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La 10 200e séance du Conseil de sécurité est ouverte. L'ordre du jour provisoire de la présente séance est: Maintien de la paix et de la sécurité internationales, la gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. L'ordre du jour est adopté. Je souhaite chaleureusement la bienvenue au Secrétaire général, aux ministres et aux autres représentants de haut niveau présents dans la salle du Conseil de sécurité. Votre présence aujourd'hui témoigne de l'importance de la question à l'examen. Les membres ont devant eux la liste d'orateurs et d'oratrices qui ont demandé à participer en vertu des articles 37 et 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil et conformément à la pratique établie en la matière. Nous proposons qu'ils soient invités à participer à la présente séance. Puisqu'il n'y a pas d'objection, il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant aborder l'examen du point 2 de l'ordre du jour. J'appelle à l'attention des membres du Conseil sur la lettre datée du 1er juillet 2026, publiée sous la cote S/2026/552, sur laquelle le représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès de l'Organisation des Nations unies a transmis au Secrétaire général une note de cadrage sur la question à l'examen. Je donne maintenant la parole au secrétaire général, Son Excellence M. Antonio Guterres.
Excellence Mme Thérèse Kayihumbwa, je m'excuse, mais la prononciation est difficile, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie de la République démocratique du Congo. Excellence, je remercie la République démocratique du Congo pour le leadership dont elle fait preuve sur cette importante question qui nous réunit aujourd'hui. Partout dans le monde, le contrôle et l'exploitation des ressources naturelles redessinent profondément les conflits, leurs causes, leur déroulement et leur issue. Les minéraux critiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel et les métaux rares, y compris les terres rares, revêtent une importance stratégique croissante. L'essor de la demande mondiale ouvre des perspectives essentielles pour le développement des pays producteurs, mais il intensifie aussi les rivalités géopolitiques, met sous tension des chaînes d'approvisionnement très concentrées et attise les conflits avec de lourdes conséquences humanitaires. Trop souvent, les revenus issus de l'exploitation illicite des ressources naturelles éloignent toute perspective de paix. Ils renforcent les groupes armés et les réseaux criminels, ils relient les violences locales à des réseaux régionaux et internationaux, et ils sapent les perspectives de compromis politique. Nous le voyons dans l'est de la République démocratique du Congo, où les groupes armés profitent de l'exploitation minière illégale et de la contrebande des minerais, tandis que les populations civiles continuent de payer le prix du conflit, comme l'ont montré les rapports successifs du groupe d'experts mandaté par ce Conseil. Nous le constatons également au Soudan, où la lutte acharnée pour le pouvoir et le contrôle du territoire est alimentée par l'exploitation des ressources naturelles, en particulier de l'or et de la gomme arabique, entraînant des atrocités et le déplacement de millions de personnes. Partout, le fardeau le plus lourd pèse sur les plus vulnérables, les femmes et les enfants, ainsi que les communautés chassées des terres qui recèlent ces richesses. C'est pourquoi le débat public d'aujourd'hui est particulièrement opportun. Madame la Présidente, le Conseil de sécurité reconnaît depuis longtemps que le commerce et l'exploitation illicite des ressources naturelles jouent un rôle majeur dans le financement des groupes armés, l'alimentation des conflits et l'aggravation des crises humanitaires. Et vous avez pris des mesures pour tarir ces flux en confiant pour mandat aux opérations de paix concernées des Nations Unies d'aider les autorités nationales à lutter contre l'exploitation illicite menée par les groupes armés, en appelant à une plus grande responsabilité des acteurs régionaux et internationaux, et en adoptant des régimes de sanctions, notamment concernant la République démocratique du Congo, la Libye et Al-Shabab, pour endiguer le commerce illicite des ressources naturelles et d'empêcher que les revenus qui en sont tirés n'alimentent la violence. Je salue le travail des panels et des groupes d'experts qui vous appuient dans ces efforts, en documentant les violations, en retraçant les chaînes d'approvisionnement et en identifiant les réseaux commerciaux et financiers dont les acteurs armés se servent pour générer des revenus. Ces connaissances doivent guider notre recherche de solutions. Excellences.
Excellence, j'entrevois pour l'avenir quatre priorités parmi les plus urgentes. Premièrement, la justice. Nous devons veiller à ce que l'exploitation des ressources minières soit source de bénéfices équitables et durables pour les pays et les populations riches en ressources naturelles. Il est temps de briser ce schéma ancestral où les ressources sont extraites, où la valeur est captée ailleurs et où les communautés appauvries sont laissées seules face aux conséquences environnementales et socio-économiques. Il est temps de remédier au fossé entre la souveraineté reconnue d'un État sur ses ressources naturelles et l'exercice concret de ses droits souverains. C'est en Afrique que ce déficit de souveraineté est le plus marqué. La rémanence du colonialisme, conjuguée aux problèmes de gouvernance, place les États dans une situation très défavorable lorsqu'ils cherchent à capter ou à réinvestir les richesses que contiennent leurs ressources naturelles. Le Groupe chargé de la question des minéraux critiques pour la transition énergétique offre des pistes pour renverser cette dynamique. L'investissement responsable des chaînes de valeur équitables, la transformation et la fabrication sur place dans les pays, la transparence, des normes environnementales et des normes relatives aux droits humains et des retombées concrètes pour les populations concernées. Ce sont les pays et les populations qui doivent être les premiers et les principaux bénéficiaires des ressources qui se trouvent chez eux. C'est pourquoi l'ONU aide les autorités nationales à renforcer la gouvernance et les institutions, à améliorer les cadres réglementaires et à faire en sorte que les ressources minérales contribuent au développement et à la consolidation de la paix. Nous soutenons les initiatives visant à renforcer les capacités nationales en matière de négociation d'accords miniers équitables, le développement des activités de transformation et de raffinage au niveau national, la gestion des recettes publiques et l'atténuation des effets néfastes sur la société et l'environnement. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et la Commission économique pour l'Afrique y travaillent au Mozambique, en Ouganda, en République démocratique du Congo et en Zambie grâce à un financement du Fonds commun pour les objectifs de développement durable. 2. La prévention Nous devons endiguer les flux illicites et renforcer la transparence tout au long des chaînes d'approvisionnement minières. Les ressources naturelles sont souvent extraites dans un pays, puis transitent par un autre pays pour être transformées ailleurs, avant d'être finalement vendues sur les marchés mondiaux. Pour être efficaces, les mesures doivent cibler l'ensemble de la chaîne de valeur et pas seulement le lieu d'extraction. La coopération entre les pays de production, de transit et de consommation est essentielle si l'on veut une réglementation plus rigoureuse et mieux appliquée. Les organisations internationales et régionales, les institutions financières et le secteur privé ont tous un rôle important à jouer, comme en témoigne d'ailleurs l'annonce faite la semaine dernière par l'Union européenne d'interdire l'achat, l'importation et le transfert d'or originaire du Soudan et d'interdire aussi des exportations vers ce pays de mercure et de cyanure, des produits utilisés pour l'extraction de l'or. Ensemble, les acteurs peuvent contribuer à empêcher que des ressources de provenance illicite ne pénètrent sur les marchés illicites par la mise en place de cadres juridiques ayant force exécutoire et le renforcement de la traçabilité du devoir de diligence et de l'échange d'informations. Parallèlement, nous devons renforcer la coopération régionale afin de réduire les écarts entre les systèmes nationaux, une faille qu'exploitent les groupes armés et les groupes criminels. Troisièmement, le règlement pacifique des différends. Nous devons utiliser davantage les outils prévus au chapitre VI de la Charte. dont je parlerai plus en détail ici demain, notamment lorsque des différends liés aux ressources naturelles compromettent les perspectives de paix. L'accès, la propriété, le contrôle territorial, le partage des recettes et les retombées locales sont souvent des questions d'ordre politique et pas uniquement technique. Quand elles ont une incidence significative sur les intérêts des parties ou sur la viabilité d'un accord, elles devraient éclairer l'analyse politique et la recherche de moyens pacifiques de règlement des différends, notamment les bons offices et la médiation. Il serait ainsi possible de trouver des solutions fonctionnelles, de tenter de remédier aux facteurs qui entretiennent le conflit et de circonscrire des domaines de coopération au sein d'un règlement politique plus large. Et quatrièmement, le climat. Nous devons veiller à ce que les mesures préventives et les initiatives politiques tiennent compte de l'analyse climatique. Les sécheresses, les inondations, la dégradation de l'environnement et la destruction des écosystèmes rendent restreignent souvent l'accès à la terre, à l'eau et aux ressources minérales. Or, cela peut avoir aussi des répercussions, c'est-à-dire priver les populations de leurs moyens de subsistance, mettre les institutions à rude épreuve, exacerber les tensions, voire déclencher des violences. C'est pourquoi nous aidons nos partenaires internationaux, nationaux et régionaux à repérer les situations où les pressions environnementales, les déplacements et la lutte pour les ressources naturelles risquent d'alimenter les griefs existants. et celles où une intervention en amont pourrait contribuer à prévenir une escalade. Le Bureau régional des Nations unies pour l'Afrique centrale, par exemple, intègre des analyses relatives au climat, à la paix et à la sécurité dans les systèmes d'alerte rapide et de planification au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Tchad, et à Abiyale, Le Programme des Nations unies pour l'environnement, le Bureau de l'envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique et la FISNUA soutiennent les initiatives locales de consolidation de la paix dans un contexte où la dégradation de l'environnement et les pressions liées au climat viennent aviver des tensions politiques déjà anciennes. La mobilisation autour de la gestion des ressources naturelles partagées a permis d'ouvrir des perspectives concrètes de dialogue, de coopération et de renforcement de la confiance. Madame la Présidente. Tout l'enjeu est de transformer la manière dont les ressources naturelles sont extraites, transformées, commercialisées et utilisées, afin que les pays producteurs et les populations concernées conservent une part bien plus importante de la valeur ajoutée. Plus d'exploitation, fini le pillage. Et nous devons priver les groupes armés et les réseaux criminels des revenus qui attisent des conflits, des conflits qui n'ont que trop duré. Si nous n'agissons pas, l'exploitation illicite des ressources naturelles continuera d'alimenter les inégalités, l'instabilité et la violence. Ces ressources doivent au contraire être gérées de manière à financer un développement inclusif et durable, à renforcer les institutions et à promouvoir la paix et la prospérité pour toutes et tous. En définitive, il s'agit d'un choix politique et je vous demande instamment, vous, membres du Conseil, de choisir la paix. Je vous remercie.
Je remercie le Secrétaire général de son exposé et je donne maintenant la parole à Madame Ngozi Okonjo-Iweala.
Merci, Madame la Présidente. Excellence, Madame Thérèse Kayihwambe, présidente du Conseil de sécurité et ministre des Affaires étrangères de la RDC.
Monsieur le Secrétaire général. Excellence, Mesdames et Messieurs, nous remercions sincèrement la RDC et le président Tshisekedi de leur invitation à participer à cette séance du Conseil de sécurité. Merci d'avoir convoqué ce débat public de haut niveau. Et nous remercions les membres du Conseil qui ont abandonné cette session du Conseil par le passé. Je remercie aussi le Secrétaire général de son leadership s'agissant de la question des minéraux critiques et de son exposé circonstancié. Quel honneur d'être de retour ici. La dernière fois, c'était en 2009, lorsque, en tant que directrice en exercice de la Banque mondiale, je me suis exprimée devant le Conseil de sécurité de l'ONU sur la question de consolidation de la paix et de maintien de la paix, un mandat qui est particulièrement important aujourd'hui, puisque la bonne gestion des ressources naturelles, c'est un synonyme de consolidation de la paix. Excellence, Mesdames et Messieurs, nous sommes à un point charnière. Nous nous réunissons alors que le multilatéralisme est affaiblie et sous une pression sans précédent. Les rivalités stratégiques gagnent en ampleur, les conflits s'accélèrent, les communautés souffrent. Le commerce est devenu un champ de bataille, des tensions géopolitiques et le commerce mondial traverse sa pire perturbation depuis 80 ans. Je dis souvent que nous traversons un test, une épreuve mondiale, une épreuve que nous devons réussir. Le monde a besoin de coopération mondiale, de multilatéralisme, plus que jamais par le passé, mais Il faut un multilatéralisme nouveau, réformé, modernisé, plus souple, qui avance plus rapidement, un multilatéralisme qui innove face à l'évolution rapide des technologies. Aujourd'hui, j'aimerais insister sur le fait que dans le cadre de cette perturbation, il y a des possibilités. La demande mondiale immense pour les minéraux critiques représente une chance unique pour l'Afrique. et les autres géographies qui ont beaucoup de ressources afin d'utiliser au mieux ces nouvelles richesses, d'accélérer le développement industriel et d'améliorer le niveau de vie de millions de personnes. Ces possibilités devraient être en fin de compte le fondement de la paix et de la prospérité, pas des conflits et de la pauvreté. Mais l'histoire nous a aussi prouvé que des bénédictions en termes de ressources peuvent se traduire en une malédiction: affaiblissement de la redevabilité à la gouvernance, encouragement de la corruption, violence, conflits qui s'éternisent et enracinement de l'insécurité et de la pauvreté. Plusieurs initiatives de l'ONU, de la société civile, de pays concernés et de la communauté internationale ont permis, notamment le processus de Kimberley, et l'initiative pour l'industrie transparente dans les extractives nous ont aidé, mais n'ont pas été suffisantes et n'ont pas fait des ressources naturelles une force pour la paix. La géopolitique menace de mondialiser des problèmes, surtout nationaux, avec des implications sécuritaires pour la communauté internationale dans son ensemble. Les minéraux critiques sont de plus en plus vus comme des actifs stratégiques, pas uniquement des biens de consommation et une source majeure de compétition entre États. Les grandes économies essaient de déployer un accès des marchés en tant que avantage, essayer de trouver des accords et dès lors des risques de conflits émergent. Prenons le pas sur le développement, l'environnement, les économies en développement pourraient se trouver entre deux faux, sachant que les technologies fuiront. Mon message aujourd'hui est simple, la richesse des minerais n'est pas une bénédiction ou un une malédiction, c'est aussi un catalyseur d'incitation pour les gouvernements, les entreprises et communautés locales, et pour les puissances étrangères. Que ces mesures incitatives mènent à la prospérité ou au conflit, à des États effectifs ou à des États faillis, à une coopération mondiale ou à une fragmentation géopolitique, tout dépend des politiques nationales et internationales et des institutions qui les façonnent. Notre rôle est de transformer la nature de ces mesures incitatives. Il faut changer du tout au tout la façon dont les pays en développement riches en ressources génèrent la croissance et la richesse. La richesse en minéraux doit être vue comme une ressource qui peut être extraite et en à exporter, mais aussi et surtout comme un catalyseur de transformation économique. En dépit de ce moment difficile pour le multilatéralisme, il y a une possibilité de promouvoir le développement socio-économique, d'établir la résilience et la stabilité, de créer une économie plus diversifiée, plus inclusive, où tout le monde est gagnant. Et j'ai trois priorités à vous suggérer. Tout d'abord, il faut passer de l'extraction et de la dépendance à la création de valeur. Les États riches en ressources ont tout à fait raison de demander plus de valeur ajoutée au niveau national. Ce n'est pas qu'une question de part économique, mais aussi d'incitation sociétale. Lorsqu'une économie dépend d'une production intégrée, les infrastructures modernes et d'un une force vive compétente, les gouvernements sont plus responsables et ont des mesures incitatives structurelles pour renforcer l'État de droit, investir dans l'éducation, la formation et en amélioration, les routes, les réseaux électriques et les réseaux numériques. Lorsque la production est fondée sur la valeur ajoutée avec des manufactures locales, il est plus facile pour toutes les parties prenantes, les gouvernements, le secteur privé, les communautés locales et les gouvernements intéressés étrangers de suivre de près l'exploitation, le déplacement des minéraux critiques extraits. Ceci plus pour le gouvernement de taxer, de réglementer. Il est plus difficile pour les groupes paramilitaires d'extraire et de faire main basse sur ces ressources. Lorsque les bienfaits ont des effets positifs sur la communauté, pas uniquement sur les propriétaires des mines, la communauté voit un enjeu dans ce succès et travailleront pour ce succès et s'opposeront à ceux qui essaient de saper ce succès. En d'autres termes, pour parvenir à une économie Parvenir plutôt à une économie basée sur la valeur ajoutée permet de garantir que la croissance et la richesse ne sont pas accaparées par un petit groupe. Ce n'est pas qu'un impératif pour le développement et l'inclusion socio-économique, c'est aussi un impératif de consolidation de la paix. Et la résilience du commerce mondial est renforcée lorsque les communautés qui ont été en marge du système commercial multilatéral sont davantage intégrées dans le commerce mondial grâce à l'ajout de valeur, grâce à des valeurs ajoutées, grâce à une décentralisation des chaînes d'approvisionnement diversifiées. Les pays et les communautés bénéficient d'une plus grande participation au commerce mondial, alors que la communauté internationale bénéficie de davantage de résilience émanant de la décentralisation des chaînes d'approvisionnement. À l'OMC, on appelle ça la remondialisation. Un phénomène en mouvement qui permet de protéger le monde, qu'il prospère. Cela fait des décennies que La part de l'Afrique dans le commerce mondial est en dessous de 3 % parce que le commerce de l'Afrique représente 60 % des biens de consommation. En se concentrant sur la valeur ajoutée des minéraux critiques, on augmente la part du continent dans le commerce mondial, renforçant la paix, les emplois et la prospérité. Et l'Afrique a un potentiel d'énergie verte pour que cela fonctionne de façon durable tout en prenant en compte les questions climatiques. Le monde doit utiliser au mieux l'énergie solaire, géothermale, hydrique, éolienne, les autres ressources renouvelables du continent pour parvenir à une valeur ajoutée en minerais critiques où tout le monde en ressort gagnant. Ensuite, il faut renforcer l'État de droit international par le droit de la force. La coopération multilatérale vérifie les déséquilibres de pouvoir et traduit la compétition en une possibilité à somme positive pour les investissements, la création de valeur et la prospérité partagée au lieu de miser sur un jeu à somme nulle. Une économie mondiale basée sur des règles ouvertes peut aider les pays en développement riches en ressources à passer à la catégorie supérieure, fournissant des marchés diversifiés, un accès aux investissements technologiques et une base solide pour les relations bilatérales. Un multilatéralisme positif soutient un bilatéralisme de meilleure qualité. La fragmentation fait l'inverse. Elle magnifie le déséquilibre des pouvoirs et encourage l'exploitation, la coercition, l'arsenalisation des minéraux critiques. Et c'est là que l'OMC peut jouer un rôle indispensable. Les règles de transparence et de non-discrimination réduisent les possibilités, les raisons d'utiliser la puissance économique pour extraire des traitements préférentiels ou pour exercer des pressions sur les petits pays producteurs afin qu'ils acceptent des modalités qui sacrifient la valeur sur le long terme pour des gains sur le court terme. Dans le même temps, les règles de l'OMC préservent un espace politique permettant un développement industriel légitime, notamment un traitement local et un ajout de valeur. Mais ces règles ne sont pas parfaites, tout comme le multilatéralisme est loin d'être parfait. Elles doivent être réformées, renforcées, mises à jour. Tous les pays, et surtout les plus petits et les plus faibles, s'en sortent mieux dans un système qui récompense la coopération dans le cadre de règles partagées au lieu d'opter pour un système qui préfère une puissance débridée. Troisièmement et surtout, les pays producteurs doivent être autonomes et se demander ce qu'ils doivent faire pour être un meilleur partenaire pour les États qui cherchent à coopérer avec ces États. Comment devenir plus autonomes? Les pays producteurs ne peuvent pas dépendre des acteurs extérieurs pour réglementer les chaînes d'approvisionnement, encourager une production locale. Les économies majeures ont leurs propres intérêts et ont toutes la raison de mettre leur propre énergie industrielle, notamment, à des intérêts sécuritaires nationaux en premier pour rédiger, extraire des accords au commerce préférentiel. qui permettent l'extraction. Mais cette dynamique peut changer. Il peut y avoir une dynamique gagnant-gagnant. L'Afrique et les autres géographies en développement, riches en ressources, ont leurs avantages. Le monde ne peut pas parvenir à la sécurité énergétique, à la transition verte, à la transformation numérique sans ces États. L'Afrique elle-même dispose de 30 % environ des minéraux critiques et moins de la moitié des réserves minérales de l'Afrique ont été explorées. La RDC représente plus de 70 % de la production mondiale de cobalt. L'Afrique du Sud détient les plus grandes réserves de platine et de manganèse, et la Zambie et la RDC sont de grands producteurs de cuivre. 10 à 12 pays africains ont des réserves exploitables sur le plan commercial de lithium et 15 à 20 États ont des dépôts exploitables de terres rares. Pour transformer cet avantage en puissance, les pays producteurs doivent travailler à l'unisson. Le cadre du G20 sur les minéraux critiques, conclu sous présidence d'Afrique du Sud, souligne plusieurs objectifs clés depuis l'année dernière. Établir des pôles de traitement sous-régionaux et des chaînes de valeur, renforcement des infrastructures internationales et des systèmes de paiement, renforcement des normes sociales, environnementales et diversification active des liens commerciaux mondiaux dans certains marchés. C'est la raison pour laquelle, pour certains pays africains, mettre en œuvre pleinement La zone de libre-échange du continent africain est indispensable. Elle permettrait d'étendre les marchés régionaux, d'établir des normes communes et de renforcer la force du marché continental. Le rapport sur le commerce de l'Afrique d'Afrique prouve que les batteries régionales et les chaînes d'approvisionnement dans des pays riches en minéraux comme en RDC, en Zambie ou au Zimbabwe, permettraient d'inverser la tendance continentale d'exportation de matières brutes et d'importation de biens finis. La coopération est aussi un élément clé pour attirer de nouveaux investissements nécessaires. On ne peut pas dépendre d'un seul acteur. L'accord pour le développement et l'investissement de l'OMC, soutenu par 131 de nos 166 membres, La plupart de ces pays sont des pays en développement. C'est exactement le genre d'outils d'élimination des risques dont l'Afrique et d'autres régions ont besoin pour utiliser au mieux les investissements et les transformer en production de valeur ajoutée. La production de valeur ajoutée, le commerce fondé sur des règles et une coopération industrielle pilotée par l'Afrique permettront de s'assurer que les minéraux critiques passent par des voies légitimes et pas par des voies armées. Je suis ravi de vous dire que certains pays africains et dirigeants vont dans cette direction en se mettant à pied d'œuvre avec les partenaires financiers multilatéraux et d'autres partenaires relatifs à l'extraction. La RDC, la Zambie, le couloir, l'obito d'Angola, ce projet en partenariat avec l'Union européenne, les États-Unis, l'Italie, la Banque africaine de développement, le groupe de la Banque mondiale et la Banque d'investissement européenne ainsi que la Corporation pour la finance africaine, avance. Le couloir doit être un exemple brillant de traitement des minéraux avec une valeur ajoutée et pas d'extraction. Les batteries du Maroc et la chaîne d'approvisionnement de ces batteries et d'autres mesures en cours en Bretagne, en Namibie, au Nigeria, peuvent traduire ces minéraux critiques en chaînes d'approvisionnement d'énergie renouvelable. C'est prometteur. Établir ces chaînes, ça prend du temps, mais pour rétablir la paix, il faut agir immédiatement. Et dès lors, il faut accélérer le pas dans les mesures qui existent déjà. Dans le même temps, il faut que le Conseil de sécurité continue à étêter, à tarir les sources illégitimes de minéraux critiques en soutenant la diligence au niveau régional et en renforçant les mécanismes de traçabilité, en mettant en œuvre de façon cohérente les sanctions existantes et les régimes connexes contre des groupes armés qui tirent profit des minerais trafiqués, et en soutenant sur le plan politique les cadres de coopération régionale, comme le Secrétaire général vient de le dire. Une autre idée qu'il vaut la peine d'explorer, un système d'information sur les marchés des minerais critique réciproque fondée sur le système d'information agricole sur les marchés agricoles du G20, permettant de traduire les engagements en partage de bienfaits. Et c'est vrai pour le Conseil, mais aussi pour le système de l'ONU, les organisations régionales, les institutions financières internationales, le secteur privé, la société civile. Tout le monde a un rôle à jouer. Le mécanisme sur l'examen de la politique commerciale de l'OMC pourrait permettre de maintenir la traçabilité et de renforcer les efforts au niveau international. Les politiques économiques et les politiques sécuritaires doivent se renforcer l'une l'autre, sinon les deux s'effondreront. Le Conseil de sécurité a soutenu les nations d'Afrique méridionale par le passé, lorsque le processus de Kimberley a émergé pour mettre fin au commerce des diamants du sang. Et aujourd'hui, nous avons la même possibilité, établir un garde-fou contre les exploitations géopolitiques. Les minéraux africains ou de tout sol de toute région en développement ne devrait jamais, jamais financer les conflits sur terre. La malédiction des ressources n'est pas une destinée pré-écrite. On peut changer les choses. L'extraction, la transformation, le secret ou la transparence, la fragmentation ou la coopération, ce sont des choix. Des choix que vous porterez qui importeront. Les plus grands choix pour les pays riches en ressources, et souvent Le travail commence chez soi. Et aujourd'hui, la compétition géopolitique est un défi, bien évidemment, mais aussi une fenêtre de tir immense. Comme la présidence de la RDC l'a très bien dit, c'est notre chance de remplacer le cercle vicieux de la malédiction des ressources en un cercle vertueux de la bénédiction des ressources. C'est à nous de saisir cette possibilité. Merci de votre attention.
Je remercie Madame Okonjo-Iweala de sa déclaration. Je vais maintenant faire une déclaration en ma qualité de ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale, de la francophonie et de la diaspora congolaise de la République démocratique du Congo. Et j'ai l'honneur de vous donner lecture de l'allocution de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République démocratique du Congo, qui, empêché, n'a malheureusement pas pu être présent parmi nous aujourd'hui. Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Madame la Directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Excellence, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, Mesdames et Messieurs. C'est avec une grande fierté et un sens élevé des responsabilités que la République démocratique du Congo assume, en ce mois de juillet, la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies. Présider ce Conseil, c'est assumer, pour un temps, une part de la responsabilité collective de notre monde. C'est rappeler que cette enceinte n'a pas seulement vocation à répondre aux crises lorsqu'elles éclatent, mais aussi à identifier les facteurs qui les annoncent afin de mieux les prévenir. Au fil des décennies, le Conseil de sécurité a su adapter son action aux menaces de chaque époque. Aujourd'hui, une réalité s'impose avec une évidence croissante. La gouvernance des ressources naturelles est devenue un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales. C'est cette conviction qui a conduit mon pays à inscrire ce débat à l'ordre du jour de notre Conseil, afin d'inviter la communauté internationale à porter un regard nouveau sur l'un des déterminants majeurs des conflits contemporains. Car le monde a changé. Les minerais critiques, l'eau, Les forêts, les ressources énergétiques, les terres arables et la biodiversité sont désormais au cœur de la transition énergétique, de la révolution numérique, de la sécurité alimentaire et du développement économique. Jamais les ressources naturelles n'ont autant compté pour l'avenir de l'humanité. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, elles continuent d'alimenter les conflits, de financer les groupes armés, de nourrir les économies criminelles, de fragiliser les États et de priver les populations des bénéfices légitimes de leurs propres richesses. Tel est le paradoxe de notre époque: les ressources naturelles peuvent être le fondement d'une prospérité partagée ou le moteur d'une prédation. Tout dépend de la manière dont elles sont gouvernées. Excellence, Mesdames et Messieurs, pour la République démocratique du Congo, cette question n'est ni théorique ni lointaine. Elle touche à notre histoire, à notre peuple et à notre avenir. Notre pays compte parmi les plus riches du monde en ressources naturelles. Ses minerais stratégiques, son potentiel hydroélectrique, ses vastes terres arables, Son exceptionnelle biodiversité et le bassin du Congo, l'un des principaux puits de carbone de la planète, constituent un patrimoine dont l'importance dépasse largement nos frontières. Pourtant, cette richesse s'est trop souvent transformée en vulnérabilité. Là où elle aurait dû financer le développement, elle a alimenté la prédation, la violence et l'instabilité. Dans l'est de mon pays, la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés, de l'assèchement de leurs circuits de financement et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d'intégrer des chaînes d'approvisionnement mondiales. Lorsque des ressources stratégiques financent la guerre plutôt que le développement, il ne s'agit plus seulement d'un défi national. Il s'agit d'une menace pour la paix et la sécurité internationales. Il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l'injustice faite aux peuples producteurs. Il ne peut y avoir de chaîne d'approvisionnement réellement sûre sans sécurité pour les États et les communautés qui produisent ces ressources. C'est pourquoi la République démocratique du Congo ne vient pas devant le Conseil de sécurité pour se plaindre. Elle vient partager une expérience, porter une conviction et proposer une voie. Car la situation de la République démocratique du Congo n'est pas une exception. Elle révèle un déséquilibre mondial auquel seule une action collective fondée sur l'équité et la responsabilité permettra d'apporter une réponse durable. Excellence, Mesdames et Messieurs, la Charte des Nations unies nous confie une responsabilité essentielle: préserver la paix et la sécurité internationales. Cette responsabilité ne consiste pas seulement à répondre aux crises lorsqu'elles éclatent. Elle exige aussi que notre Conseil sache en identifier les causes profondes et agir avant que les tensions ne dégénèrent en conflits. Au fil des années, le Conseil de sécurité a su adapter son approche aux menaces émergentes. Il lui appartient désormais de reconnaître, avec la même lucidité, que la mauvaise gouvernance des ressources naturelles constitue un facteur majeur d'instabilité, de conflits et de fragilisation des États. Une telle reconnaissance ne remet nullement en cause la souveraineté des États. Elle contribue au contraire à la protéger. Car la souveraineté permanente sur les ressources naturelles ne peut être seulement proclamée. Elle doit être pleinement exercée afin que les richesses nationales profitent aux peuples et non aux groupes armés, aux réseaux criminels ou aux intérêts qui prospèrent dans l'illégalité. Les ressources naturelles doivent financer le développement, renforcer les capacités des États et créer davantage de valeur dans les pays producteurs. Pour l'Afrique, cela implique de dépasser une économie fondée sur la seule extraction pour bâtir une économie de transformation, d'industrialisation et de prospérité partagée. C'est là une exigence de justice économique. C'est aussi une condition essentielle d'une paix durable. Excellence, Mesdames et Messieurs, l'histoire nous enseigne qu'une ressource stratégique peut être un facteur de rivalité ou un fondement d'un destin commun. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe a choisi de faire du charbon et de l'acier, autrefois au cœur des conflits, les fondements d'une coopération durable à travers la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Cette initiative a démontré qu'une ressource stratégique, lorsqu'elle est gouvernée dans un esprit de confiance et d'intérêt partagé, peut devenir un instrument de paix. Le processus de Kimberley, soutenu par le Conseil de sécurité à travers sa résolution 1459 de 2003, a montré qu'une action collective pouvait limiter le rôle des ressources naturelles dans le financement des conflits et renforcer la responsabilité de l'ensemble des acteurs de la chaîne commerciale. En Asie, Le bassin du lac du Mékong illustre la manière dont une ressource partagée peut devenir un cadre de dialogue et de coopération. En Eurasie, la gouvernance de la mer Caspienne rappelle que des ressources stratégiques communes appellent des règles concertées et une responsabilité partagée au service de la stabilité régionale. Partout ailleurs, Les mécanismes de certification, de traçabilité et de coopération régionale démontrent qu'aucune solution n'est parfaite, mais que toutes convergent vers une même conviction: des ressources bien gouvernées peuvent devenir des facteurs de confiance, de stabilité et de prospérité. Cette leçon est aujourd'hui la plus actuelle que jamais. Le 21e siècle est celui des minerais critiques, de l'eau, des forêts, de l'énergie et de la biodiversité. La question qui nous est posée est simple: aurons-nous la sagesse de faire de ces ressources les fondations d'une prospérité partagée ou accepterons-nous qu'elles constituent d'alimenter les rivalités et les conflits de nos temps? Excellence, Mesdames et Messieurs, Face à cette responsabilité, la République démocratique du Congo plaide pour l'émergence d'une nouvelle doctrine internationale qui place la gouvernance des ressources naturelles au cœur de l'agenda de la paix et de la sécurité. Cette doctrine repose sur une conviction simple: les ressources naturelles ne sont pas de simples marchandises. Elles sont des enjeux de souveraineté, des leviers de développement et des biens de responsabilité dont dépend la stabilité de nos États comme l'avenir de nos sociétés. Elle devrait s'articuler autour de six principes. Le premier est le respect effectif de la souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles. Aucun peuple ne devrait voir ses richesses exploitées au profit de groupes armés, de réseaux criminels ou d'intérêts qui échappent à son contrôle. Le deuxième est la transparence des chaînes d'approvisionnement. États producteurs, pays de transit. Entreprises, investisseurs et consommateurs partagent la responsabilité de garantir l'origine licite des ressources qui alimentent les technologies du futur. Le troisième est le renforcement des mécanismes de traçabilité, de certification, de diligence raisonnable et de redevabilité afin de protéger les communautés, de soutenir les États producteurs et de responsabiliser tous les acteurs de la chaîne de valeur. Le quatrième est la lutte contre l'impunité économique ceux qui financent les conflits par l'exploitation illégale des ressources naturelles doivent répondre de leurs actes. Tant que les économies de prédation demeureront plus rentables que le respect du droit, la paix restera fragile. Le cinquième est la promotion de partenariats justes et mutuellement bénéfiques. Les pays producteurs ne demandent ni faveur ni charité. Ils demandent l'équité, le respect et des partenariats qui créent de la valeur, favorisent l'industrialisation et améliorent durablement les conditions de vie des populations. Et enfin, le sixième est l'ancrage local de cette gouvernance. Les populations vivant au cœur des zones d'exploitation doivent être protégées, associées aux décisions et bénéficier des retombées des ressources qui constituent leur patrimoine. Car une ressource qui enrichit le monde mais appauvrit la communauté qui l'abrite devient, tôt ou tard, une source de frustration, de contestation et d'instabilité. Excellence, Mesdames et Messieurs, la République démocratique du Congo prend aujourd'hui la parole avec la gravité d'un pays éprouvé par l'histoire, mais aussi avec la confiance d'une nation qui se relève, assume son destin et entend mettre son immense potentiel au service de la paix, du développement et de la coopération internationale. faire de nos ressources naturelles non plus une source de vulnérabilité, mais un levier de transformation, de stabilité et de prospérité. La République Démocratique du Congo est un pays solution. Elle l'est pour la transition énergétique mondiale grâce à ses minerais critiques, pour la lutte contre le changement climatique grâce au bassin du Congo, pour la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire de l'Afrique grâce à ses ressources en eau, son potentiel hydroélectrique et ses vastes terres arables, pour la préservation de la biodiversité mondiale grâce à son patrimoine naturel exceptionnel et pour l'industrialisation de l'Afrique, à condition que ses ressources soient davantage transformées sur place au bénéfice de la valeur ajoutée, de l'emploi et des compétences. Mais pour que la République démocratique du Congo joue pleinement ce rôle, elle doit être en paix. Et pour que cette paix soit durable, il faut tarir les sources économiques de la guerre. Voilà pourquoi le débat qui nous réunit aujourd'hui dépasse le seul cadre congolais. Il est africain, il est mondial, il concerne les pays producteurs comme les pays consommateurs, les institutions internationales comme les organisations régionales, les acteurs économiques comme les générations futures. Car nous sommes liés par les mêmes chaînes d'approvisionnement, les mêmes défis climatiques et la même exigence de sécurité et de dignité. Notre démarche ne vise ni à opposer des producteurs aux consommateurs, ni à créer de nouvelles lignes de fracture. Elle repose sur une conviction simple: dans un monde interdépendant, la sécurité des chaînes d'approvisionnement, la stabilité des États producteurs et le développement des populations locales sont indissociables. Une chaîne d'approvisionnement n'est véritablement sûre que si elle est juste. Un partenariat n'est durable que s'il est équilibré Et une transition énergétique n'est légitime que si elle respecte les droits et la dignité des peuples qui fournissent les ressources dont elle dépend. C'est dans cet esprit que la République démocratique du Congo souhaite que le débat d'aujourd'hui ouvre une dynamique durable. Les préoccupations légitimes des États doivent être entendues, car une doctrine commune ne se construit pas par l'imposition ni par la division, mais par le dialogue. par la confiance et la recherche des convergences. C'est pourquoi mon pays soutient la création d'un groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles réunissant les États intéressés des Nations unies, les Nations unies, les organisations régionales, les institutions financières internationales, les pays producteurs et consommateurs, les acteurs économiques responsables ainsi que la société civile. Sa mission serait de maintenir un dialogue permanent, de partager les bonnes pratiques, de renforcer les mécanismes existants et de formuler de manière progressive et pragmatique des propositions permettant de mieux intégrer les enjeux liés aux ressources naturelles dans l'action des Nations unies et lorsque cela relève de son mandat, du Conseil de sécurité. Tel est l'esprit de la démarche que nous proposons, une approche qui respecte la souveraineté des États, renforce leur gouvernance, protège les populations, responsabilise les marchés et fasse des ressources naturelles non plus des vecteurs de conflits, mais les fondations d'une paix durable. Excellence, Mesdames et Messieurs, l'histoire retient rarement la durée de nos débats. Elle retient le courage de nos décisions. Chaque génération est appelée à répondre aux défis de son temps. La nôtre doit reconnaître que les ressources naturelles ne sont plus seulement un enjeu économique. Elles sont devenues un enjeu majeur de paix, de sécurité, de justice et de prospérité. Nous pouvons continuer à intervenir lorsque les crises ont déjà éclaté, ou nous pouvons agir en amont, en nous attaquant aux économies de prédation qui les alimentent. Nous pouvons accepter que les ressources du 21e siècle continuent de financer les conflits, ou nous pouvons décider qu'elles financeront le développement, l'innovation et la dignité des peuples. Tel est le choix qui s'offre à nous, telle est la responsabilité qui incombe à notre génération, telle est l'ambition que la République démocratique du Congo porte aujourd'hui devant le Conseil de sécurité. Les ressources naturelles ne doivent plus être les frontières de nos rivalités, elles doivent devenir les fondations de notre sécurité collective. Si nous savons faire des minerais, de l'eau, des forêts, de l'énergie et de la biodiversité des instruments de coopération plutôt que de confrontation, alors nous pourrons dire que le Conseil de sécurité aura été fidèle à sa mission. Et l'histoire retiendra qu'ici, aux Nations unies, la communauté internationale a choisi de faire des ressources naturelles non plus les héritages de nos divisions, mais les fondations de notre destin commun. Je vous remercie. Je reprends mes fonctions de présidente du Conseil et je donne maintenant la parole à Son Excellence, Madame Irène Vélez Torres, ministre par intérim de l'Environnement et du Développement durable de la Colombie.
Madame la Présidente, Madame la Ministre Kaï Kwamba, je vous remercie de l'organisation de ce débat absolument pertinent pour les pays du Sud. Je salue tout particulièrement le secrétaire Guterres qui est avec nous aujourd'hui. Je salue les représentantes et représentants qui siègent au Conseil de sécurité. Nous savons que les minéraux stratégiques sont essentiels pour la transition énergétique. Sans ces minéraux, il sera impossible de déployer à l'échelle et à la vitesse nécessaires les technologies propres de production, de stockage et de distribution qui sont nécessaires pour abandonner progressivement les combustibles fossiles. Pour autant, la demande croissante concernant ces minéraux menace d'une nouvelle flambée extractive. S'il n'y a pas un contrôle adapté, il peut y avoir des effets considérables dans les territoires et sur les populations. Vu qu'une grande proportion de ces minéraux se trouve dans les pays du Sud, où se trouvent également les écosystèmes affichant la plus grande biodiversité de la planète et des populations appauvries sur le plan historique, nous ne pouvons pas permettre que cette région, que les pays du Sud payent à nouveau les coûts environnementaux et sociaux liés à l'extraction. On ne peut pas non plus permettre que les bénéfices s'accumulent dans les pays du Nord, alors que les pays du Sud restent dans le noir, avec la plus grande pauvreté énergétique de la planète. La tâche qui nous attend est de bâtir une gouvernance internationale robuste qui évite et corrige les relations d'inégalité et l'accaparement, les privations qui ont accompagné historiquement l'exploitation des ressources naturelles, qu'on a appelée une malédiction. En Colombie, plus de 90 % de la production minière provient de l'activité extractive artisanale et à petite échelle, une activité qui permet à des milliers de familles de subvenir à leurs besoins que l'État tente de renforcer par le biais de processus de formalisation et d'appui technique. Cependant, lorsque la gouvernance est insuffisante, les économies criminelles capturent une grande partie des chaînes de production et d'approvisionnement. L'or en est le meilleur exemple. Près de 85 % de l'or produit en Colombie provient de l'activité extractive informelle et près de 70 % de cet or est associé à des activités de groupes criminels organisés en marge de la loi. En outre, ces activités minières illégales utilisent entre 150 et 205 tonnes de mercure par an, qui polluent des cours d'eau et des territoires dans 26 des 32 départements au plan national. Mais l'extraction illicite de minéraux n'est pas seulement un crime environnemental. C'est également un crime économique et financier. Je vais donner des explications. Les économies minières illicites financent des organisations armées et ont des liens avec d'autres crimes environnementaux dans le cas de la Colombie, notamment la déforestation dans l'Amazonie et le blanchiment d'argent des narcotrafiquants. Ensuite, ces activités se pérennisent grâce à des réseaux transnationaux qui se livrent au trafic d'intrants, au commerce illicite de minéraux et au blanchiment d'argent. Il s'agit de réseaux qui sont également en dehors du territoire national. Et ce phénomène ne touche pas seulement l'extraction de l'or, mais également, et de plus en plus, d'autres minéraux stratégiques dont la demande augmente rapidement. Pour riposter face à ce défi, il faut aller au-delà du lieu d'extraction des minéraux Cela veut dire qu'il faut délocaliser la problématique. Il est nécessaire de garantir la traçabilité de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, depuis les intrants utilisés pour l'exploitation et les bénéfices jusqu'aux origines des minéraux, les itinéraires de commercialisation et les flux financiers qui, au bout du compte, légalisent des ressources qui sont le produit d'activités illicites. Nous parlons d'un véritable principe de coresponsabilité planétaire qui représente un impératif. Et l'engagement ne peut pas seulement concerner les pays producteurs. Les pays où ces minéraux sont raffinés, transformés et consommés doivent garantir la traçabilité et exercer la diligence raisonnable et éviter que les minéraux finissent par légaliser des activités illicites. Ni les marchés internationaux, ni l'électrification ne doivent bénéficier de ces minéraux concernant les engagements sur les conditions qui ont présidé à l'extraction et à la commercialisation. On parle d'une gouvernance des minéraux avec une dimension géopolitique. C'est ainsi que la Colombie a défendu à la 7e Assemblée des Nations unies pour l'environnement, UNEA-7, l'adoption par consensus de la résolution 3, qui lancera sous la houlette du PNU, qui donnera donc naissance à un processus intergouvernemental de dialogue de deux ans pour jeter les bases d'une gouvernance internationale des minéraux pour la transition énergétique. Nous appelons à ce que ce processus soit lancé le plus rapidement possible, conformément à l'urgence des enjeux que nous connaissons aujourd'hui. Cette résolution 3 de l'Assemblée pour l'environnement et l'équipe spéciale sur les minéraux pour la transition énergétique, lancée par le secrétaire général, montrent que le système multilatéral a commencé à bâtir des ripostes sur les minéraux stratégiques et l'amélioration de leur gouvernance. Le défi aujourd'hui est de faire en sorte que ces efforts avancent de manière structurée et avec l'urgence qu'exige ce moment historique. Ces deux processus représentent l'occasion d'avancer vers des règles partagées qui renforcent la traçabilité des chaînes d'approvisionnement, renforcent la coopération et comblent les lacunes, les vides qui permettent aujourd'hui aux activités criminelles de pénétrer les marchés internationaux. Il faut décider sous quels principes, avec quelles règles, avec quels mécanismes mondiaux nous allons gouverner ces ressources. de cette décision dépendra le fait de ne pas détruire l'environnement, de ne pas prolonger des relations déséquilibrées, mais plutôt d'agir pour la paix et la justice. Merci.
Je remercie Madame Vélez Torres de sa déclaration. Et je donne la parole à la représentante du Danemark.
Merci, Madame la Présidente. D'emblée, je tiens à vous souhaiter une chaleureuse bienvenue, Excellence. Merci à la présidence de la République démocratique du Congo d'avoir organisé ce débat qui arrive à point nommé. L'expérience de la RDC nous rappelle pourquoi la communauté internationale doit garantir que les ressources naturelles soient des facteurs de prospérité et pas une source de conflits ou d'insécurité. Je remercie également le Secrétaire général de son exposé. et la Directrice Générale de l'OMC de son intervention riche en informations. J'ai trois observations. Tout d'abord, le lien entre ressources naturelles, violence et instabilité est absolument limpide. En RDC, des groupes armés, depuis des décennies, financent leurs activités par l'exploitation illicite de minéraux et le contrôle de sites miniers, d'itinéraires commerciaux, ce qui alimente la violence, l'instabilité et les violations généralisées des droits humains. Au Soudan, notamment au Darfour, l'or est devenu une source majeure de financement pour les parties au conflit, contribuant à pérenniser l'économie de guerre et prolonger les violences. Et comme le Secrétaire général l'a mentionné, L'Union européenne a interdit récemment l'importation d'or depuis le Soudan pour cette raison précise: en Afrique de l'Ouest et au Sahel, des groupes terroristes et d'autres groupes armés exploitent de plus en plus l'extraction de l'or et d'autres ressources naturelles pour élargir leur influence dans des zones où la présence de l'État est limitée. Et au-delà de l'Afrique, il y a des dynamiques comparables qu'on observe au Myanmar, en Colombie et précédemment en Afghanistan, mais également dans certaines régions de l'Irak et de la Syrie. Dans chacun de ces pays, les ressources naturelles sont utilisées en tant qu'outil dans l'économie de guerre pour obtenir et conserver un contrôle sur le territoire et des populations, et financer des activités armées. Cela est souvent assorti d'une oppression brutale. y compris des violences sexuelles et fondées sur le genre. Le Danemark encourage le Conseil à mieux utiliser les outils qu'il a déjà à sa disposition, notamment les sanctions, les mécanismes de reddabilité, les groupes d'experts et les mandats en matière d'établissements de remparts pour lutter contre les flux financiers illicites qui alimentent les groupes armés. Il est temps de faire en sorte que l'exploitation et l'instrumentalisation des ressources naturelles coûtent plus cher que leur gestion pacifique et responsable. Deuxièmement, Madame la Présidente, nous reconnaissons que les cadres existants sont de plus en plus complexes. Cependant, ce dont on a besoin, c'est davantage de conformité et davantage de mise en œuvre appliquant le principe de diligence voulue. Nous pouvons renforcer des chaînes d'approvisionnement responsables et transparentes en soutenant les pays producteurs au moyen d'assistance technique, de traçabilité et de diligence voulue, plutôt que d'ajouter de nouvelles couches de bureaucratie. Le Danemark est prêt à travailler avec toutes les parties prenantes pour promouvoir la la gouvernance responsable des ressources naturelles et du développement durable. Troisièmement, madame la présidente, il ne saurait y avoir de transition énergétique sans minéraux critiques. Chaque panneau photovoltaïque, chaque éolienne et chaque batterie moderne pour des véhicules électriques reposent sur des minéraux venant d'un nombre limité de pays producteurs. Ces ressources sont essentielles concernant notre capacité collective à atteindre les objectifs de l'accord de Paris et l'objectif de zéro émission d'ici 2050, mais également les ambitions plus générales du programme à l'horizon 2030. Les minéraux qui alimentent la transition verte doivent également produire de la valeur économique au plan local, permettre de créer des emplois, un développement économique inclusif pour les communautés. Il faut donc une équation où tout le monde est gagnant. Comme on nous l'a dit, cela passe par une gouvernance transparente, une participation significative. significative de la société civile et des travailleurs dans le respect des droits humains. En guise de conclusion, Madame la Présidente, les minéraux critiques sont indispensables pour notre avenir collectif, mais leur extraction ne doit jamais se faire au détriment de la paix, des droits humains et de la sécurité des populations locales. Faisons en sorte que les ressources naturelles deviennent une source de prospérité pour les pays producteurs et les communautés productrices plutôt qu'un facteur de conflit. Le Danemark est prêt à travailler avec tous les partenaires dans cet objectif.
La représentante du Danemark de sa déclaration et je donne la parole au représentant du Liberia.
Merci, Excellence. Le Liberia, à l'instar des préopinants, souhaite la bienvenue à Son Excellence la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo et nous saluons les ministres qui nous font l'honneur de leur présence au Conseil de sécurité. Nous félicitons la République démocratique du Congo d'avoir convoqué ce débat indispensable et nous remercions les intervenants principaux, le Secrétaire général de l'ONU, la Directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, de leurs exposés circonstanciés et qualifiés. excellence. Pour un grand nombre de nations, y compris pour mon pays, les ressources naturelles sont au croisement entre les promesses et les périls. Un diamant peut financer une classe ou alimenter une milice. Une forêt peut aider une communauté à vivre. Elle peut aussi financer une guerre. La géologie ne choisit rien. Par contre, la gouvernance, oui. Le Libéria connaît bien cette dichotomie. Ce n'est pas une théorie abstraite pour notre pays. c'est tout simplement notre histoire. Par la résolution 1521, le Conseil de sécurité a réagi face au trafic de diamants et de bois qui alimentait notre conflit, notre guerre civile. Et grâce à des réformes nationales, grâce à une bonne volonté politique au plan national et grâce à des cadres internationaux comme le processus de Kimberley, Ces ressources se sont muées en la pierre de touche de notre relance économique. Notre histoire prouve une vérité: la richesse naturelle n'est pas forcément une peine de mort pour la paix. Excellence, ce débat arrive à point nommé. Le Programme des Nations Unies pour l'environnement, le PNU, note que 40 % des conflits internes ces 60 dernières années sont liés d'une façon ou d'une autre aux ressources naturelles. Et il est deux fois plus probable pour ces conflits de réémerger. Et aujourd'hui, alors que la demande pour les minéraux critiques augmente pour financer la transition énergétique, nous sommes à la croisée des chemins. Nous ne pouvons pas alimenter la transition verte avec des chaînes d'approvisionnement douteuses. Nous devons traduire les principes en protection. Et pour ce faire, nous avons cinq recommandations concrètes. Tout d'abord, il faut traiter la gouvernance des ressources une méthode de prévention des conflits. La transparence, ce n'est pas une préférence économique. Non. A vrai dire, c'est un apéritif sécuritaire. Des normes comme l'ITIE, les registres des propriétaires et la traçabilité ne sont pas des fardeaux administratifs. Non, ce sont des outils qui permettent de priver les groupes armés des capitaux nécessaires à la pérennisation de leurs activités. Deuxièmement, il faut mettre les communautés au centre de l'extraction. Une gouvernance sans droits humains, sans égalité femmes-hommes, et sans consentement des communautés locales, ce n'est pas du développement. C'est une institutionnalisation des griefs. Lorsque les communautés sont spoliées, l'extraction sera toujours synonyme de violence. Troisièmement, il faut établir un cadre de traçabilité mondial, universel. Les flux financiers illicites et le trafic de minerais transcendent les frontières facilement. Et dès lors, nous devons apprendre à faire de même en matière de traçabilité. Il faut une architecture mondiale interopérable pour éliminer tout les bastions des richesses dérobées. Ensuite, il faut des partenariats. Quatrièmement, la CDAO, les mécanismes des Grands Lacs, l'Union africaine ont l'avantage de la proximité et de la légitimité contextuelle pour tarir le commerce transfrontière illicite. Et dès lors, ces instances doivent être dotées des ressources nécessaires. Cinquièmement, Il faut une unité à l'ONU à tous les égards. Nous invitons le Secrétaire général à présenter un cadre sur tous les pays de l'ONU portant sur la gouvernance des ressources naturelles, établissant le lien entre le développement, la paix et les droits humains pour aboutir à une stratégie unifiée. Excellence, en guise de conclusion, La soi-disant malédiction des ressources naturelles n'est pas un fait de la nature. Non, c'est un échec de la gouvernance. Dans le même ordre d'idées, l'équité des revenus, la transparence des chaînes d'approvisionnement et la redevabilité nationale ne sont pas des objectifs de développement secondaires. Ce sont des stratégies prioritaires. Le Liberia est prêt à nouer des partenariats avec le Conseil de sécurité pour que nos ressources naturelles partagées se transforment en un moteur véritable de dignité humaine et ne se transforment plus jamais en une source de conflits. Je vous remercie.
Je remercie le représentant du Liberia de sa déclaration. Je donne la parole au représentant de la Somalie.
Madame.
La Présidente, à l'entame de mon propos, qu'il me soit permis d'adresser mes remerciements les plus sincères à la présidence de la République démocratique du Congo pour avoir convoqué ce débat public important et pour le diriger d'une main de maître. Nous remercions aussi le Secrétaire général de ses observations utiles et la Directrice générale Madame Okonjo-Iweala de son exposé. Aujourd'hui, les ressources naturelles occupent une place prépondérante dans le contexte mondial. Ces ressources sont indispensables à la transition énergétique, à l'évolution technologique et à la croissance économique. Et pourtant, lorsqu'il demeure des lacunes en termes de gouvernance, l'exploitation illicite, le trafic alimente les groupes armés, sapent l'autorité de l'État et prolongent les conflits. De toute évidence, l'existence des ressources n'est pas un problème en soi, non. Le défi est de savoir comment les gouverner pour promouvoir la paix, la sécurité et le développement durable pour toutes et tous. Et à cet égard, j'aimerais m'arrêter sur les éléments suivants. Tout d'abord, bien sûr, la dimension sécuritaire est critique. Mais la perspective africaine souligne aussi que les minéraux sont des outils stratégiques pour le développement, l'industrialisation et une prospérité partagée. Pour un grand nombre de pays africains, les minéraux critiques sont des sources de possibilités de transformation structurelle, de création d'emplois et permettent de mettre en œuvre pleinement l'Agenda 2063 ainsi que les objectifs de développement durable. La vision africaine pour l'extraction minière est un cadre continental d'exploitation transparente, équitable, optimale en fin de compte, en mettant l'accent sur une valeur ajoutée locale, le développement industriel et l'intégration régionale. Et dès lors, Il faudrait, au fil de nos débats, trouver un équilibre entre les préoccupations sécuritaires et l'absolue nécessité d'aider les pays producteurs à tirer des bienfaits durables et équitables de leurs ressources. Deuxièmement, il est indispensable de gommer les déficits de gouvernance. La diligence voulue, la transparence, les initiatives de traçabilité avancent. et elles doivent être accompagnées d'investissements pérennes dans les capacités nationales, dans le renforcement institutionnel et dans l'assistance technique. Pour une gouvernance effective et efficace, il faut non seulement des normes solides, mais aussi des institutions nationales robustes, des cadres réglementaires bien fondés et des partenariats internationaux. Troisièmement, la Somalie soutient un cadre international plus cohérent, plus global, établissant un lien entre l'exploitation des ressources naturelles et la paix. Ce cadre devrait faire fond sur les mécanismes existants, devrait respecter la souveraineté nationale et éviter le double emploi. Le Conseil de sécurité a un rôle vital à jouer lorsque l'exploitation illicite menace la paix et la sécurité internationales, se mettant à pied d'œuvre aux côtés des organisations régionales et s'assurant que les réseaux criminels répondent de leurs actes, ainsi que leurs parrains. En conclusion, Madame la Présidente, les ressources naturelles devraient être une source de paix, de prospérité, de développement durable, pas des sources de conflits. Pour y parvenir, il faut nouer des partenariats véritables, il faut une gouvernance transparente et un véritable partage des bienfaits pour que les pays producteurs puissent en profiter davantage. La Somalie souhaite soutenir une gouvernance responsable des ressources naturelles prises en charge au plan national et coordonnées sur la scène internationale. Merci.
Je remercie le représentant de la Somalie de sa déclaration. Je donne la parole au représentant du Pakistan.
Madame la Présidente.
Madame la Présidente, je suis ravi de vous voir présider ce débat, un débat important qui arrive à point nommé, organisé par la République démocratique du Congo, avec une forte participation chez les États membres, avec des ministres notamment, présents et présentes dans la salle du Conseil, et que nous saluons bien bas. Je remercie le Secrétaire général de son exposé très complet. Et qu'il me soit aussi permis de remercier la Directrice générale de l'OMC, Mme Okonjo-Iweala, de son exposé. Madame la Présidente, les ressources naturelles ont toujours défini les traits de la destinée humaine. dictant où les civilisations naissaient, grandissaient, prospéraient. Des vallées fertiles, des fleuves de la Mésopotamie qui ont donné naissance à l'agriculture, aux dépôts de charbon et de pétrole qui ont fait naître la révolution industrielle. Les matières brutes ont toujours battu les cartes de la puissance géopolitique et d'innovation technologique. Aujourd'hui, l'importance stratégique des ressources naturelles augmente, car le monde opère une transition vers l'énergie verte, l'IA, la production de pointe et les technologies numériques. Dès lors, la course vers les minéraux critiques est devenue une réalité géopolitique qui définit notre époque. Dans l'idéal, les ressources naturelles devraient être des instruments de développement durable, de prospérité. Ces ressources ne peuvent pas devenir des sources de conflits, de coercition ou d'exploitation. Et pourtant, dans un grand nombre de contextes, l'absence de gouvernance, l'extraction illicite, les ingérences et la distribution inéquitable des bienfaits, ainsi que les violations de la Charte des Nations unies du droit international continuent d'alimenter l'instabilité. les conflits, exacerbant des crises humanitaires. Et c'est particulièrement visible en Afrique. Le Pakistan est solidaire depuis très longtemps des pays africains dans leur quête de contrôle souverain de leurs richesses naturelles. L'expérience de l'Afrique prouve que des richesses en termes de ressources ne contribuent à la paix que lorsque ces richesses sont accompagnées d'institutions fortes, de transparence, de prise en charge nationale, tout en mettant en priorité le bien-être des populations. Madame la Présidente, l'exemple de la RDC illustre parfaitement ce propos. Pendant des décennies, l'exploitation illicite et le trafic de ressources naturelles ont financé des groupes armés et ont privé le peuple congolais des retombées positives de la richesse naturelle titanesque de leur pays. Le renforcement des mécanismes de traçabilité, y compris les enseignements du processus de Kimberley, les chaînes d'approvisionnement responsables et la coopération régionale sont indispensables au tarissement du financement des conflits et indispensables à s'assurer que ces ressources, en fin de compte, appuient le développement durable. Et comme le Secrétaire général l'a dit, Il est question de justice et de prévention. Il faut aussi que les ressources et que les pays riches en ressources naturelles soient des partenaires sur un pied d'égalité et pas uniquement des fournisseurs. Les investissements responsables, la transformation locale, le transfert de technologie, le développement des compétences et le partage équitable des recettes doivent être des piliers centraux de la coopération internationale. La paix durable est impossible lorsque on obtient une coexistence entre les richesses naturelles immenses et une pauvreté persistante et un sous-développement. Ça, c'est la recette d'un conflit. La gouvernance des ressources naturelles doit être fermement ancrée dans la Charte de l'ONU et dans le droit international. Le droit des peuples à une souveraineté permanente sur leurs ressources naturelles et richesses naturelles, tel que consacré dans la résolution 1803 de l'Assemblée générale, demeure fondamental. La coopération internationale doit renforcer les capacités nationales tout en respectant la prise en charge nationale des priorités et l'espace politique national. Madame la Présidente, ces principes ne s'appliquent pas qu'aux minéraux, mais aussi à l'eau, aux forêts et aux écosystèmes communs. La gestion coopérative et licite de ressources transfrontières communes est indispensable à la prévention des conflits et à la promotion de relations amicales des pays voisins et au règlement pacifique des différents. Notre voisin oriental n'a que faire de cet esprit et cherche à utiliser l'eau comme une arme contre le Pakistan en utilisant abusivement de son statut à la source de l'eau, imposant illégalement un traité sur l'eau de l'Indus qui s'oppose à à l'esprit du traité. Le Pakistan rejette catégoriquement cet agissement illicite qui menace indirectement les moyens de subsistance et le bien-être plus de 240 millions de personnes au Pakistan. Le traité sur l'Indus de mort d'actualité, juridiquement contraignant, il est en vigueur tel que réaffirmé dans la décision de la Cour d'arbitrage d'août 2025. Aucun État ne devrait pouvoir utiliser abusivement les ressources hydriques partagées en tant qu'instrument de coercition, de pression politique. Et aucun État ne peut en sus violer ses obligations solennelles au titre d'un traité. Madame la Présidente, tout cela a lieu dans le contexte du différend entre le Jammu-et-Cachemire un point douloureux en Asie qui représente des risques pour la paix et la sécurité internationales. Le Conseil de sécurité a une responsabilité importante lorsque l'exploitation ou l'utilisation abusive de ressources naturelles menace la paix et la sécurité internationales, qu'il soit question de l'exploitation illicite de minéraux qui alimentent des et tuent les conflits ou des mesures unilatérales qui exploitent des ressources naturelles en tant qu'instrument de coercition au mépris du droit international et des obligations juridiquement contraignantes et de traités, eh bien, dans ces contextes, le Conseil doit rester vigilant. Le Conseil devrait utiliser au mieux toute la panoplie des outils à sa disposition, notamment la diplomatie préventive, les régimes de sanctions, le règlement pacifique des différends, et les mécanismes de surveillance afin de prendre à bras le corps ces menaces. Madame la Présidence, les ressources naturelles devraient fédérer les nations dans un esprit de coopération, au lieu de les fracturer au fil des conflits. Ces ressources naturelles doivent être utilisées au mieux pour promouvoir le développement durable, la prospérité partagée et une paix durable. Le Pakistan demeure attaché à travailler avec tous les États membres pour s'assurer que les richesses naturelles du monde se mettent au service de l'humanité. renforce la coopération internationale et contribue à un monde plus stable, plus équitable, un monde en paix. Je vous remercie.
Je remercie le représentant du Pakistan de sa déclaration et je donne la parole au représentant de la Fédération de Russie.
Madame la ministre, madame la présidente, Nous nous félicitons de votre participation personnelle à ce débat public organisé par la République démocratique du Congo. Le débat d'aujourd'hui, avec la contribution du Secrétaire général et de la Directrice générale de l'OMC, dont nous nous félicitons de la présence aujourd'hui, tout comme la réunion officieuse du 13 juillet du Conseil de sécurité, selon le formularia, sous votre présidence, d'ailleurs, bien non seulement l'importance du thème abordé aujourd'hui, mais aussi la panoplie évidente d'approches lorsqu'il est question de régler la question des ressources naturelles. La thèse selon laquelle il y a un lien entre les conflits armés et les ressources naturelles n'est pas infondée, mais dépend des circonstances de chaque situation particulière. La volonté de certains États de de faire main basse sur les richesses naturelles d'autre à tout prix a été et demeure la source de crises profondes en matière de sécurité. Souvenons-nous d'ailleurs des interventions militaires en Irak, en Libye, en Syrie, où la lutte pour une influence politique s'est accompagnée d'une course aux ressources naturelles. et la crise qui frappe pour l'instant le Moyen-Orient est très largement liée aux questions de contrôle de certaines artères énergétiques et de transport, y compris le détroit d'Ormuz, par lequel transite une partie significative des hydrocarbures mondiaux. L'Ukraine n'est pas une exception non plus pour certains pays occidentaux. Elle est un intérêt non seulement en tant que place d'armes géopolitiques, mais aussi en tant que source de richesses agricoles et de dépôts de minéraux critiques, notamment de minéraux rares. Et certaines personnes ne se gênent pas de le dire, d'ailleurs. Le dossier des ressources naturelles, malheureusement, est particulièrement important et difficile pour le continent africain. En Afrique, les conflits armés souvent suivent la trace des ressources naturelles. Les minéraux de sang sont utilisés notamment pour financer des combats et les activités nombreuses dans un grand nombre de formations armées illégales. Les zones des conflits s'étendent, leur intensité augmente. Des formations armées illégales sont en lutte avec les États pour contrôler des gisements et dépôts de minéraux. Dans certaines situations de crise particulièrement aiguë en Afrique, notamment dans l'est du Congo, illustre très bien le cercle vicieux infini qui représente une menace depuis des décennies pour certains pays africains et leur sécurité. En outre, il y a un facteur aggravant: l'obsession de l'accès sans obstacle à certains minéraux critiques dans la transition énergétique. On le voit, on utilise toutes les méthodes dans la lutte pour les ressources naturelles africaines. qu'il soit question de coopération inéquitable, de corruption, de chantage, recours aussi à la menace, à l'ingérence dans les affaires internes, sans oublier l'incitation des conflits armés, bien sûr. Madame la Présidente, ce sont les États eux-mêmes qui, au premier chef, ont la responsabilité de la gestion de la gouvernance souveraine de leurs ressources naturelles, qui ont le droit de définir les moyens d'acquisition, d'utilisation, conformément aux intérêts national et aux priorités de développement. Nous pensons qu'il ne peut en aucun cas y avoir de modèle universel de gouvernance des ressources naturelles, une approche qui s'appliquerait aveuglément à tout le monde. Nous attirons votre attention sur le fait que certains experts et expertes et certains représentants et représentantes d'États membres affirment, dans les faits, que la souveraineté des États sur les ressources naturelles n'est pas forcément un impératif et peut être réalisée, mais uniquement dans certaines conditions, dans le cadre d'une gestion dite sûre, en garantissant la transparence et la traçabilité, entre guillemets. Et nous ne pouvons en aucun cas accepter cette approche. Nous estimons que l'imposition de ces conditions entretient une relation prédatore avec les pays du Sud, une relation qui, malheureusement, a eu cours pendant plus de 500 ans avec les pays du Sud. Exemple: Parfait, la répartition des recettes issues de la vente d'un paquet de café, par exemple. Selon les données de l'Organisation internationale du café, le marché mondial de ce produit a été évalué ces dernières années à environ 200 milliards de dollars américains. Or, les pays producteurs ne gardent que 20 milliards de dollars issus des revenus de l'exportation, c'est-à-dire 10% à peine de cette somme. Les anciennes métropoles le savent très bien, puisque le problème n'est pas nouveau. D'ailleurs, des experts de la FAO s'étaient exprimés sur le sujet dès 2007. Et quant à savoir si, en 20 ans depuis 2007, quelque chose a été fait pour rétablir cette injustice, eh bien, je vous laisserai en juger par vous-mêmes. Selon des données récentes de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, la CNUCED, l'économie de 46 pays africains, c'est-à-dire presque l'ensemble du continent, dépend de l'exportation de matières premières. 20 États environ dépendent de l'exportation de minéraux bruts. Préserver ce profil économique néocolonial et extraire les matières premières des pays du Sud témoigne du fait qu'en fin de compte, il n'y a pas véritablement eu de décolonisation. Dans ces conditions, impossible de parler de dialogue sur un pied d'égalité dans la lutte contre la pauvreté. Et quant aux mécanismes qu'on nous propose d'aborder, notamment les mécanismes de gouvernance sûre, de transparence, de traçabilité, eh bien, ces mécanismes risquent non pas de devenir des instruments de paix, mais en fin de compte de se muer en de nouvelles formes de contrôle extérieur. Le monopole des pays occidentaux sur le système international monétaire et financier, notamment s'appliquant aux ressources naturelles, est un autre exemple criant de ces pratiques néocoloniales. Et à cet égard, la perte de popularité du dollar en tant que seule valeur refuge mondiale est un processus tout à fait naturel et réversible. On le voit très bien dans le contexte de la coopération dans des instances comme les BRICS, l'Organisation de coopération de Shanghai et d'autres unions intergouvernementales. Dans le monde d'aujourd'hui, il faut une participation équitable des pays. en développement aux marchés mondiaux. Il n'y a pas d'alternative. Et cette participation n'est possible que grâce à une réforme progressive des règles du commerce international, grâce à un élargissement d'accès aux technologies et grâce à la création d'une vraie force de transformation dans ces pays d'extraction. On ne peut pas non plus ignorer la demande croissante des pays du Sud qui exige, dès lors, une architecture qui correspond aux conditions contemporaines d'un monde multipolaire de financement international. Madame la Présidente, je voudrais soutenir les délégations qui nous rappellent que le document fondamental qui définit les traits des principes de la souveraineté des États sur les ressources naturelles fut et demeure la résolution 1803 de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1962. Une de ces grandes dispositions proclame que la coopération internationale aux fins du développement économique des pays en développement, que ce soit par le truchement d'investissements privés ou nationaux, par l'échange de services ou de biens, d'assistance technique, doit être possible, mais uniquement en aidant le développement national des États en se fondant sur le respect de leur souveraineté, notamment dans le cadre de la gestion des richesses et des ressources naturelles de ces États. Ce postulat, aujourd'hui, est plus important que jamais par le passé, malheureusement. Nous pensons que la coopération internationale en matière de gouvernance des ressources naturelles doit s'articuler autour de plusieurs éléments: le renforcement du potentiel scientifique et industriel des États, le perfectionnement des institutions publiques, l'assistance technique et la coopération en matière de lutte contre l'extraction illicite et la contrebande des ressources naturelles grâce à des débats qui ne sont pas forcément utiles pour tout le monde, mais un débat important sur les flux de capitaux et la liberté des flux de capitaux. C'est une question très importante. Malheureusement, c'est une question qui ne dépend pas forcément du domaine de compétence du Conseil de sécurité. En guise de conclusion, j'aimerais souligner que nous pensons que Afin de servir les intérêts de la paix et du développement, il faut se concentrer sur la mise en œuvre des obligations internationales qui existent déjà en matière de ressources naturelles. Il faut se départir des pratiques néocoloniales, il faut cesser toute ingérence dans les affaires d'autrui, il faut cesser d'utiliser les sanctions unilatérales contraires au droit international et il faut se départir de toute escapade militaire. Et à ce moment-là, on pourra véritablement mener un débat sur les meilleures façons d'établir des liens de coopération en matière de gouvernance des ressources naturelles pour améliorer le bien-être des populations. Je vous remercie de votre attention.
Je remercie le représentant de la Fédération de Russie et je donne la parole à la représentante des États-Unis.
Thank you, Madame Foreign Minister. Merci, Madame la ministre des Affaires étrangères, de l'organisation de ce débat public. Merci de vos propos liminaires. Je dresse encore mes félicitations à la présidence de la RDC. Je remercie le secrétaire général et la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce. Merci, Madame. Chers collègues. Lorsque c'est géré de manière responsable et stratégique, les ressources naturelles ont le potentiel d'appuyer la paix, les investissements et la prospérité commune. Dans le cadre de ces efforts, les parties prenantes doivent prendre en compte le lien entre gouvernance des ressources naturelles et prévention des conflits. En décembre 2025, le président Trump a agi et il a conclu l'accord de Washington pour la paix et la prospérité entre la RDC et le Rwanda. en faisant fond sur l'accord de paix de Washington, signé en juin 2025. Cette réalisation phare représente une occasion historique de libérer une prospérité durable pour les populations de la région des Grands Lacs. Pour renforcer ces progrès, l'accord de partenariat stratégique RDC-États-Unis fait fond sur le potentiel économique de la RDC en réunissant les conditions pour que les États-Unis pour qu'il y ait des investissements correspondant aux intérêts des États-Unis, notamment les infrastructures d'exportation et la qualification de la main-d'œuvre avec la création d'emplois de qualité dans le pays. Cet accord de partenariat stratégique a le potentiel d'avoir une croissance, une stabilité et une prospérité pour les Congolais et pour les Américains. Et nous voyons déjà qu'il y a des progrès. Cela se voit dans nos efforts et dans notre engagement concernant un projet d'infrastructures porteur de transformation et pour accompagner une croissance durable en établissant un lien entre la RDC et la côte atlantique, à Lobato, en Angola. Cela permet d'ouvrir de nouvelles pistes pour un commerce à deux sens entre l'Afrique centrale, les États-Unis et l'Europe, tout comme pour la RDC. Nous pensons que la sortie durable du Soudan du conflit passe par des ressources qui financeront le redressement plutôt que d'alimenter la guerre, comme le conseiller l'a fait remarquer. au Conseil le mois dernier, il est temps de se pencher sur le rôle de l'or dans ce conflit. C'est une source majeure de recettes qui finance nombre de l'acquisition et des flux de drones et d'autres armements. La traçabilité et la transparence ne sont pas des obstacles aux investissements, mais plutôt son socle lorsqu'on investit de manière propre dans la chaîne d'approvisionnement. la paix est durable. Nous tenons à saluer le Royaume-Uni qui sanctionne des individus soupçonnés de participer au commerce illicite d'or et aux réseaux de financement qui pérennisent le conflit. Nous ciblons les réseaux et les individus au moyen de sanctions, les personnes qui bénéficient de cette guerre, notamment des combattants étrangers, et également les acteurs qui fournissent des armes, ce qui prolonge les souffrances des civils et les atrocités. Nous continuons également d'appeler à une trêve humanitaire immédiate, sans conditions préalables, pour que l'aide humanitaire puisse être acheminée aux personnes qui sont le plus dans le besoin et ouvrir la porte à une transition politique conduite par les civils. Il ne s'agit pas là d'efforts séparés. C'est le fruit d'une conviction, à savoir que la diplomatie réussit lorsqu'elle transforme les ressources en socle d'intégration régionale et de croissance collective plutôt que facteur de conflit. Nous sommes prêts à utiliser tous les outils dont nous disposons pour aider la RDC, le Rwanda et le Soudan à réaliser la paix et la prospérité que leurs peuples méritent. Depuis le premier jour À la présidence, le président Trump sait que la sécurité économique, c'est la sécurité nationale. Nous pouvons partager la richesse des ressources, financer la paix et pas la guerre. Je vous remercie.
Merci, la représentante des États-Unis. Et je donne la parole à la représentante de la Grèce.
Merci, Mme la Présidente. Je salue la présence de la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo. Je la remercie de présider cette séance.
Je tiens.
Également à remercier le Secrétaire général et la Directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce pour leurs exposés éclairants.
Les ressources naturelles, lorsqu'elles sont gérées de manière responsable, sont un catalyseur puissants pour la croissance, les recettes nationales, le développement des infrastructures et le développement de long terme. Voici mes observations. Premièrement, les ressources représentent à la fois des possibilités et des risques. Les minéraux critiques sont l'épine dorsale de la transition verte, mais la course pour les obtenir entrent en collision avec les tensions géopolitiques et les pressions climatiques, ce qui fait monter les enjeux de la sécurité mondiale. Deuxièmement, l'exploitation illicite n'est plus une question périphérique, c'est un facteur de conflit. L'extraction opaque et non réglementée et le commerce ne font pas qu'alimenter l'instabilité, mais la financent également. Avec l'est de la RDC, on peut voir comment les minéraux critiques peuvent aggraver les déplacements, les violations des droits humains et les différends territoriaux. Troisièmement, l'Afrique renferme environ un tiers des réserves en minéraux du monde, une véritable opportunité de croissance, d'emplois et d'infrastructures. Mais ces possibilités ne se concrétisent que grâce à une gouvernance robuste, aux capacités des institutions et au partage des avantages transparents. Cela doit fonctionner pour les États membres, pas seulement pour les marchés qui sont au bout de la chaîne d'approvisionnement. Cette gouvernance, si elle est bien gérée, peut transformer les ressources en socle de la paix et de la résilience plutôt qu'une source d'instabilité. Quatrièmement, le Conseil a De manière répétée, mis en évidence les trafics de minéraux des conflits par les groupes armés, les réseaux criminels, la traçabilité, l'application des sanctions et les conclusions des groupes d'experts nous donnent déjà les outils. Ce qui manque, c'est la volonté politique de les utiliser. Madame la Présidente, les chaînes d'approvisionnement durables, la valeur ajoutée au niveau local, la traçabilité, le respect des droits humains ne sont pas des options facultatives, ce sont les conditions d'une paix et d'une prospérité durable. transformer les ressources en socle de la paix avant que cela ne devienne une ligne de fracture et une source de conflits. Merci.
Je remercie la représentante de la Grèce et je donne la parole à la représentante du Royaume-Uni.
Merci, Madame la Présidente. Je salue votre rôle de chef de file dans le débat. d'aujourd'hui, qui est important. Je remercie le Secrétaire général et la Directrice générale de l'OMC de leurs exposés précieux. J'ai trois observations. Premièrement, les ressources naturelles peuvent être un facteur de paix, de prospérité et de stabilité, mais cela n'est possible que lorsque cela repose sur des institutions nationales robustes, la transparence et la bonne gouvernance. Par le biais de notre partenariat avec l'Institut de gouvernance des ressources naturelles, le Royaume-Uni soutient les partenaires africains pour renforcer la gouvernance des minéraux critiques, promouvoir la transparence et la redevabilité, et élargir les possibilités pour les communautés locales. On l'a constaté plus récemment avec le lancement, qui a été soutenu par le Royaume-Uni, de la stratégie des minéraux critiques de l'Ukraine, et cela va bien plus loin que les minéraux. Il s'agit de garantir le redressement, la résilience et la sécurité de long terme. Nous exhortons tous les États membres à prendre les mesures nécessaires et à fournir un appui là où c'est nécessaire pour garantir que des mesures de gouvernance, de transparence et d'application du principe de responsabilité soient en place au niveau local et national pour que les communautés puissent bénéficier de l'extraction des ressources naturelles. Deuxièmement, sans les bons garde-fous, les ressources naturelles peuvent contribuer à alimenter les groupes armés, ancrer les économies de guerre et prolonger les conflits. Le processus de Kimberley montre qu'il n'y a pas de solution monolithique. Les différentes marchandises, les chaînes d'approvisionnement et les environnements exigent des ripostes différentes. C'est pourquoi le Royaume-Uni, par le biais de l'enquête géologique britannique, établit des partenariats avec des pays de par le monde pour appuyer la transition numérique et les analyses des données géologiques. Cela permet d'améliorer la transparence, d'attirer des investissements responsables et de soutenir des décisions informées quant au développement des ressources sur la base de données factuelles spécifiques au contexte. Le Royaume-Uni utilise également des outils ciblés pour faire face aux difficultés en matière de sécurité sur les chaînes d'approvisionnement. Par exemple, la semaine dernière, nous avons établi de nouvelles sanctions sur l'extraction illicite de l'or. concernant le conflit au Soudan. Nous encourageons les États membres, les entreprises et la société civile à adopter des approches pragmatiques fondées sur des données factuelles et tenant compte des conflits pour que l'extraction des ressources naturelles fasse avancer au mieux le développement et la sécurité. Enfin, aucun pays ne peut faire face à ces enjeux de manière isolée. La coopération internationale est essentielle si nous souhaitons que les richesses en matière de ressources naturelles débouchent sur des bénéfices pérennes pour les communautés locales. C'est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires pour renforcer la gouvernance des minéraux critiques sur l'ensemble des chaînes d'approvisionnement, y compris par le biais du G16, du G20 et de l'OCDE. Nous travaillons également par le biais du Conseil de sécurité pour utiliser des sanctions afin de se pencher sur le rôle des minéraux dans les conflits, mais également par le biais du processus de Kimberley. Le Royaume-Uni reste un fervent partisan de l'initiative sur la transparence des industries extractives, qui peut aider les pays riches en ressources à attirer les investissements responsables, renforcer la confiance des citoyens et obtenir des résultats plus durables et inclusifs sur le front du développement. Nous exhortons les États membres à travailler de manière pertinente avec les institutions internationales et les cadres internationaux existants, y compris le processus de Kimberley, pour garantir que les bénéfices liés aux ressources naturelles touchent les communautés locales, Madame la Présidente. Il ne s'agit pas de savoir si les pays doivent développer ou non leurs ressources naturelles. Il s'agit de savoir si ces ressources alimentent les conflits ou génèrent des opportunités. Le Royaume-Uni reste engagé à travailler avec les partenaires pour garantir que les ressources naturelles restent des bases pour la paix, la prospérité et la stabilité plutôt que des facteurs de conflit. Je vous remercie.
Je remercie la représentante du Royaume-Uni et je donne la parole à la représentante de la Lettonie.
Merci, Madame la Présidente.
Et tout d'abord, je souhaite remercier la République démocratique du Congo pour la mise en lumière de cette question du rapport entre la gestion des ressources naturelles et la paix et sécurité.
Et je salue également la présence de Son Excellence Thérèse Kayihwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères, des Opérations internationales, de la Francophonie de la République démocratique du Congo, en tant que présidente de cette séance. Et je remercie aussi le Secrétaire général et la Directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce pour leurs exposés pertinents. Madame la Présidente.
Madame la Présidente, dans de trop nombreuses régions du monde, l'exploitation illicite des ressources naturelles continue d'alimenter l'instabilité. Le pillage des ressources naturelles reste une caractéristique constante des conflits, ce qui est une source de violence qui aggrave la situation humanitaire. Au Soudan, L'or, notamment, est devenu une source majeure de recettes, ce qui pérennise les conflits. La contrebande de minéraux des conflits dans l'Est de la RDC se poursuit. Les groupes armés se développe grâce au contrôle de sites miniers en imposant des taxes illégales et des frais concernant les activités minières. En Ukraine, la Russie continue de piller et de saisir les ressources naturelles dans les territoires occupés et de détruire le capital naturel de l'Ukraine avec une tactique de la terre brûlée. La gouvernance des ressources naturelles est un défi universel et polyfacétique. Les États font face à des défis pour gérer les ressources naturelles de manière efficace. Cela pose la question des vrais coûts pour les communautés et l'environnement, et on se demande s'il y a un souci de tout cela. Nous souhaitons que toutes les parties des chaînes d'approvisionnement soient sécurisées, durables et diversifiées, ce qui contribue également à ce que les ressources naturelles servent la paix et le développement durable et ne se fassent pas au détriment de la dignité humaine. Madame la Présidente, j'ai trois observations. Tout d'abord, Lorsque les ressources naturelles sont bien gérées, les communautés prospèrent. Lorsque la gouvernance est corrompue, l'exploitation des ressources naturelles peut devenir un facteur d'instabilité et déboucher sur des violations des droits humains et une dégradation de l'environnement. L'ensemble des normes internationales, des orientations en matière de diligence raisonnable, de certification et de transparence existent. Cependant, La fragmentation et la complexité peuvent être un obstacle à l'efficacité, mais ne doivent pas servir de prétexte. La volonté politique et les capacités en matière d'application des obligations existantes et des engagements doivent être renforcées. La cohérence, l'harmonisation et l'interopérabilité entre les différents instruments doivent être promues. C'est également vrai pour les outils à la disposition du Conseil de sécurité pour lutter contre le financement des conflits. Il y a un exemple avec les sanctions ciblées. Il est important de garantir que cet outil puisse être utilisé pleinement lorsque c'est adapté et nécessaire et que ces mesures soient appliquées de manière efficace. Tout cela passe par une coopération internationale et multipartite. Il faut également qu'il y ait une volonté de s'adapter à des réalités en évolution, ce qui m'amène à mon deuxième point. Il est important que les cadres de gouvernance restent adaptés à leur finalité, avec notamment le processus de Kimberley. Depuis son lancement en 2003, il a joué un rôle important pour combattre le commerce de diamants des conflits. Cependant, la définition étroite concernant les diamants des conflits limite la capacité à se pencher sur le spectre complet des défis, notamment les diamants associés aux violations des droits humains et aux différents types de conflits armés. avec notamment le financement de la guerre d'agression contre l'Ukraine par la Russie. On peut avoir des préoccupations sur le fait que l'or puisse provenir de chaînes d'approvisionnement illicites. Au Soudan, il y a une demande extérieure d'or qui est insatiable, qui génère des recettes pour les deux parties au conflit Et cela provoque des souffrances indicibles. Souvent, c'est difficile à tracer. Le commerce de l'or a des liens avec les réseaux de criminalité organisée qui tentent de prendre le contrôle de sites d'extraction, d'itinéraires d'approvisionnement. Cela expose des communautés vulnérables à la violence et à l'exploitation, et ces menaces peuvent miner la stabilité si on ne les contient pas. Troisièmement, Nous saluons le fait que la présidence ait souligné les effets des changements climatiques dans ce débat. En effet, les changements climatiques accroissent les pressions sur les ressources naturelles, ce qui exacerbe des vulnérabilités déjà existantes dans les situations de conflit, par exemple la concurrence concernant des ressources en eau qui sont rares ou concernant Les pâturages pendant les transhumances sont à la source de tensions intercommunautaires qui peuvent déboucher sur des violences. C'est pourquoi il est important de renforcer la résilience des communautés touchées, y compris avec une médiation tenant compte des climats qui prennent en compte la concurrence pour l'accès aux ressources naturelles. Le système onusien a les connaissances et l'expérience pour accompagner les communautés. Pour terminer, madame la présidente, le principe général est clair. Les ressources naturelles doivent contribuer à la paix et au développement et ne pas perpétuer les violences et le conflit. Le Conseil de sécurité peut jouer un rôle important dans ce domaine et faire en sorte que la responsabilité soit appliquée lorsque les principes ne sont pas respectés. La Lettonie continuera de préconiser une bonne gouvernance des ressources naturelles en tant que socle de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Merci.
Représentant de la Lettonie, et je donne la parole au représentant du Panama.
Merci, Madame la Présidente.
Merci, Madame la Présidente. Excellence, nous saluons les ministres, les hautes autorités et les représentants et représentantes des délégations qui nous honorent de leur participation dans le cadre de ce débat de haut niveau des plus importants. Nous saluons les exposés intéressants du Secrétaire général, Antonio Guterres, et de Madame Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce. Nous remercions la République démocratique du Congo, et notamment son excellence Thérèse Kayihwamba Wagner. Merci de nous avoir rassemblés dans le cadre d'un débat qui n'intéresse pas seulement le présent, mais également l'avenir de l'ordre international. Car aujourd'hui, nous ne sommes pas seulement réunis pour évoquer les ressources naturelles. Nous sommes réunis pour nous poser une question plus profonde. Le monde sera-t-il à même de régir ce dont il a besoin pour survivre? Pendant très longtemps, nous pensions que les ressources naturelles étaient une question économique. Mais au 21e siècle, nous sommes forcés de voir les choses de manière différente. Aujourd'hui, ces ressources sont synonymes de pouvoir, de transition énergétique, de technologie, de stabilité sociale et bien trop souvent, ces ressources représentent le point de départ précis de la violence. Madame la Présidente, c'est pourquoi ce débat ne doit pas être aisée. La réalité actuelle nous montre que la richesse de certains territoires continue d'être exploitée par des acteurs illicites, ce qui perpétue l'insécurité et prive les populations des bénéfices liés à ces ressources, aux avantages, aux bénéfices que ces ressources devraient générer, ce qui creuse également la pauvreté. Notre pays connaît bien, sur la base de sa propre histoire, le fait que le fait d'administrer, de gérer un atout stratégique exige beaucoup plus que des infrastructures. Il faut une vision d'État. Le canal du Panama nous a montré qu'il y a des biens dont l'importance dépasse les frontières nationales. Mais cela nous a également montré que la véritable souveraineté ne consiste pas seulement à contrôler une ressource, mais gouverner ces ressources avec responsabilité, efficacité et vision de long terme. Dans notre cas, Cette ressource essentielle, c'est l'eau. L'expérience récente liée aux sécheresses nous a rappelé une vérité simple mais puissante: lorsque la nature rentre en tension, c'est également le cas de l'économie, de la logistique, de la sécurité alimentaire, du commerce mondial et de la confiance internationale. Excellence, le monde entre dans une nouvelle ère marquée par la concurrence S'agissant de l'accès aux ressources essentielles, la transition énergétique repose sur des minéraux critiques et la technologie en a besoin. L'intelligence artificielle a besoin d'énergie, d'eau et de métaux. Les économies modernes ont besoin de chaînes d'approvisionnement sûres. Les États cherchent à réduire leurs liens de dépendance stratégique. Les entreprises recherchent un accès et les marchés soit de la vitesse, mais pour la paix, il faut davantage. Il faut des règles. Parce que lorsque la demande mondiale progresse plus rapidement que la gouvernance, les vides sont comblés par la corruption, la coercition et les intérêts qui prospèrent là où l'État est faible. Et le Conseil a été créé pour faire face aux menaces contre la paix. Mais les menaces de notre époque ne se présentent plus toujours avec un uniforme, un drapeau, une déclaration de guerre. Parfois, on les trouve par surprise derrière un itinéraire de contrebande ou derrière une mine contrôlée par des acteurs armés ou des réseaux criminels. Et si nous voulons éviter les conflits, nous devons les prévenir. Nous devons suivre le chemin de l'argent avant que celui-ci ne puisse permettre d'acheter des armes qui alimentent les conflits. Nous devons suivre les minéraux obtenus de manière illicite avant qu'ils ne se cachent derrière une chaîne d'approvisionnement légitime et nous devons renforcer les institutions avant que l'absence de l'État ne soit comblée par des acteurs violents. Notre pays estime que le Conseil de sécurité doit agir avec davantage de cohérence sur quatre fronts. D'abord, la prévention. La gouvernance des ressources naturelles doit faire partie de l'analyse rapide des risques au Conseil. Lorsqu'une ressource stratégique reste piégée dans des économies illicites, ce n'est pas une question secondaire. Nous faisons face à un signal d'alarme. La traçabilité, la responsabilité doit concerner l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Le monde doit savoir d'où proviennent les minéraux utilisés, dans quelles conditions ils ont été extraits et qui en bénéficie. Aucun pays producteur ne peut porter la charge seul de la garantie de l'égalité. La gouvernance des ressources naturelles exige des engagements entre les pays producteurs, les pays de transit, les centres financiers, les entreprises et les consommateurs. Gouvernance légitime et principe de responsabilité: Les ressources naturelles n'alimentent pas les conflits en soi. Ils le font lorsqu'il existe des systèmes qui permettent de cacher les bénéficiaires, de se soustraire au contrôle et de transformer les richesses illicites en pouvoir politique ou militaire. Le Panama croit en une gouvernance qui ne divise pas le monde entre ceux qui extraient et ceux qui s'enrichissent, ceux qui payent le coût environnemental et ceux qui reçoivent les avantages technologiques. Nous croyons en une gouvernance fondée sur la souveraineté, la légalité, la transparence, la responsabilité environnementale et la coresponsabilité internationale. Car la question décisive de notre époque, ce n'est pas seulement de savoir qui possède les ressources. Il s'agit de savoir comment on prend les décisions, comment on répartit les bénéfices et comment on protège les droits des générations présentes et futures. Madame la Présidente, l'histoire nous a montré que les ressources naturelles peuvent financer des guerres, mais elles peuvent également financer la paix. Elles peuvent pérenniser des économies criminelles ou renforcer l'État de droit. Elles peuvent se transformer en facteur de conflit si elles sont gérées avec malveillance ou avec avidité, mais elles peuvent devenir un moteur d'instabilité et de développement si elles sont gérées avec responsabilité. Voici l'appel du Panama aujourd'hui. Le Conseil de sécurité doit appréhender les ressources naturelles, pas seulement comme une question périphérique, mais comme l'une des grandes épreuves de la gouvernance au 21e siècle. Car il ne s'agit pas de ralentir le développement, de l'arrêter. Il s'agit de nous demander quel type de développement mérite de s'appeler progrès. Il ne s'agit pas de choisir entre l'économie et la paix. Il s'agit de comprendre que sans paix, aucune économie n'est viable et que sans économie, Aucune paix n'est durable. Le Panama est prêt à travailler avec tous les membres du Conseil de sécurité, avec les pays producteurs, avec les organisations régionales, avec le secteur privé, avec la société civile, pour aller de l'avant dans cet objectif. Car, en définitive, la question n'est pas de savoir si le monde a besoin de ressources naturelles. aurons-nous la vision, la volonté et le leadership nécessaires pour régir, gérer avec responsabilité ce dont dépendra notre avenir commun. Je vous remercie.
Représentant du Panama. Et je donne la parole au représentant de la Chine.
Madame la Présidente, je souhaite la bienvenue à la ministre des Affaires étrangères à la présidence de la présente séance et je remercie le secrétaire général, M. Guterres, et la directrice générale de l'OMC de leurs exposés. Les ressources naturelles sont des dons précieux de la Terre à l'humanité, la base de la survie humaine et de notre développement économique et social. Cela étant dit, les conflits dans certaines régions prouvent que les ressources abondantes ne mènent pas toujours au développement et à la prospérité, que la mauvaise gouvernance peut alimenter la violence, les différends. La communauté internationale devrait travailler à l'unisson pour renforcer la gouvernance des ressources naturelles, maintenir la stabilité des ressources mondiales de la chaîne d'approvisionnement, contribuant à la paix et au développement mondial. Et j'aimerais m'arrêter sur trois éléments. Tout d'abord, la paix et la stabilité sont des garanties solides pour la gouvernance des ressources naturelles, qu'il soit question de pétrole, de gazoduc, de mines, de forêts. Sans un environnement pacifique, stable, les ressources naturelles ne peuvent pas être utilisées pour le bien-être des individus. La communauté internationale devrait adopter Un concept sécuritaire durable pour le règlement pacifique des différends devrait appeler les parties belligérantes à cesser toute confrontation militaire, devrait soutenir les pays et les organisations régionales et renforcer la coopération, et devrait lutter conjointement contre l'exploitation et le trafic de ressources naturelles, renforcer la traçabilité et la surveillance, et tarir la source des conflits armés. Dans le même temps, Souvent, les raisons des conflits armés sont complexes, diverses, avec souvent des facteurs socio-économiques et politiques. Les ressources naturelles ne devraient pas être vues tout simplement comme une cause profonde des conflits. Et le commerce économique mondial et la coopération industrielle ne doivent pas non plus être assujettis à l'instrumentalisation, à la politisation ou à l'arsenalisation. La justice est un élément indispensable de la bonne gouvernance des ressources. Le droit international donne à tous les pays une souveraineté absolue sur leurs ressources, un principe qui ne peut pas être remis en question. Les pays souverains devraient cesser d'utiliser les pressions, les sanctions, la coercition militaire pour faire main basse sur les ressources d'autres États et ne peuvent en aucun cas recourir au pillage, à la domination coloniale. Les pays en développement ont le droit d'utiliser pleinement leurs ressources naturelles pour parvenir au développement socio-économique. La Chine soutient l'élaboration d'un système de gouvernance vert équitable. Utiliser le prétexte de l'élimination des risques ou de la préservation de la sécurité nationale pour parvenir à des confrontations de blocs et pour établir des cercles étriqués ne ferait que perturber l'ordre du marché, sapant l'intérêt commun de tous les États. Troisièmement, le développement durable est l'objectif finale du développement durable. La persistance d'exploitation illégale des ressources naturelles est ancrée dans d'autres phénomènes comme le chômage, la pauvreté, le sous-développement. Pour éliminer le cercle vicieux des conflits et des ressources naturelles, il faut soutenir les pays concernés pour qu'ils parviennent au développement durable de façon autonome. La communauté internationale et surtout les pays développés ont la responsabilité de s'acquitter de leurs obligations modernes, d'aider les pays riches en ressources, surtout les pays en développement, afin qu'ils continuent à améliorer leur gouvernance des ressources, afin qu'ils puissent améliorer la valeur ajoutée et les produits des ressources grâce à l'emploi des capacités, une formation des talents éliminant la pauvreté, augmentant les chances d'emploi, bénéficiant véritablement aux communautés locales, établissant partant une base plus solide pour la paix. Madame la Présidente, en tant que grand producteur, consommateur et commerçant de ressources naturelles, la Chine a toujours promu la gouvernance et la coopération en matière de ressources naturelles. L'année dernière, lors du sommet du G20, la Chine a proposé une initiative de commerce international sur l'exploitation minière verte et les minéraux pour établir de nouveaux partenariats sur les ressources minérales Un partenariat raisonnable, juste, sur un pied d'égalité. Nous voulons coopérer avec la communauté internationale pour améliorer la coopération mutuellement bénéfique pour les ressources naturelles, pour mieux aider les pays en développement afin qu'ils transforment leurs ressources en vecteurs de développement, les aidant à entamer un chapitre de stabilité sur le long terme de développement et de prospérité. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la Chine. Je donne la parole au représentant du Bahreïn.
Excellence, avant toute chose, qu'il me soit permis de me féliciter de la présence de Son Excellence la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie de la République démocratique du Congo.
Un pays ami?
Nous la remercions d'avoir accepté de présider cette séance. Je remercie aussi Son Excellence le Secrétaire général et Docteur Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'OMC. Je les remercie de leurs exposés circonstanciés. Nous nous félicitons aussi de la participation du secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe et de toutes les personnes qui participeront à la séance d'aujourd'hui. Madame la Présidente, nous nous réunissons aujourd'hui pour parler du rôle indispensable des ressources naturelles dans l'appui à la paix et à la sécurité. Ces ressources portent sur un large éventail de secteurs, les minéraux critiques notamment, pour lesquels la demande devrait tripler à l'horizon 2030. Mais il est aussi question d'énergie, d'eau et de ressources agricoles. Chacune de ces ressources, chacun de ces secteurs, connaît des défis liés à la gestion effective et à la durabilité. et ce sont aussi des moteurs de stabilité et de développement. Dans le même temps, la mauvaise gestion ou la compétition sur ces ressources aggravent les tensions et les conflits. Et dès lors, le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la coopération internationale dans la gestion des ressources naturelles est indispensable afin de garantir qu'il contribue à la paix, au développement et à la prospérité partagée. À cet égard, j'aimerais m'arrêter sur trois grands axes de réflexion. Tout d'abord, la gouvernance durable des ressources naturelles est un pilier fondamental du maintien de la paix et de la sécurité internationales. L'expérience au plan international confirme que les ressources naturelles sont des sources de croissance économique, mais peuvent aussi se muer en facteurs d'instabilité lorsqu'il n'y a pas d'une gouvernance et lorsque ces ressources sont exploitées de façon illicite, surtout dans le secteur minier, où les recettes peuvent être utilisées pour financer des conflits. Dès lors, réduire le risque de conflits liés aux ressources exige un renforcement de la gouvernance avant même que les crises ne prennent de l'ampleur, comment? En mettant au point des mécanismes d'alerte précoce afin d'identifier les tensions liées aux ressources naturelles et soutenant la médiation, la consolidation de la paix, en renforçant la transparence et l'état de droit. Ces mesures permettront aux ressources naturelles d'être utilisées en tant que tremplin pour la stabilité et le développement durable, et ne seraient plus dès lors des sources de conflits. Ensuite, les conflits liés aux ressources naturelles peuvent avoir des conséquences humanitaires très graves. Souvent, ils perturbent la production agricole, endommagent l'environnement et les moyens de subsistance, menacent la sécurité alimentaire et sapent la stabilité des communautés. Les conflits font partie des grandes causes de la faim. Selon le Programme alimentaire mondial, environ 70% des personnes en situation d'insécurité alimentaire grave vivent dans des pays en les conflits font rage. Et 12 des 13 points chauds où les gens ont le plus faim se situent dans des zones ravagées par les conflits. Ces faits soulignent l'absolue nécessité de renforcer la bonne gouvernance des ressources naturelles à la source des conflits, puisque c'est la pierre angulaire de la riposte humanitaire et de la consolidation de la paix. Troisièmement, il Pour lutter contre les conflits liés aux ressources naturelles, il faut plus de coopération internationale. Les ressources naturelles sont directement liées aux chaînes d'approvisionnement mondiales, surtout dans le contexte des tensions accrues qui peuvent avoir des conséquences sur la sécurité des chemins de transit stratégiques associés au transport de ces ressources, comme le détroit d'Ormuz. Et dès lors, il faut renforcer la traçabilité et les systèmes de transparence afin de promouvoir des ressources transparentes et respecter la diligence voulue. Le Royaume souligne l'importance de la coopération entre États participants à la chaîne d'approvisionnement des ressources naturelles. Il faut aussi soutenir le renforcement des capacités et l'assistance technique afin de renforcer les cadres de gestion des ressources nationales. Ce faisant, Les pays et les communautés productrices pourraient bénéficier de façon durable des recettes générées grâce à leurs ressources naturelles. Le Royaume du Bahreïn souligne le rôle important de l'ONU et des organisations régionales lorsqu'il est question d'établir des cadres de gouvernance régionaux en matière de renforcement des capacités et d'échange de savoir-faire. Madame la Présidente, le débat d'aujourd'hui portant sur les ressources naturelles ne peut pas être dissociée de la sécurité des voies maritimes internationales qui permettent à ces ressources d'atteindre leurs bénéficiaires voulus partout dans le monde. Dans ce contexte, ma délégation note avec grande préoccupation les menaces persistantes et les nombreuses tentatives de fermer ou d'empêcher la navigation de détroit d'Ormuz, dont s'est rendu coupable l'Iran. Ce détroit n'est pas qu'une voie maritime régionale, c'est aussi une ligne de vie pour l'économie mondiale, servant de voie de transit pour un grand nombre de ressources énergétiques. Toute perturbation de la navigation dans le détroit est une violation, bien sûr, de la liberté de navigation à niveau international, et s'apparente aussi à une utilisation abusive de ressources naturelles en tant qu'outil de pression politique. Dès lors, et Conformément aux dispositions de la résolution 28 et 17 du Conseil de sécurité, le Royaume du Bahreïn appelle à nouveau la communauté internationale et exhorte le Conseil de sécurité à adopter une position ferme pour préserver la liberté de navigation internationale et pour protéger les couloirs maritimes vitaux face à toute menace. Voilà qui permettra un flux. ininterrompue sur des ressources naturelles et qui aiderait la croissance et la prospérité de toutes les populations du monde. En guise de conclusion, Madame la Présidente, le Royaume réaffirme que les ressources naturelles devraient être un outil de paix et de développement, pas une source de conflits ou d'instabilité. Pour y parvenir, il faudra renforcer la gouvernance, la transparence, les capacités et améliorer la coopération internationale pour s'assurer de la bonne gestion durable responsable des ressources naturelles pour se mettre au service de tous les Etats et de toutes les communautés. Je vous remercie, madame la présidente.
Merci, le représentant du Bahreïn, et je donne la parole au représentant de la France.
Madame la présidente, je voudrais tout d'abord saluer votre présidence de nos travaux aujourd'hui, madame la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo. Je voudrais remercier le secrétaire général des Nations unies et la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce pour leurs interventions. Ce débat de haut niveau Sur le lien entre ressources naturelles et paix s'inscrit dans la continuité d'une réunion ARYA, la semaine dernière, et d'autres échanges organisés par la présidence américaine du Conseil en mars dernier, ainsi que par la Sierra Leone au Conseil de sécurité il y a un an. Nous remercions donc la présidence congolaise d'avoir choisi de renforcer le suivi de cette thématique. Madame la présidente, j'insisterai sur 2 points. Tout d'abord, l'exploitation et le trafic illicite de ressources naturelles sont un facteur aggravant dans de nombreuses crises dont ce Conseil est saisi. En République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Soudan, en Colombie ou encore en Birmanie, l'accaparement des ressources naturelles attise des conflits dont les civils paient le tribut. Dans l'est de la RDC, le M23 contrôle 15 à 30 % de la production mondiale de coltan via le site d'Orubaya, finançant ainsi son administration illégale en violation totale de la souveraineté et de l'intégrité territoriale congolaise. Au Soudan, le trafic d'or alimente l'économie de guerre qui permet le maintien dans la durée d'un conflit provoquant l'une des pires crises humanitaires du monde. Ailleurs sur le continent africain, ces richesses sont l'objet de prédation de la part d'acteurs locaux ou internationaux qui en organisent, parfois via des sociétés militaires privées, le pillage pour le compte de puissances extérieures. Ensuite, face à ce fléau, le Conseil doit utiliser les outils à sa main et soutenir l'application stricte des mécanismes multilatéraux existants. Cela passe par la mobilisation des groupes d'experts et régimes de sanctions du Conseil, qui jouent un rôle précieux pour documenter les faits et enrayer le lien entre pillage des ressources naturelles et financement des acteurs du conflit. La semaine dernière, Ce Conseil a adopté des sanctions contre 8 individus et entités liés aux groupes armés qui déstabilisent l'est de la RDC, dont le M23, les FDLR et le groupe terroriste ADF. Comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, nous devons œuvrer à ce que le régime de sanctions qui concerne le Soudan soit plus en phase avec la réalité du conflit actuel. Cela passe également par le soutien aux mécanismes multilatéraux existants, tels que le processus de Kimberley, les mécanismes de l'OCDE, ou de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, ainsi que l'initiative pour la transparence dans les industries extractives. Cela passe enfin par la responsabilisation du secteur privé. La France est pleinement engagée en ce sens, que ce soit dans le cadre de sa présidence du G7 ou au sein de l'Union européenne. Nous avons adopté au niveau européen la semaine dernière une interdiction de l'importation d'or soudanais et des sanctions visant le trafic d'or. Madame la Présidente, pour conclure, la souveraineté de chaque État sur ses ressources naturelles est un principe fondamental. Celles-ci doivent être mises au service du développement durable et équitable des populations. La France soutient l'objectif exprimé par la République démocratique du Congo d'œuvrer au perfectionnement et à la cohérence des initiatives internationales visant à assurer le bon usage de ces ressources. Pour l'avenir, nous sommes pleinement disposés à contribuer aux travaux du Conseil à cette fin. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la France de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, M. Roberto Cury Pesantes, ministre des Affaires étrangères et de la Mobilité de l'Équateur.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, bonjour. Tout d'abord, je tiens à remercier la République démocratique du Congo de l'organisation de ce débat sur une question qui dépasse la simple gestion des ressources naturelles et se trouve à la croisée de la paix, de la sécurité et de la géopolitique du XXIe siècle. La transition énergétique et la révolution technologique ont donné aux minéraux critiques et aux terres rares une valeur géostratégique sans précédent. L'augmentation de la demande mondiale ouvre des possibilités pour les pays qui les possèdent, mais augmente également les risques d'exploitation illicite et d'expansion des économies illégales. Lorsque cela se produit, la richesse des minéraux cesse d'être un moteur de développement et devient une source de violence et d'instabilité. La gouvernance responsable de ces ressources stratégiques représentent la première ligne de défense face à la réappropriation illicite de la part d'organisations criminelles et de groupes armés. Dans le même temps, cela exige un changement de paradigme dans les relations économiques internationales. Les pays en développement ne peuvent pas continuer d'être vus à travers le filtre obsolète de simples fournisseurs de matières premières qui paieraient les coûts environnementaux et sociaux de l'extraction, tandis que la valeur ajoutée et le développement des technologies se concentreraient sur les centres industrialisés. Pour asseoir une paix durable, nous devons établir un lien entre l'exploitation des minéraux critiques et les processus de transfert de technologie, de renforcement des capacités locales et d'intégration dans les chaînes de valeur continentales. Il n'y a qu'en renforçant les prérogatives souveraines des États que nous pourrons bâtir des économies résilientes et réduire les incitations qui alimentent les structures criminelles. Madame la Présidente, au-delà des effets dévastateurs sur le plan environnemental, l'extraction minière illégale est devenue l'une des principales sources de financement de la criminalité transnationale organisée. Chaque jalons de la chaîne productive doivent participer à la lutte contre ce fléau. L'extraction illicite est seulement le début d'un réseau criminel qui englobe la contrebande, le blanchiment d'argent, la corruption, la commercialisation internationale de minéraux d'origine douteuse. Il est impératif que le Conseil mette sur pied des mécanismes contraignants en matière de traçabilité, de certification de l'origine et de diligence voulue concernant les entreprises. Les industries avancées du 21e siècle ne peuvent pas alimenter leurs chaînes d'approvisionnement au moyen de minéraux qui financent la violence. L'expérience de la RDC montre comment l'exploitation illicite de minéraux peut hypothéquer les efforts de paix et prolonger les conflits pendant des décennies. L'expérience latino-américaine qui possède une richesse géologique extraordinaire, confirme que les économies illégales affaiblissent les institutions démocratiques, érodent la gouvernabilité et permettent aux organisations criminelles de contrôler des territoires et des communautés. Dans notre région, ces dynamiques sont imbriquées avec le narcoterrorisme, le trafic d'armes et la traite de personnes et finissent également par financer des groupes armés qui érode le tissu social de nos pays. L'or illicite entre aujourd'hui en rivalité avec le narcotrafic concernant la rentabilité, en tirant parti de la porosité des frontières et du manque de réglementation et d'outils financiers modernes, notamment illégalement des outils financiers modernes comme les cryptomonnaies. Ainsi, la lutte existentielle de notre gouvernement est concerne la lutte contre la criminalité transnationale organisée. Pour l'Équateur, faire face à ce défi est une grande priorité en matière de sécurité de l'État. Ainsi, nous réaffirmons notre soutien aux instruments de coopération régionale, comme le plan d'action de la Communauté andine et l'engagement régional de Santiago et le Bouclier des Amériques. Aucun État ne peut réussir isolément. La riposte doit être coordonnée, stratégique, pluridisciplinaire. Et comme le dit le président de l'Équateur, Daniel Noboa, il s'agit d'un défi mondial qui exige une riposte également mondiale. La phase d'offensive totale contre la criminalité organisée, le narcoterrorisme et l'extraction minière illégale a été lancée en juin dernier. Et le président a souligné que la coopération internationale permettra de renforcer notre pays qui ne luttera plus en solitaire contre les mafias transnationales. L'initiative s'inscrit dans le cadre du plan national de sécurité holistique, une politique publique dont le but est de démanteler des structures criminelles qui utilisent l'extraction illégale en tant que principal mécanisme de financement et de blanchiment d'argent. À date, cette année, plus de 1 000 mines illicites ont été détruites à l'échelle nationale. Madame la Présidente, l'innovation technologique et la transition verte ne peuvent pas se produire sur la base de minéraux entachés par la violence ou sur la base de l'exclusion économique des pays fournisseurs. Je lance un appel au Conseil de sécurité à intégrer la gouvernance géostratégique des ressources naturelles et la lutte contre l'exploitation illicite dans les mandats et stratégies de prévention des conflits, le vrai socle de la paix et de la sécurité internationales. c'est transformer les richesses minérales en instruments d'équité, de l'égalité et de développement pour tous les pays. Merci beaucoup.
Je remercie son excellence, monsieur Kuri de sa déclaration. Et je passe la parole à son excellence, monsieur Tete Antonio, ministre des relations extérieures de l'Angola.
Merci, madame la présidente.
Excellence madame Thérèse Kayekwamba, ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie, des Congolais de la diaspora, de la République démocratique du Congo.
Nous voudrions plutôt commencer par féliciter la République démocratique du Congo sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour cette présidence brillante du Conseil de sécurité. Nous voudrons saluer aussi la présence ce matin du Secrétaire général pour son briefing. Et aussi saluer ma chère sœur Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de l'OMC, pour son intervention si instructive.
Madame la Présidente, les ressources naturelles sont souvent vues comme une bénédiction, mais elles peuvent aussi être une malédiction. Tout dépend de la façon dont elles sont gouvernées. Lorsque la gouvernance est transparente, responsable, effective, les ressources naturelles sont un moteur de croissance économique, renforcent les institutions et améliorent les moyens de subsistance. Mais lorsque la gouvernance est mise en péril, ces ressources alimentent les conflits, financent les groupes armés, sapent l'autorité de l'État et privent les populations des bienfaits de leurs propres richesses. Et dès lors, la question n'est pas tant de la disponibilité des ressources naturelles, mais plutôt de la qualité de leur gouvernance. L'Angola aimerait dès lors s'arrêter sur trois grandes priorités. Tout d'abord, le renforcement des cadres de gouvernance. Les États membres devraient renforcer les cadres juridiques, réglementaires, institutionnels régissant l'accès à l'extraction et le commerce des ressources naturelles, tout en respectant pleinement la souveraineté des États d'origine. L'exploitation illicite doit être prise à bras le corps grâce à des mesures de lutte contre la corruption, tout en luttant contre les flux financiers illicites. les mécanismes existants, internationaux et régionaux, y compris le processus de Kimberley, auquel la République d'Angola a contribué suite à sa propre expérience dans le conflit de ce qu'on appelle les diamants de sang, les directives de l'OCDE, le mécanisme de certification régional de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, et l'initiative pour la transparence dans les industries extractives sont autant de bases utiles. Notre priorité collective devrait être, dès lors, de renforcer la mise en œuvre de ces accords, d'améliorer la traçabilité grâce à ces mesures tout au long de la chaîne d'approvisionnement mondiale, tout en utilisant les technologies émergentes pour améliorer la redevabilité et la transparence. Ensuite, deuxième priorité, renforcer la coopération internationale. L'exploitation illicite et le trafic de ressources naturelles sont des défis transnationaux qui requièrent une riposte coordonnée. Plus de coopération entre États membres, entre les organisations régionales, les institutions financières internationales, le secteur privé et la société civile semble essentielle pour raffermir le partage d'informations, améliorer la coopération douanière et la répression, et pour interrompre les réseaux criminels qui opèrent à travers les frontières, tout en respectant la prise en charge nationale et la souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles. Troisièmement, troisième priorité, Madame la Présidente, placer la gouvernance des ressources naturelles au centre de la prévention des conflits. comme c'était mentionné par la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo. Dans l'est de la République démocratique du Congo et dans d'autres régions frappées par les conflits en Afrique, l'exploitation illégale des ressources naturelles continue de financer des groupes armés, d'éterniser la violence et de mettre en péril les efforts de paix. Interrompre ce cercle vicieux exige une gouvernance plus forte, plus de valeur ajoutée au plan national plus de durabilité environnementale, plus de participation des communautés locales et des investissements pérennes dans les institutions et capacités nationales. Madame la Présidente, le Conseil de sécurité sait depuis longtemps qu'il existe un lien entre l'exploitation illicite des ressources naturelles et les conflits armés. Désormais, la priorité doit être la mise en œuvre. La gouvernance des ressources naturelles devrait être intégrée de façon systématique à la prévention des conflits, à la consolidation de la paix, à la mise en œuvre des sanctions et à la relance après conflit. À cet égard, une coopération plus étroite avec les organisations régionales et la Commission de consolidation de la paix nous semble essentielle pour tuer dans l'œuf les moteurs des conflits. Nous avons pris bonne note de la proposition de la République démocratique du Congo visant à créer un groupe de pays amis de la gouvernance des ressources naturelles. Il nous tarde d'en apprendre davantage de cette initiative très utile. L'Angola demeure convaincu du fait que les ressources naturelles doivent être des moteurs du développement durable et pas des sources d'instabilité. Pour parvenir à cet objectif, il faudra une gouvernance redevable, des institutions résilientes, des partenariats responsables et un engagement politique de tous les instants. Traiter sur le plan local les minéraux critiques doit être à la source de ces efforts communs de diversification économique et d'intégration économique pour notre continent, du continent africain bien évidemment. Il faut renforcer notamment le rôle de l'intégration des infrastructures que nous avons mis en place, comme le corridor Lobito, qui est une initiative de coopération entre la Zambie, la RDC et l'Angola, d'autres continents africains. Je vous remercie, Madame la Présidente.
Je remercie son Excellence, Monsieur Antonio, de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à son Excellence, Monsieur Constant-Serge Bunda, ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger du Congo.
Excellence, Madame Thérèse Kayihwamba-Rakner, présidente du Conseil, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, très chère sœur.
Je remercie le secrétaire général de son excellent exposé et je me félicite de l'exposé de notre sœur, la directrice générale de l'OMC.
Membres du Conseil, excellences, Mesdames et Messieurs. La République du Congo se réjouit de la tenue de cette importante session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la thématique la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Qui mieux que la République démocratique du Congo, qui assure la présidence du Conseil de sécurité en ce mois de juillet, pouvait porter cette réflexion essentielle au cœur de notre institution qui incarne le multilatéralisme, la paix, la justice et le respect du droit international. Son Excellence, M. Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, que j'ai l'honneur de représenter auprès de cette auguste Assemblée, place au cœur de son action politique et diplomatique la paix, le panafricanisme, la défense du multilatéralisme et la gestion durable des ressources naturelles. Sa vision repose sur une conviction fondamentale, la primauté de la Charte des Nations unies, notamment sur la paix durable qu'exige une gouvernance responsable, transparente et équitable des ressources naturelles, afin que leur gestion durable constitue un moteur de développement, de stabilité et de sécurité. Cette réalité est particulièrement manifeste dans le bassin du Congo et dans la région des Grands Lacs, où les ressources naturelles sont au centre des enjeux de développement, mais aussi parfois la cause de tensions et de conflits. À l'échelle mondiale, près de 40 % des conflits internes des dernières décennies ont été liés directement ou indirectement à la question des ressources naturelles. Nous saluons donc l'initiative de la République démocratique du Congo. Elle s'inscrit dans l'héritage des grandes voix comme celle de Madame Wangari Maathai, prix Nobel de la paix et ambassadrice de bonne volonté des forêts du bassin du Congo, qui a rappelé le lien indissociable entre environnement, développement durable et paix, en déclarant notamment: « Investir dans la protection et la conservation de l'environnement est un investissement dans la paix. Le bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde, constitue un patrimoine écologique majeur pour l'humanité. Sa préservation représente un enjeu planétaire qui appelle à une mobilisation collective. Dans cette perspective, deux priorités méritent l'attention de la communauté internationale. Premièrement, renforcer les mécanismes innovants de financement et de coopération régionale notamment à travers le Fonds bleu pour le bassin du Congo, afin de faire du financement climatique des instruments concrets de paix et de développement. Deuxièmement, soutenir les plateformes permanentes de dialogue et de médiation, comme celle de la Communauté économique des États d'Afrique centrale, CEEAC, et celle de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, CGL, afin de prévenir les différends liées aux ressources naturelles avant qu'elles ne se transforment en crises. Enfin, nous appelons à une mise en œuvre ambitieuse des initiatives internationales en faveur du boisement, du reboisement et de la restauration des écosystèmes qui contribuent à réduire les pressions sur les ressources naturelles et à prévenir les conflits, à l'instar de l'initiative portée par Son Excellence Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, sur la Décennie des Nations Unies pour le boisement et le reboisement dans le cadre d'une gestion durable des forêts, donc cette décennie 2027-2036, adoptée ici aux Nations unies le 16 avril à travers la résolution A/RES/79/283. Excellence, Mesdames et Messieurs, pour conclure, la République du Congo continuera aux côtés de ses partenaires africains et internationaux à œuvrer pour la médiation, la prévention des conflits et la gestion durable de nos ressources naturelles. Nous remercions la République démocratique du Congo et en particulier son chef de l'État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour cette initiative pionnière et salutaire à laquelle nous souscrivons aux conclusions. Je vous remercie pour votre aimable attention.
Je remercie Son Excellence Monsieur Bouna de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, M. Mubita Loibelo, secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Madame la présidente du Conseil de sécurité et ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale, de la francophonie et de la diaspora angolaise, Mme Kayi Kuamba. Monsieur le Secrétaire général de l'ONU, Madame la Directrice générale de l'OMC, Mesdames et Messieurs, d'emblée, je tiens à remercier le président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, Monsieur le Président Félix Tshisekedi, de son travail. Cela nous rappelle que ceux qui ont payé le prix le plus fort ont souvent la vision la plus claire de la paix que nous voulons et de la paix que nous devons bâtir. La région des Grands Lacs fait face à une décision critique. est-ce que ces ressources minières riches continueront d'alimenter les conflits ou est-ce que. Cela lui permettra d'être. Ou est-ce que cela deviendra un facteur de paix, de développement? La conférence internationale sur la région des Grands Lacs à montrer qu'une autre voie est possible avec le mécanisme de certification régional sur le tungstène, l'or notamment, qui permet de promouvoir la traçabilité, la transparence et l'application du principe de responsabilité concernant le système d'approvisionnement en minéraux, avec des milliers de certificats qui ont été émis. plus que 33 000 certificats rien qu'en RDC qui ont été émis au cours des dernières années. Des progrès significatifs ont été réalisés pour que les recettes minières bénéficient aux communautés plutôt qu'aux groupes armés. Et les certificats sont émis dans plusieurs États. Cela montre que des systèmes de traçabilité crédibles, que des normes harmonisées, que des engagements politiques robustes peuvent transformer la gestion des ressources naturelles. Pour pérenniser ces progrès, les chaînes d'approvisionnement responsables doivent être renforcées. Il faut formaliser les activités minières, donner un accès au financement. Les communautés doivent bénéficier des ressources et la gouvernance des ressources naturelles doit être traitée comme une question économique, mais également en tant que pierre angulaire de la paix et de la sécurité. Après 15 ans de coopération régionale dans la région des Grands Lacs, la conférence internationale a montré que les minéraux peuvent devenir des piliers de la stabilité plutôt que des vecteurs de conflits. L'ajout de valeur au niveau local, le développement durable du point de vue environnemental et le soutien international sont essentiels pour bâtir une paix durable, une stabilité partagée et le développement durable. Ce qui nous amène à une conclusion, telle que cela a été proposé par la Présidente. Il faut se rassembler autour de cette cause. Et cette voie, porteuse de transformation, doit être réaliste, progressive, ancrée dans la Charte des Nations Unies. Et il faut faire fond également sur les expériences régionales. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence, Monsieur Loibelo, de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence monsieur Jassim Mohammed Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe.
Au nom de Dieu le clément, le miséricordieux, Excellence, madame la ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République démocratique du Congo, madame Kaïkwamba. Excellence, je tiens d'abord à adresser mes félicitations à la République démocratique du Congo pour sa présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juillet. Je tiens également à vous remercier de l'invitation qui nous a été faite de participer à ce débat public de haut niveau sur la gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Cette question revêt une importance croissante au vu des défis significatifs que rencontre la communauté internationale, et au vu de l'impératif de renforcer les liens entre sécurité et développement durable. Madame la Présidente, lorsque les ressources naturelles sont gérées conformément aux principes de bonne gouvernance, de transparence, conformément à l'État de droit et sur la base de la coopération internationale, Elles deviennent un facteur, un vecteur puissant de développement et de prospérité au niveau national et international. Cependant, lorsqu'elles sont utilisées en tant qu'instrument de guerre ou de coercition politique, lorsque les infrastructures qui y sont associées sont délibérément ciblées, lorsque les itinéraires d'approvisionnement sont altérés, elles deviennent une source d'instabilité avec des répercussions négatives pour l'économie mondiale, mais également pour la paix et la sécurité internationales. Guidés par cette conviction, les États membres du Conseil de coopération du Golfe ont fait de la gouvernance robuste des ressources naturelles un pilier fondamental de leur politique nationale. Également au plan collectif, les États membres du CCG possèdent environ 30 % des réserves de pétrole avérées du monde et près de 20 % des réserves mondiales en gaz naturel. Les États membres représentent également un quart de la production pétrolière mondiale. Cela a fait du CCG un partenaire fiable dans le maintien de la stabilité des marchés énergétiques mondiaux, y compris en temps de crise ou d'incertitude géopolitique. Dans ce contexte, les membres du CCG ont continué d'investir les ressources, les revenus provenant des ressources naturelles pour bâtir des économies plus résilientes et plus diversifiées, investir dans le capital humain, développer les infrastructures et promouvoir l'innovation et également mettre en œuvre des visions nationales ambitieuses. Ils ont élargi les investissements dans les énergies renouvelables et des projets à hydrogène sobre en carbone, ce qui montre leur engagement à trouver un équilibre entre la sécurité énergétique et l'action climatique. La gouvernance des ressources naturelles ne saurait être séparée de la sécurité des chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment la protection des infrastructures critiques et des routes maritimes internationales par lesquelles transitent l'approvisionnement en énergie et le commerce mondial. Il s'agit là de piliers essentiels de la stabilité de l'économie mondiale. Ainsi, toute attaque contre ces routes maritimes ou tout bouleversement de la navigation menace non seulement les intérêts des pays exportateurs, mais hypothèque également directement la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d'approvisionnement internationales et la stabilité des marchés internationaux. Depuis le 28 février de cette année, L'Iran a continué de lancer des missiles balistiques et des drones contre les États membres du CCG et d'autres pays sans aucune justification juridique, en violation flagrante des principes du droit international, de la Charte des Nations unies et des règles de bon voisinage. Ces attaques se poursuivent et représentent une grave menace pour les États membres du CCG, mais également pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Ces attaques entravent les efforts déployés en matière de développement et de stabilité et placent l'économie mondiale en situation de grand péril. Nous lançons à nouveau notre appel à la communauté internationale et avant tout aux membres du Conseil de sécurité à honorer leurs responsabilités juridiques en mettant un terme à ces attaques et en dissuadant l'Iran de poursuivre ses politiques agressives de manière à préserver la paix et la sécurité internationales et préserver la souveraineté et l'intégrité territoriales des États. Ces attaques ciblent non seulement les pays ciblés, qui sont visés par ces agressions, mais représentent également un schéma de comportement qui porte préjudice, au bout du compte, au peuple iranien lui-même, qui continue de souffrir des conséquences du comportement du régime qui dilapide les ressources du pays en les affectant à l'escalade et au conflit plutôt qu'en les affectant au développement, à la prospérité et à l'amélioration des conditions de vie des citoyens pour rebâtir leur avenir. Cette conduite de l'Iran est inacceptable. Elle contrevient à la Charte des Nations unies, mine les efforts internationaux visant à promouvoir la paix, la sécurité et la prospérité, et souligne la nécessité urgente d'avoir une position internationale ferme qui garantisse le respect du droit international, garantisse la liberté de navigation et protège les infrastructures critiques associées à l'énergie et aux ressources naturelles. S'agissant des pratiques dangereuses de l'Iran qui ciblent la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, il y a d'abord le ciblage de navires commerciaux, ensuite le fait de poser des mines, les tentatives d'imposer des voies de navigation obligatoires dans les eaux territoriales de l'Iran, des menaces explicites pour empêcher le transit et des menaces répétées de fermer le détroit. Toutes ces pratiques représentent des violations claires du droit international et minent la confiance dans la sécurité d'une des voies navigables les plus importantes du monde. Ces actes ont également provoqué des pertes de vies humaines et des souffrances humanitaires pour plus de 20 000 gens de mer de différentes nationalités, en plus des effets directs sur le commerce international et les chaînes d'approvisionnement mondiales, ce qui exige le plein soutien apporter à l'Organisation maritime internationale dans ses efforts déployés pour faire face à cette crise et garantir la sûreté et la sécurité de navigation et protéger les civils. Madame la Présidente, à ce titre, nous condamnons dans les termes les plus fermes les déclarations irresponsables et hostiles de la milice houthiste, y compris des allégations infondées visant le Royaume d'Arabie saoudite et les menaces de fermer le détroit de Bab el-Mandab. Cette escalade représente une violation flagrante du droit international et représente une menace directe pour la liberté de navigation et la sécurité d'un des goulets d'étranglement maritimes revêtant une des plus grandes importances stratégiques au plan mondial. Ces menaces minent la sécurité et la stabilité de la région dans son ensemble et entravent les efforts internationaux visant à préserver les chaînes d'approvisionnement mondiales et mettent en péril le flux sans interruption de marchandises et d'énergie. Dès lors, cela exige une riposte internationale ferme qui rejette sans équivoque ces menaces formulées par les Houthis et qui réaffirme qu'aucune partie ne doit pouvoir utiliser les routes maritimes internationales en tant qu'instrument de coercition ou moyen de miner la paix et la sécurité internationales. Madame la Présidente, notre position concernant la liberté de navigation est ancrée dans des principes bien établis du droit international. Tout d'abord, le 11 mars de cette année, l'éminent Conseil de sécurité a adopté la résolution 28 17 soumise par le Royaume du Bahreïn au nom du CCG. et du Royaume hachémite de Jordanie. Cette résolution a obtenu le soutien de 136 Etats, ce qui représente le plus large soutien apporté à une résolution du Conseil de sécurité. Cette résolution condamne sans équivoque l'attaque de l'Iran contre 7 Etats voisins et a déterminé que toute tentative d'entraver la liberté de navigation par le détroit d'Ormuz représente une menace contre la paix et la sécurité internationales. Deuxièmement, la Convention sur le droit de la mer de 1982 estime stipule à l'article 38 que tout navire ou tout aéronef dispose de la liberté de passage et que cela ne doit pas être entravé. L'article 44 établit qu'il ne peut pas y avoir de suspension de passage. Aucun cadre juridique international, qu'il soit historique ou contemporain, ne permet la fermeture d'un détroit international. Ce droit, en plus des obligations y afférentes, s'applique sur un pied d'égalité à toutes les parties sans exception. La liberté de navigation est indivisible, quel que soit le pavillon du navire, sa destination ou son propriétaire. Aucune condition comme le principe de réciprocité ne peut être appliquée. Madame la Présidente, les ressources naturelles doivent être une passerelle pour la coopération, les partenariats, le développement plutôt qu'une cause de conflits et de divisions. La protection des installations civiles et des infrastructures civiles La préservation de la sécurité des routes maritimes, le respect du droit international, le renforcement de la coopération internationale sont autant de piliers essentiels pour garantir la sécurité collective et réaliser le développement durable. Les États membres du CCG sont fiers de leur réussite concernant le fait de tirer parti de leurs ressources naturelles pour avancer le développement durable et promouvoir la prospérité de leurs populations. d'une part, tout en contribuant, d'autre part, à la stabilité des marchés énergétiques mondiaux et à l'économie mondiale, et en fournissant une assistance humanitaire et sur le front du développement aux pays dans le besoin. Dans ce contexte, les États membres du CCG réaffirment leur engagement sans faille à rester une source de stabilité plutôt que d'instabilité, un partenaire fiable pour préserver des approvisionnements énergétiques mondiaux sécurisés et pour défendre le dialogue, la désescalade et la primauté du droit. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence, M. Al-Budaïwi, pour sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, M. Armanata Kristiawan Nasir, vice-ministre des Affaires étrangères de l'Indonésie.
Merci, Madame la Présidente. L'Indonésie remercie la République démocratique du Congo de l'organisation de ce débat. Nous remercions également les intervenantes et intervenants de leurs exposés. D'abord, j'aimerais dire que la gouvernance des ressources naturelles n'est pas une question technique. C'est le socle de la paix et de la sécurité elle-même. Si les ressources sont gérées de manière juste, elles permettent de bâtir des pays. Si elles sont régies par la prédation, elles financent les guerres. Les conflits ne proviennent pas de l'abondance ou des pénuries. Ils émergent plutôt lorsque les ressources font l'objet de pillages ou d'ingérences étrangères ou de concurrence qui traite les pays souverains non pas comme des partenaires mais comme des terrains d'action. L'Indonésie connaît cette histoire dans sa chair. Notre archipel a été l'épicentre de bouleversements mondiaux. Et c'était des muscades, des clous de girofle et du poivre. Aujourd'hui, du nickel, du cobalt et d'autres minéraux critiques. La nature des marchandises a changé, mais la question n'a pas changé. Qui tire bénéfice de cette richesse? J'ai trois observations. D'abord, la souveraineté permanente des États concernant leurs ressources naturelles doit être respectée. Pour l'Indonésie, ce n'est pas simplement une politique, cela appartient à la Constitution. La terre, l'eau et la richesse naturelle qu'elles contiennent sont contrôlées par l'État et utilisées pour la prospérité du peuple. Nos ressources naturelles appartiennent au peuple indonésien. Et c'est une priorité claire pour le président Prabowo Subianto. Ces ressources servent le propre développement de l'Indonésie, grâce à l'industrie qui se trouve en aval, aux emplois pour notre population et à la création de valeur chez nous plutôt qu'à l'étranger. Le commerce, les investissements et la coopération sont essentiels, mais ils doivent renforcer la souveraineté et permettre aux pays producteurs d'aller au-delà de la fourniture de matières premières. Les chaînes d'approvisionnement responsables doivent dès lors permettre d'atteindre les résultats souhaitables avec des revenus équitables, de la valeur ajoutée au niveau national, du travail décent, des transferts de technologie et des avantages concrets pour les communautés locales. Et pour autant, la souveraineté, ce n'est jamais l'isolement. C'est la confiance qui rend possible les partenariats véritables. Deuxièmement, la gouvernance des ressources doit être au service de la prévention et de la consolidation de la paix. La prévention commence bien avant que le premier coup de feu ne soit tiré, avec des institutions qui rendent des comptes, un partage des avantages équitable et une participation véritable des communautés locales. Nous avons tiré des enseignements de notre propre expérience. Le partage des revenus, l'autorité locale renforcée et la transparence renforcée peuvent transformer les griefs en paix. La transparence doit également pouvoir être applicable. C'est pourquoi l'Indonésie a bâti Simbara, une plateforme qui intègre l'octroi de licences, la production, les recettes de l'État, le transport et les données sur l'exportation. la transparence. Cela montre également que les pays producteurs en développement peuvent également respecter les normes les plus élevées. Troisièmement, nous devons renouveler notre engagement en faveur de la paix par le développement durable. Les facteurs de conflits, d'inégalités, d'exclusion et de faiblesse des institutions, facteurs structurels, ne peuvent pas être combattus par le Conseil à lui seul. Le programme à l'horizon 2030 et le pacte pour l'avenir doivent rester au centre de nos efforts et mises en œuvre à l'Assemblée générale et l'Écosoc et dans le système onusien au sens plus large. Madame la Présidente, il ne saurait y avoir de développement sans paix et de paix sans développement. Et cela ne peut pas durer si les pays ne peuvent pas exercer leur souveraineté sur leurs ressources au bénéfice de leur population. La souveraineté et la solidarité ne sont pas des principes qui sont en concurrence. Ils se soutiennent l'un l'autre. L'Indonésie est prête à jouer son rôle. Merci.
Je remercie Son Excellence, M. Nasir, de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence monsieur Abdullah Balala, ministre délégué aux Affaires étrangères pour l'énergie et la durabilité des Émirats arabes unis.
Madame la Présidente, Excellences, chers collègues.
Je remercie la République démocratique du Congo de l'organisation de ce débat qui arrive à point nommé à l'occasion de sa présidence et je remercie sont excellentes. Le président Tshisekedi, le président de la RDC, merci d'avoir convoqué ce débat. Je remercie également le secrétaire général et la directrice générale de l'OMC de leur contribution précieuse. Madame la Présidente, les ressources naturelles, lorsqu'elles sont gouvernés de manière responsable, font partie des atouts les plus importants des pays. Ils peuvent être un facteur de croissance économique, ils peuvent promouvoir la prospérité collective et contribuer de manière pertinente à la paix et à la sécurité internationales. Cependant, ce potentiel est bien trop souvent miné. L'exploitation illégale de ressources naturelles a une longue histoire en matière d'instabilité et d'alimentation de l'instabilité. permet à des criminels, des groupes armés et des terroristes de gagner en autonomie au détriment des États. À mesure que l'importance stratégique des minéraux critiques augmente, la gouvernance responsable de ces ressources devient plus importante que jamais pour atténuer ces risques tout en débloquant des opportunités sur le front du développement durable. Partant, les Émirats arabes unis ont trois considérations. Tout d'abord, la gouvernance des ressources naturelles nécessite une administration publique responsable, transparente, régie par l'État de droit, en mettant l'accent sur la traçabilité, la transparence, les données viables. Cela peut provoquer des avantages durables pour les communautés locales en utilisant également les technologies et donc les partenaires et l'ONU doivent mettre l'accent sur l'assistance technique, le renforcement des capacités, les échanges de savoirs, bien sûr, dans le strict respect de la souveraineté, de l'appropriation au niveau national et les priorités de développement identifiées par les pays producteurs eux-mêmes. Deuxièmement, les investissements responsables doivent créer de la valeur durable dans les pays producteurs. Les pays producteurs doivent être épaulés pour aller au-delà de l'exportation de matières premières et de leur extraction pour passer au traitement, au développement industriel et à une participation accrue le long des chaînes d'approvisionnement pour garantir le développement durable et une prospérité collective. Les Émirats arabes unis travaillent avec leurs pays partenaires sur la base de cette approche, sur le front de l'énergie renouvelable, la logistique des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de la transformation numérique et des minéraux critiques. Nos partenariats ont pour but de soutenir les priorités nationales, renforcer les capacités locales et créer de la valeur économique sur le long terme. Troisièmement, la gouvernance des minéraux critiques promeut la paix, la sécurité et le développement durable. Les recommandations du Groupe du Secrétaire général sur les minéraux critiques pour la transition énergétique auquel j'ai contribué au nom des Émirats arabes unis, reconnaît que les chaînes de valeur résilientes sur les minéraux dépendent de la sécurité des approvisionnements, mais également sur une gouvernance efficace, des investissements responsables, une protection de l'environnement, les droits humains et des partenariats équitables. La réunion de haut niveau en la matière qui s'est tenue récemment montre qu'il y a une dynamique pour traduire ces principes en action. Le renforcement de la gouvernance, pour éviter les conflits est une approche bien plus efficace et bien moins coûteuse que les interventions après les conflits. La gouvernance des ressources naturelles et les institutions robustes permettent d'élargir les opportunités économiques et d'atténuer l'exploitation par des groupes armés, des groupes terroristes et les réseaux criminels. Madame la Présidente, nous devons faire fond sur ce type d'initiative et mener une réflexion supplémentaire sur les mécanismes qui permettent aux parties prenantes de coopérer pour préserver les ressources et garantir des économies prospères. Les Émirats arabes unis continueront de travailler de manière constructive avec l'ONU, les partenaires africains et d'autres États membres pour faire en sorte que les ressources naturelles soient un socle pour la paix plutôt qu'un facteur de conflit. Merci.
Je remercie Son Excellence, M. Balala, pour sa déclaration. Je donne à présent la parole au représentant du Kazakhstan.
Monsieur le Président, nous remercions la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, de sa présence. Nous remercions la RDC d'avoir organisé ce débat de haut niveau qui arrive à point nommé. Nous remercions également le Secrétaire général et la Directrice générale de l'OMC de leurs exposés. Ma délégation se fait l'écho des délégations qui se sont exprimées avant nous, qui reconnaissent que la gouvernance responsable des ressources naturelles n'est pas simplement une question économique ou de développement. C'est une question qui est directement liée à la prévention des conflits, à la stabilité régionale et à la paix et la sécurité internationales. Lorsque les ressources naturelles sont exploitées de manière illégale, les recettes peuvent servir à financer des groupes armés, pérenniser des économies de guerre et accroître l'instabilité. Lorsque ces mêmes ressources sont gérées de manière transparente et responsable, elles peuvent générer de la croissance économique, créer des emplois, renforcer les institutions et contribuer à une paix durable. En tant que producteur majeur d'uranium, d'hydrocarbures et de minéraux critiques, le Kazakhstan a accumulé une expérience significative en matière de gouvernance. Mon pays a participé à l'initiative sur la transparence des industries extractives pendant de nombreuses années, promouvant une plus grande transparence et Meilleure application du principe de responsabilité concernant la gestion des ressources naturelles. Notre approche se fonde sur la conviction selon laquelle les pays riches en ressources ne doivent pas devenir simplement des. Ne doivent pas rester simplement des fournisseurs de matières premières. Il faut davantage mettre l'accent sur le traitement au niveau local, la coopération technologique, le développement des compétences et la création d'industries. à forte valeur ajoutée. C'est notamment important dans le contexte de la demande mondiale de minéraux critiques qui augmente rapidement, minéraux critiques essentiels à la transition énergétique. Monsieur le Président, l'ONU, y compris le Conseil de sécurité, a un rôle important à jouer concernant le lien entre l'exploitation illicite des ressources naturelles et les conflits, par la diplomatie préventive, les opérations de paix, les régimes de sanctions, les mécanismes de suivi des experts et l'assistance pour le renforcement des capacités, l'ONU peut aider les États à renforcer la gouvernance, lutter contre les flux de ressources illicites et promouvoir des conditions dans lesquelles les ressources naturelles deviennent des vecteurs de paix plutôt que de conflits. Dans le même temps, La principale responsabilité concernant la gestion des ressources naturelles doit incomber aux États souverains. Tout cadre international doit pleinement respecter les buts et principes de la Charte des Nations unies, y compris l'intégrité territoriale et la souveraineté permanente des États quant à leurs ressources naturelles. Le soutien international doit renforcer plutôt que remplacer l'appropriation au niveau national et les capacités institutionnelles. Le Kazakhstan estime également que les revenus découlant des ressources naturelles doivent contribuer au bien-être des générations présentes et futures grâce à des investissements dans l'éducation, les soins de santé, les infrastructures et le développement durable. Il est tout aussi important de faire en sorte que les communautés locales bénéficient directement du développement des ressources. Il faut que les normes environnementales soient respectées. Notre expérience en Asie centrale montre que Le dialogue et la coopération régionale peuvent transformer les ressources naturelles et en faire des instruments de confiance et de développement durable plutôt que des sources potentielles de tensions. Le Kazakhstan est prêt à promouvoir une gouvernance des ressources naturelles transparente, responsable et durable, en veillant à ce que les ressources naturelles deviennent un socle pour la paix et la sécurité ainsi que la prospérité partagée plutôt que le conflit et l'instabilité. Merci.
Merci, le représentant du Kazakhstan pour sa déclaration. Je donne à présent la parole au représentant de la République de Corée.
Merci, Monsieur le Président. La République de Corée remercie sincèrement la RDC d'avoir convoqué ce débat opportun et important. La paix ou la guerre à cause des minerais, minéraux naturels n'est pas une question de géologie, mais de gouvernance. Tout d'abord, la gouvernance responsable doit couvrir toute la chaîne de valeur de l'extraction ou recyclage. La transparence à la mine, c'est insuffisant, surtout lorsque le commerce et le traitement demeurent opaques. des minéraux alors peuvent entrer sur les marchés. La République de Corée, à la présidence du Partenariat pour la sécurité des minéraux, agit pour diversifier la chaîne d'approvisionnement. Sous notre présidence, des principes directeurs ont été adoptés par consensus, établissant des mesures pour améliorer la certitude des investissements, pour soutenir la chaîne d'approvisionnement, afin de respecter les normes en termes d'environnement, de travail et d'autres. Notre but est aussi de promouvoir une conduite responsable des entreprises. Nous avons aussi créé un processus d'évaluation pour que nos portfolios soient mieux réfléchis. Nous continuons nos efforts. Ensuite, la chaîne d'approvisionnement responsable doit être mutuellement bénéfique pour les producteurs et acquéreurs. Créer plus de valeur permet aux pays d'ajouter plus de valeur tout en diversifiant leur production, donnant aussi un accès accru aux minéraux pour les pays acquéreurs. En 2024, nous avons établi un dialogue qui s'est réuni à nouveau en 2025 afin de renforcer la chaîne de valeur des minéraux critiques en misant sur les importations et exportations. Lors d'une réunion des ministres coréens cette année, Nous avons parlé des obstacles et de la coopération technologique. Grâce à ce dialogue et à d'autres projets, comme un projet en Tanzanie, la République de Corée établira des liens entre la création de valeur et notre force de traitement et de recyclage des technologies. Nous investirons dans les capacités et dans la demande sur le long terme. Ensuite, il faut scinder le lien entre l'exploitation illicite des ressources naturelles et le financement des conflits. L'exploitation minière illégale, le trafic, affaiblissent l'autorité de l'État et alimentent les groupes armés. La résolution 2773 condamne l'exploitation illicite systématique et le trafic de ressources naturelles dans l'est de la RDC. La République de Corée soutient la pleine mise en œuvre de la Cour de paix de Washington et nous soutenons les progrès du processus de paix de Doha et nous estimons qu'il faut davantage de traçabilité, notamment grâce au processus de Kimberley et du mécanisme de certification régional de la Confédération des Grands Lacs. Monsieur le Président, la République de Corée sera un partenaire fiable. Nous voulons transformer cette malédiction en un synonyme de paix et de prospérité. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la Corée pour sa déclaration. Il reste un certain nombre d'orateurs inscrits sur ma liste pour la présente séance. Je me propose, avec l'assentiment des membres du Conseil, de suspendre la séance jusqu'à 15 heures. La séance est suspendue.