sont sur le front a été réaffirmé par notre signature de la déclaration de la protection du personnel humanitaire en septembre 2025. Madame la Présidente, le lien entre faim et conflit alimente un cycle destructeur qui doit être brisé. Si le Conseil entend défendre sa responsabilité première du maintien de la paix et de la sécurité internationale, il nous faut des mesures concrètes, notamment Des mécanismes d'alerte précoce robustes pour détecter les attaques visant les infrastructures alimentaires et hydriques. Deuxièmement, mobiliser les ressources pour reconstruire les infrastructures essentielles détruites ou connaissant des perturbations en raison des conflits. Troisièmement, accès sûr, rapide et sans entrave humanitaire. Troisièmement, reddition des comptes pour les auteurs d'attaques ciblant les infrastructures civiles. Quatrièmement, il faut un régime de sanctions dédié pour les parties qui violent la résolution 2417 et utilisent l'arme comme arme de guerre. En conclusion, Madame la Présidente, la sécurité alimentaire peut découler de différents facteurs, mais lorsqu'elle est exacerbée par les conflits armés, elle exige une réponse décisive et immédiate de la communauté internationale. L'Algérie demeure pleinement attachée à travailler avec tous les partenaires pour défendre le DIH la dignité humaine et encourager une paix durable pour que la faim ne soit jamais utilisée comme une arme contre l'humanité et ne soit jamais une arme dans la guerre. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:09:22]: Je remercie l'Algérie. La Tchéquie a la parole. Czechia · Représentant [2:09:29]: Merci. Madame la Présidente, la République tchèque se félicite de la tenue de ce débat et remercie le Danemark de l'avoir convoqué. De nombreux pays peinent à garantir l'accès à la nourriture et à l'eau face aux sécheresses et aux événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents. Ce sont les conflits armés qui font plonger des millions de personnes dans une situation de famine, détruisent les moyens de subsistance, la production agricole et pèsent sur des systèmes alimentaires déjà fragiles. Les conséquences ne se limitent souvent pas aux zones d'hostilité. Les perturbations des itinéraires commerciaux, des approvisionnements énergétiques et des marchés d'engrais et des exportations d'alimentation font augmenter les prix et touchent surtout les pays dépendants des importations connaissant une insécurité alimentaire. Dans le détroit d'Ormuz, nous avons vu qu'un conflit régional entraîne des conséquences pour la sécurité alimentaire mondiale. C'est pourquoi la résolution 2417 demeure aussi importante. Empêcher une faim induite par les conflits doit commencer par le respect du DIH. Les civils et les objets indispensables à leur survie doivent être protégés. L'assistance humanitaire doit être acheminée aux personnes qui en ont besoin, en sécurité et de manière sûre et sans retard. La faim imposée aux civils comme méthode de guerre est interdite et doit être condamnée. Madame la Présidente, tout près de nos frontières, la Russie mène une agression continue contre l'Ukraine. Nous voyons le lien entre conflit et insécurité alimentaire. Les attaques visant les ports, les infrastructures agricoles et les exportations compromettent, menacent l'économie ukrainienne, les exportations de céréales et touchent les marchés alimentaires au-delà de la région, les pays les plus vulnérables étant les premiers touchés. La République tchèque continue à appuyer les efforts visant à maintenir les approvisionnements alimentaires mondiaux, notamment grâce à notre contribution à l'initiative Céréales avec l'Ukraine, qui est mise en œuvre avec le PAM. Madame la Présidente, le Conseil de sécurité devrait pleinement utiliser la résolution 2417, notamment ses mécanismes d'alerte précoce. Identifier les risques ne suffit pas. L'alerte doit suivre l'action. empêcher l'insécurité alimentaire induite par les conflits, empêcher que cela n'entraîne une crise humanitaire et sécuritaire plus large. Protéger les populations contre la faim n'est pas une simple responsabilité humanitaire, mais contribue à la paix et à la sécurité internationale au premier chef. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:12:43]: Je remercie la Tchéquie. Je donne la parole à la Roumanie. Romania · Représentant [2:12:47]: Merci, Madame la Présidente. La Roumanie s'associe à la déclaration de l'UE. La résolution 2417 est un jalon d'autant plus pertinent dans le contexte actuel. Notre monde connaît le nombre le plus élevé de conflits depuis 1945 et le nombre de morts liés aux champs de bataille ces cinq dernières années dépasse le chiffre des vingt années précédentes. La résolution contient un engagement à répondre à l'insécurité alimentaire induite par les conflits d'une manière qui découle directement de la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationale qui incombe à ce Conseil. Nous voyons les conséquences dans le monde entier, en Ukraine, au Soudan, à Haïti, au Myanmar. La FAO et le PAM indiquent clairement que les conflits armés et la violence demeurent les facteurs premiers de l'insécurité alimentaire aiguë, alors que l'assistance humanitaire connaît un déclin. De même que les ressources et les mandats sont limités pour les opérations de paix et que l'intensité et le nombre de conflits va croissant, l'avenir ne semble pas radieux. La réalité révèle aussi les conséquences des conflits pour la sécurité alimentaire, réalité qui n'est pas locale. La crise dans le détroit d'Ormuz montre que Lorsque les routes maritimes et terrestres sont essentielles pour l'approvisionnement mondial, notamment pour les carburants et les engrais, la perturbation peut avoir des conséquences à des milliers de kilomètres, notamment pour les pays vulnérables. Nous voyons les effets des conflits armés sur la sécurité alimentaire qui ne découlent pas de la nature du conflit. Parfois, il s'agit d'agissements délibérés, systématiques. Les conséquences de l'agression illégale et non provoquée par la Russie et de la guerre à l'encontre de l'Ukraine le montrent clairement. La Russie perturbe les exportations de céréales avec des conséquences pour des millions de personnes. Ces perturbations ont entraîné une inflation des prix de l'alimentation, une augmentation des coûts des primes entraînant des pénuries alimentaires. Les actions non justifiées et délibérées de la Russie contribuent à transformer d'autres États membres de l'ONU notamment ceux qui connaissent une insécurité alimentaire et dépendent des importations, en font d'autres victimes de l'agression de l'Ukraine. Protéger la chaîne d'approvisionnement alimentaire est lié donc au droit humain universel à une alimentation adéquate, en lien avec les conflits et avec la communauté internationale plus large. Suite au retrait de l'initiative de la mer Noire par la Russie en juillet 2023, La Roumanie a agi rapidement, nous avons accéléré les efforts déployés pour transporter par rail, par route et par voie fluviale ces biens et les infrastructures du Danube et de la mer Noire facilitent le transit des exportations. En coopération avec l'UE, ses États membres et les États candidats, Dans le cadre des voies de la solidarité et avec les États-Unis et d'autres partenaires, nous avons permis à l'Ukraine d'exporter par la Roumanie 70 millions de tonnes de biens, dont 55 de céréales. En tant que producteur agricole et centre logistique, la Roumanie continuera à garantir la stabilité de la chaîne d'approvisionnement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. La faim ne doit jamais être une conséquence inévitable de la guerre. L'alimentation ne doit jamais être utilisée comme une arme. Aucun objectif militaire, politique ou autre ne peut être obtenu grâce à de telles mesures. La résolution 2417 reconnaît le lien entre conflit et faim, mais confère également une responsabilité au Conseil, la prévention et l'action lorsque les conflits privent les civils de l'alimentation et menacent d'entraîner des conséquences encore plus graves. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:17:05]: Je remercie le Koweït à la parole. Kuwait · Représentant [2:17:07]: Merci, Madame la Présidente. Tout d'abord, Nous associons la déclaration du groupe d'amis pour agir face au conflit à la fin. Nous saluons la présence de M. Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark, et de M. Guterres, secrétaire général, au cours de cette séance. Nous remercions également M. Skaal et le Dr. Benoit, de leurs interventions très utiles. Je souhaite également remercier votre pays, vous-même et votre mission d'avoir convoqué cette réunion de haut niveau consacrée à la question du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cela montre que le Conseil reconnaît qu'il y a un lien entre insécurité alimentaire et menace pour la paix et la sécurité internationales. Cela confirme également que cette question n'est pas plus seulement humanitaire ou séparée des responsabilités premières de ce Conseil. L'expérience des dernières décennies montre que les conflits armés bien souvent perturbent la production alimentaire, les marchés et les chaînes d'approvisionnement. et entraînent des dégâts aux infrastructures civiles qui sont essentielles à la survie des populations. Par ailleurs, l'aggravation de la famine et de l'insécurité alimentaire contribue à créer des vulnérabilités, des déplacements et réduisent la capacité des communautés à résister et à se rétablir. Ainsi, l'examen par le Conseil de cette question renforcera la mise en œuvre d'obligations qui existent déjà au titre du droit international, notamment du DIH. Cela montre également l'importance de prévenir et de répondre aux conflits, à l'insécurité alimentaire liée aux conflits dans le cadre des responsabilités du Conseil en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Madame la Présidente, le Conseil a reconnu le lien étroit qui existe entre conflit et insécurité alimentaire au moment où il a adopté la résolution 2417 de 2018. Mon pays a eu l'honneur dans le cadre de son mandat au sein du Conseil de co-présenter cette résolution et de promouvoir cette question dans le cadre des responsabilités essentielles du Conseil. Cette résolution est très importante. Elle réaffirme les obligations existantes au titre du droit international humanitaire et condamne aussi la famine imposée aux civils ou le refus d'accès humanitaire, mais elle crée une conception très claire du lien entre conflit et faim. Les conflits perturbent la production, les marchés et l'approvisionnement et la faim accroît la fragilité et empêche aux communautés de se rétablir et accroît l'instabilité. Et ainsi, ces populations doivent se mettre en danger pour se nourrir. Gaza est un exemple très clair de ce qu'il se passe lorsque le droit humain à la nourriture est pris pour cible et lorsque l'accès à la nourriture est restreint. Les pratiques systématiques d'Israël, notamment le blocus et les restrictions imposées à l'entrée de l'aide et des biens, de même que les destructions généralisées des infrastructures et des installations de production civile ont diffusé la faim dans l'ensemble de la bande. Ainsi, mon pays condamne dans les termes les plus fermes l'utilisation par Israël, puissance occupante, de la famine comme méthode de guerre, comme réaffirmé dans la résolution 2417, Nous condamnons également l'équation inhumaine qui est imposée aux civils, qui est soit de mourir de faim, soit de se rendre en violation flagrante du droit international, du DIH et des exigences les plus élémentaires en matière de dignité humaine. Les évolutions récentes dans la région arabe ont montré que les répercussions des conflits souvent ne se limitent pas au territoire du conflit, avec des retombées pour les marchés mondiaux. Et l'État du Koweït condamne dans les termes les plus forts la fermeture continue par l'Iran du détroit d'Ormuz et la menace que cela représente directement pour la sécurité et la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales. Dans ce contexte, mon pays souligne que le danger que représentent ces agissements n'est pas lié à la seule sécurité énergétique, mais à la sécurité alimentaire, en perturbant le commerce, en faisant augmenter les prix de transport et des engrais, des intrants et en entraînant une augmentation du prix d'alimentation, des produits dont dépendent les pays les plus vulnérables, les plus dépendant des importations. Nous ne devons pas oublier la dimension sécuritaire de l'insécurité alimentaire. L'érosion des moyens de subsistance, la marginalisation, la concurrence pour les ressources sont des facteurs directs qui accroissent la fragilité des sociétés et exacerbent les tensions existantes et permettent aux terroristes et aux groupes extrémistes d'exploiter ces conditions pour recruter, inciter à la violence. Nous devons nous demander, Madame la Présidente, quelle est la situation d'aujourd'hui? Comment peut-on parler de réaliser les ODD, éradiquer la pauvreté, remplir les buts et principes de la Charte en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale, alors même que sous nos yeux, alors que les souffrances des civils, que la famine atteint des niveaux sans précédent. Les chiffres nous montrent qu'il n'y a pas de justification possible. La classification IPC a confirmé qu'il y avait des famines dans les zones touchées par le conflit. Le rapport sur la crise alimentaire de 2026 a par ailleurs confirmé que la famine aiguë a été doublée ces dernières décennies, que le nombre de personnes qui connaissent les niveaux les plus sévères de faim catastrophique est de neuf fois supérieur au niveau de 2016 et que pour la première fois dans l'histoire du rapport, la famine a été constatée dans deux contextes séparés au cours d'une même année en 2025. Madame la Présidente, nous nous demandons si nous avons les règles juridiques, les mécanismes d'alerte précoce. Nous avons la résolution 2417. Et nous avons des données probantes. Et pourtant, en dépit de tout cela, nous arrivons à des famines, à des morts. Alors la question qui se pose n'est pas de savoir quelles règles ou résolutions sont nécessaires, mais de savoir quelle volonté politique nous fait défaut pour appliquer cela. Huit ans après l'adoption de la résolution 2417, Notre responsabilité aujourd'hui n'est pas de créer de nouvelles obligations, mais de respecter et d'appliquer les obligations existantes et de transformer les alertes et les résolutions de ce Conseil, de transformer ces mots qui sont prononcés après les catastrophes en mesures. Quand il n'y a pas de moyens de subsistance, il ne peut pas y avoir de stabilité. Nous ne pouvons pas prétendre, lorsqu'il y a la famine, que l'on avance vers une paix durable. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:26:02]: Je remercie le Koweït de son intervention. Je donne la parole à la République islamique d'Iran. Iran (Islamic Republic of) · Représentant [2:26:16]: Au nom de Dieu. Miséricordieux. Madame la Présidente, les conflits armés demeurent le facteur premier de faim et d'insécurité alimentaire. Et pour y répondre, il faut remédier aux causes profondes, l'agression, l'occupation, les mesures coercitives illicites et la destruction délibérée d'infrastructures civiles. La résolution 2417 du Conseil condamne la famine imposée aux civils comme méthode de guerre et le refus d'accès humanitaire. À Gaza, la guerre génocidaire d'Israël à l'encontre du peuple palestinien a entraîné des violations graves du DIH, notamment des attaques qui ciblent les civils et les infrastructures civiles et l'utilisation comme une arme de la faim par l'imposition de la famine et l'obstruction systématique de l'assistance humanitaire. Toutefois, en dépit de l'ampleur de ces crimes, le Conseil a échoué maintes fois à faire respecter, à honorer les responsabilités qui lui incombent au titre de la Charte et à garantir la reddition des comptes en raison de la protection politique et de l'obstruction accordées par les États-Unis. Les causes profondes de l'instabilité et les perturbations du commerce maritime et de la navigation dans le détroit d'Ormuz sont la guerre des États-Unis et du régime israélien, guerre d'agression contre l'Iran en violation flagrante de la Charte et du droit international. Avant cette agression, la navigation commerciale par le détroit fonctionnait sans perturbation. Les États-Unis et le régime israélien ont déclenché une guerre illégale d'agression contre l'Iran le 28 février 2026, avec des conséquences graves et lourdes pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Leur acte d'agression en violation flagrante de la Charte et de la norme péremptoire du droit international général, ont entraîné l'assassinat du dirigeant suprême de l'Iran, qui est devenu un martyr, plus haut représentant de l'État, de même que d'autres hauts représentants iraniens. 3 400 civils innocents ont par ailleurs été tués, des martyrs parmi lesquels des centaines de femmes et d'enfants. Le protocole d'accord d'Islamabad signé le 17 juin exige expressément que les États-Unis s'abstiennent de toute menace ou de l'utilisation de la force contre l'Iran. Les États-Unis ont violé substantiellement ce protocole en lançant une autre agression militaire contre l'Iran dès le 27 juin 2026. tuant plus de 60 civils, en blessant 630 autres et en attaquant délibérément des aéroports, des ponts, des infrastructures de transport, des navires, des installations de secours et des installations météorologiques. Mais la responsabilité ne revient pas qu'aux seuls agresseurs principaux. Les États qui ont facilité les actions militaires illégales en mettant à disposition des bases, un appui logistique ou des renseignements, un accès à leur espace aérien, doivent également assumer la responsabilité qui leur incombe au titre du droit international. Une telle aide fournie contribue à l'instabilité régionale et compromet la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz. Madame la Présidente, les États-Unis ont fait preuve d'un mépris total du droit international. Le blocus maritime imposé par les États-Unis à l'Iran et les attaques qui visent les navires commerciaux iraniens dans des eaux internationales constituent une violation grave de la souveraineté, de la liberté de navigation de l'Iran et du droit international de la mer. L'USNCOM déclaré publiquement le 12 août que les forces américaines avaient redirigé 59 navires commerciaux, en avaient neutralisé trois et arraisonné deux autres. Ces mesures illégales, en plus de l'opération paria économique annoncée hier, par le secrétaire du Trésor américain vise à imposer un blocus économique au peuple iranien courageux à utiliser l'arme, l'énergie, le commerce comme une arme, de même que l'accès aux biens essentiels en tant qu'instrument de pression et de guerre. De telles mesures illégales ne peuvent être justifiées sous prétexte de protection de la sécurité ou. de la liberté de navigation. Les mesures prises par les États-Unis sont une violation des droits humains fondamentaux, des principes d'égalité souveraine, de non-ingérence et de la liberté de navigation. Il s'agit d'une violation substantielle de la résolution 2417 du Conseil et il s'agit d'une tentative de contourner les fonctions qui ont été accordées au Conseil au titre de la Charte. C'est l'intégrité du droit international qui est en jeu. Si ces agissements illégaux sont autorisés sans en toute impunité, ce sera un précédent dangereux. Le Conseil doit condamner catégoriquement et rejeter toute mesure coercitive unilatérale visant à obliger les États souverains à modifier leurs intérêts économiques légaux ou leurs relations avec les États étrangers. Nous appelons tous les États à rejeter et dénoncer l'application extraterritoriale de mesures coercitives unilatérales par les États-Unis pour forcer des États membres à subordonner leur État souverain et leur politique légale à celle d'un autre État. Mon pays se réserve le droit d'invoquer tous les recours possibles pour demander reddition des comptes, réparation et remédiation pour que les responsables aient à répondre de leurs actes, des conséquences de leurs actes illégaux. L'Iran réaffirme son droit inhérent à la légitime défense au titre du droit international face aux actes d'agression illégaux des États-Unis. Madame la présidente, les mesures prises par l'Iran sont légales et de nature défensive. En tant qu'État côtier du détroit d'Ormuz, l'Iran a le droit légitime, au titre du droit international, de prendre les mesures nécessaires pour répondre à l'agression qui vise son territoire et sa souveraineté. Ceux qui affirment le contraire n'ont aucun fondement juridique. La seule voie permettant de restaurer la paix, la stabilité régionale et la navigation maritime sûre et de mettre fin à l'agression, de pleinement respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Iran et de lever les blocus maritimes illégaux, les mesures coercitives unilatérales et de fournir des garanties crédibles que l'agression ne se répétera pas. Toute modalité concernant le détroit d'Ormuz ne peuvent être élaborées, réglementées et gérées par les États côtiers, à savoir l'Iran et Oman. Madame la Présidente, en conclusion, je rejette catégoriquement les allégations infondées prononcées par certains membres à l'encontre de l'Iran concernant les perturbations qu'aurait causé mon pays au commerce et à la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz. Plutôt que de répondre aux causes profondes de la crise, ces allégations ignorent l'agression illégale menée contre l'Iran et les violations graves du droit international et visent à faire porter la responsabilité non pas à l'agresseur mais à la victime. Je vous remercie, Madame la Présidente. Denmark · Présidente [2:35:09]: Je remercie Monsieur le représentant de la République islamique d'Iran de son intervention et je cède la parole au Paraguay. Paraguay · Représentant [2:35:14]: Je vous remercie, Madame la Présidente. Le Paraguay remercie le Danemark de lui donner la possibilité d'intervenir au cours de ce débat de haut niveau dont le sujet principal revêt une importance particulière pour nous. Cela peut sembler répétitif, mais il faut répéter qu'il n'y a pas de développement sans paix et pas de paix sans développement. Le Conseil a la responsabilité de garantir que la sécurité permette des politiques, notamment dans le cadre de la consolidation de la paix. Nous soulignons que Cet organe a reconnu par le passé le lien direct qui existe entre la faim et la guerre et il a affirmé que l'insécurité alimentaire induite par un conflit représentait une menace pour la paix et pour la sécurité internationale. Madame la Présidente, actuellement, tant le travail du Conseil que le respect des objectifs de l'ONU se heurtent à de nombreuses difficultés au-delà Des raisons de cette situation, nous devons améliorer l'efficacité du système de manière générale, tant pour l'architecture du maintien de la paix que pour la mise en œuvre du pilier développement qui doit fonctionner comme une chaîne de valeur qui doit aider les pays qui sortent de conflits internes ou internationaux. La sécurité alimentaire est multidimensionnelle. Ça peut entraîner une rupture du processus de développement, un retour en arrière, le non-respect de l'État de droit. Ça peut être une cause, mais également une conséquence des affrontements, comme nous l'avons constaté dans de nombreux conflits actifs dans le monde où nous voyons que les populations vulnérables sont celles qui en souffrent le plus, particulièrement les femmes et les enfants. Madame la Présidente, nous ne pouvons pas permettre que des populations entières, et tout particulièrement les femmes et les enfants, soient constamment exposées à la famine à cause de conflits armés. Les conséquences sont toujours catastrophiques. Étant donné ce qui précède, la préservation de la vie humaine doit toujours être la priorité, la protection des civils, des infrastructures civiles, sont de la responsabilité de toutes les parties au conflit selon les obligations découlant du DIH. Dans le cadre de notre organisation, nous avons pris des engagements très importants, des engagements que nous devons honorer en vertu de la Charte. Chers collègues, la paix, ce n'est pas quelque chose d'immédiat, c'est un processus continu. en réglant les causes des conflits. Ça doit être une préoccupation constante. Le fait que dans un conflit armé, les dommages les plus importants sont causés aux civils, aux infrastructures civiles, ne préoccupe surtout les infrastructures essentielles d'un pays pour permettre une paix durable. Selon notre pays, le Conseil pourrait travailler davantage avec les coordonnateurs résidents qui sont sur le terrain, notamment dans le cadre des stratégies de sortie des missions, de repositionnement ou dans les efforts de consolidation de la paix. Il doit y avoir des plans de sortie qui permettent de renforcer les institutions nationales et qui facilitent ainsi le travail des différentes entités chargées du développement une fois que les forces de paix sont retirées. Nous sommes préoccupés par le fait que le PAM a tiré la sonnette d'alarme. Il va y avoir 45 millions de personnes de plus qui vont être plongées dans l'insécurité alimentaire aiguë si les conflits se poursuivent. C'est pourquoi nous soulignons qu'il convient de garantir l'ouverture totale du détroit d'Ormuz et le respect du droit maritime international, étant donné les nombreuses conséquences dans le monde, en termes de perturbations des chaînes d'approvisionnement des denrées alimentaires, ça concerne la production agricole également. Enfin, nous terminons en soulignant les efforts du Conseil de sécurité dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2417 de 2018. qui a été approuvé à l'unanimité dans cette salle même. Nous réitérons notre soutien à son plein respect dans toutes les situations de conflit aux quatre coins du monde. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:40:06]: Je remercie Monsieur le représentant du Paraguay de son intervention et je cède la parole au Kenya. Kenya · Représentant [2:40:13]: Je vous remercie, Madame la Présidente. Je remercie le Danemark de la tenue de ce débat opportun. Je remercie également le Secrétaire général et les autres intervenants pour leurs précieuses contributions. Dans l'économie mondiale interconnectée d'aujourd'hui, l'insécurité alimentaire ne se limite plus aux zones géographiques directement touchées par les conflits armés. des populations isolées continuent de subir les conséquences de conflits qui provoquent des répercussions sur les marchés de l'énergie, les chaînes d'approvisionnement en engrais, les couloirs maritimes, les systèmes financiers, les réseaux logistiques, etc. Par ailleurs, l'interaction entre les conflits, les phénomènes climatiques extrêmes, les déplacements, les pressions économiques et la fragilité des systèmes alimentaires continuent d'aggraver les griefs, d'accroître la vulnérabilité et de compromettre la stabilité. Les rapports faisant état de 266 millions de personnes réparties dans 47 pays et territoires confrontés à une insécurité alimentaire aiguë en 2025 sont très préoccupants. Ils soulignent la relation de renforcement mutuel entre les conflits et l'insécurité alimentaire ainsi que l'importance de lutter contre l'insécurité alimentaire dans le cadre de la prévention des conflits et du maintien de la paix. L'expérience du Kenya illustre ces liens. Début 2026, environ 429 000 personnes vivant dans les camps de réfugiés du Kenya ont été confrontées à une insécurité alimentaire du niveau crise dans un contexte de réduction des financements humanitaires. Le Kenya a continué à protéger les réfugiés alors qu'environ 3,7 millions de personnes vivant dans ces zones arides et semi-arides étaient exposées à une insécurité aiguë de niveau crise ou pire encore, et ce en juin 2026. Si cette situation était principalement due à des précipitations faibles et irrégulières, la hausse mondiale des coûts des denrées alimentaires, du carburant et des intrants agricoles liés au conflit a aggravé la vulnérabilité des communautés touchées. Nous pensons que le Conseil de sécurité a une responsabilité importante sur la base de la résolution 2417 et nous proposons quatre priorités qui se renforcent mutuellement. Premièrement, nous encourageons un lien plus étroit entre l'alerte précoce, l'engagement politique précoce et l'action précoce étayée par une analyse de la manière dont les conflits perturbent la production alimentaire, les marchés, les moyens de subsistance, les opérations militaires et l'accès aux fournitures essentielles. L'alerte précoce doit être une opportunité de prévention plutôt qu'une description rétrospective d'une crise. Deuxièmement, nous appelons à accorder une attention constante à la protection des civils ainsi qu'aux biens indispensables à leur survie. Les résolutions pertinentes peuvent être mises en œuvre de manière à préserver l'accès humanitaire et les systèmes grâce auxquels les populations se nourrissent. Les restrictions unilatérales, les spéculations excessives sur les marchés, les perturbations de la circulation des denrées alimentaires, du carburant, des engrais, doivent être combattues par une action coordonnée. Les denrées alimentaires, l'eau et les infrastructures ne doivent en aucun cas être prises pour cible. Troisièmement, le Kenya exhorte la communauté internationale à investir dans la résilience des systèmes alimentaires avant les crises afin de permettre aux systèmes alimentaires d'absorber les chocs et d'empêcher que des perturbations temporaires ne dégénèrent en une famine et en une instabilité prolongée. Les États, avec leurs partenaires internationaux et régionaux, devraient renforcer la production agricole, la gestion de l'eau, les infrastructures, les marchés, la diversification des mécanismes d'approvisionnement et les pays en développement devraient bénéficier d'un soutien face à l'insécurité alimentaire et pour libérer pleinement leur potentiel grâce à des infrastructures et des investissements. Quatrièmement, nous encourageons le renforcement des bons offices du Secrétaire général dans un cadre plus systématique qui s'appuie sur des rapports, des évaluations et des avis émanant du système des Nations unies, des organisations régionales, des institutions scientifiques afin de relier la médiation politique à l'expertise technique, humanitaire et scientifique et afin de garantir des mesures de prévention opportunes et fondées sur des données factuelles. En conclusion, le Kenya souligne un impératif politique clair. La prévention des conflits relève également de la politique de sécurité alimentaire. La protection des systèmes alimentaires est une composante essentielle de la paix, de la sécurité et l'investissement dans la résilience constitue une forme concrète de prévention des conflits. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:45:10]: Je remercie Monsieur le représentant du Kenya de son intervention et je cède la parole à la Thaïlande. Thailand [2:45:16]: Je vous remercie, Madame la Présidente. La Thaïlande remercie le Danemark Pour la tenue de ce débat important et opportun, nous remercions les différents intervenants de leur contribution. Les chiffres que nous avons entendus aujourd'hui sont alarmants, notamment l'estimation du PAM selon laquelle 70 % des personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë vivent dans des pays touchés par des conflits. Les perturbations ont fait grimper les prix du pétrole et des engrais, qui exercent une pression considérable sur la sécurité alimentaire et ce qui fait que 45 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir de la faim. Mon pays, dès lors, souhaiterait souligner trois points essentiels. Premièrement, garantir l'accès à la nourriture pendant les conflits armés est non négociable. Toutes les parties doivent respecter pleinement le droit international humanitaire, protéger les civils, garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. Ils doivent par ailleurs s'abstenir d'utiliser la famine comme méthode de guerre. Conformément à l'ODD 2, fin zéro, les conflits ne doivent pas compromettre les progrès réalisés en matière de protection des personnes en situation de vulnérabilité. Deuxièmement, Le renforcement des systèmes alimentaires résilients est essentiel pour faire face aux perturbations du commerce mondial et des chaînes d'approvisionnement. La Thaïlande plaide en faveur d'un système commercial multilatéral ouvert, transparent, prévisible et fondé sur des règles, un système qui facilite la circulation continue des denrées alimentaires et des intrants agricoles, en particulier en période de crise. Nous devons également renforcer la résilience en développant les capacités nationales et en promouvant une agriculture de précision, une agriculture intelligente, durable afin de protéger les moyens de subsistance, d'atténuer l'un des principaux facteurs de conflit et de contribuer à une paix durable. Troisièmement, l'action climatique est indispensable pour garantir la sécurité alimentaire à long terme. Les changements climatiques agissant comme un multiplicateur de menaces. La Thaïlande reste fermement engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et réaffirme que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et son accord de Paris doivent rester la pierre angulaire de la gouvernance climatique mondiale. Nous devons faire progresser à la fois les efforts d'atténuation et d'adaptation conformément au principe des responsabilités communes mais différenciées. Nous appelons les pays développés à tenir leurs engagements financiers afin de soutenir l'action climatique des pays en développement. Madame la Présidente, il ne peut y avoir de paix durable sans sécurité ni de sécurité alimentaire là où les conflits continuent de détruire les moyens de subsistance. Nous devons prévenir les crises avant qu'elles ne s'aggravent et faire preuve de la plus grande retenue nous abstenir de recourir à la force et privilégier les voies diplomatiques pour le règlement pacifique des différends. En tant que huitième exportateur mondial de produits agricoles et alimentaires, la Thaïlande reste déterminée à être un partenaire de confiance dans la promotion de la sécurité alimentaire mondiale afin de garantir que chacun puisse continuer à avoir accès à la nourriture. Denmark · Présidente [2:49:04]: Je remercie la Thaïlande Et je cède la parole à la Belgique. Belgium [2:49:09]: Madame la Présidente, chers collègues, la Belgique s'associe à la déclaration prononcée par l'Union européenne et ses États membres et souhaiterait ajouter quelques observations à titre national. Alors que les conflits sont de plus en plus responsables de l'insécurité alimentaire dans les zones de conflit, mais également au-delà, Ce débat est particulièrement opportun. Nous remercions la présidence danoise de la tenue de celui-ci ainsi que le secrétaire général, le directeur exécutif Scott et le Dr Benoit pour la clarté de leurs interventions et de leurs recommandations. Dans trop de situations, la faim n'est plus simplement une conséquence du conflit, elle est le résultat de choix faits par les parties au conflit. La résolution 2417 nous fournit un cadre robuste nous permettant d'agir. Notre responsabilité désormais est de concrétiser ces engagements en résultats concrets. Je voudrais mettre en avant trois points. Tout d'abord, la famine ne doit jamais être utilisée comme arme de guerre. Affamer des civils, c'est interdit par le DIH. Les attaques contre la production alimentaire, les infrastructures agricoles ainsi que les entraves délibérées à l'aide humanitaire ont des conséquences dévastatrices pour les populations civiles. Le Conseil de sécurité a la responsabilité non seulement de réagir face aux crises alimentaires, mais également d'aborder les conditions qui ont été à leur base. Et il faut que les systèmes d'alerte précoce donnent lieu à des réactions rapides. et en garantissant que les comptes soient rendus. Deuxièmement, nous devons mieux anticiper les conséquences des conflits sur la sécurité alimentaire mondiale. Les conflits perturbent les marchés, les routes d'approvisionnement, ils détruisent les moyens de subsistance, déplacent des communautés, réduisent l'accès aux terres, à l'eau, aux services essentiels, aux couloirs humanitaires. Les terrains de bataille d'aujourd'hui ne sont plus agricoles et encore une fois ce sont les populations civiles qui paient le prix le plus lourd. Parallèlement, il y a des chocs climatiques qui ne font qu'aggraver les vulnérabilités liées au conflit. Le coût de la prévention est bien plus inférieur au coût des réactions. C'est pourquoi la Belgique appuie les actions d'anticipation et le renforcement de la résilience. Troisièmement, les acteurs humanitaires ont besoin de financement adéquat et prévisible. La Belgique est un bailleur de fonds important qui s'est engagé à fournir des ressources financières pluriannuelles, prévisibles, souples. Nous saluons le rôle du Centre d'intervention d'urgence ainsi que d'autres fonds. Enfin, il faut permettre aux acteurs humanitaires de réagir rapidement et efficacement face aux crises émergentes. Nous remercions tous les donateurs qui continuent d'appuyer ces fonds et nous continuons de plaider pour ce type de financement de qualité. La faim en situation de conflit n'est pas inévitable. Trop souvent, les gens ont faim, non pas parce qu'il n'y avait pas de signes avant-coureurs, mais parce qu'on a agi trop tard. Les systèmes humanitaires à eux seuls ne peuvent pas y remédier. Nous devons également aborder les questions d'insécurité et de vulnérabilité structurelle qui sont à la base de l'insécurité alimentaire. La Belgique est favorable à une réponse fondée sur la prévention préservant la dignité des populations civiles. Je vous remercie. Denmark · Présidente [2:53:05]: Je remercie la Belgique de son intervention et je cède la parole à l'Irlande. Ireland [2:53:12]: Madame la Présidente, je remercie le Danemark pour avoir attiré l'attention sur cette question essentielle. Je remercie également le Secrétaire général ainsi que les autres intervenants. L'Irlande s'associe aux déclarations de l'Union européenne et du groupe d'amis de l'action contre les conflits et la faim que nous co-présidons avec la Sierra Leone. L'expérience récente et honteuse de la famine à Gaza et au Soudan exige des réponses décisives pour faire reculer la famine dû à l'homme et également aux conflits. Alors que dans certains contextes, les choses se sont améliorées, la situation globale est encore très difficile. Le dernier rapport sur les points chauds montre que les populations au Soudan, au Soudan du Sud, au Yémen, en Palestine, au Nigeria, en Somalie, sont déjà face à des niveaux catastrophiques d'insécurité alimentaire aiguë. Madame la Présidente, nous savons que les conflits restent le principal facteur d'insécurité alimentaire aiguë dans un contexte où les parties trop souvent ignorent leurs obligations en vertu du DIH. C'est inacceptable. Nous appelons donc tous les États membres à respecter et à faire respecter le droit international humanitaire. Je tiens à mettre en avant deux contextes particuliers à cet égard. Au Soudan, les attaques contre les civils et la destruction des infrastructures et des biens essentiels à leur survie s'intensifient, 14 zones étant menacées de famine. En tant que membre de coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, nous appelons les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises à protéger les civils, notamment en mettant fin à l'utilisation de la faim comme arme de guerre. Malgré les progrès accomplis, l'ensemble de la bande de Gaza se trouve toujours dans une situation de crise marquée par une insécurité alimentaire et la malnutrition. L'accès pour l'aide a été réduit depuis le mois de février, alors que la relance économique est entravée par des restrictions sur les importations. Nous appelons Israël à éliminer les restrictions sur l'accès de l'aide à Gaza conformément à ses engagements dans le cadre du plan de paix et ses obligations découlant du droit international. Nous appuyons également l'action de l'Union européenne en réponse aux violations par Israël du droit international. L'Irlande, dans le cadre de son programme de la présidence de l'Union européenne, facilite les discussions sur la sécurité alimentaire et la nutrition en mettant l'accent sur Gaza et ailleurs et en appuyant les plans visant à renforcer l'approche de l'équipe Europe en matière de diplomatie humanitaire. L'Irlande va fournir plus de 250 millions d'euros en intervention alimentaire et 330 millions en aide humanitaire au niveau mondial cette année, tout en maintenant l'accent sur les points chauds en matière de faim. Nous continuerons de travailler en partenariat avec les organisations, notamment l'ONU, le Réseau mondial contre la faim, l'Union africaine, la Coalition contre les conflits et la faim dans notre lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition et pour permettre le respect du droit à une alimentation adéquate. Denmark · Présidente [2:56:39]: Je remercie l'Irlande et je cède la parole à El Salvador. El Salvador [2:56:44]: Merci, Madame la Présidente. Nous nous félicitons de la tenue de ce débat de haut niveau. Nous l'avons entendu aujourd'hui, il y a un lien entre les conflits et la sécurité alimentaire. Cette problématique a été suffisamment documentée. Les conflits continuent de détériorer de manière importante l'accès des populations à l'alimentation, à l'eau, aux moyens de subsistance et ils aggravent les vulnérabilités préexistantes et prolongent leurs effets bien au-delà de la durée des hostilités. Cela confirme une réalité que le Conseil a déjà reconnue il y a huit ans par le biais de la résolution 2417. La faim liée au conflit n'est pas seulement une conséquence humanitaire, c'est une difficulté, un problème qui peut avoir des implications plus larges pour la paix et la sécurité internationales. Pour El Salvador, le défi central, c'est de mettre en œuvre les engagements existants et en garantir une mise en œuvre plus efficace avant toute chose. Nous devons veiller au respect total du droit international humanitaire. L'utilisation de la faim contre la population civile comme méthode de guerre est inadmissible. Il est également nécessaire de mieux comprendre les dommages causés par les conflits. Comme l'a signalé le Secrétaire général, leurs conséquences ne peuvent pas se mesurer exclusivement par le nombre immédiat de victimes. La destruction des terres agricoles, des systèmes d'irrigation, des marchés, des infrastructures énergétiques ou des routes d'approvisionnement peuvent générer des effets indirects qui s'accumulent et qui persistent pendant des années et qui compromettent sérieusement les moyens de vie dans des régions, des pays ou des communautés entières. Deuxièmement, nous devons consolider la prévention. dans le cadre de la résolution 2417. Les mécanismes d'alerte précoce permettent d'identifier des contextes dans lesquels l'insécurité alimentaire se détériore rapidement en conséquence d'un conflit. Cela étant dit, l'utilité de ces outils dépend de la capacité d'utiliser les informations disponibles en mesures concrètes et rapides. Le Conseil ne devrait pas se limiter à réagir une fois qu'une situation atteint des niveaux critiques. Il doit utiliser de manière plus systématique les informations qui sont fournies par l'ensemble du système des Nations unies et consolider la coordination avec les acteurs humanitaires et les autres acteurs spécialisés, particulièrement lorsqu'il existe des risques clairs pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de la population civile. Cette dimension préventive est encore plus importante face aux effets que les conflits peuvent avoir au-delà des zones directement touchées. par le biais de perturbations des chaînes d'approvisionnement sur les marchés, les routes commerciales ou en termes d'accès aux engrais. Troisièmement, El Salvador estime qu'il est indispensable de lier cette discussion avec celle sur la consolidation de la paix. Notre expérience nationale nous a montré que la fin des hostilités est une condition indispensable pour la paix, mais elle ne suffit pas à pérenniser la paix. Le conflit armé touche profondément des communautés rurales. Il provoque des déplacements. Il a eu des conséquences sur la production, sur l'accès à la terre, les moyens de subsistance et le processus de consolidation de la paix exige donc non seulement des réformes politiques institutionnelles, mais également des mesures visant à garantir la réintégration, la relance économique et la reconstruction des communautés touchées. Cette expérience est à la base de notre conviction selon laquelle la sécurité alimentaire et la récupération des moyens de subsistance doivent être intégrés à une vision complète de prévention et de consolidation de la paix. Dans ce contexte, Madame la Présidente, la Commission de la consolidation de la paix a un rôle particulièrement pertinent. Sa capacité à réunir l'ensemble du système des Nations Unies, les institutions financières internationales et d'autres partenaires autour de priorités définies au niveau national peut contribuer à aborder de manière plus cohérente les causes et les conséquences structurelles de l'insécurité alimentaire dans des contextes de conflit. La CCP peut également garantir le maintien de l'attention internationale au-delà d'une réponse immédiate et elle peut promouvoir des approches à long terme davantage axées sur la résilience des communautés, faciliter une meilleure articulation entre prévention, développement et consolidation de la paix. Madame la Présidente, le cadre normatif, il existe. Les mécanismes d'alerte sont à notre disposition. La difficulté ou le défi auquel nous sommes confrontés, c'est de veiller à ce que notre réponse ne se limite pas à la gestion des conséquences immédiates des crises, mais plutôt avoir une approche fondée sur la prévention et à long terme. Pour mon pays, il est essentiel de protéger la population civile au cours des conflits. Il faut agir rapidement face au risque d'insécurité alimentaire et il faut accompagner la récupération des moyens de subsistance, le renforcement de la résilience et la reconstruction des communautés dans le cadre des efforts visant à pérenniser la paix. Je vous remercie. Denmark · Présidente [3:02:28]: Je remercie El Salvador de son intervention. Il reste un certain nombre d'orateurs sur la liste. Pour cette séance, si les membres du conseil l'acceptent, j'entends suspendre la séance jusqu'à demain 15 h. La séance est suspendue.