Les enfants et les conflits armés - Conseil de sécurité, 10251e séance Conseil de sécurité Date: 26 October 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/fr/sc/10251 Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- Greece · Président du Conseil de sécurité [0:07]: Je déclare ouverte la 10251e séance du Conseil de sécurité. L'ordre du jour provisoire de la présente réunion s'intitule: « Les enfants et les conflits armés ». L'ordre du jour est adopté. Conformément à l'article 39 du Règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les intervenants suivants à participer à la présente réunion: madame Vanessa Frazier, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés; madame Catherine Russell, directrice exécutive de l'UNICEF; madame Jainaba Janneh, envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants des conflits armés, et madame Bethany Ellis, directrice de Watchlist on Children and Armed Conflict. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant terminer l'examen du point 2 de l'ordre du jour. J'appelle l'attention des membres du Conseil sur le document S/2026/826, contenant une lettre datée du 13 octobre 2026 et adressée au Secrétaire général par la représentante permanente de la Grèce auprès des Nations Unies. Je donne maintenant la parole à madame Vanessa Frazier. UN · Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés [1:40]: Merci, Monsieur le Président. Je vous remercie, Monsieur le Président. Excellences, Mesdames et Messieurs, pour un enfant pris au feu des conflits armés, pour savoir si l'engagement pris il y a des années a été honoré, de savoir si les enfants sont recrutés ou pas, libérés, s'ils peuvent revenir à l'école et si des comptes sont rendus. lorsque des violations sont avérées. Voilà ce que nous devons voir aujourd'hui si cela est respecté. Le rapport de Gracia Machel faisait des droits des enfants et de la riposte internationale face conflit armé au cœur du débat. Différents représentants spéciaux sont allés de l'avant, présentant différents éléments de preuve au Conseil de sécurité et en demandant aux parties de changer leur comportement. La Convention relative aux droits de l'enfant et ses protocoles additionnels, ainsi que le droit international humanitaire, sont des instruments qui restent indispensables pour guider nos efforts collectifs afin de prévenir des graves violations contre les enfants et d'assurer la reddition de comptes tout en respectant le droit et la dignité de tout enfant pris dans un conflit armé. Ces trois dernières décennies, cette combinaison de cadres juridiques, de plaidoyers durables et de dialogue avec les parties concernées a permis d'obtenir des résultats concrets. Plus de 40 plans d'action ont été signés à ce jour avec les belligérants, contribuant à la libération de plus de 220 000 enfants des forces armées et des groupes armés et leur transfert dans des acteurs de protection des enfants. Plus de 200 000 enfants, donc c'est absolument considérable. Chacun de ces enfants est en vie. Cela montre bien l'importance de ce mandat. Mais il ne s'agit pas simplement de parler de libération. En RDC, la mise en œuvre du plan d'action a contribué à mettre en place des mesures pour. A entravé le recrutement d'enfants par des forces armées. Au Nigeria, plus de 2 000 enfants autrefois associés avec l'équipe spéciale ont été libérés, réintégrés et ont reçu un soutien. En Colombie, un programme national a aidé des milliers d'enfants qui ont quitté les conflits armés pour reconstruire leur vie dans les communautés civiles. Dans certains cas, la mise en œuvre avérée a permis également aux parties de ne plus figurer dans l'annexe du Secrétaire général et dans le rapport. Encore une fois, il ne s'agit pas simplement de mots. Il s'agit là d'engagements souscrits auprès des Nations Unies et mis en œuvre. Cela représente des enfants qui se voient donner une deuxième chance dans leur vie. Ce sont des familles qui sont réunies, des communautés qui commencent à panser leurs plaies. En fait, il s'agit là du socle d'une paix juste et durable. Il ne s'agit pas là de réalisations mineures dans un contexte où même un engagement de principe peut être contesté. Chaque plan d'action requiert un engagement à long terme, une vérification prudente et un suivi pratique. Ceci montre que la diplomatie persistante, fondée sur des éléments de preuve crédibles, peuvent changer le comportement des parties et la vie des enfants. L'impact du mandat va bien au-delà des plans d'action. Les mécanismes de suivi, de communication, de l'information permettent d'avoir des informations pouvant être corroborées sur les graves violations. Cela permet de voir les nouveaux risques et les tendances. Cela a permis d'appuyer les efforts de reddition de comptes et cela a permis de prendre des mesures ciblées, y compris des sanctions. Grâce aux plaidoyers, grâce au dialogue et à la coopération technique avec les autorités, le Bureau a également appuyé des changements politiques et juridiques, y compris des mesures pour pénaliser le recrutement et l'utilisation des enfants, pour protéger les écoles contre les attaques et pour faire en sorte que les enfants en captivité soient connus. Par ailleurs, nous voyons comment ces engagements peuvent être mis en pratique. Aux Philippines, par exemple, le ministère de l'Éducation a adopté un cadre politique pour que les apprenants et les écoles soient des zones de paix. Le Bureau apporte une analyse sur les enfants et les conflits armés. C'est utile pour les différents examens, y compris l'examen périodique et les examens nationaux. Par ailleurs, au fil des ans, plus de 10 situations de pays ont été biffées du rapport du Secrétaire général. parce que différentes préoccupations ont été dûment prises en compte. Le suivi, la surveillance de la situation dans la durée restent essentiels pour consolider ces acquis. Monsieur le Président, l'ampleur des violations actuelles reste très importante. En 2025, les Nations Unies ont corroboré 38 558 violations graves concernant 24 174 enfants. C'est le nombre d'enfants le plus élevé touché depuis la création du mandat. Pour la première fois dans l'histoire du mandat, les forces gouvernementales ont été responsables de la majorité des violations graves avérées, et ceci est très préoccupant. Je condamne toutes les graves violations contre les enfants dans toutes les situations et dans tout conflit, indépendamment de l'auteur de ces violations. Le droit international humanitaire et le DIDH obligent toutes les parties à un conflit armé de respecter les règles. Aucune partie ne peut se soustraire à ses obligations. Aucune partie ne peut se permettre de violer ces droits ou d'être exonérée. Des conséquences: 15 résolutions sur les enfants et les conflits armés ont été adoptées par le Conseil. C'est un cadre solide qui permet de répondre aux défis actuels et futurs. La résolution 2832, adoptée à l'unanimité la semaine dernière, s'ajoute à ce corps législatif. Je félicite la Grèce pour son rôle moteur et remercie les membres du Conseil de leur soutien. Les États membres ont renforcé ce cadre solide en souscrivant d'autres engagements, comme les principes de Paris et de Vancouver et la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Notre bureau a également élaboré des directives sur la protection pour des opérations de l'Union européenne et de l'OTAN. Nous avons travaillé avec différentes organisations pour renforcer les efforts de protection et former des praticiens des droits humains, des responsables gouvernementaux, des membres de la société civile, du personnel militaire et des. Le Bureau. A aussi contribué en apportant des conseils à différents processus nationaux et juridiques, y compris dans le cadre du travail actuel sur la Convention sur le crime contre l'humanité. Par ailleurs, le groupe des amis a permis de maintenir l'attention politique et d'appuyer la mise en œuvre des engagements. Mon bureau montre très bien que les choses peuvent avancer et les États membres peuvent réaffirmer leur attachement à ces questions et au rôle de la Convention. Ceux qui ne l'ont pas fait sont invités à se joindre à notre campagne pour appuyer les mesures prises pour les enfants dans les conflits armés. Depuis le début de mon mandat, Monsieur le Président, j'ai mis l'accent sur le terrain, sur le dialogue, la diplomatie et l'action. Jusqu'à présent, j'ai fait des missions dans différents pays pour examiner différentes situations, y compris en République arabe syrienne, à Haïti, au Liban, en Ukraine et en Fédération de Russie. Les missions, le dialogue avec différents États membres visent à obtenir l'accès, un engagement et une protection concrète pour les enfants. J'ai l'intention de poursuivre ces efforts durant la période à venir. Mon bureau a par ailleurs publié des analyses supplémentaires, des moteurs et des tendances derrière les graves violations, afin d'appuyer une action précoce et plus efficace. La coopération régionale est également importante. J'accorde beaucoup d'importance à mon travail étroit avec l'envoyé spécial de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, qui va également faire une intervention aujourd'hui au Conseil. Au Cameroun, les efforts de mon bureau lors de la conférence régionale ont permis d'entériner la stratégie de l'UNWA, la première stratégie régionale pour prévenir les violations contre les enfants dans les conflits armés en Afrique centrale. Nous avons l'intention de faire fond sur ces progrès et d'encourager d'autres pays à faire des efforts semblables. L'engagement sur le terrain nous rapproche de la réalité connue par les enfants. Le dialogue et la diplomatie peuvent ouvrir des portes et notre responsabilité est d'utiliser ces occasions à saisir pour changer les choses. L'engagement ne doit jamais remplacer l'action. Alors que nous marquons cet anniversaire, j'enjoins le Conseil et ses États membres de mettre l'accent sur quatre priorités. Premièrement, veiller à ce que les informations vérifiées conduisent à l'action. Les parties au conflit doivent permettre aux observateurs de fonctionner en toute sécurité et sans entrave. Lorsque des violations sont corroborées, les États membres doivent insister pour que des mesures soient prises pour mettre un terme à ces violations, pour protéger les enfants et pour que les coupables rendent des comptes. Les efforts menés par les Nations Unies donnent quelque chose de très important à ces enfants: la visibilité, promesse que le monde ne les a jamais oubliés. Ces enfants se sentent protégés. Deuxièmement, il faut passer des engagements à la pratique. Les parties au conflit doivent protéger les écoles contre les attaques et doivent s'abstenir d'utiliser ces écoles à des fins militaires. Les États qui ont entériné la Déclaration sur la sécurité des écoles et la Déclaration politique sur l'utilisation d'armes explosives dans les zones peuplées devraient mettre en œuvre leurs engagements en intégrant cela dans les politiques nationales, les orientations militaire et les procédures afin de réduire tout dommage causé aux enfants. Il faudrait également appuyer la réintégration des enfants, leur libération. Troisièmement, il faut préserver l'unité du Conseil et utiliser pleinement la boîte à outils du Conseil. Ce cadre n'a un impact que lorsque les membres du Conseil l'appliquent de façon cohérente dans toutes les situations et lorsqu'ils mettent vraiment en œuvre leurs décisions. J'en joins des membres de faire en sorte que le groupe de travail sur la question des enfants du conflit armé puisse vraiment se réunir. Il faut poursuivre le dialogue avec les parties, la voix du Conseil à toute son voix. à tout son poids lorsque vous parlez à l'unisson, lorsque le Conseil prend des décisions et agit. Quatrièmement, pérenniser la protection, la prévention et la réintégration. La prévention dépend d'une action pratique. Il faut des services de protection des enfants et un soutien pour le suivi et la réinsertion. Les enfants devraient appuyer ce travail au niveau local, régional et national. Les enfants devraient également être entendus. en toute sécurité. Leur voix doit être prise en compte dans les décisions futures sur leur protection. Je reconnais également le rôle des opérations de paix des Nations Unies, de l'UNICEF et d'autres entités des Nations Unies qui contribuent à la mise en œuvre de notre mandat. La liste sur les enfants des conflits armés, l'organisation Watchlist, les organisations, les partenaires nationaux, les différents collègues travaillent dans différentes communautés, souvent dans des conditions difficiles et dangereuses. Leur savoir, leur accès, leur persistance sont essentiels pour suivre de près les violations, pour prévenir les dommages et pour aider les enfants. récupérés. Ils doivent pouvoir faire ce travail en toute sécurité, avec le soutien requis. Hélas, et c'est choquant, 136 agents des Nations Unies et 350 travailleurs humanitaires sont morts en 2025. C'est inacceptable. Trente ans de travail ont permis d'avoir des gains mesurables et des outils pratiques. Néanmoins, l'ampleur constante des violations montre que que le Conseil, les États membres et les belligérants doivent déployer davantage d'efforts pour protéger les enfants. Ces quatre priorités ne nécessitent pas simplement un consensus dans cette salle. Ces priorités nécessitent un engagement politique dans la durée. La protection des enfants relève d'une responsabilité internationale. Nous devons travailler ensemble, à l'unisson, pour un monde dans lequel la justice, la dignité pour les enfants et la sécurité, la dignité sont vraiment des priorités. L'engagement politique doit également être assorties des ressources nécessaires. Je remercie les États membres et partenaires dont les contributions volontaires appuient notre mandat, et nous espérons pouvoir compter sur un financement pluriannuel flexible permettant d'agir. Je reste déterminée à afficher toute la volonté requise pour continuer de travailler avec vous, avec la société civile, les différentes organisations, les États membres et les enfants eux-mêmes pour m'acquitter du mandat qui m'a été confiée. Je vais terminer en reprenant les mots d'un enfant qui a participé à la campagne. Il nous a dit: "La guerre m'a privé de mes deux parents et mon enfance est ainsi incomplète. Aucun enfant ne devrait connaître la douleur que j'ai connue. Construisons notre avenir, non pas sur les pertes, mais sur la paix et la compassion." Monsieur le Président, jour après jour, je pense aux enfants qui se réveil en attendant le bruit de la guerre plutôt que la voix de leur enseignant. Et ceci doit changer. L'action collective doit changer cette réalité. Prouvons, grâce à notre action, que la sécurité, la dignité et l'avenir des enfants ont vraiment leur importance. Dans 30 ans, les enfants doivent vivre davantage en sécurité parce que nous avons agi aujourd'hui. Je suis prête à jouer mon rôle. Je demande au Conseil de jouer également son rôle. Utilisez tous les outils à votre disposition pour protéger les enfants. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [16:39]: Je remercie Madame Fraser de son exposé. Je donne maintenant la parole à Madame Catherine Russell. UNICEF [16:47]: Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellence, je remercie la Grèce d'avoir organisé cette réunion importante et je remercie les collègues de leurs remarques et de leur rôle moteur. Il y a 30 ans, le rapport phare de Graca Machel sur l'impact des conflits armés sur les enfants a mis la communauté internationale devant une vérité dévastatrice. Les enfants n'étaient pas simplement pris au feu de la guerre, ils étaient délibérément ciblés, recrutés, exploités, privés de la protection qu'ils méritaient. Le rapport a permis de changer la façon dont le monde comprend les conséquences des conflits armés sur les enfants. Il a jeté les bases du programme sur les enfants et les conflits armés que nous avons aujourd'hui. Ces 30 dernières années, ce programme a contribué à mettre la protection des enfants au cœur des efforts de paix et de sécurité internationales. Nous avons créé des mécanismes pour suivre de près, corroborer les violations graves contre les enfants, pour renforcer la reddition de comptes et permettre un dialogue avec les parties au conflit. Et nous avons vu comment un engagement politique durable peut permettre d'obtenir des résultats. Plus de 40 plans d'action ont été signés avec les parties au conflit. Plus de 220 000 enfants ont été libérés des forces armées et groupes armés, leur permettant de reconstruire leur vie. Derrière ces réalisations, nous avons des enfants qui ont retrouvé leur famille, le chemin de l'école, et qu'ils peuvent rebâtir leur avenir. Mais, 30 ans après ce rapport, nous sommes face à un paradoxe très préoccupant. Certes, la communauté internationale a créé un cadre solide de protection des enfants en pleine guerre, mais la réalité pour les enfants en proie aux conflits est de plus en plus dangereuse. Depuis 2005, comme l'a dit madame Frasier, les Nations Unies ont corroboré plus de 430 000 violations graves contre les enfants dans les conflits armés. Plus de 28 000 rien qu'en 2025. L'an dernier, les nombres les plus élevés de violations graves ont été attestés dans l'État de Palestine, en RDC, au Niger. Il s'agit simplement des violations corroborées par les Nations Unies. La vérité est certainement plus tragique encore. Ces chiffres représentent des enfants tués, mutilés, des enfants recrutés dans les groupes armés. assujettis à la violence sexuelle, enlevés de leur communauté, privés de l'assistance humanitaire dont ils ont désespérément besoin. Les enfants souffrent de plus en plus de violations multiples, ce qui aggrave les dommages physiques et psychologiques. Lorsque je suis allée au Soudan en décembre, j'ai rencontré une fille, Naed, qui n'avait que 16 ans lorsque la guerre a éclaté. Sa famille a quitté Khartoum pour mettre en sécurité, mais la guerre les a suivis. Des hommes armés ont attaqué le village où elle s'était réfugiée. Son grand-père, son oncle ont été tués, les filles ont été enlevées et violées. Naed a pu s'échapper, mais elle reste frappée, traumatisée par la terreur qu'elle a vécue. Son histoire nous rappelle, et c'est vraiment tragique, que derrière chaque violation, il y a une vie, la vie d'un enfant qui ne sera plus jamais la même. Excellence, des enfants ont besoin de protection plus que jamais. Or, notre capacité d'action est en train d'être sapée. Depuis 2005, les Nations Unies ont corroboré plus de 44 000 incidents de refus d'accès humanitaire, y compris plus de 8 000 en 2025. Ce ne sont pas de simples obstacles aux opérations humanitaires. Ce sont des enfants qui n'ont pas accès aux soins de santé, des familles qui n'ont pas accès à l'eau potable, à des fournitures essentielles, des enfants sans éducation, sans services vitaux dont ils ont besoin. Les agents et installations humanitaires sont attaqués, ce qui fait que la fourniture de l'aide et les enfants sont en danger. Dans bien des cas, nous sommes face à des tendances préoccupantes dans la conduite des hostilités. En 2025, les forces gouvernementales étaient responsables de la majorité des violations graves attestées contre les enfants, y compris les meurtres, la mutilation, attaques contre les écoles et hôpitaux et le refus d'accès humanitaire. L'utilisation généralisée d'armes explosives dans les zones peuplées continue d'avoir des conséquences dévastatrices pour les enfants. Plus de 70 % des enfants victimes en 2025 l'ont été en raison d'armes explosives. Ce sont des armes qui ne tuent pas simplement, qui ne blessent pas simplement des enfants. Ce sont des armes qui détruisent écoles, hôpitaux, systèmes hydriques, infrastructures essentielles à la survie et au développement des enfants. Et les conséquences se font ressentir bien longtemps après. la fin des conflits. Et dans le même temps, les nouvelles technologies créent de nouvelles menaces. L'utilisation croissante de l'IA pour les armes, y compris pour trouver des cibles, nous préoccupe beaucoup quant à la protection des enfants et la conduite des guerres. Les drones armés sont de plus en plus utilisés dans les zones de conflit, menaçant terriblement la vie des enfants. laissant les familles dans la peur constante. Les technologies numériques créent de nouvelles solutions de recrutement, d'exploitation et d'abus. L'adoption récente de la résolution 2832 par le Conseil sur l'impact des technologies numériques sur les violations contre les enfants dans les conflits armés est un pas en avant positif pour contrer ce risque. Les progrès technologiques doivent renforcer la protection des enfants et non l'inverse. Excellence, ces tendances sont très préoccupantes, mais pas inévitables. Trente ans d'expérience ont montré que les progrès sont possibles lorsque la volonté politique est assortie d'un engagement durable et d'une action concrète de la part des États membres. Et j'ai vu personnellement ce que signifie ce soutien. En décembre, au Soudan du Sud, j'ai rencontré des femmes et des filles qui avaient connu une violence terrible. Deux rescapées m'ont dit qu'elles avaient envisagé de se suicider avant de recevoir de l'aide au centre de l'UNICEF. Elles ont décrit comment l'aide de leur père et les conseils avaient été vraiment leur planche de salut. Ces expériences nous rappellent que la protection ne consiste pas simplement à prévenir les violations. Il s'agit aussi d'aider les survivants à panser leurs plaies, à rétablir leur dignité. Il s'agit de donner un nouvel avenir aux personnes touchées. Mais plus d'un tiers de ces espaces, de ces lieux, appuyés par l'UNICEF pour les femmes et les enfants au Soudan du Sud, ont fermé cette année, compte tenu des coupes budgétaires. Nous savons ce qui fonctionne, mais nous avons besoin de l'engagement et des ressources nécessaires. Alors que nous marquons cet anniversaire, l'UNICEF fait trois appels. droit demande. Premièrement, toutes les parties au conflit doivent cesser et prévenir les graves violations contre les enfants et respecter leurs obligations sans exception au titre du droit international. Les États membres ayant une influence sur les parties au conflit doivent user de cette influence. L'engagement diplomatique, la pression politique et autres outils à notre disposition doivent permettre de changer les comportements, de protéger les enfants. Notre engagement pour protéger les enfants doit être ferme dans chaque conflit avec toutes les parties. Deuxièmement, nous devons protéger et renforcer le cadre sur les enfants et les conflits armés. Il faut ainsi appuyer le mécanisme, les équipes de pays sur la communication d'information, mettre en œuvre les plans d'action avec les parties énumérées dans le rapport annuel du Secrétaire général. Il faut aussi un engagement politique constant, y compris grâce au groupe des amis. Ces mécanismes contribuent à faire des engagements internationaux, des mesures concrètes de protection des enfants. Ils dépendent du soutien politique et des ressources, mais le financement de l'assistance humanitaire, la protection des enfants touchés par les conflits armés reste minuscule par rapport aux dépenses dans le secteur militaire. Ce déséquilibre est dû à des choix, et des choix qui ont des conséquences pour les enfants. Troisièmement, c'est un appel que je vous lance au nom des millions d'enfants qui sont pris au piège du conflit de par le monde. Nous devons redoubler d'efforts pour prévenir et régler les guerres qui détruisent les vies des enfants. L'assistance humanitaire sauve des vies. Les mécanismes de protection des enfants peuvent contribuer à prévenir les violations et à appuyer les rescapés, mais rien ne remplace la solution politique d'un conflit. Les acteurs politiques doivent assurer une diplomatie durable, des processus de paix inclusifs et des accords qui peuvent s'inscrire dans la durée et qui mettent les enfants et leur protection au cœur des mesures à prendre. Excellence, il y a 30 ans, la communauté internationale a reconnu que la souffrance des enfants en temps de guerre ne peut plus être traitée comme une conséquence inévitable des conflits. Cette reconnaissance a contribué à mettre en place un cadre qui a changé des centaines de milliers de vies. Mais les enfants pris au piège des conflits d'aujourd'hui ne peuvent pas attendre 30 ans de plus pour que la protection promise soit une réalité. Nous devons agir et nous devons agir dès maintenant. Greece · Président du Conseil de sécurité [25:23]: Je remercie madame Russell de son exposé. Je donne maintenant la parole à madame. AU · Envoyée spéciale pour les enfants touchés par les conflits armés [25:33]: Monsieur le Président, Excellence, je remercie la Grèce d'avoir convoqué cette séance. Trente ans après le rapport Fà Grasa-Machel et après trente ans de mandat, des outils de protection essentiels ont été établis, mais leur efficacité dépend toujours d'une participation politique de tous les instants, d'une mise en œuvre nationale et, de plus, de reddition de comptes. Cet accent reflète bien le fait que même s'il y a eu des progrès remarquables grâce aux partenariats régionaux et mondiaux et grâce à un partage des valeurs pour améliorer le bien-être des enfants, surtout lors des conflits armés, il reste encore énormément de difficultés pour un grand nombre d'enfants. Et dès lors, cette séance reflète l'engagement fort en faveur d'une position partagée qui dit que la réduction de l'appui aux normes mondiales sur les droits humains ne sapperait pas les efforts mondiaux stratégiques pour fournir des solutions aux enfants qui sont touchés de façon injuste par les conflits armés. Monsieur le Président, s'agissant de l'Union africaine, ma désignation en février 2026 et le pilier protection de l'enfance distinct dans la politique révisée de l'Union africaine sur la reconstruction et le développement post-conflit prouvent bien que, Au niveau de l'Union africaine, l'engagement institutionnel en faveur de mesures proactives, progressives de cette approche sécuritaire et diplomatique est en plein essor. Notre promotion de la déclaration sur la sécurité des écoles, de l'éducation, des situations d'urgence et de systèmes précoces prouve bien que nous sommes très engagés à la prévention et à la relance. Et à cet égard, la complémentarité entre l'envoyé spécial de l'Union africaine et la représentante spéciale de l'Union africaine est essentielle. Je remercie la représentante spéciale, madame Vanessa Fraser, d'avoir toujours été à l'initiative de mesures conjointes avec moi pour répondre aux souffrances des enfants, pour créer des programmes communs et pour renforcer notre réponse collective. Les rapports, la surveillance, la collaboration avec les parties et l'ONU devraient soutenir des boîtes d'outils stratégiques participatifs multipartites préventifs, en plus de la participation politique de l'Union africaine, de l'Organisation régionale et des mécanismes de suite se concentrant sur le bien-être des enfants. Dépit des déficits de financement et des priorités? Nombreuses, l'ONU et l'Union européenne devraient soutenir la mise en œuvre du plan d'action et devraient protéger les capacités telles que présentées dans le communiqué issu du dialogue entre la Commission de l'Union africaine et le Conseil de sécurité et le secrétariat de l'ONU, et entre le Conseil de sécurité du Conseil de l'Union africaine et le Conseil de sécurité. Nous encourageons aussi des échanges dans le groupe de travail de les conflits armés et les enfants armés, et les autres mécanismes de l'Union africaine compétents, notamment une possibilité de visite sur le terrain conjointe en collaboration avec les pays concernés. Monsieur le Président, j'ai eu l'honneur d'être à la tête d'une mission dans l'État de Borno, dans la République fédérale du Nigeria, dans le cadre de mon programme de promotion. Ma délégation a coopéré avec toute une série de parties prenantes nationales sur des initiatives progressistes afin de fonder des solutions appropriées aux enfants touchés par les développements sécuritaires. Je me suis rendus dans le centre de Bouloum-Kouti et dans le centre de formation Mona où des enfants ont été soutenus grâce à une formation professionnalisante notamment. Ces interventions basées sur les besoins, créer des possibilités de relance pour les enfants et devraient être complétées par un appui psychologique et de santé mentale pérenne, une acceptation des communautés et des possibilités qui s'étendent de la descente. Appui national, ce modèle novateur exige aussi une attention concertée des partenaires stratégiques, notamment de la part de l'Union africaine et de l'ONU. Il faudrait continuer à souligner l'importance qu'il y a à ce que les enfants continuent d'aller à l'école. Des mesures plus solides sont nécessaires pour éliminer les goulets de travers. en termes d'enregistrement à la naissance, de documents perdus et de différences de langue et de programme scolaire selon les pays. La réintégration devrait permettre un enseignement accéléré conformément aux voies éducationnelles reconnues. Monsieur le Président, s'agissant des risques relatifs à la protection, Dans le comité d'experts africains sur les droits et le bien-être des enfants lors de la journée des enfants, lors du débat général du 14 octobre, le message était clair: l'apprentissage numérique sûr doit aller dans le même sens que la protection face au recrutement et à l'utilisation. Les technologies d'information ne devraient pas être une frontière supplémentaire où le bien-être des enfants dans les situations de conflit fait l'objet d'attaques supplémentaires. D'ailleurs, j'encourage les parties prenantes mondiales à accélérer la mise au point d'un système convenu, réaliste, permettant de créer et de déployer des systèmes d'information, de communication et des plateformes. Et, Monsieur le Président, à ce sujet, je félicite la Grèce à l'occasion de l'adoption de la résolution 2832 de 2026 au Conseil de sécurité. L'Union africaine a pris des mesures louables pour lutter contre l'utilisation abusive potentielle de la technologie contre les enfants. L'adoption de la loi-type de l'Union africaine sur la sûreté en ligne des enfants jette les bases d'une action nationale plus forte. Les États membres doivent collectivement coopérer avec les grandes entreprises technologiques, les fournisseurs de télécommunications et autres parties prenantes grâce à des approches basées sur les entreprises et droits humains qui exigent un respect des droits des enfants, une sûreté dès le début et un accès à des voies de recours. La capacité des acteurs à Éliminer les contenus néfastes pour les enfants passant par des voies cryptées, qui rendent les enquêtes plus difficiles, devrait être absolument éliminé. Dans les conflits africains, ces technologies peuvent amplifier le recrutement, l'utilisation d'autres violations graves. Comme je l'ai dit lors du débat public du Conseil de sécurité de juin 2026, notre riposte doit prendre en considération à la fois les risques et les possibilités. Et pour ce faire, il faut que les forces de l'ordre au point des compétences spécialisées en permanence pour suivre le rythme de l'évolution des technologies de l'information modernes. L'exploitation des enfants dans les industries extractives, avec des économies de survie de guerre, mérite aussi une attention accrue. La prévention exige une surveillance de la conduite des entreprises et des chaînes d'approvisionnement, en plus de comptes rendus pour ceux et celles qui exploitent des enfants. Monsieur le Président, s'agissant de l'influence des enfants lors de la prise de décision. Quand j'étais dans l'État de Borno, j'ai participé à une session du Parlement des enfants à Maiduguri. Ce mécanisme permet une participation des enfants, surtout lorsque cette participation est inclusive, lorsque les ressources sont là et qu'il y a des garanties. Et enfin, un message de la part d'un des députés enfants, l'honorable Fati Hula, et je la cite: N'oubliez pas les voix des enfants: créez des possibilités pour les enfants afin qu'ils puissent participer aux décisions qui ont des effets sur leur sûreté, leur bien-être et leur avenir. Et assurez-vous que des comptes soient rendus, que des mesures soient prises. Traduisez les promesses en des mesures pratiques et suivez les progrès pour s'assurer que les enfants reçoivent la protection et l'appui dont ils ont tant besoin. » J'appelle les États membres à soutenir ces mécanismes et à s'assurer que les enfants reçoivent des informations sur la façon dont leurs recommandations influencent les décisions. Excellence, cet anniversaire doit nous rappeler à toutes et à tous que notre responsabilité ultime est de s'assurer que les engagements consentis au sein du Conseil de sécurité se traduisent en des changements significatifs dans la vie des enfants touchés par les conflits armés, surtout pour ceux et celles dont les voix sont trop souvent perdues dans les bruits des conflits. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [33:00]: Thank you, obrigado. Je vous remercie et je donne la parole à madame Bethany Ellis. Watchlist on Children and Armed Conflict · Watchlist on Children and Armed Conflict · Directrice [33:11]: Merci, Monsieur le Président. Au nom de Watchlist on Children and Armed Conflict, je voudrais remercier la Grèce d'avoir convoqué cette manifestation d'aujourd'hui pour commémorer l'anniversaire du mandat CAC. Excellence, il y a 30 ans, les organisations de la société civile faisaient partie des voix qui appelaient à la création d'un mandat sur les enfants et les conflits armés. un examen systématique de l'impact des conflits sur les enfants au Conseil secretariat de la protection de l'enfance, et les experts des droits de l'enfant ont reconnu qu'il fallait une amélioration des communications et des signalements sur les violations, et qu'il fallait davantage d'actions coordonnées pour protéger les enfants dans les conflits armés, et ce au niveau le plus élevé, sur le plan politique. En 2001, un groupe d'organisations ont créé Watchlist on Children and Armed Conflict, et les 25 années qui ont suivi, on permet à notre réseau d'ONG d'utiliser les expériences de la société civile qui sont sur le terrain dans des contextes humanitaires et des informations de la part des enfants pour permettre de façonner, d'affiner, de progresser et de permettre la mise en œuvre du programme. Nous avons continué à soutenir et à nouer des partenariats avec le mandat du CAC parce que nous pensons que le mandat a des outils uniques qui permettent de faciliter des mesures concrètes pour protéger les enfants qui vivent dans des contextes de guerre. Ce matin, nous avons entendu certains des résultats qui ont été enregistrés ces 30 dernières années: des enfants libérés et réintégrés après avoir été dans des groupes armés et des forces armées, des plans d'action mis en œuvre, des violations graves interrompues, des partis supprimés, des annexes. conclusions du groupe de travail du Conseil de sécurité qui a adopté des conclusions avec des recommandations, des suites données pour des progrès, des capacités de protection de l'enfance créées dans les missions de l'enfant, des protocoles de transfert et des accords de paix incorporant des dispositions sur la protection de l'enfance, entre autres. La question KAK a contribué à la mise au point d'un cadre normatif et juridique solide, avec notamment 15 résolutions du Conseil de sécurité complétées, notamment la dernière résolution adoptée la semaine dernière, En plus des principes de Paris, de la déclaration sur la sûreté des écoles, des principes de Vancouver et plus récemment la déclaration politique sur les armes explosives dans les zones densément peuplées. Le mécanisme de surveillance et de communication a permis d'obtenir des données vérifiées, systématiques, fiables sur des violations graves, nous alertant sur les auteurs et nous permettant de mieux cibler les ressources, de faire des recommandations et de prendre des mesures proactives pour plus de prévention et de redevabilité. Les organisations de la société civile ont été indispensables à la mise en œuvre de la question CAC sur le terrain, contribuant à la documentation et à la riposte face aux violations graves contre les enfants, grâce à des espaces prenant en compte les besoins des enfants, en fournissant des soins humanitaires, en permettant des programmes de réinsertion, en prenant en charge certaines affaires, en créant des liens entre les enfants qui ont vécu de la violence et des ressources appropriées pour leur soutien. remis sur pied et en travaillant avec les communautés, avec les acteurs pour renforcer la protection des enfants. Alors que nous commémorons cette date, les acquis des 30 dernières années et notre capacité collective à respecter les besoins de protection des enfants sont sous une pression grave. Les missions de surveillance de l'ONU continuent de vérifier un nombre record de violations graves. Les forces gouvernementales, désormais, sont les menaces principales pour les enfants par rapport aux groupes armés non étatiques. Les conflits armés continuent de faire rage, le droit international, y compris les protections spécifiques pour les enfants, sont appliquées de façon aveugle ou sélective, ignorées ou bafouées par les parties belligérantes. L'assistance humanitaire est soit empêchée, soit entravée, empêchant les enfants d'avoir accès à des services essentiels, ce qui a des conséquences sur leur survie, sur leur remise sur pied, leur croissance, leur développement et sur leur santé et leurs perspectives de devenir subsistant sur le long terme. Les technologies offensives évoluent rapidement, notamment les drones sans pilote, les salades et l'intelligence artificielle permettent des attaques plus fréquentes et plus rapides, tout en augmentant la distance entre la prise de décision humaine et le recours à la force. L'utilisation des armes explosives dans les zones densément peuplées impacte de façon disproportionnée les enfants, qui ont 7 fois plus de chances de mourir d'une explosion qu'un adulte et qui, s'ils survivent, ont des subissent des conséquences mentales et physiques sur le long terme. Et au milieu de tout cela, l'impunité pour les violations graves est généralisée et la volonté politique visant à lutter contre ces violences semble insuffisante. Alors que les besoins en protection des enfants continuent d'augmenter, les ressources pour répondre à ces besoins, eux, se contractent. L'interruption abrupte et grave des financements n'ont pas épargné les acteurs de la protection de l'enfance. des tensions pour le mécanisme de surveillance, de communication et des capacités de protection de l'enfance de l'ONU. Les organisations de la société civile ont été très impactées avec des bureaux de pays, des programmes, du personnel, des interventions qui ont été touchés de plein fouet. De moins en moins d'enfants reçoivent des services, un appui psychosocial et à la santé mentale, des programmes de réinsertion, et il y a eu des coupes sombres dans les gestions des cas et les professionnels de protection de l'enfance reçoivent de moins en moins de services. Il est clair que des mesures urgentes doivent être prises si nous voulons maintenir les progrès enregistrés et si nous voulons traduire véritablement nos engagements en un impact pour les enfants aujourd'hui. Et j'ai trois propositions. Tout d'abord, défendre et réinvestir dans ce qui fonctionne d'ores et déjà. Réaffirmer l'appui au mandat CAAC, aux mécanismes, aux groupes de travail pays, à la protection de l'enfance dans les composantes des missions de l'ONU et l'appui aux acteurs de la protection de l'enfance à la société civile, appeler les parties à mettre au point et à créer des plans d'action associés de délai et à donner suite aux progrès, défendre rigoureusement l'espace civique et l'axe humanitaire et soutenir l'engagement avec des ressources, avec des financements sur le long terme prévisibles à l'ONU et auprès des acteurs de la société civile, notamment auprès des acteurs des communautés et locaux, dans une portée nécessaire pour relever les défis de ces acteurs. Ensuite, l'impunité doit devenir inacceptable et la redevabilité doit être reconnue en tant qu'un élément indispensable à la prévention de toute violation supplémentaire. Toutes les parties doivent respecter les mêmes critères lorsqu'il est question des enfants, sans la moindre exception. Le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme doivent être défendus avec des enquêtes rapides et des comptes rendus significatifs dès qu'il y a des violations, notamment des poursuites pour crimes de guerre, génocide et crimes contre l'humanité lorsque c'est nécessaire. La coopération doit être possible avec les mécanismes d'enquête, de justice et de redevabilité internationaux, notamment la Cour pénale internationale. et des auteurs de savoir-faire, des sources de savoir-faire, des experts qui devraient être inclus de façon systématique dans le mécanisme. Les parties violent droits de façon systématique devraient être inscrits dans les annexes du rapport et ne devraient être radiés que lorsque les violations cessent. Et enfin, les États membres devraient réfléchir aux positions nationales, leur politique et à leurs relations avec les parties belligérantes afin de s'assurer que les parties respectent pleinement les engagements au titre de la question enfants et conflits armés. Cela veut dire qu'il faut incorporer les engagements au titre des principes de Paris, de la Déclaration sur la sécurité des écoles, des principes de Vancouver et de la Déclaration politique sur l'EWIPA. les traduire en législation politique, doctrine militaire, protocole et formation pertinente. Cela veut dire qu'il faut mettre la priorité sur les financements pour protection de l'enfance, pour l'éducation et la santé mentale dans les budgets humanitaires. Cela veut dire qu'il faut utiliser au mieux les relations diplomatiques pour exhorter à la signature, à la mise en œuvre de plans d'action pour mettre fin et pour éviter les violations graves. Et cela veut dire qu'il faut mettre fin au transfert d'armes aux partis qui violent l'international et qu'il faut revoir les relations économiques favorables aux gouvernements dont les forces sont inscrites pour violations graves ou dont les forces soutiennent directement les parties comme temps des violations graves. Le mandat CAC existe pour une raison claire, ce n'est pas une question de chiffres, ce n'est pas une question de déclaration, non. L'idée est de permettre la sûreté et le bien-être des enfants, des enfants qui ont des noms, des amis, des amies, des rêves, qui rêvent d'avenir. Nous voulons refuser d'accepter leurs souffrances en tant que conséquences inévitables de la guerre. Nous leur devons bien plus que des paroles, nous leur devons des actes, de la protection, des comptes rendus, une enfance sans peur et la possibilité de jouir de leurs droits dans un avenir en paix. Je vous remercie. Greece · Ministre des Affaires étrangères [41:21]: Merci. Je vais faire une déclaration en tant que ministre des Affaires étrangères de la République hellénique. Avant toute chose, qu'il me soit permis de remercier représentante spéciale du Secrétaire général, Vanessa Frazier, Catherine Russell, directrice exécutive de l'UNICEF, Jainamba Jangeh, envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants affectés par les conflits armés, et Bethany Ellis, directrice de Watchlist on Children and Armed Conflict, de leurs exposés riches en informations. Il y a 30 ans, le rapport phare présenté par Graca Machel à la Assemblée générale des Nations Unies a mis en lumière les conséquences dévastatrices de la guerre pour les enfants. Le rapport a aussi établi un mandat convaincant: la protection des enfants doit être un élément central de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix et de la relance. Ce mandat a permis des progrès significatifs: la création du bureau de la représentante spéciale les enfants et les conflits armés, le mécanisme de surveillance et de communication et le groupe de travail du Conseil de sécurité qui ont permis de mettre au point une riposte solide pour prendre à bras le corps à la souffrance des enfants et qui ont permis aussi de coordonner l'action internationale. Grâce à une sensibilisation et une participation soutenue, avec notamment la mise en œuvre de plans d'action avec les parties belligérantes, des milliers d'enfants ont été sauvés des théâtres de conflits et des engagements concrets ont contribué à la prévention des violations et des atteintes. Et pourtant, ces réactualisations nous laissent songeur face à l'ampleur et à la complexité sans précédent des violations et des atteintes contre les enfants signalées ces dernières années. Le rapport annuel du Secrétaire général de cette année résonne comme une sonnette d'alarme, alors qu'un nombre record d'enfants ont subi des violations de leurs droits dans des zones de conflit plus que lors des années précédentes, le bilan le plus lourd depuis la création du mandat. En outre, les conflits changent énormément. Dès lors, nous devons nous adapter et adapter nos réactions. Comme pour tout aspect de nos vies, la technologie numérique s'accompagne de nouveaux risques et de. Préoccupations supplémentaires en matière de protection de l'enfance. Des enfants sont recrutés, utilisés grâce à des téléphones. Leur appétence naturelle pour la technologie se transforme en arme à double tranchant qui agit contre eux. Dans le même temps, les technologies numériques peuvent aussi permettre une protection de l'enfance. L'éducation rendue possible par les technologies permet davantage de compétences numériques, de savoirs numériques et permet aux enfants de. Détecter les menaces en ligne. Nous avons la responsabilité conjointe de combler le fossé numérique et d'aider les pays à renforcer leurs capacités de riposte. Face aux nouvelles menaces. La Grèce attache une importance toute particulière à la protection des enfants dans le monde numérique, tout en leur. Permettant en même temps de tirer profit des nouvelles technologies. Guidés par notre conviction. Solide en faveur de la. Protection du mandat enfants conflits armés, la Grèce a proposé une résolution qui garantit à ces fondements tout en créant de nouvelles dimensions critiques: l'effet des technologies numériques sur les enfants et les façons de s'y opposer et d'utiliser au mieux ces nouvelles technologies pour le bien-être des enfants. Nous vous en félicitons. Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité la résolution il y a quelques jours, une résolution riche de 93 États membres coauteurs supplémentaires. Nous sommes très encouragés par ce résultat et nous voudrions à nouveau remercier tous les États membres de leur soutien. Un soutien qui a permis de créer cette nouvelle dimension très importante du mandat enfants et conflits armés. Réflexions sur la marche à suivre. Nous devons maintenir, voire même renforcer les partenariats. La protection de l'enfance exige une coopération plus étroite entre les États membres, l'ONU, les organisations régionales et la. Société civile. La protection de l'enfance doit être aussi intégrée de façon systématique dans la prévention des conflits, dans les mesures de médiation, dans les processus de paix et les stratégies de relance. Nous devons aussi écouter comme il se doit les enfants et les jeunes lorsque l'on réfléchit à nos politiques et ripostes, avec des garde-fous appropriés pour protéger leur sûreté, leur dignité et leur bien-être. Il nous faut raffermir la coopération avec les parties belligérantes. Un dialogue fondé sur les principes, notamment assorti de plans d'action, peut aboutir à des résultats significatifs. La mise en œuvre effective de Ces initiatives exigent des responsabilités claires, des mesures évaluables, une participation de tous les instants et un appui à la libération et la réinsertion des enfants. Nous devrions aussi réfléchir aux défis à la mise en œuvre en préservant les mécanismes de surveillance et de communication, en renforçant le savoir-faire sur place et les partenariats avec les acteurs locaux, tout en permettant un accès humanitaire. Nous devons aussi nous assurer que les. Engagements sont assortis de ressources adéquates et prévisibles pour que les communications, la surveillance et les capacités de protection de l'enfance soient maintenues sur tout le terrain. L'application du principe de responsabilité et la prévention doivent être soutenues par un engagement politique cohérent et par des mécanismes de justice nationale efficaces. Grâce à la campagne "Prove it matters" soutenue par la Grèce, un. Enfant a envoyé un message à la fois clair et puissant: un enfant protégé, c'est un avenir sûr. Que ces mots guident notre action collective. Prouvons ensemble, en faisant montre de volonté politique à chaque instant, en consentant les investissements concrets et en nouant des partenariats véritables, que la protection de l'enfance n'est pas qu'une aspiration noble, mais bien le fondement indispensable d'une paix durable. Trente ans après la création du Mandat enfants et conflits armés, assurons-nous que nous nous souviendrons des 30 prochaines années? Non pas pour les promesses. Greece · Ministre des Affaires étrangères et président du Conseil de sécurité [48:12]: Que nous aurons prononcées, mais bien pour les violations que nous aurons évitées, pour les enfants que nous aurons protégés. Je vous remercie. Je reprends mon rôle de président du Conseil de sécurité et je donne la parole à Son Excellence Madame Dace Melbāre, ministre adjointe des Affaires étrangères de la Lettonie. Latvia · Ministre adjointe des Affaires étrangères [48:35]: Merci, Monsieur le Président. Avant toute chose, qu'il me soit permis de saluer Son Excellence Monsieur. Giorgios Garapetritis, ministre des Affaires étrangères de la République hellénique, qui préside à la présente séance. Je remercie tous les intervenants, toutes les intervenantes, madame Vanessa Fréjard, madame Catherine Russell, madame Jaina Bajangne et madame Bethany Ellis de leur contribution de ce matin et de leur dévouement. Effectivement, aujourd'hui, nous devons nous poser une question simple qui nous met parfois mal à l'aise. Que peut-on faire? Que peut-on mieux faire? La situation au niveau mondial demeure très préoccupante. L'année dernière, l'ONU a vérifié plus de 14 000 cas d'enfants tués ou mutilés, ce qui fait froid dans le dos. Une augmentation de 34% d'enfants tués. Des enfants sont recrutés par des groupes armés en RDC, au Nigéria, en Haïti et au-delà. Des attaques ont été dénombrées contre des hôpitaux, des écoles. des nombres tragiques dans les territoires palestiniens occupés, en Ukraine et au Myanmar, et nous assistons aux nombres les plus élevés jamais enregistrés d'enlèvements d'enfants. En Ukraine, la guerre d'agression de la Russie continue de briser des familles, de voler des enfances. Des enfants sont tués chez eux et dans des terrains de jeu. Les enfants entendent des sirènes au quotidien et doivent se cacher dans les ténèbres de leur cave. Alors que. Les attaques russes persistent, les déportations illicites et les transferts forcés d'enfants ukrainiens continuent, des violations claires du droit international. Nous rappelons l'appel de l'Assemblée générale des Nations Unies et nous exigeons leur retour urgent, nécessaire et sans la moindre condition. Monsieur le Président, récemment, J'ai accueilli un groupe d'enfants ukrainiens en Lettonie. Ils ont dit qu'ils avaient appris à reconnaître le bruit des drones les plus meurtriers. Certains avaient perdu des proches, d'autres n'avaient tout simplement pas de maison, plus de maison, ils ne pouvaient plus retourner où que ce soit. Et quand je me suis rendu en Ukraine, j'ai été dans une école maternelle qui avait été détruite par un missile russe. J'ai vu de mes yeux que les espaces les plus sûrs pour les plus jeunes d'entre nous. Ces espaces les plus sûrs avaient été réduits en charpie. Aucun enfant, où que ce soit, ne devra avoir à subir ces horreurs. Dans le même temps, les technologies émergentes créent de nouveaux risques terrifiants. Des groupes terroristes comme Daesh utilisent des jeux en ligne pour recruter des enfants. À Kharkiv, la Russie a utilisé des plateformes en ligne pour manipuler des mineurs afin qu'ils jouent le rôle d'informateur, informatrice ou saboteur. Et je suis tout à fait d'accord avec vous, monsieur le président. En réaction à ceci, il faut des garde-fous plus forts. En collaboration étroite avec les entreprises numériques et la société civile, les droits des enfants doivent être protégés en ligne avec autant de vigueur que dans le monde réel. Et à cet égard, la Lettonie a présenté des commentaires nationaux s'agissant des projets d'articles de la Commission du droit international sur les crimes contre l'humanité pour inclure le recrutement et l'utilisation des enfants parmi les actes qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité. Monsieur le Président, la communauté internationale a déjà à sa disposition une panoplie d'outils pour agir: un mécanisme de surveillance et de communication, des plans d'action, 15 résolutions du Conseil de sécurité, des sanctions ciblées aussi. Cela étant dit, des engagements qui. Se résument à des coquilles vides n'aident pas la vie des enfants. Il faut une mise en œuvre. Nous appelons les parties figurant dans le rapport du Secrétaire général pour commission de violations graves à travailler avec l'ONU et à signer, à mettre en œuvre des plans d'action concrets assortis de délais pour mettre fin et prévenir toute violation grave supplémentaire. C'est la seule façon de parvenir à une radiation. La Lettonie est préoccupée par l'absence de ressources pour les missions de l'ONU pour la protection des enfants, ce qui a des effets sur le terrain. Nous continuerons à nous faire les chantres de la protection de l'enfance en tant que composante essentielle des mandats des missions. Autre source de préoccupation. l'absence d'accord pour les présidents et présidentes de l'Organe Suprême, ce qui a empêché le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés de s'acquitter de ses fonctions. À la lumière de l'importance de ses conclusions pour la protection des enfants sur le terrain, nous insistons sur l'absolu besoin de se mettre d'accord sans plus attendre pour que le Groupe de travail puisse reprendre ses travaux. Trente années de mandat ont démontré ce que pouvait faire le travail international. Et alors qu'il l'est, il n'est pas question d'être moins ambitieux. La Lettonie continuera à insister sur le sujet et nous continuerons à utiliser notre voix. Chaque enfant dans chaque conflit mérite de vivre dans la sûreté et la dignité et de vivre son conflit. Je vous remercie. Chair [54:08]: Je remercie madame Melbardė de son intervention. Je donne la parole au représentant du Panama. Panama · Représentant [54:18]: Je vous remercie, monsieur le président. Je vous souhaite une très chaleureuse bienvenue dans cette réunion. Je vous remercie de votre participation et je salue le rôle moteur de votre délégation, allié fondamental pour promouvoir cette priorité partagée et pour que cela devienne une action concrète du Conseil. Je salue également la représentante spéciale du Secrétaire général, Vanessa Frazier, et je remercie également la directrice exécutive de l'UNICEF, Catherine Russell. Je les remercie de leurs interventions très utiles et de leur travail inlassable en faveur des enfants dans les contextes les plus difficiles. Je salue également Jaina Bajaj, envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants dans les conflits armés, et Bethany Ellis, directrice de Watchlist. Par ailleurs, Je souhaite la bienvenue à Son Excellence Dashë Melbardë, vice-ministre des Affaires étrangères de la Lettonie. Une fillette qui fête aujourd'hui ses 10 ans, au beau milieu d'une guerre, a passé toute sa vie avec un système international qui avait promis de la protéger 20 ans avant sa naissance. Cette enfant a le droit de nous demander à quoi ont servi nos promesses. 30 ans après le lancement de ce programme, nous devons être prêts à lui répondre. Nous soulignons le travail de tous ceux et celles qui ont fait en sorte qu'un enfant dépose les armes, puisse à nouveau embrasser sa famille et s'asseoir dans une salle de classe. Ce faisant, Vous avez concrétisé la protection que le Conseil a la responsabilité de garantir. Néanmoins, le rapport du secrétaire général publié cette année fait état de 38558 violations graves contre 24174 enfants, filles et garçons en 2025. L'écart entre ce que nous avons bâti et les souffrances que connaissent ces enfants au quotidien exige de nous que nous prenions des décisions. Le Panama réaffirme sa détermination à faire avancer ce programme de travail là où il est insuffisamment mis en œuvre. Dans ce sens, nous proposons que cet anniversaire indique très clairement trois exigences. Premièrement, il faut préserver les capacités de connaissance et de prévention. Le mécanisme de surveillance et de communication de l'information créé par la résolution 1612 doit être indépendant. Il doit pouvoir bénéficier de l'accès requis et avoir les ressources nécessaires. Réduire le personnel spécialisé ou retirer les capacités de protection lors des transitions de mission peut nous laisser sans mécanisme d'alerte précisément lorsque nous en avons besoin. Le manque d'information ne doit jamais être confondu avec l'absence de violation. Deuxièmement, assurer un suivi efficace aux engagements souscrits. Les plans d'action doivent être assortis de calendriers, donner des résultats vérifiables et avoir une portée durable. Les conclusions du groupe de travail doivent donner lieu à des mesures concrètes avec les parties, et la reddition de comptes doit concerner les responsables, indépendamment de la question de savoir qui sont leurs alliés. La résolution de 1832 promue par la Grèce, a adopté le 19 octobre, a une urgence supplémentaire. L'objectif est d'empêcher que les technologies numériques ne facilitent le recrutement d'enfants et autres violations. L'application de cette résolution doit établir un lien entre la protection des enfants et la responsabilité des entreprises technologiques. Troisièmement, accompagner les enfants après leur libération. La réinsertion nécessite un financement prévisible, la réunification familiale sûre, l'éducation et un accompagnement psychosocial avec des réponses spécifiques pour les filles rescapées de la violence sexuelle. Un enfant libéré, à nouveau recruté, me prouve que nous ne sommes pas arrivés à donner la protection requise. Monsieur le Président, 30 ans représentent une période importante dans la vie d'une institution. Mais dans la vie d'un enfant, six mois sans école, une nuit de recrutement ou quelques minutes simplement passées sous les bombes peuvent tout changer. Cet écart entre notre perception du temps et la leur doit définir le sentiment d'urgence avec lequel nous mettons en œuvre ce mandat, faisant en sorte que lors du prochain anniversaire, les enfants soient en train d'apprendre, de jouer, de grandir. dans leur famille. Que les vies que nous aidons à protéger soient la réponse élocante, la plus éloquente qui soit, à l'usage que nous avons fait de l'autorité qui nous a été confiée. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [59:40]: Je remercie le représentant du Panama de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à la France. France · Représentant [59:44]: Monsieur le Président, je voudrais tout d'abord saluer votre présidence de nos travaux, Monsieur le Ministre, et vous remercier pour l'organisation de cette réunion qui témoigne de la détermination de la Grèce à faire vivre l'agenda enfants et conflits armés, lors de son mandat au Conseil de sécurité. Je voudrais féliciter la Grèce à ce titre pour l'adoption à l'unanimité de ce Conseil de la résolution 2832, il y a tout juste une semaine. Je voudrais ensuite remercier la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, madame Vanessa Frazer, la directrice exécutive de l'UNICEF, madame Catherine Rossell, l'envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, madame Janaiba Jagne, directrice de l'ONG Watchlist, madame Bethany Ellis, pour leurs exposés et leur engagement continu en faveur de la promotion et de la défense des droits des enfants. Monsieur le Président, je voudrais formuler trois observations. Tout d'abord, la France réaffirme son plein soutien politique au mandat CAC, à l'heure où nous marquons son 30e anniversaire. Son caractère opérationnel est son efficacité ont été démontrées, en particulier grâce au mécanisme de suivi des six violations graves tel que créé par ce Conseil, dont nous avions été à l'initiative en 2005. Nous continuons à lui apporter tout notre soutien, financier à travers nos contributions à l'UNICEF, mais aussi politique, en veillant à ce que les opérations de paix, là où elles existent, comportent une composante robuste en matière de protection de l'enfance et et des capacités adéquates de collecte d'informations. Nous appuyons également les efforts de la Représentante spéciale du Secrétaire général en vue de conclure des plans d'action avec des États ou des groupes armés. Il s'agit d'un outil au cœur du mandat CAC qui a fait ses preuves et qui permet, lorsqu'il est mis en œuvre de bonne foi par ceux qui s'engagent, une amélioration concrète de la protection des droits des enfants. La Syrie en est actuellement un exemple particulièrement encourageant. Deuxièmement, la France est profondément préoccupée par le nombre alarmant de violations graves commises contre les enfants, qui a atteint l'an dernier un triste record depuis la création du mandat de la représentante spéciale en 1997. Les acteurs étatiques sont pour la première fois responsables de la majorité des violations, y compris en ce qui concerne les attaques contre des écoles et des hôpitaux et et les dénis d'accès humanitaire. Face à ce constat, il est impératif de faire respecter le droit international humanitaire, de lutter contre l'impunité, et pour ce Conseil, de sanctionner les groupes et forces armées auteurs de ces violations. C'est sa responsabilité. Monsieur le Président, la protection des enfants dans les conflits armés est une priorité de longue date de la France. Ce sera mon premier, Mon dernier et mon troisième point. En 2007, nous avions lancé avec l'UNICEF les principes et engagements de Paris qui définissent des mesures de référence pour prévenir le recrutement illégal d'enfants, œuvrer à leur libération et soutenir leur réintégration. 115 États ont adhéré à ce cadre normatif et opérationnel, et nous appelons ceux qui ne l'ont pas encore fait à les rejoindre. La France organisera avec l'UNICEF, en février 2027, une conférence de haut niveau pour marquer le 20e anniversaire des Principes et engagements de Paris. Nous souhaitons que cet événement ne soit pas une simple commémoration, mais l'occasion d'un engagement renouvelé pour mieux protéger les droits des enfants lors de la prochaine décennie. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:03:48]: Je remercie le représentant de la France de sa déclaration et donne maintenant la parole au Danemark. Denmark · Représentante [1:03:54]: Je vous remercie, Monsieur le Président, et je remercie la Grèce d'avoir organisé cette réunion, ainsi que les intervenants de leur contribution importante et leur rôle moteur sur ce dossier. Je vous remercie également de votre. Présence, Monsieur le Ministre, ainsi que de la détermination constante de votre pays à aider les enfants. pris dans des situations de conflits armés. Monsieur le Président, il y a 30 ans, la communauté internationale s'est trouvée confrontée à une réalité dévastatrice. Des enfants se voyaient privés de leur enfance, contraints de combattre dans des guerres et soumis à une violence inimaginable. Dans son rapport phare, Graca Machel a lancé un appel à l'action. Ces propos nous ont inspirés à souscrire un engagement collectif pour protéger les enfants des horreurs de la guerre. C'est de là qu'est né le mandat CAC. Aujourd'hui, 30 ans plus tard, nous sommes face à un paradoxe étonnant. Nous avons créé un mécanisme institutionnel complexe. Néanmoins, les violations graves contre les enfants sont sans précédent, y compris en Israël, dans les territoires palestiniens occupés, en RDC, au Niger, au Myanmar, en Somalie, à Haïti, en Ukraine et au Soudan. Par conséquent, cet anniversaire doit nous permettre à la fois de nous féliciter des réalisations et de prendre la mesure des échecs à surmonter pour prévenir les violations. Monsieur le Président, nous ne devrions pas sous-estimer les réalisations de ce mandat. Comme l'a dit la représentante spéciale, plus de 220 000 enfants ont été libérés des forces armées et groupes armés. Le mandat a modifié les normes internationales pour la protection des enfants. Le mandat a appuyé des plans d'action qui ont transformé les pratiques militaires, consolidé la législation nationale et établi des garde-fous pour prévenir le recrutement à l'avenir. Ces réalisations étaient possibles grâce à un cadre institutionnel sui generis, avec le soutien solide et uni du Conseil de sécurité. Le Danemark est fier d'avoir joué son rôle en établissant le mécanisme de surveillance et de communication de l'information et le groupe de travail du Conseil de sécurité en 2005. avec le mécanisme de liste du Secrétaire général et l'engagement constant avec les parties au conflit, ces outils ont permis de passer des promesses aux actes et d'améliorer concrètement le quotidien des enfants. La leçon est claire: un suivi crédible, un engagement soutenu et de la pression politique peuvent changer le comportement des acteurs armés. À l'avenir, je voudrais, Monsieur le Président, souligner trois grands défis. le mépris croissant des États face aux graves violations contre les enfants. Pour la première fois dans l'histoire du mandat, les forces gouvernementales ont été jugées responsables de la majorité des violations attestées. En Ukraine, les attaques russes incessantes continuent de tuer et de mutiler des civils, y compris des enfants, et de détruire les infrastructures civiles. Nous condamnons ces attaques et toute autre attaque de ce type et réitérons notre appel pour que que retournent en Ukraine tous les enfants ukrainiens transférés de force ou déportés illégalement. À Gaza, la souffrance des enfants reste catastrophique. Plus de 340 enfants ont été tués depuis le cessez-le-feu. C'est presque un enfant par jour. Israël doit honorer pleinement toutes ses obligations au regard du droit international, y compris du DIH. Aucune partie au conflit, étatique ou non étatique, ne saurait se soustraire au contrôle et à la reddition de comptes. 2. Les conséquences dévastatrices des armes explosives dans les zones peuplées. Comme nous l'avons entendu, les frappes aériennes, l'artillerie et les autres armes explosives continuent de tuer, de mutiler des enfants, de détruire des écoles, des hôpitaux et infrastructures essentielles. Le Danemark demande le plein respect du DIH. et un renforcement accru de la Déclaration politique sur les armes explosives dans les zones peuplées et la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. 3. Les nouvelles technologies créent de nouveaux risques pour les enfants. Les drones, l'intelligence artificielle et les systèmes de ciblage utilisant l'intelligence artificielle transforment la guerre, accroissant les risques de dommages infligés aux civils. Leur mise au point, leur utilisation doivent respecter à la lettre le droit international. Le contrôle et le jugement par l'être humain, c'est que la reddition de comptes doit être maintenue. Nous félicitons la Grèce pour les efforts déployés pour que le Conseil puisse s'exprimer d'une seule voix sur ces questions lorsque nous avons adopté la résolution 2832 sur les technologies numériques. Monsieur le Président, 30 ans d'expérience ont prouvé que ce mandat peut vraiment changer la donne. Le cadre est là, le mécanisme aussi, les mécanismes de fait. Mais le fossé croissant entre les engagements souscrits et les engagements honorés exige une plus grande volonté politique pour agir sur la base des conclusions, pour renforcer la reddition de comptes et prendre les mêmes mesures sans exception. Le Danemark appuie à nouveau, de façon indéfectible, Mme Freisler, son bureau et le Mécanisme. Nous continuons d'aider financièrement le bureau de la Représentante spéciale et l'UNICEF. Nous encourageons les autres à faire de même. se joindre à nous pour tenir la promesse faite lors de l'élaboration de ce mandat, et ce, pour chaque enfant. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:09:16]: Je remercie le Danemark de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à la Chine. China · Représentant [1:09:21]: Je vous remercie, Monsieur le Président. Je souhaite la bienvenue à Son Excellence le Ministre des Affaires étrangères, qui est là en personne. Je salue également Madame Frazier, la représentante spéciale, la directrice exécutive de l'UNICEF, Madame Brussel, l'envoyée spéciale de l'Union africaine, Madame Jeanne, et la directrice de Watchlist, Elise. Il y a Il y a 30 ans, une résolution a prévu la création d'un poste de représentant spécial pour les CAC. Ces 30 dernières années, le mécanisme sur la communication de l'information s'est constamment amélioré. Des mesures ont été prises, mais les conflits continuent. de nuire aux enfants. Selon le rapport annuel du Secrétaire général sur le CAC, 2025 a été marqué par des chiffres records de violations graves contre les enfants dans les conflits armés depuis le début du mandat. Or, les enfants sont l'avenir et l'espoir du monde. Il appartient à toutes les parties de les protéger. Je voudrais formuler quatre remarques. important de cesser les hostilités, de promouvoir la paix pour que les enfants ne soient pas atteints. La solution la plus efficace est de cesser les conflits et la violence au plus tôt. Nous enjoignons les belligérants de respecter les principes de la Charte, de cesser les hostilités, d'honorer strictement leurs obligations au regard du droit international et du DIH, et de s'abstenir d'attaquer les enfants, les écoles et autres biens civils. Toutes les parties doivent assurer une sécurité globale, régler leurs divergences grâce au dialogue et à la consultation et promouvoir le règlement pacifique des questions. Il est important d'accélérer l'aide humanitaire, d'améliorer l'aide dans les zones touchées par les conflits pour que les enfants aient l'assistance et le soutien psychosocial et psychologique nécessaires. Il est important, deuxièmement, d'améliorer le mécanisme d'assurer la reddition de comptes. Les enfants dans le territoire palestinien occupé et à Haïti, notamment, sont sur le devant de la scène des conflits, de la violence. Ils souffrent depuis longtemps de graves violations et des menaces. Des générations ont été privées d'une enfance heureuse. Nous appuyons le Conseil de sécurité qui doit utiliser les outils nécessaires pour assurer la reddition de comptes face aux violations éhontées contre les enfants. Nous appuyons Madame Frazier pour qu'elle s'acquitte de son mandat et de ses devoirs. Nous demandons des rapports plus solides, une surveillance plus solide. Nous appuyons le groupe de travail et l'examen dans les temps des rapports des pays. Nous enjoignons toutes les parties à prendre des mesures efficaces pour que cessent les atrocités contre les enfants. Troisièmement, il est important de donner des moyens d'action grâce au développement, d'améliorer le bien-être des enfants. Le développement est la solution fondamentale qui s'attaque aux causes profondes des conflits. Nous devons appuyer la gouvernance des pays concernés. Nous devons aider les gouvernements à répondre aux besoins de base sur le plan alimentaire, de l'éducation, des soins de santé et de l'emploi pour améliorer le contexte dans lequel grandissent les enfants, pour échapper au cycle de la guerre et de la violence. Nous devons tirer parti, comme il se doit, de tout ce qu'offrent les nouvelles technologies et l'IA. Nous devons garantir le droit à l'éducation pour les enfants dans les conflits armés. Nous devons nous efforcer de combler le fossé du numérique et faire en sorte que ces avantages touchent davantage les pays de l'hémisphère sud. Quatrièmement, il est important d'aider davantage l'Afrique, avec laquelle nous devons être plus solidaires. Nous sommes heureux de voir que l'ambassadeur Jacques Ney est maintenant envoyé spécial de l'Union africaine pour les enfants et les conflits armés. Nous appuyons les Nations Unies, leur collaboration étroite avec l'Union africaine pour renforcer la collaboration dans ce domaine ces dernières années. Grâce au Fonds pour la paix et le développement, nous avons appuyé le bureau de la représentante spéciale pour le CAC pour mettre en œuvre des projets de protection des enfants en Afrique. Récemment, l'accent a été mis sur la coopération régionale, couvrant 11 pays en Afrique centrale, avec un large soutien et une reconnaissance généralisée. Nous continuerons d'aider le mieux possible les pays en développement, y compris les pays africains. La Chine est prête à coopérer avec la communauté internationale pour faire taire les armes, pour faire cesser la violence et renforcer le soutien et l'assistance afin que les enfants dans le monde entier puissent grandir et ce avec une bonne santé, dans un environnement de paix et sécurité, pour bâtir un avenir meilleur. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:14:11]: Je remercie la Chine de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à la Colombie. Colombia · Représentant [1:14:17]: Je vous remercie, Monsieur le Président. Monsieur le Président, je voudrais remercier. La Grèce qui a organisé cette réunion importante pour commémorer ce 30e anniversaire du mandat sur les enfants et les conflits armés. Je remercie également Madame Vanessa Frazier, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Je remercie également Madame Catherine Russell, Directrice exécutive de l'UNICEF. Madame Bethany Ellis de Watchlist sur les enfants des conflits armés. Je remercie de leur exposé circonstancié. Trente ans après la création de ce mandat, la communauté internationale, avec le concours du Conseil de sécurité, bien évidemment, a bâti un cadre solide pour protéger les enfants touchés par les conflits armés, avec des mécanismes de suivi et des outils pour promouvoir la reddition de comptes. Toutefois, Les chiffres sont édifiants. Ce sont des chiffres records faisant état de 38 558 violations graves contre les enfants, des violations corroborées en 2025 et qui touchent 24 174 enfants, soit une augmentation de 34 %. Les enfants sont également touchés par l'utilisation de certaines technologies, notamment des drones. Les statistiques sont alarmantes. Cinq enfants sont tués ou blessés chaque jour du fait de l'utilisation de ces technologies. Pour la Colombie, bien évidemment, c'est une question préoccupante parce que c'est la réalité également que nous avons constaté. Monsieur le président, Avec simplement quelques dizaines de jours au gouvernement, nos autorités ont trouvé une réalité préoccupante sur le terrain. Et cela signifie que le mécanisme qui a été mis en place par la résolution de 2005 est des plus importants. La résolution 1612, c'est très important pour la Colombie. Nous avons vu les voies de recrutement avec l'immigration forcée, avec l'action de groupes armés, le recrutement des groupes armés qui souhaitent étendre leurs activités. Avec tout cela, nous avons constaté des facteurs qui sont déterminants dans ce processus: la pauvreté, l'exclusion, le manque d'accès à l'éducation. Ce sont des éléments qui sont. Très clairement utilisé par ces groupes. Le rapport des Nations Unies montre que, rien qu'en 2024, les recrutements étaient très clairs: un enfant toutes les 24 heures, et cela montre bien qu'il y a eu une augmentation considérable de 34 %. Le recrutement de ces enfants se fait par les réseaux sociaux. TikTok et Facebook sont les réseaux sociaux les plus utilisés. Et ces réseaux montrent la vie de guérilleros ou de combattants comme une vie prétendument romantique. Face à cette réalité, notre gouvernement colombien a mis en œuvre une stratégie. Sur le plan éducatif et sur le plan social. Ainsi, notre pays a un institut pour la protection familiale, pour la protection des enfants, doté d'un mandat constitutionnel spécifique. Mais évidemment, pour la Colombie, pour d'autres pays qui se heurtent à une réalité semblable, le défi est absolument considérable. Hier soir, le président de la République de la Colombie, dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Google, a annoncé 1000000 de bourses pour les Colombiens pour la formation en ligne. Dans le domaine de l'intelligence artificielle, en essayant de démontrer la différence. Entre les menaces des technologies en ligne, la question du recrutement et les portes qui s'ouvrent grâce à ces technologies. Nous essayons également de montrer ce qui peut être fait. C'est-à-dire la contribution qui peut être apportée par les grandes entreprises du secteur en ligne. Et nous sommes favorables à d'autres programmes de ce type et nous lançons donc une invitation à ces entreprises. Comme l'a très clairement indiqué la représentante spéciale des Nations Unies dans son exposé, la Colombie a également remporté un grand succès en luttant contre ce phénomène, mais le défi reste. réel, notre gouvernement travaille sur cette question. Nous l'avons dit à maintes et maintes reprises: sans sécurité, il n'y a pas de paix. Sans sécurité, la paix n'est qu'une idée. Il est donc nécessaire de réunir les conditions permettant d'établir la paix. Et notre pays s'emploie également à offrir un avenir, offrir. Des opportunités à notre population, malgré les défis auxquels nous sommes confrontés. Monsieur le Président, en conclusion, je voudrais dire qu'il est plus facile de protéger l'avenir d'un enfant que de réparer l'histoire d'un homme qui s'est perdu en chemin. Je vous remercie, monsieur le Président. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:20:14]: Je remercie le représentant de la Colombie de sa déclaration. Je donne maintenant la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:20:24]: Je vous remercie. Le Royaume de Bahreïn remercie la République hellénique pour l'organisation de cette importante séance et nous apprécions votre présidence, Monsieur le ministre, de cette importante réunion. Et cela dans le cadre du 30e anniversaire de la création du mandat relatif aux enfants et les conflits armés. Nous adressons également nos remerciements à la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, madame Vanessa Frazier, ainsi qu'à la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, l'UNICEF, madame Catherine Russell, ainsi qu'à l'envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, madame Jainaba Jagne, ainsi qu'à la représentante de la société civile. Nous vous remercions de vos exposés précieux et de vos efforts continus en vue de renforcer la protection des enfants touchés par les conflits armés. Cet anniversaire constitue une étape importante pour évaluer les progrès accomplis au cours des trois dernières décennies. et pour souligner la nécessité de traduire les engagements internationaux en mesures pratiques et concrètes garantissant la protection des enfants contre les violations graves, alors que les conflits armés persistent et que les défis auxquels ils sont confrontés deviennent de plus en plus complexes. Monsieur le Président, la création du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés, ainsi que le développement des mécanismes de surveillance et de communication de l'information et des plans d'action avec les parties au conflit, Tout cela a contribué à renforcer le cadre international de protection des enfants. Ces efforts ont également contribué à la libération des enfants recrutés et à leur réintégration, tout en prévenant les violations graves commises à leur encontre. Le Royaume souligne l'importance de continuer à soutenir ces outils et de renforcer la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en coopération avec les gouvernements et les entités compétentes des Nations Unies. Le Royaume de Bahreïn estime que, malgré les progrès réalisés, les violations graves commises contre les enfants dans les conflits armés continuent d'augmenter de manière préoccupante, comme l'indique le dernier rapport annuel du Secrétaire général. Cela souligne la nécessité d'intensifier les efforts internationaux pour garantir le respect du droit international, préserver les droits des enfants, assurer leur protection et garantir leur accès à l'aide humanitaire sans entrave. Dans ce contexte, le Royaume de Bahreïn réaffirme l'importance de protéger l'éducation en tant que pilier essentiel de la protection des enfants, de la prévention de leur recrutement et du maintien des écoles comme espace sûr d'apprentissage. À cet égard, il convient de souligner l'initiative du Royaume adoptée lors du 33e sommet arabe en mai 2024, visant à fournir des services éducatifs aux personnes touchées par les conflits dans la région, en coopération avec la Ligue des États arabes et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, l'UNESCO. Monsieur le Président, l'évolution de la nature des conflits armés et l'utilisation croissante des technologies numériques créent de nouveaux défis pour la protection des enfants, notamment les risques liés au recrutement et à l'exploitation en ligne, ainsi qu'aux cyberattaques contre les infrastructures éducatives. Parallèlement, le Royaume de Bahreïn souligne l'importance de tirer parti des possibilités offertes par la technologie pour promouvoir une éducation sûre, ainsi que la prévention et la protection, notamment grâce au renforcement de la coopération internationale, au développement des capacités et à la réduction de la fracture numérique, afin de garantir une utilisation sûre et responsable de ces technologies. Dans ce contexte, la résolution 2832 du Conseil de sécurité, adoptée la semaine dernière et qui a été présentée par la Grèce et dont le Royaume a été coauteur, constitue une étape importante pour répondre à ces défis et pour renforcer la protection des enfants dans l'environnement numérique. Monsieur le Président, passer de l'engagement à l'impact exige de continuer à renforcer la coopération entre les États membres, l'ONU et les organisations régionales, ainsi que de soutenir la capacité des acteurs chargés de la protection des enfants dans un contexte marqué par des contraintes du point de vue des ressources. Le Royaume souligne également l'importance de poursuivre la mise en œuvre des plans d'action existants, de renforcer la prévention, la responsabilisation et la réintégration des enfants touchés par les conflits, tout en tirant parti des expériences et des enseignements tirés au cours des dernières décennies. En conclusion, Monsieur le Président, le Royaume réaffirme son engagement indéfectible à soutenir les efforts internationaux visant à protéger les enfants dans les conflits armés. Nous soulignons que le succès de ces efforts ne se mesure pas uniquement par les engagements que nous adoptons, mais aussi par les résultats concrets que nous obtenons pour garantir aux enfants protection, éducation et sécurité, tout en préservant leurs droits et leur avenir. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:26:16]: Je remercie le représentant du Bahreïn de son intervention et je donne la parole au représentant des États-Unis. United States of America · Représentant [1:26:25]: Merci, monsieur le ministre, qu'il est bon de vous voir. Bienvenue. Félicitations à l'occasion de cette très bonne présidence de votre équipe en ce mois riche en événements. Chers collègues, Ce sujet est tragique pour tout le monde et ce sujet m'intéresse particulièrement. En Afrique, en Afghanistan, j'ai été sur le terrain et j'aimerais vous faire part d'une histoire que j'ai vécue en Afghanistan lorsque j'ai travaillé dans l'est de l'Afghanistan. Une personne qui m'a dit, qui a dit à mon équipe aussi, qu'il avait une arme secrète, une arme secrète. défaire les extrémistes. Il n'arrêtait pas d'insister sur le sujet et après l'avoir vu à plusieurs reprises avoir parlé de l'arme secrète, bon, je me suis quand même dit qu'il fallait que je la voie, cette arme secrète. Quelle est-elle? On ne comprenait pas trop personnellement et je pensais qu'il avait sans doute un missile, un fusil spécifique, un arsenal caché, allez savoir. Et lorsqu'il a enfin accepté de me montrer cette arme secrète, il m'a montré ses filles, ce vieil homme. C'était un vieil homme, analphabète, d'une région très conservatrice, où les femmes portaient toujours quelque chose sur la tête. Il était très fier de ces jeunes filles, qu'il voulait qu'elles aillent à l'école. Une devait devenir docteur. Il me dit: "Voilà, c'est ce qui va défaire les extrémistes. C'est là mon arme secrète." Ce père très fier. m'a dit que ces femmes, un jour, en feraient plus pour vaincre les talibans, les extrémistes, que sans chars d'assaut ou bombardiers. Il avait raison, oui. En fait, l'arme secrète, c'est l'éducation des femmes, des jeunes filles. Et lorsque les femmes et les jeunes filles sont épanouies, il n'y a pas d'extrémisme souvent. Et donc, chers collègues, je me suis rendu compte de pourquoi Al-Qaïda, Daesh, les talibans ont peur des femmes. Comme Malala Yousafzai l'a dit: "Ceux dont les extrémistes ont peur, ce sont les jeunes filles avec un livre, parce qu'elles détruisent leur idéologie et leur capacité de recrutement, elles empêchent de manipuler les esprits." Et malheureusement, il faut aussi, je crois, au Conseil de sécurité et à l'ONU, je pense, à l'UNICEF aussi, il faut réfléchir à tous les rapports, à signalements. 2,5 millions de jeunes filles afghanes ne vont pas à l'éducation secondaire depuis le retour des talibans au pouvoir. Une génération de médecins, d'enseignants, d'avocates disparue. Et l'Afghanistan n'est pas le seul dans ce cas, on le sait. En 1999, il y a des décennies, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1261 condamnant la prise pour cible et le recrutement illicite d'enfants dans les guerres et les attaques contre les et hôpitaux, et on l'a entendu de la part des intervenants aujourd'hui, l'ONU a vérifié plus de 38 000 violations graves contre 24 000 enfants, le bilan le plus lourd, le plus grand nombre d'enfants affectés depuis le début de. L'examen de la question par le Conseil, il y a 30 ans. Et donc, je pense que oui, bien évidemment, nous avons la responsabilité de changer la trajectoire, mais aussi de réfléchir, de faire introspection et de réfléchir au rôle de notre organisation. Nous avons nos responsabilités, de nous demander pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas. Et on peut bien évidemment se féliciter les uns les autres de la structure, des rôles de représentants spéciaux et du reste, mais je crois qu'il faut aussi qu'on se concentre davantage sur les résultats. Et les résultats, pour l'instant, manquent à l'appel. Après 30 années, on ne peut pas accepter une approche qui évalue le succès à l'aune du nombre de rapports produits, du nombre de réunions tenues. Non, nous ne pouvons pas regarder le problème comme on le fait pour beaucoup d'autres problèmes selon nous, en essayant de jeter des ressources supplémentaires, en appelant à des ressources supplémentaires, bien évidemment. Oui, bien sûr. Si les États membres voulaient verser des ressources, pourquoi pas? Mais demander des ressources supplémentaires, du personnel supplémentaire, bon, ça ne règle pas le problème. Il faut réfléchir au personnel, aux ressources que l'on a pour voir si elles sont. Utilisées comme il se doit et de façon efficace. Et donc, selon nous, les paroles doivent s'accompagner d'actes. Nous sommes d'accord pour dire que le problème est grave, c'est certain. Je pense, nous pensons, à vrai dire, que certaines personnes incarnent le niveau le plus élevé d'attention sur le sujet. D'ailleurs, Melania Trump, la première dame, est un exemple brillant. Le mois dernier, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, lors de la semaine de haut niveau, elle s'est rendu compte que des dizaines et des dizaines de familles et des enfants, bien évidemment, étaient piégés à Lychki en Ukraine, sans accès fiable à l'alimentation, aux médicaments, à l'électricité. Ces gens mouraient petit à petit, piégés dans une zone de guerre. Et au lieu d'appeler à ce que des mesures soient prises, au lieu d'exhorter les organisations à faire un rapport sur le sujet, elle décide de se retrousser les manches. Et la semaine dernière, la semaine dernière, imaginez, elle était à la tête des négociations d'un accord entre la Russie et l'Ukraine pour un cessez-le-feu local, pour permettre un acheminement d'une assistance vitale vers cette ville et pour que les civils, en fin de compte, puissent être évacués en toute sûreté. Bon, Bien évidemment, désormais, il faut être en mesure d'exécuter cet accord absolument extraordinaire. Et elle continuera à se concentrer vraiment sur le sujet, à s'assurer que ces enfants, que ces gens soient sauvés. Et chers collègues, je pense qu'on peut toutes et tous s'inspirer de ce genre d'action. Nous devrions tous encourager nos dirigeants et dirigeantes à agir efficacement. La première dame a aussi créé une coalition de plus de 60 pays. Des grands dirigeants technologiques, Amazon, Adobe, Google, Intel et d'autres encore, afin de permettre une multiplication des possibilités d'éducation, afin que des outils numériques sûrs soient accessibles pour les enfants en ligne, tout en étant protégés. Nous le savons, les enfants sont très, très vulnérables en ligne. Ces partenaires du secteur privé ont déjà annoncé plus de 23 millions de dollars de versement pour la mission de l'appui à l'avenir de la Première Dame et nous remercions les représentantes et représentants qui nous ont soutenus dans ce travail important. Elle estime, nous estimons d'ailleurs, que l'utilisation de technologies responsables peut améliorer l'éducation, peut s'accompagner de possibilités pour des enfants qui, en d'autres circonstances, n'auraient tout simplement pas la moindre chance. Mais les technologies, bien évidemment, s'accompagnent aussi de nouveaux dangers. Les groupes terroristes et les groupes armés exploitent les technologies numériques pour recruter, pour abuser d'enfants et son initiative est de travailler avec ces fournisseurs de technologies auxquels un grand nombre d'enfants ont accès dans le monde pour s'assurer que ces technologies sont utilisées de façon sûre. Donc la protection des enfants face à ces dangers est au cœur de l'initiative de la Première Dame. C'est aussi le travail d'une vie pour elle. Et c'est aussi le travail d'une vie d'un de mes amis personnels, star du football américain, qui a créé sa fondation, qu'il a présentée ici à l'ONU. Sa fondation a pour objectif de permettre à plus de pays de lutter contre l'exploitation en ligne. Et nous espérons que la Les données qui seront fournies par la Fondation, et nous remercions d'ailleurs tous ceux qui ont participé à cette manifestation, et nous espérons que ces données permettront de présenter des preuves, de mener des poursuites, de protéger en fin de compte les enfants qui sont exploités sans vergogne en ligne. Et c'est la raison pour laquelle nous avons soutenu la résolution de la Grèce, la 2832, adoptée à l'unanimité cette semaine, enfin la semaine dernière. Très bon travail de votre équipe et c'est pourquoi nous appelons à davantage de protection. face à ce type d'exploitation numérique en ligne, surtout dans les contextes de conflits absolument terribles. Chers collègues, nous avons abattu un travail extraordinaire ensemble, c'est certain. Nous avons des possibilités tout aussi extraordinaires, mais encore une fois, nous vous appelons à vous demander pourquoi nous en sommes où nous en sommes, pourquoi le bilan est terrible alors que ça fait des décennies que le Conseil de sécurité est animé des meilleures intentions qui soient. Et pour revenir à ce père afghan qui a été au début de mon histoire, il avait compris quelque chose très très profond: parfois les meilleurs investissements possibles dans la paix durable sont une jeune fille, un jeune garçon armé d'un livre. Le monde a besoin de plus d'armes secrètes de ce type face à ceux qui essayent de leur faire du tort. Nous avons une responsabilité, nous leur devons de mériter leur confiance. Nous devons mieux faire. Nous devons enregistrer des résultats de meilleure qualité pour qu'ensuite nous puissions arriver à l'objectif. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:35:44]: Je remercie le représentant des États-Unis de cette. Déclaration très forte et je donne la parole au représentant de la Somalie. Somalia · Représentant [1:35:54]: Merci, monsieur le Président. Nous remercions la présidente grecque d'avoir convoqué ce débat important qui tombe à point nommé. Nous remercions le ministère des Affaires étrangères d'avoir accepté de présider la séance de ce matin. Nous remercions les intervenants de leurs exposés, de leur attachement à protéger les enfants touchés par les conflits armés. Monsieur le Président, il y a 30 ans, la création du Mandat enfants et conflits armés a réaffirmé que les souffrances des enfants en situation de guerre exigeaient une attention et une action internationales soutenues. L'Assemblée rend hommage au personnel de protection de l'enfance, aux autorités nationales, aux partenaires internationaux, humanitaires, aux communautés qui ont traduit cette promesse en protection dans des conditions particulièrement difficiles. Le Mandat a accouché de résultats importants, Les enfants ont été libérés des rangs des forces armées, des groupes armés, des plans d'action ont été établis, des engagements afin de prévenir les violations, alors que la surveillance et les communications ont permis davantage de redevabilité et de coopération. Et pourtant, les violations persistent. Le fossé entre nos engagements et la vie quotidienne des enfants demeure inacceptable. Leur protection ne peut pas dépendre de leur nationalité, de leur emplacement géographique ou des jeux politiques. Et dans ce contexte, la Somalie insiste sur trois priorités. Tout d'abord, la mise en œuvre et la prévention doivent demeurer incontournables. Et pour plus de prévention, il faut prendre à bras le corps les moteurs du conflit, l'occupation étrangère, la pauvreté et les griefs non résolus, entre autres. Nous devons préserver Prévenir le recrutement, protéger les écoles et les hôpitaux, préserver l'accès humanitaire et soutenir la relance. Les gouvernements nationaux ont la responsabilité au premier chef, alors que la coopération internationale devrait renforcer les institutions nationales grâce à des financements prévisibles et une assistance technique. La désignation de la première envoyée spéciale de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés nous donne la possibilité de renforcer le leadership régional et la coopération avec l'ONU par le truchement de Madame Ensuite, il faut une cohérence dans la redevabilité et le respect du droit international sans deux poids deux mesures, et la souffrance des enfants palestiniens exige une attention de tous les instants. Les enfants de Gaza et du territoire palestinien occupé sont les victimes de meurtres, de blessures, de mutilations, de déplacements, de privations, de traumatismes sur le long terme, et de déplacements. Leurs écoles ont été détruites, sont inaccessibles, alors que les restrictions en matière d'aide ont privé les enfants d'alimentation, de soins de santé, d'éducation, de sûreté. L'occupation persistante du territoire palestinien occupé doit cesser. La puissance occupante, Israël, a une obligation juridique internationale au titre du droit international afin de fournir des services fondamentaux aux populations civiles et puissance occupante doit respecter pleinement, sans moindre exception, sans excuses ou sans plus attendre, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme. Les violations vérifiées doivent mener à des enquêtes crédibles et, lorsque ça s'applique, à des poursuites conformément au respect de la procédure. La protection de l'enfance doit aussi être intégrée pleinement au processus de paix, au cessez-le-feu et aux accords humanitaires. Troisièmement, nous Nous ne devons pas oublier les menaces émergentes: les drones, la prise pour cible assistée par l'intelligence artificielle, la surveillance numérique, les réseaux sociaux s'accompagnent de nouveaux risques, notamment de recrutement en ligne et d'incitation. Ces technologies doivent rester sous un contrôle humain significatif, il faut une supervision juridique et le droit international doit être respecté. En conclusion, nous devons défendre 30 années de progrès grâce à une volonté politique, à des comptes rendus et grâce à des investissements pérennes. En Afrique, on dit que pour élever un enfant, il faut un village. Et aujourd'hui, pour protéger un enfant, il faudra une communauté internationale mue par le même objectif. Et nous réaffirmons notre attachement à cette tâche. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:40:26]: Je remercie le représentant de de la Somalie, de la part de la République démocratique du Congo. Democratic Republic of the Congo · Représentante [1:40:32]: La République démocratique du Congo remercie la Grèce pour la convocation de cette séance d'information consacrée aux enfants aux conflits armés. Ma délégation salue votre présence, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, à cette réunion et remercie Madame Vanessa Frazier, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Madame Catherine Russell, directrice exécutive de l'UNICEF, ainsi que Madame Jane Le Bajan, l'envoyé spécial de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, ainsi bien sûr que la représentante de la société civile. Nous exprimons notre gratitude pour leurs exposés percutants ce matin. Cette rencontre revêt une importance particulière en cette année marquant le 30e anniversaire du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés. alors que la violation grave contre les enfants continue de s'aggraver. Les meurtres, les mutilations, enlèvements, recrutements forcés et attaques contre les écoles compromettent leur sécurité et leur éducation, ainsi que leur avenir. La République démocratique du Congo condamne fermement ces actes et rappelle que les établissements scolaires doivent demeurer des espaces sûrs, conformément au droit international humanitaire. Monsieur le Président, Depuis le rapport historique de Graca Machel en 1996, suivi des résolutions 51/77 et 16/12 de 2005, le mandat s'est doté de mécanismes essentiels de surveillance et de responsabilisation. Ces efforts ont notamment contribué à la libération de plus de 220 000 enfants et la conclusion de 38 plans d'action. Ces acquis doivent toutefois se traduire par une protection effective sur le terrain. En passant, la République démocratique du Congo salue l'adoption de la semaine dernière de la résolution 2832 sur le numérique. Monsieur le Président, la République démocratique du Congo subit de plein fouet les conséquences des conflits armés sur les enfants. Dans l'est de notre pays, les activités persistantes des groupes armés continuent de briser des enfances, d'exposer les enfants au recrutement forcé, aux enlèvements et aux violences sexuelles, tout en les privant de leurs droits fondamentaux à l'éducation. Grâce à cette réalité, la République démocratique du Congo a renforcé son engagement et sa coopération avec les Nations Unies à travers les plans d'action conjoints de 2012 et 2014, et ses efforts ont contribué aux progrès et ont conduit en 2017 au retrait des forces armées de la République démocratique du Congo de la liste des parties recrutant ou utilisant des enfants dans les conflits armés, marquant ainsi une avancée majeure dans la protection de l'enfance. Des mesures législatives sont également venues renforcer la protection des victimes et garantir leur droit à la réparation. Dans la continuité de ces engagements, la République démocratique du Congo s'est dotée d'un plan d'action national articulé autour de quatre priorités: la prévention, la protection, la lutte contre l'impunité et le renforcement des capacités institutionnelles. Sa mise en œuvre a permis des avancées significatives, notamment la formation de près de 5 000 personnels militaires, sécuritaires et judiciaires, ainsi que la réintégration de plus de 5 000 enfants associés aux groupes armés en 2025. Ces progrès ont été accompagnés par le renforcement du Conseil national de l'enfant, entité chargée de la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de droits de l'enfant. Cette dynamique a notamment permis l'élaboration de la politique nationale de l'enfant et de son plan stratégique 2026-2030, l'amélioration de la coordination institutionnelle, la création du système national d'information sur la protection de l'enfant et la mise en place du Parlement national des enfants en 2026. Enfin, sur le plan international, l'adhésion de la République démocratique du Congo aux principes de Vancouver en 2020 a consolidé cet engagement, notamment en matière de prévention du recrutement des enfants, de renforcement des capacités des forces de sécurité et de coopération avec les communautés locales. Monsieur le Président, malgré ces avancées à l'actif de mon gouvernement, la situation sur le terrain demeure préoccupante. L'expérience congolaise confirme que la protection de l'enfance doit être intégrée dans la conception des cessez-le-feu, des accords de paix et des mécanismes de justice transitionnelle. La libération des enfants, leur réinsertion durable et la protection des écoles doivent être des priorités incontournables. La République démocratique du Congo souligne également l'importance de renforcer les mécanismes d'alerte précoce et de documentation des violations, y compris grâce aux nouvelles technologies, tout en garantissant les droits et la sécurité des enfants. Monsieur le Président, la protection des enfants dans les conflits armés est une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle d'une paix durable. La République démocratique du Congo réaffirme son soutien au mandat des Nations Unies et appelle à redoubler d'efforts pour prévenir les violations, combattre l'impunité, préserver l'accès à l'éducation et renforcer les capacités nationales de protection. En ce 30e anniversaire, faisons de nos engagements collectifs des résultats concrets pour chaque enfant touché par les conflits. Car chaque enfant protégé aujourd'hui est une chance supplémentaire pour une paix durable. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:45:58]: Je remercie la représentante de la RDC de son intervention et je donne la parole au représentant de la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentant [1:46:06]: Monsieur Girapetridis, je suis ravi de vous accueillir à la présidence du Conseil de sécurité. Nous remercions la Grèce d'avoir organisé la séance d'information d'aujourd'hui sur ce sujet important: les enfants et les conflits armés. Nous saluons aussi la représentante spéciale du Secrétaire général sur la question des enfants et les conflits armés, madame Vanessa Freijare. Nous remercions Catherine Russell de l'UNICEF, et madame Jangé et madame Ellis. Nous remercions les intervenantes de leur contribution au débat. La question des enfants des conflits armés fait partie des thèmes les plus débattus au Conseil de sécurité. La semaine dernière, ici même, nous avons adopté la 15e résolution sur le sujet. Et les groupes de travail ont produit des dizaines de conclusions sur le sujet. Le 30e anniversaire de la création du mandat est l'occasion de faire le point objectif sur la mise en œuvre dans son ensemble. Les statistiques du rapport annuel du secrétaire général laissent songeur. Le nombre de victimes enfants de certaines années augmente et la source principale des victimes, c'est le Moyen-Orient. Dans le rapport, cela étant dit, toutes les violations ne figurent pas comme il le faudrait. Par exemple, il n'y a pas d'informations sur les crimes commis par les forces armées ukrainiennes. La Russie est en contact avec le bureau de la représentante spéciale du secrétaire général chargé de la question des enfants et des conflits armés. et pour essayer de trouver une solution à ce problème. Après les attaques de l'armée ukrainienne depuis 2022, il y a eu 313 victimes, 1590 enfants ont été victimes, 1903 au total. Entre 2014 et 2021, dans le Donbass, à cause de l'armée ukrainienne, 138 enfants sont morts et 439 ont été blessés. l'a dit, l'Ukraine ne se trouve toujours pas dans la liste des auteurs de violations à l'encontre des enfants. Nous pensons que cette situation doit absolument changer. Monsieur le Président, la question des enfants des conflits armés est pour la Russie une question particulièrement pratique. la question des réintégrations et de l'appui psychologique des rescapés, l'éducation, notamment à distance, les exercices d'évacuation dans les institutions pour enfants qui sont régulièrement sous attaque, la sensibilisation des mineurs quant aux risques relatifs aux mines. Tout cela fait partie de notre réalité, et pas uniquement dans les régions frontalières. Ce qui empêche la mise en œuvre du mandat du Conseil de sécurité pour les enfants confirmés, c'est le deux poids, deux mesures et les mensonges éhontés et tout à fait normalisés. Par exemple, la représentante de la Lettonie, qui. Nous accuse des accusations qui ne peuvent pas être confirmées par des faits. Elle multiplie les mensonges, comme d'habitude, avec des contradictions notables. Il en va de même pour la représentante du Danemark, d'ailleurs, et qui multiplient les mensonges et qui répètent les mensonges de leurs alliés de l'Union européenne. Nous sommes très au fait des menaces pour les enfants dans le milieu numérique, s'agissant des conflits armés. Et d'ailleurs, une résolution promobue par la Grèce a été adoptée. Alors que la communauté internationale continue de multiplier les initiatives internationales pour mieux faire entendre la voix des enfants et affirmant l'importance de prendre en considération l'opinion de chaque enfant au plus haut niveau possible. Alors que tout cela a lieu, en octobre 2020, l'habitante de Lougansk, Faina Savenkova, qui avait 12 ans à l'époque, était affichée sur un site scandaleux ukrainien appelé Mirodforiet. Faiseur de paix. Ce portail internet présente des données d'individus qui, selon les auteurs, méritent une liquidation parce que ce sont des ennemis de l'Ukraine. Et la raison de la publication de données de Faina était la demande de Faina au Conseil de sécurité de réfléchir à la question des enfants dans le Donbass. Une demande faite lors de la Journée des enfants. Et à la fin 2021, sur la base Myrotvorets, on retrouvait pas loin de 300 mineurs russes âgés de 2 à 17 ans. En 2025, plus de 100 mineurs russes ont été publiés sur la base. Parmi les enfants dont les données ont été publiées sur le portail, il y a aussi des ressortissants de la République du Bélarus, d'Ukraine, d'Azerbaïdjan, d'Israël, d'Ouzbékistan, de Moldova et bien d'autres pays encore. En janvier 2026, on a retrouvé aussi 25 enfants âgés de 2 voire 3 ans. 2 ou 3 ans, imaginez. En mai 2026, 7 mineurs russes âgés de 5 à 17 ans qui ont été ajoutés à ce site Mirodvarjest. En août 2026, On a retrouvé les données d'un jeune russe de 11 ans sur le site internet. Autre aspect numérique de la crise ukrainienne, qui est tout à fait logique dans le cadre de notre mandat, le recrutement de mineurs russes par les services secrets ukrainiens grâce à des robots conversationnels populaires chez les jeunes comme le Messenger, Telegram. Voici un des systèmes en cours: un représentant des services secrets ukrainiens entre en contact avec des jeunes en se faisant passer pour des jeunes filles, il leur envoie des liens de hameçonnage et leur demande la géolocalisation de leurs maisons, de leurs écoles et d'autres centres, par exemple, commerciaux. Ensuite, les jeunes sont mis en contact avec ce qu'on appelle des représentants des organes de sécurité qui exercent des pressions et les incitent à lancer des incendies ou des actes de sabotage. Nous espérons que le bureau de la représentante spéciale accordera l'attention qu'il faudra à cette question lors de ces travaux de collecte d'informations sur les risques liés à l'utilisation des technologies numériques pour la protection de l'enfance. Nous espérons que l'ONU, et surtout que la Représentante spéciale, adopteront des mesures holistiques pour que l'Ukraine supprime ce site Myroforets en mettant l'accent sur les enfants. Monsieur le Président, les technologies numériques jouent un rôle important dans la protection et dans le développement de l'enfance dans les conditions de conflit. notamment lorsqu'il est question de déployer des plateformes numériques d'enseignement autonome, de créer d'autres formations à distance en décalage notamment, et de créer aussi dans les zones de conflit des centres physiques temporaires avec un accès à l'internet et des groupes électrogènes permettant aux enfants de garder l'accès à des programmes scolaires et un appui psychosocial notamment. Ces mesures sont particulièrement critiques lorsque il n'y a tout simplement pas d'accès dans les situations de crise, surtout à Gaza. Gaza qui reste en situation de catastrophe humanitaire, ne l'oublions pas. Depuis 2023, le système d'éducation gazaoui a été détruit ou presque, ce qui empêche près de 700 000 enfants en âge d'aller à l'école, d'aller à l'école tout simplement parce que leurs écoles ont été soit endommagées, soit détruites. En Cisjordanie, notamment à Jérusalem Est, en 2024-2025, lors de l'année scolaire, nous avons observé 2040 incidents liés à l'enseignement, notamment 1218 en 2025 uniquement. Lors du premier semestre 2026, 224 incidents ont d'ores et déjà été signalés, 232 incidents qui ont touché 20 450 apprenants avec des restrictions d'accès, destruction de bâtiments, raids militaires à l'école, utilisation d'armes et détention sur le chemin de l'école ou retour de l'école. Monsieur le Président, la Russie se félicite de la participation de Madame Zhang Ye en tant que rapporteure lors de la séance d'information d'aujourd'hui. Nous sommes convaincus que la création dans la garde des l'Union africaine d'un rôle indépendant, distinct, se spécialisant dans la situation des enfants dans les conflits armés, représente un progrès significatif en la matière dans l'esprit de l'initiative « Un problème africain, solution africaine ». Tout d'abord, ce rôle permet de régler certaines questions liées à la situation des enfants à travers le prisme des causes profondes des conflits sur le continent africain. On peut énumérer parmi ces raisons la pauvreté, l'instabilité économique, la pauvreté des infrastructures, les confrontations internationales et interethniques, l'activité de groupes terroristes nombreux. En outre, de toute évidence, les sources de situations difficiles, se situent pas au 21e siècle, la majorité des conflits en fin de compte sont l'héritage du colonialisme. Ensuite, les activités de Mme Janghee servent de belle dynamique à la création d'une responsabilité nationale, une prise en charge nationale pour la prévention des violations graves contre les enfants, notamment grâce à des grandes initiatives nationales et régionales comme Faire taire les armes. Nous soulignons l'importance qu'il y a à renforcer la coopération internationale pour mettre en œuvre cette initiative et nous félicitons de sa prorogation à l'horizon 2030. Nous sommes convaincus que cette initiative sera prise en considération comme il se doit lorsqu'il sera temps de tirer le bilan du troisième sommet Russie-Afrique qui aura lieu le 29 octobre à Moscou. Nous notons aussi le rôle de figures de proue des Africains eux-mêmes dans le maintien de la paix dans la région et les efforts de l'Union africaine en tant qu'institution régionale principale responsable de la paix et de la sécurité. Troisièmement, nous espérons que l'inclusion de l'Union africaine dans cette question CAC permettra aussi de renforcer la transparence des travaux des équipes de pays de l'ONU lorsqu'il est question d'observer et d'établir des communications sur le continent africain. La transparence des méthodologies dans la collecte de données est indispensable à la confiance des États dans le système de l'ONU quatriement. Nous espérons que la désignation de la représentation spéciale de l'Union africaine permettra aussi un examen plus en profondeur des défis contemporains, notamment les nouvelles formes de néocolonialisme, l'ingérence dans les affaires internes et les pressions liées aux mesures coercitives unilatérales rendent plus difficile la situation des mineurs en condition de conflit. À ce sujet, l'influence négative des sanctions, notamment unilatérales, pour les mineurs dans les pays touchés par les conflits, était une des grandes questions abordées par Garissa Machel, artisane du dossier CAAC au Conseil de sécurité. Nous estimons qu'en ce 30e anniversaire, et alors qu'on essaie de trouver des solutions pour renforcer ce mandat, le Conseil accorderait une attention accrue à l'examen de cette question. Je vous remercie de votre attention, Monsieur le Président. Greece · Président du Conseil de sécurité [1:57:01]: Je remercie le représentant de la Fédération de Russie de sa déclaration. Je donne maintenant la parole au Pakistan. Pakistan · Représentant [1:57:10]: Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir organisé le débat d'aujourd'hui à l'occasion du 30e anniversaire de la création. Du mandat de Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés. Votre présence démontre bien l'importance que la Grèce accorde à cette question, et le rôle moteur de votre pays a permis de promouvoir cette cause au Conseil de sécurité. Je remercie également la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, madame Vanessa Frazier. Je remercie aussi la directrice exécutive de l'UNICEF, madame Catherine Russell, l'envoyée spéciale de l'Union africaine, madame Ajani Ajagne, ainsi que la directrice de Watchlist on Children in Armed Conflict, madame Elise, de leur présence. Le 30e anniversaire du mandat CAC. Et commémorée avec. En toile de fond un contexte particulièrement préoccupant: 38 558 violations graves perpétrées en 2025 contre les enfants. C'est un chiffre inédit qui. N'apparaît pas dans le vide et qui démontre un mépris très clair du droit international, la prise pour cible aveugle des enfants, aggravée dans certains cas par des armes utilisant l'IA. Nous sommes également face à la spirale croissante des conflits armés et face à l'incapacité de la diplomatie internationale à remédier à ces conflits. Le triste sort des enfants est encore plus alarmant dans les cas d'occupation étrangère. Plus de 12 000 incidents, de violations graves, y compris des meurtres et des mutilations, sont intervenus. En un an en territoire palestinien occupé. D'innombrables enfants palestiniens portent les cicatrices de ces traumatismes psychologiques. Certains ont des membres amputés ou se retrouvent paralysés. Nous sommes très attachés au mandat CAAC. Nous nous félicitons de l'engagement actif, du rôle moteur de Mme Fraizer ainsi que de la directrice exécutive de l'UNICEF. Nous les remercions de leur rôle pour assurer la sécurité et la protection des enfants. En tant qu'État partie au Protocole, nous restons déterminés à mettre en œuvre les dispositions. Nous avons. Pris des mesures très importantes pour protéger les enfants, y compris en créant une commission nationale sur le droit des enfants, nommant un interlocuteur au niveau national et en entérinant les principes de Vancouver. Alors que nous réaffirmons notre détermination aujourd'hui à redynamiser le mandat de la CAC, nous voudrions formuler les suggestions suivantes. Premièrement, le plein respect du DIH et du DH par les parties aux conflits armés. Deuxièmement, le règlement juste des conflits armés et de l'occupation étrangère conformément au droit international et aux résolutions applicables du Conseil de sécurité. Troisièmement, une gouvernance inclusive de l'IA utilisée pour des armes et un cadre approprié solide. Quatrièmement, rapports et communication des situations par les mécanismes appropriés. Cinquièmement, élimination du fossé numérique, notamment dans les zones touchées par les conflits, grâce à l'infrastructure requise, les connexions nécessaires, en accordant la priorité aux enfants, notamment les enfants handicapés. Sixièmement, appropriation nationale, renforcement des capacités dans le cadre des stratégies et initiatives pour protéger les enfants. Et enfin, surtout, encourager une culture de reddition de comptes en éliminant l'impunité. Monsieur le Président, le 30e anniversaire du mandat CAC est l'occasion idéale pour réexaminer les réalisations en matière de protection des enfants ces 30 dernières années, de réfléchir sur les enseignements tirés et, plus important encore, c'est l'occasion de réaffirmer notre ferme attachement à la protection des enfants dans les conflits armés et ailleurs. Je voudrais rappeler que le Pakistan est absolument déterminé à travailler avec les autres membres du Conseil, la Représentante spéciale, pour que nos efforts collectifs aboutissent à un avenir sûr et prospère pour nos enfants. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [2:01:39]: Je remercie le Pakistan de sa déclaration. Je donne maintenant la parole au Liberia. Liberia · Représentant [2:01:47]: Je vous remercie, Excellence. Le Liberia remercie la Grèce d'avoir organisé cette séance et nous souhaitons la bienvenue au ministre des Affaires étrangères de la Grèce. Et nous souhaitons aussi la bienvenue à la vice-ministre des Affaires étrangères de la Lettonie. Nous remercions la représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, à la fois pour son exposé et pour tout le travail abattu. Nous voudrions par ailleurs remercier la directrice exécutive de l'UNICEF. l'envoyé spécial de l'Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, et nous remercions aussi la directrice de Watchlist on Children and Armed Conflict de leurs exposés qui nous incitent à la réflexion. Monsieur le Président, 30 ans après le lancement de ce mandat, Les réalisations sont bien réelles. Comme nous l'avons entendu, l'écart entre la protection que nous protégeons et les vies d'enfants qui continuent d'être détruites par la guerre reste elle aussi bien réelle. Il y a lieu de le répéter, et les intervenants l'ont d'ailleurs fait. En 2025, les Nations Unies ont confirmé que plus de 24000 enfants avaient été touchés par les violations graves. Il s'agit là du chiffre le plus élevé depuis le début du mandat. La situation est grave et exige que soient prises des décisions politiques à la hauteur des dommages infligés. Monsieur le Président, le Liberia se fonde sur cette expérience. Nous savons très bien ce qui se passe lorsque les enfants sont aspirés par la guerre. Nous savons tout le travail nécessaire, jour après jour, pour les aider à retrouver leur enfance et à reconstruire leur vie. La libération d'un enfant qui était aux prises d'un conflit armé n'est que le départ, ce n'est que le début. Notre responsabilité reste évidente bien après que les armes étaient déposées. À cet égard, nous voudrions mettre l'accent sur trois priorités. Voici nos propositions. Premièrement, nous devons défendre la crédibilité du mandat et la capacité d'action. La communication des informations, la surveillance doivent être impartial, se fonder sur les éléments de preuve et protégés face à toute pression politique. L'inscription sur les listes, la radiation des listes doivent obéir à des critères cohérents, applicables à tous et toutes, sans distinction. Les plans d'action doivent être assortis d'échéance. Ils doivent donner lieu à des résultats vérifiés et à un suivi dans la durée. D'engagement, être assorti de respect des décisions prises, et les auteurs de violations doivent rendre des comptes. Le personnel chargé de la surveillance et de l'aide humanitaire doit pouvoir bénéficier de l'accès requis. Lorsque l'accès est entravé, il ne faut pas confondre la baisse des chiffres avec une une protection prétendument améliorée. Deuxièmement, la protection doit devenir une réalité face au nouveau visage de la guerre. Le Liberia se félicite de la résolution 2832 sur les technologies numériques et nous félicitons le rôle moteur joué par la Grèce à cet égard. Les États, les entreprises technologiques et les partenaires chargés de la protection doivent se pencher sur la question du recrutement en ligne et contrer ce recrutement tout en préservant les droits des enfants. Le même sentiment d'urgence s'applique dans le cas des armes explosives, des attaques contre les écoles et les hôpitaux et le déni d'accès humanitaire. La vulnérabilité particulière des enfants, doit être prise en compte dans la planification et la conduite des opérations militaires. Troisièmement, le relèvement dans le cas des enfants doit faire doit faire partie intégrante des fondations jeté pour établir la paix sur le plan politique. Les négociations de paix et les négociations en vue d'un cessez-le-feu devraient inclure des engagements concrets pour la libération des enfants, leur remise en toute sécurité et la réintégration. Ces mesures devraient commencer pendant que les négociations se poursuivent. L'expérience du Liberia, Monsieur le Président, souligne l'importance de l'éducation, de l'accompagnement psychosocial, de la réunification familiale et de l'acceptation par les communautés, le soutien devant être adapté aux filles et aux garçons, y compris aux rescapés de la violence sexuelle. Lorsque les opérations de paix se retirent petit à petit, le Conseil devrait déterminer qui va assumer les fonctions de protection des enfants, avec quelles ressources, et il doit définir les vides à éviter. Monsieur le Président, un accord de paix doit offrir aux enfants un avenir que les groupes armés ne peuvent pas enlever. Il faut pour ce faire un financement prévisible, une appropriation nationale, et il faut que les enfants concernés aient vraiment la possibilité de contribuer à refaçonner leur avenir. A l'occasion de cet anniversaire, je voudrais en conclusion que nous puissions juger nos progrès en en déterminant si les enfants vivent davantage en sécurité, en voyant si les auteurs des violations doivent vraiment rendre des comptes, et en voyant si les enfants qui quittent les zones de conflit, qui quittent la guerre, peuvent vraiment y échapper pour toujours. Il s'agit de voir si les enfants peuvent rentrer chez eux, si les familles peuvent se réunir, si une communauté peut s'améliorer, si un meilleur avenir est offert au pays. Voilà la réalité que nous devons viser. Je vous remercie. Greece · Président du Conseil de sécurité [2:10:06]: Je donne maintenant la parole au Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentante [2:10:10]: Je vous remercie, Excellence, Monsieur le Président. Je voudrais vous souhaiter la bienvenue, Monsieur le Ministre, dans cette salle. Je remercie la représentante spéciale, Madame Frazier, la directrice exécutive, Madame Russell, l'envoyée spéciale, Madame Jagnez, et la directrice Bethany Ellis. Trente ans après son adoption, le mandat CAC continue de viser à protéger les enfants. dans les situations de conflit. Il y a eu des résultats positifs, comme nous l'avons vu: plus de 40 plans d'action des Nations Unies ont été convenus avec des belligérants pour mettre un terme aux conflits, pour faire cesser des violations graves, et cela a permis de d'extirper des forces armées plus de 220 000 enfants, des forces armées, de groupes armés. C'est donc un espoir qui est donné aux. Enfants avec réunification familiale, un accompagnement psychosocial pour la santé mentale et un accès à l'éducation. Mais il y a encore beaucoup à faire. Comme nous l'avons également entendu aujourd'hui, la situation pour les enfants confrontés aux conflits armés reste. Grave et les graves violations. reste très présente. Et la menace évolue avec de nouvelles méthodes de guerre, de nouvelles technologies. Au Soudan, près de 80 % des victimes d'enfants durant le premier semestre de cette année étaient attribuées à des attaques au drone. En Ukraine, les attaques menées par les Russes ont tué et blessé des enfants et endommagé les infrastructures civiles dont ils dépendent, y compris les hôpitaux et les écoles à Gaza. 700 000 enfants ne peuvent pas aller à l'école car les écoles sont détruites ou endommagées. Il est donc absolument crucial de continuer de surveiller la situation et de faire rapport pour voir comment cette menace évolutive touche les enfants. Il faut également renforcer le dialogue avec les parties et faire en sorte que les auteurs de violations rendent des comptes. Nous nous félicitons de l'adoption par le Conseil, la semaine dernière, de la résolution 2832, qui reconnaît l'impact des technologies numériques sur les enfants dans les conflits armés. Cette résolution a renforcé l'accent mis sur les nouveaux risques, y compris en essayant de voir comment les technologies sont utilisées ou peuvent être utilisées pour recruter des enfants dans les conflits armés. Nous remercions la Grèce de son rôle moteur sur cette résolution. Nous demandons à toutes les parties énumérées dans le rapport du Secrétaire général de discuter de façon constructive avec les Nations Unies pour accepter et mettre en œuvre des plans d'action afin de prévenir et de cesser les graves violations contre les enfants. Monsieur le Président, alors que le respect du DIH est sous tension, nous devons protéger tout le travail effectué ces 30 dernières années et continuer sur cette voie. C'est-à-dire que nous devons continuer d'améliorer le mécanisme, nous devons veiller à ce que les Nations Unies aient les capacités nécessaires pour faire leur travail, et il faut assurer la mise en œuvre cohérente du cadre CAC. Le Royaume-Uni continuera de défendre activement tout ce travail. Je vous remercie. Chair [2:13:27]: Je remercie la représentante du Royaume-Uni de sa déclaration. Pas d'autres orateurs ou oratrices inscrits sur ma liste. La séance est levée.