Kosovo - Conseil de sécurité, 10250e séance Conseil de sécurité Date: 20 October 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/sc/10250 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Greece · Présidente du Conseil de sécurité [0:05]: Je déclare ouverte la 10 250e séance du Conseil de sécurité. L'ordre du jour provisoire est: Résolution 1160 de 1998, 1199 de 1998, 1203 de 1998, 1239 de 1999 et 1244 de 1999 du Conseil de sécurité. L'ordre du jour est adopté. Conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite le représentant de la Serbie à participer à cette séance. Il en est ainsi décidé. Au nom du Conseil, je souhaite la bienvenue à Son Excellence, M. Marko Djuric, ministre des Affaires étrangères de Serbie. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite M. Peter Duhé, représentant spécial et chef de la mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo, à participer à cette séance. Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite Monsieur Glaukon Konyoufka à participer à cette séance. Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil j'invite également Son Excellence Monsieur Stavros Lambrou chef de la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies, à participer à cette séance. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va entamer l'examen du point 2 de l'ordre du jour. J'attire l'attention des membres du Conseil sur le document S/2026/779, rapport du Secrétaire général sur la mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo. La parole à Monsieur Peter Douet. UNMIK · Représentant spécial et Chef de mission [2:40]: Merci, Madame la Présidente. Vous êtes saisi du rapport le plus récent du Secrétaire général sur la MINUC. En résumé, c'est un format court, actualisé conformément aux nouvelles orientations pour la production de tels rapports. La période de rapport a pris fin le 15 septembre. J'informerais également le Conseil des événements intervenus depuis. Les six derniers mois ont été marqués par des tensions accrues au Kosovo et dans la région. Le 7 juin, les habitants du Kosovo sont allés voter pour la troisième fois en 16 mois. Ces élections étaient pacifiques et inclusives, mais s'en est suivie une incertitude politique et une rhétorique enflammée. Dans le nord du Kosovo et ailleurs, les frictions se sont intensifiées concernant des questions intermunicipales et liées à des propriétés, notamment la démolition, des expulsions de ces propriétés. Cela a soulevé des questions concernant le droit de propriété, les garanties de procédure, les conséquences socio-économiques potentielles pour les communautés locales et les entreprises. Les préoccupations perdurent concernant la réintégration à l'arrêt des juges et procureurs serbes du Kosovo, ainsi que les restrictions imposées à la liberté d'expression, notamment l'utilisation de signes, symboles et langues associés aux communautés non majoritaires. Il y avait des préoccupations quant à des mesures des forces de l'ordre, notamment lors de la commémoration de Vidovdan, à Gazimestan le 28 juin et d'autres allégations de mauvais traitements des Serbes du Kosovo de la part des policiers kosovars. L'inspection de police du Kosovo a diligenté des enquêtes concernant ces questions et j'appelle à ce qu'il soit donné une suite indépendante, approfondie et rapide. Les institutions sanitaires et éducatives dirigées par les Serbes ainsi que l'Église orthodoxe serbe continuent à rencontrer des problèmes, fermetures, mesures des forces de l'ordre, décisions qui ont trait à l'accès aux sites du patrimoine culturel et religieux et au pèlerinage. Certaines de ces évolutions peuvent sembler administratives et localisées. Toutefois, ensemble, cela renforce la perception d'insécurité et de traitement inégal réservé aux Serbes du Kosovo, à une érosion de la confiance et qui entame le caractère multiethnique du Kosovo. Madame la Présidente, après la fin de la période de rapport, le 16 septembre, un jugement de première instance de la Chambre spécialisée du Kosovo a déclaré l'ancien président Hashim Thaçi ainsi que trois autres leaders de l'Armée de libération du Kosovo, M. Veseli Selimi et Krasniqi, coupables de crimes de guerre, mais pas de crimes contre l'humanité. Des manifestations à Pristina et ailleurs s'en sont suivies. La plupart des manifestants étaient pacifiques. Toutefois, les 16 septembre et 5 octobre, il y a eu des blessures mineures et des dégâts à la propriété. La police du Kosovo s'est conduite de manière professionnelle dans la gestion des manifestations sur ces 20 jours, tout en préservant le droit à la liberté de réunion et d'expression. La coordination et les informations partagées à l'ONU étaient toutefois insuffisantes. La police du Kosovo a informé les autres organisations internationales, mais pas l'ONU, ce qui montre le manque de coopération entre les autorités de Pristina et la MINUC. La coordination opérationnelle entre les acteurs internationaux sur le terrain était loin d'être optimale. J'ai soulevé ces préoccupations auprès des autorités de Pristina et des autres partenaires internationaux. Le 6 octobre, l'Assemblée a approuvé des amendements concernant la loi sur les chambres spécialisées et le parquet spécialisé, en limitant leurs pouvoirs. Je note les préoccupations exprimées par l'Union européenne concernant ces amendements. Je note que les plaignants ont toujours le droit de faire appel. L'intégrité et l'indépendance de la procédure judiciaire doivent être respectées. Toute mesure législative doit être pleinement conforme vis-à-vis des obligations légales et internationales du Kosovo. Un autre jugement concernant des atteintes à l'administration de la justice est attendue le 17 novembre. Ces évolutions au Kosovo interviennent alors qu'il y a des tensions politiques accrues dans l'ensemble des Balkans occidentaux, avec des récits contestés concernant les conflits passés et toujours source de polarisation, malgré le temps qui s'est écoulé. Il demeure essentiel de que les auteurs aient à rendre des comptes pour construire la confiance. Et je rappelle l'appel à la pleine coopération de la part des autorités de Belgrade et de Pristina afin que les responsables des attaques de Banjska de 2023 et du canal de Ibar, le Penak de 2024, rendent des comptes. Madame la Présidente, l'Assemblée du Kosovo a été constituée. Un gouvernement a été formé le 13 septembre. À environ minuit, le 6 octobre, Jastina Shirokapiula a été élue présidente du Kosovo, troisième femme à occuper ce poste. Et je souhaite chaleureusement me féliciter de son élection. Les divergences politiques font partie de la vie démocratique. Toutefois, les impasses institutionnelles ont des conséquences. La formation d'institutions est donc un signe encourageant. L'impasse politique semble ne plus être d'actualité. La priorité doit être de traduire ce progrès en gouvernance effective pour toutes les communautés. Madame la Présidente, comme le Secrétaire général l'a dit, il est essentiel que le dialogue facilité par l'Union européenne pour normaliser les relations entre Belgrade et Pristina reprenne. Un engagement authentique des deux parties est nécessaire pour réaliser des progrès concrets. Je salue les efforts continus de l'Union européenne et les réunions de haut niveau organisées séparément avec le président Vucic et le Premier ministre Kurti, ici à New York en septembre. J'encourage les deux parties à coopérer de manière constructive à appliquer les accords déjà conclus, notamment s'agissant de la création d'une association ou communauté de municipalités à majorité serbe, et à prendre des mesures pour aider à construire la confiance et désamorcer les tensions. Le représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, M. Peter Sørensen, a poursuivi des efforts coordonnés, notamment s'agissant des personnes portées disparues et l'inclusion des femmes et des jeunes. L'ONU appuie pleinement ses efforts et continue à coopérer étroitement avec lui. Actuellement, 1 577 personnes sont toujours portées disparues. Des exhumations récentes et l'identification de dépouilles ont permis à certaines familles de tourner la page dans une certaine mesure, mais elles rappellent douloureusement à d'autres qu'elles attendent toujours des réponses. J'exhorte toutes les parties à garantir que l'approche pour la question des personnes disparues demeure humanitaire, centrée sur les victimes et ne soit pas politisée. J'appelle les deux parties à adopter des mesures pour faciliter l'accès aux archives, notamment en désignant des interlocuteurs. La MINU, qui demeure attachée à appuyer ces efforts, notamment via le groupe de travail sur les personnes disparues, présidée par le CICR, et je salue le rôle complémentaire de la Commission conjointe, présidée par l'Union européenne, concernant les personnes portées disparues. Madame la Présidente, la MINUC continue à exécuter son mandat au titre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité et se coordonne avec l'UE, la CAFOR, l'OSCE et l'équipe de l'ONU au Kosovo, ainsi que d'autres partenaires internationaux. Grâce à ses activités relevant des programmes et à la coopération avec les dignitaires politiques, religieux et communautaires, ainsi qu'avec les femmes et les jeunes, la MINU continue à encourager le dialogue et à promouvoir la construction de la confiance et l'inclusion entre les communautés. Nous continuons à réaliser des fonctions résiduelles liées à Interpol, à la certification de documents et à la facilitation de la participation du Kosovo aux travaux de l'ONU. Je remercie le Conseil et les États membres de l'appui généralement accordé à la MINUC, notamment les activités en faveur de la confiance. Je remercie également le personnel de la MINUK et de l'équipe du Kosovo de l'ONU pour le service fourni en dépit des contraintes financières et opérationnelles que rencontrent la mission et l'ONU dans son ensemble. Demeurons attachés à utiliser efficacement les ressources disponibles. Madame la Présidente. Nous avons la responsabilité partagée d'œuvrer pour la réconciliation et la normalisation, afin que toutes les communautés du Kosovo puissent pleinement prendre part et en toute confiance à la vie publique, dans le plein respect de la primauté du droit, des droits humains et du caractère multiethnique du Kosovo. La recrudescence des tensions et le legs des conflits passés dans les Balkans occidentaux rappelle que le Conseil doit continuer à se concentrer sur le Kosovo et la région en dépit des défis rencontrés ailleurs. J'espère que la formation récente des institutions au Kosovo sera l'occasion d'avancer encore grâce au dialogue et à la coopération, et ce, au bénéfice de toutes les populations du Kosovo. Je vous remercie, Madame la Présidente. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [12:54]: Je remercie Monsieur Doué de son intervention. Je donne la parole à Son Excellence, Monsieur Marko Djuric. Serbia · Ministre des Affaires étrangères [13:03]: Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, Monsieur le représentant spécial du Secrétaire général, Monsieur Doué. Le 16 septembre, dans une chambre de La Haye, quatre hommes qui avaient un pouvoir politique et militaire colossal ont été jugés coupables, en première instance, de crimes de guerre. Leurs noms sont connus de ce conseil. Hashim Tashir, Kadri Vesseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi. Ils ont été condamnés pour des crimes, notamment détention arbitraire, torture, traitements cruels et meurtres. Le jugement concerne, entre autres, 93 personnes ayant été tuées, 96 vies humaines, 96 destins coupés court et familles qui ont dû porter le fardeau de ces pertes pendant plus d'un quart de siècle. Mais la justice aurait dû aller plus loin. Les accusations de crimes contre l'humanité n'ont pas abouti à des condamnations, tandis que de nombreux autres crimes demeurent impunis, tels que le meurtre de moissonneurs serbes à Staro Gradsko ou quant aux meurtres à Lakradonitche. ainsi que la persécution et l'exode de masse imposés aux Serbes et aux autres non-Albanais. La justice ne peut être considérée comme achevée tant que de nombreuses victimes attendent toujours des réponses. La guerre et les conflits armés ne sont jamais noirs et blancs. Ils sont complexes. Ce sont des tragédies dans lesquelles la souffrance ne peut être réduite à un seul récit de victimes et de bourreaux. Nous devons avoir le courage de dire toute la vérité, les Serbes et les Albanais, ont été des victimes. Ils ont été persécutés, enlevés, tués, chassés de leurs maisons à Kosovo et à Metohija. En tant que chrétiens orthodoxes, ils ont vu leurs églises, leurs monastères, leur patrimoine sacré, attaqué et détruit. Leur souffrance ne peut être effacée de l'histoire simplement parce que là ne correspond pas au récit politique que l'on souhaite. Pour les familles des victimes, le 16 septembre, ce n'est pas une date parmi tant d'autres. dans le cadre d'une procédure judiciaire. C'est un moment pendant lequel, à partir duquel la souffrance ne pouvait plus être ignorée. Et au lieu d'appeler à la réflexion, des personnalités politiques à Pristina et Tirana ont répondu en attaquant le jugement et en célébrant les hommes qui avaient été condamnés. Albin Kurti a appelé les condamnations une injustice inacceptable. Le président albanais, Bajram Begaj, a déclaré que rien ne pouvait entacher l'Armée de libération du Kosovo et a répété le mot d'ordre la liberté a un nom. Madame la Présidente, les victimes avaient des noms elles aussi. Ce n'était pas qu'une note de bas de page dans le récit national de quelqu'un d'autre qui devaient trouver une explication pour être justifiés. C'étaient des êtres humains, des Serbes, des Albanais et d'autres dont les droits et les vies comptaient. Et je vais le dire sans ambiguïté, le jugement définit une responsabilité individuelle. Il ne défini pas de culpabilité collective pour le peuple albanais. Des familles albanaises ont également souffert des crimes commis par différents acteurs, notamment l'Armée de libération du Kosovo. Mais il y a une différence majeure entre défendre le droit à un procès équitable et dire à une société toute entière qu'un tribunal n'a pas le droit de trouver ses héros, de juger coupable ses héros présumés. Si nous acceptons cette logique, nous disons que la justice ne s'applique qu'aux impuissants. Et alors, il s'est passé quelque chose ensuite. Quelques semaines après les condamnations, le Parlement de Pristina a adopté des amendements pour restreindre le mandat des chambres spécialisées du Kosovo. L'Union européenne elle-même a déclaré que ces amendements étaient contraires aux obligations internationales de Pristina et a appelé à l'indépendance de la Cour et à protéger les témoins. Quel message est-ce que ça envoie? On a un tribunal qui se prononce, puis des dirigeants politiques qui condamnent ces conclusions, puis des politiques qui cherchent à amender les règles qui régissent ces tribunaux. Comment un témoin qui a risqué sa sécurité et celle de sa famille peut avoir confiance dans la justice dans ces circonstances? La responsabilité appartient à ceux qui ont créé et appuyé cette institution. Ils doivent garantir que les crimes commis à l'encontre des Serbes et des autres victimes ne sont pas à nouveau ignorés, que les témoins sont protégés et que les ingérences politiques de Pristina ne font pas entrave à la justice. La position de la Serbie est très claire. La justice pour les victimes ne doit jamais être sacrifiée au profit d'intérêts politiques. Nous demandons la justice pour toutes les victimes, serbes et albanaises. et non pas une version serbe de la justice ou une version albanaise de la justice, mais la justice égale pour tous. Les verdicts ont entraîné des manifestations de masse parmi les partisans des anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo de Pristina, à La Haye, à New York, à différentes villes d'Europe. les drapeaux albanais ont été hissés en défense des hommes condamnés de graves crimes de guerre. Mais comme le président de la Cour, Charles Smith, l'a rappelé en citant l'historien Howard Zinn, aucun drapeau, si grand soit-il, ne peut cacher la honte de tuer des personnes innocentes. Aucun drapeau national, y compris l'albanais, avec tout le respect que je dois à l'Albanie, ne peut laisser les crimes de guerre impunis. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, je soulève la question de ce jugement parce que c'est la même question qui se pose dans le cadre du rapport du Secrétaire général. Quand le droit et les arrangements politiques entrent en conclusion, qu'est-ce qui l'emporte? Et je remercie le Secrétaire général, le Représentant spécial et l'équipe de la MINUC de leur travail. La MINUC demeure essentielle, notamment parce que ses effectifs écoutent ceux dont les expériences sont bien trop souvent réduites à quelques lignes de mise en garde dans les rapports internationaux. Le rapport décrit la situation dans le nord du Kosovo et à Mitrovica, qui demeure calme, mais instable. Et j'aimerais que vous prêtiez attention à ces deux mots. Une ville peut être calme parce qu'une famille a décidé que c'était plus sûr de rester à l'intérieur ou parce que ses jeunes sont partis. Une communauté peut disparaître lentement sans qu'il n'y ait un événement dramatique qui fasse la une de l'actualité. L'absence de confrontation ne signifie pas la présence de sécurité. Imaginez une matinée comme une autre pour une famille serbe au Kosovo et à Mitrovica. Un parent qui prépare son enfant pour l'école, une personne âgée qui a besoin de médicaments ou qui doit percevoir sa retraite. Il ne faudrait pas de négociations diplomatiques pour cela. Mais lorsque les écoles et les installations médicales sont menacées, les institutions fermées, les salaires et les services sociaux interrompue, la vie ordinaire devient une question de pression politique. Et ce ne sont pas des pressions imaginaires. Le rapport corrobore des fermetures et des interruptions qui touchent les institutions dont dépendent les Serbes, et des problèmes non réglés concernant le retour de juges serbes, de procureurs et de personnel judiciaire. Le rapport corrobore la démolition de maisons de propriété serbe près du lac de Gazivodde et des allégations graves de mauvais traitements de la police. Au 21e siècle, les maisons de communautés entières sont démolies, tandis que les propriétaires se battent pour défendre leurs droits devant la justice. Pour ces familles serbes, le message est dévastateur. Leurs maisons, leurs propriétés, leur avenir peuvent leur être confisqués à tout moment. Nous sommes réunis à New York, aux États-Unis d'Amérique, une nation qui célèbre cette année la 250e année de sa déclaration d'indépendance. Un jalon historique, non seulement pour l'Amérique, mais aussi pour le développement de la liberté des droits humains dans le monde. La protection de la propriété privée est profondément ancrée dans la tradition constitutionnelle américaine. C'est également un pilier de notre civilisation. Pourtant, cette année, Peut-être même amenées au cœur de l'Europe, des familles serbes au Kosovo et à Mitrovica ont dû voir leurs maisons qui leur appartiennent en privé et leurs propriétés être démolies, tandis que les poursuites en justice demeurent non réglées. Au 21e siècle, nous assistons à des scènes qui devraient être reléguées aux pages de l'histoire. Quel message envoie-t-on aux familles? Que le droit à une maison, à la propriété privée, que la protection du droit dépend de notre appartenance ou non à la nationalité serbe. Imaginez un citoyen serbe qui se rend dans une cour de justice, mais qui ne croit pas que le système comprenne sa langue, ses droits, sa communauté. C'est pourquoi réintégrer les juges serbes, les procureurs, le personnel judiciaire n'est pas qu'une question technique, mais permet de reconstruire la confiance sans quoi la justice ne peut pas fonctionner. Après la commémoration de Vidovdan à Gazimestan, 37 personnes ont été arrêtées, dont un mineur. Et je vous le rappelle, Vidovdan, c'est l'une des journées les plus sacrées pour les Serbes chrétiens orthodoxes. Ça symbolise des siècles de foi, de sacrifice et le lien spirituel durable du peuple serbe avec le Kosovo et Metohija. Le personnel relatif aux droits humains de la MINUC a observé des blessures, notamment des bleus, sur plusieurs détenus qui ont fait état de mauvais traitements lors du transport et de la détention. Chacun de ces événements peut être attribué à différentes institutions, différents dossiers, il peut y avoir une explication différente, mais ensemble, cela montre qu'une communauté est punie et se trouve dans l'incertitude quant à son avenir. Pour les Serbes qui ont été déplacés, le message est clair, ne revenez pas. Pour ceux qui sont restés, apprenez à vivre sans les institutions dont vous dépendez. Pour ceux qui demandent la protection grâce à des accords, on leur dit que un engagement signé peut être ne jamais être respecté pendant des années. Voilà le message que cette réalité envoie. C'est inacceptable dans une Europe qui prétend si souvent, à juste titre, défendre les droits humains. Même l'Union européenne attesté une utilisation excessive des forces de police et une inconduite au nord du Kosovo et à Mitrovica. Pour les Serbes, le nord du Kosovo est devenu un protectorat de la police où l'intimidation et la violence à l'encontre des civils fait partie de la vie quotidienne. Madame la Présidente, il y a un chiffre Frappant dans le rapport, pendant la période de l'examen, 47 membres de communautés non majoritaires ont décidé de revenir au Kosovo de façon volontaire. Pas un seul n'était serbe, pas un seul. Nous pouvons parler des statistiques migratoires et des programmes de retour, mais ce que nous montre ce chiffre, eh bien, ce que nous devons nous demander, c'est comment expliquer qu'une personne qui aspire tant à rentrer dans sa patrie partent du principe que c'est trop dangereux. Rentrer chez soi, ce n'est pas simplement se voir donner les clés d'une maison que vous devez désormais réparer. Cela signifie que vous savez que vous allez pouvoir garder votre terre, que vos enfants vont pouvoir être scolarisés, que vous pourrez voir un médecin, que votre église, que les dépouilles de vos ancêtres dans les cimetières seront respectées. Voilà pourquoi. Nous ne pouvons pas partir du principe que ces menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel et religieux orthodoxe serbe, que ces menaces sont un incident mineur. Non, un monastère, ce n'est pas simplement un ensemble de pierres, un cimetière, ce n'est pas simplement un lot de terre. Ce sont des monastères qui portent des siècles de foi, de mémoire, de sentiment d'appartenance. ajustement au monastère de Visoki Decani et au pont sur l'Ibar doivent donc être, doivent reposer sur des évaluations sécuritaires crédibles. Les décisions portant sur la sécurité des peuples, ces décisions ne peuvent pas être imposées sans la confiance de ces populations. Les familles des personnes portées disparues attendent également d'être traitées avec le même respect, il y a encore des parents et des enfants qui sont serbes ou albanais qui ne peuvent pas se rendre sur la tombe de leur car ils ne savent pas où ils se trouvent. Et donc, il est essentiel de mener à bien des enquêtes. Il y a huit emplacements qui ont été identifiés par le groupe de travail sur les personnes portées disparues où se trouvent peut-être les dépouilles de Serbes ou d'autres victimes non majoritaires. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, cela fait 13 ans que qu'il y a eu un accord sur la communauté de municipalités à majorité serbe en 2013. Les principes ont également fait l'objet d'un accord en 2015 et la communauté pourtant n'a toujours pas été établie. Je vais vous dire ce que signifie 13 années pour une famille. 13 ans, c'est suffisant pour qu'un enfant nourrisson atteigne l'adolescence, pour que les jeunes finissent leur scolarité, décident de bâtir leur vie dans leur village, ou émigrer ailleurs. C'est suffisamment de temps pour que les parents deviennent là, d'expliquer à leurs enfants pourquoi il faut toujours remettre à plus tard l'avenir. Et je souhaiterais le répéter, il y a un accord qui a été atteint avec l'Union européenne en tant qu'acteur actif. L'objectif, c'est de donner des garanties aux communautés serbes. Et cela fait 13 ans que cet accord n'a pas été honoré. Imaginez un instant le message que cela envoie à une personne qui se demande si elle doit rester au Kosovo ou dans la Metohija. Si cette promesse qui a été négociée, signée avec des observateurs internationaux, peut être ignorée pendant 13 ans, eh bien, comment construire sa vie? Cette communauté, ce n'est pas une récompense pour Belgrade, ce n'est pas une concession facultative que l'on peut octroyer si c'est dans l'intérêt sur le plan politique de Pristina. Non, c'est une obligation au titre de ce dialogue et donc l'exécution de indispensable pour restaurer l'avenir. On ne peut pas demander à une partie de faire confiance, tandis que l'autre partie, elle, n'a pas à le faire. La Serbie est prête à continuer le dialogue. Nous savons que l'avenir de la région ne peut être bâti sur la confrontation. Nous souhaitons que les Serbes et les Albanais puissent vivre dans la sécurité côte à côte, travailler, étudier, commercer, résoudre les différends de façon pacifique. Mais le dialogue ne peut remplacer la mise en œuvre. Il Il faut réunir les conditions propices pour que les populations aient le sentiment de pouvoir vivre leur quotidien en toute sécurité. Voilà pourquoi l'État serbe continuera à soutenir les soins de santé, l'éducation, les retraites, les salaires pour notre population au Kosovo et dans la Mitohija. Ce ne sont pas des instruments de confrontation, ce sont des services qui permettent à ces familles de rester chez elles. Notre politique nationale est claire. Nous souhaitons préserver la paix tout en soutenant la population serbe. C'est ce que nous faisons depuis des années sous la présidence d'Alexander Vucic. Cette politique repose sur une conviction simple, à savoir que protéger notre population exige de la persistance, de la retenue. L'État ne doit jamais abandonner son peuple. Ce n'est pas une marque de faiblesse que de faire preuve de retenue. Et ce n'est pas incohérent que de défendre les intérêts légitimes de la Serbie tout en insistant sur le fait que la paix est notre responsabilité au premier chef. Madame et Messieurs les membres du Conseil, Ce dimanche, le 25 octobre, des millions de citoyens serbes vont se rendre aux urnes pour exercer l'un de leurs droits démocratiques les plus fondamentaux. Et pourtant, pour les Serbes du Kosovo et de la Metohija, le simple fait de glisser le bulletin dans l'urne est devenu aujourd'hui impossible. le premier ministre Kurti a refusé de laisser les Serbes voter dans leur propre communauté alors que ce vote a été facilité par l'OSCE par le passé sans problème. Donc la Serbie a proposé dans le centre de la Serbie des mécanismes alternatifs pour le vote. Mais pourquoi est-ce que la Serbie permet à ces familles de se rendre dans le centre de la Serbie pour voter? Mais pourquoi est-ce que les personnes âgées, les familles, les personnes handicapées devraient avoir à quitter leur ville ou leur village pour exercer un droit démocratique fondamental? Madame la Présidente, la résolution 1244, c'est une résolution, elle n'est pas facultative, elle est juridiquement contraignante. Si le Conseil souhaite que cette décision soit respectée à travers le monde, eh bien, le Conseil ne doit pas partir du principe que pour la Serbie, les résolutions sont facultatives. Le droit international, ce n'est pas simplement un libellé que nous invoquons lorsque c'est dans notre intérêt politique. Nous soutenons le plein engagement de la MINUC et il faut que les rapports de la MINUC soient suffisamment détaillés pour présenter les incidents individuels, mais également leur impact sur la vie des populations. La neutralité ne devrait jamais signifier éviter de se demander qui est responsable, mesdames et messieurs. Je souhaiterais maintenant commencer avec les familles qui ont entendu la décision rendue dans cette cour à La Haye le 16 septembre. Une décision d'un tribunal ne peut rendre à ces enfants un père qui a été assassiné, mais cette décision peut dire quelque chose d'important à ceux qui sont encore en vie, à savoir que personne n'est au-dessus de la loi et qu'aucune victime ne sera oubliée, même si la vérité dérange politiquement. Aujourd'hui, le Conseil doit décider Est-ce que ce sont ces principes qui vont guider votre réponse à la vie au Kosovo et dans la Metohija pour la Serbie? La réponse est claire, nous choisissons la paix, mais la paix, ce n'est pas rester silencieux face à l'injustice. Nous choisissons le dialogue, mais le dialogue, ce n'est pas attendre indéfiniment que les accords soient respectés. Nous demandons Et nous choisissons la réconciliation. Cela ne signifie pas priver les victimes de leur dignité, néanmoins, et nous continuerons de façon pacifique et ferme et avec détermination à défendre les droits et l'avenir du peuple serbe au et dans la Metohija, tout en demandant à ce que leur sécurité et leur dignité soient respectées. Les victimes ont attendu suffisamment longtemps pour avoir voix au chapitre. Ceux qui sont encore en vie ne devraient pas avoir à attendre une autre génération pour se sentir protégés. Les Serbes, les Albanais méritent un avenir de respect, de coopération et d'amitié. Nous devons donc promouvoir cet avenir. C'est la responsabilité qui est la nôtre et c'est la responsabilité de ce Conseil. Merci. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [33:08]: Merci au ministre des Affaires étrangères de la Serbie pour son intervention. Je donne maintenant la parole à Monsieur Koniuska. Kosovo [33:20]: Merci, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil. Je prends note du rapport du représentant spécial qui présente de façon sélective l'évolution politique au Kosovo, tout en fermant les yeux sur d'autres événements importants. Le Kosovo est l'une des démocraties les plus stables dans la région, avec des améliorations très rapides pour ce qui est des indicateurs démocratiques. Il y a des évaluations indépendantes qui montrent que nous avons réussi à combattre la corruption, nous avons renforcé l'État de droit, nous avons bâti des institutions démocratiques qui protègent les droits humains et les libertés, nous promouvons la démocratie. Depuis la dernière réunion, il y a eu des élections législatives au mois de juin, des élections libres, équitables et démocratiques qui ont abouti à la consolidation du Parlement du Kosovo, la confirmation du gouvernement et l'élection de la présidente. Le Kosovo a donc fait preuve d'une forte résilience démocratique avec un ordre stable. Il y a une délégation du Conseil de l'Europe qui a supervisé l'élection et qui a affirmé que ces élections avaient été menées à bien, de façon calme, ordonnée, professionnelle. Et donc le Conseil de l'Europe a félicité la population du Kosovo. Désormais que ces institutions sont consolidées, notre gouvernement continuera son agenda de réformes économiques ambitieuses. Nous travaillons également sur le volet de la justice et de la sécurité. Madame la Présidente, notre gouvernement s'efforce de promouvoir la paix et la prospérité à travers tout le territoire, notamment dans le Nord et dans les zones peuplées par des minorités. Et ces efforts portent leurs fruits et nous commençons à observer des résultats positifs. Nous avons fermé des structures illégales opérées par la Serbie, dont l'objectif est de prévenir l'intégration ethnique et saper nos institutions démocratiques. La fermeture de ces structures donne plus de certitude juridique, un traitement équitable et de la sécurité pour toutes les communautés ethniques. Aucun citoyen n'a été ou ne se retrouvera sans accès aux services de base. La police, en coordination étroite avec la mission de l'OTAN et de l'UE, continue à travailler au quotidien pour maintenir le respect de la loi, pour maintenir l'ordre et garantir la sécurité de tous nos citoyens. La situation sécuritaire s'est améliorée dans les municipalités du Nord. En conséquence, les forces de la CAFOR ont optimisé leur posture, ce qui a créé les conditions pour une plus grande intégration. Et afin de promouvoir la cohésion sociale et la pleine intégration, nous avons ouvert les cadastres, les listes d'enregistrement des entreprises, les systèmes de retraite, d'emploi, l'accès à l'électricité, des bureaux pour l'administration fiscale dans le nord du Kosovo. Nous avons également investi dans les infrastructures routières, Nous avons également libéré des biens publics qui étaient occupés illégalement dans d'autres régions. Nous avons un ministère pour les communautés et le retour qui a soutenu 45 projets d'ONG pour des communautés. Et nous avons financé 147 projets dans le domaine de l'éducation, de la culture, du sport, de la santé, de l'agriculture, de l'entrepreneuriat. Et à cet égard, le rapport de la MINUC reconnaît partiellement simplement les efforts que nous déployons pour promouvoir l'état de droit, la stabilité et la liberté de circulation. Hélas, un certain nombre de ces exemples qui figurent dans le rapport de la MINUC ne reposent que sur la propagande serbe. En outre, il est regrettable de voir que, une fois encore, les attaques paramilitaires serbes à Banja organisée par des représentants de Belgrade. Il y est fait référence ici comme un événement violent, plutôt que de décrire les choses comme elles sont, c'est-à-dire un attentat terroriste. Il y a 92. Alors, il y a donc de la propagande serbe. Tous ces incidents qui sont présentés n'auraient pas de motivation ethnique. Ces rapports contiennent également de la désinformation et il y a des actions des services de répression qui sont présentées de façon erronée comme étant motivées ethniquement ou comme étant des violations de droits. Les cas d'infractions mineures cités par la MINUC, ce n'étaient pas des arrestations ou des poursuites contre des Serbes. Ils ont été escortés par la police kosovare et, conformément à la législation, ils ont été expulsés car ils avaient abusé d'événements pour semer la haine et la division et pour saper l'intégration des communautés au Kosovo. Le rapport ne parle que d'incidents allégués concernant des sites religieux au Kosovo. Le rapport reconnaît qu'il y a eu des enquêtes de la police pour chaque incident à déplorer, mais le rapport ne reconnaît pas qu'il n'y a pas de preuves montrant que les Albanais ont commis ces abus ou qu'il y aurait eu des tensions ethniques autour de ces incidents. Et donc, il est illogique que la MINUK présente ces incidents comme étant des incidents ethniques. Il n'existe que dans les rapports serbes et dans les revendications présentées par le Bureau pour le Kosovo du gouvernement serbe. Par conséquent, la MINUK doit éviter de présenter de façon erronée ces micro- incidents au Kosovo, car cela présente de façon erronée les relations ethniques et la paix comme étant fragiles. Le Secrétaire général doit exercer une diligence voulue et doit s'abstenir d'entériner des rhétoriques biaisées qui reposent principalement sur la propagande serbe. Il est essentiel que le rapport soit équilibré. Il ne faut pas que le rapport cause des torts. La MINUK a déjà un mandat qui est obsolète au Kosovo. Le Kosovo est déterminé à poursuivre le dialogue avec l'UE, seul cadre pour la normalisation des relations avec la Serbie. Nous sommes prêts à passer à un accord juridiquement contraignant, un accord global reposant sur la reconnaissance mutuelle. C'est essentiel pour la paix durable, pour la stabilité régionale dans les Balkans occidentaux. La Serbie doit mettre un terme à ses politiques hostiles à l'encontre du Kosovo et il faut garantir la reddition des comptes pour les attentats de septembre 2023 à Banska. La Serbie doit cesser ce travail de sape de l'adhésion du Kosovo aux organisations internationales. Il faut promouvoir la reconnaissance mutuelle en tant que socle pour les relations entre les deux États. Il est très préoccupant de voir que Radko Mladic, un criminel de guerre responsable du pire génocide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, qu'il ait reçu des obsèques dignes de héros à Belgrade le mois dernier. L'apologie des criminels de guerre va à l'encontre de la justice de transition et cela ne permet pas de garantir que ces crimes ne se reproduisent pas. La ministre de l'Administration publique de la Serbie et de la gouvernance locale, Snezana dans une émission à la télévision, a dit avec passion, je cite, "Si j'avais été Milosevic, j'aurais procédé en 1988 à un nettoyage ethnique au Kosovo." Nous estimons qu'il ne devrait y avoir aucun endroit en Europe pour une rhétorique qui fait l'apologie du nettoyage ethnique. Le Conseil doit faire de même. Il faut condamner l'apologie de Radko Vlatić et l'apologie du nettoyage ethnique de la part du gouvernement serbe. Ces ambitions territoriales de la part de la Serbie, nous les avons vues au début du mois lorsque le Premier ministre adjoint a déclaré, pendant un rassemblement politique, que le drapeau serbe, à un moment donné, allait survoler une ville dans le sud du Kosovo. Une telle rhétorique montre que les ambitions territoriales de Belgrade n'appartiennent pas au passé. Deux jours après seulement, une personne qui est recherchée par Interpol pour les attentats de Bianzka qu'il a organisés est apparue à Kragujevac et il a menacé une fois encore l'indépendance de la République du Kosovo. Ce ne sont pas des incidents isolés. Ils montrent qu'il y a une doctrine politique dangereuse, une doctrine d'expansion territoriale, la promotion de l'impunité pour l'agression armée. La Serbie ne peut pas affirmer promouvoir la paix et l'intégration européenne alors que de hauts représentants serbes remettent en cause la souveraineté de la République du Kosovo et admettent avoir organisé ces attentats terroristes de Berzka. Ces personnes sont encore en liberté. Ces personnes apparaissent aux côtés de la famille du président alors qu'elles devraient rendre compte de leurs actes. Il faut condamner ces actions. La communauté internationale doit exiger la reddition des comptes. La souveraineté de la République du Kosovo n'est pas négociable et nous ne renoncerons pas à la justice pour les responsables des attentats de Berzka. Il y a eu des opérations de sabotage, d'espionnage. Il y a également le. La rhétorique va-t-en-guerre qui devrait préoccuper le Conseil. Les Albanais ne représentent que 60, représentent 71 % de la population de cette région. Mais selon le recensement de la Serbie, Ces populations sont discriminées de façon systématique. Elles sont exclues du secteur public. Les représentants politiques albanais sont marginalisés. Il y a une faible représentation politique. Ce sont des pratiques discriminatoires qui ont une incidence sur l'accès à l'éducation, aux moyens de subsistance, aux droits civiques, avec un manque d'opportunités économiques, ce qui va à l'encontre des principes démocratiques. et cela exacerbe la méfiance ethnique et cela peut provoquer une déstabilisation. Le Kosovo garantit 20 sièges sur 120 pour les communautés non majoritaires, 10 pour les minorités serbes. Pourquoi est-ce que la Serbie ne peut pas faire la même chose, c'est-à-dire garantir une représentation pour les minorités? Madame la Présidente. la Serbie a tué dans mon pays 12 000 innocents sans défense, des Albanais du Kosovo. Aucun mot de la part du ministre pour ces 12 000 Albanais. C'est le déni de justice. Il le nie car c'est son État qui a commis ces atrocités. La décision récente du panel dans le cadre de la Chambre spécialisée a provoqué une réaction très négative au Kosovo. En tant que pays victime, nous avons coopéré avec la MINUC, avec le Tribunal pour l'ex-Yougoslavie, avec nos propres tribunaux pour mener à bien des enquêtes et lancer des poursuites en cas de crimes de guerre, quelle que soit l'appartenance ethnique. Nous avons fait la même chose avec cette chambre spécialisée. Les chambres spécialisées ont été créées en 2015 à la demande de nos alliés pour répondre à des allégations fausses de la part de la Serbie, selon lesquelles, dans l'armée de libération du Kosovo, il y avait des éléments qui avaient commis des crimes, notamment le trafic d'organes. Dix ans plus tard, le verdict récent de cette chambre spécialisée a montré que ces allégations déshumanisantes concernant le trafic d'organes ne faisaient même pas partie des chefs d'inculpation. Nous le savons depuis le début, tout cela avait été fabriqué de toutes pièces afin de discréditer notre armée de libération et pour délégitimer l'intervention de l'OTAN. La chambre spécialisée a donc écarté les chefs d'inculpation de crimes contre l'humanité et d'attaques massives contre la population civile. ce qui montre que la guerre de libération du Kosovo avait pour objectif de libérer notre patrie face à la brutalité de Milosevic. Ce n'était pas une guerre contre les civils. Enfin, la Chambre spécialisée a souligné que l'armée de libération du Kosovo n'était pas celle que la Chambre jugeait. L'objectif de la décision n'était pas de remettre en cause la guerre de libération ou l'État le statut d'État indépendant, meilleure voie pour la stabilité et la paix dans la région. Mais nous avons des préoccupations concernant d'autres conclusions de la Chambre et les peines dures qui, selon nous, contiennent des erreurs sur le plan historique et factuel. Et nous attendons à ce qu'il y ait donc une procédure d'appel pour rectifier tout cela. La justice doit être impartiale. et elle doit être perçue en tant que cette impartialité doit être bien perçue par la population. Près de des milliers de personnes ont été victimes de violences sexuelles pendant la guerre au Kosovo. Beaucoup de bourreaux, beaucoup d'auteurs de ces crimes n'ont pas été punis. Nous aspirons à la justice pour toutes les victimes, pour chaque crime, pour chaque bourreau. On ne peut pas partir du principe que Il n'y a pas de véritables victimes, simplement car il y a un acteur qui souhaite créer une rhétorique erronée. Au mois de juillet, nous avons des experts en criminalistique avec la mission de l'Union européenne qui a identifié des dépouilles humaines appartenant à 23 personnes d'un groupe, un groupe d'intellectuels, à trois emplacements dans des régions montagneuses. À une époque où la justice internationale est de plus en plus contestée, la décision récente de la Chambre spécialisée, hélas, n'a pas contribué à promouvoir la justice de transition et la réconciliation au Kosovo. Au contraire, cette décision a alimenté les doutes eu égard au procès sur les crimes de guerre et eu égard aux tentatives visant à partir du principe qu'il y a équivalence entre les victimes et les bourreaux. Nous avons notre cadre juridique qui régit l'organisation d'élections et l'exercice de l'autorité publique sur notre territoire. Si la Serbie souhaite organiser des élections au Kosovo en violant notre constitution et en humiliant notre État, eh bien, je regrette de devoir vous dire que nous n'allons pas le permettre. Vous vous demandez peut-être pourquoi est-ce que le Kosovo est encore à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. Le Conseil devrait consacrer son temps peut-être à d'autres questions, n'est-ce pas, d'autres régions en proie à des conflits. Le gouvernement du Kosovo n'a de cesse de venir ici, au Conseil, pour rectifier la vérité. Nous nous efforçons de reconstruire notre démocratie après la guerre et les ressources de la MINUK seraient mieux utilisées pour faciliter l'accès du Kosovo au système de l'ONU, à ses organes, à ses agences et à ses programmes, plutôt que d'utiliser ces ressources pour diffuser ces mensonges, ces allégations mensongères qui ont pour objectif de saper la stabilité régionale. 18 ans après notre indépendance, 16 ans après la décision de la CIJ confirmant que notre indépendance n'était pas contradictoire au droit international, le moment est venu pour le Conseil de sécurité de passer à l'action pour faciliter l'adhésion du Kosovo en tant que membre des Nations unies. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [51:59]: Je vous remercie, M. Komfoska. Je donne maintenant la parole aux membres du Conseil qui souhaitent intervenir. Je donne la parole au représentant de la République démocratique du Congo. Democratic Republic of the Congo · Représentant [52:15]: Madame la Présidente, la République démocratique du Congo remercie le représentant spécial du Secrétaire général, M. Peter Deaw. pour son exposé et prend acte du rapport du Secrétaire général, document S/2026/779, et salue la présence du ministre des Affaires étrangères de la Serbie, Son Excellence Marko Djurić. Ma délégation réaffirme son attachement à la Charte des Nations unies et à la résolution 1244, qui demeurent le cadre de référence de l'engagement des Nations unies au Kosovo. Madame la Présidente, il convient de souligner que, dans l'ensemble, les élections législatives de juin 2026 se sont déroulées pacifiquement et la situation sécuritaire demeure globalement stable. Toutefois, les blocages institutionnels persistants et les tensions localisées, particulièrement dans le nord du Kosovo, appellent à la vigilance. Cette situation rappelle que la stabilité durable exige non seulement l'absence de violence, mais également des institutions pleinement fonctionnelles, une gouvernance inclusive et la confiance des populations. À cet égard, les différends concernant les compétences municipales, les démolitions et les expulsions, ainsi que l'accès aux services de santé et d'éducation, soulignent la nécessité de privilégier la concertation, la sécurité juridique et le respect de l'État de droit. La protection des communautés non majoritaires doit demeurer au cœur de toute démarche de stabilisation. Elle exige le respect de leurs droits, de leur identité culturelle et religieuse, ainsi que leur accès équitable aux services essentiels et aux institutions dans le respect de l'État de droit. Le renforcement de ces garanties est essentiel pour consolider la confiance entre les communautés et prévenir de nouvelles tensions. Madame la Présidente, cette protection sur le terrain doit s'accompagner de progrès politiques. Ma délégation encourage les deux capitales, Belgrade et Pristina, à renouer avec un dialogue constructif. à mettre en œuvre de bonne foi les accords facilités par l'Union européenne, notamment celui d'Oride de 2023, et à s'abstenir de toute mesure unilatérale susceptible d'exacerber les tensions. La question des personnes disparues mérite également une attention soutenue. La coopération entre les parties doit rester guidée par des considérations humanitaires. le droit des familles à la vérité et la nécessité de préserver ce processus de toute instrumentalisation politique. Madame la Présidente, dans ce contexte, la Mission d'administration intérimaire des Nations unies pour le Kosovo, en sigle MINUK, conserve toute sa pertinence à travers ses bons offices, ses fonctions d'alerte précoce et son action en faveur du dialogue intercommunautaire. Ma délégation voudrait faire remarquer que toute évolution de la Mission doit être progressive, guidée par les résultats du terrain et accompagnée des ressources nécessaires à l'accomplissement de son mandat. Les contraintes budgétaires ne devraient pas compromettre sa capacité à prévenir les tensions et à soutenir la confiance entre les communautés. Pour conclure, La République démocratique du Congo demeure convaincue que la stabilité durable du Kosovo exige plus que l'apaisement des tensions. Elle requiert un dialogue soutenu, le respect des engagements, la protection effective de toutes les communautés et un engagement international adapté aux besoins du terrain. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [56:26]: Je remercie le représentant de la République démocratique du Congo. Je donne la parole aux États-Unis. United States of America · Représentante [56:36]: Je vous remercie, Madame la Présidente. Merci au représentant spécial, M. Peter Doherty, de son intervention. Je suis très heureuse d'avoir pu vous rencontrer la semaine dernière. J'ai pu admirer tout votre engagement en faveur de votre travail. et je remercie le représentant de la Serbie et celui du Kosovo. Les États-Unis demeurent attachés à un règlement pacifique et à la stabilité des Balkans occidentaux. Normaliser les relations entre le Kosovo et la Serbie est non seulement essentiel pour leur avenir, mais aussi c'est la seule voie pérenne. Le président Trump a à cœur les deux pays et souhaite la paix, la prospérité Et nous appelons donc les deux parties à faire preuve de retenue, à adopter des mesures concrètes pour renforcer la confiance et maintenir la stabilité et à coopérer de manière constructive dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne. Des progrès durables viendront de Pristina et de Belgrade, non pas du Conseil de sécurité. Notre position quant à la MINUC n'a pas évolué. La mission aujourd'hui n'est plus d'actualité. Le Conseil de sécurité doit la fermer. Nous devons cesser de. comme si le Kosovo de 2026 était celui de 1999, alors qu'il sortait de la guerre et qu'il était instable. C'était un Kosovo d'une autre époque. Aujourd'hui, pourtant, la même mission désuète continue. La réalité le dit très clairement, la MINUK ne joue plus de rôle très important dans la gouvernance du Kosovo. la force de l'OTAN, de l'UE, les autres agences sont présentes et sont mieux en mesure d'assumer le rôle limité dont s'acquitte encore la MINUC. On a là une mission qui a des effectifs excessifs, 100 soldats de la paix. Maintenir une opération de paix après la fin, une fois la tâche accomplie, n'aide personne et porte atteinte aux plus vulnérables. Cela est une utilisation de ressources dont l'ONU a besoin ailleurs et cela entame la crédibilité du Conseil. Notre capacité à renouveler ad vitam aeternam le mandat doit être un signal d'alerte, un signal de dysfonctionnement. Nous sommes incapables d'agir alors que nous devrions agir. garder la MINUC ou plutôt assumer une bonne gouvernance de l'ONU, une bonne gouvernance des ressources de l'ONU et des contributions que fournissent les États membres. Et pour cela, il faut reconnaître lorsque une mission n'est plus d'actualité. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [59:48]: Je remercie les États-Unis de leur intervention. La parole au Danemark. Denmark [59:52]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie le représentant spécial Doué de son intervention. Je souhaite la bienvenue à Messieurs Duric et Konjuh et je souhaite la bienvenue à l'ambassadeur, chef de la délégation de l'Union européenne. Nous saluons la formation de l'Assemblée et du gouvernement du Kosovo et l'élection récente d'une présidente. Après une période longue d'incertitude politique, ces évolutions permettent de restaurer la continuité institutionnelle et de faire avancer les réformes nécessaires. Nous espérons que la stabilité perdurera, permettant aux institutions du Kosovo de fonctionner efficacement et d'être au service de toutes les communautés. Cela va permettre de renouveler la coopération dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne. Madame la Présidente, le Danemark est attaché à la perspective d'adhésion à l'Union européenne des Balkans occidentaux, y compris de la Serbie et du Kosovo. Promouvoir la normalisation globale des relations est essentiel pour la voie européenne, de même que pour la stabilité, la paix et la prospérité durable dans la région. Le dialogue facilité par l'UE fournit le cadre pour y parvenir. Pour réussir, les deux parties doivent coopérer sérieusement, honorer leurs engagements, chercher des solutions. Les progrès obtenus cette année montrent ce qui est possible lorsqu'il y a une coopération constructive. L'accord sur la mise en œuvre de la loi sur les ressortissants étrangers montre comment la coopération pragmatique peut permettre d'avancer sur des questions sensibles et de proposer des solutions dans le quotidien des populations. doit être la base de nouvelles avancées. Le Danemark salue la coopération continue du représentant spécial de l'Union européenne, Peter Sørensen. La priorité demeure la mise en œuvre de l'accord de 2023 sur la voie vers la normalisation, de même que les autres engagements précédents. Le Kosovo doit procéder à la création de l'association des municipalités à majorité serbe. La Serbie doit s'acquitter de son engagement de ne pas s'opposer à l'adhésion du Kosovo aux organisations internationales. Les deux parties ont des responsabilités. La mise en œuvre ne peut dépendre d'une situation dans laquelle chaque partie ne choisit que les obligations qui lui conviennent. Il faut des actions de bonne foi des deux côtés pour un progrès pérenne. Madame la Présidente, pour créer les conditions de la normalisation, il faut également une approche inclusive au Kosovo. Nous appelons à redoubler d'efforts pour appuyer la participation des Serbes du Kosovo aux institutions publiques et pour répondre aux préoccupations des communautés non majoritaires. Les décisions touchant à ces communautés, y compris les questions relevant de la propriété, des démolitions et des expulsions, doivent être prises après des consultations effectives. Les allégations de mauvais traitements de la police doivent faire l'objet d'enquêtes impartiales. Garantir la représentation effectif de communautés non majoritaires dans les institutions judiciaires est particulièrement important pour renforcer la confiance du public dans la primauté du droit. Préserver le calme est également essentiel. Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute mesure unilatérale qui pourrait renforcer les tensions ou compromettre le dialogue. L'attaque de 2023 de Banská nous rappelle que les tensions peuvent rapidement donner lieu à des violences. Nous regrettons la lutte insuffisante de la Serbie contre l'impunité. Nous appelons à la retenue et au plein respect de l'indépendance judiciaire des chambres spécialisées du Kosovo. Tout recours face à un jugement doit se faire via la procédure établie judiciaire. Il faut tenir compte de la législation sous-jacente en respectant les obligations internationales du Kosovo. Madame la Présidente, le Danemark salue les efforts de la MINUK pour renforcer la confiance et le dialogue, en coopération avec la KFOR, EULEX et les autres partenaires internationaux. Nous remercions le représentant spécial de l'UE pour son rôle moteur et sa coopération avec les communautés du Kosovo. La mission crée des opportunités pour les jeunes pour franchir les lignes ethniques et cela est un investissement dans l'avenir du Kosovo. Le Danemark encourage le Kosovo à coopérer avec le représentant spécial et à profiter de la présence de la mission. Le Conseil doit réfléchir à la manière dont la mission peut répondre aux besoins présents. Le mandat de la MINUC a été créé en 1999. Un examen stratégique permettrait de tenir compte de la situation sur le terrain. En conclusion, Le Danemark a été parmi les premiers pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo. Au fil des ans, nous avons appuyé des efforts en faveur d'un Kosovo pacifique, démocratique et multiethnique. Cet engagement continuera après la fin de notre mandat au Conseil, de même qu'après la pleine intégration du Kosovo dans la communauté internationale. Nous encourageons la Serbie et le Kosovo à se tourner vers l'avenir avec un sentiment de responsabilité et à transformer leurs engagements en progrès durable pour la population et la région. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:05:20]: Je remercie le Danemark. Je donne la parole à la Chine. China [1:05:23]: Madame la Présidente, je souhaite la bienvenue à Monsieur Doué et je souhaite la bienvenue au ministre Duric. Je remercie Monsieur Doué de sa présentation. Notre position sur cette question est claire. Nous appelons les parties pour qu'elles arrivent à une solution acceptable pour tous dans le cadre d'un dialogue, dans le cadre du respect de la résolution 1244. Dans le cadre de cette procédure, la souveraineté de la Serbie, son indépendance, son intégrité territoriale doivent être pleinement respectées. Au vu des évolutions récentes et de l'intervention que nous venons d'entendre, quatre points. Tout d'abord, la situation dans le nord du Kosovo demeure Il y a de nombreux incidents de violence, des détentions de membres de la communauté serbe, des structures privées sont démolies, les intérêts légitimes sont bafoués. Cela nous préoccupe. En août, la KFOR a annoncé la transition de sa présence sur le pont de Mitrovica. et un passage à des arrangements de sécurité, ce qui a déclenché la panique dans la communauté serbe face aux tensions. Dans ce contexte, la Serbie a fait preuve de retenue et a évité toute escalade. Nous appelons les autorités du Kosovo à donner la priorité à la paix et à la stabilité régionale, à cesser toute mesure unilatérale qui pourrait renforcer les tensions et les antagonismes et préserver les intérêts légitimes du peuple serbe. Le dialogue et la négociation sont les seuls moyens de régler les questions relatives aux points chauds de la région. Dans le cadre de ce cycle d'examen, l'Union européenne échange avec le Kosovo et la Serbie, mais n'a pas tenu d'échanges avec les Serbes du Kosovo. Il n'y a pas eu d'avancée sur le dialogue politique. Nous saluons les efforts de médiation de l'Union européenne et nous comptons sur une reprise rapide du dialogue entre les parties prenantes afin de faire se rapprocher les positions pour trouver un règlement rapide à toutes les questions en suspens. L'accord de 2013 prévoit la création d'une association de municipalités. Cela doit être appliqué progressivement pour retirer les obstacles au dialogue et à la négociation. Troisièmement, Au Kosovo, la confiance intercommunautaire a toujours été fragile. L'inclusion et la réconciliation sont dans l'intérêt de long terme de toutes les communautés. Les autorités kosovares doivent répondre aux aspirations fondamentales de toutes les communautés, adopter des mesures pour renforcer le sentiment de sécurité, la participation et l'épanouissement parmi toutes les communautés et doivent promouvoir les efforts de réconciliation. Au vu des élections à venir en Serbie, toutes les parties doivent traiter la question du droit de vote des communautés serbes du Kosovo, que leurs droits soient respectés. Au fil des ans, la MINUK a joué un rôle critique dans le maintien de la stabilité et dans la promotion de la réconciliation nationale au Kosovo. L'ONU et le Conseil de sécurité doivent continuer à braquer la focale sur cette question. La MINUC et le représentant spécial doivent recevoir un soutien suffisant pour exercer leurs fonctions. Il faut garantir la sûreté et la sécurité du personnel de la MINUC et permettre l'exécution sans entrave du mandat. ont connu des guerres meurtrières par le passé. Pour préserver la prospérité des populations, il faut que jamais cela ne se reproduise. Il s'agit de maintenir la stabilité et la sécurité au Kosovo, de maintenir le dialogue, de favoriser la coexistence pacifique entre les communautés ethniques de la région. Il faut trouver un règlement rapide à la situation. Nous sommes prêts à travailler avec la communauté internationale pour continuer à contribuer À cet effet, je vous remercie, Madame la Présidente. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:09:48]: Je remercie la Chine. Je donne la parole au Liberia. Liberia [1:09:55]: Merci, Madame la Présidente. Le Liberia remercie le représentant spécial, remercie la MINUC de sa coopération continue et remercie le Secrétaire général de son rapport. Le calme relatif décrit dans le rapport et l'occasion d'avancer euh sur la voie politique. La tâche qui nous incombe est de euh transformer les engagements pris en gain sécuritaire. Il faut renforcer la confiance et permettre des améliorations pratiques dans la vie des populations. Nous saluons l'élection pacifique du euh sept juin, nous félicitons la présidente Et nous notons la constitution de l'Assemblée et la formation d'un gouvernement en septembre. Les problèmes constitutionnels liés aux procédures doivent être réglés par des procédures judiciaires. Les institutions doivent pouvoir se concentrer sur les besoins des populations qu'elles servent. De même, c'est avec la même attention que Belgrade et Pristina doivent coopérer. Nous regrettons qu'aucune réunion de haut niveau n'ait eu lieu dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne pendant la période de rapport, lorsque le dialogue est à l'arrêt. La défiance s'intensifie. Nous exhortons donc les deux parties à reprendre langue et à s'abstenir de toute mesure unilatérale ou toute rhétorique qui pourrait aggraver les tensions. L'accord de 2023 sur la voie vers la normalisation et son annexe, il y a la mise en œuvre, fournissent un cadre pour avancer. Avec la facilitation de l'Union européenne, les parties devraient identifier des mesures réalistes et des jalons clairs pour la mise en œuvre. Les populations doivent voir que le dialogue produit réellement des résultats. en termes d'accès aux services, ça doit renforcer la confiance dans la justice et doit permettre aux populations de participer à la vie publique. Madame la Présidente, ces préoccupations sont tout particulièrement importantes dans le nord du Kosovo, où des différends en rapport avec la les démolitions de propriétés, les évacuations, les droits linguistiques, les services publics nécessitent une attention toute particulière. Les décisions qui concernent les communautés doivent être prises en respectant les garanties de procédure et avec des consultations effectives. Les institutions gagnent la confiance lorsque toutes les communautés se considèrent protégés par ces mêmes institutions. Renforcer cette confiance nécessite également des efforts pratiques pour aider le Kosovo à régler les questions en suspens concernant les juges et les procureurs. Une justice accessible et impartiale, des poursuites en cas d'inconduite, le respect de la liberté d'expression, l'indépendance des médias, la liberté religieuse. Tout cela est essentiel pour la confiance du public. La confiance entre les communautés dépend également du fait d'éliminer les legs des conflits. Les autorités doivent coopérer davantage, partager des informations, appuyer les efforts d'identification et fournir des informations aux familles fiables et en temps voulu. Ces familles ne doivent pas attendre que des accords politiques soient conclus pour savoir ce qu'il est advenu de leurs proches. La responsabilité humanitaire doit être respectée dans le cadre des progrès réalisés pour faciliter la réconciliation. La coopération entre la MINUC et toutes les communautés est essentielle à ces efforts. Le Liberia appuie sa contribution continue à la stabilité et à la construction de la confiance en coordination étroite avec l'Union européenne et avec d'autres partenaires internationaux. En conclusion, Madame la Présidente, En dépit des recrudescences des tensions constatées, on doit pouvoir faire confiance à une paix tant attendue. La réconciliation nécessite un leadership continu. Nous exhortons Pristina à faire preuve de retenue, à respecter ses engagements et à placer le bien-être et la sécurité des populations au cœur de ces décisions. Nous sommes prêts à appuyer les efforts constructifs aux fins de ces objectifs. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:16:24]: Je remercie le Liberia. Je donne la parole à la Somalie. Somalia [1:16:29]: Merci, Madame la Présidente. D'abord, je remercie le représentant spécial Monsieur Peter Dway, de son intervention très complète. La Somalie souhaite la bienvenue au ministre Dourich. la présidente, la Somalie reconnaît le rôle important que remplit encore la MINUC à l'appui de la paix, de la stabilité et du dialogue constructif dans la région. Nous saluons la tenue pacifique des élections et la participation active de toutes les communautés, ce qui témoigne de la résilience des processus démocratiques du Kosovo. En même temps, l'impasse institutionnelle prolongée risque d'éroder la confiance du public et d'empêcher une gouvernance efficace. Nous appelons les acteurs politiques à tous coopérer de manière constructive à accomplir les processus institutionnels en suspens et à garantir le fonctionnement efficace et inclusif des institutions. Madame la Présidente, la Somalie réaffirme son soutien au dialogue facilité par l'Union européenne, cadre principal pour le règlement des questions en suspens entre Belgrade et Pristina. Nous appelons les deux parties à respecter pleinement et de bonne foi leurs engagements, notamment au titre de l'accord de 2023 sur la voie de la normalisation et au titre de l'annexe sur la mise en œuvre d'ORID. Nous exhortons les deux parties à faire preuve de retenue, à éviter toute mesure unilatérale ou toute rhétorique incendiaire et à réunir les conditions pour le dialogue et pour des résultats concrets au bénéfice de toutes les communautés. Ces efforts sont essentiels pour renforcer la confiance, promouvoir une société pacifique, multiethnique et pour promouvoir la cohésion. En conclusion, ma délégation réaffirme son soutien à la MINU et à son mandat afin de favoriser la paix, la stabilité et la confiance entre toutes les communautés. Toute proposition de reconfiguration du mandat de la mission doit être examinée avec prudence et ne doit pas affaiblir les bons offices, l'alerte précoce, les activités pour la confiance et les activités intercommunautaires de la mission. encourageant Belgrade et Pristina à demeurer attachés au dialogue facilité par l'Union européenne et à chercher des solutions acceptables pour tous, pratiques grâce à une coopération de bonne foi. Une stabilité durable nécessite une retenue, le respect des droits de toutes les communautés et la mise en œuvre continue des engagements pris. Nous demeurons attachés à appuyer les efforts diplomatiques en faveur de la réconciliation, de la coopération régionale et d'un avenir pacifique et inclusif pour toutes et tous. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:19:36]: Je remercie la Somalie de son intervention. Je donne la parole au Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentante [1:19:43]: Merci, Monsieur le Président. Je remercie Monsieur Dwey de son intervention et je salue la participation du ministre Durrich. et du ministre Konyufca. Nous saluons la formation récente d'un gouvernement au Kosovo et l'élection de la présidente Jashmina Shirokapiula. Il nous tarde de coopérer encore à l'avenir avec le Kosovo afin de promouvoir un avenir euro-atlantique et d'appuyer le développement du Kosovo en tant qu'État inclusif, démocratique et multiethnique. En tant que premier pays à avoir reconnu l'indépendance du Kosovo, nous exhortons les États membres qui ne l'ont pas encore fait à se rallier à la majorité. La normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie est essentielle pour la stabilité à long terme et pour l'avenir européen de ces deux pays. Les deux parties doivent mettre en œuvre les accords existants et participer de façon constructive au dialogue facilité par l'UE, notamment en mettant en œuvre dans sa totalité l'accord d'Orid, en honorant l'engagement au titre de l'article 7, à savoir garantir un niveau adéquat d'autogestion pour la communauté serbe au Kosovo. Nous prenons note des préoccupations dans le rapport du Secrétaire général concernant l'impact de certaines actions de la part du Kosovo sur les communautés non majoritaires, notamment dans le nord du Kosovo. La Constitution du Kosovo prévoit des garde-fous complets pour leurs droits. Ces garde-fous doivent être exécutés dans la pratique et conformément à l'État de droit. La Serbie doit avoir accès aux archives pour soutenir les progrès pour ce qui est des personnes portés disparus. Quelques 1 500 personnes de différentes communautés sont encore portées disparues, et ce, plus de 25 ans après le conflit. Cela fait également plus de trois ans que s'est produite l'attaque de Banska et le meurtre du sergent de police kosovar Afrim Bunjaku. La Serbie doit veiller à ce que les responsables rendent compte de leurs actes, notamment Milan Radočić, qui fait l'objet d'une notice rouge d'Interpol et qui continue à vivre librement en Serbie. Enfin, le Kosovo s'est transformé depuis 1999. Il y a beaucoup de fonctions qui auparavant étaient menées bien par la MINUK et qui le sont désormais par les institutions du Kosovo et par d'autres organisations internationales, notamment la CAFOR, l'OLEX et l'OSCE. Cela doit être reflété dans la structure et les ressources de la mission. Nous saluons la réduction importante des effectifs, mais nous réitérons notre appel en faveur d'un examen stratégique du rôle de la MINUC, ses responsabilités, les financements, afin de veiller à ce que les ressources de l'ONU tiennent compte des réalités d'aujourd'hui. Enfin, je souhaiterais remercier le représentant spécial et le personnel de la mission qui ont contribué au travail de la MINUC. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:23:02]: Je remercie la représentante du Royaume-Uni pour son intervention. Je donne la parole au Panama. Panama · Représentant [1:23:11]: Merci, Monsieur le Président. Nous remercions le représentant spécial et le chef de la MINUC pour sa présentation. Nous le remercions. également pour sa bonne gestion de la mission. Nous souhaitons également la bienvenue au ministre des Affaires étrangères de la Serbie et du Kosovo. Nous souhaitons également la bienvenue au chef de la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies. Le Panama se félicite des élections législatives qui ont eu lieu de façon pacifique le 7 juin dernier au Kosovo. Nous saluons la grande participation des différentes communautés, ce qui reflète le pluralisme du Kosovo et son engagement en faveur de la démocratie. Nous saluons également la constitution du nouveau gouvernement au mois de septembre. C'est un progrès important qui crée des opportunités pour renforcer les institutions démocratiques et pour consolider la stabilité politique au Kosovo. Nous prenons note du fait que la situation sécuritaire est restée stable, ce qui est une bonne chose. Cela doit nous permettre de promouvoir une coexistence pacifique et une plus grande compréhension entre les différentes communautés. Pour ce qui est de savoir ce qu'il est advenu des personnes portées disparues, cela revêt Cela revêt pour nous une importance considérable, car notre pays a également fait l'objet de ce drame. Et nous savons que même le temps qui passe ne réduit pas la souffrance des familles qui, pour faire leur deuil, doivent savoir où sont leurs proches portés disparus. Il est essentiel donc de poursuivre ces efforts qui sont des efforts qui ont un caractère humanitaire. Il faut également que les différentes parties poursuivent leur coopération dans ce domaine. Nous sommes convaincus que cela peut également contribuer à générer de la confiance mutuelle et promouvoir la réconciliation. Par ailleurs, nous soulignons le besoin de garantir la reddition des comptes pour tous les actes de violence, notamment les actes de violence qui se sont produits en 2023 à Biancà, et l'incident qui s'est produit dans le canal de Iber-Le Pen en 2024. Dans ce contexte, nous prenons note de l'avancée de la procédure judiciaire pour ce qui est de l'attaque de Biancà. Tous les responsables de ces faits doivent être traduits en justice. Madame la Présidente, le Panama réitère son soutien au travail de la MINUC. notamment les efforts de la MINUK qui visent à promouvoir le dialogue et la confiance entre les communautés. Nous réitérons également notre soutien au dialogue entre Belgrade et Pristina, un dialogue facilité par l'Union européenne, et nous saluons les efforts déployés par le représentant spécial de l'Union européenne, Peter Sorensen. Les deux parties doivent continuer à travailler de bonne foi dans la mise en œuvre des accords qui ont été atteints, notamment l'accord sur la normalisation qui date de 2023. Nous reconnaissons également la contribution de la mission EULEX, mission de l'Union européenne au Kosovo pour l'État de droit. Cette mission a contribué au renforcement des institutions judiciaires et à la recherche des personnes portées disparues. Nous prenons également note du rôle que joue la KFOR, la force internationale pour la sécurité au Kosovo. Madame la Présidente, nous savons que la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina est un processus complexe, avec un certain nombre de défis qu'il reste à relever. Et nous savons que l'avenir de la normalisation des relations dépend de la retenue dont feront preuve les deux parties, qui doivent s'abstenir de toute rhétorique incendiaire qui pourrait entraver la confiance, qui pourrait saper la confiance entre les deux parties. Mais en dépit de ces difficultés, nous devons saluer les progrès qui ont été accomplis et nous devons préserver un véritable dialogue afin de surmonter les différences et afin de donner la priorité au bien-être de toutes les communautés dans le cadre d'un processus de réconciliation. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons consolider une paix durable, et ce pour le bien de toutes les communautés et de la région dans son ensemble. Et je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:27:46]: Je remercie le représentant du Panama pour son intervention. Je donne maintenant la parole à la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentant [1:27:53]: Madame la Présidente, nous remercions le représentant spécial, M. Dooey, Nous saluons la présence du ministre Duric. La situation au Kosovo est marquée par une tension permanente et est toujours au bord du gouffre. Les dirigeants autoproclamés du Kosovo créent des conditions intenables pour les Serbes et les poussent à quitter le Kraj. On élimine les institutions qui fournissent des services publics, médicaux, éducatifs. On interdit la circulation du dinar serbe. On bafoue les droits électoraux. On élargit les persécutions visant l'Église orthodoxe serbe. La justice kosovo-albanaise fabrique des poursuites pénales, mène des actes d'intimidation. Il y a de plus en plus de cas d'utilisation disproportionnée de la force, détention agressive, perquisition, torture. Ces cinq dernières années, on a constaté 800 agressions motivées ethniquement. 250 Serbes et autres non-Albanais ont été arrêtés pour des prétextes fallacieux. On exproprie des terres et des logements, les populations. On force par la violence les Serbes à quitter leur maison. En contravention des procédures, on démolit les propriétés serbes, comme c'était le cas en juillet, suite à la destruction des bâtiments dans le district du réservoir de Gazivoda. Se pose la question de la préservation du patrimoine religieux culturel serbe du Kraj. Il y a encore des actions profanatoires à l'encontre des monastères, des églises et des cimetières orthodoxes. Sous prétexte de lutter contre l'extrémisme, on interdit les symboles nationaux et orthodoxes serbes. Le régime kosovar ultranationaliste mène des actes de terrorisme institutionnel qui visent à purger du Kraj la population serbe. Il est. Cela nous révolte que l'on persécute des personnes pour motif ethnique, avec la complicité de la présence internationale en Serbie, qui ignore les requêtes de Belgrade et qui, par son inaction, encourage le remodelage ethnique. Il n'y a pas encore de poursuites contre les Albanais kosovars coupables d'avoir mené des passages à bataille le 28 mai 2019 de l'employé de la MINUC, Krasnochevkov. Le 31 décembre 2021, en contravention des normes du droit international, Pristina a reconnu une persona non grata M. Antonov. Nous avons attiré l'attention sur le verdict accusatoire de septembre des chambres spécialisée du Kosovo vis-à-vis des criminels de guerre qui figuraient parmi les rangs de l'Armée de libération du Kosovo. Ce verdict à Pristina a été critiqué. Il y a eu des manipulations juridiques pour corriger le mandat des chambres spécialisées. L'Union européenne préfère ne pas le remarquer. La reconnaissance officielle de la nature meurtrière des combattants kosovo-albanais nécessite une réaction des États de l'OTAN qui ont déclenché une agression en 1999 contre la Yougoslavie. L'Union européenne préfère fermer les yeux sur le refus de Pristina de former une communauté des municipalités serbes du Kosovo. L'incapacité et le refus de Bruxelles d'obtenir des Kosovars des actions constructives a pleinement discrédité les négociations sous facilitation de l'Union européenne. L'Union européenne mène un chantage contre Belgrade et cherche à imposer de reconnaître la soi-disant souveraineté d'État de son Kraj. On évoque des accords oraux de 2023, mais on oublie à dessein les accords de Bruxelles qui ont force juridique. On force à militariser le Kosovo, on envoie des armes de l'étranger à cette pseudo armée qui, d'après la résolution 1244, n'a pas le droit d'en disposer. Et sur fond de ces tensions, il est aberrant que l'on entende des réactions positives de l'Occident quant à la sécurité dans le Kraj. ne correspond pas à la réalité. La KFOR a, sur cette base, lancé une procédure d'optimisation de sa présence dans les points les plus vulnérables. Remplacer la KFOR par les forces de sécurité de Pristina sur le pont de Mitrovica et dans le monastère de Visoki Dečani est extrêmement risqué, peut entraîner une escalade interethnique. Le contingent multiethnique déployé sur la base de la la résolution 1244, doit continuer à exécuter les obligations qui lui incombent sans la participation des forces de sécurité kosovo-albanaises de nature douteuse, sans quoi cela risque d'entraîner des conséquences négatives pour la stabilité non seulement du Kosovo, mais aussi des Balkans. Nous attendons également un travail plus décisif, actif et notoire de la MINUK au Kosovo. L'élément principal de son mandat, ce n'est pas le suivi, mais l'appui à la création de conditions pour une coexistence pacifique entre les peuples qui vivent dans le KRAI. Le Conseil doit, dans la mission, réaliser une évaluation objective, honnête de la situation. Des interprétations neutres ou des analyses réduites au contexte administratif sont contre-productives. Nous plaidons pour un maintien au même niveau des capacités budgétaires et personnelles de la MINUC et pour la préservation de la fréquence d'examen approuvée pour le format des séances sur la question du Kosovo. Ce qui se passe au Kosovo est la conséquence directe de tentatives visant à faire oublier artificiellement la résolution 1244. Ce document essentiel doit être respecté dans son intégralité. Il faut par ailleurs une analyse approfondie de la résolution. Nous devons envoyer un signal clair du Conseil. La communauté internationale ne tolère pas de violation de la résolution 1244. Seule, sur la base de cette résolution, nous pourrons trouver une solution qui sera acceptable pour tous, dans le respect du droit international, pour régler la question du Kosovo et respecter les intérêts du peuple serbe. Nous sommes convaincus que seul le Conseil peut prendre une telle décision. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:35:26]: Je remercie la Fédération de Russie. Je donne la parole à la Lettonie. Latvia · Représentant [1:35:32]: Merci. Je remercie le représentant spécial de son intervention. Je souhaite la bienvenue au ministre de la Serbie et du Kosovo. Je salue le la présence du chef de la délégation de l'Union européenne. À la suite d'une longue période d'impasse politique, la Lettonie salue le fait qu'il y ait eu une élection de la nouvelle présidente au Kosovo, madame Shiroka Pula, et nous lui souhaitons beaucoup de succès dans l'exercice de ses fonctions. Nous espérons que cela contribuera à une stabilité institutionnelle renouvelée et que cela permettra au Kosovo de mettre en œuvre les réformes essentielles et de remédier aux défis en souffrance. Madame la Présidente, je souhaiterais faire les trois commentaires suivants. Tout d'abord, nous continuons à soutenir les efforts du Kosovo pour renforcer les institutions démocratiques, faire respecter l'État de droit et promouvoir une gouvernance inclusive. Ces efforts sont essentiels pour la stabilité du pour l'intégration européenne. Par ailleurs, nous sommes préoccupés quant aux amendements récents apportés à la loi sur les chambres spécialisées du Kosovo. Nous soulignons l'importance de respecter pleinement le mandat et l'indépendance judiciaire des chambres spécialisées. Il faut respecter la reddition des comptes et garantir la justice pour les victimes et pour leurs proches, et ce pour toutes les communautés. Le Kosovo doit respecter ses engagements internationaux et maintenir la dynamique des réformes. Deuxièmement, la Serbie et le Kosovo doivent s'abstenir d'actions unilatérales et de rhétorique incendiaire qui pourraient exacerber les tensions et saper la confiance entre les communautés. Nous regrettons le fait que, trois ans après les attaques violentes à Bijelska en 2023, la justice n'ait pas encore été rendue. La Serbie doit coopérer de façon constructive et contribuer à une enquête impartiale. Les responsables doivent rendre compte de leurs actes. Les deux parties doivent démontrer la volonté politique, doivent travailler de façon constructive et parvenir à un compromis grâce au dialogue facilité par l'UE. Il faut pleinement mettre en œuvre les accords existants. Il faut qu'il y ait des progrès pour normaliser les relations. C'est essentiel pour atteindre la paix durable, la stabilité et la prospérité dans la région. Troisièmement, la Lettonie salue la coopération et la coordination qui continuent entre la MINUC, la KFOR de l'OTAN et la mission de l'UE EULEX. Cela contribue à la sécurité et à la stabilité sur le terrain. Par ailleurs, nous réitérons l'importance veiller à ce que la mission internationale soit efficace et adaptée aux objectifs. À cet égard, nous soutenons l'examen stratégique du mandat et du rôle futur de la MINUC. Madame la Présidente, nous réitérons notre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Kosovo, notamment par le biais de notre contribution active à la mission KFOR. Nous sommes déterminés à soutenir un Kosovo sûr, stable et prospère, où toutes les communautés peuvent vivre dans la paix et à promouvoir la stabilité durable dans les Balkans occidentaux. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:39:03]: Je remercie le représentant de la Lettonie. Je donne la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:39:10]: À l'entame de mon propos, je remercie le représentant spécial du Secrétaire général, chef de la MINUC. Nous le remercions pour ses efforts pour promouvoir le dialogue et pour renforcer la confiance. Et je souhaite la bienvenue à Marko Đurić, ministre des Affaires étrangères de la Serbie, et à Glog Konjufka. Nous souhaitons également la bienvenue aux représentants de l'UE. Madame la Présidente, nous sommes convaincus que la coexistence pacifique et l'harmonie sont essentielles. Il faut promouvoir une culture de la tolérance et du respect mutuel. Nous réitérons l'importance de respecter ces principes nobles, et ce, entre les différentes communautés du Kosovo. Il faut faire respecter les droits de toutes les communautés, notamment les communautés non majoritaires, pour garantir leur pleine participation à la vie publique. Le dialogue, le renforcement de la confiance sont des outils essentiels qui peuvent contribuer à la réconciliation nationale, à la sécurité, à la stabilité et à la paix durable au Kosovo. Et cela pourra bénéficier à la région tout entière. Madame la Présidente, le Royaume du Bahreïn réitère l'importance du processus facilité par l'UE entre Pristina et Belgrade. C'est un accord qui permet de régler les différends grâce au dialogue et à la diplomatie et de rapprocher les positions. Nous saluons les efforts de l'UE visant à renforcer la confiance et la compréhension mutuelles entre les parties. Les deux parties doivent mettre en œuvre les accords existants Il faut faire preuve de la volonté politique nécessaire pour rétablir la stabilité et la paix durable dans les Balkans occidentaux. Les deux parties doivent renforcer la coopération et la coordination pour retrouver les personnes portées disparues, pour savoir ce qu'il est advenu de ces personnes. Il y a plus de 1 579 personnes toujours portées disparues. depuis le début du conflit au Kosovo dans les années 90, et ce selon le rapport du Secrétaire général. Nous avons besoin d'une approche humaine pour alléger la souffrance des proches de ces personnes portées disparues, pour renforcer la confiance entre toutes les communautés. Il ne faut pas politiser ce travail humanitaire. Enfin, Il faut renforcer de bonnes relations entre le Kosovo et la Serbie. Nous encourageons les deux parties à atteindre des accords mutuels afin de résoudre les questions en souffrance et afin de préserver la sécurité et la stabilité dans les Balkans occidentaux. Je vous remercie, madame. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:42:35]: Je remercie le représentant du Bahreïn pour son intervention. Je donne la parole au Pakistan. Pakistan · Représentant [1:42:42]: Merci, madame. Je remercie le représentant spécial, Peter DeWey. Je souhaite la bienvenue aux deux ministres des Affaires étrangères. Nous félicitons le Kosovo à la suite de la tenue d'élections pacifiques et la finalisation du processus électoral avec l'élection de la présidente, Shqipe Kulla. Nous aspirons véritablement à la paix et à la stabilité dans les Balkans. Nous aspirons au bien-être et à la prospérité de tous les peuples de la région. Voilà pourquoi nous saluons l'UE et son rôle de chef de file, d'avoir travaillé avec les deux parties pour promouvoir un dialogue sur la base de solutions, d'avoir promu plutôt des solutions aux problèmes existants en reposant sur le dialogue. Nous sommes convaincus que ce dialogue facilité par l'UE doit permettre la mise en œuvre de tous les accords entre Belgrade et Pristina. C'est la seule façon de surmonter les défis et de garantir la paix durable et la stabilité dans la région. Les rhétoriques clivantes, les discours de haine, les tensions entre les communautés sévissent dans la région depuis longtemps. Il ne faut pas que tout cela se détériore. Il faut endiguer la tendance. Nous condamnons sans équivoque toutes les actions qui visent quelque religion que ce soit sur la base, toute action visant une communauté en raison de sa religion, de son ethnicité. Nous sommes préoccupés par les déclarations eu égard au détournement de ressources hydriques partagées. Les ressources en eau entre les pays riverains ne devraient pas être utilisées à des fins politiques. Renforcer la confiance entre les deux parties est essentiel pour aller de l'avant. Il faut traduire en justice les auteurs des attaques d'Ivaylo Penche et de Bianska. Cela contribuera beaucoup à la confiance. Nous soutenons également les efforts de la MINUK pour promouvoir l'harmonie et encourager la coexistence et la tolérance entre les différentes communautés du Kosovo. Nous avons des relations amicales avec la Serbie et le Kosovo, et nous soutenons une région des Balkans pacifique, stable et prospère. Les deux parties doivent travailler ensemble dans un esprit de coexistence pacifique, de respect mutuel. Il faut reconnaître les sensibilités mutuelles et préserver les droits socio-économiques de tous les peuples de la région. Nous sommes prêts à contribuer à la paix et à la stabilité durable dans la région. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:45:22]: Je remercie le représentant du Pakistan. Je donne la parole à la France. France · Représentant [1:45:31]: Madame la Présidente, je voudrais tout d'abord remercier le représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MINUC, M. Peter Dooey, pour sa présentation. Je salue également la présence parmi nous du ministre des Affaires étrangères de la Serbie, M. Marko Djuric, et du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Kosovo, M. Glauk Konjufca. Je salue également la participation à cette réunion du représentant de l'Union européenne, M. Lambre Lindis. Au-delà de tous les défis, La Serbie et le Kosovo partagent un horizon européen qui se fera au bénéfice de leurs peuples. Ce chemin exigeant passe par la poursuite du travail de normalisation de leurs relations au travers du dialogue conduit par l'Union européenne et son représentant spécial, M. Peter Sorensen, avec le soutien des partenaires des 2 pays. La France appelle les 2 pays à retrouver la dynamique de dialogue initiée en début d'année avec l'accord sur la mise en oeuvre graduelle de la loi sur les étrangers, le 14 mars dernier. Il s'agit, à terme, de mettre pleinement en œuvre les accords de Bruxelles-Ochrid, ce qui nécessite un engagement déterminé de chacune des deux parties. Madame la Présidente, la France salue l'élection de Mme Jushina Shiroka Pula à la présidence de la République du Kosovo. Cette élection doit à présent contribuer à la bonne marche des institutions du pays, permettre la reprise du dialogue politique et la mise en œuvre des réformes nécessaires. Ces institutions doivent également garantir une participation active des Serbes, que ce soit au niveau local ou au niveau du pouvoir judiciaire. La France réitère son soutien à la justice internationale, qui permet d'établir les responsabilités et de rendre justice aux victimes des crimes les plus graves, participant ainsi aux efforts de réconciliation. À ce titre, la loi adoptée par l'Assemblée du Kosovo, qui modifie la loi relative aux chambres spécialisées, ne satisfait pas aux obligations internationales du Kosovo. La France appelle le Kosovo à pleinement respecter ses obligations internationales afin de garantir l'indépendance, l'impartialité et l'intégrité judiciaire des chambres spécialisées. En outre, près de trois ans après les faits, il n'est pas normal que les auteurs de l'attaque de Banjska soient toujours libres de leurs mouvements. Les responsables de ces attaques doivent être traduits en justice et rendre des comptes. Madame la Présidente, la France soutient les efforts de la MINUK, en coordination avec l'ACAFOR et la mission EULEX Kosovo. Le mandat de la MINUK est intrinsèquement lié à la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo. Nous assurons le représentant spécial du secrétaire général de notre plein soutien. Enfin, nous continuerons à appuyer tous les efforts visant à améliorer et rationaliser les missions de maintien de la paix par des mesures d'efficience, dans le respect de leur mandat. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [1:48:40]: Merci à la France. Je donne la parole à la Colombie. Colombia · Représentante [1:48:45]: Madame la présidente, je remercie le représentant spécial du secrétaire général, M. Peter Du, pour son intervention. Je souhaite la bienvenue aux délégations présentes pendant cette séance. La Colombie est convaincue qu'une solution durable au Kosovo ne peut passer que par un dialogue politique direct, par la compréhension mutuelle et par le règlement pacifique des différends. Nous encourageons les autorités légitimes à Pristina et à Belgrade à travailler de façon constructive en faisant fond sur les engagements précédemment entérinés. La Colombie estime que les efforts internationaux doivent aboutir à une solution politique négociée, une solution qui garantit la paix durable, la stabilité et la prospérité pour toutes les communautés. Nous félicitons le Kosovo à la suite de la tenue des élections en juin. Cela renforce les institutions démocratiques. Mon pays salue les efforts du gouvernement légitimement constitué pour consolider ses capacités et pour surmonter les défis institutionnels, pour renforcer l'État de droit et pour s'engager sur la voie d'une plus grande stabilité politique et sociale afin d'améliorer les conditions sécuritaires dans la région des Balkans. Il faut par ailleurs renouveler l'engagement en faveur du dialogue entre Belgrade et Pristina. Il faut mettre en œuvre et de bonne foi l'accord sur la normalisation qui date de 2023, ainsi que l'accord d'Orida. C'est le socle essentiel pour surmonter les différents existants. Nous saluons les efforts déployés par l'Union européenne pour promouvoir le dialogue entre Belgrade et Pristina, et ce, en vue d'une réunion politique de haut niveau entre les parties pour prendre des engagements concrets. Nous sommes préoccupés par les tensions qui persistent dans le nord du Kosovo, notamment les tensions qui sont liées aux expulsions, aux démolitions, aux droits de propriété, aux actions de la police. Il est essentiel que les autorités agissent dans le plein respect de l'État de droit, de la procédure régulière et de l'égalité face à la loi. Nous saluons la contribution de la MINUK à la stabilité du Kosovo. Nous soutenons le dialogue entre les différentes communautés et les initiatives de réconciliation. Ma délégation estime que les conditions politiques et institutionnelles ont évolué. Par conséquent, le Conseil de sécurité devrait réfléchir à la configuration de la MINUK. Il faut veiller à ce que la structure de la MINUK, ses ressources et ses fonctions répondent véritablement aux besoins sur le terrain. Il faut éviter les doublons. Il faut que les efforts de la MINUC viennent compléter les efforts des autres acteurs internationaux. De la même façon, nous reconnaissons la contribution de la KFOR, force de l'OTAN, au maintien de la sécurité. Nous prenons note des ajustements qui ont été annoncés pour ce qui est du déploiement opérationnel de la KFOR. Toute modification de la présence internationale doit se faire de façon coordonnée avec les autorités locales. Il faut tenir compte des conditions sécuritaires et éviter de créer des vides qui pourraient porter atteinte à la stabilité de la région. La stabilité durable du Kosovo ne peut dépendre uniquement des mécanismes sécuritaires internationaux. Il faut avant tout de la volonté politique, un dialogue durable et un engagement de la part de toutes les parties. Nous espérons que les rapprochements récents qui ont été facilités par l'Union européenne aboutiront à la tenue d'une réunion politique de haut niveau. Il est essentiel il y a un dialogue politique afin d'examiner les engagements qui ont été pris par le passé, afin de comprendre pourquoi les engagements n'ont pas été honorés et afin de se mettre d'accord sur des mesures concrètes pour mettre en oeuvre ces engagements. Je vous remercie. Greece · Représentante ; présidente du Conseil de sécurité [1:52:46]: Je remercie la représentante de la Colombie. Je vais maintenant faire mon intervention en ma qualité de représentante de la Grèce. Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général, chef de la MINUC. pour son intervention. Nous remercions la MINUK de son travail, nous la remercions pour son travail en faveur de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans la région. Je salue également les ministres de la Serbie et du Kosovo, ainsi que la participation de la délégation de l'Union européenne. Nous Saluons la stabilité politique et institutionnelle au Kosovo, et notamment la tenue des élections présidentielles. Nous espérons que cela donnera l'élan nécessaire au Kosovo pour que le Kosovo s'engage sur le processus de réforme dans le cadre de l'Union européenne, et que le Kosovo prendra des mesures pour renforcer la coopération régionale, avec un engagement renouvelé pour remédier aux questions en suspens, et ce grâce au dialogue. Dans ce contexte, la Serbie et le Kosovo doivent redoubler d'efforts pour normaliser leurs relations bilatérales. Le dialogue, facilité par l'UE, est le seul cadre pour résoudre les différences en suspens et pour établir un socle solide pour la coexistence pacifique. Les deux parties devraient travailler de façon constructive et de bonne foi, et ce, afin d'accomplir de véritables progrès et de mettre pleinement en œuvre leurs engagements au titre des accords de Bruxelles/Rid, et ce, sans préconditions ou conditionnalités. Nous réitérons notre plein soutien au représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Peter Sorensen. Nous saluons ses efforts pour promouvoir le processus de normalisation. Il nous tarde de voir se tenir la réunion de haut niveau du dialogue facilité par l'UE entre les deux parties, réunion présidée par Kaja Kallas. Une opportunité importante pour donner un nouvel élan politique à la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo. Nous demeurons préoccupés quant à l'instabilité de la situation dans le nord du Kosovo. notamment les mesures unilatérales qui ont trait à la communauté serbe du Kosovo et leur accès aux services publics essentiels, les mesures, notamment les démolitions, les interruptions ou clôtures de services de santé, éducatifs ou autres services vitaux, risque de compromettre l'exercice des droits de la population, ce qui renforce la défiance et entrave la normalisation. Ces mesures doivent trouver une réponse par le dialogue et la consultation, en coordination avec la communauté serbe du Kosovo et dans le plein respect des accords pertinents obtenus dans le cadre de dialogues facilités par l'UE, notamment l'accord du 14 mars. La création de l'association Communauté de municipalités à majorité serbe demeure un engagement toujours non réalisé. Or, il est essentiel pour promouvoir la normalisation. Nous exhortons les parties à œuvrer immédiatement pour sa mise en œuvre et sans délai. Nous sommes préoccupés quant aux amendements à la loi régissant les chambres spécialisées du Kosovo et quant à la décision de ne pas intégrer les juges et procureurs serbes du Kosovo dans le système judiciaire. Cela compromet de risquer la confiance dans les institutions judiciaires et dans la primauté du droit. Il importe de renforcer les institutions judiciaires et de garantir leur fonctionnement efficace et inclusif, leur indépendance et leur impartialité. La Grèce condamne fermement la rhétorique incendiaire, la glorification des crimes de guerre, le négationnisme du génocide, et qu'elles sont incompatibles avec les valeurs européennes sur lesquelles nos sociétés ont été construites. Nous exhortons toutes les parties à s'abstenir de telles rhétoriques, lesquelles ne mènent qu'à la division. Enfin, nous reconnaissons l'importance du mandat de la MINUC au titre de la résolution 1244 de 1999 du Conseil, laquelle définit le cadre juridique pour un règlement politique définitif entre la Serbie et le Kosovo. La mission continue à remplir une fonction importante de promotion des droits humains, de facilitation du dialogue et de renforcement de la confiance entre les communautés ethniques et sociales, en coopération avec EULEX et la CAFOR. Nous serons ouverts à la discussion pour améliorer l'efficacité de la mission sur la base des besoins et réalités sur le terrain. Nous sommes convaincus que la perspective européenne de la Serbie et du Kosovo sont la seule voie crédible et durable pour la stabilité, la sécurité et la prospérité des Balkans occidentaux. La vision de la déclaration de Thessalonique de 2003, réaffirmée par la déclaration de Delphi d'avril, doit continuer à nous guider collectivement pour un avenir européen partagé, une paix durable et un développement économique pérenne. Je vous remercie. Je reprends ma casquette de président du Conseil. Je donne la parole à Son Excellence M. Lambrinidis, chef de la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies. EU · EU · Chef de la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies [1:58:34]: La Présidente, j'ai l'honneur d'exprimer au nom de l'Union européenne, les États candidats Monténégro et la République moldave s'associent à cette déclaration. collègue, l'Union européenne demeure pleinement attachée sans équivoque à la perspective d'adhésion à l'Union européenne des Balkans occidentaux. Nous rappelons l'importance du dialogue facilité par l'Union européenne pour une normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, sous l'égide de la haute représentante Kaja Kallas et avec l'appui du représentant spécial de l'UE, Peter Sorensen. La normalisation fait partie des conditions essentielles à la voie européenne des deux parties. Cela comprend la mise en œuvre intégrale de l'accord de 2023 sur la voie vers la normalisation et des accords précédents conclus dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne. La Haute représentante l'a rappelé dans ses rencontres avec les dirigeants de la Serbie et du Kosovo en marge de la semaine de haut niveau. Elle demeure prête à convoquer une réunion de haut niveau, mais la facilitation ne remplace pas la volonté politique de Belgrade et Pristina. Les deux parties doivent promouvoir la normalisation et coopérer de bonne foi, réunir les conditions pour qu'une telle réunion ait lieu. Madame la Présidente, l'Union européenne demeure préoccupée par la situation dans le nord du Kosovo. et par les événements de cet été, notamment la démolition de propriétés privées et les allégations d'inconduite de policiers du Kosovo. Les questions ayant trait aux communautés non majoritaires doivent faire l'objet d'une coordination prudente et doivent trouver réponse dans le plein respect des accords relevant du dialogue et du cadre applicable au titre de la législation kosovare. L'UE salue l'accord du 14 mars entre l'UE et le Kosovo concernant la mise en œuvre de la loi du Kosovo sur les étrangers. C'est une étape positive. Cela permet la continuité des services éducatifs et sanitaires. Nous soulignons l'importance de sa mise en œuvre continue. L'UE réitère que tout processus ayant trait à l'éducation et aux services de santé appuyés par la Serbie doit se faire de manière inclusive et coordonnée avec les représentants de la communauté des Serbes du Kosovo et dans le cadre des accords conclus dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne. Nous regrettons les décrets de l'ancien président par intérim suite à la décision des conseils judiciaires du Kosovo et du parquet du Kosovo pour accepter la démission de juges et de procureurs serbes du Kosovo qui s'étaient déjà retirés. Cela risque de renforcer la surreprésentation des Serbes du Kosovo dans le système judiciaire. L'UE appelle à créer les conditions pour un système judiciaire multiethnique dans le plein respect de la législation du Kosovo, des garanties de procédure et des engagements faits dans le cadre du dialogue facilité par l'Union européenne. Le Kosovo et la Serbie doivent œuvrer pour la désescalade. Les dirigeants politiques doivent agir responsablement, s'abstenir de rhétorique incendiaire, contribuer à la confiance et la stabilité régionales. En Europe, la rhétorique justifiant la purge ethnique n'a pas sa place. Ces déclarations sont contraires aux valeurs de dignité humaine, de réconciliation, de redevabilité et de relations de bon voisinage sur lesquelles est fondée l'Union européenne. Toute glorification de criminels de guerre, le négationnisme du génocide, le révisionnisme sont contraires aux valeurs les plus fondamentales européennes et n'ont pas leur place au sein de l'UE. Les déclarations faites à cet égard suite à la mort et à l'enterrement du criminel de guerre condamné Radko Mladic sont inacceptables. La réconciliation et les relations de bon voisinage dans les Balkans occidentaux sont essentielles à un avenir partagé. L'UE regrette que la Serbie n'ait pas pris de mesures pour traduire en justice les responsables des attaques dans le Kosovo du Nord de septembre 2023. La Serbie doit coopérer via les canaux établis pour l'entraide judiciaire. Cette question est en attente et doit être réglée rapidement par la Serbie. L'UE réitère que le Kosovo doit avoir des institutions pleinement fonctionnelles qui mettent l'accent sur la réforme liée à l'UE et le dialogue facilité par l'UE et promouvoir la voie européenne. Je rappelle l'importance d'une étroite coopération du Kosovo avec la mission EULEX ainsi qu'avec les autres acteurs internationaux concernés. L'Union européenne s'est félicite de la bonne coopération avec la MINUK. L'Union européenne réaffirme son soutien de longue date aux chambres spécialisées pour le Kosovo et à leur mandat, étant donné que l'institution, créée par des décisions des assemblées du Kosovo en 2014 et 2015, est opérante dans le cadre du système juridique kosovar. Leur mandat doit être pleinement respecté. La loi adoptée par l'Assemblée du Kosovo modifiant et complétant des lois relatives aux chambres spécialisées ne satisfait pas aux obligations internationales du Kosovo. Nous appelons le Kosovo à respecter pleinement et sans réserve ses obligations internationales afin de garantir l'indépendance, l'impartialité et l'intégrité judiciaire des chambres spécialisées pour le Kosovo. Enfin, M. le Président? L'Union européenne continue à appeler les dirigeants politiques à la retenue après le jugement en première instance de l'affaire du procureur spécial contre Hashim Thaçi, Kadri Vçeli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi. Les individus condamnés ont le droit de faire appel, de se pourvoir face à une cour d'appel séparée composée de juges indépendants. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [2:05:05]: Je remercie le représentant de l'Union européenne. Le représentant de la Serbie a demandé à reprendre la parole. Serbia · Ministre des Affaires étrangères [2:05:17]: Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, nous avons passé aujourd'hui la plupart du temps à parler du passé. On a un peu parlé du présent, mais très peu de l'avenir. Cela doit tous nous préoccuper. Le gouvernement de Curtis nous a accusé d'un certain nombre de choses, notamment l'absence d'objectivité. On m'a accusé de ne pas parler des victimes albanaises. Ce n'est pas vrai. J'ai évoqué les victimes albanaises et serbes un certain nombre de fois. J'ai dit que nous ne cherchions pas une justice serbe ou encore albanaise, mais une justice bien objective, tout en m'accusant à tort d'ignorer les victimes d'une partie, on m'a accusé de fabriquer des accusations. Et ça, c'est. Cela est un déni de justice dans le Conseil de sécurité. C'est une atteinte aux victimes des deux côtés. On a affaire à une obsession politique du régime de Kourdi. qui vise M. Vucic et même sa famille. Cela montre très clairement pourquoi l'on refuse aux Serbes du Kosovo leur droit de voter pour les élections à venir. Kurti sait très bien qu'une majorité écrasante d'entre eux appuie M. Vucic, et c'est la raison pourquoi il ne souhaite pas que ces personnes votent. Le représentant de Pristina a évoqué des représentants et individus serbes. M. Mladinovic est quelqu'un qui est né à Prizren. Il a tous les droits de parler, tout le droit d'afficher son drapeau dans la ville dont il est natal. Mais ce qui doit nous préoccuper, c'est que près d'un quart de siècle plus tard, Très peu de Serbes sont revenus. En 2024, l'église de la Sainte Mère, inscrite au patrimoine de l'UNESCO, a été incendiée. Il y a trois Serbes qui ont perdu la vie, par ailleurs. Il n'y a pas eu d'enquête appropriée. concerne notamment les policiers kosovars. Et d'avance, on a accusé la partie serbe et sans aucune garantie de procédure. Il n'y a pas eu une seule demande de redevabilité suite au meurtre d'un enfant, Stefan Stevjanovic, qui a été abattu, enfant serbe, qui à la veille de Noël en 2023 a été abattu par un membre en service des forces de sécurité. Et là encore, l'impunité règne. Et par ailleurs, il y a eu des attaques visant l'ONU. Pristina accuse l'ONU de ne pas respecter la procédure alors que L'ONU a enregistré 192 meurtres motivés ethniquement, arrestations, attaques visant l'église. Pristina qualifie ces incidents de micro-incident et l'on s'en prend aux messagers onusiens. Les Serbes ont été expulsés de force par la police lors de commémorations religieuses, à menacer des manifestants pacifiques. C'est pourquoi le mandat de la MINUK, à côté de la résolution 1244, et c'est pourquoi la présence internationale et de sécurité au Kosovo demeure indispensable. Je vous remercie. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [2:09:55]: Je remercie M. Duric de son intervention. M. Glauk Konufcia a demandé la parole pour intervenir à nouveau. la parole. XKX [2:10:12]: Merci. Il est regrettable que la Serbie exploite cette enceinte pour faire campagne à des fins politiques. Il y a une élection le 25 octobre, dimanche prochain, et le ministre Vucic utilisent donc à dessein ce discours. Mais je vais vous remettre les idées en place. Le Kosovo est un État pluriconfessionnel et pluriethnique. L'harmonie religieuse a été l'une des caractéristiques notoires de mon peuple. Nos pères fondateurs appartenaient à différentes religions: catholique, musulmane, orthodoxe. Comment un pays peut-il être extrémiste religieusement? Alors, même que récemment nous avons élu une présidente qui appartient à l'église catholique. Mais la Serbie utilise son église à des fins de division ethnique et invente des incidents pour créer une hostilité religieuse. Elle l'a fait dans les années 90 et continue à le faire. Pendant la guerre, de très nombreuses victimes civiles étaient des Albanais catholiques, tués par l'armée serbe, la police et les forces paramilitaires serbes. Notre plus grand massacre en 1999 est celui de Mier. C'est notre Srebrenica, comme on dit, parce qu'en fait c'est le massacre le plus important de la guerre. 377 personnes ont été tuées, dont la majorité étaient catholiques. Vous voyez donc à quel point la Serbie protège les chrétiens du monde entier. La rhétorique de la Serbe et ses tactiques politiques doivent donc être interprétées à cette lumière. La poursuite de la guerre hybride qui passe par des incidents religieux inventés. À la différence de la Serbie, qui a une tradition de discrimination ethnique, le gouvernement du Kosovo se conduit en respectant la primauté du droit, des procédures claires et dans le respect des principes de droits humains, quelle que soit l'appartenance ethnique d'une personne. Nos autorités, nos forces de l'ordre traitent toutes les enquêtes pour les cas de crimes de guerre, d'espionnage, d'occupation illégale de propriété et autres activités de criminalité internationale. En respectant les procédures, nous n'arrêtons pas sans mener des enquêtes. Nous attribuons la stabilité des services publics pour préserver les infrastructures, notamment hydriques, pour assurer leur bonne gestion. Les mesures doivent être évaluées dans le cadre des efforts institutionnels plus larges pour garantir la primauté du droit, la sécurité publique et l'application égale des normes juridiques et l'accès aux services publics de toutes les communautés sans distinction. Par exemple, 17 propriétés sacrées ont été détruites dans le nord du Kosovo. 5 autres bâtiments ont été détruits au lac d'Adonaj. Et nous respectons la primauté du droit. Le Kosovo est un État démocratique. et protège toutes ces zones face à la construction illégale. Aucun autre pays dans le monde ou en Europe ne fait l'objet d'une surveillance aussi importante. représentants de l'ONU, représentants internationaux, ont accès à ces enquêtes et aux mesures juridiques prises par nos autorités. Régulièrement, la Serbie a tâché de présenter nos activités visant à permettre le respect du droit comme des atteintes du Kosovo, mais cela ne relève que de la propagande. Sur 92 affaires qui ont été signalées qui ont été soulevées par la diplomatie serbe, dans aucun cas il n'y a eu un lien qui a été fait avec des motifs ethniques. S'agissant des juges et procureurs serbes, il faut tenir compte du cadre juridique applicable, de l'argumentaire institutionnel et de la mise en œuvre on a parlé du rapport. Des procédures ont été mises en œuvre pour permettre la démission volontaire d'un groupe de juges serbes et procureurs qui a été présentée en 2022. Suivant les instructions de Belgrade, ces juges et procureurs ont abandonné le système judiciaire kosovar et ont rejoint des structures illégales et n'ont pas respecté la Constitution du Kosovo ont décidé de servir un autre pays. Leur démission a soulevé des préoccupations quant à l'incidence sur la composition ethnique du système judiciaire, mais il faut tenir compte des procédures de recrutement conduites en 2022, 2024 et 2025. notamment pour des postes qui sont réservés pour des membres de la communauté serbe. En janvier 2024, un concours a été ouvert pour 28 procureurs d'État, notamment quatre postes réservés pour les communautés serbes. En 2025, nous avons expressément appelé les candidats de la communauté serbe à postuler, c'est la vérité. S'agissant de la voie à suivre, de la perspective européenne qui obsède tant le ministre Djuric, alors j'aurais un conseil à lui donner, c'est d'abandonner les photos avec monsieur Rajoy. Je ne sais pas de quoi ces deux personnes ont échangé, mais c'est une personne qui fait l'objet d'un mandat d'Interpol. Et quand on a un ministre d'un pays qui souhaite l'adhésion à l'Union européenne, qui rencontre un tel criminel qui est recherché par Interpol, Je ne sais pas quelles perspectives d'intégration européenne il a en tête. Greece · Présidente du Conseil de sécurité [2:18:19]: Je remercie M. Konyufdzic de son intervention. Il n'y a pas d'autres demandes de prise de parole. La séance est levée.