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Ohh, oui, oui, oui. The 11th plenary meeting of the General Assembly is called to order.
The Assembly will hear an address. du président et ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration de la République de Kiribati, Son Excellence Monsieur Taneti Ma'amau. Je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner.
Monsieur le Président.
Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, Au nom de Dieu le Tout-Puissant, en qui nous plaçons toute notre confiance. Au nom du gouvernement et du peuple de Kiribati, je présente mes félicitations les plus chaleureuses au Président pour son élection à la tête de cette 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Kiribati vous assure son plein soutien et sa coopération alors que vous assumez ces responsabilités importantes. Monsieur le Président, nous nous réunissons à une période difficile. Les conflits coûtent encore des vies, déplacent des communautés, les droits humains sont encore bafoués, les crises humanitaires perdurent, les gains de développement sont effacées dans de nombreux endroits du monde, les inégalités demeurent profondes, tandis que les changements climatiques exercent une pression supplémentaire sur des pays qui rencontrent des difficultés de développement déjà importantes. Et ainsi, le thème de cette session Rétablir la confiance, gérer la transformation, les Nations Unies au service de tous est un thème qui tombe à point nommé, qui est tout à fait pertinent. La confiance ne peut être rétablie par les seuls mots, mais doit être renforcée par la mise en œuvre, par la reddition des comptes et les résultats, et ce, pour améliorer les conditions de vie de nos populations, pour Kiribati, Ce thème permet de renforcer notre devoir partagé de consolider les Nations unies et de garantir que celles-ci soient au service de tous. Monsieur le Président, Kiribati est une nation océanique. Nous sommes un État durable du grand océan. Notre économie, notre sécurité alimentaire, nos revenus, notre culture, notre mode de vie dépendent de ressources maritimes durables et saines. Une gestion durable est essentielle pour notre développement à long terme et nous appelons à redoubler d'efforts et à nouer des partenariats pour avancer dans la réalisation de l'ODD 14, lequel vise à conserver et utiliser durablement les océans, les mers et les ressources maritimes aux fins du développement durable. Le rapport sur les objectifs de développement durable de 2026 nous rappelle que nos océans et les poissons continuent à subir les pressions de la surpêche, de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, de la pollution, du réchauffement et de l'acidification. L'entrée en vigueur de l'accord sur la diversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale est une étape importante pour renforcer la gouvernance des océans de manière plus équitable et plus forte. Nous sommes fiers d'avoir signé et ratifié cet accord et appelons les États membres à reconnaître l'importance de notre océan partagé et à œuvrer ensemble pour traduire l'ambition historique de l'accord en action mondiale réel. Monsieur le Président, la viabilité de nos océans et des pêches est intrinsèquement liée au changement climatique et aux pressions qui pèsent sur nos ressources marines, lesquelles subissent des pressions encore plus importantes des faits des conséquences du changement climatique. Ces changements demeurent l'un des défis majeurs qui pèsent sur notre développement et notre mode de L'élévation du niveau de la mer, l'érosion du littoral, l'intrusion saline, les événements météorologiques extrêmes continuent à imposer une pression sur nos communautés, nos infrastructures, la sécurité hydrique et les moyens de subsistance. Le sixième rapport d'évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat rappellent qu'il importe de relever ce défi de toute urgence et de lutter contre les risques que cela représente pour les petits États insulaires. Grâce à notre vision pour le développement national de long terme, la vision pour Kiribati dans 20 ans et nos priorités nationales au titre des politiques Te Moti Nano, nous continuons à investir dans les infrastructures résilientes, dans la sécurité hydrique et dans la protection du littoral, dans la préparation face aux catastrophes, dans les énergies renouvelables et dans l'adaptation communautaire. Notre objectif est clair, continuer à construire des îles Kiribati prospères, saines et pacifiques, où notre population puisse vivre dans la dignité, la paix et avoir des opportunités. Les énergies renouvelables sont de plus en plus importantes pour le développement et l'accès à l'énergie de Kiribati. Il importe d'investir dans les énergies renouvelables pour réduire notre dépendance aux carburants fossiles importés et renforcer la résilience et la durabilité du secteur énergétique. Mais à l'action nationale doit répondre l'action internationale. Nous appelons à relever nos ambitions, à appuyer davantage l'adaptation et la finance du climat. et ce de manière adéquate, prévisible et accessible, notamment pour les petits États insulaires en développement. Kiribati reconnaît l'importance du droit international pour répondre au changement climatique. L'avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les changements climatiques promet la justice climatique en affirmant que tous les États ont un devoir contraignant de protéger le système climatique et de réaliser des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre profondes, rapides et pérennes, et ce afin de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius. L'on reconnaît de plus en plus que la résilience climatique doit être pilotée au niveau local et qu'il doit y avoir une prise en charge au niveau local et nous nous en félicitons. Le mécanisme de résilience du Pacifique est piloté par le Pacifique. Il y a une appropriation par le Pacifique qui renforce la capacité de la région à financer l'effort climatique et la résilience face aux catastrophes. Le Pacifique, aux côtés de la Turquie, accueille la COP31, ce qui montre l'importance de l'action locale. Ces initiatives montrent que des partenariats forts et effectifs peuvent appuyer un développement piloté au niveau local. Monsieur le Président, le partenariat continue à définir la coopération internationale. Nous sommes plus forts, en effet, lorsque nous coopérons. À l'heure où le multilatéralisme se heurte à des défis croissants, les partenariats demeurent l'une des affirmations les plus fortes de ce que nous pouvons faire ensemble. Kiribati soutient les cadres qui incarnent cet esprit de partenariat, notamment le programme d'Antigua-et-Barbuda pour les petits États insulaires en développement et le Pacte pour l'avenir, qui représentent un socle important pour la coopération internationale consolidée, la solidarité et l'action collective. Le programme à l'horizon 2030 entre dans ses dernières années. Les partenariats doivent jouer un rôle central pour accélérer la réalisation des ODD. Kiribati a récemment présenté son deuxième examen national volontaire dans lequel il réaffirme son attachement au programme à l'horizon 2030. Nous nous félicitons de nos relations diplomatiques de longue date avec nos partenaires traditionnels Et nous cherchons également de nouveaux partenariats fondés sur le respect, les intérêts partagés, la transparence, l'égalité souveraine et le respect des priorités nationales. Cette année, suite à la présentation de notre deuxième examen national volontaire, mon gouvernement a convoqué le premier forum des partenaires du développement sur l'île de Kiritimati. qui représente le plus grand atoll de coraux du monde et c'est aussi la première île à voir le lever du jour. Le forum a permis de renforcer les partenariats entre Kiribati et les partenaires de développement et de mettre à l'honneur deux projets phares, essentiels pour accélérer la croissance économique et le développement durable. Parmi les participants, ont trouvé l'Australie, la République populaire de Chine, l'Union européenne, la Nouvelle-Zélande, le Japon, les États-Unis d'Amérique, la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement et les agences de l'ONU. Nous remercions nos partenaires et il nous tarde de faire avancer ensemble nos intérêts partagés à l'occasion du document issue du forum accord de partenariat de Kiritimati 2026. Monsieur le Président, en dernière analyse, le développement dépend des populations. C'est notre ressource la plus précieuse. L'éducation est donc un investissement vital. Kiribati est attaché à améliorer l'accès à une éducation de qualité, inclusive et pertinente tout en renforçant le développement des compétences, la formation professionnelle, l'apprentissage numérique et les opportunités pour les jeunes. La santé est tout aussi fondamentale. Nous continuons à renforcer nos systèmes de santé sur nos îles qui sont éparses et reculées. Nous améliorons l'accès aux services essentiels et luttons contre les maladies transmissibles et non transmissibles. Une population saine et instruite, voilà le socle qui est la priorité nationale. Monsieur le Président, nous ne pouvons parler de développement sans parler des femmes et de la jeunesse. Kiribati demeure attaché à l'égalité de genre et à l'autonomisation des femmes et des filles. Notre élection, cette année, au sein de la Commission de la condition de la femme, qui représente la première fois que Kiribati a obtenu un siège au sein de cette instance de l'ONU, est un jalon et correspond à notre volonté de promouvoir les droits des femmes au plan national et international. Nous continuerons à créer des opportunités, à lutter contre la violence, à promouvoir l'autonomisation et un rôle moteur économique pour les femmes. Les jeunes représentent quant à eux non seulement l'avenir de Kiribati, mais nous devons donc leur donner accès à l'éducation, l'emploi, les compétences, les technologies, les opportunités de leadership et des espaces dans lesquels ils puissent participer, et notamment via le sport. Kiribati va accueillir les Jeux micronésiens de 2030, qui sera l'occasion de laisser un legs durable pour nos jeunes. Nous invitons nos partenaires régionaux et internationaux à s'associer à cet effort. Monsieur le Président, concernant la paix et la sécurité, Kiribati est une nation éprise de paix. Toutefois, la distance ne nous rend pas indifférents aux souffrances causées par la guerre et les conflits ailleurs. Les peuples de chaque nation méritent la paix. Nous réaffirmons que les différends doivent être réglés pacifiquement, conformément au droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies. Pour les nations insulaires telles que Kiribati, le respect du droit international est fondamental pour notre sécurité, notre souveraineté, la stabilité du système international. Kiribati est fière de contribuer à sa façon à la paix et à la sécurité internationale, et ce, en mettant à disposition des policiers qui servent sous le drapeau de l'ONU. Pour Kiribati, cela correspond à notre conviction selon laquelle même les plus petits pays peuvent contribuer à la paix mondiale. Pour les peuples du Pacifique, les conséquences des armes nucléaires ne sont pas purement historiques. Notre région portent encore les stigmates humains et environnementaux des essais nucléaires. En tant qu'État partie au Traité pour l'interdiction des armes nucléaires, nous demeurons attachés à promouvoir le Traité et ses objectifs humanitaires et à créer un fonds d'affectation international pour les victimes des armes nucléaires. Nous assumons la coprésidence avec le Kazakhstan de la réunion internationale d'assistance aux victimes et d'assainissement environnemental et remercions le Secrétaire général d'avoir convoqué cette réunion importante et de placer les besoins des communautés touchées au cœur des efforts collectifs. La paix et la sécurité doivent avancer au rythme de l'évolution des menaces dans le domaine numérique. Le câble oriental de Micronésie est arrivé à Tarawa l'année dernière, connectant Kiribati à Nauru et aux États fédérés de Micronésie, et ainsi transformant la connectivité et le développement numérique. Toutefois, cela est source de vulnérabilité. Avec peu d'alternatives et de capacités techniques, les États insulaires rencontrent des menaces, notamment la cybercriminalité, les attaques visant les infrastructures critiques, les rançongiciels et les dommages en ligne qui peuvent compromettre la sécurité et le développement. Excellence, Kiribati s'exprime face à cette Assemblée non seulement pour parler des défis que nous rencontrons, mais pour parler de l'avenir que nous choisissons. En conclusion, Monsieur le Président, j'aimerais adresser à l'ONU, à ses membres, à son personnel, nos bénédictions traditionnelles de Temori. Je vous souhaite une santé, une paix et une prospérité en abondance. Merci.
Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le président et ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration de la République de Kiribati. Nous allons à présent poursuivre le débat général. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Husein Mohamed Latif, vice-président de la République des Maldives. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et l'invite à s'exprimer face à l'Assemblée.
Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs. Je vous félicite, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection à la présidence de cette 81e session. Vous pouvez compter sur le plein appui des Maldives dans la conduite de cette Assemblée. Je remercie également l'ancienne présidente de l'Assemblée générale, Son Excellence Annalena Baerbock, pour la manière dont elle a présidé la 80e session. restaurer la confiance, gérer la transformation, une Organisation des Nations unies au service de tous. résument bien la tâche qui nous attend. La confiance ne sera pas restaurée par de simples paroles. Elle le sera grâce à ce que cette Organisation apporte à chaque pays, grand ou petit. Il y a 37 ans, les Maldives ont demandé à cette Assemblée de se prononcer sur une vérité simple, les petits États peuvent être extrêmement vulnérables aux menaces extérieures et aux tentatives d'ingérence et en réponse à cet appel, l'Assemblée a adopté les résolutions des résolutions et initiatives menées par euh sur l'initiative des Maldives en affirmant l'importance de protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale des petits États. Il était vrai à l'époque et c'est toujours vrai aujourd'hui Mais les menaces, elles, ont évolué. L'insécurité se propage désormais par les voies maritimes, les chaînes d'approvisionnement, les marchés financiers, les réseaux numériques et les nouvelles technologies. Aujourd'hui, la souveraineté peut être affaiblie sans qu'une seule frontière ne soit franchie. Elle peut être compromise lorsque des puissances extérieures limitent la liberté de choix d'un État. Et c'est pourquoi les Maldives se présente devant l'Assemblée avec un message clair: chaque État, grand ou petit, doit avoir la liberté, la capacité de définir son propre avenir, un avenir souverain. Et cet avenir commence par la paix. L'océan Indien doit rester pacifique. Il doit rester une région où le commerce peut s'épanouir, où les États peuvent prospérer. La concurrence régionale entre les grandes puissances ne doit pas limiter les choix des petits États. Les conflits ne doivent pas nous atteindre directement pour avoir des incidences sur nous. Dans un monde interconnecté, une crise lointaine peut rapidement devenir une crise au niveau national. L'interruption du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz augmenter les prix du carburant elle affecte l'approvisionnement alimentaire et ses conséquences se font sentir sur le tourisme mais également sur les finances publiques des Maldives les Maldives condamne donc la fermeture du détroit d'Ormuz le détroit doit rester ouvert et sûr les Maldives condamne en outre les attaques contre l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït, Oman et la Jordanie. Les Maldives se félicitent des efforts diplomatiques déployés par Oman, le Pakistan et le Qatar pour désamorcer la crise et amener les parties au dialogue. Le droit à un avenir souverain doit appartenir à tous. Et ce droit n'est nulle part plus brutalement bafoué qu'en Palestine. Le génocide et les crimes de guerre commis par Israël à l'encontre des Palestiniens et des Palestiniennes se poursuivent. Et ces agissements ne se limitent pas à Gaza. Ces attaques militaires dans toute la région ont porté atteinte à la souveraineté d'autres États. On ne peut pas assurer la sécurité en exportant l'insécurité. et aucun pays ne peut exiger le respect de sa souveraineté tout en violant celle d'autres pays. Aucun État ne devrait pouvoir se soustraire à ses responsabilités en raison de sa puissance ou de ses alliances politiques. Mais la condamnation à elle seule ne suffit pas. Chaque État membre doit se demander qu'avons-nous fait pour mettre fin à cette violence? Les Nations unies doivent se poser la même question. Le problème, ce n'est pas l'absence de droit. Les règles, elles, sont claires. Ce qui fait défaut, c'est une application équitable de celles-ci. Le droit international humanitaire ne peut contraindre les faibles et s'adapter aux puissants. Les mêmes règles, mêmes normes, aucune exception. Le génocide perpétré par Israël à Gaza doit cesser. L'occupation illégale de la Palestine et d'autres territoires arabes doit cesser. Les colonies illégales doivent cesser. L'aide humanitaire doit parvenir aux Palestiniens en toute sécurité, rapidement et à grande échelle. Et les décisions des tribunaux internationaux ainsi que les résolutions de l'ONU doivent être respectés et mis en œuvre. Pour le peuple palestinien, un avenir souverain signifie liberté, dignité, autodétermination et droit de vivre en sécurité dans son propre État. Les Maldives se tiendront toujours aux côtés du peuple palestinien et de son droit indéniable à cet avenir. C'est pourquoi Je réitère notre appel en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien indépendant et souverain, fondé sur les frontières d'avant 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est. Si cette organisation veut rétablir la confiance et tenir ses engagements envers tous, la Palestine doit devenir membre à part entière de l'Organisation des Nations Unies. Les conflits ne représentent pas la seule menace pour la souveraineté des forces extérieures. Nos frontières peuvent également limiter la liberté d'un État à façonner son propre avenir. Pour les petits États insulaires en développement comme les Maldives, aucun facteur n'a plus de conséquences que les changements climatiques. Pour les PUI, les changements climatiques modifient les fondements physiques de nos nations. L'élévation du niveau de la mer Ce n'est pas simplement une préoccupation environnementale, c'est une question qui relève de l'aménagement du territoire et de la sécurité nationale. C'est une question de souveraineté. Qu'il n'y ait aucun doute à ce sujet, la montée des eaux peut modifier nos côtes, mais elle n'effacera pas notre statut d'État. Elle ne réduira pas nos droits, elle n'affaiblira pas nos droits maritimes et elle ne diminuera pas notre autonomie nationale. Notre réponse doit consister à nous adapter, à innover, à construire. Mais la résilience exige des moyens. Cela signifie que les financements doivent parvenir à ceux qui en ont besoin, à l'échelle requise, à la vitesse requise et selon les conditions nécessaires pour renforcer la résilience. Et c'est pourquoi la COP31 à Antalya doit être une COP synonyme de résultats concrets. La mise en œuvre doit être la mesure de l'engagement. Nous devons aller plus vite, nous devons accélérer la mise en œuvre du Programme Horizon 2030 et nous devons transformer l'action en progrès mesurable pour les pays. Pour les pays insulaires, ces progrès sont indissociables d'un océan sain et géré de manière durable. C'est pourquoi la première conférence des parties à l'accord BBNJ doit tenir ses promesses dès le premier jour. En fin de compte, les engagements mondiaux n'ont de sens que s'ils permettent des progrès au niveau national. Son Excellence le Président, le Dr Mohamed Muizzu, a défini une ambition claire: faire des Maldives un pays développé d'ici 2040. Nous poursuivons cet objectif en augmentant la productivité, en diversifiant notre économie, en construisant des infrastructures résilientes, en développant les énergies renouvelables et en investissant dans notre population. Notre avenir sera construit par les Maldiviens. Mais le système international peut tant élargir que restreindre nos choix. Le transfert de technologie des chaînes d'approvisionnement résilientes et un accès au financement élargissent le champ des possibilités, mais la dépendance technologique, les chocs externes et une dette insoutenable le restreignent. C'est pourquoi la réforme de l'architecture financière internationale a une importance particulière. Nous devons mettre en œuvre l'engagement de Séville et tenir cette promesse en matière de financement de dette et de réforme. Au début de cette année, Les Maldives se sont associées à d'autres pays en développement pour lancer la plateforme des emprunteurs. Cela doit devenir un mécanisme durable qui permet aux pays en développement non seulement une place au système, au sein du système financier, mais aussi une voie pour le façonner. Mais pour les pays en développement, une plus grande autonomie dépend également des progrès réalisés au niveau national. Nous devons renforcer nos institutions, améliorer la stabilité, attirer des investissements responsables. ainsi que des partenariats constructifs qui doivent renforcer les capacités nationales et soutenir les ambitions définies au niveau national. Les partenariats doivent nous permettre de devenir plus performants qu'auparavant. Nos défis communs peuvent se transformer en opportunités communes, et c'est l'esprit de la politique Maldives First du président Muizzu. Des partenariats fondés sur le respect des intérêts nationaux et sur les contributions mutuelles. Et ce principe doit également guider la transformation technologique qui nous attend. L'intelligence artificielle offre des opportunités considérables pour les petits États. Elle peut réduire les distances, elle peut aider à surmonter les contraintes d'échelle et elle peut mettre à notre portée de meilleurs soins de santé, une meilleure éducation et de meilleurs services publics. Mais ces opportunités doivent être partagées. Chaque pays doit avoir son mot à dire dans l'élaboration des règles mondiales s'appliquant à l'IA. L'avenir numérique devrait renforcer notre capacité à mieux servir nos populations et non créer de nouvelles formes de dépendance. À mesure que le monde évolue, les Nations Unies doivent elles aussi évoluer. L'initiative ONU-80 est l'occasion de réduire les doublons, d'améliorer le respect du principe de responsabilité et de concentrer les ressources sur les résultats. Mais l'efficacité ne doit pas se mesurer uniquement à l'aune de ce que nous supprimons. Elle doit se mesurer à celle de ce que nous accomplissons. Et les Nations unies ne doivent pas se retirer des pays qui en ont le plus besoin. Simplement, non, l'efficacité, la réforme doit préserver une présence significative de l'ONU sur le terrain, en particulier dans les PID. Le système des Nations unies pour le développement doit répondre aux besoins des pays bénéficiaires et continuer à s'inspirer des cadres internationaux pertinents, et le processus de réforme doit être mené par les États. Ce processus doit être inclusif et transparent. C'est comme cela que la réforme permettra de rétablir la confiance en rapprochant les Nations unies des populations et des pays qu'elles servent. La réforme doit également s'attaquer à l'une des plus anciennes faiblesses de cette organisation, à savoir une représentation inégale. Le Conseil de sécurité ne peut plus refléter le monde de 1945 tout en prenant des décisions pour le monde d'aujourd'hui. Il doit être élargi, tant dans la catégorie des membres permanents que dans celle des membres non permanents. Les PID doivent disposer d'un siège tournant. Et le droit de veto doit être aboli. L'Afrique également doit être davantage représentée. Après tout, la représentation n'est pas purement symbolique. Ceux qui siègent à la table déterminent ce que cette table examine. Les petits États comprenne à quel point le climat, la finance, les chaînes d'approvisionnement commerciales et la sécurité sont étroitement liées. Nous savons par ailleurs que le droit international constitue notre meilleure garantie face aux inégalités de pouvoir. Ce principe doit rester au cœur du système international. Les Maldives siégeront au Conseil économique et social pour le mandat 2027-2029. Nous Brigons également un siège au Conseil des droits de l'homme pour le mandat 2028-2030 et nous sollicitons le soutien des États membres pour obtenir un siège au Conseil de sécurité pour la période 2023-2034. Nous le faisons car les petits États doivent être des décideurs et non plus de simples exécutants. La représentation est importante non seulement au sein des organes de cette organisation, mais également au sein de sa direction. Alors que le Secrétaire général Guterres arrive au terme d'une décennie de service, les Maldives le remercient pour son leadership et son engagement en faveur de la coopération internationale. Le processus de sélection de son successeur doit être transparent et fondé sur le mérite. Il doit puiser dans l'ensemble des talents dont dispose cette organisation. Depuis plus de huit décennies, tous les secrétaires généraux ont été des hommes. Il est temps qu'une femme prenne les rênes de cette organisation. Une dirigeante qui défendra la Charte sans exception, capable de transformer les réformes en résultats, une personne qui saura écouter tous les États membres, y compris les plus petits. La tâche qui nous attend est immense. Le choix que nous ferons doit être à la hauteur de ce défi. Que doit donc faire l'Assemblée générale? Les Maldives proposent un critère simple pour garantir un avenir souverain. Lorsque nous agissons en matière de conflits, de climat, de finances, de technologie ou de réformes institutionnelles, posons-nous la question suivante: ces décisions Élargit-elle la liberté de choix d'un État? Renforce-t-elle les capacités nationales ou réduit-elle la dépendance? Protège-t-elle la souveraineté et l'autonomie décisionnelle? Si la réponse est non, nous devons changer de cap. Et nous devons appliquer la même norme à tous les États. que ce soit là la mesure de la coopération internationale, non pas ce que nous promettons, mais ce que nous rendons possible. Telle est la mesure d'une Organisation des Nations Unies qui travaille pour tous. En 1989, les Maldives ont demandé à l'Assemblée de protéger les petits Etats contre les menaces extérieures. Aujourd'hui, nous lui demandons de protéger quelque chose de tout aussi fondamental: la liberté de chaque Etat de choisir son propre avenir. Un avenir choisi par
peuple, un avenir fondé sur le droit international, un avenir souverain pour chaque État. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le vice-président de la République des Maldives. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Alif Ali Al-Zaidi, Premier ministre de la République d'Irak. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son excellence que j'invite à prendre la parole devant l'assemblée.
Bismillah Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux. Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Excellence, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Excellence, Mesdames et Messieurs, que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde et les bénédictions d'Allah. Et c'est avec une immense fierté et un profond sentiment d'honneur que je me présente devant cette tribune internationale en tant que représentant de la République d'Irak, pays des premières civilisations, berceau de l'écriture et du droit, et un des États fondateurs de l'Organisation des Nations unies. Je me présente ici pour réaffirmer l'engagement de mon pays envers la Charte et ses principes et pour présenter la vision de l'Irak pour son avenir. En ce moment critique pour le monde, l'Irak, peut-être plus que d'autres, a été confronté aux guerres et à leurs ravages. Nous en avons subi les conséquences, ainsi que le blocus et le terrorisme qui nous ont été imposés. Notre population en a payé le prix fort en pertes de vie, d'enfants, de ressources, d'opportunités de développement. Et malgré ces épreuves qui ont fait de notre pays pendant des décennies un théâtre de guerres et de conflits, Aujourd'hui, nous présentons notre vision pour l'avenir avec confiance. L'Irak aspire à exercer son influence et à avoir une incidence en tant que puissance économique dans notre région, ainsi qu'en tant que pont pour le dialogue et la coopération entre les populations de la région. Mesdames et Messieurs, notre vision à ce stade repose sur notre volonté nationale de rétablir l'autorité de la loi, de renforcer les institutions de l'État et de consolider la confiance des citoyens dans ces institutions. Telles sont nos priorités. Nous nous efforçons de veiller à ce que l'État soit le seul à prendre des décisions en matière de paix et de guerre et à ce que les armes restent entre les mains de ces institutions constitutionnelles, afin que la loi soit l'autorité finale. et que l'intérêt national soit notre boussole. Nos mesures d'exécution dans ce domaine vont dans la bonne direction. Elles représentent le fondement d'un État de droit, de la protection de la souveraineté, de la stabilité et de la mise en place d'un environnement nécessaire au développement et aux investissements. Avec la fin de la mission de la coalition internationale en Irak, nous faisons évoluer nos relations avec nos partenaires stratégiques. Nous passons d'une coopération militaire à une coopération économique, et ce dans notre intérêt commun. Nous ajoutons ainsi à la victoire des Irakiens sur le terrorisme une détermination et un élan redoublés pour achever le renforcement de nos capacités sécuritaires et militaires afin de protéger notre pays, notre population et notre souveraineté. Afin d'assurer la poursuite de notre intégration au niveau international. Nous appelons chacun à contrôler leurs frontières, à demeurer vigilant afin d'empêcher l'avènement d'un environnement propice à l'extrémisme. Mesdames et messieurs, dans le contexte des réformes institutionnelles, notre gouvernement mènent une lutte contre la corruption et afin de protéger les deniers publics. Nous poursuivons sur la voie des réformes fondamentales afin d'améliorer l'efficacité et la qualité des services que nous fournissons. Nous voulons bâtir un État robuste et une économie diversifiée et moderne. suivant le rythme des mutations technologiques et numériques au niveau mondial. Par conséquent, nous essayons de tirer parti de toutes les expériences et les initiatives dans le domaine de l'économie, de la finance, des affaires, afin de promouvoir une renaissance économique et financière Pour l'Irak, nous le faisons également afin de garantir un environnement sûr pour les investissements nationaux et étrangers. Cette vision s'appuie sur les atouts importants dont nous disposons en termes de ressources et d'opportunités d'investissement dans les secteurs de l'énergie, de l'industrie, de l'agriculture, des transports et de la technologie. J'ajoute également notre situation géographique exceptionnelle qui permet de relier l'économie irakienne au monde entier. Et dans ce contexte, notre vision vise à faire évoluer l'Irak vers une phase où il deviendra un partenaire productif dans la région, en réduisant progressivement les effets de l'économie de rente, en renforçant les politiques de marché ouvert, en développant les capacités de production et d'exportation et en investissant dans les infrastructures et dans les services. Nous avons donc établi une feuille de route afin de soutenir le secteur privé. Nous mettons en place et facilitons les garanties juridiques, fiscales et douanières nécessaires à la croissance des entreprises et du commerce extérieur. et nous mettons en place des partenariats avec les marchés mondiaux afin d'accélérer le développement durable. Dans le domaine de l'énergie, l'influence de l'Irak est réelle. Notre gouvernement a adopté un programme ambitieux visant à accroître la production de brut, et ce à la hauteur de l'importance de nos réserves établies. Notre gouvernement travaille également au développement des gisements de gaz. Nous voulons accroître nos capacités de raffinage et de production de produits dérivés. Nous voulons développer notre secteur pétrochimique. Notre ambition, c'est de devenir un pôle mondial de production énergétique. et d'utiliser son potentiel pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales et internationales de manière durable. Cela étant dit, nous sommes préoccupés par l'évolution de la situation en matière de liberté de transport et de navigation maritime, ainsi que face à la crise qui a été provoquée et face à la hausse des prix mondiaux de l'énergie. Afin de contrecarrer les risques et les répercussions sur nos populations, nous essayons de diversifier nos voies d'exportation en créant des liens entre l'Irak, la Turquie, la Jordanie et la Syrie pour atteindre les marchés mondiaux, et ce afin de contribuer à la sécurité énergétique et afin comme je le disais, de diversifier les voies d'approvisionnement. Excellence, la diversification économique, qui repose sur de véritables partenariats, est un objectif stratégique central de notre politique économique. C'est pourquoi notre gouvernement a inscrit parmi ses priorités l'objectif de renforcer le développement économique et industriel dans tous les domaines. Notre projet Route du développement est la vision globale de l'Irak en matière d'intégration, de cohésion et de stabilité régionale. Il s'agit d'une porte d'entrée majeure, d'un corridor stratégique pour le commerce, les investissements, l'industrie et l'énergie. qui reliera l'Orient à l'Occident depuis le grand port d'Al-Faw jusqu'en Turquie et ensuite vers l'Europe.
Nous souhaitons que ce projet soit ouvert à partenariat pour tous nos amis et tous nos voisins. Nous pensons en effet que les intérêts économiques sont source de prospérité. Si les pays de la région sont connectés par des ports, des voies ferrées, des lignes à haute tension, le commerce, les investissements, alors ils ont davantage d'intérêt à garantir la stabilité. Et depuis l'enceinte de l'Organisation des Nations unies, nous disons au monde, investissez dans l'Irak. L'Irak a des ressources, des marchés, un bon emplacement et est doté de la volonté de construire une nouvelle économie. Notre gouvernement travaille d'arrache-pied afin d'élaborer des partenariats bénéfiques pour tous, de créer des opportunités d'emploi, d'assurer le transfert de technologies et de connaissances et de renforcer les capacités productives de l'Irak. Mesdames et messieurs, la sécurité des États et le maintien de la paix est une responsabilité partagée, telle que le prévoit la Charte de l'ONU. Mais une stabilité, pour être réelle, ne se construit pas par la guerre, mais sur la base d'intérêts communs qui rendent la coopération plus probable que les conflits. La vision de l'Irak se fonde sur sa volonté de contribuer à la transition de la région, des conflits à l'intégration, de la concurrence à la coopération, de l'épuisement des ressources à l'investissement dans le développement. Et à cette occasion, nous tendons la main à tous, et ce sur la base du respect de la souveraineté, de la non-ingérence, du principe de bon voisinage, de la promotion des intérêts partagés, du dialogue en tant que moyen de régler les différends. Et sur la base de ces principes, nous renouvelons notre position qui consiste à appuyer le dialogue et la diplomatie pour désamorcer les différentes crises. Nous appelons à appuyer les efforts qui visent à permettre le passage de marchandises par le territoire irakien et à mobiliser des mécanismes pour permettre des alternatives à des couloirs commerciaux complexes. Mesdames et messieurs, l'Irak considère que notre que nous avons une responsabilité envers les populations, leur sécurité, leur stabilité, qui nécessite d'œuvrer pour mettre fin aux conflits, pour garantir un avenir sûr et empêcher que n'éclatent des guerres à l'avenir. Ici, au siège de l'ONU, nous avons une réplique de la stèle du roi babylonien Hammurabi, laquelle nous dit que les lois sont faites pour empêcher les forts d'opprimer les faibles. Et aujourd'hui, les faibles sont opprimés parce que c'est la loi du plus fort qui prévaut et non pas la force de la loi. Et donc, la question de la Palestine demeure centrale à toute réflexion sur la stabilité de la région. Il n'y aura pas de sécurité au Moyen-Orient sans solution juste à cette question et sans garantir l'exercice du droit du peuple palestinien à être sur ses terres, à l'autodétermination et à créer un État souverain. Nous saluons l'importance qu'il y a de garantir un accès humanitaire et la protection des civils. Mesdames et Messieurs, la sécurité que nous souhaitons ne se limite pas à arrêter les conflits, mais à lutter contre le changement climatique, les effets de la désertification et la pénurie hydrique. Ce sont des défis que l'Irak doit relever, qui ont des retombées pour sa sécurité alimentaire. Et nous défendons nos droits hydriques justes et légitimes pour la gestion conjointe de ressources des ressources hydriques, et ce, dans le respect des principes de coopération et du droit international. S'agissant des risques, nous luttons contre la criminalité organisée en coopérant avec tous nos amis afin de repousser le danger de la criminalité transnationale organisée et de lutter contre le trafic de stupéfiants transfrontières. Nous appelons à davantage de partage d'informations et à une coordination internationale pour lutter contre ce péril qui menace nos sociétés. Et face à ces défis, les Irakiens demeurent notre objectif. Sachant que notre société compte de nombreux jeunes, nous souhaitons faire de ces jeunes une force motrice de notre économie future par l'éducation, la diversification des opportunités d'emploi, l'appui à l'entrepreneuriat et à l'économie numérique. Nous demeurons dans le même temps attachés conformément à la Constitution, à protéger les droits humains, la participation des femmes, à garantir le bien-être des enfants et à garantir la diversité culturelle, ethnique et religieuse de notre pays. Mesdames et Messieurs, nous vous appelons à vous ouvrir à l'Irak. L'Irak, partenaire authentique, capable de contribuer à la sécurité, à la promotion de la stabilité et à l'accélération du développement dans tous les domaines. Nous vous disons aujourd'hui que l'Irak n'a jamais été en marge. Notre pays est au cœur de l'histoire. C'est le pouls de l'histoire moderne et c'est un partenaire à l'heure où nous construisons notre avenir partagé. En conclusion, nous réaffirmons notre soutien en faveur de l'ONU et nous saluons les efforts qui ont permis d'appuyer l'Irak, notamment grâce à la mission d'appui à l'Irak des Nations unies, la MANUI, et nous devons coopérer pour lutter contre les guerres et les conséquences des conflits dans le monde. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre de la République d'Irak. l'assemblée va entendre une allocution de son excellence Nawaf Salam président du conseil des ministres de la république libanaise je prie le protocole de bien vouloir accompagner son excellence et je l'invite à s'adresser à cette assemblée
Le Président, Monsieur le Secrétaire général, plus je réfléchis au thème de cette session de l'Assemblée générale, « Rétablir la confiance, gérer la transformation: une Organisation des Nations unies au service de tous », plus je suis convaincu de la sagesse du choix de ce thème. Sans confiance, la paix et la sécurité ne sont pas possibles entre États. la coopération ne peut pas se développer. Il y a plus de 80 ans, les Nations Unies ont été créées sur la base de la promesse que la force de la loi remplacerait la loi de la force. Mais aujourd'hui, les guerres et les conflits se multiplient. On dépense davantage pour les armements que pour le développement, les civils. sont les premières victimes et des millions sont forcés à être déplacés, connaissent la faim et la privation. Le problème, ce n'est pas qu'il n'y a pas de règles, mais c'est qu'elles sont appliquées de manière sélective, voire non appliquées. La souveraineté des États ne peut pas être intangible. pour les uns et négociables pour les autres. Les règles du droit international ne doivent pas s'appliquer que pour certains. Rétablir la confiance nécessite que le droit international soit respecté. Pour cela, il faut investir dans la prévention des conflits avant qu'ils n'éclatent et il faut investir dans le développement avant que la pauvreté et la privation n'alimentent la violence, l'extrémisme et le terrorisme. Le développement relève également de la paix. Il ne peut y avoir de paix durable dans un monde où il y a des inégalités économiques profondes, où certains États dépensent davantage pour rembourser leurs dettes que pour la santé de leurs citoyens et l'éducation de leurs enfants. Cela ne signifie pas que les pays en développement n'ont pas de responsabilité en matière de réforme, de lutte contre la corruption et de construction des institutions. Mais il faut un ordre économique international plus équitable et juste qui leur donne de véritables opportunités de se développer. Monsieur le Président, notre responsabilité partagée se manifeste également dans les transformations que connaît notre monde. Les changements climatiques menacent les vies et les moyens de subsistance de millions de personnes. Les pays qui ont le moins contribué au réchauffement climatique en sont les plus touchés. Il faut donc une adaptation des financements et un transfert de technologie équitable. Et dans le même temps, la révolution de l'IA créer de nouvelles perspectives de progrès dans différents domaines, mais cela présente également des défis pour l'avenir du travail, des droits humains et des libertés fondamentales. Cela nous incite à placer l'être humain et la confidentialité au cœur de cette transformation dans le cadre de la gouvernance internationale. Et dans le même temps, il ne doit pas y avoir de fracture de l'IA qui s'ajoute encore aux inégalités de richesse et de développement. Rétablir la confiance impose que chaque personne ait le sentiment que le droit la protège et que le développement ne l'exclut pas, que le progrès ne la laisse pas sur le bas-côté. Monsieur le Président, si rétablir la confiance est un défi que doit relever le monde aujourd'hui, pour le Liban, ce n'est pas un simple mot d'ordre, tout comme gérer la transformation n'est pas une question facultative. C'est l'essence même de la mission que nous devons remplir pour notre peuple, pour nos frères arabes, pour le monde entier, et ce, personnellement, pour le jour où j'ai assumé ma fonction de président, j'ai assumé la présidence plutôt du gouvernement libanais. Plusieurs défis se sont posés. Il fallait retrouver la confiance du peuple après l'effondrement financier, l'explosion du port de Beyrouth et les tragédies que cela a engendrées. Deuxièmement, il fallait réformer le processus décisionnel pour que personne ne soit au-dessus de la loi et qu'aucune arme ne soit en dehors de la loi et qu'aucune décision ne soit prise en dehors du processus décisionnel. Ensuite, il fallait rétablir la souveraineté sur le territoire face à Israël grâce à l'application de l'accord tripartite et des résolutions qui concernent le Liban. Et parmi ces résolutions, il y a la 1701 qui demeure à cette date un point de référence fondamental qui régit les relations entre le Liban et Israël et des une législation, une réforme, libération des territoires, voilà ce que mène le Liban. Et ce ne sont pas trois défis séparés, ce sont les trois aspects d'une même question. Restaurer un État dans lequel ses citoyens ont confiance, qui est maître de ses décisions et qui exerce sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. Monsieur le Président, tout d'abord, la confiance que nous entendons restaurer n'est pas une simple confiance dans des mots, mais dans une institution qui protège les droits, dans un système judiciaire qui garantit la justice, dans une économie qui restaure la prospérité pour les populations et qui donne aux jeunes la possibilité d'avoir un avenir meilleur. Nous ne pouvons rétablir la confiance sans rappeler l'explosion du port de Beyrouth. Les blessures du 4 août sont des plaies ouvertes. qui ne peuvent guérir sans vérité, justice et redevabilité. Et cela adviendra inévitablement. Certains pourraient penser que notre gouvernement n'a pas encore réalisé toutes ses promesses, et nous ne disons pas que la tâche est accomplie. Mais n'oublions pas l'ampleur de ce dont nous avons hérité: des institutions paralysées, une administration publique dans une situation désastreuse, une économie sans croissance et un État affaibli par des décennies de crises et d'ingérence étrangère. Et toutefois, nous n'avons pas invoqué ces difficultés pour ne pas honorer nos engagements. Nous n'abandonnerons pas ces engagements, le Liban a engagé. des réformes sur plusieurs fronts. Tout d'abord, la revitalisation de l'administration publique, le renforcement de l'indépendance du système judiciaire, la modernisation de la législation sur les médias et l'abolition de la peine de mort. Nous œuvrons pour l'achèvement des réformes financières aux fins de restaurer l'ordre dans le système financier et rétablir les dépôts. et ce afin de parvenir à un accord avec le FMI, lequel est indispensable pour restaurer la confiance internationale dans le Liban et afin de garantir les financements de la part des partenaires régionaux et internationaux pour faciliter le relèvement économique et la reconstruction. Dans le cadre de la réforme, nous ne demandons pas simplement au peuple réaccorder sa confiance à l'État, mais au contraire, nous cherchons à reconstruire un État qui mérite la confiance de son peuple. Deuxièmement, un État ne retrouve pas la confiance de ses citoyens simplement par des réformes, mais en retrouvant son processus décisionnel. Et dans cet esprit, nous n'avons pas simplement affirmé le principe selon lequel les armes devaient être exclusivement aux mains de l'État. Non seulement nous avons fait ça, non seulement nous avons dit que la décision pour la paix et la guerre relevait de l'institution constitutionnelle, mais nous avons traduit cet engagement dans des décisions du Conseil des ministres en septembre de l'année dernière et en mars Alors que le Liban s'était trouvé dans une guerre qu'il n'avait pas choisie, laquelle lui avait été imposée en dépit des avertissements que nous avions lancés maintes fois quant au fait que nous pouvions être attirés dans cette guerre, alors que la guerre dans la région s'étend et que. Il y a de nombreuses initiatives pour y mettre fin. Pour nous, il y a un principe qui n'est non négociable. Personne ne s'exprime pour le Liban ou ne négocie en son nom, à l'exception de l'État libanais, et ce, par le biais de ses institutions constitutionnelles. Il est vrai que le Liban est touché par les évolutions dans son environnement. Le Liban, comme je le disais, est touché par les évolutions dans la région, mais pour autant, le Liban ne doit pas devenir une arène pour les conflits d'autres peuples ou ne doit pas être un pion pour les négociations d'autres. L'avenir du Liban ne sera pas décidé par d'autres. Sa sécurité et sa stabilité ne doit pas être le prix d'accords pris en son absence. Troisièmement, notre position sur la guerre est claire. Elle doit cesser. Nous souhaitons un cessez-le-feu. Israël doit se retirer du territoire libanais suivant les frontières internationalement reconnues, conformément à l'accord d'armistice de 1949, réaffirmé par la résolution 1701. Nous souhaitons la libération de tous nos détenus. le retour sûr et digne de nos populations dans leurs villages et villes, et la reconstruction de ce qui a été détruit par la guerre. Et c'est dans cet esprit que l'État libanais est entré en négociations avec Israël, sous l'égide des États-Unis d'Amérique et de son président, que nous remercions. et ce afin de parvenir à un accord qui garantirait la fin de la guerre et le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban. La souveraineté à laquelle nous sommes attachés est indivisible. Israël doit se retirer de l'ensemble du territoire libanais. L'autorité de l'État libanais doit couvrir par ses pouvoirs l'ensemble du territoire et seul l'État doit être en possession des armes. Et c'est sur la base de ces deux principes et sur les principes de réciprocité et de mise en œuvre progressive que l'accord tripartite a été obtenu et qui est la base des négociations. Toutefois, la réussite d'un accord ne se mesure pas à l'aune d'intentions, mais à l'aune de la mise en œuvre des engagements pris. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, c'est de terminer la transposition de ce cadre en mesures concrètes, avec des échéances claires et un mécanisme de vérification qui garantisse la mise en œuvre de toutes ces dispositions. Monsieur le Président, je souhaite, dans ce cadre, rendre hommage au rôle que joue la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL, et j'appelle et je remercie ses dirigeants, son personnel, de son courage, de son sacrifice pour appuyer la stabilité et appuyer les forces armées libanaises et la mise en œuvre de la résolution 1701. Je remercie très sincèrement tous les pays qui ont mis à disposition leurs forces. Nous avons pris bonne note de la résolution 2790 du Conseil de sécurité de 2025, qui qui décidait que la FINUL devait terminer ses activités à la fin de cette année, qu'il fallait entamer un retrait progressif. Ils ont prié également le Secrétaire général de réfléchir à des options pour permettre la mise en oeuvre de la résolution 1701 par la suite. Il faut éviter aujourd'hui qu'il n'y ait un vide qui soit créé par le retrait des forces de la FINUL. sans qu'il n'y ait d'accord sur les forces internationales pour le remplacer. Cette force internationale devrait assurer la continuité du suivi, des rapports et des fonctions de communication et compléter les exigences imposées par la mise en oeuvre de l'accord du cadre tripartite. Monsieur le Président. Retrouver nos terres, ça ne signifie pas simplement le retrait des forces d'occupation, mais le retour aussi des populations et le retour à la vie des villages et des villes. La guerre a causé une large crise humanitaire au Liban, a entraîné des destructions très larges des logements, des installations publiques, des infrastructures et a privé de grands pans de la société libanaise de leur logement et de leurs moyens de subsistance. Nous remercions les entités de l'ONU et les partenaires internationaux des efforts déployés et de leur contribution humanitaire. Nous appelons toutefois à des financements plus avant pour répondre aux besoins essentiels de ceux qui sont touchés, notamment les personnes déplacées, en parallèle de ce qui est nécessaire pour un relèvement rapide, une reconstruction et un développement. La reconstruction du Sud n'est pas simplement la reconstruction du bâti, mais la reconstruction des vies, des moyens de subsistance et la restauration du droit de vivre dans la sécurité et la dignité sur ses terres. Monsieur le Président, le Liban, qui s'exprime face à vous aujourd'hui, ne rechigne pas à exécuter ses responsabilités, ne demande pas à d'autres de faire ce qu'il a le devoir de faire lui-même. Nous assumons nos responsabilités en matière de réformes et s'agissant de l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire. Mais nous avons le droit de demander à la communauté internationale d'assumer ses responsabilités, de garantir le respect de la souveraineté du Liban et la mise en œuvre des résolutions relevant de la légitimité. de la légalité internationale. Monsieur le Président, il ne peut y avoir de stabilité durable au Liban sans stabilité durable dans la région. Il ne peut y avoir de stabilité dans la région tant que cette organisation demeure incapable de permettre au peuple palestinien d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination, comme tous les autres peuples du monde, ni plus ni moins. Et cela alors même que des dizaines de résolutions ont été adoptées par l'Assemblée et le Conseil de sécurité, lesquelles ont jeté des bases claires pour cet effort, sans oublier bien sûr l'initiative de paix arabe. Quant à la tragédie de Gaza, une plaie ouverte, cela a mis à l'épreuve la conscience du monde et ses institutions. Et nous ne pouvons contourner cette question. Le tarissement des financements de l'ONU et les menaces qui planent sur son mandat ne revient pas à effacer les droits des réfugiés palestiniens, même si cela aggrave leurs souffrances. Au contraire, cela rappelle qu'il faut trouver une solution juste et durable. Et cela, dans le même temps, impose un fardeau aux pays qui les accueillent, notamment le Liban. Concernant la sécurité dans la région, il importe de renouveler la solidarité avec les États du Golfe et la Jordanie face aux agressions de l'Iran qui menacent la sécurité de la région et la liberté, la sécurité de la navigation maritime dans la région. Les effets, les conséquences de ces attaques ne se limitent pas aux lieux d'affrontement, mais concernent également les lieux de circulation de marchandises, notamment pour l'alimentation et l'énergie. Monsieur le Président, en conclusion, j'aimerais revenir au thème de cette session de l'Assemblée générale: rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous. En vérité, nous ne pouvons appeler aux États du monde, appeler les États du monde à changer leur comportement sans changer notre organisation afin qu'elle puisse produire ces résultats et retrouver la confiance des peuples du monde. La réalité, c'est que le monde a profondément évolué depuis 1945. Les États membres de l'ONU sont quatre fois plus nombreux aujourd'hui. Le colonialisme a pris fin, l'Afrique a connu un essor, l'Asie s'est transformée, de nouvelles puissances ont émergé. L'équilibre de l'économie mondiale a changé, mais la structure fondamentale du Conseil de sécurité demeure prisonnière d'un instant historique qui remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Afrique et le monde arabe ne peuvent ne pas être représentés avec un siège permanent au Conseil. Les États de taille intermédiaire et de petite taille ne peuvent pas être de simples spectateurs des décisions qui concernent leur sécurité et leur avenir. La réforme du Conseil est une question complexe, nous le savons. Mais la difficulté de la réforme ne saurait être un argument plaidant contre la nécessité de celle-ci. Au contraire, la réforme des Nations unies doit commencer au Conseil de sécurité. En effet, c'est celui-ci qui assume la responsabilité première du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Je souhaite donc ajouter la voix du Liban à celle de la majorité des États membres de cette organisation qui appelle à davantage de sièges pour le Conseil pour garantir une représentation plus inclusive et équitable. Nous sommes réalistes et nous n'appelons donc pas à l'abolition du droit de veto, mais nous appelons à restreindre son utilisation lorsque sont commis des génocides, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des violations graves du droit international humanitaire. Nous appelons instamment à la réforme de l'ONU parce que nous souhaitons que celle-ci soit plus représentative, démocratique et efficace. Une organisation qui soit fidèle aux buts et principes de sa charte, mais qu'elle se renouvelle afin qu'elle puisse être à la hauteur des défis de notre monde en pleine transformation et qu'elle réponde aux aspirations de nos peuples et de leurs jeune génération. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président du Conseil des ministres du Liban. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Christophe Mirman, ministre d'État et chef du gouvernement de la Principauté de Monaco. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le président de l'Assemblée générale, Monsieur le secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs. Celui qui se tient devant vous est le représentant du plus petit Etat membre de cette organisation, par sa superficie, et l'un des plus petits par sa population. 2 km2 à peine, adossé à la Méditerranée, voilà mon pays. Et pourtant, dans cette enceinte, il n'existe ni petits ni grands Etats. Ici, Chacun des 193 membres dispose d'une voix, d'une seule et de la même. Ici, la Charte ne connaît que des États égaux en souveraineté, égaux en droits, mais aussi, je veux le dire avec force, égaux en responsabilités. Car l'égalité que notre organisation nous confère n'est pas un privilège dont on jouit, c'est une charge que l'on porte. Cette charge, c'est notre devoir commun et singulier, la défense du droit et du multilatéralisme, commun parce qu'aucun Etat, si puissant soit-il, ne peut seul préserver la paix ni répondre aux périls planétaires. Singulier parce que chacun doit l'assumer à sa place, sans s'en remettre à d'autres du soin de tenir la promesse de San Francisco. C'est ce message que Son Altesse Sérénissime, le prince Albert II, souverain de Monaco, m'a chargé de porter à cette tribune, avec son salut de confiance et d'amitié. Monsieur le Président, la Principauté de Monaco vous adresse ses sincères félicitations pour votre élection à la présidence de cette 81e session, dont vous avez placé les travaux sous un thème qui nous oblige: "Restaurer la confiance, accompagner les transformations, une ONU au service de tous". Vous pouvez compter sur le plein soutien de mon pays. Et je salue également M. Antonio Guterres, secrétaire général, qui achève un 2nd mandat exercé dans des circonstances d'une exceptionnelle gravité. Pourquoi un Etat tel que le mien tient-il si fermement au droit international? La réponse vaut pour tous. Lorsque la force prétend faire le droit, ce sont les plus petits qui sont les premiers menacés. Lorsque le droit encadre la force, l'humanité tout entière est protégée. L'égalité souveraine des Etats, la parole donnée, le règlement pacifique des différends ne sont donc pas des abstractions. Ils sont notre première protection et la vôtre, avec l'équilibre voulu par la Charte entre ces trois piliers: la paix et la sécurité, le développement, les droits de l'homme. Cette protection, pourtant, est aujourd'hui assaillie. Le réarmement s'accélère sur tous les continents. Le recours à la force redevient pour certains un instrument de politique comme un autre. Le commerce se fragmente et une course aux ressources critiques est engagée. Le secteur privé lui-même s'affirme comme un acteur des rapports de force. Nous voici entrés dans l'ère de la géoéconomie, et sur ce terrain prospère la désinformation, qui minent la confiance envers leurs institutions et jusqu'à la vérité des faits. Or, jamais depuis 1945, notre conviction n'a été soumise à plus rude épreuve. En Ukraine, au Proche-Orient, au Soudan, au Sahel, dans tant de théâtres oubliés des regards, des populations civiles paient le prix des conflits qui s'affranchissent des règles les plus élémentaires de l'humanité. Et jamais depuis 1945, la légitimité même des États et des instances multilatérales comme celle-ci n'a été plus contestée. Face à ce péril, rappelons notre mission avec Dag Hammarskjöld, deuxième secrétaire général. L'ONU n'a pas été créée pour conduire l'humanité au paradis, mais pour la sauver de l'enfer. Voilà la mesure exacte de notre tâche. Et voilà pourquoi nous n'avons pas le droit de renoncer. En Ukraine d'abord. Voilà bientôt cinq ans qu'un État membre permanent du Conseil de sécurité mène une guerre d'agression contre un État souverain, en violation flagrante de la Charte. Dès les premières heures, Monaco a condamné cette agression sans ambiguïté ni réserve. Nous avons voté chacune des résolutions de cette Assemblée exigeant le retrait des forces russes. Nous avons adopté toutes les mesures restrictives alignées sur celles de l'Union européenne, et nous avons apporté notre concours humanitaire au peuple ukrainien et accueilli des personnes déplacées par la guerre. Notre soutien est indéfectible et il le demeurera. Monaco ne reconnaîtra aucune annexion de territoire obtenue par la force, y renoncer pour un seul Etat reviendrait à l'abandonner pour tous. La Principauté salue les efforts diplomatiques en cours et forme le vœu qu'ils aboutissent à une paix juste, globale et durable, respectueuse de la souveraineté de l'Ukraine et de son intégrité territoriale. Au Proche-Orient ensuite, Monaco a accueilli avec un profond soulagement le cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza et la libération des otages. Rien ne justifiera jamais les actes de terreur du 7 octobre, mais rien ne saurait davantage justifier le prix payé par la population civile de Gaza. La Principauté appelle toutes les parties à consolider le cessez-le-feu, à en respecter chaque phase et à garantir un accès humanitaire massif, sûr et sans entrave. Elle soutient l'effort de reconstruction de Gaza et s'inquiète des violences qui se poursuivent en Cisjordanie, dans les territoires occupés, et qui bafouent les droits de l'homme et déshonorent les valeurs démocratiques. Notre conviction est constante. Il n'existe pas d'autre horizon qu'une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité intérieure, au sein de frontières sûres et reconnues. Toute politique qui s'éloigne de cet horizon, la colonisation comme la terreur, éloigne la paix. Au Liban également, Monaco soutient les efforts de désescalade et appelle toutes les parties à honorer leurs engagements, au premier rang desquels la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Le peuple libanais a droit à un État pleinement souverain en paix sur l'ensemble de son territoire. Dans le golfe Arabo-Persique, enfin, les tensions autour de l'Iran demeurent une source de vive inquiétude. Monaco s'incline devant toutes les victimes civiles du conflit et redit sa solidarité avec les pays du Golfe touchés par les attaques. Là encore, seule la négociation permettra un accord global sur le programme nucléaire iranien et préviendra une nouvelle escalade. Au-delà de ces crises, Monaco continuera de prendre sa part à la coopération internationale, concentrée sur les pays les moins avancés, par son appui au Comité international de la Croix-Rouge, au Haut-Commissariat pour les réfugiés et au Programme alimentaire mondial, par un effort d'aide au développement orienté vers la santé, l'éducation et l'autonomisation des femmes et des filles. Restaurer la confiance suppose aussi de transformer l'organisation elle-même. Monaco soutient l'initiative ONU80, une organisation plus simple, plus lisible, plus économe et plus proche du terrain. Encore faut-il lui en donner les moyens. Mon pays, qui s'acquitte intégralement et ponctuellement de ses contributions, appelle chacun à honorer les siennes. Mais cette étape utile demeure insuffisante au regard des mutations à affronter. C'est pourquoi Monaco appelle de ses voeux de véritables États généraux des Nations unies pour repenser, à compter de 2030, l'architecture de notre système, en y associant les secteurs public et privé, la société civile et les pôles éducatifs et culturels. Simplifier les procédures, prévenir la duplication des mandats, conforter les agences spécialisées, les centres régionaux et le secrétariat, garantir aux petits Etats une véritable inclusivité, voilà le chantier. Le temps du droit est patient. Cette patience ne saurait pourtant se confondre avec l'immobilisme. Dans le même esprit, la Principauté est favorable à une réforme du Conseil de sécurité qui le rende plus représentatif du monde, de ses réalités, tout en préservant sa capacité d'agir, ainsi que la revitalisation de cette Assemblée, la maison de l'égalité des États. Cette session sera enfin celle du choix de la prochaine ou du prochain secrétaire général. Monaco plaide pour un processus transparent, inclusif et exigeant. Après 80 ans, la Principauté forme le vœu que les candidatures de femmes soient sérieusement considérées L'organisation s'honorerait de démontrer à son sommet l'égalité qu'elle proclame. Mesdames et messieurs, il est un domaine où la confiance multilatérale a récemment produit des résultats tangibles, et il est cher au cœur de Son Altesse Sérénissime, le prince Albert II, l'océan. L'entrée en vigueur de l'accord sur la biodiversité maritime des zones situées au-delà de la juridiction nationale que Monaco a signé et ratifié parmi les premiers, est une victoire du droit sur l'appropriation de la coopération sur la prédation. Il nous appartient de transformer ces engagements en actes, protéger 30 % de l'océan d'ici à 2030, conclure enfin un instrument ambitieux et contraignant contre les pollutions plastiques et observer la plus grande précaution à l'égard de l'exploitation minière des grands fonds marins. L'océan n'est la propriété de personne, il est la responsabilité de tous. Monaco continuera de prendre sa part à un combat vital en s'appuyant sur la science, seule boussole universelle. Et ce qui vaut pour l'océan vaut pour le climat. L'accord de Paris demeure notre cadre commun. Monaco tiendra ses engagements. réduction de 67,6 % de ses émissions d'ici à 2035, neutralité carbone en 2050. La Principauté appelle chaque pays à rehausser l'ambition de ses contributions nationales et à ne pas abandonner les États insulaires et côtiers les plus vulnérables. Car la crise climatique n'est plus une menace lointaine. Vagues de chaleur, incendies et inondations se multiplient. Et la Méditerranée qui borde mon pays a connu en 2025 sa deuxième température de surface, la plus élevée jamais enregistrée. Et parce que la science est mise à l'épreuve, rappelons avec mon souverain à la COP30 de Belém qu'elle n'a jamais été aussi sûre, aussi accessible et aussi claire. À 4 ans de l'échéance de 2030, l'Agenda du développement durable ne doit pas devenir le monument de nos promesses non tenues. Regardons avec lucidité ce bilan. Les Etats seuls ne peuvent plus tout porter. Il nous faut un cadre de coopération renouvelé avec ceux qui créent la richesse et façonnent l'innovation, les entreprises au premier rang, comme avec la société civile. Enfin, préparer l'avenir et faire en sorte qu'il bénéficie à tous, implique de maîtriser les transformations technologiques. L'intelligence artificielle ouvre des perspectives immenses pour le développement humain. Elle emporte aussi des risques réels. Le dialogue mondial sur sa gouvernance, réuni cette année à Genève, l'a confirmé. Ces technologies doivent demeurer au service de l'humanité et les Nations unies ne peuvent en rester spectatrices. Monaco soutient la mise en œuvre du pacte numérique mondial et l'émergence d'un cadre normatif international de l'intelligence artificielle fondé sur le droit et des principes éthiques partagés, respectueux des droits de l'homme et accessibles à tous les Etats. La Principauté appelle enfin à une coopération renforcée face aux cybermenaces et à des transitions inclusives, comme entre les Etats et au sein de nos sociétés. Monsieur le Président, recevant le prix Nobel de littérature, le grand écrivain français Albert Camus définissait ainsi la tâche de sa génération. "Elle ne referait pas le monde", disait-il, "mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse." Cette tâche est aujourd'hui la nôtre, empêcher que le monde se défasse. que le droit se défasse sous les coups de la force, que la confiance se défasse sous l'effet du soupçon, que la planète se défasse sous le poids de notre négligence. La confiance ne se décrète pas, elle se mérite, acte après acte, engagement tenu après engagement tenu. C'est la seule grandeur à laquelle un Etat comme le mien puisse prétendre, et c'est celle qu'il revendique, la constance. Mesdames et messieurs, au nom de Son Altesse sérénissime le prince Albert II, je redis l'engagement de la Principauté de Monaco envers l'Organisation des Nations unies, envers sa Charte et envers l'idéal qui l'a fait naître: épargner aux générations futures le fléau de la guerre et bâtir ensemble une maison commune où le plus petit des Etats a toute sa place parce que le droit y protège chacun. Cette promesse ne sera tenue que par la force du droit et non par le droit de la force. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le ministre d'État et chef de gouvernement de la Principauté de Monaco. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Hilda Heine, présidente de la République des îles Marshall. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences. Je pose à chaque nation ici présente la question suivante: sommes-nous toujours disposés à travailler ensemble? Les principes énoncés dans la Charte des Nations unies, que chacun d'entre nous a réaffirmés, sont aujourd'hui mis à l'épreuve, non pas par des arguments, mais par la négligence ou la mauvaise volonté. La crédibilité et l'efficacité des institutions multilatérales sont indispensables pour les petites nations. Il est grand temps de mieux traduire l'urgence exprimée dans les déclarations politiques et les résolutions en résultats, et non en simples redites. C'est à la lumière de notre propre expérience que nous soulignons l'importance d'agir ensemble. Une institution qui prend des décisions collectivement doit également rendre des comptes collectivement. Monsieur le Président, il est grand temps que l'Organisation des Nations Unies réfléchisse et renoue avec l'esprit qui animait notre peuple Marshallais lors de son arrivée à l'ONU, en présentant des excuses et en reconnaissant les préjudices causés par les 67 essais nucléaires menés sur nos îles alors que nous étions un territoire sous tutelle stratégique de l'ONU. entre 1946 et 1958. La mission sacrée de la tutelle des Nations Unies, qui consistait à garantir notre bien-être, a été compromise par ces essais et l'absence de reconnaissance reste un manquement moral. Depuis des générations, nos familles témoignent des déplacements, des maladies, de la contamination et des pertes subies, autant d'atteintes à nos droits humains fondamentaux. Comme le diraient nos survivants, je cite: "C'est une chanson qui était chantée bien trop souvent." Fin de citation. C'est dans ce bâtiment même que le Conseil de tutelle des Nations unies s'est réuni et a voté les résolutions 1082 et 1493 en 1954 et 1956 respectivement, afin d'autoriser la poursuite des essais nucléaires au mépris des revendications de nos dirigeants locaux et de nombreux citoyens. Les Nations Unies ont finalement autorisé la poursuite des essais, mais le choc et la tragédie liés à l'exposition aux radiations nucléaires dans les îles Marshall ont été un moteur déterminant de l'interdiction mondiale des essais nucléaires atmosphériques adoptée en 1963. Nous reconnaissons les actions en cours, le dialogue et l'héritage complexe de l'autorité administrative des Nations unies, à savoir les États-Unis. Mais le rôle des Nations unies ne saurait être passé sous silence. Pour nous, ainsi que pour d'autres États, ces excuses sont une occasion de réfléchir au passé et d'apporter un apaisement, de permettre une réconciliation aux peuples des îles Marshall. Nous n'avons pas d'autre objectif que de veiller à ce que les Nations unies agissent mieux à l'avenir. Monsieur le Président, alors que nous sommes confrontés à un monde où les scientifiques nous indiquent qu'il est de plus en plus probable que nous allons dépasser la limite des 1,5 degré Celsius convenu à Paris, nous devons tous prendre conscience de la situation et agir. Nous devons désormais nous attacher à minimiser ce dépassement, à raccourcir la durée pendant laquelle nous resterons au-dessus de 1,5 degré Celsius et à tout faire pour revenir en arrière. Alors que nous nous réunissons aux Tuvalu, aux Fidji et en Turquie pour la pré-COP et pour la COP sur le climat de cette année, notre réponse à la menace de dépassement doit être sans équivoque. Une transition accélérée vers l'abandon des combustibles fossiles est la seule réponse logique. Poursuivre les investissements dans les combustibles fossiles est non seulement immoral, mais en plus cela n'a pas de sens. Il existe des technologies qui fournissent une énergie sûre, stable et sans émission. Nous les utilisons dans mon propre pays où, au cours des 18 prochains mois, les énergies renouvelables réduiront de 88 % de la consommation de combustibles fossiles, permettant ainsi à de nombreuses personnes d'accéder à l'électricité pour la première fois. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et réduire la production et la consommation de combustibles fossiles à un rythme rapide. Cela vaut également pour le transport maritime. Nous avons l'occasion, au sein de l'Organisation maritime internationale, d'adopter des réglementations contraignantes qui mettront le transport maritime international sur la voie d'un objectif zéro émission nette d'ici 2050 et généreront les recettes nécessaires pour garantir une transition juste et équitable. Monsieur le Président. Les dénégations, les retards qui ont ralenti la transition vers l'abandon des combustibles fossiles font des pays comme le mien, qui sont déjà confrontés à de graves défis, des pays encore en plus grande difficulté. Nous avons élaboré notre plan national d'adaptation en collaborant avec les différents ministères, avec notre population, mais cela prend du temps et ça coûte beaucoup d'argent, alors même que nous voyons des écoles détruites par la montée des eaux. L'eau salée empoisonne nos puits et des épidémies liées aux changements environnementaux. Il faut remédier à cette injustice. Nos communautés méritent réparation. Les îles Marshall, ainsi que les populations vulnérables partout dans le monde, ont besoin d'un financement suffisant, opportun et accessible pour l'adaptation, ainsi que pour faire face aux pertes et aux dommages. Ceux qui se sont enrichis au détriment du plus grand nombre doivent maintenant payer. Nous avons créé des institutions locales prêtes et disposées à agir, comme par exemple le Pacific Resilience Facility, une plateforme gérée au niveau régional, ainsi que le Fonds fiduciaire pour l'adaptation et la résilience des îles Marshall, qui sont conçus pour permettre aux donateurs d'appuyer nos efforts d'adaptation. Monsieur le Président, cette crise peut nous diviser ou prouver que nous restons tous déterminés à atteindre des objectifs communs. Cette semaine, les îles Marshall ont réuni la coalition des grandes ambitions, un groupe diversifié de pays engagés à apporter une réponse rigoureuse à la crise climatique. Nous sommes unis et convaincus que les meilleures données scientifiques disponibles doivent orienter nos décisions. Il est essentiel de limiter la hausse de la température à 1,5 degré Celsius. Il faut garantir une transition urgente vers l'abandon des combustibles fossiles. Et il faut un financement climatique adéquat et accessible, en particulier pour l'adaptation face aux pertes et aux dommages. En tant que nation insulaire de faible altitude, l'élévation du niveau de la mer est pour nous une réalité immédiate et brutale. réunion de haut niveau des Nations unies sur l'élévation du niveau de la mer a permis de parvenir à une nouvelle compréhension en matière de droit international. Ce sont les mers qui montent autour de nous et nos îles qui s'enfoncent. Nos frontières, nos lignes de base actuelles, l'empreinte politique sur la carte résisteront face à des scénarios de hausse brutale du niveau de la mer. Notre stabilité collective et notre sécurité, en tant que membre du Forum des îles du Pacifique et en tant qu'État membre de l'Organisation des Nations unies, seront désormais mieux prises en compte. En tant que nation atollique, nous savons qu'il faut agir bien davantage, et nous le faisons. Confrontés à la montée des eaux sur nos côtes les plus vulnérables, nous avons achevé la semaine dernière la digue d'Ebeye, des travaux de protection côtière de 1,8 km, construits avec le soutien de la Banque mondiale, du Fonds vert pour le climat et grâce à nos propres ressources. Conçue pour faire face à la montée du niveau de la mer, cette infrastructure protège désormais 8 400 personnes ainsi que des infrastructures énergétiques essentielle. Elle réduit les pertes annuelles liées aux inondations côtières et sert de base à un développement futur résilient sur Ebeye, notamment pour les écoles, les logements ainsi que un projet d'hôpital, tout en offrant un espace public sûr qui renforce le bien-être de la communauté. Son coût est de 75 millions de dollars. Sa construction a nécessité 70 000 tonnes de roche et a pris plus d'une décennie. et il ne s'agit là que d'une île parmi plus d'un millier. Nous prenons des mesures et nous avons un besoin urgent de partenariats renforcés pour mieux protéger nos îles avant que la montée du niveau de la mer ne nous submerge. Monsieur le Président, mon pays souligne l'importance du droit de la mer en tant que pilier juridique essentiel de notre avenir. Avant même de devenir membre de l'ONU, nous nous sommes battus avec détermination, à la fois pour participer aux négociations de l'ONU sur le droit de la mer et pour inscrire ensuite ces droits dans notre constitution. Les dirigeants des îles du Pacifique, ainsi que ceux de tous les petits États insulaires en développement, ont défini chaque étape multilatérale majeure concernant les océans et la pêche. Et nous continuerons à le faire. En tant que peuples de la mer, les conséquences d'une mauvaise gestion se font pas sentir à distance, mais de manière immédiate, en particulier dans le Pacifique Nord. Tant au sein de l'Autorité internationale des fonds marins que dans le cadre d'actions unilatérales. Collectivement, les peuples et les voix de Micronésie doivent être entendus. Nous sommes rejoints par Guam, les îles Mariannes du Nord, les États fédérés de Micronésie et les Palaos pour exprimer notre inquiétude face aux activités d'exploitation minière des fonds marins, dont les décisions sont prises avant que leurs conséquences ne soient bien comprises et pour lesquelles des garanties adéquates restent à définir. Les Îles Marshall se joignent aux 45 pays qui ont demandé un moratoire sur l'exploitation minière des fonds marins. Des réglementations responsables qui reposent sur la science doivent être mises en place. Agir à l'aveuglette en ce qui concerne les océans est plus que dangereux. On n'a pas de deuxième chance. Les îles Marshall attendent avec impatience la première conférence des parties à l'accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales afin de travailler au-delà des cloisonnements pour faire progresser la protection en mer. Nous appelons de tout cœur à une large ratification de cet accord. Les îles Marshall se réjouissent à l'idée de soutenir son secrétariat au sein d'un pays hôte engagé à faire respecter le droit de la mer, tant par principe que par la loi, par les paroles et par les actes. Monsieur le Président, trop souvent, le terme géopolitique est considéré comme se référant uniquement aux volontés des superpuissances et non à la réalité de notre situation fragile. En tant que région composée d'États insulaires vulnérables, nous définissons à juste titre nos propres priorités en matière de sécurité et celles-ci touchent tous les secteurs, rendant inaccessible un avenir sûr pour nos plus jeunes générations. Alors que les coûts du carburant et de l'énergie augmentent au-delà de notre capacité à y faire face, répercussions des jeux de pouvoir à l'autre bout du monde sont décuplées dans nos petites économies isolées. La communauté internationale n'écoute pas suffisamment les PIDs et elle ne réagit pas assez rapidement. Trop souvent, les solutions proposées aux nations insulaires semblent ignorer leurs problèmes. Les îles Marshall sont confrontées à des difficultés complexes dans la mise en œuvre des ODD, mais Nous nous engageons de toutes nos forces à veiller à ce qu'il n'y ait aucun laissé pour compte. Notre planification nationale est désormais étroitement liée aux objectifs et aux cibles des ODD et nos actions témoignent de notre engagement. Nous avons mis en place une aide directe aux groupes vulnérables, notamment les mères. Nous avons œuvré en faveur du développement de la petite enfance. Nous venons également en aide à l'ensemble de la population nationale grâce à un revenu complémentaire trimestriel et à un meilleur accès aux outils financiers numériques. Nos aspirations doivent être mieux accompagnées dans des partenariats par les investissements adaptés à l'échelle des îles et des innovations politiques. Je tiens à souligner le besoin immédiat d'un soutien en matière de capacité de collecte de données afin de mesurer les progrès réalisés par les PID. Si nous ne pouvons pas évaluer les ODD, nous ne pouvons pas corriger le cap, le cas échéant. Les îles Marshall réaffirment la position exprimée récemment dans le communiqué du Forum des îles du Pacifique concernant la Papouasie occidentale, y compris l'invitation adressée en 2018 par l'Indonésie au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Les îles Marshall se félicitent vivement des appels récents en faveur d'un sommet ministériel entre l'Azerbaïdjan et le Forum des îles du Pacifique afin de faire avancer l'accord de 2023. Nos deux régions peuvent faire front commun en tant que voisins et amis. Les îles Marshall réaffirment leur soutien de longue date au Japon ainsi qu'à ses partenaires du G4 en vue de l'obtention d'un siège permanent au Conseil de sécurité. Les îles Marshall expriment leur profonde inquiétude face à l'intensification des efforts visant à diffuser de dangereuses fausses informations dans les salles de l'ONU. Taïwan et ses 23 millions d'habitants constituent une réalité objective et seul son gouvernement démocratiquement élu peut la représenter. Il faut trouver des moyens appropriés pour permettre à Taïwan de participer de manière substantielle aux réunions de l'ONU si l'on veut que l'organisation soit véritablement inclusive et efficace. dans les années à venir. On pourra faire croire à chaque nation ici présente que toute agression ou coercition à l'encontre de Taïwan relève d'une affaire interne, justifiée d'une manière ou d'une autre par une ancienne résolution de l'ONU relative à la répartition des sièges, une résolution qui ne fait même pas référence à Taïwan. Au cours des prochaines années, on pourra entendre qu'il est peut-être futile pour une petite nation de résister à une plus grande et que la force fait le droit. quel que soit les règles en vigueur. Nous subirons tous des pressions pour accepter des discours fallacieux selon lequel la résolution 2758 de l'assemblée générale servirait de prétexte juridique au titre de la charte des Nations Unies à la coercition, à la guerre, portant atteinte à la liberté de navigation sur l'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde. On nous demandera poliment ou pas, de fermer les yeux et de détourner le regard. Il est essentiel que chaque nation ici présente, y compris nos partenaires proches dans notre propre région, sache que l'apaisement ne satisfait jamais les ambitions plus larges d'un agresseur. et que les avant-goûts ne suffisent jamais. La manière dont l'ONU abordera ce dilemme de sécurité constituera un test de sa pertinence. Les îles Marshall restent fermement déterminées à s'investir dans cette organisation multilatérale, en ayant pleinement conscience de ses frustrations et de ses erreurs graves. Il y a deux ans, j'ai conclu mon intervention en citant un proverbe Marshallais, "Wod in kanol". qui décrit le récif corallien où différentes espèces de poissons se rassemblent pour se nourrir et trouver refuge. Aujourd'hui, nous sommes non seulement appelés à redynamiser cette institution vieille de 81 ans et née des cendres d'un conflit mondial, mais nous sommes également mis au défi de faire face aux complexités d'un monde qui évolue rapidement. L'ONU doit continuer à incarner notre principal « word in canol » afin de garantir à ce qu'il n'y ait aucun laissé pour compte.
Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je remercie la présidente de la République des îles Marshall. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Robert Abela, Premier ministre de la République de Malte. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, chers amis, le thème choisi pour cette année de la session de l'Assemblée générale est rétablir la confiance, gérer la transformation. Et je pense que c'est vraiment le thème le plus approprié pour orienter nos discussions cette année. La confiance, ou plutôt le manque de confiance, est le plus grand défi que doit relever notre monde. L'érosion de la confiance dans nos sociétés est profonde. Alors que les populations étaient en avaient une certaine confiance, elles sont aujourd'hui en proie à la défiance, défiance envers les gouvernements, défiance envers les institutions, défiance envers les entreprises et même, bien trop souvent, défiance les uns envers les autres. Je parle de défiance et non pas de scepticisme. Le scepticisme qui consiste à remettre en question de manière légitime ceux qui ont le pouvoir de décision sur la vie des autres est vitale pour toute société démocratique. Mais la défiance, qui consiste à penser que les autres défendent automatiquement leurs propres intérêts et n'ont pas l'intérêt général à l'esprit, est un poison pour toute société démocratique. Aucune communauté ne peut prospérer si elle pense aveuglément que ses voisins cherchent à la rabaisser. Et tout comme aucun pays ne peut se développer s'il croit aveuglément que ses voisins, même ceux qu'il considère comme des amis depuis longtemps, souhaitent s'en prendre à lui. Ainsi, rétablir la confiance, reconstruire les alliances, renouer des amitiés doit être la mission centrale qui nous incombe à tous, au plan national et international. Ça doit être la mission centrale de cette reconstruction de l'ONU. Et pour cela, il faut croire. Il faut changer la manière dont fonctionne l'ONU, dont elle prend des décisions et met en œuvre les décisions sur le terrain. Mais le changement ne sera possible et ne produira une transformation que si l'on croit que le changement est possible. Toutefois, personne ne peut réparer sa maison s'il n'est pas convaincu, quelle que soit la difficulté du travail qu'il entreprend, s'il ne croit pas que les obstacles qu'il rencontrera aboutiront à une véritable amélioration de cette maison. Il faut donc croire que nous allons aboutir à de véritables transformations de cette maison, cette maison de toutes les nations, et ce sera une véritable avancée. Et alors que l'ONU entame sa neuvième décennie, Il nous faut plus que jamais changer la manière dont la communauté internationale coopère, règle les problèmes. L'érosion de la confiance amène à une corrosion de l'ordre international, non pas une amélioration de l'ordre international, mais à une destruction de l'ordre international. Un ordre international qui, malgré tous ses défauts, tous ses problèmes, a permis à davantage d'enfants de ne pas connaître la faim, davantage de familles de vivre dans la paix et davantage d'enfants de vivre jusqu'à un âge avancé. Détruire un ordre international sans réfléchir à ce qui doit advenir après serait un acte de destruction inconsidéré et qui, à juste titre, ne serait pas pardonné par des dizaines de millions de personnes dont l'avenir serait trahi. Soyons ambitieux, disons-le très clairement et sans équivoque. Aujourd'hui plus que jamais, il nous faut promouvoir la coopération et pas le contraire, promouvoir le dialogue, promouvoir la confiance. C'est le seul moyen pour progresser dans le règlement des conflits qui sont bien trop nombreux, inextricables et qui frappent notre monde. Malte, le plus petit État de l'Union européenne, a toujours été un pont entre l'Europe et le Moyen-Orient. J'aimerais donc me concentrer sur deux conflits qui font rage à notre porte. Tout d'abord, l'Ukraine. Bien trop souvent, on cède à l'idée que repousser l'invasion en Ukraine risque de devenir un conflit interminable, une tragédie aux confins du continent. qui ne doit pas nous appeler à l'inaction. Malte ne doit pas accepter le désespoir, l'Europe ne l'Europe non plus et le monde non plus ne doit pas ignorer en proie au désespoir. Le euh Malte condamne fermement l'invasion aujourd'hui comme nous l'avons fait en février 2022. Et euh Malte affirme qu'une paix juste et durable doit garantir la souveraineté de l'Ukraine avec ses frontières internationalement reconnues. Et cela ne sera possible que par un processus diplomatique dans lequel le peuple ukrainien puisse avoir pleinement confiance. Et pour cela, le processus doit suivre un cessez-le-feu intégral et inconditionnel et assurer la pleine participation de l'Ukraine et de son peuple aux pourparlers qui s'en suivront. Et à juste titre, le peuple ukrainien n'aura jamais confiance dans un dans des négociations dans lesquelles leur gouvernement serait traîné de force à la table avec une main attachée dans le dos, tandis que les armes retentiraient encore. La question de la confiance, très clairement, est aussi au cœur de la situation à Gaza. Le peuple d'Israël doit pouvoir être assuré que le Hamas sera désormais et qu'il n'aura aucun rôle à jouer dans la gouvernance ou dans les structures de sécurité de Gaza. Mais le peuple de Gaza doit être assuré qu'il y a une voie qui mène à une paix juste. Il est impossible de construire cette confiance avec une situation humanitaire aussi prononcée qu'à Gaza aujourd'hui. Notre position demeure indéfectible. Nous nous associons à l'appel mondial en faveur d'un accès humanitaire sûr, pérenne et sans entrave dans l'ensemble de Gaza, conformément au droit international. Nous sommes convaincus que le plan de paix pour Gaza est la meilleure solution pour mettre fin au conflit et avancer sur le plan politique de manière crédible. Pour y parvenir, toutes les parties, je répète, toutes les parties, doivent pleinement respecter et appliquer les objectifs et les engagements définis dans le plan. Et bien sûr, On ne saurait avancer si la question du déplacement forcé de la population palestinienne demeure. Il nous incombe à toutes et tous au sein de la communauté internationale de reconstruire la confiance nécessaire pour réunir les conditions permettant d'avancer réellement pour arriver à Une solution négociée et durable pour les 2 États et personne ne nourrit l'illusion. de euh quant au fait que cette solution soit à portée de main, mais pour autant il ne faut pas abandonner euh l'objectif de garantir au peuple d'Israël et de Palestine la possibilité de vivre côte à côte dans la paix, la prospérité, la stabilité qu'ils méritent tous deux. Malheureusement la réalisation d'une solution à long terme est compromise par la situation en Cisjordanie. L'extension des colonies viole directement les résolutions de l'Assemblée générale et vise à compromettre l'intégrité territoriale de la Palestine et doivent cesser dès aujourd'hui. Trop souvent, les attaques des colons violents visant les communautés palestiniennes augmentent, et ce, à un rythme alarmant, et elles doivent cesser. Ce sont les conditions préalables à une paix durable, de même qu'une Autorité palestinienne réformée et crédible qui puisse montrer aux citoyens à la fois de la Palestine et d'Israël qu'elle a la transparence qu'elle a sur la redevabilité et qu'elle a une efficacité institutionnelle et surtout la légitimité démocratique pour être un partenaire authentique pour la paix. Malte est prêt à contribuer au renforcement des capacités d'une autorité palestinienne démocratique renouvelée et d'une société civile robuste qui doit sous-tendre cet effort. en Ukraine, à Gaza et en Israël, mais aussi ailleurs dans le monde, que ce soit dans le cadre des conflits au Soudan ou au vu de la violence au Myanmar ou de l'instabilité dans le Sahel, il est évident que l'érosion de la confiance entraîne une diminution des chances de trouver des solutions. On pourrait dire que sans confiance, il n'y a pas de paix. Bien sûr, quels que soient les conflits, Les circonstances diffèrent à chaque fois et il n'est donc pas facile de trouver la confiance. Mais de même, on ne peut ignorer pour autant la nécessité de construire la confiance. Nous le savons de notre expérience personnelle, celle de nos pays. Il est difficile de reconstruire la confiance lorsque celle-ci a disparu. Mais nous connaissons les conséquences lorsque l'on abandonne et on sait ce que l'on peut obtenir si l'on s'attelle à cette tâche, quelle que soit la lenteur ou les hésitations qui marquent nos tentatives. Et pourtant, il est difficile de reconstruire la confiance entre les humains Mais il est encore plus difficile de construire la confiance dans les machines de la technologie qui façonnent nos vies. La difficulté à faire confiance à la technologie et aux organisations qui appuient ces technologies devient aujourd'hui l'un des défis majeurs de notre époque. L'IA évolue à un rythme et à une ampleur qui est frappante et semble évoluer bien trop rapidement pour que quiconque, sans parler même des gouvernements, puisse avancer assez rapidement. Et en tant que dirigeants, consommateurs ou parents, ça semble nous submerger. C'est donc le plus grand changement, le plus grand défi que nous connaîtrons dans notre vie. Nous n'avons même pas les mots pour décrire le caractère monumental de ce bouleversement. On parle souvent de changement de paradigme, mais ça ne correspond pas à l'ampleur de cette évolution. Nous ne devons pas croire que les règles existantes, les modèles traditionnels de gouvernance, nous permettent de répondre à cette révolution que nous vivons. C'est pourquoi, si nous souhaitons avoir une quelconque chance de construire la confiance de nos citoyens dans ces technologies de pointe, il faut commencer par être honnête, à savoir que les gouvernements, tout comme tout un chacun, peinent encore à trouver leurs repères. Nous n'avons pas toutes les réponses. Ce que nous avons, toutefois, c'est la volonté d'agir et les bonnes valeurs pour appuyer ses actions. Et bien sûr, il est évident qu'aucun État, qu'il soit minuscule ou extrêmement puissant, ne peut faire cavalier seul face à cela. L'humanité ne peut maîtriser cette technologie qui cherche à imiter l'humanité que si elle travaille ensemble, en reconnaissant que les règles doivent être définies à l'échelle mondiale et qu'elles doivent être respectées alors même qu'elles sont mises au point, de même que la technologie avance elle aussi. Si nous souhaitons avoir une quelconque chance de garantir la confiance du public selon laquelle l'IA pourra améliorer et non détruire la vie de l'humanité, il nous faut fixer des règles internationales qui correspondent au droit international. Malte appuie donc pleinement la mise en œuvre du pacte numérique mondial et les efforts plus larges de l'ONU visant à renforcer la coopération numérique internationale. La fragmentation correspondrait à un échec et cela vaut également pour la lutte contre les nouvelles menaces émanant de ce nouveau front dans les conflits mondiaux et entraînant des perturbations. Les cyberattaques visant les infrastructures critiques, les campagnes de désinformation, les atteintes aux câbles sous-marins qui nous connectent tous ne sont pas des menaces théoriques, mais bien constantes. Pour un petit État insulaire que nous sommes, qui dépend de son ses connexions au reste du monde, ça représente une menace existentielle. Ça doit donc être une priorité pour l'ONU. Il nous faut accepter toute technologie émergente qui peut nous aider à lutter contre ces menaces et renforcer notre résilience numérique. Aujourd'hui, les gardiens de nos démocraties et de nos libertés peuvent tout aussi bien créer des codes sur un clavier que défiler en uniforme. Les deux doivent avancer main dans la main. La sécurité sera physique, mais elle sera en plus numérique. Et cela doit se traduire dans la manière dont nous coopérons pour réaliser nos objectifs communs. Je sais que je prêche à des convertis. Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, quand je dis qu'il ne doit pas y avoir de relâchement ou de ralentissement dans la réforme continue de l'ONU, de ses agences, de ses activités, des services fournis, Lever le pied de l'accélérateur serait abandonner les millions de personnes qui ont besoin que l'ONU fasse mieux, soit meilleure dans la lutte contre les problèmes qui les concernent. C'est pourquoi l'objectif de l'Assemblée générale, une ONU au service de tous, est un thème très important auquel il faut répondre de toute urgence. Si nous souhaitons renouveler la confiance des citoyens que nous servons, confiance dans les institutions mondiales et l'ordre mondial, il faut montrer que ces institutions peuvent être à la hauteur, changer les vies dans une perspective meilleure. N'oublions jamais et ne perdons jamais confiance dans nos valeurs, lesquelles nous rassemblent en tant que nation unie. Malte restera un défenseur passionné, attaché au multilatéralisme. Au cœur de toutes nos activités, il doit y avoir le code même, la conscience de la Charte fondatrice de l'ONU. Mais la mise en œuvre des valeurs, la manière dont nous traduisons ces paroles élevées en action élevée également, doit être un processus d'évolution constante. Nous ne devons jamais rester sans rien faire si nous souhaitons que la coopération se maintienne. Malte demeure attachée à la mise en œuvre du pacte pour l'avenir et de toutes les mesures associées. La réforme doit demeurer pilotée par les États membres et être pleinement ancrée dans les processus intergouvernementaux. L'efficacité ne doit pas être réalisée aux dépens de l'action sur le terrain. Malte appuie fortement un système de coordonnateur résident fort et efficace qui est l'encre, le lien de l'action de l'ONU au niveau du pays. Je ne saurais le dire suffisamment ou le rappeler avec suffisamment d'emphase, l'antidote le plus efficace contre le cancer du cynisme et de la défiance, c'est une action concertée et efficace pour lutter contre les grandes menaces qui planent sur nos populations et notre planète. En plus de la prolifération des conflits et des dangers d'une technologie non maîtrisée, la plus grande menace pour nous, et en particulier pour les États insulaires comme Malte, c'est le changement climatique d'origine anthropique. Il suffit de regarder les événements météorologiques extrêmes que nous avons connus en Europe, notamment ces dernières semaines. Ne rien faire, rester les bras ballants et sans laver les mains, serait une trahison morale et pratique vis-à-vis de nos citoyens qui ont placé leur confiance en nous pour que nous ne rechaignons pas à nous attaquer à ces problèmes et à trouver les solutions les plus difficiles. Nous devons donc être fermes et ne pas rester sans rien faire face à ce torrent de désinformation qui alimente les sceptiques, ceux qui sont dans le déni et nous opposer face aux intérêts particuliers qui cherchent à bloquer les actions et face aux sceptiques qui pensent que parce que tout le monde ne veut pas agir, alors personne ne doit agir. À ces cyniques, nous leur disons que l'espoir peut l'emporter sur le défaitisme. Et je reviens à 1967. Nous étions alors l'État géographiquement le plus petit de l'ONU, et nous n'étions membre de l'ONU que depuis trois ans, quand Arvid Pardo s'est adressé à cette Assemblée. Dans une allocution émouvante, le représentant permanent de Malte a adressé une demande passionnée à l'humanité mondiale. Au nom d'une petite nation, mais avec une grande ambition. Arvid Pardo a appelé à un monde qui traiterait les ressources des océans non pas comme relevant, au-delà de notre frontière, comme relevant du patrimoine mondial de l'humanité. Il a demandé un droit de la mer et il avait une vision prémonitoire. Il a fallu faire preuve de d'insistance, de persévérance. 27 ans pour arriver à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Et cela a motivé l'action de Malte et ça motive encore la demande que je vous adresse. Ne rien faire, ça voulait dire laisser les océans à la merci des plus grands, des plus forts et des plus riches. En agissant, et je cite, il a montré que ces océans, que Ils appartiennent à toute l'humanité, à ceux qui étaient nés et qui devaient encore naître. Cet esprit était évident en 1988, au début des préoccupations concernant le réchauffement climatique. Malte a proposé une résolution de l'Assemblée générale qui reconnaissait les changements climatiques comme un problème mondial qui nécessitait des solutions mondiales et collectives. La défiance face à l'action collective ne pourra pas être éliminé si l'on se retranche. Il faut au contraire de la force et de la conviction d'agir. Oser rêver est devenu peut-être la phrase aujourd'hui qui nous inspire le plus. Implorer pour dire que nous devons avoir le courage de rêver, que ces rêves deviennent réalité. Nous devons oser rêver. nous encourager à traduire nos espoirs en réalisations, à traduire nos aspirations initiales en objectifs durables. Et pour cela, il ne faut pas simplement rêver. Il faut de la confiance, la confiance selon laquelle, en coopérant ensemble, nous pourrons faire bien plus que ce que nous pourrions faire seuls. C'est cette conviction, cette foi dans le pouvoir de la confiance qui sous-tend les valeurs qui m'ont amené à la vie, à une carrière publique. Et c'est la foi dans le pouvoir de la confiance, alors que ça semble aujourd'hui faire défaut, qui me convainc que c'est cette confiance qui l'emportera. le monde trouvera le courage de lutter contre la défiance et d'alimenter la confiance. Dans le cas contraire, si nous ne comprenons pas que cette défiance n'amènera qu'à la destruction, si nous ne réalisons pas que fermer nos esprits à ceux qui ne partagent pas notre vision du monde limite nos chances de régler les grands problèmes du monde, Si nous ne comprenons pas que limiter le dialogue à ceux qui ne pensent comme nous, alors notre avenir sera sombre. Je refuse, malte refuse de croire qu'un tel avenir est inévitable ni désirable. Il n'y a pas de panacée face au pouvoir destructeur de la défiance. Il y a plutôt, il y en a un plutôt, il y a un antidote simple. On ne le voit pas encore dans les discours de motivation, mais ça doit être notre étoile polaire. Et donc je le dis aux autres dirigeants de ce monde et aux autres citoyens de cette planète, nous devons oser faire confiance, oser prendre conscience du fait que même ceux dont qui sont aux antipodes, doivent faire partie de la solution et ne doivent pas faire durer les souffrances. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Premier ministre de la République de Malte. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Samuel Tshekwane Matekane, Premier ministre et ministre de la Défense et de la Sécurité nationale du Royaume du Lesotho. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellence, je voudrais avant tout adresser mes chaleureuses félicitations à vous, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Votre élection témoigne de la confiance que vous accordent les États membres dans votre engagement inébranlable en faveur du multilatéralisme et dans votre vision d'une Organisation des Nations Unies réactive, efficace et en mesure de répondre aux attentes de l'humanité. Alors que vous vous engagez dans cette importante mission, ma délégation réaffirme son engagement indéfectible à travailler avec vous et avec tous les États membres afin de garantir une session productive et couronnée de succès. Je tiens également à rendre hommage à votre prédécesseur, Son Excellence madame Baerbock, présidente de la 80e session de l'Assemblée générale, avec laquelle ma délégation a eu l'honneur d'exercer les fonctions de vice-présidente. Son leadership dévoué, son zèle et sa ténacité dans la poursuite de l'objectif visant à renforcer la coopération multilatérale en cette période de profonde incertitude au niveau mondial nous ont donné l'espoir que l'avenir de cette organisation peut être assuré lorsque toutes les nations œuvrent ensemble à la réalisation de l'objectif commun qu'il n'y ait aucun laissé pour compte. à l'intention du secrétaire général, M. Antonio Guterres, dont le mandat touche à sa fin. Ma délégation salue son leadership exemplaire et sa fidélité aux idéaux des Nations unies. Au cours de son mandat, le monde a été confronté à des difficultés sans précédent, de la pandémie de Covid-19 à l'éclatement de nouveaux conflits, en passant par les effets catastrophiques des changements climatiques et l'instabilité des régimes commerciaux. Tout au long de ces crises, il est resté la force morale, le pilier inébranlable de l'Organisation. Nous le saluons pour ses services éminents et nous garderons un souvenir de sa visite historique au Royaume des montagnes en décembre 2024, visite au cours de laquelle il a pu constater de ses propres yeux les retombées positives des contributions de l'ONU au Lesotho. Monsieur le Président, le thème de cette session, restaurer la confiance, gérer la transformation, une Organisation des Nations Unies au service de tous, fait profondément écho aux aspirations du Lesotho, à un système multilatéral plus inclusif, plus transparent, axé sur les résultats, un système en mesure de promouvoir le respect du droit international, de maintenir la paix et la sécurité, d'accélérer le développement durable, de protéger les droits humains, de mener l'action climatique et de mettre en oeuvre des réformes institutionnelles que nous attendons depuis longtemps. Le Lesotho a rétabli la paix et la sécurité nationale à la suite d'épisodes successifs de troubles politiques, avec le soutien des Nations unies, de l'Union africaine, de la SADC, ainsi que d'autres nations amies. Nous avons retrouver la place qui nous revient au sein du Conseil des Nations en tant que pays pacifique. Nous affirmons que la diplomatie préventive demeure le moyen le plus efficace d'éviter les conflits et d'assurer une paix durable. Afin de créer un environnement propice à une croissance et un développement inclusifs, nous continuons à faire progresser les réformes visant à renforcer la gouvernance démocratique et l'État de droit. Nous restons attachés au principe de responsabilité, au professionnalisme et au respect des droits humains dans l'ensemble de la société. Nous reconnaissons qu'une paix durable nécessite des institutions solides qui rejettent la violence sous toutes ses formes. Il faut un pouvoir judiciaire indépendant, capable de rendre la justice de manière impartiale et efficace afin de restaurer la confiance du public. Monsieur le Président, il faut reconnaître que les changements climatiques ne sont plus une menace future, mais une réalité actuelle. Le Lesotho est de plus en plus confronté à de graves inondations et sécheresses, entraînant des dégradations sans précédent des sols ainsi que des dégâts considérables aux infrastructures essentielles. Bien qu'ils ne contribuent que très peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, les pays les moins avancés, comme le Lesotho, subissent de manière disproportionnée les conséquences des changements climatiques. Le réchauffement climatique et l'élévation du niveau des mers constituent des menaces existentielles, en particulier pour les petits États insulaires en développement. Nous sommes solidaires de ces nations et appelons à une action mondiale plus forte pour faire face à ces défis liés au climat. Nous appelons les pays développés à honorer leurs engagements en fournissant un financement climatique renouvelé, adéquat, prévisible et accessible. Nous exhortons également les pays développés à transférer des technologies respectueuses de l'environnement et à renforcer les capacités des pays en développement afin que ceux-ci puissent atténuer effectivement les effets néfastes des changements climatiques et puissent également s'y adapter. La justice climatique n'en exige pas moins. Une transition énergétique juste est donc impérative si l'humanité veut être épargnée par la menace existentielle que représentent les changements climatiques. Sous la direction visionnaire de Sa Majesté le roi Letsie III, le Lesotho a lancé le Fonds de transition énergétique juste de Sa Majesté le roi Letsie III, un fonds conçu non seulement pour décarboner notre économie, mais aussi pour la transformer afin de passer d'une économie historiquement dépendante de la main d'œuvre migrante à une économie fondée sur les exportations d'énergie renouvelable. Ce fonds vise à attirer des investissements afin de développer de nouvelles capacités de production d'énergie, d'accéder à l'indépendance énergétique et de jeter les bases d'une prospérité nationale dont bénéficieront tous nos concitoyens. Nous appelons donc à la mise en place de partenariats afin de mobiliser les ressources nécessaires à des projets d'énergie propre, susceptibles de créer d'importantes opportunités d'emploi pour nos jeunes et pour nos femmes. En tant que premier pays à mettre en œuvre le plan-cadre des Nations unies pour les stratégies nationales en matière d'IA et les centres de données, le Lesotho et disposé à partager les enseignements tirés au cours de ce processus, en particulier avec les pays africains, les pays les avancés, les pays en développement sont littoral, afin d'ouvrir la voie vers une souveraineté numérique. Il faut une Nations unies qui agissent à l'unisson plutôt que d'intervenir de manière séparée. C'est à cela que doit ressembler l'ONU qui agit à l'unisson dans la pratique. Nous y verrons dans le cadre de l'initiative ONU 80. Nous sommes prêts à faire part de notre expérience notamment dans le fonds proposé de renforcement des capacités de l'IA, afin que l'intelligence artificielle puisse être gérée de manière responsable et partagée de manière équitable entre les nations. Nous remercions l'ONU pour son soutien dans le cadre de cette transformation. Le Royaume du Lesotho restent attachés au programme à l'horizon 2030. Nous avons accéléré les réformes dans les domaines du développement des entreprises, de la facilitation des échanges commerciaux, de la gestion des finances publiques, de l'autonomisation des jeunes ainsi que des énergies renouvelables. Mais des défis persistent. La diversification économique reste limitée. Le chômage des jeunes s'élève à 38 % et les chocs liés au climat ainsi que les inégalités continuent d'entraver une transformation inclusive. À seulement trois ans de 2030, nous appelons la communauté internationale à honorer ses engagements en matière d'aide publique au développement, car il s'agit d'une étape essentielle pour rétablir la confiance. Nous appelons en outre à une réforme de l'architecture financière internationale afin de la rendre plus équitable, mieux adaptée à ses objectifs, ainsi que plus réactive aux besoins des pays en développement, comme cela a été convenu lors du quatrième sommet sur le financement du développement, qui s'est tenu à Séville, en Espagne, l'année dernière. Nous demandons également la pleine mise en œuvre des conclusions du troisième sommet des pays en développement sans littoral, qui s'est tenu à Aşgabat, au Turkménistan, en août 2025. La mise en œuvre de ces conclusions sans plus attendre, conjointement avec la mise en œuvre du Pacte pour l'avenir, contribuera sans aucun doute à rétablir la confiance. Monsieur le Président, la couverture sanitaire universelle reste au cœur de notre programme de développement. Bien que des investissements aient été réalisés, nous sommes toujours confrontés à de graves difficultés en matière de santé publique, notamment de nombreuses maladies transmissibles et non transmissibles, ainsi que des inégalités en termes d'accès aux soins de santé. Le Lesotho entreprend des réformes afin de renforcer son système de santé. Et il souhaite des.
afin de garantir l'accès universel à des soins de santé primaires de qualité, aux médicaments, aux vaccins, aux moyens de diagnostic, ainsi qu'à un bon système de surveillance des maladies et à une bonne préparation face aux pandémies. Les coûts socio-économiques du cancer sont considérables. Avec le soutien de l'AIEA, le Lesotho met en place son premier centre de radiothérapie et de médecine nucléaire. afin de fournir des services d'oncologie sur notre territoire. Nous appelons donc à une coopération renforcée en matière de partage des technologies, de renforcement des capacités et de financement durable de la santé afin de bâtir des systèmes de santé résilients et capables de répondre aux défis actuels et émergents. Monsieur le Président, la migration n'est pas un concept abstrait pour la population du Lesotho. C'est une réalité vécue au quotidien. Elle est intimement liée à notre tissu social, en tant qu'ambition humaine, ancrée dans la dignité, les opportunités et les aspirations. La migration profite tant aux pays d'origine qu'aux pays d'accueil, en contribuant au développement des compétences, aux échanges culturels et à une croissance économique partagée. Nous devons donc renforcer la coopération internationale afin de garantir que la migration contribue de manière significative à une meilleure compréhension entre les peuples et au développement durable. Nous devons, conformément à la Déclaration universelle des droits de l'homme, garantir aux migrants la pleine jouissance de leurs droits, quel que soit leur statut. Nous devons veiller à la protection de leur dignité et de leurs libertés fondamentales. Ce n'est pas simplement une obligation juridique, c'est un impératif moral. Monsieur le Président, Nous saluons les progrès réalisés dans le cadre de l'initiative ONU80 et nous saluons les efforts déployés visant à renforcer l'efficacité, l'efficience et la cohérence au sein du système des Nations unies. À mesure que les discussions se poursuivent, les réformes doivent rester guidées par les mandats convenus au niveau intergouvernemental et doivent respecter les priorités des États membres. Toute mesure prise doit Préserver la capacité des Nations unies à mener à bien leur mission dans tous les domaines d'action et à maintenir un impact significatif sur le terrain dans le cadre des trois piliers. Alors que nous réfléchissons à l'avenir du multilatéralisme, nous devons renouveler notre engagement collectif en faveur d'une ONU plus inclusive, plus efficace et mieux adaptée aux défis mondiaux contemporains. une organisation au sein de laquelle les pays en développement, et en particulier les nations africaines, disposent d'une voix qui résonne davantage dans la prise de décisions au niveau mondial. Nous réitérons notre soutien en faveur d'une réforme globale du Conseil de sécurité, conformément au consensus des Nations unies, afin que le Conseil devienne plus représentatif, plus équitable et afin qu'il reflète mieux les réalités géopolitiques actuelles. Le Royaume du Lesotho réaffirme son engagement inébranlable en faveur de la Charte des Nations unies, du multilatéralisme et de l'État de droit. Le droit international demeure la pierre angulaire de l'égalité souveraine, de la coexistence pacifique et du développement durable. Monsieur le Président, La recrudescence des conflits régionaux est une source de profonde préoccupation. Nous appelons à des solutions diplomatiques durables pour garantir une paix durable en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan et dans l'est de la RDC. Nous saluons le cadre de cessez-le-feu et les dispositions de stabilisation à Gaza, et nous appelons à une solution durable fondée sur les frontières de 1967 où les Israéliens et les Palestiniens coexistent dans la paix et l'harmonie. En ce qui concerne le conflit plus large dans le Golfe, nous exhortons toutes les parties à intensifier leurs efforts en vue d'un règlement rapide, car les conséquences économiques sont graves, dévastatrices. L'humanité ne peut continuer à supporter le coût élevé de ces guerres. Nous devrions nous inspirer de la sagesse du chef Molony, l'un de nos diplomates de renom, qui a conseillé à Morena Mosheche, le père fondateur de la nation, qu'il vaut mieux cultiver le maïs que déguiser sa lance. En tant qu'Organisation des Nations Unies, nous devons continuer à investir dans la prévention des conflits et à bâtir des institutions démocratiques solides, fondées sur la bonne gouvernance et le respect du droit international. Ma délégation continue d'appeler à la levée des mesures coercitives, des sanctions qui pèsent sur Cuba et le Zimbabwe. Ces mesures sont injustes et privent des civils innocents de leur droit au développement. En conclusion, le Lesotho est fermement convaincu que la coopération, la solidarité et la responsabilité partagée représentent la seule voie viable vers un avenir pacifique, prospère et durable, réaffirmant notre engagement en faveur d'un système multilatéral qui apporte des résultats concrets à l'humanité, protège notre planète, promeut la paix et la sécurité internationales et veille à ce qu'il n'y ait aucun laissé pour compte. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Premier ministre et le ministre de la Défense et de la Sécurité nationale du Royaume du Lesotho. L'Assemblée va maintenant entendre l'allocution de Son Excellence Feleti Teo, Premier ministre des Tuvalu. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs les délégués, c'est un honneur, une fois encore, de m'adresser à cette auguste Assemblée au nom du gouvernement et du peuple des Tuvalu. Je félicite Son Excellence Khalilur Rahman du Bangladesh pour sa prise de fonction en tant que président de la 81e session. Monsieur le Président, vous pouvez compter sur le plein appui des Tuvalu. Je tiens également à féliciter la présidente sortante, Son Excellence Annalena Baerbock, de l'Allemagne. pour son leadership exceptionnel et exemplaire. Monsieur le Président, les Tuvalu adressent leurs plus sincères condoléances à toutes les communautés du monde touchées par les conflits armés et les récentes catastrophes naturelles, notamment les inondations dévastatrices au Népal et au Myanmar, le séisme en Colombie et les tragiques pertes de vie en mer au Vanuatu. Les Tuvalu réitèrent leur espoir de paix, de stabilité et d'une aide humanitaire sans entrave et réaffirment leur solidarité avec tous ceux qui sont confrontés à la violence, à l'insécurité et au deuil. Monsieur le Président, dans moins d'une semaine, les Tuvalu célébreront le 48e anniversaire de leur indépendance, une étape importante alors que notre pays s'approche de son jubilé d'or. Ce mois-ci, les Tuvalu célèbrent également leur 26e anniversaire d'adhésion à l'ONU. Les Tuvalu réaffirment leur attachement aux valeurs et principes énoncés dans la Charte des Nations unies, au droit international et à un système multilatéral qui protège la dignité et la sécurité de tous les peuples. Cette année marque également le déploiement historique de policiers de notre pays au sein de la mission des Nations unies au Soudan du Sud. Un déploiement qui confirme que même le plus petit membre de l'ONU peut contribuer de manière significative à la paix et à la sécurité internationales. Le thème de cette session, restaurer la confiance, gérer la transformation, une Organisation des Nations unies au service de tous, trouve un écho particulier en cette période. Il est indéniable que l'architecture du multilatéralisme et du droit international, fondée sur la Charte des Nations unies, est soumise à d'énormes pressions. Il est crucial de restaurer la confiance dans cette architecture, en particulier pour les petits États insulaires en développement comme les Tuvalu, dont la souveraineté et l'avenir reposent sur cette architecture. Les Tuvalu sont donc solidaires des autres États membres qui souhaitent contribuer au rétablissement de cette confiance et faire avancer les réformes nécessaires qui permettront aux Nations Unies d'agir au service de tous. Monsieur le Président, les Tuvalu, comme d'autres pays, sont confrontés à diverses transformations qui menacent nos territoires, nos valeurs, nos savoirs, nos cultures. Les changements climatiques transforment notre environnement physique. La technologie transforme la manière dont nous communiquons, dont nous gouvernons, dont nous préserveront les connaissances, l'intelligence artificielle modifie le fonctionnement des économies et de la société. Le défi ne consiste pas à mettre un terme à la transformation, il s'agit plutôt de gérer celle-ci afin de protéger les populations, de préserver ce qui a de la valeur et de donner à chaque pays la capacité de déterminer son propre avenir. En réponse à la transformation de l'environnement physique des Tuvalu, étant donné la montée du niveau des mers, le projet d'adaptation côtière des Tuvalu a déjà permis de récupérer plus de 15 hectares de terres surélevées et de les mettre à l'abri des inondations. 10 hectares supplémentaires vont l'être également, ce qui représente un ajustement considérable pour un pays dont la superficie terrestre n'est que d'environ 26 kilomètres carrés. Nous œuvrons à la protection de notre territoire physique, mais nous réfléchissons également à la préservation des fondements immatériels de notre nation, nos valeurs traditionnelles, nos connaissances, nos cultures. Et à cet égard, nous avons mis en place deux initiatives numériques. La première est L'initiative Tuvalu Digital Nation, qui utilise les technologies numériques pour préserver notre souveraineté, nos institutions et notre capacité à fournir des services afin de garantir que notre identité nationale ne soit pas perdue au cours de cette période de transformation. La deuxième est l'initiative Tuvalu Digital Ark. qui vise à préserver la culture et le patrimoine historique des Tuvalu sous forme numérique. Monsieur le Président, il y a moins de 24 heures, les États membres ont entériné dans ce bâtiment une déclaration politique sur le niveau de la mer, une réalisation monumentale car les Tuvalu étaient à la pointe des efforts au niveau mondial, exigeant une telle déclaration. Pour les Tuvalu, l'élévation du niveau de la mer n'est pas une menace future, c'est une réalité présente. Les Tuvalu sont donc très heureux de cette situation et saluent chaleureusement les engagements que cette déclaration comporte, à savoir la pérennité de la qualité d'État et de la souveraineté malgré l'élévation du niveau de la mer. Elle garantit par ailleurs la permanence des zones maritimes et des droits établis en version de la Convention sur le droit de la mer. Troisièmement, elle reconnaît et protège les droits, la dignité, la culture, l'identité et le patrimoine des populations concernées. Elle s'engage par ailleurs à renforcer l'adaptation et la résilience. Elle appelle à un financement climatique accessible, prévisible et adapté aux besoins. Et enfin, sixièmement, elle soutient la science, la technologie, les données et les systèmes de connaissances qui permettent une prise de décision informée et une planification à long terme pour les pays vulnérables. La déclaration affirme que la qualité d'État des Tuvalu n'est pas négociable, que nos droits maritimes ne peuvent pas disparaître et que notre population ne devrait jamais être forcée à choisir entre son pays et son avenir. Monsieur le Président, en ce qui concerne les objectifs de développement durable, les Tuvalu s'inquiètent du fait que le monde n'est pas en bonne voie. Les conséquences l'impact d'un tel échec se feront cruellement sentir par les petits États insulaires en développement. Parmi les ODD, nous soulignons la nécessité urgente d'accélérer les progrès concernant l'ODD 14, la vie sous l'eau, qui est le moins financé et qui a connu le moins d'avancées, alors qu'il est le plus fondamental pour la survie et la prospérité des petits États insulaires en développement. Les Tuvalu, appelle les États membres à accélérer la mise en œuvre des engagements pris lors de la troisième conférence des Nations unies sur les océans et à créer une dynamique en vue de la quatrième conférence qui se tiendra en Corée en 2028. Monsieur le Président, les changements climatiques sont et demeurent la plus grande menace existentielle pour la survie, la sécurité et le développement durable des Tuvalu. Les Tuvalu saluent les efforts déployés par la communauté internationale pour faire face à la crise climatique, mais le rythme et l'ampleur des actions au niveau mondial restent insuffisants. Dépassement temporaire de l'objectif de 1,5 degré Celsius étant désormais inévitable, une transition rapide, équitable, juste et ordonnée vers l'abandon des combustibles fossiles est d'autant plus urgente et nécessite une attention particulière. Bien que les données scientifiques indiquent clairement que la réduction des émissions de méthane constitue la solution à court terme capable de ralentir rapidement la hausse de la température mondiale et de gagner du temps, pour les stratégies de décarbonisation à long terme du CO2, afin que les stratégies de décarbonisation à long terme du CO2 produisent leurs effets. La réduction des émissions de CO2 doit également rester une priorité et doit être assurée de manière simultanée. L'appel de Tassiriki pour un Pacifique sans combustibles fossiles et l'appel de Fuina Futi pour la justice climatique et l'action climatique constituent des instruments essentiels. Et pour atteindre cet objectif, les Tuvalu sont déterminés à jouer leur rôle pour que les ambitions soient revues à la hausse, notamment en accueillant le segment des dirigeants de la pré-COP31 le mois prochain et en co-organisant avec l'Irlande aux Tuvalu L'année prochaine, la deuxième conférence sur la transition vers l'abandon des combustibles fossiles. Les Tuvalu rappellent aux États leurs obligations légales de prendre des mesures appropriées pour protéger le système climatique contre les émissions de gaz à effet de serre, car le non-respect de ces obligations constitue un acte internationalement illicite, comme cela a été confirmé par la Cour internationale de justice. Les Tuvalu se félicitent de la mise en œuvre du Fonds pour les pertes et dommages et appellent les pays à honorer leurs engagements. Un financement adéquat, prévisible et opportun est essentiel pour garantir que ce fonds puisse exécuter son mandat et apporter un soutien concret aux populations les plus vulnérables face à ces pertes et dommages, y compris non économiques. Des ressources financières doivent donc être octroyées sous forme de subventions pour faire face aux impacts climatiques qui sont déjà inévitables, ainsi qu'aux pertes et dommages croissants causés par un réchauffement continu. Les Tuvalu sont prêts à collaborer avec toutes les nations pour faire progresser les ambitions climatiques, renforcer la résilience et veiller à ce qu'aucun pays ne soit laissé pour compte. le monde doit agir maintenant de manière décisive, collective et urgente afin de protéger l'avenir des générations à venir. Monsieur le Président, l'océan est au coeur de l'identité et du développement durable des Tuvalu. L'océan fait vivre les Tuvalu depuis des générations et il reste au coeur de notre existence, de notre avenir et de notre résilience. Nous n'avons peut-être que 26 kilomètres carrés de territoire, mais nous sommes les gardiens de plus de 750 000 kilomètres carrés d'océan, ce qui fait de notre pays un grand État océanique. Cette année, les Tuvalu ont lancé leur toute première politique nationale pour l'océan. C'est un cadre global qui vise à renforcer notre gestion des ressources marines, à affirmer la permanence d'une zone maritime, à protéger la biodiversité et à mettre l'océan au cœur de notre résilience et de notre développement durable.
Nous remercions tous nos partenaires dont le soutien indispensable a permis de traduire cette idée nationale en réalité. La gouvernance océanique n'est pas qu'une question de politique environnementale pour les Tuvalu, c'est aussi une question de sécurité économique, alimentaire et climatique. Les Tuvalu ont ratifié l'accord sur la BBNJ et ont d'ores et déjà hâte de contribuer à la toute première conférence des parties de l'accord l'année prochaine. L'objectif des Tuvalu dans le cadre de la mise en œuvre du BBNJ est clair et simple. C'est-à-dire que les zones maritimes ne relèvent pas de la juridiction nationale, appartiennent à notre avenir partagé et doivent être gérées de façon responsable, sur la base des sciences, de l'équité, d'une approche prudente, en misant sur une coopération internationale effective. Monsieur le Président, les Tuvalu, comme bien d'autres petits États insulaires en développement, sont particulièrement vulnérables face aux chamboulements climatiques ou économiques. Cela étant dit, l'architecture financière internationale n'est pas à même de réagir effectivement à ces chamboulements. Les Tuvalu ont déclaré cette année un état d'urgence nationale à cause des perturbations électriques prolongées causées par l'augmentation des coûts d'énergie, les déficiences des infrastructures et des pénuries de carburant. Les Tuvalu ont reçu une assistance dont nous sommes éternellement reconnaissants, mais l'ampleur et la vitesse de cette riposte n'a pas été suffisante. C'est pourquoi l'accès à des financements lors des crises et des versements rapides sont essentiels à la stabilité et à la résilience des petits États insulaires en développement. Dès lors, les Tuvalu continueront à exhorter la communauté internationale à adopter des approches financières qui correspondent à l'imminence de la crise, avec un accès simplifié plus rapide aux financements climatiques, à des financements renforcés pour l'adaptation climatique, à des financements pertes et préjudices accessibles et à des mécanismes de versement rapide en cas de crise. Monsieur le Président, dans la région du Pacifique, les dirigeants ont adopté un mécanisme de résilience du Pacifique, c'est-à-dire un mécanisme de financement régional permettant d'aider nos communautés à réagir rapidement face aux effets croissants des changements climatiques. Les Tuvalu appelle la communauté internationale et nos partenaires de développement à soutenir un financement plein et entier de ce mécanisme de résilience du Pacifique pour permettre de mettre au point des solutions pilotées par le Pacifique, prises en charge par le Pacifique, et d'établir une résilience lorsque c'est particulièrement nécessaire. Monsieur le Président, l'adaptation et le renforcement de la résilience face aux effets des changements climatiques permettront une réduction de l'impact des changements climatiques, certes, mais n'élimineront pas pleinement toutes les conséquences des changements climatiques. Parmi ces conséquences, il y a les migrations volontaires des populations qui cherchent un foyer ailleurs. La relocalisation ne fait pas partie de notre stratégie face au changement climatique, mais il est indispensable que certains Tuvaluais décident de migrer, et c'est au gouvernement donc de s'assurer que nos compatriotes le fassent dans la dignité. Et dès lors, les Tuvalu ont entériné les principes mondiaux pour la mobilité climatique, fondés sur des droits axés sur les individus et fermement ancrés dans le droit international. Nous invitons tous les États membres et les partenaires à nous aider à faire avancer ce cadre de coopération et d'ambition partagée. Monsieur le Président. Nous appelons de nos voeux un système multilatéral qui agit pour toutes et tous, toutes les nations, mais nous devons aussi défendre les principes de la dignité, de l'inclusion et de l'égalité pour tous les peuples. Et pourtant, trop de communautés se trouvent en marge des structures qui sont pourtant censées se mettre au service de toute l'humanité. Et dès lors, les Tuvalu appellent à une participation pleine et entière des 23,3 millions de personnes habitant de Taïwan à l'ONU et à ses instances spécialisées et mécanismes connexes. Taïwan a prouvé encore et toujours que c'était un partenaire capable, fiable, constructif lorsqu'il est question de relever les grands défis mondiaux. Son exclusion met à mal l'esprit et l'efficacité de la coopération multilatérale. Les Tuvalu sont aussi vivement préoccupés par les activités militaires de plus en plus menaçantes autour de Taïwan qui mettent en péril la stabilité dans le détroit de Taïwan, qui perturbent le commerce et le transport international et mettent en péril la paix et la sécurité dans le Pacifique et bien au-delà. Nous félicitons Taïwan de son calme, de son respect aux valeurs de la Charte des Nations unies sur la base de principes consacrés. Nous appelons tous les États membres à honorer les mêmes principes. Dans le même temps, les Tuvalu demeurent préoccupés par les mesures économiques unilatérales persistantes contre Cuba. Ces restrictions continuent d'infliger bien des souffrances au peuple cubain, sont contraires aux engagements au titre des droits humains de l'ONU et s'opposent à l'esprit de coopération du programme à l'horizon 2030 de développement durable. La survie de ces sanctions économiques prive Cuba de partenariats de développement essentiels et d'un soutien au combien nécessaire pour faire des progrès, pour opérer une relance. Nous appelons à la levée de ces sanctions. Les Tuvalu soutiennent aussi l'appel à une réforme nécessaire du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies afin qu'il soit plus représentatif, plus inclusif, plus transparent, plus redevable et plus en adéquation avec la réalité du paysage géopolitique du XXIe siècle. Monsieur le Président, en guise de conclusion, qu'il me soit permis de réaffirmer devant l'Assemblée générale que les Tuvalu sont solidaires du reste des États membres et que nous sommes prêts à jouer notre rôle dans la restauration de la confiance et dans la gouvernance des transformations d'une ONU afin qu'elle se mette au service de tout le monde. Les Tuvalu ont prouvé que les petites nations pouvaient être une figure de proue de l'adaptation climatique, de la résilience, de la bonne gestion des océans, de l'innovation numérique, de la mobilité digne et de la promotion du droit international. La capacité des Tuvalu à diriger n'est pas le résultat de nos vulnérabilités. Cela étant dit, impossible d'être un leader au plan national sans assumer sa responsabilité mondiale. Les Nations unies, sa charte, sont le fondement de la coopération et du multilatéralisme et doivent donc être protégés avec sérieux et intégrité. Tuvalu continuera à défendre coûte que coûte sa souveraineté, la santé des océans, l'intégrité du peuple tuvaluan en dépit des changements climatiques et des autres transformations mondiales, car ce sont des combats qu'il vaut la peine d'être mené. Et les Tuvalu invitent à l'Assemblée à se tenir à nos côtés dans ce combat. Les Tuvalu remercient le secrétaire général sortant de la façon exemplaire exceptionnelle dont il a dirigé notre organisation. Nous lui souhaitons le meilleur dans sa retraite et dans ses autres activités. Je vous remercie. Fafe Laisi. Tuvalu pour Dieu. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le Premier ministre des Tuvalu. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Hristijan Mickovski, président du gouvernement de la République de Macédoine du Nord. Je demande au protocole d'accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, Mesdames et Messieurs, Cet automne, un enfant ira pour la toute première fois à l'école. Est-ce qu'en 2040, cette personne entrera dans l'âge adulte, oui, sans doute. On ne sait pas exactement à quoi ressemblera le monde de cette personne, de cet enfant, mais nous le savons, le monde sera différent, différent du nôtre. L'intelligence artificielle transformera le milieu du travail, les industries et les façons dont on prend des décisions. L'énergie sera régie par une nouvelle configuration. Il y aura une nouvelle logique de fonctionnement. Les changements climatiques auront eu des effets sur les économies, l'agriculture, les villes et sur les déplacements. Les transformations démographiques transformeront les systèmes de protection sociale et les marchés du travail. La sécurité ne dépendra plus des armées, des frontières. La sécurité dépendra aussi des câbles, des réseaux électriques, des algorithmes, des satellites et de la confiance dans les informations obtenues au quotidien. Et pourtant, aujourd'hui, alors que nous nous préparons à cet avenir, des millions de personnes connaissent la guerre ou sont menacées par la guerre. Plus de 100 millions de personnes ont été déplacées de force. Plus de 270 millions d'enfants et de jeunes sont déscolarisés. Voilà le paradoxe de notre époque. L'humanité n'a jamais eu autant de capacités technologiques et scientifiques. Et pourtant, l'humanité se rend compte que les capacités technologiques ne sont pas synonymes automatiques de sagesse politique. C'est la raison pour laquelle l'Assemblée générale doit se poser une question pas uniquement comment gérer les crises de 2026, mais aussi de quel genre d'ordre international sera-t-il question? Quel ordre va-t-on léguer aux enfants qui entrent à l'école aujourd'hui pour la première fois? Et pour des petits pays comme le mien, ce n'est pas qu'une question philosophique, c'est une question de survie. Cela fait 23 ans que nous sommes membres de l'ONU et le monde a beaucoup changé. La guerre froide venait de se terminer. On espérait à l'époque qu'une Une nouvelle aube se levait, une aube qui donnerait la place à la coopération, une coopération qui remplacerait petit à petit les confrontations. Notre région, par contre, vivait une autre réalité. La Yougoslavie se désintégrait dans le sang. Des guerres éclataient à notre frontière et on pensait que la violence pourrait se propager. Cette peur était réelle. Et pourtant, mon pays a choisi la paix. Mon pays a choisi la stabilité. Et c'est dans ces circonstances, sur notre territoire, que l'ONU a fait quelque chose qu'elle n'avait jamais fait par le passé. L'ONU a établi la toute première mission de prévention, de maintien de la paix de l'histoire de l'organisation. Cette expérience nous a laissé un enseignement durable, un enseignement que je mentionnerai à nouveau à la fin de mon discours. La paix ne commence pas là où la guerre se termine, la paix commence lorsque des politiques sont suffisamment raisonnables pour éviter qu'une guerre n'éclate. Et c'est peut-être la raison pour laquelle les petits pays, de temps à autre, voient le monde politique international différemment. Les grandes puissances ont un pouvoir que les petits États n'ont pas. Pour une grande puissance, Il pourrait y avoir des changements de stratégie, mais pour un petit État, lorsqu'il y a une erreur politique, la même erreur peut vouloir dire qu'une décennie sera perdue. C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas nous permettre d'être indifférents lorsqu'il existe des règles. Nous ne pouvons pas nous permettre de croire que les règles défendront elles-mêmes les règles. Le monde qui est le nôtre est un monde où les compétitions sont de plus en plus féroces, les cartes du pouvoir sont redistribuées, rebattues. Les relations entre les grandes puissances sont de plus en plus tendues. Elles sont influencées par les minerais, les voies de transport, les infrastructures numériques, l'énergie. Ce que l'on appelle l'interdépendance économique, en tout cas ce qu'on appelait interdépendance économique hier, est de plus en plus une question de sécurité nationale de nos jours. La mondialisation n'a pas disparu, elle a changé. Les chaînes d'approvisionnement évoluent, se métamorphosent, la production est à nouveau une question géopolitique. Les États se demandent non seulement qui peut produire certaines choses à bas prix, mais aussi qui peut être fiable. Où l'énergie sera-t-elle disponible lorsqu'une crise frappera? Se demandent qui créera les prochaines technologies, mais aussi qui crée les règles qui régiront ces nouvelles technologies. La masse Les citoyens de notre pays savent où ils se situent. Nous sommes un membre, un allié de l'OTAN, nous sommes un membre de l'ONU, nous sommes en train de viser un statut de membre de l'Union européenne. Ce ne sont pas des politiques distinctes, c'est un axe politique général, un axe ancré sur la démocratie, la sécurité collective, l'État de droit et sur une économie ouverte au monde. Et alors que les certitudes sont partout, notre riposte, ce n'est pas l'ambiguïté stratégique. Notre riposte est faite de clarté. Mais une clarté dans nos alliances ne veut pas dire pour autant que nous tournons le dos au reste du monde. Non, tout au contraire, c'est justement L'image d'un État qui est sûr de ses choix politiques et stratégiques et qui peut dès lors coopérer avec plus de confiance avec des pays qui ont des histoires différentes, qui ont des intérêts différents et qui ont des perspectives politiques très différentes. Le monde n'a pas besoin d'une fracture permanente divisant le monde en des camps. Il faut des règles que tout le monde doit respecter avec des compétitions limitées. Il faut des alliances responsables et des institutions internationales qui demeurent une enceinte de dialogue, surtout lorsque le dialogue est particulièrement épineux. C'est la raison pour laquelle l'ONU importe, non pas parce que l'ONU peut régler tous les conflits, non, clairement, l'ONU n'en est pas capable, non pas parce que toutes les résolutions sont mises en œuvre, parce que, encore une fois, de toute évidence, ce n'est pas toujours le cas. Mais cela ne devrait pas nous décourager pour autant. Ça devrait nous encourager à être encore plus déterminés à protéger l'ONU et les règles qui ont donné naissance à l'ONU, nous encourager à défendre un multilatéralisme fondé sur les valeurs communes, le respect mutuel et les règles. Car un monde sans une enceinte où tous les États, quelle que soit leur taille, peuvent siéger sous le même toit et invoquer les mêmes principes serait plus dangereux encore que le monde qui est le nôtre aujourd'hui. En 1954, Dag Hammarskjöld nous a rappelé un enseignement: « L'ONU n'a pas été créée pour nous apporter au paradis, mais bien pour nous prémunir de l'enfer ». Septante ans plus tard, Il vaut la peine de bien comprendre l'essence de cette déclaration. On ne devrait pas s'attendre à ce que l'ONU soit parfaite. Par contre, nous devrions exiger une pertinence, une capacité à prévenir, à faire de la médiation, à protéger la dignité humaine et, en fin de compte, la capacité à défendre des principes, même lorsque les appliquer, ce n'est pas très pratique sur le plan politique. Aujourd'hui, la confiance dans le système international est mise en péril Mise en péril parce que trop de gens pensent que les règles ne s'appliquent pas de façon équitable, que de temps à autre, la force l'emporte sur les principes, ont l'impression que certains engagements sont conditionnés et que les accords ne durent que tant que les intérêts restent les mêmes. Et pour les petits États, le monde est particulièrement dangereux. Notre histoire nous a prouvé que les compromis sont difficiles sur la scène internationale, que la paix, la stabilité et l'intégration exigent du courage au plan politique et des sacrifices difficiles. Et sans vouloir prendre qui que ce soit de haut, je pense qu'il y a un exemple de pays qui a abandonné quelque chose qui lui appartient en tant que droit fondamental, Eh bien, il vous suffit de regarder l'histoire récente de ma nation. Une histoire faite de défis, faite de risques sécuritaires, d'ampleur régionale, de compromis, de concessions permanents au nom de la paix, de la coopération et de l'objectif suprême de l'intégration, souvent au détriment de certains postulats comme la dignité et la justice. Nous avons véritablement pris des décisions difficiles, nous avons continué notre marche en avant, même lorsque parfois le cheminement durait plus longtemps qu'une génération de citoyens aurait pu l'attendre, de façon justifiée d'ailleurs. Mais, conscient de la réalité, et après quelques années, je peux dire avec responsabilité aujourd'hui que la confiance ne peut pas être qu'une obligation à sens unique, de façon indéfinie. Si les petits États se doivent de respecter les règles, si c'est ce qu'on attend d'eux, alors les règles doivent donner aux petits États suffisamment de prévisibilité. Si les candidats membres de certaines organisations doivent respecter certains critères, alors respecter ces critères doit ouvrir des portes. Si on demande à des citoyens et citoyennes de faire confiance aux institutions, alors les institutions doivent prouver que leurs paroles ne sont pas des coquilles vides et que leurs engagements s'inscrivent dans le temps. Les règles qui s'appliquent aujourd'hui ne peuvent pas être différentes demain, tout simplement parce que l'équation du pouvoir a changé. Et un engagement annoncé ne peut pas être un outil pratique temporaire, politique. Non, ça doit être un fondement sur lequel les populations peuvent construire l'avenir. Nous demandons aux citoyens d'agir sur le respect. Nous disons à nos concitoyens et concitoyennes qu'une paix durable vaut la peine plus qu'une victoire politique nombriliste, que respecter un accord, c'est un signe de sagesse et que c'est la chose à faire, pas un signe de faiblesse. L'intégration européenne et de l'Atlantique Nord signifie qu'il faut des règles qui s'appliquent à tout le monde et qu'il faut les respecter. Mais cet argument est très difficile à justifier lorsque nos concitoyens et concitoyennes se rendent compte que dans les relations internationales, de temps à autre, les principes cèdent le pas au pouvoir et que les critères peuvent évoluer alors que de temps à autre, un processus a déjà été enclenché ou que certaines et certains doivent faire preuve de cohérence alors que d'autres ne respectent pas cette exigence de cohérence. On ne peut pas dire à nos populations de respecter les règles lorsqu'elles se rendent compte que les règles ne s'appliquent pas à tout le monde de façon équitable. On ne peut pas les convaincre que le compromis est une vertu si chaque compromis engendre une exigence supplémentaire. Et on ne peut pas s'attendre à une confiance dans les institutions internationales si les citoyens et citoyennes ont l'impression que souvent C'est le poids d'un pays qui influence les décisions et pas la force d'un accord. C'est le poids de la légitimité, car notre autorité en tant que dirigeant élu n'émane pas du poste en tant que tel. Cette autorité émane des personnes qui nous ont élus, qui nous rendent responsables, qui demandent des comptes et qui, au quotidien, font la comparaison entre ce qu'on leur promet et ce que ces gens voient chez eux. Et aujourd'hui, on le voit plus que jamais par le passé. Nous vivons dans un monde où les transformations galopent aux quatre coins du monde. L'humanité n'a jamais eu accès à autant d'informations, mais l'humanité n'a jamais été exposée à autant de manipulations, de demi-vérités, et à des images fabriquées toutes pièces, à de la propagande et à de la désinformation organisée. Et c'est la raison pour laquelle Le monde politique entame un chapitre plus difficile, plus complexe. Notre tâche n'est plus simplement d'informer nos concitoyennes et concitoyens. Nous devons aussi gagner leur confiance. Il n'est pas suffisant de dire à nos concitoyens ce qui est vrai. Nous devons établir des institutions dignes de confiance. Où la où la vérité est partout, même si elle n'est pas facile à entendre. Il faut des valeurs, certes, mais des valeurs importantes et qui tiennent la route même lorsque défendre ces valeurs exige un capital politique ou exige qu'on emprunte le chemin le plus ardu. Nous devons convaincre nos sociétés que la coopération est préférable à l'isolement, que l'État de droit est préférable au comportement unilatéral, que le compromis est préférable au conflit. Et pour convaincre que les institutions sont préférables au droit du plus fort. Mais pour que ces convictions prennent forme, nous devons, nous aussi, être cohérents, cohérentes. Les valeurs ne sont pas sauvées par les discours, elles sont sauvées lorsqu'elles sont défendues, et ce, surtout lorsqu'il serait plus simple de les laisser de côté. Et c'est sans doute l'un des plus grands défis de notre temps. Le monde change à un rythme extraordinaire. Les centres du pouvoir évoluent, les technologies aussi, les relations économiques aussi, dans votre domaine pour les doctrines sécuritaires, les alliances. L'histoire s'accélère à nouveau. Et lors de ce genre de période, on pourrait toujours être tenté de se dire que tous les principes, tous les principes ne sont plus pratiques, que le droit, la loi doit s'adapter au pouvoir, que les valeurs sont un luxe qui peuvent attendre le passage d'une crise. Et c'est en fait dans ces moments-là que nous avons besoin de ces valeurs car si lorsque le monde change nous abandonnons les règles qui nous protégeaient en temps de stabilité, nous n'allons pas être plus libres, nous allons hériter d'un monde où chaque décision dépendra des sources de pouvoir à un moment m. Et Pour les petits États, ce monde est particulièrement dangereux. C'est pourquoi notre devoir en tant que dirigeantes et de dirigeants n'est pas de promettre à nos populations un monde sans injustice, sans déception, sans conflit, sans conflit d'intérêts, car ce monde n'existe tout simplement pas. Notre devoir est plus exigeant encore, c'est-à-dire préserver la foi en les règles, même lorsqu'il est clair que les règles sont violées. exiger la coopération même lorsque la confrontation semble être plus séduisante. Garder la confiance des institutions, on ne demande pas aux populations d'être un peu plus souple en demandant moins de questions, mais en s'assurant que les institutions sont davantage dignes de confiance pour les populations. On ne peut pas laisser les déceptions quant aux imperfections de l'international nous mener à une situation bien pire encore, c'est-à-dire un monde où il n'y a tout simplement plus le moindre ordre. Selon moi, c'est une des plus grandes responsabilités morales et politiques de notre génération. Elle s'applique au système international, mais aussi à l'Europe. Nous n'abandonnerons pas l'idéal européen parce que le cheminement vers l'Union européenne est difficile. L'Union européenne demeure notre foyer politique, institutionnel, économique. Et nous avons de quoi faire chez nous. Nous devons renforcer l'État de droit, établir des institutions plus efficaces, établir une économie plus compétitive et renforcer la confiance de nos citoyens et citoyennes dans leur propre État. C'est là notre responsabilité et nous ne l'égons pas à Bruxelles. Dans le même temps, nous attendons ce que l'intégration européenne demeure Un processus basé sur le mérite et sur des principes évaluables, non un processus où les questions bilatérales continuent de faire changer les objectifs. Nous ne demandons pas de passe-droit, nous demandons tout simplement une transition régie par des règles. Nous ne demandons pas un assouplissement des règles, nous demandons des règles qui demeurent ce qu'elles sont, des règles. des critères. C'est important pour la crédibilité européenne lorsque son poids géopolitique de plus en plus dépendra de sa capacité à oui ou non traduire ses engagements en résultats politiques tangibles et de sa capacité à défendre les valeurs. Qui sont les siennes? Et de sa volonté à mettre en œuvre ces valeurs en dépit des nombreux défis excellence L'avenir de l'ordre international de demain ne sera pas défini dans les salles diplomatiques, sur les champs de bataille, mais aussi dans les réseaux électriques, les écoles, les centres de données, dans la capacité des sociétés à maîtriser les technologies. L'intelligence artificielle n'est plus un sujet de demain, c'est l'infrastructure du présent. Et le monde aujourd'hui salut à nouveau la valeur de la résilience d'une énergie fiable, d'infrastructures, de chemins de transport diversifiés et de chaînes d'approvisionnement proches et fiables pour nous. Le développement intensif des couloirs 8 et 10 fait cadre dans une vision européenne générale, c'est-à-dire mieux connecter les mers Noire et Adriatique, l'Europe centrale et la mer Égée, pour donner davantage de liens pour l'énergie, les populations et les biens de consommation pour assurer que la région est interconnectée dans des infrastructures au lieu de rester en périphérie géopolitique du continent. Notre géographie ne doit pas pour autant sceller notre destinée. Notre géographie peut être un atout si on établit des institutions, des infrastructures qui transforment notre posture géographique en pôle de connectivité. Dans le même temps, nous devons aussi aborder la question des migrations différemment. Les migrations commencent lorsqu'il n'y a pas d'emploi, de sécurité, d'éducation, d'accès à l'eau, pas de perspective, pas de confiance. Réaffirmant que demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Ce n'est pas qu'une question de frontières. Les politiques responsables doivent rassembler la sécurité, la dignité humaine, le développement et les besoins véritables du marché du travail.
Idem pour les politiques climatiques. Nous allons devoir tenir compte davantage de la réalité. La transition écologique est essentielle, mais si elle n'est pas tenable sur le plan social, eh bien, nous allons perdre le soutien politique dont nous avons besoin pour la mettre en œuvre. Si elle dépend d'une poignée de sources de technologie, nous allons créer de nouveaux défis. Si nous nous attendons à ce que les pays plus pauvres avancent au même rythme sans les doter de l'accès nécessaire au capital et à la technologie, cela va creuser les inégalités plutôt que de nous permettre d'opérer une transition. Voilà pourquoi la politique climatique doit être une politique qui tient compte de l'environnement, de l'économie et des questions sociales. Monsieur le Président, tout cela me ramène au thème central de notre session, la confiance. La confiance ne peut être créée simplement en adoptant une résolution. Non, la confiance est un résultat. La confiance, nous pouvons la bâtir lorsqu'une institution atteint les objectifs pour lesquels elle a été créée. Voilà pourquoi la réforme des Nations unies est nécessaire afin que l'organisation devienne plus apte à générer des résultats. L'idée n'est pas de remplacer la responsabilité des États, non, l'idée est d'agir lorsque l'action collective est nécessaire. Le multilatéralisme ne prend pas naissance ici, à New York. Le multilatéralisme commence avec les actions des États qui se réunissent à New York. Mesdames et messieurs, nous sommes un petit pays pour ce qui est de notre taille, certes, mais la taille de notre territoire ne peut définir l'échelle, l'ampleur de notre ambition. Notre ambition, c'est d'être un État qui est pris au sérieux, un État sur lequel nos alliés peuvent se reposer, un État où les jeunes peuvent prévoir leur avenir, un État qui respecte la diversité et le multiculturalisme qui définissent notre société, un État qui est suffisamment confiant pour défendre son identité sans nier l'identité des autres, un État qui connaît son histoire, mais dont le destin n'est pas défini par son histoire, et un État qui ne s'attend pas à ce que les autres fassent le travail qu'il doit mettre en œuvre. Voilà, c'est un État avec une souveraineté moderne, un État qui est capable, un État qui n'est pas isolé. Cette année, le secrétaire général, Antonio Guterres, nous a rappelé que la Charte commence avec la phrase suivante: "Nous, peuples des Nations unies." La phrase ne commence pas par "nous, les vainqueurs", non. Voilà pourquoi Ce petit pays d'Europe continue d'avoir foi dans cette organisation, même lorsque l'organisation nous déçoit, car nous savons quelle est l'alternative. Un monde qui n'est pas gouverné par des règles et c'est un monde où règne le droit du plus fort. Un tel monde pourrait sembler efficace à court terme, mais cela ne peut être un monde stable. Il y a quelques décennies, l'ONU est venue en Macédoine du Nord avec une nouvelle idée, l'idée selon laquelle la communauté internationale n'a pas à attendre que la violence survienne avant d'agir. Et aujourd'hui, une fois encore, nous devons faire preuve de la même sagesse politique. Nous ne devons pas attendre que la technologie génère de nouvelles inégalités avant de créer des règles. Nous ne devons pas attendre que les jeunes commencent à émigrer pour bâtir une société digne, une société qui a un potentiel pour les jeunes. Nous ne devons pas attendre que les institutions perdent la confiance des citoyens pour les réformer. Nous ne devons pas attendre que le monde soit pleinement divisé en blocs qui s'opposent avant de découvrir de nouveau l'importance du dialogue. Et donc, cet enfant avec lequel j'ai commencé mon discours, cet enfant aura 14 ans en 2040. Personne ici ne peut promettre à cet enfant un monde en paix, un monde sans crise, un monde sans rivalité. Mais nous pouvons léguer à cet enfant quelque chose d'autre. Nous pouvons lui léguer un monde où la puissance n'est pas le seul argument qui définit le résultat, un monde où la connaissance. n'appartient pas à une poignée de personnes, un monde où ce sont les alliances qui créent la sécurité, où nous pouvons léguer un monde où la technologie est mise au service de l'humanité, un monde où un État, quelle que soit sa taille, a le droit à la même dignité, aux mêmes règles, a le droit d'avoir voix au chapitre sur un pied d'égalité avec les grandes puissances. Voilà la promesse que nous devons réitérer, non pas car nous sommes naïfs pour ce qui est de la situation actuelle, mais car nous sommes suffisamment réaliste pour savoir ce qui se produit lorsque c'est la loi du plus fort qui règne. Les Macédoniens et les citoyens de la Macédoine du Nord assumeront leurs responsabilités. Je vous remercie de votre attention.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le président du gouvernement de la République de Macédoine du Nord. Nous allons maintenant entendre une allocution de Son Excellence Matthew Cooper Wale, le Premier ministre des Îles Salomon. Je prie le protocole de bien vouloir l'accompagner jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Excellence, Mesdames et Messieurs, chers délégués, je m'adresse aujourd'hui devant vous au nom d'une nation et d'un peuple dont l'avenir est façonné dans des halls comme le hall de l'Assemblée générale. Je vous transmets les sincères salutations du peuple et du gouvernement des Îles Salomon, une nation de près de 1 000 îles réparties sur plusieurs kilomètres dans le Pacifique. Notre peuple nourrit les mêmes aspirations que les peuples du monde entier: vivre dans la paix, élever ses enfants dans la dignité. M. le Président, je vous félicite de votre élection. Vous pouvez compter sur le plein soutien des îles Salomon. Je souhaite également féliciter La présidente de la 4 20e session que je félicite de son rôle de chef de file. Je souhaiterais remercier tout particulièrement le secrétaire général Antonio Guterres, qui participe à ce débat général pour la dernière fois avant la fin de son mandat. Monsieur le secrétaire général, vous avez été un véritable champion. défenseurs du multilatéralisme et des petits États insulaires en développement. Vous n'avez eu de cesse de vous battre pour l'action climatique. Vous vous êtes rendu dans notre région à plusieurs reprises afin de dire au monde que le Pacifique est une région importante et que la façon dont nous répondons aux défis auxquels fait face cette région en dira long sur ce que peut faire cette organisation. Nous sommes réunis à une Période où le multilatéralisme est mis à rude épreuve et où d'aucuns pensent que doit régner la loi du plus fort. Et pourtant, nous continuons à être réunis dans des forums pour des dialogues à travers le monde et ici à l'Assemblée générale. qui incarnent le multilatéralisme. Tout cela nous donne de l'espoir, Monsieur le Président. Pour ce qui est de mon peuple, ce qui se dit dans cette salle, nous pouvons le mesurer non pas à l'aune des déclarations, mais des résultats, c'est-à-dire notre capacité à équiper les salles de classe d'enseignants, de livres, notre capacité à créer des hôpitaux avec suffisamment de médicaments, à construire des routes pour parvenir jusqu'au marché. Voilà. Comment les îles Salomon coopèrent avec le reste du monde. Mon gouvernement s'est doté d'un programme pour une transformation nationale. Nous souhaitons fournir une éducation libre et universelle afin que tous les enfants puissent être scolarisés, même les enfants des familles qui ne peuvent pas se permettre de financer la scolarité de leurs enfants. Nous souhaitons également éradiquer les maladies non transmissibles, éradiquer notamment le paludisme et bâtir un nouvel hôpital national de référence. Nous donnons la priorité à l'énergie Il y a d'autres infrastructures critiques. Nous construisons des routes, des ports, des aéroports, des infrastructures de télécommunications pour connecter nos îles qui sont étendues sur de longues distances pour bâtir une seule et même économie nationale. Nous sommes en train de réformer le système des finances publiques pour investir à bon escient pour notre population. Et nous sommes également en train d'adopter des amendements constitutionnelle pour renforcer notre démocratie. C'est à l'aune de ces résultats que mon peuple jugera son gouvernement. Monsieur le Président, au cours de l'année écoulée, la communauté internationale a fait face à de nombreux défis, des conflits armés qui dure depuis longtemps, une crise énergétique, des perturbations au système commercial international. Tout cela a été exacerbé par une déstabilisation, déstabilisation orchestrée par ceux qui aspirent à leurs ambitions égoïstes. Pour les petites économies insulaires, ce ne sont pas des événements qui se produisent loin de chez nous. Non, chaque
La fluctuation des cours du carburant a une incidence sur le coût du transport, de l'électricité, de l'alimentation, des services essentiels. Cela met à rude épreuve des communautés qui sont très vulnérables face aux chocs externes. Ces tensions confirment ce que mon pays sait depuis longtemps, à savoir que la paix et la sécurité sont intimement liées au développement. Il n'est pas possible de garantir la paix et la sécurité sans développement et inversement. Il n'y a pas de vainqueur en cas de guerre, il n'y a que des victimes, des orphelins et le dur travail de reconstruction. Rien ne peut remplacer le dialogue, la diplomatie, les négociations pacifiques. Les îles Salomon exhortent tous les belligérants à protéger les civils et à retrouver le chemin de la négociation et à respecter à la lettre le droit international. Voilà pourquoi le monde a besoin d'une Organisation des Nations unies plus forte, plus souple, une organisation dotée des ressources pour répondre à la réalité contemporaine. Monsieur le Président, la région du Pacifique fait face à une grave menace qui gagne du terrain. Des réseaux criminels transnationaux utilisent notre océan pour le transport de drogues illicites, sapant notre souveraineté, portant atteinte à notre sécurité nationale, détruisant la vie des jeunes, portant atteinte au tissu social. Tout cela a une incidence sur les ménages, sur les communautés, sur la vie des jeunes et nous n allons pas laisser ces criminels tirer parti de la vulnérabilité de notre population. Nous sommes en train de réformer notre législation sur les la lutte contre les stupéfiants pour durcir les sanctions et nous sommes en train de renforcer nos services de répression pour pouvoir démanteler ces réseaux. En août de cette année, les îles Salomon sont devenues membres de la Convention des Nations unies contre le crime organisé transnational, ce qui illustre notre détermination à combattre cette menace. Ce sont des mesures que nous prenons, des mesures coûteuses, et aucun pays ne peut vaincre la menace seul. Nous avons besoin de plus de coopération internationale, de plus de partage de renseignements. Il faut investir dans les capacités des services de répression et nous avons besoin également de travailler sur la prévention et la réhabilitation. Nous aspirons à une région du Pacifique en paix. dans la sécurité. Et cela ne concerne pas seulement le crime transnational. Comme consacré par la Déclaration sur un océan de paix, notre région doit être une région libre de toute arme nucléaire, une région libre de toute ingérence extérieure. Conformément à cette vision, mon gouvernement propose un traité qui lierait les pays insulaires du Pacifique et les pays qui partagent notre vision, afin que cet océan reste un océan de paix. par la voie d'un engagement partagé, d'un engagement ferme. Monsieur le Président, l'intelligence artificielle, les technologies émergentes ont un fort potentiel, mais font également peser des risques graves. En effet, ces technologies peuvent nous permettre d'accélérer le développement durable, de transformer l'éducation, la santé, de renforcer notre préparation face aux catastrophes, de créer des débouchés économiques pour les pays en développement. Mais le creusement de la fracture numérique menace les pays en développement qui pourraient rester sur le bord de la route. Pour mon gouvernement, la transformation numérique, ce n'est pas adopter des technologies comme si les technologies étaient une fin en soi. Non, l'idée est de veiller que tous les habitants de mon pays aient accès à l'économie moderne. Nous allons bâtir des infrastructures pour que tout le monde, pour que le pourcentage d'accès à la bande passante passe de 56 % à 86 %, ce qui nous permettra de renforcer l'accès à l'information, à l'éducation, aux services financiers numériques. Tout le monde doit avoir accès aux avantages de l'IA. Ces avantages ne doivent pas être concentrés par une poignée de personnes. Pour ce qui est des risques, notamment l'utilisation à des fins non pacifiques, il faut régir ces risques et tout le monde doit fixer les règles et non pas une poignée de personnes. Voilà pourquoi nous pensons que nous avons besoin d'un cadre international pour la gouvernance de l'IA, un cadre inclusif et transparent. Monsieur le Président, année après année, les dirigeants du Pacifique, depuis cette tribune, ont exhorté le monde à agir pour lutter contre le réchauffement, contre le changement climatique. Et pourtant, Nous ne sommes pas encore à la hauteur du défi, étant donné ce que nous disent les scientifiques. À chaque COP qui passe, c'est l'impact du changement climatique qui gagne du terrain, la montée des eaux qui vient engloutir nos îles avec des catastrophes de plus en plus fréquentes et dévastatrices. Ce qui est menacé, c'est l'accès à l'alimentation, à l'eau. Nos communautés n'ont d'autre choix que de quitter leurs terres ancestrales. Et cette réalité, nous ne la connaissons que trop bien dans les îles Salomon. En effet, cette année, le cyclone tropical mais là de catégorie cinq. Cette tempête a dévasté nos communautés, nos maisons, nos écoles, nos infrastructures, nos moyens de subsistance. Mon gouvernement vient d'approuver un budget de 9,4 millions de dollars pour loger urgemment les habitants qui ont été déplacés. Nous en avons besoin pour les services essentiels, mais nous devons utiliser ces sommes en raison de l'impact des événements météorologiques extrêmes. Comme de nombreux pays du Pacifique, nous nous retrouvons pris au piège de ce cycle. Ce n'est pas durable et ce n'est pas juste, car mon pays fait partie des pays qui ont le moins contribué au changement climatique. Et pourtant, nous sommes les premiers à en payer le prix, un prix élevé. Et l'Assemblée générale fait donc face à une obligation morale. L'année dernière, la Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif qui fait date. Un avis qui stipule que les États ont une obligation juridique de protéger le système climatique. Les grands émetteurs doivent réduire de façon drastique leurs émissions et doivent cesser progressivement de dépendre des combustibles fossiles. Nous avons besoin d'un financement climatique, notamment du Fonds pertes et préjudices. Nous avons besoin de financer la transition et non pas simplement projet par projet, car ce n'est pas durable et cela ne permet pas de répondre à l'ampleur de la crise. Les pays vulnérables ne devraient pas avoir à choisir entre l'action climatique et la scolarisation de leurs enfants, la prise en charge des personnes malades ou l'accès à l'alimentation et à l'eau. Et pourtant, c'est la décision que nous sommes obligés de prendre avec chaque dollar que nous dépensons. Voilà pourquoi il faut abonder le Fonds pour la résilience du Pacifique et nous avons besoin également de reconstituer le Fonds vert pour le climat. Notre région, depuis longtemps, est à l'initiative de l'action climatique et nous continuerons à le faire. La réunion en vue de la COP31 aura lieu dans le Pacifique, organisée par l'Australie avec les Fidji et Tuvalu. Cela nous permettra de mettre en lumière la réalité climatique. J'exhorte toutes les parties et tous les partenaires à participer à cette réunion et à participer à la COP31. Nous avons besoin de plus d'engagements, de plus d'actions concrètes. C'est ce que méritent les communautés qui sont en première ligne de la crise climatique. Monsieur le Président, les îles Salomon saluent la tenue de la deuxième réunion de haut niveau sur la montée des eaux ainsi que l'adoption de la première déclaration politique sur la montée des eaux. Jour après jour, nos populations défendent leurs côtes, renforcent leur résilience, protègent leur alimentation, leur sécurité hydrique, leur patrimoine culturel. Et lorsqu'il n'y a plus d'autre choix, ces populations doivent quitter leur terre. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls. J'exhorte l'Assemblée à Être à la hauteur du courage dont fait preuve la communauté du Pacifique. Nous avons besoin de détermination internationale. Il faut renforcer le financement de la résilience et de l'adaptation. Il faut soutenir les communautés qui font face à des besoins et qui ont des besoins, notamment dans le domaine de la mobilité. Les îles Salomon souhaitent réaffirmer que les délimitations maritimes telles qu'elles ont été établies par la Convention sur le droit de la mer, ainsi que les droits qui découlent de ces délimitations maritimes, que ces délimitations continueront d'exister indépendamment des conséquences de la montée des eaux et des changements physiques que cela peut produire. L'océan n'est pas simplement une ressource. L'océan, c'est notre identité, notre patrimoine, notre avenir. C'est grâce à l'océan que nous pouvons vivre, que notre culture vit, que notre économie fonctionne. Personne ne possède l'océan, nous appartenons à l'océan. Nous sommes les garants de l'océan le temps d'une génération pour le bien des générations à venir. Et pourtant, notre capacité à bénéficier pleinement de notre océan, tout cela est miné par la pêche non réglementée, non déclarée, illégale, qui coûte à notre région 300 millions de dollars par an. Les îles Salomon se battent contre ce phénomène. Nous travaillons avec l'Agence des pêcheries et avec nos partenaires, notamment l'Australie, la France, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, afin de renforcer la de notre océan et afin d'y faire respecter les règles. Monsieur le Président, l'ODD 14 fait partie des ODD les moins financés de tous les objectifs de développement durable. Il ne nous reste que quatre ans avant 2030. À l'occasion de la quatrième conférence des Nations unies sur les océans, il faut renforcer le financement et il faut réfléchir à l'après 2030, les îles Salomon saluent l'entrée en vigueur de l'accord BBNJ, ainsi que les préparatifs en cours pour la première COP qui aura lieu au mois de janvier. Il ne tarde d'y participer afin d'établir sans délai le secrétariat de l'accord BBNJ et les mécanismes institutionnels pour la mise en œuvre de l'accord. La pollution plastique empoisonne notre océan et notre alimentation. Les négociations vont reprendre à Bangkok et les îles Salomon appellent de leurs vœux un traité ambitieux, juridiquement contraignant, pour tenir compte du cycle de vie du plastique, de la production jusqu'à l'élimination. Monsieur le Président, notre plus grande force réside dans notre population. Plus de la moitié de notre population est âgée de moins de 25 ans. Voilà pourquoi mon gouvernement crée des cadres juridiques pour autonomiser les jeunes, pour promouvoir l'égalité des genres, pour renforcer la protection des femmes et des enfants face à la violence domestique. Nous saluons les progrès mondiaux accomplis pour promouvoir le droit des femmes et des personnes handicapées à participer pleinement à l'économie. Les îles Salomon sont déterminées à accomplir des progrès dans notre pays également. Il ne peut y avoir de développement durable sans égalité des chances. Monsieur le Président. Nos partenariats dans le domaine du développement jouent un rôle indispensable pour renforcer les infrastructures, la connectivité maritime, la santé et l'éducation, améliorer la vie des habitants des îles Salomon. Je remercie les gouvernements et les peuples de l'Australie, de la Chine, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, de la République de Corée et des États-Unis et de l'Union européenne de leur contribution à notre développement national. La coopération Sud-Sud vient compléter de façon importante l'aide publique au développement. Les partenariats entre les pays en développement nous ont permis de partager l'expertise, la technologie, les innovations, les solutions qui sont les plus adaptées à nos circonstances. Le soutien de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de l'Indonésie, de l'Inde et de la famille du Pacifique incarne le véritable esprit de la solidarité Sud-Sud que nous chérissons. Nous saluons également le partenariat avec les organisations multilatérales, les ONG, le secteur privé. Tout cela soutient le développement des îles Salomon. Pour ce qui est de mon gouvernement, il travaille main dans la main avec nos églises afin de bâtir des communautés plus fortes, plus inclusives. La coopération, les partenariats à tous les niveaux sont essentiels pour l'édification d'une nation. Monsieur le Président, en tant que PEID, notre vulnérabilité est une réalité fondamentale. Une seule catastrophe naturelle peut anéantir des années d'investissement et de progrès et peut nous faire régresser. L'indice de vulnérabilité multidimensionnelle reflète bien les circonstances spéciales des PEID, car la seule mesure du revenu ne suffit pas pour tenir compte de cette vulnérabilité. Voilà pourquoi les institutions financières internationales doivent tenir compte de cet indice de vulnérabilité au moment de prendre des décisions sur le financement des PUID. Et ces institutions doivent le faire immédiatement. Monsieur le Président, l'année dernière, le monde a consacré plus de 2 900 milliards pour les dépenses militaires, c'est-à-dire 16 fois plus que l'aide publique au développement. En l'espace de 18 jours, le monde dépense plus d'argent pour les armes que pour le financement climatique en une année pour les pays en développement. Cette même année, les dépenses militaires ont atteint un niveau inédit depuis 2009. Or, la même année, il y a eu des coupes drastiques de l'aide au développement. Il y a une diminution d'un quart de l'aide bilatérale pour les PMA. Nous devons corriger ce déséquilibre. Nous pourrions utiliser ne serait-ce qu'un petit pourcentage de ces dépenses pour pleinement abonder le Fonds pour la résilience du Pacifique, le Fonds pertes et préjudices, le Fonds vert pour le climat, et cela nous permettrait d'atteindre les objectifs relatifs à l'APD. Donc les ressources existent. Ce qui fait défaut, c'est la volonté. Or, il y a péril en la demeure. Les îles Salomon devraient quitter la catégorie des PMA en 2027. Dans le cadre de nos préparatifs, mon gouvernement s'est doté d'objectifs ambitieux et nous ne ménageons aucun effort. Nous utilisons les partenariats public-privé pour débloquer les investissements pour financer des projets transformateurs, des zones économiques spéciales et financer des secteurs clés. Nous devrions notamment ouvrir une usine de thon dans le port de Bina, moderniser nos aéroports, nos infrastructures agricoles. Nous allons investir dans le commerce, dans le réseau routier, dans les ports maritimes. Par ailleurs, mon gouvernement renforce ses institutions financières et les cadres de collecte des recettes. Nous travaillons également sur la reddition des comptes afin que nous puissions financer de façon durable nos priorités de développement. Toutes ces réformes incarnent l'engagement qui est le nôtre en faveur d'une économie forte, résiliente, qui génère des résultats pour la population de façon décentralisée, en ne perdant jamais de vue la population. Notre ambition et donc de quitter cette catégorie de PMA avec confiance, de renforcer les fondations de notre économie et de veiller à ce que le développement génère des opportunités pour tous les habitants des îles Salomon. Monsieur le Président, l'ONU célèbre son 81e anniversaire. L'ONU doit continuer à évoluer pour répondre aux défis d'aujourd'hui. L'ONU doit, dans le même temps, rester fidèle à ses principes fondateurs. Le processus de réforme ONU 80 doit renforcer l'efficacité et la pertinence de l'organisation, sans pour autant diminuer la présence, les services ou le soutien que l'ONU apporte aux régions les plus vulnérables. ou l'aide est le plus nécessaire. La réforme doit renforcer les résultats et non pas réduire les résultats que l'organisation obtient. L'ONU n'est pas une organisation parfaite, certes, mais elle est au cœur, elle est le socle de la diplomatie multilatérale et c'est une organisation indispensable pour que les nations puissent œuvrer à la paix, au développement durable, au respect du droit international et à la protection des droits humains. Le ou la prochain ou prochaine secrétaire général devra diriger l'organisation avec vision. Il faut veiller à ce que le secrétariat rende des comptes à tous les États membres. Il faut servir les intérêts des États, quelle que soit leur taille, sur un pied d'égalité. Monsieur le Président, nous réitérons notre soutien pour une véritable réforme du Conseil de sécurité afin que ce dernier soit plus représentatif, transparent, redevable, afin qu'il reflète la réalité contemporaine. Un Conseil un siège pour les PIDs nous permettrait de renforcer la légitimité et l'efficacité du système multilatéral dans son ensemble. Le veto est est une relique de 1945. Le veto a trop souvent été utilisé pour fermer les yeux sur des violations du droit international. Cela a contribué au deux poids, deux mesures, ce qui n'a fait qu'exacerber les conflits. Le veto ne doit pas être utilisé en cas de génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre. Le droit de veto devrait être aboli. Monsieur le Président. Monsieur le Président, les îles Salomon sont fières de contribuer à la mission de maintien de la paix au Soudan du Sud, en dépit de notre petite taille. Notre participation à cette mission illustre notre engagement envers la Charte, la paix, la sécurité internationale et le noble travail des Casques bleus qui servent les communautés qui sont en proie à des conflits. Je remercie nos partenaires, l'Australie et la police des Nations unies. Il nous tarde de continuer à contribuer au maintien de la paix au cours de l'année à venir. Monsieur le Président, il est essentiel de ne laisser personne pour compte et pour cela, il faut le travail de la décolonisation qui reste inachevé. Nous réitérons notre soutien de longue date pour le droit à l'autodétermination du peuple kanak de Nouvelle-Calédonie et du peuple ma'ohi-nui de la Polynésie française. Le processus de décolonisation des Nations Unies ne doit pas simplement nous donner de l'espoir. Ce processus doit permettre permettre l'émancipation pleine et entière des peuples dans les territoires non autonomes, leur donner la liberté de déterminer leur avenir politique, de concrétiser leurs aspirations de développement. Pour ce qui est de la Papouasie occidentale, la population de la Papouasie occidentale, ces personnes sont nos frères et nos sœurs de Mélanésie. Nous respectons la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République d'Indonésie. Nous chérissons notre amitié avec le gouvernement et le peuple de l'Indonésie. Et c'est précisément pour cela que nous souhaiterions parler avec franchise. Il y a des rapports faisant état de violations des droits humains dans cette région depuis trop longtemps. Il est essentiel qu'il y ait une vérification indépendante. Voilà pourquoi nous réitérons l'appel des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, le gouvernement de l'Indonésie doit sans délai faciliter la visite attendue de longue date du Haut-commissaire aux droits humains des Nations unies dans cette région. C'est un acte qui illustre la confiance entre les amis. Cela montre qu'il n'y a rien à dissimuler et que nous n'avons pas à avoir peur de la lumière. Monsieur le Président, en guise de conclusion, étant donné les défis auxquels nous faisons face, nous avons besoin de solidarité renouvelée, de multilatéralisme renforcé, d'un véritable engagement en faveur des principes de la Charte de l'ONU. Mais les institutions n'ont pas de cœur, ce sont les populations qui ont Les chartes ne permettent pas de maintenir la paix. Ce sont les hommes et les femmes qui sont fidèles à ces chartes qui le font. Au-delà de chaque déclaration, de chaque engagement que nous avons, chacune et chacun d'entre nous a une responsabilité profonde: contribuer à la paix, faire preuve de bonne volonté, maintenir les liens fragiles d'amitié entre les nations. Plus que jamais, nous avons besoin de cet esprit. Monsieur le Président, Si vous le voulez bien, je souhaiterais vous parler de la foi chrétienne qui a façonné ma population. Notre constitution a été établie, guidée par la main de Dieu, par un peuple conscient de son destin commun. Et nous pensons que c'est vrai non pas seulement pour les îles Salomon, mais pour l'ensemble des nations. Nous vivons à une époque où les divisions sont devenus caractéristiques. Les nations sont réparties entre camps. Les voisins se voient demander de choisir un camp. Trop souvent, les petits États sont traités comme des prix à remporter plutôt qu'en tant que partenaires qui ont voix au chapitre. Mais le destin des nations n'est pas décidé par cette assemblée générale ou par un pays, quelle que soit la puissance de ce pays. Le roi Salomon, l'un des rois les plus sages de l'Antiquité, a dit: Il y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets, mais c'est le dessein de l'éternel qui s'accomplit. La vérité ne nous rend pas passif, elle nous rend humble, elle nous rend redevable et donc j'exhorte. tous les dirigeants à faire trois choses. Tout d'abord, nous devons demander plus de sagesse avant de demander des avantages. Lorsque le roi Salomon s'est vu offrir tout ce qu'il souhaitait, il n'a pas demandé des richesses ou une longue vie, il n'a pas demandé à vaincre ses ennemis, il a demandé un cœur, un cœur attentif afin qu'il puisse guider avec sagesse son peuple. Et je pense que c'est ce à quoi nous devrions tous aspirer dans cette salle. Deuxièmement, nous devons continuer à négocier. Le roi Salomon nous a nous a également appris qu'il est bon de s'entourer d'un grand nombre de conseillers. Je pense que c'est ce que devrait faire cette organisation, c'est ce que doit être cette organisation, c'est-à-dire que nous devons tous travailler ensemble, quelle que soit la taille de nos pays, car seul notre regard ne porte pas suffisamment loin. Troisièmement, nous devons bien mesurer la grandeur. C'est la justice qui élève les nations et non pas leurs arsenaux, leurs alliances, c'est la justice. la façon dont nous traitons les plus pauvres, les déplacés, les plus vulnérables. Les nations connaissent l'essor, la chute, mais ce qui subsiste, c'est la volonté de Dieu. Nous devons choisir la coopération plutôt que la division, le dialogue plutôt que la confrontation, la paix plutôt que l'hostilité, l'action plutôt que l'inaction. Et nous devons diriger en tant que peuple, conscient du fait que nous devrons un jour rendre compte de nos actes. Notre mot d'ordre dans les îles Salomon, c'est guider, c'est servir. Et les îles Salomon sont prêts à assumer leurs responsabilités en tant que membres responsables de cette Assemblée. Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse le Conseil des nations. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le Premier ministre des îles Salomon. de l'Assemblée. L'Assemblée va entendre une allocution de son excellence Philippe Pierre, Premier ministre, ministre des Finances, du Développement, de l'Optimisation des Peuples de la Justice et de la Sécurité Nationale de Saint-Lucie. Je demande au protocole d'accompagner son excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, en 1979, 34 ans après la création de l'Organisation des Nations unies, mon pays, Sainte-Lucie, qui est petit en géographie, mais est très grand en courage, dignité et conviction, a rejoint la communauté des Nations, remplie d'espoir, d'optimisme et de confiance dans la promesse et dans les objectifs et buts de cette instance. Aujourd'hui, nous nous réunissons alors que les incertitudes sont profondes sur la scène internationale. Les conflits se propagent, la confiance est au plus bas. acquis en termes de développement sont annulés et les règles censées protéger l'humanité sont appliquées trop souvent de façon sélective. Pour les petits États insulaires en développement, ces crises ne sont pas abstraites. Ce sont des réalités vécues au quotidien. Les changements climatiques menacent nos foyers, nos moyens de subsistance, notre existence même. La dette limite notre capacité à investir dans la personne. Les technologies numériques transforment nos sociétés, mais sans garde-fous. Elles peuvent dès lors reproduire les mêmes tendances de domination en revêtant une forme nouvelle. Et dans notre région des Caraïbes, le peuple d'Haïti continue de subir une catastrophe humanitaire et sécuritaire qui exige bien plus que des déclarations de préoccupation. Le thème qui nous a été proposé, rétablir la confiance, gérer la transformation, Les Nations Unies au service de toutes et tous ne peut pas rester une coquille vide. Nous restaurerons la confiance lorsque les actes rejoindront les paroles, lorsque les engagements seront honorés, lorsque l'ONU engrangera des résultats pour toutes les nations, où les principes multilatéraux seront respectés, non seulement pour les plus puissants, mais aussi pour les plus faibles parmi nous. L'Assemblée générale ne devrait pas être une instance où le monde exprime sa sympathie sans accepter dans le même temps des responsabilités. Nous avons besoin d'action, de justice, d'un nouveau pacte international fondé sur les principes, pas sur la puissance. Nous avons besoin de multilatéralisme, pas d'unilatéralisme. Et pour paraphraser l'ancien secrétaire général des Nations unies, L'ONU n'a pas été créée pour nous rapprocher du paradis, mais bien pour nous sauver de l'enfer. Pour Sainte-Lucie, les changements climatiques ne sont pas une question environnementale distante. C'est une menace directe pour la sécurité nationale, la stabilité économique, la sécurité alimentaire et hydrique, et la survie humaine. Lorsque le monde se concentre sur des phénomènes fracassants comme des ouragans, une fonte de glaciers, des tsunamis, les changements climatiques affectent Sainte-Lucie au quotidien de façon un peu plus modeste, avec des sécheresses alors que pourtant la saison est censée être humide, avec des inondations lors de la saison sèche et avec des vagues de sargasses sur nos plages. Notre peuple a très peu contribué aux émissions. de gaz à effet de serre. Pourtant, ces événements climatiques menacent nos moyens de subsistance, notre développement et nous exigeons des ressources pour compenser les dommages. Sainte-Lucie appelle à des financements climatiques correspondant à l'ampleur de la crise. Plus de bourses, aux financements à taux préférentiels, un accès accéléré, plus simple, un appui pour les pertes et préjudices, allègement de la dette et des financements qui aident les communautés vulnérables directement. Le financement climatique, ce n'est pas une question de charité, mais bien de justice, de responsabilité et de survie. Nous ne devons pas confondre prêt et solidarité. Un prêt, ce n'est pas de la justice lorsqu'une petite nation vulnérable se doit d'emprunter des fonds pour réparer des dommages qui ne sont pas de son fait. Une ONU qui se met au service de tous et de toutes de toutes et de tous, plutôt, doit se mettre au service de ceux et celles qui sont en première ligne des changements climatiques, avec des financements accessibles, un appui concret, des résultats évaluables, sans se contenter de faire des déclarations fracassantes. Sainte-Lucie déplore ses souffrances qui continuent de se propager dans le monde, en Ukraine, au Soudan, au Moyen-Orient, à Gaza, et nous appelons des efforts renouvelés pour parvenir à la paix, à la stabilité, au respect du droit international. Conformément au droit à l'autodétermination et aux résolutions de l'ONU, notamment la résolution 3236 de 1974, le peuple de Palestine devrait avoir son propre État et devrait être doté d'un statut de membre à part entière à l'ONU, tout comme l'État d'Israël. Et aujourd'hui, nous n'oublierons pas Haïti. Les États membres de l'Organisation doivent agir pour restaurer la confiance du peuple d'Haïti en l'ONU. Certains États membres n'ont pas honoré leurs engagements et promesses dans le cadre de la Force de suppression des gangs en Haïti, dont le mandat d'un an arrive à échéance ce mois-ci. Le Conseil de sécurité est appelé à renouveler le mandat de la Force et des États membres sont appelés à fournir des ressources adéquates pour que la force puisse s'acquitter du mandat qui lui est confié. Même si la violence imputée aux gangs est le facteur principal qui doit être réglé en Haïti, la crise dans le pays est multidimensionnelle. La riposte internationale doit inclure une assistance économique et sociale sur le long terme pour garantir une qualité de vie acceptable pour le peuple d'Haïti. C'est pourquoi la Communauté des Caraïbes travaille En Haïti, Haïti, qui est un État membre de la Communauté des Caraïbes, afin de trouver une solution au volet gouvernance et politique de la crise, grâce à son groupe de personnalités éminentes composé de trois anciens Premiers ministres, la Communauté continue de faciliter le dialogue entre les parties prenantes de la société civile et politique d'Haïti, alors qu'elle se met à pied d'œuvre pour organiser le premier tour des élections générales cette année. La confiance dans l'ONU sera restaurée si la vie quotidienne des populations d'Haïti est transformée, améliorée. Nous estimons aussi qu'il faudrait un dialogue et une levée de tous les obstacles qui empêchent le véritable développement du peuple de Cuba. Une autre quête de confiance et de transformation. Cuba a toujours été saluée pour sa contribution au développement de la santé, de l'éducation, du développement dans la région au-delà de Sainte-Lucie, et aux côtés du peuple cubain dans son espoir d'avenir meilleur, soutenu par la limite et la solidarité de la communauté internationale. Et dans ce même esprit de transformation et conformément à notre engagement en faveur du droit de tous les peuples à disposer d'eux-mêmes, Sainte-Lucie soutient le statut de membre à part entière de Taïwan à l'ONU. St Lucie pense que si l'ONU veut être inclusive, elle doit s'assurer que ses organes décisionnels reflètent le monde d'aujourd'hui. St Lucie est en faveur d'une réforme en profondeur du Conseil de sécurité afin d'en améliorer sa légitimité et efficacité lorsqu'il sera question de prendre à bras le corps les grands défis mondiaux, restaurant par conséquent la confiance et permettant un système multilatéral plus inclusif. Monsieur le Président, Au 21e siècle, le Conseil de sécurité de l'ONU aurait pu s'en sortir bien mieux dans sa responsabilité de défense de la paix et de la sécurité internationales s'il n'avait pas été piégé dans le monde de 1945. Le processus de réforme qui s'éternise doit être conclu rapidement pour permettre des sièges permanents et non permanents à l'Afrique, à l'Asie-Pacifique, à l'Amérique latine et aux régions caribéenne. La réforme est essentielle afin de restaurer la confiance en l'ONU et pour s'assurer que l'organisation garantit paix et sécurité pour toutes et tous. Sainte-Lucie continuera à travailler avec les autres pays qui souhaitent eux aussi que les réformes escomptées prennent forme. Je saisis cette possibilité, Monsieur le Président, pour remercier le Secrétaire général sortant, M. Antonio Guterres, de la magnifique façon dont il a dirigé l'ONU et de sa solidarité de tous les instants avec la région des Caraïbes au fil des défis et des catastrophes frappant notre région. Nous le remercions de son leadership sincère, positif. Sainte-Lucie, dans le même ordre d'idées, souhaite soutenir la candidature de la représentante de la République du Ghana, madame Caroline Rodriguez Birkett, pour le poste de secrétaire général. Son bilan remarquable dans le service public international prouve bien qu'elle est la personne idoine qui correspond aux exigences de l'époque. Le 25 mars 2026, l'Assemblée générale a adopté une de ses résolutions les plus importantes, déclarant que le trafic et la traite d'Africaines et d'Africains réduits en esclavage et que la réduction d'esclavage d'Africaines et d'Africains est le plus grand crime contre l'humanité. Cette résolution et la création du Conseil consultatif mondial de haut niveau sur la justice réparatrice, c'est une mesure importante dans la quête de réparation pour le commerce d'esclaves transatlantique et la réduction d'esclavage d'Africaines et d'Afriques dans les Amériques et les Caraïbes. Je remercie le président du Ghana d'avoir coordonner les négociations sur cette résolution. Saint-Lucie félicite le gouvernement de la Jamaïque, qui a demandé au monarque britannique de renvoyer trois questions au Comité juridique sur le Conseil Privé sur l'égalité de la réduction de l'esclavage des Africains et Africaines en Jamaïque. Monsieur le Président, Les réparations ne sont pas une question de vengeance, elles sont une question de vérité, de reconnaissance et de transformation. Les réparations ne sont pas une question de charité et l'objectif n'est pas de réécrire l'histoire en tant que telle. L'histoire n'est pas derrière nous lorsque ses conséquences continuent à influencer la richesse, le pouvoir, les institutions et l'égalité des chances. Les réparations ont pour but de régler et de rectifier les effets de l'esclavage et de l'exploitation coloniale, de restaurer la dignité, de promouvoir le développement et d'établir des relations plus équitables avec les États et institutions qui ont profité de ces systèmes. Monsieur le Président, les technologies numériques sont une nouvelle forme de pouvoir qui transforme rapidement notre monde. Et si les technologies numériques s'accompagnent de possibilités immenses pour l'humanité, elles créent aussi une nouvelle hiérarchie où un petit groupe d'entreprises et d'États puissants contrôle des systèmes dont dépend le reste de l'humanité. Nous devons nous assurer que l'intelligence artificielle ne creuse pas le fossé entre les puissants et les vulnérables. Les technologies doivent renforcer les aspirations, pas les éroder discrètement. Sainte-Lucie appelle donc à des normes plus strictes sur la protection des données, le droit à la vie privée et l'intelligence artificielle. Un accès équitable aux infrastructures numériques, à la cybersécurité et aux connexions abordables. Nous appelons à des transferts de technologies justes, une protection face à toute surveillance, mésinformation et cyberexploitation, et nous appelons une participation sur un pied d'égalité des petits États dans l'élaboration des règles numériques mondiales. L'avenir numérique ne peut pas être contrôlé par un nombre restreint. L'avenir numérique doit être régi pour le bien-être de toutes et tous. Bien gérer la transition signifie qu'aucun État ne peut se retrouver impuissant face aux changements technologiques. Monsieur le Président, mon pays, Sainte-Lucie, est un petit État ouvert, vulnérable, mais notre peuple refuse de limiter ses aspirations. L'histoire nous a offert une beauté naturelle inimaginable, une population amicale, ambitieuse et deux prix Nobel. Cela étant dit, le système financier international injuste menace l'existence même des petits États insulaires comme Sainte-Lucie. Les règles régissant les finances mondiales affectent notre développement. Et nos tentatives de diversification économique sont mises à mal par des règles injustes et appliquées de façon inéquitable. Les eaux des océans nous séparent des grandes puissances. Mais les plus grands défis qui sont les nôtres sont liés aux décisions prises dans leur capitale. Les émissions de ces grands États ont des effets sur nos climats. Le trafic d'armes et de stupéfiants passant par des réseaux internationaux ont des effets sur la violence et les guerres de gangs dans notre région. L'absence d'accès aux technologies abordables ralentit notre développement. Monsieur le Président, Sainte-Lucie refuse de baisser les bras. Nous envoyons nos populations à l'école pour que leurs compétences soient pertinentes. Nous modernisons notre agriculture pour que la sécurité alimentaire soit une réalité dans notre pays. Nous Réagissant à la rareté de l'eau liée au changement climatique, en réfléchissant à de nouvelles sources d'approvisionnement en eau et en essayant de récolter de l'eau de pluie. Nous réduisons le chômage des jeunes grâce à la création d'une instance sur l'économie des jeunes, qui connaît des succès. Nous encourageons l'esprit d'entrepreneuriat chez nos populations en soutenant les petites et micro-entreprises, notamment les entreprises dirigées par des femmes. Nous promouvons un style de vie sain et des soins de santé universels pour que tous nos citoyens et toutes nos citoyennes puissent en bénéficier de façon équitable, accessible et abordable. Monsieur le président, Sainte-Lucie continue d'insister pour dire que la gouvernance devra avoir pour mot d'ordre d'améliorer la vie de tout un chacun. Nous avons maintenu notre discipline fiscale, réduit le chômage alors que nous multiplions les possibilités et crée un environnement propice aux investissements dans le tourisme et dans d'autres secteurs productifs. Sainte-Lucie est fermement convaincu qu'un monde meilleur est à portée de main si nous choisissons la coopération et pas la coercition, et si nous nous assurons que la justice et l'équité sont les mots d'ordre. La 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies doit et devra être reconnu comme la session qui a permis de traduire des engagements louables en mesures tangibles. Comme Gandhi l'a dit, la bonté permettra de façonner le monde. Le peuple de Sainte-Lucie est convaincu que nous pourrons ensemble façonner un monde meilleur. Le prix Nobel de Sainte-Lucie, Derek Walcott, l'a dit: L'avenir adviendra, quelle que soit la force des cris. Notre tâche est de nous assurer que cet avenir sera fait à force de courage et d'objectifs. Notre prix Nobel l'a dit, Arthur Lewis, le développement économique exige de prendre des risques et d'accepter le changement. Et comme Julian Alfred l'a dit avec beaucoup de vitesse, acceptons cette responsabilité ensemble et agissons ensemble, car le moment l'exige. Merci.
On behalf of the assembly. Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le Premier ministre, ministre des Finances, du Développement, d'Automisation des populations, de la Justice, de la Sécurité nationale, de Saint-Lucie, de son allocution. The assembly will now hear. L'Assemblée va entendre une allocution de son excellence. Premier Ministre de la République d'Albanie, et j'invite le protocole à accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée Générale.
Mesdames et Messieurs, il me revient maintenant de prêcher la bonne parole dans le désert. Et c'est un privilège qui ne revient qu'à une poignée de personnes. Excellence, Mesdames et Messieurs, chers représentants des peuples des Nations unies, je dois dire que j'ai été agréablement surpris de voir que beaucoup de personnes Je me suis dit qu'il serait bon pour moi de vous faire part de mes réflexions. La poudre à canon a changé le champ de bataille, la fusion nucléaire a changé la signification de la survie humaine, l'intelligence artificielle est en train de changer quelque chose qui est encore plus intime, à savoir que l'intelligence artificielle peut pénétrer à l'intérieur de l'esprit des citoyens, imiter une voix que nous pensons bien connaître, fabriquer de toutes pièces une réalité qui répond aux peurs d'une personne et le faire des millions et des millions de fois en même temps. L'Albanie n'est pas un pays qui est à la pointe de l'intelligence artificielle, mais nous avons déjà accompli des choses qui n'en sont qu'à leurs balbutiements dans d'autres pays. Et je souhaiterais vous transmettre un message simple. Nous nous devons de vous le transmettre. Le principal danger, le danger le plus immédiat, ce n'est pas que l'intelligence artificielle va cesser d'obéir à l'humanité. Non, le principal danger, c'est que l'IA va obéir aux êtres humains qui ne sont pas les mieux placés pour le faire. Il y a trois dimensions. Qu'est-ce que l'IA fait à notre place? Qu'est-ce que l'IA fait aux êtres humains? Et qu'est-ce qui, grâce à l'IA, parvient à atteindre les êtres humains? Premièrement, qu'est-ce que l'IA fait à notre place? les citoyens envisagent des machines qui sont dotées d'intentions et qui se retournent contre leurs créateurs. Mais le système auquel nous faisons face n'est pas mû par la haine. Non, mais ce système multiplie, amplifie la haine des êtres humains. Ces machines n'ont pas d'ambition, mais répondent aux ambitions des autres. Ces machines n'appartiennent pas à un état particulier mais peuvent être déployées par un état. Les mensonges répandus par ces machines le sont au nom de certains. Cette machine n'a pas, ces machines n'ont pas de conscience mais elles peuvent prendre le contrôle des richesses des gouvernements, elles peuvent. Par ailleurs il y a un certain nombre d'incitations économiques qui récompense de plus en plus le fait de remplacer l'effort humain par les machines plutôt que de renforcer les capacités des êtres humains. L'idée est donc d'écrire un code plutôt que d'avoir à le comprendre. On demande à une machine de rédiger un rapport. On demande à une machine d'avoir une réflexion pour ne pas avoir à assumer de responsabilité. Lorsque le succès n'est mesuré qu'à l'aune des efforts qui sont menés à bien par les machines à la place des êtres humains, nous pouvons créer des institutions plus efficaces, certes, mais nos populations seront moins compétentes. Une civilisation qui sous-traite ses efforts finira par sous-traiter les connaissances, une civilisation qui sous-traite les connaissances finira par ne plus savoir comment juger les choses, et une telle civilisation, un jour, se rendra compte qu'elle aura sous-traité les responsabilités également. Et ce n'est pas inéluctable. C'est un choix que nous avons à faire. Nous pouvons bâtir une intelligence artificielle qui nous apprend des choses plutôt que de simplement répondre à des questions, qui guide plutôt que de commander, qui renforce l'être humain plutôt que de rendre l'être humain dépendant de l'IA. La question, ce n'est pas seulement avec quelle vitesse la machine s'est acquittée de la tâche. Nous devons également nous demander Qu'est-ce qu'a appris l'être humain grâce à cet exercice qui a compris la décision, qui peut remettre en cause la décision et qui rend des comptes à la suite de la décision lorsque la décision est erronée. L'Albanie est devenue le premier pays à créer un instrument, à intégrer un instrument d'IA dans l'architecture du gouvernement grâce à Diala, notre ministre de l'IA, connu à travers le monde. Nous ne l'avons pas fait pour céder notre souveraineté à une machine. Nous l'avons fait pour que les services publics soient plus accessibles, pour que les procédures gagnent en transparence et pour que l'État soit plus redevable. Aucune machine ne possède une légitimité démocratique. Aucun n'a aucun algorithme n'hérite de responsabilité constitutionnelle pour chaque décision significative qui est prise, il faut qu'il y ait un mandat juridique, une institution humaine et un nom, le nom d'une personne qui sera contrainte de rendre des comptes. Deuxième dimension, ce que l'IA peut faire à l'être humain. L'IA, dans un état responsable, peut réduire la distance entre les citoyens et les services publics. L'IA, en dehors de tout cadre responsable, peut éliminer la distance entre un mensonge et l'esprit humain. Nous en avons fait l'expérience directement. Vous en avez probablement entendu parler. La révolution du flamant rose, c'est-à-dire un mensonge concernant une invasion israélienne des côtes de l'Albanie, une invasion qui ne s'est jamais produite. a été présenté sur un certain nombre de canaux, des canaux qui étaient des canaux de confiance pour les citoyens. Il y a une personne qui a reçu un tel narratif quant à cette trahison, d'autres ont entendu parler de provocation religieuse, certains ont entendu parler d'une théorie du complot quant à une occupation étrangère, donc un certain nombre de mensonges qui ont pénétré à l'intérieur de différents mondes avec un seul et même objectif stratégique, un mensonge. Quelles ont été les conséquences? Elles ont été réelles, à savoir que des citoyens ont eu des raisons pour manifester. Alors les citoyens ont toujours des raisons de manifester, mais soudainement, des citoyens ont commencé à manifester contre cet ennemi fantôme. Et il y a des discours antisémites qui, pour la première fois, sont entrés dans le discours public. N'oubliez pas que l'Albanie est le seul pays en Europe qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait plus de Juifs qu'au début de la Seconde Guerre mondiale. La peur s'est transformée en colère, la colère s'est transformée en mobilisation, et ces mensonges fabriqués de toutes pièces sont devenus une réalité politique. Et ce n'était pas une expérience de laboratoire. Je ne vous parle pas là d'un film de science-fiction. Cela s'est produit à Tirana, dans notre capitale, un mardi. Cet algorithme n'a pas inventé l'objectif. C'est un acteur, un être humain qui l'a fait. Ce n'est pas l'algorithme qui a répandu la haine. C'est un être humain qui, grâce à cet algorithme, a activé la peur et la haine. Les ingérences électorales n'exigent plus une chaîne de télévision. ou un message de propagande répété encore et encore. Une ingérence électorale peut se faire à l'échelle de chaque électeur désormais. Deux voisins peuvent vivre dans la même rue, voter pour la même élection et pourtant vivre dans des mondes, dans des réalités entièrement différentes, chaque réalité ayant été fabriquée pour répondre à leurs caractéristiques. Et lorsque cela se produit, eh bien, c'est le débat démocratique qui disparaît, mais pas seulement. Ce n'est pas seulement le processus électoral qui est miné. Cela signifie que nous perdons le terrain d'entente qui est essentiel pour qu'un débat ait lieu. Et donc une démocratie se retrouve affaiblie. Cela à une incidence à l'échelle nationale, mais pas seulement. La souveraineté au 20e siècle signifiait le contrôle des territoires, des eaux territoriales, de l'espace aérien. Mais aujourd'hui, en Europe, nous nous précipitons, nous nous hâtons avec des sommes que nous n'avons pas pour protéger nos territoires et notre espace aérien pour une guerre future potentielle. Et pourtant, nous oublions qu'au 21e siècle, nous devons également avoir une société libre à même de défendre les conditions propices à la pensée critique. Si les citoyens n'ont pas la capacité de juger de la situation, eh bien cette souveraineté territoriale sur l'espace aérien n'est qu'une illusion. Et j'en viens maintenant à la troisième dimension. Pendant des siècles, la censure était la principale menace pour la liberté d'expression, mais aujourd'hui, la liberté d'expression est menacée par la militarisation de la liberté d'atteindre. c'est-à-dire la capacité à présenter une idée à des millions de personnes. Les discours appartiennent aux êtres humains, mais pour ce qui est de cette atteinte, cela peut être automatisé, manipulé. Des plateformes peuvent le faire, des réseaux criminels, des États étrangers. Le droit de s'exprimer est un droit universel, mais il n'y a pas de droit universel à de façon anonyme et illimitée, amplifier des messages, lorsqu'un mensonge peut être multiplié un million de fois, la vérité se retrouve tout simplement enfouie sous l'ampleur de ces mensonges. La liberté d'expression par conséquent, peut être vaincu sans avoir à interdire un seul livre, sans avoir à incarcérer un seul journaliste, sans avoir à supprimer un seul poste en ligne. Face donc à cette amplification à l'échelle industrielle, quelle peut être la réponse? Eh bien, la réponse, il est essentiel que nous la trouvions avant qu'il ne soit trop tard. Et cette réponse, eh bien, c'est la question de des acteurs qui ont créé ces messages. Qui a financé ce message? Est-ce que ce message a été diffusé par des personnes ou des machines? Pourquoi est-ce que ces citoyens ont été? ciblé, est-ce que la réponse a été authentique ou est-ce qu'elle a été orchestrée depuis l'étranger? Il faut défendre la démocratie, défendre un mode de vie, défendre la liberté de chaque nation à vivre comme bon lui semble. Cela ne signifie pas contrôler ce que les personnes peuvent penser. Cela signifie révéler les puissances étrangères qui souhaitent contrôler ce que nos citoyens peuvent voir, ce à quoi ils sont exposés. Il faut protéger la liberté d'expression, mais réfléchir également à la question de l'exposition. Sinon, nous sommes en train de défendre la porte en oubliant ce qui se passe dans le reste de la maison. Certains souhaitent ralentir l'intelligence artificielle, voire interrompre le progrès ou interrompre cette évolution. Nous sommes un petit pays, certes, mais nous souhaiterions dire que nous ne sommes pas d'accord. Si les démocraties décident de suspendre cette évolution, les dictatures, elles, ne vont pas arrêter. Un protocole respecté par un pays ne va pas empêcher les réseaux criminels, les pays hostiles ou les secteurs de continuer la manipulation. Nous ne pouvons pas réguler et nous retrouver impuissants. Il y a une question essentielle et je dois dire que le président des États-Unis a raison. Nous ne pouvons pas arrêter, nous devons au contraire accélérer. Mais cette accélération doit se faire avec un cap qui est fixé. L'intelligence artificielle doit être vérifiable, elle doit être transparente, elle doit rendre des comptes, elle doit être bâtie par des sociétés libres, elle doit être mise au service des citoyens. Face à la militarisation de l'automatisation, la réponse n'est pas de céder, non, c'est de renforcer les capacités des démocraties améliorer la qualité de l'intelligence artificielle, une intelligence artificielle entre les mains de personnes qui sont tenues de rendre compte de leurs actes devant la loi. L'idée n'est pas l'isolement. L'idée est qu'aucun pays ne devrait être impuissant face à des systèmes que ce pays ne contrôle pas, ne comprend pas et ne peut pas inspecter. Chaque pays doit avoir la possibilité de protéger sa langue. Il faut pouvoir vérifier l'authenticité des communications officielles, lutter contre la manipulation, préserver les preuves et donner des informations aux citoyens sans dépendre directement des priorités commerciales d'entreprises qui se trouvent à l'autre bout de la planète. Voilà pourquoi l'Albanie, à notre très petite échelle, bien entendu, face à l'ampleur de ce délit, est en train de construire un miroir numérique sur la base de l'intelligence artificielle, miroir qui va nous permettre d'identifier la manipulation en temps réel, de vérifier les affirmations qui sont faites. Nous allons essayer d'aider les citoyens à comprendre non seulement ce qu'ils sont en train de voir, mais également pourquoi ils sont exposés à ce message. On ne peut pas dire aux citoyens ce qu'ils doivent penser. La vérité, cela ne se décrète pas. Non, elle doit reposer sur des faits, sur des sources qui ont été vérifiées, des sources qu'il faut pouvoir questionner. Ce miroir, ce mécanisme n'a pas pour objectif de décréter l'opinion des citoyens. L'idée, c'est de créer une infrastructure de la transparence. L'idée n'est pas de créer un ministère de la vérité, non, loin de là. L'objectif, c'est de défendre la société face à une industrie du mensonge. Voilà pourquoi nous avons besoin d'un pacte international pour une intelligence artificielle souveraine, démocratique. Tout d'abord, les citoyens doivent le savoir lorsqu'un contenu qui est très important sur le plan politique a été généré par l'IA ou a été manipulé sur le plan matériel. Deuxièmement, l'architecture de de l'exposition ou de l'atteinte doit devenir transparente, c'est-à-dire que les citoyens, les États doivent pouvoir savoir qui a créé, qui a financé, qui a été ciblé, qui a amplifié de façon artificielle des contenus politiques qui ont une forte incidence politique. Troisièmement, chaque utilisation significative de l'IA par
Une administration publique doit préserver une chaîne de reddition des comptes humaine et juridique. Quatrièmement, les démocraties doivent créer un système d'alerte précoce afin que, lorsqu'il y a une manipulation par l'IA, les pays qui partagent le même point de vue puissent en être tenus informés aussi vite que s'est produite la manipulation, en tant que petit pays, en tant Les petits pays, les petites langues ne doivent pas être abandonnés par cette architecture. Cette architecture, la souveraineté numérique ne peut être un privilège réservé aux États les plus riches. Les mensonges font fi des frontières. Les mensonges ne peuvent être arrêtés par des murs ou par des contrôles aux frontières. Les algorithmes franchissent les frontières et n'ont pas besoin de passeport pour le faire. Les algorithmes ne craignent aucun gouvernement. Ceux qui s'attaquent à nos pays coopèrent d'ores et déjà entre eux. Nos pays, nos démocraties surtout, doivent apprendre à faire la même chose. Ce n'est pas une rivalité entre la machine et l'humanité, c'est une rivalité entre différents buts fixés par des êtres humains, des buts qui sont amplifiés par des machines. entre ceux qui utilisent l'IA pour éclairer et ceux qui l'utilisent pour assombrir, entre ceux qui souhaitent autonomiser leur population et ceux qui souhaitent manipuler leur population, entre ceux qui acceptent leur responsabilité et ceux qui se dissimulent derrière l'automatisation. Nous ne devrions pas craindre le fait que les machines vont devenir trop humaines. Non, nous devrions avoir peur du fait que les êtres humains deviennent invisibles, cachés derrière les machines. Chers amis, chaque génération se doit de défendre la liberté sur le territoire où elle est le plus menacée. Le champ de bataille pour la génération précédente a été, en effet, le lieu où défendre la liberté. Mais pour nous, c'est clair, c'est dans l'esprit humain que nous devons défendre la liberté. Nous devons veiller à ce qu'aucun citoyen ne soit seul face à un algorithme de plus en plus terrifiant. Nous devons veiller à ce qu'aucun pays, notamment les plus petits, soit contraint de céder à leur compréhension de la réalité. Nous devons veiller à ce qu'aucune démocratie ne se réveille à la suite d'une élection pour découvrir que la population s'est rendue aux urnes, certes, mais vivant dans un monde qui avait été fabriqué de toutes pièces par des acteurs invisibles, sans même savoir que c'est ces acteurs qui les avaient contraints à faire ce choix dans les urnes. Ce n'est pas l'IA qui va décider si ce siècle appartient à la liberté ou à la manipulation. C'est nous qui allons le décider. La machine va obéir. La question est de savoir à qui elle va obéir, sous quelle législation et au service de quel objectif. L'Albanie, de façon modeste, après une décision, nous avons décidé, ou plutôt nous avons choisi l'accélération. Nous avons décidé de ne pas nous rendre. Nous avons décidé d'aller encore plus loin. Plutôt que de revenir en arrière pour ce qui est des capacités humaines, nous avons choisi la liberté d'expression. Nous savons ce que cela signifie que de vivre sans la liberté d'expression. Et c'est précisément parce que nous avons fait ce choix que nous ne. que nous savons qu'il y a une différence entre la liberté d'expression et la capacité pour certaines entreprises, de façon tout à fait invisible, de répandre leur contenu. Nous choisissons la vérité non pas parce que c'est simple, non pas parce que nous sommes à l'aise avec les vérités, mais parce que nous avons un engagement partagé vis-à-vis de la réalité. Car, faute de quoi, il ne peut y avoir de vie publique. Nous avons besoin de cet engagement. Nous avons besoin de l'engagement de tout le monde vis-à-vis de la réalité du monde qui est le nôtre. Sinon, il s'agira de la pire trahison que nous puissions commettre en tant que parents dans l'histoire de l'humanité. Sans monde partagé, il ne peut y avoir de Nations Unies. Bon, je vais Arrêtez là mon sermon. Et j'espère. Ou plutôt, l'espoir, c'est ce que j'envisage en dernier ressort. Je vous remercie.
Je remercie le Premier ministre de la République d'Albanie pour son allocution. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence Muhammad Shehbaz Sharif, Premier ministre de la République islamique du Pakistan. His Excellency, and I invite him to address the Assembly. J'invite le protocole à accompagner Son Excellence et je l'invite à prendre la parole devant l'Assemblée générale.
Bismillahi Rahmani Rahim.
Ya ayyuha allathina amanu, la tadkhulou bioutan, gair bioutikum, hatta tasta'nisu, wa tasselimu ala ahliah.
Croyants, ne rentrez pas chez vous sans saluer le résident. Ne l'oubliez pas. C'est mieux pour tout le monde. Excellence, Mesdames et Messieurs, j'ai l'honneur de prendre la parole devant cette auguste assemblée pour la quatrième fois au nom de la population du Pakistan, 240 millions de Pakistanaises et de Pakistanais résilients et épris et éprises de paix. Je félicite M. Khalilur Rahman à l'occasion de son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, et je vous assure du plein soutien du Pakistan. Je remercie Son Excellence Mme Annalena Baerbock. de la remarquable façon dont elle a dirigé la 80e session. Et au nom du Pakistan, qu'il me soit permis d'adresser mes remerciements au Secrétaire général de l'ONU, M. Antonio Guterres, de la façon très dynamique dont il a dirigé l'ONU et de la façon dont il a toujours défendu le Sud. Il a toujours accorder la priorité aux plus pauvres, aux plus démunis. Monsieur le Président, la quête de paix fait partie des activités les plus nobles de l'être humain. Le Coran dit.
Et.
Si ton ami s'incline vers la paix, incline vers celle-ci. Mesdames et messieurs, le père fondateur du Pakistan, Quaid Azam Muhammad Ali Jinnah, a déclaré: "Nous défendons la Charte de l'ONU et nous contribuerons avec joie à la paix et à la prospérité du monde." Ces sagesses ont influencé la philosophie nationale du Pakistan et ont guidé notre conduite, que ce soit au Pakistan ou à l'étranger. L'adoption à l'unanimité de la résolution 2788 sur le renforcement des mécanismes pour le règlement pacifique des différends, sous présidence pakistanaise du Conseil de sécurité de l'ONU, a brillamment démontré notre engagement résolue en faveur d'une paix mondiale. Monsieur le Président, malheureusement, en février de cette année, le Golfe et le Moyen-Orient de façon plus générale ont plongé dans le conflit. Des vies précieuses ont été perdues, les économies ont beaucoup souffert, les routes maritimes critiques et surtout le détroit d'Ormuz ont été mis sous pression comme jamais. Et à ce moment, difficile, le Pakistan a choisi d'agir rapidement. Grâce à des efforts concertés, le Pakistan a réussi à réunir Washington et Téhéran à Islamabad, dans une seule ville. Entre les pourparlers d'Islamabad et le protocole d'Islamabad, un grand nombre de mesures historiques ont été prises, autant de pas nous rapprochant de la fin de ce conflit sérieux. Partant, je remercie le maréchal Syed Asim Munir, le chef des forces de défense du Pakistan et chef d'état-major, dont les efforts inlassables ont permis de créer un espace propice à la diplomatie dans des circonstances particulièrement dantesques. Je remercie aussi les efforts de notre vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Rizwar Attar. Malheureusement, Monsieur le Président, nous avons observé récemment un pic d'hostilité. Et, même assourdis par les missiles, les drones et les fusils, la voix, les voix de la diplomatie doivent se faire entendre plus fort que jamais. Les détroits de Hormuz et de Bab al-Mandeb sont des artères de l'économie mondiale et ils doivent rester ouverts, établissant des liens entre les nations. Ces détroits ne peuvent pas devenir des goulets d'étranglement servant la confrontation. Ces eaux doivent porter la promesse de la prospérité, pas les périls de la guerre. Excellence, à nouveau, nous condamnons, dans les termes les plus forts qui soient, les attaques récentes déplorables dont les Houthis se sont rendus coupables en prenant pour cible le royaume d'Arabie saoudite. La tentative d'attaque de drones sur la ville sainte de Makka Mukarrama a révolté les musulmanes et musulmans des quatre coins du monde. Toute menace pesant sur la sûreté et la sainteté de la Haramain Sharifain est une ligne rouge qui ne peut en aucun cas être dépassée. Aucun musulman, aucune musulmane ne peut ne serait-ce que oser penser à commettre ce genre de crime odieux. Le Pakistan est solidaire du peuple frère d'Arabie Saoudite, comme nous l'avons toujours été au fil de notre histoire. Mesdames et Messieurs, Notre attachement pérenne à la paix s'est vu aussi dans l'accord historique Makka, un accord de défense conjoint entre les pays frères d'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Cette alliance ne prend pas pour cible quelques pays que ce fut. C'est un engagement collectif en faveur de la défense, de la stabilité et de la paix dans notre région. Rien de plus. Monsieur le Président, il y a un an, le Pakistan était confronté à une agression menée par l'Inde sous des prétextes fallacieux. Le Pakistan a exercé son droit légitime à la légitime défense au titre de l'article 51 de la Charte des Nations unies. Nos forces armées courageuses, vaillantes, sous la houlette courageuse du maréchal Syed Asim Munir ont répondu avec précision et professionnalisme. Ils ont bâillonné l'ennemi, riposté face aux attaques et ont donné une bonne leçon à ses ennemis qui ne l'oublieront sans doute jamais. Et grâce au président Donald Trump et grâce à son leadership résolu et visionnaire, des centaines de millions de vies en Asie du Sud ont été sauvées. Son intervention, qui est arrivée à point nommé, est arrivée à un moment critique, alors que deux voisins dotés de l'arme nucléaire étaient au seuil d'une guerre totale. Et, monsieur le président, allez savoir quelle aurait été l'ampleur des destructions qui auraient pu avoir lieu si le président Trump n'avait pas décidé d'agir à ce moment critique. avec clairvoyance et avec vigueur. Monsieur le Président, nous ne pouvons pas nous permettre que l'Asie du Sud atteigne encore ce seuil, cette limite. Mais pour ce faire, il faudrait un règlement juste et équitable du différend au Jammu-et-Cachemire. Cela fait huit décennies que le peuple du Cachemire attend de l'ONU qu'elle s'acquitte de son « committement solennel », c'est-à-dire un plébiscite libre et impartial sous ses auspices. Des générations subissent des occupations illégales, des détentions arbitraires, des meurtres extrajudiciaires, des disparitions forcées, de la violence sexuelle et des châtiments collectifs. Récemment, nous avons observé des tentatives de modification du statut juridique du Jammu-et-Cachemire par le biais de manipulations démographiques et d'autres mesures parfaitement illicites. Des mères, des pères du Cachemire, sans espoir, attendent que leurs fils et filles rentrent chez eux, leurs foyers plongés dans le silence, couvre-feu. deuil. Pour un grand nombre d'entre eux, pas de répit. Une vie à rechercher des tombes sans nom, c'est leur vie. Monsieur le Président, depuis cette tribune, je garantis à nos frères et sœurs du Cachemire, avec toute l'autorité qui est la mienne, que nous continuerons à leur fournir l'appui diplomatique, politique et moral nécessaire en attendant qu'ils puissent jouir de leur droit inaliénable à l'autodétermination. Le Cachemire a toujours été et sera toujours la veine jugulaire du Pakistan. Excellence, un autre pilier de la stabilité en Asie du Sud se retrouve sous pression. Les eaux communes du fleuve de l'Indus et de son système sont la source vitale du peuple du Pakistan, bien sûr, mais aussi de l'ensemble de la région. La décision unilatérale de l'Inde de suspendre le traité existant n'a pas le moindre fondement juridique, pas le moindre. Dans les faits, les revendications et actions de l'Inde ont été rejetées par les experts et expertes de l'ONU et récemment par la Cour d'arbitrage. Notre position légitime a été confirmée, le traité demeure valide, contraignant et pleinement opérant. Tout cela a été confirmé sans l'ombre d'un doute. Mesdames et Messieurs, on ne peut en aucun cas transformer l'eau en armes. Les fleuves et rivières devraient irriguer les nations, pas les séparer. Dès lors, toute tentative de bloquer le Pakistan et de lui retirer sa part de l'eau sera interprété comme un acte de guerre. Et l'Inde ne peut en aucun cas se fourvoyer sur le sujet. Monsieur le Président, cela fait des générations que les Palestiniens et surtout les Palestiniennes, les femmes et les personnes âgées subissent occupation, expulsion, souffrance et mort. L'année dernière, Monsieur le Président, je vous ai parlé de l'histoire de Hind Rajab, une histoire qui vous brisera le cœur. Une jeune fille palestinienne innocente qui était prise pour cible et tuée par balle par des soldats israéliens. Cette année, une autre tragédie pèse très lourd sur nos cœurs, sur vos cœurs et sur les cœurs du monde. Cette fois, c'était les hurlements assourdissants d'une mère en pleurs, la mère de Wafa Akila, 8 ans, qui est morte en martyre dans cette agression insensée, en cette journée qui aurait dû être la première journée d'école. Cette journée était la dernière de sa vie. Monsieur le Président, est-ce qu'un enfant né à Gaza ne mérite pas la même vie, le même avenir, les mêmes rêves qu'un autre enfant ou que ce soit d'autres dans le monde? Les tragédies de Hind Rajab, de Wafa Akila et d'un nombre infini d'autres marqueront le reste de l'histoire et seront autant de condamnations de notre échec, de notre silence et de notre inaction collective. Excellence, il est profondément préoccupant que la violence israélienne se soit propagée en Cisjordanie cette fois, où les expulsions forcées de Palestiniennes et de Palestiniens reflètent sans ombre d'un doute le dessein génocidaire d'Israël qui continue sans la moindre entrave. Le Pakistan estime que la seule solution juste et durable et la création d'un État de Palestine indépendant, souverain, viable et insoutenant, fondé sur les frontières d'avant 1967, avec Al-Qods Al-Sharif en tant que capitale. Mesdames et Messieurs, nous condamnons aussi les agressions incessantes d'Israël contre la Libye et la Syrie. Cette agression doit, elle aussi, cesser immédiatement. Mesdames et messieurs, le terrorisme reste une des grandes menaces pour la paix et la sécurité internationales. Notre pays est en première ligne de la lutte contre le terrorisme. Nous avons combattu le terrorisme dans nos villes, dans nos montagnes et le long de nos frontières. Le Pakistan a sacrifié près de 100 000 vies précieuse et a essuyé des pertes économiques dépassant les 150 milliards de dollars. Le monde est plus sûr aujourd'hui, et je le dis avec toute humilité, le monde est plus sûr aujourd'hui grâce aux sacrifices indispensables de nos forces armées courageuses et de nos civils qui n'ont pas eu peur de s'opposer à ces terroristes, à ces mercenaires. Tout monde épris de paix ne peut pas oublier cette réalité. Le territoire afghan est exploité encore et toujours par le TTP et le BLA. Ces groupes, financés de l'étranger, opèrent depuis des bastions en Afghanistan, avec pour objectif avoué de déstabiliser le Pakistan. Toutes ces attaques, y compris les incursions depuis le territoire afghan, doivent Cesser, sans plus attendre. Les autorités afghanes doivent respecter leurs engagements internationaux et prendre des mesures décisives et vérifiables pour que le sol afghan ne soit plus jamais utilisé pour prendre pour cible le Pakistan ou quelque autre pays. Les droits fondamentaux du peuple afghan, et surtout des femmes et des jeunes filles, doivent être respectés. quelles que soient les circonstances. Monsieur le Président, les opérations de paix de l'ONU demeurent une des expressions les plus fermes de la sécurité collective. Des femmes et des hommes pakistanais et pakistanaises se mettent au service du drapeau de l'ONU depuis des décennies, protégeant des civils et aidant des pays à sortir des conflits. Nous sommes fiers de leurs sacrifices. Mesdames et Messieurs, Nous sommes vivement préoccupés par l'essor de l'islamophobie. Les musulmanes et musulmans sont la cible de discours de haine et de discrimination, des mosquées sont attaquées et le Coran est profané. À notre frontière, une idéologie hindutva motivée par les RSS attisent les flammes de la haine religieuse menant à des lynchages, à des violences communautaires, à des attaques sur des lieux de culte, à des restrictions de liberté religieuse. La démolition de la mosquée de Saharanpur en Inde, alors que cette mosquée avait 150 ans, prouve bien mon propos. Dès lors, monsieur le président, je le réaffirme, la haine religieuse n'a pas sa place dans ce monde qui est le nôtre. Monsieur le président, La relance économique du Pakistan est une responsabilité pour mon gouvernement et une mission à laquelle je tiens énormément. Grâce à des réformes structurelles difficiles qu'il a fallu attendre longtemps et grâce à une discipline fiscale stricte, nous avons enregistré une croissance inclusive et durable et permis une stabilité macroéconomique. Nous modernisons l'agriculture, l'industrie, nous développons nos ressources minérales, nous numérisons notre économie et nous offrons à nos jeunes des compétences en IA et en technologies modernes. Grâce au couloir économique Chine-Pakistan, nous nouons des liens avec la Chine, mais aussi avec le Golfe, l'Asie centrale et au-delà. Et je rends hommage au leadership visionnaire du président Xi Jinping qui à diriger l'Initiative pour le développement mondial ainsi que l'Initiative pour la sécurité mondiale, l'Initiative mondiale pour la civilisation et l'Initiative mondiale pour la gouvernance. Je suis certain que nous pourrons utiliser ces piliers pour ériger un avenir partagé pour l'humanité. Monsieur le Président, les pays en développement ont un besoin urgent d'un assouplissement de leur dette, ont besoin de financements abordables sur le long cours et d'une voix plus forte dans les institutions financières internationales. Le développement doit être traité avec le même empressement que les questions sécuritaires. Mesdames et Messieurs, n'est-il pas ironique que, alors que le Pakistan ne contribue qu'à 1 % voire moins des émissions mondiales, il est frappé de plein fouet par les conséquences terribles des changements climatiques. Et dès lors, les pays développés doivent honorer leurs engagements de financement climatique sans plus attendre, doivent financer les pertes et préjudices rapidement et s'assurer qu'un appui est consenti pour l'adaptation et la résilience. Monsieur le Président, le thème de cette année nous enjoint à rétablir la confiance. Mais cette confiance ne peut pas être rétablie qu'à la force des mots. Elle doit être méritée au fil des actions, au fil des comportements. Nous restaurerons la confiance lorsque les fleuves se mûriront en source de coopération, pas en cascade de conflits. Nous restaurerons la confiance lorsque ceux qui ont provoquer et alimenter la crise climatique, protégeront ceux qui souffrent le plus de ses conséquences dévastatrices. Et surtout, surtout, la confiance sera rétablie lorsque les armes se seront tues et qu'elles seront remplacées par des sourires et des mains tendues. Monsieur le Président, l'initiative ONU 80 devrait renforcer l'ONU. la rendre plus cohérente, plus effective. Le Conseil de sécurité doit être plus représentatif, démocratique et redevable. La réforme doit refléter les intérêts et aspirations de la très grande majorité des États membres, pas les ambitions d'un cercle restreint. Et notre mot d'ordre ne vacille pas. La réforme doit être pour tous et les privilèges doivent disparaître. Mesdames et Messieurs, le moment est périlleux. Mais notre avenir reste encore à écrire. Dès lors, bien sûr, la guerre est un choix. mais la paix aussi est un bien meilleur choix. Et parfois, ce n'est pas le début d'une guerre qui exige le plus grand acte de courage, mais bien éviter d'en commencer une. Le Pakistan a choisi son camp. Nous avons choisi le dialogue, pas la confrontation, la coopération, pas la coercition. La paix, pas la guerre. Monsieur le Président, assurons-nous qu'en cette 81e session de l'Assemblée générale, nous fassions un choix unanime, un choix pour nous, pour nos enfants et pour les générations futures. Rétablissons la confiance. Préservons la paix. et prouvons que même dans un monde fracturé, l'humanité peut toujours choisir d'avancer côte à côte. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je souhaite remercier le Premier ministre de la République islamique du Pakistan.
The Assembly will now hear an address by. de Son Excellence James Marape, Premier ministre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Je demande au protocole de bien vouloir l'escorter jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants, je vous salue depuis la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une nation d'une diversité extraordinaire, riche de plus de 800 langues, cultures, unies sous un seul drapeau. Monsieur le Président, la Papouasie-Nouvelle-Guinée se présente devant l'Assemblée générale mue par un respect profond pour la Charte des Nations unies et les buts et principes servant de fondement à cette immense institution. L'ONU nous rappelle que votre nation, soit petite ou grande, riche ou pauvre, développées ou en développement, puissantes ou moins puissantes, nous sommes toutes et tous membres d'une seule communauté internationale. Les défis de l'humanité n'ont que faire de la taille des économies, de la force de nos armées ou des frontières trônant sur nos cartes. Aucune nation ne peut s'en sortir seule et dès lors, nous devons continuer à travailler à l'unisson, à respecter la souveraineté des nations, à défendre le droit international et la Charte des Nations unies, à régler nos différends par des voies pacifiques et à reconnaître que toute nation, quelle que soit sa taille, sa force économique ou force militaire, a une voix qui doit être entendue à l'Assemblée générale. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée et pour les petites îles du Pacifique, le multilatéralisme est important et l'ONU est une enceinte où les petites nations peuvent s'asseoir aux côtés des plus grandes, où leurs voix peuvent être entendues et nous pouvons nous mettre à pied d'œuvre à l'unisson pour relever les défis qui commandent l'humanité. Je voudrais dire officiellement que la Papouasie-Nouvelle-Guinée remercie tous les dirigeants et dirigeantes du Pacifique qui se sont exprimés. Au nom de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, je réaffirme tous leurs arguments. Je voudrais aussi saluer le Secrétaire général, António Guterres, qui conclut petit à petit son mandat. Au nom du gouvernement et du peuple de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qu'il me soit permis de remercier le Secrétaire général, António Guterres, de son rôle cohérent et fort en faveur de l'humanité. Et alors que notre monde connaît la guerre, les déplacements, la pauvreté, les inégalités, les changements climatiques et une kyrielle d'autres défis, Il a toujours appelé à la paix, au respect de la dignité humaine, à la coopération internationale, au respect des principes de l'ONU. Il a affiché les qualités d'un homme d'État d'ampleur mondiale. Il mériterait un prix Nobel de la paix. Il utilise son bureau pour parler au nom de l'humanité et pour parler au nom de ceux qui, trop souvent, ne sont pas entendus. Monsieur le Secrétaire général, au nom de mes 11 millions de compatriotes, la Papouasie-Nouvelle-Guinée vous remercie de votre service à l'ONU et vous remercie du service rendu à l'humanité. Nous nous rappellerons de ces trois nuits que vous avez passées en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Merci beaucoup d'avoir été une voix forte pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais aussi pour les petites nations et surtout pour les petits États insulaires du Pacifique. Votre travail nous rappelle qu'au-delà de nos frontières nationales et de nos divergences politiques, cultures et croyances, nous appartenons tous à la famille humaine et nous partageons une seule planète, la planète Terre. Monsieur le Président, c'est dans cet esprit d'humanité commune que je voudrais vous parler de droits humains, de libertés fondamentales et surtout de liberté de conscience, de religion, de croyance et de liberté de pensée. Au cœur des droits humains, il y a une vérité fondamentale: chaque personne a le droit à la liberté fondamentale et de telle dignité humaine. Selon ma perspective chrétienne, ces libertés ne sont pas des dons fournis à l'humanité par des gouvernements, institutions ou puissances. Non, ce sont des droits issus de Dieu, inhérents à chaque vie humaine. et parce que ces droits appartiennent sans pied de gré à chaque personne, nous avons la responsabilité de respecter, de protéger les droits d'autrui, y compris de ceux et de celles qui ne nous ressemblent peut-être pas, qui ne parlent pas la même langue, qui ne croient pas en la même chose. La force d'une nation, d'un gouvernement, d'une économie, d'une technologie ou d'une religion ne devrait pas être utilisée abusivement pour ba fouer les droits fondamentaux d'une autre personne. La force militaire ne peut pas l'emporter sur les faibles. La force de la puissance économique ne peut pas mettre de côté les pauvres. Et ce n'est pas parce que les technologies sont puissantes que pour autant on doit bafouer la dignité humaine ou sa liberté. Et le poids d'une majorité religieuse ne peut pas être utilisé abusivement pour opprimer les minorités religieuses. Les droits humains sont particulièrement importants lorsqu'ils protègent les moins puissants, les minorités, les vulnérables, les communautés vulnérables et les personnes dont les croyances diffèrent des croyances de la majorité. Et dès lors, nous devons apprendre à vivre ensemble, mû par un respect mutuel. Nous ne devons pas forcément être d'accord sur tout. Nous ne devons pas partager la même religion, culture, système politique ou même vision du monde. Mais nous devons respecter l'humanité, les libertés fondamentales des uns et des autres. Monsieur le Président, Ce principe est particulièrement important lorsqu'il est question de religion. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, par exemple, est un pays chrétien. Nous pensons que Jésus-Christ est Seigneur, Sauveur et Roi. Les principes chrétiens influencent notre pays, nos communautés, nos institutions. Mais je ne vais pas aller par quatre chemins, notre chrétienté ne sera jamais une excuse pour bafouer la liberté de conscience d'une autre personne. et d'ailleurs les pères fondateurs de notre Constitution l'ont consacré en 1975, dès la création de notre Constitution. Le chapitre 45 de notre Constitution garantit une liberté de conscience pour chaque individu, de religion, et garantit que toute personne peut pratiquer sa religion ou ses croyances selon sa conscience. Notre constitution protège aussi toute personne face à une participation forcée à des actes religieux. Monsieur le Président, une religion forcée, ce n'est plus de la religion. Je pense que la liberté est un. La liberté de choix est un droit donné par Dieu, régnant dans la conscience de chaque être humain. Notre conscience morale est issue de Dieu. Dieu ne vous force pas à le louer. Dès lors, la véritable foi ne peut pas être imposée par la force, par la peur, par le droit ou par la persécution. Chaque personne doit être libre de croire, de prier, de changer de conviction ou de ne pas avoir de religion. et la Déclaration universelle des droits de l'homme reconnaît ce principe à l'article 18, le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Monsieur le Président, l'histoire nous enseigne ce qu'il se passe lorsque des gouvernements, des institutions ou des majorités utilisent la religion pour opprimer ceux qui ont des croyances différentes. Des êtres humains ont été persécutés, emprisonnés, tués à cause de leur religion, et l'humanité doit apprendre de l'histoire. Une nation de majorité chrétienne doit protéger les peuples d'autres religions. Une nation à majorité musulmane doit faire de même. Une nation à majorité hindoue doit protéger les populations d'autres religions. Une nation à majorité bouddhiste doit protéger les populations d'autres religions. Et chaque société doit respecter les droits de ceux et celles qui choisissent de ne pas avoir de religion. La taille de la majorité ne réduit pas les droits humains de la minorité. Les États-Unis, par exemple, pays hôte de l'ONU, l'exprimait il y a plus de 200 ans dans le premier amendement qui dit que le Congrès ne fera aucune loi qui touche à l'établissement ou interdit le libre exercice d'une religion. La Papouasie-Nouvelle-Guinée soutient ce principe. Nous sommes chrétiens et fiers de l'être. mais la force de notre chrétienté ne devrait pas être renforcée en opprimant autrui. La force de notre foi devrait être démontrée en laissant à chaque être humain le loisir de choisir, son droit de conscience, l'humanité. et différentes, comme en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais nous devons faire preuve de tolérance lorsqu'il y a des différences. Monsieur le Président, la Papouasie-Nouvelle-Guinée connaît bien la diversité. Nous avons plus de 800 langues, un grand nombre de cultures, de traditions dans notre pays. Et pourtant, alors que cela fait 51 ans que nous existons en tant que nation indépendante, nous restons unis en tant que Papouasie-Nouvelle-Guinée. Nous avons des défis, des désaccords, nous ne sommes pas parfaits, loin de là. Notre expérience prouve quelque chose d'important. La diversité ne veut pas dire que les fractures sont multiples. Vous pouvez parler des langues différentes, mais vous pouvez appartenir à une seule nation. Vous pouvez venir de cultures différentes et tout de même vivre sous une seule constitution. Et vous pouvez prier différemment et être voisin, collègue, concitoyen, concitoyenne. Monsieur le Président, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dès lors, appelle tous les États membres à défendre la liberté de conscience, de pensée, de religion Et j'envoie cet appel à toute nation amie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, toute nation avec qui nous avons un partenariat bilatéral, chaque nation amie. Que se passe-t-il chez vous? Garantissez que vos minorités religieuses ne sont pas persécutées, supprimées, intimidées ou discriminées parce que leur religion est différente de la majorité. Lorsqu'un pays est majoritairement chrétien, musulman, hindou, bouddhiste ou suit une autre religion, la foi de la majorité ne peut jamais être un instrument de persécution ciblant la minorité. Et ce message n'est pas adressé spécifiquement à un pays, à une religion ou à une région. Non, en fin de compte, c'est un principe qui doit s'appliquer à toutes et à tous sur un pied d'égalité, car les droits humains ne peuvent pas être sélectifs. Nous ne pouvons pas exiger le respect de nos droits tout en bafouant les droits d'autrui. On ne peut pas demander au monde de respecter nos croyances tout en refusant de respecter la liberté de conscience dans notre être humain. Monsieur le Président, Un principe plus général transparaît ici. En fin de compte, la question est une question de dignité humaine. Si on reconnaît la dignité de chaque être humain, il faut aussi examiner la condition de vie de tout un chacun et la terre que nous laisserons à nos enfants. L'Assemblée générale de l'ONU a reconnu le droit humain à un environnement durable, propre et sain. À quoi sert la liberté? si un enfant n'a pas de quoi boire? A quoi sert le développement si nous détruisons l'environnement qui rend la vie humaine possible? Et quel patrimoine léguerons-nous à nos enfants si nous n'avons plus de forêts, si nos océans finissent pollués et si notre climat devient de plus en plus intenable? Cette réalité transcende toutes les divergences économiques, politiques et religieuses entre nous. Nous n'avons qu'une seule planète, une seule Terre. Il n'existe pas d'autres planètes habitables connues à la portée de l'humanité Cette terre peut être un catalyseur Vous êtes peut-être un technocrate Mais en tout cas Malgré vos recherches à des milliards et des milliards d'années lumières, vous ne trouverez pas de planètes comme la terre Des scientifiques, des grandes nations Rappelez le vous, vos populations ne peuvent pas aller autre part. Notre terre, c'est notre maison commune. Quel que soit votre religion, nationalité, système politique, nous respirons le même air, nous partageons le même océan, nous dépendons du même climat mondial et en fin de compte, nous Partageons les conséquences de ce que l'humanité fait à la planète.
Monsieur le Président, pensez aux enfants du monde. Un enfant né aujourd'hui n'est pas responsable du changement climatique, il n'est pas responsable des guerres de cette génération, il n'est pas responsable de la pollution ou de la destruction environnementale. Et pourtant, cet enfant va faire face aux conséquences des décisions que nous prenons aujourd'hui. Voilà pourquoi nous devons être les garants du monde présent et du monde futur. Les générations futures ne peuvent pas s'adresser à nous aujourd'hui pour présenter leurs arguments. Et donc, nous devons tenir compte des générations futures lorsque nous prenons des décisions sur la guerre et la paix, le développement, l'énergie, les forêts, les océans, les minéraux, l'économie mondiale. La Papouasie-Nouvelle-Guinée comprend cette responsabilité. Nous sommes les garants des grandes Forêts tropicales riches d'une grande biodiversité. Nous avons également l'océan. L'environnement, pour nous, ce n'est pas une discussion internationale abstraite. L'environnement, c'est là où nous vivons, où nous cultivons nos terres, où nous pêchons. C'est le legs que nous souhaitons transmettre à nos enfants. Monsieur le Président, nous vivons. Dans un monde interconnecté, les décisions prises par un pays ont une incidence sur des personnes à des milliers de kilomètres. Les gaz à effet de serre ne respectent pas les frontières. La pollution est transportée par les océans et ne peut être arrêtée par des postes de contrôle. Les guerres perturbent l'accès à l'alimentation, au carburant, à l'énergie, loin des champs de bataille. Les décisions économiques prises par les plus grandes économies peuvent avoir une incidence sur un ménage dans un petit pays en développement, sur la capacité qu'a une mère à acheter à manger, qu'a un agriculteur à cultiver ses terres, qu'a un petit entrepreneur à faire marcher son entreprise. Cela a une incidence sur les pays en développement qui essaient de construire des routes, des écoles, des hôpitaux. Voilà pourquoi les dirigeants dans les pays les plus puissants doivent assumer des responsabilités qui vont au-delà des frontières nationales avec le pouvoir ou plutôt la puissance s'accompagne de responsabilités. La Papouasie-Nouvelle-Guinée demande avec respect aux dirigeants des plus grandes puissances de tenir compte des populations qui sont directement touchées par les décisions prises. Lorsque les guerres perturbent l'accès au carburant, lorsque les guerres perturbent le commerce, les familles font face à des coûts plus élevés, à une incertitude économique. Lorsque le changement climatique a une incidence sur des communautés qui Le changement climatique a une incidence sur les communautés qui ne l'ont pas causé. Le changement climatique menace la sécurité alimentaire. Je lance un appel aux dirigeants du monde entier. C'est un appel simple. Il faut donner la priorité au bien être des êtres humains et non pas à la guerre. Il faut faire primer l'humanité plutôt que les intérêts géopolitiques égoïstes. Il faut choisir le dialogue, le règlement pacifique lorsque c'est possible. N'oubliez pas les familles qui doivent prendre des décisions économiques Tenez compte des intérêts commerciaux et du bien être des populations. Utilisez les technologies pour la dignité humaine et non pas pour la diminuer. Protégez la planète tout en promouvant le développement et faites toujours primer les intérêts de nos enfants et des générations futures. Je me reprends. On ne peut pas simplement mesurer le leadership à l'aune de la puissance qu'un pays possède. C'est également la responsabilité qu'exerce ce pays, la façon dont ce pays exerce ses responsabilités. La Papouasie-Nouvelle-Guinée n'a pas toutes les réponses à ces questions. Nous sommes un pays en développement. Nous sommes devenus un pays à revenu intermédiaire il y a quelques années seulement. Nous avons des défis et des difficultés, mais peut-être que notre position en tant que pays du Pacifique nous permet de rappeler aux grandes puissances une réalité assez simple. Aucune nation n'est si puissante qu'elle peut vivre au-delà des limites de la Terre. Aucune nation est tellement petite que sa population devrait être oubliée lorsque les décisions la concernant sont prises. La force militaire d'une nation ne signifie pas que les droits d'un autre pays sont moins importants. Les progrès technologiques ne diminuent pas les obligations que nous avons de protéger la liberté humaine. La taille d'une majorité religieuse ne diminue pas les droits d'une minorité. La puissance sous toutes ses formes doit être exercée avec responsabilité. Monsieur le Président, dans mon pays, nous avons beaucoup de tribus, de langues, d'églises, de cultures. Mais nous sommes une seule et même nation. Peut-être que c'est un enseignement que nous pouvons partager avec le reste du monde et c'est une idée que nous souhaitons vous soumettre. Vous n'avez pas à être avoir les mêmes convictions que moi pour défendre les droits humains. Nous devons donc répandre l'amour. Nous devons permettre aux églises de prêcher, aux mosquées de faire l'appel à la prière. L'économie doit être au service de l'humanité, la technologie au service de l'humanité. Les pays puissants doivent exercer leur puissance de façon responsable. Il faut promouvoir le règlement pacifique des différents. Et je m'adresse notamment aux pays chrétiens, à tous les pays chrétiens. Notre Seigneur, notre Sauveur, Jésus-Christ, parle d'amour et non pas de guerre. Ceux qui promeuvent la paix sont des enfants de Dieu. Ceux qui ne promeuvent pas la paix ne sont pas des enfants de Dieu. Les pays chrétiens ne doivent pas l'oublier. Aucun État ne doit assujettir l'âme humaine. Monsieur le Président, nous avons différentes religions, différents systèmes politiques, différentes cultures, différents intérêts nationaux. Nous sommes de grands pays ou de petits pays, nous sommes riches ou pauvres, nous avons des armées plus ou moins puissantes, des économies à un stade plus ou moins avancé, mais au-delà de ces différences, nous avons quelque chose en commun. Notre humanité, nous partageons une seule et même planète, c'est notre maison. Nous devons la protéger, nous devons nous protéger les uns les autres. Nous devons léguer à nos enfants un monde meilleur que celui. dont nous avons hérité. Mon pays sera fier d'être chrétien, mais nous serons également engagés en faveur de la liberté de conscience, la liberté de religion, car à terme, la foi ne peut être imposée par un gouvernement. La foi doit venir du cœur. Dieu nous a donné l'humanité, la capacité à choisir, et cette liberté doit être respectée. Dieu a confié cette planète à notre génération pour un temps seulement. Nous devons utiliser ce temps avec sagesse et transmettre la planète à la prochaine génération. Nous devons œuvrer à la paix, faire respecter la Charte de l'ONU, respecter les droits, la dignité de chaque être humain. Nous devons travailler ensemble, les grands pays, les petits pays. Nous devons veiller à ce que la puissance, qu'elle soit militaire, économique, technologique ou religieuse, ne soit jamais utilisée pour réprimer les droits des autres. Nous devons protéger notre maison commune et n'oublions pas les générations à venir. Monsieur le Président, à cet égard, je souhaiterais, en guise de conclusion, remercier l'ONU, remercier toutes celles et ceux qui ont aidé la Papouasie-Nouvelle-Guinée au cours de ces 51 dernières années, depuis notre indépendance. Nous avons fait face à de nombreux pays. Nous avons une économie en pleine croissance. Nous Nous essayons de veiller à ce que tout le monde ait accès aux infrastructures. Nous essayons de fournir une éducation de qualité, des services, des soins de santé. Nous promouvons l'énergie propre, nous conservons nos forêts, nos océans, nous renforçons l'indépendance du judiciaire. Pour que le judiciaire soit indépendant, nous protégeons notre économie de libre-échange, nous ouvrons nos portes aux investissements, mais à terme, le plus important, c'est de respecter chaque citoyen. une nation d'une grande diversité. Nous devons donc respecter les droits humains de chaque citoyen de cette planète. C'est le moins que nous puissions faire. Soyez assurés que mon gouvernement travaille pour veiller à protéger les droits des 11 millions de personnes qui vivent dans mon pays, pour qu'ils aient accès à plus de débouchés, pour s'épanouir dans cette vie qui nous est donnée par Dieu. Et je souhaiterais prier en guise de conclusion. Je vous remercie, chacune et chacun d'entre vous, d'avoir soutenu la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Je m'adresse aux familles aux quatre coins du monde qui font face à des difficultés en raison du changement climatique, des catastrophes naturelles, ceux qui vivent dans la souffrance en raison de ces crises qui sont liées à l'être humain. Que Dieu vous console. Et que Dieu bénisse mon pays, que Dieu bénisse tous les citoyens de la planète. Nous devons protéger la planète jusqu'au retour de Jésus. Nous devons travailler pour protéger la planète. Que Dieu vous bénisse. Merci.
Au nom de l'Assemblée, je souhaiterais remercier le Premier ministre de l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Nous allons maintenant entendre une allocution de Son Excellence Lamine Zeine Ali Mahaman, Premier ministre de la République du Niger. Je prie le protocole de bien vouloir.
L'accompagner jusqu'à la tribune et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée. Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le secrétaire général, mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, mesdames et messieurs les chefs de délégation, mesdames et messieurs, je prends la parole devant cette auguste assemblée au nom de mon pays, au nom de son Excellence le général d'armée Abdramane Tchani, président de la République du Niger, chef de l'État. pour vous transmettre le message de paix du peuple nigérien souverain, un peuple attaché à sa dignité et à la coopération entre les nations. Monsieur le Président, je vous prie de bien vouloir recevoir les félicitations du Niger à l'occasion de votre élection à la présidence de cette 81e session de l'Assemblée générale, ainsi que nos remerciements à votre prédécesseur Son Excellence madame Ann Elina et monsieur António Guterres, secrétaire général de notre organisation, dont le second mandat s'achèvera le 31 décembre prochain. Monsieur le Président, le thème de cette session, "Restaurer la confiance, gérer la transformation", des Nations unies qui œuvrent pour tous, cadre parfaitement avec les préoccupations des peuples qui aspirent à la paix et au progrès, alors que les bombes et autres engins de destruction massive provoquent sans cesse la mort et la désolation dans toutes les contrées de notre planète. Comment restaurer la confiance et gérer la transformation dans le monde afin que les Nations unies apportent effectivement la paix et le bonheur à tous les peuples? Comment donc arriver à cet objectif. Je rappelle que notre précédente session nous appelait à agir mieux ensemble. Ce message demeure d'actualité et juste, mais il nous impose un devoir de bilan, à mesurer ce qui a été accompli et reconnaître ce qui ne l'a pas été, car la confiance ne se construit pas par l'accumulation des promesses, mais par leur mise en œuvre effective au bénéfice des peuples. Excellences, Mesdames et Messieurs, la confiance ne se décrète pas, elle se construit, elle se mérite et elle exige la vérité et la justice. Comment restaurer la confiance quand, pendant des décennies, on a entretenu la propagande, l'idée d'une Afrique pauvre, condamnée à suivre tout ce qu'on lui dit de faire, à survivre grâce à l'assistance d'une prétendue générosité internationale, alors que ses richesses sont arrachées et ou séquestrées au bénéfice d'autres agendas. Comment restaurer cette confiance quand les institutions internationales censées nous protéger sont devenues des instruments d'un ordre mondial où certains peuples comptent et d'autres survivent et où le droit international est à géométrie variable. Que dire des crimes commis en Libye, en Irak, en Palestine, au Liban, à Cuba, au Venezuela et en notre Sahel? Le Sahel. Au nom de valeurs prétendument universelles et qui restent impunis, ces crimes, tandis que des nations souveraines sont menacées de sanctions pour avoir simplement voulu décider de leur destin. Le Niger, mon pays, suit avec une profonde préoccupation la situation tragique qui prévaut en Palestine, particulièrement à Gaza, où les civils paient un prix humain insupportable. Nous appelons à la protection effective des populations civiles, à l'accès humanitaire sans entrave et à la recherche d'une paix juste et durable. Le Niger réaffirme son soutien à une solution des deux États permettant à l'État de Palestine et à l'État d'Israël de vivre côte à côte dans la paix, la sécurité et la dignité. Comment restaurer la confiance quand, 81 ans après San Francisco, l'Afrique forte de plus d'un milliard et demi environ d'habitants et de ses 50 États ne dispose toujours d'aucun siège permanent au Conseil de sécurité. Par ma voix, le Niger réaffirme son attachement au consensus des Uluini et demande que cette anomalie historique cesse d'être un sujet de débat stérile qu'on répète tous les jours pour devenir enfin l'objet d'une décision complète et concrète. Excellence, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, notre Sahel est en guerre.
Il est en guerre de libération, comme une conspiration visant sa recolonisation. Ce qui se passe au Sahel n'est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos propres faiblesses. Ce que d'aucuns appellent terrorisme dans notre région est une ingénierie cynique de recolonisation, habillée des oripeaux de l'extrémisme. mais dont la motivation réelle se trouve ailleurs, dans la convoitise d'importantes ressources qu'Allah 'Usmu 'Nahu Ta'ala a mis dans nos sous-sols. L'uranium du Niger, l'or du Mali et du Burkina, le lithium, le gaz, le pétrole et tant d'autres richesses continuent de faire saliver les anciennes puissances coloniales. On veut nous faire croire que nous sommes incapables de gouverner, de nous gouverner nous-mêmes, de produire, de penser et de nous défendre. On veut nous convaincre que nous n'avons ni science, ni intelligence, ni souveraineté pour bâtir quelque chose de précieux par et pour nous-mêmes, et qu'en conséquence, donc, nous devrions accepter la tutelle de la France d'Emmanuel Macron et de ses alliés. Une France qui agit bien souvent par l'entremise de ses proxys locaux, de réseaux et de complicités. On a instillé depuis des siècles l'autodépréciation, la peur et la résignation. On continue de vouloir mettre en conflit permanent des communautés qui, depuis des temps immémoriaux, vivent en harmonie dans un même espace et qui ont créé des mécanismes pacifiques, des mécanismes pacifiques de règlement des différents, la plaisanterie par cousinage notamment. Cette entreprise perfide de déstabilisation du Sahel central, conduite par la France, avec la complicité active de l'Ukraine, est désormais documentée, très documentée. Cette entreprise criminelle est démasquée dès lors que les élites militaires et politico-médiatiques qui la justifient au nom des intérêts de leur propre pays ont elles-mêmes levé le voile. Je le dis avec solennité du haut de cette tribune, le Sahel voit, le Sahel entend, le Sahel retient et le Sahel comprend bien les choses. Notre Sahel est déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa dignité, quels qu'en soient les prix. Un peuple qui a décidé d'être libre ne peut être recolonisé ni par la peur, ni par la ruse, ni même par la violence sauvage. Mesdames et messieurs, au moment où je vous parle, à nos frontières nord-est se trouvent les proxys dirigés par cette France, appuyés par l'Ukraine et deux autres pays. Et vous comprenez de quels pays et auxquels pays je fais allusion. Ces proxys sont armés, guidés, conduits sur le point d'attaquer nos positions militaires et nos installations du pétrole. Mais ils trouveront ce qu'ils méritent en face, inch'Allah. L'AES, aboutissement des longs combats historiques de nos peuples face à la colonisation et au néocolonialisme, est désormais un processus irréversible vers la souveraineté de nos pays. Il faut bien s'en convaincre, le siècle que nous vivons marque la fin des vieilles hémogénies et le réveil des forces jusqu'ici assujetties. L'AES est pour l'Afrique, ses diasporas historiques et contemporaines, ce que la lumière est pour l'obscurité. Elle est pour cette communauté humaine présente aux quatre coins du monde un foyer d'espoir et de dignité. Je l'ai dit devant le monde afin que le monde comprenne. L'AES est la résultante d'un mouvement qui vient du fond des âges. C'est un changement profond, durable, irrépressible et irréversible, inch'Allah, et qui, éboutant les griffes acérées de l'impérialisme, abolissant la traite des Noirs et l'esclavage, renversant le colonialisme et le néocolonialisme, emportent les peuples d'Afrique vers l'indépendance, la souveraineté et la liberté. J'affirme que notre refondation au Niger n'est pas dirigée et n'est dirigée contre personne. Elle traduit notre volonté de compter sur nous-mêmes d'avoir le contrôle total de nos ressources ainsi que la responsabilité de nos choix et de nos alliances. Le chef de l'État, le président Ntchani, n'a jamais arrêté de le dire. La seule chose qu'on demande, qu'on nous laisse gérer notre propre destin. Nous n'avons pas été animés d'un souci d'aller embêter quelqu'un. Donc pour nous, il s'agit simplement d'aller vers le choix soutenir ce choix que nous avons décidé avec notre peuple derrière nous. Notre organisation doit entendre cette vérité. La souveraineté de nos États n'est pas négociable. Nos ressources appartiennent à nos peuples. Notre avenir ne se décidera plus ailleurs. Mesdames et messieurs, c'est le lieu de saluer le courage de nos forces de défense et de sécurité et de rendre hommage à tous nos martyrs, civils et militaires, qui ont perdu la vie dans la lutte pour notre liberté pleine et entière. Je m'incline devant leur mémoire. Que leurs âmes reposent en paix. Je voudrais également saluer ici la mémoire de feu le général Sadio Camara, ministre de la Défense du Mali, dont le sacrifice ultime restera à jamais associé à l'histoire de la Confédération des États du Sahel. Puisse Allah lui accorder le paradis éternel. Amin. Mesdames et messieurs, Nous demeurons ouverts à toute coopération sécuritaire, tenant compte, bien entendu, de nos intérêts stratégiques, de l'intérêt réciproque et du respect de notre souveraineté. Avec le Burkina Faso et le Mali, le Niger développe, au sein de la Confédération des États du Sahel, une coopération axée sur la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement. Cela répondant d'ailleurs à une exigence de solidarité entre peuples confrontés à des défis communs. Le 16 septembre 2023, à Bamako, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont signé la charte de l'Iptako Gourma, donnant naissance à l'Alliance des États du Sahel. Le 6 juillet 2024, à Niamey, nos trois chefs d'État, le président Assimi Goïta du Mali, Le président Ibrahim Traoré du Burkina Faso et le président Abdourahman Tchani du Niger ont franchi une étape historique en créant la Confédération des États du Sahel. Deux ans plus tard, la structure institutionnelle de cette confédération est pratiquement complète. Une force unifiée de 5 000 hommes mène la lutte coordonnée contre les mercenaires qui sévissent sur nos trois frontières, sur nos trois territoires. Cette force est mobilisable à hauteur de 15 000 hommes. Il faut le souligner. Une banque confédérale d'investissement a été créée. Elle finance nos projets et nos programmes par nos propres moyens. Un passeport confédéral biométrique est en circulation depuis le 29 janvier 2025. Une chaîne de télévision, une agence de presse et une radio commune portent la voix de l'AES. Plus récemment, du 26 au 29 août 2026, les premières sessions du Parlement confédéral se sont tenues à Niamey, parachevant ainsi notre architecture institutionnelle. Excellence, Mesdames et Messieurs, le Niger est un pays de paix, un pays de paix, vraiment. Il n'a jamais porté la guerre et ne la portera à l'encontre d'un autre pays. Il est déterminé à se défendre et à contrôler ses ressources naturelles. C'est très important pour nous de le dire. Nous avons fait le choix d'une transformation fondée sur la responsabilité nationale, la valorisation de nos ressources, le renforcement de nos institutions et l'amélioration concrète des conditions de vie de nos citoyens. Depuis le 26 juillet 2023, le Niger poursuit sa marche inexorable vers la reconquête totale de sa souveraineté, sous la conduite du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, dirigé par son président, Son Excellence le général d'armée Abdramane Tchani, président de la République, chef de l'État. Cette mutation rompt radicalement avec les politiques imposées de l'extérieur et déconnectées des besoins réels des populations. Elle est ancrée dans les valeurs sociales du peuple nigérien. Conscient des défis auxquels il est confronté, Le gouvernement que je coordonne a choisi de mobiliser les ressources nécessaires pour financer l'agriculture et les secteurs sociaux de base à travers les fonds issus des contributions volontaires des Nigériennes et des Nigériens, en plus des revenus tirés de l'exploitation de nos ressources minières et pétrolières, revenus qui échappent auparavant au contrôle de l'État. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, il y a quelques jours, Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, après deux précédentes tentatives infructueuses d'attaque contre l'aéroport international Djory Hamani de Niamey, une troisième, d'ailleurs annoncée par le général Tchani, une troisième tentative de déstabilisation pilotée par des forces ostentistes et colonialistes a visé nos institutions, comme les précédentes. Elle a échoué. Elle a échoué grâce à la loyauté de nos forces de défense et de sécurité, la loyauté de nos forces armées. Elle a échoué grâce à la solidarité de nos alliés et au refus catégorique du peuple nigérien de revenir en arrière. Le Niger en ressort uni et déterminé. Les investigations sont d'ailleurs en cours, les investigations nécessaires afin d'établir les circonstances, les responsabilités et les soutiens internes et externes liés à cette tentative. À l'issue de cette procédure, le Niger se réserve le droit, conformément à la Charte des Nations unies et au droit international, de saisir et de recourir aux mécanismes compétents pour défendre sa souveraineté. À ce sujet, nous demandons que toute préoccupation d'un État membre relative à sa sécurité soit examinée avec célérité et impartialité, sans traitement différencié. La crédibilité de notre Organisation, M. le Président, dépend aussi de sa capacité à faire entendre les voix de tous ses États membres. Vous avez du travail, M. le Président. Le Niger ne cherche l'affrontement avec aucun pays. Il ouvre les bras à tous les partenaires qui souhaitent construire de nouvelles relations fondées sur l'égalité, la réciprocité et l'intérêt mutuel, l'intérêt partagé. Excellence, Mesdames et Messieurs, pendant plus d'un demi-siècle, l'uranium, cette matière qui fait rêver, L'uranium du Niger a éclairé les villes d'Europe, tandis que les nôtres restaient dans l'obscurité. Cette injustice a désormais pris fin. C'est terminé. En juin 2025 passé, l'État du Niger a repris le contrôle de sa société des mines de l'Aïr. Nos ressources sont désormais gérées par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Et le Niger entend commercialiser son uranium sur le marché international en toute transparence et dans le strict respect de ses obligations de non-prolifération des armes nucléaires. À un moment donné, vous avez entendu cette France dire que le Niger, en bande organisée, a volé son uranium. Ce sont des histoires. En partant de chez nous, ils ont tout débranché. Le Niger a investi une trentaine de milliards de nos francs pour poursuivre la production, avec intégralement des agents de maîtrise et des ingénieurs nigériens, pas un seul étranger. Le stock actuel appartient à notre pays, il n'appartient à personne, et nous le vendrons à tout celui qui souhaite l'acheter en toute transparence comme je viens de le dire dans le même esprit notre pays est devenu en 2024 exportateur du pétrole du pétrole brut grâce à l'oludique reliant Agadem à la côte atlantique le long du continent africain faisant du Niger l'une des économies à la croissance la plus rapide du continent en 2025. Ces revenus vont à la sécurité, notre propre sécurité, à l'agriculture, à l'électrification, à l'eau et à l'assainissement, à l'éducation, à la santé de nos concitoyens. Et le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie, alimenté par les contributions volontaires des millions de Nigériens, dit tout d'un peuple qui a compris que la souveraineté a un prix et qu'il est prêt à le payer. Mesdames et messieurs, après trois années de rupture avec l'ordre ancien, les progrès observés sur le terrain sont remarquables. Notre économie a enregistré une croissance de 7 % en 2025, portée surtout par le pétrole et l'agriculture. L'inflation qui avait atteint 9,1% en 2024 est retombée à -4,7%, grâce notamment à une production agricole exceptionnelle et à une réduction ciblée des tarifs des carburants et du prix du ciment. Toutes les richesses du pays sont destinées à une redistribution au bénéfice de notre population. Le programme Grande Irrigation initié par le président de la République doté de 526, disons 527 milliards de nos francs, vise à aménager environ 22 000 hectares de nouveaux périmètres irrigués. Les résultats enregistrés à ce niveau sont très satisfaisants car, pour la première fois depuis des décennies, notre pays n'a pas connu de pénurie alimentaire, ni fait appel à l'aide étrangère. À travers ce programme, nous comptons réduire Nous comptons réduire de moitié nos importations de céréales d'ici à la fin de 2027, inch'Allah. S'agissant de la santé, nous avons réduit de 50 % les coûts de prestation dans les formations sanitaires publiques. Certaines prestations sont gratuites, notamment les accouchements, les prises en charge des enfants de 0 à 5 ans et la dialyse. Le taux d'accouchement assisté est passé de 36 % en 2022 à 42,5 en 2025, et celui des consultations prénatales à 38,2, il était de 32 %. L'éducation est gratuite et obligatoire pour tous les enfants dans les écoles publiques. Par ailleurs, une réduction de 20 % des frais de scolarité dans les établissements privés a été décidée en juillet 2025. Ces orientations contenues dans le programme de refondation de la République 2025-2029 constituent le cadre de référence pour l'ensemble des interventions de l'État en faveur de la transformation structurelle de notre économie. Ces résultats sont très encourageants malgré l'ampleur des défis, car ils sont les nôtres et obtenus avec nos propres moyens. Excellence, Mesdames et Messieurs, il y a trois années, Certains prédisaient l'effondrement du Niger sous le poids des sanctions et de l'isolement. Aujourd'hui, le Niger est debout. Il est debout parce que son peuple a refusé de plier l'échine. Il est debout parce qu'il a trouvé au sein de la Confédération des États du Sahel une famille, une solidarité, une famille dans toute la signification africaine du terme. Il est debout parce que la République algérienne démocratique et populaire, pays frère et voisin, a choisi de l'accompagner par un investissement substantiel dans l'exploitation de ses ressources naturelles et par un soutien constant à son système de défense. Avec l'Algérie, nous entreprenons également une coopération dynamique dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'énergie, de l'hydraulique et de l'agriculture. À cela s'ajoute de grands projets structurants comme le gazoduc tripartite et la route transsaharienne. Le Niger est surtout debout parce qu'il a repris possession de son sol, de son sous-sol et de sa parole. Monsieur le Président, notre pays est aussi debout parce qu'il comprend la parole au sein de notre organisation commune qui est l'ONU et compte parmi ses membres des pays avec lesquels nous avons une coopération fructueuse, fondée sur le respect mutuel. Permettez-moi, à ce niveau, de dire que le Togo, la Turquie, le Royaume du Maroc, la Fédération de Russie et la République populaire de Chine font partie de nos amis, de vrais amis. Au nom du président de la République, chef de l'État, je voudrais leur témoigner toute notre gratitude. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, le Niger demeure fidèle aux valeurs inscrites dans sa devise, fraternité, travail et progrès, et à celle de notre confédération, un espace, un peuple, un destin. La sécurité, le développement et la dignité de nos peuples ne peuvent être envisagées séparément. Nous l'avons compris. C'est pour ça que nous restons très soudés. Nous croyons en des relations internationales fondées sur la coopération, la dignité, la souveraineté et le respect mutuel. Notre conviction est qu'aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut s'arroger le titre de gendarme du monde. Ça, c'est terminé. Pour conclure, Le Niger respecte le choix des autres et demande à personne de partager les siens. Il demande à chacun de le respecter. Il entend exercer pleinement sa souveraineté sur ses ressources naturelles et n'acceptera plus jamais aucune restriction imposée de l'extérieur à son droit souverain de choisir librement ses partenaires. Ce droit est inaliénable. Il ne se négocie pas. Nous proclamons que la confiance renaîtra lorsque chaque nation, grande ou petite, sera traitée avec la même considération, lorsque le droit à l'égalité souveraine, à l'intégrité territoriale, au libre choix des partenariats et à la non-ingérence lorsque ce droit sera respecté. C'est à cette conviction, à cette condition que la confiance sera restaurée, que la transformation sera juste et que les Nations unies apporteront réellement des résultats pour tous et que les Nations unies seront respectées par tous et que les Nations unies amènera tous à la respecter et à croire que c'est une organisation pour tous. Vive la coopération internationale, vive la Confédération des États du Sahel, vive la République du Niger. Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre aimable attention.
Au nom de l'Assemblée.
Je remercie le Premier ministre de la République du Niger. L'Assemblée va à présent entendre une allocution prononcée par Son Excellence Philip Edward Davis, Premier ministre du Commonwealth des Bahamas. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, je tiens tout d'abord à féliciter Son Excellence Khalilur Rahman pour son élection Les Bahamas s'engagent à vous apporter leur plein soutien. Monsieur le Président, chaque génération hérite d'une promesse qu'elle n'a pas faite. La promesse de notre génération a été faite il y a 81 ans, avec la création de ces Nations Unies. Elle est née des cendres de la pire guerre dans l'histoire de l'humanité. Et ces idéaux ont démontré leur valeur. Aucune nation n'est trop petite pour être souveraine et aucun peuple n'est trop pauvre pour être égal. Et le même droit devrait s'appliquer aux forts et aux faibles. Et il est triste de dire que les Nations unies se sont trop éloignées de cette promesse. Et les Bahamas sont ici aujourd'hui pour insister et pour honorer cette promesse. Monsieur le Président, toute la semaine, Nous avons entendu que cet ère était caractérisé par l'incertitude. Avec tout le respect que je dois-je ne suis pas d'accord. L'incertitude est un terme choisi par ceux qui ont déjà décidé et qui ne souhaitent pas l'avouer. Les traités sont déchirés, les institutions sont vides de leur contenu. Les règles font place à des accords et les avantages des accords ne reviennent qu'à ceux qui ont le plus de pouvoir. De nouveau, nous entendons le langage employé par les sphères d'influence. La cour arrière d'hémisphère. Pendant 500 ans, les Caraïbes ont été la cour arrière de quelqu'un. Nous n'avons pas obtenu notre liberté pour devenir encore les seconds de qui que ce soit. Le message pour les petites nations est très clair. Vous pouvez être souverain dans la mesure où vous nous le permettons. La souveraineté ne nécessite pas de permission, sinon ce n'est pas de la souveraineté, c'est un bail. Nos ancêtres ne. ne sont pas libérés de leurs chaînes afin que leurs enfants puissent devenir des locataires. Ces temps ne sont pas incertains, ces temps sont très certains. La seule chose qui soit incertaine, c'est notre réponse aux opportunités et défis de cette ère. On entend souvent dire que ce qu'il manque, c'est une volonté politique, et je ne suis pas d'accord. Il n'a jamais manqué de volonté politique dans ce monde. En 2008, lorsque les banques des nations les plus riches couraient à l'échec, des milliers de milliards de dollars ont pu être trouvés en quelques semaines. Lorsqu'une pandémie mondiale atteint les capitales des plus puissants, la volonté politique est retournée. La volonté existe, simplement, on la dirige ailleurs. Quelque part, une banque sera toujours trop grande pour échouer. Et de la même manière, une nation ne peut être trop petite pour être laissée pour compte. Ce qu'il manque dans ce monde, ce n'est pas une volonté politique pour permettre un changement, c'est le changement politique lui-même qui manque. Un changement dans la rédaction, dans ceux qui rédigent les règles, dans ceux qui comptent le plus, dont les souffrances comptent le plus, dans ceux qui prennent les décisions, ceux qui payent. Le changement politique est une décision qui revient à ceux qui détiennent le pouvoir. La volonté politique est un sentiment. Et c'est pourquoi, Monsieur le Président, je suis venue parler justement de cela aujourd'hui, du pouvoir. Il y a 2500 ans, les envoyés d'Athènes se présentaient devant la petite île de Mélos pour dire à sa population une simple vérité au sujet du pouvoir. Les forts font ce qu'ils peuvent. et les faibles doivent s'ouvrir autant qu'ils doivent. Il y a 81 ans, à San Francisco, l'humanité a rédigé une règle différente, l'égalité souveraine des nations et non pas l'égalité en taille ou en richesse, l'égalité de statut. Les Nations unies étaient la réponse du monde à Melos. Mais en 1945, près d'une personne sur trois sur cette planète vivait encore sous le joug colonial et la population de mes îles en faisait partie. Les Bahamas n'étaient pas dans cette salle, mais elles existaient bien sur la carte. Et ensuite, le changement politique est arrivé. Pour nous, il n'a pas été octroyé par une main au-dessus, il a été exigé par nous, tout en bas. Et le 18 septembre En 1973, les Bahamas ont pris place et ont obtenu un siège au sein de cette assemblée. Ensuite, en 1985, les dirigeants de la Commonwealth se sont réunis dans ma propre capitale et se sont mis d'accord sur l'accord de Nassau contre l'apartheid. Nous entendions alors que la pression ne fonctionnerait jamais. Et moins de cinq ans plus tard, Nelson Mandela sortait libre de sa cellule. Et tout ceci n'est pas arrivé parce que tout d'un coup, les puissants ont retrouvé une conscience. était possible parce que l'équilibre des pouvoirs a changé dans la salle. Et voilà l'enseignement à tirer de l'histoire. Le changement n'est pas quelque chose qui vous est donné comme un cadeau. Il est organisé. Et ce ne sont pas les petits États qui sont en train de démanteler l'ordre fondé sur les règles. Les petits pays ne peuvent démanteler un monde fondé sur les règles, mais nous serons les premiers à être complètement écrasés lorsqu'il s'effondrera. Les grandes puissances peuvent survivre à la fin de cette règle, mais les petits États ne le peuvent. Pour nous, un monde fondé sur les règles est notre bouclier. Et les règles n'ont pas toujours été appliquées de manière juste. Mais la réponse n'est pas un monde où les règles sont absentes. La réponse sont des règles qui sont contraignantes, autant pour les forts que pour les faibles. L'ordre international ou les règles. Un ordre international où les règles ne s'appliquent qu'aux pauvres n'est pas un ordre, c'est une hiérarchie. Lorsque les Bahamas défendent le multilatéralisme, ils ne défendent pas une bureaucratie, ils défendent la seule disposition, le seul système qui permet à une nation de 400 000 habitants d'arriver à cette tribune en tant qu'État souverain. sur pied d'égalité avec une nation d'un milliard de personnes. Un monde sans règles n'est pas un monde libre, c'est mélasse. Monsieur le Président, je ne fais pas appel à votre conscience. Les petits États l'ont fait pendant des décennies. Aujourd'hui, je fais appel à vos intérêts. Qu'est-ce qui serait dans votre intérêt? Aucun mur n'est suffisamment haut pour parer à l'élévation du niveau de la mer et aucune frontière n'est suffisamment robuste pour arrêter une pandémie. et les intérêts d'une poignée vous font réfléchir à ce que vous pouvez obtenir aujourd'hui. Mais lorsque vous avez une vision plus long terme, vous demandez dans quel monde est-ce que nous pourrons vivre demain. L'ordre international, fondé sur les règles et dans l'intérêt de tous. Ces règles ne sont pas arbitraires. Elles nous sont parvenues par une expérience, par du vécu. Et chaque règle violée aujourd'hui est une règle qui nous serait nécessaire demain. Et chaque institution que vous videz de contenu est une institution dont vous aurez besoin demain. Chaque petite nation que vous abandonnez est une crise dont vous allez hériter un jour. Défendre les règles n'est pas un service que vous rendez aux petits, c'est une garantie pour les plus forts. Monsieur le Président, cela est d'autant plus vrai pour la crise climatique. Là encore, on nous dit qu'il règne une certaine incertitude. Que nenni. Ce n'est pas la mer qui négocie, ce n'est pas la mer qui lie des communiqués, ce n'est pas la mer qui reconnaît un droit de veto. En 2024, pour la première fois, le monde est arrivé à plus d'1,5 degré de réchauffement pendant toute une année. Nous nous étions battus pour cette limite à partir des petits États insulaires dans le cadre de l'accord de Paris, et cette ligne a été franchie. Un nouveau rapport publié il y a quelques jours nous prévient du phénomène El Nino qui réchauffe la planète et qui va coûter probablement d'ici février prochain 450 000 vies. En 2019, le cyclone Dorian a infligé pertes et dommages aux Bahamas. l'équivalent d'un quart de notre production nationale. Les familles regardaient la mer reprendre la seule terre dont elles disposaient. La plus grande partie de mon pays est à peine au-dessus du niveau de la mer. Pour nous, l'élévation de l'océan n'est pas une prévision, c'est une ligne à ne pas franchir, sans quoi elle arrive au seuil de notre porte. Et c'est pourquoi, avec la plus grande fierté, les Bahamas ont endossé hier la déclaration sur l'élévation du niveau de la mer qui affirme que notre statut d'État, nos frontières et notre siège au sein de cette Assemblée ne seront pas prises par la mer. La science est certaine. L'an dernier, la Cour Internationale de Justice exprimait très clairement que le droit était certain, également que l'injustice est certaine elle aussi. Les populations qui ont le moins de responsabilité dans cette affaire doivent s'adapter avant tous les autres, payer davantage et se relever de catastrophes dont ils ne sont pas à l'origine. Et l'intérêt propre quant à lui est certain. Ceux qui perdent leurs habitations, leurs maisons ne disparaissent pas, ils se déplacent. Lorsqu'ils arrivent chez quelqu'un d'autre à la frontière, Très bien. Il reste là. Les coûts de prévention sont inférieurs aux coûts de reconstruction, de réinstallation et les Bahamas agissent. Mais aucune nation ne peut agir seule. Aucune nation à elle seule ne peut résister à la marée. Nous ne pouvons pas non plus bâtir la résilience au sein d'un système financier conçu à Bretton Woods en 1944 et qui nous déclare encore trop prospère pour recevoir de l'aide jusqu'à la prochaine tempête qui nous rendra pauvre. L'indice de vulnérabilité existe. Le Fonds des Perte et préjudice existent. Ce qui manque, c'est le changement de pouvoir pour rendre tout ceci réel et opérationnel. Monsieur le Président, la prochaine compétition, bataille pour le pouvoir, se livrera non pas seulement sur la terre et en mer, mais également sur les données. Les données de nos citoyens traversent les frontières, le monde, sans visa, sans vote. et ils nous quittent comme des matières premières et retournent comme des produits que nous devons acheter. Et nous voyons cette tendance. Mes îles ont exporté à l'époque du sel, des éponges, parmi d'autres produits. et les autres fixer le prix, les autres garder les bénéfices, les profits, tout ceci. Mais les biens ont changé, les tendances, elles, n'ont pas changé. C'est une colonisation par les données que nous observons. Et cela n'arrive pas par navire, par des pavillons. Cela arrive dans une boîte, dans un écran, un bouton sur lequel vous devez appuyer, donner votre accord. Et je parle de la capacité des personnes de gouverner leur propre vie numérique. vivre leur quotidien et leurs histoires et de décider où doivent atterrir leurs données, comment les utiliser et selon quelles conditions. Ces personnes devraient être en mesure de partager leurs la valeur, d'avoir une part dans la valeur que génèrent leurs données. Cela signifie une intelligence artificielle qui comprenne nos langues, nos lois, nos vies, et pas seulement les vies de ceux qui vivent dans l'hémisphère nord, les plus riches, qui dominent les langues et les cultures. Et cela signifie de participer à l'ère numérique selon nos propres conditions, non pas comme des consommateurs des systèmes d'autres, mais en tant édificateurs de nos propres systèmes. Les données sont la nouvelle art première dans cette économie mondiale. L'ancien empire a pris nos terres, les a pillées, les a renommées. Les nouveaux empires cherchent à prendre nos données et nous les renvoyer sous la forme d'une image, d'une photo de nous-mêmes que nous n'avons pas créé. Et en cette ère moderne, est-ce qu'on doit attendre de nous simplement d'être des fournisseurs de données sans remettre Quoi que ce soit en question, on s'en pose cette question: est-ce qu'on ne peut pas légitimement attendre de participer à un processus dans lequel nos propres données sont utilisées, raffinées, nous ne pouvons pas gouverner et en profiter? Nous ne pensons pas qu'il soit scandaleux d'exiger que les petits États puissent aider à rédiger les règles applicables à cette nouvelle ère et non pas simplement de signer des documents qui nous sont brandis. C'est pourquoi les Bahamas vous demandent d'appuyer la désignation de M. Stephen Bero en tant que vice-secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications. Monsieur le Président, le Conseil de sécurité a été conçu par les vainqueurs d'une guerre qui s'est terminée il y a 81 ans. Le monde a changé, mais le Conseil, lui, n'a pas changé. Cinq nations détiennent encore un droit de veto. qui concerne la paix pour 193 nations. Et la plupart des nations présentes dans cette salle n'existaient pas lorsque cet accord a été conclu. On ne nous a pas posé la question. Une institution qui ne peut pas se réformer ne peut pas avoir l'espoir de réformer le monde. Le pouvoir sans légitimité n'est pas un ordre, c'est un contrôle. et une paix garantie uniquement par les puissants n'est pas une paix c'est une permission c'est pourquoi les Bahamas cherchent à obtenir un siège au Conseil pour le mandat 2032-2033 les Bahamas ne cherchent pas à obtenir un siège au Conseil pour s'asseoir sagement dans le cadre des accords En tant que francophones, nous cherchons à aider à le changer. Un Conseil qui reflète le monde tel qu'il existe aujourd'hui et qui accorde aux petits États insulaires un siège dédié à une table où notre survie est objet de décision. Le changement doit également arriver aux plus hautes sphères de cette organisation. Les Bahamas soutiennent la candidature de Son Excellence Caroline Rodrigues-Birkett de Guyana pour le poste de Secrétaire général. une ancienne ministre des Affaires étrangères qui a présidé le Conseil de sécurité, qui comprend ce que signifient les règles pour les nations qui ne disposent d'aucune autre protection. En 81 ans, cette organisation a connu neuf secrétaires généraux, tous des hommes, aucun provenant des Caraïbes. Les Bahamas pensent qu'il est temps maintenant de changer la donne. Monsieur le Président, dans notre propre hémisphère, les Bahamas appellent encore à la levée d'un blocus renforcé contre le peuple de Cuba et d'en finir avec le blocus sur le carburant et le retrait de Cuba de la liste unilatérale des supposés sponsors du terrorisme. Le peuple cubain est en train de souffrir. Nous appelons tous les États à respecter l'Amérique latine et les Caraïbes comme zone de paix. Et nous devons parler d'Haïti. Haïti a été la première nation sur cette planète qui est née d'une révolte. d'un peuple réduit à l'esclavage. Une révolte couronnée de succès. Et ils ont dû payer pour cet acte de courage. En 1825, sous la menace des armes d'une flotte étrangère, Haïti a été contrainte de compenser ses anciens colonisateurs pour cette propre liberté. Et cela prit plus d'un siècle et demi à Haïti pour repayer cette somme pour compenser. Et si vous voulez voir quel est le coût de la souveraineté lorsqu'elle vous est permise, mais qu'elle n'est jamais respectée, regardez Haïti. Lorsque le Conseil de sécurité s'est réuni le 30 septembre, se réunira le 30 septembre, nous l'enjoignons de renouveler le mandat au titre de la résolution 2793 et de donner à la force de répression des gangs les ressources suffisantes pour pouvoir produire des résultats dans le cadre d'un partenariat qui respecte la souveraineté d'Haïti. Et ce ne sera pas suffisant d'adopter une résolution. Il faudra identifier les ressources nécessaires. Et il ne faut pas que cela reste lettre morte. Il faudra que cela soit sorti de ressources. Monsieur le Président, l'injustice de ce siècle a une histoire. Et l'histoire vous présente ses factures. Ce mois-ci, la CARICOM a présenté son plan en 10 points pour une justice réparatrice. Partant de la reconnaissance par l'Assemblée en mars de l'esclavage, le trafic et l'esclavage racialisé des Africains en tant que crime contre l'humanité, la richesse des empires a été bâtie sur le socle de vie volée de nos ancêtres, y compris les enfants esclaves. Il est important que les anciens colons qui ont reconnu cette atrocité, reconnaissent que c'est une mesure vitale, parce que la reconnaissance sans réparation n'est qu'une phrase sur une page. Nous appelons les nations qui ont profité de ceci de participer sérieusement de cette justice réparatrice. Vérité, excuses, restauration, développement. Monsieur le Président, Les fondateurs de cette organisation ont fait leur promesse dans les cendres de la guerre et nous ne devons pas trouver nos propres ruines pour trouver ce courage. Les Nations unies n'ont pas été créées pour gérer la fin de cette promesse, le déclin de cette promesse. Non, elles ont été créées pour partir de cette promesse. Et ces temps ne sont pas incertains. La seule incertitude, c'est notre réponse à ces temps. Et je vous mets au défi et je vous encourage. Et j'exige de vous, si vous me permettez, laissons l'histoire nous juger et dire que nous avons répondu à l'aide d'un changement, un changement qui est nécessaire pour ce monde et pour l'humanité. Merci.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Premier ministre du Commonwealth des Bahamas.
Je tiens à remercier.
Le Premier ministre du Commonwealth des Bahamas. L'Assemblée va présentement entendre une allocution prononcée par Son Excellence Alix Didier, fils aimé, Premier ministre de la République d'Haïti. Je demande au protocole de bien vouloir. Je demande au protocole le bien vouloir accompagner à la tribune Son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames, Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les représentants permanents, distingués invités, frères maîtres haïtiens, En prenant la parole à cette Assemblée générale, je mesure le poids de l'histoire. Il y a plus de 80 ans, au lendemain d'une guerre qui avait plongé le monde dans le chaos, Haïti, membre fondateur des Nations Unies, s'unissait aux nations du monde pour faire le pari de la paix, du dialogue, du respect et de la dignité humaine. Aujourd'hui, Alors que les crises et conflits meurtriers se multiplient, que l'urgence climatique s'intensifie, que de nouvelles fractures menacent la stabilité d'Haïti et du monde, ce pari fondateur est de nouveau mis à l'épreuve. Il est impératif que, face aux crises qui frappent Haïti, comme à celles qui bouleversent tant de régions du monde, les nations fassent front commun autour de l'essentiel: la paix, la sécurité et le bien-être de tous les peuples. C'est tout le sens du thème qui nous rassemble cette année. Monsieur le Président, je vous félicite pour votre élection à la présidence de l'Assemblée générale. Je tiens également à saluer le Secrétaire général, M. Antonio Guterres, pour son engagement constant en faveur de la paix. Je garde un souvenir ému de sa visite à Port-au-Prince le 16 juin 2026, un témoignage fort de sa solidarité envers le peuple haïtien. Dans les heures difficiles que traverse notre pays, Haïti tient à exprimer sa reconnaissance à tous les partenaires et amis qui continuent de se tenir à ses côtés. Je voudrais à cet égard saluer l'engagement du système des Nations unies et tout particulièrement celui du Conseil de sécurité, ainsi que celui de l'Organisation des États américains, de la CARICOM et de l'Union européenne, dont le soutien demeure plus que jamais essentiel. Je rends un hommage particulier aux peuples frères qui, contribuant à la force de répression des gangs et en soutenant son plein déploiement, ont choisi de partager avec nous le poids du combat pour la paix et la sécurité. Haïti n'oubliera ni leur solidarité ni leur sacrifice. Je veux également souligner le partenariat privilégié des États-Unis d'Amérique, l'appui déterminant du Canada, le précieux accompagnement de partenaires tels que la France, le Chili et le Mexique dans la modernisation de nos capacités nationales de sécurité. de même que l'ouverture de la République dominicaine au dialogue et son plaidoyer en faveur d'une résolution durable de la crise haïtienne. Enfin, nous exprimons notre reconnaissance aux BINU, aux agences, fonds et programmes présents sur le terrain, ainsi qu'à l'ensemble de nos partenaires multilatéraux pour leur engagement constant aux côtés du peuple haïtien. Monsieur le Président, Devant cette auguste assemblée, je porte la voix d'un peuple qui a gravé son nom dans les annales de l'histoire en osant accomplir l'impensable: briser les chaînes de l'esclavage et faire naître, sur une terre conquise par le sacrifice, la sueur et le sang, la première République noire libre du monde. Cette épopée est la preuve éternelle Aucun empire n'est plus puissant que la soif de liberté d'un peuple. Comment oublier le destin et les larmes cachés de Toussaint Louverture, arraché brutalement à sa terre natale, jeté dans la solitude glaciale de cachots au fort de Joux. La privation et l'humiliation ont eu raison de Toussaint Louverture. Mais son combat pour la liberté reste vivant à travers des salines, Christophe, et tous les autres pères et mères fondateurs. Toussaint Louverture l'avait prédit: « En me renversant, on n'a abattu à ses domaines que le tronc de l'arbre de la liberté. Il repoussera, car ses racines, elles sont profondes et nombreuses. » L'arbre a repoussé, il a grandi, il a traversé les siècles et il poursuivra son chemin. Et même si aujourd'hui, la violence criminelle menace ses racines et cherche à dérober nos enfants, les fruits de cette liberté si chèrement conquise, Haïti résiste. Haïti est debout. Elle est debout parce que les peuples nés de la lumière n'abdiquent jamais devant les forces du chaos. Elle est debout Parce que les peuples nés du sacrifice savent le prix de la liberté, de la paix et de la sécurité. Haïti sait, pour l'avoir appris dans sa propre chair, que ses conquêtes ne sont jamais définitivement acquises et que, lorsque l'on se menace, il faut avoir le courage de les défendre. C'est le combat qu'Haïti mène aujourd'hui. Et c'est pourquoi elle appelle le monde, non pas à la sauver, mais à se tenir à ses côtés. qu'elle reprend en main son destin. Monsieur le Président, je porte aujourd'hui la voix d'Haïti, mais aussi celle de ces peuples auxquels notre monde demande trop souvent de supporter le poids des crises qu'ils n'ont pas créées. Pour les petits États comme Haïti, la facture du dérèglement climatique est devenue insoutenable. C'est une injustice profonde qui que ceux qui y ont historiquement le moins contribué soient pourtant parmi ceux qui en paient le prix le plus lourd, souvent au détriment de leur propre développement. Les moyens consacrés à l'adaptation et à la résilience doivent être à la hauteur de ces défis. Aucun peuple ne devrait choisir entre répondre à l'urgence financer son développement. L'accès au capital, aux marchés et aux technologies doit être plus équitable. Notre architecture financière internationale doit évoluer pour mieux répondre aux besoins et aux réalités des pays les plus vulnérables. L'intelligence artificielle ouvre des possibilités immenses, mais sans règles ni garde-fous éthiques, elle risque d'accentuer les fractures. La technologie doit demeurer un instrument de progrès partagé, au service de l'humanité. Nous devons rester les maîtres de la technologie et jamais les sujets. Et aucun peuple ne doit être laissé de côté. Nous devons aussi tenir la promesse d'un monde où nul n'est condamné à la faim, privé de soins, déplacé par les armes ou victime d'inclusions et de discriminations. Cette même exigence de dignité doit guider notre regard sur les migrations. Car derrière les statistiques et les débats, il y a des femmes, des enfants et des hommes qui portent avec eux une histoire, des talents, des espérances et parfois le poids de l'exil. Depuis des générations, les Haïtiens et les Haïtiennes établis à l'étranger contribuent aux sociétés qui les accueillent. À cette tribune, je tiens à exprimer notre gratitude aux pays qui leur ont ouvert leurs portes et favorisent leur intégration. Haïti a été une terre d'accueil, de refuge et d'espérance. Nous travaillons pour qu'elle le redevienne, un pays où l'on puisse rester, revenir, vivre et construire son avenir dans la dignité. Mais je veux aussi rappeler avec force Notre attachement au respect de la dignité et des droits fondamentaux de tous les migrants, quelle que soit leur situation. Aucune circonstance ne saurait justifier que leur dignité soit bafouée. La protection d'une frontière. La protection d'une frontière et le respect de la dignité humaine ne s'opposent pas. ils doivent aller de pair. Une frontière peut et doit être protégée sans jamais que la dignité humaine ne soit sacrifiée. Le destin des migrants. Le destin des migrants nous appelle à une responsabilité partagée et à des réponses durables, car les crises que l'on laisse durer nourrissent les déplacements et les migrations contraintes. C'est le cas avec la crise sécuritaire en Haïti, qui a provoqué l'exode de milliers d'Haïtiens. La réponse à cette crise en Haïti passe par le rétablissement de la sécurité, la stabilité et la relance économique, les trois priorités de mon gouvernement. Monsieur le Président, la République d'Haïti demeure profondément attachée au multilatéralisme à la capacité des nations à unir leurs forces lorsque l'urgence l'exige. À un moment où les Nations unies doivent produire des résultats concrets pour tous, Haïti peut devenir un modèle de réussite de la coopération internationale, la preuve de ce que nous pouvons accomplir ensemble dans le respect de la volonté des nations et autour d'une vision portée par le pays lui-même. Car aussi complexe soit-elle, la crise haïtienne n'est pas insurmontable. Nous sommes à un moment décisif. Ce moment ne peut plus s'accompagner de demi-mesures, d'engagements partiellement honorés ou de réponses trop timides face à l'ampleur de la menace. Les massacres, les familles endeuillées, les femmes victimes de violences, les enfants privés de leur innocence et les communautés chassées de leurs foyers doivent nous interpeller. Ils doivent surtout nous porter à agir. Je veux ici saluer la mémoire de toutes les victimes de cette violence. Leur perte nous impose le devoir de justice. Je rends aussi hommage aux policiers et soldats haïtiens, kényans et aux ressortissants des autres nations tombés au service d'Haïti. Par leur courage, Ils ont écrit avec l'encre de leur sang une page de notre combat pour la sécurité et pour la paix. Haïti n'oubliera jamais leur sacrifice. Pour eux, pour leurs familles, pour ces 12 millions de femmes, d'hommes et d'enfants, des enfants qui ne demandent qu'à grandir, à rêver, à vivre en paix. Nous ne pouvons nous résigner à voir les morts et les blessés devenir de simples chiffres dans nos rapports. Nous devons agir, parce qu'en Haïti aujourd'hui, une victime de plus est une victime de trop. Et Haïti agit déjà. Nous avons fait le choix de renforcer les capacités opérationnelles de nos forces nationales de sécurité, car la sécurité d'Haïti, à terme, reposer sur les capacités de l'État haïtien. Nous recrutons, nous formons, nous renforçons. À travers le programme P4000, nous poursuivons la formation de 4 000 policiers. Plus de 2 000 ont déjà été formés et une nouvelle cohorte doit sortir de l'Académie de police en novembre prochain. Parallèlement, plus de 1 500 nouveaux soldats ont déjà été formés et nous mettons en place un programme visant à former 15 000 nouveaux soldats au cours des trois prochaines années. Nous avons également augmenté le budget d'investissement de nos deux forces de sécurité. Notre objectif n'est pas seulement de répondre à la crise d'aujourd'hui, il est de construire les capacités qui permettront demain à Haïti d'assurer elle-même pleinement et durablement sa sécurité. Il est regrettable que la force appelée à soutenir temporairement ces efforts ne soit pas encore pleinement opérationnelle et n'ait toujours pas atteint, sur le terrain, l'effectif prévu de 5 500 membres.
C'est pourquoi, à cette tribune, nous insistons sur la nécessité du renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs et de son plein déploiement, avec les effectifs, les équipements et les moyens nécessaires à l'accomplissement de sa mission. L'expérience de la Mission multinationale d'appui à la sécurité doit nous servir de leçon. Un mandat ne suffit pas. Il faut des effectifs, il faut les moyens, il faut la détermination d'aller jusqu'au bout. Mais il y a un autre enjeu sécuritaire qui doit nous interpeller collectivement: le trafic illicite d'armes et de munitions. Les armes qui tuent les Haïtiens, qui sèment la terreur dans nos quartiers et fauchent des vies innocentes ne sont pas produites en Haïti. Elles arrivent par des filières criminelles qui alimentent l'insécurité, renforcent la capacité d'action des gangs et menacent la stabilité de toute notre région. Tant que ces trafics prospéreront, la violence trouvera les moyens de se perpétuer. Leur démantèlement est une responsabilité partagée. Il faut donc aller Au-delà des plaidoyers en faveur d'Haïti, la sécurité de l'île passe aussi par le contrôle effectif de la frontière. Monsieur le Président, l'impunité est un autre visage de l'insécurité. Nous devons la combattre avec la même détermination. C'est pourquoi nous avons institué deux pôles judiciaires spécialisés pour renforcer la lutte contre l'impunité. la criminalité financière, les crimes de masse et les violences sexuelles. Le 1er janvier 2027, avec l'entrée en vigueur de nos nouveaux codes pénal et de procédure pénale, Haïti franchira une étape historique dans la modernisation de sa justice. Car il ne suffit pas seulement d'arrêter ceux qui terrorisent la population, il faut les juger, il faut que la justice soit rendue. Dans le même temps, nous avons réactivé la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion et lancé le Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti, que j'invite tous nos partenaires à soutenir. Il est impératif d'enlever à la violence sa capacité de recruter en offrant à nos jeunes des alternatives crédibles et de véritables opportunités. C'est là que sécurité et développement se rejoignent et doivent avancer de concert. L'un ne peut naître durable sans l'autre. Monsieur le Président, l'aide d'urgence a sauvé des vies. Haïti est reconnaissante. Mais le bien-être durable d'un peuple ne peut rester indéfiniment suspendu à l'aide et à la charité. Nous ne pouvons pas demander à la sécurité seule de porter le poids de la paix. La relance économique doit en être l'autre pilier. C'est pourquoi nous accueillons favorablement la décision de l'administration du président Donald Trump de prolonger jusqu'en 2028 les préférences commerciales Hope Help. Nous sommes profondément reconnaissants de ce geste d'amitié qui constitue une étape importante pour la relance de notre économie, et nous appelons à une prolongation de 10 ans. Nous exprimons également notre reconnaissance envers le Royaume-Uni pour le Developing Countries Trading Scheme, et appelons davantage de pays à mettre en place des mécanismes similaires, capables de transformer l'accès aux marchés en opportunités de commerce et d'investissement. Haïti a besoin d'investissements pour construire son avenir. C'est pourquoi, aujourd'hui, Haïti appelle à un changement de paradigme: passer de l'aide à l'investissement, de l'assistance à la production, de la dépendance au partenariat, et transformer progressivement les ressources mobilisées pour gérer la crise un investissement capable de créer des emplois et des opportunités durables, notamment pour nos jeunes et pour nos femmes. Lorsque nous n'entendrons plus le bruit des armes, il faudra entendre le son de la paix, les moteurs qui redémarrent, les chantiers qui reprennent, les marchés qui s'animent, les femmes qui entreprennent, les jeunes qui travaillent, le rire des enfants qui jouent et nos rues qui retrouvent le rythme de notre musique et de la vie. Ceux qui ont eu le privilège de connaître Haïti savent que tel pays existe derrière les images de crise, un peuple accueillant, hospitalier, une culture vibrante, des saveurs uniques, des plages magnifiques et un patrimoine d'une richesse exceptionnelle. Nous devons recréer les conditions pour que le monde vienne en Haïti. la découvrent, y investissent et entreprennent, y séjournent et y reviennent. Voilà aussi à quoi ressemble la paix que nous voulons, que nous devons et que nous allons construire. Monsieur le Président, la sécurité pour laquelle la communauté internationale doit rester pleinement mobilisée à nos côtés doit aussi nous permettent d'honorer le deuxième engagement majeur du gouvernement que je dirige: rendre la parole au peuple haïtien par les élections. Je suis de cette génération qui a connu la dictature, qui avait placé tant d'espoir dans la démocratie d'après 86, mais qui a trop souvent vu ses espoirs se heurter à l'instabilité politique et aux transitions à répétition. C'est pour rompre ce cycle que j'ai accepté de servir mon pays, avec la conviction que cette transition doit prendre fin, et elle prendra fin par un bulletin de vote dans les urnes. C'est pourquoi nous avons engagé le processus électoral dans le respect du pacte national pour la stabilité et l'organisation des élections. fouie d'un large consensus au sein de la classe politique. Aujourd'hui, les ressources nécessaires sont mobilisées, les centres d'inscription sont ouverts, les citoyens et les citoyennes s'inscrivent, les partis et groupements politiques sont agréés et les candidats et candidates accomplissent les formalités nécessaires à leur inscription au scrutin. Nous voulons des inscriptions libres, crédibles, inclusives et intègres. La participation des femmes est encouragée et les jeunes sont appelés à y prendre pleinement leur place comme électeurs, candidats et acteurs de notre démocratie. Et outre, des dispositions ont été prises pour préserver l'intégrité du processus. La violence, les réseaux criminels, les financements illicites et ceux qui les soutiennent ne doivent trouver aucune voie d'accès aux urnes. Car ces élections ne concernent pas seulement le prochain gouvernement, elles concernent l'avenir d'Haïti. Et cet avenir porte d'abord le visage de notre jeunesse. Monsieur le Président, la crise haïtienne est aussi l'une des expressions les plus douloureuses des fractures de notre époque. Ce chaos n'est pas un accident de l'histoire. Il plonge ses racines dans des siècles d'injustice, dont la dette de l'indépendance demeure le fardeau le plus lourd. C'est pourquoi nous saluons les travaux de la commission mixte d'historiens haïtiano-française et attendons avec une grande attention la publication de son rapport. Monsieur le Président, hier, Nos ancêtres ont arraché la liberté aux ténèbres de la servitude. Aujourd'hui, notre génération arrachera la paix aux ombres de la violence. Nous rendrons la sécurité à nos communautés, la parole à notre peuple et l'espoir à notre jeunesse. Les défis sont immenses, mais notre volonté est plus grande encore. Nous avons prouvé au monde que la liberté était possible. Nous lui démontrons demain que la paix se construit, se défend et peut triompher de la fatalité. Il y a deux siècles, Haïti a dit au monde qu'un peuple pouvait briser ses chaînes. Aujourd'hui, du haut de cette tribune, Haïti dit au monde qu'aucun peuple Haïti dit au monde qu'un peuple peut aussi briser le cycle de la violence, de la transition et de la dépendance. Notre sécurité reposera durablement sur nos propres institutions et notre développement passera de l'aide à l'investissement, de la dépendance au partenariat, de l'urgence à la prospérité. L'arbre de la liberté dont parlait Toussaint est toujours debout. À notre génération désormais de lui donner les fruits de la paix. C'est notre responsabilité, c'est notre devoir, c'est c'est notre promesse à nos enfants. C'est notre rendez-vous avec l'histoire. Que Dieu bénisse la République d'Haïti, que Dieu bénisse le monde. Merci.
On behalf of the Assembly, I wish to thank the.
Je remercie le Premier ministre de la République d'Haïti. Je donne maintenant la parole à Madame. la vice-première ministre, ministre des Affaires étrangères, de l'Environnement, de la Culture de la Principauté de Liechtenstein, madame Sabine Mononi. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence et lui donne la parole.
Monsieur.
Le Président, Le Liechtenstein a rejoint les Nations Unies il y a 36 ans, en tant que 160e membre de l'organisation. Nous étions alors convaincus qu'en tant que plus petit membre de la communauté internationale, nous devrions tout de même participer à la conversation sur la gouvernance mondiale avec tous les autres États, petits ou grands, afin de mettre au point ensemble des normes internationales et de veiller à ce que ces normes soient respectées. La souveraineté était un thème clé des discussions qui ont débouché sur notre adhésion à l'Organisation. Nous l'avons fait par que nous étions convaincus que nous avions besoin des Nations unies pour assurer le respect de notre souveraineté en faisant respecter le droit international comme base de notre sécurité et de notre prospérité. À cette fin, nous avons décidé d'apporter notre propre contribution et à utiliser au mieux, en tant que petit État, l'occasion qui nous était donnée de participer activement ce projet majeur pour la paix, le plus grand qui ait été lancé dans l'histoire de l'humanité. Notre conviction dans les Nations unies reste inébranlable, car c'est le lieu où nos voix sont entendues. C'est là que nous pouvons avancer nos idées, où nous pouvons nous réunir pour essayer de résoudre les problèmes qui nous concernent tous. Nous avons d'ailleurs grandement tiré parti de notre adhésion. L'ONU a toujours été et continue d'être une instance essentielle pour notre politique étrangère. Notre adhésion a d'ailleurs toujours joui du soutien de la population au Liechtenstein. Mais aujourd'hui, Nous nous trouvons à une époque où l'instabilité et l'incertitude dominent la discussion. Notre organisation ne semble plus être en mesure de tenir la promesse fondamentale contenue dans la Charte des Nations Unies, préserver les générations futures du fléau de la guerre. Elle ne peut plus compter sur le soutien inconditionnel de ses membres les plus forts pour ce qui est du respect du droit international. Elle est de plus en plus ignorée ou écartée dans les efforts qui sont déployés pour relever les défis anciens ou nouveaux, comme par exemple la réglementation de l'intelligence artificielle. Elle est sous pression permanente sur le plan financier. Les obligations juridiques en matière de contribution financière à l'Organisation des Nations Unies sont aujourd'hui instrumentalisées pour exercer une influence politique. Les Nations unies sont donc aujourd'hui en crise. Nous ne pouvons plus continuer de prendre pour acquis le fait que notre peuple pourra continuer d'apporter son soutien à cette organisation dont nous sommes toujours membres. C'est un moment difficile dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui, mais plutôt que de faire des hypothèses pessimistes, apocalyptiques. Nous devons trouver la possibilité de relever le défi. La majorité écrasante des États présents dans cette salle croit encore dans l'Organisation et souhaite voir advenir un changement positif pour que l'ONU devienne plus forte, plus efficace, plus pertinente. Mais nous devons nous préparer à faire partie de ce changement. Nous devons résister à la tentation de l'inertie collective. Nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre que le changement survienne. Il faut investir activement, investir politiquement dans ce changement. Et nous remercions le secrétaire général Guterres du le travail qu'il fait à la tête de l'organisation, nous le remercions des propositions qu'il a avancées pour adapter l'organisation aux besoins contemporains. C'est en s'appuyant sur ces idées que nos délégations ont avancé dans cette ambition. Et c'est très important. Il faut en effet que nous puissions nous unir, même en temps de divisions politiques. Bien que cela ne suffise pas pour l'instant, les mesures que nous avons prises jusqu'ici ne sont que le début de l'engagement politique nécessaire qui conjugue le changement structurel à un engagement financier. C'est aussi la vision que nous voyons aujourd'hui. Nous voulons avoir une femme à la tête de l'organisation aujourd'hui. Cela fait longtemps que nous attendons que l'organisation soit dirigée par une femme. de manière à incarner véritablement l'égalité entre les genres. L'ONU est une organisation fondée pour la paix. C'est ce qui est au cœur de la Charte. C'est la promesse faite par la Charte. C'est ce que nos populations attendent des Nations unies. C'est la raison pour laquelle elles tiennent l'organisation en haute estime. Au cours de l'année passée, nous avons vu un nombre record de conflits armés dans le monde. Et nous constatons, hélas, que le rôle des Nations Unies dans la réduction de ces conflits semble s'éroder. Au Moyen-Orient, le rôle des Nations Unies a été affaibli, ce qui contraste avec la position centrale qu'il a occupée pendant des années. En Ukraine, il y a peu de perspectives d'un processus de paix, bien que l'agression dure depuis plus longtemps que la durée de la Première Guerre mondiale, alors même que l'ONU ne joue aucun rôle dans la préparation d'un tel processus. Au Soudan, le rôle de l'ONU se limite à la réduction des difficultés qui surviennent en raison de la guerre. Il s'agit simplement d'alléger les souffrances de la population civile, mais il n'y a pas de solution politique en vue pour mettre fin à ce conflit. Or, nous savons aussi que la dynamique politique au Conseil de sécurité principalement chargé de déterminer les questions de paix et de sécurité est aujourd'hui paralysé. La discussion ne doit pas néanmoins s'arrêter là. Il y a aujourd'hui des possibilités d'action. L'Assemblée, en particulier, a une autorité qui lui permet de statuer sur les questions de paix et de sécurité. L'Assemblée, nous le savons, est un organe universel. Si nous Remontant dans l'histoire, nous pouvons facilement constater qu'elle a joué un rôle important dans le maintien de la paix, la fin des conflits et l'attribution des responsabilités. L'heure est venue d'utiliser cette autorité aujourd'hui de nouveau. L'initiative sur le veto que nous sommes fiers d'avoir lancée est l'occasion de mener cette action. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est d'utiliser notre capital politique, celui que nous avons ici dans cette salle, pour la paix, en trouvant des solutions diplomatiques aux conflits. L'ONU ne doit pas accepter d'être réduite à une organisation d'atténuation des crises qui serait simplement chargée de distribuer les contributions des États en vue d'apporter une assistance humanitaire. Nous devons reprendre le travail politique que nous faisions auparavant pour prévenir, endiguer et mettre fin aux conflits à travers les opérations de paix et l'interaction qui peut se faire entre le Secrétaire général et les autres acteurs. Toute communauté, pour être harmonieuse, doit reposer sur l'État de droit. Il en va de même de la communauté internationale. Notre engagement en faveur du droit, en tant que fondement de la conduite des affaires internationales, repose sur des principes et sur une approche pragmatique. L'atout des Nations unies est que cette organisation repose sur des règles que nous avons tous adoptées ensemble et qui devraient s'appliquer à nous tous. L'accord fondateur est aujourd'hui malheureusement remis en question avec des tendances alarmantes qui consistent à ignorer le droit international. Mais cela ne peut déboucher que sur un monde où la force serait maîtresse et il y aurait des coûts catastrophiques sur le plan humain, une prolifération des conflits, des effets dévastateurs sur le développement et la sécurité humaine. Nous espérons donc que les États, petits et grands, se réuniront dans l'intérêt de tous pour renforcer le système multilatéral sur la base du droit international. Il est venu pour nous de nous unir pour redynamiser l'ONU. Naturellement, nous sommes également de fervents partisans des tribunaux internationaux, des mécanismes indispensables d'application du droit international. Le Liechtenstein a d'ailleurs adhéré à la Cour internationale de justice il y a quatre décennies, avant même d'adhérer aux Nations unies. Nous avons présenté des communications à la Cour au cours des dix dernières années et nous appuyons fermement son travail et sa compétence dans le règlement des différends ainsi que son rôle consultatif. Nous encourageons aussi tous ceux qui ne l'ont pas encore fait à adhérer à la Cour. Le Liechtenstein est également déterminé à faire respecter L'autorité de la Cour pénale internationale, premier tribunal international permanent et en compétence sur les crimes les plus graves en vertu du droit international, génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crimes d'agression. Nous continuerons d'appuyer la Cour et son mandat pour établir les responsabilités et que son message central, que personne n'est au-dessus de la loi, reste d'actualité. En adhérant à la CPI, nous avons exercé notre souveraineté à déléguer la compétence sur ces questions à un tribunal international que nous avons contribué à créer. Nous sommes fiers de la manière dont la Cour a relevé les défis auxquels elle a été confrontée. Elle a fait preuve d'une grande résilience au cours de l'année passée face à des attaques politiques incessantes et des sanctions sans précédent. Nous espérons que davantage d'États se joindront à ce projet qui est un des accomplissements historiques de l'histoire de l'édification du droit international. Le Statut de Rome pénalise le crime international suprême, à savoir le crime d'agression, ce qui complète l'interdiction du recours illégal à la force, pièce maîtresse de la Charte des Nations unies. Au plan international, en signant la Charte des Nations unies, nous avons tous convenu de nous abstenir de la menace ou de l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre État. C'est l'engagement collectif le plus ambitieux qui ait jamais existé pour mettre fin aux guerres. Et aujourd'hui, alors que les souffrances humaines semblent s'accentuer, il est plus important que jamais pour nous de mettre en œuvre cet engagement. Plusieurs décennies se sont écoulées depuis que les premiers scientifiques nous avaient mis en garde contre les risques des changements climatiques. Néanmoins, nous continuons aujourd'hui de plonger dans l'abysse climatique, ce qui risque de semer un véritable chaos à l'avenir. chaos dont souffriront nos enfants et nos petits-enfants. Il est quasi impossible aujourd'hui de croire que nous devons réitérer les faits. La crise climatique est réelle. Nous en voyons les effets et les conséquences tous les jours. Vagues de chaleur, fortes précipitations et autres phénomènes climatiques extrêmes deviennent plus fréquents. Les populations du monde entier aujourd'hui souffrent de la chaleur et souffrent des de ces inondations. Les récoltes ne sont plus garanties, les animaux et les insectes pollinisateurs sont en train de s'éteindre. Le Liechtenstein, par conséquent, espère pouvoir travailler avec tous les États pour répondre à ces risques et inverser les tendances délétères auxquelles nous assistons aujourd'hui, dans la mesure du possible. La Cour internationale de justice a d'ailleurs émis un avis consultatif sur la question des changements climatiques, avis consultatif que nous appuyons. Cette semaine, nous sommes fiers d'avoir signé la déclaration de haut niveau sur l'élévation du niveau de la mer, avec un engagement sur la continuité du statut d'État pour tous les États membres des Nations unies. Il y a à peine quelques années, les États membres, ici même, se demandaient à voix haute si leur le nom de leur pays allait être effacé de la carte. Si les leur nom n'apparaîtrait plus ici. L'engagement que nous avons pris cette semaine consiste à garantir que cela ne se produise pas. Face à l'élévation du niveau des mers aujourd'hui qui inondent des territoires entiers, il faut que l'autodétermination euh prévale. C'est la le moins que l'on puisse faire pour les pays les plus touchés. Cette semaine, il y a également un débat intense sur le potentiel de l'intelligence artificielle. Ce que nous découvrons dans ces discussions, c'est nos propres limites pour ce qui est de la compréhension de cette technologie. Les entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle les plus puissantes nous disent aujourd'hui que nous sommes au bord d'un gouffre et que nous risquons de voir cette technologie soit provoquer une apocalypse, soit Réaliser une utopie. Que nous soyons dans l'un scénario ou dans l'autre, hélas, l'IA ne peut pas être considérée comme une priorité secondaire. Aujourd'hui, c'est extrêmement important de réglementer l'intelligence artificielle. Bien que nous ne comprenions pas toutes les méthodes, les processus et les buts des systèmes d'intelligence artificielle, nous ne pouvons pas prendre le risque que ces conséquences affectent les droits humains, l'environnement, les capacités à long terme de l'humanité et l'avenir même de l'espèce humaine. Nous voyons déjà les répercussions sur les civils de ces technologies. Les forces armées utilisent de plus en plus des capacités liées à l'intelligence artificielle pour mener la guerre. Les outils et les médias ont été créés pour l'humanité, mais nous ne devons pas prendre le risque d'en devenir la victime. Nous sommes nombreux ici à parler de l'imperfection du système actuel, à exprimer notre préoccupation quant à la pertinence diminuée des Nations Unies aujourd'hui. Effectivement, l'organisation est aujourd'hui fragile, mais nous ne voulons pas vivre dans un monde où l'ONU serait obsolète, bien au contraire, nous avons besoin de l'ONU. Nous vivons une époque où une organisation universelle peut nous aider à améliorer les choses. C'est à nous de faire en sorte que la Charte des Nations Unies continue de vivre et le Liechtenstein s'engage à jouer son rôle pour servir le multilatéralisme et les populations au service desquelles nous sommes ici. Je vous remercie.
Je remercie la ministre des Affaires étrangères, de l'Environnement et de la Culture de la Principauté de du Liechtenstein. Nous venons d'entendre le dernier orateur inscrit sur la liste pour cette partie du débat général. La prochaine séance va s'ouvrir immédiatement après la levée de la présente séance.
La séance est levée.
La 12e séance plénière de l'Assemblée générale est ouverte.
Nous allons poursuivre notre examen du point 8 de l'ordre du jour intitulé débat général. Nous allons entendre une allocution prononcée par son Excellence, Ilidio Vieira Te, Premier ministre de la République de Guinée-Bissau. Je demande au protocole de bien vouloir l'accompagner à la tribune et l'invite à s'adresser à cette assemblée.
Monsieur le Président, chef d'État du gouvernement, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les délégués. J'ai l'honneur de m'adresser à cette auguste assemblée au nom du gouvernement du peuple de la République de Guinée-Bissau. Permettez-moi de féliciter monsieur Khalilou Rahmane pour son élection à la présidence de l'Assemblée générale des Nations unies. J'ai confiance dans son expérience gouvernementale et diplomatique qui l'aidera à diriger les travaux de cette assemblée dans le plus grand équilibre et l'esprit de dialogue. Je félicite également madame Annalena Baerbock pour le dévouement démontré au cours de son mandat et pour tous les efforts déployés afin de renforcer le multilatéralisme et la coopération internationale. C'est un plaisir particulier pour moi que d'exprimer notre gratitude au Secrétaire général des Nations unies, monsieur Antonio Guterres, pour son attachement indéfectible à la défense de la paix, et pour la recherche de solutions aux multiples défis rencontrés par l'humanité. Mesdames et messieurs, hier, le 24 septembre, le peuple de Guinée-Bissau a célébré le 53e anniversaire de notre indépendance nationale. Cette date revêt une signification profonde pour notre peuple. Elle nous invite à réfléchir à la valeur de la liberté, la souveraineté et la dignité des peuples. C'est dans cet esprit que je porte devant cette assemblée un message de paix, de liberté, de fraternité à toutes les nations de ce monde, dans l'espoir ferme que chaque peuple pourra vivre dans la paix, exercer pleinement ses droits et décider librement de sa trajectoire vers le développement et la prospérité. Nous vivons dans un monde interdépendant, caractérisé par une certitude croissante et des défis qui ne connaissent pas de frontières: le changement climatique, la criminalité transnationale organisée, Le terrorisme, les inégalités structurelles, le fardeau de la dette, un financement insuffisant du développement continuent de miner tous nos efforts en matière de développement durable. Des conflits dévastateurs continuent de persister dans plusieurs régions du monde, tout comme les défis sécuritaires, notamment dans le Sahel. Dans ce contexte, la Guinée-Bissau estime qu'il est essentiel de renforcer le soutien de la communauté internationale aux pays les plus touchés dans la région. Mesdames et messieurs, Les Nations unies restent un pilier essentiel pour le multilatéralisme, un forum privilégié pour le dialogue, la coopération, la quête de solutions collectives aux défis rencontrés par l'humanité. Il convient toutefois de reconnaître que, dans certaines circonstances, les attentes des peuples vis-à-vis de ces Nations unies n'ont pas été ou la réponse aux attentes n'a pas été à la mesure de leurs aspirations. Cette réalité ne devrait pas nous mener à nous remettre en question ce système multilatéral, mais plutôt à renforcer son efficacité, sa représentativité, sa capacité d'action. celle des institutions internationales et il revient à chaque membre de renouveler leur engagement, leur attachement au multilatéralisme pour le rendre plus effectif, plus inclusif, plus alignés sur les aspirations des peuples. Nous estimons urgent également de réformer l'architecture de la gouvernance mondiale pour qu'elle reflète les réalités géopolitiques de ce 21e siècle. Il est essentiel que l'Afrique puisse être représentée de manière plus adéquate, effective au sein des institutions internationales et jouer un rôle central pour participer à l'élaboration de réponses aux défis que suppose la paix, la sécurité et le développement. La réforme de le Conseil de sécurité des Nations unies doit refléter les aspirations légitimes du continent africain et garantir une représentation plus juste, permanente, effective, dans le respect du principe d'un ordre international plus inclusif, équitable et représentatif. La Guinée-Bissau se félicite des efforts des Nations unies afin de trouver une solution politique pérenne à la question du Sahara occidental. Nous nous félicitons de l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de 2025 et voyons d'un bon œil l'initiative sur l'autonomie présentée par le Royaume du Maroc comme base pour régler ce différend. Mesdames et messieurs, le 26 novembre 2025, au cours du processus électoral, L'ordre constitutionnel à Guinée-Bissau a été interrompu et des organes transitionnels ont été mis sur pied. Une période de transition d'un an a été décidée, l'objectif étant de créer les conditions nécessaires pour la restauration de l'ordre constitutionnel. Dans ce cadre, le processus d'examen constitutionnel a été finalisé. et la nouvelle Constitution de la République a été adoptée par référendum populaire le 30 août 2026. Ce processus est un jalon important dans la transition et dans la restauration de l'ordre constitutionnel du pays. Le gouvernement est attaché à créer les conditions nécessaires pour les élections présidentielles et législatives prévues pour le 6 décembre de cette année, qui devraient se tenir dans un esprit inclusif, libre, transparent et crédible. Et je saisis l'occasion pour exprimer notre gratitude à la communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, la CDAO, l'Union africaine, les Nations unies et nos autres partenaires internationaux pour leur dévouement, leur soutien aux efforts déployés afin de garantir un retour à la normalité constitutionnelle dans notre pays. Mesdames et messieurs, il y a trois décennies, la Guinée-Bissau a eu l'honneur d'occuper un siège dans la catégorie de membres élus du Conseil de sécurité des Nations unies. Aujourd'hui, alors que nous réitérons notre attachement aux buts et principes de la Charte des Nations unies et à la promotion de la paix et de la sécurité internationales, Je souhaite réitérer que la Guinée-Bissau est candidate dans la catégorie de membres élus du Conseil de sécurité pour le mandat 2028-2029. Notre vision du monde repose sur quatre mots, principalement prévention, dialogue, coopération et paix. Nous nous efforcerons, aux côtés de tous les États membres, afin de faire avancer des priorités essentielles sur la base de consensus. Pour la Guinée-Bissau, en tant que pays en développement, le multilatéralisme et le respect du droit international ne sont pas de simples notions. Elles sont une nécessité existentielle. Mesdames et Messieurs, C'est avec préoccupation que la Guinée-Bissau suit les conséquences humanitaires des mesures imposées contre Cuba. C'est pourquoi nous réitérons notre appel pour une levée de l'embargo économique, commercial et financier, ainsi que d'autres mesures restrictives qui touchent le peuple cubain et des secteurs essentiels de l'économie de ce pays ces dernières décennies. L'Assemblée est parvenue à un consensus et a pris de nombreux engagements en vue de réaliser ces objectifs communs. Et pour la plupart, ces engagements n'ont pas été honorés. D'énormes lacunes persistent en matière de financement, de développement, action climatique, ainsi que de haut niveau de pauvreté, d'inégalité sociale et un fardeau de la dette croissant insoutenable pour les économies des pays en développement. Au vu de cette réalité, nous Nous avons besoin de plus de multilatéralisme, d'une coopération internationale effective et d'une action collective plus unie, plus déterminée. Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut relever les défis actuels à lui seul. C'est dans cet esprit de coopération, de solidarité et de paix que la Guinée-Bissau continuera de s'efforcer aux côtés de tous les États membres afin de veiller au respect des principes consacrés par la Charte des Nations unies et de bâtir un meilleur avenir, un avenir de paix, de développement et de bien-être pour les générations actuelles et futures. Nous vous remercions de votre attention. Que Dieu vous bénisse.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre de la République de Guinée-Bissau.
Je donne maintenant la parole au Premier ministre de la République arabe d'Égypte, Son Excellence Mostafa Kamal Madbouly. J'ai pris le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence.
nom de Dieu le clément et miséricordieux monsieur le président monsieur le secrétaire général mesdames et messieurs les délégués mesdames et messieurs J'aimerais tout d'abord remercier et adresser mes félicitations à Son Excellence Khalilur Rahman, président de cette session de l'Assemblée générale. Nous sommes persuadés qu'il mènera les travaux de cette Assemblée à bon port. Le thème choisi pour cette année reflète bien les défis auxquels nous sommes confrontés. Rétablir la confiance et gérer la transformation. Il est vrai que notre monde change à une vitesse qui dépasse la capacité des institutions à y répondre. La crise ne réside pas dans le fait que nous n'ayons pas de principes ou de valeurs. Cette crise est due au fait que l'écart se creuse entre ce que nous proclamons et ce qui est décidé. L'écart se creuse aussi entre ce qui des ci, des ceux qui sont concernés par les décisions prises. Ce dont notre monde a besoin, ce n'est pas d'une instance qui se contenterait de réunir les États. Il nous faut un véritable multilatéralisme ouvert et inclusif dans lequel chaque État puisse avoir une juste part dans la prise de décision et chaque peuple puisse faire entendre sa voix. Il ne s'agit pas Il n'est pas exagéré de dire que la confiance dans l'efficacité de l'action collective et dans le système multilatéral international s'est érodée, tandis que les parties ont perdu confiance dans le recours au droit international. Les pays du Grand Sud, qui sont la grande majorité de la population mondiale, sont aujourd'hui le plus touchés par l'affaiblissement du droit international et des organisations internationales et par la fragilité de la gouvernance mondiale et des cadres de coopération mondiaux. De ce point de vue, l'Égypte, en tant que membre fondateur des Nations unies, est convaincue qu'aujourd'hui, trois piliers doivent être rétablis: justice et représentation dans la prise de décision, dans le respect de la loi et dans l'application de nos principes. Il s'agit d'assurer l'égalité souveraine entre États, de respecter le droit, de régler les différends de manière pacifique, de coopérer au profit des peuples et de tirer parti des avancées scientifiques qui s'accélèrent. Le système multilatéral et international, évidemment, reste indispensable, mais il doit évoluer pour ne pas se contenter de répéter les principes qui ont permis sa création. Monsieur le Président, si la justice et l'application du principe de responsabilité constituent un test pour le système multilatéral, la cause palestinienne reste aujourd'hui un des exemples qui suggère que le système a failli jusqu'ici, car ce à quoi est confronté aujourd'hui le peuple palestinien est absolument inacceptable. Cette crise a trop duré. Il y a eu pourtant un cessez-le-feu à Gaza, le plan du président Trump et le sommet de Charm el Cheikh. Tout ceci devait donner lieu à la cessation des hostilités, à l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire et à l'administration temporaire de Gaza pour passer ensuite au relèvement et à la reconstruction. Ce ne sont pas là de simples étapes humanitaires, ce sont là des aspects essentiels, des conditions sine qua non pour donner au peuple palestinien un véritable processus de transition. L'Egypte rejette catégoriquement toute tentative de déplacer le peuple palestinien de sa terre, qu'il s'agisse de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. La communauté internationale dans son ensemble a une responsabilité claire, celle qui consiste à mettre fin aux violations par Israël du droit international. La paix ne peut découler du déracinement des populations La stabilité ne saurait être réalisée dans la région si les droits des Palestiniens restent ignorés. Il serait illusoire de le penser. L'objectif demeure clair et sans ambiguïté: la création d'un État indépendant souverain, d'un seul tenant et viable dans les frontières d'avant 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, et dans le cadre de la solution à deux États, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et d'autres instances. Il faut ainsi que le peuple palestinien puisse déterminer son propre avenir et bâtir son État, alors que la communauté internationale doit assumer ses responsabilités en matière de protection des civils, rejeter la punition collective et assurer le respect du droit international. Il faut aussi reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à établir un État. Il ne s'agit pas d'une monnaie d'échange ou d'un levier d'influence dans des calculs politiques. L'Égypte a assumé ses responsabilités aux côtés de ses partenaires. Nous avons contribué à faire signé le cessez-le-feu. Nous avons aussi apporté une aide humanitaire parmi les plus importantes à Gaza. Nous sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour que l'horizon politique s'ouvre à nouveau. Mais l'action internationale doit aussi être décisive. Elle doit passer de la gestion de la tragédie à le règlement des causes qui l'ont engendré. Gérer les crises ne fait que retarder la déflagration et accroît le coût humain. C'est la raison pour laquelle l'Egypte a une vision claire de la stabilité dans la région, souveraineté d'Etat, intégrité territoriale, respect des institutions publiques, rejet du démantèlement de l'Etat et de la création d'entités parallèles et solutions pacifique et inclusive qui doivent prévaloir sur la logique de la force ou l'imposition d'un fait accompli. Dans toutes les crises du Moyen-Orient, de l'océan Atlantique jusqu'au Golfe, les circonstances ne sont pas les mêmes, mais le seul fondement de la stabilité reste le même: un État qui soit légitime et qui répondre aux aspirations de son peuple. La sécurité est indivisible, elle ne peut découler de la violation de la souveraineté des États ou d'attaques à l'encontre de la souveraineté des pays. Si un acteur estime que ses intérêts peuvent être satisfaits en sapant les institutions nationales, en appuyant des milices ou en favorisant l'émergence de programmes séparatistes sont également aujourd'hui à condamner. C'est la raison pour laquelle les crises régionales ne peuvent pas être considérées comme des crises distinctes. Elles sont liées entre elles dans le cadre d'un environnement sécuritaire interconnecté. L'unité, la souveraineté la sécurité sont des aspects indissociables. Il faut donc trouver des solutions en garantissant l'appropriation régionale et en évitant que les crises ne deviennent des scènes, des théâtres plutôt, de concurrence géopolitique. La protection des États et de leur souveraineté est indissociable de la protection des ressources dont dépendent les moyens de subsistance des populations. J'aimerais dans ce contexte dire clairement et sans équivoque que la sécurité hydrique de l'Égypte est une question existentielle et que nous ne sommes pas ouverts au compromis sur cette question. Le Nil n'est pas une ressource économique seulement, c'est une source d'eau essentielle, vitale pour l'Égypte. Les ressources hydriques transfrontalières devraient être devrait faire l'objet d'une coopération entre États. Les intentions doivent être sincères et le respect du droit international est indispensable. Nous ne nous opposons pas au droit au développement des pays, quels qu'ils soient, mais nous défendons un principe juste et clair: le développement d'une partie ne doit pas se faire au détriment des autres. Le partage des ressources ne peut se faire à travers des mesures unilatérales ou des politiques du fait accompli. Cela doit se faire à travers la coopération, les relations de bon voisinage et la conclusion d'accords contraignants conformes au droit international qui préservent les droits et les intérêts légitimes de toutes les parties. L'Égypte se réserve donc le droit légitime, droit reconnu par la Charte des Nations unies et le droit international, de protéger la sécurité de ses ressources en eau et de préserver ainsi les moyens de subsistance existentiels de sa population. La crise au Soudan est une crise qui va au-delà de la confrontation militaire. C'est une crise qui menace les institutions de l'État aujourd'hui. Face à ces risques, l'Égypte apporte tout son soutien à la population du Soudan pour que ce conflit prenne fin et que la justice finisse par l'emporter. Lorsque les institutions qui prennent les décisions dans un pays ne représentent pas le monde dans lequel elles existent, on ne peut pas espérer que cette organisation remporte des succès. Aujourd'hui, le Conseil de sécurité en est un exemple. L'organisation a été créée il y a 80 ans, dans un monde complètement différent. Aujourd'hui, des institutions comme celle-ci ne peuvent maintenir leur légitimité car elles ne reflètent pas le monde dans lequel elles se trouvent aujourd'hui et ne représentent pas les préoccupations de la majorité des membres de l'organisation. C'est la raison pour laquelle nous continuons de plaider en faveur d'une réforme globale du Conseil de sécurité, conformément à la déclaration de Syrte et conformément au consensus des Nations unies. afin de réparer les injustices infligées à l'Afrique notamment. L'économie mondiale connaît aussi un déséquilibre analogue. Les pays en développement doivent accélérer leur développement, financer la transition verte, créer des emplois et s'adapter aux crises qui les frappent, alors même qu'ils sont confrontés à des coûts de financement plus élevés, à une réduction de l'espace budgétaire et à un surendettement. La réforme de l'architecture financière internationale n'est donc plus un luxe, c'est indispensable. Nous devons nous doter d'institutions financières plus adaptées, plus réactives, plus responsables. Nous devons mobiliser les capacités d'emprunt dans les banques multilatérales de développement Et nous avons besoin d'outils de financement innovants et un système plus équitable pour recenser les besoins des pays et les risques en matière d'investissement. Ainsi, mobilisons les capitaux privés sans faire peser un risque accru sur les pays en développement. Aucun pays ne devrait avoir à choisir entre l'éducation, la santé et le développement d'un côté et le remboursement de sa dette de l'autre. L'investissement dans le développement revient à investir dans la stabilité mondiale et dans la capacité à prévenir les crises avant qu'elles ne dégénèrent en crises sécuritaires qui transcendent les frontières. Monsieur le Président, alors que nous nous efforçons de réparer les déséquilibres légués par la configuration créée lors du siècle dernier. Nous ne devons pas reproduire les mêmes erreurs aujourd'hui. L'intelligence artificielle ouvre des horizons très vastes, nous le savons, mais l'IA peut aussi créer un nouveau fossé dans la répartition des puissances en termes de capacité de calcul, de finance, de disponibilité des modèles et ainsi de suite. Nous devons donc mettre en place un cadre de gouvernance régissant l'intelligence artificielle et les technologies émergentes, car la technologie est un bien public commun. Ce n'est pas un privilège qui devrait rester l'apanage d'un nombre limité d'États ou de quelques entreprises. Nous devons développer des cette technologie de manière à protéger la vie privée, garantir la transparence, la reddition de comptes, la non-discrimination, le contrôle humain, le respect du droit international et le transfert des technologies et des connaissances, sans oublier la possibilité de financer le développement des compétences, ce qui permettrait aux pays en développement de devenir des producteurs de cette technologie plutôt que d'être simplement des marchés destinés à la consommation. Il faut aussi tenir compte de la diversité culturelle et linguistique du monde. Les pays et les communautés arabes et leurs langues devraient être dûment représentés dans les modèles d'IA. L'Égypte a lancé la deuxième phase de sa stratégie sur l'IA 2025-2030, qui repose sur une conviction solide, à savoir que l'utilisation sûre et responsable de la technologie et le renforcement des capacités nationales sont des exigences indissociables l'une de l'autre. Il en va de même pour la transition verte. Celle-ci ne pourrait être juste si la mise en œuvre n'est pas juste. Il faut que cela aille de pair avec la création d'emplois et la réduction de la pauvreté. L'adaptation, la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire devraient être considérées comme des priorités, surtout en Afrique, et dans les pays les plus vulnérables face aux effets des changements climatiques. L'Egypte a accueilli à Charm el-Cheikh la conférence annuelle sur le climat, la COP. Nous pouvons affirmer aujourd'hui qu'il ne s'agit pas de dresser un diagnostic du problème. C'est la mise en oeuvre aujourd'hui qui doit commencer en finançant les projets et les technologies qui permettent aux pays et aux communautés dans le besoin d'en bénéficier. Dans un monde où La transformation s'accélère à tous les niveaux. L'on ne devrait pas se livrer à une course aux armements qui risque d'être dangereuse pour toute l'humanité. C'est pourquoi nous sommes plaidant en faveur d'un désarmement global et nous réaffirmons l'objectif de la création d'un d'une zone exempte d'armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient. L'accumulation d'instruments et d'outils de destruction ne contribue pas à la sécurité. Il faut au contraire que les règles et les obligations s'appliquent à tous et que l'on gère les crises en amont. Nous n'appliquons pas simplement à la réforme du système international. Nous mettons aujourd'hui notre expérience et nos capacités au service de solutions concrètes. Notre héritage arabo-africano-méditerranéen et notre rôle historique dans la création de l'ordre international fondé sur des règles fait de nous un pays partenaire, un pont entre les différents acteurs dans ce système international. Nous continuerons d'investir dans la coopération et l'échange pour pouvoir travailler avec tous les pays, du Nord comme du Sud, sur des solutions qui n'imposeraient pas un modèle unique, mais qui respecteraient plutôt les priorités nationales, en respectant le principe d'appropriation. Lorsque les institutions rendent justice aux populations, la confiance se rétablit. La transformation n'est pas imposée, elle est gérée grâce à la participation de tous les acteurs qui participent au système. Nous sommes donc pour un système multilatéral où la confiance serait rétablie et nous sommes disposés à gérer la transformation de manière juste et participative au service des populations et des générations futures. Je voudrais, pour conclure, adresser mes sincères remerciements à M. António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, qui dirige l'Organisation et qui l'a dirigée pendant une des périodes les plus critiques de son histoire avec courage et intégrité et en s'acquittant scrupuleusement de son mandat. Qui a tout fait pour maintenir sa crédibilité et son autorité morale.
et pour défendre les principes fondateurs de l'organisation. Ses efforts sont appréciés à leur juste valeur et ne seront pas oubliés. J'aimerais donc le remercier pour tout ce qu'il a fait pour l'organisation et lui souhaite plein succès dans ses projets futurs. Merci de votre attention.
Ordre de l'Assemblée générale. Je remercie Son Excellence le Premier ministre de l'Égypte. Nous allons entendre à présent une allocution prononcée par Son Excellence Godwill Friday, Premier ministre et ministre des Finances, des Affaires juridiques, de la Justice, de la Planification économique et du Développement du secteur privé de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Je demande au protocole de bien vouloir l'accompagner à la tribune. et j'invite Son Excellence à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellence, chers amis, je vous transmets les salutations du gouvernement et du peuple de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Monsieur le Président, nous vous félicitons pour votre élection à la présidence de cette session de l'Assemblée générale. Vous pouvez compter sur notre soutien et notre coopération. Quant au Secrétaire général, António Guterres, nous sommes extrêmement reconnaissants pour votre leadership audacieux, votre défense résolue des droits humains, de la justice et de la paix. Nous vous remercions de vous élevé en défense des nations petites et vulnérables. Le sujet de cette session, restaurer la confiance, gérer la transformation des Nations unies et d'un résultat pour tous. Répond aux anxiétés de notre temps et aux espoirs de petits États tels que le mien. Nous l'avons entendu, de nombreux orateurs l'ont dit dans cette salle, la confiance dans le système multilatéral se perd. L'espoir aussi recule alors que le cynisme et le doute ne cessent d'avancer. Toutefois, nous entendons des appels insistants pour une justice, la paix. un ordre international fondé sur les règles qui s'appliquent à toutes les nations sur pied d'égalité. Monsieur le Président, je viens devant vous pour la première fois pour représenter mon pays, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, avec un mandat et un engagement clairs. Savoir que la gouvernance doit être transparente, que les actions individuelles doivent refléter de manière cohérente l'intégrité, que les ressources publiques doivent être utilisées pour améliorer les vies des citoyens. Lambda, nous sommes une nation des Caraïbes, composé de plusieurs îles, petit, démocratique, attaché au multilatéralisme, au règlement pacifique des différends. Ces principes nous servent bien et nous pensons qu'ils devraient être contraignants pour tous les présents dans la salle. Nous, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, avons fait l'expérience directe de la vulnérabilité qui accompagne la vie en première ligne changement climatique. Nous avons fait l'expérience de cela il y a deux ans seulement, lorsque nous avons connu le pouvoir destructeur et soudain d'un cyclone de catégorie 5. Nous ressentons des pressions énormes également qui sont posées à notre petite économie ouverte par des guerres éloignées qui ont perturbé nos chaînes d'approvisionnement et par des décisions prises dans des lieux où notre voix n'est jamais entendue. Et pourtant, nous ne allons pas laisser que la vulnérabilité nous définisse ou qu'elle limite nos ambitions. Nous serons résilients. Nous travaillerons individuellement et collectivement pour dépasser ces vulnérabilités. Monsieur le Président, nous arrivons devant cette auguste Assemblée non pas en tant que pétitionnaires, mais en tant que partenaires pour jouer notre rôle et rendre ce monde meilleur. Je viens à ce stade du débat. après avoir eu le privilège d'écouter tant d'autres dirigeants qui m'ont précédé. Et, monsieur le président, je dois vous le dire, j'ai été émue par la vision emplie d'espoir, la passion et la générosité sans limite et les attentions de tant d'orateurs. Ils m'ont redonné le moral et je suis résolu à garder cet état d'esprit. Je le dois aux personnes qui m'ont envoyée ici. Je me dois d'être emplie d'espoir et je le dois aux personnes que je n'ai jamais rencontrées, qui viennent de lieux où je ne me suis jamais rendue, mais qui sont malgré tout mes frères et mes sœurs. Et cela m'amène à la question, à l'étude. Nous savons toutes et tous que les Nations Unies ne sont pas parfaites, mais nous ne cherchons pas à l'abandonner parce que nous l'avons créé. Certains portent plus de culpabilité que d'autres, sans aucun doute, mais d'une manière ou d'une autre, nous en sommes responsables. Nous parlons de culpabilité, mais non pas pour montrer du doigt non plus d'autres, mais pour mieux comprendre où se trouvent les solutions potentiellement. Nous croyons fermement que l'humanité a besoin des Nations Unies plus que jamais. Essayez d'imaginer un monde sans elles. Où pourrions-nous avoir ces conversations d'aujourd'hui et depuis le début de la semaine? Et ce n'est que le début. En tant qu'institution mondiale, les Nations Unies sont fondamentales. C'est un espace inclusif. qui permet de rassembler chaque nation pour jouer un rôle dans le règlement de nos problèmes communs. Une retraite du multilatéralisme minerait les intérêts des petits États et de tous en fait, mais nous reconnaissons que notre soutien aux Nations Unies doit être assorti de la volonté suffisante pour brasser les réformes et la rendre plus efficace, car on ne peut bâtir ou restaurer la confiance à l'aide de déclarations uniquement. Ce n'est que quand Les citoyens n'ont pas à voir que la coopération rend leur vie plus sûre, plus riche et plus heureuse que nous pouvons parler de confiance restaurée. Monsieur le Président, restaurons donc la confiance par le biais d'une réforme de l'organisation et une plus grande inclusion. Le modèle de gouvernance des Nations unies a été conçu en 1945. À l'heure actuelle, il ne peut être suffisant pour relever les défis sécuritaires et économiques. Par conséquent, nous nous associons à d'autres nations pour appeler à une réforme, et en particulier celle du Conseil de sécurité, afin d'inclure un membre du continent africain dans la catégorie de membre permanent, avec tous les droits et privilèges qui accompagnent ce statut. Car si nous ne le faisons pas, cela ne ferait que confirmer que la composition actuelle n'est pas due à la gouvernance ou à l'équité, mais à une question de pouvoir. En outre, et alors que nous sommes prêts à sélectionner notre prochain Secrétaire général, nous devons nous montrer ouverts et inclusifs. Saint-Vincent-et-les-Grenadines a le plaisir de rejoindre d'autres membres de la Communauté des Caraïbes et d'endosser la candidature de Son Excellence Caroline Rodrigues-Birkett, du Guyana. et de la région d'Amérique latine et des Caraïbes. Nous la connaissons, c'est une grande diplomate, une multilatéraliste de principe et une fervente défenseur des pays en développement et des petits États. Monsieur le Président, c'est ma première visite ici et, tout comme un touriste, j'ai parcouru les salles de ce bâtiment historique, j'ai admiré sur les murs les portraits impressionnants des neuf hommes qui ont occupé la fonction de secrétaire général depuis 1946. Et alors que j'appréciais la stature et les services rendus par ces hommes, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'après 8 décennies, très certainement, il est temps d'élire une femme tout aussi capable au poste de Secrétaire Générale. Nous pensons que l'ambassadrice Caroline Rodrigues-Birkett est la personne indiquée pour ce poste. Monsieur le Président, pour les petits États insulaires en développement, le changement climatique n'est pas une prévision lointaine, c'est un danger réel et une urgence financière récurrente. Nous souffrons du fléau des sargasses, des alqueries, en dommages qui porte préjudice à notre tourisme et nous nous préoccupons au sujet du problème croissant de sable, de la poussière du Sahara qui dégrade de manière grave la qualité atmosphérique dans toutes les îles des Caraïbes et nous nous préoccupons constamment des ouragans, des cyclones. En juillet 2024, l'ouragan Beryl a frappé Saint-Vincent et les Grenadines et a démontré de nouveau Comment, en quelques heures, un événement climatique extrême peut détruire des foyers, des moyens de subsistance et une infrastructure qui ont pris des années à construire et qui nous font reculer tout un pays. Les petits États ne peuvent continuer d'emprunter uniquement pour remplacer ce qui a été détruit de manière répétée par des catastrophes en lien avec le climat. Nous ne pouvons continuer de reculer en prétendant qu'il s'agit là de développement. Monsieur le Président, nous renouvelons notre appel pour une pleine opérationnalisation de l'indice pluridimensionnel de vulnérabilité afin que l'accès au financement à des conditions préférentielles ne soit pas limité par le revenu par tête, mais qu'il reflète les risques climatiques réels auxquels font face les petits États insulaires et leur capacité limitée à répondre à de telles événements. Nous appelons également à une mise en œuvre rapide des réformes prévues dans le programme d'Antigua et Barbuda pour les PEID. En outre, nous appuyons les efforts constants dans le cadre de l'initiative de Bridgetown afin de réformer l'architecture financière internationale, y compris la suspension automatique du service de la dette, les clauses à cet effet en cas de catastrophe, des droits de tirage spéciaux élargis, et remanier et des banques de développement multilatéral qui octroient des prêts à l'instar de partenaires au développement plutôt que comme des créanciers commerciaux. Monsieur le Président, nous devons également accepter qu'un capital abordable, patient, concessionnelle n'est pas un acte de charité à l'égard des petits États. Ce n'est que justice pour les États qui contribuent le moins à la crise climatique et qui, pourtant, payent le plus lourd tribut, Monsieur le Président. Restaurons donc la confiance par le biais de la quête de la paix et de la sécurité, la confiance dans le système international qui commence. avec la conviction que tout un chacun compte et que la sécurité des petits États est aussi précieuse que celle des grandes puissances. Les conflits internationaux qui se déroulent loin de nos côtes, en Ukraine et au Moyen-Orient, continuent d'avoir des conséquences dévastatrices pour notre quotidien, perturbent le commerce agricole et la stabilité alimentaire mondiale. d'augmenter le prix des carburants et les primes d'assurance sur la navigation. C'est pourquoi nous nous joignons à ceux ici qui ont appelé à une cessation immédiate de la guerre en Ukraine, dans le plein respect de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale au titre de la Charte de l'ONU. De la même manière, nous appelons un cessez-le-feu permanent au Moyen-Orient, la protection des civils et la réalisation de la solution à deux États pour garantir la paix et la sécurité pour la Palestine et Israël. Monsieur le Président, Saint-Vincent Et les Grenadines ne sont pas seules. Nous sommes aux côtés de nos frères et sœurs dans la communauté des Caraïbes, la CARICOM. Il ne s'agit pas simplement d'un bloc commercial, mais d'une famille dont les membres ont besoin les uns des autres. Plus que jamais, c'est incertain. Pour nous, dans les Caraïbes, la paix et la sécurité sont des considérations capitales dans nos efforts diplomatiques. Par conséquent, alors que nous cherchons à restaurer la confiance, Nous réaffirmons également que l'Amérique latine et les Caraïbes doivent rester une zone de paix où les différends sont réglés par des moyens pacifiques dans l'adhésion au droit international et à la Charte de l'ONU. Nous enjoignons, dans le cas du différend territorial entre le Venezuela et le Venezuela, qu'il soit réglé de cette manière. Dans notre hémisphère, d'autres défis qui nous restent encore à relever exigent un engagement de principe immédiat. Haïti reste notre préoccupation urgente. Il y a près de quatre décennies, David Rudder de Trinidad s'est lamenté dans une chanson et je le cite, car ces mots sont encore pertinents aujourd'hui: "Lorsque l'on sent l'angoisse à Port-au-Prince, nous entendons l'Afrique pleurer. Nous éteignons des feux dans des lieux reculer alors que nos voisins sont encore en flammes. Je refuse de croire que nous, un peuple bon, allons détourner le regard et nos cœurs. Haïti, je suis désolée. Et cela continue. La chanson ne s'arrête pas là. L'insécurité du peuple haïtien confronté à la violence des gangas, l'incertitude politique est une douleur ressentie dans toute notre région. Nous appuyons les efforts de la Caricom, cette organisation, pour aider à financer et apporter sécurité pour édifier des institutions critiques et ouvrir une voie viable à des élections générales. Nous devons faire face à la réalité du trafic d'armes, y compris des armes qui terrorisent nos communautés haïtiennes et dans tous les Caraïbes. Nous ne fabriquons pas ces armes aux Caraïbes. Elles sont fabriquées dans des nations industrielles, loin de nos frontières, et trafiquées, introduites dans notre région, nos pays. C'est pourquoi nous appelons tous les pays à faire en sorte qu'ils prennent des décisions, des actions, des mesures décisives pour arrêter et freiner ce flux illicite d'armes et de munitions qui franchissent nos frontières et qui arrivent aux Caraïbes. Monsieur le Président, Cuba a longtemps été un membre précieux de notre famille des Caraïbes. Pendant plus de trois décennies, cette Assemblée a répété que l'embargo économique imposé à Cuba doit cesser, quels que soient les désaccords existants, le châtiment collectif de toute une population, le déni de médicaments, de commerce, de carburant, de développement, tout simplement. n'est pas compatible avec la charte que nous avons tous signée. Mon gouvernement s'associe à tous ceux qui appellent, année après année, dans cette salle, à la fin de cet embargo. Lorsque des séismes dévastateurs ont frappé le Venezuela en début d'année, ont coûté la vie à des milliers de personnes, Saint-Vincent et les Grenadines ont fait montre de solidarité, ont contribué à l'aide d'urgence par le biais d'un effort de secours coordonné par la CARICOM. Monsieur le Président, lorsque la tragédie frappe, nous devons agir comme les gardiens de nos frères et sœurs. Nous devons nous en occuper. Ceci également contribue à bâtir et restaurer la confiance entre nations et renforce les Nations Unies. Monsieur le Président, l'amitié est également une forme de confiance et, en cette auguste enceinte, je souhaite reconnaître nos liens diplomatiques et d'amitié avec Taïwan depuis 45 ans. Nous avons œuvré de concert dans le cadre d'efforts dans les domaines du développement, ripostant face à des catastrophes, éducation, santé publique. Taïwan a montré à de nombreuses occasions qu'il était un membre responsable, préparé à intégrer la communauté internationale. Nous renouvelons notre appel pour une participation utile de Taïwan au système des Nations unies et ses agences spécialisées. Monsieur le Président, restaurons également la confiance par le biais de notre soutien à la justice réparatrice. On ne peut parler de passé révolu lorsque les conséquences se font encore ressentir et qu'elles déterminent qui est riche et qui est pauvre dans ce monde. La communauté des Caraïbes a, pendant plus d'une décennie, proposé un plan sur 10 points en 10 points pour une justice réparatrice pour obtenir reconnaissance réparation partenariat réel pour réparer les injustices historiques qui ont été faites au peuple africain par l'esclavage et la presque élimination de nos populations autochtones nous sommes encouragés par le fait qu'en mars 2026 cette assemblée a fermement adopté une résolution présentée par le Ghana appuyé par l'Union africaine et la caricom déclarant que Le trafic des Africains réduit à l'esclavage et de l'esclavage commercial racialisé des Africains était le plus grave crime contre l'humanité. Il s'agit là d'un événement historique qui nous emplit d'espoir. Suite à la conférence de suivi à Accra en juin, nous avons pris de l'élan et les actions doivent à présent suivre. Lorsque nos ancêtres réduits à l'esclavage ont été dérobés d'un continent pour être amenés à nos îles en chaînes, nous avons été témoins d'une injustice historique. Cette salle doit nous écouter et nous attendons des mesures et non seulement des discussions dans le cadre de la réunion prévue en novembre à Tihoua, à Bermuda, réunion des chefs de gouvernement de la Commonwealth. Il sera important d'y revenir. Monsieur le Président, nous demandons aux Nations unies de restaurer la confiance tout en gérant la transformation. En d'autres termes, la confiance peut être restaurée, ne pourra être restaurée que lorsque Les nations plus petites et les plus vulnérables sentiront qu'elles font partie et qu'on entend leurs préoccupations. Cette confiance sera restaurée lorsque la dette nationale sera restructurée pour devenir plus juste et elle sera restaurée lorsque la riposte au cyclone arrivera à temps et lorsque les avantages des nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle, seront partagés plutôt que monopolisés ou proposée à des prix hors de portée. Elle sera restaurée lorsque un embargo sera dénoncé et enfin levé dans cette salle, lorsque la paix sera garantie et lorsque nous réparons les torts historiques. Monsieur le Président, nous gardons l'espoir qu'avec les changements nécessaires dans cette organisation et avec l'esprit, l'état d'esprit qui est nécessaire, pour nos travaux, l'ONU fera honneur à son nom. Toutefois, nous devons gérer cette ère de transformation avec courage, honnêteté, équité et inclure sur pied d'égalité toutes les préoccupations de tous les peuples de ce monde qui, en dépit de leurs protestations individuelles, font partie inévitablement de notre humanité commune. Je vous remercie. Que la paix de Dieu soit sur vous.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre et le ministre des Finances, des Affaires juridiques, de la Justice, de la Planification économique et du développement du secteur privé de Saint-Vincent et des Grenadines. L'Assemblée va présenter une allocution prononcée par Son Excellence Lord Va'afanoa, Premier ministre du Royaume de Tonga. Je demande au protocole de bien vouloir l'escorter à la tribune et j'invite son excellence à s'adresser à l'Assemblée.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous transmets les salutations de Sa Majesté le roi Tupou VI et du peuple du royaume des Tonga. Neuf mois à peine après le début de mon mandat de Premier ministre, je me tiens devant vous en ayant pleinement conscience que de nombreux dirigeants du Pacifique m'ont précédée et ont formulé ici même les mêmes mises en garde, ont lancé les mêmes appels. Aujourd'hui, je me vois dans l'obligation de les renouveler. La question qui se pose à nous n'est pas de savoir si le monde a entendu notre message, c'est de savoir pourquoi il n'a toujours pas agi. Nous vivons dans un monde plus interconnecté que jamais, mais une plus grande interconnexion ne s'est pas traduite par une plus grande unité. Nous nous réunissons dans un contexte de division qui s'accentue, de rivalités géopolitiques et de conflits croissants. Pour les Tonga, naviguer dans des eaux aussi tumultueuses n'est pas nouveau. En tant que descendants de navigateurs, Nous sommes dans le métier de la survie depuis bien plus longtemps que beaucoup ne l'imaginent. Sous le règne du roi George Tupou Ier, les Tonga ont préservé leur indépendance à une époque d'expansion coloniale. Notre constitution de 1875 a consacré les droits et libertés des Tongiens plus de sept décennies avant l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle témoigne de notre détermination farouche à tracer notre propre voie. C'est là l'essence même de notre souveraineté. Le multilatéralisme nous permet de faire rayonner la force de nos idées plutôt que de nous appuyer sur notre puissance. Nous participons sur un pied d'égalité, conformément aux principes fondateurs de la Charte des Nations Unies, l'égalité souveraine des États. C'est dans cet esprit que nous devons aborder le thème choisi pour cette session de l'Assemblée générale, rétablir la confiance, gérer les transformations, une Organisation des Nations unies pour tous. Si nous voulons que la confiance se rétablisse durablement, il faut que les engagements produisent des résultats. Une véritable transformation se concrétise uniquement lorsque nos communautés, nos économies et nos écosystèmes sont en mesure d'anticiper les changements et de s'en relever avec une résilience accrue. Les petits États insulaires en développement ne doivent pas supporter une part disproportionnée du coût de problèmes qu'ils ont peu contribué à créer. Monsieur le Président, une trop grande partie de l'architecture internationale demeure le reflet du monde de 1945 et ne tient pas compte des réalités d'aujourd'hui. Si l'ONU doit rester le principal instrument par lequel les nations souveraines relèvent ensemble des défis à l'échelle mondiale, l'ONU doit se transformer. Ce qu'il nous faut, c'est une organisation qui favorise l'innovation, qui élargisse l'accès véritable aux investissements et aux technologies, notamment pour les petits États insulaires en développement comme le mien, qui souvent sont exclus. Nous avons besoin d'une Assemblée générale plus forte, Nous avons besoin d'institutions qui répondent aux besoins de la majorité des membres de l'organisation. Nous ne pouvons pas continuer à traiter séparément des questions liées entre elles, comme le climat, la biodiversité et l'océan. C'est un écosystème interconnecté qui exige des solutions communes. Les processus mondiaux doivent reconnaître le lien entre l'océan et le climat et traiter ces questions ensemble. Nous avons besoin d'un Conseil de sécurité plus inclusif, doté des moyens nécessaires pour relever les défis d'aujourd'hui et prêt à reconnaître la triple crise planétaire qui nous menace aujourd'hui. Nous avons besoin d'une architecture financière internationale qui permette de fournir rapidement des financements accessibles à ceux qui ont le plus besoin de ces financements. Les engagements pris doivent être honorés de toute urgence. Le prochain Secrétaire général devra comprendre véritablement ces réalités intimement. C'est dans cet esprit que les Tonga ont présenté la candidature de l'ambassadrice Yvonne Backey, de l'Équateur, dont la vision d'une ONU renouvelée et réformée répond aux besoins des États vulnérables. Pour rétablir la confiance, chaque État membre, petit ou grand, doit pouvoir participer à la définition de l'avenir de cette Organisation et doit avoir intérêt à ce qu'elle réussisse. Monsieur le Président, Excellence, la région du Pacifique couvre un tiers de la surface de la planète. C'est notre foyer. Dans le cadre de la stratégie 2050 pour le continent du Pacifique bleu, nous avons tracé notre propre voie. Nous avons défini nos priorités thématiques. Pour nous, investir dans l'océan et dans la nature est le fondement même de notre développement. et des ambitions qu'on a en la matière. Les protéger et les restaurer permet de renforcer la résilience face au changement climatique, de consolider la sécurité alimentaire et de favoriser une économie bleue durable. Les financements et les partenariats que nous mettrons en place autour de l'océan et des solutions fondées sur la nature contribueront à déterminer notre avenir et à assurer la pérennité de nos populations. Nous avons déclaré notre région, Monsieur le Président, Océan de Paix. Nous l'avons fait en 2025. Et le message est clair. Le Pacifique ne doit pas devenir une zone de déploiement pour une escalade militaire ou un champ de bataille pour les rivalités entre grandes puissances. Notre océan de paix ne se résume pas néanmoins à l'absence de conflits. Les menaces les plus pressantes atteignent déjà nos côtes. La criminalité transnationale, le trafic de drogue illicite, la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, les cybermenaces et les conséquences. non résolus des essais nucléaires et de la contamination radioactive. Notre région est déterminée à utiliser et activement des technologies innovantes aux côtés de nos partenaires pour faire face à ces menaces. Nous sommes déterminés à protéger les droits des personnes marginalisées et à mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles. Cette année, Les Tonga ont ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, réaffirmant notre engagement en faveur de la dignité et de la participation pleine et égale des personnes handicapées. Nous avons également adhéré au Traité sur l'interdiction des armes nucléaires et ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Nous avons ainsi achevé l'universalisation de ce dernier traité, le TSN, dans le Pacifique. Sur le climat, le Pacifique est déjà submergé par une crise que d'autres continuent de ne pas vouloir régler. Le rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement, intitulé Limiting Overshoot, avertit que le dépassement de 1,5 degré pourrait intervenir au cours des prochaines années. Le franchissement de ce seuil ne doit pas servir de prétexte pour renoncer à l'action. Nous devons limiter l'ampleur et la durée de ce dépassement et faire en sorte que le niveau le plus bas de cette augmentation soit atteint. Il faut repasser sous la barre des 1,5 degré le plus tôt possible. Chaque fraction de degré compte. Le Pacifique perd chaque année environ 500 millions de dollars en raison des cyclones et des inondations. Les systèmes d'alerte précoce donnent aux populations le temps de se préparer et peuvent atténuer ces pertes. Mais pour nous, cela représente une lourde charge. Pour des pays comme les nations du Pacifique, cette somme est colossale, alors qu'elle peut sembler modeste à d'autres. Les financements destinés à prévenir ces pertes restent quant à eux insuffisants. Nous avons créé notre propre mécanisme de financement de la résilience des communautés, la Pacific Resilience Facility, mais elle a besoin de 328 millions de dollars supplémentaires en promesses de contribution pour atteindre son objectif initial de capitalisation établi à 500 millions de dollars. Quant au programme Weather Ready Pacific, notre mécanisme régional contribuant à l'initiative des alertes précoces pour tous, il a besoin de 160 millions de dollars supplémentaires pour atteindre son objectif. Et le Fonds fiduciaire pour le climat des Tonga, qui finance directement les communautés, a lui aussi besoin d'un soutien important. Nous appelons nos partenaires à investir dans ces solutions. Les Tonga soutiennent la déclaration de Belau de 2026, adoptée par les dirigeants du Forum des îles du Pacifique, qui appelle tous les grands émetteurs à agir d'urgence. L'action climatique est en effet une obligation juridique, mais pour que ces obligations soit respectée, il faudra prendre des décisions difficiles, fondées sur la science. Nous savons que ce n'est pas un concours de popularité. Sept des neuf limites planétaires ont été dépassées en raison de l'activité humaine. Nous n'avons pas le choix, il faut agir. Les Tonga accélèrent leur transition hors des combustibles fossiles et développent les énergies renouvelables. Nous encourageons le passage aux véhicules électriques. Pour nous, La décarbonation, c'est également davantage de sécurité énergétique et une meilleure protection contre les chocs mondiaux liés aux cours des carburants. Les subventions aux combustibles fossiles, estimées à 725 milliards de dollars par le Fonds monétaire international, doivent être progressivement supprimées. Et les institutions financières internationales et banques multilatérales de développement doivent prendre en compte l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle dans l'attribution des ressources et les décisions relatives à l'éligibilité des pays. Les Tonga figurent parmi les pays les plus vulnérables au monde, si l'on tient compte de cet indice. Nous appelons tous les pays, en particulier les plus grands émetteurs mondiaux, à participer aux réunions préparatoires à la COP31 qui se tiendront aux Fidji et à Tuvalu en octobre. Venez voir ce que cela signifie pour nous, pour notre eau, notre alimentation, nos foyers et nos populations que d'assister à cette augmentation d'un degré et demi. Nous saluons la déclaration de l'Assemblée générale sur l'élévation du niveau de la mer. C'est une avancée majeure pour la préservation de la souveraineté et le premier texte commun sur l'élévation du niveau de la mer approuvé par tous les États membres. Mais notre résilience doit tenir compte de tous les risques auxquels nos îles sont confrontées. Ces dernières années, nous avons été frappés par des cyclones, des inondations, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des tsunamis. Le phénomène Super El Nino va intensifier encore plus cette année les phénomènes météorologiques. Il mettra à rude épreuve la sécurité hydriques et alimentaires. Nous avons donc besoin de systèmes intégrés d'alerte, de préparation et d'intervention pour protéger nos communautés contre l'ensemble de ces risques. Nous nous sommes engagés à protéger au moins 30 % de notre océan d'ici à 2030. La ratification de l'accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, le BBNJ, étend cet engagement au-delà de nos eaux, en contribuant à la protection de la biodiversité marine en haute mer. Notre tâche consiste à tracer une voie qui protège l'océan tout en libérant sa valeur au profit de nos populations. C'est dans cet esprit que nous avons l'intention de réunir un sommet polynésien sur l'océan au Tonga en mai 2027. Ce que nous voulons, c'est passer d'une ambition commune à une action concrète. Mais notre responsabilité ne s'arrête pas aux frontières de notre continent du Pacifique bleu. Prenons l'exemple de la baleine à bosse. La baleine à bosse naît dans les eaux chaudes des Tonga. Elle migre ensuite vers l'Antarctique pour se nourrir de krill, avant de revenir dans le Pacifique pour se reproduire et échapper à l'hiver. Le sanctuaire des Tonga protège les baleines, mais leur survie dépend de la santé des écosystèmes aux deux extrémités de leur parcours. Ce qui se passe dans l'océan austral, près de l'Antarctique, se ressent dans les eaux des Tonga. Nous invitons donc nos partenaires à nous rejoindre en prenant des engagements concrets qui tiennent compte de l'interconnexion de ces corridors océaniques. Monsieur le Président, le même principe s'applique à notre développement. L'interconnexion ne doit pas devenir une forme de dépendance. Pour les Tangas, la résilience passe par la reprise du contrôle des forces qui façonnent notre avenir. et par la transformation des ressources de notre espace géographique en une plus grande autonomie. Lorsque nous importons des combustibles fossiles, nous importons également la volatilité qui va avec. Nous en détourner constitue à la fois une nécessité climatique et un impératif de sécurité énergétique. Les Tanga ne manquent pas d'ambition. 70 % d'électricité d'origine renouvelable d'ici à 2030 et 100 % d'ici à 2035, c'est notre objectif. Les forces qui façonnent notre avenir ne sont pas uniquement économiques, elles sont de plus en plus technologiques. La connectivité numérique et les progrès technologiques rapides transforment notre manière de vivre. C'est une source d'importantes possibilités pour les grands États océaniques souverains, mais risque aussi de créer de nouvelles inégalités et des dépendances. Ceux qui bénéficient en dernier lieu des changements mondiaux en supportent souvent le prix, en paient souvent le prix. Nous continuons de subir cette injustice à travers les changements climatiques. Nous ne pouvons pas une fois encore être appelés à nous adapter seulement après que les systèmes ont été construits et que les règles ont été créées. Pour les Tonga, les câbles sous-marins et les liaisons satellitaires constituent des infrastructures essentielles qui relient nos îles aux possibilités qu'offre le monde. Mais la connectivité ne suffit pas à elle seule. Il faut des systèmes sûrs et résilients et des compétences numériques. Et nous protégeons les enfants en ligne. Nous préserverons notre souveraineté sur nos données nationales. Les Tonga n'ont pas besoin d'être à l'avant-garde dans le domaine de l'intelligence artificielle, de l'informatique quantique ou de toutes les technologies qui suivront. Mais nous ne nous contenterons pas de subir ces transformations. Nous exerçons notre souveraineté. Nous contribuerons à définir les règles et les normes qui les régissent. Nous voyons au-delà des modèles de développement traditionnels. Ce que nous voulons, c'est trouver de nouvelles formes de financement grâce à une valorisation responsable de nos ressources naturelles, nos ressources océaniques, tout en explorant le potentiel que recèle les technologies de pointe, comme la science quantique. Nous établirons des partenariats appropriés et adapterons l'innovation sur nos priorités dans des domaines comme la prévision climatique, la santé publique ou la gestion des océans. Les données, l'océan, la biodiversité, les minéraux critiques et les savoirs traditionnels du Pacifique ne doivent pas alimenter la prochaine révolution technologique en laissant une fraction seulement de sa valeur à notre population. Les petits États insulaires en développement ont besoin d'un accès véritable aux capacités émergentes. Nous avons une expérience qui nous permet de connaître les défis auxquels nous sommes confrontés. Nous connaissons également nos atouts. Nous ne demandons pas de la charité. Nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour gérer la transformation. Nous demandons simplement aux autres de faire leur part, de respecter le seuil des 1,5 degré, de nous aider à protéger la planète que nous partageons, de veiller à ce que chacun bénéficie des progrès technologiques. Reconnaître le déséquilibre entre les fonds consacrés à nos défis communs et ceux qui sont mobilisés pour les conflits. Et défendre les règles et les institutions qui permettent à chaque nation de participer en tant que partenaire égal et souverain. Telle est la promesse au cœur des Nations Unies. Non pas que toutes les nations seraient égales en puissance, mais qu'aucune nation, aussi puissante soit-elle, n'est plus souveraine qu'une autre. C'est le système multilatéral auquel les Tonga croient, un ordre international fondé sur des règles, sur la Charte des Nations unies et sur l'égalité des nations. C'est ce système multilatéral que nous devons préserver aujourd'hui. Monsieur le Président, je vous remercie. Que Dieu nous bénisse tous. Malo a'upito.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le Premier ministre du Royaume des Tonga. Et je donne à présent la parole à Son Excellence Mouliipola Anarosa Hale Moliua, vice-première ministre et ministre des Finances des Samoa.
Ask the. I ask the protocol to escort her Excellency. Samoa. Samoa.
Président, permettez-moi d'entrer de jeu de féliciter son Excellence, M. Kalilu Ramana, pour son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Le thème choisi pour le débat général, rétablir la confiance, gérer la transformation des Nations unies au service de tous, ne pourrait arriver à un meilleur moment. Il correspond à la réalité du monde actuel, un monde défini par l'incertitude, la perturbation, un changement rapide, mais également caractérisé par l'espoir, l'innovation et l'opportunité. Pour Samoa, ce thème est une promesse que le monde doit tenir. Est-ce que l'on peut restaurer la confiance? Est-ce que la transformation peut protéger les vulnérables? La réponse réside dans les premiers mots de notre charte. Nous, les peuples, nous devons toujours placer les peuples au cœur de nos décisions, nous, peuples des Nations Unies. Et pour nous, cela est sous-tendu par les valeurs fondamentales de la culture de Samoa. La fa Samoa est notre foi. Des valeurs telles que respect, dignité, amour, protection et service, excellence. Chaque décision prise dans cette salle définit le monde dont hérite chaque enfant. Nous nous réunissons à un tournant décisif de notre histoire. Des changements profonds, transformateurs, ne sont pas seulement nécessaires, mais inévitables. Nous observons dans de nombreuses sociétés des personnes demander de plus en plus souvent si les institutions mondiales honorent les promesses qui leur ont été faites. Nous devons nous préparer à relever les défis avec détermination et saisir cette occasion pour faire avancer des réformes si nécessaires à l'avantage de tous et pour ne laisser personne pour compte. Pour Samoa, Le multilatéralisme reste la pierre angulaire de notre engagement international. Seule une coopération véritable et la confiance mutuelle nous permettra d'élaborer des solutions qu'aucune nation ne pourrait trouver à elle seule. L'initiative ONU80 avait certes certains mérites, mais comporte également des risques. si l'on n'est pas en mesure de l'évaluer et de le comprendre. Toute réforme vise à renforcer les résultats sur le terrain en éliminant les doublons, en améliorant la cohérence, en accélérant les effets. Et, fait essentiel, de telles réformes ne doivent pas affaiblir les opérations des bureaux multi-pays de l'ONU ou le système de coordinateurs résidents. Samoa. réitère son attachement indéfectible aux Nations unies en tant que forum principal qui permet de s'attaquer aux crises mondiales. Certes, toutefois, nous mettons en alerte également contre des décisions trop prématurées prises dans la précipitation, sans pleinement prendre en considération l'opinion, l'avis des États membres. Le changement climatique reste la plus grande menace pour Samoa et la communauté mondiale. Son impact se fait ressentir davantage par les PEID en raison de nos circonstances particulières. Comme nous pouvons le lire dans l'avis consultatif de la CIJ, le changement climatique n'est pas simplement une préoccupation environnementale, mais un problème existentiel à dimension planétaire qui exige une action mondiale urgente. L'Assemblée générale des Nations unies s'est félicitée, à l'initiative de l'avis consultatif de la CIJ et a affirmé son importance en tant que contribution faisant autorité permettant de faire la lumière sur le droit international en vigueur. Le financement climatique est le pont qui qui nous permettra de relier l'ambition et l'action. Il faut intensifier son échelle pour le rendre plus accessible, pour le dénué de conditions trop encombreuses et pour permettre de répondre aux besoins des plus vulnérables sur le plan climatique. Les ressources destinées à l'éducation, la santé, l'eau et la protection sociale sont maintenant détournées pour le relèvement suite aux catastrophes. Les petites nations doivent financer le développement et leur et aucune nation ne devrait avoir à emprunter pour sortir d'une crise qu'elle n'a pas contribué à créer. Excellence, le monde fait face à une crise croissante en matière de financement du développement. Il existe De grosses lacunes entre engagements pris et résultats. Lacunes qui ne cessent de se creuser. Trop souvent, nous renommons tout simplement et recyclons de vieilles idées et nous ne produisons pas des résultats concrets, ni de progrès. Dans l'intervalle, le multilatéralisme est assiégé, les engagements pris internationalement sur le plan financier sont érodés. L'architecture financière internationale actuelle a été conçue pour une ère révolue et elle a du mal à reconnaître de manière adéquate la vulnérabilité et à se rendre pleinement responsable face aux réalités auxquelles font face les PEID. Un système financier plus juste n'est pas simplement dans l'intérêt des pays en développement, mais également de la stabilité mondiale et de la prospérité commune. La mise en œuvre de l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle dans la prise de décision sur le financement est essentiel si nous voulons véritablement nous attaquer aux défis financiers des pays en développement. Nous remercions le Secrétaire général et DESA pour leurs efforts actifs afin de faire remonter sur la liste des priorités cette question auprès des IFI. Nous nous réjouissons à l'avance du lancement du projet pilote pour démontrer que cet indice peut aider les pays en développement à relever leurs défis en matière de financement sur la dette. Nous devons rebâtir un régime soutenable, équitable, plus juste, en commençant par un mécanisme robuste pour la restructuration de la dette. Le soulagement de la dette doit être mis en lien avec un progrès mesurable en matière de résilience. L'investissement dans la résilience aujourd'hui réduira les coûts liés aux catastrophes à l'avenir. Samoa appuie l'intégration de clauses d'urgence dans les instruments relatifs aux dettes permettant la suspension pendant les crises. Excellence, l'énergie est à la fois un moteur et un accélérateur pour le développement durable de Samoa et ses ambitions en la matière. La sécurité énergétique est devenue une question capitale pour de nombreuses petites nations insulaires. Alors que nous comptons parmi les plus grandes parts d'électricité renouvelable dans le Pacifique, nous dépendons encore lourdement des carburants importés. Les crises énergétiques successives et la crise des carburants 2026 ont exposé le coût économique de notre dépendance énergétique. Nous nous efforçons pour arriver à un système à la transformation globale du système pour une électricité qui soit fiable et abordable, pour réduire notre dépendance vis-à-vis des carburants importants, pour renforcer la résilience et appuyer le développement durable. La transition vers une énergie propre est également une opportunité pour Samoa afin de bâtir un système énergétique plus intelligent, plus résilient, prêt à recevoir des investissements. La transformation numérique, y compris l'IA et l'analyse de données, offre de réelles opportunités pour parvenir à des solutions inclusives et justes en matière de transition énergétique, des solutions hors grille et une planification plus énergique sur le plan énergétique. Excellence, l'océan définit qui nous sommes dans le Pacifique. Il nous relie, il nous soutient-il définit notre identité. Et pourtant, notre océan fait face à des pressions croissantes. de la pollution au changement climatique en passant par la perte de la biodiversité, la surexploitation, l'impact du changement climatique et la poursuite de la croissance économique se fait à un prix élevé pour nos écosystèmes marins. Lorsque l'on associe ceci à l'exploitation non contrôlées de ressources minérales dans les fonds marins. Ceci mène à une crise aux proportions sans limites pour nos océans. Ces changements planétaires ne connaissent pas de juste milieu. Un cadre de gouvernance faible menace tout ce qui nous reste. Sans action urgente, les petits États insulaires font face à un avenir sans terre et sans océan utilisable. Il est temps de transformer ce que nous valorisons et d'interagir avec l'océan. Une ressource que nous exploitons doit devenir une ressource que nous protégeons et valorisons. Nous devons en faire davantage sur ce front. Le Samoa a ratifié l'accord BBNJ et participe encore activement aux négociations pour un traité mondial sur la pollution plastique, en particulier en vue de protéger notre milieu marin. nous réitérons notre attachement en vue de mettre en œuvre la Déclaration sur les océans de la Commonwealth d'Apia et la Déclaration sur les océans des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, ainsi que la Stratégie océanique de Samoa, qui sont essentielles pour la mise en œuvre de l'ODD 14. Notre domaine maritime est de plus en plus exploité par des réseaux criminels transnationaux qui participent à un trafic y compris le trafic de stupéfiants illicites dans notre région, qui arrivent aux habitations, qui portent préjudice aux jeunes, qui alimentent la violence et qui placent des pressions de plus en plus importantes sur les communautés et les services essentiels. Excellence, les maladies non transmissibles représentent parmi les défis les plus graves en matière de développement pour la santé publique et la productivité économique de Samoa. En réponse, Nous passons vers la prévention par le biais du renforcement de l'alphabétisation sanitaire, la réforme de la nutrition dans les écoles, les environnements alimentaires et les programmes d'intervention précoce, ce qui comprend notre cadre de développement pour la prime enfance, une feuille de route multisectorielle qui garantit que chaque enfant, de la grossesse à l'âge de 5 ans, reçoive des soins attention protection et un apprentissage dès leur plus jeune âge excellence dans de nombreux pays du Pacifique nos systèmes hydriques sont hautement vulnérables face aux perturbations des réalités qui exigent reconnaissance pleine des circonstances particulières des pays départs, le programme mondial en matière d'eau. Les priorités de sa moisson multiples et je vais vous en citer quatre. D'abord la résilience au climat des systèmes hydriques qui doivent être intensifiés en toute urgence. Ensuite l'accès au financement qui doit être considérablement amélioré. Troisièmement, la capacité et les partenariats qui doivent être renforcés. Enfin, nous avons besoin d'un régime de gouvernance hydrique transnationale informé par les résultats de nombreuses conférences sur l'eau au cours des derniers huit ans. Excellence, Samoa reste un pays pacifique, déterminé à honorer son engagement en matière de droits humains et de justice. Nous continuons d'être préoccupés par les guerres en cours en Ukraine, à Gaza et en Iran. La perte terrible de vies civiles, le déplacement de personnes et la destruction d'infrastructures et d'environnements est quelque chose que nous ne pouvons pas cautionner. L'approvisionnement constant d'armes pour alimenter les conflits doit cesser. Nous devons réitérer notre appel de longue date pour une réforme utile du Conseil de sécurité afin de garantir qu'il reste efficace, crédible et représentatif des réalités actuelles. Il est impératif que l'ONU règle les différends de manière pacifique et renforce la paix et la sécurité internationales. monde a besoin d'un plus grand engagement, attachement à la paix, non pas de plus de divisions, non pas de plus de conflits et non pas de plus de souffrances. Excellence, la trajectoire de développement de Samoa a placé en son cœur l'investissement dans les personnes. Nous renforçons la protection sociale, nous investissons dans la jeunesse, nous appuyons les femmes et les personnes handicapées et bâtissons une économie résiliente. Ces efforts sont déployés principalement par le biais de notre programme de développement des districts dans les 51 départements, ce qui autonomise nos communautés. Notre plus grande source de résilience ne sera pas notre infrastructure ou nos institutions à elles seules. Cela sera notre peuple, notre population, une population saine, en bonne santé, compétente, éduquée et autonomisée. Et c'est pourquoi l'AIGA ou encore la famille est au cœur de notre trajectoire de développement. Excellence. Je rends hommage à notre secrétaire général sortant, M. Antonio Guterres, pour son leadership résolu et son attachement indéfectible aux Nations unies. Il nous laisse un enseignement, la voie à suivre qui informera nos efforts collectifs pour faire avancer la paix, la dignité et le développement durable pour tous. Excellence, avant d'être dirigeante, je suis avant toute chose une mère. L'histoire se rappellera de nos titres, mais nos enfants, eux, hériteront de nos choix. Et c'est pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, les Nations Unies importent. Nous devons continuer de nous élever comme une seule famille, nous aux Nations unies. Que Dieu vous bénisse. Merci.
Je remercie la Première ministre de Sao Tomé-et-Principe. Et je donne la parole à Son Excellence Jeffrey Angri, vice-Premier ministre de Saint Kitts et Nevis.
Monsieur le Président, Secrétaire général, Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, chers amis et compatriotes ici, dans le pays et dans la diaspora. Je vous transmets les salutations de la fière fédération des 2 îles de Saint.
et de notre Premier ministre, l'honorable docteur Terrence Drou. Monsieur le Président, nous vous adressons nos félicitations à l'occasion de votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Nous exprimons également notre sincère reconnaissance à votre prédécesseur pour la manière dont il a guidé nos travaux au cours de l'année écoulée. Je prends la parole devant cette Assemblée À un moment où le monde ne manque pas de promesses, ni de déclarations ou d'engagements, ce dont nous avons besoin, c'est de la preuve que nos institutions sont capables de répondre aux réalités auxquelles les populations sont confrontées. Pour les petits États insulaires en développement comme le nôtre, la question se pose dans l'immédiat. Nous venons donc avec une proposition claire: la confiance ne sera pas rétablie par ce que nous promettons, mais par ce que nous accomplissons. Le moment est venu de passer des promesses aux preuves. Je prends la parole de votre assemblée à un moment où on doit tenir compte de ce qui est fait. Monsieur le Président, l'année dernière, notre Premier ministre, l'honorable docteur Terrence Drew, a présenté à cette Assemblée notre Agenda pour un État insulaire durable, le SISA. C'est notre feuille de route nationale qui vise à transformer Saint-Christophe et Nevis en une société plus résiliente, plus durable, plus inclusive et plus prospère à l'horizon 2040. Aujourd'hui, nous revenons pour montrer qu'il est en train de devenir un véritable bilan de résultats. Plus tôt cette année, notre deuxième examen national volontaire présenté au Forum politique de haut niveau. a fait ressortir une meilleure coordination de l'action gouvernementale, un alignement plus étroit sur les objectifs de développement durable et des progrès tangibles pour notre population. L'eau est un des indicateurs les plus clairs de ces progrès. Il y a un an, notre usine de dessalement alimentée à l'énergie solaire, d'une capacité de 2 millions de gallons par jour, était presque achevée. En février, nous l'avons mise en service. Grâce à des relevés effectués par drone semi-aérien, nous avons également identifié 17 nouvelles sources potentielles d'eau souterraine et, en août, achevé les forages sur le premier site rural. Cela va de pair avec la modernisation des réseaux de distribution. Tous ces investissements renforcent notre sécurité hydrique. En 2022, seulement quelques 25 % des ménages disposaient d'un approvisionnement en eau 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aujourd'hui, ce chiffre est passé à 75 %. C'est ça la transformation. Sur l'île de Niévès, nous faisons progresser un projet de production géothermique de 30 mégawatts. Les forages devraient commencer début 2027. avec la société islandaise Icelandic Drillers, qui a été engagée pour lancer ce processus. À Saint-Christophe, les préparatifs en vue de la construction d'une centrale solaire photovoltaïque de 50 mégawatts est en bonne voie. Ces investissements réduiront notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles importés et renforceront notre résilience économique. Nous renforçons également la sécurité alimentaire grâce à un soutien aux agriculteurs adapté au changement climatique, ainsi que les services de santé grâce à notre système national d'information sanitaire numérique développé localement. La durabilité doit être concrète, centrée sur les populations et conçue pour durer. Il y a plus à faire encore, Monsieur le Président, mais notre expérience montre que les petits États ne sont pas impuissants. Avec des investissements, des partenariats et une volonté politique, les petites nations peuvent apporter de grandes solutions. Saint-Christophe-et-Niévès ne demande pas que l'on s'appuie sur son sort. Nous faisons progresser les partenariats. Un État insulaire durable n'est pas une ambition lointaine. Nous sommes en train de la construire aujourd'hui. Pourtant, même alors que nous progressons, la crise climatique repousse les limites toujours plus loin. Cette année, notre fédération et l'ensemble de la région des Caraïbes ont dû affronter une grave sécheresse. À la fin du mois de mai, les précipitations étaient inférieures de 44 % à la moyenne à long terme. Nous investissons dans les infrastructures résilientes. Mais aucun État en développement ne peut s'adapter indéfiniment à une crise que le monde continue d'exacerber. L'adaptation ne saurait justifier l'inaction ailleurs. Chers collègues, la science est claire. Les années 2015 à 2025 ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Et en 2025, les températures mondiales moyennes s'élevaient à environ 1,43 % au-dessus des niveaux préindustriels, tandis que le niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale était environ de 11 cm plus élevé qu'en 93. Pour les nations insulaires, il s'agit d'une question de souveraineté, voire d'existence, de survie. Si nos côtes reculent, notre souveraineté, elle, ne doit pas reculer. Monsieur le Président, l'élévation du niveau de la mer due au changement climatique ne doit jamais entraîner la disparition de la personnalité juridique internationale des États ou conduire à la perte de sa qualité de membre des Nations Unies. la privation de la nationalité de sa population, ni la réduction de ses zones maritimes ou de ses droits souverains établis conformément au droit. La Commission du droit international a jeté les bases nécessaires à la continuité de l'État, de la souveraineté et des droits maritimes. Cette Assemblée doit maintenant en faire des garanties fermes. Le droit international s'est exprimé avec une clarté croissante Nous nous sommes félicités de l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice sur les obligations des États en matière de climat. La clarification doit maintenant se traduire par le respect de la loi. Les engagements doivent devenir des actes et les promesses doivent devenir des résultats concrets. Les États doivent réduire leurs émissions, renforcer les mesures d'adaptation, honorer leurs responsabilités en matière de financement climatique et coopérer avec les pays qui subissent des conséquences largement disproportionnées par rapport à leur contribution à la crise climatique. Monsieur le Président, ceux qui ont le moins contribué ne doivent pas payer le prix le plus élevé. du changement climatique. Nos océans doivent eux aussi passer de la promesse à la protection. Nous avons ratifié l'accord BBNJ en 2025. Il importe désormais de mettre cet accord en œuvre. Les grands États océaniques ont besoin d'un accès au renforcement des capacités, aux technologies marines, à la technologie financière. et aux financements, alors que les avantages tirés des ressources génétiques doivent être partagés équitablement. Pour les nations insulaires, l'océan n'est pas ce qui nous sépare du monde. Il est notre autoroute, notre voie de communication, notre patrimoine, notre moyen de subsistance et notre bouée de sauvetage. Face à l'action climatique, à l'élévation du niveau de la mer, à la gouvernance des océans, une réalité demeure: la résilience Depuis des décennies, les petits États insulaires en développement martèlent qu'un revenu élevé n'est pas synonyme de résilience. Le revenu par habitant ne tient pas compte de l'exposition aux ouragans, aux sécheresses, aux pandémies, aux perturbations du transport maritime, aux chocs énergétiques, aux conflits ou à l'effondrement du tourisme. Elle ne tient pas compte non plus de la rapidité avec laquelle un seul choc peut annihiler des années d'investissement. Cette année, nous nous sommes présentés devant les Nations unies et avons achevé un projet pilote national sur la vulnérabilité et la résilience dans le cadre de la mise au point de l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle. Qu'en avons-nous appris? Nous avons appris ce que nos grands-parents ont toujours su. Une maison peut sembler solide de l'extérieur et pourtant avoir les poutres pourries. La vulnérabilité n'est pas une statistique. C'est un toit détruit par l'ouragan Beryl. C'est une école transformée en refuge. C'est une famille qui doit reconstruire pour la troisième fois en dix ans parce que les tempêtes n'ont que faire du RNB par habitant. Nous ne demandons pas, Monsieur le Président, que le revenu national brut soit abandonné. Ce que nous demandons, c'est simplement qu'on arrête de lui demander de raconter une histoire pour laquelle il n'a jamais été conçu. Le RNP peut compter nos cocotiers et nos navires de croisière, mais il ne peut pas compter notre courage, ni le prix que nous payons simplement pour rester debout. Il ne peut pas mesurer le coût de la reconstruction du même pont, du même dispensaire ou de la même digue, encore et encore, alors que des nations deux fois plus grandes que la nôtre et deux fois moins vulnérables empruntent à moindre coût. Nous appelons donc la Banque mondiale et le FMI, ainsi que les banques de développement, les fonds pour le climat et chacun de nos partenaires ici présents l'indice multidimensionnel de vulnérabilité dans l'architecture du financement international. Non pas comme un acte de charité, mais comme une question de calcul et de justice, de manière concrète. Car si la vulnérabilité peut être mesurée, elle doit être prise en compte. Monsieur le Président, la prochaine grande fracture entre les nations ne doit pas être une fracture numérique. L'intelligence artificielle offre des possibilités exceptionnelles. Saint-Christophe-et-Niévès entend y prendre part, mais nous devons nous demander qui façonnera cette nouvelle ère et qui devra subir les décisions prises ailleurs. À la fin de 2025, quelque 2,2 milliards de personnes étaient toujours privées d'accès à Internet, mais la fracture liée à l'IA concerne également la puissance de calcul, les données la, les compétences, l'énergie, la cybersécurité et les capitaux. Le marché mondial de l'IA devrait, d'après les prévisions, atteindre 4 800 milliards de dollars d'ici à 2033. Mais les pays en développement ne peuvent pas se contenter de consommer des technologies conçues et gouvernées ailleurs. Nous devons avoir notre mot à dire là où se décide l'avenir de l'IA. Nous nous félicitons de la création du groupe scientifique international indépendant sur l'IA et de l'ouverture d'un dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA. L'inclusion doit déboucher sur des capacités concrètes. Les pays en développement ont besoin d'un accès abordable à la puissance de calcul, aux infrastructures et aux compétences. ainsi qu'aux garanties en matière de protection de la vie privée, de souveraineté des données, de cybersécurité et de droits. Dans notre pays, Monsieur le Président, nous faisons progresser une stratégie technologique pour l'ensemble du gouvernement et nous sécurisons l'identité numérique et les services publics numériques. À l'échelle régionale, le groupe de travail de la CARICOM sur l'IA encourage la coopération en matière de gouvernance, d'innovation et d'adoption responsable. Monsieur le Président, l'intelligence artificielle transforme déjà le monde. Mon pays choisit de contribuer à façonner cette transformation.
En tant que PEID, nous connaissons une vérité simple: seuls, nous sommes petits, mais ensemble, Nous sommes formidables. La déclaration des Caraïbes en tant que zone de paix doit conserver sa force alors que la concurrence géopolitique se rapproche de nos rivages. Notre riposte doit demeurer ancrée dans la souveraineté, l'intégrité territoriale, le droit international, le règlement pacifique des différends et la diplomatie. La CARICOM soutient la Cour internationale de justice, qui est la voie légale pour régler le différend Guyana-Venezuela, ainsi que le processus judiciaire concernant le Belize et le Guatemala. Nous défendons le droit international, car pour les petits États, notamment, L'alternative, c'est un monde où la loi de la jungle l'emporte. À Gaza, en Ukraine, au Soudan, au Yémen, au Tchad ou en République démocratique du Congo, les civils continuent de payer un tribut inconcevable. Saint-Christophe-et-Névès réaffirme l'importance d'une norme. Le droit international doit être appliqué de manière consistante et pas sélective. La conscience doit être appliquée de manière égale et pas lorsque cela nous convient-il ne saurait y avoir de hiérarchie des souffrances humaines. Monsieur le Président, l'avenir du multilatéralisme dépend également de son leadership. Mon pays est fier d'être aux côtés de la Caricom Et de soutenir son excellence, Caroline Rodriguez Birkett, du Guyana, pour le poste de secrétaire général. Son bilan montre que son rôle de chef de file est à la hauteur. du moment. Sa candidature en tant que femme autochtone d'un petit État en développement réaffirme également que le leadership mondial doit être défini non pas par la taille d'un pays, mais par la vision, l'intégrité et les capacités de ceux qui sont appelés à servir. Monsieur le Président, Il y a peu de ponts qui ont davantage de signification historique ou de potentiel futur que les liens qui existent entre l'Afrique et les Caraïbes, l'Atlantique qui était une voie de passage, de déplacement forcé et de séparation jadis. devient une voie de retour et de reconnexion. La coopération Afrique-Caraïbes doit aller au-delà des sentiments. Notre histoire commune doit contribuer à bâtir un avenir collectif par le biais du capital, du commerce, de la technologie, des savoirs, de la culture et de la diplomatie coordonnée. Monsieur le Président, la coopération Sud-Sud doit se mesurée en création d'emplois, concernant la vie des entreprises, les transferts de connaissances, les perspectives, et cette coopération complète et ne remplace pas la coopération Sud-Sud et les obligations qui incombent aux pays développés. et avoir davantage de moyens d'action, cela veut dire également avoir davantage de justice. Lors du deuxième sommet Afrique-Caricom, nos dirigeantes et dirigeants ont signé la déclaration d'Addis-Abeba et cette année, les mécanismes de réparation de l'Union africaine et la Commission des réparations de la Caricom ont tenu leur première réunion conjointe en établissant un mécanisme de coordination permanent. Le 25 mars 2026, l'Assemblée générale a adopté la résolution 80/250 déclarant que la traite d'esclaves africains et que la mise en esclavage racialisée des Africains représentaient le crime le plus grave contre l'humanité. Mon pays s'est félicité de cette reconnaissance historique. Mais la reconnaissance n'est pas une fin en soi. La justice réparatrice doit passer de la reconnaissance aux mesures correctives et des mots à l'action. Chers collègues, lorsque nous évoquons la justice réparatrice, la souveraineté ou encore la solidarité. Haïti ne saurait être une arrière-pensée. Environ 1,47 million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, tandis que près de la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë. Dans un avenir très proche, le premier tour des élections présidentielles et législatives Aura lieu. Le peuple haïtien doit pouvoir choisir ses dirigeants librement, de manière crédible et sur Monsieur le Président, mon pays aux côtés de la Caricom. appel au déploiement complet de la force de répression des gangs autorisée par les Nations unies, ainsi qu'au renouvellement en temps utile de son mandat, en plus des efforts de redressement et de gouvernance menés par les Haïtiens. Monsieur le Président, nous restons vivement préoccupés par la situation humanitaire à Cuba. Mon pays à participer au secours humanitaire pour venir en aide au peuple cubain et nous avons des ressortissants qui font leurs études là-bas. Nous nous félicitons des mesures adoptées récemment par le gouvernement cubain afin d'améliorer le bien-être de son peuple et nous encourageons à prendre des mesures pertinentes supplémentaires. Nous appelons à un dialogue constructif entre les gouvernements de Cuba et des États-Unis. Les échanges. le respect mutuel ainsi que la coopération représentent la meilleure voie pour améliorer les conditions de vie du peuple cubain et faire avancer la paix et la stabilité dans toute notre région. Monsieur le Président, nous Nous avons des liens d'amitié indéfectibles avec la République de Chine, Taïwan, et nous soutenons sa participation véritable aux affaires internationales. Plus tôt cette année, nous avons rallié d'autres États membres et demandé, exigé la participation en tant qu'observateur de Taïwan à la 79e Assemblée mondiale de la santé. Nous continuons de soutenir sa participation significative aux travaux de l'OMS à l'Organisation internationale de l'aviation civile et d'autres mécanismes pertinents, et nous réaffirmons que les différends de part et d'autre du détroit de Taïwan doivent être réglés de manière pacifique. Monsieur le Président, aucune génération n'a autant intérêt à nos décisions que les jeunes. La moitié de la population mondiale a moins de 30 ans et pourtant 67 millions de jeunes étaient au chômage l'année dernière et plus de 250 millions de jeunes étaient soit sans emploi, soit déscolarisés ou ne faisant pas d'études ou ne suivant pas de formation. L'intelligence artificielle, la transition verte et les changements climatiques bouleversent l'avenir de l'emploi. Nous devons les préparer. L'année dernière, notre premier ministre a présenté à l'Assemblée notre programme Aspire. Réussir par le biais d'un investissement personnel, des ressources et de l'éducation pour les citoyens âgés de 5 à 18 ans. sur la base des économies, des investissements et de l'éducation dans le domaine financier. Spire a ouvert plus de 4 000 comptes épargne avec notre gouvernement, engageant ainsi plus de 2 millions de dollars des États-Unis pour donner une aide financière pour que les enfants puissent entrer dans l'âge adulte. Nous avons lancé un projet pilote avec un programme d'éducation financière dans les établissements scolaires et nous formons les enseignants pour un déploiement au niveau national. Nous ne faisons pas que donner de l'argent à nos enfants, nous leur donnons les connaissances nécessaires pour qu'ils puissent utiliser l'argent de manière constructive. L'indépendance financière ne doit pas être réservée à ceux qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Monsieur le Président, chers collègues, Pendant 81 ans, cette institution a représenté une conviction audacieuse, celle selon laquelle, malgré nos différences, les pays peuvent se rassembler autour de règles de responsabilité commune et de la dignité humaine. Cette conviction. Nous devons la défendre, mais les institutions ne peuvent pas vivre indéfiniment sur leurs acquis et les promesses qui ont présidé leur fondation. Il convient de les évaluer à l'aune des promesses tenues. Mon pays est prêt à jouer son rôle et à œuvrer avec tous les pays ici représentés pour un monde plus pacifique, durable, équitable et humain. Monsieur le Président, la confiance, ce n'est pas quelque chose qu'on peut exiger. Elle doit être méritée. En promettant moins, en obtenant davantage de résultats et en laissant les faits parler à la place des mots. Que cette session de l'Assemblée générale reste dans l'histoire, pas en raison de ce qui a été dit ici, mais en raison de ce qui a été fait après. La marée monte, il faut que notre détermination augmente encore plus vite. Merci.
Je remercie le Premier ministre adjoint de Saint-Christophe-et-Niévès et donne la parole à Son Excellence Abdulatif bin Rashid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères du Bahreïn.
Au nom de Dieu, le Clément, la miséricordieux. Excellence, M. Khalilur Rahman, président de l'Assemblée générale. Excellence, M. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Mesdames et Messieurs, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous. Permettez-moi de vous adresser mes félicitations, Excellence, pour votre élection en tant que président de la 81e session de l'Assemblée générale. Je vous souhaite plein succès dans la conduite de vos travaux à l'occasion de cette session. Nous tenons à remercier, au nom du Royaume du Bahreïn, votre pays frère, la République populaire du Bangladesh. Nous remercions également le Secrétaire général des efforts déployés en continu au service de la paix et de la sécurité internationales et des objectifs de développement durable. J'ai l'honneur de vous transmettre les salutations de Sa Majesté le roi Hamad bin Issa Al Khalifa, roi du Royaume du Bahreïn, et de Son Altesse royale, le prince Salmane bin Hamad Al Khalifa, prince héritier et Premier ministre. Il vous souhaite plein succès pour cette session. Monsieur le Président, à l'occasion de cette session, vous avez choisi un thème qui a un lien direct avec les enjeux auxquels nous faisons face: rétablir la confiance. Gérer la transformation. Une Organisation des Nations Unies au service de tous. La confiance ne se rétablit pas avec des déclarations ou des appels répétés. Elle se rétablit en faisant respecter le droit et en traduisant les décisions de notre Organisation en protection significative pour les vies, les droits et les moyens de subsistance des populations. Nous sommes réunis alors que le Golfe fait face à une crise sécuritaire d'une gravité sans précédent dans les décennies passées. Les États du Conseil de coopération du Golfe et le royaume hachémite de Jordanie ont souffert de vagues d'attaques iraniennes injustifiées avec des missiles balistiques, des drones Elles ont visé des infrastructures civiles, des zones résidentielles, des ports, des aéroports et des installations énergétiques en violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies. Il s'agit là d'attaques indiscriminées, injustifiées au regard du droit, quel qu'il soit. Mon pays condamne également les attaques menées par la milice houthiste terroriste, soutenue par l'Iran, contre des biens civils et des lieux sacrés de l'islam dans le royaume d'Arabie saoudite, pays frère. Nous condamnons également leurs menaces pesant sur la liberté de navigation dans le détroit de Bab el-Mandab et en mer Rouge. J'aimerais vous présenter quelques statistiques. Nos pays ont été soumis à près de 7 000 attaques impliquant 1 700 missiles balistiques, 80 missiles de croisière et 5 220 drones. 2 000 navires de marchandises et pétroliers avec 20 000 gens de mer à bord ont également été saisis. 72 navires commerciaux ont également été ciblés, avec à la clé la mort de 22 gens de mer. Il ne s'agit pas que de statistiques. Derrière chaque chiffre, il y a un navire, un port, un marché et des familles qui attendent que la personne qui subvient à leurs besoins revienne à la maison. Des navires commerciaux ont été ciblés dans le détroit d'Ormuz, des mines ont été posées dans une voie de navigation internationale et des restrictions de passage ont été imposées en violation du droit international. Les conséquences de tout ce que je viens de décrire vont bien au-delà du golfe d'Arabie. et touche l'énergie, les prix alimentaires, les coûts de la navigation et les coûts d'assurance, ainsi que les chaînes d'approvisionnement dans le monde entier. Le Royaume du Bahreïn réaffirme sa solidarité totale avec les pays frères victimes de ces attaques. Et dans le même temps, nous saluons le professionnalisme des forces de défense du Bahreïn et des forces de défense aérienne des pays frères et leur détermination à faire face à ces attaques. Nous réaffirmons le droit de tous ces États à prendre toutes les mesures licites pour défendre leur souveraineté et leur intégrité territoriale, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies et l'accord de défense conjoint des États du CCG. À l'étranger, nous continuons de faire preuve de la plus grande retenue et nous tentons de faire en sorte que la sécurité et la paix l'emportent au bénéfice des peuples de la région. Monsieur le Président, la position du Royaume du Bahreïn se fonde sur le droit, le droit international, le droit des peuples, Le détroit d'Ormuz est un détroit international. Le droit de passage par ce détroit est conforme à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et concerne les navires de tous les États. Ce droit ne saurait être suspendu, entravé ou soumis à des conditions imposées de manière unilatérale par tout État. Dès lors, le royaume du Bahreïn rejette catégoriquement tout droit de passage ou régime de permis qui serait imposé dans le détroit. Nous rejetons l'utilisation de voies navigables internationales en tant qu'instrument de pression, de coercition économique ou pour saisir des navires. Ces actes représenteraient un précédent extrêmement dangereux, car ce qu'on accepte aujourd'hui dans un détroit, pourrait être exigée demain dans toutes les voies navigables internationales dont dépend le commerce international. Les voies navigables alternatives ne peuvent pas être considérées comme une solution face à un comportement qui viole le droit international. Les mesures d'atténuation représentent une mesure d'urgence et ne doivent pas être utilisées en tant que prétexte pour prétendre que le détroit ne serait plus nécessaire ou pour accepter un nouveau statu quo. Le droit de passage ne cesse pas d'exister parce qu'il y a d'autres options qui sont disponibles et une violation ne cesse pas d'être une violation parce que les personnes touchées ont trouvé de réduire leurs pertes. Cette menace ne se limite pas au détroit d'Ormuz. La résolution du Conseil de sécurité 2817 fait également état du détroit de Bab el-Mandeb et reconnaît qu'une menace pesant sur une voie navigable représente une menace pour la navigation par toutes les voies navigables. La sécurité de la navigation en mer Rouge, dans le golfe d'Aden et à Bab el-Mandeb fait partie du même système nous nous ne défendons pas seulement un intérêt régional ici mais une règle qui s'applique à toutes les voies navigables internationales et si elle s'applique simplement à notre détroit et bien elle cesse d'être une règle le royaume du Bahreïn ne fait pas que présenter une position de principe. Au nom du Conseil de coopération du Golfe et du Royaume hachémite de Jordanie, et en vertu de sa présidence actuelle du CCG et en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, le Bahreïn a mené les efforts qui ont débouché sur l'adoption de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, avec un soutien historique et sans précédent de 136 États. Résolution qui condamne les attaques contre notre contre nos pays, qui réaffirme leur souveraineté et condamne tout acte ayant pour intention de fermer le détroit ou d'entraver la navigation par le détroit. Le Royaume du Bahreïn a également présenté un projet de résolution au titre du chapitre 7 de la Charte pour protéger la navigation commerciale. La résolution adoptée par le Conseil de l'Organisation maritime internationale le 19 mars, en plus de la résolution 61/1 du Conseil des droits de l'homme, démontre en outre que la condamnation internationale de ce comportement va bien au-delà du Conseil de sécurité. Nous relevons la nécessité de pleinement mettre en œuvre ces résolutions de manière à garantir que les responsables rendent des comptes et qu'il y ait des indemnisations suite aux préjudices. Le 17 septembre, le Royaume du Bahreïn a convoqué une réunion en formule Aria au Conseil de sécurité consacrée à la liberté de navigation. Lors de cette réunion, nous avons entendu 53 États concernés. le secteur du transport maritime ainsi que des organes internationaux concernés. Et toutes les délégations en sont venues à une conclusion claire: la liberté de passage par les détroits internationaux est une condition sine qua non pour la prospérité économique mondiale. Le Royaume du Bahreïn contribue à la protection d'un ordre maritime fondé sur le droit dans une zone qui fait plus de 3 millions de milles carrés. Nous accueillons notamment à Manama le siège des forces maritimes combinées, qui englobe 47 pays. Nous nous félicitons de la création d'une alliance de défense maritime multinationale, emmenée par le royaume frère d'Arabie saoudite. Notre pays est fier de participer à cette alliance en tant que membre fondateur. et d'épauler les efforts déployés pour préserver les voies commerciales internationales et les approvisionnements mondiaux en énergie conformément au droit international. À l'heure où les efforts se poursuivent au sein du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale a un rôle tout aussi important à jouer, car c'est une instance au sein de laquelle tous les États ont un statut égal. Depuis cette tribune, nous appelons les États membres à apporter leur soutien à une position ferme, collective, qui fasse respecter la liberté de navigation et le droit de passage conformément au droit international. Cette position doit également réaffirmer que la sécurité des voies de passage maritimes représente une responsabilité collective qui ne saurait être soumise à des arrangements ou des accords bilatéraux. Voilà ce que signifie rétablir la confiance dans la pratique. Ce n'est pas un appel qui nous est dicté par la crise actuelle. Son Altesse royale, le prince Salmane bin Hamad Al Khalifa, prince héritier et Premier ministre, a affirmé à cette tribune, il y a deux ans, que les systèmes qui ont été créés pour préserver l'ordre international étaient durement mis à l'épreuve. et nous savons que cette organisation doit évoluer pour faire face aux menaces croissantes. Il a appelé à une réforme complète et fondée sur le consensus, englobant tous les organes de prise de décision, y compris le Conseil de sécurité. Tout ce qui s'est passé depuis sa prise de parole n'a pas altéré cette conviction et l'a même renforcée. Monsieur le Président, La crédibilité des Nations Unies n'est pas seulement en jeu dans les eaux qui entourent nos pays. La cause palestinienne reste au cœur de nos préoccupations. Le Royaume du Bahreïn réaffirme sa position ferme en soutien à la création d'un État de Palestine indépendant et géographiquement contigu, vivant aux côtés de l'État d'Israël. dans la paix et la sécurité. Le Royaume du Bahreïn a également rejoint le Conseil de paix en tant que membre fondateur, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité, réaffirmant ainsi son soutien indéfectible aux droits du peuple palestinien frère. Le Royaume du Bahreïn réaffirme également son soutien à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République arabe syrienne, mais également aux efforts visant à lever les sanctions de manière à permettre au peuple syrien, frère, de reconstruire son pays. Au Soudan, nous appelons à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils, à un accès sans entrave de l'aide humanitaire, ainsi qu'à une solution politique qui préserve l'unité du Soudan et les institutions étatiques. Pour ce qui est du Yémen, nous réaffirmons notre attachement à une solution politique sous la houlette de l'ONU et d'un gouvernement légitime, et nous saluons les efforts déployés par l'Arabie saoudite. Notre position sur d'autres conflits, y compris le conflit en Ukraine, est guidé par les mêmes principes, quels que soient les parties impliquées, à savoir respect de la Charte, respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale et règlement pacifique des différends, Monsieur le Président. Le royaume du Bahreïn, où des mosquées, des églises et des temples ont coexisté pendant des générations, estime que la tolérance et la coexistence ne sont pas simplement des politiques à adopter. Il s'agit plutôt de l'identité même de la société du Bahreïn et du socle de notre unité nationale. C'est ainsi que nous avons proposé une initiative adoptée par l'Assemblée générale pour faire du 28 janvier la Journée internationale de la coexistence pacifique. Sa Majesté le roi a également publié la déclaration du Royaume du Bahreïn sur la liberté religieuse et la liberté de culte. Le Centre mondial Roi Ahmad pour la coexistence et la tolérance a été créé. et le prix Roi Hamad pour la coexistence et la tolérance a été créé. C'est cette même approche qui sous-tend notre trajectoire de développement. Le Royaume continue de faire avancer sa vision économique à l'horizon 2030 et continue d'honorer son engagement à réaliser les ODD, renforcer, améliorer la condition de la femme dans notre pays, notre royaume fait sien, le programme les femmes et la paix et la sécurité et le programme les jeunes et la paix et la sécurité. Il s'agit là de deux priorités dans le cadre de notre mandat au sein du Conseil de sécurité. Aucun débat en matière de développement aujourd'hui ne peut se faire sans se pencher sur les technologies qui sont en train de changer la donne. À cette tribune, il y a deux ans, Son Altesse royale, le prince héritier et Premier ministre, a appelé à l'adoption d'un traité international régissant le développement de l'intelligence artificielle. Cela permettrait de garantir que cette technologie contribue à la paix et n'exacerbe pas les conflits. Depuis, l'Assemblée générale a pris des mesures constructives. Pour autant, le dialogue peut permettre de rapprocher les positions, mais le dialogue ne crée pas d'obligation. L'objectif n'est pas de stopper les progrès d'une technologie que personne, de toute façon, ne peut stopper, mais de garantir que son développement soit assorti de garde-fous tout comme la communauté internationale a mis des garde-fous à l'énergie nucléaire pour préserver ses avantages sans empêcher le progrès. Cette technologie ne reconnaît aucune frontière et un garde-fou adopté par un Un État unique n'est pas un garde-fou, c'est simplement une règle, tout comme une règle qui s'applique à un seul des trois n'est pas une règle. Dès lors, nous relançons notre appel à créer un cadre international juridiquement contraignant pour garantir que cette technologie devienne un facteur d'innovation plutôt que de division. Et selon nous, voilà ce que signifie gérer la transformation. Et c'est le thème que vous avez choisi pour cette session?
Monsieur le Président, bien sûr, toutes ces questions semblent diamétralement opposées, mais elles sont liées par une vérité fondamentale. La sécurité et la prospérité ne sont pas des objectifs parallèles. Non, ils forment un seul objectif auquel on parvient via deux voies. Pas de prospérité sans sécurité, pas de sécurité durable sans des économies interconnectées et des sociétés en paix. Cette perspective du Golfe n'est pas dictée par notre géographie. Non. En fin de compte, c'est plutôt un enseignement que l'humanité a tiré de ses guerres. L'Europe, d'ailleurs, a construit sa paix via des traités, mais aussi via des intérêts qui sont liés à un tel point que créer des fractures est plus coûteux que de préserver ces liens. Et c'est à la lumière de ceci que nous voyons la liberté de navigation. Une voie navigable n'est pas qu'une question sécuritaire pour les États côtiers, puisque les voies navigables sont une artère du développement, aidant le transit de l'alimentation, des médicaments, de l'énergie entre les nations. Lorsque l'on perturbe une seule voie navigable, souvent une famille dans un pays qui n'a tout simplement pas de côtes en ressent les coups. Une économie difficilement perturbable et difficile à dicter. et l'interdépendance, une fois bien établie, devient un bouclier contre la coercition. Cette approche n'est pas le résultat d'une conjoncture actuelle. Non, c'est ce que Sa Majesté le roi Hamad bin Isa Al Khalifa, roi du royaume du Bahreïn, a toujours promu, puisqu'il est profondément convaincu que la sécurité et la prospérité de la région sont les deux facettes d'une seule vérité ultime. Effectivement. La paix juste et une stabilité durable sont la voie qui mèneront à une vie digne pour toutes les populations de la région, quelle que soit leur religion ou leur culture. Nous réaffirmons par temps que ce dont a besoin l'ONU aujourd'hui, ce n'est pas d'une querelle de résolutions supplémentaires, mais plutôt de plus de moyens pour les mettre en œuvre. Une résolution adoptée, mais laissée lettre morte, n'a aucune valeur. Et un droit reconnu mais qui n'est pas protégé est une coquille vide. En guise de conclusion, je réaffirmerai que le royaume du Bahreïn continue d'être guidé par la vision de Sa Majesté. Puisque, comme le dit Sa Majesté, une paix n'est pas déclarée mais bien construite. La paix ne peut reposer que sur le respect de la dignité et des croyances des êtres humains, et la paix doit être fondée sur le dialogue. Ce n'est pas une concession, mais bien une force. Le Royaume demeurera fidèle à ses engagements internationaux et pactes, restera attaché au droit international, à la liberté de navigation et à une paix juste, globale et durable, en vertu de l'approche choisie par Sa Majesté. et conformément à la profonde conviction selon laquelle la sécurité de notre région et la prospérité de notre peuple sont des responsabilités partagées qui ne peuvent être préservées que par l'effort collectif. Nous prions Dieu tout-puissant pour que la session soit couronnée de succès et nous espérons que l'humanité pourra jouir de la sécurité, de la paix, du développement et de la prospérité. Je vous remercie et la paix soit avec vous. Merci.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso. Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn. Et je donne la parole à Son Excellence Pirouz Nadis Bayramov, ministre des Affaires étrangères de la République d'Azerbaïdjan.
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs. l'entame de mon propos, qu'il me soit permis de féliciter chaleureusement Son Excellence M. Khalilur Rahman à l'occasion de son accession à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale, et je lui souhaite plein succès dans l'exercice de ce poste important. Je remercie aussi Son Excellence M. António Guterres, Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, de toutes ses initiatives. Mesdames et Messieurs, les défis mondiaux deviennent de plus en plus complexes, dès lors qu'aucun pays ne peut les régler seul. Et pourtant, Les nombreuses limites des mécanismes multilatéraux continuent de mettre en danger notre capacité collective à réagir comme il se doit face aux menaces d'aujourd'hui et de demain. Pour relever ce défi, il faudrait une action conjointe. Mais il est impossible de procéder à une transformation sans d'abord restaurer la confiance dans l'ordre international et sans prouver que le multilatéralisme peut à nouveau accoucher des résultats tangibles attendus par toutes et tous. Dans une ère marquée par les fractures, l'intolérance croissante et un double-poids de mesure criant, l'Azerbaïdjan se fait le chantre d'un système multilatéral réformé, revigoré, sous-tendu par un respect strict et une application non sélective et cohérente des normes universellement acceptées du droit international et principes associés. L'Azerbaïdjan soutient une Organisation des Nations Unies plus efficace, capable d'enregistrer des résultats tangibles pour les États membres, surtout en matière de paix et de sécurité, de développement, de résilience climatique et d'action humanitaire. Grâce à un multilatéralisme inclusif, tous les États, qu'ils soient petits ou grands, et surtout les pays en développement, doivent avoir la possibilité de participer sur un pied d'égalité à la prise de décision mondiale. Et dans ce contexte, la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU est essentielle pour le rendre plus représentatif, effectif et réactif. Mesdames et Messieurs, restaurer la confiance commence avant toute chose avec le respect du droit international, de l'égalité souveraine et de la coexistence pacifique. Ce sont justement ces principes qui guident nos efforts en matière de paix et de stabilité dans le Sud du Caucase. Certes, le conflit avec l'Arménie qui a duré pendant des décennies s'est accompagné de tragédies immenses pour notre peuple et ce conflit a laissé des balafres dans notre terre, mais l'Azerbaïdjan a choisi de se tourner vers l'avenir. Nous avons proposé une paix à l'Arménie, conformément aux normes et principes du droit international, sur la base d'une reconnaissance mutuelle et du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'un et de l'autre. mesures de normalisation ont accouché de résultats historiques lors du sommet de paix de Washington en août dernier, où les dirigeants d'Azerbaïdjan et d'Arménie ont signé une déclaration conjointe avec pour témoin le président Trump des États-Unis d'Amérique. Grâce à cette déclaration, les deux parties ont confirmé la fin du conflit et ont réaffirmé leur volonté d'ensemble façonner un avenir en paix prospère. Les parties ont aussi initié un accord sur la création de relations pacifiques entre les États. Aujourd'hui, de facto, la paix règne. En outre, avec une levée unilatérale des restrictions sur le transit, l'Azerbaïdjan permet le transport d'alimentation et d'articles vers et depuis l'Arménie. Nous avons établi un commerce bilatéral. L'Azerbaïdjan fournit des produits pétroliers importants, stratégiques à l'Arménie, en dépit de l'instabilité des marchés et des demandes internationales croissantes pour ces produits. Alors que le programme de paix va bon train, initié par l'Azerbaïdjan, notre région se transforme désormais en une zone prometteuse de stabilité, de connectivité et de dividendes économiques tangibles. Pour que ces processus soient irréversibles, il faut absolument éliminer les derniers obstacles, ce qui permettra une finalisation du processus de normalisation grâce à la signature de l'accord bilatéral qui a déjà été initié. Excellence. En plus du processus de normalisation régionale, l'Azerbaïdjan, dans son programme de réhabilitation après conflit, a pour objectif que des centaines de milliers d'Azerbaïdjanaises puissent jouir de leur droit à un retour sûr et digne dans leur foyer. Grâce aux efforts de reconstruction de grande ampleur abattus par le gouvernement, La vie fait son retour dans les territoires libérés. L'Azerbaïdjan reconstruit toute la région grâce à des villages intelligents, des villes intelligentes, rendues possibles par des technologies vertes. Des zones qui étaient autrefois des décombres sont plus que des villes désormais. Aujourd'hui, plus de 90 000 personnes vivent, étudient et travaillent dans les territoires libérés. Malheureusement, et c'est regrettable, des mines empoisonnent les territoires de l'Azerbaïdjan et d'autres engins explosifs. Un obstacle sérieux, ce qui empêche la reconstruction et le retour. Depuis la libération des territoires occupés en 2020, plus de 400 personnes, notamment des femmes et des enfants, ont péri à cause des mines antipersonnel. Ces 30 dernières années, plus de 3 500 personnes sont mortes à cause des mines terrestres. À la lumière de l'ampleur du problème, l'Azerbaïdjan estime que le déminage est un prérequis indispensable de la jouissance des droits humains et a déclaré que le déminage humanitaire était son 18e ODD national. En outre, il faut aussi savoir ce qu'il est advenu de ces 4 000 Azerbaïdjanaises qui ont disparu lors du conflit. C'est essentiel, non seulement pour que des comptes soient rendus et pour respecter les droits des victimes et de leurs familles, mais aussi pour la réconciliation et la normalisation des relations après le conflit. Monsieur le Président, à la lumière de défis mondiaux de plus en plus complexes, notre riposte collective doit être inclusive, équitable et universelle. D'ailleurs, L'expérience de l'Azerbaïdjan reflète bien ces principes. Notre société est éminemment multiconfessionnelle et multiculturelle, façonnée par des siècles de coexistence pacifique entre des communautés ethniques, culturelles, religieuses diverses et variées. Cette tradition se reflète dans les initiatives internationales de l'Azerbaïdjan, y compris le Forum mondial sur le dialogue interculturel. Inauguré en 2008, le cadre du processus de Bakou et le forum se sont transformés en une plateforme mondiale de premier plan pour promouvoir le dialogue interculturel et la diversité culturelle, reconnus sur la scène internationale, notamment au fil de plusieurs résolutions adoptées par l'Assemblée générale de l'ONU. Faisant fond sur ces valeurs et sous la houlette du président de la République d'Azerbaïdjan, Son Excellence, M. Ilham Aliyev, l'Azerbaïdjan entrepris des initiatives pour renforcer la solidarité internationale, pour jeter des ponts dans la région et mobiliser des réponses collectives. Cet engagement s'est avéré aussi grâce à la tenue fructueuse de plusieurs réunions internationales, la COP29, la 13e session du Forum mondial sur les villes, les présidences du mouvement des non-alignés, l'organisation des États turciques et la conférence sur les mesures de confiance en Asie et l'Azerbaïdjan jouent un rôle de plus en plus actif dans la plateforme internationale. Le statut de membre de plein droit de la réunion consultative des chefs d'État d'Asie centrale et du format C6 permettront à notre pays de renforcer notre contribution à la coopération et à la connectivité dans la région et au-delà. La COP29 est un excellent exemple de cette approche dans les faits. En tant que hôte et président, l'Azerbaïdjan a guidé les négociations et nous avons accouché de résultats équilibrés, ambitieux, tout en se mettant en pied d'œuvre pour que toutes les voix soient entendues. La conférence s'est conclue par plusieurs accords historiques, notamment l'opérationnalisation de l'article 6 sur les mécanismes des marchés du carbone. le triplement des financements climatiques ainsi que l'appui au fond perte et préjudice pour les communautés vulnérables au changement climatique. Mais tout cela ne se termine pas avec la COP29, nous continuons à travailler dans ce sens avec une mise en œuvre pratique. En septembre, pour la toute première fois, Bakou a accueilli la semaine climatique de la CNUC, en rassemblant des gouvernements, l'organisation internationale, le secteur privé et d'autres parties prenantes afin de permettre la mise en œuvre et de faire émerger des solutions pratiques. L'engagement de l'Azerbaïdjan en faveur de la solidarité internationale et de la coopération se reflète aussi dans notre assistance humanitaire en termes de développement. Ces dernières années, l'Azerbaïdjan a revu à la hausse significativement son assistance internationale se concentre surtout sur les PUID et les pays partenaires africains. Depuis 2020, nous avons fourni une assistance humanitaire, économique et technique à hauteur d'environ 400 millions de dollars américains, affectés à plus de 140 pays. Alors que nous commémorons le 40e anniversaire de la Déclaration sur le développement, l'Azerbaïdjan réaffirme son attachement à des approches sous forme de partenariat fondées sur la solidarité, le respect mutuel et des priorités de développement partagées. Mesdames et messieurs, 2030 arrive à grands pas et il est plus apparent que jamais que le monde demeure très loin du compte dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. L'Azerbaïdjan est fermement attaché au programme à l'horizon 2030 et nous avons d'ailleurs intégré les ODD dans nos stratégies de développement national, dans nos cadres institutionnels, dans nos processus de l'examen volontaire national, tout en mettant l'accent sur la connectivité, la croissance verte, la numérisation et le développement urbain durable. En moins de 20 ans, le PIB de l'Azerbaïdjan a été multiplié par trois, le taux de pauvreté est passé de 49 % à environ 5 %, et dans le même temps, l'Azerbaïdjan maintient un des niveaux les plus bas de dette publique extérieure au monde. Notre engagement se traduit aussi dans la promotion du développement durable grâce à des institutions efficaces et redevables. À l'initiative de l'Azerbaïdjan, le 30 mars 2026, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté par consensus, pour la troisième fois,
La résolution intitulée Promotion des droits humains, du développement durable et des ODD grâce à des services publics transparents, redevables et efficients. Plus de 100 États membres s'en sont portés coauteurs et la résolution souligne le rôle essentiel d'institutions publiques efficaces, transparentes, axées sur le citoyen dans la promotion des droits humains et dans l'accélération des progrès pour parvenir aux ODD. Les modèles novateurs Hassan et Dost de services publics axés sur le citoyen, des services transparents et accessibles, ont été salués sur la scène internationale et sont de plus en plus adoptés par des dizaines de pays partenaires. L'urbanisation durable est un autre pilier incontournable de notre approche vis-à-vis du programme Horizon 2030. Les villes résilientes sont indispensables pour améliorer la qualité de vie, pour renforcer les communautés et promouvoir un développement économique et social inclusif. Et dans ce contexte, l'Azerbaïdjan a accueilli Avec brio, la 13e session du Forum mondial pour les villes, ce qui entreprend l'édifice de l'Agenda pour les villes. Les grands résultats du forum, l'appel de Bakou et le résumé de la présidence ont contribué à la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur l'examen mi-mandat du nouvel Agenda pour les villes qui a eu lieu à New York en juillet de cette année. Dans le même temps, la protection de l'environnement reste une priorité nationale et régionale cruciale. Nous sommes vivement préoccupés par le déclin de la mer Caspienne, ce qui a des répercussions graves sur la diversité biologique, la subsistance et les activités économiques dans la région. Tous les pays du littoral de la Caspienne connaissent ce défi. Et dès lors, puisque c'est un défi commun, il faut une riposte à la fois coordonnée, collective et sur le long terme. Excellence. Nous demeurons fermement attachés à nos objectifs climatiques, mais nous devons aussi bien reconnaître que, dans l'immédiat, le développement ne peut pas fonctionner sans les sources énergétiques traditionnelles. La sécurité énergétique est directement liée à la paix, à la connectivité régionale, au développement économique durable. En tant que fournisseur de gaz naturel fiable pour 16 pays, l'Azerbaïdjan fait partie des grands fournisseurs de gaz par gazoduc et joue un rôle stratégique dans le renforcement de la sécurité énergétique et dans la diversification des voies d'approvisionnement en Europe et au-delà. La contribution de l'Azerbaïdjan à la sécurité énergétique mondiale est de plus en plus complétée par son rôle croissant dans la transition énergétique verte. Nous investissons dans l'énergie renouvelable, nous menons des projets éoliens et solaires de grande ampleur, nous renforçons nos capacités hydriques et nous mettons au point des initiatives d'énergie propre avec des partenaires internationaux de premier plan. Des accords ont déjà été signés et prévoit 6 GW de capacité solaire et éolienne supplémentaires à l'horizon 2030. D'ici à 2030, les énergies renouvelables devraient générer environ 40 % de l'électricité azerbaïdjanaise. Grâce à plus d'énergie renouvelable, l'Azerbaïdjan pourra exporter de l'électricité verte au marché européen. Ce faisant, notre rôle en tant que source d'énergie fiable évoluera, tout comme la transition évolue elle-même. La connectivité énergétique fait partie de la vision générale de l'Azerbaïdjan de pont entre les régions et les économies. L'Azerbaïdjan est un pôle plutôt de transport et de logistique clé entre l'Europe et l'Asie, contribuant dans les initiatives de connectivité transrégionale majeures, investissant dans les infrastructures de transport et en améliorant la coopération entre les partenaires de la région. Depuis 2022, nous avons observé une augmentation des volumes de cargaison dans le couloir du milieu d'environ 90 %. Des projets d'infrastructures stratégiques le long du couloir du milieu renforcés par l'Azerbaïdjan, notamment dans le cadre du port commercial maritime international de Bakou et grâce au chemin de fer Bakou-Pydicikar, permet une chaîne d'approvisionnement plus durable, diversifiée et résiliente entre l'Asie et l'Europe. Cette évolution prouve bien que le couloir du milieu a un potentiel considérable en tant que moteur de la connectivité, de tremplin commercial et d'acteurs du développement économique durable. Notre programme de connectivité va au-delà de l'énergie et des transports. La connectivité numérique est aussi importante pour la coopération régionale. L'Azerbaïdjan réfléchit à de nouveaux liens numériques dans la région grâce à des initiatives ambitieuses comme les Routes de la soie numériques. Ce projet prévoit un réseau de fibres optiques de premier plan dans la mer Caspienne, ainsi qu'un rôle pour l'Azerbaïdjan en tant que pôle régional numérique et lien entre l'Europe et l'Asie. Ce programme de connectivité plus général est intrinsèquement lié à l'architecture de la paix émergeant dans le sud du Caucase. La voie Trump pour la paix et la prospérité internationale, le TPI, autre résultat du sommet de Washington, devrait faciliter une connectivité multimodale sans entrave entre la partie principale de l'Azerbaïdjan et sa république autonome du Nakhchivan et permettra de développer de nouvelles possibilités pour le commerce régional, l'intégration économique, la prospérité dans le cadre du couloir de Zangarur. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, en guise de conclusion, qu'il me soit permis de réaffirmer que, à défis communs, solidarité mondiale commune, il faut davantage de multilatéralisme fiable, effectif, fondé sur le droit international, et il faut aussi un système de coopération revigoré. Cela étant dit, il faut Pour cela, rétablir la confiance avec des mesures concrètes. La paix doit être construite sur le terrain. Les engagements doivent être traduits en résultats tangibles et le développement durable doit s'accompagner d'une amélioration significative pour la vie de tout un chacun. L'Azerbaïdjan a toujours défendu les buts et principes consacrés dans la Charte et a prouvé son adhésion au droit international, notamment le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, la non-ingérence. l'égalité souveraine, le dialogue et la coopération, ainsi qu'une mise en œuvre fiable, cohérente et non sélective des engagements au titre des accords. Voilà le multilatéralisme dans lequel nous croyons, un multilatéralisme fondé sur les principes, sur l'inclusion et surtout capable d'accoucher de résultats tangibles. Je vous remercie. Merci.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan de son intervention. Je donne la parole à Son Excellence Mukhtar Tiliuberdi, ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les représentants et représentantes, Je félicite Son Excellence M. Khalilov à l'occasion de son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale. Et je réaffirme qu'il peut compter sur le plein soutien du Kazakhstan lors de la session. Excellence, le Kazakhstan demeure très attaché aux buts et principes de la Charte des Nations unies. et une coopération multilatérale digne de ce nom. Guidés par une politique étrangère proactive et pragmatique, nous continuons à nous efforcer de renforcer la paix et la sécurité internationales et à réfléchir à des solutions pragmatiques pour relever nos défis communs. Le Kazakhstan estime que le multilatéralisme est un instrument indispensable à la confiance qui permettra d'arriver à des dynamiques d'arguments et à des résultats pour nos citoyens et citoyennes et les générations futures. C'est une composante indispensable de notre programme de développement économique et social sur le long terme. Le Kazakhstan a entamé une transformation politique profonde en réponse aux demandes de la société et aux défis émergents. Notre nouvelle Constitution renforce les fondements du développement durable national en mettant davantage l'accent sur la dignité humaine, le capital humain, l'éducation, l'innovation et la responsabilité environnementale. Nous continuons aussi à renforcer l'État de droit, la redevabilité face au public et la protection des droits humains. Le mois dernier, les élections au nouveau Khovolg-Tai ont permis d'enrichir le Parlement d'un éventail de voix neuves, avec 34 % de femmes, un chiffre historique. Monsieur le Président, notre pays exprime ses vives préoccupations alors que le monde continue de glisser vers l'incertitude et la division. L'érosion de la confiance entre les nations rebat les cartes de l'ordre international. Rapidement, notre incapacité collective à prévenir les conflits, notre indifférence tout aussi collective face aux crises humanitaires et notre absence de volonté de chercher des solutions communes aux défis partagés deviennent la norme. Impossible de rétablir la confiance lorsque le droit international est appliqué de façon sélective et lorsque les promesses ne restent que des promesses. Notre riposte doit être fondée sur des valeurs fondamentales que nous avons affirmées ensemble: la liberté, l'égalité, la justice et le respect de la dignité humaine. Le président Tokayev a souvent répété le rôle indispensable de l'ONU en tant que plateforme universelle unique, capable comme personne de fédérer les États pour relever les défis qui sont les nôtres. Mais pour honorer le potentiel de l'ONU, L'organisation doit être capable d'agir, de s'adapter et d'honorer ses promesses. Nous soutenons pleinement l'initiative ONU 80. Le succès de la réforme devra être mesuré non pas à l'aune des coupes et des réorganisations, mais bien à l'aune d'une prévention des conflits plus efficace, d'une riposte plus rapide face aux crises et de résultats plus tangibles et de meilleure qualité pour tous les États membres. Le Conseil de sécurité est un axe central de cette réforme. Une meilleure représentation de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique latine au Conseil, ainsi qu'une voix plus importante pour les pays en développement et les puissances moyennes sont autant d'impératifs moraux. La représentation géographique équitable doit s'appliquer dans tout le système de l'Organisation des Nations Unies en tant que condition indispensable pour la légitimité et la crédibilité de l'organisation. Le choix du ou de la prochaine Secrétaire générale fera partie des grands moments de cette session. Le Kazakhstan soutient un processus transparent, sans exclusives, fondé sur le mérite, mené à bien conformément aux principes de la Charte. Monsieur le Président, l'environnement sécuritaire international continue d'aller de mal en pis. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record malheureux de 2 900 milliards de dollars en 2025. Notre petite planète accueille plus de 12 000 armes nucléaires, chacune d'entre elles étant capable de semer la destruction et le malheur. Chaque année, nous perdons plus de diversité biologique et nous gagnons de plus en plus d'armes. Et pour le Kazakhstan, l'arme nucléaire n'est pas qu'une doctrine abstraite. Non, c'est une responsabilité née de notre expérience nationale. Cette année, nous commémorons le 35e anniversaire de la fermeture du site d'essai nucléaire de Semipalatinsk, le 30e anniversaire de l'ouverture et la signature du TICE et le 20e anniversaire de la signature du traité de Semipalatinsk sur la zone exempte d'armes nucléaires en Asie centrale. Nous avons renoncé au quatrième arsenal nucléaire le plus important au monde. Mais cela n'a pas pour autant affaibli notre État. Au contraire, grâce à la confiance internationale que cet acte a généré, nous avons renforcé notre souveraineté, amélioré la sécurité et promu le développement. Aujourd'hui, cette confiance est à nouveau en danger. Le nouveau traité START est arrivé à échéance et la conférence d'examen du TNP 2026 s'est soldée par une absence de résultats. C'est le troisième cycle consécutif. Les États dotés d'armes nucléaires ne doivent jamais confondre une absence d'accord et une absence d'obligation. Les États dotés demeurent responsables tant que le monde n'aura pas été libéré des armes nucléaires. Le Kazakhstan est en faveur d'une reprise du dialogue de haut niveau entre les puissances nucléaires et est prêt à accueillir la prochaine réunion. Nous continuerons aussi à proposer le renforcement de la Convention sur les limitations des armes biologiques en établissant une agence internationale pour la sécurité biologique. Mesdames et messieurs, les représentantes et représentants, la paix et la stabilité sont des conditions sine qua non du développement durable. Nous sommes fermement du côté de la diplomatie et du dialogue et nous nous opposons à l'escalade de détention et au recours à la force. Nous sommes et demeurons vivement préoccupés par la crise ukrainienne qui continue de faire des victimes d'éradiquer la confiance mondiale et de mettre en péril la sécurité internationale. Même les conflits les plus difficiles doivent être réglés via la diplomatie et des négociations. Au-delà du bilan humain tragique, le Kazakhstan condamne fermement les attaques de drones répétées prenant pour cible les infrastructures d'exportation du pétrole brut kazakh, y compris les navires commerciaux, dans le bassin de la mer Noire. Ces incidents mettent en danger la navigation civile, perturbent le commerce international et menacent la stabilité de la chaîne d'approvisionnement énergétique mondiale. Nous appelons toutes les parties à respecter le droit international et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les infrastructures critiques tout en assurant la sûreté et la continuité du commerce civil. La seule solution viable pour parvenir à une fin des hostilités, pour parvenir à un règlement durable de la crise au Moyen-Orient demeure les voies diplomatiques et politiques. L'escalade en cours a des répercussions graves pour la paix et la sécurité régionales et internationales. N'oublions pas non plus la stabilité économique, les moyens de transport et la sécurité énergétique. Une paix juste et durable au Moyen-Orient exige un État de Palestine indépendant, souverain et viable, vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité.
Soutenons la déclaration de Nur qui constitue un cadre pour accomplir des progrès de façon tangible en tenant compte d'échéances, prendre des mesures irréversibles vers la solution à deux États. Mon pays est prêt à soutenir tous les efforts qui ont pour objectif de maintenir l'acheminement de l'aide humanitaire sans entrave, garantir la protection des civils et permettre le relèvement de Gaza. Le Kazakhstan est favorable à la mise en œuvre de bonne foi et complète du plan global pour mettre un terme au conflit à Gaza. Il faut également mettre en œuvre la résolution 2803. En tant que membre du Conseil de paix, le président Tokayev s'est engagé en faveur de la stabilisation de Gaza en soutenant une aide pour la reconstruction, la sécurité alimentaire et les solutions de gouvernance numérique. Les Casques bleus du Kazakhstan ont contribué à la FNOD et à la FINUL, ce qui illustre que nous sommes prêts à contribuer à la force de stabilisation à Gaza et que nous assumons nos responsabilités. Nous avons officiellement annoncé que nous étions prêts à nous rallier aux accords d'Abraham. Nous estimons que c'est une plateforme qui permet de renforcer le processus politique sous la houlette de l'ONU en vue de la solution à deux États. La stabilité à long terme de l'Afghanistan est intimement lié à la sécurité et au développement durable de la région de l'Asie centrale. L'aide humanitaire est essentielle. Néanmoins, ce n'est pas l'assistance humanitaire qui va mettre un terme au cycle de pauvreté, de déplacement et de dépendance. Le Kazakhstan est favorable à un engagement international, étape par étape, de façon pragmatique et coordonnée, et l'ONU doit jouer un rôle central. Enfin, nous sommes gravement préoccupés par l'évolution de ces dernières années avec l'érosion de la protection des civils dans les zones de conflit avec le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, l'Afrique du Sud et le CICR. Le Kazakhstan promeut l'initiative mondiale pour promouvoir un engagement politique vis-à-vis du droit international humanitaire. Monsieur le Président, Les puissances intermédiaires jouent un rôle croissant dans les affaires mondiales, ce qui crée de nouvelles opportunités de coopération pour atteindre les ODD. Nous travaillons avec l'ONU pour opérationnaliser le Centre régional des Nations unies pour les ODD dans la région de l'Asie centrale et de l'Afghanistan, dans la ville d'Almaty. Ce centre sera couronné de succès s'il génère des résultats. Je remercie mes collègues. ministre des Affaires étrangères de l'Asie centrale, d'avoir contribué à fixer des objectifs ciblés pour le centre. Nous réitérons notre engagement vis-à-vis des soins de santé primaires, puisque cela constitue le socle de l'assurance maladie universelle. Nous encourageons les États membres de l'ONU à se rallier à cette coalition mondiale. L'année 2026 a été désignée par cet organe Année internationale des volontaires au service du développement durable. Cette initiative du président Tokayev a donné un nouvel élan au volontariat en tant que force pour bâtir des communautés plus robustes, engager les jeunes et protéger l'environnement. Au Kazakhstan et ailleurs, des centaines de milliers de jeunes ont participé à ces activités. Mesdames et Messieurs, Les défis environnementaux font partie des plus grands défis auxquels nous faisons face. Le changement climatique, la perte de biodiversité, la détérioration des terres et la fréquence croissante des catastrophes naturelles, tout cela met à rude épreuve nos sociétés et nos économies. Le Sommet écologique régional qui a eu lieu à Astana au mois d'avril a réaffirmé que Les défis liés au climat, à l'eau, à l'alimentation, à la santé ne pouvaient être relevés de façon isolée. À l'issue de ce sommet, il y a eu une déclaration sur la solidarité environnementale de l'Asie centrale, qui constitue un socle pour la coopération régionale dans la région pour la protection de l'environnement et le développement durable. Le même jour, les chefs d'État des pays fondateurs du Fonds international pour sauver la mer d'Aral ont déclaré une journée internationale pour la mer d'Aral, pour le fleuve Amou Daria et le Sire Daria, l'objectif étant de sensibiliser sur les défis environnementaux auxquels fait face la région et pour mobiliser un plus grand soutien pour la préservation de ces cours d'eau. Nous remercions les États membres et nos partenaires pour leur soutien en faveur de la proposition du président Tokayev pour désigner le 22 avril, journée internationale pour verdir la planète, dont l'objectif est de renforcer les efforts de la communauté internationale pour la restauration des écosystèmes. Le Kazakhstan s'est doté d'une approche axée sur les êtres humains pour relever les défis contemporains. Nous avons souligné l'importance de la consolidation de la paix, du dialogue et de la coopération pour répondre aux défis complexes de notre époque. Cette approche est sous-tendue par un changement de mentalité L'objectif étant de mieux prendre soin de l'environnement, de promouvoir l'engagement de la société civile, nous n'avons ménagé aucun effort pour améliorer les espaces publics, pour créer des espaces verts et pour promouvoir les valeurs du respect de l'État de droit, le patriotisme actif et responsable, le volontariat et la compassion en tant qu'éléments qui font partie intégrale de la vie quotidienne et de la vie civique. Ce qui m'amène à un autre sujet important, à savoir la santé des écosystèmes. Leur santé dépend de l'eau. La sécurité hydrique est essentielle pour le bien-être et la résilience de nos sociétés. En effet, l'eau est une condition essentielle pour la santé publique, l'alimentation, la sécurité énergétique, la résilience climatique, la paix. Et pourtant, en dépit de l'importance cruciale que revêt l'eau, la gouvernance mondiale de l'eau reste fragmentée. Il y a récemment eu des inondations dans les régions montagneuses du Népal et de la Chine qui ont été dévastatrices, ce qui nous rappelle les risques croissants associés aux catastrophes liées à l'eau et au climat. Dans ce contexte, notre président a fait une proposition, à savoir créer une organisation internationale de l'eau sous les houlettes de l'ONU. L'objectif est de faire, ou plutôt de rendre, la gouvernance internationale de l'eau plus cohérente, responsable à même de mettre en œuvre nos objectifs. Le Kazakhstan est favorable à un processus inclusif mené à bien par les États membres pour envisager la façon dont nous pouvons renforcer l'architecture institutionnelle de l'eau à l'ONU. Nous continuerons les discussions en vue de la Conférence des Nations unies sur l'eau qui aura lieu en 2026 à Abu Dhabi. Le Kazakhstan et prêt à travailler avec tous les États membres et avec tous nos partenaires pour atteindre ces objectifs communs. Mesdames et Messieurs, l'intelligence artificielle et les changements technologiques rapides constituent un autre domaine où nous avons urgemment besoin de coopération internationale. Au Kazakhstan, nous avons investi dans les capacités informatique, les infrastructures numériques, les compétences relatives à l'IA. Nous sommes en train de forger des partenariats sur la gouvernance de l'IA et les technologies émergentes, et nous avons récemment adopté une législation sur l'IA ainsi qu'un nouveau code numérique. Mais nous avons besoin d'une bonne gouvernance à tous les niveaux, faute de quoi les inégalités vont se creuser, ce qui créera de nouveaux risques sécuritaires. Comme nous l'avons vu récemment, cela peut creuser la fracture numérique. Nous devons également veiller à adapter les normes éthiques à l'évolution rapide à laquelle nous assistons. L'IA doit toujours avoir en son centre les êtres humains. L'IA doit rester sûre et doit être soumise à un contrôle humain. Les risques sont particulièrement grands dans le domaine militaire où l'utilisation de l'IA dans le domaine de la guerre et des cyberopérations pourrait avoir de graves répercussions pour la stabilité internationale. Nous soutenons des règles internationales et une coopération renforcée, notamment par le biais du mécanisme mondial de l'ONU sur la sécurité des TIC et le dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'IA. Au niveau régional, nous encourageons nos partenaires à collaborer avec le Centre Almaty pour les solutions numériques de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique, une plateforme qui permet le partage d'expériences et la coopération régionale dans le domaine du numérique. Ce qui est clair, mesdames et messieurs, c'est qu'il y a aujourd'hui un véritable déficit de la confiance et restaurer la confiance, cela prendra du temps. Mais cette confiance ne va pas apparaître du jour au lendemain. Non, elle émanera d'une plus grande coopération internationale et donc nous devons bâtir cette confiance. Le système de coopération internationale que nous appelons multilatéralisme, et d'ailleurs le hall de l'Assemblée générale est l'épicentre du multilatéralisme, dépend de nous, tout comme nous dépendons de lui. Grâce au multilatéralisme et grâce à ses institutions, nous devons générer des résultats. Mais ce qui est vrai, c'est que les États membres doivent également honorer leurs engagements, respecter les normes mondiales, travailler ensemble. Le Kazakhstan continuera d'être un partenaire fiable pour l'appel à sécurité et le développement durable. Nous continuerons à faire primer la coopération sur la confrontation. Nous travaillerons avec tous les États membres afin de renforcer les Nations unies et afin d'honorer nos engagements pour générer des résultats concrets. Je vous remercie.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan. Je donne maintenant la parole à son excellence Mohamed Salem Merzoug, ministre des Affaires étrangères de la coopération africaine et des mauritaniens à l'étranger de la Mauritanie.
Au nom de Dieu le Clément, le miséricordieux, que la paix et les prières du Prophète vous accompagnent. Excellence, Mesdames et Messieurs, Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, Mesdames et Messieurs les ministres et les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, que la paix et les prières vous accompagnent. À l'entame de mon propos, Je souhaiterais remercier sincèrement le docteur Khalilu Rahman et je le félicite de sa désignation en tant que président de cette session de l'Assemblée générale. Je suis convaincu que grâce à son expérience, et sa sagesse, cette session de l'Assemblée générale sera couronnée de succès. Je souhaiterais également remercier sincèrement Son Excellence Madame Baerbock. Je la félicite pour l'excellente façon dont elle a présidé aux travaux de l'Assemblée générale pendant la session précédente. Nous souhaiterions remercier Son Excellence, M. Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations unies, pour les efforts concertés qu'il a menés à bien afin de renforcer le rôle de l'ONU. Monsieur le Président, j'ai l'honneur de transmettre à cette Assemblée les salutations de Son Excellence le Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Razwani. Nous vous souhaitons beaucoup de succès. Je prends donc la parole au nom du président de la Mauritanie. Le thème de cette session est donc Restaurer la confiance, gérer la transformation, les Nations unies au service de tous. Ce thème reflète la responsabilité qui est la nôtre vis-à-vis de nos objectifs communs, à savoir les objectifs de l'Organisation des Nations Unies qui a vu le jour dans le sillage des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. L'objectif était de travailler sur la base de l'État de droit, c'est-à-dire la force du droit et non pas la force ou plutôt la loi du plus fort. Notre responsabilité, c'est donc d'être à la hauteur de ces idéaux. Et nous ne pouvons pas appliquer le droit international de façon sélective. Nous assistons aujourd'hui au non-respect d'engagements collectif, certains pays, en effet, ne souhaitent pas respecter les mêmes règles, alors que ces mêmes pays s'attendent à ce que les autres pays les respectent. Tout cela porte atteinte aux mécanismes de coopération. Il nous est aujourd'hui impossible de régler les conflits ou de les prévenir. Et c'est une menace qui pèse notamment sur certaines institutions qui pourraient échouer. Le multilatéralisme ne concerne pas seulement les intérêts et la souveraineté des États. Le multilatéralisme, ce n'est pas une forme de faiblesse. Non, c'est travailler afin de relever les défis ensemble. Défendre l'ONU, c'est donc défendre les droits de tous les peuples, leur droit à prendre leur destin en main, à participer à la prise de décisions, des décisions qui peuvent définir le destin des peuples. Nous aspirons à une Organisation des Nations unies plus équitable. L'ONU doit être à même de relever les défis contemporains. Après plus de huit décennies depuis la création de l'ONU, le Conseil de sécurité doit absolument être réformé. C'est essentiel pour permettre la représentation équitable de l'Afrique, notamment dans les catégories permanentes et non permanentes. Il faut également repenser l'architecture financière internationale. Il faut ainsi qu'il y ait une coopération sur un pied d'égalité, et il faut créer plus d'opportunités de développement. La réforme de cette organisation ne sera pas achevée si l'ONU ne peut pas contribuer au développement des pays. Nous approchons de la date de 2030. Il est essentiel d'accélérer la mise en œuvre des ODD. et nous soutenons l'initiative ONU 80 ainsi que le pacte de l'avenir. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la République islamique de Mauritanie réitère son engagement en faveur des buts et principes de la Charte de l'ONU et des normes du droit international et en faveur des résolutions internationale. Notre politique étrangère repose sur des relations de bon voisinage, le respect de la souveraineté des États, l'indépendance, la non-ingérence dans les affaires internes des pays, le règlement pacifique des différents. Sur la base donc du respect de ces principes, mon pays, sous la houlette de Son Excellence notre président, Mon pays, donc, continue à bâtir un État moderne, un pays qui vit en paix avec ses voisins et qui est ouvert au reste du monde. Nous nous sommes dotés d'une stratégie avec des dimensions sécuritaires, sociales, économiques, politiques. Nous avons noué un dialogue et nous avons entamé des consultations. Son Excellence le Président a lancé un dialogue national inclusif. Personne n'est exclu, aucun pan de la population pour parvenir à un consensus sur le développement des institutions et afin de promouvoir l'État de droit et la démocratie pour protéger les droits et les libertés. Concernant maintenant la dimension sociale, nous promouvons la cohésion sociale, la cohésion entre les communautés. Nous luttons contre la discrimination, contre la vulnérabilité. Nous essayons de surmonter les plaies du passé. Nous promouvons les synergies, le développement de l'économie. Nous luttons contre la pauvreté. Nous veillons à ce que les citoyens aient accès aux services de base. notamment ceux qui en ont le plus besoin. Nous avons créé un fonds d'assurance maladie pour tous ceux qui ne sont pas couverts par l'assurance maladie actuellement. Nous fournissons des soins de santé de base, notamment pour ceux qui en ont le plus besoin, notamment les mères, les personnes âgées, et les personnes handicapées. Concernant maintenant l'éducation, il est essentiel de réformer le secteur éducatif. Nous souhaitons fournir une éducation de qualité. Nous souhaitons garantir l'égalité des chances. Concernant maintenant la bonne gouvernance, nous mettons l'accent sur la transparence, l'indépendance, de la branche judiciaire, la lutte contre la corruption. Nous promouvons les investissements. Nous luttons contre toutes les menaces sécuritaires ou terroristes. Nous essayons de réduire les vulnérabilités et la pauvreté. En travaillant donc sur toutes ces dimensions, nous avons pu garantir la sécurité de notre pays, en dépit du fait que nous vivons dans un environnement où les défis sont nombreux. Monsieur le Président, la Mauritanie s'est donc dotée d'une approche équilibrée. Nous tenons compte de notre culture africaine, arabe et autres. Nous sommes guidés par notre politique étrangère qui repose sur la coopération, la solidarité le respect de la souveraineté, les relations de bon voisinage. Nous sommes donc convaincus que pour relever les défis communs, nous devons promouvoir le multilatéralisme. Nous avons besoin d'efforts concertés avec le reste de la communauté internationale. À titre d'exemple, mon pays, à participer à un certain nombre d'événements, d'émissions de maintien de la paix. Nous avons contribué au règlement pacifique de différents. Nous avons promu la coopération et la coordination à l'échelle régionale et internationale. Nous sommes en effet convaincus qu'il est essentiel de promouvoir la coopération de façon durable et équitable. Aucun pays aussi puissant soit-il, ne peut seul relever ces défis interconnectés. La pandémie de la Covid-19 et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, notamment la perturbation des cours de l'énergie et de l'alimentation, les guerres, les conflits, tout cela montre que nos intérêts sont liés les uns aux autres. Les questions migratoires se situent également au cœur de ces défis que nous avons en commun. Les populations migrent car elles aspirent à plus de développement, plus d'opportunités. Néanmoins, le fort afflux de migrants est un phénomène complexe. Il est essentiel d'analyser ce phénomène en évitant de tomber dans les stigmates. Il faut préserver l'unité de la société. Il est essentiel de relever ce défi par le biais de la coopération entre les pays d'origine, de transit et de destination. Il faut veiller à bien répartir les responsabilités et les fardeaux, il faut s'attaquer aux causes sous-jacentes des migrations irrégulières. Il faut lutter contre la traite des êtres humains et les réseaux de passeurs afin d'endiguer ce phénomène et afin de garantir la dignité et le respect des droits des migrants. La solution, c'est que tout le monde assume ses responsabilités et fasse preuve de solidarité, Monsieur le Président. Il y a aujourd'hui une propagation des conflits et ces conflits ont un coût humanitaire croissant, d'où l'importance de protéger les civils et de garantir le règlement pacifique des différends, et ce, pour le bien des populations. Pour ce qui est des territoires palestiniens, nous assistons à des destructions systématiques Le bilan humain se creuse et tout cela signifie que la communauté internationale, et notamment l'ONU, doivent assumer leurs responsabilités. Il faut protéger les Palestiniens et mettre un terme à leurs souffrances. Voilà pourquoi nous réitérons notre soutien pour une solution juste et durable de la question palestinienne sur la base de l'initiative de paix arabe et des résolutions de l'ONU. afin d'établir un État palestinien, un État indépendant, viable le long des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Nous nous félicitons des efforts de médiation menés à bien par les États-Unis, l'Égypte, le Qatar et la Turquie. Il est essentiel de mettre en oeuvre la résolution de novembre 2025, la résolution 2803 sur le plan de paix à Gaza. Cela permettra de rétablir la paix, de promouvoir la reconstruction dans la bande de Gaza. Je souhaiterais rappeler qu'un certain nombre de pays européens, au cours de l'année écoulée, ont pris une mesure historique puisqu'ils ont reconnu l'État de Palestine. Nous nous félicitons des mesures prises par les pays européens pour imposer des sanctions aux colons israéliens qui se sont rendus responsables d'actes violents contre les Palestiniens. Ce sont des mesures importantes, certes, mais ces initiatives ne devraient pas se produire de façon isolée. Il faudrait que cela aboutisse à une réaction plus ferme de la communauté internationale pour mettre un terme aux activités de colonisation. Il faut également permettre à la solution à deux États de se concrétiser. De façon paradoxale, les Palestiniens n'ont pas pu participer à ce forum international, alors même que la cause palestinienne est l'une de nos priorités. À l'heure où nous parlons, la cause palestinienne, donc, est l'une des priorités de la communauté internationale. Et pourtant, ils n'ont pas pu participer. en personne à cette conférence, ce qui va à l'encontre de l'esprit de dialogue et de pluralisme qui est incarné par les Nations unies. Et à cet égard, nous soulignons que l'État de Palestine a été reconnu par la majorité des États membres de l'ONU, ce qui montre qu'il y a un véritable soutien de la communauté internationale en faveur d'un État palestinien indépendant.
Dès lors, nous appelons à permettre aux Palestiniens de participer aux travaux de l'ONU afin qu'ils puissent réaliser leurs aspirations et défendre leur cause légitime devant la communauté internationale. Nous réaffirmons notre soutien au peuple libanais face aux violations dont il a souffert. Nous devons mettre un terme à ces souffrances et faire en sorte que la souveraineté du Liban soit respectée. Nous sommes également solidaires du Soudan. Nous sommes attachés à l'unité, à la souveraineté ainsi qu'à l'intégrité territoriale du Soudan. Nous appelons à une cessation immédiate de cette guerre. Il faut privilégier le dialogue tout en protégeant les civils et en mettant un terme à leurs souffrances. S'agissant de la Libye, nous appuyons les efforts déployés par l'ONU ainsi que l'Union africaine afin de parvenir à un règlement permanent qui permettra de maintenir l'unité et la souveraineté de ce pays, tout en garantissant la paix et la stabilité pour le peuple libyen. Nous réaffirmons notre soutien aux efforts consentis au Yémen ainsi qu'aux initiatives par les pays arabes y compris le royaume d'Arabie Saoudite pour appuyer ce pays nous soulignons notre position de principe concernant le conflit au Sahara occidental nous espérons qu'une solution juste et durable sera trouvée et qu'elle sera acceptée par toutes les parties nous exprimons nos vives préoccupations quant à l'escalade militaire au Moyen-Orient et aux menaces qui en découlent pour toute la région, ainsi que pour la stabilité de la région. Les répercussions concernent également le détroit d'Ormuz. et la navigation régionale et internationale dans ces voies navigables des plus importantes. Nous soutenons les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Arabie saoudite, ainsi que le royaume du Bahreïn, sans oublier le Koweït, mais également le royaume hachémite de Jordanie, face aux attaques qui visent leur stabilité et leur sécurité. Nous devons préserver les territoires des États et nous appelons tous les pays à la désescalade. Il s'agit de faire preuve de retenue et de choisir le dialogue pour sauver la région et ses populations face à de nouvelles crises ou de nouvelles souffrances. Mesdames et messieurs, le monde actuel fait face à un moment important qui va au-delà des enjeux politiques. Nous faisons face à des crises humanitaires, environnementales, économiques. Mon pays, la Mauritanie, ne connaît que trop bien. le caractère délicat du moment que nous traversons et avec humilité, dans cette maison commune qui nous rassemble tous, nous soulignons que nous devons tous prendre nos responsabilités vis-à-vis de l'histoire. Nous devons léguer un monde meilleur aux générations futures que celui dont nous avons hérité. Nous sommes capables de le faire, une fois que nous pourrons nous remettre sur la voie de la paix. Et nous nous devons de redoubler d'efforts De manière collective, l'ONU doit regagner son efficacité au service de la paix et de la sécurité, en particulier de la sécurité. Et nous pouvons y arriver si nous nous penchons sur les transformations profondes qui sont en train de bouleverser l'ensemble du panorama international. Et c'est le rôle du programme à l'horizon 2030 et de ces ODD. Nous faisons face à une accélération du progrès technologique. Ce qui est en jeu, c'est également le savoir. Nous pouvons y parvenir si nous revenons avec sagesse à ce qui a guidé nos pères fondateurs, les principes et les buts qui nous ont guidés sous la houlette de l'ONU pendant 80 ans. Et nous pouvons apporter un espoir selon lequel la bonne gouvernance, le développement technologique et le progrès représenteront autant d'atouts qui nous bénéficieront à toutes et tous et qui permettront de sauver l'ensemble de l'humanité face aux enjeux actuels. Merci. Que la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient sur vous.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères et de la coopération de la Mauritanie. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Roberto Velasco Álvarez, ministre des Affaires étrangères du Mexique.
Monsieur le Président, Excellence, je me présente devant cette Assemblée au nom de la première Présidente de mon pays, Mme Claudia Chénne-Bompardo, dont le gouvernement place les personnes au cœur de l'action de l'État et qui œuvre au quotidien pour la liberté, la démocratie, la justice sociale et l'égalité effective. Le Mexique gère sa vie publique, animée par une conviction dont j'aimerais vous parler aujourd'hui, faire en sorte que la prospérité collective soit une réalité pour toutes et tous. Cette conviction correspond aux engagements que nous avons toutes et tous pris au titre de la Charte des Nations unies, dont le premier article. établi en tant que but le maintien de la paix et de la sécurité internationale, la promotion des relations amicales entre les pays et la coopération pour régler les problématiques économiques, sociales, culturelles et humanitaires en promouvant le respect des droits humains sans aucune distinction. Le Mexique, une culture qui compte plus de 3 000 ans d'histoire, connaît une transformation profonde. et le Mexique poursuit le chemin ouvert par l'indépendance, la réforme et la révolution, trois moments au cours desquels mon pays a ancré les droits de son peuple. Mon pays aspire aujourd'hui à une société prospère avec des droits, une vie digne pour toutes et tous. Il s'agit là d'une transformation avec des objectifs clairs: générer du bien-être collectif, renforcer notre compétitivité, renforcer des capacités qui nous sont propres et décider de notre propre destin. C'est pourquoi Mon pays souhaite faire part de son expérience en tant que pays qui a décidé de démontrer dans les faits qu'il est possible d'améliorer la qualité de vie des citoyens en renforçant leurs droits et leur capacité à les exercer. Et j'aimerais vous parler des progrès que nous avons réalisés. Premièrement, il y a la réduction de la pauvreté. Entre 2018 et 2024, plus de 13 millions de personnes sont sorties de la pauvreté au Mexique. Il s'agit là de la réduction la plus importante de l'histoire de notre pays. En outre, il est important de relever qu'en 2025, nous avons atteint le niveau de pauvreté lié au travail le plus bas de toute notre histoire. Ces efforts se poursuivent avec une politique sociale de portée nationale en 2026. Les programmes pour le bien-être bénéficient à 42,8 1000000 de personnes. À cela s'ajoute un investissement continu dans les infrastructures. les infrastructures de santé, les infrastructures ferroviaires, les autoroutes, les établissements scolaires, les travaux hydrauliques. À l'horizon 2030, le plan d'investissement dans les infrastructures pour le développement dans le bien-être envisage des investissements dans le domaine de l'énergie, du transport, de l'eau, de la santé, de l'éducation, des technologies émergentes. Deuxièmement, la sécurité, que le gouvernement de la présidente Schenbaum aborde avec une approche holistique. Il s'agit de se pencher sur les causes profondes qui poussent les jeunes vers la délinquance, mais également une politique zéro impunité. Et les résultats confirment la validité de cette approche. Rien qu'en 22 mois, en juillet 2026, les homicides volontaires avaient été réduits de 51 %. Il s'agit là du fruit d'une stratégie nationale de sécurité qui est renforcée grâce à une coopération internationale face aux enjeux collectifs. et qui est ancré dans quatre principes: respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, responsabilité partagée mais différenciée, respect et confiance mutuelle et coopération sans subordination. Ce jalon a été franchi non pas avec une logique de guerre ou en renonçant aux droits humains ou en faisant de la force l'unique réponse. Le Mexique combine éducation, emploi pour les jeunes avec le renseignement, la recherche, le renforcement des institutions, la présence de l'État là où avant il y avait des vides. Et aujourd'hui, nous pouvons dire avec fierté que le Mexique se distingue sur la scène internationale par ses progrès sur le plan de la sécurité. C'est pourquoi nous soutenons ici une vérité dont nous souhaitons faire part à tous les peuples. La paix ne se décrète, ne s'impose pas, elle se bâtit dans la justice sociale. Troisièmement, l'emploi. Depuis 2018, le salaire minimum connaît une augmentation cumulée de 154 % et on a aujourd'hui un pouvoir d'achat record en plus de 40 ans. Et cela, nous y sommes parvenus le dialogue entre les gouvernements, les travailleurs, les employeurs, avec le contrôle de l'inflation. Et aujourd'hui, nous avons l'un des taux de chômage les plus bas des économies de l'OCDE. Et on a démontré par les faits ce que pendant des décennies, on niait dans la théorie. Payer mieux ceux qui travaillent n'appauvrit pas les économies, mais les renforce. Quatrièmement, Nous avons transformé l'histoire même de notre pays. Pour la première fois en deux siècles d'indépendance, le Mexique est gouverné par une femme. Et ce n'est pas le seul élément. Il y a un gouvernement paritaire, un congrès paritaire. Il y a une réforme qui fait de l'égalité réelle un mandat constitutionnel. Et aujourd'hui, les filles au Mexique grandissent en savant qu'elles pourront atteindre les objectifs qu'elles se fixent. Cinquièmement, la mise en œuvre d'une politique étrangère souveraine et indépendante. Le Mexique a démontré qu'un pays peut coopérer de manière étroite et respectueuse avec ses partenaires et, dans le même temps, faire valoir pleinement sa souveraineté. Cette indépendance se mesure également à l'aune de la protection des Mexicaines et des Mexicains qui vivent à l'étranger. Le Mexique accompagne sa communauté à l'étranger, défend leurs droits humains, où que nos citoyens se trouvent, dans Le strict respect du droit international, toujours. La transformation mexicaine a des bénéficiaires précis, à savoir ceux qui, historiquement, ont été laissés pour compte. Nos politiques viennent d'une perspective de genre claire, avec une promotion des droits des femmes. Nous privilégions les plus pauvres, les peuples autochtones d'ascendance africaine, les personnes handicapées, l'enfance, les personnes âgées et la diversité sexuelle et de genre. Monsieur le Président, Excellence, la politique étrangère du Mexique est ancrée dans les principes normatifs de notre Constitution, qui transcendent le gouvernement qui est aux affaires ou la conjoncture internationale et que notre peuple a obtenu grâce à son histoire. Nous savons, nous défendons le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le principe de non-ingérence, parce que nous savons que la meilleure garantie de paix et de stabilité entre les pays réside dans ces éléments. Nous préconisons le règlement pacifique des différends et l'interdiction de l'emploi de la force ou de la menace d'emploi de la force. Nous croyons en l'égalité juridique des États, car la souveraineté ne se mesure pas en armée ou en ressources matérielles. Tous les pays, tous les peuples ont la même valeur face au droit. Nous défendons la coopération internationale pour le développement. Nous veillons au respect, à la protection et à la promotion des droits humains, qui sont également au cœur de notre Constitution. Et nous luttons pour la paix et la sécurité internationales sur la base du développement des peuples. Et ceux qui consultent plutôt ces mandats constitutionnels remarqueront que les buts et principes de la Charte de San Francisco portent l'empreinte de la diplomatie mexicaine. Le Mexique n'a pas besoin d'adapter sa politique étrangère à la Charte des Nations unies, puisqu'elle est déjà écrite dans sa Constitution. Lorsque mon pays défend le multilatéralisme, il honore un mandat constitutionnel. Voici le legs de Benito Juárez, de Venustiano Carranza ou de Genaro Estrada. 3 noms, mais une même conviction, le droit est la seule force.
légitime entre les pays. Cette conviction n'admet aucune exception ou aucun bénéficiaire qui serait choisi de manière sélective. Face aux conflits internationaux que nous connaissons actuellement, le Mexique a une position ferme: le droit international doit l'emporter sur la force, la population civile doit être protégée, l'intégrité territoriale des nations doit être respectée et tout différend doit être réglé par le dialogue, la négociation et la paix. C'est pourquoi le Mexique a défendu pendant des décennies la solution des deux États et qu'il reconnaît l'État de Palestine et qu'il reconnaît le droit de son peuple à vivre en paix dans le cadre de frontières sûres et reconnues. Nous sommes bien conscients que cette position serait insuffisante sans institution capable de la pérenniser. Donc le Mexique œuvre afin de renforcer Dans cette idée, dans un environnement de polarisation, le Mexique et la Norvège ont créé le groupe UN80 Global pour appuyer la réforme lancée par le Secrétaire général, dont le but est de bâtir, au moyen de mesures concrètes, une organisation plus efficace et plus transparente. Avec le Qatar, la Norvège et la Suisse, nous promouvons le renforcement des capacités de médiation de l'Organisation. Chaque conflit qui est prévenu par la diplomatie vaut mieux que des solutions qu'on aura cherchées par la force. Cet engagement commence dans notre propre région, l'Amérique latine et les Caraïbes. Le Mexique continuera d'œuvrer afin de préserver la zone de paix que nous avons décrétée dans notre région et pour renforcer la coopération dans des instances comme la CEPAL ou l'Alliance du Pacifique. Notre vocation régionale explique également la position du Mexique depuis plus de 60 ans, la solidarité avec le peuple de Cuba et la condamnation de l'embargo et de toute mesure économique unilatérale contraire à la Charte des Nations unies. Nous continuons d'envoyer de l'aide humanitaire pour répondre aux besoins les plus urgents de la population, parce que la fraternité entre nos peuples ne dépend pas de la conjoncture ou des différends. C'est cette solidarité qui nous pousse à redoubler d'efforts pour rapprocher les positions régionales sur la base du dialogue et de la concertation. Au-delà de notre région, nous renforçons nos liens avec l'Asie et l'Afrique. Nous avons modernisé récemment notre partenariat avec l'Union européenne, ce qui confirme que notre proximité avec certains partenaires n'a jamais signifié que nous étions éloignés des autres. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, le Mexique croit en cette organisation qui, aujourd'hui, fait face à un défi considérable: se donner un nouveau souffle dans la mise en œuvre du mandat qui a présidé à sa création pour préserver l'humanité du fléau des conflits armés, protéger les droits humains et améliorer le sort de millions de personnes vulnérables et garantir le respect du droit international. Ce renouvellement concerne également les dirigeants de notre organisation. Bientôt, nous aurons une nouvelle personne qui sera élue en tant que secrétaire général. Et le Mexique le dit sans ambages, à l'ONU également, le temps des femmes est venu. Alfonso Reyes, diplomate, humaniste, a laissé au Mexique un enseignement que nous proposons aujourd'hui à cette Assemblée. La seule manière d'être utile au plan national consiste à être généreux au plan universel. Voilà la vocation de notre politique étrangère. Le Mexique sait qu'aucun pays ne peut bâtir son avenir dans l'isolement et que la souveraineté se renforce par le dialogue et la coopération respectueuse avec tous les peuples. Le Mexique prend la parole à cette tribune, animé par une conviction, et nous partons également animés de la même conviction. La légitimité des institutions dépend de leur capacité à transformer dans la réalité la vie des personnes. Comme le disait la présidente Claudia Sheinbaum, le Mexique a choisi la voie de la prospérité partagée dans l'indépendance, dans la liberté et toujours dans la dignité. C'est ce cap que nous suivrons dans le cadre de nos travaux afin que l'ONU soit à la hauteur de la promesse qui a présidé à sa création. Merci.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Mexique. et donne la parole à son excellence Dan J. Ramful, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et du Commerce international de Maurice.
Monsieur le Président, permettez-moi d'adresser mes félicitations à M. Khalilur Rahman pour son élection à la présidence de l'Assemblée générale. Je l'assure du plein soutien de ma délégation. Je tiens également à rendre hommage à Son Excellence Antonio Guterres, de son dévouement exceptionnel et de son attachement à cette organisation lors de ses deux mandats en tant que secrétaire général. Nous nous en souviendrons comme un dirigeant qui a eu la main ferme et qui a été guidé par les principes d'équité, de compassion et de dignité pour tous. Monsieur le président de l'ONU, vient de célébrer 80 ans d'existence, huit décennies chargées de résolutions, de déclarations et d'actions sur la décolonisation, le développement, un nouvel ordre international, une nouvelle constitution des océans, mais également le climat, l'environnement, la technologie, les droits humains, le droit international et le maintien de la paix. Créé suite à la Seconde Guerre mondiale, l'objectif immédiat était bien sûr la paix et la sécurité, mais le système onusien a évolué de manière significative au cours des décennies, a élargi son périmètre, sa sphère d'influence dans le cadre de la Charte. Pour autant, l'ONU doit maintenant se tourner vers l'avenir et faire fond sur son bilan, mais également sur les enseignements tirés de ce que l'organisation n'a pas pu faire. Alors que nous nous tournons vers les 80 prochaines années, nous devons nous poser une question d'introspection. Nous devons nous demander si l'ONU est adaptée au 21e siècle, pas au monde de 1945, le monde d'aujourd'hui et au-delà. Nous entrons dans une nouvelle ère des relations internationales, caractérisée par une évolution technologique sans précédent, Souvent absents des prises de décision concernant les règles pour l'avenir, les pays en développement risquent d'être encore davantage laissés pour compte. Et c'est la même exclusion qui touche l'architecture financière internationale qui continue de désavantager les pays du Sud. Les pays en développement doivent avoir voix au chapitre en tant que parties prenantes sur un pied d'égalité. Nous reconnaissons toutes et tous que les trois piliers de la Charte de l'ONU sont la paix et la sécurité, le développement et les droits humains. Les piliers institutionnels jumeaux prévus par la Charte étaient et sont toujours le Conseil de sécurité et l'ECOSOC, qui sont les organes responsables au premier chef des trois piliers de l'ONU. Cependant, au cours des années, On a surtout utilisé de manière optimale l'un de ces organes uniquement. Nous devons améliorer, accélérer la revitalisation de l'Assemblée générale et le rôle de l'ECOSOC afin que ce ne soit pas seulement des espaces de débat, mais des moteurs pour l'action. Cela doit être fait dans le même temps que nous procédons à une réforme du Conseil de sécurité. L'injustice historique concernant la composition du Conseil de sécurité a été reconnue dans l'action 39 du Pacte pour l'avenir, mais le processus de réforme est toujours dans l'impasse. Maurice appuie pleinement la position africaine commune, le consensus des Uluwini et la déclaration de Syrte qui appelle à deux sièges permanents au moins et cinq sièges non permanents pour l'Afrique au sein du Conseil de sécurité. Maurice se fait également l'écho de l'appel lancé par les PEID pour que ces derniers aient un siège au sein d'un Conseil réformé. Sur la question du droit de veto, Maurice souscrit à la position d'un nombre croissant d'États, à savoir que si le droit de veto était retenu, tout nouveau membre permanent devrait jouir des mêmes prérogatives que les membres permanents d'origine. Maurice appuie également l'initiative franco-mexicaine sur la suspension de l'utilisation du droit de veto dans le cas d'atrocités criminelles. Nous soutenons les positions des groupes G4 et L69 sur la réforme du Conseil et nous réaffirmons notre soutien à la candidature de l'Inde concernant un siège permanent au vu de son rôle constructif dans les affaires mondiales. Monsieur le Président Maurice se félicite du recours croissant à la Cour internationale de justice en tant que mécanisme pour le règlement pacifique des différends et pour statuer sur des questions relevant du droit international. Nous appelons les États membres qui ne l'ont pas encore fait à accepter la compétence obligatoire de la CIJ. Nous saluons l'avis consultatif unanime et phare de la CIJ s'agissant de l'obligation des États Concernant les changements climatiques, ça a été le fruit d'un travail de plaidoyer déployé sans relâche par Vanuatu et un groupe restreint d'États dont Maurice est fier de faire partie. Nous appelons à la pleine mise en œuvre de l'avis consultatif, y compris par les mesures de suivi demandées par cette Assemblée, conformément à la résolution de l'Assemblée générale du 20 mai 2026 se félicitant de l'avis consultatif de la CIJ. concernant l'obligation des États en lien avec le changement climatique. Nous soutenons également le principe juridique réaffirmé par la CIJ, selon lequel les États n'ont aucune obligation de mettre à jour leur zone ou ligne des références maritimes pour prendre en compte l'élévation du niveau de la mer provoquée par le changement climatique. Maurice appelle à ce que le statut d'État et la souveraineté ne soient pas modifiés par l'élévation du niveau de la mer. Il faut que ce principe soit codifié de manière formelle. Monsieur le Président, l'eau est en première ligne de la crise climatique. L'eau est la source de préoccupation mondiale principale et Maurice se félicite de la tenue de la conférence sur l'eau en décembre de cette année. Nous attendons avec intérêt que cette question cruciale au plan mondial soit traitée par la communauté internationale de manière urgente. Nous appelons également à renforcer et rendre plus accessible et prévisible le financement de l'action climatique, avec en outre un renforcement des capacités complet et une gestion des risques de catastrophes pour les plus vulnérables. Je souhaite également relever que Maurice procède aujourd'hui à un exercice d'examen constitutionnel afin de fournir une protection constitutionnelle aux droits de la nature. Monsieur le Président, la crise du financement de développement s'aggrave. Les financements à des conditions favorables pour les pays en développement sont en déclin, justement parce que les besoins augmentent. La sortie du statut de PMA pour certains pays, y compris les PEID, pourrait être encouragée et soutenue et ne devrait pas limiter l'accès aux financements. Aborda Maurice appelle à examiner les critères d'accès aux financements à des conditions favorables afin de prendre en compte la vulnérabilité plutôt que les revenus par habitant. Nous appelons également au renforcement du système commercial multilatéral fondé sur le droit. Nous appelons également à mettre en place des mécanismes justes, transparents et équitables pour le règlement des différends commerciaux. Monsieur le Président, l'évolution rapide des technologies numériques et émergentes, y compris l'intelligence artificielle, bouleverse déjà les sphères économiques, sociales et institutionnelles de par le monde. Nous soutenons la résolution de l'Assemblée générale établissant le dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle et nous nous félicitons du travail réalisé par le groupe de travail scientifique international indépendant sur l'intelligence artificielle. Pour Maurice, l'innovation numérique est un impératif de développement. Nous avons lancé, avec le soutien de l'ONU, une stratégie nationale en matière d'intelligence artificielle et une stratégie en matière de technologies financières. Nous avons besoin d'un dialogue ouvert, transparent et inclusif sur la gouvernance des nouvelles technologies qui garantissent que les bénéfices des progrès technologiques soient répartis de manière équitable et que les risques soient gérés collectivement. En tant qu'État côtier, avec une zone économique exclusive de 2,2 millions de kilomètres carrés, c'est-à-dire plus de 1 000 fois notre masse terrestre. Maurice a un lien profond avec l'océan. Nous réaffirmons notre attachement indéfectible à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui est le cadre juridique qui régit toutes les activités dans les océans, y compris les fonds marins et le sous-sol, au-delà de la juridiction nationale. Nous nous félicitons des décisions de la Commission sur les limites du plateau continental, qui approuve la demande de Maurice en décembre 2008 et qui a approuvé en mars 2011, ainsi que la deuxième demande proposée, faite en mai 2009 et approuvée en juillet 2026. Nous nous félicitons de la 100e ratification de l'accord BBNJ et nous appelons à sa mise en œuvre rapide et efficace. Nous attendons avec intérêt la première conférence des parties à cet accord pour faire avancer les mécanismes institutionnels, financiers et de procédures nécessaires pour la mise en œuvre effective de l'accord.
La collaboration est un élément sine qua non d'une sécurité maritime qui fonctionne, de la surveillance maritime et des connaissances du domaine. Nous appelons la communauté internationale à soutenir les initiatives régionales et sous-régionales en la matière. Je suis ravi de vous informer que Maurice, soutenu par l'Union européenne et la Commission de l'océan Indien, organisera une conférence ministérielle sur la cybercriminalité et la sécurité des câbles marins dans l'océan Indien occidental lors du premier trimestre 2027. Monsieur le Président, Maurice se félicite des événements majeurs en Afrique permettant davantage d'intégration et une mise en commun de ressources, surtout s'agissant du renforcement des capacités. À cet égard, Maurice a saisi l'ONU pour promouvoir des cadres réglementaires renforcés dans les pays en développement, notamment grâce à une mise en commun des ressources. Maurice attache une grande importance à l'élimination de toutes les formes de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie. Nous nous félicitons de la tenue de la réunion de haut niveau sur le sujet et réaffirmons notre attachement à la Décennie internationale pour les personnes d'ascendance africaine. Maurice est très attaché à soutenir la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et à la Déclaration de Beijing et sa Plateforme d'action. Cette année, Maurice a adopté une nouvelle législation afin de promouvoir encore davantage la protection des droits des femmes. Monsieur le Président, nous sommes vivement préoccupés par les effets des conflits régionaux et de l'instabilité sur le développement, la croissance économique, la sécurité alimentaire et la réalisation des ODD. La crise dans laquelle le Golfe est plongé et les menaces pesant sur la liberté de navigation ont envoyé des ondes de choc dans toute l'économie mondiale. Et pour des petites économies ouvertes comme Maurice, qui dépend des chenaux de commerce maritime pour 90 % de nos importations énergétiques primaires et pour plus de 70 % de notre approvisionnement en alimentation, les effets frappent plus dur qu'ailleurs. Nous appelons à la retenue, au dialogue et à un règlement diplomatique durable. Au sujet de la Palestine, Maurice réaffirme sa position de principe depuis très longtemps. Nous soutenons le droit inaliénable du peuple palestinien à disposer de lui-même et son droit à un État indépendant, souverain, avec Jérusalem en tant que capitale, vivant dans la paix et la sécurité, côte à côte avec ses voisins. Nous devons mettre fin à cette spirale de la violence. Trop de personnes ont souffert pendant trop longtemps. Nous notons avec une vive préoccupation l'établissement de colonies illicites qui pourraient être un obstacle insurmontable à la paix. Monsieur le Président, je voudrais aborder une question qui ne peut en aucun cas être négociée pour Maurice. Il est question de notre souveraineté sur les îles Chagos. L'accord sur l'archipel des Chagos, signé par Maurice et le Royaume-Uni en mai 2025, prouve prouve que La confiance en le multilatéralisme et les organes judiciaires de l'ONU peut permettre un règlement pacifique des différends et peut permettre la décolonisation d'une nation et a permis de restaurer le droit des Mauriciens d'origine Chagos grâce au droit. La confiance dans notre région et entre nos voisins est renforcée lorsque L'on respecte l'état de droit, les résolutions de l'ONU, de l'Assemblée générale, les décisions du Tribunal international sur le droit de la mer et l'avis consultatif de la CIJ sur l'archipel des Chagos, qui s'accompagnent d'obligations d'autorité. Nous espérons que les États qui ont jeté les fondements du nouvel ordre juridique d'après-guerre respecteront pleinement le droit international et rectifieront cette injustice historique sans plus attendre. Comme monsieur William Edward Glaston, premier ministre britannique à quatre reprises et grand défenseur, défenseur plutôt de la paix de la liberté, il a dit lorsque justice n'est pas rendue, la justice n'est donnée à personne.
Il de Tremblay fait partie intégrante du territoire de la République de Maurice. Nous avons constamment maintenu notre position concernant la souveraineté de la République de Maurice sur cette île. Nous réitérons notre appel à la France à s'engager de manière constructive en vue du règlement du différend relatif à l'île de Tromelin, dans l'esprit d'amitié qui caractérise les relations entre nos deux pays.
Monsieur le Président, Maurice compte bien honorer les promesses faites au sommet social de Douala l'année dernière. Et les services de santé sont sans doute le secteur où les promesses en matière de protection sociale sont les plus concrètes. Les maladies non transmissibles et le vieillissement de la population représentent des pressions constantes sur le système sanitaire. Partant, nous renforçons les soins de santé grâce à de grands investissements, en améliorant la fourniture de services, en multipliant les soins spécialisés, en se concentrant davantage sur la prévention. Maurice continuera à fournir des soins de santé publique gratuits de qualité à chaque citoyen, à chaque citoyenne. Et dès lors, nous nous félicitons de la tenue de la réunion de haut niveau 2027 sur la couverture sanitaire universelle et Maurice sera prêt à contribuer à cet effort mondial. Et la réunion de haut niveau sur la prévention des pandémies, sur la préparation et la riposte a eu lieu alors que nous sommes à la croisée des chemins. Et qui dit croiser des chemins dit action, pas uniquement attention. Maurice soutient la conclusion des termes du partage des bienfaits garantissant aux pays vulnérables un accès réel à des médicaments de qualité, sûres, abordables, efficaces, notamment des médicaments génériques, des vaccins, des moyens diagnostiques et des technologies sanitaires de pointe. Il est crucial d'améliorer l'éligibilité pour le financement de la lutte contre les pandémies, notamment avec le Fonds pandémie, pour les incorporer dans l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle. Maurice se félicite aussi des initiatives sur la sécurité routière, une question à laquelle nous attachons la plus haute importance et qui est en fin de compte une épidémie de l'ombre silencieuse qui continue à faire beaucoup trop de victimes. surtout dans les pays en développement. Nous appelons à ce que la communauté internationale prête une attention accrue à ce dossier critique et investisse davantage de ressources..
À un tournant décisif dans l'histoire des Nations unies. L'organisation fait face à des défis majeurs, tant sur le plan interne que sur le plan externe. En interne, le processus engagé par le secrétaire général pour réactualiser la structure administrative et financière de l'Organisation, pour permettre à notre Organisation d'être mieux équipée pour relever les défis futurs. Sur le plan externe, le rôle et les fonctions de l'Organisation, ainsi que la composition de ses principaux organes, sont remis en question et sont appelés à être redéfinis. La volonté affichée par la communauté internationale après la guerre de se doter d'un instrument de collaboration en vue d'instaurer un nouvel ordre mondial est toujours présente. Le fait que le nombre d'acteurs ait plus que triplé durant les huit dernières décennies reflète un engagement encore plus grand et plus diversifié qu'au moment de la création de l'ONU. Nous sommes confiants que la communauté internationale, dont environ la moitié est composée de jeunes qui aspirent à protéger la planète, à mieux partager les richesses et à utiliser les nouvelles technologies à bon escient, saura relever les nouveaux défis. Nous renouvelons notre attachement au multilatéralisme aussi bien que notre confiance dans sa capacité à répondre aux attentes des peuples. Je vous remercie, monsieur le président.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et du Commerce international de Maurice de son intervention. Et je donne la parole à son excellence, Abdelmajid Abdelhaim Mahamat, ministre de la Santé publique et de la Prévention du Tchad.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, distingués délégués, Mesdames, Messieurs, Le maréchal du Tchad, Mahamad Idriss Déby Itno, Président de la République, chef de l'État, qui, en raison d'un impératif d'agenda national, m'a fait l'honneur de le représenter et vous livrer son message à cette auguste Assemblée. Monsieur le Président, votre élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale de notre organisation commune témoigne de la confiance que la communauté internationale place en vous et en votre leadership. Soyez assurés du plein soutien de la République du Tchad dans la mise en œuvre de votre mandat. Je tiens également à remercier Madame Alhéléla, Présidente sortante de l'Assemblée générale, pour la conduite brillante des travaux de la 81e session ordinaire. Au moment où il s'apprête de quitter la tête de notre organisation, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de rendre un vibrant et appuyé hommage au Secrétaire général, M. Antonio Guterres, dont le leadership et l'engagement constant en faveur de la paix, de la prévention des conflits et du multilatéralisme méritent notre reconnaissance et respect. Le Tchad, lui, s'égare de l'attention constante qu'il porte aux défis auxquels notre pays, le bassin du lac Tchad et l'Afrique centrale sont confrontés. Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs, nous sommes réunis aujourd'hui à un moment particulier de l'histoire de notre Organisation, au moment où l'ONU débat de réformes essentielles, alors que le multilatéralisme se trouve à la croisée des chemins. Le thème de cette 91e session, « Rétablir la confiance et gérer la transformation », est une thématique pertinente. Il résume les attentes des États membres et des peuples du monde dans leur diversité vis-à-vis de l'ONU. Chaque année, nous adaptons de nouvelles résolutions et nous réaffirmons nos engagements. Chaque année, nous renouvelons notre foi dans le multilatéralisme. Pourtant, les conflits persistent, des peuples attendent encore justice, des générations grandissent toujours sous le bruit des armes. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, la réforme du Conseil de sécurité illustre à elle seule cette situation et cette crise de confiance. Depuis des décennies, les positions sont connues, les appels se succèdent et les consultations se multiplient, mais les avancées demeurent toujours insuffisantes. Le Tchad réaffirme à cet égard son soutien total à la position africaine commune, telle qu'articulée dans le consensus des 11 mini et la déclaration de Syrte reprise dans le modèle africain de réforme du Conseil de sécurité, présenté en avril dernier par la CRLM du Comité des 10 de l'Union africaine. Excellence, Mesdames et Messieurs, le Tchad estime que les difficultés du multilatéralisme viennent en partie du cynisme des plus forts et la politique des deux poids, deux mesures. Mon pays reste attaché à un multilatéralisme fondé sur la Charte des Nations unies, l'égalité souveraine des Etats, le respect de leur indépendance, la coopération et la solidarité internationales. C'est ainsi que le gouvernement de la République du Tchad a informé le 27 juillet 2026 le secrétaire général des Nations unies en tant que dépositaire de sa décision souveraine et irrévocable de se retirer du statut de Rome de la Cour pénale internationale cette décision fait suite à une réflexion approfondie sur le fonctionnement de la cour depuis son entrée en activité 2002 en effet Les données fournies par la Cour et les leçons qu'on en tire montrent que dans de nombreux États et auprès de leurs populations, on perçoit une concentration durable de l'activité judiciaire de la Cour sur les pays en développement et plus particulièrement sur le continent africain, devenu la cible d'une instrumentalisation politique. Je vais être parfaitement clair ici. Ce choix ne constitue ni un renoncement à nos responsabilités, ni un refuge contre la justice, encore moins une quelconque complaisance à l'égard de l'impunité. Nous continuerons de renforcer nos juridictions nationales et de soutenir les mécanismes africains crédibles, indépendants et efficaces, capables de protéger les victimes et de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves. Excellence, Mesdames et Messieurs, sur le plan national, par la grâce de Dieu et grâce à la maturité de son peuple, le Tchad reste un pays de paix, de stabilité, malgré les nombreux défis intérieurs et les crises qui menacent ses frontières. Le Président de la République, le maréchal du Tchad, Mahamadou Idrissa Déby en sa qualité de garant des institutions de la République, reste déterminé à préserver la paix civile, à consolider la cohésion nationale et à créer des conditions d'un développement durable et partagé. Excellence, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, les pays du Sud subissent de plein fouet les effets de la dérégulation climatique. Le lac Tchad en est l'un des symboles les plus saisissants. Sa fragilité affecte directement les moyens de subsistance de dizaines de millions de personnes. Nous appelons donc les pays développés à honorer leurs engagements en matière de financement de l'adaptation, de résilience, de pertes, de dommages et de transfert de technologies. Monsieur le Président, l'ambition forte que mon pays porte pour son développement ne peut se réaliser sans paix. ni stabilité et sécurité dans notre région, mais également dans le monde. La situation sécuritaire au Sahel et dans le bassin du lac Tchad exige notre attention permanente. Le groupe terroriste dans le bassin du lac Tchad, même affaibli, continue d'endetter nos pays. S'agissant de la Libye, Le Tchad se réjouit de la relance du dialogue engagé sous l'égide de la représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU, en espérant un règlement prompt des différends. En République centrafricaine, le Tchad a œuvré avec discrétion et constance à la médiation qui a permis, le 19 avril 2025, la signature d'un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement centrafricain et deux des principaux groupes armés du pays. Plus récemment, en Haïti, le Tchad a répondu à l'appel de notre Organisation. Nous avons décidé de déployer 1 500 militaires au sein de la Force de répression des gangs, autorisée par le Conseil de sécurité, soit près d'un quart de l'effectif total prévu. Par cette vision constante, depuis des années, le Tchad demeure l'un des principaux contributeurs africains de troupes aux opérations de maintien de la paix dans le monde. Excellence, Mesdames et Messieurs, cette solidarité que nous portons vers l'extérieur, nous la vivons aussi chaque jour à l'intérieur de nos propres frontières. Depuis avril 2023, Plus d'un million de réfugiés soudanais ont franchi notre frontière orientale, fuyant un conflit meurtrier. Avec des déplacés d'autres crises régionales, mon pays accueille aujourd'hui plus de 2 millions de personnes déplacées de force. Une personne sur 17 sur le territoire de mon pays est aujourd'hui un réfugié. Depuis cette tribune, Je voudrais rappeler et réaffirmer solennellement la position du Tchad face au conflit soudanais. Notre pays observe depuis le premier jour de cette guerre une neutralité stricte, absolue et inchangée. Permettez-moi de le redire avec fermeté. Mon pays ne soutient aucune des parties au conflit soudanais et n'autorise en aucune manière l'utilisation de son territoire ou de ses infrastructures à leur profit. Le Tchad réaffirme son attachement à la paix au Soudan et son soutien à toutes les initiatives, y compris celles de QUAT et du QUANTEC, visant à instaurer un cessez-le-feu et à promouvoir le dialogue entre les deux belligérants. Excellences, Mesdames et Messieurs, Je ne peux, à cette occasion, passer sous silence la gravité de ce qui touche directement notre souveraineté. Ces derniers jours, la province de l'Ennedi Est, sur notre territoire national, a été le théâtre de frappes aériennes liées au conflit soudanais. Le Tchad condamne avec la plus grande fermeté ces nouvelles incursions qui constitue une violation inacceptable de son intégrité territoriale. Et il se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, conformément au droit international, pour protéger sa population et sa souveraineté en cas de récidive. Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, je voudrais également, depuis cette tribune, dire la préoccupation de mon pays face à la crise qui secoue la région du Golfe et ses répercussions sur l'économie mondiale. Fidèle aux principes de la Charte, le Tchad rejette tout acte d'agression dirigé contre un État souverain et condamne, à ce titre, les attaques aériennes menées contre la République islamique d'Iran. Dans le même élan, Le Tchad condamne fermement les attaques iraniennes contre les pays frères de coopération du Golfe et la Jordanie, ainsi que l'attaque au drone depuis le 29 juillet dernier dans le port égyptien de Damiette. Nous appelons toutes les parties à la retenue et au dialogue. Concernant le Proche-Orient, le Tchad demeure profondément préoccupé par la poursuite de la violence et la détresse humanitaire à Gaza. Fidèle à sa position toujours constante, mon pays réitère son attachement indéfectible au droit du peuple palestinien à disposer de son propre État dans les territoires de 1967, aux côtés d'un État d'Israël vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Comme chaque année, à pareille occasion, nous appelons une fois encore à la levée de l'embargo économique et commercial imposé à Cuba et à son peuple. Messieurs les présidents, excellences, mesdames et messieurs, le thème « Rétablir la confiance et gérer la transformation » exige d'abord de la cohérence. entre ce que nous proclamons ici et ce que nous faisons lorsque le micro s'éteint. Le choix que le Tchad assume, les responsabilités qu'il prend et les sacrifices qu'il consent procèdent de la conviction que le multilatéralisme n'a d'avenir que s'il sait se réformer, corriger ses déséquilibres et appliquer à tous les mêmes principes. Le Tchad reste profondément attaché aux idéaux qui ont présidé à la création des Nations Unies. Malgré les déceptions, nous croyons toujours à la force du droit contre le droit de la force. Nous croyons à une organisation plus représentative du monde tel qu'il est et plus efficace dans son action, réellement au service de tous. Vive la coopération internationale. Vive le Tchad. Je vous remercie.
Je remercie le ministre de la Santé publique et de la Prévention du Tchad de son allocution. Et je donne la parole à Son Excellence Espen Barth Eide, ministre des Affaires.
Étrangères de la Norvège.
Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître, et c'est dans ce monde que surgissent les monstres, Excellence, Mesdames et Messieurs. Ces mots, nous les devons au philosophe italien, Eatalio Gramsci, des mots qu'il a écrits dans l'une des cellules, dans une cellule de Mussolini dans les années 30. Il faisait référence au phénomène politique, social et idéologique de son époque.
Gramsci a décrit une période de transition, d'insécurité et d'un effondrement des hégémonies. Il avait raison de s'en préoccuper. Son ère s'est conclue avec la plus grande des catastrophes de la Seconde Guerre mondiale. L'ONU a été créée par des dirigeants et dirigeantes qui avaient traversé deux guerres mondiales, un effondrement économique dévastateur et la montée du fascisme et du nazisme. Ils avaient vu de leurs yeux que lorsque la coopération internationale échoue, Nous parvenons à des guerres, des conflits et toutes les nations souffrent. Et nous vivons aussi dans une période turbulente. Et au moment où nous en avons particulièrement besoin, l'ONU se heurte aux défis les plus immenses qui soient. On observe une érosion du respect du droit international, une perte de confiance quant aux bienfaits de la coopération, des bienfaits du financement, de l'efficacité. Autant de symptômes de la même maladie. Une croyance selon laquelle la force l'emporte sur les principes. Une tentation d'obtenir un avantage national au détriment des règles communes. Mais l'histoire nous enseigne plusieurs règles. Lorsque les règles sont sapées, l'instabilité croît. Lorsque la coopération est affaiblie, l'instabilité se propage des plus petits pays comme le mien et la majorité de cette Assemblée sont particulièrement dépendants de règles internationales communes. Mais nous le savons aussi, tous les États finissent par souffrir lorsque une violence générale se propage, et les guerres ont des effets partout dans le monde. et je suis ici pour vous présenter un message. Nous honorons la Charte de l'ONU, mais nous sommes prêts à prendre des décisions difficiles. La réforme est nécessaire, non pas parce que l'ONU a échoué, mais parce que l'ONU est importante. Monsieur le Président, aujourd'hui, l'ONU traverse une crise triple. Une crise normative, une crise financière et une crise institutionnelle. Et avant toute chose, la crise normative. Les règles fondamentales qui protègent l'intégrité des États souverains et qui prohibent le recours à la force, si ce n'est en légitime défense, sont menacées. Le nombre de guerres est élevé, trop élevé. Plus important encore, le nombre de guerres entre États est à son plus haut depuis la création de l'ONU. Et pourtant, c'était l'objectif premier de la création de l'organisation, c'est-à-dire préserver les générations futures du fléau de la guerre. Le droit international, ce n'est pas de la charité pour les faibles. C'est un investissement tout à fait commun dans un système qui réduit les risques, les frictions et les coûts pour tout le monde, notamment pour les grandes puissances.
Prenons l'exemple de la liberté de navigation. C'est un principe de longue date consacré dans la Convention sur le droit de la mer. Et ce principe bénéficie à tous les États. Le détroit d'Ormuz nous montre pourquoi. La fermeture de ce détroit augmente les cours de l'énergie, perturbe les chaînes d'approvisionnement et entrave la croissance, et non pas seulement dans la région. Cela concerne le cours de l'essence à Minneapolis ou encore à Oslo, au Cap ou à Mumbai. Le droit international, ce n'est pas un menu où nous pouvons choisir ce qui nous plaît. Non, il faut respecter le droit international dans son ensemble. Lorsque nous condamnons la violation du droit international de la Russie en Ukraine, il faut également condamner les violations commises par Israël en Palestine. Le droit international n'a de sens que si nous le faisons respecter. Il n'y a pas d'alternative à la solution à deux États. À l'occasion de cette Assemblée générale, il y a eu un nombre inédit de réunions portant sur la Palestine. Il n'y a jamais eu autant de soutien pour un État palestinien et pourtant la situation sur le terrain est pire, plus grave que jamais auparavant. Nous devons donc agir, faire preuve de clarté morale et veiller à ce que l'année à venir soit l'année de la mise en œuvre. Voilà le message que je souhaite transmettre. Nous devons appliquer le droit international à tous les peuples, à toutes les régions, à chaque moment. C'est la seule façon de pouvoir véritablement affirmer que ce sont des règles universelles. Le deux poids, deux mesures provoque l'effondrement de toutes les normes. Deuxièmement, l'ONU fait face à une crise financière. Les plus grands bailleurs de fonds ne paient pas ou retardent leurs paiements. Il y a des guerres, des préoccupations sécuritaires qui signifie que beaucoup de ressources ne sont pas consacrées aux objectifs de développement durable. Et lorsque les ressources sont disponibles, trop souvent, elles s'accompagnent de conditions trop strictes. Et donc, les bailleurs de fonds doivent fournir un financement plus souple et moins fléché ou pré-affecté. La Norvège est l'un des plus grands bailleurs de fonds de l'ONU, l'un des dix plus grands. Nous allons donc utiliser notre financement pour soutenir et promouvoir les réformes, car nous pensons qu'il faut investir dans l'ONU. Nous avons besoin de mettre en œuvre de façon constructive la réforme ONU 80. C'est essentiel pour l'avenir de l'Organisation. Ce sera un facteur essentiel pour évaluer nos contributions volontaires futures pour les agences, les fonds et les programmes de l'ONU. Troisièmement, l'ONU fait face à une crise institutionnelle. Je suis un fervent partisan de cette Organisation, mais je sais également que, au fil du temps, nous avons exacerbé la complexité de cette Organisation des Nations Unies. Trop souvent, lorsque nous avons identifié un nouveau défi ou lorsqu'une nouvelle idée a émergé, nous avons créé une nouvelle agence, une nouvelle convention, un fonds ou un programme pour s'en saisir. Et ensuite, cela signifie créer un secrétariat, recruter du personnel, mobiliser des ressources. Et sur le terrain, les pays en développement accueillent en moyenne 23 différentes organisations des Nations Unies. Dans les pays les plus vulnérables, Encore plus. Nous avons également 10 organes des traités des droits humains, 11 secrétariats pour les traités environnementaux mondiaux. Je rends hommage au personnel qui travaille avec sérieux et dévouement pour nous représenter aux quatre coins du monde, parfois dans des régions très difficiles. Mais ceux qui tiennent à l'ONU doivent se demander: est-ce que cela contribue à plus de résultats ou est-ce que cela exacerbe la fragmentation et crée des doublons? L'ONU découle sa légitimité de l'égalité souveraine des États. Et pourtant, beaucoup d'États membres peinent à participer à l'organisation. Nous devons donc simplifier les choses, travailler de façon ciblée, améliorer notre capacité à agir de façon unie pour un plus fort impact sur le terrain. Nous autres, les États membres, devons donner des instructions au Secrétaire général afin de mettre en œuvre cette réforme. Et parfois, cela signifie qu'il faut dire des choses qui ne sont pas faciles à entendre. Monsieur le Président, le coût de la guerre nous affecte tous. Les chaînes d'approvisionnement de céréales, d'engrais ont été perturbées par la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela sape la sécurité alimentaire. Cette guerre et le conflit dans le détroit d'Ormuz nous montrent que lorsque nous appliquons la loi des plus forts, tout le monde paye le prix. Souvent, les conséquences de la guerre viennent hanter l'agresseur, ce qui est décrit par le président Poutine comme opération militaire spéciale, qui était censée durer quelques semaines, voire même quelques jours, dure désormais depuis plus de 4 ans. Idem pour ce qui est de la guerre dans le Golfe, il n'y a aucune issue en vue. Ces deux guerres nous rappellent quelles sont les limites de la puissance militaire. L'action militaire n'est jamais une fin en soi. Clausewitz a présenté la guerre comme étant la continuation de la politique par d'autres moyens. Et bien, si les objectifs politiques de la guerre ne peuvent pas être atteints, eh bien, la guerre n'est plus nécessaire et se résume à des morts, de la destruction, des pertes et, pour être honnête, une démonstration de faiblesse. C'est un fort argument en faveur de la prévention, de la médiation, de la consolidation de la paix. La diplomatie peut fonctionner, mais nous devons permettre à la diplomatie de fonctionner. Et nous l'avons vu, d'ailleurs, cette semaine. Il y a eu un accord entre notre pays voisin, le Danemark, le Groenland et les États-Unis, ce qui montre ce que peut faire la bonne diplomatie lorsque cela aboutit à des solutions durables qui tiennent compte des intérêts des parties tout en respectant les droits souverains. Chers collègues, nous devons continuer à travailler afin de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'impunité pour ceux qui commettent les plus graves crimes internationaux. La Cour pénale internationale et d'ailleurs l'une des meilleures façons d'atteindre cet objectif noble. À l'instar d'autres pays qui partagent notre point de vue, nous allons renforcer notre détermination à défendre et à faire avancer la Cour pénale internationale. Nous rejetons de façon catégorique les appels en faveur du démantèlement de la CPI. Monsieur le Président. Nous faisons face donc à une crise triple, et ce n'est ni plus ni moins qu'une crise existentielle pour l'ONU. Mais fort heureusement, pour relever la menace, nous avons des propositions concrètes de réforme, à savoir l'initiative ONU 80. Cette initiative ONU 80 doit nous permettre de bâtir une organisation plus forte, plus robuste. Nous soutenons les objectifs ambitieux qui ont été fixés par le Secrétaire général. Nous soutenons les propositions dans le cadre de tous les axes de travail, y compris les changements structurels. Et d'ailleurs, le processus ONU 80 a déjà porté ses fruits. La résolution sur le mandat jette les bases de meilleures décisions conjointes. Nous sommes convenus du fait qu'il faut rationaliser les mandats, optimiser les rapports et organiser notre travail pour permettre une plus grande participation et une participation plus efficace. Et nous sommes fiers d'y contribuer. Mais nous devons également mettre en œuvre des changements structurels. Nous devons générer des résultats ensemble. Il y a en effet des chevauchements entre certaines organisations. Pour être honnête, il faudrait que ces organisations soient fusionnées. Il en va de notre intérêt commun. Hélas, trop souvent, les États membres ont des intérêts particuliers, participent à des bras de fer d'une certaine façon et se mettent à craindre le changement. Soyons clairs, la réforme ne fonctionnera pas si nous continuons encore et encore à protéger le statu quo. N'oublions pas que cette organisation nous appartient à nous, les États membres, elle n'appartient pas au secrétariat et cela s'accompagne de responsabilités. Le processus ONU 80 doit continuer après la désignation du nouveau, de la nouvelle secrétaire générale. Il faut que cette initiative réussisse. Pour qu'une organisation de 193 États fonctionne, nous avons besoin d'un secrétaire général ou d'une secrétaire générale indépendant qui plaide en faveur des principes de la Charte de l'ONU avec intégrité et autorité. Nous vivons à une époque de tensions géopolitiques et donc la fonction des bons offices du secrétaire général ou de la secrétaire générale est plus importante que jamais. Le prochain ou la prochaine secrétaire général fera face à une tâche titanesque, à savoir nous aider à la tête de l'ONU à sortir des crises actuelles. Cette personne, elle, doit être à mesure de bâtir la confiance, de mettre en œuvre nos décisions, de diriger les réformes, d'améliorer l'efficacité. Pour véritablement réformer cette organisation, nous devons réfléchir à la composition et au fonctionnement du Conseil de sécurité. La majorité des États membres sont d'accord avec cela. L'absence de l'Afrique parmi les sièges permanents du Conseil est un exemple édifiant, et il y en a d'autres. Il faut améliorer la légitimité sans pour autant porter atteinte à l'efficacité. Le Conseil de sécurité doit être un organe ouvert, transparent, qui rend compte de ses actes dans le cadre des délibérations. Il doit être légitime et efficace, c'est-à-dire un Conseil à même d'agir de façon décisive. Monsieur le Président, les défis que nous devons relever sont donc nombreux. Il y a bien entendu les guerres et les tensions géopolitiques qui font la une des journaux. Mais ne perdons pas de vue notre responsabilité partagée la plus importante, à savoir prendre soin de la planète, car nous en dépendons tous. Le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution répandue menace la vie. les biens matériels et la prospérité aux quatre coins de la planète. Les inondations catastrophiques qui ont frappé la région des Himalayas le mois dernier constituent un autre exemple qui nous rappelle brutalement les risques associés au changement climatique. La bonne nouvelle, c'est que réduire les émissions, mieux gérer les ressources naturelles, c'est possible. Nous avons déjà les connaissances et les technologies nécessaires pour opérer cette transition. Ces technologies, d'ailleurs, sont de plus en plus compétitives sur le plan économique. J'en veux pour preuve la diminution rapide du coût des énergies renouvelables. Mais cela ne fonctionnera que si nous coopérons. Nous ne pouvons pas, en effet, protéger avec des murs notre propre climat, notre biosphère. Nous ne pouvons pas gérer les océans seuls, sans les autres pays. Monsieur le Président, nous vivons également à l'ère de l'intelligence artificielle, comme l'a dit le secrétaire général dans son discours. Le danger, ce n'est pas la technologie. Ou plutôt, le danger, c'est une technologie sans responsabilité. Je suis d'accord, chers collègues, nous ne devrions pas paniquer, mais nous devons agir de façon déterminée. Une telle évolution de la situation n'est pas inéluctable. L'intelligence artificielle, ce sont les êtres humains qui la développent et donc il faut qu'il y ait toujours un contrôle de la part des êtres humains. L'intelligence artificielle fait désormais partie intégrante de nos infrastructures, de tous les aspects de la vie, de la société, de l'économie. Et comme nous l'avons fait tant de fois par le passé, nous devons tirer pleinement parti des bienfaits des technologies émergentes tout en endiguant le potentiel le plus sombre de ces technologies. Cette semaine, la Finlande et la Norvège lancent un appel aux entreprises, aux gouvernements et à l'ONU pour que nous coopérions pour une bonne gestion des opportunités et des risques associés à l'IA. Il faut défendre les valeurs humaines essentielles et l'idée n'est pas seulement de réguler les technologies. Cela fait des décennies qu'il y a une croissance, ou plutôt pendant des décennies, il y a une croissance de la gouvernance démocratique, du respect de l'État de droit et des droits humains. Hélas, cette tendance s'inverse désormais. Il y a une régression, une polarisation, un affaiblissement des démocraties et tout cela menaces, les réalisations passées. Il y a le creusement des inégalités économiques qui exacerbe ce phénomène. Et nous devons prendre très au sérieux cette régression de l'État démocratique. Nous pouvons penser que ce sont des préoccupations nationales, mais nous savons que le comportement des États à l'échelle internationale a une incidence sur les politiques à l'échelle nationale. Le sentiment autoritaire dans les États membres, cela va avoir une incidence sur notre capacité à relever les défis communs. Monsieur le Président, l'ONU constitue l'une des plus grandes réalisations de l'humanité, non pas parce que l'ONU a permis de créer un monde parfait, non, cela n'a pas été le cas, mais l'ONU nous a. permis d'éviter un destin bien plus grave. Pendant huit décennies, l'ONU a permis aux États de négocier plutôt que de se battre, de coopérer plutôt que de s'affronter, de bâtir des règles plutôt que de céder à la force brute. Aujourd'hui, le monde est plus sûr, plus prospère et plus juste. Pourquoi? Parce que l'ONU existe. Les fondateurs de l'ONU avaient été témoins de deux guerres mondiales, d'un effondrement économique mondial. Ils savaient, ou plutôt ils connaissaient quelque chose que nous ne devrions jamais oublier, à savoir que lorsque la loi cède la place à la force, tout le monde perd. Lorsque la coopération s'effondre, tout le monde perd. Lorsque les institutions échouent, ce qui suit, c'est le chaos. Les fondateurs n'ont pas bâti l'ONU car ils pensaient que l'humanité était parfaite. Non, précisément parce qu'ils comprenaient bien que l'humanité ne l'est pas. Ils l'ont construit car ils savaient que sans règles, sans dialogue, sans coopération, l'histoire a tendance à se répéter, surtout ses chapitres les plus sombres. La responsabilité est désormais la nôtre et non pas seulement celle des secrétaires généraux. C'est notre responsabilité. L'ONU appartient en effet aux États membres. C'est à nous de décider si l'ONU va réussir ou échouer, à nous de décider si les réformes vont porter les fruits ou stagner. L'heure n'est plus aux rapports, l'heure est à l'action. À nous d'affronter les monstres de notre époque.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères de la Norvège. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, Carlos Ramiro Martínez Alvarado, ministre des Affaires étrangères du Guatemala.
Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Excellence, Mesdames et Messieurs, le système international qui régit nos relations depuis des décennies, ce système connaît une profonde transformation. Les conflits, les tensions géopolitiques, la réduction des ressources pour le développement, la fragmentation des espaces de dialogue, tout cela met en péril les principes qui ont guidé, ou plutôt qui ont régi la
entre les nations. En outre, la démocratie fait face à deux défis. Il y a la résurgence des tendances autoritaires qui souhaitent affaiblir la volonté populaire et, par ailleurs, il y a la propagation des réseaux criminels qui s'infiltrent dans les institutions, qui corrompent les systèmes judiciaires, qui prennent en otage les économies et les territoires et qui sapent la confiance des citoyens. Le crime organisé transnational, ce n'est pas seulement une menace pour la sécurité publique. Cela menace directement la démocratie, l'État de droit, la capacité des peuples à prendre en main leur destin. Les réseaux criminels ne reconnaissent pas les frontières. Elles tissent des liens par le biais du trafic de drogue, de la traite des personnes, du trafic illicite d'armes, de la contrebande, de l'extorsion, du blanchiment d'argent, les crimes environnementaux, les économies illicites. Ces réseaux tirent parti des brèches institutionnelles, des inégalités, du manque d'opportunités. Cela affaiblit l'État. Et les réseaux criminels souhaitent remplacer l'État, intimider l'État pour répondre à leurs intérêts particuliers face à cette réalité. Nous ne devons pas perdre de vue les principes fondamentaux qui sous-tendent notre action collective. Il faut préserver la paix, combattre la faim et la pauvreté, garantir l'égalité des chances, renforcer la justice, protéger la planète, consolider les institutions démocratiques. C'est une responsabilité commune. Les ODD continuent d'être la feuille de route dont nous avons besoin. Aujourd'hui plus que jamais, alors que le droit international, le multilatéralisme et la démocratie sont menacés, nous en avons besoin. Le droit nous procure des règles communes. Le multilatéralisme nous permet, face à des problèmes communs, de trouver des solutions concertées. Et c'est grâce à la démocratie que nous veillons à ce que le pouvoir émane des populations et que le pouvoir soit mis au service de leurs intérêts. Je prends la parole au nom du Guatemala, un pays qui connaît bien l'importance de tous ces outils. Notre histoire nous a montré que la démocratie, la paix, le respect du droit ne peuvent jamais être pris pour acquis. Non, tout cela se construit collectivement et chaque génération doit préserver ses acquis. La démocratie repose sur des élections libres, des institutions légitimes, la séparation des pouvoirs, la liberté d'expression, la participation des citoyens, la transparence, la reddition des comptes. Mais la démocratie exige également des institutions indépendantes et efficaces, engagées en faveur de la constitution du droit et du mandat que leur octroient les populations. Les institutions publiques ne peuvent être mises au service des réseaux criminels, des intérêts de certains ne peuvent. Être fidèle uniquement aux intérêts d'une poignée de personnes. Non, les institutions doivent être au service des citoyens, de l'ordre constitutionnel, des intérêts démocratiques de la société. Lorsqu'une institution perd de vue cet objectif, elle perd sa légitimité et elle affaiblit la démocratie qu'elle est censée protéger. La démocratie gagne sa légitimité au quotidien lorsqu'une famille reçoit une protection face à la Pauvreté, lorsqu'un enfant peut être scolarisé, lorsqu'une femme peut vivre à l'abri de la violence, lorsqu'une une communauté sort de son isolement, lorsqu'un jeune peut trouver des débouchés sans avoir, sans avoir à émigrer. Voilà pourquoi, dans mon pays, nous sommes en train de redonner à l'État les capacités dont il a besoin. car. Pendant trop longtemps, trop de personnes dans notre pays sont restées en marge de la société. Nous avons une stratégie intitulée Main dans la main, stratégie qui porte sur la santé, l'éducation, le logement, la nutrition, le développement des communautés pour lutter contre la pauvreté. Il y a eu des pertes de récoltes en raison d'événements climatiques et. Voilà pourquoi plus de 450000 familles ont reçu une aide alimentaire. Il y a des petits producteurs qui ont eu accès à des semences, à des outils, à des intrants agricoles, à des mécanismes de d'assurance, l'éducation publique. occupe une place centrale. Plus d'un million d'étudiants ont participé à des actions qui visent à améliorer leur capacité à lire et à écrire. Nous avons créé des systèmes de bourses. Nous avons renforcé l'enseignement dans les langues nationales. Nous avons accéléré la transformation numérique de notre système scolaire. Pour ce qui est de la santé, nous avons rénové les infrastructures, renforcé les services régionaux et nous avons également travaillé sur la question des soins de santé pour les maladies chroniques et les cancers. Nous avons donc essayé d'aider les communautés qui, historiquement, ont été marginalisées. Il y a également un plan national de connectivité numérique avec quelque 383 entités publiques qui proposent désormais des services en ligne. Il y a également un système d'alerte précoce en cas de tremblement de terre, de tsunami, d'inondation et de menace volcanique. Il est essentiel que l'État recouvre sa légitimité. Cela signifie que l'État doit fournir la sécurité tout en respectant la loi. Il faut renforcer la prévention, protéger les communautés, lancer des poursuites contre les réseaux criminels. Il faut améliorer les enquêtes, améliorer la coordination institutionnelle. Il faut également faire un traçage des flux financiers qui financent les économies illicites. Le Guatemala estime que la Charte de l'ONU et le droit international doivent être notre boussole à nous tous. La souveraineté, l'intégrité territoriale des États doivent être respectées. Les différends doivent être réglés de façon pacifique. Les droits humains doivent être protégés. Le droit international humanitaire doit être respecté en toutes circonstances et les obligations internationales doivent être honorées. Le droit ne peut pas nous protéger si nous décidons de l'appliquer de façon sélective. Les institutions nationales et internationales perdent leur légitimité lorsqu'elles perdent de vue leur mandat afin de répondre à la pression d'intérêts particuliers. L'autorité de ces institutions découle de leur indépendance, de leur impartialité, de la transparence, de leur respect du droit. Il ne peut y avoir une loi pour les puissants et une autre loi pour les plus faibles. Il ne peut y avoir non plus de victimes dont nous reconnaissons la souffrance et d'autres victimes que nous décidons d'ignorer. Le droit international n'est pas une limite de nos souverainetés, c'est au contraire l'une des principales garanties de notre souveraineté. Nous sommes convaincus qu'il faut régler les différends de façon pacifique. Nous croyons dans le dialogue, la négociation, les mécanismes qui ont été prévus par le droit international. car nous savons que les différents, même les plus complexes, peuvent être et doivent être réglés par des moyens pacifiques. Et nous sommes gravement préoccupés par les conflits armés qui persistent dans différentes régions du monde. Ces conflits ont des conséquences dévastatrices pour les populations civiles. Face à cette toile de fond, Notre position repose sur les mêmes principes, à savoir: il faut respecter la Charte et le droit international, il faut protéger les civils, garantir un accès humanitaire, insister sur le dialogue et la diplomatie, des outils indispensables pour une paix juste et durable. Nous ne pouvons pas nous habituer à la guerre. Nous ne pouvons pas accepter que la violence devienne une condition permanente de notre époque. Nous ne pouvons pas accepter que des générations entières grandissent convaincus du fait que la violence et que la force sont la seule façon de régler les différents. Nous plaidons en faveur de la paix. En décembre, nous allons fêter le 30e anniversaire de la signature des accords de paix qui ont mis un terme à 36 ans de combats armés internes. Après des années de négociations, nous avons décidé de remplacer la violence des armes par le dialogue. Et nous savons d'ailleurs que la communauté internationale a un rôle essentiel à jouer, et notamment l'ONU. Notre expérience nous permet de vous faire part de notre conviction. Négocier, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, ce n'est pas renoncer à ses principes. Rechercher la paix ne signifie pas accepter l'injustice. Nous avons contribué aux opérations de maintien de la paix, plus de 6 300 Guatémaltèques Hommes et femmes ont servi sous les couleurs de l'ONU dans les opérations de maintien de la paix dans différentes régions du monde. Notre pays connaît bien le coût de la guerre. Nous devons donc assumer notre responsabilité et aider les autres à préserver la paix. Monsieur le Président, nous devons renforcer. le partage d'informations. Nous devons nous coordonner, notamment au niveau de la branche judiciaire. Il faut assurer la sécurité des frontières tout en garantissant le respect des droits humains. Nous devons protéger les ports, les réseaux routiers. En outre, nous devons travailler ensemble pour faire de la prévention. La sécurité à long terme n'est pas possible uniquement par le biais de des services de répression. Cela signifie qu'il faut travailler sur des questions telles que l'éducation, l'accès à l'emploi digne, la résilience des communautés. Il faut veiller à ce que les réseaux criminels ne puissent pas utiliser les espaces territoriaux et économiques pour recruter des jeunes pour remplacer l'État. Notre coopération régionale doit reposer sur la confiance, la responsabilité partagée. le respect de la souveraineté. Cette coopération ne doit pas être retenue en otage par des intérêts particuliers. Le changement climatique, les pandémies, le crime organisé transnational, l'insécurité alimentaire, la mobilité humaine, la transformation technologique sont autant de défis qui exigent que nous coopérions. Mon pays est l'un des pays les plus vulnérables face au changement climatique et nous savons bien que l'adaptation, la gestion des risques, la protection de l'environnement, notamment dans les zones rurales, exigent des efforts nationaux, mais également un financement et une coopération à la hauteur des défis pour générer des résultats. Défendre le multilatéralisme ne signifie pas défendre le statu quo. L'ONU doit gagner en efficacité, en représentativité, en transparence. L'ONU doit travailler au plus proche des populations. L'ONU doit utiliser ses ressources à bon escient, réduire les doublons, répondre avec plus de souplesse aux défis sans affaiblir les principes qui sous-tendent l'organisation. L'efficacité doit être renforcée et non pas l'inverse. paix, sécurité, développement durable et droits humains. On ne peut pas simplement mesurer l'efficacité en termes administratifs. Il en va également de la capacité de l'ONU de prévenir une guerre, de protéger une population menacée, de combattre la faim, d'affronter des réseaux criminels transnationaux, d'aider un État à renforcer ses institutions. L'ONU ne doit pas revoir à la baisse son ambition. L'ONU doit gagner en force notamment sa capacité à générer des résultats et à défendre les principes démocratiques. Et cette transformation concerne notamment le Conseil de sécurité. La composition du Conseil doit mieux refléter les réalités du XXIe siècle. Il faut réparer la sous-représentation historique dont souffrent des régions entières. Lorsque le veto paralyse le Conseil alors qu'il y a des graves menaces à la paix et à la sécurité internationales, eh bien, cela sape la confiance dans le système tout entier. Nous devons également prendre une décision essentielle pour l'avenir de l'organisation, à savoir désigner le ou la prochaine secrétaire général. Nous espérons que le processus sera transparent, inclusif, qu'il permettra d'identifier une personne indépendante à même d'établir des passerelles, de défendre les principes de la Charte, de mener à bien la réforme dont a besoin notre organisation. La région de l'Amérique latine et des Caraïbes est disposée à assumer sa responsabilité auprès de la communauté internationale. Le moment est venu pour une femme latino-américaine d'assumer le poste de secrétaire général des Nations unies. Excellence, Mesdames et Messieurs, chers délégués, la République du Guatemala réitère son engagement en faveur du règlement pacifique des différends et du respect du droit international. Nous nous félicitons du fait que la Cour internationale de justice et fixer la date à laquelle aura lieu une audience orale sur le différend territorial, insulaire et maritime que nous avons avec le Belize. Pour nous, ce n'est pas simplement une procédure. Avec l'annonce des dates de cette audience commence la dernière étape procédurale avant que la Cour ne rende sa décision. C'est un processus juridique qui dure depuis des années, depuis l'indépendance de notre pays, et nous attendons avec impatience que la Cour remette sa décision. Cela mettra un terme à ce différend et nous sommes convaincus que cela nous donnera de la certitude juridique et que cela jettera les bases d'un nouveau chapitre des relations entre le Guatemala et le Belize. Enfin, nous continuerons à assumer notre responsabilité, nous renforcerons les institutions démocratiques pour protéger la population. Nous lutterons avec détermination contre le crime organisé transnational, contre tous ceux qui souhaitent retenir en otage les institutions. Nous défendrons le droit international. Nous allons promouvoir des réponses régionales qui reposent sur la responsabilité partagée et nous allons miser sur une Organisation des Nations unies à même de se transformer pour honorer la promesse consacrée dans le préambule de la Charte. Nous, peuples des Nations unies, nous devons rétablir la confiance et cela dépendra de notre capacité à montrer que, même en temps d'incertitude et de division, nous sommes toujours à même de bâtir ensemble des solutions que nous ne pourrions pas trouver seuls. Je vous remercie.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Guatemala. Je donne la parole à Son Excellence Maria Malmer Stenergard, ministre des Affaires étrangères de la Suède.
Monsieur le Président, Excellence, j'aimerais vous parler de ma grand-mère, Alice. Elle a grandi dans la Suède rurale. Elle avait dix frères et sœurs, c'était la septième. Elle avait des perspectives bien différentes de celles de ses frères. Ses parents attendaient d'elle qu'elle se focalise avant tout sur la vie de famille. Mais elle était curieuse, capable. et déterminée à bâtir sa propre vie. Elle a trouvé un emploi dans une banque locale, ce qui lui a fourni un revenu, mais pas seulement, également de l'indépendance et de la confiance en elle. Et à la banque, elle a rencontré des femmes qui avaient peu ou pas d'expérience dans le domaine financier et qui étaient vulnérables lorsque les circonstances changeaient. Elle a écrit dans son journal intime et elle a parlé de certaines femmes qu'elle avait rencontrées dont certaines venaient de devenir veuves et qui venaient à la banque en pleurs parce qu'elles ne connaissaient rien des finances de leur famille. Il y a une femme qui est venue à la banque et qui avait deux clés pour des coffres sans savoir à quelle banque elles étaient rattachées. Ma grand-mère était aussi indépendante que pouvait l'être une femme à cette époque et à cet endroit, mais elle était vivement préoccupée par les conséquences que cela aurait pour les femmes qui n'étaient pas aussi indépendantes. Et pendant sa vie, elle a été témoin de progrès extraordinaires, mais deux générations plus tard, il y a bien trop de femmes qui dépendent totalement des hommes sur le plan économique. Monsieur le Président, il y a 80 ans, lorsque la Suède a rejoint l'ONU, les bases de nos sociétés modernes étaient en train d'être jetées. Dans les années 40 et 50, les femmes suédoises ont rejoint le marché du travail en masse et c'était une question de principe, mais pas seulement. On prenait également conscience du fait que notre économie avait besoin de femmes dans la main d'œuvre. L'autonomisation économique des femmes est une question de liberté. Lorsque les femmes travaillent et gagnent leur propre argent, leur autodétermination croît. L'égalité de genre, ce n'est pas seulement la bonne chose à faire, c'est également la chose la plus intelligente à faire. Lorsque les femmes sont au travail, l'économie croît. Monsieur le Président, chaque génération doit lutter pour l'égalité. En 1919, l'année de naissance de ma grand-mère, la Suède a décidé que les femmes devraient avoir le droit de vote à l'instar des hommes. Et cette même année, les femmes afghanes se sont également vu octroyer le droit de vote. Plus d'un siècle plus tard, le contraste concernant les libertés des femmes entre nos deux pays est aussi frappant que triste, et cela nous rappelle de manière douloureuse que les progrès ne sont jamais irréversibles, les droits acquis peuvent être perdus, les libertés ne se défendent pas toutes seules. Il nous revient de les protéger pour les femmes, pour les filles, partout et pour les générations à venir. Monsieur le Président, lorsque la Suède a rejoint l'ONU en 1946, le monde émergeait à peine d'une guerre dévastatrice et les leçons tirées de cette catastrophe étaient claires. La paix ne saurait être prise pour acquise. La défense de la souveraineté et de l'intégrité territoriale sont au cœur de la politique étrangère de la Suède depuis cette époque. 80 ans plus tard, ces principes sont à nouveau remis en question. La mauvaise foi, les conflits et le mépris flagrant des règles communes affaiblissent les institutions que nous avons bâties ensemble. C'est une époque de grands bouleversements. Le nombre de conflits armés augmente et les civils en payent le prix. En Ukraine, au Soudan, au Yémen, en Palestine, au Liban, au Myanmar, en République démocratique du Congo et dans bien d'autres zones de conflit, des millions de personnes souffrent. Monsieur le Président, l'agression de l'Ukraine par la Russie est une violation flagrante du droit international. qui touche le cœur même des principes qui ont présidé à la création de l'ONU. Le soutien de la Suède apporté à l'Ukraine est profondément ancré dans toute notre société. C'est notre peuple, notre société, nos entreprises qui soutiennent l'Ukraine et nous soutiendrons ce pays Aussi longtemps que nécessaire, la Russie n'a pas seulement violé la Charte de l'ONU, elle a violé de manière répétée le droit international humanitaire et le droit international des droits humains, avec des attaques contre des civils, des transferts et des déportations forcées d'enfants, des violences sexuelles et des tortures liées au conflit, et la liste est bien trop longue. Garantir l'application du principe de responsabilité suite à ces violations est un impératif. Si nous avons appris une chose de l'histoire, c'est bien qu'il ne saurait y avoir de paix juste et durable sans responsabilité. La Suède défend fermement la CPI, son indépendance, son intégrité et reconnaît le rôle vital qu'elle joue, et pas seulement en Ukraine. La Russie doit également rendre des comptes concernant ses violations de la Convention sur les armes chimiques, sur le champ de bataille et en dehors. La guerre d'agression menée par la Russie contre un voisin pacifique est l'une des erreurs stratégiques les plus importantes et l'un des plus gros échecs moraux du 21e siècle. Quatre ans et demi après le lancement de son invasion à grande échelle, la Russie a échoué à atteindre ses objectifs, son économie est mise à l'épreuve et Le nombre des morts et des blessés sont dévastateurs. Des Russes lambda retirent leur argent des banques et une proportion importante de la jeunesse russe meurt sur la ligne de front. L'impact de la guerre d'agression menée par la Russie va bien au-delà de l'Ukraine. La Russie a intensifié ses attaques systématiques contre les infrastructures civiles et les navires en mer Noire. Cet été, cela a à nouveau bouleversé les chaînes d'approvisionnement en aliments, aggravant une situation déjà difficile pour les personnes vulnérables de par le monde. Et au président Poutine, à monsieur Lavrov, voilà ce que j'ai à dire. La voie vers la paix est claire. Le choix devrait être facile. Retirez vos troupes. Mettez un terme à cette guerre. Monsieur le Président, La Suède contribue au travail de l'ONU de manière active depuis 80 ans. Nous restons mobilisés, mais en tant que partenaire fiable, nous continuerons de demander que l'ONU devienne plus efficace, plus transparente et mieux équipée pour faire respecter les principes de sa Charte. L'ONU doit être déterminée. Les premiers soldats de la paix de la Suède, 300, ont servi cette organisation lors de la crise de Suez en 1956. Et depuis, plus de 80 000 Suédois leur ont emboîté le pas. Nous avons une longue tradition en matière d'appui à la médiation par le biais de l'ONU. Cela a commencé en 1948 avec premier médiateur de l'ONU, Folke Bernadotte. Nous sommes depuis longtemps un bailleur de fonds majeur concernant l'assistance pour le développement. Nous restons déterminés à faire face aux défis de développement mondiaux et à participer aux efforts humanitaires urgents. La Suède reste un donateur généreux, mais l'assistance au développement ne suffit pas pour relever les défis qui nous attendent. Monsieur le Président, la réduction des émissions pour lutter contre le changement climatique est un enjeu collectif et mondial, et il est nécessaire de préserver et d'accroître les acquis de développement dans les décennies à venir. La Suède continuera de promouvoir l'action climatique de manière urgente et sur la base des possibilités qui se présentent. Sentiment d'urgence en en raison de ce que nous dit la science et opportunités sur la base de la croissance économique, des emplois, du renforcement de la compétitivité qui accompagne la transition climatique. Au vu de l'état du monde, des changements sont nécessaires pour garantir le rôle central de l'ONU dans les affaires internationales et pour garantir sa capacité à relever les défis d'aujourd'hui. Une organisation efficace souple, bien coordonnée. C'est ce qui est nécessaire de manière urgente. La Suède soutient fermement l'initiative ONU-80 lancée par le Secrétaire général et attend de toutes les entités onusiennes qu'elles participent à cette initiative de manière complète, avec un accent clair mis sur la mise en œuvre au niveau des pays. Nous attendons également des États membres qu'ils fournissent à l'ONU des ressources suffisantes. Les contributions statutaires doivent être versées en intégralité et à temps. Les membres doivent également se pencher avec soin sur les réformes institutionnelles et mettre les mandats en conformité avec les ressources disponibles. L'initiative ONU 80 est une occasion de renforcer l'impact de l'ONU sur les trois piliers, de renforcer le système international, un système fermement ancré dans la Charte de l'ONU et le droit international. Monsieur le Président, la Suède défend fermement les mandats normatifs de l'ONU concernant les droits humains, l'égalité de genre et les droits et la santé sexuelle et reproductive. Tout à chacun a le droit de vivre dans la liberté et la dignité. Pour pouvoir être qui on veut, pouvoir aimer ceux ou celles que nous choisissons, la Suède défendra toujours cette liberté et l'égalité des droits de toutes et tous. Monsieur le Président, l'élargissement équilibré du Conseil de sécurité permettrait de renforcer sa crédibilité et sa légitimité sur le plan de ses décisions. La Suède souhaiterait qu'il y ait davantage de sièges permanents et non permanents au Conseil de sécurité et une représentation plus juste de tous les continents au Conseil. L'Afrique, qui abrite 1,3 milliard de personnes, est le plus gros bloc régional de l'ONU Et pourtant, l'Afrique n'a pas de siège permanent. Ce n'est ni logique ni juste. En outre, le droit de veto ne doit jamais être utilisé pour empêcher l'ONU d'agir face aux violations graves du droit international ou dans le cas de catastrophes humanitaires. Monsieur le Président, nous devons continuer de renforcer notre Organisation. Il faut que cette Organisation soit plus forte et mieux équipée pour prévenir les conflits et relever les défis de demain. Nous devons continuer de trouver des accords sur la base des fondamentaux, à savoir la souveraineté et l'intégrité territoriale de chaque pays, l'interdiction de l'emploi de la force, le respect du droit international, des droits humains et des principes humanitaires. Nous avons la responsabilité collective de faire en sorte que l'ONU reste pertinente, efficace et déterminée. et que l'ONU dépasse la somme de ses parties. Nous devons montrer qu'une fois de plus, nous sommes capables de tourner la page des conflits et du chaos et de nous rapprocher de la paix et de la prospérité. Monsieur le Président, cette année, nous commémorons également le 65e anniversaire de la mort du Secrétaire général Dag Hammarskjöld. Son intégrité, ses convictions, son engagement en faveur de la vision et des valeurs de notre Organisation Nous nous en souvenons. La Suède continue d'appuyer les enquêtes de l'ONU dans le but d'éclaircir les circonstances entourant la mort du secrétaire général Amarskold. Et j'aimerais conclure avec les mots de monsieur Amarskold. Ce n'est nouveau pour personne, mais nous le ressentons à différents degrés, que le monde d'aujourd'hui est plus que jamais un seul monde. La faiblesse d'une personne, c'est la faiblesse de tout le monde et la force d'une personne, pas la force militaire, mais la force sociale, économique, la force réelle, le bonheur du monde, c'est indirectement la force de tout le monde. Merci.
Je remercie le ministre des Affaires, la ministre des Affaires étrangères de la Suède. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Robert Komlan Edo Dussay, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et des Togolais de l'étranger du Togo.
Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, Mesdames et Messieurs, Au nom du président du Conseil, Son Excellence Faure Essadim Nana SINGHBE, du gouvernement et du peuple togolais, permettez-moi, Monsieur le Président, de vous adresser mes chaleureuses et sincères félicitations pour votre élection à la présidence de la présente session de l'Assemblée générale. vous, Monsieur le Secrétaire général Antonio Guterres, j'exprime la profonde reconnaissance du Togo pour votre engagement inlassable au service de la paix, de la sécurité, de la solidarité et du développement durable. À l'heure où vous vous apprêtez à achever votre mandat, le Togo tient à vous rendre un hommage particulier pour ces années de dévouement de courage, d'écoute et de service consacré à la défense des idéaux des Nations unies et à la réforme de notre Organisation. Nous formons le vœu que l'héritage de votre action continue d'inspirer notre Organisation et de guider celles et ceux qui auront la responsabilité de poursuivre votre œuvre. Nous vous souhaitons pour l'avenir plein succès dans vos engagements futurs. Monsieur le Président, le thème de cette session appelle donc une double exigence: la lucidité du diagnostic et la force de l'engagement. La lucidité, parce que nous ne pouvons plus apporter des réponses insuffisantes aux défis qui traversent notre système international. Engagement parce que, constatées les limites du multilatéralisme, nous ne devons plus jamais conduire à y renoncer. Nous avons besoin d'encore plus de multilatéralisme et d'encore plus d'ONU. Une ONU plus forte dans la défense de ses principes, plus efficace dans la prévention et le règlement pacifique des différends, plus représentative dans ses structures de décision et plus proche des réalités des peuples. Le monde a besoin d'une Nations unies qui renforce et rétablit la confiance, une ONU qui écoute sans se détourner des préoccupations de ceux qu'elle sert, qui décide sans perdre de vue ceux pour lesquels elle agit, qui promet sans oublier qu'elle doit tenir ses promesses. Monsieur le Président, la confiance internationale ne peut être restaurée par les discours seuls. Elle se construit par le respect des règles communes, en l'occurrence le droit international. Malheureusement, nous assistons à l'aggravation des tensions géopolitiques et au retour préoccupant de la guerre au cœur des relations internationales. Les violations du droit international et de la Charte des Nations unies se multiplient, et la faiblesse de nos réactions s'apparente à une forme de tolérance dont nous semblons nous accommoder. Face à cette situation, Le Togo réaffirme une conviction fondamentale: le droit international n'est pas un obstacle à la puissance. Il en garantit la légitimité, la prévisibilité et la stabilité. Il protège les États les plus vulnérables et sert également les intérêts durables des plus puissants en prévenant les affrontements incontrôlés en sécurisant les échanges et en instaurant la confiance. Le Togo défend ainsi un multilatéralisme pragmatique qui transforme les engagements en résultats, encadre les rapports de force par des règles communes et organise la coexistence pacifique des intérêts. Monsieur le Président, Le Togo soutient les efforts engagés dans le cadre de l'initiative ONU 80 pour améliorer l'efficacité, la cohérence et la redevabilité de notre Organisation. Monsieur le Président, les vulnérabilités économiques et climatiques entraînent des conséquences sur la stabilité et la sécurité. En Afrique, elles se conjuguent à des fragilités sécuritaires persistantes et peuvent nourrir des tensions et des conflits. C'est pourquoi les questions de développement, de paix et de sécurité doivent être appréhendées de manière complémentaire et indissociable. La sécurité durable ne peut être réduite à sa seule dimension militaire. Elle exige d'agir sur les facteurs de vulnérabilité et de privilégier les voies du dialogue, de la prévention et de la médiation. C'est dans cet esprit que le président du Conseil, Son Excellence Faure Etienne Simba, s'emploie à promouvoir le dialogue à rapprocher les positions et à contribuer à la recherche des solutions politiques aux crises qui fragilisent les régions concernées. En Afrique de l'Ouest et dans le Sahel, par exemple, notre pays œuvre pour encourager les échanges et contribuer à l'émergence de réponses politiques durables. Dans les Grands Lacs, le Togo dans le cadre de la médiation africaine, apporte également sa contribution en faveur de la désescalade, de la restauration de la confiance et de la recherche de réponses pérennes aux différends. Ces initiatives traduisent une conviction: face aux crises, il faut préserver les espaces de dialogue et privilégier les voies politiques et diplomatiques. La médiation n'est pas une faiblesse, elle est une expression de la responsabilité. Le Togo a fait du dialogue et de la diplomatie préventive les piliers de sa politique étrangère. Dans notre sous-région ouest-africaine, comme à l'échelle du continent, le Togo œuvre sans relâche pour la médiation, la stabilité et le règlement pacifique des différends. Nous sommes convaincus qu'aucune solution durable ne peut être imposée de l'extérieur sans une écoute attentive des réalités locales et souveraines. L'Afrique ne demande pas que l'on agisse à sa place, elle demande que ses efforts soient reconnus, accompagnés et soutenus. Monsieur le Président, le 26 septembre 2025, presque un an, jour pour jour, j'ai interpellé ici même, devant cette auguste Assemblée, la conscience universelle, sur la distorsion cartographique mondiale qui rétrécit maladroitement la taille de l'Afrique sur la carte du monde et dans l'imaginaire collectif mondial. Il y a quelques jours à peine, précisément le 4 septembre 2026, dans cette même enceinte, l'interpellation du Togo a été entendue et une réforme de la cartographie mondiale adoptée. La communauté internationale ici a posé un acte historique en adoptant à une très large majorité de 164 voix la résolution intitulée « Correct des maps ». Le Togo se félicite de l'adoption de cette résolution. Cette décision consacre une exigence simple: représenter le monde sur la base de la vérité scientifique et dans le respect de l'égale dignité des peuples. Corriger la carte Ce n'est pas seulement rectifier une distorsion géographique, c'est corriger les perceptions qu'elle entretient, notamment dans l'éducation, l'information et l'action publique. Corriger la carte, c'est corriger la carte du monde au nom de la vérité scientifique, au nom de la responsabilité face à l'histoire, au nom de la justice et de l'équité, et au nom de la réparation de distorsions cartographiques héritées du passé.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, l'adoption de cette résolution n'est pas la fin de notre cheminement. Cette adoption n'en est que le début. Pour nous, Africaines et Africains, l'adoption de cette résolution est bien plus qu'une décision cartographique. L'adoption de cette résolution est un acte de reconnaissance. L'adoption de cette résolution est un acte de réparation. L'adoption de cette résolution est un acte de justice. L'adoption de cette résolution est une justice rendue au monde. Aujourd'hui, nous n'avons pas redessiné le monde. Nous avons par contre corrigé la façon dont le monde est représenté. Et le Togo compte bien faire fond sur cette dynamique historique. Nous comptons sur la mobilisation des États membres de l'ONU et de ses instances, la mobilisation des organisations régionales, des institutions scientifiques et des plateformes technologiques pour traduire cette résolution en mesures concrètes. car une résolution ne doit pas rester lettre morte. Une résolution doit devenir une action et l'action doit se traduire en connaissance. La connaissance doit ensuite alimenter l'éducation et l'éducation, ensuite, doit permettre davantage de compréhension entre les peuples. Et nous le disons, Une carte plus juste ne redessine pas les frontières du monde. Elle transforme la façon dont nous percevons le monde. Et le Togo veut passer de la résolution à l'action désormais. Nous proposons le lancement d'une nouvelle phase de coopération internationale rassemblant les États membres de l'ONU, les instances de l'ONU, les institutions scientifiques, universitaires, géographes, cartographes, historiens, enseignants, jeunes, créateurs qui façonnent les technologies de demain, y compris l'intelligence artificielle. Notre objectif est clair, chers amis, chères amies, faire de la cartographie un instrument puissant de connaissance, d'éducation, d'inclusion et de compréhension mutuelle entre les peuples. Nous devons encourager la recherche, nous devons mettre au point de nouveaux outils d'éducation pour les générations futures. Excellence! La révolution numérique confère à cette question une dimension toute neuve. Des milliards de personnes consultent des cartes au quotidien sur leur téléphone, sur leurs ordinateurs, sur les plateformes numériques. Par exemple, les enfants découvrent le monde grâce aux cartes numériques. Les entrepreneuses et entrepreneurs prennent des décisions selon ce que leur disent les données géographiques. Les gouvernements dépendent des informations spatiales et les systèmes d'intelligence artificielle interprètent de plus en plus notre planète à travers le prisme des données numériques et des représentations cartographiques. Et dès lors, la question ne porte plus uniquement sur les cartes imprimées, mais bien sur l'image numérique de notre planète que nous transmettrons aux générations futures Mesdames et Messieurs, nous voulons aussi que Corriger la carte, Correct the Map, soit un dialogue entre les nouvelles générations, les générations. Nous voulons que les jeunes aient la possibilité d'avoir un regard nouveau sur notre planète. Nous voulons que les écoles, les universités, les centres de recherche soient désormais des instances où la représentation de notre monde peut être étudiée remise en question et bien comprise. Nous voulons que les cartographes africains y contribuent, nous voulons que les cartographes européens y contribuent aussi, nous voulons que les cartographes asiatiques y contribuent, nous voulons que les cartographes des Amériques, du monde arabe, du Pacifique et de chaque région de notre planète contribuent à cette initiative, car le monde nous appartient à toutes et à tous. et parce que la façon de représenter notre monde devrait être un débat ouvert à toutes et à tous. Excellence, aujourd'hui, devant vous, le Togo lance un appel, un appel adressé à tous les États membres, aux organisations internationales, à la communauté scientifique, aux enseignants, aux enseignantes, aux créateurs, créatrices, aux jeunes de notre monde. Faisons de l'initiative "Corriger la carte" un laboratoire international de réflexion, de recherche, d'innovation sur la représentation que nous nous faisons de notre monde. Transformons cette résolution en un programme de coopération. Transformons cette idée en connaissance. Transformons ensuite ces connaissances en éducation et ensuite traduisons cette éducation d'une meilleure compréhension entre les peuples. Nous savons ce que notre génération doit faire. Nous ne sommes pas là uniquement pour corriger une carte. et nous avons hérité certaines choses du passé. Et nous savons que les sciences peuvent enrichir nos connaissances. Et nous savons que la connaissance peut rééquilibrer les choses. Et en fin de compte, une vérité nous lie toutes et tous, notre planète, nous la partageons, nous partageons notre humanité et nous devons apprendre à percevoir notre monde avec plus de précision, plus de justice, nous devons mieux le comprendre. Corrigeons donc la carte, élargissons nos horizons, renforçons notre façon de comprendre les choses.
Toi retiendra qu'une résolution appelée Correct des Maps a été adoptée ici le 4 septembre 2026, mais nous souhaitons que l'histoire retienne surtout autre chose qu'à partir de cette décision, les Nations unies ont ouvert un dialogue mondial sur la manière dont l'humanité se représente elle-même. Le Togo est prêt à poursuivre ce dialogue, nous invitant enfin tous les États membres à nous rejoindre, nous invitant les scientifiques à nous éclaircir, nous invitant les éducateurs à nous accompagner, Nous invitons la jeunesse à nous interpeller et nous invitons les innovateurs à nous aider à construire des outils de demain. Correct the map n'est pas la fin d'une carte, correct the map, c'est le début d'une nouvelle manière de regarder le monde et je vous remercie. Correct the map.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et des Togolais de l'étranger du Togo de son allocution. Nous avons entendu le dernier orateur au titre du débat général pour la présente séance. Nous reprendrons le débat général demain à 9 heures du matin, ici même. L'exercice du droit de réponse a été invoqué. Je vous propose de limiter le temps de parole dans l'exercice du droit de réponse à 5 minutes pour ce point à l'ordre du jour, première intervention, deuxième intervention 3 minutes. Vous opposez-vous à cette proposition? En l'absence d'objection, il en est ainsi décidé. Conformément aux dispositions de l'article 72 du règlement intérieur de l'Assemblée générale, lorsqu'un représentant dépassera le temps imparti, la présidence demandera à l'intervenant de s'interrompre et nous couperons automatiquement le micro. Pour aider les délégations à gérer leur temps comme il se doit, un minuteur sera affiché à l'écran. Je rappelle aussi aux membres que les déclarations au titre du droit de réponse devraient être prononcées par les délégations depuis leur siège. Je donne la parole au représentant de l'Inde.
Merci, Monsieur le Président. Cet après-midi, l'Assemblée générale a entendu des observations on ne peut plus étranges de la part du représentant du Pakistan. Il se. 15 jours après que New York et le monde aient commémoré le 25e anniversaire de l'attentat terroriste terrible du 11 septembre. Ce contexte, Monsieur le Président, est important, il faut le garder à l'esprit, car Oussama Ben Laden, derrière cette catastrophe, vivait juste derrière une académie militaire au Pakistan, l'instance que le représentant du Pakistan a loué aujourd'hui. Mais bon, ce n'est pas inattendu. Nous avons entendu des homélies hypocrites quant aux droits démocratiques et aux valeurs de la part d'un régime dont la capitale est fortifiée contre sa propre population à l'heure où je vous parle. Et tout cela parce que C'est un régime militariste fait par l'armée pour l'armée. Les marionnettes vont et viennent, mais on sait très bien qui est à la manœuvre. La réalité du Pakistan est exprimée dans son 27e amendement et dans l'immunité à vie donnée aux dirigeants. Monsieur le Président, les opinions que nous avons entendues émanent de ceux qui se sont distingués par la haine. Ils disent vouloir assurer la sécurité pendant la journée et mènent des attentats terroristes la nuit tombée. Cette assemblée a été bercée par des accusations dont le régime multiplie les blasphèmes. Le monde sait comment les minorités sont traitées au Pakistan et aucune platitude pieuse ne peut le remplacer. Il en va de même pour le territoire indien du Jammu-et-Cachemire. C'est une partie inaliénable, intégrante de mon pays et cela demeurera comme cela. Mais s'il faut parler du Cachemire, alors parlons du Jammu-Cachemire occupé par le Pakistan. Demandez aux populations d'Aravind Gode tous ces meurtres, cette violence débridée et ce bafouement des droits fondamentaux qui existent là depuis très, très longtemps, au cœur du problème, monsieur le président. Il y a la pratique persistante de terrorisme transfrontière pakistanais. Nous l'avons prouvé l'année dernière. Les terroristes en Inde ne pourront pas se cacher où que ce soit. Notre droit à nous défendre face au terrorisme sera utilisé, invoqué et les attaques terroristes du Pakistan auront des conséquences. Tout cela remettra en question ce qui à influencer notre amitié, notre bonne volonté. Nous sommes certains et certaines que l'Assemblée reconnaîtra le Pakistan et ses politiques pour ce qu'ils sont, pas pour ce que le représentant du Pakistan a essayé de le présenter en réaffirmant des mensonges année après année. Ne les rend pas pour autant réels. Le Pakistan, son terrorisme, ses tromperies ne bénéficient pas au monde. Je vous remercie.
Je donne la parole au représentant du Pakistan.
Merci, Monsieur le Président. Ma délégation se doit de répondre à un État qui a fait de la propagande un art d'État. et qui utilise la désinformation pour la diplomatie, qui exporte le terrorisme en tant qu'instrument de politique et qui cherche l'hégémonie en tant que stratégie régionale et qui intègre l'islamophobie dans son idéologie. Je vais présenter le bilan extraordinaire de l'Inde, incroyablement intolérante de nos jours, qui exporte le terrorisme, la violence, tout en essayant d'importer le statut de victime et les sympathies. Le Pakistan connaît bien le coût du terrorisme sponsorisé par l'Inde. Nous connaissons trop bien ce coût. Depuis le début du siècle, le Pakistan a perdu près de 100 000 vies à cause du terrorisme, des générations, des milliards de dollars pompés de notre économie. Les efforts et les sacrifices du Pakistan ont été salués par la communauté internationale. Nous avons aussi présenté à la communauté internationale des preuves claires du financement par l'Inde du terrorisme et de groupes terroristes qui ont débuté dans des groupes de civils pakistanais, le TTP, le BLA et la brigade Majid. Et en dépit de ces leçons données aux autres au terrorisme, nous attendons que l'Inde condamne de façon claire l'attentat terroriste qui a tué des civils pakistanais innocents. Mais comment s'attendre à ce que l'Inde condamne ses affidés? Les exportations terroristes indiennes sont passées du régional au mondial. Du commandant naval Commodore Khandel qui a été condamné au Pakistan pour des crimes d'espionnage à Nicole Gupta qui a plaidé coupable aux États-Unis pour avoir essayé d'orchestrer le meurtre d'un dirigeant sikh. et d'autres impliqués dans des assassinats menés au Canada. Le bilan de l'Inde est éloquent. Et s'agissant du différend Jammu-et-Cachemire, le Jammu et le Cachemire n'ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais une partie intégrante de l'Inde. C'est un différend territorial reconnu sur le plan international. avec une occupation indienne qui dure depuis près de 80 ans, contre la volonté du peuple du Cachemire, en violation grave du droit international et en violation d'un grand nombre de résolutions du Conseil de sécurité. Le contraste entre le Jammu-et-Cachemire pakistanais et la zone occupée par l'Inde est étonnant. Dans notre région, les populations peuvent exprimer leurs opinions, alors que dans le Cachemire occupés depuis des années, ils subissent occupation, répression. Leurs droits fondamentaux sont bafoués, notamment le droit des peuples à disposer de lui-même. L'exercice des droits ne peut pas être mis sur un pied d'égalité avec des droits bafoués. Les politiques indiennes. ont ouvert une ère de terreur contre les minorités. Les musulmans sont diabolisés, les chrétiens sont persécutés, les sikhs sont mis de côté. C'est une hypocrisie comme rarement on en a vu dans le monde. Des appels au meurtre des minorités ne font partie que des quelques exemples que je pourrais vous apporter, Monsieur le Président. S'agissant du traité sur le fleuve Indus et en violant ses obligations juridiques internationales, y compris la santé et l'inviolabilité du traité, l'Inde a arsenalisé l'eau, une source de vie pourtant pour 240 millions de personnes au Pakistan, ce qui est un crime sans nom. Ces désinformations, ces histoires biaisées ne peuvent pas masquer La défaite essuée en mai 2025 des mains du Pakistan, nous reconnaissons, et la communauté internationale sait d'ailleurs, que l'Inde a perdu plus qu'un conflit militaire. L'Inde a aussi perdu toute crédibilité, et ce, pour toujours. Désormais, l'Inde ne peut plus. S'arroger la sympathie, elle s'est exposée aux yeux du monde, comme mon Premier ministre l'a dit, le Pakistan demeurera résolu dans sa quête de paix, de respect mutuel, de dialogue et dans le règlement pacifique des différents dans notre région et au-delà. Cet engagement, d'ailleurs, est consacré dans notre rôle régulier de médiateur, de faiseur de paix, de jeteur de ponts partout où nous nous défendrons lorsqu'il y aura une agression qui nous sera imposée, mais nous n'abandonnerons jamais la voie vers la paix, car la force ne réside pas dans les guerres, mais bien dans la paix.
The meeting is.
L'attention s'est levée.