Formats lisibles par machine: Texte brut · JSON
Les transcriptions disponibles sur cet outil sont créées par reconnaissance vocale automatique et ne constituent ni des comptes rendus officiels ni des documents officiels de l'ONU. Les comptes rendus officiels et les documents officiels sont disponibles sur le Système de diffusion électronique des documents de l'ONU. En savoir plus
Mesdames et Messieurs, l'Assemblée. Je déclare ouverte la 8e séance plénière de l'Assemblée générale. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, Monsieur Hassan Sheikh Mohamoud, Président de la République fédérale de Somalie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux, Excellence Antonio Guterres, le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, c'est un insigne honneur de prendre la parole devant la 80e Assemblée générale de l'ONU. alors que notre planète en est à un moment charnière. L'ONU a été fondée sur les principes de la promotion de la paix, de la sécurité et du développement et des progrès de par le monde à la suite des dévastations de la Deuxième Guerre mondiale. L'Organisation des Nations unies incarne notre aspiration commune en faveur de la gouvernance mondiale ancrée dans le droit international, l'équité, l'égalité. Cela fait 80 ans qu'a eu lieu la première Assemblée Générale et cela fait bien longtemps que nous devrions être meilleurs ensemble. Nous ne devons pas essayer de justifier pourquoi nous pouvons mieux nous en sortir aujourd'hui. De par le monde, la population, l'humanité dans son ensemble se heurtent à des obstacles et des menaces existentiels qui peuvent être réglés par le dialogue, la coopération, l'unité. Mais au lieu d'essayer de renforcer les partenariats existants et à venir et d'accroître la solidarité sociale. Pour y parvenir, notre monde est accablé par la concurrence délétère et l'incertitude croissante en matière de gouvernance. Si auparavant on se demandait ce qui était juste en vertu du droit international, aujourd'hui, on constate une montée en puissance de la loi du plus fort pour régler des différends. Il s'agit là d'une voie bien périlleuse qui met en péril l'ordre international fondé sur des règles acquises de haute lutte, dont nous sommes tous convenus en tant qu'États membres de l'ONU. Excellence, Mesdames et Messieurs, si nous devrions nous concentrer. Stratégiquement, sur la réalisation des objectifs de développement durable et le fait de ne laisser personne pour compte d'ici à 2030, le nombre d'États en état de fragilité de population vivant dans la pauvreté croît de par le monde. Plus de 30 États membres de l'ONU aujourd'hui, dont mon pays, la Somalie, sont catégorisés de pays en état de fragilité ou touchés par des conflits en raison de conflits de fragilité institutionnelle et sociale. À cela s'ajoutent les vulnérabilités des changements climatiques. Et alors, les statistiques sont très inquiétantes. L'urbanisation progresse plus rapidement que jamais dans l'histoire humaine en raison des conflits, des changements climatiques, d'un manque de perspectives économiques pour les communautés rurales. De surcroît, l'insécurité alimentaire demeure des filles de taille qui touche des milliards de personnes. Selon le Programme alimentaire mondial, 319 millions de personnes connaissent la faim aiguë dans 67 pays aujourd'hui. Toutes ces statistiques bien sordides doivent nous amener à réfléchir. Si nous, le concert de nations, souhaitons véritablement progresser et garantir la prospérité pour tous, tel que cela est prévu dans les objectifs de développement durable, nous devons décupler nos efforts afin de consolider le multilatéralisme, la solidarité, l'action collective pour tous les peuples et pour la planète. Excellence, Mesdames et Messieurs, la Somalie, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, s'attache sans relâche à promouvoir les idéaux et les valeurs de paix, de stabilité et d'opportunités pour tous de par le monde. Nous travaillons activement avec tous les membres du Conseil de sécurité et les autres membres de l'ONU afin de trouver des solutions en faveur de la paix au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe. La Somalie demeure vivement préoccupée par Les souffrances persistantes du peuple palestinien, les violences actuelles, les déplacements, les privations dans les territoires occupés, y compris à Gaza, exigent que nous agissions de toute urgence en suivant notre conscience collective. Nous appelons de nos vœux un cessez-le-feu immédiat et pérenne, un accès humanitaire sans entrave, un engagement renouvelé en faveur de la solution des deux États, seule moyen viable de faire advenir une paix juste et durable au Moyen-Orient. Excellences, Mesdames et Messieurs, la Somalie a opéré résolument la transition d'un conflit vers la croissance socio-économique, politique et de la sécurité depuis 2012. Et cela grâce à l'aide de partenaires internationaux très dévoués, dont de nombreux sont présents en cette salle aujourd'hui. En fait, la Somalie illustre le fait que le multilatéralisme et la solidarité mondiale peuvent rendre notre monde meilleur, plus sûr. Cette expérience encourage notre gouvernement à œuvrer résolument en faveur d'un monde plus juste, plus pacifique. Et cela, notamment grâce à notre mandat de membre non permanent au Conseil de sécurité, car nous savons que nous sommes meilleurs ensemble lorsque nous travaillons à l'unisson. Dans notre pays, nous sommes toujours en train de combattre les dernières poches de terrorisme international tout en édifiant une architecture de sécurité nationale robuste et durable. Nous travaillons étroitement avec tous nos partenaires internationaux afin de triompher de l'extrémisme violent, des systèmes financiers illicites qui alimentent le terrorisme de par le monde. Grâce à ces efforts en Somalie, les populations, les citoyens du monde sont aujourd'hui davantage en sécurité. Bien sûr, si nous sommes très reconnaissants pour toute l'assistance internationale dans la lutte contre le terrorisme, je tiens à saluer l'engagement sans faille et la bravoure des forces de sécurité somaliennes et des forces de défense locales pour leurs sacrifices, leur résilience et leurs succès remportés contre les Shabab et l'État islamique, les organisations terroristes les plus dangereuses au monde aujourd'hui. Tous ces efforts perdureront jusqu'à ce que nous obtenions la victoire totale, l'harmonie dans notre pays, dans notre région, sur notre continent et dans le monde. Nous ne devons jamais céder face aux terroristes lâches. Excellence, Mesdames et Messieurs, notre gouvernement a pris la décision historique d'organiser des élections au suffrage universel en Somalie pour la première fois en 57 ans. La Somalie était le premier État démocratique de l'Afrique dans les années 1960 et nous nous targuons de réemprunter cette voie de la gouvernance inclusive. Le processus d'enregistrement des électeurs est en cours et plus de 30 associations politiques indépendantes se sont déjà enregistrées afin de participer aux élections. Nous, forts de notre expérience, nous avons constaté que qu'il fallait édifier une nation axée sur l'être humain, axée sur sa population, guidée par l'État de droit, afin de construire un pays uni et prospère. Les objectifs de développement durable sont notre feuille de route afin d'obtenir dignité, justice et égalité grâce à des investissements dans le capital humain, la création d'emplois, la protection sociale pour les plus vulnérables parmi nous. Il est ressorti très clairement lors de la conférence de Séville sur le financement du développement que le fossé entre nos ambitions et la réalité était très profond en matière de financement. Aujourd'hui, les pays en développement subissent un triple choc: surendettement, coût élevé de l'emprunt souverain et dépenses face à des chocs récurrents. que l'on ne peut pas prévoir dans les budgets annuels. Le modèle économique traditionnel de dépenses prévisibles avec des flux de recettes prévisibles également ne fonctionne plus. Les gouvernements des pays en développement doivent maintenant procéder à des coupes dans les activités de développement, y compris la santé, l'éducation, les infrastructures de base, et cela Étant donné l'aide au développement qui se tarit de la part des pays développés, cela n'est pas tenable et l'on ne pourra ainsi avancer sur la voie du développement ensemble. Excellence, Mesdames et Messieurs, la Somalie endosse la responsabilité de son propre développement économique. en faisant fond sur le succès de notre récente réforme d'allègement de la dette. Nous essayons d'atténuer les coûts très élevés d'investissement dans les services publics en mobilisant davantage de recettes nationales, en renforçant les systèmes de gestion des finances publiques, en garantissant un contrôle strict des dépenses, tout en accroissant la transparence et la redevabilité. Qui plus est, Nous souhaitons tirer parti de notre emplacement stratégique et de nos ressources naturelles grâce au commerce avec la région et le monde. Dans le droit fil de cette ambition, la Somalie s'est ralliée à la Communauté de l'Afrique de l'Est et ratifie les politiques de zone de libre-échange continentale et nous rejoignons également le processus de l'Organisation mondiale du commerce. Pour ce qui est de l'urgence climatique, nous sommes déterminés à combattre les effets dévastateurs des changements climatiques sur les populations les plus vulnérables, en particulier celles qui ne peuvent pas atténuer les effets des changements climatiques et s'y adapter dûment. Les changements climatiques font des ravages aux quatre coins du monde et les pays les plus fragiles subissent des chocs socio-économiques météorologiques à répétition. Cela porte un rude coup à nos économies, détruit nos moyens de subsistance, détourne les ressources publiques déjà limitées afin de nous adapter au changement climatique au lieu d'investir dans l'éducation et la santé. Les incidences des changements climatiques poussent les gouvernements des pays en développement, dont le mien, à faire des compromis financiers très douloureux qui entravent nos aspirations à investir dans la résilience et le développement. Quelques 10 % des budgets des pays en développement sont ainsi détournés pour faire face au changement climatique. Ce fléau doit être contré de toute urgence. Et à cet égard, les pays industrialisés développés doivent honorer leurs obligations financières face à la crise climatique qu'il continue d'exacerber. Excellence, Mesdames et Messieurs, le peuple résilient somalien connaît la crise climatique au quotidien. Pour nous, les changements climatiques ne sont pas un concept abstrait, mais bien une réalité épouvantable de vies détruites et bouleversées. La Somalie n'émet quasiment aucune émission de par le monde, mais pourtant nous sommes frappés de plein fouet. Sécheresses, inondations, élévation du niveau de mer, mettent à mal les moyens de subsistance, déplacent des familles, menaçant les progrès accomplis vers la paix et le développement. En tant que gouvernement, nous comprenons bien que lutter contre les effets délétères des changements climatiques constitue un bien public mondial qui requiert des partenariats robustes et un partage du fardeau. La Somalie s'est dotée d'une politique nationale face au changement climatique, a mis à jour sa contribution déterminée sur le plan national et est en train de préparer son premier rapport sur la transparence biennale. Nous élaborons également une stratégie robuste de financement face au changement climatique afin de mieux mobiliser et gérer nos ressources. Afin que ces ressources soient utilisées à bon escient, nous avons créé le Fonds national pour le climat, une institution chargée de réorienter les financements face au changement climatique de façon transparente vers nos populations. Ainsi, nous pouvons remettre en état des terres dégradées, renforcer la sécurité hydrique, lancer des projets pilotes de solutions fondées sur la nature, protégeant les peuples et les écosystèmes. En dépit de toutes ces initiatives, les face aux changements climatiques, tardent à nous parvenir. Nous renforçons donc nos capacités de mobilisation de recettes nationales et le financement des risques des catastrophes et nous appelons à une aide financière accessible, abordable, prévisible des institutions financières internationales et des marchés de capitaux. Les pays en première ligne, tels que la Somalie, ne peuvent faire qu'avec les seuls face à cette crise, alors que l'architecture financière mondiale n'est pas adaptée à notre époque marquée par de multiples écueils. Excellence, Mesdames et Messieurs, en conclusion, le 80e anniversaire de l'Assemblée générale est la meilleure occasion qui nous est offerte de dresser le bilan de nos réalisations mondiales ainsi que de nos engagements en faveur du développement durable. Nous sommes passés des objectifs du Millénaire pour le développement aux objectifs de développement durable. Mais alors. que l'heure tourne, que nous nous acheminons très rapidement vers 2030, je me demande quels seront les prochains acronymes de nos aspirations de développement mondial. Pour nous, meilleur ensemble, cela signifie des responsabilités communes, une appropriation commune, un partage du fardeau pour réaliser les objectifs de développement durable grâce à des investissements dans un avenir plus résilient et plus équitable pour tous. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de la République fédérale de Somalie. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Jakov Milatovic, président du Monténégro. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, permettez-moi d'adresser mes chaleureuses félicitations à Son Excellence Annalena Baerbock pour son élection à la présidence de la 80e session de l'Assemblée générale. Son élection est à la fois historique et une source d'inspiration, car elle n'est que la cinquième femme à se voir confier cette haute responsabilité. Nous nous souvenons de Vijaya Lakshmi Pandit, originaire d'Inde, qui s'est exprimée au nom du NAZI libérée, Benji Brooks, diplomate et juge libérienne qui a défendu les droits des petits États et des femmes en Afrique, Haya Rashid Al Khalifa de Bahreïn, qui a porté un message empreint de dialogue et de droit international depuis le cœur du Moyen-Orient, et Maria Fernanda Espinoza de l'Équateur qui a fait entendre sa voix en faveur de l'action climatique et des peuples autochtones d'Amérique latine. Chacune d'entre elles a marqué son époque et cette élection donne à l'Europe l'occasion d'incarner les principes de la défense inébranlable des droits humains et du multilatéralisme. Chers collègues, cette année, alors que nous commémorons les 80 ans de la fondation des Nations unies, nous réfléchissons au parcours remarquable de cette organisation créée pour promouvoir la paix mondiale. Née des cendres de la Seconde Guerre mondiale, l'Organisation des Nations Unies est apparue comme une lueur d'espoir pour l'humanité. Chers collègues, imaginez les villes dévastées à travers le monde en 1945. Varsovie réduite en cendres, Saint-Pétersbourg détruite après des années de siège, Berlin en ruines. Hiroshima et Nagasaki frappés par une horreur inimaginable et ma ville natale et capitale du Monténégro, Podgorica, également quasiment rasée par les bombardements. Imaginez qu'à l'époque, les dirigeants du monde entier se sont réunis et Malgré leurs blessures, ont choisi de se tourner vers l'avenir. À ce moment-là, alors que les tranchées entre les nations existaient encore et que les tombes des êtres chers étaient encore fraîches, l'Organisation des Nations Unies est née. On a alors cru que la lumière pouvait émerger des ténèbres et que la solidarité pouvait triompher du désespoir. Malgré des destructions sans précédent, l'idée de paix et d'unité a triomphé sur la division et l'hostilité. Les dirigeants d'alors ont compris l'urgence de créer une organisation mondiale forte, une organisation capable de prévenir de futures guerres. et de favoriser la coopération entre les nations. Faisant alors partie de l'ancienne Yougoslavie, le Monténégro a fait partie des pays fondateurs de l'ONU. Nous avons mis en place un système international qui promeut la paix, défend un ordre mondial fondé sur des règles, protège les droits humains et favorisent le développement durable. Chers collègues, sans les Nations Unies, une grande partie des progrès que nous avons tous accomplis serait resté un rêve lointain. Pourtant, même après huit décennies, nous devons également reconnaître une vérité qui Invite à la réflexion, l'absence de guerre mondiale n'a pas toujours été synonyme de paix et de prospérité véritable. Aujourd'hui, le multilatéralisme est mis à l'épreuve comme jamais auparavant. Notre monde est confronté à des conflits dévastateurs, à une polarisation croissante, à de graves violations des droits humains, à de profondes inégalités économiques ainsi que à la propagation néfaste. de la désinformation. Et ces défis nous rappellent un fait essentiel. Nous ne pouvons nous permettre de marginaliser les Nations unies, ni de réduire au silence le droit international. Chers collègues, aujourd'hui plus que jamais, nous devons renouveler notre engagement envers les principes fondateurs énoncés dans la Charte des Nations unies. Et malgré ses imperfections, l'Organisation des Nations unies demeure la seule institution mondiale où chaque nation a un siège et où le droit international demeure le fondement de la légitimité. Cela rend l'ONU indispensable. Mesdames et messieurs, depuis notre indépendance en 2006, Le Monténégro travaille main dans la main avec les Nations unies pour faire avancer les réformes en matière de développement durable, de droits humains, de bonne gouvernance, conformément à nos aspirations à adhérer à l'Union européenne. L'année prochaine, nous fêterons avec fierté les deux décennies qui se sont écoulées depuis le rétablissement de notre indépendance et notre adhésion à l'ONU. Au cours des 20 dernières années, le Monténégro est devenu une démocratie moderne. Cette transformation se reflète également dans notre économie qui a connu une croissance régulière, une économie tirée par des secteurs clés tels que le tourisme et l'énergie. Notre résilience a été mise à l'épreuve par de nombreuses crises, des crises mondiales, mais le Monténégro reste fermement déterminé à bâtir une économie fondée sur la connaissance qui favorise le développement durable et contribue à la stabilité et à la prospérité régionales. L'engagement du Monténégro envers l'ONU et le multilatéralisme reste la pierre angulaire de notre politique étrangère, ce qui est tout à fait conforme à notre cheminement européen et euro-atlantique. Nous sommes également attachés aux relations de bon voisinage ainsi qu'à la coopération régionale. L'adhésion à l'OTAN a été un pilier important de notre sécurité. Notre objectif stratégique est désormais d'adhérer à l'Union européenne d'ici 2028. C'est un objectif ambitieux, chers collègues, mais qui est tout à fait à notre portée. En tant que pays candidat le plus avancé, le Monténégro reste déterminé à mettre en œuvre des réformes structurelles et à s'aligner sur la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne. Nous sommes convaincus que l'intégration à l'Union européenne est un catalyseur de progrès durable, de stabilité et, en fin de compte, de sécurité pour le continent européen. Dans le cadre de ce processus, le Monténégro n'est pas seulement un bénéficiaire, nous sommes également un contributeur. Nous démontrons que l'élargissement renforce autant l'Union européenne que les pays candidats. Excellence. Pour renforcer le multilatéralisme, nous devons également nous attaquer à ses faiblesses. Le Conseil de sécurité est de plus en plus paralysé, incapable de remplir son mandat de principal gardien de la paix et de la sécurité. Le dernier exemple en date est celui de la guerre en Ukraine, qui a causé des souffrances inimaginables à la population ukrainienne. Le Monténégro salue les efforts diplomatiques de la communauté internationale, des efforts menés par les États-Unis, qui vise à parvenir à une paix juste et durable. Nous espérons sincèrement que ces efforts seront couronnés de succès. Dans le même temps, le Monténégro est profondément préoccupé par les souffrances humanitaires subies actuellement par le peuple palestinien à Gaza. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat. Le Monténégro a également fermement condamné l'horrible attaque terroriste perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023, et nous demandons la libération inconditionnelle de tous les otages. Le Monténégro a toujours été favorable à un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien, une solution fondée sur la solution des deux États, En pleine conformité avec le droit international et les résolutions pertinentes des Nations unies, nous avons approuvé la déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question palestinienne et sur la mise en œuvre de la solution des 2 États. Chers collègues, Mesdames et Messieurs les délégués, le Monténégro appuie pleinement la mise en œuvre du pacte pour l'avenir ainsi que du compromis de Séville. un engagement mondial renouvelé en faveur du financement du développement durable. Ce sont des étapes importantes dans le renforcement de notre capacité collective à relever des défis au niveau mondial. Nous estimons également que le deuxième Sommet mondial pour le développement social, qui se tiendra prochainement, doit aller au-delà de la réflexion et de l'analyse et proposer des solutions concrètes qui permettront d'améliorer la vie des populations partout dans le monde. Mesdames et Messieurs, en 1991, le Monténégro est devenu avec fierté le premier État écologique au monde. Une étape importante qui a été la proclamation de notre engagement durable envers les principes les plus élevés de protection de l'environnement, de préservation de la nature et de recherche du développement durable. Le programme à l'horizon 2030 demeure notre boussole en matière de développement durable. Le Monténégro est fier d'avoir été l'un des premiers pays à intégrer tous les objectifs de développement durable dans son cadre national il y a près de dix ans. Une autre étape importante dans la mise en œuvre du programme à l'horizon 2030 a été la création du Fonds d'accélération des ODD, un mécanisme puissant de financement des objectifs de développement durable. Mesdames et Messieurs, pour le Monténégro, la priorité est claire: créer les conditions qui permettront à nos jeunes de construire leur avenir chez eux, en leur offrant la chance de s'épanouir. en insistant sur la valeur du savoir et en garantissant un accès égal à l'éducation, nous nous efforçons de réduire les inégalités et de donner aux citoyens les moyens de réaliser leur plein potentiel. Les changements climatiques doivent être combattus à l'échelle mondiale et de toute urgence. Il ne s'agit plus seulement d'avertissements lancés par des scientifiques, Nous constatons des inondations qui engloutissent des villages et des villes, des incendies qui détruisent des forêts, des champs, des maisons. Retarder une action plus décisive à l'échelle internationale revient à jouer avec la vie des générations actuelles, mais également futures. Chers collègues, les changements technologiques rapides et en particulier l'essor de l'intelligence artificielle doivent être exploités de manière sûre, responsable et inclusive. La technologie doit être un cadeau pour l'humanité, un cadeau qui lui permette d'évoluer. Elle doit être développée et guidée par le sens de la responsabilité sociale et doit être au service du bien commun. À l'échelle mondiale, les droits humains et les libertés fondamentales continuent de faire face à de sérieux défis. Si des progrès significatifs ont été accomplis dans la promotion des droits des femmes depuis la Déclaration de Beijing, il reste toutefois beaucoup à faire. À cet égard, le Monténégro est pleinement attaché à l'égalité des genres. Nous avons harmonisé une politique nationale avec les meilleures normes internationales. Nous avons renforcé les institutions qui se consacrent à la protection des droits des femmes et nous avons encouragé le leadership des femmes à tous les niveaux dans notre société. Excellence, alors que nous célébrons aujourd'hui 80 années de réalisations communes, Notre tâche collective consiste à réformer l'Organisation des Nations Unies et à la préparer aux défis et aux opportunités de l'avenir. Les critiques adressées à l'ONU ne concernent pas uniquement l'Organisation elle-même, mais aussi tous les États membres, car c'est nous qui l'avons créée, qui la guidons et qui avons la responsabilité de la consolider. C'est pourquoi le Monténégro soutient fermement l'initiative de réforme du Secrétaire général, ONU80. Elle ne doit pas être considérée comme un simple exercice bureaucratique, mais plutôt vue comme un engagement solennel, celui de rendre les Nations Unies de demain plus souples, plus efficaces. Au cœur de ces efforts, nous devons retrouver les trois piliers de l'ONU: la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains. Trois piliers qui constituent le fondement de toute action de l'ONU. Pour conclure, chers amis, le Monténégro est fermement convaincu que les Nations unies doivent rester la pierre angulaire de la paix que le droit international doit prévaloir sur la force et que l'ordre fondé sur des règles doit être davantage renforcé. Car sans ces principes, il ne peut y avoir de confiance entre les nations, il ne peut pas y avoir de véritable sécurité ni d'espoir d'une paix juste et durable. Je souhaiterais, pour finir, citer L'écrivain le plus célèbre de notre région, lauréat du prix Nobel, Ivo Andrić, qui, dans son chef-d'œuvre, le pont sur la Drina, a écrit, je cite, de tout ce que l'homme érige et construit dans son désir de vivre, rien n'est à mes yeux meilleur et plus précieux que les ponts. Ils sont plus importants que les maisons, plus sacrés que les temples. car ils appartiennent à tous et sont égaux pour tous. Chers collègues, cette vérité intemporelle nous rappelle que les ponts ne sont pas seulement des structures de pierre, mais également des structures de paix. C'est le dialogue qui construit les ponts, et ce n'est que grâce à ces ponts que les nations peuvent avancer vers la paix. Notre tâche n'est pas d'être les héritiers passifs de l'histoire, mais les bâtisseurs d'un héritage meilleur. Et donc que les 80 prochaines années des Nations unies ne soient pas des années d'hésitation, mais de courage et de solidarité. Guidé par ces valeurs, le Monténégro continuera à construire des ponts, à renforcer le dialogue et à œuvrer sans relâche pour un avenir de stabilité, de progrès et de réussite commune, en parfaite adéquation avec l'esprit et la mission même des Nations Unies. Je vous remercie de votre attention.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président du Monténégro. Conformément à la résolution 80/1 du 19 septembre 2025, je donne la parole à l'observateur ou l'observatrice de l'État observateur de Palestine pour qu'il ou elle introduise l'allocution du chef de l'État.
Au nom de Dieu. le clément et le miséricordieux. Excellence Annalena Baerbock, présidente de l'Assemblée générale. Excellence Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Excellence, Majesté, chef de délégation, que la bénédiction de Dieu soit avec vous. Je m'exprime aujourd'hui après près de deux ans au cours desquels la population palestinienne dans la bande de Gaza connaît une guerre génocidaire, marquée par les destructions, la faim, les déplacements. Une guerre livrée par les forces d'occupation israéliennes, au cours de laquelle plus de 220 000 Palestiniens ont été tués ou blessés, dont la majorité sont des enfants, des femmes, des personnes âgées, innocents. Une guerre qui a déplacé des centaines de milliers de personnes. et ils ont empêché l'arrivée de médicaments et autres articles, ce qui a créé une famine. Ils assiègent une population entière, ont détruit près de 80 % des foyers, écoles, hôpitaux, églises, mosquées, autres installations et infrastructures. Israël ne mène pas seulement une agression, mais commet un crime de guerre, un crime contre l'humanité qui ont été avérés, documentés, qui se retrouveront dans les manuels d'histoire et resteront dans la conscience humaine comme le chapitre le plus épouvantable de la tragédie humaine au 20e et 20e siècle. en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, la capitale de l'État de Palestine. Le gouvernement israélien extrémiste continue de mettre en œuvre sa politique de colonies de peuplement par l'expansion illicite de colonies, par de nouveaux projets d'annexion. et notamment le plan de construction pour la zone E1 qui séparerait la Cisjordanie en deux parties et isolerait Jérusalem-Est de ses alentours et saperait l'avènement de la solution des deux États en violation criante du droit international et des résolutions applicables du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2334. De surcroît, le Premier ministre israélien a annoncé un projet d'un "Grand Israël", plan que nous rejetons et déplorons. Ce projet va empiéter sur des États arabes souverains. en plus des attaques contre l'État ami du Qatar que nous condamnons. Il s'agit d'une violation flagrante du droit international. Il faut donc mettre en place des mesures de dissuasion de ces projets expansionnistes, avec un soutien accru. Le terrorisme des colons se poursuit, ils déracinent des arbres, s'en prennent à des villages, incendient des terres, s'en prennent à des Palestiniens innocents qu'ils tuent en fait en plein jour sous la protection de l'armée d'occupation israélienne. En outre,
Les sites saints chrétiens et musulmans à Jérusalem et dans la bande de Gaza n'ont pas été épargnés par les attaques. Ces attaques ont détruit des mosquées, des églises, des cimetières, au mépris total du statu quo historique et en violation flagrante des dispositions du droit international. En dépit de toutes ces souffrances de notre pays, nous rejetons les attaques du Hamas perpétrées le 7 octobre, ces agissements qui ont visé des Israéliens et ont débouché sur une prise d'otages, car ces agissements ne représentent pas le peuple palestinien, ni leur combat juste pour la liberté et l'indépendance. Nous avons affirmé et continuerons de le faire que la bande de Gaza fait partie intégrante de l'État de Palestine, et nous sommes prêts à endosser toute la responsabilité de la gouvernance et de la sécurité dans la bande de Gaza. Le Hamas n'aura aucun rôle à jouer dans la gouvernance future. Le Hamas et les autres factions devront déposer les armes auprès des autorités palestiniennes nationales dans le cadre d'un processus visant à édifier les institutions d'un État avec un seul droit et une seule force de sécurité légale. Nous ne voulons pas un État doté d'une armée. Je le répète, nos plaies sont béantes. Notre calvaire est colossal. Des millions de Palestiniens sont déplacés depuis la Nakba en 1948. Notre population en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, mais également dans la bande de Gaza, vit toujours sous la tragédie de l'occupation israélienne, et ce depuis des décennies. Toutes ces années sous l'occupation, Marquée par les meurtres, les arrestations, le vol d'argent, de propriétés, de terres, et tout cela se poursuit sans qu'aucune mesure de dissuasion ou de reddition de comptes ne soit mise en place. Des années de privation. qui ont permis à l'occupant, au lieu de ne pas protéger le peuple qu'il occupe, mais de commettre plus de violations des droits du peuple palestinien à l'autodétermination, à la liberté, à la dignité, à l'indépendance et à la souveraineté sur les terres de l'État palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est. Plus de 1000 résolutions ont été adoptées à l'ONU, mais aucune n'a été appliquée. Il y a eu tant d'efforts, tant d'initiatives internationales qui n'ont pas pu mettre un terme à cette situation tragique, à savoir que le peuple palestinien ploie sous le joug de l'occupation israélienne. En 1993, nous avons signé les accords d'Oslo. Et nous avons honoré toutes ces dispositions, toutes leurs dispositions. Nous avons reconnu l'État d'Israël. Israël, à l'époque, avait reconnu l'Organisation de libération de la Palestine en tant qu'unique représentant. du peuple palestinien. Nous avons aussi restructuré nos institutions. Nous avons amendé notre charte nationale. Nous avons rejeté la violence et le terrorisme. Nous avons embrassé une culture pacifique. Nous nous sommes attelés à édifier les institutions d'un État palestinien moderne, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël. Mais Israël n'a pas respecté les dispositions desdits accords et n'a cessé de les torpiller. Mesdames et Messieurs, il y a deux jours, a eu lieu une conférence de haut niveau à New York, sous la présidence conjointe de la France et de l'Arabie saoudite, avec une forte présence internationale, des positions unies qui étaient l'expression de la volonté de la communauté internationale de faire cesser ce conflit de longue date, en reconnaissant l'État de Palestine, en faisant cesser l'occupation, en redonnant espoir tant aux Palestiniens qu'aux Israéliens. Et à cet égard, au nom du peuple palestinien, je voudrais exprimer toute notre gratitude, tous nos remerciements aux États qui ont reconnu récemment l'État de Palestine et à ceux qui entendent le faire sous peu. Nous demandons instamment à tous les États qui ne l'ont pas encore fait de reconnaître notre État. Nous vous demandons d'aider la Palestine à obtenir le statut de membre à part entière à l'ONU. Nous avons déjà reconnu le droit d'Israël à exister en 1988 et en 1993. Et nous reconnaissons toujours ce droit. À cet égard, nous tenons à remercier la France, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Belgique, le Portugal, le Luxembourg, Malte, Monaco, Saint-Marin, Andorre et le Danemark d'avoir reconnu l'État de Palestine. Nous remercions les 149 États qui ont reconnu précédemment l'État de Palestine. Notre peuple n'oubliera jamais cette décision noble. Nous louons également le rôle joué par les coprésidents de la conférence, la France, l'Arabie saoudite, mais également le Royaume-Uni. Nous remercions tous les États qui ont dirigé les différents groupes de travail et ceux qui ont participé ou continuent de participer à l'Alliance mondiale pour la paix. Nos remerciements s'adressent également à tous les États qui nous aident dans nos efforts pour mettre un terme au génocide et à l'occupation et pour faire advenir la paix. Nous remercions sincèrement toutes les personnes, toutes les organisations aux quatre coins du monde qui ont manifesté pour défendre les droits des Palestiniens à l'indépendance et à la liberté, pour mettre un terme aux destructions, à la guerre, à la famine. On ne peut pas faire l'amalgame entre la solidarité pour la cause palestinienne et l'antisémitisme, car nous rejetons également l'antisémitisme forts de nos valeurs et de nos principes. Nous nous félicitons des résultats de la conférence pour la paix et aujourd'hui, nous souhaitons réitérer les points suivants devant l'Assemblée générale. Tout d'abord, la nécessité de mettre un terme permanent à la guerre à Gaza. Deuxièmement, l'entrée sans aucune restriction de l'aide humanitaire des organisations humanitaires de l'ONU, dont l'UNRWA, et l'arrêt de l'utilisation de la faim comme arme. À cet égard, nous remercions les États amis, les organisations qui nous envoient de l'aide. Troisièmement, la libération de tous les otages et de tous les prisonniers de part et d'autre. Quatrièmement, le retrait complet de l'occupation de la bande de Gaza et le rejet des projets de déplacement, l'arrêt des colonies, du terrorisme des colons, du vol de terres et de propriétés palestiniennes dans le cadre de l'occupation et l'arrêt des atteintes au statu quo sur les lieux saints. Ce sont là autant d'actions unilatérales qui minent la solution des deux États à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Cinquièmement, l'État de Palestine doit endosser la pleine responsabilité, tout d'abord avec un comité administratif pour la bande de Gaza, présidé par un ministre du gouvernement palestinien, afin de gérer les affaires de la bande de Gaza de façon provisoire, ensuite de relier la bande de Gaza à la Cisjordanie avec le soutien des pays arabes et de la communauté internationale, avec une présence arabe et internationale pour protéger les civils à Gaza et aider les forces palestiniennes qui seraient placées sous la houlette de l'ONU. au lieu de déplacer les Palestiniens. Sixièmement, garantir que les résidents de la bande de Gaza puissent continuer de vivre sur leurs terres et ne soient pas déplacés, et mettre en place un plan de relève et de reconstruction tant à Gaza qu'en Cisjordanie. Septièmement, libérer les recettes fiscales palestiniennes retenues injustement par les autorités israéliennes et lever le siège économique et les obstacles pour accéder aux villages palestiniens comme réfugiés. 8. Appuyer nos efforts en faveur d'une réforme et de la tenue d'élections législatives et présidentielles dans l'espace d'un an après la guerre. Un comité a déjà été créé afin de rédiger une constitution temporaire et il devrait terminer ses travaux dans les trois mois afin que l'on puisse passer de l'Autorité palestinienne à un État. Nous souhaitons un État moderne et démocratique, respectueux du droit international, de la primauté du droit et du multilatéralisme, avec un passage pacifique du pouvoir. et nous souhaitons par tous les moyens émanciper les jeunes et les femmes. 9. Nous sommes tous disposés à oeuvrer aux côtés du président américain Donald Trump et du royaume d'Arabie saoudite, ainsi que de la France, de l'ONU et de tous les partenaires, en vue de mettre en oeuvre le plan de paix qui a été entériné à la conférence qui s'est tenue le 22 septembre, afin de faire advenir une paix juste et la coopération régionale. Mesdames et messieurs, aujourd'hui, nous le disons sans ambages, la paix ne pourra être instaurée si justice n'est pas rendue. Il ne pourra y avoir de justice si la Palestine n'est pas libérée. Nous souhaitons vivre dans la liberté, dans la sécurité, dans la paix, comme toutes les autres populations du monde, dans un État indépendant souverain, dans le cadre des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, dans la sécurité, dans la paix, aux côtés de nos voisins. Nous souhaitons un état civil moderne. qui se sera affranchi de la violence, de l'extrémisme, du terrorisme, un État qui respecterait le droit, les droits humains et miserait sur les êtres humains, sur le développement, la technologie et non pas qui vivrait en guerre. Il aurait été venu pour la communauté internationale de veiller à ce que le peuple palestinien puisse obtenir son droit légitime de se libérer de l'occupation et ne soit pas à la merci des aléas de la politique israélienne qui nie nos droits et qui poursuivent leur oppression, leur agression. Nous allons continuer d'aller de l'avant. Nous allons poursuivre notre combat diplomatique, juridique pour reconquérir ses droits. Enfin, je voudrais dire à nos frères et sœurs dans notre patrie et dans la diaspora, quelle que soit l'intensité de notre peine, cela ne nous empêchera pas de nous battre pour vivre. Le drapeau de la Palestine sera hissé haut sur notre État en tant que symbole de dignité, de ténacité, et de libération du joug de l'occupation. La Palestine nous appartient. Jérusalem est notre capitale éternelle. Nous n'allons pas quitter notre patrie, nos terres. Notre population demeurera enracinée comme l'olivier, ferme comme le roc, solide comme le roc et Depuis notre Terre Sainte, nous envoyons un message d'espoir, de vérité, de droit. Nous souhaitons jeter des passerelles grâce à une paix juste pour les peuples de la région et du monde entier. Que la paix, la compassion, la bénédiction de Dieu vous accompagnent. Merci.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de l'État de Palestine, Mahmoud Abbas. L'Assemblée va maintenant entendre l'allocution de son Excellence, Monsieur Rachad Mohamed Al Alimi, président du Conseil de direction présidentiel de la République du Yémen. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Ma déclaration aujourd'hui est intitulée « Pour le Yémen, pour le monde ». Majesté, Excellence, Altesse, Madame la Présidente de l'Assemblée générale des Nations unies, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, les représentants, Mesdames et Messieurs les délégués. Je tiens tout d'abord à adresser à Madame Annalena Baerbock et à son pays, la République fédérale d'Allemagne, mes sincères félicitations à l'occasion de son élection à la présidence de l'Assemblée générale des Nations unies. Je lui souhaite plein succès dans la conduite de cette session. à laquelle nous accordons beaucoup d'importance. Session dont le thème est « Meilleur ensemble au service de la paix, du développement et des droits humains ». Je salue également M. le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Nous nous réjouissons à l'idée de travailler avec ce duo à la tête de l'Organisation afin de faire triompher la paix et les droits humains au Yémen. notamment en garantissant la protection des travailleurs humanitaires enlevés par les milices houthistes soutenues par le régime iranien. Je profite également de cette occasion pour adresser mes sincères félicitations à notre grand peuple yéménite qui célèbre ce soir le 63e anniversaire de la chute du régime raciste et la naissance du régime républicain fondée sur les principes de liberté et de justice, l'élimination des différences, la discrimination entre les classes, la participation des femmes, la garantie des droits et des libertés. Dans le cadre de cette organisation, bâtie sur les ruines d'une guerre terrible, l'humanité s'est engagée il y a huit décennies à ne laisser aucune population face à la tyrannie, au chaos, à la famine, sans le soutien de la communauté internationale. Vous vous êtes engagés et nous nous sommes engagés avec vous à ce que notre organisation préserve la dignité humaine et le droit des peuples à la dignité, à la sécurité, au développement, à la paix. Aujourd'hui, après 80 ans, nous vous posons la même question cruciale. Ces valeurs sont-elles toujours vivantes ou pas? Sinon, que signifie le fait que notre pays soit laissé en otage du projet expansionniste du régime iranien et des séministes qui utilisent la faim comme une arme, la religion comme un outil et les voies maritimes comme un moyen de chantage? Que signifie le fait que ce pays ancestral soit devenu l'un des foyers de terrorisme transfrontalier les plus dangereux au monde? Nous ne sommes donc pas ici pour simplement parler de la résistance légendaire du peuple yéménite face aux organisations terroristes et les plus violentes et les plus arrogantes qui soient, mais plutôt pour construire sur ce qui a été accompli et appeler le monde cette fois-ci à agir et à nous en souvenir et à porter l'aide que nous avons promis à notre peuple et non pas à répéter les erreurs du passé. L'Yemen aujourd'hui n'est pas seulement une crise interne, c'est devenu un test pour la crédibilité du système international. Plus d'une décennie après le coup d'État des milices houthistes contre le consensus national. Notre peuple vit l'une des plus grandes crises humanitaires et fait face à des menaces sécuritaires qui dépassent ses frontières pour toucher la région et le monde entier. Les milices hutistes ne sont plus un simple groupe rebelle dans une région isolée du pays, mais plutôt une organisation terroriste mondiale dotée d'un arsenal important, y compris des missiles balistiques, des drones, des bateaux piégés, des mines marines, des missiles à fragmentation et d'autres armes interdites au niveau international. Par ailleurs, ce groupe illégal soutient des réseaux de trafic de drogue. Ils utilisent de nouvelles technologies pour perturber les communications dans le but de transformer le Yémen en un laboratoire d'essais pour les armes de ses soutiens. Il ne s'agit pas seulement d'un saumon de guerre, mais d'un projet visant à redessiner la carte dans la région. Il faut se demander ce que demain nous réserve lorsque la mer Rouge et les voies navigables seront devenues les otages permanents de ce terrorisme. C'est pourquoi, mesdames et messieurs, Les années passées ont prouvé que la politique de gestion du conflit par le biais de mesures incitatives n'a fait qu'apporter davantage de destruction et que la politique d'endiguement a donné au milice hutiste le temps et les ressources nécessaires pour élargir son arsenal. L'ONU n'a pas été capable de protéger ses employés qui ont été kidnappés à Sanaa ou de protéger les installations pétrolières et les navires de transport maritime, il est apparu clairement que la paix tant souhaitée ne pouvait être obtenue par la négociation, mais devait être imposée par la force. Il est aujourd'hui du devoir du monde de revoir sa position concernant la situation au Yémen. D'un côté, il existe un large front national qui croit en la légitimité internationale, à des valeurs de partenariat et de démocratie, préserve la diversité locale et la participation de la population et qui œuvre à bâtir des institutions d'État. C'est le front que je représente aujourd'hui, ainsi que mes frères membres du conseil de direction et du gouvernement, au nom de tous les Yéménites. Et en face, nous avons une organisation sectaire, fasciste, qui commet des actes de terrorisme transfrontalier et qui adopte un modèle autoritaire, théocratique, hostile aux droits humains. C'est le groupe des houtistes et leurs partisans. Le fait que beaucoup aient ignoré la nature profonde de la crise yéménite a encouragé les ministres houthistes à persister dans leurs menaces contre la paix dans la région, à cibler les sources d'énergie, puis les voies de navigation, jusqu'à enlever le traité des employés des Nations unies. Je me suis déjà exprimé depuis cette tribune à plusieurs reprises et j'avais affirmé que le gouvernement de la République du Yémen était toujours prêt à une paix globale, même s'ils devaient pour cela faire des concessions douloureuses, tant que c'était dans les intérêts du peuple yéménite. Mais après l'échec des efforts de maintien de la paix, il est devenu nécessaire d'agir ensemble et de manière décisive afin d'imposer la paix. C'est pourquoi j'appelle aujourd'hui à la formation d'une coalition internationale efficace afin de rétablir la sécurité et la stabilité au Yémen, une coalition qui reconstruira les institutions de l'État et libérera le pays de l'emprise des milices et des groupes terroristes. La 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies semble avoir un besoin urgent de prouver à ses membres que le droit international n'est pas une simple légende et que l'ordre mondial fondé sur des règles n'est pas un simple appel sélectif. Le Yémen et Gaza dans ce contexte, restent des terrains d'essai pour notre institution. C'est là où l'on peut affirmer que la force du droit est toujours capable de s'opposer à la loi du plus fort. La cause palestinienne est au cœur de cette question. C'est une blessure qui continue de saigner. C'est la question centrale pour les Arabes. Alors que nous avons connu un tournant historique avec la reconnaissance massive de son État indépendant, et nous voudrions saluer le Royaume d'Arabie saoudite pour les efforts qui ont été déployés en collaboration avec les partenaires français afin de progresser à cet égard. Nous réaffirmons également notre appui à l'Autorité palestinienne et à la solution à deux États, conformément aux résolutions de l'Organisation et à l'Initiative de paix arabe, et nous appelons les autres États membres à reconnaître l'État de Palestine et à appuyer le droit de sa population à la dignité. Dans le même temps, nous réitérons notre rejet de la position adoptée sur cette juste cause par les milices rebelles et leurs partisans, qui n'ont apporté à la Palestine que l'isolement et la ruine. Au milieu de ses souffrances, Que vit le peuple yéménite depuis 11 ans? Nos frères ne nous ont pas laissés seuls. L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, non seulement ont tout fait pour protéger l'État yéménite de l'effondrement, mais aussi toute la région de tomber sous la coupe du projet iranien. Ils ont présenté un modèle pratique de partenariat stratégique fondé sur le développement. Le monde devrait adopter ce modèle et pas simplement l'observer. À la fin de la semaine dernière, nos frères du Royaume d'Arabie saoudite ont de nouveau annoncé un soutien économique supplémentaire au budget général et aux services de base, à un moment où le gouvernement yéménite est confronté à de graves difficultés financières. Et nous espérons que la communauté internationale se joindra à cet effort afin de permettre à des millions de Yéménites de survivre. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, le titre de ma déclaration était: "Pour le Yémen, pour le monde". Nous ne vous invitons pas à travailler pour le Yémen uniquement, mais pour le monde entier. Le Yémen ne doit pas être la proie du chantage et du terrorisme. Cela n'ouvrirait la porte qu'à davantage de victimes et cela saperait la crédibilité de cette organisation et de ses principes. Ce que nous vous demandons, ce ne sont pas de nouvelles déclarations, mais une action internationale décisive pour appuyer le gouvernement légitime, qui est un partenaire fiable sur le terrain. Le moment est venu de lancer une coalition internationale pour libérer le Yémen et pour reconstruire l'État yéménite, pour protéger la sécurité dans la région et dans le monde face à un terrorisme transfrontalier croissant. Voilà ce que nous espérons. Et je vous remercie toutes et tous.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président du Conseil de direction présidentiel de la République du Yémen. L'Assemblée va à présent entendre l'allocution de Son Excellence, madame Gordana Siljanovska-Datskova, présidente de la République de Macédoine du Nord. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Merci, Madame la Présidente, et Monsieur le Président du Sénat.
Monsieur le Président, Madame la Présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, Mesdames et Messieurs. Étant le fondement du droit international et du multilatéralisme, les Nations unies ont permis d'empêcher bien des conflits et des guerres et d'atténuer les répercussions d'innombrables crises humanitaires. L'ONU a aidé de nombreux États à emprunter la voie de l'égalité souveraine, ont tiré des milliers de personnes de la pauvreté et garanti l'éducation de milliers de personnes. Des mouvements mondiaux en faveur de la justice sociale Des droits se sont ainsi levés, les droits humains ont pu être respectés, l'humanité a été mobilisée face au changement climatique. Pour ces réalisations et bien d'autres encore, l'ONU et ses dirigeants ont. Se sont vus décerner 12 prix Nobel de la paix. Mais aujourd'hui, l'ONU fait face à un séisme géopolitique qui ébranle les fondements mêmes de l'ordre mondial d'après la 2e Guerre mondiale. Les crises d'aujourd'hui émanent de profonds bouleversements qui zappent, qui ébranlent ainsi les fondements qui ont façonné notre monde ces 80 dernières années. Une nouvelle ère. s'ouvre ainsi devant nos yeux au lieu d'œuvrer de concert en faveur de la paix et de la sécurité face au changement climatique et aux destructions, l'intelligence artificielle et les disparités, il semble qu'on s'acheminerait vers un état où Il n'y a plus d'unité au lieu d'un seul ordre mondial, il semble que d'autres ordres émergent, chacun avec leurs propres règles, intérêts, qui souvent sont des ordres qui sont contradictoires les uns avec les autres. Et aujourd'hui, je me demande si l'ONU ne redevient pas un peu une société des nations. Au lieu de créer un sentiment d'avenir partagé, on constate. une baisse de l'humanisme, alors que le droit international n'est plus assez respecté, que la faim est utilisée comme arme de guerre et que les acteurs humanitaires sont pris pour cible. Sur fond de violence quotidienne, notre monde est tiraillé entre un pessimisme et le fait d'essayer de s'échapper de façon édoniste. Il semblerait qu'il y ait maintenant une certaine indifférence. Les troubles de l'ordre mondial ont suscité bien des clivages géopolitiques, et je songe notamment à l'Ukraine, où cela fait trois ans et demi qu'une guerre est livrée contre ce pays. L'agression russe constitue une violation criante de la Charte des Nations unies et est une menace directe à la paix et à la sécurité internationales. Nous sommes également vivement préoccupés par les violations récentes des espaces aériens de la Pologne, de la Roumanie et de l'Estonie, qui sont tous trois membres de l'OTAN. Nous nous sommes associés à la déclaration conjointe du 12 septembre. Nous appelons à une désescalade, au plein respect du droit international et au recours à la diplomatie préventive afin de désamorcer les tensions et de préserver la paix. Excellence. Ces failles géopolitiques se retrouvent également dans la région des Balkans. Le processus d'adhésion de mon pays à l'Union européenne a été entravé pendant 20 ans et non pas sur la base de critères objectifs, mais pour des raisons nationalistes. La dernière condition dictée par l'Union européenne pour engager les négociations d'amender notre constitution. La constitution qui est un contrat social avec les citoyens et il s'agit là d'une question qui est inhérente à notre pays. Le président de la République, le gouvernement, au moins 30 membres du Parlement et 150 000 citoyens doivent accepter cet amendement et il est évident qu'on ne peut pas vraiment nous imposer ce type d'amendement. Nous souhaiterions et donc on nous demande, on nous dit qu'on ne peut commencer que les négociations qu'après cet amendement, mais cela rouvrirait de nombreuses questions culturelles. et historique dont nous avons parlé avec la Grèce. Nous n'avons certes cessé de dire que les accords devaient être respectés. Les traités de bon voisinage, de coopération avec la Bulgarie ne comportent aucune disposition d'amendement constitutionnel. Enfin, l'Union européenne dit être unie dans la diversité, s'engage à respecter la diversité linguistique, culturelle, la dignité, l'intégrité. Alors, comment peut-on nous demander de discuter, de négocier avec un voisin de l'histoire, de la culture ou de la langue? Nous avons répété à l'envi que nous nous considérions comme européens et que nous croyions fermement en le projet européen qui a fait advenir paix et prospérité au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Les idéaux de l'Union européenne constituent toujours notre plus grande source d'inspiration, notamment stratégique, alors que nous souhaitons tisser des liens d'amitié avec nos voisins et coopérer avec les pays de la région. Nous ne souhaitons pas des différends avec nos voisins. Ce que nous souhaitons, c'est être intégrés dans l'Union européenne, mais sans qu'on nous dicte conditions supplémentaires et en respectant notre dignité nationale. Après la guerre en Ukraine, l'intégration des Balkans occidentaux, c'est une question de sécurité. Si l'on ferme la porte à nos pays, mais si l'on ouvre la porte à d'autres centres géopolitiques de pouvoir, eh bien, Il est alors paradoxal que l'Union européenne parle de résilience. Si l'Union européenne souhaite être une union géopolitique, elle ne devrait pas laisser de côté les pays des Balkans occidentaux dans un vide géopolitique. Comme la présidente de la Commission européenne l'a dit, l'Union européenne doit trouver un consensus le plus rapidement pour pouvoir réunifier l'Europe et avoir un poids plus important sur la scène géopolitique. Mesdames et messieurs, je me dois enfin d'évoquer une des régions les plus instables sur le plan géopolitique, le Moyen-Orient et Gaza. Le Moyen-Orient a une tradition millénaire de coexistence. L'histoire nous montre que lorsque la diversité est respectée, elle peut être une source d'enrichissement. Mais l'histoire nous indique également que les violences, quelles que soient leurs origines, accentuent les dissensions, prolongent les souffrances humaines et éloignent les parties de solutions justes et globales. Nous sommes convaincus qu'une paix pérenne ne pourra régner au Moyen-Orient que grâce au dialogue et à la diplomatie, conformément au droit international. Le caractère immuable de la vie humaine et de la dignité a été respecté, même en temps de guerre, conformément au droit international humanitaire. Et dans cet état d'esprit, nous réaffirmons notre appui en faveur des efforts internationaux visant à garantir la désescalade, à forger un dialogue inclusif et engager des négociations directes. Mesdames et messieurs, tous ces clivages et ces tensions géopolitiques nous démontrent ce qui suit. Sans les institutions multilatérales, leurs procédures, sans le droit international qui restreignent les puissants et aident les plus faibles, l'on ne pourra faire advenir un ordre mondial. Si l'on tolère des violations de résolution de l'Assemblée générale, Alors, on permet à d'autres de le faire lorsque les avis de la CIJ sont ignorés, les résolutions ne sont plus appliquées ou lorsque le processus de paix au Moyen-Orient fait l'objet d'une obstruction au Conseil de sécurité. Certains disent qu'il faudrait éviter les traités, les accords internationaux qui sont un fardeau trop lourd et qu'il faudrait plutôt se replier sur les alliances régionales. Alors, le moyen le plus de régler les crises se trouverait en dehors de l'ONU, en contournant le Conseil de sécurité. Mais s'éloigner de ces mécanismes internationaux en faveur d'un opportunisme régional nous ferait basculer vers un avenir incertain de concurrence géopolitique ou économique et de concurrence pour les ressources. Est-ce vraiment ce monde-là que nous voulons léguer aux générations futures? L'autre option consiste à redynamiser le multilatéralisme et à rendre les institutions plus à même d'absorber les chocs. Mesdames et Messieurs, les jeunes générations ont le droit d'avoir accès à une Organisation des Nations unies plus forte, qui ferait des réformes qui permettraient de vivre en harmonie avec les peuples et la nature. Ces réformes doivent être profondes pour garantir une plus grande participation, harmoniser les différentes valeurs et les mécanismes, prendre en compte les intérêts des pays et les intérêts mondiaux et avoir des institutions qui fonctionneraient bien. La réforme de l'ONU doit être vue comme une occasion de renouveler l'ordre mondial fondé sur des règles. Et nous devrions venir défier les privilèges de certains États membres. Mais quel est l'intérêt d'être un membre privilégié d'une organisation qui est aujourd'hui en déclin, marginalisée, pour que l'ONU soit plus forte. Le Conseil de sécurité doit être remanié pour être plus inclusif, responsable et plus à même de maintenir la paix et la sécurité internationales. L'Assemblée générale doit être un organe délibérant, prenant des décisions au lieu d'un club de conversation. La Le respect des avis de la Cour de justice devrait être de mise pour tous les États afin de garantir l'État de droit. Des réformes s'imposent face aux anciens défis, mais également aux nouveaux. L'intelligence artificielle recèle un potentiel immense, mais également des risques incalculables pour la civilisation. Ses effets pourraient être plus importants que la révolution numérique et industrielle. Bien conscient de tous ces éléments, mon pays souhaite que l'intelligence artificielle devienne une priorité lors de la 80e session. L'année prochaine, on élira un nouveau secrétaire général de l'ONU. Il nous faut une personne de grande stature, à la riche expérience diplomatique et à même de fédérer, de dégager un consensus, mais une personne également très humaine, très engagée en faveur des plus vulnérables. Les diplomates les plus qualifiés du monde doivent également avoir du tact. Il est grand temps, après 80 ans, de voir une femme élue au poste de secrétaire général dans un monde dominé par des hommes forts, souvent munis d'armes. Il nous faut des femmes fortes, emplies de sagesse et d'empathie. Je suis convaincue que les femmes qui, aux côtés des enfants, sont les premières victimes des guerres, ont le droit inaliénable et l'obligation de prévenir les guerres. Les petits États sont particulièrement vulnérables. Les États de taille moyenne ou de plus petite taille doivent être les principaux bénéficiaires de cette réforme de l'ONU. Je voudrais vous faire part de nos actions à cet égard. Nous avons voté pour l'adoption du pacte pour l'avenir, nouveau contrat social. Alors que nous vivons dans une des régions la plus durement touchée par les changements climatiques, la Méditerranée, nous faisons déjà l'expérience des phénomènes météorologiques extrêmes, retombées des changements climatiques. Voilà pourquoi nous avons signé les accords de Paris. fondamentale lors de la COP 29 à Bakou. Nous nous sommes ralliés à l'engagement de Séville. Nous avons intégré les ODD dans notre stratégie nationale de développement 2024 2034. Lors de la troisième conférence des Nations unies sur les océans à Nice, nous nous sommes engagés en faveur d'une gouvernance des océans robuste en entérinant le plan d'action. Nous Nous nous efforçons de garantir des postes de direction femmes et de mettre en œuvre les programmes Paix, Femmes, Paix et Sécurité. Nous avons signé un accord-cadre de l'ONU pour garantir un développement social inclusif, des économies et un travail décent, une économie verte, l'État de droit et la bonne gouvernance. Mesdames et Messieurs, Nous sommes aujourd'hui mis à rude épreuve. Soit nous garantirons un ordre mondial fondé sur des principes visionnaires, soit nous nous dirigeons vers une catastrophe aux proportions inédites pour l'humanité. Dag Hammarskjöld nous avait dit que les Nations unies n'avaient pas été créées afin de nous envoyer au paradis, mais plutôt afin de nous préserver de l'enfer. Nous devons donc reconnaître que l'ONU est une organisation imparfaite, mais incontournable pour nous acheminer vers un ordre mondial plus juste, plus sûr. Donnons donc la chance à l'ONU de remplir sa mission. Merci.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier la présidente de la République de Macédoine du Nord. L'Assemblée va entendre l'allocution de son Excellence monsieur Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, président du Conseil présidentiel de transition de la République d'Haïti. J'ai pris les protocoles de venir pour l'accompagner, son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la présidente de l'Assemblée générale, monsieur le secrétaire général, excellence, mesdames, messieurs les chefs d'État et de gouvernement, mesdames, messieurs, les chefs de délégation distingués, délégués. C'est avec gravité et beaucoup d'espoir que je porte la voix d'Haïti et les salutations d'un peuple digne et résilient qui, malgré les épreuves, revendique pour lui-même et pour l'humanité entière trois promesses le développement, le respect de la dignité humaine et la paix. La paix qui est aujourd'hui l'urgence absolue du peuple haïtien. Au nom de ce peuple, je vous adresse, Madame la Présidente, mes plus sincères félicitations pour votre élection à la tête de cette Assemblée. J'exprime également ma gratitude au Secrétaire général António Guterres pour son engagement indéfectible en faveur de notre Organisation et son soutien constant et multiforme à la République d'Haïti. Mesdames, Messieurs, le thème de cette session, « Mieux ensemble, 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits de l'homme », honore l'œuvre remarquable accomplie au fil des décennies. Ils rappellent aussi l'impératif de rester unis et résilients face aux crises sans précédent qui menacent l'avenir de la planète, la paix et la sécurité internationales. Aujourd'hui, la faim menace des millions de vies, les conflits armés se multiplient et l'extrême pauvreté s'intensifie, provoquant des migrations forcées qui ébranlent la stabilité internationale et qui mettent à l'épreuve la solidarité des nations. À ces défis s'ajoutent les changements climatiques, la montée du terrorisme, les atrocités de masse, la criminalité transfrontalière, le recul des droits humains, la désinformation. On ne peut fermer les yeux sur l'urgence de renforcer les systèmes de santé, d'assurer une transition énergétique juste et de promouvoir l'égalité de genre, l'inclusion des jeunes. Ces enjeux appellent nous les leaders mondiaux, à assumer notre responsabilité de bâtir une Organisation des Nations unies mieux adaptée aux défis d'aujourd'hui et aux espoirs de demain. Nous devons veiller à ce que toutes nos actions, y compris les avancées technologiques comme l'intelligence artificielle, servent à la paix, le développement et la dignité humaine. Mesdames et messieurs, à seulement quatre heures de vol d'ici, se joue une tragédie humaine, l'une des plus graves de notre hémisphère. Chaque jour, des vies innocentes s'éteignent sous les balles, le feu, la peur. Des quartiers entiers disparaissent, forçant plus d'un million de personnes à l'exil intérieur et réduisant à néant souvenirs, investissements, infrastructures. Des milliers d'enfants sont privés de leur droit fondamental à l'éducation. Des milliers de jeunes sont condamnés au désespoir. Des centaines de filles et de femmes violées portent à jamais dans leur chair et dans leur âme les stigmates de la violence. Près de la moitié de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë. Le système sanitaire s'effondre. Les hôpitaux sont vandalisés, incendiés ou contraints de fermer leurs portes. Les médecins fuient, des vies sont sacrifiées, faute de soins. Même la prise en charge des personnes vivant avec le VIH ou la tuberculose est menacée. Voilà le visage d'Haïti aujourd'hui. Un pays en guerre, un guerre n'est pas contemporain, une tragédie humaine aux portes de l'Amérique, à seulement 4 heures de vol d'ici. Il faut le dire, en Haïti, c'est une guerre qui se joue, une guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social et une population désormais qui lutte pour préserver la dignité humaine et la liberté. La riposte doit être ferme et résolue. Aujourd'hui, la communauté internationale doit, aux côtés d'Haïti, déployer les grands moyens. Pas de demi-mesures, mais une action forte, coordonnée et immédiate. Le silence ou l'inaction n'est pas une option. Il faut agir vite pour protéger des vies, rendre l'innocence à des enfants, offrir un avenir à des jeunes et permettre à des citoyens et citoyennes de décider de leur avenir par les urnes. Chaque minute perdue se traduit en vies humaines sacrifiées et en recul de la démocratie. Haïti veut la paix. Haïti attend la paix. Haïti a droit à la paix. Oui, mesdames et messieurs, la paix aujourd'hui, le besoin le plus urgent du peuple haïtien, elle est la raison d'être du combat sans relâche que mènent nos forces de l'ordre et la mission multinationale d'appui à la sécurité. Beaucoup de policiers et soldats sont tombés dans la guerre contre les groupes criminels. Hommage à ces héros haïtiens et kenyans qui ont payé de leur vie leur engagement pour le rétablissement de la paix et de la sécurité en Haïti. Aujourd'hui, des 2 500 initialement requis et promis, il y a sur le terrain seulement un millier de membres de la mission multinationale. Leur bravoure conjuguer à nos propres efforts, n'a pas réussi à contenir la crise sécuritaire. Pourtant, nous avons augmenté de 40% le budget des forces de l'ordre, recruté de nouvelles promotions, renforcé nos effectifs, acquis du matériel et des équipements. Nous devons nous rendre à l'évidence, Haïti se trouve à l'épicentre d'une menace régionale inédite. Des réseaux criminels puissants et lourdement armés cherchent à déstabiliser le pays et à dominer les économies de notre espace commun. La nouvelle ligne de front de ce combat se trouve chez nous, en Haïti. Si nous échouons à les affronter sur notre sol, il sera illusoire de les contenir ailleurs dans la région. C'est pourquoi nous devons afficher la même détermination, la même fermeté et la même unité que celle dont nous avons fait preuve dans la lutte contre le terrorisme. Haïti ne peut et ne pourra relever seul un tel défi. Aujourd'hui, Il est impératif de mobiliser une force robuste disposant d'un mandat clair et de moyens matériels, logistiques et financiers adéquats. En cette matière, les leçons de l'expérience de la MMAS et les recommandations des experts haïtiens doivent être mises à profit. Nous avons également besoin d'une coopération internationale renforcée, fondée sur le partage de renseignements et de contrôles douaniers rigoureux afin de stopper le flux d'armes, de munitions, de drogues et de financement vers les gangs. La paix ne pourra être restaurée que si nos partenaires de la région veillent par des mesures concrètes à ce que leur territoire ne serve plus de point de départ ou de transit à ces trafics. Les approches qui n'ont pas porté de fruits hier ne sauveront pas Haïti aujourd'hui. Il est impératif d'écouter la voix du peuple haïtien, d'oser des solutions nouvelles, fortes et adaptées aux réalités du terrain. En ce sens, nous souscrivons pleinement aux efforts engagés pour transformer la mission multinationale d'appui à la sécurité. Nous appelons également à la solidarité de toute la communauté internationale, et plus particulièrement l'engagement des membres du Conseil de sécurité, pour un vote favorable à la résolution établissant une force de suppression des gangs. C'est pourquoi je veux exprimer, au nom du peuple haïtien, ma profonde gratitude aux États-Unis d'Amérique et au Panama pour cette initiative dont la concrétisation marquera un tournant décisif dans la lutte contre l'insécurité qui étouffe notre nation. J'adresse également mes remerciements à l'administration du président Trump pour les efforts déployés afin d'apporter soutien et ressources dans notre lutte commune contre les gangs, ces ennemis qui menacent à la fois Haïti, et toute la région. Aujourd'hui, la complexité de la crise haïtienne ne doit pas servir de prétexte à des plaidoyers sans fin, à des négociations interminables ou à des blocages dictés par des considérations géopolitiques. Chaque jour, des décisions profitent aux groupes criminels. L'urgence commande d'être proactif, de s'élever au-dessus des divisions pour agir ensemble au service des valeurs qui nous rassemblent, la paix et la dignité humaine. Haïti accueillera avec intérêt l'organisation d'une rencontre de haut niveau afin d'aplanir les obstacles et d'avancer concrètement. À cet effet, nous saluons les pays de la région qui ne cessent de nous apporter leur inestimable soutien, notamment à travers des déclarations au sein de diverses organisations régionales telles que l'OEA et la CARICOM. Nous apprécions à leur juste valeur leur démarche auprès des partenaires du Conseil de sécurité pour une réelle solution à la crise sécuritaire en Haïti. Nous rendons également hommage à tous les États qui, lors des crises passées, se sont tenus à nos côtés et exprimons l'espoir de pouvoir compter à nouveau sur leur engagement. Ensemble, nous pouvons et nous devons résoudre cette crise qui a trop duré. 12 millions d'hommes, de femmes et d'enfants attendent cet engagement. Mesdames, Messieurs, le Conseil présidentiel de transition est né d'un consensus politique issu d'intenses négociations entre les forces vives de la nation. Ce Conseil, dont la mise en place a été appuyée par des partenaires internationaux et facilitée par les éminentes personnalités de la CARICOM, dispose d'un agenda clair au cœur duquel figure l'organisation d'élections libres et crédibles. Je répète, d'élections libres et crédibles. Depuis les multiples défis liés à la crise sécuritaire, le processus électoral pour lequel le CPT et le gouvernement font preuve d'une volonté politique réelle connaît des avancées significatives. Le Conseil électoral provisoire a déjà identifié plus de 85 % des centres de vote, mobilisé plus de 70 % du personnel électoral et un financement national de 65 millions de dollars est garanti. Le Conseil présidentiel de transition collabore étroitement avec la mission multinationale d'appui à la sécurité, l'OEA, la CARICOM et le BINU pour préparer des élections libres, transparentes et inclusives, reflétant la volonté souveraine du peuple haïtien et garantissant la participation pleine et effective des femmes, des jeunes, des personnes en situation de handicap et des groupes marginalisés. Dans le souci de maintenir une cohabitation politique productive, des efforts constants sont entamés et poursuivrons pour élargir le dialogue avec différents secteurs de la vie nationale, pour renforcer le consensus et prévenir un vide qui serait fatal à la démocratie et à la stabilité. Le peuple haïtien doit pouvoir choisir ses dirigeants. L'État veut organiser des élections crédibles. Notre plus grand obstacle demeure le rétablissement de la sécurité. L'appel urgent et solennel que nous venons, une fois de plus, de lancer pour résoudre la crise sécuritaire en Haïti ne doit pas rester lettre morte, ni se perdre dans des discours ou des promesses non tenues. En Haïti, la paix ne peut plus attendre. Mesdames et Messieurs, la période transitoire ne permet pas d'engager toutes les grandes réformes structurelles dont le pays a besoin, mais la crise humanitaire actuelle doit être adressée. À ce jour, Les Tahitiens a fourni 72 % de l'aide d'urgence destinée aux personnes déplacées internes et accompagnent la relocalisation des familles. Nous exprimons notre profonde gratitude aux partenaires internationaux mobilisés à nos côtés de la réponse humanitaire et accueillons avec un vif intérêt les initiatives porteuses de ce qui, comme l'Association des États de la Caraïbe, choisissent de rejoindre cet élan. Mais notre stratégie ne se limite pas seulement à l'assistance immédiate Nous devons impérativement passer de l'aide à l'investissement. En ce sens, la volonté du gouvernement est d'initier le développement de deux grands pôles économiques, le Grand Nord et le Grand Sud, autour de filières stratégiques telles que l'agro-industrie, le textile, l'énergie renouvelable, le tourisme et les services. Haïti entend continuer à compter sur ses partenaires clés pour traverser cette période difficile et relancer son économie. Nous appelons à leur soutien à travers la mise en place de mécanismes concrets tels que le renouvellement de la loi Hope Help ou le lancement de projets de rénovation urbaine qui permettront de créer des emplois, de sortir durablement de l'impasse humanitaire et de réduire les pressions migratoires haïtiennes dans la région. Mesdames et Messieurs, 2025 marque le bicentenaire de l'ordonnance imposant Haïti le paiement d'une rançon pour la reconnaissance de son indépendance. Notre voix s'élève pour réclamer réparation, non pas dans un esprit de revanche ni d'acrimonie, mais avec un souci de justice et de vérité. Nous avons accueilli avec satisfaction la déclaration de la présidence française qui reconnaît la nécessité d'ouvrir des espaces de dialogue et de vérité historique, ainsi que la résolution du 5 juin 2025 de l'Assemblée nationale française reconnaissant l'injustice de cette rançon. Haïti a mis en place le Comité national de réparation et de restitution. Nous demandons que ces avancées soient suivies d'actions concrètes. La France, patrie des droits de l'homme, a aujourd'hui l'opportunité d'écrire une nouvelle page de son histoire avec Haïti, en honorant les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité qui nous unissent. Mesdames et Messieurs, je me dois de souligner l'apport inestimable de la diaspora haïtienne à travers le monde et le sort souvent difficile qui lui est réservé. Qu'ils vivent en Amérique, en Europe, en Afrique ou ailleurs, les millions d'Haïtiens à l'étranger contribuent au développement d'Haïti. Alors que nous traversons une crise multidimensionnelle, nous appelons à la patience et à la compréhension de nos partenaires
et amis, afin que nos ressortissants soient toujours traités avec respect et dignité. Derrière chaque migrant, il y a un visage, une famille, une histoire et une contribution au pays d'accueil. Haïti réaffirme son attachement au dialogue et à la coopération bilatérale, dans l'esprit du bon voisinage et du respect mutuel, afin d'identifier des solutions équilibrées et durables aux problèmes de l'île. La circulation sûre et régulière des biens et des personnes, notamment par voie aérienne, est essentielle à un avenir partagé et à une prospérité commune. Mesdames et Messieurs, l'Haïti de demain mérite la paix et la prospérité, un avenir fondé sur un système judiciaire indépendant, une éducation universelle, des soins de santé accessibles à tous et une économie qui offre à chacun les mêmes chances de réussir. Cet avenir exige Réforme courageuse, justice indépendante et fin de l'impunité. Nous avons le 16 avril 2025 pour mulguer un décret instituant deux pôles judiciaires spécialisés, un pour la répression des crimes et délits financiers complexes et l'autre pour la répression des crimes de masse et des violences sexuelles. Nous avançons sur leur effectivité. Nous sommes prêts à continuer sur cette voie. Ce n'est pas le moment d'éprouver ce sentiment de « Haiti fatigue ». La communauté internationale n'a pas le droit de détourner le regard de la situation d'Haïti. Face à l'ampleur de cette crise, le silence ne serait pas neutralité, il serait complicité. Mesdames et messieurs, permettez-moi de rendre hommage au peuple haïtien. Le représenter ici est le plus grand honneur de ma vie. Au-delà de fonction de président du Conseil présidentiel de transition d'Haïti, je suis un citoyen haïtien authentique, engagé et profondément attaché à cette terre. Une terre de liberté et de dignité, de courage et de talent. Haïti n'est pas une nation de résignés. Nous sommes un grand peuple, un peuple solidaire, des femmes et des hommes qui se sont sacrifiés pour leur patrie et pour l'humanité. Haïti n'est pas un territoire livré aux criminels armés, mais une nation debout, composée de familles dignes et résilientes, qui, chaque jour, malgré les pires épreuves, luttent pour un avenir meilleur. Je rends hommage à mes compatriotes qui sont sans conteste parmi les peuples les plus résilients de la Terre. Ils méritent mieux. Leur redonner espoir est ma seule mission. C'est pourquoi, en ce moment, je vous appelle à vous tenir aux côtés d'Haïti. Nous devons bâtir la paix en Haïti, pour la Caraïbe, pour les Amériques, pour l'humanité entière. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président du Conseil présidentiel de transition de la République d'Haïti. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Mikheil Kavelashvili, président de la Géorgie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président.
Monsieur le Secrétaire général, chers collègues, Mesdames et Messieurs, je représente un pays vieux de 3 millénaires, le berceau d'une des plus anciennes civilisations au monde, et le peuple géorgien. vaillant, empreint de fierté et de dignité, un pays qui possède un alphabet unique, une langue ancienne, une tradition chrétienne de 17 siècles. L'histoire de la Géorgie a été marquée par notre combat constant pour la survie face aux envahisseurs. Et par miracle, nous avons pu préserver notre identité culturelle, nos traditions et notre identité nationale. En dépit de siècles de guerres constantes contre des envahisseurs, la culture géorgienne a toujours brillé par un humanisme sans égal, une tolérance et la compassion à l'égard des autres. Cette tolérance, l'altruisme, la coexistence harmonieuse et la diversité constituent la clé de voûte de notre culture ancienne, qui est reflétée notamment dans la polyphonie géorgienne, dans nos traditions nationales et dans l'épopée connue de par le monde de Chota Roustavelli, le chevalier à la peau de panthère. En Géorgie, tout au fil de l'histoire, aucun être humain n'a jamais été opprimé ou persécuté pour des motifs ethniques ou religieux, bien au contraire. Nous sommes connus pour notre sentiment profond de justice. Je représente aujourd'hui le peuple géorgien qui ne connaît que très bien trop bien les périls de la guerre, mais également la valeur de la liberté de la paix. Un. peuple qui chérit ses riches traditions et sa riche histoire, tout en affrontant résolument les défis qui se dressent devant nous. Face aux défis planétaires inédits et aux changements géopolitiques rapides, conflits, changements climatiques, polarisation idéologique, marginalisation culturelle ou encore crise humanitaire due aux guerres, la Géorgie se targue d'être le garant du dialogue, de de la stabilité et du développement durable. En dépit des nombreux écueils qui nous entourent, nous avons pu garantir la sécurité de notre peuple. La philosophie fondamentale du gouvernement géorgien est de préserver la paix et et, quels que soient les coûts, de préserver notre peuple de la guerre. Cela fait déjà quatre ans qu'une guerre atroce et sanglante est livrée en Ukraine, aux conséquences catastrophiques et aux souffrances humaines majeures. Forts de notre douloureuse expérience de la guerre de 2008, qui a laissé des plaies béantes au peuple géorgien, nous comprenons mieux que quiconque les souffrances endurées par l'Ukraine aujourd'hui. La Géorgie exprime son soutien infaillible en faveur du peuple ukrainien, comme nous connaissons bien l'importance de la paix. La Géorgie contribue à la transformation du Caucase du Sud pour en faire non plus une zone de conflit, mais bien un espace de dialogue entre les civilisations, un espace de prospérité économique. Nous nous félicitons de l'initiative de paix du président Donald Trump entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ainsi que ses initiatives afin de faire cesser la guerre meurtrière entre la Russie et l'Ukraine. La Géorgie n'a cessé de s'atteler à établir une paix pérenne dans le Caucase du Sud et à renforcer la confiance et la coopération entre les voisins. Cela fait des siècles que notre pays est à la croisée des civilisations, est un espace de dialogue entre diverses cultures. Aujourd'hui, la Géorgie veut reprendre ce rôle historique. Nos relations étroites avec les pays du Caucase du Sud et de l'Asie centrale, les accords avec l'Union européenne ou encore notre emplacement clé dans le corridor central donnent à notre pays une importance particulière, tant dans la région que sur le continent eurasien. La Géorgie est une passerelle naturelle entre l'Europe et l'Asie, l'Occident et l'Orient. Grâce à notre emplacement géographique et notre politique étrangère pragmatique, la Géorgie devient un pôle régional en termes de commerce et de transit de l'énergie. La Géorgie contribue grandement au développement de la route stratégique du corridor central et veille par tous les moyens à ce que ce corridor corridor demeure l'axe le plus rapide, le plus sûr, le plus stable, reliant l'Occident à l'Orient. Nous travaillons étroitement avec les investisseurs internationaux pour développer les infrastructures, créer de nouvelles routes de transit de l'énergie qui vont toutes accroître la connectivité entre les marchés asiatiques et européens. Dans le cadre de ce corridor central et de son développement, la Géorgie a mis en branle des projets à l'importance stratégique afin le volume et l'intensité du trafic ferroviaire, maritime et aérien. Il y a notamment un projet de modernisation ferroviaire qui s'est terminé, alors que maintenant nous sommes en train de mettre en place un port à Anaklia, un Nous modernisons l'aéroport de Tbilissi et nous plaçons des câbles sous-marins en mer Noire. Tous ces projets vont fournir au pays enclavé en Asie centrale et au Caucase du Sud. une connectivité maritime vers le reste du monde. Ces projets permettront de diversifier les routes énergétiques, accroissant, ce faisant, la sécurité énergétique de l'Europe et du Caucase du Sud, afin de promouvoir le développement du corridor centrale et garantir la connectivité entre les deux plus grands marchés, l'Asie et l'Europe, la Géorgie accueille le Forum de Tbilissi Route de la soie depuis huit ans. Une réunion internationale qui permet de dialoguer et d'évoquer les nouvelles perspectives et auquel participent 2 000 représentants de plus de 60 pays et notamment Notre objectif est de nouer des relations constructives avec les États-Unis, la Chine, l'Union européenne et d'autres. Nous sommes ouverts au dialogue et à la coopération, mais dans le même temps, nous exigeons respect, dignité, équité. Le peuple géorgien n'acceptera jamais qu'on lui parle le langage des ultimatums, du chantage ou de l'intimidation. La Géorgie respecte scrupuleusement les principes et les valeurs fondamentaux des Nations unies. La Géorgie est un membre responsable, digne de la communauté internationale. J'en veux pour preuve les efforts considérables consentis par le gouvernement géorgien actuel afin d'améliorer la protection des droits humains. Et c'est surtout grâce aux politiques rationnelles et pragmatiques de notre gouvernement que nous avons pu préserver la paix, la croissance économique, améliorant sensiblement la qualité de vie de nos citoyens. En dépit de nombreuses difficultés rencontrées ces dernières années, la Géorgie a fait montre d'une résilience remarquable face aux chocs extérieurs. Notre trajectoire positive de développement a été confirmée dans le cadre de classements internationaux ou d'indicateurs de la part d'organisations les plus prestigieuses au monde. Même si 20 % de notre territoire demeure sous occupation, nous continuons de nous atteler au développement et au progrès avec une énergie et une détermination sans faille. Nous souhaitons que nos enfants vivent dans un pays encore plus fort, plus digne, dans un monde pacifique. À présent, je voudrais m'adresser à nos frères et sœurs de l'autre côté de la ligne. qui. C'est par les territoires occupés, les frères et sœurs d'Abkhazie et d'Ossétie. Cela fait des siècles que nous partageons la même histoire, une histoire marquée par l'héroïsme de nos ancêtres, notre combat pour la survie de notre nation, notre amour de la patrie. Nous n'avons jamais été un grand empire qui imposait ses règles aux autres. Nous avons toujours été fiers de notre diversité. La Géorgie est un pays où des civilisations se sont rencontrées, ont coexisté dans une harmonie pendant des siècles. Notre culture est le fruit de cette synthèse complexe de longue date. Chers frères et sœurs d'Ossétie et d'Abkhazie, notre culture n'a pas changé. La diversité, pour nous, n'est pas un problème, c'est une formule essentielle. nécessaire à notre coexistence. Voilà pourquoi nous accueillons toujours les bras ouverts nos compatriotes qui sont situés de l'autre côté de la ligne d'occupation. Nous devons également surmonter les obstacles artificiels, jeter des passerelles. Laisser de côté nos doléances. Je suis convaincue qu'un jour, aux côtés de nos enfants, nous pourrons vivre en Géorgie dans le cadre d'un pays uni, développé, heureux. alors que plus aucun obstacle ne se dressera sur la voie de notre coexistence harmonieuse. Je voudrais ici remercier la communauté internationale pour son soutien sans faille en faveur de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie. La Géorgie, à l'instar du reste du monde, en est à un tournant de l'histoire moderne. L'avenir de l'ordre international demeure incertain. L'ONU doit garantir la transition de notre planète vers un ordre international pacifique, stable, équitable, multipolaire. La Géorgie, en tant que membre responsable de la communauté internationale, est disposée à aider l'ONU pour qu'elle devienne l'alternative incontournable à la guerre, le principal garant de la paix. Nous sommes tous disposés, en prenant en compte nos intérêts nationaux, à nouer le dialogue avec toutes les parties sur les questions présentant un intérêt mondial ou régional. La réalité actuelle fait que nous devons faire face à des problèmes épineux lancer un dialogue ouvert, pragmatique. Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra surmonter les défis planétaires et offrir de nouveaux horizons à nos pays, aux peuples, aux générations futures. Merci. Merci de votre attention. Que Dieu bénisse l'humanité.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de la Géorgie. L'Assemblée va maintenant entendre l'allocution de Son Excellence, M. Luis Alberto Arce Catacora, président constitutionnel de l'État plurinational de Bolivie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Bonjour à toutes et à tous. Avant toute chose, je souhaiterais vous adresser des salutations fraternelles à l'Assemblée de l'Organisation des Nations Unies, à Madame la Présidente de l'Assemblée, Annalena Baerbock, et par elle à l'ensemble des États ici représentés. La 90e période de session, ce n'est pas une simple date. C'est un moment historique qui nous invite à marquer une pause et à nous demander pourquoi cette organisation est née et à nous demander également si les résultats escomptés par l'humanité ont été atteints après deux guerres mondiales où la lutte pour les richesses et pour le pouvoir ont fait des millions de morts, de déplacés, de blessés. Nous devons Regardez la vérité en face. En huit décennies, au sein du Conseil des Nations, nous avons vu se développer des discours qui utilisent les capacités des grandes puissances qui ont beaucoup d'expérience en matière de droit international pour cacher des blessures profondes et difficiles pour l'humanité. On a utilisé des législations intelligentes et on a utilisé du matériel audiovisuel qui ne permet pas de régler des problèmes tels que le néocolonialisme dans toutes ses expressions, des problèmes d'occupation territoriale, de génocide. d'ingérence économique, politique, culturelle, les problèmes de racisme, de discrimination, la course aux armements et la violence que cela entraîne, sans aborder d'autres problèmes tels que la faim, la crise climatique, énergétique, alimentaire, ainsi que les crises financières qui sont de plus en plus fréquentes. Les effets sont clairs. il y a des confrontations, des discours de haine, qui promeuvent la division entre des nations sœurs, des discours d'inégalité, et cela provoque la pauvreté, et qui sapent des institutions qui étaient créées pour protéger les droits des plus faibles. Il y a également les droits économiques, sociaux et culturels des peuples, l'on ignore encore plus s'il s'agit des peuples autochtones. Une évaluation sincère nous pousse à confirmer que 80 années après sa création, les résultats escomptés n'ont pas été atteints. Le monde actuellement est tout aussi divisé et connaît tout autant de confrontations 80 ans après. Aujourd'hui, il y a une inégalité de la redistribution des richesses qui est encore plus importante qu'il y a 80 ans. Les chiffres de la pauvreté, des inégalités, des injustices, au lieu de baisser, augmentent de plus en plus. Le risque que la paix qui existe encore disparaisse et qu'une troisième guerre mondiale endeuille la planète est assez proche si nous ne réagissons pas à temps. Le danger que le développement inarrêtable des forces du capitalisme avec une mauvaise utilisation de l'intelligence artificielle puisse accroître la crise climatique et puisse causer des dommages inutiles pour la grande majorité de la population, c'est quelque chose qui n'est pas non plus très éloigné. La situation n'est pas bonne. L'ONU a été bâtie sur les millions de vies qui ont été détruites à cause de l'Holocauste, à cause des destructions physiques et morales dues à la violence du fascisme, mais également de la violence de l'impérialisme qui a eu recours à deux bombes atomiques et un des objectifs pour lesquels l'organisation a été créée, cela a été d'éviter que la barbarie de cette guerre ne soit répétée. Nous entendons encore les échos des tambours de guerre dans tous les continents. On constate des génocides qui sont permis par deux pays. On nie le droit souverain d'un peuple être libre, on utilise des armes sophistiquées pour provoquer un pays souverain et on encourage une militarisation pour soi-disant lutter contre la drogue et on maintient également un blocus criminel contre un peuple, tout cela parce qu'il a conquis son indépendance il y a plus de six décennies. Les guerres ne sont pas les mêmes qu'il y a 80 ans, elles sont désormais multidimensionnelles. Il s'agit de guerres économiques, financières, médiatiques, des guerres d'information, des guerres cybernétiques. Sans pour autant avoir recours à la guerre militaire qui, elle, peut avoir recours à la guerre depuis l'espace, la guerre biologique, qui utilisent des technologies guerrières. Alors, ce n'est pas une nouveauté. Tout cela a des incidences sur la souveraineté et la sécurité alimentaire. Cela met en danger des ressources stratégiques telles que l'eau. On met en danger la survie de l'être humain sur cette planète. On met en danger la vie même sur cette planète. Il est temps de dévoiler l'origine de ces tragédies. C'est la domination sauvage du système capitaliste qui fait de l'accumulation des gains l'objectif de quelques-uns par rapport aux intérêts de la majorité. La cause, c'est le dérèglement capitaliste qui revient toujours à cette accumulation Le capitalisme, dans cette phase impérialiste, utilise la violence, le saccage des ressources naturelles, un assaut contre les états souverains pour atteindre les logiques d'accumulation en termes de pouvoir politique et militaire d'une part et en termes de contrôle territorial d'autre part. Il y a une troisième cause, c'est la volonté obsessive de l'administration de Trump d'hégémonie, y compris en mettant en danger le système libéral de mondialisation, en causant des douleurs et des morts. Pourquoi? Pour s'approprier les ressources naturelles, pour prendre le contrôle des matières premières au bénéfice d'une bourgeoisie impériale et pour subordonner la majeure partie des pays pour satisfaire sa soif insatiable de richesses et pour essayer de maintenir un ordre unipolaire à tout prix. La publication récente de la stratégie nationale des États-Unis envisage un retrait des troupes dans son pays vis-à-vis du Canada, de l'Amérique latine. Et notre expérience nous pousse à penser qu'il s'agit d'une nouvelle application de la doctrine Monroe et que l'Amérique appartient aux Américains, aux États-Unis. C'est un moment de néocolonialisme. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les chefs d'État, depuis Abiy Ayalah, le nom autochtone de notre continent, nous nous sommes déclarés zone de paix lors du deuxième sommet de la CELAC à La Havane en 2014. Les pays de notre région ont respecté ce mandat, un mandat que nous nous sommes donné en prenant en considération nos différences idéologiques et politiques. avec des problèmes de frontières, d'occupation territoriale qui n'ont toujours pas été réglés, mais nous pouvons dire que c'est la paix et pas la guerre qui guide nos relations internationales. Depuis 2022, je lance un appel aux Nations Unies afin que l'Assemblée Générale déclare le monde comme un territoire de paix. Il y a 11 années qui se sont écoulées depuis la déclaration historique de la CELAC et 3 années qui se sont écoulées depuis mon appel devant cette Assemblée. Et non seulement nous n'avons pas déclaré le monde comme étant une zone de paix, mais nous sommes En revanche, face à une dure réalité, la mort s'installe dans les relations internationales. Nous sentons également la menace du fascisme dans toutes ses variations pour exploiter, dominer les peuples. La cinquième flotte des États-Unis, qui dépend du commandement sud, mobilisée qui elle même recourt à des missiles, elle utilise des avions, des hélicoptères, des sous-marins en utilisant le prétexte que cet espace maritime est utilisé pour porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis par le biais de l'introduction illégale de cocaïne par des groupes criminels qui appartiennent à des cartels. Au-delà d'une violation du droit international, cette action provocatrice et impérialiste a deux objectifs. Premièrement, une intervention sur la République bolivarienne du Venezuela qui, depuis 1929, défend son indépendance, la liberté de son peuple et la souveraineté de son État. qui possèdent des ressources naturelles très importantes, tout particulièrement du pétrole, et au nord, on essaie de s'approprier ces ressources. Et deuxièmement, on essaie de reconquérir l'Amérique latine et les Caraïbes en sapant la démocratie, en favorisant la militarisation et d'autres pratiques néocolonialistes que nous devons appeler par leur nom: l'impérialisme. qui intervient soi-disant pour lutter contre le trafic de drogue, c'est un mensonge. Si c'était vrai, il faudrait commencer par lutter contre ce phénomène aux États-Unis, où la demande pour tout type de drogue est très élevée. C'est là que l'on trouve différents types de criminalité organisée. Les États-Unis veulent s'opposer à un monde multipolaire qui ne convient pas à ses intérêts. On a vu les images dans le monde entier de ces interventions militaires, mais il y a d'autres types d'actions dévastatrices, comme des actions telles que le renforcement du blocus économique contre Cuba. Il y a des milliards de dollars qui sont dus par les États-Unis à Cuba. Cuba à cause des effets de cette politique. C'est un rejet de Cuba qui ne sera pas détruit. La menace de mort concerne également le Moyen-Orient. Au Moyen-Orient, la douleur de millions de familles à la suite du décès de milliers de Palestiniens aux mains de la puissante armée israélienne. ne peut pas être stoppée. Toute cette violence compte, il faut le dire, et bénéficie, il faut le dire, du soutien inconditionnel des États-Unis qui veut accélérer le déplacement du peuple palestinien, et le plus rapidement possible. Et la paix sera un mot vide de sens tant que le peuple palestinien sera soumis à des pratiques génocidaires et ne disposera pas d'un territoire qui lui appartient, un territoire souverain dont la capitale sera Jérusalem. Mais dans cette région, c'est pas la seule chose qui se passe. La stabilité politique et géopolitique fragile est amenacée par des attaques préventives contre la République islamique d'Iran et contre la le petit pays du Yémen, comme il avait été utilisé à son époque par George Bush. Cette menace de mort, elle concerne également l'Eurasie, malgré les tentatives de trouver une issue politique, l'ambition expansionniste de l'OTAN, qui est le bras militaire du capital, mise sur la prolongation d'un conflit militaire en utilisant l'Ukraine comme fer de lance contre la Fédération de Russie. Et cette menace de mort, elle pèse également sur l'Asie en mer de Chine orientale, qui est une zone particulièrement importante du point de vue géostratégique et économique. On constate au moins deux problèmes qui peuvent avoir une incidence non seulement sur la région, mais sur l'ensemble du monde. Il y a la souveraineté de Taïwan par rapport à la République populaire de Chine. C'est un autre exemple de néocolonialisme explicite encouragée par les États-Unis, ainsi que la controverse autour des îles de Shenhaku dont la souveraineté fait l'objet d'un conflit entre le Japon, Taïwan et la République populaire de Chine, des îles désertes mais qui renfermeraient des ressources très importantes, la tension constante entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, Il pourrait donner lieu à un problème qui non seulement concernera ces deux pays, mais qui aurait des incidences sur la sécurité du monde entier. Mesdames et messieurs les chefs d'État, j'ai mentionné la situation mondiale pour attirer votre attention sur le fait que cette nouvelle étape d'interventionnisme doit être appelée par son nom. C'est du néocolonialisme. Alors que faire? Je pose cette question qui a été posée par des stratèges brillants de la lutte de l'émancipation du travail face au capital qui aujourd'hui au 21e siècle concerne l'opposition de la vie à la mort et ce pour vous proposer ce qui suit. Tout d'abord la création d'une commission des réparations suite à l'esclavage, l'apartheid, le génocide et le colonialisme dans les pays du Sud. Pour cela Les Nations Unies doivent trouver le moyen pour que les seigneurs de la guerre et de la mort consacrent des milliards, non pas à une course à l'armement, mais à un fonds de réparation. Que ici, l'Assemblée générale, qui est l'enceinte la plus importante au niveau international, soit utilisée pour lancer un appel et reconnaître que le colonialisme et le néocolonialisme a été une erreur historique. et que cela a causé des dommages sociaux pour les populations qui en ont été la victime, notamment les sociétés autochtones. Il faut le faire au nom de la construction d'un avenir juste. Nous devons condamner l'impact dévastateur du colonialisme par le passé, mais également au présent. Je lance un appel aux chefs d'État de la CELAC et de l'Union africaine pour qu'ils unissent leurs efforts et qu'ils s'opposent aux conséquences négatives du colonialisme. Cette commission devra créer des mécanismes efficaces pour rétablir la justice historique dans les domaines suivants: le domaine des réparations, le droit à la terre, la récupération des écosystèmes détruits par les actions des colonisateurs et des entreprises internationales, Il faudra s'excuser du passé colonial. Il faudra veiller à la restitution des biens culturels des peuples autochtones qui ont été volés par les colonisateurs au cours du processus d'expansion, au cours des génocides. Il faudra prévenir les pratiques néocoloniales, mettre en place des programmes pour le développement des peuples autochtones et pour la préservation de leur culture, de leur identité. Il faudra indemniser les peuples qui résistent à l'occupation militaire de leur territoire. et qui subissent des blocus économiques et des sanctions unilatérales. Deuxièmement, il faudrait que l'Assemblée générale des Nations unies devienne un organe contraignant pour qu'elle devienne véritablement la voix de toutes les populations et non un espace de réalisation de la volonté des puissants. Nous avons besoin que cette enceinte soit éthique, soit le cœur politique, l'âme d'une nouvelle ère qui repose sur la culture de la vie. Nous avons besoin que les résolutions approuvées à l'Assemblée des Nations Unies ne puissent pas faire l'objet de veto par une superpuissance et soient mises en œuvre immédiatement. Cela impliquerait la vigueur réelle du multilatéralisme. Troisièmement, il faudra déclarer le monde comme territoire de paix, il faudra permettre la démilitarisation et à cet égard, il faudra aller le plus loin possible. La grande majorité de la population du monde refuse d'accepter que la sortie des crises cycliques du capital doivent se faire par le biais d'investissements de milliards de dollars pour la fabrication de tout type d'armes, classiques ou pas. Avec un tiers des dépenses militaires mondiales, nous pourrions garantir davantage d'éducation, de santé, de logement, et ce pour tout le monde. Les Nations Unies doivent devenir un pacte pour la paix et la vie. Quatrièmement, il faut réformer profondément le Conseil de sécurité, un Conseil qui ne doit pas être pris en otage par une délégation. C'est une réforme nécessaire. C'est une demande formulée depuis de nombreuses années par les pays du Sud. Il faut démocratiser le Conseil de sécurité. Cela signifierait garantir le principe d'égalité juridique des États. Cela garantirait la démocratisation de notre avenir. Il faudra veiller à ce que les voix de l'Afrique, de l'Amérique latine, des Caraïbes, de l'Asie et des peuples qui ont été marginalisés historiquement comptent également. Cinquièmement, nous devons progresser vers une Déclaration universelle des droits de la terre nourricière. La Bolivie, aux côtés des peuples de l'Amazone, se sont fait entendre pour rappeler la nécessité urgente de coopérer au niveau international afin de préserver au mieux l'Amazonie En consolidant la souveraineté des pays de l'Amazonie en termes de protection stratégique du monde. Sixièmement, nous devons rejeter tout type de guerre commerciale. Nous devons travailler pour la diminution des écarts économiques et sociaux entre les pays capitalistes et. les autres pays. Les guerres commerciales touchent non seulement les entreprises, mais le monde du travail. Cela diminue de manière importante la possibilité pour les classes inférieures à avoir accès à une alimentation adéquate. Les capitalistes, les ambitions hégémoniques ne ne peuvent pas réduire les droits au travail, à l'alimentation et à l'éducation des classes travailleuses. Mesdames et messieurs les participants à la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, je me félicite qu'à l'occasion de cet anniversaire de la création des Nations unies, vous avez pu entendre la position de l'État plurinational de Bolivie sur des problèmes essentiels aujourd'hui et sur les possibilités de travailler en faveur de la paix, du développement et des droits humains collectifs. Le peuple bolivien, à qui nous avons garanti une transition démocratique comme cela n'avait jamais été vu en 28 ans dans notre pays, sera vigilant et attentif aux changements qui doivent s'opérer dans le cadre des Nations unies afin de garantir la paix mondiale. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le président constitutionnel de l'État plurinational de Bolivie. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République gabonaise, chef de l'État et chef du gouvernement. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente de l'Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, distingués délégués, Mesdames et Messieurs, À l'entame de mon propos, il me plaît d'adresser mes plus sincères et chaleureuses félicitations à Son Excellence, Madame Annalena Baerbock, pour son élection à la présidence de cette 4e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Madame la Présidente, votre expérience vous permettra, j'en suis convaincu, d'accomplir avec efficacité les missions inhérentes à votre haute fonction. Soyez assurés de l'entière coopération de mon pays. À Son Excellence, Monsieur Philémon YANG, votre prédécesseur, j'adresse mes compliments pour le remarquable travail accompli durant son mandat. Enfin, je voudrais saluer à nouveau L'action de Son Excellence, Monsieur Antonio Guterres, secrétaire général de notre organisation, pour tous les efforts qu'il ne cesse de déployer depuis sa prise de fonction. Le Gabon, mon pays, est particulièrement attentif à l'initiative ONU 80 qui vise l'efficacité opérationnelle face aux défis mondiaux. et à la rationalisation des mandats au sein du système des Nations unies. Madame la Présidente, il y a un an, devant cette auguste Assemblée, en qualité de président de la transition de la République gabonaise, je présentais le processus politique entamé dans mon pays depuis le coup de la libération opéré le 30 août 2023. Au terme de l'élection présidentielle du 12 avril 2025, dont le processus et les résultats ont été unanimement salués par la communauté internationale, cette transition s'est achevée par mon investiture le 3 mai 2025, en qualité de premier président élu de la République gabonaise. établissant ainsi les bases de l'ordre démocratique. Comme vous le savez, le Gabon a connu une transition pacifique exemplaire, marquée par l'inclusion de l'ensemble des forces vives de la nation. Cette transition apaisée ouverte un dialogue national inclusif et un référendum constitutionnel est conforme au chronogramme qu'il s'est fixé. lequel se poursuivra par l'organisation des élections législatives, locales et sénatoriales, libres et transparentes. Pour ce faire, le premier et le second tour des élections jumelées, législatives et locales, se tiendront le 27 septembre et le 11 octobre 2025. En ce qui concerne l'élection des sénateurs, Celle-ci aura lieu le 8 novembre et le second tour est fixé au 29 novembre 2025, en vue d'un retour définitif à l'ordre constitutionnel dès janvier 2026. Nous pensons légitimement ce processus pacifique et historique pourrait d'ailleurs faire l'objet d'enseignements et d'études dans divers milieux. le peuple gabonais a puisé les ressorts de ce succès dans son histoire, sa culture de paix et sa vision partagée du futur. C'est l'occasion pour moi d'exprimer au nom du peuple gabonais et au mien propre, nos sincères remerciements à l'Organisation des Nations Unies pour son accompagnement multiforme. Je sais également pouvoir compter sur l'appui de l'ONU dans le cadre de la mise en œuvre du plan de croissance et de développement du Gabon. Ce plan met l'accent sur l'augmentation de notre capacité énergétique, le renforcement des infrastructures, le développement du numérique et l'employabilité des jeunes. Mesdames et messieurs, le Gabon revient devant vous avec un message clair notre pays a changé. Après des décennies de tension et de dérive politique économique, le peuple gabonais a choisi la voie de la réconciliation et du renouveau. Devenant ainsi le symbole et la preuve qu'il est possible de transformer l'épreuve en espérance, la dépendance en unité, la division en unité, le tout sans effusion de sang. Aujourd'hui, le Gabon n'est plus un pays en suspens. Il est de retour aux côtés des autres États, debout, digne et prêt à assumer toute sa place dans le concert des Nations. Le Gabon nouveau, digne d'envie, que mes compatriotes appellent de tous leurs vœux, signifie aussi que l'État gabonais doit désormais être au service de son peuple. Mais notre renaissance nationale serait vaine sans évolution de l'ordre international. Il n'est plus acceptable que les nations africaines restent cantonnées dans le rôle de pourvoyeuses de matières premières dont d'autres fixent les prix et en tirent profit. C'est donc le lieu pour moi d'inviter les investisseurs publics et privés à nous accompagner dans le cadre de partenariats gagnant-gagnant. Nous avons décidé de transformer nos ressources sur place, de créer des emplois chez nous, développer des filières industrielles africaines et dialoguer avec le monde sur des bases d'équité, de probité et de respect mutuel pour notre essor vers la félicité. Dans sa marche vers le développement, le Gabon, pays de paix et d'opportunités, continuera d'être une terre d'accueil pour tous ceux qui s'engagent à respecter nos lois, nos valeurs républicaines et à contribuer de manière exemplaire à l'essor national. Distingués délégués, Mesdames et Messieurs, Cette quatre-vingtième session de l'Assemblée générale, ayant pour thème « Mieux ensemble: plus de 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains », se tient dans un contexte international marqué par des crises économiques, environnementales et sécuritaires, qui appellent à un engagement collectif plus soutenu et plus ferme. Ceci est une invitation urgente à faire face à ces préoccupations, conformément à l'esprit et à la valeur de la Charte des Nations unies. Mesdames et messieurs, le monde offre aujourd'hui un visage profondément différent, alors que l'humanité n'a jamais disposé d'autant de moyens technologiques pour assurer son bien-être. Jamais la paix et la sécurité internationales n'ont paru si fragiles et si menacées. Il est plus que temps que la paix règne sur la terre, et particulièrement en Afrique, si meurtrie par des conflits dont les donneurs d'ordre et financiers se trouvent hors du continent. Que les âmes se taisent en République démocratique du Congo, au Soudan, dans la Corne de l'Afrique et au Sahel. À cet égard, plutôt que de toujours stigmatiser et condamner les États du Sahel, la communauté internationale gagnerait à les soutenir dans leur lutte contre l'hydre terroriste. Mesdames et Messieurs, le 12 décembre 1988, le Gabon reconnaissait officiellement l'État de la Palestine. Hier comme aujourd'hui, nous soutenons la solution à deux États, seule voie conforme aux résolutions des Nations unies pour garantir une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, autant que la sécurité internationale. De même, Le Gabon ne peut que réitérer sa position en faveur de la levée de l'embargo imposé à Cuba, en raison de son impact négatif sur le bien-être des populations. Nous réaffirmons solennellement notre plein appui aux efforts internationaux menés à travers le monde pour parvenir à la paix. Ces efforts devrait être centrée sur l'humain, notamment les femmes et les jeunes. Dans le cadre du Pacte pour l'avenir de 2024, l'ONU doit continuer à encourager et appuyer l'action cruciale des femmes, résultant de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing, dont nous célébrons les 30 ans cette année. Madame la présidente de l'Assemblée générale, Monsieur le secrétaire général des Nations unies, la triple crise planétaire des changements climatiques, de l'appauvrissement de la biodiversité et de la pollution est une menace existentielle pour l'humanité. Pourtant, les efforts de la communauté internationale face à ces défis restent dramatiquement insuffisants. Le traité de la biodiversité, au-delà des juridictions nationales que nous venons de ratifier, vient combler un vide juridique et offre un cadre ambitieux pour une gouvernance équitable et durable dans la biodiversité. Ensemble, nous avons une réelle opportunité de faire de ce traité un véritable levier de transformation pour les générations présentes et futures. Le Gabon est le gardien d'une partie du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète. Ce patrimoine exceptionnel ne sera pas sacrifié aux appétits financiers. Nous demandons un partenariat mondial équitable où la protection de nos forêts s'accompagne d'une juste rémunération. pour les services écologiques rendus à l'humanité. Mesdames et Messieurs, le nouveau ordre mondial est en marche. Les mutations en cours dans nos sociétés sont inévitables et ne peuvent pas continuer d'être ignorées. La paix et la justice internationales ne seront garanties que par un multilatéralisme revitalisé, notamment par la réforme du Conseil de sécurité, tenant compte des exigences africaines exprimées à travers la Déclaration de Syrte et le consensus des Ouléni, auquel le Gabon est fermement attaché. En souhaitant plein succès à nos travaux, je formule mes vœux d'heureux anniversaire à notre Organisation. Je vous remercie.
Je vous remercie et je nous souhaite toutes et tous un joyeux anniversaire.
Je tiens, au nom de l'Assemblée générale, à remercier le président de la République gabonaise, chef de l'État et chef du gouvernement. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence monsieur John Dramani Mahama, président de la République du Ghana. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs. À l'occasion de cette 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, je voudrais évoquer le rôle qui incombe à l'Afrique dans l'avenir de notre organisation, toutefois. je ne saurais le faire sans évoquer le rôle collectif qu'a joué l'Afrique depuis la création de l'Organisation. Un rôle qui était modeste. Parmi les 21 États membres ayant créé l'ONU en 1945, seuls quatre étaient africains: l'Égypte, l'Éthiopie, le Liberia et l'Afrique du Sud. Il est important d'indiquer que l'ONU est né sur les cendres de la Deuxième Guerre mondiale en raison de l'incapacité de son prédécesseur, la Société des Nations, d'éviter un conflit mondial à grande échelle. ce qui était pourtant son objectif lorsqu'elle avait vu le jour en 1920, dans le sillage de la Première Guerre mondiale. Parmi les 42 membres fondateurs de la Société des Nations, seuls trois étaient africains: le Liberia, l'Union d'Afrique du Sud et l'Éthiopie. L'Égypte y a adhéré en 1937. La participation de l'Afrique à la création de l'ONU était donc minime et peu importante, et cela parce qu'avant Tous les autres pourparlers, toutes les réunions, les représentants de groupes de 14 nations se sont réunis à Berlin dans le cadre d'un cycle de discussions qui a commencé en 1884 et a entraîné le partage et la colonisation du continent, également connu sous le nom ruée vers l'Afrique. Le passé est souvent le prélude de l'avenir. Eh bien, par le passé, la majorité des 54 pays qui composent l'Afrique n'ont jamais eu voix au chapitre lorsque le nouvel ordre mondial a été dessiné. Mais la donne a changé et le rôle de l'Afrique dans l'histoire à venir sera majeur. Selon les projections de l'ONU, d'ici à 2050, plus de 25 de la population mondiale devrait résider sur le continent africain. En outre, à l'horizon 2050, un tiers des jeunes âgés de 15 à 24 ans habiteront sur le continent africain. Donc, vous le voyez, l'avenir du monde est africain. Et je le répète un peu plus fort pour ceux d'entre vous à l'arrière de cette salle, l'Afrique, l'avenir est africain. Déjà aujourd'hui, l'Afrique est un catalyseur du potentiel et du développement humain, mais également des réformes économiques et de la stabilité écologique. L'Afrique est le moteur de changement systémique. Même si cette réalité vous semble un peu provocatrice ou déconcertante, c'est peut-être parce que vous l'examinez sous le prisme de siècles de racisme, de colonialisme, d'impérialisme et le parti pris implicite qui en réside. Peut-être que vous ne connaissez pas la résilience des pays africains, leur capacité à revenir sur le devant de la scène. Et c'est ce qui se produit aujourd'hui dans mon propre pays, le Ghana. Notre constitution limite le mandat des dirigeants à 2 mandats de 4 ans. En janvier, j'ai été investie pour un 2e mandat qui ne suivait pas mon premier mandat. Notre devise, le cedi ghanéen. et se dépresser rapidement. Nous faisions face à une inflation qui grimpait en flèche, une dette écrasante. Le moral était au plus bas chez mes citoyens. Mon gouvernement s'est directement engagé dans un programme ambitieux de transformation profonde visant à restructurer les fondements de notre économie et à être plus compétitif sur la scène internationale. Nous avons ainsi remis les compteurs à zéro. En l'espace de seulement huit mois, nous avons réduit sensiblement l'inflation, qui est passée de 23,8 % en décembre 2024 à 11,5 % en août 2025. Rétablissement sans la stabilité des prix pour nos citoyens. En outre, notre devise s'est fortement appréciée par rapport à d'autres devises et Bloomberg a indiqué que c'était la devise qui affichait les meilleurs résultats au monde à un certain moment. Notre note pour ce qui est de notre crédit a permis de rétablir la confiance des investisseurs. et ainsi. La population a vu que les élus permettaient à tout le monde d'avancer résolument. Je pense qu'à l'occasion de cet anniversaire, l'ONU devrait également engager un processus permettant de se recalibrer, de remettre les compteurs à zéro. Depuis la création de l'organisation, le nombre d'États membres a quasiment quadruplé et, en toute honnêteté, Le monde d'aujourd'hui est bien différent de celui de l'époque de la création de l'ONU. Je l'ai mentionné précédemment, j'ai commencé mon deuxième mandat en janvier. Mon premier mandat avait pris fin en janvier 2017. Et pendant ces huit ans qui s'étaient écoulés, le monde a
des bouleversements si profonds que lorsque j'ai repris mes fonctions, j'ai eu l'impression de me réveiller d'une longue torpeur, comme Rip Van Winkle. Et pourtant, il ne s'agissait que de huit ans. Alors, imaginez-vous ce qu'il en serait après 80 ans, après la création de l'ONU. En 1945, le soleil ne s'était pas encore couché sur le plus grand empire de l'histoire. Le mode le plus courant de déplacement international était maritime. L'ordinateur n'avait pas été inventé, sans même parler des ordinateurs portables, et la télévision n'en était qu'à ses balbutiements en noir et blanc. Les relations entre les États-Unis et l'Union soviétique se refroidissaient alors que Winston Churchill avait décrété qu'un rideau de fer était tombé sur le continent européen. À présent, 80 ans plus tard, dans notre monde d'aujourd'hui, 100 000 vols commerciaux décollent et atterrissent chaque jour. Les bibliothèques ont été numérisées et donc des volumes entiers de littérature peuvent être stockés sur un petit appareil qui tient dans votre poche. Nous vivons dans le monde des crypto-devises, de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux, de l'internet et de son donjon bien sombre, le dark web, qui sont tous des menaces potentielles planant sur la paix et la sécurité mondiales. Les changements climatiques sont déjà bien réels et nous essayons de mener une bataille que nous allons perdre pour les Maldives, les nations insulaires face à l'élévation du niveau des mers, pour Tombouctou face à la désertification, pour la forêt tropicale de l'Amazonie face au réchauffement mondial et au déboisement. La Charte de l'ONU est obsolète en termes de représentation. Les deux pays les plus puissants au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale sont toujours récompensés par leur statut de gardien quasi totalitaire du reste du monde. Et pourtant, la première phrase du chapitre l'article 1 de la Charte décrète que l'organisation est fondée sur le principe d'égalité souveraine de tous ses membres. Si c'était bien le cas, un continent aussi large que l'Afrique, aux innombrables États membres de l'ONU, aurait au moins un siège permanent au Conseil de sécurité. De surcroît, nous sommes d'avis que le droit de veto ne devrait être l'apanage de cinq nations, ne devrait pas être absolu. Il faudrait créer un mécanisme qui permettrait à l'Assemblée générale de contester un veto. Aucun pays ne pourrait exercer un droit de veto absolu pour servir ses propres intérêts dans un conflit. En 1995, à l'occasion du 50e anniversaire de l'ONU, Nelson Mandela soutenait à cette même tribune. Et il avait dit: « Les Nations unies doivent réévaluer leur rôle, redéfinir leur profil, refaçonner leur structure. En effet, l'ONU devrait être le reflet de la diversité de notre planète et garantir l'équité entre les nations dans l'exercice du pouvoir au sein du système des relations internationales de façon générale, mais au Conseil de sécurité en particulier ». Fin de citation. 30 ans plus tard, nous, les dirigeants africains formulons la même demande simple, celle d'un siège permanent au Conseil de sécurité avec le droit de veto. Aujourd'hui, Madame la Présidente, je me tiens du haut de cette tribune et je voudrais demander au monde entier Si l'on n'obtient pas ce droit maintenant, alors quand? Ce que nous exigeons, ce n'est pas seulement une réforme du Conseil de sécurité, mais également une profonde refonte de l'architecture financière mondiale qui est aujourd'hui défavorable à l'Afrique. L'Afrique devrait avoir davantage voix au chapitre dans les institutions financières multilatérales. Et comme je formule toutes ces demandes, je voudrais également appeler la levée du blocus de Cuba, comme le docteur Kwame Nkrumah, le fondateur de notre nation, l'avait dit, Nous voulons être l'ami de tous, l'ennemi de personne. Le peuple cubain a fait couler son sang sur le sol africain dans notre lutte contre l'apartheid. Et Cuba est un ami très fidèle de l'Afrique. Et le fait que je me tienne ici et que je formule toutes ces demandes et que tous les pays peuvent se réunir afin de traiter de questions planétaires cruciales, présenter leurs doléances, exposer leurs préoccupations, C'est pour toutes ces raisons que la survie de cette organisation est cruciale. Dans toute vieille ville ou village, vous trouverez une place, une cour, où autrefois se réunissaient les citoyens et leurs dirigeants. Les réunions, les célébrations s'y tenaient, tout comme les procès et les élections. C'étaient des espaces qui rassemblaient. les personnes qui en faisaient des communautés. Hélas, la technologie, le temps qui s'est écoulé ont fait disparaître ces espaces. Madame la Présidente, à maints égards, l'ONU est la place centrale de notre village mondial. Il n'a jamais été aussi important de protéger cet espace qui réunit les nations du monde en tant que communauté. L'Internet, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle nous donnent l'illusion de la connectivité, alors qu'en fait, ils renforcent l'isolement en utilisant des algorithmes qui veillent à ce que nous n'ayons pas accès à de nouvelles idées, à de nouveaux points de vue, mais il s'agit plutôt de caisses de résonance. On nous présente des faits alternatifs, des images manipulées, ce qui favorise la diffusion de la désinformation, la division entre les communautés. Nous vivons une époque bien périlleuse. Notre monde subit la montée en puissance du nationalisme et de l'instabilité économique. Le multilatéralisme s'effondre. Divers types d'agressions ont été commis contre la souveraineté d'autres nations et les nations tentent de contourner les garde-fous qui avaient été mis en place pour prévenir des conflits mondiaux à grande échelle. Et toutes ces conditions sont bien similaires à celles qui ont mené à l'échec de la Société des Nations. Le refus de délivrer des visas au président Abbas et à la délégation palestinienne crée un triste précédent et devrait inquiéter vivement tous les États membres de l'ONU. Le Ghana a reconnu l'État de Palestine en 1988 et depuis lors appuie la solution des deux États. Et contrairement à ce d'aucuns affirment, la solution des deux États ne viendra pas récompenser le Hamas, mais plutôt donner du répit aux centaines de milliers d'innocents, de femmes, d'enfants qui subissent une punition collective, une famine forcée, simplement parce qu'ils sont Palestiniens. Cela fait près de deux ans, alors que l'on a peur de représailles, qu'ici à l'Assemblée générale, On joue au chat et à la souris en essayant de trouver les bons libellés, les bons mots pour nous éviter à reconnaître ce qui s'est vraiment passé. Mais on a l'impression que, alors, c'est un canard qui caquette. Les crimes à Gaza doivent à présent s'arrêter. Les crimes à Gaza doivent cesser. Madame la Présidente, je voudrais également attirer votre attention sur le conflit qui fait rage au Soudan, qui a été dépeint par l'ONU comme la crise humanitaire la plus vaste au monde. 12 millions de personnes ont dû suivre leur foyer et en ce moment même, il y a 12 millions de nouveaux réfugiés que nous devrions aider en tant que communauté internationale, comme on l'a fait pour les réfugiés venant d'Ukraine. Mettons de côté les euphémismes. Parlons en toute honnêteté. Lorsque les dirigeants des pays occidentaux se plaignent de l'immigration, ils renvoient souvent aux migrants du Sud global. Mais beaucoup de ces migrants sont des réfugiés climatiques, alors que le Nord émet 75 % de plus de gaz à effet de serre que les pays du Sud. Et dès lors, les répercussions des changements climatiques se ressentent plus dans le Sud global, car nous n'avons pas les recettes, les ressources nécessaires pour y faire face. Là, alors que les déserts s'étendent, que l'on ne peut plus vivre dans nos villages, dans nos villes, nous sommes forcés de quitter nos pays. Warsan Shire, un poète somalien britannique né au Kenya, qui dont les parents étaient des réfugiés somaliens, avait écrit un poème. chez nous. Il avait dit, nous devons comprendre que personne ne met ses enfants sur un bateau si les eaux ne sont pas plus sûres que les terres. Personne n'incendie des palmiers, personne ne veut passer des jours et des nuits dans un camion en mangeant des journaux. Sauf si ce voyage est plus qu'un simple voyage. Madame la Présidente, la cruauté ne peut devenir une condition normale, ni la haine, ni la xénophobie, ni le racisme. Nous devons dire la vérité. Lorsqu'on parle des migrants, on parle de Mameh Esi Mensah Frimpong, juge à la Cour du district central de Californie. Elle est la première femme noire Dans ses cours de Californie, elle est née en Amérique, ses parents venaient du Ghana. Nous, on parle de Peter Bosman, un médecin né au Ghana qui s'est rendu ensuite à Piran, en Slovénie, dans les années 1980. Il a été le premier maire noir de Piran, le premier maire noir de Slovénie et de l'Europe de l'Est. On parle également de Temekaël, un artiste kényan, et bien sûr de Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU. Donc, ancien secrétaire général de l'ONU et lauréat du prix Nobel de la paix, qui est né au Ghana, mais a passé sa vie adulte en Amérique et en Europe. Ce sont des personnes qui ont changé le cours de l'histoire dans les pays dans lesquels ils sont arrivés, comme les migrants et les enfants des migrants. Ces migrants ne sont pas des envahisseurs ou des criminels. Madame la Présidente, la traite des esclaves doit être reconnue comme le pire crime perpétré contre l'humanité. Alors que le Ghana s'est fait la chantre des réparations, nous voulons que ces réparations se matérialisent. Plus de 12,5 millions d'Africains ont ainsi été transportés contre leur gré pour garantir la richesse des pays occidentaux puissants. Nous demandons des indemnisations pour cet esclavage, pour la colonisation de nos terres, le vol de nos ressources naturelles ainsi que d'objets culturels et de patrimoine culturel qui doivent encore être restitués. Nous reconnaissons la valeur de nos terres, la valeur de nos vies. comme l'ont fait nos colonisateurs, ainsi que les gouvernements qui versent des réparations à d'anciens propriétaires d'esclaves pour les propriétés qu'ils ont perdues. Madame la Présidente, notre monde, marqué de plus en plus par l'insécurité, s'accompagne d'une croissance en flèche des budgets de la défense des partenaires bilatéraux et des coupes drastiques dans l'APD. Depuis juillet 2024, on constate une chute de 40 % de l'aide humanitaire vers l'Afrique. En ces temps marqués par l'incertitude mondiale, l'Afrique doit exercer sa souveraineté sur ses ressources naturelles pour mobiliser des ressources aux fins du bien-être de ses citoyens. L'époque où l'on fournissez des concessions pour servir les intérêts mondiaux et les intérêts étrangers, l'exploitation, cette époque est révolue. Il faut que nous apportions une valeur ajoutée à nos ressources. Nous sommes las d'être dépins sans cesse comme des personnes pauvres, malades, qui vivent en périphérie de ces zones de concessions, de ressources naturelles contrôlées par des étrangers. Nous sommes las de devoir extraire Ses ressources et de ne pas être respecté, vu comme des personnes dignes. Nous sommes là de ne pas être dépeints de façon. qui mettent en avant nos richesses, la complexité de notre histoire. Je voudrais me faire l'écho de Arundhati Roy, qui a écrit: "Un autre monde n'est pas seulement possible, mais est en train d'émerger." Et je peux entendre, lorsque tout est calme, sa respiration. Je voudrais dire que pour l'Afrique et pour ma fille de 18 ans, j'espère que l'avenir de notre monde garantira sécurité et égalité pour les femmes et les filles. Et pour cela, nous devons permettre aux femmes et aux filles de déployer tout leur potentiel. En guise de conclusion, Madame la Présidente, je vous félicite pour votre élection à la présidence de la 80e Assemblée générale. Vous n'êtes que la cinquième femme à le faire. Je voudrais également féliciter Son Excellence Nana Jane Oppoku-Agyemang, la première femme vice-présidente du Ghana. Aujourd'hui, chaque fille ghanéenne sait qu'elle peut atteindre des sommets. Les mots comptent, mais la représentation compte encore plus. Voilà pourquoi le Ghana attend avec intérêt la nomination d'une femme en tant que secrétaire générale de l'organisation dans un avenir proche. Madame la Présidente, Excellence, merci de votre attention.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de la République du Ghana. L'Assemblée va entendre l'allocution de son Excellence, monsieur Oumarou Sissoko Imbalo, président de la République de Guinée-Bissau. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs. Permettez-moi de commencer par féliciter Mme Annalena Baerbock pour son élection au poste de présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Je remercie le président sortant, M. Philémon Yang, pour tout ce qu'il a fait au service de la communauté internationale. au Secrétaire général, M. Antonio Guterres, je tiens à réaffirmer le plein soutien de la Guinée-Bissau aux efforts inlassables qu'il déploie au service de la paix dans le monde, de la coopération internationale, du multilatéralisme et du développement durable. Il y a 280 ans, les pères fondateurs des Nations unies se sont engagés à sauver les générations à venir du fléau de la guerre. Cette promesse, malheureusement, n'a pas été encore honoré. Cependant, cet engagement que tous les États membres de l'Organisation ont pris lorsqu'ils ont adhéré à la Charte reste entier et continue d'être honoré par le dévouement de chacun des soldats de la paix et de chacun des travailleurs humanitaires qui, très souvent, la différence entre la vie et la mort dans des zones de conflit ou après des catastrophes naturelles. Les institutions des Nations Unies comme l'OMS, l'UNESCO, l'UNICEF, la FAO, le PAM, le HCR et le PNUD, entre autres, fournissent traitement, éducation, vaccins, denrées alimentaires et protègent tous les jours des millions de d'êtres humains et contribue à la lutte contre la pauvreté et la discrimination à l'encontre des femmes et des filles partout de par le monde. Les Nations Unies demeurent une organisation pertinente, notamment en ces temps d'incertitude mondiale, incertitude profonde et de crise. Cette organisation continue d'être le seul forum où tous les pays, grands comme petits, ont un siège et une voix. Mesdames et Messieurs, Les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, nous vivons dans un monde qui est confronté à de multiples crises. Nous sommes les témoins de ce que le secrétaire général, Antonio Guterres, a décrit comme étant une polycrise. Les conflits en Ukraine, à Gaza, au Soudan et dans d'autres régions persistent. Les inégalités socio-économiques, les chocs environnementaux, l'instabilité politique et les urgences humanitaires affectent de manière disproportionnée les pays en développement. Les petits États insulaires en développement sont ceux qui en ressentent le plus l'impact. Les progrès vers les objectifs de développement durable se sont ralentis ou, dirais-je, stagnent. Le fardeau de la dette souveraine est de plus en plus lourd pour les pays pauvres, alors que l'assistance au développement, elle, se réduit. La Guinée-Bissau se félicite de l'initiative ONU80. Nous espérons que celle-ci contribuera à renforcer l'Organisation, notamment dans la promotion de la paix, de la sécurité internationale et dans la réalisation des objectifs de développement durable. Le Pacte pour l'avenir est une feuille de route et un plan d'action qui ne doit pas rester sur le papier. Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, au mois de juillet dernier, La Guinée-Bissau a accueilli la 15e conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté des pays lusophones. J'ai assumé la présidence de cette Communauté pour la période 2025-2027. Cette Communauté accorde une très grande importance à sa coopération avec les Nations unies et ses institutions spécialisées. Au cours de mon mandat, de notre mandat, nous entendons continuer de travailler avec tous nos partenaires avec toutes les organisations internationales pour mettre en œuvre les engagements qui ont été pris au niveau mondial, notamment l'engagement qui concerne l'accord de Paris sur les changements climatiques, la 3e conférence des Nations unies sur les océans et la 4e conférence des Nations unies sur le financement du développement qui a eu lieu à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet à Séville. Nous sommes convaincus que Deux réunions internationales majeures prévues au mois de novembre, à savoir la 30e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique à Belém, au Brésil, et le deuxième sommet mondial pour le développement social à Doha, au Qatar, seront des plateformes clés et autant d'occasions de renforcer notre coopération et d'avancer dans la réalisation de nos objectifs communs. Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, la Guinée-Bissau organisera des élections législatives et présidentielles le 23 novembre de cette année. Toutes les conditions nécessaires sont en train d'être mises en place pour veiller à ce que ces élections soient des élections pacifiques, libres, transparentes et crédibles. Au cours des cinq dernières années, j'ai accordé la priorité au dialogue, à l'inclusion, à la stabilité politique et à la consolidation de l'État de droit démocratique. Je suis convaincu que ces élections réaffirmeront la nature ou le caractère irréversible de la citoyenneté et des valeurs démocratiques en Guinée-Bissau. Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de conclure en disant que, dans un monde de plus en plus interdépendant, nous avons besoin aujourd'hui plus que jamais d'un ordre mondial basé sur les principes qui sont consacrés dans la Charte des Nations unies, basé sur le respect du droit international et dans le principe de la coexistence pacifique. La Guinée-Bissau tient à réitérer son appel à la fin de l'embargo financier, commercial et économique ainsi qu'aux autres formes de restrictions imposées à Cuba. 80 ans après la création des Nations unies, le monde a changé. Nous ne sommes plus juste les 51 pays qui avaient signé la Charte des Nations unies en 1945. Aujourd'hui, les Nations unies, c'est nous, nous tous, les 193 États membres, ainsi que les États observateurs, les organisations non gouvernementales, les organisations de la société civile et d'autres acteurs représentés dans cette grande salle de l'Assemblée générale. Pour relever les défis du 21e siècle, les Nations unies doivent engager des réformes urgentes, des réformes qui reflètent les réalités géopolitiques d'aujourd'hui et l'équilibre des pouvoirs au niveau mondial, des réformes qui élargissent et démocratisent le Conseil de sécurité, des réformes qui donnent une place et une voix aux pays du Sud, des réformes qui rétablissent la confiance dans le multilatéralisme et dans la coopération internationale. Les Nations unies continuent d'être un espace multilatéral unique où le dialogue est encore possible, même lorsque la diplomatie et les bons offices ont échoué ailleurs et dans d'autres circonstances. La légitimité, la force et l'avenir des Nations unies résident dans la. l'inclusion et la participation de tous dans les délibérations et les décisions qui sont prises. Ces idéaux fondamentaux, la paix, la dignité, l'égalité, l'éradication de la pauvreté, la coopération et le règlement pacifique des conflits restent bien en vie et continuent d'inspirer les objectifs de la communauté internationale et la marche de l'humanité. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, Je tiens à remercier le président de la République de Guinée-Bissau. L'Assemblée va entendre l'allocution de Sa Majesté le roi Mswati III, chef d'État du royaume d'Eswatini. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Sa Majesté que j'invite à prendre la parole devant l'assemblée.
Excellence, Madame la présidente de l'Assemblée générale, Majestés, Excellences, chefs d'État et de gouvernement, secrétaire général, Mesdames et Messieurs les délégués, j'ai le plaisir de m'exprimer ici aujourd'hui à cette tribune à l'occasion de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies dont le thème est meilleur ensemble plus de 80 ans au service de la paix du développement et des droits humains Madame la Présidente Vous pouvez compter sur notre soutien sans faille pendant votre mandat à la tête de cette Assemblée. Nous remercions également et saluons le Secrétaire général et le secrétariat pour tout ce qu'ils font pour nous aider à relever les défis contemporains grâce à leur leadership. Nous nous réunissons aujourd'hui alors que l'humanité se heurte à d'importants défis. Des conflits déchirent le monde entier. Nous devons nous rappeler que lors de la création des Nations Unies en 1945, la situation était également très difficile dans le monde. Ses pères fondateurs avaient ainsi décidé de faire en sorte qu'aucun pays, qu'aucun peuple ne devait souffrir en raison de conflits. La Charte des Nations Unies et la structure de l'organisation avaient donc été conçues pour être claires et déterminées. L'heure est venue aujourd'hui de nous demander ce qui à empêcher l'organisation d'accomplir cet objectif et quelles mesures doivent être prises pour relever les défis qui sont devant nous aujourd'hui, pour rétablir la mission des Nations Unies qui consiste à promouvoir la paix. La question que nous devons nous demander aujourd'hui, l'autre question que nous devons nous poser, c'est que fait l'ONU pour régler efficacement les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui. Je propose que l'ONU crée des comités ad hoc qui seraient chargés de régler les conflits mondiaux et de promouvoir la paix. Ces comités seraient représentatifs. La représentation des pays serait équitable. pour parler des conflits du Moyen-Orient, de l'Afrique, de l'Europe et au-delà. Ainsi, toutes les nations concernées auraient voix au chapitre. Ces comités ad hoc se rendraient dans les zones de conflit pour travailler avec les communautés locales et essayer de trouver des solutions pacifiques avec l'aide du secrétariat. En Afrique, par exemple, comme nous le savons, des conflits déchirent le Soudan, le Sud du Sud, la Somalie, le Sahel et les Grands Lacs. Il pourrait y intervenir. Au Moyen-Orient, il pourrait faciliter le dialogue avec les parties concernées. On demanderait aux Palestiniens ce qu'il faut pour libérer les otages, sachant que les Israéliens resteront lésés tant que leurs proches ne sont pas rentrés chez eux. De la même manière, les comités ad hoc pourraient demander aux Israéliens de dire ce qu'il faut faire pour que les bombardements cessent afin que le bain de sang s'arrête, que l'on ne perde plus de vies innocentes et que la crise des réfugiés ne s'aggrave pas encore. En parlant directement aux communautés concernées, le comité pourrait permettre la négociation de solutions répondant aux préoccupations de toutes les parties, ce qui favoriserait un apaisement des tensions et permettrait une plus grande stabilité. Dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine, les comités ad hoc pourraient servir de médiateurs dans les discussions pour ouvrir La voie à la paix, leur rôle consisterait à participer à un dialogue véritable pour ensuite rendre compte aux Nations Unies et formuler des recommandations réalistes sur ce qu'il est possible de faire pour mettre fin à la guerre. Dans mon pays, Swatini, nous encourageons toute coopération susceptible de produire des résultats positifs. Nous savons que le dialogue est au cœur de tout processus constructif au sein d'une nation. Nous remercions les pays qui font déjà de leur mieux pour trouver des solutions. Il ne s'agit pas de leur couper l'herbe sous le pied en créant ces comités. L'idée est de compléter ces efforts pour se donner plus de chances de trouver des solutions pacifiques. Il faut éviter toute action susceptible de conduire à une escalade des tensions. Au contraire, il faut tout mettre en œuvre pour sauver des vies. Des millions de vies ont déjà été perdues lors de la pandémie de Covid-19. Nous ne pouvons pas nous permettre d'en perdre davantage. L'ONU doit maintenant se concentrer sur le renforcement des économies afin de mieux lutter contre la pauvreté. et les problèmes économiques qui sont la conséquence de la pandémie, entre autres. En investissant dans l'économie, nous pouvons créer les conditions d'une paix pérenne. Nous avons besoin les uns des autres pour promouvoir les initiatives de développement dans nos pays respectifs. L'heure est venue d'agir. Il faut le faire maintenant. L'ONU a été créée pour promouvoir la paix dans le monde. C'est un mandat qui lui a été confié il y a longtemps, mais aujourd'hui, en 2025, nous devons renouveler l'engagement qui avait été pris lors de la création de cette mission. En créant ces comités ad hoc, en prenant les bonnes décisions, en restant ouverts à de nouvelles idées, nous pouvons bâtir un monde plus pacifique où aucune nation, aucun peuple n'aurait à souffrir. Nous appelons notamment à la restructuration de l'organisation pour que l'ONU soit représentative de tous les États membres et qu'elle prenne des décisions inclusives, jouissant de l'adhésion de tous, que personne ne remettrait en question. Ces réformes devraient être de nature à représenter tous les pays, toutes les régions du monde, notamment au Conseil de sécurité. La structure du Conseil de sécurité devrait être totalement ouverte. En l'absence d'une telle réforme, la légitimité et l'efficacité du Conseil de sécurité ne seront pas garanties. Des déclarations importantes, comme celles de Séville et Davos, ont été adoptées récemment sur le financement du développement pour nous aider à régler les problèmes socio-économiques des pays en développement sans littoral et d'autres pays vulnérables. Nous savons que pour que la croissance soient réellement bénéfiques à l'économie, les pays doivent disposer de ressources suffisantes pour réaliser leurs objectifs de développement durable. Le thème choisi pour cette session de l'Assemblée générale met en lumière la nécessité de réaliser les objectifs de développement durable et de redynamiser la coopération mondiale. Nous restons convaincus que travailler ensemble est-ce que nous pouvons faire de mieux pour relever les défis contemporains, des défis qui dépassent les frontières, comme nous le savons. Le monde se trouve à un moment charnière. Cinq années seulement 2030, pour le programme 2030, comme son nom l'indique. Nous devons donc faire face à la réalité. Les progrès sont encore trop longs. Mais nous devons redoubler d'efforts et faire preuve de solidarité, coopérer et assumer ensemble nos responsabilités. C'est plus urgent que jamais. Le royaume des Swatini a quant à lui fait des avancées importantes dans la réalisation du programme à l'horizon 2030, notamment dans le domaine de l'économie, dans la santé, l'éducation, mais également dans l'égalité entre les sexes, entre autres. Le taux d'alphabétisation dans le pays s'est amélioré, ce qui témoigne de notre volonté d'investir dans l'éducation. Des programmes ciblés permettant de renforcer notre société et notre économie sont ainsi mis en place, et cela montre que lorsque la détermination et le partenariat se conjuguent, il est possible d'avancer. Mais malgré la croissance de notre PIB, beaucoup de défis restent à relever dans le pays. Nous comptons sur les Nations Unies pour leur soutien afin de devenir une des économies les plus avancées du monde. Nous avons notamment mis en œuvre des initiatives visant à attirer de nouveaux investissements en ouvrant des possibilités d'échanges avec d'autres pays afin d'accéder à des marchés régionaux et internationaux. L'économie mondiale reste fragile, l'inflation persiste, ce qui entraîne une augmentation des prix des denrées alimentaires et des cours énergétiques, les conditions budgétaires se resserrent et la marge de manœuvre des pays en développement s'amenuise. En Afrique subsaharienne, les pays dépensent en moyenne 12% de leurs recettes pour rembourser leurs dettes. des ressources précieuses qui pourraient être utilisées pour financer des programmes de protection et de cohésion sociale. Eswatini plaide en faveur d'une plus grande diversification économique, de la simplification des procédures douanières, de la réduction des obstacles réglementaires pour participer au mieux aux échanges et améliorer les chaînes de valeur régionales et mondiales. La zone de libre-échange africaine continentale peut, selon nous, considérablement stimuler les échanges intra-africains. D'après les estimations, ceux-ci pourraient augmenter jusqu'à 52 %. Cet accord de libre-échange pourrait également stimuler l'industrie et créer des millions d'emplois. Pour des pays comme le nôtre, cet accord de libre-échange est plus qu'une porte ouverte. Il nous donne certes accès à de nouveaux marchés, mais il fournit aussi une solution aux contraintes géographiques qui sont les nôtres, grâce à des initiatives d'intégration régionale, à la coopération et aux corridors commerciaux qu'il mettrait en place. Dans un monde de plus en plus connecté, le Royaume des Swazis s'efforce aussi d'accélérer la transformation numérique du pays pour accélérer le développement durable. Nous espérons nouer des partenariats avec d'autres pays, notamment des pays développés, afin d'avancer dans cette voie. Et Swazini est fier des progrès réalisés dans le domaine de la santé au regard du de l'ODD 3. Nous nous félicitons des progrès réalisés dans ce domaine. Nous avons notamment ratifié le traité sur les pandémies, un accord historique et essentiel pour renforcer notre capacité à nous préparer aux urgences sanitaires, pour une plus grande coopération, plus équitable et plus efficace. Mais nous restons inquiets en raison du déclin de l'appui bilatéral et multilatéral aux priorités en matière de santé mondiale. L'affaiblissement de ces efforts risque d'annuler des décennies de progrès dans ce domaine. N'oublions pas que la santé est un enjeu de sécurité mondiale. Le Royaume des Swatini sait que les catastrophes naturelles vont également s'intensifier, devenir plus fréquentes. ce qui risque de provoquer des crises prolongées. Il faut donc trouver des solutions à intégrer, humanitaires, de développement et en lien avec l'édification de la paix. Nous souhaitons renforcer notre capacité à nous préparer aux catastrophes et rendre nos communautés plus résilientes. en intégrant notamment les interventions d'urgence dans nos plans de développement durable. À l'instar d'autres pays de la région, Eswatini a également un problème de chômage et d'inégalités. Beaucoup de groupes sont marginalisés, notamment les jeunes. Il faut donc leur donner les capacités d'agir, renforcer leurs capacités et leur potentiel. C'est une priorité pour nous. Nous sommes aidés par les programmes des Nations unies et nous prenons aussi des mesures nationales pour aider ces jeunes à trouver un emploi. Nous savons aussi que les personnes handicapées sont victimes de discrimination dans l'espace public, beaucoup d'obstacles en matière d'éducation, d'emploi et de participation à la vie sociale. doivent être levées pour qu'ils puissent contribuer pleinement au développement national dans leur pays. Concernant les questions internationales, nous souhaitons rappeler la résolution 2758 de l'Assemblée générale adoptée en 1971 concernant la représentation de Taïwan aux Nations Unies. L'ONU doit trouver une solution pour inclure Taïwan afin que ce pays puisse contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable. Cela permettrait à l'ONU de remplir sa mission en ne laissant aucun pays pour compte. Madame la Présidente, en guise de conclusion, nous sommes riches de l'espoir de notre peuple, ce peuple qui comptent sur nous pour donner un avenir plus radieux à leurs enfants. Ne laissons pas cette Assemblée faillir à sa mission en matière de justice, de paix et de développement durable pour tous. Le Royaume des Swatini est prêt à jouer son rôle pour que cet objectif soit atteint, et la communauté internationale doit rester unie face aux défis mondiaux. la faim, la malnutrition, en passant par le changement climatique, tout ceci doit obéir à notre devise "Meilleurs ensemble". Merci à tous. Que Dieu soit avec vous et que Dieu vous bénisse.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le chef d'État du Royaume d'Eswatini, L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Surangel Wipp, Président de la République des Palaos. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, c'est un honneur pour moi que de prendre la parole devant l'Assemblée à un moment J'allons le 80e anniversaire des Nations unies. Il y a 280 ans, des nations qui avaient été marquées par la guerre se sont réunies pour dire: plus jamais. Ils ont construit cette organisation, convaincus que la coopération, et non pas le conflit, pourrait orienter l'humanité. Aujourd'hui, alors que nous réfléchissons à cette vision, à la clairvoyance des pères fondateurs, N'oublions pas que les Nations Unies n'ont pas été construites par les puissants. Elles ont été construites pour tous les pays, grands comme petits. Au Palau, il y a un adage en langue vernaculaire qui dit que des petites branches, si on les attache entre elles, peuvent être brûlées pour faire ensuite pour construire en fait un grand feu qui peut permettre de faire bouillir de l'eau. Ceci nous rappelle que même les pays les plus petits, lorsqu'ils s'unissent et lorsqu'ils sont suffisamment déterminés, peuvent engager un changement décisif. La Cour internationale de justice, dans son avis consultatif, a récemment confirmé cela. Elle a confirmé que notre voix, la voix des plus petits, même si elle est souvent ignorée, peut emporter avec elle le poids de la justice. Nous remercions Vanuatu pour leur leadership et nous saluons les jeunes du Pacifique qui nous ont aidés à mener cette charge. Cet avis consultatif a confirmé ce que nous avons toujours su, à savoir que 1,5 degré Celsius, ce n'est pas facultatif. C'est maintenant la référence en matière d'action de la communauté internationale au titre du droit international. Défendons donc cette limite comme une limite morale, politique, un repère juridique de l'accord de Paris. Le monde est en guerre. Les dépenses militaires atteignent des records. Elles approchent les 3 billions de dollars chaque année. Nous avons de nombreux problèmes et aujourd'hui plus que jamais, nous devons ensemble agir. Nous sommes également en guerre. En effet, Nos côtes sont envahies par les algues, nos maisons sont détruites par des tempêtes, nos routes sont inondées par des pluies torrentielles, nos récifs coralliens sont en train de disparaître, comme le font d'ailleurs nos poissons, nos terres sont en feu. Voilà la bataille que nous devons mener au quotidien. En préparation de la 30e COP à Belen, nous devons être les témoins de nouvelles contributions déterminées au niveau national, notamment de la part des plus gros émetteurs, et elles doivent être conformes à la trajectoire que nous nous sommes fixés de 1,5 degré Celsius. Nous saluons l'Australie qui s'est fixée des objectifs en matière de réduction des émissions d'ici 2035 qui sont ambitieux mais sont réalisables. et qui a élaboré des stratégies claires pour parvenir à des émissions nettes zéro d'ici 2050. L'Australie mène la charge. Elle soutient les pays insulaires du Pacifique. Elle les aide à accélérer la transition énergétique. Ceci témoigne du genre de leader dont nous avons besoin pour défendre et pour garantir un avenir prospère et sûr pour tous. Cependant, L'ambition sans mise en œuvre, c'est une promesse creuse pour les petits États insulaires en développement, les PEID. La lutte dépend également du financement pour l'adaptation et l'atténuation des effets des changements climatiques. En effet, trop souvent, nos pays sont l'otage de systèmes qui sont trop complexes, trop compliqués, trop lents. hors de portée. Le financement doit être prévisible et adapté aux besoins. Il ne doit pas créer de nouvelles dettes. Il doit nous libérer, ce système, ce financement, et doit nous permettre de mettre en œuvre nos propres contributions déterminées au niveau national, de nous adapter à l'incidence des changements climatiques, de faire face à la problématique des pertes et préjudices. La limite des 1,5 degré Celsius, c'est notre planche de salut. Un financement est la clé pour respecter cette limite. Nous avons besoin d'investir pour lutter contre notre plus grande menace. Et notre plus grande menace, c'est les changements climatiques. Et ce n'est pas une simple aspiration, c'est quelque chose qui a été prouvé par les scientifiques. C'est le garde-fou qui va protéger cette limite à 1,5 degré Celsius, c'est le garde-fou qui va protéger les plus vulnérables. De des pires incidences des changements climatiques. Madame la Présidente, notre région a été la boussole morale du monde en matière de justice climatique. Nous avons aidé à garantir l'objectif de 1,5 °C à Paris. Nous avons œuvré pour qu'un mécanisme soit mis en place en matière de dommages et préjudices. Si le monde est sérieux lorsqu'il part de 1,5 °C, nous vous exhortons à vous rendre dans notre région, à voir de vos propres yeux ce à quoi le Pacifique est confronté. et pourquoi il est obligé d'agir. C'est la raison pour laquelle la 31e Conférence des Parties doit être la Conférence des Parties des États du Pacifique. C'est l'Australie qui nous accueillera. Et elle doit être façonnée, cette Conférence des Parties, en partenariat avec les îles du Pacifique. Madame la Présidente, pour ce qui est des solutions climatiques, l'exploitation des fonds marins, l'exploitation minière a été Présenté comme la panacée, la baguette magique qui permettra de régler la crise climatique. Si nous engageons sans comprendre les conséquences de celle-ci, nous risquons d'infliger des dégâts irréparables, la perte de diversité biologique, la libération de carbone, les dégâts infligés à la colonne des eaux, la destruction des réserves de pêche qui sont à la base de la survie de nos populations. est inimaginable. Lors de la troisième conférence des Nations unies, 38 pays, y compris les Palaos, se sont réunis en soutien à un moratoire. Et notre message a été très clair. Nous devons permettre que ce soient les considérations scientifiques qui guident notre action avant d'exploiter les fonds marins. L'accord historique, le BBNJ, est entré en vigueur en janvier. Les Palaos sont très fiers d'avoir été le premier pays à le ratifier. Nous n'aurions pas pu allumer ce foyer tout seul. Comme le dit le proverbe palaocien que je citais tout à l'heure, l'effort collectif de 60 pays déployé à cet instant démontre que nous sommes meilleurs ensemble. Alors que nous célébrons cette réalisation, il ne faut que davantage de pays se joignent, se joignent à ces engagements pour que nous puissions véritablement garantir l'avenir de nos océans. Mesdames et Messieurs, l'accord BBNJ est une occasion en or qui nous était forte. qui nous est offerte, de concevoir des institutions de gouvernance des océans où les petits États insulaires en développement ont une voix au chapitre dès le départ. Nous sommes de grands États océaniques et nous appelons nos partenaires, y compris l'Union européenne, à soutenir un siège pour les PEID dans les structures de gouvernance du BBNJ. Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les ministres et les ambassadeurs, Les enjeux ne sauraient être plus importants. Nos économies sont petites, nos vulnérabilités sont de taille. L'espace budgétaire, la marge de manœuvre budgétaire qui est à notre disposition est très limitée. Le programme d'Antigua et Barbuda pour les PEID est une feuille de route vers la prospérité, une prospérité basée sur la résilience. Ceci ne sera pas possible si nous ne disposons pas d'outils pour ce faire. C'est la raison pour laquelle l'engagement pris à Séville est important. Le monde a pris acte du fait que le système financier ne peut pas être juste s'il ne mesure que les recettes et ignore la vulnérabilité. Le multilatéralisme est notre seul bouclier. Cependant, trop souvent, les petits États insulaires en développement et le multilatéralisme également, est écarté. Il est placé sur une liste noire. Nos pays également ne sont pas financés. Ils sont mis de côté par des règles que nous n'avons pas contribué à rédiger. Nous demandons à bénéficier d'un siège pour ne pas être des acteurs silencieux, mais pour être des architectes de l'avenir qui est le nôtre. Nous demandons à une intégration pleine et immédiate de l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle dans les politiques et les cadres mis en place par les institutions financières internationales, les banques multilatérales de développement et les organisations internationales. Le moment est venu d'appliquer cet indice dans la pratique. Nous célébrons le 80e anniversaire des Nations unies. Nous devons analyser froidement les forces et les faiblesses de cette organisation. Nous nous félicitons de l'initiative ONU 80 lancée par le Secrétaire général. Mais permettez-moi d'être très clair. En effet, les réformes ne peuvent pas être tout simplement des réformes purement cosmétiques, esthétiques. Les Nations unies doivent être plus réactives, plus justes. Elles doivent mettre l'accent sur les solutions aux problèmes et leur mise en œuvre. Madame la Présidente, les Palaos connaissent trop bien le très lourds de la guerre. Nous avons connu les dégâts de la deuxième guerre mondiale sur notre île, sur nos îles. Cette histoire nous a rappelé non seulement la souffrance suite au conflit, mais également nous a appris la valeur sacrée de la paix. Les Palaos ont toujours défini la dignité de chaque vie humaine, ont toujours défendu le règlement pacifique des différends par le dialogue, le respect du droit international, nos positions, qu'elles soient des positions de soutien ou de retenue, ont toujours eu une autre finalité, à savoir la recherche de la paix, une paix qui est juste, durable, stable. Nous pensons ainsi qu'une solution durable une solution qui prévoit deux peuples, le peuple israélien, le peuple palestinien, vivant côte à côte dans deux États démocratiques, dans la paix, la sécurité et la dignité, dans le cadre de frontières reconnues à l'international. Nous pensons que ceci est fondamental pour une paix durable. La guerre non provoquée menée par la Russie à l'encontre de l'Ukraine nous rappelle également que lorsque le droit international est méprisé, la paix la paix, où que ce soit, est menacée. Ce n'est que par le respect de l'ordre qui est l'ordre mondial basé sur les règles qui est le nôtre, que tous les pays, grands comme petits, peuvent vivre en sécurité. Dans cet état d'esprit, de respect pour la vie et la stabilité, je me dois de soulever une question de principe important. Il y a de cela des années, la Chine a mal interprété la résolution 2758 de l'Assemblée générale des Nations unies. Aujourd'hui, la Chine continue d'affirmer que Taïwan fait partie de la République populaire de Chine. La conséquence en est que Taïwan a été réduit au silence. 23 millions de personnes ont été bâillonnées et ceci empêche Taïwan de participer pleinement au système des Nations unies et de contribuer aux travaux de cette organisation. Les Palaos sont convaincus que l'inclusion, c'est l'inclusion de Taïwan. Nous pensons que cette inclusion, cette inclusivité, renforce les Nations unies et qu'aucune communauté ne devrait se voir empêcher de contribuer au règlement des problèmes auquel notre monde est confronté, des solutions dont notre monde a désespérément besoin. Madame la Présidente, permettez-moi de conclure sur un autre proverbe palaothien qui concerne les marées. La marée montante permet à tout le monde d'avancer. Les choix que nous faisons nous permettent d'avancer. et de veiller à ce que la génération à venir héritera d'un monde qui permettra de les soutenir, comme il nous a soutenu, nous. Alors qu'aujourd'hui, nous sommes confrontés aux plus grandes difficultés, les changements climatiques, le déclin des océans, la dette, l'inégalité, les guerres, les conflits. Aucun pays, aucune nation ne peut régler ses problèmes à lui seul, mais ensemble. Étant donné l'état d'esprit des pères fondateurs des Nations Unies, qui a été renforcé par 80 ans d'enseignement tiré de haute lutte, nous pouvons changer les choses. Que cette assemblée ne soit pas oubliée, étant donné les mots qu'elle aura prononcés, mais surtout qu'elle ne soit pas oubliée suite aux actions qu'elle aura engagées. parce que la résilience que nous construisons aujourd'hui, la justice que nous défendons, l'avenir que nous garantissons pour les générations à venir qui ne sont pas encore nées, nous sommes meilleurs ensemble. Que Dieu vous bénisse, je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président de la République des Palaos. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence. Son Excellence monsieur Ilham Heydaroglu Aliyev, président de la République d'Azerbaïdjan. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Mesdames et Messieurs. Pendant des années, je me suis exprimée du haut de cette tribune pour évoquer les tragédies d'agression, d'occupation et d'injustice traversées par mon pays, l'Azerbaïdjan. Mais aujourd'hui, je vous parlerai du chemin de la victoire et de la paix, d'une ère nouvelle qui s'ouvre dans l'histoire de l'Azerbaïdjan, sur ce que nous avons accompli pour mettre fin à l'occupation à travers une guerre de libération. Nous avons acquis la paix par des moyens politiques. Pendant près de trois décennies, près de 20 % du territoire souverain de l'Azerbaïdjan était sous occupation militaire, occupation de l'Arménie. Un million d'Azerbaïdjanais avaient été expulsés de leurs foyers. à la suite d'une politique de nettoyage ethnique et de crimes de guerre commis par l'Arménie. Leurs droits humains fondamentaux avaient été bafoués. Quatre résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies adoptées en 1993 exigeaient pourtant le retrait sans condition complet et immédiat des forces armées arméniennes ces territoires occupés. Et là, ces résolutions n'ont jamais été mises en œuvre. L'Arménie les a ignorées car aucune sanction n'était prévue dans ce cadre. Le groupe de Minsk de l'OSCE, créé en 1992 pour faciliter la conclusion d'un règlement, n'a pas rempli sa mission. Au lieu d'appliquer les normes et principes de droit international, ses co-présidents se sont efforcés de préserver le statu quo et de maintenir le conflit gelé. En 2020, après près de 30 ans de négociations infructueuses, l'Azerbaïdjan a été contraint d'exercer son droit à la légitime défense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Pendant cette guerre, l'Arménie a pilonné nos villes et nos villages à l'aide de missiles balistiques et de sous-munitions tuant plus d'une centaine de civils innocents. L'Azerbaïdjan, à son tour, a mené la guerre dans le strict respect du droit international humanitaire. Nous avons garanti la protection des civils et nous n'avons pas pris pour cible des infrastructures non militaires. Lors de cette guerre patriotique qui a duré 44 jours, nos forces armées ont libéré les territoires occupés et rétabli l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le 10 novembre 2020, marquaient la capitulation de l'Arménie et le rétablissement de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan après quasiment 30 ans d'occupation. Juste après cette guerre victorieuse, l'Azerbaïdjan a déclaré être prêt à ouvrir une nouvelle page dans ses relations avec l'Arménie, en reconnaissant mutuellement l'intégrité territoriale et la souveraineté de chacun. Nous avons proposé cinq principes fondamentaux reposant sur le droit international. Nous avons présenté une proposition de traité de paix et ensuite nous avons lancé un processus de négociation sur le projet de texte présenté, processus qui a duré d'octobre 2022 à l'été 2025, malgré des tentatives de mise en péril du processus, les négociations ont quand même été fructueuses. Elles étaient menées de manière strictement bilatérale, à l'abri de toute ingérence extérieure. Le 8 août de cette année, les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie se sont rencontrés à Washington, à la Maison Blanche, en présence des dirigeants des États-Unis et de l'Azerbaïdjan et de l'Arménien. Et ils ont signé le texte de cet accord de paix. Le même jour, le président de l'Azerbaïdjan et le Premier ministre de l'Arménie ont signé une déclaration conjointe. Le président des États-Unis, Donald Trump, a également signé cette déclaration en tant que témoin. De plus, l'Azerbaïdjan et l'Arménie ont appelé conjointement à la fermeture du groupe de Minsk de l'OSCE et de ses structures annexes. étant donné que ce mécanisme devenait obsolète et ne pouvait plus servir dans le cadre du processus de paix. Par conséquent, le 1er septembre, l'OSCE a décidé de fermer ces structures de manière permanente. La connectivité régionale est au cœur de cette vision de paix pérenne. Un autre élément résultant du sommet de Washington est ce qu'on appelle TRIP. l'itinéraire de Trump pour la paix et la prospérité internationale qui permettra un accès sans entrave par le corridor de Zangazour pour favoriser la connectivité régionale le sommet de Washington qui s'est tenu récemment a également signé a marqué l'ouverture de nouvelles phases dans les relations entre l'Azerbaïdjan et les États-Unis avec le président Trump nous avons signé un mémorandum d'accord pour la création d'un groupe de travail stratégique afin d'élaborer une charte sur notre partenariat stratégique. Ceci devrait ouvrir de nouvelles possibilités de partenariat dans le domaine politique, économique, énergétique, de connectivité régionale, de la défense, de la sécurité et dans d'autres domaines. La levée par le président Trump des sanctions imposées à l'Azerbaïdjan en 1992 un pas historique également la levée permanente de la du chapitre 907 qui avait été adopté par le congrès américain éliminera en effet tout de point de de mesure dans nos relations et favorisera la confiance et la coopération à l'heure où l'Azerbaïdjan contribue à la stabilité à la sécurité dans le monde dans l'ensemble ces accords sont extrêmement importants et sont même historiques. Tous ces accords ont été conclus lors de ma visite au mois d'août aux États-Unis. J'aimerais donc remercier le président Donald Trump d'avoir permis l'ouverture d'un nouveau chapitre dans notre relation. Je le remercie de sa décision consistant à donner une nouvelle dimension à notre partenariat stratégique et de son soutien au processus de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Après notre victoire dans cette guerre patriotique en 2020, nous avons lancé un programme de reconstruction à grande échelle dans les territoires libérés. Pendant l'occupation, l'Arménie avait rasé des centaines de villes azerbaïdjanaises, des villages aussi, détruisant délibérément 65 mosquées. C'était la politique de l'Arménie. gouvernés par des criminels de guerre pendant près de 30 ans. Quant à nous, nous avons décidé de reconstruire ces villages et ces villes. Dans le cadre du programme du Grand Retour, plus de 152 000 personnes ont déjà pu être réinstallées dans ces territoires libérés pour y vivre, travailler et étudier. Un des problèmes les plus graves auxquels se heurte l'Azerbaïdjan dans cette période au lendemain du conflit est la contamination par les mines terrestres pendant l'occupation arménienne. Depuis novembre 2020, plus de 400 civils azerbaïdjanais et personnels militaires ont déjà été tués ou gravement blessés par ces explosions. La contamination massive fait obstacle au retour en sécurité des personnes déplacées et freine les projets de reconstruction. Près de 4 000 Azerbaïdjanais ont également été portés disparus pendant l'agression arménienne et l'occupation qui avait commencé dans les années 90. C'est un dossier qui mérite toute notre attention également. Mesdames et messieurs, pour ce qui est des défis auxquels nous nous heurtons encore aujourd'hui, nous pensons que la réponse doit obligatoirement être inclusive, juste et universelle. En 2022, au sommet des États du littoral caspien, j'avais déjà soulevé la question de la dégradation environnementale de la mer Caspienne, mais la situation s'est bien détériorée depuis. La mer Caspienne se réduit comme peau de chagrin. La principale raison à cela, ce n'est pas le changement climatique. Il faut que tous les États du littoral prennent des mesures pour enrayer cette catastrophe écologique, dont les conséquences risquent d'être catastrophiques. L'Azerbaïdjan est prêt à coopérer avec ces pays et avec l'aide de l'ONU, à régler ce problème. Nous avons d'ailleurs lancé plusieurs initiatives pour montrer notre engagement et notre volonté de trouver des solutions durables. L'Azerbaïdjan est fier d'avoir accueilli la COP29 l'an dernier, où nous avons obtenu des résultats importants en matière d'action climatique, de transition verte et d'accès équitable au financement. L'adoption de l'objectif NCQG à la COP29 sur Le financement de l'action climatique est un jalon historique dans le domaine du financement de l'action climatique. Cet engagement ramène à 300 milliards de dollars l'engagement en la matière jusqu'en 2035. Ces financements devraient aller des pays développés aux pays en développement. L'Azerbaïdjan a également mis la dernièrement un cadre important relatif au marché carbone en vertu de l'article 6 de l'accord de Paris. À présent, l'accord de Paris est donc pleinement opérationnel, neuf ans après son adoption. Plusieurs accords clés ont également été signés à la COP29, comme le Fonds pertes et préjudices, qui est maintenant également opérationnel et apporte une aide critique aux communautés vulnérables touchées par les changements climatiques. Nous sommes également fermement déterminés à assurer la transition verte, mais nous savons qu'il faut être réaliste. Le monde ne peut pas vivre sans énergies fossiles pour l'instant ou dans un futur proche. La sécurité énergétique est étroitement liée à la paix, à la connectivité régionale et au développement économique. L'Azerbaïdjan continue de jouer un rôle actif sur ces questions. Nous avons en effet, été et continuons d'être un partenaire fiable et indispensable pour aider de nombreux pays à assurer leur sécurité énergétique, en jouant un rôle stratégique en connectant la région caspienne aux marchés internationaux grâce à des systèmes d'oléoducs et de gazoducs diversifiés. Aujourd'hui, nous fournissons du gaz naturel à 14 pays. Nous sommes le principal pays Nous sommes plutôt le pays du monde qui a le plus de clients utilisant ces gazoducs, ce qui reflète notre rôle stratégique dans le renforcement de la sécurité énergétique et dans la diversification des itinéraires d'approvisionnement en Europe et au-delà. L'Azerbaïdjan et la Syrie ont récemment renforcé leur partenariat bilatéral pour développer des infrastructures et avancer dans la reconstruction au lendemain du conflit. Depuis le mois d'août de cette année, l'Azerbaïdjan a commencé à fournir la Syrie en gaz naturel via la Turquie, réduisant ainsi considérablement ses pénuries en électricité. L'Azerbaïdjan attire également d'importants investissements en matière d'énergies renouvelables, solaire, éolien et hydroélectrique. Près de 40 % de notre énergie sera produite à l'aide d'énergie renouvelable d'ici à 2030. Les projets de connectivité, comme les corridors est-ouest et nord-sud, traversent notre pays. Nous avons assisté à une augmentation de près de 90 % des volumes de fret passant par le corridor intermédiaire depuis 2022. La durée de transit le long du corridor a été considérablement réduite. La flotte commerciale la plus importante en mer Caspienne a une capacité de 25 millions de tonnes, et le chemin de fer Baku-Tbilissi-Kars joue également un rôle très important, tout comme les neuf aéroports internationaux, la plus grande compagnie de fret aérien dans la région et d'autres atouts qui font de l'Azerbaïdjan un des hubs de transport internationaux les plus importants. Il est essentiel de poursuivre la coopération en matière de connectivité régionale. L'Azerbaïdjan avance d'ailleurs en matière de transformation numérique dans le cadre de son initiative Digital Silkway, un projet de fibre optique passant sous la mer Caspienne. L'Azerbaïdjan est riche également d'une croissance économique forte grâce à une économie diversifiée. Au-delà du pétrole et du gaz, nous développons d'autres secteurs non pétroliers, améliorons climat de l'investissement grâce à de nombreuses réformes et en favorisant la transparence. Nous réduisons la pauvreté, le chômage qui sont à un taux historiquement bas aujourd'hui, 5%, c'est un autre progrès important pour notre pays. Récemment, deux agences de notation internationales, Moody's et Fitch, ont amélioré leur note de l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan a également Réduit sa dette publique et amélioré sa balance commerciale, ce qui souligne notre résilience économique, notre discipline budgétaire forte et le climat d'investissement favorable dont nous jouissons. Notre dette extérieure s'élève à 6,5% du PIB seulement, ce qui est un des taux les plus faibles dans le monde. Nos réserves étrangères dépassent la dette étrangère de plus de 16 fois. L'Azerbaïdjan est fier également des efforts qu'il déploie en matière d'assistance humanitaire. Nous fournissons de l'aide à des pays touchés par des catastrophes naturelles, par des conflits et des urgences sanitaires. L'Azerbaïdjan a par exemple contribué à la riposte face à la pandémie de Covid-19. Nous avons fait don de matériel de protection, d'appareils médicaux et de vaccins à plus de 80 pays qui en avaient besoin. L'Azerbaïdjan est entré dans une nouvelle ère. Nous avons accédé à la paix. Nous avons mis fin à l'occupation et lancé un processus de reconstruction. La justice a triomphé, la souveraineté a été consolidée et la paix est aujourd'hui de facto réalisée. Nous sommes prêts à partager cette expérience positive avec d'autres. Mais ces progrès ne sont pas seulement une victoire pour l'Azerbaïdjan. Cela démontre que le droit international doit toujours prévaloir in fine. la paix et le développement reposant sur le droit international, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, fondées sur le respect mutuel et la coopération, sont indispensables. Alors, bâtissons ensemble un monde sans deux poids, deux mesures, où la justice n'est pas sélective, où l'État de droit est respecté, où la paix est réalisée, non par la parole, mais par des actes concrets. Je vous remercie de votre attention.
Au nom de l'Assemblée.
Générale, je tiens à remercier le président de la République d'Azerbaïdjan. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Jelko Comsic, président du Collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée..
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, chers collègues, Mesdames et Messieurs. Alors, je vais commencer par le thème choisi pour cette 80e session de l'Assemblée générale. meilleurs ensemble. 80 ans de plus. Je tiens à remercier les Nations unies, à les féliciter au nom de la Bosnie-Herzégovine et de son peuple. Les Nations unies célèbrent leur 80e anniversaire. Un travail mené ensemble pour atteindre les objectifs de cette organisation. L'objectif de cette organisation est de maintenir la paix et la sécurité de par le monde. C'est l'histoire qui jugera, qui jugera l'Organisation des Nations unies, ses succès, les résultats de ses travaux et la participation de plusieurs générations à ses travaux, à ses organisations, à ses organes. En même temps, je pense qu'il est important de dire clairement quelle est notre position commune sur la question, la paix, la paix partout dans le monde. Il n'y a pas d'alternative à cela. Nous devons continuer de travailler ensemble avec détermination sur la question. Je voudrais croire que nous partageons tous la même opinion, à savoir que nous devons protéger la paix partout de par le monde. Cependant, la réalité, ce qui se produit aujourd'hui dans différentes régions de notre monde, nous montre clairement que la paix au niveau mondial ne va pas dans le sens des intérêts géopolitiques de certains acteurs. Pour eux, la guerre, les conflits, Est une manière d'atteindre les objectifs économiques et politiques. Or, ses intérêts sont très différents des objectifs que s'est fixée la Charte des Nations Unies. Si vous ajoutez à cela le fait que des tentatives sont en cours pour modifier, pour réécrire les frontières de certains États de par la force, d'une manière qui est contraire à la Charte des Nations unies, nous pouvons arriver à une conclusion des plus simples, à savoir que le droit international ne s'applique pas de la même manière à tous les États qui sont sujets de ce même droit international. Nous avons été les témoins ces derniers temps du fait que certains conflits armés ont été délibérément provoqués et causés. Ce qui en Suisse, c'est l'utilisation de la force militaire, donc de la part d'un État, l'utilisation d'une force militaire auquel est confronté un État plus faible militairement, auquel il ne peut pas résister. Par la suite, l'État attaqué. Est obligé de signer un accord de paix au nom de la paix et il doit céder à certains de ces territoires, en théorie au nom de la paix, mais plutôt bien plutôt au nom de la force. Je pense que vous savez tous, vous savez très bien que la Charte des Nations Unies permet la modification des frontières, mais ceci n'est permis que s'il y a accord entre les États concernés. La pression politique, la force armée, ou la pression politique et la force armée ne peuvent pas être utilisées pour ce faire. Cependant, si la force armée est utilisée pour imposer un accord à l'autre partie où elle perd une partie de son territoire, Dans ce cas-là, il n'y a pas de bonne volonté, il n'y a que contrainte, ce qui est contraire au droit international. Et là, je parle, vous l'aurez compris, de l'Ukraine et de la pression à laquelle est soumise l'Ukraine. Ces pressions font que l'Ukraine va devoir renoncer à certaines parties de son territoire pour parvenir à une paix censée être durable et pérenne. L'avènement du nouvel ordre mondial qu'on nous propose n'est pas basé sur la paix. L'objectif à atteindre, c'est la réalisation des objectifs géopolitiques de certains États. L'utilisation, la modification des frontières par la force crée une pression politique qui oblige un État à renoncer à une partie de son territoire. Ceci crée, vous l'aurez compris, un précédent dangereux dans le droit international qui pourrait très rapidement devenir la règle. Au final, ça veut dire que l'on vivra, que l'on va vivre dans un monde instable où la paix n'a plus aucune valeur. Je ne pense pas que ce soit l'issue que nous souhaitons. En effet, ceci ne saurait être justifié par aucune disposition de la Charte des Nations Unies ou par aucun autre texte. de droit international. Nous avons aujourd'hui également une situation similaire à Gaza. Une violence extrême est infligée à la population locale, avec des caractéristiques d'un génocide tel que le prévoit la Convention sur le génocide. Rappelons En plus du fait que le génocide constitue la liquidation physique ou l'extermination d'un groupe religieux, ethnique dans un territoire, il peut y avoir des éléments constitutifs du génocide si les conditions de vie, tout simplement, sont impossibles pour un groupe et que les conditions font que la destruction de ce groupe sur ce territoire est inévitable. Une telle approche génocidaire est utilisée pour occuper par la force des territoires, pour grignoter du territoire. Au titre du droit international, ces territoires ne peuvent pas appartenir à ceux qui sont les auteurs de cette agression. Ceci étant dit, c'est malheureusement ce qui est en train de se produire sur la bande de Gaza aujourd'hui. À Gaza, le peuple palestinien est confronté à ces deux éléments caractéristiques du Caractéristiques du génocide, comme le décrit la Convention sur la répression du crime de génocide, alors que l'opinion publique internationale, ou en tout cas une partie d'entre elles, ferme les yeux tout simplement face à cette réalité qui est terrible. Il n'y a pas d'intérêt économique ou politique, il n'y a pas d'intérêt politique ou économique d'exploitation de ressources naturelles, du gaz naturel, du pétrole dans cette partie de la Méditerranée, ceci qui pourrait justifier une telle violence génocidaire à l'encontre de la population locale palestinienne. Une telle violence est injustifiée, elle est inacceptable et le silence est tout aussi inacceptable et parfois l'approbation dont ce comportement bénéficie par certaines parties du monde. De quel type de paix et de développement peut-on parler si on permet le déchaînement d'une telle violence, une violence qui est caractéristique d'un génocide, une violence génocidaire à l'encontre du peuple palestinien. Les intérêts politiques de certains pays, de certaines entreprises du secteur privé sont donc plus importants que l'obligation qui est la nôtre de protéger la paix de par le monde et des droits humains de tous les individus de par le monde. Cette obligation est la condition sine qua non à la survie et au développement de certaines sociétés. la principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, nous ne pouvons pas y échapper, nous ne pouvons pas faire taire l'intérêt de ces populations pour satisfaire les intérêts d'autres. N'oublions pas que le silence est en fait l'expression soit de l'expression de la lâcheté ou de l'approbation tout simplement de cette même lâcheté. Monsieur le Président, permettez-moi de dire quelques mots maintenant sur mon pays, la Bosnie-Herzégovine. Il y a de ça un peu plus de 30 ans, la Bosnie-Herzégovine a été confrontée à une agression de pays voisins. Les Nations unies ont mis en place une force une force de protection de la paix composée de plusieurs pays. Le rôle de cette force était d'être une mission, en fait, c'est résumé à être une observation de crimes de guerre, de crimes de génocide, d'épuration ethnique aux mains des agresseurs de la Bosnie-Herzégovine. Bien sûr, il y a des exemples possessifs des activités de cette force qui ne seront pas oubliées. et nous remercions les Nations unies et la force des Nations unies pour ce qu'elle a fait. Cependant, la réputation de cette mission est tachée à jamais. En effet, certains commandants de cette force n'ont pas voulu utiliser de moyens aériens pour empêcher le génocide à Srebrenica en juillet 1995 et pour empêcher des actes d'épuration ethnique. Malheureusement, un génocide a eu lieu à Srebrenica, des centaines de milliers de civils ont perdu la vie en Bosnie-Herzégovine au cours de cette agression. Beaucoup de personnes ont été blessées. Plus d'un million de citoyens bosniens ont été déplacés de par le monde. Je voudrais rapidement vous rappeler, mesdames et messieurs, que la Cour pénale internationale, qui a été. La Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale ont ensuite reconnu coupables des personnes de crimes de génocide. et les a également déclarés coupables de plusieurs autres entreprises criminelles. L'objectif était l'épuration ethnique et la création de partis purs d'un point de vue ethnique afin que ces partis du pays puissent être séparés de la Bosnie-Herzégovine et annexés à leur État. Il y a de ça un an, ici, au niveau des Nations unies, nous avons travaillé à l'adoption de la résolution sur le génocide commis à Srebrenica. Je considère que c'est un pas de géant. Nous pensons que c'est un document très important, pas seulement pour mon pays, la Bosnie-Herzégovine, mais d'un point de vue moral. La force de la résolution réside dans son intention, à savoir empêcher la de nouveau génocide qui pourrait intervenir. ou que ce soit de parlement. Nous avons été confrontés aux pressions d'autres pays pour qu'une telle résolution ne soit pas adoptée. Cependant, celle-ci a quand même été adoptée. Ceci a favorisé l'avènement d'une nouvelle ère de culture de la prévention, basée sur la culture du souvenir, de manière à ce que le génocide, le crime le plus terrible, ne puisse pas se reproduire. C'est à ce moment-là que nous avons compris qu'il y avait des États qui, pour parce que ça les arrangeait politiquement ou pour des raisons politiques, n'étaient pas prêts à soutenir le texte de cette résolution. Ce texte est basé sur la Cour pénale internationale à La Haye qui, je l'ai dit, a été créée par les Nations Unies. Que le refus que ce refus aille à ceux qui se sont opposés à ce projet de résolution, qui ne l'ont pas soutenu. Je tiens à vous rappeler que dans les années 90, la communauté internationale, par le biais des Nations unies, a imposé un embargo sur la Bosnie-Herzégovine, sur l'achat d'armes défensives. Ceci a empêché l'armée de notre pays de se défendre d'une double agression. Quoi qu'il en soit, Ces activités de défense auraient réduit la durée de cette guerre, de nombreuses vies auraient pu être sauvées et un accord de paix serait intervenu plus rapidement. La condition nécessaire de cet accord de paix, c'était un équilibre des pouvoirs entre la Bosnie-Herzégovine et les deux pays voisins qui ont commis l'agression. Étant donné cet embargo, l'agression à l'encontre de la Bosnie-Herzégovine a duré près de quatre ans. et un grand nombre de vies humaines ont été inutilement fauchées. Une telle guerre a débouché sur la signature de l'accord de Paris et d' Dayton qui a ramené et rétabli la paix dans notre pays. Nous en sommes très heureux. Cependant, cela met en place un système politique en Bosnie-Herzégovine qui, 30 ans après sa création, continue de poser problème et empêche le fonctionnement de l'État de Bosnie-Herzégovine. Un tel système politique n'est pas un système démocratique. C'est une version dénaturée de la démocratie, une forme qui est inouïe, que personne ne connaît dans d'autres pays du monde. L'ethnicité est mise en première ligne et les droits humains fondamentaux sont niés. La démocratie est également minée, à tel point qu'elle n'existe pratiquement plus. Nous pouvons appeler ce système politique, un système qui ne fait que déstabiliser ou déstabilise constamment la Bosnie-Herzégovine. Alors pourquoi est-ce que je parle d'ailleurs de démocratie? Pour deux raisons au moins. La première raison, c'est parce que les États qui choisissent la démocratie et ses principes devraient avoir la possibilité de la mettre en œuvre dans le cadre des frontières de leur pays. Nous devons être pleinement conscients du fait qu'il y a toute une série d'États qui, pour des raisons qui sont les leurs, religieuses, culturelles ou autres ne veulent pas de la démocratie et de ses principes. La Bosnie-Herzégovine a opté clairement pour la démocratie et la transition du système politique précédent vers un nouveau système politique démocratique. Cependant, ceci, dans la réalité, n'est pas possible étant donné l'opposition de certains éléments du système politique mis en place par l'accord de Paris Dayton. deuxième raison dont je vous parlais tout à l'heure après avoir été confronté à un embargo sur l'achat d'armes défensives dans les années 90 la Bosnie-Herzégovine est aujourd'hui confronté à un embargo concernant la démocratie certains acteurs de la communauté internationale s'efforcent de veiller par le biais de leurs activités politiques des mots diplomatiques ils consacrent leurs ressources après un embargo sur les armes défensives. Aujourd'hui, nous sommes les victimes de l'embargo sur la démocratie et sur le développement démocratique de la Bosnie-Herzégovine. Comment pourrions-nous autrement expliquer ces agissements de la communauté internationale qui s'efforce de veiller à ce que ce système politique dans lequel la minorité gouverne la majorité, un système politique qui mine un des principaux systèmes de la démocratie, un des principes fondamentaux de la démocratie, à savoir que c'est la majorité. qui doit gouverner. Or, ce n'est pas le cas en Bosnie-Herzégovine. Les acteurs susmentionnés parlent d'une distribution juste des pouvoirs politiques entre les différentes communautés ethniques de la Bosnie-Herzégovine. Cependant, ceci mine la démocratie à sa racine, ce qui fait que la démocratie n'existe pratiquement plus dans mon pays. Ce qui existe, en revanche, c'est quelque chose l'ethnocratie qui fait qu'une minorité ethnique est à la tête de l'État. Ce système politique déviant rend cela possible. Ces acteurs de la communauté internationale sont en train d'interdire la démocratie en Bosnie-Herzégovine étant donné sa composition démographique. S'agit-il ici de créer une situation de manière à pouvoir relancer des pourparlers concernant la Bosnie-Herzégovine avec une issue incertaine concernant l'avenir de la Bosnie-Herzégovine dans ses frontières actuelles. Ces questions restent Je tiens à vous rappeler que sans démocratie, il n'y a pas d'État de droit. Sans État de droit, il n'y a pas de protection des droits humains fondamentaux. Un tel argument, présenté par une partie de la communauté, pourrait être l'affaire Kovacovic, au niveau de la Cour européenne des droits de l'homme. Cette affaire, vous ne la connaissez peut-être pas, elle n'est peut-être pas très importante, mais c'est une affaire qui est très importante pour nous en Bosnie-Herzégovine. C'est une affaire concernant la protection du droit de vote de cette personne. M. Kovachovici a fait appel en première instance. Elle lui a donné raison. Il a fait l'objet d'une discrimination ethnique. Cependant, des efforts conséquents ont été déployés pour annuler cet un pays, donc à s'est efforcé d'annuler versement financier. Enfin, donc, une donation financière a été versée à la Communauté européenne, à la Cour européenne des droits de l'homme pour justement que soit. annuler cette décision. C'est un cas de corruption politique claire. La question est de savoir si les sentences de cours internationales puissent être achetées. Sont-ils à vendre? Des ressources financières ont été investies à cette fin. Leur origine est méconnue. Il n'y a pas eu Ensuite, une situation s'est produite, une situation similaire s'est produite lors tout simplement de la, lorsqu'on a décrété qu'il y avait eu, donc lorsque la Cour internationale de justice, la Cour pénale internationale a décrété qu'il y avait eu un génocide à Serembanis, certains États se sont efforcés tout simplement de faire annuler cette décision. par des activités de lobbying, par des activités diplomatiques. Ceci nous prouve qu'il y a une partie de la communauté internationale qui ne veut pas permettre à la démocratie de se développer en Bosnie-Herzégovine, avec l'embargo sur les armes de défense aujourd'hui, avec cet embargo sur la démocratie et les droits de l'homme. Par conséquent, je voudrais vous rappeler d'un autre document des Nations unies, le Pacte des Nations unies pour les droits civils et politiques. Ce pacte garanties, entre autres, le droit de vote, le droit à être élu sur la base de l'élection au suffrage universel, qui garantissent la liberté d'expression de chacun des électeurs. En Bosnie-Herzégovine, malheureusement, nous ne pouvons pas voter de la sorte. La communauté internationale fait des efforts pour préserver la discrimination et pour nier la démocratie. Et le résultat, c'est une absence d'un État de droit ainsi qu'une protection insuffisante ou presque absente des droits humains fondamentaux. La conclusion logique qui découle de tout cela est la suivante: la démocratie ainsi que le droit à défendre son pays n'est possible lorsqu'elle va dans le sens de l'élite de certains pays riches. les pays pauvres ne peuvent bénéficier de la démocratie que dans la mesure où ceci est autorisé par les élites de pays plus riches et plus puissants. C'est en tout cas clairement pas l'expression de l'égalité auquel nous devrions tous aspirer aujourd'hui. Passons maintenant à la question des droits humains.
Je parle ici de l'égalité de chaque pays dans son pays et au-delà. Cela concerne le droit de chacun à participer sur un pied d'égalité et comme il ou elle le souhaite à toute la vie sociale. Nous avons d'ailleurs des règles de droit international censées garantir l'exercice de ces droits. La question qu'il faut se poser, c'est si nous sommes prêts à être cohérents dans notre application de ces principes en utilisant les outils qui nous sont donnés. Ceci commence par la lutte contre la discrimination et toute forme d'inégalité en violation des droits garantis par le droit international. La discrimination sous toutes ses formes est interdite en droit international. Pourtant, la discrimination, souvent, comme nous pouvons le constater, est encouragée ou tolérée. Du point de vue de la Bosnie-Herzégovine, nous avons cinq arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme qui confirment la discrimination à l'encontre des citoyens de Bosnie-Herzégovine en fonction de leur lieu de résidence ou de leur origine ethnique. L'élite politique en partie et la communauté internationale présente en Bosnie-Herzégovine ne souhaitent pas mettre en œuvre ces arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme. Concernant la discrimination ethno-religieuse, une autre affaire n'a pas été retenue, alors que nous avons un accord de paix censé être appliqué. Tout ceci nous amène à nous poser des questions difficiles, questions auxquelles les réponses sont encore plus difficiles. Est-ce que les droits humains sont l'apanage des plus riches, des plus puissants, au détriment des vulnérables dans une société? Le droit à la vie, le droit à l'égalité, à la démocratie sont autant de droits qui doivent être respectés pour toutes et tous. Je crois que la cohérence et la protection de la paix devraient s'appuyer sur des principes. C'est ainsi que nous créerons les conditions d'un développement sans entrave des sociétés et nations du monde, membres des Nations Unies. C'est ainsi que nous pourrons protéger les droits humains partout dans le monde. En l'absence de cohérence, nous n'arriverons pas à enrayer les guerres, les génocides, les privations des droits humains, les changements de frontières par la force, entre autres. La cohérence, pour moi, c'est la volonté, la détermination à utiliser les outils dont nous disposons, comme le droit international, pour affronter ces problèmes. Nous devons Être déterminé à protéger les valeurs fondamentales des Nations Unies sans aucune distinction entre États, sujets de droit international. Je vous appelle donc à faire preuve de détermination pour ne pas différencier entre les pays, pour ne pas les classer en grands ou petits, riches ou pauvres. Il faut faciliter la recherche de solutions à tous les problèmes. soulevée dans le monde sans discrimination. Ce n'est pas un privilège. La paix est une responsabilité commune. Nous sommes tous responsables. La paix doit être assurée partout, tout comme les droits humains qui ne sont pas un privilège. C'est une obligation permanente que nous devons respecter en toutes circonstances. C'est un devoir vis-à-vis des générations actuelles et futures. Notre mission consiste à leur laisser un monde meilleur que celui dans lequel nous vivons aujourd'hui. Mais pour atteindre cet objectif, nous devons travailler activement et œuvrer inlassablement à sa réalisation. Merci, Excellence, de votre attention.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président du Collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine. Nous allons maintenant poursuivre le débat général. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence monsieur Teodoro Nguema Obiang Mangue. vice-président de la République de Guinée équatoriale, chargé de la défense nationale et de la sécurité de l'État. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame, Annalena Baerbock, présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Excellences, chefs d'État et de gouvernement, chefs de délégation, Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, Mesdames et Messieurs, c'est un honneur pour moi que de prendre la parole au nom de Son Excellence, M. Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée équatoriale, pour exprimer la très ferme position de mon pays à l'occasion de cette 80e Assemblée générale, alors que le monde réclame un système international plus juste, plus équitable et plus efficace. Madame la Présidente, il y a de cela 80 ans, les États fondateurs ont créé cette organisation, aspirant à construire un système multilatéral basé sur la coopération, le respect du droit international et le respect de la dignité de toutes les personnes. Cet engagement a ensuite été repris dans la Charte des Nations Unies, qui continue d'être une référence essentielle pour l'action collective engagée par les États. Aujourd'hui, sous le thème "Meilleurs ensemble", 80 ans de plus pour la paix, le développement et les droits humains, nous célébrons des réalisations importantes. L'ONU a été, tout au long de ces décennies, un forum universel de dialogue, un espace de la coopération internationale. L'organisation a aidé à éviter des conflits, Elle a accompagné des processus de décolonisation. Elle a promu le développement durable. Et elle a été la conscience morale de l'humanité en défense des droits de l'homme. Cependant, cet anniversaire doit être l'occasion d'engager une réflexion critique. En effet, ce serait commettre une erreur, je crois, que de nous limiter à commémorer cet instant et de ne pas prendre acte des déficiences profondes de notre système multilatéral. Mesdames et Messieurs, Excellences, les peuples du monde espèrent que l'ONU saura agir et relever les principaux défis de notre époque: les conflits armés, la violence, les changements climatiques, les inégalités croissantes, les crises migratoires, la menace cybernétique et l'absence ou le manque de transfert de technologie. Mais trop souvent, La réponse n'a pas été à la hauteur. Otage d'intérêts particuliers, otage d'une institution ou d'une plateforme institutionnelle, comme le dit l'orateur, qui ne reflète plus la réalité du monde qui est le nôtre. Parler de ne laisser personne pour compte n'a aucun sens. si des millions de personnes continuent d'être marginalisées dans des systèmes de dépendance et d'exclusion. Le Conseil de sécurité, organe chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales, est peut-être l'exemple le plus flagrant de ce déséquilibre. Huit décennies après sa création, sa composition demeure ancrée dans la géopolitique de 1945 et non pas dans celle du 21e siècle. Par conséquent, sa légitimité et sa représentativité sont à juste titre remises en question. La réforme du Conseil de sécurité répond à une urgente nécessité. En effet, sans celle-ci, Celui-ci continuera d'être perçu comme étant un club exclusif, accompagné de privilèges historiques, une institution incapable de répondre avec légitimité aux défis actuels. L'Afrique exige ce qui lui revient de droit, à savoir une représentation pleine et permanente au sein de l'organe de sécurité le plus important au monde. Nous voulons une gouvernance internationale au service de toutes et tous et non pas au service de quelques-uns. Nous exigeons un Conseil de sécurité représentant le monde d'aujourd'hui et non pas celui de hier. Prenons des mesures pour engager une action collective plus démocratique, plus équitable, plus efficace. Si tel n'est pas le cas, nous risquons de voir l'ONU de plus en plus marginalisée et affaiblie dans les affaires internationales. Notre attachement, notre engagement au service de cette organisation restent entiers. Nous croyons dans l'Organisation des Nations unies. Nous croyons dans la force du droit international. Nous croyons dans la coopération internationale comme seule voie pour faire face à des défis qu'aucun pays, quel que soit son niveau de puissance, ne sera à même de régler seul. Notre engagement n'est pas non plus aveugle. Il est exigeant vis-à-vis des résultats, des réformes et des mesures d'adaptation à notre époque. À l'occasion de cet anniversaire, nous devons ne pas oublier que la paix, le développement et les droits humains sont des piliers qui sont inséparables. La paix n'est pas viable sans développement et le développement n'est pas véritable s'il n'est pas basé sur la dignité et sur les droits de chaque personne. C'est la raison pour laquelle nous tenons à réaffirmer le pari que nous avons fait du programme de développement durable à l'horizon 2030, même si celui connait des retards, des difficultés. Le programme de développement durable à l'horizon 2030 est un engagement collectif qui reflète notre volonté de construire, de construire un monde sans pauvreté, sans faim et un monde basé sur la dignité pour tous. Cependant, il nous reste moins de dix ans pour mettre en œuvre ce programme et les avancées en la matière sont trop lentes. Excellence, les changements climatiques sont la principale menace de notre époque. Les pays les plus vulnérables paient un prix disproportionné, alors que les plus gros émetteurs, eux, retardent la prise d'engagement. La justice climatique n'est pas un geste, c'est une obligation morale, juridique. La Guinée équatoriale défend également le principe de souveraineté des États. Chaque peuple a le droit de concevoir son propre modèle de développement sans ingérence, sans sanctions arbitraires minant son indépendance. Nous devons créer un monde de paix où aucun pays ne sera considéré comme un ennemi parce qu'il est l'ami d'autres. Permettez-moi de vous donner un exemple récent de la contribution de la Guinée équatoriale à la paix internationale. Il s'agit de l'accord historique auquel nous sommes parvenus avec la République du Gabon concernant la souveraineté sur les îles de Mbanie, Cocoteros et Konga. Pendant des décennies, Son Excellence, Monsieur Obiang Nguema Mbasogo, a géré ce différend avec patience. Il a mené un dialogue pour que puisse être réglé de manière pacifique celui-ci, sous l'houlette de la Cour internationale de justice. Cette affaire, non seulement constitue un précédent historique sur le continent africain, mais c'est également Une affaire qui prouve que les conflits peuvent être réglés dans l'esprit de la Charte des Nations Unies et grâce à la volonté politique des États. Excellence, la promotion de la dignité humaine est une responsabilité partagée. La Guinée équatoriale tient à réaffirmer son attachement à la protection des droits de l'enfance et des personnes handicapées. Les droits à la sécurité alimentaire, au logement, à l'eau potable et à l'exploitation souveraine des ressources naturelles sont une partie inséparable des droits humains. Sans dignité matérielle, la liberté n'est qu'un idéal creux. Fidèle au principe d'une communauté internationale ouverte à tous et à toutes, nous insistons pour que soit levé le blocus économique, commercial et financier qui a été imposé à la République de Cuba. Maintenir ce type de mesures non seulement nuit gravement au développement d'un pays souverain, mais va en outre à l'encontre des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies. Excellence, pour conclure, je voudrais également m'adresser aux femmes et aux hommes d'affaires pour les inviter à venir découvrir la Guinée équatoriale comme une destination sûre et séduisante en matière d'investissement. Notre pays met à leur disposition un cadre politique stable, des avantages fiscaux compétitifs et une vision claire d'avenir par le biais de notre programme de développement Horizon 2035. Nous vous engageons à vous joindre à nous, à nous accompagner sur cette voie. Ceci vous permettra d'obtenir des bénéfices partagés, mais également permettra de consolider un développement inclusif et durable dans notre pays. Merci beaucoup.
Au nom de l'Assemblée générale, je remercie le vice-président de la République de Guinée équatoriale, chargé de la Défense nationale et de la Sécurité de l'État. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, madame Joséphine Joseph Lagou, vice-présidente de la République du Soudan du Sud. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence Que j'invite à prendre la parole devant l'assemblée.
Madame.
La Présidente, Excellence, chefs d'État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, je vous transmets les salutations et les meilleurs vœux de mon président, Son Excellence Salva Kiir Mayardit, président de la République du Soudan du Sud. Je vous transmets également les salutations du gouvernement et du peuple du Soudan du Sud, un message de paix, d'unité, de développement et d'attachement sans faille au partenariat avec les pays du monde entier. Je vous adresse, Madame la Présidente, toutes mes félicitations pour votre élection à la tête de la 80e session de cette Assemblée. Je salue également le secrétaire général des Nations unies, M. Antonio Guterres, qui fait tout pour promouvoir les principes et objectifs de cette organisation. Le thème choisi pour cette année, « Meilleur ensemble, plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains », a un écho retentissant dans notre pays. En effet, le pays et le plus jeune membre de cette Organisation des Nations Unies. Après des années de combat armé pour la libération, nous avons accédé à l'indépendance en 2011. Hélas, deux ans plus tard, le pays a de nouveau sombré dans une guerre civile interne avec l'aide de la communauté internationale. Un accord a été signé en 2018, connu sous le nom d'accord revitalisé pour le règlement du conflit au Soudan du Sud, ce qui a conduit à la formation d'un gouvernement de transition et d'unité nationale, gouvernement qui rassemble les parties belligérantes et d'autres partenaires et acteurs politiques. Des réformes dans le secteur de la sécurité, des mécanismes de justice transitionnelle, des réformes du secteur économique et une commission vérité et réconciliation ont été mises sur pied. L'action affirmative à l'égard des femmes au niveau national et local également été décrétée. La présidence consiste d'un président et de cinq vice-présidents, dont je fais partie, dont deux vice-présidents sont des femmes, ce qui permet de respecter le quota établi. Les forces unifiées
été formées, certaines forces ont été déjà déployées, les autres attendent d'être déployées. La deuxième phase de la réforme du secteur de la sécurité devrait débuter en octobre 2025, le mois prochain. Ainsi, nous aurons complété la mise en œuvre du deuxième protocole de l'accord de paix. Les autres protocoles devraient ensuite être mise en œuvre. Le mécanisme de justice transitionnelle est en cours d'élaboration et une commission vérité et réconciliation sera mise en place sous l'égide de l'Union africaine. Bien que la mise en œuvre de l'accord soit plus lente que nous ne l'aurions souhaité en raison de contraintes financières, certains membres de la communauté internationale contribuent néanmoins à cette mise en œuvre en nature. L'accord tient depuis sept ans et ne peut relative et ainsi réalisé, donnant de l'espoir à notre peuple. Nombreux sont ceux qui sont rentrés alors qu'ils étaient installés dans des pays voisins. Des membres de la diaspora également reviennent pour reconstruire une vie dans le pays. Nous préparons à présent des élections générales qui sont prévues en décembre 2026. Jusqu'à récemment, la cessation permanente des hostilités était respectée et une paix relative était assurée dans l'ensemble du pays. Le Soudan du Sud fait partie des pays les plus exposés aux effets des changements climatiques, bien que notre contribution aux émissions mondiales soit négligeable. Ces cinq dernières années, nous avons connu des inondations à répétition ainsi que des sécheresses prolongées, ce qui a conduit à des récoltes moins bonnes et à des déplacements de population, entre autres problèmes. Ces problèmes menacent donc notre stabilité sociale en empêchant les populations d'accéder à des moyens de subsistance durables. L'action climatique doit donc bénéficier de financements suffisants et prévisibles pour nous aider à lutter contre ce phénomène. Des engagements ont été pris dans l'accord de Paris, ceux-ci doivent être honorés. Le transfert de technologie, le renforcement des capacités et l'investissement direct étranger devraient également être encouragés. Nous avons des plans d'adaptation et d'atténuation qui doivent bénéficier d'un soutien international. Ceci est central si nous voulons assurer la stabilité environnementale du pays. La communauté internationale ne peut se permettre de de fermer les yeux sur l'injustice climatique. Il faut agir ensemble face à ce défi qui traverse les frontières et les dépasse. Le Soudan du Sud va planter 100 millions d'arbres d'ici à 2030. Nous allons également développer l'énergie renouvelable et renforcer notre infrastructure d'approvisionnement en eau pour que les femmes, les jeunes et les personnes handicapées puissent bénéficier de tout cela. Notre engagement en faveur du développement durable et des objectifs de développement durable est inébranlable. Nous avons très peu d'infrastructures, peu de routes, un système de santé défaillant, une pauvreté extrême. et une insécurité alimentaire généralisée. Mais nous sommes déterminés à régler ces problèmes. Nous avons défini des thèmes d'action, la gouvernance, la sécurité alimentaire, le genre, l'aide humanitaire et ainsi de suite. Le programme à l'horizon 2030 reste un cadre vital pour la paix et la prospérité. Le Soudan du Sud a bien progressé dans la transformation agricole et notamment dans la création de valeur ajoutée pour plus d'emplois dans l'agriculture et dans la pêche. Cela permettra aux populations de produire leurs propres denrées alimentaires. Notre politique consiste à produire ce que nous mangeons. Certains États sont déjà autonomes en matière de production alimentaire, ce qui contribue à la réduction du taux de pauvreté et à la réalisation des ODD 1 et 2. En coopération avec nos partenaires, le gouvernement fournit des services de santé primaires développe l'infrastructure de santé, améliore les soins de santé maternel et infantile, sensibilise à des maladies transmissibles et vaccine contre des maladies comme le choléra et d'autres maladies transmissibles. L'accès à l'eau potable et à l'assainissement s'améliore. Dans le cadre du nouveau programme de transformation du secteur de la santé, nous visons à atteindre la couverture sanitaire universelle dans l'ensemble du pays. La pandémie qu'a connue le monde récemment a démontré à quel point il était urgent de renforcer les systèmes de santé et de garantir un accès équitable aux vaccins. Le Soudan du Sud a toujours défendu un cadre sanitaire mondial accordant la priorité à la préparation aux pandémies. Pour nous, la santé est un droit humain universel. Dans ces dernières allocution au Parlement au mois de juin 2025, son excellence le président Salva Kirma Yardite avait également déclaré que l'éducation était une priorité absolue pour le gouvernement. Aujourd'hui, le taux de scolarisation dans l'enseignement primaire et secondaire s'est fortement amélioré. De nombreux jeunes espèrent aller à l'université. Nous sommes passés de 300 000 à 2,1 millions d'enfants scolarisés à l'école primaire. C'est un progrès remarquable pour nous. Nous mettons également l'accent sur la formation des enseignants pour améliorer la qualité de l'éducation. Malgré ces efforts, 2,8 millions d'enfants sont toujours scolarisés. Le Soudan du Sud s'efforce d'améliorer le taux de scolarisation des filles. Nous investissons dans la formation professionnelle pour les femmes et les jeunes. Nous remercions d'ailleurs tous les pays qui ont offert des bourses à nos jeunes pour qu'ils puissent se rendre dans leur pays et y étudier. Les jeunes doivent notamment bénéficier de meilleures compétences pour trouver un emploi par la suite. Mais il faut faire beaucoup plus. Le Soudan du Sud est un pays très jeune, plus de 60 % de notre population a moins de 30 ans. Or, nous savons que les jeunes sont l'avenir de toute société. Nos jeunes sont source de fierté. Nous avons récemment participé aux Jeux olympiques à Paris. C'était un moment très important pour le Soudan du Sud et l'Afrique. Les athlètes sud-soudanais ont fait preuve de talent, de discipline, de résilience. Ils ont incarné l'esprit de notre nation et notre détermination à nous élever. Le sport aujourd'hui est une source d'unité et d'espoir. Le sport rassemble les communautés. Notre équipe de basket s'est d'ailleurs distinguée en se classant meilleure équipe du continent africain lors de ces Jeux Olympiques. Depuis notre indépendance et conformément à la constitution de transition adoptée en 2011, qui a depuis été amendée. Nous avons pris d'importantes mesures pour que l'égalité entre les sexes soit aujourd'hui omniprésente dans notre programme de développement et de gouvernance. Le Soudan du Sud, en effet, déclarait que les femmes devaient participer à hauteur de 35 % dans la vie publique à tous les niveaux de gouvernement, outre les deux vice-présidentes. dont je fais partie, le cabinet comprend 30 % de femmes. La présidente de l'Assemblée nationale est également une femme. Nous avons adopté un certain nombre de politiques nationales pour promouvoir les droits de la femme et nous œuvrons à l'harmonisation des lois pour les rendre conformes à nos engagements internationaux. Nous luttons contre la violence fondée sur le genre en adoptant de nouvelles législations en la matière. Nous avons créé une cour spéciale pour traiter de ces questions. Nous avons également intégré le genre dans notre plan d'adaptation national et nos contributions déterminées à l'échelle nationale en matière de lutte contre le changement climatique. Et nous faisons tout pour donner aux femmes les moyens d'agir en améliorant leur accès au droit foncier, au crédit, pour qu'elles deviennent entrepreneuses. Pour réaliser les ODD, nous devons passer de l'engagement à l'action. Nous devons mettre en lumière l'importance de la coopération multilatérale, du commerce équitable, de l'allègement de la dette et de l'aide ciblée aux pays fragiles et touchés par des conflits. Le Soudan du Sud plaide en faveur de l'annulation des dettes et espère que la communauté internationale l'aidera davantage dans ses efforts. Transformer ses aspirations en résultats concrets nécessite en effet des financements. C'est du concret. Les pays développés devraient augmenter leur contribution à l'IDA, l'Association internationale pour le développement, qui joue un rôle central pour protéger les populations vulnérables, pour réduire la pauvreté, financer le développement durable dans les États fragiles. Nous appuyons la réforme du système financier international pour que les États en développement soient mieux représentés et pour que les mécanismes de financement soient plus compatibles avec les objectifs et priorités de développement des pays en développement. Nous pouvons bâtir ensemble un système financier plus juste et plus inclusif. Comme je l'ai dit, il y a certes eu des retards dans la mise en œuvre de l'accord de Paris vitalisé, mais le gouvernement fait preuve de volonté politique. Il est déterminé à accélérer sa mise en œuvre en déployant notamment les forces unifiées, en adoptant des législations électorales et en lançant des campagnes d'éducation civique. Le président Salva Kiir a annoncé à plusieurs reprises qu'il ferait tout pour que le pays ne replonge pas dans la guerre. C'est le thème central de notre engagement, car ce que nous souhaitons in fine, c'est rétablir la paix et la stabilité dans le pays. Nous réaffirmons notre aspiration à la paix et à la sécurité dans le monde. La paix et la stabilité demeurent une priorité absolue pour nous. Depuis la signature de l'accord revitalisé en 2018, notre gouvernement s'efforce de consolider la paix en mettant en œuvre l'accord de paix, en en essayant d'améliorer le système de gouvernance et en poursuivant la réforme du secteur de la sécurité. En outre, le gouvernement s'efforce de promouvoir des initiatives de paix au niveau local. La société civile, les groupes de femmes, les groupes de jeunes et les groupes confessionnels participent activement aux activités de consolidation de la paix, avec l'aide de la MINUS, Mission des Nations unies au Soudan du Sud, entre autres partenaires. La réforme du secteur de la sécurité avance bien. Pendant la première phase de cette réforme, nous avons formé une partie des forces unifiées qui ont ensuite été déployées. La deuxième phase est en cours. Au niveau de l'État, le gouvernement Prendre des initiatives de désarmement des civils pour renforcer la sécurité. L'objectif est d'avoir une armée nationale unique sous le commandement d'un seul chef. Malheureusement, ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui et nous avons plusieurs commandants, ce qui est bien sûr source d'insécurité. Néanmoins, la paix et la sécurité sont assurées dans le pays, bien que cette paix soit relative, à l'exception de l'attaque récemment menée par la milice de l'armée blanche, associée au premier vice-président, le Dr Rik Machar. L'attaque a eu lieu à Nasir. Elle a conduit à la détention de Rikmashar et de ses coaccusés. Cette affaire est maintenant entre les mains de la justice. Nous veillons à ce que le Dr Rikmashar bénéficie d'un procès juste et équitable. Toutes les procédures légales seront respectées. Son arrestation n'a pas de motivation politique, elle ne met pas en péril le processus de paix ni l'ordre constitutionnel dans le pays. Malgré ces poursuites judiciaires, le Dr Machar et ses autres coaccusés se présenteront à la cour comme le veulent les procédures légales. Leurs droits seront respectés, tout comme leur accès à une équipe de défense. au tribunal. Le Soudan du Sud reste ouvert au dialogue avec les groupes qui n'ont pas encore signé l'accord de paix. Nous envisageons la reprise de l'initiative de paix de Toumaïni et nous nous félicitons des initiatives menées par nos partenaires régionaux pour faciliter ce processus. Nous demandons aux communautés régionales et internationales d'exhorter ces groupes à renoncer à la violence armée et à participer au dialogue politique. Nous appelons également la communauté internationale à continuer d'appuyer nos efforts de paix et notre processus démocratique en fournissant une assistance technique et des initiatives de renforcement des capacités. La consolidation de la paix au Soudan du Sud est vitale pour la stabilité de toute la région de l'Afrique, des Grands Lacs et au-delà. Depuis notre dernière allocution devant l'Assemblée générale, le Soudan du Sud a lancé un véritable projet de transformation. Nous avons lancé un plan de développement qui s'étend sur la période 2026-2036. dont l'objectif est de diversifier notre économie, de renforcer nos institutions, de réduire notre dépendance vis-à-vis des exportations pétrolières, entre autres. Ce plan repose sur les principes de transparence, d'inclusion et de résilience. C'est ainsi que nous entendons mener les réformes nécessaires dans notre pays en matière de gestion des finances publiques et de prestation des services. Nous avons lancé des audits indépendants, renforcé le contrôle des marchés publics et avons engagé des réformes budgétaires comme le stipule l'accord de paix revitalisé. Nous sommes déterminés à favoriser une culture de l'intégrité, de la responsabilité et de la bonne gouvernance. Et comme je l'ai dit, nous souhaitons devenir moins tributaires des exportations pétrolières pour que l'économie soit plus durable, plus verte, nous investissons dans notre terre. Une nouvelle initiative bénéficiant aux petites et moyennes entreprises dans l'agriculture permet maintenant aux agriculteurs et aux acteurs de l'agroalimentaire de disposer d'outils utiles pour développer leurs entreprises. Ils peuvent également accéder à plus de marchés et à des formations. Nous avons investi dans l'irrigation, dans la distribution des engrais, dans les technologies post-récolte et dans le renforcement de la productivité et de la sécurité alimentaire. Nous avons créé des structures gouvernementales au niveau national et étatique, ainsi que des commissions constitutionnelles. L'éducation civique progresse également et le Conseil des partis politiques a été créé et a commencé à enregistrer les partis qui souhaitent participer aux élections. Il y a donc beaucoup d'évolutions positives. Par conséquent, le Soudan du Sud appelle à la levée des sanctions ciblées individuelles et à la levée de l'embargo sur les armes qui visent mon pays. D'après l'accord de paix, la période de transition doit se terminer lors de la tenue des élections générales prévues actuellement pour décembre 2026. Ceci permettra aux Sud-Soudanais d'élire démocratiquement leurs dirigeants pour la première fois de l'histoire du pays. Son Excellence le président Salva Kiir Mayardit a réaffirmé la volonté du gouvernement de permettre le bon déroulement de ces élections de manière à ce qu'elles soient crédibles, inclusives et pacifiques. La création des institutions électorales, et notamment de la Commission électorale nationale et du Conseil des partis politiques, y contribue. Le Bureau des statistiques a été restructuré pour qu'un recensement soit réalisé également. La Commission d'examen de la Constitution a été restructurée et travaille activement à la rédaction d'une nouvelle Constitution permanente qui devrait être prête avant les élections. des groupes de la société civile participent également au processus. Y sont associés notamment des femmes et des jeunes. Le Soudan du Sud est déterminé à promouvoir également la protection des droits humains. Nous renforçons les institutions nationales. Nous avons mis en place des initiatives d'autonomisation des femmes et des jeunes et nous avons pris des mesures pour intégrer l'égalité entre les sexes dans notre programme de développement et de gouvernance. Nous n'oublions pas non plus les personnes handicapées. La société civile participe activement à la promotion des droits humains et à l'éducation civique, car nous pensons que le dialogue, pour être constructif, doit associer toutes les composantes de la société. C'est la meilleure façon de bâtir des institutions résilientes et justes. Madame la Présidente, le Soudan du Sud et le Soudan partagent des liens économiques et historiques très forts, ainsi que la frontière la plus longue de la région. Le pétrole exporté par le Soudan du Sud passe par le Soudan. Par conséquent, l'évolution de la situation au Soudan nous touche et nous concerne directement. Depuis le début du conflit au Soudan en 2023, nous avons accueilli des réfugiés soudanais des personnes déplacées en partenariat avec les agences d'aide internationales nous fournissant de l'aide humanitaire et avant même donner des parcelles de terre aux réfugiés pour qu'ils puissent cultiver et produire leurs denrées alimentaires leur donnant ainsi la chance de s'intégrer dans les communautés locales mais l'accord de paix de 2005 n'est pas encore complètement mise en œuvre. Il y a par exemple la question de la délimitation des frontières et du statut final d'Abiye, y compris le statut des communautés Ngol, Kujinka, d'Abiye, qui attend d'être réglé. Nous sommes déterminés, évidemment, à travailler main dans la main avec le gouvernement du Soudan pour régler ces questions à l'amiable. La composition actuelle du Conseil de sécurité ne reflète pas les réalités du monde d'aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle le Sud soutient l'appel à l'élargissement du Conseil de sécurité dans sa catégorie de membres permanents pour y associer les pays africains. Nous sommes également favorables à l'élévation des sanctions qui visent de nombreux pays, dont le nôtre. Lors de son indépendance, le Soudan du Sud a hérité de structures étatiques rudimentaires et d'infrastructures défaillantes. Nous n'avions ni route ni électricité. Le gouvernement fait tout aujourd'hui pour conduire une nation forte et édifier des institutions capables de fournir des services comme la santé, l'éducation et la sécurité. Le Soudan du Sud met tout en œuvre pour assurer cette transition vers le développement. Ce que nous demandons aujourd'hui à la communauté internationale, c'est de continuer à appuyer le Soudan du Sud, car notre pays est doté d'un potentiel immense, de ressources naturelles abondantes et d'une population jeune. Autant d'atouts dont il faut tirer parti. Nous donnons activement aux femmes et aux jeunes de nouvelles chances pour qu'ils puissent participer pleinement au développement de notre société. L'ONU a été créée avec la conviction que l'humanité est plus forte ensemble. Le thème choisi pour cette année, "Meilleurs ensemble", rappelle notre responsabilité commune. Malgré les difficultés que nous rencontrons, grâce à la résilience de notre peuple, sous la houlette de Son Excellence le Président Salva Kiir Mayardit, nous restons déterminés à faire preuve de solidarité et à nouer des partenariats afin de bâtir un monde plus prospère, plus sûr et plus équitable pour nous tous. Pour nous aussi au Soudan du Sud, nous sommes convaincus que nous sommes meilleurs ensemble. dans notre pays et dans le monde. Permettez-moi, pour conclure, de réaffirmer notre détermination à continuer de croire dans les principes des Nations Unies et dans la possibilité d'un monde meilleur, fondé sur la solidarité et des objectifs communs. Que Dieu vous bénisse. Merci de votre attention.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier la vice-présidente de la République du Soudan du Sud. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Mohamed B.S. Jallow, vice-président de la République de Gambie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Excellence, Madame la Présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Monsieur Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, Majesté, Mesdames, Excellences, Mesdames, Messieurs, les chefs d'État et de gouvernement, chefs de délégation, Mesdames et Messieurs, nous célébrons le 80e anniversaire de l'Organisation des Nations unies. C'est un honneur pour moi que de prononcer cette déclaration au nom de Son Excellence Monsieur Madame Barrow, président de la République de la Gambie. À l'entame de mon propos, permettez-moi de vous féliciter, de vous souhaiter plein de succès au nom du président et du peuple du gouvernement de la Gambie. Permettez-moi également de saisir, Monsieur le Président, Madame la Présidente, de saisir cette occasion pour vous féliciter, vous, au nom du gouvernement de la Gambie, pour votre élection au poste de président de la 80e session de l'Assemblée générale. Votre élection prouve l'attachement qui est le nôtre à l'émancipation des femmes et à la diffusion de la problématique homme-femme. Ceci prouve que les femmes sont à même de mener des organisations comme l'Organisation des Nations unies et d'engranger des succès. Nous vous assurons, madame, de notre soutien indéfectible et de notre volonté de coopérer dans l'exercice de vos fonctions, tout en tout en réitérant notre attachement au multilatéralisme et aux principes qui sont à la base de la Charte des Nations unies. Permettez-moi également de saisir cette occasion pour remercier M. Philemon Ngan, président de la 72e session de l'Assemblée générale, pour sa direction éclairée de l'organisation. Il a su mener de manière compétente les travaux de l'Assemblée au cours de son mandat. Madame la Présidente, cette 80e session de l'Assemblée générale a lieu à un moment difficile pour la communauté internationale. Elle doit gérer toute une série de conflits, des guerres, des menaces à la paix et à la sécurité internationale qui exigent de tous les États membres de réaffirmer leur foi et leur rattachement collectif aux principes nobles de la Charte des Nations Unies. Une Charte qui a été élaborée avec beaucoup d'optimisme pour saluer l'avènement d'un nouvel âge, d'un nouveau monde qui reviendrait, corrigerait les erreurs du passé et définirait une destinée commune basée sur notre humanité partagée à tous. Relançons l'esprit de solidarité de la Charte par un engagement de tous les États, petits comme grands, développés, en développement. Madame la Présidente, cette 80e session de l'Assemblée générale est symbolique pour notre pays. Notre élection à la présidence de la 2e commission, cette année, par exemple, est historique. Elle illustre les mesures que nous avons prises et les efforts que nous avons faits pour façonner un ordre mondial multilatéral stable et prospère. Je tiens à vous assurer que nous continuerons de participer activement aux travaux de l'Assemblée. Nous entendons continuer de chercher des solutions opportunes et novatrices aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Nous coopérons avec tous les États membres pour régler ces défis urgents. Madame la Présidente, en 1945, le monde a créé les Nations unies pour sauver les générations à venir du feu de la guerre. La création des Nations unies Les Nations unies sont une force motrice du multilatéralisme et réaffirment notre foi collective dans le caractère sacro-saint des droits humains, de la paix internationale et de la sécurité de par le monde. Nos accords de sécurité collective sont basés sur le multilatéralisme. La commémoration de la création de l'organisation cette année nous exige de nous d'examiner son avenir et de réaffirmer que les Nations unies sont la première institution mondiale qui a pour but, qui est chargée de garantir la destinée de l'humanité. Madame la Présidente, nous avons adopté l'année dernière le pacte pour l'avenir pour relancer l'esprit du multilatéralisme et de la solidarité. Nous devons faire davantage pour nous honorer des engagements pris dans celui-ci, 80 ans plus tard. Nous sommes encore confrontés à la poursuite des conflits et de la fragmentation géopolitique, y compris la menace qui pèse sur les Nations unies, sur l'esprit du multilatéralisme. Le monde continue de lutter, d'être confronté à des difficultés sans précédent et complexes sur différents fronts. Le panorama en matière de sécurité et de paix est de plus en plus fragile. En plus de la nature changeante des conflits, nous sommes les témoins d'un mépris des principes du droit international humanitaire dans les zones de conflit. Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que l'ordre international basé sur des règles est sous pression. Il risque de perdre sa pertinence et ses fondements moraux. Nous vivons dans un monde qui est en train d'évoluer. La communauté internationale, quant à elle, est en train d'essayer de trouver des réponses aux défis auxquels elle est confrontée au 21e siècle. Cependant, malgré les défis auxquels elle est confrontée, nous sommes convaincus que les Nations unies sont une organisation pertinente et que ces institutions ont contribué à des réalisations de taille de par le passé, en particulier pour les pays du Grand Sud. Les Nations unies Sont une promesse de stabilité, de bonne gouvernance. Elle traduit nos ambitions en des mesures concrètes et se faire les se fait le champion de questions d'une importance internationale dans le cœur de la Gambie. Les États-Unis ont utilisé son pouvoir fédérateur et sa diplomatie préventive par la Commission de la condition de la paix pour soutenir le gouvernement élu démocratiquement qui a pris le pouvoir dans le pays en 2017. Ce soutien a été clé pour défendre la volonté du peuple gambien qui a permis l'avènement d'un gouvernement et qui a lancé un système de justice de transition qui a permis de promouvoir la démocratie, l'état de droit et le respect des droits de l'homme. Madame la Présidente, alors que nous sommes réunissons et nous réfléchissons à ce thème, le thème de cette année, mais plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains. Nous devons reconnaître que les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui exigent d'investir dans le développement durable, dans l'action climatique, dans la paix et la sécurité. Nous devons également continuer de favoriser la résilience et la croissance pour qu'un développement inclusif soit possible et qu'une prospérité partagée puisse être partagée par tous. Depuis le changement de gouvernement dans mon pays en 2017, l'administration de son excellence, monsieur Adama Barrow, s'est efforcée d'aller vers la paix, le développement, le respect des droits de l'homme et des libertés individuelles. Il y a de cela huit ans, nous nous sommes fixés comme objectif de faire de notre pays, d'organiser pardon, des élections nationales crédibles, transparentes. Monsieur le Président, en traitant des griefs du passé par la mise en place d'une commission commission pour la vérité, nous avons plus d'une vérité, vérité, réconciliation, réparation, commission. Comme je l'ai dit, nous avons réussi à organiser des élections reconnues au niveau national et international, élections crédibles, transparentes. Nous préparons l'élection présidentielle 2026 et nous restons attachés aux normes internationales, à la consolidation des démocraties participatives, du développement durable et de la bonne gouvernance. Nous continuerons de prendre des décisions basées sur l'intérêt des personnes pour promouvoir et protéger les droits humains et pour faire face également aux violations de ceux-ci. Nous entendons consolider les institutions de l'État, le gouvernement également engagé une réforme législative et élargi les possibilités qui sont les nôtres de poursuivre les atrocités criminelles. Parmi les réformes, nous avons mis en place, par exemple, une loi en 2024 créant un bureau ou un procureur spécial qui aura pour la première fois, qui pourra donc traiter de violations graves des droits des droits humains et des crimes internationaux. Et nous disposerons également d'une commission de lutte contre la corruption. Ceci témoigne des efforts que nous déployons pour lutter contre l'impunité et pour favoriser une justice plus sociale. Notre objectif est de mettre en place une culture de l'application du principe de responsabilité, de respect des droits de l'homme, en respect de nos obligations nationales et internationales pour soutenir notre développement au niveau national et nos ambitions C'est quelque chose qui est repris dans notre plan de développement national. Nous continuons de mettre en place, d'élaborer un budget qui est basé sur les principes de développement humain, éducation, promotion du développement et des investissements. Madame la Présidente, le contrat social avec les Gambiens s'efforce d'accroître la participation De ceci dans la gouvernance démocratique de notre pays, l'objectif est de faire progresser la démocratie, de respecter les droits humains. et. d'élargir ceci, de mettre en place des mécanismes. Dans la construction d'une société plus pacifique, nous prenons pleinement en compte le rôle des jeunes et des femmes et soutenons leur représentation et leur participation au fonctionnement démocratique de l'État. Nous continuerons de promouvoir la liberté des médias, le droit de rassemblement, la liberté d'expression. Ce sont des droits humains fondamentaux. Nous engageons une action coordonnée pour les défendre. En tant que gouvernement, nous Favorisons le dialogue avec nos citoyens, en particulier les jeunes. Nous respectons leur droit de participer au fonctionnement démocratique de notre État. Étant donné notre expérience, étant donné les difficultés que nous avons en matière de gouvernance, nous sommes conscients de la nécessité qu'il y a de consolider la démocratie et la bonne gouvernance dans notre région. Nous avons ainsi accueilli le forum pour la gouvernance du Sahel qui s'est efforcé de galvaniser un groupe d'acteurs pour trouver des solutions aux difficultés en matière de gouvernance qui sont un obstacle à la paix, à la stabilité et au développement. Nous espérons que ce forum permettra de tenir des débats qui nous permettront de trouver des solutions à la violence, à l'instabilité qui nuit au Sahel. Madame la Présidente, la Gambie continue d'être membre du Conseil de sécurité du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, du Conseil des droits de l'homme et participe aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, aux opérations de paix de l'Union africaine. En siégeant au niveau de ce Conseil très important pour notre continent, en participant aux opérations de maintien de la paix, nous continuons d'accorder la priorité au maintien de la paix, promouvoir la paix internationale, la sécurité et la consolidation de la gouvernance démocratique et des partenariats en Afrique. Il est fondamental que l'Union africaine et les Nations unies continuent de collaborer pour traiter des questions relatives à la paix et à la sécurité régionales. Et ceci suppose bien sûr de recalibrer les outils de diplomatie préventive dont nous disposons. Nous devons également renforcer les mécanismes d'alerte rapide et accorder la priorité à la protection des enfants touchés par les conflits armés. Madame la Présidente, en répétant le mantra d'une Afrique dont nous voulons et d'une Afrique en paix avec elle-même, nous penserons que davantage doit être investi va être fait pour prévenir les conflits, pour faire face aux défis du développement. Nous devons renforcer la résilience en particulier. Nous appelons le Conseil de sécurité des Nations unies à s'acquitter de sa responsabilité de manière à pouvoir régler les conflits en Afrique et au-delà. Les niveaux croissants d'inégalités témoignent du système économique actuel qui est inégal et qui crée des déséquilibres pour les pays, dans les pays du Sud, en particulier en Afrique, pour régler le problème de la pauvreté, de la dette et du chômage, cinq ans avant la fin du programme de développement durable à l'horizon 2030. Il est décourageant de constater que beaucoup reste encore à faire et que la réalisation de certains objectifs est pour le moins éloignée. Madame la Présidente, alors que nous devrions être engagés sur la voie de la paix et de la prospérité, nous voyons les conflits et les guerres se multiplier. Par conséquent, L'examen du mécanisme de consolidation de la paix en 2026 est une occasion, 2025 et 2026, c'est une occasion tout simplement de réfléchir à ce qui peut être fait pour faire cesser les conflits qui font rage dans le pays. En effet, les décès inutiles, le déplacement des populations en Haïti, au Sahel, en Ukraine, Gaza au Soudan est inacceptable. Nous devons continuer d'œuvrer au service de la paix et nous devons proposer des actions en exhortant les factions belligérantes à dialoguer pour la paix. Nous devons tous aider en mettant en place des accords et des cadres de sécurité pour régler les conflits, pour garantir en particulier la protection des civils, en particulier des hommes, des femmes et des personnes âgées. Les parties au conflit doivent permettre l'acheminement de l'aide humanitaire pour qu'elle parvienne aux populations qui souffrent et doivent s'engager à faire cesser les hostilités. Il incombe à la communauté internationale de mobiliser le courage et la volonté politique suffisante pour faire cesser les conflits très longs. En effet, le bain de sang doit cesser. Nous célébrons le 80e anniversaire de la naissance de l'organisation. Le calvaire des Palestiniens n'a pas encore été réglé. Des populations innocentes continuent d'être confrontées à des situations humanitaires catastrophiques. La situation des Palestiniens renvoie au principe de justice, de respect du droit international humanitaire et de toute détermination. La situation actuelle ne pourrait cesser. On ne peut pas rester impassible. Face à la détérioration de la situation, il est impératif d'agir collectivement de toute urgence pour relancer les chances d'un processus de paix inclusif en Israël, pour Israël, la Palestine et la région. Nous réitérons notre appel au service de la solution à 2 États pour permettre au peuple palestinien de récupérer ses droits nationaux, tels que l'a reconnu la communauté internationale par sa reconnaissance de l'État de la Palestine. dans le cadre de ses frontières de 1967, avec Al-Quds Al-Sharif comme capitale. Nous appuyons également la candidature de la Palestine et son adhésion à l'Organisation de la Société des Nations. A cet égard, nous tenons à remercier le Royaume de l'Arabie saoudite et la France pour la conférence de haut niveau qu'ils viennent d'organiser sur la question de la Palestine. Madame la Présidente. Dans le cadre de l'appel que nous avons lancé pour que les conflits mondiaux puissent être réglés le plus vite possible, nous tenons à réaffirmer notre soutien aux efforts entrepris par le secrétaire général qui a lancé une table ronde en Sahara marocain pour arriver à trouver un règlement de cette crise. Nous nous félicitons de la volonté de l'attachement du Maroc au cessez-le-feu, sa volonté de pleinement coopérer avec le MINURSO et de relancer le processus politique sur la base des paramètres de la résolution 2756/2024. À cet égard, nous appelons le Front Polisario à renoncer à son retrait unilatéral de l'accord de cessez-le-feu, à lever les restrictions qui ont été posées sur la liberté de mouvement et la fourniture d'approvisionnement à la MINURSO. Nous exhortons toutes les parties du Maroc, l'Algérie, la Mauritanie, le Front Polisario à travailler ensemble à l'avènement d'une solution politique durable et pragmatique sur la base d'un compromis. L'incidence positive de l'initiative marocaine pour l'autonomie, que nous acceptons comme réaliste et crédible, a été accueillie de manière favorable et le peuple de la région continue de jouir de la paix, du développement et de la protection de leurs droits humains, grâce au gouvernement du Royaume du Maroc et du nouveau modèle de développement qu'il a proposé pour la région du Sahara marocain. Nous saluons également le par Sa Majesté Mohammed VI, roi du Maroc, du gazoduc Maroc-Nigéria, de l'initiative Atlantico-Africaine et de l'accès pour les pays du Sahel-Atlantique. Ces trois initiatives royales donneront un nouvel élan à la région du Sahara marocain en mettant en place une nouvelle plateforme de renforcement de la sécurité, de la stabilité et du développement. Madame la Présidente, la Gambie continue d'être aux côtés du de la politique Chine unique de la République populaire de Chine. L'attachement de la Chine à la coopération internationale et son soutien au développement prouve. L'élasticité du concept de développement durable et des de la coopération triangulaire du Sud-Sud. Nous réitérons l'appel qui a été lancé pour soulever le blocus économique imposé au peuple frère de Cuba. à cette. embargo, ce blocus continue d'infliger, de causer des difficultés, de causer des dégâts économiques, de créer des problèmes de développement pour le peuple et le gouvernement du Cuba. Nous pensons que le moment est venu de le lever et nous pensons que ceci permettra de faciliter la coopération. Madame la Présidente, nous célébrons également le 25e anniversaire de l'adoption de la résolution 1325 sur femmes, paix et sécurité, résolution du Conseil de sécurité. Nous devons donc renouveler la conviction qui est la nôtre, que la réalisation du développement durable, la consolidation de la paix et de la sécurité sont ancrées sur le principe de la participation des femmes dans toutes les sphères de la politique et des processus de prise de décision. Des progrès ont été réalisés pour inclure les femmes dans la vie publique. Leur participation dans la consolidation de la paix et dans les accords de sécurité continue d'être limitée par des obstacles que nous devons surmonter. En effet, les femmes doivent avoir une place à la table des négociations. Elles payent le lourd tribut très souvent des conflits. Elles doivent pouvoir participer à la paix. En tant que pays qui partagent la même destinée, en préparation de la quatrième conférence mondiale pour sur les femmes, nous avons l'obligation morale et la responsabilité collective d'agir rapidement sur toutes les questions qui empêchent l'émancipation des femmes. Ceci inclut de favoriser leur avancement, leur progrès dans les institutions et leur contribution croissante à la paix, la sécurité et la consolidation de celle-ci. Madame la Présidente, étant donné les conclusions de la quatrième conférence sur le financement du développement, nous espérons que l'architecture financière internationale et les mécanismes en la matière évolueront de manière positive. L'architecture financière internationale, en particulier concernant la restructuration de la dette, continue d'empêcher les aspirations de développement. des pays en développement, étant donné la marge de manœuvre budgétaire très limitée par les pays qui sont soumis à la charge de la dette, les pays en développement ont des difficultés à investir dans les secteurs sociaux. Cette difficulté est compliquée, notamment pour ce qui est des investissements dans la base productive de leurs économies pour favoriser la croissance, l'emploi, le développement. La situation a contribué à La réalisation très décevante de seulement 17% des ODD pour accélérer la pleine mise en œuvre de ceux-ci dans le cadre du cadre qui est le nôtre, nous devons renforcer la coopération financière internationale et revoir l'architecture financière internationale. Nous devons créer des accords, des institutions, des mécanismes qui permettront la réalisation d'investissements précis, l'industrialisation et le lancement d'initiatives de mécanisation pour garantir le développement de l'agriculture, de l'eau et de l'eau. Monsieur le Président, le pacte pour la. Madame la Présidente, le pacte pour l'avenir adopté lors de la 79e session de l'Assemblée générale l'année dernière est une occasion en or de voir les réalités que sont de relancer la mise en œuvre du plan de développement durable à l'horizon 2030 et ses objectifs de développement durable et d'intensifier nos efforts pour faire face aux défis urgents de époque. Le pacte concerne la prospérité partagée et c'est la raison pour laquelle nous sommes favorables au processus de préparation de l'examen du pacte en 2028, pour que ce processus soit mis en conformité avec les processus intergouvernementaux en cours, comme par exemple l'examen du mécanisme de consolidation de la paix en 2025, la réunion de haut niveau de la plénière pour commémorer le 30e anniversaire du programme d'action pour la jeunesse et le sommet mondial social. Le succès de ces rendez-vous dépendra principalement de notre volonté, de l'élan que nous donnerons à l'avènement d'un cadre de gouvernance mondiale plus résilient, plus équitable, au service de la réalisation des objectifs qui sont les nôtres. Madame la Présidente, sans une réforme du Conseil de sécurité, nous ne serons pas à même de mener à bien notre programme de réformes. Nous appuyons la position africaine commune sur la réforme du Conseil telle qu'elle a été présentée dans la déclaration de Syrte et le consensus des Zouini. Nous sommes convaincus que le processus de réforme des Nations Unies doit progresser et que la représentation de l'Afrique dans les catégories de membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité est une injustice historique qui doit être corrigée de toute urgence. L'Afrique a ainsi toujours contribué la paix au niveau mondial, et l'Afrique a payé le lourd prix de sa participation à deux guerres mondiales. Par conséquent, nous sommes convaincus que le moment est venu pour la communauté internationale de soutenir l'appel de l'Afrique pour qu'elle soit représentée pleinement au Conseil de sécurité. Ce faisant, une réforme du Conseil permettra de garantir sa légitimité et sa crédibilité en tant qu'organe responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Nous saluons le comité de l'Union africaine de 10 chefs d'État et de gouvernement sur la réforme du Conseil de sécurité, présidé par Son Excellence le Président de la République de la Sierra Leone. Merci pour leur direction éclairée de cette. dans cette quête tout à fait légitime. Monsieur le président, nous sommes confrontés à des niveaux au niveau international d'insécurité, niveau de d'insécurité très élevée. La menace des changements climatiques continue d'aggraver les défis sécuritaires notamment au Sahel. Nous devons donc faire face à l'incidence de la chance climatique dans le cadre des mesures qui sont prises pour renforcer la résilience, des mesures qui sont vitales pour atténuer les effets, les risques liés au climat, qui sont liés bien sûr à des facteurs économiques, sociaux et politiques. Nous voudrions saluer les progrès enregistrés lors de la COP 22 à nous sommes passés de 100 milliards de dollars un nouvel objectif quantifié collectif. Celui-ci n'est pas suffisant pour financer toutes les actions en matière d'adaptation et d'atténuation, en particulier pour les pays en circonstances particulières. Nous espérons que les décisions prises lors de la 31e COP à Belém, au Brésil, permettront de galvaniser les activités en matière de financement climatique. Nous appelons les pays à déterminer des contributions, des niveaux d'atténuation les plus ambitieux. en s'engageant à arriver à des émissions nettes zéro d'ici 2050. Avant de conclure, permettez-moi de rappeler aux États membres qu'il est nécessaire de forger ici un nouveau consensus pour faire face aux nouvelles réalités qui sont les nôtres, nous unissant, étant donné notre détermination, la détermination qui est la nôtre de faire des Nations unies un outil puissant pour répondre à nos aspirations et nos objectifs en tant que famille humaine unique. C'est notre seule planète. Préservons-la pour la postérité. La Gambie est prêt à jouer son rôle pour faire de notre monde un monde meilleur pour tous et toutes. Au nom de son excellence monsieur et du gouvernement et le peuple de la Gambie, je vous souhaite des délibérations fructueuses pour faire avancer le thème de cette quatre-vingtième session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Je vous remercie pour votre attention.
en nombre de l'assemblée au nom de l'assemblée je remercie le vice-président de la République de Gambie Je donne maintenant la parole à Madame Sabine Munauni, vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères, de la Culture et de l'Environnement du Liechtenstein. Madame, vous avez la parole.
Président, ladies and gentlemen, let me begin by saying.
Excellence, mesdames et messieurs, permettez-moi d'abord de dire combien je suis heureuse de voir une femme présider cette assemblée, seulement pour la cinquième fois dans l'histoire des Nations unies, et pour la première fois, une femme de notre région. J'espère que c'est de bon augure pour le processus de sélection du futur secrétaire général, un poste qu'aucune femme n'a encore occupé depuis plus de huit décennies. D'ailleurs, Madame la Présidente, c'est vous qui conduirez ce processus de sélection. C'est pour moi, encore une fois, un plaisir de faire cette allocution en tant que ministre des Affaires étrangères, la première fois pour moi, mais une tradition pour notre pays qui a toujours nommé des femmes ministres des Affaires étrangères au Liechtenstein. L'ONU est un élément clé, un axe majeur de notre politique étrangère. Nous sommes en effet convaincus que le droit international, la coopération et le multilatéralisme devraient nous guider dans toute politique étrangère. Et le moment aujourd'hui est historique pour les Nations Unies. Depuis plus de 80 ans, c'est là où les nations se rassemblent, le droit international est développé, où les droits humains sont codifiés, où des objectifs de développement communs sont négociés. Bien sûr, l'organisation a également été source de quelques déceptions. L'on a souvent attendu de l'Assemblée générale ou du Conseil de sécurité, juste à côté d'ici, qu'ils prennent des actions décisives pour garantir la paix. Comme nous le savons, c'est l'objectif principal de cette organisation. Mais nous réalisons que la paralysie politique a empêché ces organes d'agir. bien que l'action ait été pleinement justifiée. En Ukraine, le système a permis à l'agresseur d'opposer son veto à une action collective, appuyée pourtant par la vaste majorité de l'Assemblée. À Gaza, nous avons été spectateurs de souffrances extrêmement graves, alors que la solution et des États a été une des premières décisions prises par les Nations Unies il y a déjà plusieurs décennies. que nous nous sommes contentés de regarder ces civils souffrir, se voir infliger des souffrances injustifiables et sans précédent, alors que nous nous étions engagés à prévenir les atrocités criminelles. Le peuple soudanais doit avoir également conclu que l'indifférence est le principe qui guide nos discussions et qu'il suffit de quelques semaines, sinon de quelques jours, pour que l'indignation soulevée par un veto cynique s'effrite. Ceci décrédibilise considérablement les Nations Unies, mais la raison pour laquelle l'avenir de l'ONU est totalement incertain sont toutes différentes. Les fondements mêmes de l'ONU sont aujourd'hui remis en cause comme jamais auparavant. Ces efforts, ces tentatives sapent nos engagements et notamment notre engagement à trouver des solutions à nos problèmes communs sur le principe d'égalité souveraine, principe que nous nous sommes engagés à appliquer à tous de la même manière. Car le droit international n'a de valeur que si nous pouvons l'appliquer de la même manière à tous, de manière prévisible, équitable et juste. Pour nous, au Liechtenstein, l'ONU, à laquelle nous avons adhéré il y a 35 ans, occupe une place spéciale. Elle a joué un rôle essentiel dans les avancées que nous avons réalisées sur la voie de l'égalité entre les sexes. Grâce à ce que nous faisons ici, dans cette organisation, nous avons mis les droits humains au centre de notre politique étrangère. Les objectifs de développement durable sont aujourd'hui reconnus dans notre pays et jouissent de l'adhésion de la société civile comme du secteur privé. La Charte garantit notre souveraineté. L'ONU est également une fenêtre vers le monde et le seul lieu où on peut parler avec tout le monde. C'est une instance sans pareil pour la politique étrangère où nous pouvons nous exprimer en tant que égaux, souverains. Nous l'avons fait avec engagement et enthousiasme et je pense avec un certain succès. Aujourd'hui, nous avons le sentiment d'être liés aux autres États par des liens particuliers. Nous sommes de taille modeste, comme vous le savez, mais notre ambition n'est pas moins grande que celle d'autres États. Nous savons que le monde auquel nous aspirons doit être fondé sur des règles auxquelles tous peuvent adhérer. Et surtout, maintenant, nous devons être plus unis que jamais pour préserver nos intérêts communs. L'époque que nous traversons est une époque difficile où tout avance très vite, ce qui peut paraître extrêmement déroutant. Nous avons conscience de l'importance du changement climatique qui est la plus grande menace qui pèse sur nous, petits ou grands, où que nous soyons sur cette planète. Et pourtant, Nous n'avons jamais été aussi proches de l'abysse climatique. Nous savons combien il est difficile aujourd'hui de lutter efficacement contre ces phénomènes, mais nous devons nous mettre d'accord. Il y a aussi l'intelligence artificielle qui se développe à une vitesse extrêmement importante, mais qui présente aussi des risques évidents pour notre tissu social si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord sur ces limites, sur des règles concrètes. Dans la région où se trouve mon pays, les priorités ont également beaucoup évolué ces trois dernières années. Nous sommes préoccupés par la destruction de l'architecture sécuritaire européenne en raison de l'agression de la Fédération de Russie, mais nous sommes également déterminés à préserver nos relations commerciales. Le Liechtenstein connaît bien ces défis, comme tous les autres États de la région, mais nous sommes prêts à tout faire pour y remédier avec tous ici. Aujourd'hui, l'existence des Nations Unies est en jeu. C'est évidemment une observation qui donne à réfléchir, mais nous devons trouver les possibilités qui se cachent dans cette crise existentielle. Nous avons laissé ce système Évoluer de la mauvaise manière aujourd'hui, l'inefficacité, la mauvaise gouvernance et les le double emploi en sont des caractéristiques que nous ne pouvons pas nier. Le processus ONU 80. est une chance, par conséquent, une chance qu'il faut saisir pour rendre l'organisation plus efficace, plus souple, pour qu'elle puisse utiliser ses ressources de manière plus efficace et produire de meilleurs résultats. Lorsque nous avons adopté le pacte pour l'avenir il y a un an, le Liechtenstein avait appelé l'organisation à ne pas oublier son objectif principal, celui qui consiste à préserver la paix et la sécurité. Pour nous, nos députés, notre société civile, l'ONU est une organisation pour la paix, nous devons trouver un moyen de la rendre plus efficace dans l'accomplissement de cette tâche. Si le Conseil de sécurité n'est pas en mesure de s'acquitter de cette tâche de manière responsable en raison du droit de veto que peuvent utiliser les États membres permanents de ce Conseil, il faut agir ailleurs, à commencer par cette salle. Il y a d'autres piliers comme le développement et les droits humains, qui sont tout aussi existentiels pour la dignité et le bien-être des peuples au nom desquels nous siégeons ici. Tout aussi important pour édifier des sociétés justes, pacifiques et inclusives. Madame la Présidente, l'État de droit est le principe fondateur de ce que nous faisons ici aux Nations Unies. Ce qui n'est pas surprenant pour un des plus petits États de cette organisation.
Un État qui n'a ni n'a pas de forces armées et qui n'est pas non plus membre d'une alliance militaire. Notre souveraineté est protégée par le droit international, par son application en toutes circonstances. Évidemment, nous. Nous avons toujours soutenu les tribunaux internationaux, qui sont un outil indispensable de l'application du droit international. Parmi eux, la Cour pénale internationale, à laquelle nous avons adhéré des décennies avant de devenir membre des Nations unies. Le Liechtenstein participe activement aux procédures de la Cour. Nous nous réjouissons de voir que son travail reçoit une plus grande attention ces dernières années et que ses décisions sont respectées par de nombreux gouvernements. L'avis consultatif sur les questions du changement climatique récemment rendu est très important. Cette initiative trouve son origine dans un mouvement de jeunes militants pour le climat. L'idée était de demander à ce que cette assemblée L'entérine par consensus. Le Liechtenstein est fier d'avoir été parmi les États à avoir rédigé le texte de la décision. L'avis consultatif a finalement été adopté à l'unanimité par les 15 juges, ce qui lui a donné encore plus de poids. Nous nous sommes félicités de cette décision et notamment de l'accent qu'elle a mis sur les droits humains, où des questions importantes restent encore sans réponse. Nous espérons travailler avec vous tous ici pour que cet avis consultatif produise des résultats concrets. Ensuite, concernant la Cour pénale internationale, c'est une institution tout aussi importante qui joue un rôle essentiel. C'est la première cour permanente dans l'histoire de l'humanité à avoir compétence sur des crimes définis comme les plus graves en vertu du droit international, tels que le crime de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et le crime d'agression. Près des deux tiers des États ont déjà adhéré à ce projet, traité le plus ambitieux depuis l'adoption de la Charte elle-même. Cette affirmation centrale est extrêmement importante pour le respect de l'État de droit. En effet, elle clame que personne n'est au-dessus de la loi. Personne n'est à l'abri d'une enquête ou de poursuites pour avoir commis des crimes graves en vertu du droit international. Lorsque nous voyons ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan, nous voyons clairement que le droit international est foulé aux pieds, parfois systématiquement. C'est pourquoi nous avons créé la Cour pénale internationale pour protéger les victimes et les plus vulnérables, mais également pour préserver la paix et la sécurité internationales. La Cour se trouve aujourd'hui soumise à des pressions politiques significatives. Elle est prise pour cible par des sanctions sans précédent. C'est donc le moment pour nous de protéger cette institution unique en son genre. Nous pourrions par là déclarer de manière puissante que nous sommes engagés à faire respecter le droit international. Parmi les tendances les plus alarmantes liées au respect de la Charte des Nations Unies, j'aimerais C'était l'emploi de la force. La menace de l'emploi de la force ou l'emploi de celle-ci pour régler des différends est extrêmement grave. C'est une tendance très dangereuse qui peut nous faire replonger dans un passé que nous pensions pourtant derrière nous. C'est une attaque contre la Charte elle-même. Nous avons beaucoup de conflits à gérer. Cela fait partie de notre quotidien. Mais nous devons nous rappeler que notre mission consiste en premier lieu à prévenir la guerre. Lorsque celle-ci est inévitable, il faut tout mettre en œuvre pour y mettre fin. Et surtout, il faut que tout acte illégal soit puni. La Cour pénale internationale est la seule institution doté d'une compétence pour les crimes d'agression. C'est pourquoi il est essentiel que la Charte des Nations Unies s'applique. Tous les États devraient appuyer ces initiatives et tous les États devraient adhérer au Statut de Rome. Notre monde se trouve dans une situation extrêmement difficile. Les forces de la destruction semblent être plus fortes que jamais. Si nous voulons à avoir une chance dans ce combat contre les forces destructrices. Nous devons préserver notre planète pour les générations futures et nous devons faire de l'ONU une organisation plus forte, une organisation meilleure que nous pouvons façonner ensemble. Je vous remercie.
Je remercie La ministre des Affaires étrangères de la Principauté du Liechtenstein. Écuchau, la última intervención en el debate general de esta sesión. Madame Sabine Mononi, nous avons entendu le dernier intervenant au titre du débat général pour cette partie de la réunion. Nous reprendrons à 15h00. La séance est levée. Thank you very much.
Je déclare ouverte la 9e séance plénière de l'Assemblée générale. L'Assemblée va entendre l'allocation de Son Excellence monsieur Mohamed Younis Menfi, président du Conseil présidentiel de l'État de Libye. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son excellence que j'invite à prendre la parole devant l'assemblée.
Excellence, Présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, Votre Excellence, M. António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, Majesté, Excellence, Mesdames et Messieurs. Au nom du peuple libyen, je souhaiterais vous féliciter à l'occasion du 80e anniversaire de la création des Nations unies. Cela reste un des piliers de l'ordre international, un des phares du multilatéralisme dans l'histoire de l'humanité. Nous nous félicitons de l'organisation de cette session avec comme thème « Mieux ensemble 80 ans et plus pour le développement de la paix et les droits de l'homme ». Ce sont des principes auxquels nous croyons profondément, des principes que nous consolidons au niveau national, régional et international. Alors que nous commémorons cette date anniversaire à l'échelle planétaire, nous commémorons le 70e anniversaire Du fait que nous ayons. La Libye a rejoint les Nations unies. C'était une combinaison de luttes du peuple libyen. Lorsque les Libyens ont fait entendre leur voix dans cette même salle, en demandant la liberté et l'indépendance après des décennies de colonisation, l'organisation a entendu cet appel et a adopté une résolution historique qui a mené à l'indépendance de la Libye en 1951, en réitérant ainsi le droit à l'autodétermination des peuples. Mesdames et Messieurs, je suis devant vous aujourd'hui et je représente la volonté d'un peuple qui continue d'espérer, qui continue de croire en sa capacité de construire un avenir prospère et stable. La Libye Ce n'est pas une zone de combat, ce n'est pas une arène où l'on tente de gagner, un endroit d'où les crises peuvent être exportées. C'est une nation riche en ressources naturelles, une société qui se tient, avec une jeunesse qui dispose d'un potentiel immense. Ce sont eux la colonne vertébrale pour construire un Etat moderne. Dès le tout début, les liens de la Libye avec les Nations unies se sont basés sur le partenariat et le respect mutuel. Et aujourd'hui, à la croisée des chemins, nous nous tournons vers les Nations unies pour qu'elles jouent un rôle efficace et complémentaire en nous aidant à surmonter la crise, en nous aidant sur la voie de la stabilité et de la démocratie. malgré les difficultés, malgré les menaces. Notre peuple est profondément convaincu que sa société si diverse, son histoire très longue, lui permettront de rester ferme et de surmonter toutes les crises, quelles qu'elles soient. Mais je vais être honnête avec vous. En Libye, de nombreux mécanismes traditionnels sont arrivés au bout de leurs forces. Ils ne sont pas à la hauteur de la complexité de la situation sociale et politique Ils ont eu une incidence toxique sur la confiance des Libyens dans les solutions proposées. Nous devons revoir ces solutions, éviter les solutions temporaires et les interprétations beaucoup trop étriquées qui ne font que nourrir les crises. Nous pensons que toute solution qui ne rétablit pas l'appropriation nationale sur le plan politique, une solution qui ne n'émanerait pas de la volonté libre de la population, est vouée à l'échec. Nous l'avons vu dans le passé. Et dans ce contexte, nous vous présentons une vision politique très claire. Il faut tout d'abord rétablir la souveraineté nationale pleinement. Il faut rejeter toute ingérence étrangère, quelle qu'elle soit et quels que soient les arguments avancés. Deuxièmement, arriver à un consensus national inclusif est essentiel pour arriver à une société inclusive. Mais pour cela, il faut un dialogue sincère qui sera tenu en Libye avec tous les acteurs libyens sans exception. Troisièmement, réunir les institutions nationales, notamment de la défense, de la sécurité, en utilisant des mécanismes professionnels sans polarisation et sans quotas. Quatrièmement, mettre fin à la période de transition grâce à la Constitution et en procédant à des élections libres et justes permettant aux Libyens de choisir qui va les diriger. sans tutelle et sans imposition d'acteurs extérieurs. Mesdames et Messieurs, alors que nous prenons nos responsabilités politiques et malgré les difficultés rencontrées, nous avons pu conserver le niveau le plus élevé de stabilité possible. Nous avons évité la rechute dans la violence. Nous soulignons que L'intégrité territoriale, la souveraineté et la cohésion sociale de la Libye sont des éléments qui ne sont pas négociables. Nous avons pu respecter l'accord de cessez-le-feu. Nous avons établi un comité sur les modalités de sécurité dans la capitale Tripoli. Sous ma supervision, ceci a contribué à renforcer la stabilité en rendant une des plus sûres que nous ayons connues jusqu'à maintenant. Mesdames et messieurs, l'économie libyenne, malgré les difficultés, peut beaucoup contribuer au développement du pays. L'absence d'un budget unique, l'absence d'institutions unifiées ont été des obstacles au développement. Nous soulignons que Nous appuyons la voie économique par le biais du Comité supérieur économique et financier. Il est nécessaire de respecter les grands principes d'équité et de transparence lors de la redistribution de la richesse. La migration illégale est une vraie difficulté. un vrai problème humanitaire avec des causes très anciennes. Nous demandons à la communauté internationale d'adopter une approche globale en appuyant la création d'emplois, la création d'infrastructures dans notre région en partenariat avec l'Union africaine plutôt que d'adopter des approches beaucoup plus étroites, sécuritaires, qui se sont avérées inefficaces. Dans ce contexte, nous avons appuyé des projets économiques qui établissent des liens entre le nord et le sud du continent africain. Pour créer un environnement propice au développement, il faut que les jeunes puissent travailler. Il est important de retrouver des équilibres au niveau démographique sur le continent africain et sur le plan économique aussi. Notre position par rapport à la Palestine se base sur des principes humanitaires et se base sur nos engagements par rapport au monde arabe. Dans ce contexte, nous condamnons dans les termes les plus robustes les pays qui continuent de se cacher derrière une morale, une neutralité morale qui ne voient pas les violations terribles du droit international auxquelles sont soumis les Palestiniens. C'est pour cela que les Nations unies ont été créées. Pour le moment, les Palestiniens vivent toujours sous le joug de l'occupation. Nous demandons une action responsable de la communauté internationale pour que les droits légitimes du peuple palestinien soient respectés. Il faut surmonter les divisions. Le peuple libyen toujours engagée par rapport à l'option démocratique. Nous continuons de penser que l'État de droit et les institutions démocratiques, ce n'est pas un rêve, mais c'est un droit légitime. Il est temps de voir la Libye non pas comme un cas politique, mais comme une histoire de liberté et de volonté. Un pays avec une longue histoire, avec de grandes ressources, avec un peuple libre. qui aspire à la paix et à la prospérité. La démocratie, c'est notre choix et la paix et la réconciliation, c'est notre destin. Notre histoire a bien montré que notre peuple peut arriver à la réconciliation, peut promouvoir la tolérance et la justice. Nous pouvons tourner cette page. La réconciliation nationale, ce n'est pas simplement quelque chose de nécessaire pour construire l'État, c'est un héritage que nous chérissons. Nous voulons une Libye souveraine, libre, forte, avec des institutions robustes, ouverte au monde, un vrai partenaire. au niveau régional et international. Vive la Libye unifiée et indépendante. Vive le peuple libyen libre et digne. Que la paix de Dieu soit sur vous tous. Merci.
Au nom de l'Assemblée, je remercie le président du Conseil présidentiel de l'État de Libye. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Monsieur Duma Gideon Boko, Président de la République du Botswana. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, nous sommes réunis ici aujourd'hui et toute la semaine durant, dans cette vénérable enceinte, pour nous rappeler la gravité des circonstances qui ont donné naissance aux Nations Unies, les ruines de la guerre, un monde sur le point de s'enfoncer dans une spirale, si des choix courageux n'avaient pas été faits. Les dirigeants, animés d'un grand idéal et pleins de courage, ont su être à la hauteur. Ils avaient compris que les attraits de notre unité occultaient les tendances à la division parmi nous. Et forts de leur conviction que l'humanité est meilleure unie, cette institution a vu le jour. Leur courage, leur force morale méritent notre admiration constante. Aussi, me voici ici. pour dire mes remerciements et la gratitude du peuple du Botswana à nos prédécesseurs et à vous tous. Nous devons renouveler notre engagement à cet idéal de paix, développement, droits humains pour tous, dans tous les pays. Je suis ici aujourd'hui à la fois en tant que citoyen du Botswana et en tant qu'Africain. Je suis un Africain à part entière, avec mes racines. Pour le Botswana, les idéaux des Nations Unies ne sont pas une abstraction, c'est le socle même de notre identité. Depuis notre indépendance, nous avons essayé d'incarner la démocratie, le respect de l'État de droit, y compris l'ordre normatif international fondé sur les règles et la dignité de chaque être humain. Nous réaffirmons aujourd'hui notre attachement à la Déclaration universelle des droits de l'homme pour promouvoir l'égalité, y compris la protection des peuples autochtones, des femmes, des jeunes dans nos frontières et dans la région. Nous reconnaissons également que la quête de la justice est un cheminement difficile. Mon gouvernement s'est engagé à réformer et à renforcer ces institutions, à renforcer la transparence et à déraciner la corruption. Et pas pour des accolades, mais parce que nos citoyens méritent d'avoir une administration intègre. Nous avons une quête d'intégrité pour les chefs de file africains. Excellence. Le Botswana est béni avec les diamants. Depuis des décennies, cette ressource a financé les écoles, les hôpitaux et les infrastructures. Mais aujourd'hui, nous voyons la fragilité de cette source de financement. Le marché des diamants fluctue et les besoins de notre peuple ne diminuent pas. Notre vision des choses est claire. Pour diversifier notre économie, autonomiser la population et créer la résilience, nous invitons les partenaires du monde entier à investir dans l'énergie renouvelable, la technologie, l'agriculture durable et les industries à valeur ajoutée. Nous avons les bras ouverts pour les innovateurs, les secteurs privés et les institutions prêtes à nous accompagner dans cette transformation. Le Botswana est un pays semi-aride. Nous connaissons le sens de la sécheresse et nous connaissons les problèmes de gravité, rareté de l'eau. dépendant de forces au-delà de notre contrôle. Le changement climatique n'est pas une menace distante, c'est une réalité concrète, présente. C'est pourquoi je me suis rattachée au Centre mondial pour l'adaptation, car l'adaptation, c'est le cœur même du développement durable et j'appelle l'Assemblée générale à redoubler d'efforts pour le financement dans l'adaptation au changement climatique. Investissons dans les infrastructures hydriques, dans les systèmes d'alerte précoce, l'agriculture au changement climatique. Veillons à ce que la promesse de l'accord de Paris ne reste pas sur le papier, mais se concrétise dans la vie des exploitants agricoles, des bergers, des enfants dans le sud mondial. Au début de l'année, Botswana a connu des pénuries de médicaments essentiels. Cette crise a révélé non seulement les vulnérabilités de nos chaînes d'approvisionnement, mais également les inégalités du système de santé mondial. L'accès aux médicaments, c'est un droit humain, pas un privilège. Nous demandons aux Nations unies, aux institutions financières internationales et au secteur privé de travailler avec nous pour mettre en place des systèmes de santé résilients ensemble. Recherchons les productions locales, les centres d'acheminement régionaux, des mécanismes plus justes pour qu'il n'y ait pas de pays qui soit seul face à des urgences sanitaires. En tant qu'Africain, je suis ici debout devant vous, en tant qu'une des voix de l'Afrique, continent trop souvent traité avec une aimable indifférence. La voix de l'Afrique n'est pas entendue. Les Nations unies ne peuvent pas être véritablement internationales. ne peuvent pas vraiment travailler à l'unisson et ne seront pas meilleurs tant que notre continent, qui accueille un cinquième de la population du monde, n'a pas droit au chapitre sur un pied d'égalité au sein de cette organisation. Les amis, les partenaires, parmi les cinq permanents, il est temps d'honorer vos promesses. accepter un siège permanent pour l'Afrique au Conseil de sécurité qui depuis 80 ans est le seul continent qui n'en est pas. Et j'apprécie la décision qui a été prise par la Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et la France notamment de donner plus d'attention à la crise palestinienne. Au carnage dans la bande de Gaza, ceci doit frapper notre conscience collective. Nous sommes solidaires avec le peuple palestinien dans leur quête pour la dignité, pour une patrie. Donc nous aussi nous disons notre soutien pour la souveraineté, l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous appelons toutes les parties à cesser la guerre et à rechercher un règlement pacifique. Mesdames et Messieurs les délégués, le thème de l'Assemblée générale cette année, "Meilleurs ensemble", ce n'est pas un slogan, c'est vrai. Nous sommes meilleurs quand on combat ensemble les pandémies, quand on s'adapte aux changements climatiques, quand on garantit la paix et quand on garantit que la dignité de l'être humain n'est pas Le fait de quelques-uns, mais un héritage commun à tous. Donc renouvelons notre engagement pour le multilatéralisme, pas parce que cela est pas par pragmatisme, mais parce que ceci est nécessaire, car aucun d'entre nous ne peut seul faire face aux tempêtes de ce siècle. Alors que le Botswana se tourne vers son avenir, nous le faisons avec humilité, mais également bien résolu. Nous sommes prêts à participer à être partenaires et à diriger là où nous le pouvons. Ensemble, garantissons que quand les générations à venir fêteront les 100 ans des Nations Unies, ils diront de nous: « Ce fut la génération qui a concrétisé les paroles en action, les promesses en progrès et qui a transformé l'espoir en réalité. » Je vous remercie infiniment.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Président de la République du Botswana. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Madame Sylvanie Burton, Présidente du Commonwealth de Dominique. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Excellences, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, je vous salue dans ma langue, la langue des premiers peuples des Caraïbes. Ce sont mes ancêtres et j'en suis fière. Madame la Présidente, Au nom du gouvernement et du peuple du Commonwealth de Dominique, je vous félicite, vous, une femme, pour votre désignation pour diriger les travaux de la 40e session de l'Assemblée générale, une responsabilité pour laquelle vous êtes éminemment qualifiée. Nous vous souhaitons tout le succès possible dans vos nouvelles fonctions. Excellence, Je prends la parole à un moment charnière de l'histoire de cette organisation et de ce monde. Je me souviens des mots de l'écrivain connu Charles Dickens dans sa nouvelle, et je le cite, "L'histoire de deux villes", une nouvelle qui se déroule dans une époque de troubles sociaux, de division et de transformation. Je cite: "C'était la meilleure époque possible, c'était la pire époque possible." Fin de citation. Même si cette nouvelle a été écrite il y a plus de 160 ans, ces mots restent tout à fait pertinents aujourd'hui. Alors que nous commémorons les 80 ans d'existence des Nations Unies, nous vivons vraiment une histoire de deux mondes. Pour certains, en effet, c'est la plus belle des époques: des économies robustes, un accès à l'éducation, aux médicaments, à des soins de santé de premier ordre, à l'eau propre, à l'assainissement et au logement. Des pays qui sont à la frontière de l'intelligence artificielle et des technologies émergentes, avec une infrastructure numérique en pleine expansion et un niveau de vie qui ne fait que grandir. Mais pour bien d'autres, c'est la pire des époques. Une pauvreté endémique, la faim permanente, le déplacement, l'instabilité et la guerre. Des nations qui sont en première ligne du changement climatique, qui subissent les pires incidences de ce dernier et la crise de la dette qu'ils n'ont pas créée, c'est simplement le prix à payer pour les excès des autres. Malheureusement, il ne s'agit pas ici d'une fiction, mais la réalité que nous partageons. Si nous, en tant que Nations Unies, ne faisons pas face à cette dualité, à cette inégalité, nous allons écrire une catastrophe nous-mêmes. Il est bon de rappeler que les Nations Unies ont été créées il y a 80 ans pour empêcher les guerres, pour promouvoir la paix et la coopération internationale, en se basant sur des idéaux de respect mutuel, des droits de l'homme et de l'État de droit. Cette organisation a mené un plaidoyer en faveur du multilatéralisme en reconnaissant qu'aucun pays n'a la réponse pour les problèmes du monde, que le monde est interconnecté et que pour maintenir la paix, nous devons opter pour une approche basée sur les règles et pas sur le pouvoir. L'histoire de deux villes dépeint une société où les puissants vivent dans l'opulence et les opprimés souffrent en silence. Je pense que nous pouvons tirer une leçon de cet avertissement que nous retrouvons dans le travail et dans l'œuvre de Dickens, la justice doit pas être ignoré lorsque des nations puissantes imposent leur volonté aux moins puissants sans reddition des comptes sans respect pour l'état de droit et bien ces nations plantent des graines de discorde et de troubles futurs quels sont les enseignements que que nous pouvons en tirer? Quelles questions devons-nous nous poser alors que nous nous rassemblons année après année dans cette même salle? Est-ce que nous écoutons vraiment les nations qui prennent la parole chaque année ici à la tribune pour dénoncer la pauvreté, les inégalités, le changement climatique, le sous-développement et les conflits? Disposons-nous d'un système dans lequel les ressources et la prise de décision sont vraiment bien partagée ou bien est-ce que nous travaillons, fonctionnons avec un système où c'est le pouvoir qui se protège lui-même. Je me souviens d'un ancien proverbe africain que je vais citer: "Lorsque les éléphants se battent, l'herbe est écrasée." Nous, les PEID, nous sommes l'herbe. Et dans le paysage géopolitique d'aujourd'hui, nous subissons De plein fouet, l'incidence de cette lutte des grandes puissances qui sont dans une pleine confrontation politique, économique ou militaire, des sanctions économiques, des restrictions commerciales, de l'aide assortie de conditions, des conflits, de la guerre, pour n'en citer que quelques-uns, tout cela a une influence sur la chaîne d'approvisionnement et sur la disponibilité et le transport de biens et de matériaux. Et tout ceci augmentent de façon significative le coût de toutes les transactions et les prix de nos produits de base dans les supermarchés, ce qui fait que pour beaucoup, certaines denrées de base ne sont plus abordables. Madame la Présidente, nous nous réunissons chaque année ici pour mener un plaidoyer en faveur de l'équité, de la compréhension, du changement, pour des questions qui ont trait à notre survie en tant que petite nation, concernant des questions qui touchent nos vies, nos vies quotidiennes. Un domaine particulièrement important pour nous, c'est l'incidence terrible du changement climatique sur nos nations. Et pourtant, lors des négociations climatiques, les puissantes nations continuent de se faire prier. Les pollueurs sont protégés et les efforts d'atténuation et d'adaptation sont sous-financés. Entre-temps, nos pays, et ici je pense que tout le monde est d'accord avec le fait que ce sont nos pays qui contribuent le moins à cette crise climatique, continuent de risquer de disparaître à cause de l'augmentation du niveau de la mer, de terribles inondations, d'orages épouvantables, de sécheresses. Et je ne cite ici que certaines incidences du changement climatique. Madame la Présidente, comment peut-on dire que ceci est juste? Comment est-ce que l'on peut moralement défendre cela? Alors que nous nous plaignons de tout cela, nous voyons quelque chose de tout aussi horrible, la perte en vies humaines que nous voyons de par le monde, dues aux bombes, à la faim organisée, à la violence, systématique et au génocide. Nous n'avons pas le pouvoir d'empêcher les orages et d'amener les pluies là où il y a une sécheresse, mais nous avons le pouvoir de limiter le changement climatique plus avant et d'aider les pays à s'adapter et à atténuer son incidence. De la même façon, nous avons le pouvoir de mettre fin aux guerres et de ne pas en commencer de nouvelles, mais nous devons vouloir parler aux autres. Nous devons vouloir montrer de l'empathie pour les autres. Nous devons revenir aux principes fondateurs des Nations Unies. Chaque fois qu'il y a un conflit quelque part, que ce soit dans la Corne de l'Afrique, au Proche-Orient ou dans le sud-est de l'Asie, ou, et je suis triste de le dire, dans les Caraïbes, les grandes puissances qui participent à des conflits géopolitiques font en sorte que ces conflits causent des dommages justement pour les civils. Les économies s'écroulent, les prix augmentent, l'instabilité s'accroît. Je souhaiterais souligner ici qu'il n'y a aucun endroit, aucune place dans les Caraïbes pour la guerre. Les Caraïbes sont une zone de paix. Tout conflit militaire dans les Caraïbes aurait une incidence terrible sur les Caraïbes et l'Amérique latine. qu'il y a de meilleures façons de résoudre nos différends. Nous exhortons les puissances à trouver une autre façon de procéder. Et c'est pour cela que je reviens à notre histoire, Madame la Présidente, où un homme abandonné par la société va donner sa vie pour quelqu'un d'autre. Est-ce que les nations prospères sont prêtes à laisser leur toute-puissance au nom de l'équité? Est-ce que ces nations sont prêtes à faire des sacrifices pour assurer la justice, l'équité, la résilience climatique pour tout le monde? Est-ce que nous allons choisir la compassion et l'empathie plutôt que le contrôle et l'indifférence? Madame la Présidente, nous sommes solidaires avec la population de Haïti. Comme d'autres États membres de la CARICOM, nous insistons sur le fait que la crise actuelle que connaît notre nation sœur de la CARICOM, ne signifie pas du tout que l'on ne puisse pas reconnaître leur souveraineté sacrée, leur droit à trouver une paix pérenne pour leur pays. Le gouvernement de la Dominique est convaincu que Haïti fait face à de grands défis aujourd'hui. notamment à cause de la contribution énorme d'Haïti dans la recherche de la justice et de la liberté pour notre région et pour le monde. En effet, nous pensons que la composition de cet auguste organe n'aurait jamais été imaginable sans les luttes héroïques de la population de Haïti. En fait, la crise en Haïti, c'est bien plus qu'une crise des Caraïbes et sa solution exige une réponse unifiée et l'appui des Nations Unies. Ma délégation, sans aucune réserve, appuie la position de la CARICOM concernant la situation en Haïti. Une position qui demande à juste titre un processus de transition mû par les Haïtiens eux-mêmes pour amener des changements pour que cela profite à la population de Haïti. Il faut que Haïti reçoive toute l'aide nécessaire. C'est tout ce qu'on nous demande en fait. Madame la Présidente, Le Commonwealth de Dominique souhaiterait souligner son engagement en faveur d'un plaidoyer pour l'unité, la justice, la paix et le développement humain durable. Que cela encourage. A cet égard, nous continuons d'exhorter à mettre fin au blocus économique illégal et injuste contre le peuple de Cuba. Maintenir ce blocus est toxique non seulement pour la population de Cuba qui souffre depuis longtemps, mais aussi pour l'image de ceux qui soutiennent cet embargo. Cuba a le droit à l'autodétermination. La Dominique continue d'être solidaire aux côtés de Cuba. Ce blocus économique et commercial imposé sur nos frères et sœurs de Cuba continue d'être une source de grande préoccupation pour nous dans les Caraïbes. Il est absolument indispensable de lever ce blocus. C'est pour cela que le Commonwealth de Dominique joint sa voix au cœur de la majorité des membres de cette organisation pour demander à une levée immédiate des obstacles commerciaux et des interdictions à l'exportation imposées au bon peuple de Cuba car toutes ces limitations ne sont pas justifiées c'est absolument injustifié cela appartient à une époque révolue et ces obstacles ne devraient plus exister cela relève d'un discours soi-disant de lutte pour la libération d'un peuple des Caraïbes. C'est pour ces raisons que le gouvernement de Dominique exhorte de façon robuste que l'on revoie tout à fait ce type de mesures. Madame la Présidente, nous menons un plaidoyer robuste pour le respect des normes des Nations unies en matière de souveraineté et de non-ingérence. Et ceci nous contraint également à dire que le droit du gouvernement et du peuple du Venezuela à résoudre leurs difficultés internes sans ingérence extérieure soit respecté. Nous réitérons notre condamnation d'imposition de sanctions contre le Venezuela. Les difficultés qui en résultent pour le peuple du Venezuela doivent absolument cesser. Nous demandons au respect strict de l'état de droit et à la réserve ce qui est de la présence des avoirs militaires américains dans les eaux bleues de la mer des Caraïbes. La solution aux conflits et aux difficultés, ce n'est jamais l'agression ni la guerre. Nous demandons que tous les efforts diplomatiques soient consentis pour respecter la souveraineté des États, préserver la dignité de la vie humaine et promouvoir la paix. Madame la Présidente. Alors que nous commémorons ce 80e anniversaire des Nations Unies, 80 ans et plus de paix, de développement et de droits de l'homme, je souhaiterais qu'il ne s'agisse pas simplement de mots, que ce soit un appel pour le respect, le respect d'un ordre basé sur les règles qui s'appliquent à toutes les nations de la même façon, les fortes et les moins fortes. et pas simplement quand cela convient aux plus puissants. Les Nations Unies sont nées des cendres d'un monde qui avait été détruit par des guerres épouvantables. Ne revenons pas à ces jours sombres. Soyons guidés par la loi, la diplomatie et les valeurs partagées. Réformons le système, où les petites nations et les nations en développement auraient vraiment leur place à la table des négociations, où nous aurons la possibilité d'avoir une incidence sur les décisions qui modèlent les politiques climatiques, la sécurité mondiale et le bien-être économique planétaire pour tout le monde. Que ce soit un endroit où nous pouvons construire la solidarité et la coopération, où le pouvoir est utilisé avec humilité, compassion et réserve. Madame la Présidente, faisons en sorte que les livres d'histoire disent que dans cette même salle, maintenant, Nous avons choisi la meilleure voie, pour reprendre les mots de Charles Dickens. C'est beaucoup mieux, c'est beaucoup mieux, c'est la chose la meilleure que j'ai faite de ma vie. Que ces mots ne représentent pas simplement les mots de conclusion d'une nouvelle, mais que cela marque le début d'une nouvelle ère, le début d'une ère de détermination collective où nous sommes régie par le désir d'arriver à une vraie paix, où nous sommes imbibés du respect de l'autre et de l'état de droit pour préserver le caractère sacré de la vie humaine et assurer le développement et la prospérité de tous. Nous devons juger la force de notre système mondial, non pas par les barrissements des éléphants, mais par la façon dont nous allons protéger l'herbe sous leurs pieds. Excellence, Les défis devant nous sont trop redoutables et trop complexes pour pouvoir les relever tout seul. Nous avons tous besoin les uns des autres. Donc, quittons cette salle en nous étant engagés à agir, à créer des partenariats, à être engagés les uns vis-à-vis des autres. Parce que la vérité, elle est très simple et pourtant, elle est très profonde. Nous sommes toujours plus forts et toujours plus sages et meilleurs quand nous travaillons ensemble. Madame la Présidente, j'attends avec impatience le jour où une femme va diriger cette grande institution en tant que Secrétaire Générale. Pour moi, ce serait vraiment un symbole de vraie égalité. Je vous remercie de votre attention.
Merci beaucoup à la présidente du Commonwealth de Dominique. À présent, l'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence M. Wesley Simina, président et chef du gouvernement des États fédérés de Micronésie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Excellence, Mesdames et Messieurs, au nom de mon peuple, État fédéral de Biélorussie, c'est un honneur pour moi que de vous présenter nos meilleurs vœux, comme on l'a fait à vous tous, en ce quatre-vingtième anniversaire de la session de l'Assemblée générale. Félicitations, Madame la Présidente, félicitations d'avoir été élue pour présider cette auguste Assemblée. Votre présidence, votre perspicacité nous guideront Je tiens également à féliciter le président sortant de sa présidence et je veux dire ma gratitude au secrétaire général pour son engagement sans faille, inlassable, pour guider nos travaux collectifs. Nous vous remercions de votre dévouement, de vos efforts pour garder espoir et maintenir la coopération au sein de la communauté mondiale. Madame la Présidente, la Micronésie se joint à la commémoration du 80e anniversaire des Nations unies. Ce jalon nous appelle à renouveler notre engagement collectif pour renforcer le multilatéralisme pour les défis à venir, répétant notre engagement pour le multilatéralisme et une réforme inclusive, la Micronésie souligne que toute mesure prise dans le cadre de l'initiative ONU 80 doit refléter l'équilibre délicat et les vulnérabilités propres aux petits États insulaires en développement. Il est essentiel que les ajustements structurels doivent renforcer, pas limiter, notre accès à un soutien critique et à la représentation. Nous exhortons.
à ce que les réformes garantissent la résilience, l'assistance sur mesure et la participation des PID dans le système des Nations Unies qui évolue, de sorte à ce qu'ils n'y soient pas laissés pour compte. Madame la Présidente, la crise climatique n'est pas l'objet d'un débat, nous le savons. La seule question qui se pose maintenant est de savoir si nous, en tant que dirigeants, nous agirons avec l'urgence nécessaire. L'avis consultatif phare de la CIJ nous rappelle que l'action climatique n'est pas seulement un impératif d'ordre moral, mais également d'ordre juridique. Cet avis affirme que tous les États, en particulier ceux qui sont parties à la CNUE et à l'accord de Paris, doivent jouer leur rôle pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius et que les émetteurs principaux ont le devoir principal d'agir et de faire en sorte que l'objectif de 1,5 degré soit maintenu. L'avis consultatif souligne également l'obligation des pays développés à soutenir les efforts d'adaptation des pays tels que le mien qui vivent Au quotidien des répercussions du changement climatique, l'avis consultatif confirme que ne pas honorer ses obligations peut conduire à des conséquences juridiques en vertu du droit international. L'essentiel de cette crise climatique réside dans la quête de justice, une justice pour les plus vulnérables, une justice pour les générations à venir et la justice pour notre planète que nous avons en commun. Je demande à l'Assemblée générale d'adopter une résolution faisant tiens l'avis consultatif de la CIJ pour qu'ensemble on envoyer un message sans ambiguïté sur le respect des obligations climatiques en vertu du droit international comme étant le devoir de toutes les nations. Les dirigeants des îles pacifiques, on parle d'une seule fois au forum récent, dans le communiqué du forum des îles pacifiques, La diminution du méthane, c'est une priorité mondiale et ce doit être dans tous les secteurs. Réduire le méthane maintenant pourrait prévenir 0,3 degré de réchauffement d'ici 2040. Cela ralentirait le réchauffement des océans. Cela nous permettrait de gagner du temps pour la décarbonation à long terme. C'est la seule solution à court terme modulable qui peut protéger les pays vulnérables et les peuples vulnérables aujourd'hui. tout en mettant en place un avenir énergétique non polluant demain. La COP30 est la première occasion depuis la vie consultative de la CIJ pour nous d'avoir des décisions d'action ambitieuses, dynamiques, pour remettre le monde sur de bons rails et pour atteindre le réchauffement qui ne dépensant pas 1,1 degré Celsius et demi. On n'a pas de temps à perdre. Après trois décennies, nous devons maintenant Madame la Présidente, la Micronésie demeure attachée à parvenir à un accord mondial ambitieux pour mettre un terme à la pollution par les plastiques, y compris l'environnement marin. La Micronésie a participé de façon active au Comité de négociation intergouvernemental sur la pollution par les plastiques. Nous sommes fiers d'avoir été aux côtés de 100 pays, disant clairement que La pollution émise exige une approche tout au long du cycle de vie. Il faut traiter de la pollution des plastiques, de la production, conception jusqu'à la gestion des débris. Cette pollution, incluant les effets de gaz à effet de serre réchauffant, a de lourdes répercussions sur notre santé, sur notre environnement et sur nos économies. Malgré l'échec du Comité de négociation mondiale de parvenir à un traité sur la pollution par les plastiques à Genève, nous ne renonçons pas. La pollution par les plastiques est une crise qui est bien trop grave pour fermer les yeux, Madame la Présidente. L'année 2025 est une année importante pour les océans. En juin, cette année, la Conférence des Nations unies sur les océans a adopté le programme d'action sur les océans de Nice, document ambitieux. pour nous guider tous. À ce jour, il y a 145 pays qui ont signé l'accord BBNJ et 70 l'ont ratifié. Ainsi, l'accord BBNJ entrera en vigueur dans quatre mois. La Micronésie participe également de façon active au travail essentiel et connexe L'Autorité internationale des fonds marins, la Micronésie, retient une approche de précaution s'agissant de l'extraction minière dans les hauts fonds marins. Nous soulignons qu'il est nécessaire de faire la synthèse de toutes les connaissances, données scientifiques de l'environnement marin et des répercussions de l'extraction minière en hauts fonds marins avant que cette exploitation ne commence. En outre, il est essentiel que toutes les parties prenantes, y compris les États côtiers, les peuples autochtones et les communautés locales du Pacifique, soient consultés et que leurs perspectives soient dûment prises en compte avant qu'une quelconque exploitation de ces minerais ne commence. En Micronésie, nous avons pris des mesures pour préparer l'exploration et l'exploitation possibles de façon responsable. Nous exhortons l'Autorité internationale des fonds marins de parachever sans plus attendre toutes les réglementations, normes et directives idoines pour son code d'exploitation minière avant toute exploitation. Car ne pas faire cela porte un risque. Les pays pourraient passer à des mesures différentes. Madame la Présidente, les PIDs. ont des vulnérabilités propres, particulières, accrues face au changement climatique de par leur géographie. La réduction du risque de catastrophe et les stratégies de résilience doivent refléter ces réalités. C'est pourquoi l'indice de vulnérabilité multidimensionnelle MVI est si vital pour nous. Cet indice reconnaît nos fragilités économiques, environnementales et sociales. Cet indice Veille à ce que le soutien fourni reflète les besoins véritables, pas simplement les niveaux de revenus. Cet indice fournit un cadre plus juste pour l'allocation des ressources et les partenaires aux services de développement doivent fonder leurs décisions en termes d'aide sur cet indice pour mieux cibler le soutien climatique et face aux catastrophes. La mise en œuvre exige trois choses. l'adoption par les organes internationaux, un peaufinement technique continu, un engagement fort de la part des partenaires pour aligner le soutien politique et financier sur les vulnérabilités révélées par cet indice. C'est seulement ainsi que cet outil pourra nous permettre de renforcer la résilience des PEID, tellement nécessaire. Madame la Présidente, la microanalyse continue de connaître une prévalence élevée des maladies non transmissibles, la persistance des maladies infectieuses nouvelles et résurgentes et des préoccupations en termes de santé mentale. Pour réagir à cela, nous axons nos systèmes de santé sur les soins de santé primaires. C'est la base de la couverture sanitaire universelle. Nous investissons dans la réhabilitation des cliniques de soins de santé primaires. Nous concentrons également nos efforts à l'élaboration et à la formation du personnel de santé et nous utilisons également la médecine à distance pour atteindre les populations les plus éloignées. Toutefois, pour réaliser cet objectif de la couverture sanitaire universelle, un soutien de la communauté internationale est indispensable. L'égalité de sexe et l'inclusion sociale sont tout aussi importants dans notre politique de développement. Notre plan de développement stratégique y accorde la priorité pour garantir un accès égal aux services, une participation équitable et des chances égales pour tous nos citoyens pour prospérer. Madame la Présidente, la paix, l'unité sont le socle de notre nation, notre Constitution. nous rappelle que nous devons, je cite, vivre ensemble dans la paix et l'harmonie pour préserver l'héritage du passé, protéger les promesses de l'avenir. Fin de citation. Aujourd'hui, alors que des conflits continuent de se dérouler dans le monde entier, nous espérons qu'ils puissent être réglés via une politique de paix dans notre région. Alors que nous maintenons la paix et l'unité comme leur directrice, nous devons subir la concurrence géopolitique et géostratégique entre les grandes puissances. Les dirigeants du Forum des îles du Pacifique récemment adopté la déclaration de paix à la 54e réunion annuelle à Oniara. Ce faisant, nous avons affirmé qu'aucun État membre seul ne peut Faire face aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité, nous devons agir ensemble en tant qu'une seule et même famille du Pacifique. La Micronésie s'est portée co-auteur de la première résolution jamais passée aux Nations Unies sur l'IA avec 120 autres États membres. L'IA est riche de promesses pour le développement économique, mais également porteuse de risques qui doivent être bien gérés. Un dialogue inclusif, constructif, qui a fort qui a forgé cette résolution sert de modèle pour les discussions à venir, y compris celles sur la paix, la sécurité et l'utilisation militaire responsable de l'IA. Alors que le monde numérique progresse à une cadence sans précédent, la coopération mondiale est essentielle pour veiller à ce que les systèmes IA demeurent sûrs, sécurisés et bons. La Micronésie via ses propres efforts en termes de cybersécurité, est attachée à développer des stratégies nationales et des mesures politiques pour sauvegarder nos données numériques et atténuer les risques d'attaques. Madame la Présidente, l'alimentation, la sécurité alimentaire et hydrique sont autant de défis pour la Micronésie, car les sources d'eau sont fragiles et les épisodes météo extrêmes et sapent l'agriculture, les écosystèmes maritimes. Et faire face à cela, comme on l'a vu il y a quelques jours, pour faire face à cela, j'ai dû déclarer l'état d'urgence suite à une marée noire. d'un navire de la Seconde Guerre mondiale coulé dans le lagon de Shuk. Ce navire, avec environ 60 autres épaves de guerre, sont dans nos eaux depuis 80 ans, depuis la fin de la guerre. Mais maintenant, ces épaves posent de nouveaux problèmes, des dangers avec les dérivés des pétroliers qui menacent nos pêches, nos communautés côtières et nos moyens de subsistance. L'ampleur de cette crise dépasse de loin les moyens de la Micronésie pour y faire face. Alors que nous fêtons le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous appelons la communauté internationale à travailler avec nous pour transformer cet héritage de la guerre en une occasion de coopérer. Madame la Présidente, la Micronésie, une fois encore, souligne qu'il est urgent de traiter de la structure actuelle du Conseil de sécurité des Nations unies. qui ne représente pas la réalité géopolitique du XXIe siècle. La nature élitiste de ses membres permanents crée des iniquités et entrave les réponses effectives aux crises mondiales. Pour renforcer la légitimité et la reddition de comptes du Conseil, nous devons restructurer le Conseil pour inclure les voix sous-représentées, y compris le Japon, l'Inde, l'Allemagne, le Brésil et le continent africain. De telles réformes refléteraient mieux la dynamique internationale actuelle et renforceraient le rôle du Conseil pour promouvoir la paix et la sécurité. Madame la Présidente, il y a 80 ans, les Nations Unies ont été fondées. sur une vérité simple, mais qui perdure. Chaque pays, grand ou petit, a une voix, un vote et un rôle à jouer pour forger le monde que nous avons en commun. La Micronésie est peut-être un petit pays, mais notre voix, notre vote et notre place au sein de la communauté internationale, c'est de choisir ce principe selon lequel nous sommes meilleurs ensemble. Cette vérité doit nous guider car tous les pays, grands ou petits, doivent choisir la paix au lieu du conflit. Chaque nation, grande ou petite, peut choisir la paix et non le conflit. Grande ou petite, chaque nation a le devoir de protéger la planète de tout dommage. Grande ou petite, chaque nation a la responsabilité de défendre la justice et la dignité de l'être humain. Grande ou petite, Chaque nation a toujours été et sera toujours meilleure quand toutes les nations sont ensemble. Merci.
Merci au président des États et chef du gouvernement des États fédérés de Micronésie. L'Assemblée va entendre l'allocution de son excellence Monsieur Taye Atsekselaci Amde, président de la République fédérale démocratique d'Éthiopie. J'ai pris le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Votre Excellence, Monsieur le Secrétaire général, Antonio Guterres, Mesdames et Messieurs. Madame Annalena Baerbock, je souhaiterais vous féliciter sincèrement, vous et votre pays, l'Allemagne, à l'occasion de votre élection à la présidence de cette 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Nous vous souhaitons tous les succès possibles. Je souhaiterais aussi remercier M. Filimon Yung, président de la 79e session de l'Assemblée générale. Je le remercie sincèrement pour sa direction. C'est un grand honneur pour moi de prendre la parole devant cette auguste Assemblée, nous, un pays qui est membre fondateur de cette Organisation, qui fête maintenant ses 80 ans. Madame la Présidente, Lorsque nous passons en revue ces 80 années d'existence, nous voyons que les Nations Unies ont beaucoup de résultats à célébrer. Nous avons fait des sacrifices au moment de la décolonisation. Cela a laissé un héritage dans le monde entier, ce qui le rend vraiment universel avec l'adhésion de nouveaux États indépendants. Des guerres ont été empêchées, des catastrophes humanitaires ont pu être évitées, des terribles pandémies ont pu être jugulées. La coopération mondiale dans le cadre des ODD et des Objectifs du Millénaire avant eux ont permis une réduction de la grande pauvreté et ont ouvert la voie pour l'action climatique. Mais ces résultats, malheureusement, n'effacent pas la nécessité de réformes et de relance. Ce qui apparaît clairement, c'est la représentation des États tout à fait inéquitable en matière de sécurité mondiale, notamment dans l'architecture financière et politique. Les Nations Unies, elles aussi, doivent surmonter les problèmes systémiques qu'elles connaissent, dus à un manque d'impartialité, dus à la sélectivité et aux deux poids, deux mesures. La controverse concernant les bases mêmes du système international et les principes de la Charte des Nations Unies met à mal la base même de la coopération internationale. Ces tendances ne devraient pas être normalisées, ne devraient pas servir de ligne de référence pour déterminer nos normes et nos cibles. Nous sommes également très préoccupés par les politiques isolationnistes, par les courses aux armements. la montée en puissance de l'aspect militaire et une tendance à se défausser de ses engagements au niveau climatique et en matière de développement. Il s'agit là d'éléments qui sont très préoccupants, qui sont contre-productifs pour les progrès collectifs de l'humanité et qui sapent les relations entre les États. L'Éthiopie est convaincue que le remède ici est à portée de main. Aucun État ne peut tout seul gérer les défis de l'heure. C'est pour ça que je lance. un appel aux autres États, notamment aux États développés qui ont des responsabilités historiques, afin qu'ils reviennent sur ces tendances à la baisse et qu'ils intensifient leurs efforts afin de pouvoir œuvrer pour le développement et la paix mondiales. Madame la Présidente, l'Éthiopie appuie la résolution pacifique des conflits. La voie de la violence doit céder la place au pouvoir de la diplomatie. Nous affirmons notre position historique concernant le droit du peuple palestinien à l'autodétermination. Des négociations directes entre les parties belligérantes est une nécessité absolue. L'assistance humanitaire doit atteindre tous ceux qui en ont le besoin. Ce n'est pas une question de préférence politique, c'est un devoir moral. L'Éthiopie l'a déjà dit. en adoptant les résolutions concernant la solution à deux États. La communauté internationale devrait joindre ses efforts pour mettre fin à ce cycle vicieux de la violence et sortir de l'impasse afin de donner une chance à la paix. Nous souhaiterions souligner que toute paix proposée, tout plan de reconstruction proposé au Proche-Orient ne devrait pas créer de problèmes pour les pays voisins ou pour les régions avoisinantes. Plus que jamais, les Nations Unies doivent faire face à des événements qui dépassent leur pouvoir et leurs capacités. C'était en 1949, lors de la quatrième session de l'Assemblée générale, qu'une délégation de l'Éthiopie a averti des risques de l'inefficacité et de l'intrusion dans les mandats de l'Assemblée générale. Ceci avait été causé par un nombre excessif d'organes et de mécanismes créés. C'est ainsi que nous voyons le processus de réforme en cours au titre de ONU 80. C'est à nos yeux une possibilité de préserver les mandats de l'Assemblée générale en tentant d'éviter la dispersion de certains mandats vers d'autres organes. L'Éthiopie réitère l'appel de longue date de l'Afrique. Il faut plus de décentralisation. Il faut un déploiement des capacités financières et institutionnelles vers le sud global, notamment le continent africain, où les Nations unies appliquent la plupart de leurs programmes. L'Afrique, Madame la Présidente, régie par l'Agenda 2063, est en train de faire me présenter le développement comme sa politique sécuritaire préférée. Le continent est en train d'engranger une croissance économique. Le la mobilisation du revenu national est en train d'augmenter. L'action climatique de l'Afrique en matière de développement des énergies renouvelables, la réduction des émissions euh la reforestation sont sans équivalent dans une autre région du monde. Nous déployons de nombreux efforts pour renforcer le bien-être de la population, pour lutter contre les menaces transnationales, pour diminuer les inégalités. Malgré tout cela, la crise continue d'entraver les capacités de l'Afrique à traduire ses rêves en réalité. Et notamment, je veux parler ici de la crise de la dette. Conformément à l'agenda d'action d'Addis-Abeba et du document final de Séville, nous soulignons la nécessité de présenter un programme ambitieux portant sur le financement du développement. Des mesures coercitives, les restrictions commerciales qui touchent et qui ciblent l'Afrique doivent être levées immédiatement. Et plus important encore, nous lançons un appel à l'action mondiale pour la suppression de la dette, la restructuration de la dette. Nous pensons que la sécurité nationale des États, notamment ceux qui sont dans une même région, c'est quelque chose d'indivisible et d'interdépendant. À cet effet, nous voulons intensifier nos efforts pour lutter contre les terroristes qui sont actifs dans notre région. Nous demandons à la communauté internationale d'apporter l'appui nécessaire aux missions de maintien de la paix de l'Union africaine, notamment la mission d'appui et de stabilisation en Somalie. Ce n'est pas le moment de faire marche arrière lorsque l'on lutte contre le terrorisme. De plus, nous réitérons notre appel à l'action urgente pour réformer le Conseil de sécurité des Nations unies. La représentation de l'Afrique dans les deux catégories de membres permanents et non permanents du Conseil doit être considérée comme une priorité. Il n'y a pas de raccourci ou de demi-solution dans cette longue recherche de la justice. Mesdames et Messieurs les délégués, Excellences, j'ai le grand plaisir de partager avec cette auguste Assemblée plusieurs jalons, des jalons d'importance qui ont été atteints par le peuple du bassin de la rivière du Nil. Avec l'entrée en force de l'accord sur le cadre de coopération du bassin de la rivière du Nil, la Commission basée à Entebbe est pratiquement chose faite. Cette année, nous avons commémoré un autre jalon à la veille de la nouvelle année éthiopienne. L'Éthiopie a lancé ce projet du grand barrage de la Renaissance de l'Éthiopie, qui transforme complètement la capacité de générer de l'énergie de l'Éthiopie. Grâce à ce barrage, nous aurons une capacité de 5 000 mégawatts, ce qui souligne notre engagement par rapport à l'énergie propre pour tout le monde. Ce qui se passe, c'est que cela transforme en fait la vie des gens. Cela amène de la lumière à 60 millions d'Éthiopiens qui n'avaient pas accès à une forme d'énergie propre. Et cela permet de répondre à une demande énergétique croissante de l'Éthiopie, qui grandit de 20 % chaque année. C'est un symbole de libération pour des millions de femmes et de filles éthiopiennes qui ne doivent plus aller chercher avec les dos cassés, le bois pour le feu. Le barrage sera très utile aussi pour atteindre les ODD. Il va renforcer notre capacité à fournir de l'eau propre à notre population qui souvent est sous pression hydrique. Cela va permettre de créer des emplois pour les jeunes et assurer la sécurité alimentaire. Ce barrage va aussi renforcer la connectivité régionale. Ceci est très important. Nous avons reçu beaucoup de solidarité à l'occasion de l'inauguration du barrage et ceci nous pousse à de plus grands efforts encore pour renforcer la coopération entre les États riverains du bassin de la rivière du Nil. Madame la Présidente, notre rêve panafricain de mettre fin au cycle vicieux du sous-développement devrait rassembler nos pays afin de concrétiser des initiatives qui vont vraiment transformer la vie de nos peuples. Le temps est venu d'œuvrer vers une vraie indépendance de l'Afrique, mue par l'Afrique elle-même et guidée par le destin commun de nos peuples. L'Éthiopie est le deuxième pays en termes de. démographie en Afrique et nous avons un commerce maritime très robuste. Nous accordons beaucoup d'importance à la sécurité de navigation maritime dans la mer Rouge et dans l'océan Indien. Nous sommes d'accord avec ce qu'a dit le secrétaire général durant la conférence d'Aouasa. Aucun État ne devrait être privé de possibilités de croissance, de financement et de technologie à cause de sa situation géographique. Le droit international définit que la haute mer est un héritage commun de l'humanité et il faut un droit égal pour tous, tous les États. Il faut que cela se concrétise en collaboration avec d'autres États. L'Éthiopie va œuvrer pour une approche globale en matière de développement égal et de sécurité égale pour tous les États de la mer Rouge et de l'océan Indien. L'Éthiopie va aussi continuer de tout faire pour atteindre cet objectif de politique légitime grâce à la diplomatie et à la participation pacifique. Madame la Présidente, pour conclure, je dirai que je suis convaincue que l'esprit et le génie de l'humanité en faveur de l'unité, de la justice et du bien-être collectif aura le dessus par rapport aux rivalités d'aujourd'hui. De son côté, l'Éthiopie s'est engagée profondément à défendre le multilatéralisme axé sur la Charte des Nations unies. Nous nous sommes engagés à préserver la sécurité collective et à assurer le développement durable pour tous. Merci beaucoup.
Au nom de l'Assemblée, je souhaiterais remercier le président de la République fédérale démocratique d'Éthiopie. Nous allons continuer le débat général à présent.
L'Assemblée va entendre l'allocution de son Excellence, M. António Costa, président du Conseil européen de l'Union européenne. J'ai pris le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Signori, Presidente.
Monsieur le Président, Excellence, Excellence, Mesdames et Messieurs le monde. un choix crucial à faire. Voulez-vous un ordre international fondé sur les règles, qui protège le multilatéralisme et la Charte des Nations Unies, ou voulez-vous un monde chaotique fondé sur l'unilatéralisme, la violence et les bouleversements? L'UE sait quelle est sa position. Nous sommes un projet de paix, de réconciliation, de justice sociale. Nous sommes et nous demeurons un ardent défenseur du multilatéralisme, de l'ordre international fondé sur les règles et de la Charte des Nations Unies. L'alternative à cet ordre international fondé sur les règles C'est un monde chaotique, violent, comme on le voit au Soudan. Conflit pas assez médiatisé, conflit dévastateur, avec des destructions d'ampleur colossale, comme on le voit à Gaza, comme on le voit en Ukraine. Dans la bande de Gaza, où nous voyons des souffrances inimaginables, des enfants affamés, des familles détruites, une catastrophe humanitaire qui ébranle la conscience du monde. L'utilisation de la faim comme une arme de guerre, c'est immoral. Cela défie les mots, l'UE condamne le terrorisme sous toutes ses formes, les attaques épouvantable perpétré par le Hamas ne peuvent pas être oubliés et nous sommes aux côtés d'Israël pour son droit à la sécurité. Chaque pays, chaque peuple a le droit de vivre dans la sécurité. Les otages doivent être libérés immédiatement. Le peuple palestinien a également le même droit à la sécurité et le droit de vivre dans un État viable. Une solution négociée à deux États et le seul cheminement vers la paix, la sécurité pour les deux peuples, la dignité pour les deux peuples, c'est la solution à laquelle nous aspirons. L'UE a été un partenaire indispensable dans la région. Nous sommes le plus grand fournisseur d'aide humanitaire aux Palestiniens. Le financement européen a permis aux hôpitaux, aux écoles et aux institutions de continuer de fonctionner. Nous avons été, au fil des ans, le plus grand soutien de l'Autorité palestinienne, les soutenant dans leurs réformes et dans leurs efforts pour garantir un contrôle effectif de l'ensemble du territoire de la Palestine. Chers amis, l'UE assume pleinement ses responsabilités. Mais seuls, nous ne pouvons pas faire cesser cette catastrophe humanitaire. La paix au Moyen-Orient exige une réponse collective et nous avons besoin de chacun et que chacun assume ses responsabilités. Nous devons agir ensemble et exiger la libération sans condition de tous les otages, un cessez-le-feu immédiat, l'accès à l'aide humanitaire plein et entier sans entrave, la fin des colonies illégales et un engagement crédible renouvelé à la solution à deux États. Ce fut là le message fort de la conférence sur la solution à deux États organisée lundi par la France et l'Arabie saoudite, auquel l'UE est pleinement attachée. En Ukraine, une nation souveraine a été brutalement attaquée par un membre permanent du Conseil de sécurité, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, une violation flagrante de sa souveraineté, de son intégrité territoriale, du respect de ses frontières reconnues au plan international, et en violation du droit de son droit de choisir son destin. Ce sont pourtant les principes qui unissent tous les membres des Nations Unies. Cette agression menace non seulement l'Ukraine, mais chaque nation ici présente. Si nous acceptons l'invasion par la Russie de l'Ukraine, aucun pays ne sera jamais en sécurité. Il y a seulement une cause profonde à cette guerre. le refus de la Russie d'accepter le droit de l'Ukraine de choisir son avenir. Voilà trois ans que cette guerre a coûté des vies innocentes, a détruit des villes et a attisé l'insécurité mondiale. Notre sécurité collective est liée à la résilience de l'Ukraine. L'UE est aux côtés de l'Ukraine pour la soutenir dans leur combat pour une paix juste et durable, dans leurs efforts pour mettre un terme aux tueries. Nous sommes prêts à soutenir la Russie à la table de négociation. Nous sommes là pour les soutenir dans leur reconstruction à venir. et nous continuerons d'exercer des pressions sur la Russie pour mettre un terme à cette guerre. Nous demandons des négociations pertinentes, un cessez-le-feu immédiat et une paix juste et durable. Ce n'est pas le combat de l'Ukraine seulement, c'est un combat pour les principes qui nous sont tous chers.
L'Union européenne est déterminée à bâtir un monde fondé sur les valeurs fondamentales que nous partageons avec les Nations unies: la paix, les droits de l'homme et le développement durable. Les droits de l'homme sont le socle de la paix et de la stabilité mondiales. La protection sociale, le travail décent, l'égalité entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre la pauvreté ne sont pas facultatifs. Ce sont des garanties de la dignité humaine, de la stabilité sociale et d'une paix durable entre les nations. L'Union européenne défend la liberté, la démocratie et les droits de l'homme, des valeurs d'aujourd'hui menacées par la désinformation et l'utilisation abusive des technologies numériques. Nous avons besoin de normes mondiales, de transparence et de mécanismes de responsabilisation qui soient aussi dynamiques que les technologies que nous cherchons à encadrer, pour faire en sorte que les technologies numériques donnent des moyens d'action aux citoyens et non aux autocrates ni aux nouveaux oligarques de la technologie. L'Union européenne défend une approche de l'intelligence artificielle centrée sur l'humain. Nous sommes à l'avant-garde du premier cadre réglementaire global pour une intelligence artificielle responsable, et nous appelons à un niveau d'ambition équivalent à l'échelle internationale, en nous appuyant sur nos valeurs fondamentales, la dignité, la démocratie et l'Etat de droit. Excellence.
Excellence, le changement climatique, ce ne sont pas des fake news. C'est un fait qui a été prouvé scientifiquement. qui a une incidence sur notre présent et sur notre avenir. La destruction, les morts qui sont provoqués par des incendies, par des inondations et par des ouragans, ce n'est pas le fruit de l'imagination, c'est quelque chose de tout à fait réel. De plus, investir dans la décarbonation, c'est un élément tout à fait clé pour garantir la souveraineté énergétique de chaque pays, au nom de l'innovation, pour la compétitivité de nos économies. C'est pour cela que l'Union européenne honore pleinement ses engagements au titre de l'accord de Paris: la réduction des émissions de 55 % avant 2030 et atteindre la neutralité climatique avant 2050. Nous continuerons d'encourager activement la protection de nos océans qui sont des poumons de notre planète, qui la sauvent. Nous nous félicitons de la ratification du traité des Nations unies sur la haute mer pour préserver la biodiversité au-delà des juridictions nationales. Le développement durable signifie aussi établir des partenariats et pas des dépendances. Nous sommes à la première ligne de la lutte contre le changement climatique. Grâce à notre programme Global Gateway, l'Union européenne est en train de mobiliser 300 000 millions d'euros avant 2027 en différents types d'investissements durables et liés à la connectivité dans le monde tout entier. Il s'agit là d'une contribution décisive pour atteindre les ODD. En outre, l'Union européenne, avec ses États membres, représente 42% de l'aide publique au développement. Nous sommes les premiers bailleurs de fonds de l'Organisation mondiale de la santé, de l'UNICEF et du PNUD. Nous sommes les premiers en matière de solidarité mondiale et notamment en cette époque de grandes contraintes financières qui ont une incidence sur le système des Nations unies. Et enfin, nous devons progresser dans la réforme de l'architecture financière internationale. Il faut que cette dernière soit plus juste, plus inclusive et plus adaptée aux défis d'aujourd'hui. Il faut qu'elle puisse nous aider à combler le fossé du financement pour le développement en suivant la voie qui a été indiquée par l'engagement de Séville.
Excellences, l'UE est un partenaire mondial. L'UE et ses États membres sont des ardents défenseurs politiques le plus grand bailleur de fonds collectif des Nations unies. En tant que pilier du système multilatéral, nous travaillons étroitement avec d'autres partenaires régionaux. C'est pourquoi nous mettons en place des partenariats commerciaux et industriels plus forts de par le monde. Nous progressons avec le Mercosur, le Mexique, l'Inde, l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. et pas seulement pour favoriser les échanges, mais pour augmenter la prévisibilité mondiale, la résilience mondiale, le commerce, les investissements fondés sur l'équité, la durabilité, l'innovation numérique, les droits du travail et l'alignement climatique. Car des accords commerciaux par les tarifs fournissent des avantages réels pour tous les pays, toutes les sociétés, tous les citoyens. Dans notre monde multipolaire, nous mettons en place des réseaux de partenariats avec l'Afrique, l'Amérique latine, les Caraïbes, les États-Unis, le Canada, le monde arabe, l'Asie et le Pacifique, ainsi qu'avec nos voisins européens. Dans notre monde d'aujourd'hui multipolaire, il n'y a pas de nord mondial ni de sud mondial. Les deux sont pluriels. L'UE continuera à travailler avec tous les partenaires dans un esprit de véritable solidarité mondiale, dans un véritable partenariat, car la multipolarité a besoin d'un système multilatéral effectif, un ordre international fondé sur les règles, conformément à la Charte des Nations unies. Et cet engagement découle de notre propre histoire. L'Europe s'est reconstruite des cendres de la Seconde Guerre mondiale via la paix, la réconciliation et l'intégration. Nous savons que ces principes fonctionnent, car ils ont fonctionné pour nous. Au moment où la coopération internationale est mise à l'épreuve, la valeur de véritables partenariats fiables n'a jamais été aussi importante. L'UE est un partenaire fiable et prévisible. Et aux côtés des Nations unies, nous défendrons ces principes. Nous soutiendrons les réformes du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Nous œuvrerons pour que les Nations unies soient plus inclusives, plus représentatives et plus effectives, avec l'initiative de réforme ONU80 et la mise en œuvre du Pacte pour l'avenir. À un moment où le multilatéralisme est menacé, permettez-moi de vous laisser avec une simple promesse. Vous pouvez compter sur l'Union européenne. Vous pouvez compter sur nous pour être aux côtés de la paix, pour le multilatéralisme, pour la justice, pour la dignité de l'être humain, pour la durabilité. Il est temps maintenant de choisir clairement la paix et non la guerre. Le droit, pas la force. La reddition de comptes, pas l'impunité. La solidarité, pas la division. La durabilité, pas la crise. La justice, pas l'inégalité. L'Union européenne n'a aucun doute quant à sa position. Vous pouvez n'avoir aucun doute sur notre position. Merci infiniment.
Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le président du Conseil de l'Union européenne. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, M. Phillip Isdore Mpingo, vice-président de la République-Unie de Tanzanie. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, cette année, nous nous réunissons à un moment historique. Nous commémorons en effet les 80 ans de la création des Nations Unies, mais dans une ambiance assez morose. Le thème de ce débat, Mieux ensemble, plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains, nous rappelle qu'une coopération résolue reste le meilleur vecteur pour relever les défis urgents mondiaux de ce siècle et au-delà. Et pourtant, nous faisons face au chaos sous forme de l'unilatéralisme et de l'arrogance des guerres barbares, d'une pauvreté endémique, de l'injustice, des pandémies et une catastrophe climatique qui nous pend au nez. Alors que nous commémorons les 80 ans des Nations Unies, on nous demande de revoir l'idéal de ses fondateurs, ancré dans deux piliers. Tout d'abord, les nations peuvent surmonter les difficultés et peuvent faire beaucoup plus lorsqu'elles travaillent de concert, en toute solidarité. Deuxièmement, La paix, c'est le souhait sincère de l'humanité que nous devons tenter d'atteindre sans relâche sur la base du droit international. A l'inverse, la guerre, ce n'est pas souhaitable. C'est une voie insensée pour résoudre les conflits, lors desquels chacun perd et où les fruits sont amers. la perte terrible de vies innocentes, de nombreux orphelins, des veuves, des réfugiés, des destructions sans fin. Et pourtant, la Charte des Nations Unies nous a guidés à travers de nombreux écueils au cours de ces 80 années, en nous rappelant de respecter la paix, la justice, la coopération, d'avoir recours au dialogue pour résoudre les conflits. Aujourd'hui, alors que le monde fait face à de nouvelles épreuves, nous devons respecter ces principes fondamentaux car ce n'est que en respectant et en vivant selon les principes de la charte que nous pouvons faire honneur au passé et construire un avenir plus sûr et meilleur pour nous tous excellence ces 8 dernières décennies nous rappelle aussi que le changement, c'est la seule constante dans notre monde. Les difficultés d'aujourd'hui, ce ne sont pas les mêmes difficultés que les difficultés d'hier, et demain, ce seront d'autres aussi. Pour que les Nations unies restent pertinentes et pour qu'elles puissent être à la hauteur de leur noble mission, elles doivent accepter le changement. La Tanzanie se félicite de l'initiative de réforme ONU 80. qui a été présentée en mars cette année, qui cherche à faire des économies d'échelle dans tout le système des Nations unies et à renforcer son efficacité. Mon pays souligne l'importance de respecter les principes de transparence, d'équité, d'objectivité lors de ce processus pour pouvoir renouveler la confiance et encourager une gouvernance mondiale inclusive. Nous remercions le Secrétaire général d'avoir fait participer les États membres à cette entreprise. Cependant, la Tanzanie réitère la position de l'Afrique pour ce qui est de rectifier la sous-représentation de notre continent au Conseil de sécurité. Nous demandons pour l'admission au moins de deux sièges permanents pour l'Afrique avec pouvoir de veto, comme cela a été mentionné dans le consensus des Zoulouini. La Tanzanie rejoint d'autres pays du Sud global pour demander une réforme globale et urgente du système financier mondial. Si nous appuyons les résultats de la quatrième conférence internationale sur le financement pour le développement qui s'est tenue à Séville, en Espagne, cette année, nous renouvelons l'appel pour renforcer le financement sur le long terme, revoir certains cadres pour les crédits souverains et repenser certaines évaluations de la durabilité de la dette afin de libérer des capitaux pour l'investissement dans l'infrastructure, l'éducation, la santé et l'adaptation climatique. Nous réitérons notre demande pour que la voix de l'Afrique soit entendue et mieux représentée dans les structures de gouvernance du FMI et de la Banque mondiale. Ces demandes nobles n'ont pas été écoutées depuis des années et il faut absolument que cela change. Excellence, les ODD sont encore et toujours notre plan commun pour un monde meilleur. Et pourtant, il ne nous reste que cinq ans avant 2030. et on a pu constater que plus de 80% des cibles en fait ont pris du retard il y a des progrès pour la moitié des objectifs qui sont insuffisants et faibles ce que nous voyons tous pourtant qui empêche les progrès c'est un gouffre financier de 4000 milliards par an cependant la Tanzanie reste engagée par rapport à ce processus et a fait de nombreux efforts pour mettre en œuvre le programme à l'horizon 2030, avec des résultats généraux à peu près estimés à 60 %. Des exemples, notamment pour l'ODD 3, où la mortalité maternelle est passée de 750 décès pour 1000 naissances en 2000 à 104 en 2022. Au titre de l'ODD 6, Accès à l'eau propre, autant dans les zones rurales que urbaines, nous sommes passés de 32 et 55 % en 2000 à 79,9 et 94 % respectivement en 2024. Concernant une énergie propre à un prix raisonnable, au DD numéro 7, le nombre de villages qui sont connectés à l'électricité maintenant sont passés de 8 787 en l'an 2000 12 318 en 2024. Seuls 14 villages n'ont toujours pas l'électricité. Cependant, il reste encore de redoutables défis à relever, notamment pour ce qui est de la durabilité environnementale, ODD 13, 14 et 15. Si nous tournons vers l'avenir, nous Nous voulons exhorter la communauté internationale à renforcer sa riposte collective par rapport au changement climatique, à saisir l'occasion que présente la COP 30 à Belém, au Brésil. en considérant comme prioritaire la concrétisation des engagements en matière d'action climatique, notamment pour ce qui est du Fonds des pertes et dommages. Nous demandons pour un financement sur le long terme, un transfert de technologies, des conditions commerciales beaucoup plus justes pour compléter la mobilisation du revenu national, pour éviter la fuite des capitaux et arriver à des partenariats dont d'où tous sortiraient gagnants pour exploiter nos ressources naturelles. Je suis heureux de vous informer que, en juin 2025, nous avons lancé l'idéal de la Tanzanie 2050 qui tente de combiner les aspirations de développement sur le long terme ainsi que le programme des ODD. La paix, mesdames et messieurs, ce n'est pas quelque chose de superflu. C'est une condition sine qua non pour le développement socio-économique. Nous devons donc sans relâche rechercher la paix. Nous nous félicitons des efforts consentis par le Secrétaire général, par les dirigeants mondiaux, par les organisations qui s'occupent de médiation de conflits et de résolution des conflits dans les régions comme l'est de la RDC, le Soudan, la Russie, l'Ukraine et le Proche-Orient. Alors que nous commémorons le 30e anniversaire de Beijing et nous nous félicitons des progrès engrangés pour promouvoir l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes, nous demandons vraiment la pleine participation des femmes dans la recherche de la paix. À cet égard, je dois dire que le docteur Samia Suluhu Hassan, la première femme présidente de la Tanzanie, a montré la voie En articulant certaines politiques et ces mesures qui renforcent le rôle des femmes dans tous les secteurs de notre société, sur le plan régional et international. Elle a été un héros de la paix, de la justice, de la sécurité et de la cuisine propre. La Tanzanie, en tant que membre du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine et dans notre rôle à l'époque de président de l'organe de politique de défense et de la coopération sécuritaire de la SADEC, cette dernière année, a contribué de façon active à des initiatives de paix. Nous avons appuyé des mesures pour prévenir et résoudre des conflits. Dans cet esprit, La Tanzanie annonce qu'elle est candidate pour un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mandat 2029-2030. Nous réitérons ainsi notre engagement par rapport à la paix et à la sécurité mondiale. Excellence, la Tanzanie et contre l'imposition et la prolifération de mesures coercitives unilatérales qui sapent les principes d'égalité souveraine et de coexistence pacifique qui sont consacrés dans la Charte des Nations Unies. De telles mesures, qui souvent sont appliquées sans un mandat du Conseil de sécurité, représentent une forme d'agression économique qui touche de façon disproportionnée des civils innocents en les privant de leurs des produits essentiels comme la nourriture, les médicaments, notamment. Dans ce contexte, la Tanzanie réitère sa solidarité avec des nations comme le Zimbabwe et Cuba et tous les peuples qui continuent de subir les effets toxiques du blocus économique de longue date et des sanctions. Nous soulignons que ces blocus et ces sanctions sont contraires au droit international. Dans la même veine, la Tanzanie est solidaire aux côtés du peuple de Palestine et de sahariens qui continuent de se voir nier le droit fondamental de liberté, souveraineté et autodétermination. La Tanzanie condamne également de façon robuste toutes les formes de terrorisme, actes menés dans ses frontières nationales ou au-delà. Madame la Présidente, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, lors de son dernier discours à l'Assemblée générale des Nations unies, Avant de prendre sa retraite en 1985, Mwalimu Julius Nyerere, le président qui a fondé notre pays, a mentionné ce principe et je vais le citer: "Être silencieux lorsque nous voyons le danger, ne pas adopter des politiques d'attaque qui sont contraires à l'intérêt de la paix et de la justice, faire cela, ce serait en fait renoncer à notre liberté et à notre dignité, et cela nous ne le ferons jamais." Fin de citation. En appliquant le même principe, la Tanzanie estime que l'unilatéralisme et la mauvaise utilisation de la puissance militaire, ainsi que l'incapacité honteuse de la communauté internationale et des grandes puissances de mettre fin aux bains de sang et aux guerres terribles qui font rage dans de nombreuses régions du monde, c'est quelque chose d'inacceptable. De la même façon, la Tanzanie condamne l'utilisation qui revient de la loi de la jungle comme moyen de résoudre des conflits, le fait de commettre des atrocités qui est une honte pour l'humanité tout entière, notamment l'extrême violence à l'égard des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées dans des situations de conflit. Nous condamnons également des attitudes impériale, notamment par rapport à l'Afrique que l'on considère parfois comme une mine gratuite qui peut être exploitée comme bon leur semble et qui peut être pillée, l'hypocrisie des compagnies internationales qui sont parfois appuyées par des Etats, qui continuent de prospérer grâce à l'exploitation des ressources naturelles de l'Afrique tout en causant ou en appuyant des conflits. Tout cela doit prendre fin, tout de suite. Au lieu de cela, l'Afrique a besoin de partenariats qui profitent à tout le monde dans l'exploitation de nos ressources naturelles. La Tanzanie souhaiterait également rappeler à la communauté internationale que les dépenses militaires qui augmentent pour fabriquer des armes en échange d'argent, c'est quelque chose qui, moralement, est inacceptable. Cela est un obstacle à la quête de la paix dans le monde. Cela dévie des quantités énormes de ressources qui auraient pu être utilisées pour assurer le développement durable et la prospérité de toute l'humanité. Merci beaucoup.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le vice-président de la République-Unie de Tanzanie. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Jessica Rosé Guadeloupe, vice-présidente.
de la République de l'Ouganda. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Le président de l'Assemblée. Monsieur le Président de l'Assemblée générale des Nations unies. Madame la Présidente de l'Assemblée générale des Nations unies, Excellence, Chef d'État, gouvernement, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Mesdames et Messieurs, je vous présente les salutations de Son Excellence Monsieur Museveni, qui n'a pas pu être présent personnellement et au nom duquel j'ai l'honneur de prendre la parole en cette 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Madame la Présidente, tout d'abord, je tiens à vous féliciter chaleureusement de votre élection, Madame la Présidente, en tant que présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, l'Ouganda. vous assure de son soutien plein et entier tout au long de votre mandat. Et je veux également remercier Son Excellence Monsieur Philémon Yang. Je remercie de sa présidence avisée au cours de la 79e session. Nous félicitons le secrétaire général, Son Excellence Antonio Guterres, de son engagement continu quant au rôle et aux responsabilités des Nations Unies. Cette année, C'est la 80e année depuis la création des Nations unies, née de la destruction de la Seconde Guerre mondiale, ayant pour but de prévenir les guerres à venir et de promouvoir la coopération mondiale. Ce 80e anniversaire est l'occasion de nous rappeler notre responsabilité commune de défendre le multilatéralisme et de renforcer la solidarité mondiale pour surmonter les défis communs. Le thème de cette année, "Meilleurs ensemble", trouve un écho avec nos objectifs nationaux. L'Ouganda est convaincu que le multilatéralisme est un cadre essentiel pour trouver des solutions collectives aux problèmes mondiaux. Nous réaffirmons notre attachement à la Charte des Nations Unies en tant que pierre angulaire du multilatéralisme, de la diplomatie internationale et de la coopération pour promouvoir et soutenir les valeurs de l'humanité. qui sont entre elles liées, à savoir la paix, la sécurité, les droits humains et la prospérité de tous. Nous sommes également attachés à l'accélération de l'atteinte des ODD, du programme de développement durable et pour la mise en œuvre du pacte de l'avenir. L'Ouganda continue de jouer un rôle dynamique pour promouvoir paix, stabilité et sécurité au sein de notre région. à savoir en Somalie, au Soudan du Sud, en RDC, au Soudan. L'Ouganda demeure attaché au règlement pacifique des conflits régionaux. Nous demeurons le plus grand bailleur de fournisseur de contingents de la mission de l'UA en Somalie depuis 2007, qui a été remplacé par la mission de transition de l'UA en Somalie et maintenant la mission de l'UA d'appui et de stabilisation en Somalie. En tant que pays, nous avons consacré des ressources humaines et financières pour promouvoir la paix et la stabilité, et ce sans réserve. Ces efforts exigent un financement fiable et prévisible. Aussi, nous demandons à la communauté internationale de fournir les ressources idoines pour les missions de maintien de la paix et de consolidation de la paix pour garantir leur durabilité, efficacité et leur succès. Au Soudan du Sud, l'Ouganda continue de soutenir le processus de paix, permettant à des garants de l'accord de paix de contribuer aux efforts visant à rétablir la stabilité et l'unité dans le pays. Quant aux efforts de paix dans la partie est de la RDC, l'Ouganda a travaillé avec les dirigeants de la région sur les processus de Naurup et les processus de Luanda pour trouver une solution durable. Et nous soutenons également d'autres efforts complémentaires menés par la communauté internationale. Madame la Présidente, nous demandons un soutien international plus fort pour les initiatives de stabilisation de conciliation de la paix menées au plan régional, reconnaissant que Elles sont essentielles pour le développement durable et inclusif. Nous demandons également une coopération mondiale accrue pour traiter des causes profondes des conflits, y compris des inégalités, des changements climatiques, des pandémies, des nouvelles technologies, du crime transnational et du terrorisme. Madame la Présidente, l'Ouganda demande une réforme intégrée. et total du Conseil de sécurité des Nations unies pour remédier au déséquilibre de sa configuration actuelle pour que le Conseil devienne plus équitable plus juste et plus démocratique nous exigeons une représentation de l'Afrique au Conseil à titre particulier à titre d'urgence à la fois dans les catégories de permanente et non permanente conformément à la position africaine commune du consensus des Zoulouini et la déclaration de Syrte. L'Afrique doit avoir deux sièges dans la catégorie membres permanents, avec tous les droits et privilèges, et deux autres sièges dans la catégorie non membres non permanents. Quant à la question de la Palestine, nous exhortons la communauté internationale à accorder la priorité à la réalisation de la solution approuvée au plan international, la solution à deux États. Nous appelons le Conseil de sécurité des Nations unies à jouer un rôle décisif, un rôle juste pour régler le dossier palestinien, ce qui est essentiel pour une paix durable au Moyen-Orient et c'est essentiel pour la paix et la sécurité mondiales. À l'instar de la communauté internationale, nous nous joignons à l'appel ancien pour mettre un terme à l'embargo de Cuba qui a été resserrée récemment avec la désignation injuste de Cuba comme étant un État parrainant le terrorisme. L'Ouganda est reconnu au plan mondial pour sa politique pour les réfugiés. Madame la Présidente, nous accueillons le plus grand nombre de réfugiés en Afrique, 1,9 million de réfugiés. Nous leur fournissons des terrains, nous les intégrons dans nos systèmes nationaux. avec par exemple les soins de santé et l'éducation. Néanmoins, ce modèle est soumis à de grandes pressions compte tenu du soutien international qui va diminuant dans le cadre des tensions géopolitiques mondiales croissantes, la diminution des financements de nos partenaires affecter nos ressources déjà limitées. Ceci pèse sur les communautés d'accueil et notre capacité à atteindre les cibles de développement, y compris les ODD. L'Ouganda demeure attaché à ses obligations, mais nous ne pouvons pas le faire seuls, car cela détourne des ressources nécessaires à notre développement. Nous exhortons donc la communauté internationale à honorer ses obligations et à soutenir les pays hôtes tels que l'Ouganda. Accueillir des réfugiés ne doit pas être un fardeau pour notre dette. L'Ouganda ne devrait pas être seul face à cela. Dans les cinq années qui restent avant 2030, des progrès dans bien des pays en développement sont en deçà de ce qui est nécessaire. Il faut combler le manque de 4 billions annuels. Ne pas fournir les ressources idoines pèsera sur la coopération internationale. Nous demandons à la communauté internationale de pleinement honorer ses engagements, y compris l'engagement de Séville. le programme d'action d'Addis-Abeba, la Déclaration de 2002 de Doha et le Consensus de Monterrey de 2002. Ces accords fournissent un cadre pour permettre aux pays en développement d'augmenter leur marge de manœuvre budgétaire pour un développement inclusif et équilibré. Accélérer l'atteinte des ODD exige un renouvellement de notre engagement pour le multilatéralisme, la solidarité mondiale, et ça exige le renforcement des mécanismes de coopération internationale pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de laissés-pour-compte, Madame la Présidente. L'engagement de l'Ouganda pour la promotion et la protection des droits humains demeure essentiel dans notre politique nationale de développement. Notre Constitution garantit les droits civils et politiques, les libertés d'association, d'assemblée et d'expression, et le droit de chaque citoyen de participer à la politique démocratique. Depuis l'introduction de la démocratie multipartite en 2005, l'Ouganda a eu des élections justes, en toute liberté, à tous les niveaux de l'administration. L'Ouganda est le premier pays de l'Afrique subsaharienne à introduire l'éducation primaire gratuite universelle en 1987 et l'éducation secondaire gratuite universelle en 2007. C'est un effort qui a permis aux enfants d'avoir l'éducation de base et cela a amélioré les niveaux de lecture de calcul dans le pays. Et ceci s'est accompagné d'autres avantages nombreux. La santé demeure au cœur de notre stratégie de développement. L'Ouganda renforce les investissements dans les soins de santé primaires et déploie des solutions en ligne pour améliorer la prestation de services sanitaires et la reddition de compte. Notre réponse au VIH/SIDA demeure un modèle mondial de volonté politique et d'engagement de la communauté. Avec l'initiative du président, l'Ouganda a réduit le taux de prévalence du VIH à 5,5 %, atteint 96 % de couverture de traitement de tous les patients, avec 90 % de suppression virale. En tant que présidente du Mouvement Non Aligné, le Rwanda est attaché à promouvoir les principes d'unité, de paix et de solidarité parmi ses membres. Nous soutenons une collaboration plus forte entre le Mouvement Non Aligné et les Nations Unies pour promouvoir les intérêts des pays en développement. À cet égard, nous demandons des progrès accélérés pour l'adoption du pacte que nous attendons depuis longtemps sur le droit au développement, l'Ouganda place ses espoirs dans les ministres des États membres du monde non aligné et les observateurs de la conférence ministérielle qui aura lieu à Kampala du 15 au 16 octobre 2025. Alors que je conclus, les Nations Unies ont été un pilier de développement, un pilier de paix. Un pilier pour la dignité de l'être humain depuis 80 ans, les Nations unies demeurent indispensables. Il serait impossible d'imaginer le monde d'aujourd'hui sans les Nations unies. L'Ouganda salue les résultats nombreux des Nations unies, sa légitimité, sa puissance fédératrice et son influence normative. Madame la Présidente, il faut faire plus pour adapter, renforcer le multilatéralisme. Nous devons redoubler d'efforts pour protéger la coopération internationale et veiller à ce que le système des Nations Unies reflète la nouvelle donne et puisse régler les problèmes mondiaux de la paix, de la sécurité, des droits humains et du développement durable. Engageons-nous à ce qu'il n'y ait pas de laissés pour compte, car nous sommes meilleurs ensemble. Merci. Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier la vice-présidente de la République de l'Ouganda. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence, Monsieur **** Schoof, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs. En 1947, un petit garçon de 7 ans néerlandais appelé Dirk Salomons et son père ont fait un long voyage en voiture pour aller à Cologne, en Allemagne. Lorsqu'ils sont arrivés, Dirk ne pouvait pas croire encore ses yeux. C'était une vue terrifiante, a-t-il dit lors d'une entrevue récemment. Des ruines partout, des gens vivant dans une pauvreté abjecte, une ville complètement aplatie par les bombardements. Aujourd'hui, pratiquement 80 ans plus tard, ces images sont toujours bien vivantes dans la mémoire de Dirk et c'était précisément là l'intention de son père. Il voulait me montrer ce que la guerre peut faire à une ville. C'est ce qu'il a rappelé lors d'une interview. En même temps, dit-il, on entendait parler de la création des Nations unies à New York et tout l'espoir de mon père était précisément investi dans ça. Le journaliste lui a demandé sur quoi se basait cet espoir et Dirk a rappelé les premiers mots de la Charte des Nations unies: "Nous, les peuples." Et en effet, ce sont les peuples de la Terre, les peuples du monde qui chargent leurs gouvernements de les sauver de la guerre, des violations des droits de l'homme et des conflits armés. Nous, les peuples. C'était ces mots-là, ce jour-là, à Cologne, qui ont servi de source d'inspiration à Dirk El Salomon, qui a commencé une carrière de diplomate des Nations Unies pendant plus de 30 ans. Ce sont ces mêmes mots, 80 ans Des mots venant de la Charte des Nations unies qui lui ont rappelé et nous ont rappelé de cette tâche. Et bien sûr, le monde a beaucoup changé depuis et nous devons malheureusement reconnaître que la mission n'a pas de porter ses fruits. Cette année, alors que nous commémorons les 80e anniversaire des Nations unies, nous avons bien entendu. Que les Nations unies ne peuvent plus justifier leur existence. Toute personne qui dit ça, cependant, a probablement oublié d'où nous venions. Sans les Nations unies, il n'y aurait pas de traité de désarmement, pas de Cour internationale de justice, pas d'accord climatique ou de sur le développement durable sans les Nations unies. qui est souvent la seule organisation qui est capable de fournir de l'aide dans les endroits les plus compliqués de la Terre, des millions de personnes seraient privées d'alimentation, d'eau propre et d'aide médicale. Depuis 80 ans, nous avons bien souvent considéré les résultats obtenus par les Nations Unies comme allant de soi. Nous avons oublié d'où nous venions. Nous avons oublié tous les jalons atteints le long du chemin. Mais la situation maintenant est très difficile, certes, mais je le sais. Cela n'a jamais été facile de façon générale. Chaque résultat a été précédé par de longues consultations. Les pays, bien souvent, étaient à couteaux tirés et parfois, il était tentant de jeter l'éponge. Mais cela ne s'est pas produit. Et la raison, c'est que malgré nos différences nombreuses, nous comprenons tous ce qui est en jeu. C'est le contexte dans lequel je vois ce débat très franc sur l'avenir des Nations Unies. En effet, le monde a changé. Oui, les relations internationales ont changé. Et oui, la façon dont nous œuvrons ensemble a changé. Mais moi, je pense que ceci peut nous mener à une seule conclusion. Nous devons changer avec le temps qui passe. Et c'est exactement ce que nous faisons grâce à des initiatives comme ONU80, dont l'objectif est de renforcer l'incidence des Nations unies sur le terrain, simplifier sa structure et modeler des partenariats plus forts avec d'autres organisations. comme d'autres institutions financières internationales, le secteur privé et les organisations philanthropiques. S'adapter avec le temps, cela signifie aussi saisir les opportunités. Plusieurs personnes ont utilisé aujourd'hui des nouvelles technologies. Les jeunes d'aujourd'hui sont nés dans une autre époque. Nous avons besoin de leur point de vue, non seulement parce que Leur Nos décisions vont avoir une incidence sur leur avenir, mais parce que ils sont l'avenir. Si nous devons avancer, nous devons travailler ensemble en utilisant l'intelligence artificielle et les autres technologies chaque fois que c'est possible. Le Royaume des Pays-Bas a déjà pris un rôle de chef de file. en s'associant avec des bailleurs de fonds et des partenaires pour explorer les différentes façons de renforcer l'efficience et l'efficacité des institutions multilatérales. Des nouvelles façons de procéder, mais pas des nouveaux principes, car les principes directeurs qui sont consacrés dans la Charte des Nations unies il y a 80 ans restent inchangés. Et aujourd'hui, je souhaiterais réfléchir sur la chose peut-être la plus importante, la protection de l'ordre juridique international. À l'époque, Cela nous a inspiré, inspiré tout ce que nous voulons défendre aujourd'hui. Ceci a mené à un système multilatéral d'accord. Ceci a fourni un contrepoids à l'idée que le pouvoir a toujours raison dans ma région du monde. Nous le savons, ce n'est pas quelque chose qui va de soi. Nous l'avons vu en Ukraine, où la population souffre des attaques russes depuis plus de trois ans. Les troupes ukrainiennes continuent de lutter chaque jour pour protéger leur pays, leurs familles, leur droit à l'autodétermination. Les personnes qui vivent dans les zones occupées par la Russie vivent une oppression systématique et connaissent des violations des droits de l'homme au quotidien. Nous avons vu plusieurs initiatives visant à ramener la paix depuis le printemps, depuis les pourparlers en Arabie saoudite, en Turquie États-Unis. Mais la paix semble encore qu'une perspective assez distante. L'Ukraine a adopté une attitude constructive, mais la Russie, pour le moment, n'a pas encore montré de volonté d'accepter les propositions des États-Unis. Et pendant ce temps-là, la guerre d'agression et les souffrances continuent sans perdre de leur intensité. Mais vous allez dire, voilà, c'est un Européen qui parle encore des problèmes européens. Mais je souhaiterais vous assurer que ce n'est pas du tout le cas. Si les 80 ans d'existence des Nations Unies nous ont bien appris quelque chose, c'est que tous les grands problèmes sont liés entre eux. En tant que royaume de différents pays dans différentes régions du monde, nous savons cela plus que n'importe qui d'autre. Prenons par exemple la sécurité alimentaire. Dans la partie européenne de notre royaume, nous sommes en train d'approcher les limites de ce que peut produire la terre. La partie des Caraïbes du royaume a vu comment les peuples vulnérables dépendent des autres en matière de sécurité alimentaire. Depuis avril 2023, plus de 150 000 personnes sont mortes 14 millions ont dû fuir leur foyer au Soudan. Tous les canaux d'aide ont été fermés. Les organisations humanitaires n'ont pas pu fournir plus d'aide. Résultat, plus de la moitié de la population du Soudan vit avec l'insécurité alimentaire au quotidien. Dans les régions du Darfour et du Kordofan, la famine a été déclarée. Ceci doit absolument prendre fin. Les Pays-Bas, avec l'Union européenne et les pays donateurs, demandent à toutes les parties belligérantes de respecter le droit international et de permettre l'aide humanitaire d'atteindre ceux qui en ont besoin. Les Pays-Bas continueront d'appuyer ces efforts humanitaires pour le Soudan, non seulement en œuvrant par le truchement des Nations unies et de la Croix-Rouge, mais aussi en fournissant 16 millions d'euros du Soudan à son fonds humanitaire et 7 millions d'euros à l'alliance d'aide néerlandaise au Soudan. Mais, ceci dit, les horreurs qui se produisent au Soudan Ont à peine été perçus dans le reste du monde. Nous, la situation est différente à Gaza. Chaque jour, nous voyons des images les plus terribles venant de la région, des images que nous ne pensions pas possible, des images qui. défie notre compréhension du monde et notre foi en l'humanité. Il n'y a qu'une seule réponse possible. Cette guerre, ces souffrances doivent prendre fin maintenant. Et ça commence par l'accès sans limite, sans obstacle et sûr de l'aide humanitaire pour les personnes de Gaza qui souffrent, notamment l'aide de l'ONU. Nous continuerons au niveau national et au niveau européen à pousser le gouvernement israélien à changer sa tactique. et les plans d'annexion en Cisjordanie sont tout à fait inacceptables. Nous condamnons toute tentative allant dans ce sens. Nous appuyons de plus la proposition de la Commission européenne de réduire les investissements dans les entreprises israéliennes qui utilisent et élaborent des technologies à double usage. Nous avons également dit clairement que nous voulons suspendre l'accord d'association Union européenne et Israël, refuser des biens qui viennent des colonies illégales et mettre fin à des licences d'exportation pour les armes. Ces actions ne doivent pas cacher une autre vérité. Hamas est une organisation terroriste qui doit déposer les armes. Il n'y a pas de place pour le Hamas dans le prochain gouvernement de la bande de Gaza. De plus, la seule voie vers une paix durable, ce sont des négociations qui mènent à une solution de deux États avec la signature de la déclaration de New York notamment par les Pays-Bas, nous avons fait un pas dans la bonne direction vers une paix durable. Vous voyez que nous avons encore beaucoup à faire, Mesdames et Messieurs, malgré tout ce que nous avons déjà engrangé comme résultats. Nous nous sommes pourtant bien adaptés au monde en pleine mutation. Et je comprends que certains soient tentés par le désespoir. Et pourtant, nous ne pouvons pas permettre que cela se produise parce qu'il y a 80 ans, un petit garçon néerlandais était à côté de son papa dans les ruines de Cologne. Et dans ce désert, il y a eu une petite lueur d'espoir parce que quelque chose s'était produit à New York. C'est ce qui a servi de source d'inspiration pour dire que Salomon, c'est son père et nous, les peuples des Nations unies, nous, les peuples. Merci beaucoup.
Au nom de l'Assemblée, je souhaiterais remercier le Premier ministre du Royaume des Pays-Bas. L'Assemblée va entendre l'allocution de Son Excellence Monsieur Bart De Wever, Premier ministre du Royaume de Belgique. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Monsieur le Président, chers collègues, Mesdames et Messieurs, c'est la première fois que je suis ici devant vous. J'ai 54 ans, ce qui signifie que j'étais un adolescent dans les années 80, quand Ronald Reagan était président de ce grand pays. Un homme que j'admirais et que j'admire encore. Aujourd'hui, je suis nostalgique de cette époque, car à l'époque, je pensais véritablement que le monde occidental étaient unis par des valeurs communes et le respect mutuel. Et je pensais également que ces valeurs, à terme, dirigeraient le monde entier. Aujourd'hui, on nous rappelle que le dialogue millian de l'historien grec Thucydide décrivait comment des envoyés d'Athènes étaient contraints Et face à cette logique du pouvoir, on peut résumer les choses ainsi: le fort fait ce qu'il peut et le faible souffre ce qu'il doit souffrir. Peut-être a-t-il raison sur la nature humaine, mais ce n'est pas le monde dans lequel nous voulons vivre. La civilisation, cela signifie qu'on doit aspirer à mieux que nos instincts rudimentaires, nous élever au-dessus de nos instincts. Les Nations Unies sont nées de la guerre la plus destructrice de l'histoire de l'humanité pour justement incarner cette aspiration. Or, aujourd'hui, les organisations internationales sont soumises à des pressions. Le droit international est soumis à des pressions. Le respect de la souveraineté est mis à rude épreuve. La géopolitique souvent revient à des égaux parmi des responsables politiques, et je le regrette vivement. C'est pourquoi je suis ici devant vous pour prôner un monde ancré dans le respect mutuel, un monde de libre-échange, un monde de partenariat fort, un monde de respect et de coopération, un monde fondé sur le droit international, un monde qui traite des changements climatiques, un monde de paix, de prospérité et de progrès. Les Nations Unies demeurent Essentiel pour parvenir à cette ambition, les Nations Unies sont loin d'être parfaites et c'est pourquoi nous soutenons la réforme ONU 80 car les défis sont colossaux et j'aimerais souligner deux domaines où il faut avancer rapidement. C'est urgent, notre sécurité et notre prospérité. Tout d'abord, la sécurité. Tous ceux qui chérissent la liberté doivent mettre en place des sociétés vigilantes et résilientes. Nous connaissons de nouvelles formes d'impérialisme, de nouvelles menaces militaires, des conflits violents qui déstabilisent des régions entières. Ce n'est pas la voie que nous avions choisie, mais on ne peut pas non plus se permettre d'être naïfs. Ceux qui aspirent à la paix doivent se préparer à la défendre. C'est pourquoi nous sommes résolument aux côtés de l'Ukraine. Nous devons ériger une barrière contre ceux qui nous regardent, la façon dont les Athéniens regardaient Mélos. La Belgique, donc, assume sa responsabilité, investissant plus dans la défense. Ensemble, avec nos partenaires européens, nous aspirons à une plus grande intégration de nos forces armées et de notre secteur de la défense. Parallèlement, nous devons renforcer les liens avec tous les pays attachés à la paix et à la stabilité. Nous devons également faire face au crime organisé international qui va croissant, qui ne connaît pas les frontières. Dans les réseaux exploitent les lacunes des forces de police et des systèmes juridiques. Ils attisent terrorisme, trafic d'êtres humains et commerce illégal des armes. Mais il y a de l'espoir en Europe, en Amérique latine. J'ai vu une volonté de plus de coopération et je suis convaincue que bien des pays africains et asiatiques se heurtent aux mêmes problèmes. Ensemble, nous pouvons. transformer nos sociétés comme étant ouvertes aux entreprises, mais fermées à la criminalité, car la sécurité de nos citoyens doit être notre responsabilité principale. C'est le premier grand défi à relever. Le deuxième, c'est de garantir autant de prospérité que possible pour autant de gens que possible. Le monde aujourd'hui, une fois encore, connaît le protectionnisme. Or, l'histoire est claire, pendant plus de 200 ans, Le libre-échange a été le seul véritable moteur du progrès. Il a décimé la pauvreté extrême. Il a augmenté de façon considérable et spectaculaire la longévité. Il a permis des percées médicales. Le libre-échange, c'est la voie à suivre. Il faut le favoriser, il faut le défendre. Il faut se débarrasser des obstacles au commerce. Nous devons faire en sorte que nos économies progresse, prospère au-delà des frontières. Nous devons stimuler la productivité. En bref, nous devons créer la prospérité partagée par tous dans le monde. La prospérité engendre la paix. La prospérité permet la confiance. La Belgique est prête à être votre partenaire dans cet effort, la Belgique, et demeurera toujours ouverte aux entreprises. Il ne faut pas succomber à la dure logique de Thucydide. Prouvons que le destin de l'humanité n'est pas de dominer. mais de coopérer et prospérer. Ceci est et devrait toujours rester la mission des Nations Unies. Merci.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Premier ministre du Royaume de Belgique. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence, Monsieur Alhamaïe Adina. premier ministre et chef du gouvernement de la République du Tchad. Je demande au protocole de bien vouloir accompagner son excellence que j'invite à prendre la parole devant l'assemblée.
Madame la Présidente de l'Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, En raison des contraintes liées à l'agenda national, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad et chef de l'État, qui a bien voulu prendre part à ces importantes Assises des Nations unies, n'a pu effectuer le déplacement de New York. Il tient à exprimer ses sincères regrets pour cette absence et me charge de vous livrer son message qui réaffirme l'attachement du Tchad aux principes du multilatéralisme et de la souveraineté des peuples. J'ai donc l'honneur de donner lecture, devant cette auguste Assemblée, du message du président de la République du Tchad, chef de l'État, et je cite: « Madame la présidente de l'Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, permettez-moi, à l'entame de mes propos, de rendre grâce à Dieu le Tout-Puissant, source de sagesse et de force, qui nous a permis de nous réunir dans un esprit de dialogue pour nous pencher sur les défis de notre temps et de notre monde, au premier rang desquels les questions de développement, mais aussi les préoccupations de paix et de sécurité internationales. Je tiens à adresser toutes nos félicitations à Madame Annela Bärbock, présidente de la 80e session de l'Assemblée générale, pour son élection et l'assurer du plein soutien de mon pays dans l'accomplissement de son mandat. De même, je voudrais exprimer nos infinis remerciements à l'ambassadeur Filimé Yang, président sortant, pour sa brillante direction de la session précédente. Aussi, voudrais exprimer notre sincère appréciation et tout notre soutien au Secrétaire général, M. António Guterres, pour ses efforts inlassables en vue de maintenir haut le flambeau du multilatéralisme incarné par l'ONU, dont la mission, voire la raison d'être, se trouve mise à rude épreuve par de nombreux défis de l'heure qui ne cessent d'assaillir de tous les côtés ce socle commun de l'humanité. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je me tiens devant cette auguste Assemblée avec le poids de l'histoire et la force d'une conviction profonde. L'Organisation des Nations unies, 80 ans après sa naissance, dans la douleur des guerres, doit aujourd'hui renaître dans la vérité de nos espoirs. Le thème choisi cette année, "Mieux ensemble, 80 ans", est pour la paix, le développement et les droits de l'homme, et plus qu'une célébration. Il est une interpellation, une invitation à réexaminer le rôle, la pertinence et surtout la légitimité politique et morale de notre organisation commune. Il serait injuste de nier le mérite historique de l'ONU. Elle a contribué à préserver la paix mondiale, encadrer la décolonisation, faire progresser les droits humains et offrir un cadre de coopération multilatérale. Néanmoins, Il convient de souligner que 80 ans après sa création, l'ONU reste encore loin d'avoir accompli les objectifs qui lui sont assignés par la Charte. En dépit des avancées indéniables, relevées si haut, force est de constater que l'ONU n'a jamais autant déçu, notamment en raison de son incapacité à arrêter les conflits meurtriers qui continuent à faire rage dans plusieurs parties du monde. En Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, la défiance grandit parce que, trop souvent, les décisions majeures de cette organisation semblent servir les intérêts de quelques grandes puissances au détriment des aspirations des pays du Sud. Parce que le Conseil de sécurité reste une structure figée, héritée de l'après-guerre, où l'Afrique, berceau de 1/5 de l'humanité, demeurent exclus de toute représentation permanente, parce que les mécanismes de sanctions et d'intervention sont sélectifs et l'indignation semble parfois géographiquement conditionnée. Nous devons avoir le courage de le dire ici, sans détour: les missions de maintien de la paix de l'ONU ont parfois failli à leurs promesses et à leurs devoirs, que ce soit en Haïti, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo ou encore au Mali, les Casques bleus ont été, dans certains cas, accusés d'inaction, voire de comportements contraires aux principes de l'organisation qu'ils incarnent. Comment comprendre qu'au lieu de protéger, certains aient été complices de violations? Comment expliquer qu'après des décennies de présence, des conflits persistent et même s'aggravent? Ces échecs, parfois tragiques, érodent la légitimité de l'ONU sur le terrain et dans les cœurs. Il est impératif que les opérations de maintien de la paix soient réformées en profondeur, évaluées de façon transparente et recentrées sur leur mission fondamentale: protéger les populations civiles. Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, depuis plus de sept décennies, le monde assiste impuissant à un drame humain et politique. Je vais parler du conflit israélo-palestinien. La situation à Gaza, marquée par des bombardements indiscriminés, des morts de civils par milliers et la destruction systématique d'infrastructures vitales, constitue un échec collectif de la communauté internationale. Il ne s'agit plus d'un conflit, il s'agit d'un scandale humanitaire et d'un défi moral sans précédent. La guerre larvée entre Israël et l'Iran, les tensions régionales et l'incapacité de l'ONU à imposer une solution durable mettent en péril non seulement la stabilité du Moyen-Orient, mais surtout la paix dans le monde. Tant que la justice n'aura pas triomphé à Jérusalem et à Gaza, il n'y aura pas la paix de conscience ici, à New York. Tant que le droit international sera bafoué en Palestine, il sera affaibli partout ailleurs. Nous appelons, comme chaque année depuis des décennies, à la reconnaissance effective de l'État palestinien dans les frontières de 1967, la fin immédiate de colonisation illégale et une solution politique garantissant la coexistence de deux États viables, libres et sécurisés. À ce titre, mon pays se félicite de l'adoption à une très large majorité de la Déclaration de New York sur la Palestine du 12 septembre 2025, qui constitue une avancée historique et une étape majeure dans la quête d'une paix juste, globale et durable au Proche-Orient. Notre devoir collectif, à partir de cet instant, est de transformer une forte déclaration en actes concrets et faire de l'espérance du peuple palestinien une réalité. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, dans le monde du développement, L'ONU peine à susciter le grand sursaut collectif indispensable pour matérialiser la mise en œuvre des agendas internationaux, au premier rang desquels le programme 2030. À 5 ans de l'échéance fatidique, il va falloir mobiliser annuellement plus de 4 000 milliards de dollars pour combler le déficit de financement du développement dans les pays pauvres. À cet égard, L'engagement de ces villes constitue, à n'en point douter, la dernière chance pour passer de la parole à l'action en vue d'accélérer la mise en œuvre des ODD. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, qu'il s'agisse de la paix et de la sécurité internationales et du développement ou de l'action climatique, l'avenir du multilatéralisme auquel nous sommes tous attachés est mis véritablement en jeu. Il nous faudra pour cela un engagement sans faille une détermination sans relâche et une action collective plus solidaire et vigoureuse dans la mise en œuvre des objectifs communs qu'on s'est fixés, tels que l'Agenda 2030, l'engagement de Séville, l'accord de Paris, le pacte pour l'avenir ou encore le plan d'action de Doha en faveur des paiements, le plan d'action d'Antigua et Barbuda pour les petits États insulaires en développement et le plan d'action d'Aouasa en faveur des pays en développement sans littoral. Oui, la réussite de l'ONU sera aussi et surtout jugée à l'honneur de notre capacité collective à aider les pays vulnérables, tels que les pays africains et les pays en situation spéciale, à relever les défis afin que personne ne soit laissé de côté. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, en dépit de frustrations légitimes à l'égard de l'ONU, au vu des défis qui se démultiplient et qui se complexifient de jour en jour, Il est également certain que jamais le monde n'a eu autant besoin de l'ONU et du multilatéralisme. Tant ces défis ne peuvent être appréhendés et traités qu'à travers la concertation, la coopération et l'action collective. Les aspirations des peuples du monde à une vie paisible, une planète saine, des opportunités équitables pour l'accès au bien-être et la prospérité dans le respect des droits humains de tout un chacun, y compris à vivre dignement dans une société équitable et en sécurité ne peuvent être pleinement assurés qu'à travers le multilatéralisme. C'est donc à juste titre que l'engouement suscité par le pacte pour l'avenir et l'engagement de Séville sont la traduction parfaite de cette soif pour l'ONU. Celle-ci n'a donc pas le droit de décevoir ou de trahir les aspirations des peuples du monde. Nous n'avons pas le droit de faire cavalier seul et briser l'élan collectif. Bien évidemment, nous sommes pleinement conscients des turbulences que traverse le monde en ce moment en raison de la montée de réflexes unilatéralistes et des tensions géopolitiques. Dans ce contexte, que l'aide au développement connaît des coupes drastiques affectant considérablement les pays et les communautés les plus vulnérables, mais aussi frappant de plein fouet les opérations de tous les systèmes des Nations unies. Des agences et entités de l'ONU ont cru devoir supprimer des services vitaux dont bénéficiaient les couches les plus vulnérables dans les pays et les contrées les plus fragiles. Des réfugiés, des femmes, des enfants, des malades, notamment du sida, se sont retrouvés du jour au lendemain privés de soins ou de services sans lesquels leur vie est en danger. Toutefois, il importe de souligner l'absolue nécessité de préserver les acquis en procédant avec minutie dans l'exécution de cette réforme, afin de ne pas finir par porter un coup fatal à ce que l'ONU a de plus noble: l'assistance aux plus vulnérables. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, La préservation et le renforcement du multilatéralisme que nous appelons de notre voeu passe également par la réforme tant attendue de la gouvernance mondiale. À cet égard, mon pays appelle à la mise en œuvre rapide des recommandations du pacte, notamment la réforme de l'architecture financière internationale et celle de l'ONU par l'amélioration des méthodes de travail et le renforcement de l'Assemblée générale, mais aussi et surtout la réforme du Conseil de sécurité, dont l'urgence n'est plus à démontrer. Il va sans dire que s'il y a un organe qui cristallise toutes les frustrations, qui symbolise l'injustice, la politique des deux poids, deux mesures et l'incapacité de l'ONU à répondre aux attentes des peuples, c'est bien le Conseil de sécurité. Il est inadmissible que l'Afrique berceau de l'humanité, poumon démographique du monde et moteur stratégique du XXIe siècle, demeure marginalisée dans les hautes sphères de la gouvernance internationale. Cette exclusion n'est pas seulement une aberration politique, elle est une injustice historique. Elle doit être réparée sans délai. Depuis plusieurs années, l'Afrique revendique avec constance et dignité ce qui lui revient de droit. deux sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations unies assortis du droit de veto, conformément au consensus des ONU. Ce n'est ni une faveur, ni une concession, c'est une exigence de justice et de représentativité et de cohérence. Le monde ne peut prétendre à la paix, à l'équilibre et à la légitimité tant que plus d'un milliard d'être humain sont tenus à l'écart des décisions vitales pour l'avenir de la planète. L'Afrique ne demande pas la prémission, elle affirme sa voix, sa vision et sa conviction. En Afrique, beaucoup partagent malheureusement la conviction que le monde fait preuve d'une certaine indifférence face au malheur des Africains et le Conseil de sécurité ne fait qu'assurer le service minimum. Souvent, Ces multiples réunions consacrées aux problèmes du continent restent sans grand impact sur la situation des populations. Les faits pouvant attester ce sentiment ne manquent pas. Par exemple, 14 ans se sont écoulés et la Libye se trouve toujours dans l'impasse politique, repoussant ainsi la paix aux calendes grecques. Au Soudan, les populations civiles sont abandonnées à leur triste sort. parce que le Conseil de sécurité n'a pas su ou voulu assumer sa responsabilité en amenant les belligérants à une cessation des hostilités et à un règlement pacifique de leur différend. Cette incapacité du Conseil des Nations unies à jouer pleinement son rôle de garant de la paix et de la sécurité internationale est une raison de plus d'accélérer sans délai sa réforme pour l'adapter à la réalité du monde aujourd'hui et le rendre plus inclusif, plus représentatif, plus démocratique et donc plus efficace. Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, dans un monde en perpétuelle mutation, où les interdépendances se multiplient et les défis transcendent les frontières, mon pays, le Tchad, réaffirme, du haut de cette tribune, une vérité fondamentale: La souveraineté des États demeure le socle de l'ordre international. La souveraineté n'est ni un privilège, ni une concession. Elle est un droit inaliénable inscrit dans la Charte des Nations unies, qui garantit à chaque peuple la maîtrise de son destin, la libre détermination de ses choix politiques, économiques et culturels et le respect de son identité propre. Dans le concert des nations, chaque État est une note singulière qui enrichit l'harmonie mondiale. Aucun ne doit être réduit au silence, aucun ne doit être contraint à l'uniformité. La souveraineté est la condition même du dialogue, de la paix et de la justice internationale. C'est pourquoi Nous appelons à une gouvernance mondiale plus équitable, où les États du Sud, les nations émergentes, les voient longtemps marginalisées, puissent pleinement exercer leur droit à la parole, à la décision et à la dignité. L'Afrique exige sa place dans la gouvernance mondiale. Les Nations unies ne peuvent plus se contenter d'aménager des aménagements politiques. Une refonte institutionnelle profonde et équitable s'impose. Madame la Présidente, mon pays, le Tchad, au cœur de l'Afrique, est à la fois témoin et acteur pour la paix et la sécurité. Il est à la croisée de tous les défis contemporains: sécurité, humanitaire, climatique et aussi d'immenses espoirs de renaissance. Notre pays fait face à une menace persistante du terrorisme qui déstabilisent la région du bassin du lac Tchad. Face à la secte Boko Haram, le Tchad n'a reçu aucun soutien extérieur et a dû affronter seul le poids de la lutte. Ce sacrifice du Tchad, accompli souvent dans l'ingratitude, témoigne de l'engagement de notre pays pour la paix et la sécurité sous-régionales. Il est temps la communauté internationale reconnaisse cette réalité et s'engage résolument dans la lutte contre le terrorisme et le soutien à la paix en Afrique et au-delà. Au-delà de la sécurité, le Tchad fait face aux effets dramatiques du dérèglement climatique. Avancée du désert, sécheresse et catastrophes naturelles affectent notre sécurité alimentaire et compromettent notre développement. Nous appelons à une solidarité accrue pour l'accès équitable aux financements, aux technologies vertes et aux vaccins indispensables pour bâtir des sociétés résilientes et justes. Dans ce contexte, il est urgent de renforcer les efforts de préservation de notre écosystème, notamment autour du bassin du lac Tchad, dont le rétrécissement menace directement la vie de millions de personnes. Le Tchad et bien des pays d'Afrique n'émettent presque pas de gaz à effet de serre, mais payent un lourd tribut à une crise qu'ils n'ont pas causée. C'est pourquoi nous appelons à une gouvernance mondiale plus équitable, où l'Afrique exerce pleinement sa place légitime. Nous plaidons pour une justice climatique effective et un accès équitable au financement, aux technologies vertes et aux vaccins. Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, Le Tchad ayant connu une histoire politique mouvementée et vivant dans un environnement sous-régional marqué par les crises, conflits et guerres, est constamment exposé aux risques de sévères fléaux, est sorti de cette transition la tête haute. Une fois de plus, notre pays a su déjouer les pronostics les plus pessimistes. en menant à bon port sa transition dans un climat apaisé, empreint de dialogue, d'ouverture large, qui a prévalu du début jusqu'à la fin de ce processus. Je tiens, du haut de cette tribune, à rendre grâce à Dieu et un hommage au peuple tchadien qui a rendu possible cette réussite inédite. Nous remercions nos partenaires, en particulier l'ONU, pour leur accompagnement déterminant. Grâce à cet appui multiforme, le Tchad a pu franchir une étape majeure vers la gouvernance démocratique. Je suis confiant que mes compatriotes continueront avec ce talent et ensemble nous allons gagner le combat que nous avons engagé dans la l'après transition à savoir pour suivre le dialogue et la réconciliation nationale. Consolider la paix et la la paix et l'unité nationale, défendre notre territoire et à relever le défi du développement socio-économique. Toutes ces actions sont ancrées dans le programme politique sur la base duquel j'ai été élu en mai 2024. Dans ce sillage, le gouvernement vient d'adopter le nouveau plan national de développement pour la période 2025-2030 intitulé « Tchad connexion 2030 ». Axé autour de quatre domaines d'intervention, le Tchad connexion 2030 vise à opérer une mutation systémique et en profondeur de l'économie et de la société tchadienne. Enfin, pour réaliser cet ambitieux programme, le Tchad prévoit de mobiliser 30 milliards de dollars US, dont 46 d'investissements attendus du secteur privé. Je voudrais profiter de cette tribune pour inviter tous nos partenaires à la table ronde de mobilisation des ressources prévue les 7 et 8 novembre 2025 à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. En ce qui concerne la situation au Soudan, Le Tchad exprime sa profonde préoccupation face à la guerre qui dévaste ce pays et qui affecte toute la région, avec des conséquences humanitaires, socio-économiques et environnementales, et ces critères incalculables. Sur le plan humanitaire, par exemple, la situation à l'est du Tchad est alarmante. Mesdames et messieurs, l'impact de cette crise sur les populations hôte est également considérable. Aujourd'hui, le nombre de réfugiés Le nombre total de réfugiés au Tchad, de Soudanais et de Retournés, a atteint 2 millions de personnes, dont plus d'un million et demi sont arrivés depuis 2023. À l'Est, à l'Ouest, au Sud, dans plusieurs villes et villages, les réfugiés soudanais, nigérians et camerounais dépassent la population locale, sans compter les milliers de personnes déplacées internes, malgré un coût environnemental et humanitaire écrasant. Par ce sens de devoir humanitaire et fraternel, nous continuerons d'ouvrir nos portes pour accueillir nos frères et sœurs soudanais en détresse, fuyant les affres de la guerre. Mais nous ne pouvons supporter seuls le lourd fardeau de l'urgence humanitaire. J'en appelle une fois de plus à la communauté internationale pour venir en aide à ces personnes démunies et assister le Tchad en vue de faire face à ces défis. Sur le plan humanitaire, la poursuite des hostilités au Soudan ne fera que prolonger des souffrances des populations civiles soudanaises et aggraver la situation humanitaire tant dans les zones de combat ou dans les pays voisins, tels que le Tchad, qui continue de voir affluer chaque jour les réfugiés. Le Tchad déplore que les nombreux appels à un cessez-le-feu n'aient pas été entendus et exhorte les parties à cesser immédiatement les hostilités, faciliter l'accès humanitaire et renouer le dialogue politique. Nous sommes convaincus que la crise actuelle au Soudan ne saurait être réglée par les armes, mais plutôt par la voie pacifique à travers un dialogue inter-soudanien inclusif, en vue de parvenir à une paix durable. Le Tchad, qui observe une position de neutralité stricte et constante dans le conflit en cours au Soudan et qui a toujours soutenu les efforts de paix dans ce pays, réaffirme son attachement à la paix au Soudan et sa disponibilité à contribuer à toute visant à promouvoir le dialogue entre les protagonistes pour mettre un terme à cette guerre qui n'a que trop duré. S'agissant de la situation en République centrafricaine, le Tchad se réjouit de la dynamique positive d'ancrage de la paix, de renforcement de la réconciliation nationale et de progrès socio-économique en cours dans ce pays frère et voisin. Nous saluons la politique de la main tendue de son excellence monsieur le président Faustin-Archange Touadéra ayant permis le retour au bercail d'anciens rebelles grâce à la médiation que le Tchad a eu l'honneur de mener. Nous réaffirmons l'attachement du Tchad à la paix et à la stabilité en République centrafricaine, avec laquelle nous sommes liés par un destin commun, et tenons à réitérer notre disponibilité à ne ménager aucun effort en vue d'appuyer la paix et la réconciliation entre les frères centrafricains. Mesdames, messieurs, distingués invités, au-delà de notre région, l'Afrique dans son ensemble demeure ce continent qui cristallise toutes les attentions, en prise avec les crises cycliques, par endroits, et marginalisée dans les instances de gouvernance mondiale. Si l'ONU survit, si l'ONU veut survivre aux prochaines décennies, elle doit redevenir la maison des peuples, pas celle des puissants. Elle doit parler aux jeunes du Sahel, aux maires de Gaza, aux agriculteurs de l'Amazonie, aux déplacés du Soudan, aux réfugiés de l'Ukraine ou de Birmanie, avec une seule voie, celle de l'humanité partagée. Mieux ensemble. Cela signifie reconnaître nos échecs pour mieux les surmonter. Mieux ensemble, c'est admettre que personne n'a le monopole de la vérité ni celui de la douleur. Mieux ensemble, c'est enfin bâtir un système international où chaque nation compte et où chaque vie humaine a la même valeur. Nous appelons l'ONU à retrouver son âme, sa parole et sa puissance morale. Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, le Tchad croit à la paix, le Tchad croit en l'ONU, mais plus encore, le Tchad croit à l'humanité, parce qu'il en est le berceau, parce que nous sommes convaincus qu'ensemble, unis dans la diversité, nous pouvons relever les défis de notre temps, changer le monde, partager les droits fondamentaux, faire prévaloir la paix et assurer un développement durable pour tous. Maréchal Mahamat Idriss Déby, président de la République, chef de l'État, je vous remercie pour votre bien amable attention. Au nom de l'Assemblée.
Générale, je tiens à remercier le Premier ministre et chef du gouvernement de la République du Tchad. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence, Monsieur Kamil El Taieb Idriss, Premier ministre de transition de la République du Soudan. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
La présidente?
Madame Annalena Baerbock, présidente de l'Assemblée générale. Votre Excellence, M. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Votre Excellence ou Vos Excellences, Majestés, chefs d'État et de gouvernement, Vos Excellences, Messieurs et Mesdames les ministres, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, que la bénédiction de Dieu soit sur vous. Je félicite Madame Annelena Baerbock à l'occasion de son élection à la présidence de la 80e session de l'Assemblée générale. Je souhaiterais également féliciter monsieur Philemon Yeng pour sa présidence lors de la session précédente. Nous saluons les résultats qu'il a obtenus et les efforts qu'il a consentis au nom de la paix. Nous nous félicitons notamment des efforts du secrétaire général, monsieur Antonio Guterres, des efforts inlassables et toutes ses initiatives au nom de la paix et de la justice. Et nous le remercions d'avoir beaucoup œuvré pour atteindre les buts et principes de la Charte des Nations Unies et pour tout son appui aux pays en développement. Je suis devant vous aujourd'hui au nom du gouvernement civil du Soudan. Je suis devant vous aujourd'hui au nom de ce gouvernement civil et au nom de la fière population du Soudan pour honorer
L'engagement pris par le président, président du Conseil de la souveraineté. Il a. Cette auguste assemblée s'est engagée à désigner un président civil avec des valeurs fondamentales pour assurer une transition démocratique. Un, before you. Je suis là devant vous, sur les rives du Nil, une terre où l'histoire a des racines aussi profondes que la rivière elle-même, une terre où les déserts recèlent les empreintes d'anciens royaumes, d'anciennes civilisations. Une terre où, au moment où je vous parle, la poussière continue de véhiculer l'odeur de la guerre. Le Soudan a été privé de son sang. Nos villages et nos villes sont devenues muettes à l'ombre d'une guerre sans précédent, d'une invasion sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Nos enfants ont connu la peur avant même de connaître le sens de la vie et pourtant, Et pourtant, au milieu de ces cendres, il y a quelque chose qui continue de battre. Une pulsion que l'on retrouve dans la prière silencieuse du réfugié, dans le fermier qui plante des graines alors qu'il ne récoltera peut-être pas jamais les fruits. Et dans la mère qui endort son enfant et le berce sous le ciel ouvert. Et j'aimerais partager avec vous, les dirigeants du monde, quelque chose de cette pulsion qui bat. L'espoir est née de notre unité et la force venant de notre paix. Je souhaiterais dire aussi que le Soudan, c'est une civilisation très ancienne. Ses ressources sont nécessaires pour le monde entier. Madame la Présidente, nous sommes témoins de grands défis. Nous faisons face à des dangers redoutables qui vont à l'encontre des principes de la Charte et du multilatéralisme, qui menacent la stabilité régionale et mondiale. Et entre-temps, Les normes du droit international sont attaquées alors que le crime de génocide, de guerre, le déploiement de mercenaires étrangers qui occupent le territoire des États et massacrent les populations, ces crimes doivent prendre fin, ainsi que le mépris de la Charte et la violation du droit international comme cela se produit dans mon pays pour le moment. Monsieur le Président, nous devons consolider la confiance, nous devons consolider la transparence et renforcer le rôle de l'Assemblée générale, la diplomatie préventive et le règlement pacifique des conflits. Le rôle et les capacités des Nations Unies peuvent être consolidés grâce à des mesures collectives et grâce à une coopération internationale accrue. Nous pouvons profiter de cet élan, cet élan généré par l'initiative ONU 80, les résultats du Sommet du futur, et également en nous appuyant sur les résultats de grandes conférences internationales. Malgré le consensus au niveau international concernant le caractère illégal des sanctions unilatérales et des mesures coercitives unilatérales qui violent le droit international. Et bien ces sanctions continuent, elles sont imposées pour des raisons politiques, ce qui met à mal les valeurs et les liens de la coopération internationale, des relations internationales et des droits aux peuples, au développement, au bien-être et au fait de jouir des droits de l'homme, et surtout dans les pays en développement et dans les pays les moins avancés. Nous sommes très préoccupés par l'exploitation politique des droits de l'homme. et des jeunes pour faire pression sur notre pays. Sans même compter les aspects économiques des droits de l'homme qui sont touchés eux aussi par ces sanctions unilatérales et par ces mesures. Nous réitérons que nous sommes catégoriquement contre le discours de haine, contre le racisme, l'extrémisme, l'islamophobie. et toutes les formes de discrimination et de suprématie raciale qui menacent l'humanité dans son ensemble. Monsieur le Président, depuis trois ans, le peuple du Soudan a été soumis à des menaces et à des dangers existentiels à cause des crimes menés par les rebelles. Le peuple du Soudan a été expulsé, les gens expulsés de leurs maisons, de leur patrie pour fuir la torture, le pillage, le viol, l'humiliation. les massacres, la destruction de tout ce qui est vivant. Ces actes étaient des actes délibérés. Ces actes faisaient partie d'un projet intégré pour contrôler le Soudan, pour piller ses ressources et ses richesses, pour modifier la démographie de ce pays, en conservant, conserver la souveraineté de l'État, Et ces institutions nationales, c'est une priorité. C'est une question existentielle pour le peuple soudanais. Donc, la transition civile et la transformation démocratique, l'établissement de la paix, ne pourront devenir réalité sans institutions nationales robustes qui vont préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'État. La communauté internationale, et vous êtes les dirigeants de cette communauté internationale, vous, vous représentez cette famille internationale. Cette communauté internationale doit œuvrer pour mettre fin au flux d'armes illégales qui arrivent entre les mains des milices. Il faut les condamner, ces milices. Il faut les incriminer. Il faut les classé en tant que groupe terroriste. Il faut mettre fin au flux de mercenaires. Le fait de ne pas respecter la résolution 1591 menace de prolonger la guerre et les souffrances des civils par la même occasion. Cela diminue les chances d'une paix Cela menace la sécurité, l'unité et la stabilité du Soudan et de toute la région. Arriver à une paix globale au Soudan exige la participation des forces politiques du Soudan et les différents groupes de la société soudanaise dans la prise de décision pour qu'ils puissent modeler leur avenir. En effet, Ce sont eux les vraies parties prenantes. Il ne faut avoir aucune pression, aucune ingérence étrangère, aucune solution partielle hâtive, aucun appui pour l'extrémisme ethnique qui a l'intention de détruire le Soudan. Nous affirmons du haut de cette tribune l'engagement du gouvernement du Soudan par rapport à la feuille de route. Une feuille de route qui a été rédigée par un groupe de différentes forces et d'organisations de la société civile et qui a été présentée au médiateur et aux Nations unies. Cette feuille de route comprend notamment un accord de cessez-le-feu, le retrait des terroristes et de leurs milices des différentes zones et des différentes villes qu'elles occupent. Il s'agit également de lever le siège de la ville de Al-Fasher immédiatement. Je dis bien mettre fin à ce siège immédiatement et appliquer la résolution 27. 36 du Conseil de sécurité, adoptée il y a plus d'un an. Imaginez-vous, cette résolution a été adoptée par le Conseil de sécurité il y a plus d'un an et rien ne s'est produit depuis. Est-ce que c'est envisageable? Alors, prenons un moment pour réfléchir. Les femmes meurent, les enfants meurent, les personnes âgées meurent. Pourquoi? Parce que la communauté internationale reste silencieuse. Les mesures à prendre, c'est notamment un retour dans la dignité des réfugiés, des personnes déplacées. Il faut faciliter l'accès aux personnes dans le besoin, aux personnes touchées par le conflit et continuer ce processus de transition vers la démocratie. Ici, de grandes mesures ont été prises pour mettre en œuvre cette feuille de route. J'ai formé un gouvernement civil formé de technocrates qui vont mener un dialogue inter-soudanais avec des politiques diverses pour préparer un socle pour des élections libres et équitables et pour commencer un dialogue positif et constructif avec les communautés régionales et locales. Dans ce contexte, le gouvernement s'est engagé à faciliter le retour de tous les citoyens soudanais à l'étranger afin qu'ils puissent participer à ce dialogue important, historique. Monsieur le Président, une des priorités du gouvernement civil, c'est d'œuvrer à atteindre certains objectifs, comme les suivants: arriver à la paix, ça, c'est la priorité parmi toutes les autres, établir l'État de droit, lutter contre la pauvreté et la corruption sous toutes ses formes, renforcer la transition démocratique, mettre fin à l'impunité, adopter une politique étrangère équilibrée, nouer des contacts positifs avec des organisations régionales et internationales, fournir des services de base comme l'électricité, l'eau, la sécurité, les retraites, relancer le développement rural, fournir des soins de santé au niveau national et préparer la voie pour des élections globales avec des observateurs régionaux et internationaux. Nous allons travailler pour supprimer les vestiges de la guerre, pour revenir à la capitale d'origine, Khartoum, et pour commencer tous les efforts de reconstruction. augmenter la qualité des secteurs des soins de santé, augmenter la participation des femmes et des jeunes dans le dialogue national pour la paix. Monsieur le Président, le gouvernement du Soudan réitère son engagement par rapport au droit international humanitaire. Le gouvernement du Soudan a élaboré un plan national global pour la protection des civils présenté au Conseil de sécurité et au Secrétaire général des Nations unies. Ce plan couvre tous les aspects de la protection, notamment la création d'un mécanisme national de protection, un mécanisme qui facilitera l'accès humanitaire et appuiera les efforts humanitaires des Nations unies et le renforcement de l'État de droit, la reddition des comptes. des actions pour mettre fin à la prolifération d'armes, lutter contre la violence à l'égard des enfants et des femmes, s'occuper des déplacés et des réfugiés et arriver à une paix globale. De plus, le gouvernement a signé un accord-cadre avec les Nations unies. Le gouvernement a réitéré son engagement à faciliter, protéger et assurer le passage de l'aide humanitaire. par tous les points de passage convenus, identifiés par le gouvernement du Soudan. Ce silence international qui continue face aux crimes des milices rebelles terroristes et le siège de la ville d'Al-Fashir et le bombardement des camps de personnes déplacées et de lieux de culte et d'écoles, le pillage de marchés et de propriétés privées et publiques, la destruction d'institutions de soins de santé dans tout le pays. Le silence face à tout cela, en fait, ressemble à un encouragement. C'est donner le feu vert à ces milices pour qu'elles puissent continuer à perpétrer leurs crimes. Notre porte reste ouverte, ouverte aux Nations unies et aux organisations internationales. Nous demandons à la communauté internationale d'appuyer les efforts de la population du Soudan et du gouvernement de transition et d'appuyer des solutions africaines au conflit par l'appropriation nationale sans aucune tutelle. Monsieur le Président, la détérioration très préoccupante et l'escalade au Proche-Orient, et notamment la situation tout à fait désastreuse dans la bande de Gaza et en Palestine occupée de façon générale, ont des conséquences et vont avoir des conséquences terribles pour les pays de la région et leurs populations. Nous réitérons notre profonde conviction. Il n'y a pas de stabilité et de sécurité possible dans la région sans un règlement juste durable de la question palestinienne. Cela va permettre la création d'un État indépendant souverain avec Al-Quds en tant que capitale dans les frontières de juin de 1967, conformément aux résolutions pertinentes. du Conseil de sécurité. Ici, nous condamnons l'attaque par Israël de l'État du Qatar et de sa souveraineté, ce qui menace la paix internationale et la sécurité internationale. Sans paix, il n'y a pas de avenir. Chers présidents, Excellence, Mesdames et Messieurs, il faut appuyer la paix, la sécurité, les droits de l'homme et les ODD, sans lesquels il n'y aura pas de paix pérenne. Cependant, je vais dire très clairement et de façon très transparente, notre souveraineté et notre intégrité territoriale, ce sont des lignes rouges à ne pas franchir. Nous n'allons jamais baisser les bras, je vous le promets. Nous n'allons jamais abandonner. Je vous remercie de votre attention.
Au nom de l'Assemblée, Au nom de l'Assemblée générale, je tiens à remercier le Premier ministre de transition de la République du Soudan. L'Assemblée va entendre une allocution de Son Excellence monsieur Américo d'Oliveira dos Ramos, Premier ministre et chef du gouvernement de la République démocratique de São Tomé-et-Principe. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner Son Excellence, que j'invite à prendre la parole devant l'Assemblée.
Madame la Présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, Excellences, chefs d'État et de gouvernement, Mesdames, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs. Excellence, qu'il me soit permis de dire l'insigne honneur qui m'est donné de prendre la parole devant cette vénérable assemblée au nom de la République démocratique de Sao Tomé et Principe. À l'heure où la communauté internationale est confrontée à des défis plus complexes que jamais, le thème de cette 80e session trouve un écho non seulement en tant qu'idéal, mais également en tant qu'impératif pour l'humanité, pour le développement collectif et la prospérité. En cette occasion solennelle, nous exprimons notre solidarité à toutes les nations qui, ces derniers mois, ont subi des catastrophes naturelles, des conflits et crises humanitaires. Il ne s'agit pas uniquement ici de statistiques, mais de vies humaines, de familles brisées, de communautés entières plongées dans la souffrance. Vos pertes, nous les ressentons toutes et tous, et votre résilience nous inspire à redoubler d'efforts en faveur d'un monde plus sûre. Je saisis cette occasion pour féliciter chaleureusement Son Excellence, Madame la Présidente Annalena Baerbock, à l'occasion de son élection à la présidence de cette session historique. Votre riche expérience diplomatique et votre engagement envers le multilatéralisme sont la garantie d'une conduite sage et efficace. Soyez assurée, Madame la Présidente, du plein soutien de Sao Tomé-et-Principe dans la réalisation de votre mandat. Je félicite également chaleureusement le président sortant, Filémone Young, de son rôle moteur au cours de la session dernière et qui a rendu hommage à tous ceux qui l'ont précédé. Je ne peux également que rendre hommage au secrétaire général, Antonio Guterres, dont les efforts et la voix infatigables en défense de la paix, des droits humains et du développement durable continuent de faire office de boussole morale pour notre organisation. Sa conduite visionnaire a contribué à revitaliser les Nations Unies et à les adapter aux défis impérieux du 21e siècle. Madame la Présidente, chefs d'État et de gouvernement, Excellences, Sao Tomé-et-Principe se présente devant cette Assemblée, équipée d'un message d'espoir et un appel à l'action. Ces dernières années, notre pays connu des percées dans la consolidation de la démocratie. Nous avons promu la paix et défendu les droits humains. Nous sommes l'incarnation même du fait que même sans ressources, il est possible de bâtir une société pluraliste, ouverte et semer les graines d'un avenir plus radieux. La position géographique de Sao Tomé et Principe, au cœur du golfe de Guinée, lui confère une responsabilité supplémentaire, à savoir la stabilité et la stabilité régionales. Notre pays a voulu se faire la passerelle du continent africain et de la communauté des îles qui nous entourent pour favoriser les échanges culturels, économiques et politiques, combattre la piraterie et bâtir des voies au profit de la communauté internationale toute entière. Notre périple démocratique, qui est maintenant un modèle dans la région, est émaillé, au titre de la législation existante, de diverses actions, la participation des divers acteurs politiques et de la société civile et par la garantie de la liberté de la presse. Nous pensons que la démocratie est un pilier fondamental du développement durable et de la paix pérenne. Nous avons entrepris des réformes dans le secteur fiscal, économique, judiciaire et dans l'administration publique. Nous avons mis en œuvre des politiques publiques visant à améliorer le développement humain et ses indicateurs. Néanmoins, nous admettons que les progrès engrangés restent fragiles et sont en permanence menacés. Excellence, le reclassement récent de Sao Tomé et Principe à la catégorie de pays à revenus intermédiaires en décembre 2024, faisant de notre pays le huitième à atteindre ce reclassement, représente sans ombre d'un doute un tournant et une reconnaissance des efforts consentis par notre peuple. Ce reclassement est le fruit d'acquis concrets et mesurables qui attestent de notre progrès. Entre 2020 et 2022, notre croissance de revenu par habitant a dépassé de loin le seuil de reclassement fixé à 1 306 dollars. Dans le même temps, Notre indice de développement humain fait montre d'un progrès remarquable, passant de 59,3 en 2002 à 91,4 en 2024, bien au-delà donc du seuil fixé à 66 points. Ces indicateurs illustrent des avancées dans le secteur de la santé, l'éducation ou encore la stabilité macroéconomique. Néanmoins, bien que ces réalisations nous honorent, Elle nous place également face à de nouveaux défis qui exigent des ripostes adaptées. C'est dans ce contexte que nous lançons un appel à la communauté internationale à veiller à ce que cette transition se fasse progressivement et harmonieusement et qu'elle soit accompagnée d'un soutien continu et porteur de changement afin que nous puissions développer notre secteur économique et afin que nous puissions protéger nos progrès durement acquis dans le sillage de nos efforts de développement, nous avons mis au point une vision et une stratégie nationale de développement durable pour la période 2026-2040 qui repose sur le tourisme durable. Une stratégie qui sera présentée lors du Forum pour les investissements prévu à Bruxelles en décembre de cette année. À cette occasion, nous invitons Nos partenaires de développement bilatéraux et multilatéraux à participer activement à cette manifestation fondamentale qui représente une occasion unique d'établir des partenariats durables et stratégiques. Cette enceinte nous offrira l'occasion de présenter nos projets de priorité nationale, d'attirer des investissements directs étrangers et de consolider les alliances permettant d'accélérer notre transition vers une économie verte et résiliente. La mise en œuvre des ODD demeure notre priorité absolue. En dépit des obstacles rencontrés, nous avons engrangé de grands progrès dans des secteurs tels que la santé, l'éducation ou l'accès à l'énergie. Cependant, les conséquences de la crise sanitaire mondiale récente, conjuguées aux crises économiques mondiales et à la réduction du financement pour le développement, qui traduisent un déclin de la solidarité et de nouvelles priorités parmi les bailleurs de fonds ont ralenti notre progrès vers les ODD. Ceci exige de redoubler d'efforts et de faire front commun. Sao Tomé-et-Principe demeure fermement attachés au programme à l'horizon 2030. Notre bilan actuel nous place 112e sur 167 pays, avec un bilan de 64, ce qui illustre les barrières considérables qui se dressent toujours devant nous, et notamment s'agissant de l'ODD 8, travail décent et croissance économique. Ceci met en évidence l'importance de diversifier notre économie et de créer plus de chances pour nos jeunes. qui sont le pilier essentiel de notre avenir. Nous sommes bien conscients qu'il nous reste encore un long chemin à parcourir. Nous sommes ravis d'afficher notre meilleur bilan pour l'ODD 14, la vie sous-marine, ce qui démontre clairement notre attachement indéfectible à protéger la vie marine et à gérer de manière rationnelle nos ressources océaniques. Excellence, Sao Tomé et Principe réitère son attachement à protéger la biodiversité et la biosphère et à adopter des politiques publiques afin de protéger et d'utiliser de manière rationnelle les ressources naturelles. Nous notons également la conclusion de notre présidence tournante de la Communauté des pays lusophones que nous avons exercée sous le thème Jeune et durabilité. qui traduit notre vision d'un avenir reposant sur l'inclusion, l'autonomisation des jeunes et la responsabilité collective de protéger l'environnement. Sao Tomé et Principe est fier d'être pionnier en matière de conservation de la biodiversité mondiale, puisque l'île de Principe a été reconnue par l'UNESCO en 2010 comme une réserve de biosphère mondiale. Ceci illustre bien la nature unique de nos écosystèmes et de notre engagement à la préservation de l'environnement. Nous attendons maintenant avec intérêt la conclusion d'un autre exercice qui permettra de qualifier de réserve de biosphère l'île de Sao Tomé. Nous souhaitons que Sao Tomé et Principe devienne le premier pays du monde dont le territoire national entier soit considéré comme une réserve de biosphère mondiale, sans oublier les zones marines protégées vastes de notre pays. Ceci représenterait un tournant dans les efforts de conservation mondiaux et notre archipel seraient considérés comme un laboratoire vivant de durabilité et un modèle mondial parmi les petits États insulaires en développement. Je souligne également la décision de la Communauté économique des États d'Afrique centrale de mettre en avant la volonté de s'auto-méprincipe de devenir une économie bleue. Cette initiative souhaite trouver un équilibre entre croissance économique et conservation des écosystèmes marins. Qui représente un legs vital pour l'ensemble de l'humanité. Mesdames, Messieurs, en tant que petit État insulaire en développement, nous sommes confrontés à l'une des plus grandes injustices de notre époque. Nous comptons parmi les premières victimes des changements climatiques. alors que nous ne contribuons pas à ce fléau mondial. Nos émissions de gaz à effet de serre sont pratiquement négligeables à l'échelle internationale. Néanmoins, nous essuyons précipitations intenses, inondations, destruction des infrastructures, déplacement des populations et conséquences sociales. Tout cela découlant d'un changement climatique alimenté par les actions irresponsables des grands pollueurs de ce monde. Compte tenu de cette réalité, il nous faut de nouvelles stratégies pour mettre sur pied des mécanismes reposant sur des critères de vulnérabilité, incluant les risques structurels, environnementaux et autres, et qui ne se concentreraient donc pas uniquement sur les revenus par habitant. Il nous faut des instruments financiers plus prévisibles et plus accessibles, ainsi que des conditions à taux favorables, des taux d'intérêt faibles. et des termes de remboursement compatibles avec nos capacités réelles. Il nous faut aussi des procédures simplifiées d'accès aux fonds multilatéraux pour le climat, notamment le Fonds vert pour le climat et le Fonds pour l'adaptation, dont la complexité administrative exclut les pays disposant de capacités institutionnelles limitées. Ces réformes sont fondamentales pour veiller à ce que le financement international aboutisse au développement durable, à la résilience pour les petits États insulaires en développement. Excellence, le développement exige la paix et la sécurité. Nous nous inquiétons de la prolifération des conflits dans diverses régions du monde, de l'Ukraine au Soudan, en passant par le Sahel, la région des Grands Lacs et la Corne de l'Afrique, qui infligent de grandes souffrances humaines et sapent les efforts de développement dans ces régions du continent. À cet égard, nous préconisons le règlement pacifique de tous ces conflits, parce qu'il n'y a qu'en faisant taire les armes que nous pourrons créer un environnement permettant de bâtir un avenir plus radieux où la paix et le développement de tous sera possible. Sao Tomé-et-Principe condamne avec véhémence toute forme de violence et d'agression. Nous appelons au plein respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Nous réitérons notre appel à trouver des solutions pacifiques et pérennes au conflit israélo-palestinien reposant sur le principe de coexistence de deux États dans le cadre de frontières reconnues internationalement et sûres. Nous exhortons la communauté internationale à intensifier son soutien à l'Initiative Paix et sécurité en Afrique, en respectant le rôle moteur de l'Afrique Lors de l'élaboration des solutions, Sao Tomé et Principe réitère solennellement son engagement indéfectible aux principes fondamentaux de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains et le respect de l'intégrité territoriale. Ce sont des piliers essentiels du droit international et de la Charte des Nations Unies. Sao Tomé et Principe exprime également sa vive préoccupation quant au mépris constant pour l'appel de la communauté internationale à lever les restrictions économiques et autres imposées à Cuba. Nous constatons le durcissement de ces politiques par le biais de nouvelles mesures extraterritoriales qui compromettent l'économie de Cuba et touchent son peuple résilient. Au niveau national, nous restons attachés à consolider la paix et la stabilité, qui sont des conditions essentielles à notre progrès. À cet égard, Une réforme de notre système de sécurité et de défense est en cours. Sa visée est de moderniser sur le plan institutionnel les capacités techniques et l'établissement d'un secteur plus résilient reposant sur une démarche préventive vis-à-vis des conflits. Néanmoins, c'est un exercice qui exige la coopération de nos partenaires internationaux, aussi bien sur le plan technique que financier, pour en garantir la réussite. Mesdames, Messieurs, pour relever ces défis, il nous faut des Nations unies revitalisées, qui soient plus souples et plus représentatives de la diversité du monde d'aujourd'hui. Nous préconisons la réforme du Conseil de sécurité afin que celui-ci reflète les réalités géopolitiques du 21e siècle et inclut au moins un siège permanent pour le continent africain. Il est tout aussi essentiel de réduire la bureaucratie au sein du système des Nations unies afin que notre organisation puisse réagir plus rapidement et efficacement aux crises mondiales. Il nous faut des Nations unies qui soient plus proches du peuple, qu'elles servent une organisation plus transparente, plus inclusive au moment des prises de décisions et une organisation plus redevable de ses résultats. Des questions transversales telles que l'autonomisation des femmes ou le multilinguisme doivent se trouver au cœur de cette réforme. Sao Tomé-et-Principe a enregistré de grands progrès en matière d'égalité des genres, puisque les femmes occupent des positions de direction au sein du gouvernement, du Parlement, du système judiciaire et du secteur privé. Nous ne pouvons pas bâtir un avenir durable sans la pleine participation des femmes à tous les niveaux décisionnels. Sao Tomé voit les femmes comme un pilier de la société et des moteurs de changement au sein de leur famille. Madame la Présidente, en guise de conclusion, je souhaite réitérer l'engagement inébranlable de Sao Tomé et Principe envers le multilatéralisme. Dans un monde de plus en plus polarisé, nous pensons que la coopération et la solidarité sont les seules armes capables de nous aider à affronter les défis qui se dressent devant nous. Nos moyens sont peut-être modestes en tant que petit État insulaire, mais nous apportons une force indispensable. Nous sommes capables de fédérer pour que nos efforts nous amènent à notre destinée commune. Nous pensons qu'ensemble, nous pourrons bâtir un avenir plus juste, durable et harmonieux pour toutes et tous. et que, ensemble, nous pourrons faire mieux. Dans cet esprit, je ne peux que féliciter les Nations unies à l'occasion de ce 80e anniversaire. Huit décennies de service infatigable pour la paix, le développement durable et la durabilité ont fait de cette organisation un phare d'espoir pour l'humanité. Nous réitérons dès lors notre foi dans le rôle central des Nations unies en tant que pilier du multilatéralisme, et nous réitérons notre engagement à continuer de marcher côte à côte afin que tous les peuples puissent vivre dans la paix, dans la justice et la prospérité. En cette occasion solennelle, je souhaite également remercier sincèrement tous nos partenaires de coopération avec qui Sao Tomé-et-Principe a l'honneur de collaborer, et je pense en particulier au soutien des Nations unies et de leurs agences diverses, dont les contributions ont joué un rôle pivot dans le renforcement des institutions et l'amélioration des conditions de vie du peuple de Sao Tomé. Notre gratitude s'adresse également à nos partenaires bilatéraux, multilatéraux et régionaux, dont la solidarité a permis à notre pays de relever les défis structurels et d'avancer sur la voie du progrès. Sao Tomé-et-Principe continuera de se faire entendre et de contribuer sur les questions d'ordre international. Nous serons l'avocat de la paix, de la justice, de l'égalité, du développement durable et d'un avenir prospère et commun, mettant en son cœur la personne et le bien de l'humanité. Ensemble, nous pouvons bâtir un monde où aucun enfant, aucun jeune, aucune femme ou aucune personne âgée n'aille se coucher le ventre vide ou ne subisse la violence, où personne ne craindra les changements climatiques et où tout un chacun pourra vivre dans la paix, la dignité et le bonheur. Je vous remercie.
Au nom de l'Assemblée, je tiens à remercier le Premier ministre et chef de gouvernement de la République démocratique de Sao Tomé-et-Principe, Je donne maintenant la parole à Son Excellence David Lammy, Lord Chancellor et secrétaire d'État à la Justice et vice-Premier ministre du Royaume-Uni.
Merci. Madame la Présidente, Excellences, chers collègues, chers amis. Sa Majesté le Roi, qui a été le témoin de l'action des Nations Unies tout au long de sa vie, m'a demandé de transmettre ici un message personnel de sa part, un message de félicitations à l'Organisation des Nations Unies à l'occasion de son 80e anniversaire. Les Nations Unies sont la preuve de notre détermination collective à faire naître un monde meilleur. Le Roi se souvient qu'à la veille de la première Assemblée générale des Nations unies, le grand-père de Sa Majesté a dit à des représentants rassemblés à Londres que jamais une réunion plus importante n'avait eu lieu. Des millions de personnes au Royaume-Uni, dans tout le Commonwealth et au sein de toute la communauté internationale, partagent le point de vue selon lequel les principes fondateurs des Nations unies et le travail de notre organisation restent essentiels, a fortiori lorsque le monde est confronté à de nouveaux défis. Nous devons réaffirmer ces principes alors que l'ONU s'efforce de réagir aux réalités d'aujourd'hui et de se préparer aux défis de demain. Chers amis, aujourd'hui, je voudrais moi aussi transmettre ce message, comme Sa Majesté, tout comme lui, je voudrais célébrer ce 80e anniversaire, le 80e anniversaire de cette institution fière. Ce faisant, nous devons aussi nous atteler aux défis de l'heure. Aujourd'hui, Au Royaume-Uni, nous ne voulons pas défendre le droit d'une nation en ignorant le droit d'une autre. Nous devons agir avec détermination en nous laissant guider par la Charte qui doit demeurer notre boussole. C'est pourquoi j'aimerais ici évoquer directement la tragédie israélo-palestinienne. Ce qui se produit à Gaza aujourd'hui est indéfendable, c'est inhumain, c'est absolument injustifiable et cela doit prendre fin maintenant. Le peuple palestinien, et nous sommes fiers d'avoir reconnu l'État du peuple palestinien cette semaine, et le peuple israélien mérite mieux. Mieux que les agissements abjects du Hamas le 7 octobre ayant fait des enfants orphelins, des parents privés de leurs enfants, mieux aussi que le tourment des familles des otages qui attendent dans le désespoir le retour de leurs êtres chers qui sont en captivité, mieux que le règne du Hamas, une organisation terroriste cruelle qui n'a pas sa place dans l'avenir de la région, mieux aussi que la famine catastrophique qui ravage Gaza, alors qu'Israël redouble d'intensité dans son opération militaire et déplace des familles palestiniennes encore, encore et encore. En réponse à ces horreurs, nous devons, nous n'avons pas d'autre choix, Nous engagez sur la voie d'une action diplomatique concertée pour faire vivre l'espoir de la paix, alors que nous travaillons avec les dirigeants de la région et au-delà. Pour appuyer les efforts des États-Unis afin de bâtir un consensus autour d'un plan durable pour la paix, nous applaudissons la dynamique qui a été mise en branle par les États-Unis, par des attar arabes et musulmans. Il faut prévenir l'annexion. Promouvoir un processus de paix. et mettre fin à cette guerre terrible. Il ne peut y avoir d'autre réponse que la libération des otages sans attendre, l'arrivée d'aide humanitaire sans attendre. Et je vous promets que nous n'aurons Jamais de répit ni de repos tant que cette réalité ne sera pas advenue, tant qu'il n'y aura pas deux États vivants côte à côte dans la paix et la sécurité. Chers amis, nous sommes aux côtés de la Palestine car nous croyons dans les valeurs de la Charte des Nations Unies, l'égalité de droit, l'autodétermination et la dignité de toutes les personnes et de tous les peuples. Nous sommes aux côtés de l'Ukraine car nous devons défendre les valeurs clés de la Charte des Nations Unies que sont la souveraineté, l'intégrité territoriale et le respect du droit international. Et parce que le monde paiera le prix si l'agression l'emporte, nous devons tous lutter Pour une paix juste en Ukraine, préservant l'intégrité de la Charte des Nations Unies, l'Ukraine doit pouvoir émerger de la guerre brutale livrée par la Russie comme État souverain, indépendant, en sécurité. Le président Zelensky a montré à chaque étape qu'il est attaché à une telle paix alors que le président Poutine faisait pleuvoir toujours plus de missiles et de drones sur la population ukrainienne. Notre message en direction de l'Ukraine est clair. Nous sommes à vos côtés aujourd'hui, nous serons à vos côtés demain et nous serons à vos côtés dans 100 ans. Nous sommes aussi solidaires du peuple du Soudan, car nous n'oublions jamais ces valeurs de la Charte des Nations Unies, les valeurs de droits humains, de quête de la paix pour toutes les femmes et tous les hommes. Au Soudan, nous sommes face à un conflit livré contre la population civile. Des millions de personnes déplacées, davantage encore confrontées à la famine. Alors même où je m'exprime, la ville d'El-Fasher, assiégée depuis longtemps, s'effondre. Sa population est victime d'atrocités indescriptibles. À El-Fasher et dans tout le Soudan, la communauté internationale doit de nouveau déployer des efforts pour parvenir à la paix et pour acheminer l'aide dont la population a désespérément besoin sans attendre. Sur tous ces fronts, la Charte des Nations Unies reste notre boussole. Nous agissons au nom de l'égalité de droits entre les hommes et les femmes et les nations grandes et petites. L'Organisation des Nations Unies et la réforme de l'Organisation des Nations Unies sont vitales. Nous avons besoin de l'ONU aujourd'hui plus que jamais pour faire face à ces tragédies et saisir l'occasion historique qui s'offre à nous, car nous vivons des temps de révélation. Une nouvelle frontière technologique se dessine à l'horizon. C'est une nouvelle ère de promesses, de potentiel qui s'offre à nous. Chers amis, vous savez que les personnes qui ont vécu la révolution industrielle ont vu de leurs yeux les premiers ponts de fer, les premières voies ferrées, les premières cheminées d'usine. Aujourd'hui, nous vivons l'époque de la révolution technologique. Nous avons vu l'avènement d'Internet. Nous avons vu les téléphones intelligents, les smartphones, arriver entre toutes les mains et maintenant nous sommes les témoins de l'arrivée de l'intelligence artificielle, une révolution technologique à la vitesse de l'éclair qu'on ne peut que comparer à la révolution industrielle, mais qui est comprimée en l'espace d'une décennie. C'est l'instant de vérité pour nous, pour nos institutions, pour notre capacité à œuvrer de concert. Je crois que nous devons agir. Ces horizons technologiques sont emplis de promesses. L'intelligence artificielle, c'est le levier le plus puissant que nous ayons pour promouvoir la vision d'avenir de la Charte, le progrès social, de meilleures conditions de vie. C'est pourquoi l'IA est au cœur des plans et des programmes de croissance de mon pays. Je crois que si nous embrassons l'intelligence artificielle, nous pouvons tous construire des entreprises plus performantes. Nous pouvons mieux lutter contre la criminalité. Prenez la corruption. En détectant la fraude en temps réel, nous pouvons réprimer les flux financiers illicites. C'est ce que nous voulons faire et nous voulons donner le la lors d'un sommet au Royaume-Uni l'année prochaine. Ce n'est pas sur le plan hypothétique que l'intelligence artificielle peut améliorer les vies, c'est déjà le cas. Un nouveau stéthoscope utilisant l'intelligence artificielle au Royaume-Uni peut détecter des troubles cardiaques importants en quelques secondes. On utilise aussi l'intelligence artificielle pour détecter les cancers du sein. Et grâce à l'intelligence artificielle, on peut trouver de nouvelles formules de médicaments. pour lutter là aussi contre le cancer. L'informatique quantique pourrait obtenir une intelligence artificielle de plus en plus puissante pour faire des progrès encore plus remarquables. C'est l'espoir de toute une génération. Nous devons avancer dans cette direction avec optimisme. Je crois dans cette promesse. Je crois dans les valeurs des Nations Unies. C'est la raison pour laquelle il faut maintenant partager cette promesse. Les investissements dans l'intelligence artificielle pleuvent, abondent, s'accompagnant d'une croissance de proportion historique. Cette promesse peut bénéficier à tous. Pour le moment, elle est encore concentrée dans un périmètre assez étroit. Mais elle a du potentiel. Cependant, il n'y a pas que du potentiel, car l'intelligence artificielle est utilisée aussi à des fins de répression, de désinformation. Elle est utilisée par des criminels, des États autoritaristes, notamment la Russie, manipule les grands modèles de langage. pour diffuser leur propagande dans le monde entier à travers la voix de chatbot. La criminalité organisée utilise l'intelligence artificielle pour duper leurs victimes à une échelle sans précédent. Voilà la réalité. L'intelligence artificielle peut être utilisée pour la liberté ou pour l'oppression, pour la vérité ou pour diffuser des mensonges. L'intelligence artificielle peut être utilisée pour servir le droit ou le crime. Il faut absolument mettre l'intelligence artificielle sur la bonne voie. Et ma question est donc la suivante: comment peut-on le plus efficacement possible partager les avantages liés à cette nouvelle ère au sein de toute la communauté internationale? Eh bien, voilà ce que nous devons faire. Nous devons investir et toujours investir, forger de nouveaux partenariats, encore et encore, car sans effort, concertée, nous risquons de voir advenir un monde où les inégalités seront encore plus creusées, où les avantages de ces nouvelles technologies n'arriveront pas aux personnes en ayant le plus besoin. La révolution dans le secteur des soins, dans le secteur de l'éducation, les nouvelles perspectives d'avenir, tout cela doit être partagé. Voilà le monde devant lequel nous nous trouvons aujourd'hui. Nous devons l'accepter comme il est et relever les défis. mais ne jamais perdre de vue le monde qui pourrait advenir. C'est notre approche en matière de politique étrangère, le réalisme progressif. Il faut avancer petit à petit en faisant preuve de pragmatisme et de persévérance. Je salue le Secrétaire général qui a lancé le nouveau pacte numérique, qui incarne lui aussi le progrès et le réalisme. Et je me félicite de la création d'un nouveau groupe de scientifiques sur l'intelligence artificielle qui proposera des évaluations concrètes fondées sur les preuves, sur les faits. Et je me félicite aussi du nouveau dialogue global sur la gouvernance de l'IA. Et c'est dans cet esprit, cet esprit de réalisme progressif, que le Royaume-Uni veut défendre l'IA comme un outil permettant de jeter des ponts d'une rive à l'autre de l'Atlantique, d'un bout à l'autre du Commonwealth, d'un continent à l'autre. pour partager partout son potentiel remarquable. C'est la raison pour laquelle nous avons investi tant dans l'Institut pour la sécurité de l'IA, avec plus de chercheurs consacrés à ces questions que n'importe où dans le monde. Et c'est la raison pour laquelle nous avons lancé Open Bound et ses bases de données gigantesques. C'est pourquoi aussi nous défendons l'IA pour le développement, une initiative avec dix partenaires africains visant à créer des écosystèmes d'IA pour autonomiser des milliers de communautés et les aider à atteindre les ODD. C'est aussi derrière notre programme Accès Numérique qui vise à combler le fossé numérique pour des millions de personnes. J'ai vu les résultats de mes propres yeux. En Afrique, j'ai vu, emplie d'émotions, sur le continent de mes ancêtres, que les jeunes entrepreneurs d'aujourd'hui utilisent l'IA pour lancer tant d'entreprises qui, je le sais, vont éberluer le monde. Comme cette entreprise qui utilise un programme et une application utilisant l'intelligence artificielle pour aider des jeunes gens aveugles à vivre avec plus d'autonomie au Nigeria. Voilà la promesse des nouvelles technologies, la promesse de la croissance, la promesse d'un monde meilleur. Mais pour que demain, l'avenir soit plus radieux, nous devons répondre à une question: peut-on saisir le potentiel de cette révolution technologique? Peut-on s'engager à faire de l'intelligence artificielle une force pour la liberté, la prospérité et la dignité humaine? Je crois qu'ensemble, nous le pouvons et nous le devons. Merci beaucoup.
Je remercie le Lord Chancelier et le secrétaire d'État à la Justice et vice-Premier ministre du Royaume-Uni. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Beate Meinl-Reisinger, ministre fédérale pour les Affaires internationales et les Affaires européennes d'Autriche. Madame.
La présidente, excellence, mesdames, messieurs, chers amis. Comme l'a dit le ministre autrichien des Affaires étrangères, c'est un honneur et une responsabilité auguste que de prendre la parole devant cette assemblée aujourd'hui. Néanmoins, je ne suis pas simplement ministre des Affaires étrangères. Directrice d'un parti, mais je suis aussi mère de 3 filles et lorsque je me demandais pourquoi je venais à New York pour participer à l'Assemblée générale, il m'est apparu clairement.
Que la réponse est la suivante, les valeurs des Nations unies sont les mêmes valeurs que mon mari et moi essayons d'inculquer à nos enfants, à savoir que le conflit et le différend peuvent être réglés par la médiation, que chaque être humain, quel que soit son origine, sa race, son sexe, mérite dignité et dispose des mêmes droits. Le fait que des règles doivent être suivies par tout le monde et que les grands problèmes ne peuvent être réglés qu'ensemble. Le fait aussi que chacun d'entre nous porte la responsabilité d'agir non seulement dans son intérêt propre, mais également que chacun est tenu d'œuvrer pour un avenir meilleur pour toutes et tous. Je suppose que tous les parents du monde ont en commun le souhait que leurs enfants grandissent avec la promesse d'un avenir plus radieux, en particulier aujourd'hui, en particulier à des moments charnières comme celui que nous traversons, et en particulier lorsque ces valeurs et ces règles simples sont menacées par l'irrespect. Madame la Présidente, Excellence, lorsque j'entendais ma fille, une adolescente, me parler, j'entendais, j'avais le sentiment que ce poids me pesait sur les épaules. Le poids de ce que l'avenir pour les enfants d'aujourd'hui ne semble pas plus radieux que le présent. Nous pouvons tous sentir les peurs fondamentales qui planent: la peur de la guerre et du conflit, la peur des changements climatiques, de la radicalisation, du fondamentalisme et du clivage de nos sociétés. Des fardeaux qui me pèsent en tant que mère, mais également en tant que dirigeante. Je crois que la promesse la plus puissante et la plus pertinente que pourraient faire les dirigeants, c'est de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à ce que notre avenir soit au moins un tant soit peu meilleur que le présent. Aujourd'hui, nous nous concentrons sur l'écart entre cette aspiration et la réalité dure que nous traversons, par exemple à Gaza, où la dévastation, la famine et le désespoir ont atteint des sommets. Pour l'Autriche, il est clair que l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre était abjecte et au-delà d'une brutalité que l'on pourrait décrire. Nous l'avons dit dès le premier jour et continuerons de le dire, le Hamas doit immédiatement et inconditionnellement libérer tous les otages, mettre fin à son règne à Gaza et déposer les armes. Mais dans le même temps, rien ne peut justifier la catastrophe humanitaire dévastatrice à laquelle nous assistons à Gaza. Les civils doivent être protégés en tout temps. Rien ne peut justifier la violation du droit international, y compris le droit international humanitaire. L'Autriche est, non seulement en raison de sa responsabilité historique, un ami du peuple d'Israël, mais les actions et décisions du gouvernement israélien me brise le cœur. Cette guerre doit prendre fin maintenant, les otages doivent être libérés et l'assistance humanitaire doit parvenir aux civils à Gaza qui souffrent dès que possible. Notre vision, la vision de l'Autriche, est évidente. Il s'agit d'une paix pérenne, globale et juste au Moyen-Orient. Deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité au sein des frontières reconnues. L'Autriche soutient la solution à deux États et pas uniquement en mots. Depuis des décennies, nous soutenons l'Autorité palestinienne. Cela pourra contribuer. Lorsque les conditions seront réunies et que nous pourrons avancer vers la paix, nous reconnaîtrons également la Palestine en tant qu'État. Nous reconnaissons la condamnation par le président Abbas des attaques du mois d'octobre, son appel à libérer les otages et sa volonté de désarmer le Hamas. Nous remercions tous ceux qui ont mis la main à la pâte pour mettre fin à cette guerre et contribuer à la paix et la stabilité de cette région. Ce sont des efforts au nom de la paix et l'Autriche fera en sorte de les concrétiser en réalité. Madame la Présidente, Excellence, nous Voyons également les fondements de la Charte remis en question en Ukraine, où la Russie a entamé une guerre d'agression illégale contre son voisin, une guerre brutale affichant un lourd coût humain. Depuis le début de la guerre, et en particulier depuis le mois de mars, de nombreuses initiatives ont été lancées pour mettre fin à cette guerre. L'Ukraine a à plusieurs reprises démontré sa volonté de paix. Mais au lieu de cela, la Russie continue ses attaques contre les villes, les villages, les écoles, les hôpitaux et les jardins d'enfants. La Russie va même aujourd'hui jusqu'à entrer sur le territoire de l'Union européenne et des pays européens. Nous appelons à mener des négociations honnêtes pour mettre fin à cette guerre. La Russie ne pas simplement parler de guerre durant la journée et bombarder pendant la nuit. Il est évident qu'il appartient à l'Ukraine et à l'Europe de décider de leur, de notre avenir commun et de notre architecture de sécurité. Mais l'Ukraine et Gaza ne sont pas seules. Au Soudan, les civils sont victimes de massacres, alors qu'une catastrophe humanitaire déferle à une échelle jamais vue. En Haïti, la violence des gangs et la criminalité organisée tiennent une nation entière en otage. En Afghanistan, les femmes et les filles se voient refuser leurs droits humains les plus fondamentaux. Sur fond d'insécurité à la hausse et de conflits armés, les pays aujourd'hui investissent grandement dans la sécurité et la défense, en Europe également et en Autriche également. Nous portons le devoir de protéger nos citoyens. C'est une nécessité puisque notre continent connaît sa plus grande guerre depuis 1945. Mais ne nous laissons pas duper. Le développement des arsenaux nucléaires ou les systèmes d'armes autonomes effrénés ne rendront pas notre monde plus sûr. Nous devons assurer la sécurité et la sûreté de nos populations, certes, mais nous ne pouvons pas abandonner le droit international humanitaire et nous devons interdire ces armes qui tuent aléatoirement. Excellence, aujourd'hui, nous constatons un mépris grandissant de la Charte des Nations unies elle-même. Une érosion de la confiance, un effritement du multilatéralisme. Les Nations Unies sont nées des cendres de la guerre et reposent sur la promesse du plus jamais. L'ONU est-elle toujours à la hauteur de cette promesse? L'ONU est-elle toujours à la hauteur de la tâche? Ce que nous faisons aujourd'hui a de l'importance. Nous ne pouvons pas abandonner nos ancêtres, nous ne pouvons pas abandonner nos populations, nous ne pouvons pas léser nos enfants. Nous devons dès lors disposer d'une communauté internationale active et d'une organisation active qui puisse fournir des résultats. L'Autriche souhaite jouer sa partition. Nous souhaitons participer à un dialogue franc, nouer des partenariats réels, restaurer la confiance érodée par les actions dangereuses d'un pays sans consulter les autres. Il est temps de rebâtir des partenariats, de reconstruire la confiance. Et c'est pourquoi l'Autriche a présenté sa candidature pour un siège au Conseil de sécurité. Nous comptons sur votre soutien lors des élections en juin prochain. Pourquoi devriez-vous nous soutenir? L'Autriche est un pays relativement petit et neutre sur le plan militaire. Nous sommes un pays hôte, fier et fiable d'un siège des Nations unies à Vienne et soutenons les efforts de réforme du secrétaire général. Nombre de négociations à Vienne se sont tenus, ont permis de résorber des écarts et de sauver des vies. Nous savons que les petits pays dépendent de l'État de droit, de la diplomatie, de la transparence et de l'inclusion. C'est pourquoi nous servirons l'ensemble de la communauté internationale si nous sommes élus. Nous sommes porte-drapeau du droit international, de la protection des civils, du désarmement et du maintien de la paix des Nations unies. Plus de 100 000 Autrichiens ont servi en tant que gardiens de la paix aux quatre coins du monde depuis les années 1960. Nous sommes un partenaire de développement fiable et apportons nos contributions afin de relever le défi considérable qu'est le changement climatique. Non, le déni ne nous aidera pas à nous adapter. Et c'est pourquoi l'Autriche a la fierté de coprésider le mécanisme de sécurité climatique cette année. Excellence, les peuples du monde, nos populations, les enfants de ce monde, dépendent de nous. Ils nous font confiance pour protéger la paix, la prospérité, la stabilité et des Nations Unies saines qui apportent des réponses aux défis de ce monde. Il y a 80 ans, nos prédécesseurs ont offert à ce monde une charte et la promesse d'un avenir meilleur. Alors, réitérons, renouvelons cette promesse et travaillons d'arrache-pied afin que l'avenir soit plus radieux que le présent. Je vous remercie.
Je remercie la ministre fédérale des Affaires européennes et internationales de l'Autriche. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Juan Ramón de la Fuente Ramírez, ministre des Affaires étrangères du Mexique.
Madame la Présidente, Excellence, le temps des femmes est venu. Et le Mexique l'a montré très clairement avec l'élection à une majorité écrasante de madame Claudia Sheinbaum Pardo, la première présidente de notre pays. C'est pour moi un honneur de participer à cette Assemblée en son nom et de faire résonner la voix d'un gouvernement qui consolide dans les faits la transformation de la vie publique au Mexique. Je viens d'un pays qui est né entre la sagesse, le courage et la dignité de ses peuples autochtones. Un pays à l'histoire politique féconde, jalonnée de héros et de héroïnes extraordinaires qui ont bâti un pays libre, indépendant et souverain. Et aujourd'hui, il faut maintenant le dire, un pays de plus en plus prospère. à la prospérité partagée. Le peuple mexicain est un peuple fraternel à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières. Il en a fait la preuve en tant que membre actif et responsable de la communauté des Nations Unies, en défendant toujours la dignité et les droits des individus et des nations éprises de paix, dans le plein respect de l'égalité souveraine de tous les États. Le moment historique que nous vivons au Mexique, sous la houlette de notre première femme présidente, plonge ses racines dans un mode de pensée que nous avons appelé l'humanisme mexicain. Le chemin que nous traçons depuis maintenant sept ans est clair et il a un but universel: consolider toute une société à travers la démocratie, la liberté, l'égalité et la prospérité partagée pour le bien de tous et avant tout des plus pauvres. L'axe principal de notre projet, c'est une vision de justice, la reconnaissance de la dignité de toutes les personnes et un développement social inclusif et sans discrimination. Ce projet vise à établir une division entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. Il vise à progresser vers l'exercice d'une économie morale qui vise la coopération avec des acteurs extérieurs sans accepter aucune forme de subordination. Nous ne renoncerons jamais à notre souveraineté nationale. Cette nouvelle façon de faire la politique a donné un rôle plus important à des acteurs qui autrefois avaient été négligés, relégués à la marge: les femmes, les filles, les peuples autochtones ou d'ascendance africaine, les jeunes, les personnes LGBT+ et les personnes âgées. Et les résultats sont là. L'ONU elle-même a reconnu que 13,5 millions de Mexicaines et Mexicains ont pu sortir de la pauvreté grâce à notre politique de justice dans le monde du travail et grâce à nos programmes sociaux. Les inégalités reculent. On construit la paix en endiguant la violence. Les peuples autochtones jouissent aujourd'hui de justice. Notre pays jouit de démocratie. Les libertés sont garanties, la pluralité et le droit à exprimer une opinion contraire sont respectés. La justice fait peau neuve et aujourd'hui, une personne autochtone préside la Cour suprême de justice. Nous avons lancé un programme de reforestation qui est le plus ambitieux au monde, avec 100 milliards d'arbres semés. Les jeunes et les enfants sont incorporés aux programmes sociaux, ils sont scolarisés. Les personnes âgées bénéficient d'une retraite universelle garantie et les femmes exercent le pouvoir. Voilà certains de nos atouts, certaines de nos réussites, grâce à cette quatrième transformation de la vie publique au Mexique. Il est approprié de décrire ici ces réussites à voix haute depuis cette tribune. Nous restons membres de la communauté internationale et à ce titre, les défis auxquels nous sommes confrontés sont énormes. La pauvreté persiste dans un monde où il existe pourtant des richesses exorbitantes. Il existe des pays qui consacrent davantage de ressources au service de leurs dettes qu'aux investissements dans le domaine de la santé ou de l'éducation. Et les dépenses consacrées aux armements ont crû pour atteindre le triple de l'économie mondiale. Le diagnostic est clair depuis longtemps. La course aux armements, la concentration immorale de la richesse entre quelques mains, les violations du droit international et des droits humains sont le combustible qui alimente les guerres et la violence. Le Mexique n'a pas oublié les leçons de l'histoire. Voilà 80 ans, nous avons contribué à créer l'Organisation des Nations Unies. Nous sommes convaincus, en effet, qu'en tant que nation, nous avons une obligation morale, à savoir contribuer à éviter le fléau que sont les guerres. Ce n'est pas un hasard si les buts et principes de la Charte des Nations Unies se retrouvent en grande partie dans les principes constitutionnels de notre politique étrangère: autodétermination des peuples, règlement pacifique des différends, interdiction du recours à la force ou de la menace du recours à la force, égalité juridique des États, coopération aux fins du développement et défense des droits humains. Je ne vais pas être exhaustif, mais j'aimerais, si vous me le permettez, partager avec vous des idées qui pourraient contribuer à mettre sur une meilleure voie la communauté internationale. Premièrement, le monde a besoin aujourd'hui d'une économie morale du bien-être. Nous devons mobiliser des coalitions régionales en faveur du bien-être, avec pour objectif de mettre en place une forme de coopération efficace pour le développement. Il faut assumer l'idée selon laquelle combattre la pauvreté, c'est l'investissement le plus intelligent sur le plan financier et social. Il nous faut bâtir une architecture financière internationale en nous basant sur des critères de bien-être collectif et un commerce reposant sur des règles claires, avec partage des bénéfices entre tous les peuples. Deuxièmement, la paix. doit être bâti du bas vers le haut. Pour garantir le bien-être, nous devons nous atteler aux causes structurelles de la violence. Souvent, le règlement des différends commence au sein des foyers. Il se poursuit dans les écoles, à travers un emploi digne, avec un salaire juste et des formes de sécurité sociale pour permettre l'inclusion de toutes et tous au sein du tissu social. La communauté internationale doit se pencher avec esprit critique et en réfléchissant de façon innovante aux possibilités des jeunes aujourd'hui, sur leurs perspectives. La communauté internationale doit également mettre un frein à la course aux armements, pas seulement les armes nucléaires. Je pense ici aussi au trafic illicite d'armes à feu et aux dépenses faramineuse consacrée aux armements, qui alimente en fait la pauvreté et exacerbe les conflits. Face à la prolifération des armes, il faut opposer la politique, la médiation, la diplomatie, le droit et le dialogue. L'Organisation des Nations Unies doit jouer un rôle bien plus actif dans la prévention et le règlement de ces conflits. Le multilatéralisme doit devenir de nouveau l'espace où l'on discute des controverses. Ce qui m'amène à une troisième idée. Il faut revendiquer l'importance du droit international ainsi que des droits humains. Si nous voulons véritablement éviter la prolifération de conflits qui ont des conséquences néfastes sur la vie et la dignité des personnes, nous devons respecter le droit international, en ce compris le droit international des droits de la personne et le droit international humanitaire. Que ce soit au Moyen-Orient, en Europe, en Afrique, en Amérique Latine, ou n'importe où sur notre planète, le tribut des guerres est intolérable. En outre, toute guerre risque d'entraîner une escalade encore plus redoutable, pouvant entraîner des conséquences profondément catastrophiques à l'échelle internationale. Les guerres à Gaza, en Ukraine ou n'importe où ailleurs doivent prendre fin dès maintenant. Jamais nous ne cesserons de lancer cet appel vibrant, un appel urgent au cessez-le-feu, pour toujours trouver une solution négociée avec la participation de tous les acteurs directement impliqués. Il ne peut y avoir de solution négociée si l'une des parties à un conflit est exclue. Le règlement de tout conflit doit être diplomatique, sans quoi on ne peut guère parler de règlement. Le Mexique ne cessera jamais d'appeler au règlement pacifique des différents et c'est la raison pour laquelle nous condamnons les sanctions et les bouclages commerciaux qui ne font que nuire au bien-être des peuples sans travailler en rien à la construction de régions de paix et de prospérité. Nous répétons ici sans ambages notre position historique en opposition au blocus dont est victime Cuba, et nous appelons à éliminer ce pays de la liste des États qui supposément appuient le terrorisme. Respecter le droit international, c'est une garantie de paix, c'est l'antidote à cette logique du pouvoir qui nuit aux nations les plus faibles. Comme le disait ce digne représentant des Amériques, Benito Juarez Garcia, "La raison et le droit, toujours, la force, jamais. Madame la Présidente, la lutte pour la justice repose sur une conviction, la conviction selon laquelle nous sommes toutes et tous égaux devant la loi. Nous devons nous respecter mutuellement, nous traiter en égaux, égaux en dignité et en droits. Le Mexique les droits humains, les libertés et la non-discrimination, chevillée au corps. Nous condamnons le classisme, le racisme et toute forme de discrimination, y compris la discrimination en raison de la diversité sexuelle ou de l'identité de genre. Et nous condamnons tout particulièrement la criminalisation des personnes qui, pour une raison ou pour une autre, ont dû quitter leur foyer et doivent migrer, que ce soit pour trouver refuge ou pour échapper à des conditions d'injustice ou de pauvreté. À nos yeux, les migrantes et les migrants sont des personnes titulaires de droits, des personnes qui s'occupent de leur famille, qui contribuent par la sueur de leur front à enrichir et consolider leur communauté d'accueil. Il faut comprendre le phénomène en profondeur Se pencher sur ces causes structurelles, c'est la seule façon de progresser vers un mécanisme de collaboration internationale et régionale pour progresser vers une mobilité qui soit plus sûre et ordonnée. Je le dis ici sans équivoque, le Mexique ne cessera jamais de veiller à la protection des Mexicaines et des Mexicains qui se trouvent à l'extérieur de notre pays et qui méritent tout notre appui et toute l'assistance nécessaire. Et dans ce cadre de justice et de défense de droits, nous voulons inscrire la lutte pour les femmes et pour l'égalité de genre, car malgré les avancées, les inégalités subsistent, tout comme la violence machiste aux quatre coins du monde, un phénomène qui prive de liberté les filles, les jeunes femmes et les femmes dans toute leur diversité. Alors que 30 ans ont passé depuis l'adoption de la Déclaration et du Plan d'action de Beijing, le diagnostic, tout comme la feuille de route, sont limpides. Nous invitons toutes les nations à se rallier à une mobilisation pour accélérer les progrès vers l'égalité de genre. Dans mon pays, nous avons changé les mentalités et ce changement a été intrinsèquement lié à la lutte pour l'égalité de genre. Aujourd'hui, au Mexique, nous jouissons de la parité au sein du pouvoir législatif comme judiciaire et les politiques publiques sont conçues à travers une perspective de genre stricte. C'est inscrit dans notre Constitution. Madame la Présidente. Alors que huit décennies ont passé depuis sa création, l'ONU doit reconnaître qu'elle est à la croisée des chemins. Elle ne peut se permettre de devenir caduque. Elle doit de nouveau s'imposer comme une institution qui contribue à contenir les guerres, à prévenir les pandémies, à bâtir des discours qui fassent naître des politiques publiques favorables à la dignité humaine. Nous pensons que l'ONU doit de nouveau revendiquer ses principes et ses objectifs, revenir à ses bases fondamentales, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales, le développement durable et la protection et promotion des droits humains. Il faut remettre sur la bonne voie ces objectifs. Tout doit tourner autour de cette mission, depuis l'exécution du budget jusqu'au réexamen des milliers de mandats que nous avons confiés au secrétariat, dont une bonne part n'ont plus beaucoup de valeur aujourd'hui. La légitimité de l'ONU dépendra à l'avenir de plus en plus de ses capacités de riposte aux défis redoutables auxquels le monde est confronté. Nous espérons que la prochaine Secrétaire générale, et nous espérons qu'il s'agira d'une femme et d'une femme de notre région, saura accélérer le processus de transformation que nous avons mis en marche. avec pour visée de garantir la paix et la justice, le bien-être et la liberté des personnes, le développement durable de notre planète et la prospérité partagée. Excellence, chers collègues, Madame la Présidente, au Mexique, l'heure des femmes est venue et ce changement nous est profitable. Et nous pensons qu'à l'ONU aussi, l'heure des femmes a sonné. Merci.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères du Mexique. Je donne maintenant la parole à Son Excellence monsieur Olivier Nungu Giré, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Rwanda.
Excellence Annalena Baerbock, présidente de la 80e Assemblée générale. Excellence Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Excellence, chefs de délégation, mesdames, messieurs, bonsoir. Qu'il me soit permis avant toute chose de féliciter Son Excellence Annalena Baerbock à l'occasion de son élection. à la présidence de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Je saisis cette occasion pour remercier Son Excellence Philémon Yang, président sortant, du travail abattu et de son service dévoué au multilatéralisme. Le Rwanda remercie le Secrétaire général, Antonio Guterres, de son rapport circonstancié sur les travaux des Nations unies en vue d'en améliorer l'efficacité. À cet égard, le Rwanda a manifesté officiellement son intérêt à accueillir des agences des Nations unies dans le cadre de notre engagement commun envers un système des Nations unies efficace sur le plan des coûts et décentralisé. Nous réitérons notre soutien travaux des Nations unies et du secrétaire général, en particulier à l'appui de la paix et de la sécurité, et notre engagement à progresser vers les objectifs de développement durable. Excellence, cette année, les Nations unies ont 80 ans. C'est un périple qui n'a pas été sans méandres. Réalités en mutation rapide, y compris le choc économique et les aspirations légitimes des régions à qui l'on a longtemps refusé une voix, nous poussent à nous adapter rapidement pour que les Nations unies soient à la hauteur de la tâche. C'est pourquoi le Rwanda soutient fermement les réformes, y compris et en particulier la réforme du Conseil de sécurité. La composition de cet organe ne reflète pas les réalités actuelles. L'Afrique est un continent fort de 1,2 milliard de personnes où la plupart des conflits figurant à l'ordre du jour du Conseil de sécurité se déroulent. Par conséquent, l'Afrique ne peut être exclue des membres permanents. Excellence, le pilier du développement aux Nations Unies demeure essentiel pour Faire progresser la paix, la prospérité et la dignité pour toutes et tous. Nous félicitons le système de développement des Nations unies et ses partenaires de leurs efforts infatigables à l'appui des pays afin de les aider à relever les défis urgents en matière de développement, à combattre la pauvreté. à. devenir résilient face au changement climatique et à concrétiser les ambitions du programme à l'horizon 2030. Le programme à l'horizon 2030 pour le développement durable incarne notre aspiration collective à bâtir un monde juste, inclusif et prospère où personne ne serait laissé pour compte. Le Rwanda reste pleinement engagé à le mettre pleinement en œuvre, conscient de ce que La connectivité, l'innovation et le développement inclusif sont des moteurs indispensables de progrès. En dépit des barrières qui jonchent le monde, telles que la menace existentielle des changements climatiques ou les inégalités technologiques qui se creusent, le Rwanda a adopté des mesures ambitieuses afin de mettre ses priorités nationales en phase avec les ODD. Ces efforts démontrent que le développement, la connectivité et la gouvernance environnementale peuvent avancer de pair. Néanmoins, la persistance de l'inégalité d'accès au financement, aux technologies et aux marchés menace de creuser l'écart entre ceux qui disposent de moyens et ceux qui en sont privés. Dans ce contexte, la solidarité entre les nations, par le biais de la coopération aux fins du développement, a contribué à résorber les écarts de développement. Néanmoins, nous pensons qu'il est temps de passer de l'aide au commerce, permettant ainsi aux pays en développement de devenir autonomes dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant. Excellence, Madame la Présidente, le Rwanda déplore la politisation de la coopération pour le développement utilisée par certains partenaires de développement pour des raisons politiques partisanes et pour leurs intérêts propres. Permettez-moi de rappeler que chaque nation est souveraine et ne peut être contrainte de choisir entre sécurité et développement. L'aide au développement doit servir d'outil aux fins de la solidarité et du progrès, et non pas d'arme de coercition. Excellence, l'histoire du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda nous a poussés à devenir des porte-drapeaux mondiaux d'un maintien de la paix qui place toujours les civils au premier rang. Nous avons rendu hommage aux hommes et femmes qui ont porté les casques bleus et qui ont payé le prix ultime au service de l'humanité. C'est un héritage qui est gravé dans l'histoire des Nations Unies. Mais le maintien de la paix ne peut être évalué qu'à la lumière de ces résultats. Pour le bien des millions de personnes qui ont les yeux rivés sur les Nations Unies pour assurer leur protection, nous devons garantir que le maintien de la paix reste à la hauteur de sa tâche. C'est pourquoi le Rwanda se fait faire de lance d'un maintien de la paix robuste, de la responsabilité de protéger et des principes de Kigali sur la protection des civils. Le Rwanda a lancer des appels au financement d'une paix pérenne aussi bien en Afrique qu'à l'échelle mondiale. Parmi les tournants que nous pouvons nommer, il y a la revitalisation du Fonds de l'Union africaine pour la paix, qui mobilise aujourd'hui plus de 400 millions de dollars. Il en découle directement que le Conseil de sécurité a décidé de financer trois quarts des opérations de paix de l'Union africaine pour la première fois. Au-delà des Nations unies, le Rwanda contribue à la aux opérations de maintien de la paix de manière bilatérale en République centrafricaine et au Mozambique. De grands progrès ont été enregistrés dans ces deux pays, s'agissant de la restauration de l'autorité de l'État, du renforcement des capacités des forces de sécurité locales et de la lutte contre le terrorisme. Excellence, je rappellerai que les Nations unies ont été créés pour prémunir les générations futures du fléau de la guerre. Néanmoins, 80 ans plus tard, les conflits continuent d'éclater sur chaque continent. Le Rwanda insiste sur le fait qu'une paix pérenne ne peut être établie par les voies militaires. Nous avons toujours préconisé qu'un dialogue honnête et de bonne foi est la voie à suivre pour parvenir à une paix mondiale. Néanmoins, le maintien de la paix à lui seul ne suffit pas. Trop souvent, nous déplorons une recrudescence des conflits parce que les causes profondes de ceux-ci n'ont pas été éliminées comme il se doit. La prévention, la médiation et une consolidation de la paix efficace doivent être nos premiers recours. C'est une leçon qui est d'autant plus évidente pour la région des Grands Lacs en Afrique. Le conflit actuel dans l'est de la RDC n'est pas nouveau. Il est ancré dans des décennies de mauvaise gouvernance, de marginalisation et de persécution de communautés minoritaires et d'une idéologie génocidaire, sans oublier un héritage colonial persistant. Le Rwanda estime que la paix dans l'est de la RDC relève du meilleur intérêt de tout le monde. Notre objectif a toujours été et demeurera la sécurité et le bien-être des Rwandais et des peuples de notre région. En juin de cette année, le Rwanda et la RDC ont signé un accord de paix à Washington. Cet accord offre un cadre global couvrant les aspects sécuritaire, politique et économique. C'est une réalisation rendue possible sous la houlette robuste de Son Excellence le président Donald Trump des États-Unis et de Son Altesse le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, émir de l'État du Qatar, dont la vision de paix et de prospérité dans notre région sont partagées par le Rwanda. Nous sommes conscients également du rôle vital joué par les initiatives pilotées par l'Afrique et notamment l'effort conjoint CAE-ADC soutenu par la médiation de l'Union africaine. Néanmoins, depuis la signature de cet accord de paix, le progrès a été lent. Bien que des réunions se tiennent à Washington pour mettre en œuvre l'accord de paix du mois de juin, la situation sur le terrain demeure préoccupante. La militarisation renouvelée par la RDC, conjuguée à sa collaboration continue avec des groupes armés génocidaires et faisant l'objet de sanctions, telles que les Forces démocratiques de la libération du Rwanda, soutenues par la RDC, ou encore les milices VDP et Wasalendo, sans oublier le déploiement de drones d'attaque et d'avions de combat contre les populations civiles, et en particulier les Banyamulenge et autres Tutsis congolais soulignent la gravité de cette crise. Cela va à l'encontre de l'esprit et de la lettre de l'accord de Washington. Qui plus est, la coalition est soutenue par des forces étrangères, y compris des mercenaires, ce qui viole clairement la convention de 1977 et la convention de 1989 contre le recours aux mercenaires. Le Rwanda condamne Ces rebondissements y appellent la RDC à rejeter la solution militaire ainsi qu'à mettre en œuvre de bonne foi la Cour de paix de Washington qui est une occasion au nord de mettre fin à ce conflit qui dure depuis bien trop longtemps. Excellence, depuis 1999, les Nations Unies. entretiennent une mission de maintien de la paix dotée d'un mandat robuste dans la République démocratique du Congo, la MONUSCO, afin d'aider à régler le conflit. Néanmoins, en dépit de ces efforts, la mission n'est pas parvenue à mettre fin à la prolifération des groupes armés, en particulier à éliminer les forces démocratiques de libération du Rwanda soutenues par la RDC. Au lieu de cela, la MONUSCO a fini par travailler aux côtés d'une coalition qui inclut les FDLR, ce qui va à contre-courant de plus de 20 résolutions du Conseil de sécurité appelant à neutraliser ce groupe. Il est urgent d'examiner la conformité, par le prisme juridique, du mandat de la Monusco. Nous Nous inquiétons particulièrement de l'émergence des milices FDP et Wasalendo, armées et soutenues par le gouvernement de la RDC, qui perpètrent des atteintes nombreuses. Leur brutalité, leurs méthodes et leur idéologie ressemblent de manière troublante aux milices génocidaires de 1994 au Rwanda. Une action robuste est nécessaire pour mettre fin à cette situation dangereuse avant qu'il ne soit trop tard. Excellence, les droits humains sont un pilier fondamental des Nations Unies. Le Rwanda est rené des cendres du génocide de 1994 en plaçant la dignité humaine, l'unité et la redevabilité au centre de notre gouvernance. Nous remercions les Nations Unies d'avoir proclamé la Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 contre les Tutsis, observé tous les ans le 7 avril. Nous remercions également le Secrétariat et les nombreux États membres qui ont installé des mémoriaux sur leurs terres. Un engagement donc à ne jamais oublier. Nous félicitons également le Tribunal pénal international pour le Rwanda ainsi que le mécanisme résiduel qui poursuivent les responsables du génocide. Néanmoins, le Rwanda est vivement préoccupé par la persistance de l'idéologie génocidaire et des crimes y associés dans l'est de la RDC, sous le regard de la communauté internationale et des Nations unies. Nous appelons la communauté internationale à ne pas fermer les yeux une fois encore. La prise pour cible, la persécution et le massacre de Tutsis congolais, y compris des communautés Banyamulenge, représentent des crimes contre l'humanité qui présentent tous les signes annonciateurs d'un génocide. Le génocide, en effet, suit un schéma et des étapes claires. Il ne s'agit pas d'un terme générique, il est défini par le droit international. Le génocide vise un groupe spécifique en raison de qui il est, avec l'intention de l'exterminer. Tout le cynisme du monde ne pourra pas réécrire la vérité, ou présenter les auteurs en victimes, ou les victimes en auteurs. Il s'agit là de comportements négationnistes qui souvent sont utilisés par les auteurs de ces crimes. Aucune revendication du gouvernement qui arme une milice génocidaire ne pourra changer les faits de l'histoire. Fournir des armes et financer un groupe qui s'est avéré génocidaire n'est rien d'autre que de la complicité. S'il y a des crimes perpétrés en RDC à des fins économiques, corruption, mauvaise gouvernance et détournement de fonds publics. Pour conclure, Excellence, le Rwanda, je le répète, est disposé à travailler aux côtés de tous les États membres pour veiller à ce que les Nations unies demeurent une force de la paix, de la justice et du développement durable. Bien que les défis et les solutions pour le multilatéralisme soient évidents, c'est la volonté politique qui, aujourd'hui, doit nous permettre de faire des Nations unies une organisation à la hauteur de la tâche. Ensemble, nous devons bâtir une organisation capable de satisfaire les besoins de milliards de personnes à travers le monde, de combattre les abus des droits humains, de combattre les changements climatiques et de réagir dans un monde de plus en plus interconnecté en faveur des générations à venir. Je vous remercie.
Je remercie les ministres des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Rwanda. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, madame Maria Gabriela Sommerfeld Ruzero, ministre des Affaires étrangères et de la Mobilité humaine de l'Équateur.
Madame la Présidente, Alors que 80 ans ont passé depuis l'adoption de la Charte des Nations Unies, c'est pour mon pays un honneur de nous engager de nouveau en faveur de cette organisation, en tant qu'État fondateur, l'organisation qui est née comme espoir de paix, après les ruines de la Deuxième Guerre mondiale, est devenu le projet le plus ambitieux en matière de coopération internationale de toute l'histoire. Un ensemble de normes, d'institutions, de principes, de buts, de valeurs universelles visant à protéger la dignité humaine, à prévenir la violence et à permettre le développement. Voilà huit décennies, les États ont décidé de choisir la voie de la coopération plutôt que de la discorde, de la paix plutôt que de la guerre. Ma présence ici me donne la possibilité de répéter, devant la communauté internationale, que l'Équateur continuera d'accorder la priorité à la collaboration entre États. Ce n'est en effet qu'en travaillant de concert que nous pourrons faire advenir un avenir de paix, de sécurité et de prospérité pour nos peuples. À cette fin, la politique étrangère de l'Équateur appuie le multilatéralisme. C'est le modèle qui rend possible la coopération internationale pour relever les défis mondiaux et atteindre nos objectifs communs. Madame la Présidente, le multilatéralisme doit faire peau neuve pour réagir aux demandes actuelles des peuples et confronter les nouvelles menaces. L'Équateur affirme que le concept de paix et de sécurité internationale doit être amplifié. et englobait également la lutte contre la criminalité transnationale organisée. Ce phénomène sape la gouvernance, alimente la corruption, perpétue la violence, mine les perspectives de progrès. De fait, ses conséquences sont similaires à celles des conflits armés traditionnels, tant sur le plan économique que politique et social. Nous ne parlons pas ici de gangs locaux, mais de réseaux, de chaînes logistiques internationales qui exportent des milliers de tonnes de drogues, exploitent les activités minières illégales, se livrent au trafic d'armes, de personnes et même d'organes humains. Face à l'émergence de nombreux actes de violence et de narcoterrorisme, le gouvernement de l'Équateur a reconnu en janvier 2024 qu'il était face à un conflit armé non international et il a désigné plusieurs de ces groupes comme groupes terroristes. Nous avons déployé des efforts colossaux et des ressources impressionnantes pour préserver la sécurité et faire passer en premier nos citoyens. Nous continuons de le faire en lançant des programmes visant la prévention de la violence juvénile, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants et d'adolescents. Parallèlement, nous lançons des politiques publiques pour attirer les investissements et créer de l'emploi afin de garantir une sécurité durable. Je voudrais insister sur le fait que l'Équateur, contre sa volonté, simplement en raison de sa proximité vis-à-vis des principaux producteurs de cocaïne au monde, se trouve en première ligne dans ce combat contre la criminalité transnationale organisée. C'est une guerre existentielle que nous livrons contre le narcoterrorisme. Nous avons enregistré des victoires dans cette lutte contre la criminalité transnationale organisée et le narcoterrorisme. En 2024, nous avons saisi 295 tonnes de drogues illicites. Nous avons décidé aussi de nous tourner vers des pays amis pour bénéficier de leur appui dans différents domaines dans cette confrontation, par exemple avec des opérations militaires conjointes potentielles, dans le plein respect du cadre constitutionnel. Le gouvernement équatorien a lancé un débat national et démocratique sur le sujet des bases militaires étrangères. à travers une consultation populaire qui devrait avoir lieu en novembre de cette année. Ce que nous voulons, c'est proposer des points stratégiques qui pourront servir à contrôler et surveiller les activités criminelles, et ce, au bénéfice de la paix et de la sécurité internationales. Cette consultation populaire s'accompagnera d'un appel à convoquer une assemblée constitutive, dont l'objectif sera de nous doter d'une nouvelle Carta Magna pour contribuer à venir à bout du narcoterrorisme et nous permettre d'avancer inexorablement vers la paix et la prospérité sociale. Madame la Présidente, à l'échelle régionale, nous avons lancé la création d'un plan d'action efficace, la riposte stratégique et opportune de la Communauté andine au phénomène du trafic illicite de drogue et de la criminalité transnationale organisée. Au niveau multilatéral, nous avons mené à bien plusieurs initiatives. Nous avons présidé notamment la communauté d'Amérique latine sur la sécurité et le renseignement, qui a promu la mise à jour des plans d'action opérationnels de l'organisation du Sommet d'Amérique latine de la sécurité, en consolidant des partenariats stratégiques avec l'Union européenne et AmériPol. La criminalité transnationale organisée et le narcoterrorisme sont des fléaux mondiaux qui se jouent des frontières. Face à ces défis, aucun pays ne saurait agir seul. Il est donc crucial d'agir la main dans la main, de passer des accords de coopération avec des pays comme des organismes internationaux. Cela doit passer notamment par une assistance financière et une assistance technologique. Madame la Présidente, au fil de ces huit décennies d'existence, l'Organisation des Nations Unies a montré que la paix pérenne ne peut être construite que sur des bases solides: la sécurité, le développement et les droits humains. Ces trois piliers, qui sont interdépendants et indivisibles, représentent les fondements de l'ordre international et du multilatéralisme. qui exhibe aujourd'hui des failles de taille qui compromettent sa stabilité. De fait, le multilatéralisme aujourd'hui est remis en question et on peut le comprendre car il ne nous a pas permis de faire face aux conflits et de relever les défis contemporains avec efficacité. Mon pays appelle à mettre en place un multilatéralisme plus innovant, inclusif et représentatif, tenant compte des réalités des différents pays, notamment des pays en développement. un multilatéralisme à même de promouvoir l'égalité entre femmes et hommes, et qui fasse place, enfin, aux jeunes dans les espaces de prise de décision. Il est indispensable de consolider le respect des principes fondamentaux du droit international inscrits dans la Charte des Nations Unies, qui est le socle de cette Organisation. Pour garantir la robustesse de la Charte, nous devons en respecter la lettre comme l'esprit. Si nous tournons le dos à la Charte, alors nous reviendrons en arrière à une époque où la seule source de droit était la force. Nous devons donc la réformer, la mettre à jour pour qu'elle nous permette de relever les défis d'aujourd'hui au niveau international, précisément pour consolider les principes qui y sont inscrits. En un mot, commençant, cette institution est appelée à accompagner l'évolution de l'être humain et de la planète, en tenant compte des changements technologiques et des nouveaux phénomènes qui se dessinent. Madame la Présidente, la mobilité humaine représente l'un des défis les plus complexes de notre époque. Mon pays est un pays d'origine, de transit, de destination et de refuge des migrants, et nous disons de nouveau notre engagement en faveur de migrations sûres, ordonnées et régulières. Nous sommes convaincus que la bonne gestion des migrations contribue au développement durable. L'Équateur condamne avec la dernière énergie une mobilité humaine qui serait irrégulière, non sûre, désordonnée. Ces migrations-là, en fait, servent les intérêts de groupes de criminels organisés, parfois transnationaux. Les technologies émergentes, et notamment l'intelligence artificielle, nous donnent des occasions nouvelles à saisir pour nourrir le progrès humain, mais s'accompagnent aussi de risques de taille pour la sécurité, l'équité et les droits humains. Aux yeux de l'Équateur, il est indispensable de progresser vers une gouvernance multilatérale et éthique de ces nouveaux outils, pour garantir un accès inclusif aux nouvelles technologies, éviter que se creusent de nouveaux fossés numériques et garantir l'utilisation de ces nouveaux outils en faveur du bien commun. Les changements climatiques et la perte de biodiversité menacent notre stabilité et notre développement. L'Équateur est un pays à la biodiversité remarquable et, à ce titre, nous demandons davantage de financements pour l'action environnementale, des transferts de technologies et un appui international pour la préservation d'écosystèmes qui sont uniques, comme l'Amazonie, les îles Galapagos, qui sont des trésors pour toute l'humanité. Le financement du développement est un autre des grands défis de notre époque. L'architecture financière internationale doit pouvoir répondre aux besoins des pays en développement. notamment des pays qui sont classés comme aux revenus intermédiaires élevés. Utiliser exclusivement le PIB par tête comme critère n'est pas une façon de refléter de façon fidèle la réalité que nous vivons. Cela ne correspond pas aux vulnérabilités que nous connaissons. Il nous faut des indicateurs plus complets. tenant compte de la pauvreté multidimensionnelle, des inégalités structurelles et de la résilience climatique, pour que l'accès aux ressources dans des conditions préférentielles et l'accès à la coopération internationale ne soient pas biaisés injustement. Nous sommes favorables à l'utilisation d'instruments financiers durables comme les obligations vertes ou thématiques, et nous voulons promouvoir la création de nouveaux modes de financement. Madame la Présidente, chers jeunes, de l'Équateur et du monde entier. Je suis fière de représenter un peuple jeune. La population de l'Équateur se chiffre à plus de 18 millions d'habitants et les jeunes représentent environ 40 % de cette population. Le gouvernement équatorien et le président Daniel Noboa travaillent à donner à tous ces jeunes de nouvelles perspectives d'avenir. L'heure des jeunes a sonné, si nous leur donnons la possibilité d'exploiter leur potentiel, nous pourrons améliorer la vie de l'ensemble de nos citoyens. Les effets d'une telle action sont positifs. On enclencherait un cercle vertueux. Pour nous, les jeunes représentent la priorité des priorités. Et les jeunes considèrent que ce nouvel Équateur est un pays d'opportunités, de progrès, un pays fermement engagé en faveur de la lutte contre la corruption et de l'impunité. décidé à abandonner la vieille façon de faire la politique, les luttes idéologiques sans importance qui perpétuent un statu quo non durable, qui ne favorise qu'une poignée d'individus. Le nouvel Équateur, lui, avance vers la stabilité, animé d'un sens des responsabilités, animé d'ambition aussi, pour réaliser une transformation productive, sociale, institutionnelle, vers un nouveau chapitre dans son modèle de développement. Il veut notamment diversifier son bouquet énergétique et diversifier sa matrice productive. La scène internationale sur le plan économique est de plus en plus complexe, caractérisée par la volatilité sur les marchés, les tensions géopolitiques, les incertitudes dans les chaînes d'approvisionnement et des changements technologiques très rapides. Cette situation exige de nous que nous sachions nous adapter de façon souple, sans attendre. Nous voulons faire naître un environnement économique compétitif, donner des perspectives d'avenir aux entreprises et proposer des conditions attrayantes aux investisseurs étrangers. Plusieurs facteurs sont favorables aux investissements et aux affaires dans notre pays. Tout d'abord, nos ressources naturelles très vastes, notre emplacement stratégique dans l'Amérique du Sud, la stabilité de notre économie, avec comme monnaie nationale le dollar des États-Unis et notre condition de pays méga divers au patrimoine culturel riche. L'indicateur de risque associé à notre pays continue de diminuer. Hier, il en était à 701 points à la fermeture des marchés. C'est le niveau le plus bas depuis des années. Notre économie a enregistré une croissance de 3,9 % pendant le premier semestre 2025. On prévoit que la croissance se chiffrera autour de 5% pour le second semestre. Comme sur le plan de la sécurité, sur le plan de l'économie, nous enregistrons une amélioration de la situation malgré les difficultés que nous connaissons. En date de juillet 2025, nous avions enregistré une hausse de 38,6%.
de l'emploi digne. En d'autres termes, aujourd'hui, 282 000 Équatoriennes et Équatoriens de plus ont un emploi digne par rapport à la même période en 2024. C'est un changement de 3,7 % si l'on compare à juillet 2024. Ces réussites sont liées aussi aux lois présentés par le président et son gouvernement à l'Assemblée nationale. Des textes de loi qui visent à protéger la paix, la transparence, à permettre la lutte contre le terrorisme et la criminalité, ainsi qu'à créer de l'emploi et permettre la stabilité économique, sans oublier la création de programmes sociaux et de perspectives de développement. Madame la Présidente, le 80e anniversaire de l'Organisation des Nations unies est un tournant. Nous vivons une occasion historique. Et je vous invite à cette occasion à forger un projet d'avenir innovant, comparable à celui de 1945, pour renouveler et consolider cette institution en la fondant sur un modèle éthique de démocratie, en l'adaptant aux réalités contemporaines. Les phénomènes internationaux auxquels nous nous heurtons, comme la criminalité transnationale organisée, le trafic de stupéfiants, les migrations et les changements climatiques, exigent davantage de multilatéralisme, davantage de coopération, davantage d'initiatives collectives. L'Équateur dit de nouveau sa détermination à défendre la paix et la sécurité, les droits humains et le développement. Merci beaucoup.
Je remercie la ministre des Affaires étrangères et de la Mobilité humaine de l'Équateur. Je donne maintenant la parole à Son Excellence, madame Maria Malmer Stenegaard, ministre des Affaires étrangères de la Suède. Je remercie.
Monsieur le Président, Excellence, il y a 80 ans, les nations se sont rassemblées. Il s'agissait d'un acte de foi ambitieux, foi dans le multilatéralisme, l'État de droit et la responsabilité commune de préserver les générations futures de la dévastation de la guerre. Mais alors que nous sommes ici rassemblés, le monde et notre organisation, l'Organisation des Nations unies, risquent d'échouer. Les dirigeants de diverses nations choisissent le conflit plutôt que la coopération. De par le monde, nous assistons à des violations graves des règles et principes auxquels nous avons tous et toutes souscrit. Pour beaucoup, trop même, la paix est fragile, la justice est abstraite et la dignité leur est refusée. Voilà tant de potentiel gâché. L'ONU a été fondée pour endiguer l'agression et l'exercice arbitraire du pouvoir par les forts contre les faibles. Cette vision est tout autant pertinente aujourd'hui qu'à l'époque. Monsieur le Président, il n'y a pas que l'ONU qui a 80 ans cette année. Voilà également 80 ans qu'Astrid Lindgren a publié son premier livre sur la fille la plus forte du monde, **** Brin d'acier. une jeune fille pleine de volonté qui croyait dur comme fer que tout était possible. **** a inspiré des générations d'enfants et en particulier de jeunes filles et les a poussées à croire que la force et l'indépendance ne pouvaient être contraintes par les attentes et les traditions. Je n'ai jamais essayé cela auparavant, donc je devrais pouvoir le faire. Ce n'est pas une citation directe, mais cela reprend bien l'esprit de ****. Alors, Utilisons la coïncidence de ces anniversaires pour nous rappeler que, même face à des défis inédits, nous devons aborder l'impossible avec audace et résolution. Monsieur le Président, la Suède est un fervent défenseur du droit international humanitaire, des principes qui préservent la dignité humaine, même dans les temps les plus sombres, et qui doivent être appliqués sans exception. Nous ne pouvons pas nous laisser dissuader par le mépris de quelques États pour notre Charte. Il est temps pour nous d'agir et de défendre ces règles et principes fondamentaux, pour nous et les générations futures. Il nous faut une ONU efficace qui défende les droits de chaque État, petit ou grand, à préserver sa souveraineté, son intégrité territoriale et son indépendance politique. Il nous faut une ONU forte qui aide les États membres à honorer leurs engagements, à respecter, protéger et promouvoir les droits humains de chacun. Et il nous faut une ONU ciblée, une ONU qui soit conforme à son cœur battant, à savoir garantir la paix, promouvoir les droits humains et Alimenter le développement durable, sans oublier l'apport d'une assistance humanitaire, Monsieur le Président, en tant que partenaire indéfectible et grand contributeur des Nations unies, la Suède reste attachée à faire face aux défis en matière de développement mondial et à participer aux efforts humanitaires pour apporter protection et assistance vitale. La Suède est également un fervent partisan. des efforts de maintien de la paix et de consolidation de la paix. Nous prenons une part active à la Commission de consolidation de la paix, nous présidons la configuration Liberia et nous avons grandement contribué au Fonds pour la consolidation de la paix depuis sa création. Le Conseil de sécurité doit évoluer pour mieux refléter les réalités d'aujourd'hui. La Suède soutient un élargissement équilibré du Conseil de sécurité en ajoutant des sièges permanents et non permanents, y compris pour les pays africains. Il nous faut agir ensemble sur la base de nos principes communs et nos objectifs communs. Cela inclut notamment nos engagements au titre du pacte pour l'avenir adopté l'année dernière. À l'avenir, nous souhaiterons un candidat ou une candidate pour devenir secrétaire général qui ouvrira la voie Et forme essentielle. Je vais être clair, le choix de la Suède est toujours fondé sur le mérite. Mais n'est-il pas étrange que. En 80 ans, aucune femme n'ait été élue, en particulier si cet choix, si ce choix se fait sur la base du mérite. Monsieur le Président, dans un monde où les conflits armés se multiplient, nous ne pouvons pas permettre à l'injustice de rester impunie. La reddition des comptes est essentielle pour assurer un ordre international fondé sur les règles, l'intégrité, l'indépendance et l'impartialité. de notre système juridique international, y compris de la Cour pénale internationale et de la Cour internationale de justice, doivent être protégés. Lorsque je pense à la reddition des comptes, je pense à la petite Angelina. Vous avez probablement vu une photo d'elle célébrant son anniversaire aux côtés d'un grand ours en peluche. Elle n'a jamais pu célébrer son troisième anniversaire. Elle est née pendant la guerre menée par la Russie et a succombé à un missile russe. La petite Angelina et sa mère ont été tuées dans l'une des attaques les plus meurtrières de la Russie à Kiev en Ukraine en août de l'année dernière. Ce qui a pu être sauvé des décombres, c'est l'ours en peluche. La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine est une violation patente des fondements mêmes de cette organisation. Un membre permanent du Conseil de sécurité a envahi brutalement un autre État membre des Nations Unies. Nous ne pouvons le tolérer. Tenir comptable la Russie est essentiel pour que nous puissions toutes et tous dissuader de toute agression future et préserver l'ordre mondial. Dès le départ, l'Ukraine a aspiré à une paix juste et pérenne reposant sur le droit international, y compris la Charte des Nations Unies. La Suède reste inébranlable dans le soutien qu'elle apporte à la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Monsieur le Président, le 7 octobre 2023, le Hamas a perpétré le plus grand massacre de masse de juifs depuis l'Holocauste. Hommes, femmes et enfants ont été assassinés brutalement et kidnappés par les terroristes du Hamas. Lorsque la musique s'est éteinte au festival Nova, Les vies de jeunes épris de paix aussi se sont éteintes. Ces jeunes ont été violés, tués, pris en otage. Cela nous a rappelé avec violence à quel point le monde peut être sombre. Les otages qui sont détenus dans des conditions catastrophiques par le Hamas doivent être relâchés immédiatement. Et le Hamas ne peut plus jamais avoir de place dans la gouvernance de la Palestine. La guerre à Gaza a infligé des souffrances inimaginables. Chaque jour, nous nous voyons rappeler le désespoir qui règne à Gaza. L'offensive contre la ville de Gaza s'aggrave et exacerbe une situation déjà catastrophique. zones de Gaza sont maintenant en proie à la famine et cela ne peut continuer. Israël a le droit de se défendre, mais cela doit se faire conformément au droit international et la manière dont le gouvernement israélien mène cette guerre est inacceptable. L'ONU et les acteurs humanitaires doivent pouvoir travailler en toute sécurité dans toutes les zones de Gaza. L'espace humanitaire doit être protégé et l'aide ne peut jamais être politisée. Accroître la pression sur le gouvernement israélien pour changer Sa politique et pour que celui-ci s'acquitte de ses obligations conformément au droit international est nécessaire de toute urgence. La Suède salue les efforts internationaux visant à apporter une solution pacifique au conflit israélo-palestinien. Cela relève de l'intérêt de tous les États, non seulement de mettre fin à cette guerre, mais également de garantir une solution à deux États pérenne. pour un avenir plus radieux pour toutes et tous, aussi bien les Israéliens que les Palestiniens. Monsieur le Président, la situation au Soudan nous préoccupe particulièrement. C'est la plus grande crise humanitaire du monde et elle ne reçoit pas suffisamment d'attention. Un accès humanitaire plein, sûr et sans entrave, ainsi qu'un cessez-le-feu immédiat et des négociations garantissant le retour d'un gouvernement civil sont nécessaires. Les conflits de par le monde gâche le potentiel humain. Chaque conflit détruit des familles, détruit l'éducation et réduit les voix au silence. Et ce coût est incommensurable. Monsieur le Président, les régimes autoritaires remettent en question la démocratie, l'État de droit et l'égalité de genre. Malheureusement, la résistance contre les droits des femmes et des filles est à la hausse. La Suède a l'honneur de présider le Conseil exécutif de l'UNFAM cette année. L'égalité de genre est trop souvent considéré comme un problème de femmes. Ce qui est erroné, l'égalité n'est pas simplement une valeur à laquelle nous devons aspirer, c'est également un moteur de progrès. Consolider les droits des femmes et des filles n'est pas simplement la chose juste à faire, c'est également la chose intelligente à faire, parce que nous savons que lorsque les femmes prospèrent, les sociétés prospèrent. L'égalité d'accès à l'éducation, au travail et aux ressources transforme des communautés. Des femmes autonomisées sur le plan économique investissent davantage dans leur famille, ce qui génère une meilleure santé, une meilleure éducation et une meilleure qualité de vie pour les générations à venir. Les sociétés qui incluent les femmes dans la consolidation de la paix sont plus susceptibles de jouir d'une paix pérenne. Nous devons nous opposer fermement à ceux et celles qui souhaitent repousser les libertés. Nous devons repousser ceux qui repoussent. Chacun a le droit de vivre dans la sécurité et librement, quel que soit son genre, sa religion, ses croyances, la couleur de sa peau ou la ou les personnes aimées. la Suède défendra toujours l'égalité de droits et la dignité de chaque être humain. Monsieur le Président, les crises de notre époque que sont les conflits armés, le changement climatique et l'extrême pauvreté exigent une action collective de toute urgence. Mais l'aide publique seule ne suffit pas. Pour parvenir à nos objectifs, nous devons mobiliser des financements auprès de toutes les sources, notamment Parmi les capitaux privés, nous devons faire fond sur les synergies entre coopération pour le développement et commerce pour satisfaire le besoin grandissant et paver la voie vers la croissance économique et l'entrepreneuriat. Les transitions vertes et numériques offrent des possibilités d'emploi, de croissance et des solutions pour faire face au changement climatique et atteindre les objectifs de l'accord de Paris. Les technologies émergentes telles que l'IA recèlent une promesse immense permettant de relever certains des défis les plus brûlants. La communauté mondiale doit soutenir l'innovation tout en combattant les risques. Monsieur le Président, l'ONU n'a pas été créée pour emmener l'humanité au paradis, mais pour préserver l'humanité de l'enfer. Ce sont là les mots du deuxième secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjöld, des mots qui restent tout aussi valables aujourd'hui. Nous traversons une période difficile, mais Nous avons traversé d'autres périodes de turbulences par le passé, alors ne cédons pas au désespoir. La plupart des nations continuent d'être en faveur des principes fondamentaux convenus il y a plus de 80 ans. Nous ne devons pas laisser cet anniversaire être l'anniversaire d'un souvenir. Alors voyons-y un appel à l'action et accueillons l'esprit de **** Brindacier. Avançons sans crainte et avec conviction. Ensemble, nous devons agir pour nous et pour les générations futures. Alors léguons-leur un monde plus libre, plus juste. Pour mon fils Christian et ma fille Kaïssa, pour nos fils et nos filles qui méritent de grandir dans un monde où leur voix ne sera pas contrainte par leur genre, leurs traditions ou la violence. Nous ne pouvons pas gâcher ce potentiel. Nous ne pouvons pas les abandonner. Je vous remercie.
Je remercie la ministre des Affaires étrangères de la Suède. Je donne à présent la parole à Son Excellence monsieur Lejeune Belambela, ministre des Relations extérieures du Cameroun.
Madame la Présidente, l'honneur me choisit de prononcer cette déclaration que Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun, Chef de l'État, m'a instruit de délivrer en son nom. Permettez-moi donc, à ce titre, de vous renouveler les chaleureuses félicitations du Cameroun suite à votre élection à la présidence de la 80e session de l'Assemblée générale de notre organisation. Votre expérience diplomatique et votre vision, qui nous encouragent à unir nos efforts pour un avenir meilleur, sont des gages de succès à la fois de votre mandat et de nos délibérations tout au long de cette session. Vous pouvez compter à cet égard sur la coopération pleine et entière de la délégation du Cameroun. Comme vous le savez, mon pays a été honoré de voir votre prédécesseur, l'ambassadeur Finimé Niam, présider la 79e session de l'Assemblée générale. Je voudrais saluer ici l'engagement le professionnalisme et la détermination empreints d'insistance et d'écoute et de dialogue dont il a fait preuve dans l'accomplissement de son mandat. Qu'il me soit aussi permis de réitérer à M. António Guterres, secrétaire général des Nations unies, l'appréciation sincère du Cameroun pour ses efforts inlassables à la tête de notre organisation et sa volonté manifeste pour la consolidation du multilatéralisme dans un contexte international particulièrement difficile et complexe. Madame la Présidente, Excellences, Mesdames, Messieurs, Monsieur le Secrétaire général, distingués représentants, nous nous réunissons cette année à un moment charnière de notre organisation qui célèbre ses 80 ans. La célébration d'un anniversaire est toujours l'objet de joie, mais force est de reconnaître que la célébration actuelle nous laisse plutôt interrogateurs. Aussi, l'occasion nous est-elle donnée de faire son bilan et de réfléchir sur les voies et moyens de la rendre davantage efficace dans la mise en œuvre de sa mission, des recommandations et des promesses contenues dans sa charte. Vous avez proposé à cet égard, madame la présidente, la mutualisation de nos volontés, de nos efforts et de nos ressources. Vous estimez, à juste titre, que nous sommes meilleurs ensemble. Le Cameroun partage cette vision et se félicite du choix du thème pour nos discussions. Je cite: « Mieux vivre ensemble, 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits de l'homme ». Fin de citation. Ce thème est plus qu'un slogan. Il s'agit là d'un programme pertinent que nous nous devons de déployer. au niveau des États et de la communauté internationale dans son ensemble, en actions concrètes. L'union de nos forces est le fondement même de la Charte des Nations Unies. Ses pères fondateurs étaient conscients de ce que maintenir la paix et la sécurité internationales favoriser le développement économique et social pour tous ne pouvait être que le fruit d'un travail collectif. C'est pourquoi nous devons maintenir cette dynamique pour le bien-être de nos populations. Madame la Présidente, l'ONU a été créée pour être à la fois un vecteur d'espoir un forum de dialogue et un catalyseur d'actions concrètes pour bâtir un monde plus juste, plus sûr et plus solidaire. 80 ans plus tard, il est utile, comme je venais de le souligner plus haut, de faire un bilan et d'en tirer des enseignements pour l'avenir. La question qui après se pose à ce sujet: y sommes-nous parvenus? Avons-nous réussi à mettre nos peuples à l'abri de la paix et de la guerre? Avons-nous réussi à mettre nos pays à l'abri de l'incertitude pour leur avenir? Avons-nous réussi à mettre nos pays à l'abris contre la famine? La situation internationale actuelle, caractérisée par de nombreuses crises, nous offre une réponse négative et éloquentes à ces questions. En effet, en 2025, l'environnement sécuritaire mondial reste malheureusement marqué par une multiplication de conflits et de menaces en tout genre. contre la sécurité humaine, y compris la menace nucléaire qu'on pensait d'un autre temps. Que ce soit en Europe, en Asie centrale, au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique, les foyers de tension naissent ou persistent et mettent en péril, plus que par le passé, la paix, la stabilité et la sécurité internationales. Les conflits armés actuellement en cours dans le monde sont un douloureux rappel de ce que, 80 ans plus tard, nous n'avons ni pu ni su préserver le monde du fléau de la guerre. cette situation est davantage exacerbée par les catastrophes naturelles les plus diverses. Il s'agit, entre autres, de phénomènes naturels extrêmes tels que les tempêtes, les ouragans, les incendies de forêt, les tremblements de terre et autres glissements de terrain, à l'origine d'importants dégâts matériels et de plusieurs pertes en vies humaines, sans omettre les différentes pandémies. Le monde ne pourra pas relever le défi du développement s'il ne remporte pas celui de la paix. Nous avons la responsabilité historique de choisir soit de permettre à la guerre et à ses fléaux de prospérer, soit d'offrir à nos enfants un monde stable, uni et prospère. Le Cameroun a fait son choix, celui de la paix et du développement. Et il se tient résolument à vos côtés pour transformer cette aspiration en réalité partagée. Madame la présidente, excellence, il est bien connu qu'il ne saurait y avoir de développement sans paix, ni de paix durable sans développement. Les crises en cours qui ont des effets néfastes sur le commerce international, sur le coût des matières premières, et sur l'approvisionnement des marchés freinent indubitablement le développement de nombreux pays. Pourtant, le développement économique, à travers les objectifs du développement durable, demeure un objectif primordial que les Nations unies devraient atteindre pour le bien-être des populations. Ces dernières années, cependant, On note avec regret que des millions de personnes vivent toujours dans l'extrême pauvreté, dans la précarité, adossées aux maladies et à l'insécurité alimentaire. Dans ce contexte particulier, les enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite sont les plus vulnérables. Si l'accès à l'éducation s'est élargi, nombreux sont encore les enfants et les jeunes qui sont hors du système scolaire. Dans le même temps, l'on note un recul de l'espérance de vie une dégradation des indicateurs de santé et une insuffisance critique du nombre de professionnels de santé, particulièrement en Afrique. Cinq ans après, s'il vous plaît, cinq ans de naissance des objectifs de développement durable, il est urgent que des actions concertées soient prises pour tenir les promesses contenues dans l'Agenda 2030. Nous devons effectivement prendre nos responsabilités, individuellement et collectivement, afin d'atteindre ces objectifs que nous nous sommes librement et volontairement fixés. Excellence, Mesdames, Messieurs, le Cameroun peuple des Nations Unies reste attaché aux objectifs et principes de la Charte des Nations Unies et ne ménage aucun effort, sous la très haute impulsion de Son Excellence Paul Biya, Président de la République, pour la promotion de la paix et de la sécurité internationales. C'est dans cet esprit que mon pays participe activement aux opérations de maintien de la paix des Nations unies et œuvre, grâce à ses trois grandes écoles spécialisées, à la formation des agents et cadres de la police, de la gendarmerie et autres civils africains qui prennent part à opérations. Le Cameroun reste engagé de manière constante dans la lutte contre le terrorisme en général, voire dans le Sahel et en particulier dans le bassin du lac Tchad où sévit la secte Boko Haram. En matière économique, Mon pays s'est doté d'une stratégie nationale ambitieuse qui promeut un développement économique et social harmonieux de toute la nation, tout en favorisant les progrès en matière de démocratie, de respect des droits humains et de la bonne gouvernance. Ceci nous permet de concrétiser progressivement et méthodiquement les objectifs de développement durable et l'Agenda 2063 de l'Union africaine, entre autres. Madame la Présidente, dans le bassin du Congo, le Cameroun participe activement à la recherche de solutions au dérèglement climatique mondial, à la protection de la faune et de la biodiversité. Il fera toujours sa part et attend que nos promesses faites en termes de financement soient tenues. Pour le Cameroun, il importe que les efforts des pays en développement soient soutenus. À cet égard, il convient de rappeler une fois encore qu'il y a plus d'une décennie, les pays développés on prend l'engagement, un engagement collectif de mobiliser 100 milliards de dollars US par an pour appuyer les efforts de lutte contre le changement climatique. Il en est de même pour l'aide au développement, fixée à 0,7 % depuis une cinquantaine d'années. Jusqu'à présent, toutes ces promesses n'ont pas été tenues. Le Cameroun estime qu'il est temps que le fonds attendu soit effectivement mobilisé pour soutenir les efforts importants que font les pays en développement, dont ceux de l'Afrique, pour que notre environnement commun soit préservé pour le bénéfice de tous. Sur un autre plan, une mobilisation générale des ressources s'opère au Cameroun en faveur de projets majeurs dans les domaines de l'éducation, de la santé, des infrastructures, du développement rural, etc., en vue d'apporter une transformation structurelle au pays. Nous saisissons cette occasion pour remercier nos partenaires multilatéraux et bilatéraux qui nous accompagnent dans cette dynamique. Nous les encourageons à renforcer ce partenariat pour nous permettre d'atteindre les objectifs escomptés. Excellence, le pacte pour l'avenir Et ces deux annexes, à savoir le pacte numérique et la déclaration sur les générations futures, nous interpellent pour leur mise en œuvre. De même, les récents documents, finaux des conférences de Nice et de Séville, ainsi que la déclaration de Yaoundé sur l'économie bleue durable dans le golfe de Guinée, nécessite des engagements. Ces engagements ont été à nouveau pris en matière de financement et d'accès aux technologies, surtout en cette ère du numérique et de l'intelligence artificielle comme facteur décisif pour promouvoir le développement durable. Le Cameroun salue ces avancées ainsi que les engagements pris lors de ces occasions pour la réforme de l'architecture financière internationale et la transition énergétique. Mon pays aspire ardemment à la concrétisation d'autres réformes longtemps attendues, notamment celle du Conseil de sécurité des Nations unies, pour permettre à l'Afrique d'occuper la place qui lui revient conformément au consensus des Nations unies et à la Déclaration des droits de l'homme. En matière de droits humains, le Cameroun se félicite de l'élaboration du Pacte international sur le droit au développement. L'adoption éventuelle de cet important instrument marquera l'histoire de l'humanité en consacrant sans équivoque que le développement est un droit fondamental et non une faveur. Madame la Présidente, Excellence, Mesdames, Messieurs, en ce moment particulier de l'histoire des nations, il nous revient d'agir et c'est une obligation impérative à laquelle nous ne saurions nous soustraire. se surpassent, à mon avis, par le respect de nos engagements pour le financement du développement, la matérialisation de nos promesses en faveur de la paix et l'efficacité de nos choix en matière de droits humains et d'assistance humanitaire. Il nous appartient encore, pour les années à venir, de renforcer les fondations d'une paix durable ancrée dans la prévention, la résilience et la justice. Nous en avons les moyens, surtout en ce moment, où la richesse globale en 2025 atteint des niveaux sans précédent et où le développement technologique permet d'améliorer de façon significative les conditions de vie de tous et de chacun. En conclusion et en guise d'exhortation, nous devons donc faire mieux et davantage pour que l'Organisation des Nations unies tienne ses promesses faites aux peuples du monde et qu'elle devienne plus que jamais le moteur d'un multilatéralisme renforcé, d'une coopération juste et équitable et d'une solidarité repensée face à l'avancée inquiétante de la multipolarité. Je vous remercie de votre bienveillante attention.
Je remercie le ministre des Relations extérieures du Cameroun. Je donne à présent la parole à Son Excellence, M. Espen Barth Eide, Ministre des Affaires étrangères de la Norvège.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués, voilà 80 ans Juste après la Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants du monde se sont réunis à San Francisco pour signer la Charte des Nations Unies, pour sauver les générations futures du fléau de la guerre. Ce moment unique en l'espace d'une génération a fait naître l'Organisation des Nations Unies. Imaginez un instant que vous vous trouvez là, à San Francisco, en 1945, alors que les créateurs de l'ONU négociaient. Des participants à cette conférence, qui à l'époque avaient mon âge, avaient fait l'expérience de la Première Guerre mondiale, des années 20, radieuses mais de courte durée, du krach, de l'essor du fascisme et du nazisme, de la Deuxième Guerre mondiale, de l'Holocauste et de la bombe nucléaire. Tout ça dans l'espace d'une vie d'adulte. Si l'expérience de votre vie est jalonnée d'événements de ce type, Vous ne croyez pas que le monde est un long fleuve tranquille. Ceux qui ont donné corps à l'Organisation des Nations Unies n'étaient pas des idéalistes naïfs, bien au contraire. La création de l'ONU a été la reconnaissance extrêmement réaliste d'une vérité. L'humanité ne pouvait pas continuer sur la même voie. Rivalité, sphère d'intérêt en concurrence, impérialisme, ça n'était pas la recette de la cohabitation pacifique. Mais les fondateurs de l'ONU étaient bel et bien des visionnaires. Ils croyaient qu'un monde meilleur était possible. Nos pères fondateurs se rendaient compte que le monde avait besoin de principes et de normes partagés pour éviter une guerre mondiale de plus. Ils ont insisté pour ne pas répéter les erreurs du passé. Et c'est cela qui a donné vie à la Charte des Nations Unies, car la Charte, pour le dire simplement, repose sur trois séries de principes. La paix et la sécurité doivent être réalisées en reconnaissant l'égalité souveraine entre États, en interdisant le recours à la force et en réglant les différends de façon pacifique. Le développement socio-économique doit être, lui, garanti à travers une coopération internationale étroite et en recherchant des solutions communes aux problèmes communs. La dignité et la valeur de tous les êtres humains doivent être établies à travers un engagement mutuel en faveur des droits humains universels. Notre Organisation des Nations Unies est certes imparfaite, mais elle est depuis une enceinte sans pareille pour rechercher des solutions communes aux défis communs. Il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui le monde serait un monde plus brutal et moins prospère s'il n'y avait pas d'Organisation des Nations Unies. Depuis 1945, les guerres entre États sont moins nombreuses, plus espacées dans le temps. Des anciennes colonies sont parvenues à l'indépendance et sont devenues des États souverains de plein droit. Des centaines de millions de personnes ont pu sortir de la pauvreté. Mais, monsieur le président, Huit décennies plus tard, l'Organisation des Nations Unies traverse une crise. C'est une crise à la fois politique et financière. Politique, car des principes clés de la Charte sont menacés. Le monde est aujourd'hui plus divisé, plus dangereux, plus imprévisible que depuis des décennies. Le respect du droit international recule. Des violations flagrantes du droit international restent impunies. Cela affaiblit la confiance vis-à-vis des institutions et c'est un cercle vicieux qui s'enclenche. Cette crise est aussi financière, car plusieurs États membres revoient à la baisse, dans une grande mesure, leur contribution économique. Il est donc plus dur pour l'ONU de s'acquitter de ses missions clés. Monsieur le Président, Des guerres barbares font rage dans plusieurs régions de notre monde. Au Soudan, les civils sont confrontés à la crise de déplacement et à la famine de plus grande envergure du monde entier. La guerre au Soudan fait rage depuis plus de 900 jours et c'est seulement l'une des guerres nombreuses et terribles qui passent largement inaperçues dans les centres de pouvoir. et dont on ne parle même pas suffisamment ici. En Ukraine, la Russie a violé les principes les plus élémentaires du droit international. Il n'y a pas d'autre façon de voir les choses. L'invasion par la Russie de l'État souverain de l'Ukraine est une violation flagrante de l'article 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies. L'Ukraine, elle, a pleinement le droit de se défendre, comme c'est dit dans l'article 51. La Norvège et tant d'autres États membres continue fermement de se tenir aux côtés de l'Ukraine dans sa lutte pour la liberté et l'indépendance et nous le faisons solidaire du peuple ukrainien courageux, mais nous le faisons aussi pour faire respecter le droit international. C'est dans l'intérêt de tous les États, quelle que soit leur taille. En Palestine, Israël manifestement bafoue le droit international. Gaza est devenu un enfer sur terre depuis Près de deux ans, nous sommes les témoins d'une situation où la mort, la faim, les souffrances, les déplacements de masse sont devenus monnaie courante. Le fait que cette situation se poursuit est une offense pour notre humanité commune. En Cisjordanie, les violences des colons continuent en toute impunité. L'Autorité palestinienne est sous pression, ses financements s'amenuisent. Sa capacité de travailler est gravement restreinte. La guerre doit prendre fin immédiatement. Il faut qu'une aide humanitaire en quantité massive parvienne à ceux qui en ont besoin dès à présent. Les otages restants doivent être libérés sans attendre et l'occupation illégale doit prendre fin tout de suite. Mais, chers collègues, il est une autre voie qui n'est pas celle de ce cycle infini de violence. Nous avons fait de grands pas en avant rien que ces derniers jours. Lors de la conférence sur la Palestine ici lundi, les États membres ont davantage étoffé leur feuille de route pour parvenir à un règlement du conflit de longue date entre Israël et la Palestine. 159 États membres ont maintenant reconnu l'État de Palestine pour contribuer à la réalisation de la solution à deux États. Cela étant dit, La reconnaissance de la Palestine ne représente qu'une des pièces du puzzle nécessaire pour parvenir à cette solution à deux États. La gouvernance palestinienne et l'économie palestinienne doivent être consolidées. Le Hamas doit être démobilisé. Il nous faut des garanties de sécurité à la fois pour Israël et pour la Palestine. Des États arabes clés doivent normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d'un accord vaste. Pour rassembler toutes les pièces du puzzle, l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États a été lancée ici à New York l'année dernière. Elle continue de rallier des appuis pour un règlement durable. Nous sommes fermement convaincus qu'Israël comme la Palestine ont le droit de vivre dans la paix et la sécurité côte à côte dans deux États distincts. Excellence, Mesdames et Messieurs, un ordre international fondé sur le droit n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Lorsque nous condamnons les violations flagrantes de la Russie en Ukraine, nous devons aussi nous exprimer tout aussi clairement pour condamner les violations d'Israël en Palestine. Le droit international ne peut être appliqué à travers une géométrie variable. Il doit s'appliquer de la même façon, quels que soient les auteurs de violations ou qu'elles aient lieu. Ce n'est pas une option, c'est quelque chose de fondamental. Il nous faut aussi défendre les institutions qui préservent la reddition de comptes, la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale. L'égalité souveraine des États et le caractère sacro-saint des frontières sont importants, mais la défense des droits humains l'est tout autant. La Charte des Nations Unies nous appelle à défendre les libertés fondamentales de tous, sans distinction fondée sur la race, le genre, la langue, la religion. Non, les droits humains sont universels. Ils sont notre meilleur espoir pour faire advenir un monde luttant contre les injustices, les inégalités, les violences, un monde plus équitable où les femmes et les filles pourront participer sur un pied d'égalité avec les hommes et les garçons. Voilà un monde plus pacifique et prospère. Monsieur le Président, en ces temps de crise, les Nations Unies doivent se repositionner pour relever les nouveaux défis politiques et financiers. L'initiative ONU80 nous donne une chance unique à saisir pour faire de cette crise une promesse de lendemain qui chante et bâtir une ONU plus forte et aussi plus intelligente. Mon pays est attaché à l'Organisation des Nations Unies de façon indéfectible et je peux donc le dire avec conviction, l'heure est venue de regarder la réalité en face. Nous voulons une ONU plus robuste. plus efficace aux structures optimisées pour obtenir de vrais résultats là où cela compte, sur le terrain, auprès des populations que nous servons. Il faut donc revoir les priorités dans les ressources, doter l'ONU de mandats plus clairs, travailler de façon plus intelligente. L'heure est venue aussi de faire œuvre d'introspection. C'est le cas pour nous, les États membres, et pour l'Organisation. En tant qu'État membre, nous avons contribué à une prolifération de mandats, des mandats longs, complexes, se chevauchant, avec des exigences de présentation de rapports qui nous dépassent. La Norvège est coupable, elle aussi, de ce travers et l'heure est venue de changer les choses. Il nous faut des réformes audacieuses. Nous devons accompagner avec fermeté et le Secrétaire général pour avancer dans cette direction, dans la direction d'une ONU qui pourra continuer de défendre les règles et les principes qui sous-tendent l'ordre international, comme ces 80 dernières années. Et le processus de l'ONU 80 doit aussi être la feuille de route du prochain ou de la prochaine Secrétaire général. Lorsqu'elle arrivera à son poste, elle doit pouvoir faire naître une ONU à la hauteur des 80 prochaines années. Monsieur le Président, il nous faut une convention internationale sur la coopération en matière fiscale. Les États sont responsables au premier chef de fournir des services essentiels à leurs populations, mais nous devons permettre aux États de s'acquitter de ce devoir. Pouvoir lever l'impôt à la fois auprès des citoyens et des entreprises est fondamental. C'est la colonne vertébrale de la fourniture de services, le moteur de la redistribution des ressources, la pierre angulaire du développement durable. Nous savons quelles sont les recettes qui fonctionnent, mais nous devons faire en sorte qu'elles puissent fonctionner pour tous. Chers collègues, ça ne doit faire aucun doute, la crise climatique est réelle, c'est une réalité qui est déjà là, c'est le fait de l'action de l'homme et cela chamboulent déjà la vie de millions de personnes de par le monde. Nous sommes un pays arctique et nous faisons l'expérience de certaines des conséquences les plus rapides des changements climatiques. Les conséquences sont là au quotidien. On ne peut réfuter la science. Le réchauffement des océans est plus rapide que les prédictions. Nous devons ensemble faire la paix avec la nature. Nous n'avons pas de temps à perdre. Ces dix dernières années, c'est vrai, nous avons fait des progrès de taille en la matière. Lors de la COP28 à Dubaï, les nations se sont ralliées autour de l'objectif d'abandonner progressivement les combustibles fossiles de façon juste, ordonnée et équitable. Aujourd'hui, les pays, les organisations, les investisseurs, les entreprises reconnaissent une vérité fondamentale. Il faut embrasser les technologies de l'avenir, économes en carbone, reposant sur l'économie circulaire et une gestion responsable des ressources, n'est pas un obstacle à la croissance. Au contraire, c'est une possibilité de croissance, d'innovation, nous amenant vers un avenir durable. Nous voulons faire fond sur cette dynamique. Lors de la COP30 à Belém, nous aurons une occasion cruciale à saisir pour nous remettre au travail en matière de biodiversité, de changement climatique, de façon cohérente et intégrée. Alors que nous célébrons, Monsieur le Président, le quatre-vingtième anniversaire de notre organisation, nous devons protéger les fondements de la paix, des droits humains et du développement. Les normes et les principes ne sont pas le problème. Non, les normes et les principes de l'ONU n'ont rien perdu de leur pertinence. Il faut réexaminer le système que nous avons mis sur pied pour protéger ces normes et ces principes cependant, et c'est cela la visée de l'initiative ONU 80. Il faut veiller à ce que ces principes s'appliquent pour toutes et tous, partout, tout le temps, pour que dans huit décennies de plus, les générations futures n'aient pas à bâtir encore une nouvelle version de notre système sur les décombres d'une autre guerre mondiale catastrophique. C'est à nous de trouver les réponses pour répondre aux défis du 21e siècle. Mais en matière de principes fondamentaux, nous devons nous inspirer de nos prédécesseurs. C'est vrai, ensemble, nous sommes meilleurs.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères de la Norvège. Nous avons entendu la dernière intervention pour cette séance du débat général. Nous poursuivrons le débat général demain à 9h dans cette salle. La séance est levée.