有关海地的问题 - 安全理事会, 第10246次会议 安全理事会 Date: 19 October 2026 Language: French Transcript: https://transcripts.un.org/zh/sc/10246?lang=fr Transcripts available through this tool are created by using automatic speech recognition and are not official records nor official documents of the United Nations. Official records and official documents are available on the Official Document System of the United Nations. --- UNSC · Présidente du Conseil [0:02]: Je déclare ouverte la 10 246e séance du Conseil de sécurité. L'ordre du jour provisoire de cette séance: la question concernant Haïti. L'ordre du jour est adopté. En vertu de l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, J'invite les représentantes ou représentants de la République dominicaine, d'Haïti, du Mexique et de Saint-Christophe-et-Niévès à participer à la présente séance. Il en est ainsi décidé. Au nom du Conseil, je souhaite la bienvenue à Son Excellence, M. Enrique Ochoa, ministre adjoint des Affaires multilatérales et des droits humains du Mexique. En vertu de l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, j'invite les intervenantes et intervenants suivants à participer à la présente séance. M. Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau des Nations unies en Haïti, le Banu. M. Jack Christophides, représentant spécial de la Force de suppression des gangs en Haïti et madame Daniela Kroselak, chef du BANU. Il est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va entamer l'examen du deuxième point de l'ordre du jour. J'attire l'attention des membres du Conseil de sécurité sur le document portant la cote S/2026/800. le rapport du Secrétaire général sur le Bureau intégré des Nations unies en Haïti, le BINUH. Et je donne la parole à M. Carlos Ruiz Massieu. BINUH · Représentant spécial du SG et chef du BINUH [2:10]: Merci, Madame la Présidente. C'est un plaisir de faire le point au Conseil de sécurité aujourd'hui, et c'est un plaisir de le faire avec mon collègue Jack Christofides et ma collègue madame Daniela Crosslac. Alors que nous entamons la séance de ce matin nous sommes vivement préoccupés par une embuscade qui s'est déroulée hier prenant pour cible des soldats d'El Salvador Nous espérons que la situation s'améliorera et bien évidemment, nos pensées accompagnent nos collègues de la Force de suppression des gangs. Nos collègues sont déterminés à aider le pays dans ce processus. Distingués membres du Conseil, depuis mon dernier exposé périodique en juillet, les efforts visant à faire avancer la transition politique en Haïti se sont poursuivis avec détermination. Et malgré un contexte sécuritaire difficile, les préparatifs électoraux ont atteint un niveau d'avancement sans précédent depuis plus d'une décennie. À ce titre, l'enregistrement de plus de 35 partis et de regroupements politiques, ainsi que de plus de 3 500 candidats brigant des fonctions électives, témoigne d'un large engagement en faveur de la poursuite du processus électoral. Fort de ces avancées, les efforts visant à adapter le cadre électoral aux réalités du terrain se sont poursuivis, notamment à travers la publication, le 6 octobre, du décret électoral révisé. Parmi les mesures adoptées, figurent la prolongation de la période d'enregistrement des candidats, des dispositions destinées à faciliter les candidatures des femmes et l'introduction de l'inscription en ligne des électeurs. Ces mesures constituent des étapes importantes visant à promouvoir un processus plus participatif et inclusif. dans un contexte où le nombre d'électeurs inscrits demeure nettement inférieur à la taille estimée du corps électoral. Madame la Présidente, les modifications apportées aux critères d'éligibilité des candidats, en particulier en ce qui concerne le traitement des personnes visées par des sanctions bilatérales et régionales, ont fait l'objet de débats tant au niveau national qu'international. Quelle que soit la décision finalement prise par les autorités haïtiennes à ce sujet, ces discussions ont mis en lumière la nécessité urgente de disposer de mécanismes nationaux robustes pour traiter les allégations de criminalité et de corruption. Le renforcement de l'État de droit et du système judiciaire sera essentiel pour restaurer la confiance publique dans les institutions de l'État et s'attaquer aux causes profondes de l'érosion de l'ordre démocratique. Alors que les autorités électorales entreprennent de réviser le calendrier électoral, il est nécessaire que tout ajustement repose sur une évaluation réaliste des conditions logistiques et sécuritaires prévalant dans le pays. Nous devons être clairs. L'annonce répétée des dates électorales sans une évaluation réaliste de leur faisabilité ne peut qu'éroder la confiance de la population et la crédibilité des institutions haïtiennes. Dans cette perspective, une coordination étroite entre le gouvernement et le Conseil électoral provisoire, dans le respect de leurs mandats respectifs, sera indispensable. Fait encourageant, le 5 octobre, le Conseil des ministres a adopté une résolution introduisant des mesures destinées à assurer l'égalité des chances entre tous les acteurs politiques et à assurer l'impartialité des autorités publiques tout au long du processus électoral, y compris les sanctions en cas d'utilisation des ressources de l'État à des fins électorales. leur mise en œuvre effective sera essentielle pour renforcer la confiance du public et protéger l'intégrité du processus électoral. Un engagement national fort, soutenu par un appui régional et international continu, sera indispensable pour maintenir l'élan des préparatifs électoraux. Le BINU continuera d'y contribuer en élargissant son engagement avec les partis politiques, la société civile et les autres parties prenantes afin de promouvoir le dialogue interethnique, en fournissant et en coordonnant l'assistance électorale internationale et en renforçant ses activités de sensibilisation auprès des primo-votants, en particulier les jeunes et les femmes. Madame la Présidente. Alors que je fais le point aujourd'hui, des gangs armés continuent de mettre en péril les autorités de l'État et infligent des vagues de violence à la population haïtienne. Les forces de sécurité sont soutenues par les forces de suppression des gangs et ont multiplié les opérations, mais la sécurité persiste, sapant la stabilité, empêchant tous les efforts de restauration. de l'autorité de l'État et perturbant la vie quotidienne du peuple haïtien. Entre juillet et septembre de cette année, nous avons documenté plus de 1 000 morts et plus de 100 victimes d'enlèvement. La violence sexuelle demeure généralisée, alors que les groupes de défense continuent de se multiplier. Les meurtres aveugles à Miskov, qui ont Le 28 août dernier, provoquer une séance d'urgence du Conseil de sécurité nous rappelle la brutalité de la violence des gangs. Les attaques suivantes dans d'autres régions du pays, y compris dans les zones rurales, ont souligné la portée géographique de l'insécurité. Nous sommes particulièrement préoccupés par la capacité des gangs à adapter leurs opérations sécuritaires et leurs tactiques sur le terrain. Nous observons une dépendance accrue à la violence et des représailles contre les communautés, les prises d'otages notamment et d'autres formes d'intimidation, alors que les gangs cherchent à miner l'autorité de l'État et à préserver leur emprise territoriale, tout en propageant la peur. Je condamne fermement ces actes et j'appelle les autorités haïtiennes à prendre toutes les mesures nécessaires à la protection des populations locales, y compris en renforçant les capacités des institutions sécuritaires nationales pour réagir comme il se doit face à une évolution de la menace. Dans ce contexte très difficile, certains faits positifs ont été enregistrés, malgré notre attention, cela étant dit. Avec l'appui du Bureau d'appui des Nations Unies en Haïti, la Force de répression des gangs a accru son empreinte à Port-au-Prince et dans certains départements grâce à l'appui de contingents supplémentaires. Ma présence aujourd'hui à aux côtés du représentant spécial et de la chef du Banu prouve bien que nous souhaitons une riposte coordonnée conformément aux décisions prises par le Conseil de sécurité, dont le soutien indispensable en Haïti doit être salué. Je me félicite aussi de la décision du gouvernement haïtien de renforcer de façon substantielle les financements pour les institutions sécuritaires d'État et de renforcer les capacités de la police nationale haïtienne et des forces armées haïtiennes. Ces efforts, avec l'appui de leurs partenaires internationaux, sont essentiels à permettre aux institutions haïtiennes d'assumer leurs responsabilités pour la restauration de la stabilité et pour asseoir l'autorité de l'État. Bien évidemment, ces faits sont significatifs. Le plus plein déploiement de la Force de suppression des gangs demeure toutefois indispensable, et le soutien du Conseil de sécurité sera crucial pour s'assurer que la Force puisse atteindre ses capacités opérationnelles maximales sans plus attendre. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, l'expérience nous a bien prouvé que les opérations de sécurité seules ne peuvent pas accoucher d'une stabilité sur le long terme. Pour des progrès durables, il faut une approche totale dirigé par les Haïtiens, qui combine une récupération des territoires avec une présence de l'État accrue, des efforts multiples en matière de démantèlement, de réintégration et de désarmement, avec une attention toute particulière accordée aux enfants recrutés par les groupes armés. Je demeure fermement attaché à soutenir les efforts de paix, en accompagnant notamment la Commission nationale du désarmement, le démantèlement et la réintégration dans ces consultations d'ampleur nationale et dans la mise au point, surtout, d'un programme DDR national tel que demandé par le Conseil de sécurité. Madame la Présidente, la situation socio-économique et humanitaire en Haïti demeure vivement alarmante. Les populations vulnérables continuent d'être les principales victimes de la violence des gangs. Ces trois derniers mois, l'insécurité est revenue et a déplacé plus de 17 000 personnes. Le total de personnes déplacées dans le pays atteint presque les 1,5 million, y compris La moitié de ces personnes sont des enfants. Alors que l'économie d'Haïti devrait se contracter pour la septième année consécutive en 2026, les besoins humanitaires continuent d'être très largement supérieurs aux ressources disponibles. Moins de la moitié de la riposte humanitaire prévue pour Haïti cette année a été financée. Sans une augmentation de l'appui international, le fossé entre les besoins disponibles et l'assistance nécessaire devrait encore se creuser. Madame la Présidente, les mois à venir seront une fenêtre de tir pour parvenir à des progrès tangibles et pour ouvrir ensuite la voie à la restauration d'institutions démocratiquement élues. Pour se saisir de cette possibilité, il faut des progrès pérennes qui se renforcent mutuellement en matière politique, électorale, et il faut aussi une mise en œuvre des sanctions du Conseil de sécurité. Ce sera indispensable. Conformément aux dispositions de la résolution 2814 adoptée il y a peu par le Conseil de sécurité, la mission continuera à travailler étroitement avec l'autorité haïtienne pour soutenir la mise en œuvre du régime de sanctions de l'ONU. Le peuple haïtien continue de faire montre d'une résilience remarquable en dépit de souffrances extraordinaires. Le peuple haïtien, désormais, mérite d'observer une amélioration tangible de sa vie quotidienne. Et dès lors, j'appelle les États membres à continuer à soutenir Haïti et à continuer à faire montre de solidarité envers le pays, notamment en contribuant au Fonds d'affectation pour la force de suppression des gangs et pour le Fonds pour le dividende de la paix d'Haïti, en promouvant une approche complémentaire qui combine les interventions sécuritaires et les mesures en matière de désarmement, de démantèlement, de réintégration et de justice. Une prise en charge nationale forte, soutenue par un appui international, notamment de la part du Conseil de sécurité, seront indispensables pour promouvoir les objectifs sécuritaires, pour que la transition se conclue avec fruit et pour jeter les bases d'une paix et d'une stabilité durables en Haïti. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, en dépit de nos efforts nombreux aux côtés du peuple haïtien, nous n'avons toujours pas atteint notre objectif commun. Et aujourd'hui, nous avons une possibilité d'y parvenir à nouveau grâce une approche novatrice collective qui fédère la force de répression des gangs et sa force, le leadership politique du BINU et le soutien du BANU pour un leadership politique. Travaillons main dans la main avec Haïti pour traduire ces engagements partagés en mesures, en progrès tangibles et durables pour tout le peuple haïtien. Je vous remercie, Madame la Présidente. UNSC · Présidente du Conseil [15:18]: Je remercie Monsieur Carlos Ruiz-Massieu de son exposé et je donne la parole à Monsieur Jack Christofides. Speaker 4 [15:30]: F. Christofides, merci Madame la Présidente. C'est un honneur d'avoir la parole après Monsieur Ruiz-Massieu et avant Madame Ockross-Lag. Je remercie le Conseil d'avoir adopté la résolution 28/29 qui permet une continuité de la force de suppression des gangs à ce moment critique. Lorsque vous avez adopté cette résolution, un grand nombre d'entre vous vous êtes concentrés sur le déploiement rapide de la force, sur l'utilisation de son mandat pour neutraliser, isoler et dissuader les gangs et sur le rôle plus actif que pouvait jouer le Conseil de sécurité pour évaluer les résultats et donner des directives. Et je vais essayer de répondre à toutes ces questions. Tout d'abord, s'agissant du déploiement. Alors, le week-end dernier, six pays contributeurs ont envoyé 2000 personnes en Haïti, ce qui représente environ un tiers de la force autorisée. Mais le personnel, ce n'est pas la contrainte principale. Le problème, c'est le déplacement des personnes, des équipements, les communications, les véhicules et les capacités de surveillance, de renseignement, de reconnaissance qui rendent une unité utile lorsqu'elle est à Haïti. Un contingent fonctionne lorsqu'il peut contribuer aux opérations. Donc les chiffres, c'est important, mais les articles aussi. Envoyer des soldats ou des personnes de police sans outils adéquats, ça met notre personnel et les civils en danger. Ensuite, d'autres contingents devraient venir d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. J'ai appelé tous les partenaires avec des capacités logistiques à nous venir en aide. Je me félicite du travail abattue par le groupe de partenaires et l'ONU pour essayer de simplifier les modalités d'envoi d'équipements en Haïti pour que le soutien puisse suivre le rythme des opérations. Ensuite, la Force fait la différence avec les outils à sa disposition. Avec les capacités disponibles, nous nous sommes concentrés au lieu de nous disperser. Depuis août, la Force a établi plusieurs présences. dans l'Artibonite et nous avons ouvert des bases opérationnelles avancées à Delma et dans le terminal Vareux. Nous avons mené des patrouilles indépendantes et conjointes avec la police nationale haïtienne et nous avons supprimé des barricades et des points de passage des gangs sur des routes importantes. Nous avons saisi des armes en tant que preuve et partagé des informations avec les autorités grâce au groupe d'experts et au système Itrace. Lorsque nous avons réussi à asseoir une présence opérationnelle pérenne à Delma et à Tabar. Nous avons observé des signes prometteurs de réduction de l'influence et du contrôle des gangs. Nous devrions nous féliciter de ces progrès, sans exagérer. Les gangs sont un vrai défi pour la Force. Nous avons enregistré une augmentation du nombre d'incidents hostiles contre notre Force, passant de deux à 15 en un mois à peine. Hier, des membres du personnel d'El Salvador de la Force ont été attaqués à Port-au-Prince. Nous n'avons pas encore fait toute la lumière sur les circonstances, mais nous réfléchissons aux ripostes et aux implications pour l'appui opérationnel et pour la protection de la force. L'expérience nous prouve que les gangs s'adaptent, qu'ils adaptent au plan local leurs attaques et malheureusement, qu'ils recourent de plus en plus souvent aux enlèvements. Ils cherchent des possibilités et. avancent de plus en plus loin dans l'Artibonite, à Grécia, à Kenscoff. Notre tâche est de nous concentrer sur les zones où on peut vraiment faire la différence, mais la réalité est que nous ne pouvons pas être partout. Nous avons aussi vu des gangs procéder à des représailles contre les communautés locales, à Gromon par exemple, avec des meurtres de représailles qui ont eu lieu après des opérations de la force de répression des gangs en collaboration avec les forces de sécurité haïtiennes. Troisième point, Nous opérons en respectant les normes les plus strictes d'intégrité. Toutes les opérations ont été menées dans le cadre de mesures de répression, en respectant pleinement les normes des droits humains. Les individus détenus après les opérations ont été transférés aux autorités haïtiennes dans les 48 heures, et des garanties spécifiques sont en place pour les enfants. Nous notons que lors de nos opérations et lorsqu'il y a eu des échanges de tirs avec les gangs, seul un mineur a été saisi et cet individu, désormais, a été pris en charge par le Centre d'orientation et de formation. La force a mis la main sur 26 individus lors d'opérations de lutte contre les gangs. Toutes ces personnes ont été traitées dans le cadre des procédures établies et transférées sous garde à vue haïtienne. 18 personnes ont été libérées ensuite, soulignant le défi central, c'est-à-dire la mise en œuvre des mesures judiciaires dans le cadre de contraintes capacitaires importantes. Nous savons aussi qu'il faut respecter les règles en termes de redevabilité et donc, s'agissant des saisies sur le court terme, nous avons des modalités qui permettent aux individus de traiter de façon sûre leurs droits sont protégés et il faut respecter le temps nécessaire aux preuves et aux documents avant que cette personne soit traitée devant les tribunaux haïtiens. Je remercie le BANU de son assistance et de ses infrastructures qui ont permis ces modalités. Tous les mois, nous faisons le point sur les droits humains avec les Nations unies et notre directive sur les questions disciplinaires est en vigueur. Les allégations de conduite abusive sont prises au sérieux et nous utilisons les procédures appropriées en la matière. Nous allons bientôt réexaminer notre concept d'opération dans le cadre des enseignements que nous avons tirés ces derniers mois. Dans notre rapport demandé par le Conseil de sécurité, nous ferons le point sur les faits Pourquoi nous sommes à l'heure et nous sommes en retard? Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, bien évidemment, bouter les gangs hors d'une zone, c'est important, mais ce n'est pas une fin en soi. La question est de savoir si les gains sécuritaires peuvent être consolidés, maintenus. Comme mon collègue, le représentant spécial du Secrétaire général, l'a dit, une fois qu'un territoire a été reconquis, l'État doit agir rapidement pour restaurer les services essentiels, les institutions et pour à nouveau donner des possibilités aux communautés locales, sans quoi les conditions qui ont fait le lit des gangs ne pourraient pas résister et les gangs pourraient faire un grand retour. La force doit contribuer à un transfert durable de responsabilité pour les institutions haïtiennes. Il faut un plan avec le gouvernement, la force, le BINUH et toute la famille de l'ONU en Haïti. C'est nécessaire. Nous continuons à nous y atteler. Il en va de même pour le processus politique. La force joue un rôle important, mais indirect, en affaiblissant les gangs et en créant suffisamment de marge de manœuvre pour que les autorités puissent prendre les rênes de la situation. Je remercie le groupe des partenaires, l'ONU, les pays participants et le gouvernement d'Haïti de leur soutien, de leur partenariat. Il y a une vraie dynamique, mais les défis sont tout aussi réels. Notre priorité immédiate est de s'assurer que le personnel entrant est préparé au déploiement pour nous concentrer sur les zones où on peut ancrer les acquis sécuritaires. On peut transférer les responsabilités aux institutions haïtiennes qui auront les capacités de maintenir ces institutions. Madame la Présidente, la force a été établie par le Conseil pour aider urgemment les autorités haïtiennes à reprendre la main. L'objectif n'est pas de remplacer l'État. Notre succès est donc mesuré à l'aune de la relance en Haïti et de sa possibilité de protéger les citoyens et dans les responsabilités assumées, leurs responsabilités et à garantir la sécurité que nous avons participé à renforcer. C'est l'objectif du mandat, c'est la responsabilité que nous avons. Nous devons soutenir Haïti. Je vous remercie de votre confiance et de votre soutien. UNSC · Présidente du Conseil [23:11]: Merci, M. Christophe Fidesz. Je vais donner la parole à Mme Daniela Kroszlac. UNSO · Cheffe du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti [23:17]: Madame la Présidente, Excellence, Merci beaucoup de me donner la possibilité de m'exprimer. Lorsque j'ai fait le point pour la dernière fois au Conseil de sécurité, le 20 juillet, le BANU était en train de rationaliser son architecture d'appui établie au titre de la résolution 2793. Trois mois plus tard, nous soutenons une force de suppression des gangs de plus en plus importante qui élargit son empreinte géographique. Le mandat dix mois au titre de la résolution 2829, adoptée le 29 septembre, arrive à un moment charnière. Alors que la Force est en passe d'obtenir des capacités opérationnelles complètes, notre objectif est de renforcer sa présence opérationnelle grâce à un appui logistique résilient, une coordination opérationnelle étroite et grâce à des garanties solides en matière de droits humains. J'aimerais faire le point sur les progrès au titre des quatre priorités stratégiques du BANU, et je voudrais aussi vous parler des défis qui nous attendent. Madame la Présidente, notre première priorité est de soutenir le déploiement et l'expansion de la Force de suppression des gangs. Lorsque je m'y suis exprimé pour la dernière fois, en juillet, la Force ne représentait que 1 000 personnes. Depuis lors, le BANU a soutenu des déploiements supplémentaires du Bangladesh, du Tchad, du Guatemala, du Sri Lanka, doublant la Force sur le terrain. Le BANU et le Département de l'appui opérationnel ont été rigoureux pour surmonter les défis associés à la préparation du personnel, à la disponibilité et au transport de l'équipement. Nous nous sommes aussi concentrés sur la mise en œuvre du paragraphe premier de la résolution 2829 et du paragraphe 10 du dispositif de la résolution 2793. Dès lors, nous pensons qu'il va y avoir une accélération significative du déploiement d'ici à la fin de l'année 2026. ce qui pourrait ensuite se solder par une augmentation substantielle de la capacité de déploiement de la force de suppression des gangs. Le Département de l'appui opérationnel et le BANU ont été très conscients des coûts économes tout en garantissant des déploiements rapides. Récemment, nous avons décidé de transporter les premiers groupes du Bangladesh et du Sri Lanka pour permettre des capacités entre Colombo et Port-au-Prince, évitant des coûts d'un million de dollars pour des vols qui auraient été nécessaires entre Dhaka et Port-au-Prince. Le BANU continuera à permettre le déploiement et continuera à fournir l'appui nécessaire au contingent supplémentaire, dès que le personnel aura été vérifié, aura mener à bien sa préparation et dès que l'équipement sera prêt. Nous remercions le groupe de partenaires de sa coopération étroite et constructive, groupe responsable de la génération de la force notamment, et surtout les États-Unis, de leur participation continue et de leur coordination étroite, y compris lorsque des défis logistiques se posent lors du déploiement. Je remercie aussi la Belgique et l'Allemagne de leur contribution aux opérations aériennes stratégiques et la République dominicaine de son soutien indispensable au déploiement. L'ONU se félicite aussi de toute contribution au fonds d'affectation de la Force, maintenue et opérée par le Département d'appui opérationnel. À mesure que la Force de répression des gangs étend son contrôle, Il y a un certain nombre d'objectifs qui doivent être atteints. Le BNU continue à adapter ses infrastructures et ses mécanismes logistiques pour veiller à ce que le personnel qui arrive sur place soit reçu, logé et soutenu de façon efficace pour permettre au contingent d'être opérationnel le plus vite possible. Concernant l'empreinte géographique de la force, elle a également augmenté. Au début du mois d'août, le BANU a permis le premier déploiement de la force au-delà de Port-au-Prince, transportant du personnel et de l'équipement vers le département d'Artibonite. Pour soutenir cette expansion, le BANU développe et maintient des bases opérationnelles et logistiques en Haïti, notamment à Port-au-Prince et dans le département d'Artibonite. avec le camp Vertière, principal quartier général de la force et pôle logistique. Il y a également des préparatifs en cours pour passer à un troisième département avec quelques 100 personnes qui devraient être déployées. À mesure que la force gagne du terrain, Le Banu est prêt à lui apporter le soutien logistique opérationnel nécessaire. Madame la Présidente, notre deuxième priorité est de maintenir dans le temps les opérations de la force de répression des gangs. Dans ce contexte, je suis gravement préoccupé par les attaques qui ont eu lieu hier contre les soldats du Salvador qui sont aujourd'hui portés disparus. Cet incident nous rappelle brutalement le danger auquel font face ceux qui servent la sécurité en Haïti, ceux qui servent au service de la sécurité en Haïti. Depuis le mois de juillet, le BAHNIU a soutenu plusieurs opérations de la Force. Nous avons apporté un aide dans le domaine du transport, de la communication, du carburant, des rations, de l'aide médicale. Il y a eu des évacuations médicales. Nous avons créé des procédures d'évacuation des blessés. Je saisis cette occasion afin de remercier la République dominicaine, la France et le Panama de leur soutien dans le cadre de ces mécanismes. Nous avons également renforcé notre capacité à réagir, notre capacité opérationnelle, en renforçant nos capacités de transport maritime, d'approvisionnement et de logistique. Nous avons amélioré notre capacité à soutenir la force dans le domaine de la communication. À mesure que la force gagne du terrain et gagne en ampleur, la chaîne d'approvisionnement et la chaîne de soutien deviennent de plus en plus importants. Le BANU, travail sur l'aviation, le transport, l'ingénierie, les services médicaux, la communication. En outre, nous travaillons étroitement avec le BNU et nous sommes très reconnaissants au représentant spécial pour son soutien. Nous travaillons également avec le HCDH. Nous renforçons la mise en œuvre de la politique de diligence voulue relative aux droits humains grâce à des contrôles, des évaluations des risques et des mesures d'atténuation et de suivi. Nous travaillons avec la police nationale d'Haïti, les forces armées d'Haïti et les différents ministères pour promouvoir des mesures d'atténuation et de réduction. Nous travaillons également avec la société civile et les communautés dans les départements de l'Ouest et de l'Artibonite pour renforcer le dialogue et identifier les risques relatifs aux droits humains dès que possible. Ces garde-fous sont intégrés dans la planification et dans la fourniture d'un soutien. afin de veiller à ce que les opérations soient accompagnées de protections robustes en matière de droits humains. Notre troisième priorité demeure l'appui au BINUH. Depuis mon dernier exposé au Conseil, nous avons franchi une étape importante avec la signature d'un accord entre l'UNSO et le BINUH, conformément à la résolution 2793. Cet accord définit les responsabilités respectives des deux missions ainsi que les objectifs mesurables des indicateurs de performance et des mécanismes de responsabilisation mutuelle afin d'assurer une prestation efficace des services administratifs, logistiques, médicaux et techniques. Il renforce ainsi la cohérence de notre architecture d'appui, tout en préservant les mandats distincts entre l'UNSO et le BINUH. Parallèlement, le forum de coordination et les échanges réguliers entre le BINUH, la Force de répression des gangs et l'UNSO favorisent une planification cohérente et complémentaire dans le respect des mandats de chaque entité. Madame la Présidente, notre quatrième priorité est de renforcer les capacités institutionnelles de l'UNSO pour répondre à l'évolution des besoins opérationnels. Depuis l'adoption de notre budget fin juin, Nous avons poursuivi nos efforts de recrutement en donnant la priorité aux fonctions opérationnelles et techniques essentielles, tout en mobilisant l'expertise d'autres missions des Nations unies et des prestataires spécialisés. Dans les prochaines semaines, nous intensifierons le recrutement national, notamment en développant nos partenariats avec les universités. le secteur privé et les réseaux professionnels haïtiens, y compris au sein de la diaspora, afin de valoriser l'expertise locale et de favoriser la continuité institutionnelle. Face à l'évolution rapide des besoins, nous continuons de gérer nos ressources avec rigueur, en privilégiant les capacités essentielles à l'exécution de notre mandat. Enfin, Nous faisons progressivement évoluer les dispositifs provisoires de démarrage vers un modèle plus durable en développant les infrastructures nécessaires à notre siège et au soutien d'une présence opérationnelle croissante. Madame la Présidente, depuis juillet, l'UNSO a démontré sa capacité à accompagner l'expansion de la Force de répression des gangs en facilitant les déploiements et en renforçant les dispositifs nécessaires au soutien de ces opérations. Nous sommes prêts à accueillir et à soutenir de nouveaux contingents dès qu'ils seront en mesure d'être déployés, tout en assurant au BINU l'ensemble des services prévus par notre mandat. La prochaine phase s'appuiera sur la coordination étroite déjà établie avec nos partenaires et sur une planification concertée. La visibilité Sur les calendriers de déploiement, les capacités de contingents et l'appui continu des États membres aux moyens opérationnels essentiels permettront à l'UNSO d'anticiper les besoins et d'accompagner durablement l'expansion de la force. En étroite collaboration avec les autorités haïtiennes, la FRG, le BINUH et les États contributeurs, l'UNSO continuera de s'acquitter des responsabilités que lui a confiées ce Conseil. Notre action vise un objectif fondamental: permettre des opérations de sécurité efficaces et responsables, appuyer l'ensemble de la présence des Nations unies et contribuer au rétablissement de l'autorité de l'État et à l'amélioration de la sécurité de la population haïtienne. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [34:10]: Je remercie Madame Gros-Lac pour son intervention. Je donne maintenant la parole aux membres du Conseil. qui souhaite intervenir. Je donne la parole au représentant des États-Unis. United States of America · Représentant [34:21]: Merci, Madame la Présidente. Merci au représentant spécial Massieu, au représentant spécial Christophides, à la sous-secrétaire générale Kroselak pour leurs interventions. Chers collègues, avant de rentrer dans le vif du sujet, je souhaiterais à mon tour évoquer les terribles attaques qui ont eu lieu hier contre la force de répression des gangs. Comme indiqué par le représentant spécial, hier, quatre soldats du Salvador ont été victimes d'une embuscade alors qu'ils rentraient à la base aux environs de Port-au-Prince. Des bandits ont attaqué leur véhicule blindé. avec des centaines de balles et des engins explosifs. Grâce à Dieu, quatre hommes ont survécu, mais ils sont toujours portés disparus. Je viens de m'entretenir avec l'ambassadrice Lopez d'El Salvador pour envoyer un message à la population d'El Salvador, au président Bukele, à tous les contingents salvadoriens. Les États-Unis se tiennent aux côtés d'El Salvador et nous leur avons proposé notre plein soutien. Il y a également, bien entendu, les bons offices des différentes agences de l'ONU. Pour ce qui est des soldats à travers le monde qui risquent leur vie pour sauver Haïti et pour sauver leurs camarades de la force, je sais quel est le lien que vous partagez avec vos camarades d'armes. Je m'adresse maintenant aux gangs et aux chefs de gang qui ont perpétré cette attaque là. Si vous pensez que vous allez intimider cette coalition et la contraindre à se retirer, c'est une grave erreur que vous venez de commettre. Voilà pourquoi nous avons besoin d'une telle entité telle que la Force de répression des gangs. Ces voyous armés ont dérobé les Haïtiens de leur liberté fondamentale, le droit de travailler, dignement d'envoyer ses enfants à l'école sans vivre dans la peur. Mais ces gangs sont prêts à attaquer la communauté internationale. Alors que la communauté internationale est envoyée en Haïti par le Conseil de sécurité pour protéger la population civile. Et c'est précisément pour cela que le Conseil doit faire mieux pour le bien de la population haïtienne, comme je l'ai dit auparavant. L'ONU déploie des missions en Haïti depuis 1993. Une génération tout entière de rapports, d'interventions, de résolutions soutenues par le Conseil l'année dernière. Nous avons commencé enfin à parler du fait de faire les choses différemment. Une mission avec des moyens, avec une coalition de bonne volonté. Et avec le Panama, autre porte-plume, nous avons adopté la résolution 2793. Merci à ceux qui l'ont soutenue. Cette résolution a autorisé la constitution d'une nouvelle force, la force de répression des gangs, afin d'attaquer les gangs et de nettoyer les villes et de nettoyer les rues avec le soutien de l'ONU, avec le soutien du Bureau d'appui d'Haïti. Il n'y a pas de garantie que cela va fonctionner, mais c'est mieux que de faire ce que nous avons fait par le passé. Il y a aujourd'hui quelque 2 000 soldats sur le terrain, 3 500 au cours de ces prochains mois, des soldats qui nettoient tous les points de contrôle installés par les gangs pour se livrer à l'extorsion. Ils sont en train de nettoyer un certain nombre de villes pour bouter les gangs hors de ces villes dans plusieurs régions du pays. Je souhaiterais remercier personnellement les soldats courageux du Tchad, d'El Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, de la Mongolie et du Sri Lanka, ainsi que le personnel du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti. Merci à tous les pays qui ont promis de déployer des fonds, des contingents, du personnel. déployer votre soutien sur le terrain. Voilà ce qui va changer sensiblement les choses dans le cadre de ce combat. Merci au Panama et merci au Conseil de sécurité d'avoir renouvelé récemment la force au titre de la résolution 2829 et d'avoir renouvelé également la résolution 2831 pour maintenir l'embargo sur les armes et pour continuer à exercer une pression sur ceux qui financent cette terrible violence. Et comme le rapport du Secrétaire général l'indique clairement, les gangs constituent la plus grave menace pour Haïti et pour la région. Vaincre ces gangs ne suffira pas pour que la population puisse reprendre une vie normale. Or, la population haïtienne aspire à un retour à la vie normale. Voilà pourquoi nous saluons le leadership du Premier ministre et le lancement par son gouvernement, avec l'ONU, du Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti, pour que ces gains sécuritaires aboutissent à de véritables opportunités économiques. Voilà pourquoi nous saluons le Conseil électoral provisoire et les préparatifs en cours pour des élections crédibles. Le BINUH joue un rôle essentiel. Les institutions haïtiennes organisent les élections et les États-Unis continueront à soutenir ce travail. En janvier, nous devons renouveler le BINUH et nous nous attendons à ce que le BINUH fasse preuve d'efficacité, de reddition des comptes. Enfin, deux messages. Premièrement, aux chefs de gang qui terrorisent Haïti, vos jours sont comptés. Vous pouvez incendier des véhicules, ériger des barricades, terroriser la police locale et les civils. Mais la force de répression des gangs va venir vous traquer. La communauté internationale ne va pas tolérer vos actions. Je m'adresse aux quatre soldats salvadoriens, nos frères d'armes. On ne vous oublie pas. La force est avec vous. Les États-Unis sont avec vous et nous vous ramènerons à la maison. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [41:04]: Je remercie le représentant des États-Unis. Je donne maintenant la parole au Panama. Panama · Représentant [41:11]: Merci, Madame la Présidente. Merci au représentant spécial Carlos Ruiz Massieu pour son intervention. Merci à la sous-secrétaire générale, Madame Daniela Kroselak. Merci au représentant spécial pour la force de répression des gangs, Jacques Christophides. Nous les remercions pour leur engagement, pour leur rôle de chef de file dans le cadre de leurs fonctions respectives. Nous saluons les représentants d'Haïti, de Saint Kitts et Nevis, de la République dominicaine et le vice-ministre des Affaires étrangères du Mexique qui nous font l'honneur de leur participation. Tout d'abord, je souhaiterais dire que nous sommes préoccupés par les conséquences de cette embuscade qui a eu lieu hier à l'encontre du contingent salvadorien. Cet incident malheureux confirme qu'il existe un risque de violence. Nous savons ce dont sont capables ces gangs si rien n'est fait pour les contrôler. Nous espérons donc sincèrement que les membres de ce contingent salvadorien, ces membres qui sont encore portés disparus, qu'ils seront le plus vite possible retrouvés et sauvés. Nous souhaiterions également dire toute notre solidarité à l'endroit de toutes les victimes de la violence en Haïti. Nous disons toute notre solidarité au peuple et au gouvernement d'El Salvador également, un pays qui a lui aussi souffert de la violence des gangs. Nous parlons aujourd'hui de milliers d'enfants qui ont été privés de leur enfance, des milliers de femmes qui vivent sous la menace de la violence sexuelle ou qui sont victimes de la violence sexuelle, des agriculteurs qui ont peur de travailler leurs terres, des camionneurs qui sont soumis à l'extorsion de la part des gangs, de toute une population qui peine de plus en plus à vivre dans la paix. Cette réalité s'est détériorée récemment, avec des rapports extrêmement préoccupants qui montrent qu'il y a des attaques qui sont perpétrées, des attaques de représailles perpétrées par les gangs à la suite des opérations de la force de répression des gangs. Ce qui nous préoccupe tout particulièrement, c'est que ce sont ceux qui sont déjà les victimes de cette violence qui sont de nouveau la cible d'atrocités. Nous ne pouvons rester les bras croisés et accepter l'impunité. Il est essentiel de donner la priorité à la protection de la population haïtienne dans le cadre de toute réponse sécuritaire. Voilà pourquoi il faut accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs. Nous saluons les efforts déployés par les pays qui ont contribué, qui ont déployé des contingents, qui ont mobilisé des ressources financières. Nous saluons le leadership du représentant spécial de la Force de répression des gangs, M. Christophides. Nous saluons également le rôle de Mme Crosslake, chef du BANU, pour l'opérationnalisation de la force. Pour ce qui est du volet sécurité, le volet sécurité ne suffit pas. Il y a quelques mois, le Secrétaire général a formulé ses recommandations concernant le désarmement, le démantèlement et la réintégration, ou DDR. Récemment, le Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti a été mis sur pied. C'est une initiative que nous saluons car elle a le potentiel de réduire la violence, de renforcer la cohésion sociale de proposer de véritables alternatives, notamment aux garçons, aux filles, aux jeunes qui sont victimes du recrutement par les gangs. Ces progrès doivent aboutir à une décision du Conseil de sécurité afin d'englober les efforts existants dans un cadre coordonné, un cadre qui est adapté au contexte haïtien et qui vient compléter la réponse sécuritaire. Madame la Présidente, Pour que cette réponse internationale produise des résultats durables, ces efforts doivent s'accompagner d'un véritable processus politique inclusif dans la durée, pris en main par les Haïtiens eux-mêmes. Nous lançons un appel à tous les acteurs politiques et sociaux en Haïti. Il faut donner la priorité au dialogue. Il faut surmonter les divergences. Il faut donner la priorité au bien-être du peuple haïtien. Dans le cadre de ce processus, le soutien du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, continue d'être essentiel afin d'organiser des élections libres, afin de réunir les conditions propices à la tenue de ces élections, afin de fixer un calendrier électoral viable et afin d'établir des garanties pour permettre à la population d'exercer ses droits politiques et de participer à un processus électoral en toute sécurité. Par ailleurs, le soutien international pour ce qui est du volet sécuritaire doit bien entendu être temporaire et donc il faut renforcer les capacités de l'État haïtien afin que ses institutions puissent elles-mêmes exercer leurs responsabilités, c'est-à-dire garantir la sécurité de la population haïtienne. Le Panama souhaite réitérer que toutes les opérations sécuritaires, quels que soient les acteurs impliqués, toutes ces opérations doivent se faire dans le plein respect des droits humains. Nous devons nous doter de mécanismes de supervision, de transparence et de reddition des comptes. Nous sommes particulièrement préoccupés par l'utilisation croissante de drones dans le cadre des opérations sécuritaires, notamment dans les zones urbaines densément peuplées. car cela peut mettre en péril la vie et la sécurité de la population. Madame la Présidente, le Panama s'approche de la fin de son mandat en tant que membre élu du Conseil de sécurité. Étant donné que c'est notre dernière réunion consacrée à Haïti, nous souhaiterions réitérer l'engagement du Panama en faveur de la paix de cette république sœur. La lutte pour la liberté d'Haïti a inspiré il y a plus de deux siècles, ou plutôt a donné naissance aux idéaux de l'émancipation pour les peuples du continent américain. Au cours de ces deux dernières années, nous nous sommes efforcés, avec l'autre porte-plume, les États-Unis, nous nous sommes efforcés de contribuer à une riposte internationale qui reconnaît le fait que la crise haïtienne est complexe et une réponse internationale qui donne la priorité à la population haïtienne. Nous souhaitons remercier les États-Unis de leur rôle de chef de file et de leur collaboration. Nous nous adressons à tous les membres du Conseil, ceux qui nous ont accompagnés au cours de ces deux dernières années. Nous vous remercions de votre disposition à dialoguer. Nous remercions également les pays de notre région de leur engagement et de leurs efforts en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Haïti. Nous sommes certains que les efforts menés à bien seront consolidés et qu'ils aboutiront à de véritables améliorations pour la population haïtienne, afin que la paix, la sécurité, la liberté, la dignité ne soient plus seulement des aspirations lointaines, mais deviennent au contraire une réalité quotidienne pour chaque Haïtien haïtiens, pour chaque haïtienne. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [49:03]: Je remercie le représentant du Panama de son intervention. Je donne maintenant la parole au représentant du Danemark. Denmark · Représentante [49:14]: Merci. Je remercie le représentant spécial Massieu, le représentant Christophes et la sous-secrétaire générale Crosslake. Comme nous l'avons entendu, La crise multidimensionnelle en Haïti doit être une priorité pour le Conseil. Des progrès ont été accomplis, certes, mais à n'en pas douter, il reste un long chemin à parcourir. Je souhaiterais faire trois commentaires. Tout d'abord, surmonter la crise sécuritaire en Haïti et prévenir l'expansion des gangs doit être prioritaire. Tout comme les autres, nous sommes gravement préoccupés par les rapports faisant état de quatre soldats salvadoriens qui sont portés disparus depuis hier à la suite d'une attaque perpétrée à l'est de Port-au-Prince par des gangs. Nous disons toute notre solidarité aux efforts de recherche et de sauvetage. Le dernier rapport du Secrétaire général montre que la violence des gangs continue de se propager, avec des attaques et des massacres en dehors de la capitale. Il y a eu une terrible attaque perpétrée par un gang à Kenscoff au mois d'août, ce qui souligne qu'il y a urgence à lutter contre ce fléau. Depuis, le Conseil a renouvelé le mandat de la Force et du Bureau d'appui en Haïti. Nous saluons les progrès accomplis avec les déploiements et nous saluons les États membres qui ont promis de s'engager. Nous saluons également l'expansion des activités de la Force au-delà de Port-au-Prince, avec l'établissement d'une présence opérationnelle à Gonaïves. Les membres de l'UE ont mobilisé 10 millions d'euros avec l'Organisation des États américains, avec cinq bases opérationnelles avancées pour contribuer à la sécurité dans le pays. Tous ces efforts doivent être menés à bien dans le plein respect du droit international. La Force doit opérer et respecter les normes les plus strictes en matière de conduite et de discipline. Le renouvellement du régime de sanctions de la semaine dernière est essentiel pour endiguer la violence et la criminalité. Ces sanctions doivent être pleinement mises en œuvre. Deuxièmement, nous sommes gravement préoccupés par les crises, la crise humanitaire et la crise des droits humains en Haïti. Il y a des déplacements en Haïti en raison des familles qui fuient la violence. Plus de la moitié de la population haïtienne a besoin d'une aide humanitaire. Il y a un niveau de violence choquant dont souffre la population, particulièrement les femmes et les filles qui sont victimes de terribles violences sexuelles. Nous condamnons ces actes dans les termes les plus fermes. Il faut augmenter l'aide humanitaire et financer le plan de réponse humanitaire en Haïti. Nous sommes gravement préoccupés par le nombre d'enfants recrutés et utilisés par les gangs, une augmentation de 200 % depuis 2025. Ces enfants, une fois recrutés, font face à la menace des représailles, de la stigmatisation, de la violence. Nous saluons les préparatifs d'un programme national de la part de la Commission nationale haïtienne pour le désarmement, le démantèlement et la réintégration. Nous avons besoin de soutien et de ressources pour que ces efforts endiguent les recrutements. Troisièmement, la transition politique doit être prise en main par les Haïtiens. Il faut garantir la légitimité et la durabilité du processus. Nous prenons note de la décision du Conseil électoral provisoire de retarder, de remettre à plus tard la campagne électorale en attendant la publication d'un calendrier électoral actualisé. Nous sommes préoccupés car il ne faut pas que les personnes sous le coup de sanctions puissent participer aux élections. Il faut qu'il y ait un système de criblage et des garde-fous doivent être en place pour veiller à ce que les candidats en lice candidatent pour se mettre au service du pays et non pas pour servir leurs intérêts étriqués. Les autorités haïtiennes doivent faire davantage pour lutter contre l'impunité systémique qui continue de saper la confiance du public dans les institutions étatiques. Enfin, Nous réitérons notre plein soutien pour la population haïtienne qui souffre depuis bien trop longtemps. Les autorités, avec le soutien continu de la communauté internationale, doivent jeter les bases d'un avenir pacifique et prospère que les Haïtiens méritent. Merci. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [53:29]: La représentante du Danemark a fait son intervention. Je vais donner la parole à la représentante de la Lettonie. Latvia · Représentante [53:35]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie moi aussi le représentant spécial Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial de la Force de répression des gangs, Jack Christopher Hides, et la directrice du BANU, madame Daniela Kroselak, de leurs exposés très complets. Les intervenants l'ont dit, la situation sécuritaire en Haïti demeure très préoccupante. Les meurtres, les représailles, les enlèvements, la violence sexuelle généralisée et le nombre élevé de viols collectifs Les mesures d'extorsion, le recrutement d'enfants et d'autres crimes commis généralisés doivent être condamnés. Ce cycle de violations graves des droits humains doit être interrompu. Nous notons qu'en dépit de l'accroissement des déploiements et des opérations de la force, pour l'instant, nous n'avons toujours pas observé d'amélioration significative. Les représailles féroces des gangs qui continuent d'assurer leur présence sont une source de préoccupation. Et l'embuscade d'hier le rappelle avec beaucoup de force. Le renforcement des capacités des autorités haïtiennes afin de maintenir le contrôle sur la sécurité du territoire lorsque des acquis ont été enregistrés est un défi qui doit être pris en considération immédiatement. Nous exigeons une libération immédiate et sans condition de tous les enfants recrutés par les gangs. Le recrutement et l'utilisation d'enfants par des groupes armés constitue une violation grave du droit international des droits de l'homme, nous appelons les autorités haïtiennes à s'assurer que les personnes responsables de ces crimes répondent de leurs actes. Nous soulignons l'importance qu'il y a à continuer à faire des progrès pour permettre la pleine opérationnalisation des deux pôles judiciaires spécialisés établis pour traiter les crimes généralisés en Haïti, le renforcement des capacités du système judiciaire haïtien afin de mener l'enquête et de poursuivre ces crimes est indispensable pour s'assurer que les coupables répondent de leurs actes pour combattre l'impunité et restaurer la confiance du public dans les institutions d'État. Madame la Présidente, la crise sécuritaire ne peut pas écraser les aspirations démocratiques du peuple haïtien. En dépit des défis considérables, les préparations électorales doivent continuer avec détermination. continuer à enregistrer les électeurs, renforcer les institutions électorales et s'assurer que les Haïtiennes et Haïtiens peuvent participer librement et de façon sûre au processus politique, sont autant de mesures essentielles pour restaurer l'ordre constitutionnel et établir une gouvernance démocratique légitime. Nous prenons note des progrès en matière d'égalité femmes-hommes dans l'enregistrement des électeurs et électrices. C'est notable et cela permettra d'avancer sur la voie des élections. libres, justes et sans exclusions. Nous savons aussi que l'insécurité représente un obstacle sérieux, surtout pour les personnes qui vivent dans les zones contrôlées par les gangs et pour ceux et celles qui sont confrontés aux menaces de déplacement ou à un accès restreint aux services publics. Ces défis doivent être relevés avec des modalités sécuritaires pratiques, avec des ressources adaptées, en coopération étroite avec les autorités haïtiennes, les institutions électorales et les partenaires internationaux. On ne peut balayer d'un revers de la main les questions sécuritaires, mais on ne peut pas non plus se permettre à ce que ces préoccupations justifient des reports indéterminés. Et nous encourageons les autorités haïtiennes à être décisives à établir un calendrier électoral réaliste et communiquer de façon transparente aux populations haïtiennes. Madame la Présidente, tout progrès dans le volet politique exige un amélioration sécuritaire. Et d'ailleurs, nous soulignons qu'il faut accélérer le déploiement de la force et s'assurer de ses pleines capacités opérationnelles. Et nous nous félicitons du travail du Banu et nous remercions les États membres qui ont envoyé des articles et du personnel renforçant la sécurité en Haïti. Renforcer les capacités pour lutter contre les gangs armés, protéger les civils et créer des conditions propices à l'acheminement de l'assistance humanitaire pour aider les personnes en besoin et pour permettre une préparation électorale sûre est indispensable si nous souhaitons faire des progrès. Les gangs armés s'avancent hors de la capitale et se rendent auteurs de violences terribles dans des zones rurales qui autrefois étaient en paix. Nous nous félicitons dès lors de la décision de renforcer la présence de la force hors de la capitale, surtout dans la région de l'Artibonite. Et enfin, nous saluons les autorités haïtiennes S'agissant du Fonds d'affectation pour les dividendes de la paix haïtien, un jalon important qui soutiendra la construction de la paix, qui réduira la violence communautaire et qui éliminera les conditions qui alimentent l'instabilité. Nous continuerons à soutenir le BINUH dans ses efforts d'assistance aux autorités haïtiennes dans la promotion des grandes réformes et pour répondre aux besoins de stabilisation en Haïti, notamment en soutenant le travail du programme national DDR, et en avançant aussi certaines initiatives de prévention en collaboration avec les femmes, les jeunes filles, les jeunes, pour réduire la violence communautaire. Il est essentiel de créer des possibilités sûres et viables pour ces groupes pour éliminer les origines de la violence et jeter les bases, enfin, d'un avenir en paix et sûr pour les prochaines générations d'Haïti. Le peuple haïtien mérite d'enfin vivre dans la dignité et dans la sécurité. Je vous remercie, Madame la Présidente. UNSC · Présidente du Conseil [58:58]: Je remercie la représentante de la Lettonie de son intervention et je donne la parole Au Pakistan. Pakistan · Représentant [59:07]: Merci beaucoup, Madame la Présidente. Je remercie le représentant spécial, M. Massieu, la Secrétaire générale, la Sous-Secrétaire générale, Mme Crosland, et le représentant spécial de la Force, M. Jack Christophides, de leurs exposés. Nous saluons le soutien résolu de l'ONU en Haïti en dépit des circonstances dantesques. Nous félicitons les pays qui ont contribué à la Force et nous félicitons du groupe de partenaires et d'autres pays de la région qui viennent en aide à Haïti. et nous les félicitons de leur volonté de relever les défis en présence. Nous condamnons l'attaque contre les soldats saoudiens. Nous espérons qu'ils seront bientôt de retour. Madame la Présidente, l'Éthiopie continue d'être en proie à des défis multidimensionnels complexes, économiques, politiques, sécuritaires et humanitaires. À la lumière de la nature profonde de ces défis, Ils exigent une riposte complète pilotée par les Haïtiens. L'avenir et le bien-être du peuple haïtien, dépit des choix politiques des représentants d'Haïti. Nous prenons note des progrès électoraux en dépit des défis politiques. Nous espérons que des décisions seront prises en gardant à l'esprit surtout le bien-être et la sécurité de la population haïtienne. Nous restons préoccupés par le niveau de violence élevé en Haïti. Nous réaffirmons nos condamnations face à toute forme de violence perpétrées par les gangs ou d'autres groupes agressifs prenant pour cible le peuple haïtien. Les modalités sécuritaires issues de la résolution 2713 du Conseil, une fois déployées pleinement, pourront permettre de relever certains défis sécuritaires. Cela étant dit, ces modalités ne peuvent pas remplacer une police nationale haïtienne bien équipée, forte, bien formée, qui demeure essentielle pour asseoir les acquis de la force. Le recrutement persistant des enfants par les gangs est déplorable. Les enfants d'Haïti sont l'avenir d'Haïti et méritent une prise en charge et une protection. Nous pensons que le démantèlement, la réintégration et la stratégie connexe sont indispensables à la stabilité sur le long terme en Haïti. Nous nous félicitons du travail du BINUH et des autres partenaires qui soutiennent la Commission nationale d'Haïti sur la DDR et dans l'élaboration d'un programme national au complet. Nous saluons aussi la création du Fonds pour les dividendes de la paix du gouvernement haïtien, en partenariat avec l'ONU, entre autres, pour venir appuyer le programme DDR. Et en conclusion, seul un processus piloté et dirigé par les Haïtiennes et Haïtiens, soutenu par un soutien international régional bien coordonné et financé, peut permettre la stabilité sur le long terme en Haïti. Le Pakistan continuera à soutenir la population d'Haïti dans sa quête de stabilité, de progrès et de prospérité sur le long cours. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:01:56]: Je remercie le représentant du Pakistan de son intervention et je donne la parole à la représentante du Royaume-Uni. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland · Représentante [1:02:03]: Merci, Madame la Présidente. Merci au représentant spécial, Monsieur Christophides, et à la cheffe du PNUD. Je salue le ministre adjoint du Mexique et le représentant d'Haïti. La situation sécuritaire en Haïti demeure très, très difficile. avec des gangs qui continuent de terroriser les communautés avec leur violence, cherchant à forcer des individus à s'apitoyer de l'État, privant des millions de personnes de la stabilité et de la sécurité qu'ils et elles cherchent. En riposte, le Conseil de sécurité a renouvelé le mandat de la force de répression des gangs et le régime de sanctions onusien. Le Royaume-Uni remercie les États-Unis et le groupe de partenaires de leur travail pour accroître et renforcer la force à la lumière d'une violence inacceptable et d'attaques comme les attaques de ce week-end contre les membres salvadoriens de la force de répression des gangs. Des mesures significatives ont été entreprises pour soutenir les autorités haïtiennes dans la restauration de l'autorité de l'État et pour étendre la sécurité au-delà de Port-au-Prince, avec notamment une première présence opérationnelle au-delà de la capitale. un siège de la force renforcée et un déploiement de capacités d'appui. Alors que les opérations avancent, une coordination étroite avec les autorités haïtiennes et un respect du cadre des droits humains de la force demeurent indispensables. Ensuite, s'agissant de la violence sexiste et sexuelle, le niveau de violence sexiste et sexuelle en Haïti est atroce. de 700 femmes et jeunes filles auraient été violées par les gangs en juillet et en août de cette année uniquement 87 % de ces personnes auraient été assujetties à des gangs à des viols collectifs ce qui est choquant et inacceptable le Royaume-Uni se félicite des progrès enregistrés par les autorités haïtiennes soutenu par le bureau des Nations unies en Haïti et le hcdh afin d'améliorer les mécanismes d'établissement de rapports et de signalement pour les rescapés de la violence sexiste sexuelle. Les plateformes de coordination dans six postes de police ont permis d'identifier et de renvoyer à la police 151 cas de violences sexuelles sexistes, notamment 96 impliquant des mineurs. Mais un travail impressionnant demeure à abattre. Troisièmement, s'agissant des élections. Les préparations des élections vont bon train et nous nous félicitons des efforts des autorités haïtiennes afin d'élargir la participation au processus électoral. Les mesures visant à faciliter l'enregistrement des électeurs et électrices et à lever les obstacles à la participation sont des mesures importantes pour que les élections soient inclusives. Dans le même temps, l'inclusion ne doit pas se faire au détriment de l'application du principe de responsabilité. Les changements des critères d'éligibilité des candidats et candidates ne doivent pas affaiblir les garanties contre la participation des individus qui voudraient exploiter la violence, la coercition ou la criminalité pour s'assurer une place dans les institutions démocratiques haïtiennes. Nous appelons les autorités haïtiennes à s'assurer que les critères d'éligibilité défendent et protègent l'intégrité et la crédibilité du processus et permettent à tous les Haïtiens et Haïtiennes éligibles de participer. Une amélioration pérenne de la sécurité est indispensable si nous souhaitons protéger les populations et créer des conditions propices à la tenue d'élections crédibles. Ceux et celles qui ont de l'influence sur les gangs doivent l'utiliser pour s'assurer qu'ils et elles déposent les armes et mettent fin à cette violence insensée. Les autorités haïtiennes, le Conseil et la Force doivent maintenir cette dynamique, doivent s'assurer que les gains puisse se traduire en une sécurité sur le long terme pour les communautés haïtiennes. La sécurité, la redevabilité et une participation politique inclusive doivent aller main dans la main. Monsieur le représentant spécial, vous nous avez demandé un appui de tous les instants. Eh bien, ce soutien, vous l'avez de la part du Royaume-Uni. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:06:23]: Je remercie le représentant du Royaume-Uni de sa déclaration et je donne la parole au représentant de la France. France · Représentant [1:06:28]: Merci, Madame la Présidente. Je voudrais d'abord remercier le représentant spécial du Secrétaire général, M. Carlos Pérez-Massieu, le représentant spécial de la Force de répression des gangs, M. Jacques Chryssofides, et la cheffe du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti, Mme Daniela Cross-Lac, pour leurs interventions et leurs commentaires. Je voudrais également saluer la présence parmi nous du représentant d'Haïti, et je voudrais exprimer notre solidarité à la représentante permanente d'El Salvador et aux autorités d'El Salvador après l'attaque brutale de 4 personnels salvadoriens de la Force de répression des gangs. Madame la Présidente, ce Conseil doit rester mobilisé pour aider Haïti à rétablir la sécurité sur l'ensemble de son territoire. Au cours des dernières semaines, ce Conseil a montré à 2 reprises qu'il était déterminé à agir. Il a d'abord reconduit le mandat de la Force de répression des gangs qui a vocation, avec le soutien du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti, le Banu, à mettre fin à la violence des gangs criminels en Haïti. Les succès de la FRG sont réels et ils sont indéniables, comme l'a d'ailleurs vu notre ambassadeur dans son déplacement récent à Kenscoff. Ces succès doivent être consolidés rapidement. Le Conseil a ensuite renouvelé le régime de sanctions dont l'étendue et la robustesse doivent permettre de tarir les flux d'armes et de munitions alimentant les gangs, d'assécher leurs sources de financement et de contraindre leurs soutiens à cesser leurs actions criminelles. La France est pleinement engagée aux côtés d'Haïti et des Nations unies à cette fin. Elle participe financièrement au Fonds fiduciaire de soutien la FRG, et elle apporte un soutien logistique à cette force. La France soutient également la montée en puissance des capacités haïtiennes, la police nationale d'Haïti, les forces armées d'Haïti et la justice nationale. Madame la Présidente, la situation en Haïti reste toutefois d'une gravité alarmante. Le Conseil électoral provisoire a annoncé le 5 octobre dernier le report de plusieurs étapes du calendrier électoral, laissant présager d'un glissement de la date des élections, faute de stabilité requise pour leur tenue dans de bonnes conditions. Derrière ce constat, on perçoit une population en détresse. 5 700 personnes tuées depuis le début de l'année, des déplacés internes en augmentation pour atteindre 1,5 million de personnes. et 5,8 millions d'individus en situation d'insécurité alimentaire aiguë. Cette détresse est aussi celle des femmes victimes de violences sexuelles inqualifiables et des enfants enlevés et recrutés par les gangs criminels. Il importe que la jeunesse haïtienne ne voie pas son avenir sacrifié par les méfaits des gangs en Haïti. Madame la Présidente, face à cette situation, nous n'avons d'autre choix que de redoubler d'efforts pour mettre en œuvre la stratégie que nous avons adoptée. Et cela passe par 3 domaines d'intervention. Tout d'abord, accélérer le déploiement de la force de répression des gangs pour qu'elle puisse lancer dès que possible ses opérations pleinement et sur l'ensemble de sa zone d'opération, dans le strict respect du droit international. Cela est crucial pour desserrer l'emprise des gangs sur les territoires et les populations, et pour renforcer les contrôles des points d'entrée du territoire haïtien par lesquels continuent de transiter les trafics illicites d'armes et de drogues. Ensuite, il faut étendre les mesures d'interdiction de voyager et de gel des avoirs aux individus qui soutiennent et financent les gangs criminels. Ces individus sont connus et ils doivent répondre de leurs actes. y compris devant la justice haïtienne. Enfin, apporter aux autorités haïtiennes les moyens pour mettre en place un programme de désarmement, démantèlement et réintégration et pour renforcer les systèmes judiciaire et pénitentiaire. La sortie en sécurité des enfants recrutés par les gangs, le renforcement de l'architecture de lutte contre l'impunité et le règlement des problèmes de détention prolongée et de surpopulation carcérale sont des mesures indispensables. Il nous faudra l'exprimer avec clarté lors du renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti en janvier prochain. Madame la Présidente, ce plan d'action ne portera ses fruits qu'à la condition que les autorités haïtiennes assument également leurs responsabilités. Responsabilité d'accroître leurs capacités sécuritaires et de renforcer le contrôle de leurs frontières. Nous devons être à leurs côtés à cette fin. Responsabilité aussi de faire aboutir le processus de transition politique avec la tenue d'élections crédibles nécessaires au rétablissement des institutions démocratiques et à la fin des violations massives des droits des Haïtiennes et des Haïtiens. Je voudrais à nouveau exprimer tout le soutien de la France à ce plan d'action et à ces mesures indispensables et vous remercier. UNSC · Présidente du Conseil [1:12:03]: Je remercie le représentant de la France de son intervention et je donne la parole au représentant de la Fédération de Russie. Russian Federation · Représentant [1:12:12]: Madame la Présidente, nous remercions le représentant spécial du Secrétaire général, Carlos Ruiz Massieu, et le représentant de la Force de répression des gangs, Jack Christofidis, de leurs exposés. Nous remercions la cheffe du BANU, Danielle ClorSac, des informations sur le déploiement de la Force. En même temps, nous voudrions souligner que nous pensons que son exposé à elle en séance publique est une entorse à la pratique établie. Les chefs des représentations de l'ONU qui n'ont pas de mandat politique et qui ont plutôt des mandats logistiques et opérationnels, comme le Banu par exemple, en général, font des exposés devant les membres du Conseil, mais bien à huis clos lors des consultations. Nous espérons que le cas d'aujourd'hui ne mènera pas à la création d'un précédent, qu'il ne sera pas une entorse à la pratique à l'avenir. Madame la Présidente, en Haïti, Le processus électoral demeure responsable mais fragile, et la façon dont le pays gérera cette étape définira les perspectives de développement constitutionnel. Nous félicitons les autorités en matière de préparation aux élections. Cela étant dit, la date de la tenue des élections fait l'objet de reports successifs. Ce retard pourrait provoquer un glissement incontrôlable vers le chaos. Nous espérons que nous pourrons compter sur les efforts de la représentation unifiée de l'ONU en Haïti, dont le mandat principal est de permettre une aide au processus électoral haïtien. Nous sommes en faveur d'une assistance internationale responsable, sans tentative d'influence de la situation pré-électorale de l'extérieur. Nous pensons que les tentatives d'exercer des pressions sur les politiques haïtiens par le truchement de sanctions unilatérales ou de mesures restrictives du Conseil de sécurité sont inacceptables. De toute évidence, le déficit de sécurité est une entrave objective à la tenue de l'expression de la volonté populaire, méritant une confiance dans tout le pays. Les gangs qui terrorisaient la population de la capitale uniquement, désormais, s'arment dans tout le territoire, notamment dans les zones les plus rurales. Le nombre de personnes déplacées dans le pays atteint les 1,4 million de personnes et 70 % du corps électoral se situe dans des zones contrôlées par des gangs ou sous menace directe des gangs. Les efforts de la police et de l'armée nationale dans la lutte contre la criminalité demeurent insuffisants et, dans ces conditions, tous les espoirs des Haïtiens sont fondés sur l'arrivée du contingent international de la Force de répression. Nous l'avons déjà noté par le passé lors des votes sur le renouvellement du mandat de la mission, nous espérons un déploiement opérationnel et une exécution active des mandats confiés. Tout retard supplémentaire pourrait entraîner un nouveau report des élections dans un pays et pourrait provoquer la perte totale de la confiance des populations locales envers les autorités locales, bien sûr, mais aussi envers la coopération internationale. Nous sommes particulièrement préoccupés par les signalements d'attaques sans précédent sur les lieux de patrouille et de déploiement, et notamment, n'oublions pas l'incident qui a eu lieu avec les soldats d'El Salvador. Nous espérons qu'ils seront très rapidement libérés. Ce genre de criminalité haïtienne prouve bien que nos craintes sont fondées, car les groupes armés représentent un défi direct pour les forces internationales. Le micro pour l'orateur, s'il vous plaît. Dans le même temps, nous soulignons que les solutions armées, que tout colmatage de fortune en matière de sécurité, à la lumière de l'histoire du pays, mèneront évidemment à tout sauf une amélioration de la situation. Nous pensons que le catalyseur principal de la violence, c'est le trafic d'armes incessant En dépit du fait que les sources et les itinéraires de ces cargaisons d'armes sont bien connus, il n'y a pas eu de mesures actives, si ce n'est un régime de sanctions du Conseil de sécurité qui s'apparente plutôt à un vœu pieux. Pour interrompre ce cycle de violence, la population doit être en sécurité, bien sûr, mais on doit donner aussi à la population d'autres alternatives viables aux activités criminelles. Dans ce contexte, nous soutenons la mission spéciale de l'ONU en collaboration avec les autorités du pays et leur travail en matière de programme de désarmement, réintégration pour les membres des gangs. En conclusion, je voudrais noter que la résilience de l'esprit du peuple haïtien est importante. Le peuple ne baisse pas les bras en dépit de tous les problèmes, des déficits, notamment les problèmes liés à leurs institutions d'État, mais aussi les problèmes liés au déploiement de l'assistance internationale. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:17:25]: Je remercie le représentant de la Fédération de Russie de son intervention et donne la parole au Liberia. Liberia · A3 · Représentant [1:17:34]: Merci. J'ai l'honneur de m'exprimer au nom du groupe A3, la République démocratique du Congo, la Somalie et au nom de mon pays, le Liberia. Nous remercions le représentant spécial du Secrétaire général, le représentant spécial de la Force de répression des gangs et la cheffe du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti, le BANU, de leurs exposés respectifs. Nous nous félicitons de la participation du représentant d'Haïti à la présente séance. Avant toute chose, Le groupe A3 condamne dans les termes les plus forts l'embuscade contre le personnel d'El Salvador au service de la force de répression des gangs le 18 octobre. Nous adressons notre solidarité à El Salvador et aux familles des membres du personnel dont nous n'avons toujours pas de nouvelles. Nous appelons à ce que tous les efforts possibles soient consentis pour garantir le retour. Les personnes responsables doivent répondre de leurs actes. Cette attaque souligne bien l'urgent besoin qu'il y a à ce que le Conseil de sécurité continue à soutenir le peuple haïtien. Madame la Présidente, le Groupe A3 estime que nous mesurerons l'ampleur des progrès à l'aune du fait de savoir si oui ou non les Haïtiens peuvent vivre en toute sécurité, faire confiance à leurs institutions et choisir leurs dirigeants et dirigeantes. Chaque décision du Conseil de sécurité doit nous approcher de cette perspective. La légitimité politique, une sécurité véritable et l'amélioration de la vie quotidienne doivent aller de concert. Avant toute chose, s'agissant de la transition politique, nous nous félicitons des efforts des autorités haïtiennes et de la Commission électorale provisoire visant à faire avancer les préparations préélectorales. Nous notons aussi le rapport de la campagne électorale et la prorogation de la période d'enregistrement pour les candidates et candidats. Nous encourageons le Conseil de sécurité, avec le soutien du BINUH, s'exprimer sur une marche à suivre réaliste et crédible avec des jalons clairs et des ressources associées pour parvenir à ces objectifs. Les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les personnes déplacées en interne et les communautés directement affectées par la violence des gangs doivent être en mesure de participer comme il se doit et en toute sûreté. Bien sûr, la préparation électorale va dépendre de la situation sécuritaire, mais comme d'autres l'ont dit avant moi, l'insécurité ne peut pas se transformer en un obstacle éternel à la restauration de la gouvernance démocratique. Nous encourageons un dialogue inclusif entre les parties prenantes haïtiennes et un soutien coordonné de la part des partenaires régionaux et internationaux, y compris de la part de la CARICOM. Deuxièmement, la réponse sécuritaire doit être en mesure d'agir et le public doit lui faire suffisamment confiance pour que les acquis s'ancrent. Nous félicitons de la reconduite des mandats de la Force de répression des gangs et du BANU grâce à la résolution 2829 de 2026. Nonobstant les progrès dans le déploiement de la Force, le fossé demeure profond entre les espoirs et la réalité. Nous appelons les partenaires à accélérer le déploiement et à fournir les financements prévisibles de l'équipement, les équipements de mobilité, de communication, d'appui logistique et d'appui médical Les mandats doivent être accompagnés de moyens de mise en œuvre. La force de répression des gangs doit coordonner ses efforts étroitement avec la police nationale haïtienne et avec les institutions nationales compétentes. L'assistance internationale doit avoir pour but de renforcer les capacités d'Haïti à garantir la sécurité et à défendre l'État de droit, avec des investissements pérennes dans les institutions policières, judiciaires et correctionnelles. La protection des civils doit être l'objectif de toute opération. Le rapport du Secrétaire général signale que 1 123 personnes ont été tuées et que 440 ont été blessées du 15 juillet au 12 octobre de cette année. Les signalements de pertes humaines lors des opérations sécuritaires, notamment de personnes qui ne sont pas associées à des gangs, mérite une attention toute particulière. Tous les acteurs sécuritaires doivent éviter et réduire autant que faire se peut tout dommage infligé aux civils, doivent faire l'inventaire des dommages de façon fiable et doivent garantir que des enquêtes rapides et impartiales seront menées pour toute violation présumée. La planification doit aussi inclure des possibilités de représailles des gangs contre les communautés. La confiance du public, c'est un atout sécuritaire et protéger les civils permet de multiplier les atouts. Nous condamnons la violence des gangs, y compris la violence sexuelle utilisée pour semer la terreur dans les communautés. Les rescapés doivent avoir accès à une prise en charge médicale, à un appui psychosocial, à la protection et à la justice. Les personnes s'étant rendues coupables de violations et d'atteintes doivent en répondre. Nous saluons la reconduite du régime de sanctions Haïti grâce à la résolution 2831 de cette année. Les gangs ne s'arment pas, ne se financent pas eux-mêmes. Tous les États membres et surtout les pays d'origine de transit doivent respecter pleinement l'embargo sur les armes, doivent interrompre les réseaux de trafic et doivent mener l'enquête sur les personnes qui facilitent et financent la violence des gangs. Des contrôles du traçage et un meilleur contrôle des exportations et de l'identité des usagers finaux plus fermes, une coopération de répression accrue sont essentielles. Nous appelons à la pleine coopération avec le régime de sanctions et le groupe d'experts, tout en garantissant l'assistance humanitaire et en permettant une activité civile légitime. Madame la Présidente, troisièmement, les acquis sécuritaires doivent se traduire en un retour pérenne des services publics, de la justice et des possibilités économiques. Les communautés qui sortent de l'étreinte des gangs ont besoin d'une présence visible et durable de l'État. La relance et la construction des institutions doivent être planifiées aux côtés des opérations sécuritaires. Les enfants qui sont recrutés et utilisés par les gangs doivent être traités avant tout en tant que victimes. Les enfants doivent avoir accès à la protection, à l'instruction, à des soins psychosociaux et à un soutien pour permettre leur réintégration. La réintégration doit être financée suffisamment. Elle doit se faire à l'échelle des communautés et il faut donner aux jeunes qui sont vulnérables face au recrutement des alternatives et des opportunités crédibles. Nous saluons la création du Fonds des dividendes de la paix en Haïti et nous encourageons les partenaires à soutenir les efforts nationaux. pour établir des liens entre la réintégration, les moyens de subsistance, la justice et la réduction des phénomènes de violence communautaire. Pour ce qui est de la réponse humanitaire, elle exige toute notre attention. À la date du 16 octobre, seuls 49,1 % du plan de réponse humanitaire, qui s'élève à 880 880 millions de dollars. Seuls 49,1 % donc est financé. Les bailleurs de fonds doivent combler le déficit. Nous avons besoin d'un accès humanitaire rapide et sans entrave et la protection du personnel humanitaire. Les familles doivent être aidées dès aujourd'hui. Il faut également, bien entendu, s'atteler à la longue tâche du rétablissement de la sécurité et des institutions. Madame la Présidente, Haïti doit prendre en main son destin, mais cela ne signifie pas que nous devons abandonner Haïti pour qu'elle fasse face à la crise seule. Nous avons simplement besoin de veiller à ce que le soutien international tienne compte des priorités déterminées au niveau national. Il faut renforcer la reddition des comptes au niveau des institutions, tout en respectant pleinement la souveraineté d'Haïti, ainsi que son indépendance, son unité et son intégrité territoriale. Le groupe A3 souhaite dire toute sa solidarité au peuple haïtien. Nos engagements collectifs doivent aboutir à des quartiers plus sûrs, à la réouverture des écoles, à des institutions qui fonctionnent et à des élections pour un gouvernement élu. Il est essentiel que nos efforts aboutissent à une amélioration tangible du quotidien de la population haïtienne. Je vous remercie de votre attention. UNSC · Présidente du Conseil [1:28:19]: Je remercie le représentant du Liberia pour son intervention. Je donne la parole au Bahreïn. Bahrain · Représentant [1:28:27]: Madame la Présidente, permettez-moi tout d'abord de remercier M. Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du Secrétaire général et chef du BINUH, Bureau intégré des Nations unies en Haïti, ainsi que Mme Daniela Kroszlak, chef du BANU, Bureau d'appui des Nations unies en Haïti, et M. Jack Christofides, représentant spécial de la Force de suppression des gangs, pour leurs exposés instructifs. Le Royaume de Bahreïn partage fait part de sa solidarité avec la Force ainsi qu'avec le contingent salvadorien après l'embuscade qui a eu lieu hier, et nous condamnons toutes les mesures qui portent atteinte à la sécurité et entravent le travail de la Force internationale. Le royaume du Bahreïn partage l'inquiétude de la communauté internationale face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire en Haïti à l'intensification de la violence et le cortège des meurtres, des enlèvements et le déplacement de milliers de civils qui l'accompagnent, sans oublier l'augmentation préoccupante des violences sexuelles visant les femmes et les enfants. Cette situation constitue une menace directe pour la sécurité et la protection des civils et une grave violation des droits humains. Dans ce contexte, nous soulignons l'importance de renforcer les capacités des institutions de sécurité haïtiennes et de poursuivre les efforts internationaux coordonnés visant à lutter contre les gangs armés, à rétablir l'autorité de l'État et l'État de droit, tout en veillant à ce que toutes les opérations de sécurité soient conduites dans le respect du droit international, y compris le droit international des droits humains. Le Royaume de Bahreïn se félicite également des efforts internationaux visant à renforcer le déploiement de la Force de suppression des gangs et souligne l'importance de lui fournir un soutien logistique et opérationnel afin de garantir son efficacité, sa viabilité et la réalisation des objectifs escomptés. Cela passe par une coordination continue entre les autorités haïtiennes, les Nations unies, les pays contributeurs, ainsi que les partenaires régionaux et internationaux. Madame la Présidente, le Royaume de Bahreïn souligne l'importance de réunir les conditions de sécurité nécessaires à l'organisation du processus électoral prévu en décembre prochain, afin de garantir une transition politique pacifique conduite et portée par les Haïtiens eux-mêmes, avec une appropriation nationale fondée sur le dialogue et le consensus national et favorisant une participation accrue des femmes, des jeunes et de la société civile. Cela contribuera au succès du processus électoral, conformément au calendrier établi. Enfin, le Royaume de Bahreïn réaffirme son soutien aux efforts déployés par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti et le Bureau d'appui des Nations unies. en Haïti et nous soulignons l'importance de la poursuite de la coordination internationale et de la mobilisation des efforts collectifs pour surmonter les défis actuels et réaliser la sécurité, la stabilité et la prospérité en Haïti. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:32:07]: Je remercie le représentant du Bahreïn pour son intervention. Je donne la parole au représentant de la Colombie. Colombia · Représentant [1:32:15]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie M. Massieux, le représentant spécial du Secrétaire général. Je remercie M. Jack Christofides, de la Force de répression des gangs. Et je remercie Mme Kroselak, chef du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti. Je souhaite la bienvenue au représentant permanent d'Haïti et je souhaite la bienvenue à toutes les délégations qui nous accompagnent ce matin. nous condamnons l'attaque perpétrée hier contre la force de répression des gangs. Nous souhaitons dire toute notre solidarité à l'endroit d'El Salvador. C'est un contingent du Salvador qui a été ciblé par cette attaque. La situation en Haïti montre qu'il n'est pas possible de bâtir un pays prospère, démocratique, un pays en paix, lorsque la violence La violence règne lorsque les autorités ne contrôlent pas leur territoire, lorsque l'État de droit a été affaibli, lorsque les institutions de l'État sont corrompues par les gangs criminels. Comme nous l'avons indiqué dans le cadre de l'examen d'autres points à l'ordre du jour de notre Conseil, la sécurité, c'est une condition essentielle pour la paix. Nous saluons les progrès qui ont été accomplis depuis le déploiement de la Force de répression des gangs. Ces progrès, néanmoins, sont fragiles. J'en veux pour preuve l'expansion récente de ces gangs dans les zones rurales, ainsi que la persistance de statistiques extrêmement préoccupantes concernant la violence à l'encontre des populations. Nous sommes notamment préoccupés par la violence sexuelle dont souffrent les femmes et les filles. Dans ce contexte, Il est essentiel de déployer pleinement la Force de répression des gangs. Il faut accroître l'empreinte territoriale de la Force. Nous saluons le travail du Banu, qui a répondu avec une grande souplesse aux besoins sur le terrain. Le Banu et la Force de répression des gangs doivent nous tenir informés des progrès à mesure qu'ils sont faits. Madame la Présidente, les seuls responsables de la violence en Haïti Ce ne sont pas seulement les chefs de gang, c'est également toutes celles et ceux, tous les acteurs politiques et économiques qui contribuent de façon directe ou indirecte à ces économies illégales. ces acteurs qui soutiennent la violence, qui bénéficient de la violence et de l'instabilité, tous les acteurs qui affaiblissent les institutions étatiques en raison de la corruption, en raison de la fraude fiscale et en raison du détournement de fonds publics. Il faut que cesse ce cercle vicieux et les responsables doivent rendre compte de leurs actes. Le Conseil de sécurité doit utiliser les outils dont il dispose, notamment le régime des sanctions. Les autorités haïtiennes doivent lutter de façon résolue contre l'impunité et contre la corruption. Il faut renforcer la branche judiciaire, le secteur pénitentiaire. Il faut réduire la violence communautaire. Il faut élaborer et mettre en œuvre des stratégies de long terme pour le désarmement, le démantèlement et la réintégration. Il faut des stratégies de réintégration pour les jeunes qui ont été recrutés par les gangs. Et il faut prévenir le recrutement des enfants et des adolescents. Il y a des progrès notables qui ont été accomplis, notamment avec la création d'unités judiciaires spécialisées. Les autorités haïtiennes doivent redoubler d'efforts et mobiliser les ressources financières suffisantes pour que ces unités judiciaires puissent accomplir leur mission. Concernant le processus électoral, nous sommes préoccupés par le faible niveau d'enregistrement des électeurs. Et c'est un niveau particulièrement bas, même pour un pays comme Haïti, où historiquement, la participation aux élections a été faible. La communauté internationale doit soutenir Haïti dans le processus électoral. Il faut garantir des conditions sécuritaires suffisantes pour que les élections se tiennent de façon libre, crédible, avec la participation de la population. Il faut que le résultat des élections soit légitime. Il est essentiel que les différents pans de la population, que les acteurs politiques et sociaux soutiennent le calendrier électoral pour que ces élections soient stables, crédibles et légitimes. Le BINUH a également un rôle à jouer pour faciliter le dialogue en Haïti. Sur le plan humanitaire, la situation est grave. Un million et demi de personnes sont déplacées. Plus de la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë. a besoin d'une aide humanitaire. C'est la plus grave crise humanitaire sur notre continent. Et pourtant, seule la moitié du plan de réponse humanitaire a été financé pour Haïti. Enfin, nous sommes conscients du fait que la crise sécuritaire en Haïti ne peut être évalué de façon isolée sans tenir compte des dynamiques régionales du crime organisé transnational. Les gangs en Haïti sont de plus en plus liés à des réseaux criminels qui font fi des frontières et qui menacent la stabilité de notre continent. Le gouvernement colombien est pleinement disposé à agir de façon résolue pour combattre et démanteler les gangs, les réseaux de crime organisé transnational dans la région. Nous sommes prêts à soutenir le peuple et les autorités en Haïti pour lutter contre ce fléau et bâtir un pays prospère, sûr et démocratique. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:37:51]: Merci. Je donne la parole à la Chine. China · Représentant [1:37:55]: Merci, Madame la Présidente. Je remercie le représentant spécial, Monsieur le représentant Christophides. Je remercie la sous-secrétaire générale, Kozlák, pour leurs interventions. Au cours de ces trois derniers mois, le Conseil a organisé plusieurs réunions sur Haïti et a adopté plusieurs résolutions, ce qui montre que le Conseil est déterminé à agir, tout comme la communauté internationale, pour aider la population haïtienne. Par ailleurs, la situation reste complexe et préoccupante. Le processus politique fait face à une incertitude, la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée et les besoins humanitaires continuent d'augmenter. L'histoire nous a montré à plusieurs reprises que la communauté internationale peut jouer un rôle important, mais pour s'attaquer aux causes sous-jacentes, il faut que Haïti parvienne à sortir de cette crise. Tout dépend de la capacité d'Haïti de parvenir à un consensus politique, de reconstruire ses capacités à gouverner. Je souhaiterais faire trois commentaires. Premièrement, nous avons besoin de faire avancer le processus politique. Cela fait Il faut qu'il y ait des élections dès que possible, des élections crédibles pour pouvoir établir un gouvernement légitime et rétablir l'ordre constitutionnel. Ces dernières années, la transition politique en Haïti a avancé lentement et le calendrier électoral a été remis à plus tard à plusieurs reprises. Ce qui se passe, la confiance des Haïtiens est en train de s'effondrer. et de la communauté internationale dans leurs institutions. Les autorités haïtiennes, les partis politiques, les factions politiques doivent faire preuve de volonté politique, laisser de côté les intérêts particuliers pour promouvoir un processus politique sans tarder. Mais les élections ne sont pas une fin en soi. Les élections ne peuvent être un prétexte pour remettre à plus tard d'autres questions liées à la gouvernance en Haïti. Il faut fixer des objectifs clairs dans le domaine de la gouvernance, de la lutte contre la corruption, de l'État de droit. Il faut prendre des mesures concrètes et générer des résultats. Nous soutenons le BINU et le travail de la CARICOM. Deuxièmement, pour ce qui est de la gouvernance sécuritaire, il faut renforcer l'efficacité de notre action. La violence, la criminalité continuent de gagner du terrain. Les gangs se regroupent, élargissent leur emprise, avec un bilan humain qui s'alourdit. Nous sommes préoccupés par les conséquences de la violence des gangs et la violence qui découle de certaines opérations. Nous sommes préoccupés par l'embuscade qui a eu lieu hier. Nous espérons que les quatre soldats salvadoriens pourront rentrer chez eux sains et saufs. nous prenons note des progrès accomplis dans le déploiement de la Force de répression des gangs. Le Conseil doit accorder toute son attention à la Force pour veiller à ce que la Force respecte le droit international, la transparence dans le cadre de ses opérations. Il faut que des rapports soient préparés et qu'il y ait reddition des comptes. Il ne faut pas causer des torts aux populations innocentes. L'objectif à terme du soutien international, c'est de permettre à Haïti d'assurer elle-même sa sécurité. Les autorités haïtiennes doivent assumer au premier chef leurs responsabilités, doivent renforcer les capacités et mettre en œuvre des stratégies sécuritaires et protéger la sécurité et la sûreté de la population haïtienne, notamment les enfants. L'afflux d'armes illicites alimente la violence des gangs en Haïti. Cela met en péril la sûreté et la sécurité des Haïtiens et des troupes internationales. Nous saluons l'adoption de la résolution qui renouvelle le mandat du régime de sanctions. Les États membres, et notamment les pays d'origine de ces armes et de ces munitions, doivent honorer leurs obligations au titre de la résolution, doivent agir rapidement, doivent garantir le plein respect de l'embargo sur les armes Ils doivent cesser tout afflux d'armes et de munitions. Deuxièmement, les conditions de vie des Haïtiens doivent s'améliorer. La situation humanitaire se détériore. 1,5 million de personnes déplacées, la moitié de la population fait face à l'insécurité alimentaire. Les populations font face à des difficultés, ce qui fait le lit de la violence. Il faut améliorer le quotidien des populations, c'est urgent. Les autorités haïtiennes doivent investir dans les moyens de subsistance. Il faut répondre aux besoins dans le domaine de l'éducation, de l'emploi et de la santé. Pour réduire, il faut donc s'attaquer au recrutement des gangs à la source. Il faut permettre aux populations de se développer. Nous soutenons les agences de l'ONU, les partenaires régionaux et internationaux qui peuvent jouer un rôle constructif et aider la population haïtienne à surmonter les difficultés. Pour réduire les problèmes en Haïti, nous avons besoin d'efforts durables. Il faut fixer le cap adéquat, fixer des objectifs et agir. C'est à la population haïtienne également d'être aux manettes avec la communauté internationale. La Chine continuera à assumer ses responsabilités pour aider Haïti à sortir de la crise dès que possible, pour une paix durable, pour la stabilité et le développement. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [1:43:35]: Je remercie de la Chine pour son intervention. Je vais maintenant faire une intervention en ma qualité de représentant de la Grèce. Greece · Représentante [1:43:46]: Je voudrais remercier le représentant spécial du Secrétaire général, M. Carlos Luis Massieu, le représentant spécial de la Force de répression des gangs, M. Jack Christofides, et la cheffe du Bureau d'appui des Nations unies en Haïti, Mme Daniela Cross-Lark, pour leurs interventions. Je salue la présence d'Haïti, du Mexique, de Saint Kitts-et-Nevis, de la République dominicaine et de El Salvador. Tout d'abord, nous exprimons notre vive préoccupation face à l'incident survenu hier à Santo. Nous condamnons l'embuscade tendue contre le membre salvadorien de la force de répression des gangs et formons le vœu qu'il soit retrouvé sain et sauf le plus tôt possible. Et nous exprimons notre pleine solidarité avec le El Salvador. La violence persistante des gangs entrave le retour à la stabilité en Haïti et surtout compromet le futur des Haïtiens. Nous prenons note de la décision de Haïti de reporter les élections initialement prévues le 13 décembre afin de permettre la stabilisation de la situation sécuritaire sur le terrain. Nous soulignons qu'il importe de garantir des élections crédibles, inclusives et participatives, tout en maintenant le progrès accompli dans les préparatifs électoraux et en favorisant un large soutien national en faveur du rétablissement des institutions démocratiques. Suite au renouvellement réussi du mandat de la Force de répression des gangs le mois dernier, la communauté internationale ne doit pas ménager aucun effort pour soutenir la Force de répression des gangs et les autorités haïtiennes dans leur lutte contre les gangs. Je souhaiterais faire les trois commentaires suivants. Tout d'abord, nous sommes gravement préoccupés par la situation sécuritaire. Le massacre à Kenskoff au mois d'août et les meurtres et les abus de droits humains perpétrés par les gangs sont atterrants. Nous condamnons toutes ces violences, notamment les enlèvements, la violence sexiste et sexuelle, le recrutement et l'utilisation des enfants. Nous saluons les efforts du gouvernement pour le désarmement, le démantèlement et la réintégration, notamment l'initiative pilote d'une durée de six mois à Kenskoff pour prévenir la violence à l'échelle communautaire. Nous saluons également la libération de 13 otages après les incidents de Kenscoff. Nous exigeons la libération conditionnelle et immédiate de tous ceux qui sont détenus illégalement. Nous saluons les efforts d'Haïti pour promouvoir une réforme dans le domaine de la justice et garantir la reddition des comptes pour les auteurs de graves violations des droits humains et d'infractions financières. Deuxièmement, nous réitérons notre plein soutien pour la Force de répression des gangs. Nous pensons que cette force a le potentiel d'endiguer la violence des gangs en Haïti si la force est déployée rapidement et à grande échelle. Nous saluons l'expansion de ces opérations au-delà de la capitale et nous remercions le Banu pour le soutien logistique essentiel qu'il apporte pour permettre le déploiement de la force. Nous saluons également la création, ou plutôt l'établissement de la présence opérationnelle de la force à Gonaïves, Il est essentiel de travailler sur la planification du déploiement de la force et il faut lui apporter le soutien logistique nécessaire pour permettre son plein déploiement. De la même façon, nous saluons tous les pays contributeurs et tous les États membres qui ont apporté des capacités pour le déploiement des contingents. Il est essentiel de respecter la politique de diligence voulue. relatives aux droits humains, notamment pour ce qui est des enfants. Les enfants sont toujours des victimes. Ils doivent être reconnus en tant que tels. Nous saluons l'accord de transfert entre le gouvernement haïtien et la force de répression des gangs qui régit le traitement et le transfert des individus qui sont appréhendés pendant les opérations, tout en respectant le protocole de transfert concernant les enfants. Troisièmement, nous saluons le renouvellement du régime de sanctions la semaine dernière. Ce dernier doit être pleinement mis en œuvre, notamment en vue des élections. Il faut faire respecter l'embargo sur les armes, notamment avec un contrôle efficace aux frontières. C'est essentiel pour endiguer le trafic d'armes illicites et pour que les gangs n'aient plus accès aux armes et aux munitions. Il faut également lutter contre les activités criminelles et identifier les liens entre les chefs de gang et les figures politiques. Nous soulignons le besoin de renforcer le système judiciaire et les unités judiciaires spécialisées pour combattre l'impunité en cas de graves violations des droits humains, d'infractions financières et de corruption. Enfin, nous aspirons à un avenir prospère et durable pour Haïti, sans violence des gangs, à l'abri de l'instabilité politique et des difficultés socio-économiques. À cet égard, le BINUH et son représentant spécial ont un rôle essentiel à jouer. Nous réitérons notre engagement à travailler étroitement avec le BINUH, la Force de répression des gangs et le BANUH pour aider Haïti à s'engager sur la voie de la transition démocratique, de la paix et de la prospérité. Je vous remercie. Je reprends mes fonctions en tant que présidente du Conseil et je vais maintenant donner la parole au représentant d'Haïti. Haiti · Représentant [1:50:00]: Madame la Présidente, je vous remercie d'avoir convoqué cette séance sur Haïti, notamment sur le rapport trimestriel du Secrétaire général sur les activités du MINU. Je remercie le Représentant spécial pour son exposé. Je remercie également M. Christophides et Mme Kozlak pour leur briefing. Je salue la présence des représentants de la République dominicaine, du Mexique et de la CARICOM. Le rapport du MINU décrit des défis considérables pour revenir à une situation normale en Haïti. Depuis hier, il se déroule une situation fragile dans la capitale haïtienne. Les membres de la FRG ont répondu à des attaques des gangs pendant une bonne partie de la journée et le nombre de victimes reste encore à déterminer avec exactitude. Si les gangs arrivent à répondre de cette manière à cette force qui est là pour les contrecarrer, c'est parce que les armes et les munitions qu'ils détiennent, ou qui ne sont pas fabriquées en Haïti, continuent de trouver des voies de passage à travers des réseaux transnationaux pour atterrir aux mains des criminels. Ce dernier épisode vient rappeler, s'il le fallait vraiment, que les défis sécuritaires en Haïti sont complexes et compliqués. Le respect de la résolution 2831, adoptée le 14 octobre 2026, appelant les États membres à prendre des mesures urgentes et décisives pour arrêter le flux des armes vers Haïti, doit être pleinement mis en œuvre. Je salue le courage des membres de la FRG, particulièrement les soldats du Salvador qui étaient sous le feu des bandes hier. Nous condamnons ce cycle de violence et espérons que ceux qui sont portés disparus retrouveront leurs familles sains et saufs. Je salue la solidarité constante de chacun avec mes frères et sœurs d'Haïti qui subissent régulièrement des assauts des gangs depuis au moins cinq ans. Malgré les défis, Haïti demeure résolument engagée dans le renforcement de ses institutions de sécurité. Cette détermination se traduit dans le budget national récemment adopté, qui consacre une importante enveloppe à la sécurité et à la justice. Ces ressources visent à poursuivre la mise en œuvre de l'augmentation progressive et du renforcement de la police nationale et des forces armées d'Haïti. Dans le prolongement de ces efforts nationaux, Haïti salue, une fois de plus, le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs et la prorogation du régime de sanctions. Haïti conclut avec les pays contributeurs des accords encadrant le statut de leurs troupes, en vue d'assurer leurs opérations dans le respect du droit international et des lois haïtiennes. Ces mesures doivent soutenir une action plus efficace contre les gangs, ainsi que leurs réseaux d'approvisionnement et de financement. Pour assurer la pleine efficacité de ces dispositifs, la coordination entre la PNH, l'armée, la FRG, le BINUH et les mécanismes de sanctions doivent être renforcés, dans le respect des mandats distincts et sous une impulsion nationale cohérente. Madame la Présidente, les opérations sécuritaires à elles seules ne suffiront pas. La reconstitution de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réintégration témoigne de notre volonté d'agir sur les causes de la violence. Avec l'appui du BINU, la Commission prépare un programme national de DDR et de réduction de la violence communautaire. Par ailleurs, nous croyons fermement que les enfants recrutés par les gangs doivent être protégés et bénéficier d'une prise en charge psychosociale, d'une éducation, d'une réunification familiale et d'une réintégration durable. Ils doivent avant tout être considérés comme des victimes. Dans cette perspective, le lancement, le 14 septembre dernier, du Fonds pour les dividendes de la paix, sous la coordination du gouvernement et des Nations unies, traduit cette approche intégrée. Nous invitons nos partenaires à soutenir ce mécanisme pour transformer les progrès sécuritaires en perspectives réelles pour la paix, la justice et le relèvement des communautés. La restauration de l'État demeure également une priorité pour Haïti. Le rapport relève la reprise, en juillet, de procès criminels avec assistance jury à Port-au-Prince, une première depuis 2018, ainsi que les progrès dans l'opérationnalisation de deux pôles judiciaires spécialisés. Il note notamment les préparatifs liés à l'entrée en vigueur du nouveau code pénal et d'un nouveau code de procédure pénale. Ces avancées appellent à un renforcement des moyens d'enquête, de poursuite et de jugement, et des mesures contre la détention préventive prolongée. Restaurer la confiance des citoyens dans la justice est indispensable à la stabilisation du pays. Enfin, sur le plan politique, Haïti réaffirme son engagement en faveur du retour à l'ordre constitutionnel à travers des élections libres, crédibles inclusive et transparente. Les préparatifs se poursuivent, notamment des consultations avec les acteurs politiques, l'adaptation du décret électoral, l'inscription des électeurs et des candidats. Dans le même esprit, le budget de cette année prévoit une enveloppe pour les activités électorales et l'appui des partis politiques. Madame la Présidente, le gouvernement haïtien assume ses responsabilités. La situation est difficile, certes, mais il y a beaucoup de petits pas dans la bonne direction. Comme on dit chez nous, en créole, « piti piti, z'oiseau fè nish li », peu à peu, l'oiseau fait son nid. Les actions engagées en matière de sécurité, de DDR, de justice et de préparation électorale traduisent cette réalité. L'appui international que nous sollicitons permettra d'amplifier ces efforts. En conclusion, je voudrais dire que notre objectif commun n'est pas seulement de contenir la violence, mais d'en prévenir la résurgence, de restaurer la confiance dans les institutions et de créer des conditions d'une paix durable et d'un retour à l'ordre constitutionnel en Haïti. Je vous remercie pour votre support à mon pays. UNSC · Présidente du Conseil [1:57:16]: Je remercie le représentant d'Haïti de son intervention. Et je donne la parole à Son Excellence, M. Enrique Ochoa, ministre adjoint chargé des affaires multilatérales et des droits humains du Mexique. Mexico · Ministre adjoint chargé des affaires multilatérales et des droits humains [1:57:31]: Merci beaucoup, Madame la Présidente. À l'entame de mon propos, je réitère le plein engagement du Mexique en faveur du peuple haïtien, en faveur de tous les efforts qui visent à trouver une solution haïtienne la situation en Haïti, une situation urgente, complexe, et ce, avec le soutien de la communauté internationale. Tout d'abord, nous souhaiterions à notre tour condamner l'attaque qui a été perpétrée hier à l'encontre du contingent salvadorien de la force de suppression des gangs. Nous disons toute notre solidarité à El Salvador. Pour rétablir la stabilité, il faut agir sur trois volets. Il faut tout d'abord rétablir la sécurité et l'autorité de l'Etat. et ce avec le soutien de la Force de répression des gangs. Il faut organiser des élections pour que les autorités retrouvent leur légitimité à toutes les échelles du gouvernement. Et enfin, il faut soutenir de façon résolue le relèvement socio-économique. Cette stratégie exige un cadre cohérent, intégral. Il faut établir des liens entre les opérations sécuritaires et la stabilisation à l'échelle des communautés. Il faut rouvrir les écoles et les centres de santé. Il faut créer des opportunités économiques pour la population. C'est un processus qui doit être mené à bien par les Haïtiens eux-mêmes. Pour bâtir une société juste, pacifique et inclusive, il faut mettre les femmes au cœur du processus politique et communautaire. Voilà pourquoi il est essentiel, avec le soutien du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, le BINUH, il est essentiel, donc, avec le BINUH et les autres agences de l'ONU, de prendre des mesures concrètes dans le cadre des préparatifs électoraux en cours afin de garantir la bonne participation des femmes. Pour ce qui est des dernières statistiques concernant les candidatures enregistrées par le Conseil électoral provisoire, nous voyons que nous sommes encore loin d'avoir atteint le quota minimum de 30% en vertu de la législation haïtienne. Nous pensons qu'il est également indispensable que les agences de l'ONU redoublent d'efforts en collaboration avec les autorités nationales et les autres partenaires afin d'apporter une aide médicale, psychosociale et juridique aux rescapés de la violence, et tout particulièrement des femmes et des filles. Pour ce qui est des jeunes, ils doivent être au coeur des actions de prévention de la violence et de promotion de la cohésion sociale. Il faut éviter le recrutement des jeunes par les groupes armés. Pour cela, il faut leur offrir des véritables alternatives de vie. Madame la Présidente, nous saluons le renouvellement du régime et du comité de sanctions pour Haïti. Ces sanctions sont un outil indispensable pour endiguer les flux illicites d'armes et de munitions. Tous les Etats doivent respecter les sanctions. Il est essentiel que le Comité mobilise le Secrétariat des Nations unies pour apporter un soutien aux pays de la région afin d'aider ces pays à prendre des mesures pour faire respecter les sanctions. Le Mexique souligne les progrès accomplis par la Commission de désarmement, démantèlement et réintégration en Haïti dans l'élaboration d'une feuille de route Il faut veiller à ce que ce processus soit pleinement pris en main par Haïti. Il faut se doter d'une stratégie globale. Il faut tirer des enseignements des expériences antérieures et il faut mobiliser tous les secteurs de la société et de l'administration. Ces efforts politiques et ces efforts sécuritaires doivent également s'accompagner d'une aide humanitaire pour la population haïtienne. À cet égard, nous sommes gravement préoccupés de constater qu'à la date du 6 octobre, le plan de réponse humanitaire pour Haïti n'avait été financé qu'à hauteur de 48,7 %. Et donc, nous lançons un appel urgent à la communauté internationale et à tous les partenaires. Il faut combler ce déficit de financement et il faut maintenir une solidarité active à l'endroit d'Haïti. Nous avons besoin d'une approche intégrale qui protège les femmes et les jeunes, qui renforce les institutions nationales et qui répond aux besoins fondamentaux. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons jeter les bases d'une paix juste, inclusive et durable. Et le Mexique continuera à aider Haïti. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [2:02:22]: Je remercie Son Excellence, M. Ochoa, de son intervention et je donne la parole à la représentante de Saint-Christophe et Niévès. Saint Kitts and Nevis · CARICOM · Représentante [2:02:37]: Madame la Présidente, j'ai l'honneur de prononcer cette déclaration au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes, la CARICOM. Nous remercions les intervenants et intervenantes de leurs exposés sur la situation en Haïti. Et à l'entame de mon propos, qu'il me soit permis, au nom de la CARICOM, de nous féliciter de l'adoption des résolutions 2829 et 2831 du Conseil de sécurité, reconduisant le mandat de la Force de répression des gangs et le régime de sanctions d'Haïti. Nous soulignons l'absolue nécessité de voir la Force de répression atteindre ses capacités opérationnelles complètes le plus rapidement possible avec l'appui financier, logistique et opérationnel requis pour l'exercice de son mandat. Avec notamment du personnel, une assistance logistique, des ponts aériens pour le déploiement, des capacités de surveillance maritime et aérienne et de l'équipement et du matériel indispensable. Nous appelons un appui continue et accrue de nos partenaires internationaux pour débloquer les ressources nécessaires à ces mesures. Et nous espérons que, partant, nous parviendrons à renforcer la sécurité et à créer des conditions propices au processus électoral et à la tenue d'élections le plus rapidement possible. La CARICOM soutient les efforts visant à tenir des élections qui permettront au peuple haïtien d'exercer ses droits démocratiques et élections qui contribueront à la restauration de l'ordre et de la stabilité constitutionnelle. Nous notons malheureusement qu'il sera difficile de convoquer les élections prévues pour le 13 décembre. Nous appelons à des délais révisés clairs pour la conclusion du travail préparatoire et pour la tenue des élections. La RECOM souligne aussi que le régime de sanctions joue un rôle critique dans le tarissement des armes illicites en Haïti et dans la réduction des activités des gangs armés en tarissant l'accès au financement et au soutien extérieur. Et dans ce contexte, nous encourageons tous les États membres à prendre des mesures efficaces pour tarir le flux illicite d'armes et de munitions et à couper les sources de soutien qui sont une planche de salut pour les gangs criminels. L'AGRICOM salue aussi les efforts de la police nationale haïtienne et des forces armées haïtiennes, du groupe de partenaires, de l'ONU, de l'Organisation des États américains, du groupe de personnalités éminentes et des autres partenaires régionaux et internationaux. Leur participation active et leur coordination demeurent indispensables à l'appui à la riposte à la crise pilotée par les Haïtiennes et Haïtiens. Madame la Présidente, nous l'avons entendu, la situation socio-économique et humanitaire en Haïti demeure déplorable. Et même si des mesures sont prises pour améliorer la situation sécuritaire, et nous observons d'ailleurs des progrès en la matière, il est indispensable de soutenir un renforcement des institutions de la gouvernance et des programmes socio-économiques en Haïti, et ce de façon simultanée. Le peuple haïtien doit être en mesure de récolter les dividendes de la paix pour renforcer leur travail contre les gangs. Nous sommes vivement préoccupés par l'effet de la violence sur les femmes, les filles et les jeunes, avec notamment des risques d'exploitation, de violences sexuelles et sexistes. et des risques de recrutement dans les rangs des groupes criminels. La protection de ces personnes doit demeurer une priorité. Et cette protection devrait s'accompagner d'initiatives de désarmement, de démobilisation et de réintégration appropriées au contexte pour éviter toute violence supplémentaire et pour soutenir ceux et celles qui souhaitent quitter les rangs des groupes armés. Madame la Présidente, À la lumière des défis en Haïti, il faut une riposte coordonnée persistante de la communauté internationale, fermement articulée autour de la prise en charge par les Haïtiens et Haïtiennes. Les interventions sécuritaires, le dialogue politique, le renforcement institutionnel et la relance socio-économique doivent avancer pas à pas ensemble si nous voulons nous donner une chance d'ancrer la stabilité sur le long terme. La CARICOM réaffirme sa solidarité permanente avec le gouvernement et le peuple d'Haïti et nous restons attachés à travailler avec nos partenaires régionaux et internationaux pour permettre le retour de la paix, de la sécurité, de l'ordre constitutionnel et du développement durable. Je vous remercie. UNSC · Présidente du Conseil [2:07:51]: Je remercie la représentante de Saint Kitts et Nevis et je donne la parole au représentant de la République dominicaine. Dominican Republic · Représentant [2:08:01]: Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil. Merci à la Grèce de sa présidence du Conseil. Merci à Monsieur Massieu, à Monsieur Christofides et à Madame Kozlak pour leurs interventions. Nous condamnons l'attaque qui a été perpétrée hier à l'encontre de soldats salvadoriens de la force. Et nous espérons que les soldats portés disparus seront retrouvés sains et saufs. Nous disons notre solidarité à El Salvador. Nous saluons l'engagement d'El Salvador en faveur de la sécurité en Haïti, Madame la Présidente. Dans son rapport, le Secrétaire général conclut que le soutien international durable est essentiel pour faire fond sur les progrès qui ont été accomplis. Il y a en effet des progrès que nous devons reconnaître. La force de répression des gangs a commencé à se déployer au-delà de la capitale. Elle travaille en coordination avec la police nationale haïtienne et avec un certain nombre d'États. Des États se sont engagés à apporter un soutien, notamment dans le transport aérien, pour permettre l'arrivée accélérée des nouveaux contingents. Nous remercions les pays qui contribuent avec des contingents et nous remercions également le Bureau d'appui des Nations unies en Haïti. Mais ces progrès ne sont pas suffisants. La force n'est doté à l'heure actuelle que d'un tiers des contingents prévus, alors que la violence persiste et elle se propage dans les zones rurales et dans de nouveaux départements, notamment dans le centre et le sud-est du pays. L'arrivée des autres contingents va permettre à la Force d'accroître son autorité. À chaque fois qu'il y a un retard dans le déploiement des contingents, cela laisse aux gangs le temps de se réorganiser. La continuité est indispensable. Le 29 septembre, le Conseil a renouvelé pour six mois le mandat de la Force de répression des gangs et du Bureau d'appui en Haïti. La République dominicaine a salué cette décision. Mais cette force a besoin d'un horizon prévisible. Les pays contributeurs doivent pouvoir planifier leurs engagements. Les opérations ont besoin de temps pour produire des résultats tangibles. Voilà pourquoi nous espérons qu'au mois de mars prochain, le mandat sera renouvelé pour une durée d'un an, c'est-à-dire une durée plus longue, afin de permettre également à la Force de finaliser ses déploiements avec le financement nécessaire. La Force doit être pleinement déployée. Cela nous permettra de réunir les conditions propices pour que la société haïtienne commence à reprendre une vie normale et pour que le peuple haïtien puisse de nouveau prendre en main son destin. Madame la Présidente. Comme indiqué par le Secrétaire général, la stabilité durable exige la sécurité, un processus politique, le relèvement socio-économique. Tout cela doit avancer de concert. La sécurité, c'est la condition sine qua non. Mais il est essentiel également que la population perçoive des améliorations concrètes dans son quotidien et les jeunes doivent trouver des opportunités distinctes de celles qu'offrent aujourd'hui les gangs. Nous saluons les efforts déployés par les autorités haïtiennes. Le Fonds des dividendes de la paix en Haïti, coprésidé par le gouvernement haïtien et les Nations unies, ce fonds offre à la communauté internationale un instrument pour aider les autorités haïtiennes à atteindre les objectifs qu'elles ont fixés, notamment pour ce qui est du désarmement, de la réintégration, de la réduction de la violence communautaire, du relèvement socio-économique et de la justice. Madame la Présidente. La République dominicaine continuera à contribuer aux efforts internationaux pour la sécurité et la stabilité en Haïti. Il est essentiel, comme le demande le Secrétaire général, que ce soutien soit durable dans le temps. C'est ce que mérite le peuple haïtien et c'est ce qu'il attend. Merci. UNSC · Présidente du Conseil [2:12:10]: Je remercie le représentant de la République dominicaine de son intervention. En vertu de l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, j'invite la représentante d'El Salvador à participer à la présente séance. Il en est ainsi décidé. Je donne la parole à la représentante d'El Salvador. El Salvador · Représentante [2:12:34]: Madame la Présidente. Merci aux représentants des Nations unies pour leurs interventions. Merci à l'ONU pour les efforts déployés pour rétablir la sécurité et la stabilité en Haïti. Ma délégation souhaiterait tout d'abord faire référence aux graves incidents qui se sont produits dimanche 18 octobre. Quatre techniciens de l'aviation d'El Salvador, qui font partie de la Force liberté 2, ont été victimes d'une embuscade menée à bien par des groupes criminels lourdement armés, alors que ces Salvadoriens étaient en train de rentrer au camp. Pendant l'attaque, les groupes criminels ont utilisé des engins explosifs, des armes à feu, ils ont incendié le véhicule. Des hélicoptères ont été déployés pour apporter un soutien et ces hélicoptères ont été pris pour cible pendant l'opération de riposte, et ce en coordination avec des contingents et du personnel d'autres pays. À la suite de cette attaque, El Salvador condamne dans les termes les plus fermes cette attaque contre notre personnel. Nous sommes gravement préoccupés par la situation de ces quatre Salvadoriens, nos compatriotes. Les efforts continuent pour essayer d'établir le contact avec eux et de les localiser. Nous remercions les pays pour leur solidarité. Nous vous remercions également pour les efforts dans le cadre de la Force de répression des gangs. Merci aux États membres fournisseurs de contingents qui contribuent à ces efforts de recherche et de sauvetage de nos Salvadoriens, de nos compatriotes. Dans ce contexte, la priorité, c'est de retrouver nos compatriotes dès que possible. Il faut maintenir et continuer les efforts de coordination et mobiliser toutes les capacités nécessaires afin d'atteindre cet objectif. Madame la Présidente, Cet incident nous montre quels sont les graves risques auxquels font face les membres du personnel qui travaille afin de rétablir la sécurité en Haïti. Il faut garantir la sécurité et la protection des personnes membres de cette force de répression des gangs. C'est une responsabilité du Conseil de sécurité. Il est essentiel de mettre en oeuvre le mandat de la force de répression des gangs. Et il faut doter la force des capacités nécessaires dans le domaine du renseignement, du transport, des communications, du soutien médical, la capacité de la force à répondre aux situations d'urgence, notamment l'urgence à laquelle nous sommes, hélas, aujourd'hui confrontés. Madame la présidente, El Salvador réitère sa pleine solidarité à l'endroit du peuple haïtien et en faveur des efforts qui visent à rétablir la paix et la sécurité en Haïti. Nous sommes convaincus que la communauté internationale doit soutenir Haïti avec les ressources suffisantes, en renforçant les capacités et en établissant les garanties nécessaires pour protéger ceux qui travaillent sur le terrain. Aujourd'hui, nous avons une pensée pour nos compatriotes et leurs proches. Et nous sommes certains que grâce à ces efforts collectifs, nous serons en mesure de les ramener à la maison sains et saufs. Merci. UNSC · Présidente du Conseil [2:16:16]: Je remercie la représentante d'El Salvador de son intervention. Il n'y a plus de noms inscrits sur la liste des oratrices et orateurs. La séance est levée.