Haiti - Security Council, 10198th meeting
Briefer: Mr. Carlos Ruiz Massieu, Special Representative of the Secretary-General for Haiti and Head of the United Nations Integrated Office in Haiti Briefer: Ms. Monica Juma, Executive Director, United Nations Office on Drugs and Crime Briefer: Ms. Vanessa Frazier, Special Representative of the Secretary-General for Children and Armed Conflict Briefer: Mr. Jack Christofides, Special Representative for the Gang Suppression Force Statement: Her Excellency Thérèse Kayikwamba Wagner, Minister for Foreign Affairs, International Cooperation and Francophonie, Democratic Republic of the Congo (on behalf of: A3, as well as in national capacity) Statements: United States of America, Panama, Latvia, Denmark, Greece, France, China, Russian Federation, Colombia, Bahrain, United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, Pakistan Statement: Her Excellency Raïna Forbin, Minister for Foreign Affairs and Religious Affairs, Haiti Statement: His Excellency Roberto Álvarez Gil, Minister for Foreign Affairs, Dominican Republic Statement: Mexico Statement: Jamaica (on behalf of: Caribbean Community (CARICOM))
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La 10198e séance du Conseil de sécurité est ouverte. Adoption de l'ordre du jour. L'ordre du jour provisoire de la présente séance est la question concernant Haïti. L'ordre du jour est adopté. Conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les représentants d'Haïti, de la Jamaïque, du Mexique et de la République dominicaine à participer à la présente séance. Il est ainsi décidé. Au nom du Conseil, je souhaite la bienvenue à Son Excellence Mme Reyna Forbin, ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti, et Son Excellence M. Roberto Álvarez Gil, Ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les intervenants suivants à participer à la présente séance: M. Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, Mme Monica Juma, directrice exécutive de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Mme Vanessa Fraser, représentante spéciale du Secrétaire général pour la question des enfants et des conflits armés, et M. Jack Christofides, représentant spécial de la Force de répression des gangs en Haïti. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant aborder l'examen du point 2 de l'ordre du jour. Je donne à présent la parole à M. Carlos Ruiz Massieu.
Merci, Madame la Présidente. Madame la Présidente, distingués membres du Conseil, Excellences, c'est un plaisir de vous informer de la situation en Haïti aux côtés de Jacques Christophe Yves, représentant spécial de la Force de répression des gangs, Monica Juma, directrice exécutive de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, et Vanessa Fraser, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Je salue également la présence de Son Excellence, Madame Reyna Fournier, ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti, et la présence de l'excellent ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, Monsieur Roberto Alvarez.
Madame la Présidente, Haïti continue de faire face à une insécurité persistante, des besoins humanitaires considérables et des défis institutionnels, avec à la clé des répercussions dévastatrices pour la population. Pourtant, l'évolution récente de la situation montre qu'il demeure des possibilités de faire avancer la transition politique, de commencer de lutter contre la menace que représentent les gangs et rétablir la gouvernance démocratique. Le défi aujourd'hui est de pérenniser cette dynamique et de la traduire en améliorations concrètes pour la population haïtienne. Madame la Présidente, la transition est un moment critique. L'adoption du décret électoral révisé et le consensus trouvé concernant le budget électoral plus tôt ce mois-ci représentent des réalisations importantes qui jettent les bases d'une nouvelle dynamique. Le lancement de l'inscription sur les listes électorales est une autre mesure importante pour avancer. La priorité suivante est claire: l'adoption d'un calendrier électoral réaliste et crédible. À cette fin, il faudra une cohésion durable entre les institutions haïtiennes, il faudra un dialogue continu sur l'ensemble du spectre politique et un engagement collectif à placer les intérêts du peuple haïtien au-dessus de tout le reste. Je suis convaincu que les parties prenantes haïtiennes peuvent travailler ensemble pour faire avancer la transition, réunir les conditions d'élections crédibles et rétablir le fonctionnement de leurs institutions démocratiques. Madame la Présidente, Dans le cadre de mes consultations en cours avec les partis politiques, la société civile, la jeunesse et les organisations de femmes, il y a un message qui a été livré de manière cohérente. La sécurité est indispensable pour des élections crédibles. Cependant, les défis en matière de sécurité ne doivent pas devenir une raison de retarder le processus politique. Les préparatifs en vue des élections et l'amélioration de la situation de sécurité doivent avancer de concert. pour pérenniser cette dynamique. Dans ce contexte, le déploiement total de la force de répression des gangs en appui des autorités nationales reste essentiel pour promouvoir un environnement de sécurité porteur pour le processus électoral. L'ONU est pleinement engagée à accompagner ces efforts menés par les Haïtiens. Aujourd'hui, il faut aller plus vite, il faut davantage de cohérence pour garantir un progrès institutionnel qui puisse déboucher sur des améliorations concrètes pour le peuple haïtien. Madame la Présidente, la sécurité reste le défi le plus pressant pour Haïti. La violence des gangs continue d'avoir un bilan très lourd pour une population qui est assiégée. Des millions d'Haïtiens restent déplacés, connaissent une sécurité alimentaire. Les femmes et les enfants continuent de payer le prix fort des violences. Les attaques récentes à Cité Soleil, Kenscoff, mais également dans le sud-est, dans les départements du sud-est et d'Artibonite montrent que les gangs restent présents et qu'il est nécessaire d'intensifier les efforts pour lutter contre leur influence et renforcer la protection des populations. Dans ce contexte, le lancement d'opérations par la Force de répression des gangs représente un jalon important. En plus du renforcement continu de la police nationale haïtienne et des forces armées d'Haïti, cela représente une transition de la planification vers l'exécution. Le déploiement progressif et le renforcement de la présence de la force avec le soutien du Banu ainsi que les opérations ciblées de lutte contre les gangs joueront un rôle essentiel pour renforcer les efforts nationaux afin de lutter contre l'insécurité et de rétablir la confiance des citoyens. Il sera essentiel que ces efforts se poursuivent dans un avenir proche. Dans le même temps, il est également essentiel que ces opérations se fassent en plein respect du droit international des droits humains et des normes internationales en la matière pour garantir la légitimité, renforcer la confiance des citoyens et engranger des gains de sécurité pérennes. Je salue les efforts du Banu. des États membres qui contribuent, des partenaires régionaux et internationaux pour créer des cadres logistiques, juridiques et opérationnels qui ont rendu tout cela possible. Tout aussi importante est l'étroite coordination entre le BINU, le BANU, la Force de répression des gangs, les institutions haïtiennes et les partenaires internationaux. Et la réussite dépend du travail sur le front de la sécurité, du travail politique et de l'action humanitaire, autant d'éléments qui se renforcent les uns les autres. Madame la Présidente, les opérations de sécurité à elles seules ne garantiront pas de paix durable. Il faudra une stratégie plus large, une stratégie qui permette de réduire l'attractivité et les capacités des gangs armés tout en renforçant la justice, les institutions étatiques. Il faudra également fournir des opportunités aux communautés touchées par la violence, notamment les femmes et les enfants. Les enfants haïtiens encourent de graves risques. Il est alarmant de constater que deux membres de gangs, un membre de gang sur deux est un enfant. Les enfants sont exploités. sont jetés dans la violence et privés de la possibilité de bâtir un avenir. Il faut par conséquent éviter d'avoir une génération perdue. C'est au cœur des efforts de redressement et de stabilisation en Haïti. Je salue le rôle de chef de file durable de la Commission nationale sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration pour faire avancer une vision pour la réduction de la violence armée et pour créer des alternatives viables à l'appartenance aux gangs, notamment pour les enfants et les jeunes personnes à risque. Cette vision fait l'objet d'une appropriation au niveau national. Cette vision doit maintenant être traduite en un programme national complet avec l'appui de la communauté internationale. Tel que l'évoque la lettre du Secrétaire général au Conseil de sécurité du 29 mai, L'ONU a mis au point des options concrètes par phase pour ce type de programme, en plus d'initiatives pour renforcer la justice, l'application du principe de responsabilité et le contrôle. En outre, deux unités judiciaires spécialisées ont été créées pour renforcer le principe de responsabilité concernant les crimes graves. C'est une mesure importante pour rendre justice aux victimes et pour casser la spirale de violence et d'impunité. J'encourage les États membres, notamment les États membres qui cherchent des pistes complémentaires pour épauler les efforts de stabilisation d'Haïti, à canaliser leur appui par le biais du fonds d'affectation spéciale multipartenaire proposé. Cela aidera Haïti à transformer les gains de sécurité en stabilité durable. Madame la Présidente, il faut tirer parti de la fenêtre d'opportunité en Haïti. Le soutien continu du Conseil apportait ce partenariat innovant. La FRG, avec l'appui de l'ONU et les bons offices du BINUS, jouera un rôle essentiel pour pérenniser l'élan actuel, tel que cela a été souligné par le secrétaire général lors de sa visite récente à Port-au-Prince. Les progrès pérennes reposeront sur une mobilisation politique durable et une solidarité internationale continue. Mais avant tout, il faudra un sentiment d'urgence collectif pour engranger des améliorations concrètes que la population pourra constater et ressentir.
Le gouvernement haïtien et l'ensemble des parties prenantes à faire preuve d'un engagement constant, de responsabilité politique et d'un esprit constructif afin de préserver les progrès accomplis. J'encourage également les États membres à fournir les ressources nécessaires pour appuyer les priorités nationales. consolider les acquis en matière de sécurité et créer les conditions propices à la tenue d'élections et au rétablissement de la gouvernance démocratique. Les Nations Unies demeurent résolument engagées à accompagner les efforts menés par Haïti sur cette voie. Le peuple haïtien attend depuis trop longtemps Il mérite que les progrès accomplis se traduisent par des améliorations concrètes de ses conditions de vie et par de nouvelles perspectives pour l'avenir. Je vous remercie.
Je remercie M. Ruiz Massieu pour son exposé et je donne à présent la parole à Mme Monica Djouma.
Madame la Présidente.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, Excellences, c'est un honneur que de prendre la parole devant le Conseil de sécurité pour la première fois en tant que directrice exécutive de l'ONUSDI et de présenter le onzième rapport de l'ONUSDI sur la situation en Haïti qui couvre la période allant de janvier à juillet 2026. En amont de cet exposé, je me suis rendu en Haïti la semaine dernière. Je m'étais rendu en Haïti dans ma capacité précédente concernant le déploiement de la MMAS. J'ai tenu à rencontrer des citoyens. Lors de ma visite, j'ai rencontré le Premier ministre, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, le ministre des Finances et de l'Économie, le directeur général de la police nationale haïtienne. J'ai également rencontré des collègues de la famille onusienne, notamment le représentant spécial adjoint, le coordinateur résident et le représentant spécial de la force de répression des gangs et chef du Banu, qui sont toutes et tous engagés à rétablir la paix et la sécurité. J'ai également rencontré des acteurs essentiels en République dominicaine, notamment le ministre Roberto Alvarez, qui est également parmi nous et qui a présenté des perspectives concernant la dimension régionale de la crise. Ce que j'ai constaté sur le terrain donne un visage humain à ce rapport qui vous est présenté aujourd'hui. J'ai vu, j'ai entendu le coût quotidien imposé par la criminalité organisée pour les citoyens ordinaires, le déplacement des populations, les établissements scolaires qui sont vides, les entreprises qui doivent fermer plus tôt, les institutions étatiques qui ont du mal à garantir la sécurité et les services essentiels. Mais ce que j'ai également entendu et constaté, c'est la résilience extraordinaire du peuple haïtien, des communautés qui refusent de se rendre. face à la peur ou à la violence, des fonctionnaires qui travaillent pour que les institutions continuent de fonctionner, des officiers de police qui continuent de répondre présents avec des ressources limitées et en encourant des risques personnels considérables contre des gangs bien armés. Et cette détermination mérite plus que notre reconnaissance. Il faut un soutien et une action durable. excellence le rapport dont est saisi le conseil aujourd'hui documente une évolution importante les gangs armés en Haïti ne cherchent plus seulement à contrôler du territoire ils cherchent à contrôler les institutions les lignes de vie économiques dont dépendent les communautés les gangs cherchent à contrôler les corridors de transport, l'approvisionnement en carburant et les réseaux de distribution d'aliments. Et leur portefeuille criminel montre qu'il y a des flux de revenus illicites diversifiés, ce qui crée un écosystème criminel qui est davantage à même de s'adapter, qui est plus résilient et plus sophistiqué, donc plus difficile à démanteler. La criminalité organisée, parfois, remplace l'autorité de l'État et retient la population, les gouvernements comme otages. Il y a une influence au-delà de la capitale avec le département du Sud notamment, sur les routes de transport du Sud. Les communautés qui étaient moins touchées auparavant font maintenant face à une violence, à des enlèvements. Les jeunes sont jetés dans la criminalité et en l'absence de sécurité publique officielle, certains groupes se présentent en tant que soi-disant protecteurs des communautés, ce qui rend plus floue la séparation entre la violence criminelle, la justice assurée par les citoyens eux-mêmes et les autorités légitimes, ce qui érode la confiance des citoyens et cela des conséquence pour la riposte humanitaire, la prospérité de long terme, les élections et le développement de long terme. Et cette crise ne se limite pas à Haïti. Les armes à feu illicites, notamment des armes militaires, continuent de rentrer en Haïti. La cocaïne et d'autres stupéfiants font l'objet de trafic et Haïti sert de centre de transport concernant les itinéraires en Caraïbes. La traite de migrants se connecte de plus en plus avec les Bahamas, la République dominicaine, les îles Turques et Caïques et les États-Unis et l'Amérique du Sud. On a des marchés criminels interconnectés et il faut une riposte régionale coordonnée. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, malgré la situation de sécurité difficile, il y a des possibilités. La force de répression des gangs a commencé à se déployer. Le représentant spécial, M. Christo Fides, qui est avec nous aujourd'hui, et le commandant de la force travaillent pour mettre en œuvre le mandat de la force de répression des gangs. Cependant, il est clair que les opérations de sécurité efficaces doivent être renforcées par un système de justice pénale qui permette de rétablir et de faire respecter l'état de droit. Les membres de gangs doivent être arrêtés, faire l'objet de poursuites, doivent être détenus. Les réseaux criminels doivent être démantelés et la police doit être financée comme il se doit. Les jeunes enfants qui sont forcés de tomber dans la violence doivent être séparés des gangs et les armes doivent être retirés. L'ONU DC est prêt à fournir un appui technique en renforçant l'interface entre les échanges entre la force de répression des gangs et les autorités haïtiennes en garantissant que les opérations de lutte contre les gangs débouchent sur des résultats pérennes et justes et une sécurité pérenne. Il y a notamment le renforcement des institutions qui jouent un rôle important avec le Bureau des droits humains de l'ONU. L'ONU DC a contribué à créer des pôles judiciaires spécialisés pour mener des enquêtes sur les crimes financiers complexes, la corruption, le trafic d'armes et d'autres infractions graves comme les violences sexuelles. Il s'agit d'un investissement important dans la primauté du droit et il faut des ressources et un soutien pour engranger des progrès. Haïti a également terminé sa première évaluation des risques nationale concernant le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ce qui permet d'avoir un socle pour renforcer les efforts en matière d'enquête et de lutte contre les flux financiers illicites. Certes, cette évolution ne permettra pas de transformer les choses du jour au lendemain, mais il s'agit d'éléments essentiels pour établir la sûreté et la sécurité. Excellence. Pour aider Haïti et remettre le pays sur la voie de la paix, nous devons répondre aux besoins urgents sur le terrain tout en renforçant des institutions à même de pérenniser la stabilité et l'état de droit. La première priorité doit être d'épauler les autorités pour rétablir la sécurité, rétablir leur contrôle de territoires essentiels et d'itinéraires d'approvisionnement pour que la population, le commerce et l'aide humanitaire puissent fonctionner de manière sûre. Deuxième point, nous devons démanteler les économies criminelles qui alimentent la violence en renforçant les investigations financières, en interrompant les flux financiers illicites et en luttant également contre la corruption. Troisièmement, nous devons renforcer les contrôles aux frontières et les contrôles douaniers, en plus des efforts régionaux afin de tarir le flux d'armes, de stupéfiants et de matériel entrant en Haïti pour renforcer également les fêtages d'huile dans les pays voisins. Le renforcement de la gestion des frontières, notamment dans le sud Haïti, dans le domaine maritime, joue un rôle essentiel pour lutter contre les réseaux de trafic et renforcer la sécurité régionale collective. À ce titre, l'ONU DC est en train de mettre au point un programme régional intégré pour la Caraïbe, axé sur Haïti, afin de faciliter la coopération opérationnelle le partage de renseignements, les patrouilles maritimes conjointes et le renforcement des capacités pour les forces de sécurité. Et quatrièmement, pour bâtir une paix durable et pérenne, il faut rétablir la confiance entre les citoyens et l'État. Une composante essentielle de tout cela, c'est d'investir dans un système de justice pénale crédible et qui fonctionne bien. Il s'agit de rétablir la confiance sur le fait que les autorités publiques, et pas les groupes criminels, peuvent garantir la sécurité et fournir des services essentiels. L'ONU DC occupe une place de choix pour appuyer ces efforts au vu de notre mandat et de notre de nos compétences qui touchent l'ensemble de la chaîne de justice pénale avec un lien entre la sécurité, la gouvernance et l'état de droit. Nous restons en gagette avec les autorités haïtiennes, le système onusien et les partenaires régionaux dans cette démarche. Je tiens également à saluer le partenariat robuste entre l'ONU DC et le BINU. Nous avons une coopération étroite sur le terrain. Nos équipes sont bien coordonnées et ont des effets sur le terrain. Mesdames et Messieurs, ma visite en Haïti m'a donné une impression qui est restée. Les personnes que j'ai rencontrées ne demandent pas de miracles, mais des choses qui sont acquises pour nous: pouvoir avoir des moyens de subsistance, envoyer leurs enfants à l'école et avoir confiance dans l'état de droit plutôt que le règne de la violence. Nous avons la responsabilité collective de contribuer à bâtir un avenir pour le peuple haïtien et la région au sens large. Le peuple haïtien n'a pas abandonné cette ambition et nous ne devons pas le faire non plus. Je vous remercie de votre attention.
Je remercie Mme Juma de son exposé et je donne à présent la parole à Mme Vanessa Fraser.
Merci, Madame la Présidente.
Merci, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil. Merci de m'avoir invité à vous informer de l'évolution de la situation des enfants touchés par la violence armée en Haïti. Comme vous le savez, je me suis rendu en Haïti en mai. Ce fut une expérience difficile, très importante. Je me suis entretenu avec des autorités locales, des partenaires de l'ONU, des organisations de la société civile et des enfants touchés par la violence. Ces personnes sont aux prises avec une crise très complexe aux couches multiples. La situation des enfants en Haïti fait partie des plus alarmantes au monde. Des enfants sont tués, estropiés, enlevés, recrutés, utilisés par des gangs armés, déplacés. n'ont pas accès à l'enseignement et n'ont tout simplement pas accès à une identité juridique ou une protection de base. La violence n'est pas un élément secondaire de la crise, c'est un élément central. Les enfants sont au centre de l'insécurité et de la lutte de pouvoir entre les gangs. La situation est grave, comme on le voit dans les données. En 2025, l'ONU a vérifié 2088 violations graves contre 1661 enfants en Haïti. Les recrutements et utilisations par les gangs armés faisaient partie des violations les plus courantes, 800 enfants recrutés et utilisés. Les meurtres ont touché 600 enfants et 277 enfants ont été enlevés. La violence sexuelle contre les enfants est aussi une source de grande préoccupation avec notamment des tactiques délibérées pour instiller la peur et contrôler les communautés. Ces chiffres prouvent que les enfants d'Haïti ne sont pas que des dommages collatéraux de la crise. Non, ce sont des cibles délibérées, exploitées, instrumentalisées par les acteurs armés. Des estimations disent que les enfants représentent plus de la moitié des membres des gangs en Haïti. Des enfants sont recrutés à cause de la pauvreté, de l'insécurité, de la séparation des familles, des déplacements, de l'absence de scolarité ou d'autres possibilités viables. C'est un indicateur dévastateur de l'étendue de l'exploitation des vulnérabilités par les gangs armés. Il n'y a pas de possibilité, il n'y a pas non plus de possibilité de protection et de développement des enfants. Lors de ma visite, j'ai insisté à plusieurs reprises pour dire que les enfants associés aux gangs armés devaient être traités avant toute chose comme des victimes. Ce principe est essentiel et est fondé sur les normes de protection de l'enfance internationales et sur la Convention sur les droits de l'enfant. C'est aussi essentiel pour toute riposte crédible et durable pour les enfants qui pourraient avoir commis des crimes graves lors de leur association avec les gangs. La justice juvénile internationale et les normes connexes s'appliquent. La détention doit demeurer une mesure d'extrême recours. Il faut s'assurer que les périodes soient appropriées. Les obligations d'Haïti au titre de la Convention sur les droits de l'enfant et en termes d'engagement pour les principes de Paris doivent guider le traitement de chaque enfant, y compris des enfants qui contreviennent à la loi. J'ai été vivement préoccupé par ce que j'ai vu dans les centres de détention à Port-au-Prince. où des enfants ont été détenus et sont détenus depuis des années. Certains enfants sont détenus sans avoir comparu devant un juge. Certains des enfants avec lesquels je me suis entretenu ont dit avoir passé jusqu'à huit ans en détention sans avoir comparu, ce qui est inacceptable. J'ai aussi été vivement préoccupé par les conditions de détention. Cette prison à Port-au-Prince était censée accueillir 800 enfants et pourtant le jour de ma visite dans cette installation, il y avait beaucoup plus d'enfants, notamment une centaine d'enfants. Les autres détenus étaient des adultes qui n'auraient pas dû être accueillis dans une installation qui était construite pour les enfants. La surpopulation carcérale exacerbe encore davantage la situation des enfants privés de liberté qui sont confinés à des zones réduites pour maintenir la séparation avec la population adulte. J'ai affiché ces préoccupations avec les autorités et j'ai exigé un réexamen de toutes les affaires concernant les enfants privés de liberté, renforçant la supervision judiciaire. J'ai insisté sur la libération d'enfants autant que faire se peut, conformément aux normes de la justice juvénile internationale. Les enfants ne devraient pas passer des années en prison parce que les systèmes de protection de justice sont un échec total. J'insiste aussi pour dire que l'absence de dossier ne peut justifier en aucun cas la détention permanente d'un enfant. Ces affaires doivent être réglées sans plus attendre et en respectant pleinement la procédure juridique. J'ai aussi insisté pour mettre en œuvre pleinement le protocole de transition. Ce protocole fait partie des documents les plus importants en vigueur en Haïti aujourd'hui. C'est un cadre clair de transfert des enfants. qui ont été trouvés lors des opérations sécuritaires pour ne pas les mettre dans des lieux de détention. Je suis encouragé par le fait que plus de 570 enfants ont déjà été transférés à des acteurs de la protection de l'enfance dans le cadre de cette initiative. C'est une réalisation probante qui prouve bien que des solutions pratiques sont réalistes lorsqu'il y a une volonté politique et des mesures coordonnées. Dans le même temps, la mise en œuvre demeure inégal. Il faut absolument normaliser les procédures, préciser les rôles et s'assurer que tous les acteurs appliquent le protocole de façon cohérente. Et dès lors, je me félicite du fait que des débats soient en cours entre le ministère de la Justice, la Commission nationale des DR, l'Institut du bien-être social, l'UNICEF et d'autres partenaires pour mettre au point un manuel de mise en œuvre qui créerait un distinguo clair entre les voies de protection de l'enfance pour les enfants associés aux gangs, d'un côté, qui doivent être traités avant toute chose comme des victimes, et d'un autre côté, la justice juvénile qui pourrait s'appliquer lorsqu'un enfant aurait commis un crime grave. Un système clair et cohérent est indispensable si Haïti souhaite se départir de ripostes à l'emporte-pièce qui feraient que des enfants passent entre les mailles du filet. Il faut absolument agir. Si nous arrivons à l'impact opérationnel envisagé, alors un grand nombre d'enfants pourraient être séparés des gangs armés, pourraient être transférés dans le cadre du protocole. Le protocole et les procédures qui l'accompagnent doivent être pleinement opérationnels, bien coordonnés et doivent être mis en œuvre de façon cohérente avant de mettre en œuvre de façon plus générale Tout retard, tout délai pourrait être un synonyme de pénurie de protection demain. C'est pourquoi il faut une mise en œuvre cohérente, des responsabilités claires, une réintégration et des capacités de réintégration. C'est absolument nécessaire. Madame la Présidente, ma visite a eu lieu à un moment absolument critique, alors que la force de répression des gangs se prépare à se déployer. J'ai insisté lors de toutes mes réunions pour dire que la sécurité et la protection de l'enfance ne peuvent pas être séparées. Le déploiement de la force s'accompagne de possibilités mais aussi de risques. Parmi les risques, les enfants trouvés lors des opérations pourraient être traités en tant que menace sécuritaire et pourraient être traduit en justice ou jeté dans des geôles. Parmi les possibilités, il y a, s'il y a de bons systèmes en place, les enfants pourraient être extraits des gangs, transférés et pourraient avoir une possibilité de réintégration véritable. Cela étant dit, ces possibilités ne seront réalistes que si le protocole de transfert fonctionne véritablement et de façon cohérente dans les faits. Une riposte de protection de l'enfance dépend de la force du système qui le soutient. J'ai été encouragé d'entendre que la Force de répression des gangs a reconnu que les enfants devaient être vus avant toute chose en tant que victimes et que les protocoles et systèmes étaient indispensables pour protéger les enfants lors des opérations. Je me suis félicité du fait que des normes ont été établies, des mesures de protection de l'enfance, une formation avant et pendant le déploiement permettant à la Force de répression de mettre en concordance les opérations de la Force et le protocole. Ce sont des garanties importantes qui doivent être mises en œuvre de façon entière et à cet égard qu'il me soit permis de réaffirmer que l'ONU est prête à coopérer avec la force de répression des gangs en ce qui concerne la protection de l'enfance cela étant dit nous devons absolument être clair les opérations sécuritaires seules ne régleront pas la crise d'Haïti un grand nombre d'enfants s'ils venaient être séparés des gangs sans être réinsérés accueillis sans capacité de réintégration alors le résultat probable serait un deuxième recrutement davantage de marginalisation ou une détention prolongée. Ce n'est pas de la protection, ce serait tout simplement infliger deux maux successifs à un enfant. C'est pourquoi la réintégration est particulièrement importante. Lors de ma mission, je me suis rendu dans des projets de réintégration à Jaca et à Port-au-Prince où j'ai eu la possibilité de m'entretenir directement avec des enfants qui avaient pu s'enfuir ou qui avaient été libérés de gangs armés. Courage m'a impressionné, leurs besoins étaient immenses. La réintégration n'est pas qu'une question de transfert d'un enfant dans un centre qui l'aide, non, il faut aussi retrouver la famille, il faut un appui psychosocial, de l'éducation, une formation professionnelle, trouver une identité juridique, il faut que la communauté les accepte, il faut aussi une relance sur le long terme. J'ai été encouragé de voir les travaux en cours afin de renforcer les capacités d'accueil des enfants, y compris à Leucaye. ou un centre est en cours de rénovation pour accueillir jusqu'à 600 enfants séparés des gangs armés. Ces initiatives sont essentielles. Elles doivent être financées sur le long terme, soutenues de façon prévisible. J'insiste aussi sur l'importance qu'il y a à soutenir les personnes qui se chargent de la tutelle de ces enfants. Il faut aussi des possibilités de scolarisation de ces enfants, une formation professionnelle et un partenariat possible avec les acteurs privés. La réintégration se revoit à l'échec si Les enfants redeviennent exclus, vulnérables, ce qui les avait rendu par le passé vulnérables face au recrutement des gangs armés. J'ai été particulièrement frappé par la question de l'identité juridique. Un grand nombre d'enfants s'échappant des gangs armés n'avaient pas de certificat de naissance parce que leurs documents avaient été pris ou détruits. Sans identité juridique, les enfants ne peuvent pas avoir accès à des services, à l'éducation, à la justice ou même à la protection. Ces enfants alors deviennent invisibles. et dès lors je me suis félicité des débats en cours sur la restauration d'une entité juridique renforçant les registres civils. Cette mesure doit être prise en considération dans la riposte d'Haïti. J'ai été encouragé par l'accent mis sur la prévention. Les autorités haïtiennes et les partenaires m'ont parlé de l'importance de la sensibilisation des communautés, de la cohésion sociale, des dirigeants religieux, des réseaux locaux et même des réseaux sociaux afin de transmettre des messages de paix et de lutter contre le recrutement. Ces approches sont très importantes. J'aimerais aussi me féliciter des initiatives du ministère des Affaires étrangères et des Affaires religieuses qui a organisé une conférence interreligieuse fin mai en rassemblant des dirigeants communautaires et religieux de tout Haïti. La conférence avait pour objectif de mettre en avant le rôle important que joue la religion et les acteurs communautaires dans la sensibilisation des communautés afin que les communautés voient les enfants associés aux groupes armés soient vus comme des victimes qui méritent un appui, d'être acceptés, d'être réintégrés dans la vie publique. La prévention commence chez soi, dans les communautés, dans les salles de classe, et dans les espaces publics. Il faut des messages clairs, des communautés sûres et des possibilités pour les enfants et adolescents. Madame la Présidente, la crise de l'éducation en Haïti est aussi une crise de la protection de l'enfance. On m'a informé que des milliers d'enfants ou plutôt que des milliers de cas d'écoles ne fonctionnaient pas ou étaient fermées parce qu'elles étaient occupées entre autres par des gangs armés ou utilisées par des personnes temporairement déplacées. Pour les enfants, l'effondrement du système éducatif, c'est un retard d'apprentissage, une perte de protection, de structure, d'appui. Un enfant qui est déscolarisé est exposé au recrutement, à l'exploitation et à la violence. L'éducation doit par conséquent être traitée comme une facette de la protection. J'ai été encouragé par le travail du système de l'ONU et par les efforts inlassables des organisations de la société civile qui opèrent dans des circonstances absolument dantesques. Et je me suis félicité du fait que des bailleurs de fonds et des États membres souhaitaient soutenir la riposte d'Haïti. Les besoins sont bien plus élevés que les ressources en présence. Et dès lors, j'exhorte les bailleurs de fonds à investir dans la riposte immédiate et à investir dans le renforcement à long terme de la protection de l'enfance, dans la justice, dans l'enregistrement civil, dans la réintégration et dans les systèmes éducatifs. Il faut surtout un appui pérenne pour les institutions haïtiennes comme le BCSSR, le système de justice, la Commission nationale pour la DDR et les systèmes de protection de réintégration au niveau des communautés. Il faut aussi soutenir la réception et la réintégration et les centres connexes, les services psychosociaux, les recherches des familles et la réintégration socio-économique notamment pour les adolescents plus âgés et les jeunes. Les cycles de financement sur le court terme ne sont pas suffisants. Haïti a besoin de financement et d'investissement sur le long terme et prévisible. Madame la Présidente, ma visite en Haïti m'a marqué et je me suis dit qu'il fallait agir rapidement mais qu'il était possible de faire des progrès avec courage et détermination. La mise en œuvre du protocole de transfert, le déploiement de la force de répression de groupe avec des garanties pour la protection de l'enfance, le renforcement des systèmes de justice de la protection de l'enfance, l'engagement des autorités locales, nationales et des autres partenaires font autant de possibilités de changement. Mais cette fenêtre d'opportunité n'importera que si les enfants demeurent au centre de chaque décision prise. Les enfants associés aux gangs doivent être traités comme des victimes avant toute chose. Les enfants dans les centres de détention doivent être libérés. Si possible, les enfants sans identité doivent être enregistrés, les enfants qui ont fui la violence doivent être réintégrés avec dignité, les enfants en danger doivent être protégés avant d'être recrutés et les enfants qui ont souffert de la violence doivent bénéficier de l'appui nécessaire à se remettre sur pied et reconstruire péniblement leur vie. En conclusion, Haïti n'est pas. est une situation où il y a beaucoup de souffrance et il y a beaucoup de potentiel de progrès. Si on agit à l'unisson pour soutenir les autorités haïtiennes pour renforcer le système de protection de l'enfance, nous pourrons garantir que la sécurité, la justice et l'intégration fonctionneront pour servir l'intérêt supérieur de l'enfance, ce qui nous permettra de faire la différence de façon tangible pour les enfants haïtiens. Je vous remercie.
Je remercie Mme Fraser de son exposé et je donne à présent la parole à M. Jack Trisofidis.
Merci, Madame la Présidente. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, merci de me donner la possibilité de faire le point sur les progrès de la force de répression des gangs en Haïti. J'ai l'honneur de m'exprimer avec mes collègues, le représentant spécial Carlos Ruiz Matheu, Madame Monica Juma et Madame Vanessa Fréjar. Je me félicite de la présence d'amis des Haïtiens et de la République dominicaine, dont les pays soutiennent fermement la force de répression des gangs. Lorsque je me suis exprimé ici il y a trois mois, le Conseil avait réaffirmé sa confiance envers la Force de répression des gangs afin de s'acquitter d'un mandat difficile mais nécessaire soutenir les autorités haïtiennes dans la réduction de l'influence des gangs tout en créant du temps, de l'espace nécessaire à une stabilité sur le long terme. Nous avons commencé la première phase et la mise en œuvre avance petit à petit. La Force a établi des structures, a planifié des processus, des mécanismes de coordination afin de commencer des opérations de lutte contre les gangs sur le long cours et nous entamons les premières étapes de l'action. La force établit son siège et ses règles de d'engagement ainsi qu'un des modalités de contrôle de commandement des structures de renseignement nous avons euh commencé l'expansion des zones stratégiques établies des patrouilles et commencé les premières opérations contre les infrastructures. Le 21 juin, la force a établi une opération à Tabaré, un grand district de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ce qui a mené à l'arrestation de plusieurs individus suspects et la destruction de centaines de cocktails molotov. Dans le siège de cette opération, nous avons aussi mené des patrouilles montées de jour et de nuit dans la même zone. Nous avons détruit des barricades utilisées par les gangs pour encercler des territoires. Je vous parle de cet exemple parce que cela vous donne une idée du concept de nos opérations qui progressent petit à petit. La mission se concentre sur des zones prioritaires sélectionnées avec soin où il y a des problèmes sécuritaires et ensuite petit à petit on déploie notre portée opérationnelle. Chaque percée contribue au bon fonctionnement de l'opération suivante qui sera plus efficace. ce sont les bases d'une force multinationale qui fonctionne. Le 6 juillet, la force a saisi des armes et des munitions qui avaient fait l'objet d'un rapport au sein du groupe d'experts du Conseil de sécurité. Nous les avons ensuite placés sous le contrôle des autorités haïtiennes. Autre modèle opérationnel, la semaine dernière, lors d'une opération dans la municipalité de Delmas. En dépit de tirs de gang, la force de répression a atteint ses objectifs, c'est-à-dire trouver et démanteler une cache où ont été retrouvés des articles incendiaires improvisés, ce qui prouve bien que nos capacités tactiques s'améliorent et que nous sommes aussi très engagés en faveur d'une expansion progressive. Madame la présidente, tout aussi important, la mise au point d'un cadre institutionnel nécessaire à la bonne tenue d'opérations responsables. Je remercie le gouvernement haïtien de ses efforts. visant à conclure avec nous en très peu de temps des modalités juridiques permettant le déploiement rapide de la mission et le déploiement de nos activités opérationnelles avec notamment des accords de statut de protection pour les pays fournissant des contingents de personnel de police ainsi qu'un accord de transfert pour le transfert sûr et légal des détenus. Ces instruments donnent à la force suffisamment d'informations pour qu'elle puisse s'acquitter de son mandat conformément aux dispositions du droit haïtien de la souveraineté d'Haïti. Je remercie aussi sincèrement le Bureau d'appui des Nations Unies en Haïti dont l'appui administratif, logistique et opérationnel était indispensable permettant un déploiement rapide et une mise en service tout aussi rapide de la force de répression des gangs. La mission a aussi établi une architecture d'application du principe de responsabilité très complète avec des politiques opérationnelles, des formations obligatoires ainsi que des mesures d'atténuation des dommages infligés aux civils. La force respecte pleinement la police HRDP de l'ONU et traite la redevabilité comme une de ses plus grandes forces et cet engagement. porté ses fruits lors du dialogue GSF UN HRDTP de la semaine dernière. Mesdames et Messieurs les membres, la résolution 2713 exige aussi la mise au point d'objectifs stratégiques et de jalons pour évaluer l'efficacité de la mission. En consultation avec le gouvernement d'Haïti et d'autres parties prenantes, la Force de répression des gangs a mis une dernière main à cette stratégie et vous la présentez. Notre stratégie établit un distinguo entre la mise en œuvre du mandat et les résultats souhaité par le mandat. On y établit des jalons évaluables pour que le Conseil puisse nous évaluer. Quant à savoir, surtout ces opérations de la Force de répression des gangs permettent une réduction du contrôle des gangs, permettent de renforcer les capacités indépendantes haïtiennes et créent des conditions propices à la restauration de l'autorité de l'État. Ces jalons sont une base en fin de compte complète et transparente permettant de faire le point sur les progrès et de s'assurer que des comptes sont rendus au Conseil de sécurité et au peuple haïtien. afin que les opérations de forces de répression des gangs ne s'étendent pas à l'infini. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, l'environnement humanitaire et politique demeure extrêmement difficile, cela étant dit. Des gangs armés adaptent leurs tactiques et continueront sans doute pour garder le pouvoir. Dans le même temps, les besoins humanitaires continuent d'augmenter. L'incertitude politique reste une des variables les plus difficiles ayant un effet sur le succès de la force. Ces dynamiques confirment bien qu'il est important d'entretenir une coordination étroite avec le système de l'ONU et avec les autorités haïtiennes elles-mêmes. Je suis tout à fait d'accord avec le représentant spécial, M. Rice-Mathieu. Restaurer la gouvernance démocratique en Haïti exige qu'il soit possible que les citoyens vivent, travaillent, participent à la vie publique dans la sûreté et la dignité. Les mesures sécuritaires seules ne peuvent pas régler les défis de gouvernance et politiques dans le pays, mais par contre c'est une partie indispensable de la solution. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, la force de répression des gangs en est encore aux premières heures de son activité. et personne n'a dit que les défis sécuritaires d'Haïti allaient changer en un claquement de doigts. Par contre, l'appui compte. Des fondations institutionnelles ont été établies. Il existe une structure de commandement. Le modèle opérationnel est prometteur. Les premières opérations ont commencé. Et c'est à ce moment-ci que les investissements commencent à engendrer une plus-value. Si on arrive à maintenir cette dynamique, la force de répression va augmenter sa portée, augmenter la pression sur les gangs et continuer son travail. Si on perd cette dynamique, par contre, la situation pourrait s'inverser. La communauté internationale a pour la première fois en plusieurs années une mission avec un mandat clair, avec un concept opérationnel clair, des jalons évaluables, des mécanismes d'application du principe de redevabilité forts et un appui politique solide. L'idée n'est pas uniquement de mettre en avant mon âme, mais bien de maintenir une dynamique. Je vous remercie, Madame la Présidente.
Merci, Monsieur Christofilis, de son exposé. Et je vais maintenant faire une déclaration en ma qualité de ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la diaspora congolaise de la République démocratique du Congo. Distingués membres du Conseil de sécurité, Mesdames et Messieurs, j'ai l'honneur de prononcer cette déclaration au nom des A3, à savoir le Liberia, la Somalie et mon propre pays, la République démocratique du Congo. Nous remercions les représentants spéciaux du secrétaire général, M. Carlos Ruiz Massieu, Mme Vanessa Fraser, Mme Monica Juma, directrice exécutive de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que M. Jacques Christofides, chef de la Force de répression des gangs, en sigle GSF, pour leurs exposés édifiants. Je salue la présence de Son Excellence Madame Forbin, ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti, ainsi que Son Excellence Monsieur Roberto Alvarez Gil, ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine. Chers membres du Conseil, les A3 saluent les progrès réalisés dans le processus de transition politique en Haïti. Les avancées relatives au cadre électoral, à la planification budgétaire du processus électoral et aux préparatifs conduits par le Conseil électoral provisoire témoignent d'une volonté de progresser vers le rétablissement de l'ordre constitutionnel. Nous encourageons les acteurs haïtiens à préserver cette dynamique par un dialogue inclusif et un esprit de consensus et d'appropriation nationale. Nous prenons également note des efforts engagés pour renforcer les institutions nationales, notamment à travers la mise en place de mécanismes spécialisés de lutte contre les crimes graves, la corruption et les flux financiers illicites. Le renforcement de l'État de droit et de la redevabilité demeure indispensable pour restaurer durablement la confiance de la population. Les évolutions ci-haut soulignées permettent d'entrevoir des perspectives encourageantes, mais elles ne sauraient occulter le fait que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante. Comme indiqué dans les paragraphes 16, 17, 18 et 19 du rapport du Secrétaire général sur la question concernant Haïti, dont nous prenons acte, la violence des gangs continue de faire des victimes, de déplacer des populations et de saper l'autorité de l'État. et ses répercussions se font de plus en plus sentir au-delà de Port-au-Prince. Nous sommes particulièrement préoccupés par l'expansion territoriale continue et la sophistication croissante des réseaux criminels organisés, notamment leur contrôle des axes de transport stratégiques, des ports et des chaînes d'approvisionnement essentielles. Nous saluons donc le lancement des opérations de la Force de répression des gangs et les efforts entrepris par le Service de sécurité des Nations Unies pour appuyer son déploiement. Les A3 attendent avec intérêt la poursuite du déploiement de cette force et l'atteinte rapide de sa pleine capacité opérationnelle conformément à son mandat et en appui aux efforts de stabilisation menés par le gouvernement d'Haïti.
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, nous nous félicitons des progrès enregistrés notamment dans le cadre des efforts visant à renforcer les capacités de la police nationale haïtienne nous appelant à davantage mobilisation par la communauté internationale afin d'assurer de débloquer les ressources humaines financières et logistiques nécessaires à la pleine mise en œuvre de ces mesures le groupe A3 souhaite cela étant dit insister sur le fait que les opérations sécuritaires même si elles sont essentielles ne s'accompagneront de résultats pérennes que si elles sont accompagnées d'une restauration rapide et effective de l'autorité de l'État, au bon fonctionnement des institutions judiciaires et des services publics dans les zones reprises par le gouvernement. Il est aussi essentiel de démanteler les activités économiques criminelles, les réseaux de trafic d'armes illicites ainsi que les réseaux financiers de type mafia qui alimentent les gangs et leur permettent de renforcer leurs capacités néfaste pour une stabilisation sur le long terme. Il faut plus de sécurité, une gouvernance efficiente, des perspectives économiques inclusives et la restauration de la confiance entre les institutions publiques et la population. À cet égard, le Groupe a trois pour note des options présentées dans le dernier rapport du Secrétaire général du 29 mai 2026, conformément à la résolution 2840, visant à soutenir les efforts haïtiens afin de mettre en œuvre le processus de DDR. Ce processus pourrait être mis sous les auspices des autorités haïtiennes pour garantir une prise en charge nationale complète et une prise en charge des institutions compétentes. Nous réaffirmons notre appui à une approche progressive menée au niveau national et adaptée aux réalités du contexte haïtien, tout en mettant en œuvre des efforts sécuritaires supplémentaires. Le Groupe A3 estime que le succès du processus sera tributaire de l'engagement de tous les instants de la communauté internationale grâce à un appui politique cohérent, des ressources adéquates et des financements prévisibles et durables. S'agissant de la situation très difficile des enfants associés aux gangs ou contrevenant à la loi, telle que présentée dans le rapport du Secrétaire général, le Groupe A3 condamne fermement le recrutement et l'utilisation par les gangs. Le groupe A3 insiste pour dire que ces enfants doivent être avant toute chose vus comme des victimes et dès lors doivent bénéficier de mesures appropriées de protection, de réinsertion et de réhabilitation. Le groupe A3 estime que, à cet égard, le succès de tout processus et programme de DDR futur dépendra de leur capacité à prendre en considération les facteurs socio-économiques qui ont rendu possible le recrutement des enfants dans ces gangs. J'insiste aussi pour dire que S'il n'y a pas d'alternatives crédibles en termes d'éducation, de formation professionnelle et d'intégration économique, le risque de rechute et de nouveaux recrutements dans les groupes criminels demeurera élevé. Dès lors, le Groupe A3 appelle davantage de coopération entre les autorités haïtiennes, le système de l'ONU et surtout l'UNICEF et d'autres partenaires compétents afin d'établir des programmes de réintégration durable qui peuvent être ensuite mis en œuvre, respectant l'intérêt supérieur de l'enfant et adaptés aux réalités du contexte haïtien. Cette approche axée sur la protection doit être pour tous les enfants. En outre, les coupables de crimes graves doivent être traduits devant la justice et doivent répondre de leurs actes pleinement conformément aux dispositions de l'état de droit grâce à des mécanismes judiciaires nationaux impartiaux, effectifs et crédibles. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, le groupe A3 réaffirme que la lutte contre l'impunité demeure un des piliers incontournables d'une paix durable. Le renforcement des capacités judiciaires, de lutte contre la corruption et les enquêtes financières sont indispensables si il est question de réaffirmer les raffermir plutôt les acquis politiques et sécuritaires enregistrés. En conclusion, le groupe A3 estime que la restauration de la paix et de la stabilité en Haïti exige une approche intégrée avec des impératifs sécuritaires, une lutte contre la criminalité organisée transnationale, le dialogue politique, l'état de droit, la justice, l'action humanitaire et le développement. La dynamique est en fin de compte une fenêtre de tir dont nous devons profiter. L'engagement des parties prenantes haïtiennes avec un soutien permanent cohérent du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, feront ou non le succès de cette initiative. Le groupe A3 réaffirme sa solidarité avec le peuple haïtien. Nous sommes très attachés à la souveraineté et à l'intégrité territoriale d'Haïti. Nous réaffirmons notre appui aux efforts pilotés par les autorités haïtiennes et le peuple haïtien afin de rétablir l'ordre constitutionnel afin de faire émerger une paix durable et un développement inclusif et durable. Je vous remercie.
Je reprends mes fonctions de présidente du Conseil et je donne maintenant la parole au représentant des États-Unis.
Merci, Madame la Présidente. Je suis très heureux de vous voir. Bienvenue. Merci beaucoup à nos intervenantes et intervenants qui sont parmi nous aujourd'hui. Il y a quelques semaines, j'ai eu la possibilité de me rendre à Port-au-Prince et à à Saint-Domingue. Pendant cette visite, j'ai rencontré des responsables de l'ONU, du gouvernement haïtien, du gouvernement de la République dominicaine et j'ai pu rencontrer des parties courageuses intéressées, l'UNICEF, l'ONG Save the Children, avec cette question extrêmement douloureuse de la réintégration des enfants. Nous avons rencontré un enfant de huit ans qui avait été recruté par un gang et on lui avait appris à tuer en le faisant s'entraîner à tuer des chiens. Cet enfant a été sauvé, mais il y en a tant d'autres à sauver. Chers collègues, au vu du combat qui nous attend et qui attend la force de répression des gangs. Comme vous le savez, Haïti se trouve à quelques centaines de kilomètres de la Floride et donc les États-Unis, en plus du Conseil, ont énormément intérêt à faire disparaître les armes, les stupéfiants, la violence parce qu'il y a des répercussions pour l'Afrique, pour l'Europe, pour les États-Unis. On peut voir que des quartiers entiers, une ville entière, la capitale, Port-au-Prince, est devenue une zone de mort. Des ports, des routes, des hôpitaux, des prisons sont sous leur contrôle et La criminalité s'étend bien au-delà de Port-au-Prince, elle est exportée. Et ce qui est très troublant, c'est que ces gangs célèbrent tout cela sur les réseaux sociaux, sur TikTok, sur Instagram, sur Facebook et se présentent comme des révolutionnaires alors qu'ils recrutent des enfants, alors qu'ils terrorisent la population haïtienne. avec des exécutions et d'autres formes de torture et encore plus troublant, ces gangs gagnent de l'argent avec ces sites sur les réseaux sociaux et nous devons lutter contre tout cela très bientôt. Comme les intervenantes et intervenants l'ont dit, les gangs exigent des droits de passage aux civils. Il y a des enlèvements contre rançon et des familles déjà pauvres doivent vendre leur peu de biens afin de venir en aide à leurs proches. C'est pourquoi la première priorité de la force de répression des gangs dans ce plan de campagne, j'ai eu un exposé, une présentation, c'est de reprendre les routes, de rétablir des lignes de communication, de récupérer les ports et le commerce. Le commandant mongol me l'a dit directement et j'ai pu voir des forces déployées au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Afrique. J'ai rencontré des responsables également de la composante civile avec le fonctionnement politique avec des personnes qui ont beaucoup d'expérience, avec un plan intégré de qualité, mais qui devra être mis en œuvre. J'ai pu voir les unités d'aviation de El Salvador, des opérations spéciales de la Jamaïque, les contingents du Tchad. Il y a 300 personnes qui sont également arrivées du Sri Lanka, donc des contingents qui viennent du monde entier. Les soldats et les officiers de police que j'ai rencontrés sont bien formés, bien armés, plutôt bien équipés. Ils ont les moyens avec un mandat offensif grâce au travail du Conseil de sécurité pour éliminer, neutraliser les barbeque de Haïti pour rendre justice. et pour lutter contre ces dictateurs qui occupent les rues comme si c'était un terrain de jeu létal. Donc je rends hommage aux pays fournisseurs de contingents de personnel de police. Je peux vous dire que cette mission n'aurait pas été possible sans l'engagement, sans le sacrifice, notamment de la République dominicaine qui, d'ailleurs, considère cela comme une menace existentielle pour sa sécurité et qui a joué un rôle formidable pour faciliter le déploiement de la Force de répression des gangs, pour que la Force puisse prendre position. Je remercie la sous-secrétaire générale Daniella Croslla, l'équipe de pays qui travaille avec les partenaires pour faire en sorte que les contingents soient déployés le plus rapidement possible. Très franchement, chers collègues, je pense qu'au cours des dix derniers mois, la Force de répression des gangs a montré ce que l'ONU peut réaliser quand elle revient aux fondamentaux. Et ce n'est que le début. Comme le représentant spécial l'a dit, les progrès de la Force seront mesurés à l'aune des objectifs, des indicateurs présentés par M. Christofides. Et je salue la mise au point de ces indicateurs, de ces moyens de mesure pour passer en revue les progrès réalisés. C'est ainsi que doit fonctionner l'ONU, se rassembler, mettre un terme au chaos avant que cela ne dégénère et agir de manière collective. À cette fin, nous attendons avec intérêt de travailler avec notre co- porte-plume, le Panama, alors que nous voulons renouveler le mandat de la force en septembre et d'ici là, j'ai parlé avec nombre de représentants de pays, mais j'appelle tous les pays qui ont des capacités aériennes à contribuer au déploiement du matériel et des contingents. Je remercie les collègues de la Côte d'Ivoire, du Sri Lanka, du Bangladesh afin d'accélérer le déploiement avec des capacités de transport aérien, le contingent, le matériel pourront donc être déployés. Et on peut se déployer bien plus rapidement avec un voyage aérien qu'un voyage par voie maritime. Que ce soit des moyens militaires ou commerciaux, peu importe. Donc voilà à quoi ressemble la victoire. La victoire, c'est faire en sorte que les gangs ne contrôlent plus la moitié d'Haïti, que les familles puissent sortir de chez elles sans s'acquitter de droits de passage, sans vendre leurs enfants aux gangs, sans que les enfants ne soient menacés et forcés de rejoindre les gangs. Et il faut que les responsables rendent des comptes, qu'ils soient neutralisés ou arrêtés. avec les opérations, les premières opérations de sécurisation représentent une bonne première étape. Mais j'ai pu rencontrer le ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre. Le gouvernement haïtien sait qu'une solution durable, c'est d'avoir des forces de sécurité qui peuvent être présentes de manière durable, faire respecter le droit, Il s'agit donc d'une dure bataille qui attend les forces de sécurité haïtiennes. J'ai pu rencontrer des officiers de police qui m'ont raconté que deux semaines auparavant, une patrouille de police avec un véhicule blindé avait été stoppée. Les personnes avaient mis le feu à leur véhicule et donc ils avaient le choix entre être brûlés vifs ou quitter leur véhicule. Ils ont été poursuivis. Et je dis cela pour que tout le monde comprenne bien le combat qui attend les forces de sécurité haïtiennes et je salue les hommes et les femmes qui. qui travaillent dans les forces de sécurité, très souvent il y a des blocages, des points de contrôle. Très souvent en termes de matériel, il faut des bulldozers pour pouvoir dégager ces axes routiers, dégager ces points de contrôle. Il y a l'idée, il y a l'exemple d'un jeune homme qui travaillait dans ces travaux de pour dégager les rues, sa famille avait été kidnappée, il s'était rendu, a été exécuté en pleine rue et en plein jour. Donc il y a tant d'anecdotes, de récits de ce type et tout cela pour insister sur la brutalité de ces gangs et de la violence imposée à la population haïtienne. Pour autant, la police nationale haïtienne et les forces armées interviennent de manière importante. Les États-Unis soutiennent sans réserve le programme de renfort et de recrutement de la police nationale haïtienne, P4000, pour recruter des officiers de police. Deux mille officiers ont reçu un diplôme très récemment. pour être déployés sur le territoire haïtien et les États-Unis se félicitent du fait que les autorités haïtiennes honorent leur promesse de faire revenir le pays dans la gouvernance démocratique. Nous saluons les mesures concrètes prises par le Conseil de préparation des élections pour organiser des élections pour la première fois en dix ans. Chers collègues, le peuple haïtien mérite des rues libérées des gangs, un système libéré de l'intimidation et l'effondrement. Donc, la contrebande d'armes, l'immigration illégale, le trafic de drogue ne connaissent pas de frontières et toute la région, tous les pays ont intérêt à ce que la situation en Haïti s'améliore. Donc, pour être très clair, si je n'ai pas été, les États-Unis sont À vos côtés, nous continuerons de soutenir Haïti. Nous continuerons de travailler avec les Haïtiens, avec la Force de répression des gangs, avec les autres partenaires pour rétablir la sécurité, pour partager la charge et aider le peuple haïtien à récupérer son pays. Je vous remercie.
Représentant des États-Unis, et je donne maintenant la parole au représentant du Panama.
Merci, Madame la Présidente.
Nous saluons les exposés du représentant spécial du secrétaire général pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, de la directrice exécutive de l'ONU DC, Monica Djouma, de la représentante spéciale du secrétaire général pour la question des enfants et les conflits armés, Vanessa Fraser, et du représentant spécial de la force de répression des gangs, Jacques Christofides. Nous saluons la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Mme Thérèse Kayi-Kwamba. Nous saluons également la ministre des Affaires étrangères d'Haïti, Reyna Forbin, et le ministre de la République dominicaine, Roberto Alvarez Gil. Et nous saluons également les représentantes et représentants des délégations du Mexique et de la Jamaïque qui nous honorent de leur présence. Tout d'abord, nous saluons la visite du Secrétaire général en Haïti et en République dominicaine, qui montre que la situation reste prioritaire. C'est une reconnaissance également des énormes défis auxquels fait face ce pays qui est un symbole historique de libération pour tout le continent américain. En outre, nous saluons la visite récente réalisée par la directrice exécutive de l'ONU DC, Monica Juma, qui permet de réaffirmer l'engagement de l'ensemble de l'ONU, y compris son secrétariat, ses organismes, fonds et programmes en faveur d'Haïti. La crise multidimensionnelle qui touche la République d'Haïti, pays frère, est une crise dont tous les éléments sont liés. Et ce sont celles et ceux qui ne sont pas responsables de la violence qui payent le prix fort et ce de manière disproportionnée. Dans le domaine humanitaire, les chiffres parlent d'eux-mêmes. 1,4 million de personnes par crainte de perdre leur vie ont dû se déplacer à l'intérieur du pays et vivre dans un état de déracinement. Plus de 5,8 millions d'Haïtiens font face à une insécurité alimentaire aiguë et cette réalité est particulièrement cruelle concernant les cas de violences sexuelles et fondées sur le genre avec un chiffre extrêmement troublant de viols en réunion contre des femmes et des filles avec le recrutement forcé d'enfants qui voient leur enfance sacrifiée. La crise multidimensionnelle touche différents domaines de la vie du peuple haïtien et, à ce titre, la riposte internationale, y compris celle du Conseil de sécurité, doit adopter une approche holistique concernant tous les défis auxquels fait face le pays. Il faut reconnaître que la sécurité représente une priorité immédiate et une condition sine qua non pour avancer sur tous les sujets de front, y compris le processus électoral. Le Bureau intégré des Nations Unies, la Force de répression des gangs, le Bureau d'appui, le Comité de sanctions, les organisations régionales, les partenaires bilatéraux doivent articuler leurs efforts de manière holistique, en tirant parti des synergies entre les mandats respectifs qui doivent être mis en œuvre de manière interconnectée pour que la riposte soit véritablement intégré, holistique. Il faut se pencher sur la situation humanitaire, sur les institutions, sur le système judiciaire et dans le même temps, il faut créer des possibilités économiques et sociales, notamment pour les jeunes qui, aujourd'hui, en l'absence de perspectives, sont particulièrement vulnérables vis-à-vis du recrutement par les gangs. À ce titre, nous prenons note de la lettre du Secrétaire général avec les options pour la création d'un programme de désarmement, démobilisation, réintégration. Cette note présente en détail une initiative qui exige l'attention urgente du Conseil de sécurité, notamment car cette note met l'accent sur les alternatives proposées aux jeunes vulnérables vis-à-vis du recrutement par les gangs, qui complètent de manière indispensable les efforts dans le domaine de la sécurité. En outre, nous relevons l'arrivée de contingents supplémentaires et nous remercions sincèrement le Bureau d'appui de son travail extrêmement précieux. Nous saluons tout particulièrement le Tchad, le Sri Lanka, la Mongolie, la Jamaïque, El Salvador, le Guatemala, et tous les États qui ont contribué ou qui se sont engagés à fournir des contingents pour cette mission des plus importantes. Concernant les priorités et la situation de sécurité, nous espérons que le déploiement de la force de répression des gangs continuera de renforcer ces opérations et de consolider les acquis déjà obtenus en étroite coordination avec les autres composantes de la riposte en matière de sécurité. Cette coordination doit également être élargie aux acteurs humanitaires afin de préserver un environnement qui permette de prêter appui de manière sûre et sans entrave. Madame la Présidente, la stabilisation de la situation en Haïti ne dépendra pas seulement du rétablissement de la sécurité. Le Conseil de sécurité ainsi que la communauté internationale doivent contribuer à une approche véritablement holistique qui combine sécurité, renforcement des institutions, justice, développement et protection des droits humains. Pour autant, la réussite de ces efforts passera également par l'engagement, la volonté politique et le rôle de chef de file continu des autorités haïtiennes et du peuple haïtien. Il n'y a que par une action conjointe qu'on pourra réunir les conditions minimales de sécurité nécessaires pour redresser le pays, pour réunir les conditions d'une paix et d'une stabilité durable et faire en sorte que, par le biais d'un processus électoral libre, inclusif et crédible, le peuple haïtien lui-même puisse décider de l'avenir de son propre pays. Je vous remercie infiniment.
Je remercie le représentant du Panama et je donne maintenant la parole à la représentante de la Lettonie.
Merci, Madame la Présidente.
Je remercie le représentant spécial du secrétaire général, Carlos Ruiz Massieu, la directrice exécutive de l'ONU DC, Madame Monica Djouma, la représentante spéciale sur les enfants et les conflits armés, Mme Vanessa Frazer, et le représentant spécial de la Force de répression des gangs, M. Jacques Christofides. Je salue également la présence des ministres des Affaires étrangères d'Haïti et de la République dominicaine, et je salue la présence du Mexique également. Madame la Présidente, Haïti connait un moment charnière. Certes, les défis en matière de sécurité, les défis humanitaires et politiques restent considérables, mais cela souligne également la nécessité urgente de rétablir la gouvernance démocratique. Nous prenons note des étapes positives, avec notamment un décret électoral amendé, la présentation d'un budget électoral équilibré et révisé. Nous encourageons les autorités haïtiennes À ne pas retarder l'annonce d'un calendrier électoral clair et réaliste. La tenue d'élections est essentielle pour rétablir la confiance des citoyens, pour démontrer qu'il y a une prise de responsabilité vis-à-vis des parties prenantes nationales et du peuple haïtien qui désire l'appel à la sécurité et la stabilité. La fenêtre d'opportunité représente un élan aujourd'hui et c'est pourquoi les préparatifs en vue du processus électoral, avec notamment le lancement de l'enregistrement sur les listes électorales, doivent être déployés, en plus des efforts pour réunir des conditions de sécurité optimales pour des élections crédibles et inclusives. Madame la Présidente, nous saluons le BANU et la Force de répression des gangs de leurs efforts et de leur soutien apporté à Haïti dans un contexte exceptionnellement difficile. Nous saluons tous les États membres qui fournissent du personnel, du matériel et des financements en ce moment charnière. Alors que les opérations de sécurité se poursuivent, il est tout aussi important que la force de répression des gangs Et les forces de sécurité internationales et haïtiennes honorent pleinement la politique de diligence voulue en matière de droits humains, respectent le droit des droits humains et le droit international humanitaire à tout moment. Le respect des mécanismes en matière de droits humains représente une obligation juridique, mais c'est également essentiel pour renforcer la confiance des citoyens et garantir l'efficacité des efforts de sécurité sur le long terme. Nous rappelons également que les femmes et les filles sont les plus durement touchées par la violence des gangs. C'est pourquoi une approche tenant compte du genre doit être intégrée et mise en œuvre de manière efficace. Dans le même temps, on ne pourra pas réaliser une paix durable uniquement par des mesures de sécurité. Et donc nous encourageons les autorités haïtiennes à accélérer la mise au point et la mise en œuvre d'une stratégie de désarmement, démobilisation, réintégration complète faisant l'objet d'une appropriation au niveau national. Nous réaffirmons que les programmes DDR jouent un rôle essentiel pour obtenir des gains de sécurité durable et empêcher que les gangs ne regagnent du terrain. Des propositions ont été élaborées par les parties prenantes nationales et internationales qui figurent également dans le dernier rapport sur la stratégie DDR. Cela représente un socle précieux qui doit être examiné avec soin et adapté aux réalités actuelles de manière rapide. Il faut notamment Trouver des solutions pour les mineurs, les femmes et les filles associées aux gangs dans le cadre de ce processus DDR. Madame la Présidente, les progrès durables en Haïti passent par des réformes institutionnelles, notamment dans le secteur de la justice. L'un des principaux facteurs de la violence des gangs en Haïti, comme la gouvernance affaiblie, la corruption généralisée, L'institution judiciaire, qui est fragile, doit faire l'objet d'un traitement décisif pour qu'il y ait de vrais résultats sur le plan judiciaire et pour rétablir la confiance dans les institutions publiques en Haïti, qui est absolument essentielle. Les réformes structurelles jouent un rôle essentiel pour bâtir des institutions. résiliente à même de rendre justice, de lutter contre l'impunité, de jeter les bases d'une paix durable et du développement durable en Haïti. Nous attendons également une opérationnalisation rapide et complète de deux pôles judiciaires spécialisés inaugurés en mai pour lutter contre les atrocités criminelles et notamment les violences sexuelles. Nous encourageons le gouvernement haïtien à garantir une protection complète des femmes et des filles qui font face à un danger constant et d'insécurité, au harcèlement et à la brutalité. Nous avons pu observer que la participation des femmes à différents niveaux de gouvernance et de prise de décision en Haïti était bien en deçà de la cible de 30 % établie par la Constitution. Et on ne pourra pas améliorer de manière significative la qualité de vie des femmes et des filles en Haïti sans une participation pleine sur un pied d'égalité significative aux élections et aux prises de décisions à tous les niveaux de gouvernance. Enfin, la Lettonie continue de pleinement soutenir le travail du BINUH. la promotion d'un dialogue politique inclusif, le soutien apporté au processus électoral, le renforcement de l'État de droit, les progrès sur le fond du programme Femmes, paix et sécurité jouent un rôle essentiel pour un changement positif, pour un redressement et une stabilité de long terme qu'appelle de ses vœux la population haïtienne. Soyons engagés en faveur de ces objectifs. Merci.
Représentante de la Lettonie, de sa déclaration et je donne maintenant la parole à la représentante du Danemark.
Merci, Madame la Présidente, je vous souhaite à nouveau bienvenue au Conseil. Je remercie les intervenants et intervenantes de leur contribution importante et je souhaite la bienvenue au ministre des Affaires étrangères d'Haïti et de la République dominicaine. Madame la Présidente, comme nous l'avons entendu, Haïti continue de souffrir d'une crise polyfacétique d'une ampleur considérable. Les gangs terrorisent le pays, les familles sont déracinées, déplacées. Les civils souffrent d'une crise humanitaire difficile et de violations odieuses de leurs droits humains. Dans ce contexte, j'ai trois observations. Tout d'abord, la question de la sécurité est essentielle. Le Danemark se félicite des progrès réalisés avec la création et l'élargissement de la force de répression des gangs avec le déploiement de nouveaux contingents sur le terrain. Nous saluons les États membres qui se sont mobilisés, qui se sont engagés. Nous saluons également l'ONU qui a agi rapidement pour créer le bureau d'appui. Il est impératif que tous les efforts nationaux et internationaux visant le rétablissement de la sécurité en Haïti soient déployés dans le strict respect du droit international. La force de répression des gangs doit fonctionner en respectant les normes les plus élevées en matière de conduite avec Un contrôle et une transparence robustes, c'est également essentiel pour obtenir et pérenniser la confiance de la population haïtienne. Et à ce titre, nous saluons les remarques du représentant spécial Christofides qui a parlé du cadre d'application du principe de responsabilité de la force. L'interruption de l'approvisionnement en armes. et en munitions des gangs reste essentiel pour rétablir la sécurité. Nous rappelons la nécessité de pleinement mettre en œuvre le régime de sanctions pour rompre le flux illicite d'armes et cibler la criminalité transnationale organisée. Ensuite, Madame la Présidente, la situation très difficile sur le plan humanitaire et la crise des droits humains doivent faire l'objet d'un traitement urgent. Plus de 6,4 millions d'Haïtiens ont besoin d'aide humanitaire. Les déplacements à l'intérieur du pays augmentent de jour en jour et le système sanitaire est au bord de l'effondrement. Nous rendons hommage aux partenaires humanitaires et au personnel de l'ONU qui continuent de prêter appui aux personnes qui sont dans le besoin dans ce contexte dangereux. Nous appelons à intensifier l'aide humanitaire et le financement de manière urgente pour le plan de réponse humanitaire d'Haïti. Dans le même temps, la situation des droits humains continue de se dégrader. Les femmes et les enfants paient le plus lourd tribut. Les violences sexuelles et fondées sur le genre, notamment les viols en réunion, sont des phénomènes rampants. Les enfants souffrent de graves violations et d'atteintes à leurs droits de la part des gangs. Toutes ces attaques doivent cesser immédiatement. Nous condamnons dans les termes les plus énergiques toutes les violations des droits humains contre les civils en Haïti. Il faut faire en sorte que les enfants soient séparés des gangs, c'est essentiel. Nous saluons la lettre du secrétaire général du 29 mai présentant plusieurs options en matière de DDR et nous appelons les autorités haïtiennes à continuer de faire avancer ces efforts avec une appropriation au niveau national. Nous appelons également les autorités à lutter contre l'impunité systémique, à accélérer les progrès pour que le système judiciaire fonctionne. Ensuite, il doit y avoir des progrès concernant le processus politique, notamment des efforts pour faire avancer rétablir la confiance entre les Haïtiens. Une transition inclusive par le biais d'élections crédibles est le seul moyen légitime de rétablir l'ordre constitutionnel et les institutions démocratiques. À ce titre, nous nous félicitons de l'accord récent sur le plan du budget pour la tenue d'élections et nous exhortons les autorités à accélérer les progrès. J'aimerais réaffirmer le soutien indéfectible du Danemark au peuple haïtien. Les autorités haïtiennes, avec l'appui de l'ONU et de la communauté internationale, doivent poursuivre sur cet élan et progresser sur le front politique et sur le front du rétablissement de la sécurité.
Nous restons engagés à travailler avec tous les partenaires. Merci.
Je donne maintenant la parole à la représentante de la Grèce.
Merci, Madame la Présidente. Permettez-moi tout d'abord de remercier nos intervenants pour leurs exposés pertinents. Nous nous félicitons également de la récente visite du Secrétaire général en Haïti, qui a transmis un message de solidarité et mis en évidence l'ampleur de la crise ainsi que le caractère limité de la fenêtre d'opportunités qui s'offre à nous. Nous faisons écho à son appel. selon lequel Haïti demande au monde de tenir parole. Alors que 6,4 millions de personnes ont besoin d'aide et que seulement 25 % du plan de réponse humanitaire pour 2026 était financé à la mi-juin, nous appelons à un financement prévisible à la hauteur des besoins.
À la lumière de tout ceci, j'aimerais m'arrêter sur trois éléments. Tout d'abord la Grèce se félicite du début des opérations de la force de répression des gangs et de l'appui opérationnel fourni par le bureau d'appui des Nations Unies en Haïti le Banu nous notons le déploiement progressif de la force ses premières patrouilles et ses opérations ciblées La stratégie de la force est un cadre clair qui permet de supprimer le contrôle par les gangs de certains territoires, de garantir la sûreté d'infrastructures critiques et de renforcer la capacité des autorités haïtiennes à limiter la violence des gangs. Son plan de déploiement rapide en plus de ressources prévisibles et adéquates demeure essentiel surtout à la lumière de la propagation de la violence des gangs au-delà de Port-au-Prince. Toutes les opérations doivent être influencées par les renseignements coordonnés avec les institutions haïtiennes et respecter pleinement et strictement le droit international des droits de l'homme. Nous nous félicitons de la mise en service du cadre HRDDP Une supervision solide, une politique de tolérance zéro pour l'exploitation sexuelle et les atteintes sexuelles demeurent indispensables. L'embargo sur les armes doit être aussi pleinement mis en œuvre. Les mesures sécuritaires doivent s'accompagner de mesures de renforcement de la résilience des communautés et d'un appui en faveur d'une stabilisation sur le long terme d'Haïti. Dans le même temps, Les réalisations sécuritaires doivent ouvrir la porte à un progrès politique. Nous nous félicitons du décret électoral amendé du 2 juillet et de l'accord conclu sur le budget électoral révisé. Ce sont des mesures importantes, mais le calendrier électoral demeure en phase d'examen et les préoccupations en souffrance doivent être réglées grâce à un dialogue sans exclusive. Nous appelons les parties prenantes haïtiennes à accélérer les préparations à puisque pardon des élections crédibles inclusives et sûres demeurent la seule façon de rétablir l'ordre constitutionnel. Les bons offices du MINU et l'assistance électorale demeurent indispensables. Ensuite, les conclusions du rapport du secrétaire général sur les enfants, les conflits armés demeurent vivement préoccupants. les 2088 violations graves vérifiées par l'ONU alors qu'en 2025 il n'y en avait que 1661 y compris le recrutement et l'utilisation de 892 enfants nous félicitons l'adoption du programme après jeunes et de la réintégration de 573 enfants qui faisaient partie de gang Les enfants associés aux gangs doivent être traités avant toute chose en tant que victimes, pas en tant que menace pour la sécurité. Et dès lors, nous nous félicitons du transfert récent de 13 enfants détenus qui auraient été associés avec des gangs dans un centre de transit. Nous appelons à la pleine mise en œuvre du protocole de transfert, à la mise en service des points de référence pour la protection de l'enfance, à des procédures appropriées selon l'âge et à l'adoption d'alternatives à la détention et à une réintégration prenant en compte l'égalité femmes-hommes. Nous appelons les acteurs sécuritaires à réduire les pertes chez les enfants, surtout lorsqu'il est question des drones, et à faire montre d'une retenue maximale lors des opérations de répression. La Grèce se félicite aussi de l'adoption de la feuille de route de la Commission nationale DDR et des différentes options en face du secrétaire général afin d'appuyer le programme de DDR piloté par Haïti. Le programme DDR doit être lié à la réduction de la violence des communautés, à la bonne gestion des armes, à la réforme de la justice, à la relance, tout en permettant des voies de désengagement, de réintégration et d'adoption de moyens de subsistance. soutenable. Le désengagement ne peut jamais être synonyme d'impunité pour les crimes les plus graves. Nous nous félicitons aussi de la création de deux unités judiciaires spécialisées pour les crimes de masse, pour la violence sexuelle et pour les crimes financiers, et nous espérons que ces unités pourront être pleinement mises en service.
La Grèce réaffirme son soutien indéfectible au BINU, à l'UNSO et au GSF, La dynamique actuelle doit se traduire par une sécurité durable, le rétablissement de l'ordre démocratique et le respect de la dignité de tous les Haïtiens. La Grèce salue la résilience remarquable du peuple haïtien face à des épreuves prolongées et réaffirme sa conviction que cette détermination doit être soutenue par une action internationale résolue et constante. Je vous remercie.
Je remercie la représentante de la Grèce pour sa déclaration et je donne maintenant la parole au représentant de la France.
Madame la Présidente, je voudrais tout d'abord remercier le représentant spécial du secrétaire général, M. Carlos Ruiz Massieu, la directrice générale de l'ONU DC, Mme Monica Juma, la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Vanessa Frazier, et le représentant spécial de la force de répression des gangs, M. Jacques Christophe Idesse, pour leurs interventions. Je salue la présence parmi nous de la ministre des Affaires étrangères et religieuses d'Haïti, Mme Reyna Forbin, et du ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, M. Roberto Alvarez Gil. Madame la présidente, il est clair que la priorité pour Haïti reste de rétablir la sécurité et de permettre la restauration des services de base et de l'Etat de droit sur l'ensemble de son territoire. C'est un agenda qui nous engage pour répondre à une double urgence. Urgence pour les millions d'Haïtiennes et d'Haïtiens qui subissent au quotidien la violence des gangs criminels, les déplacements forcés et l'insécurité alimentaire. Urgence également, avec le rétablissement minimal de la sécurité et la réouverture des routes nationales, de faire aboutir le processus de transition politique. Seule la restauration des institutions démocratiques du pays, via la tenue d'élections, permettra de jeter les bases d'une gouvernance renouvelée à même de garantir un retour durable à l'État de droit et au respect des droits de l'homme. Pour s'attaquer à ce fléau de l'insécurité, nous disposons aujourd'hui d'outils qu'il nous faut utiliser pleinement. Tout d'abord, la Force de répression des gangs poursuit son déploiement et elle s'est dotée d'une stratégie cohérente. Il importe d'accélérer sa montée en puissance pour lui permettre, avec le soutien du Bureau d'appui des Nations unies, le Banu, de conduire dès que possible les opérations prévues pour la reprise des territoires aux gangs criminels et la sécurisation des infrastructures essentielles. La France y contribue d'ores et déjà avec un soutien politique, financier et technique. Nous veillerons également à ce que la force soit redevable en matière de droits de l'homme et du droit international humanitaire. Il en va du respect des populations comme de la soutenabilité de l'effort international. Rappelons enfin que nos décisions Pour que nos décisions aient un effet à long terme, il nous revient d'appuyer les autorités haïtiennes dans le renforcement des capacités de la police nationale et celles des forces armées d'Haïti, ainsi que le contrôle des frontières, des armes et des munitions. La France continuera d'y contribuer à titre bilatéral. Ensuite, cette réponse sécuritaire doit être efficace, pour être efficace et durable, doit s'inscrire dans une approche globale visant au renforcement de l'ensemble de la chaîne police, justice, prison. La mise en œuvre d'un programme de désarmement, démantèlement et réintégration qui tienne compte de la situation particulière des enfants est essentielle. La France se tient prête à donner suite, avec les autres membres de ce Conseil, aux options proposées par le Secrétaire général en mai dernier. Par ailleurs, nous nous félicitons des avancées dans la mise en place des pôles judiciaires spécialisés, que nous soutenons dans le cadre de la présidence française du G7. étape essentielle dans la lutte contre l'impunité. Le BINU doit aussi poursuivre son travail en faveur du renforcement des institutions nationales de défense des droits de l'homme et de la société civile. Enfin, ce Conseil a mis en place un embargo sur les armes, dont une meilleure mise en œuvre permettrait de tarir les flux d'armes arrivant en Haïti. Il est complété de sanctions individuelles qui ont un effet dissuasif, si elles sont appliquées aux individus qui soutiennent et financent les gangs criminels. Madame la présidente, ce Conseil a pris ses responsabilités en mettant en place une architecture complète pour soutenir le retour à la sécurité en Haïti dans le respect de sa souveraineté, de son indépendance et de son intégrité territoriale. Il importe de continuer à poursuivre nos efforts en ce sens. La France continuera de se tenir aux côtés du peuple d'Haïti. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la France de sa déclaration. Je donne maintenant la parole au représentant de la Chine.
Merci, Madame la Présidente. Je souhaite la bienvenue à la Première ministre qui préside la réunion. Je salue Monsieur Vice-Massieu. Madame la Directrice exécutive, Madame Juma, Madame Fréjard et le représentant spécial, Monsieur Christofides, de leurs exposés. Je souhaite la bienvenue au Ministre de la République dominicaine, d'Haïti et les représentants de la Jamaïque et du Mexique. Depuis le dernier examen de la situation, les problèmes se sont confirmés, la situation politique est difficile, la crise humanitaire demeure très préoccupante. Toutes les parties en Haïti doivent montrer un sentiment d'urgence doivent prendre des mesures pragmatiques et les partenaires internationaux et la communauté internationale pour répondre à la crise de façon globale en prenant en considération les causes profondes et les symptômes. Plusieurs choses. Tout d'abord, il faut accélérer la transition politique, c'est impératif. Pour interrompre le cercle vicieux des crises en Haïti, il faut établir un gouvernement légitime, efficace pour que la gouvernance reprenne le fil de son histoire. Le secrétaire général dit qu'en matière de transition de préparation des élections il y a des retards la perspective de transition demeure incertaine les groupes et partis politiques les autorités haïtiennes doivent faire montre d'une véritable bonne volonté politique et doivent établir un consensus grâce à plus de dialogue pour tenir le plus rapidement possible des élections crédibles en évitant tout retard supplémentaire dans la transition politique. La Chine soutient le BINU dans son rôle de bons offices et de travail collaboratif avec la CARICOM et d'autres organisations régionales pour créer davantage de synergie. Ensuite, il faut plus d'efforts pour améliorer la situation sécuritaire. La police haïtienne et les forces de sécurité ont certes fait des progrès dans certaines opérations dans certaines zones, mais la criminalité demeure généralisée et des civils innocents continuent de souffrir énormément. Nous appelons les autorités haïtiennes à redoubler d'efforts pour lutter contre la violence issue des gangs et à renforcer la gouvernance sécuritaire, en se concentrant surtout sur la protection des civils lors des opérations sécuritaires, surtout les groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Nous avons noté les progrès enregistrés dans le déploiement et la mise en service de la Force de répression des gangs et nous espérons que cette force respectera le droit international strictement, fera montre d'une grande prudence dans le recours à la force, sera transparente et établira des rapports en temps et en heure et rendra des comptes dans ses opérations pour que le Conseil puisse garder un oeil très strict sur ses activités. Les flux d'armes et de munitions illicites contribuent à l'escalade de la tension en Haïti. Nous appelons encore une fois la communauté internationale et en particulier les principales sources d'armes et de munitions en Haïti à mettre en œuvre strictement l'embargo sur les armes du Conseil. Nous appelons les autorités haïtiennes à renforcer le contrôle et la supervision des armes et des munitions et nous soutenons les organisations régionales, l'ONU DC et les autres organisations qui continuent à épauler Haïti. Le Conseil des comités de sanctions devrait superviser l'évolution de la situation. Troisièmement, il faut continuer à trouver des solutions pour la subsistance de la population. Le chaos sécuritaire d'Haïti est un symptôme. Le problème, ce sont des décennies d'échecs de l'État qui ont mené à un déclin économique et à un sous-développement chronique. Les autorités haïtiennes ont la responsabilité au premier chef à cet égard. Et dès lors, les autorités doivent d'abord investir dans l'élément de subsistance, dans les services de base, les garanties, l'eau, l'éducation, le logement et les conditions de vie de la population. La Chine soutient le développement des instances de l'ONU ainsi que les partenaires régionaux internationaux dans leurs mesures d'assistance continue en faveur d'Haïti. Nous espérons qu'Haïti continuera aussi à renforcer ses capacités pour transformer l'appui extérieur en source interne de développement durable. Madame la Présidente, en fin de compte, l'avenir d'Haïti doit être fondé par le peuple haïtien lui-même. Nous soutenons le peuple haïtien qui doit prendre les rênes de sa propre destinée pour parvenir à une paix durable, à la stabilité et au développement aussi rapidement que faire se peut. La Chine est prête à continuer à jouer un rôle constructif avec la communauté internationale pour parvenir à cet objectif. Je vous remercie, Madame la Présidente.
Je remercie le représentant de la Chine de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à la représentante de la Fédération de Russie.
Nous remercions le représentant spécial du secrétaire général, M. Carlos Ruiz Massieu, la représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazer, et la directrice exécutive de l'UNICEF, Monica Juma, de leurs exposés circonstanciés. Nous avons écouté avec beaucoup d'attention Jake Christofides, chef de la Force de répression des gangs. Nous nous félicitons de la participation des représentants d'Haïti et de la République dominicaine. Haïti continue à être au seuil du gouffre, où chaque réussite exige des efforts colossaux et où le risque de chaos demeure très élevé. L'ampleur de la catastrophe humanitaire sur l'île et l'absence de réaction internationale face à cette catastrophe présenté avec beaucoup d'éloquence par le secrétaire général lorsqu'il s'est rendu à Port-au-Prince en juin dernier. Pour stabiliser le pays, il faut avant toute chose qu'il se remette sur la voie du développement constitutionnel et qu'il remette en place les organes du pouvoir démocratiquement élus. Et dans ce contexte, il Les efforts des autorités temporaires et de la communauté internationale, notamment grâce à la représentation unie de l'ONU dans le pays, devraient, et c'est tout à fait juste, se concentrer sur la préparation et l'organisation et la tenue d'élections présidentielles attendues de longue date. Nous sommes préoccupés par le fait que les préparations s'éternisent et que les reports s'accumulent pour les élections. Nous comprenons bien que les retards dépendent bien évidemment de la situation objective dans le pays, mais nous pensons que Il faudrait établir des dates pour que le peuple s'exprime et que cette fois la date choisie devra être respectée. Nous appelons les autorités temporaires et toutes les forces politiques au dialogue et à assumer un travail responsable pour le bien des intérêts du pays. Haïti doit définir lui-même les traits de sa destinée sans ingérence extérieure néfaste. la lumière des nombreux problèmes qui frappent le pays. La menace principale pour le processus électoral sûr dans le pays demeure les gangs qui comme le dit l'ONU DC ne sont plus des gangs de rue mais plutôt des réseaux criminels structurés avec des sources de financement diversifiées et un contrôle très vaste du territoire, des structures de transport et qui contrôlent en fin de compte la vie socio-économique de la population haïtienne. La force de répression des gangs est censée bouter ces gangs hors des territoires qu'ils contrôlent en épaulant la police nationale haïtienne et les forces armées. Nous notons les progrès dans le déploiement de la force et l'opérationnalisation du bureau de l'ONU pour lui fournir un appui. Nous espérons que désormais, puisque toute la base technique et logistique est en place, le contingent international sera en mesure de mener des opérations décisives contre les gangs haïtiens dans le cadre du mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité. Dans le même temps, nous appelons encore une fois les autorités de la force de répression et les présences onusiennes sur le terrain à se concentrer sur les nombreuses mesures d'appui nécessaires, sinon les résultats obtenus par les méthodes dites de la force ne seront pas durables. Je vous parle surtout du désarmement et de la mise hors d'état de nuire des gangues indispensables à la réintégration des membres dans la vie publique. Il faut aussi perfectionner le système pénitentiaire juridique et judiciaire du pays pour garantir un traitement juste et efficace des détenus. Parmi les priorités, il doit y avoir le respect des droits des enfants et le traitement humain de ces enfants, y compris lorsque ces enfants sont recrutés dans des gangs armés. Nous soutenons les initiatives Nous soutenons plutôt l'appui international au programme DDR présenté dans le rapport du secrétaire général, étant entendu bien évidemment que ce sont les Haïtiens qui sont responsables de cette initiative avant toute chose. Madame la présidente, utiliser la force uniquement pour éradiquer les gangs en oubliant les sources de financement, surtout les armes, revient à essayer de sortir un navire qui coule de l'eau sans en réparer la coque. En outre, le dernier rapport de l'ONU DC parle explicitement du fait que la contrebande d'armes en Haïti est un obstacle principal. L'embargo sur les armes du Conseil n'est pas respecté. Et si nous comprenons les raisons du non-respect par les autorités haïtiennes qui peuvent être remises sur le compte de l'absence de ressources et de compétences, mais Nous ne comprenons pas comment les États-Unis, en tant que source principale de l'acheminement illégal, ne respectent pas ces règles. En outre, le rapport le dit, les mesures restrictives de Washington contre les navires mouillant en Haïti ne font que semer des problèmes supplémentaires dans l'acheminement de cargaisons et d'assistance humanitaire dans le pays. alors que ça n'empêche pas les groupes armés de faire main basse sur des armes. Nous sommes prêts à un travail constructif avec Port-au-Prince et avec tous les membres responsables de la communauté internationale pour rétablir la stabilité et une vie pacifique dont a tant besoin le peuple haïtien. Je vous remercie de votre attention.
Je remercie la représentante de la Fédération de Russie pour sa déclaration. Je donne maintenant la parole à la représentante de la Colombie.
Merci, Madame la Présidente. Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général, Carlos Ruiz Massieu, je remercie la directrice exécutive de l'ONU DC, Monica Juma, ainsi que la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Madame Vanessa Fraser. ainsi que le représentant de la Force de répression des gangs, Jacques Christofides. Je vous remercie de vos exposés. Je salue également la ministre des Affaires étrangères et du Culte d'Haïti, Reyna Forbin, et je salue également Son Excellence le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, Roberto Alvarez, ainsi que les délégations qui nous accompagnent aujourd'hui. La Colombie réaffirme son soutien à Haïti dans les efforts déployés pour surmonter la crise multidimensionnelle, rétablir les institutions démocratiques et consolider l'État de droit. Le dialogue national inclusif, la protection des droits humains, la tenue d'élections transparentes sont autant d'éléments indispensables pour une stabilité durable. Le rapport confirme qu'Haïti continue de faire face à des défis considérables s'agissant de cette crise multidimensionnelle, mais il y a également des motifs d'espoir. L'engagement manifesté par le gouvernement de transition d'avancer concernant l'organisation d'élections cette année, concernant le rétablissement des institutions démocratiques et le lancement des opérations de la force de répression des gangs représente une nouvelle fenêtre dont il faut tirer parti. Ma délégation se félicite du déploiement des premiers contingents de la force de répression des gangs, de l'opérationnalisation du bureau d'appui et de la création du centre de coordination. Les résultats récents concernant la sécurité démontrent qu'il est extrêmement important d'avoir une réponse intégrée Les autorités haïtiennes étant à la manœuvre. Cependant, ces réalisations ne seront pas durables si elles ne s'accompagnent pas du renforcement des institutions, de la lutte contre le trafic illicite d'armes et de politiques qui se penchent sur les causes profondes de la violence et créent des possibilités socio-économiques pour la population. La Colombie. appelle à nouveau à ce que toutes les opérations de sécurité se déroulent dans le strict respect des droits humains et des principes de diligence voulus. Nous exhortons également à adopter une approche différenciée s'agissant de la protection et de la prise en charge des enfants, des garçons, des filles, des adolescentes et des adolescents liés aux gangs. À ce titre, ma délégation salue le rapport sur les options pour une stratégie de désarmement, démobilisation, réintégration et le renforcement du secteur judiciaire. Le processus DDR est une composante essentielle pour consolider la paix et empêcher le recrutement, notamment de mineurs. La Colombie réaffirme sa volonté de continuer de contribuer à ces efforts par le biais d'une coopération technique et d'échanges d'expériences, comme le montre la visite récente en Haïti de la directrice de l'Agence nationale de réintégration et de normalisation, une visite dont le but est d'épauler les travaux déployés par la Commission nationale haïtienne pour le désarmement, démobilisation, réintégration, par le biais d'échanges d'enseignements tirés et d'outils liées à l'expérience colombienne. Notre expérience nous a montré qu'il ne saurait y avoir de paix sans justice et ainsi la Colombie se félicite du lancement des unités judiciaires spécialisées et de l'augmentation du budget affecté à la justice. Cependant, nous sommes préoccupés par la persistance de l'impunité dans certains cas ayant beaucoup de visibilité, et des cas de graves violations des droits humains. Les niveaux élevés de détention préventive prolongée également. Nous sommes préoccupés également par les obstacles concernant l'accès à la justice pour les victimes et rescapés de violences sexuelles et fondées sur le genre. La Colombie insiste à nouveau sur l'importance d'intégrer pleinement la perspective de genre dans la riposte institutionnelle. À ce titre, la délégation de la Colombie réaffirme qu'il est essentiel de garantir des procédures régulières et l'accès à la justice en temps utile, conformément aux normes internationales. Les efforts visant à consolider la paix en Haïti doivent être assortis de réformes qui garantissent l'efficacité du système judiciaire afin de combattre l'impunité et d'améliorer les conditions pénitentiaires. Il ne peut pas y avoir de paix sans justice, il ne peut pas y avoir non plus de paix sans la participation pleine, significative, sur effective des femmes. La Colombie salue l'engagement du gouvernement haïtien et le travail du BINU en matière de promotion de la participation des femmes et des jeunes au processus politique, nous exhortant à continuer d'approfondir ces efforts. La stabilisation du pays va au-delà de la riposte immédiate face à la situation d'insécurité. Il est indispensable de générer des possibilités économiques, de renforcer la résilience vis-à-vis des changements climatiques et de protéger les écosystèmes qui représentent la base du développement durable, d'une paix durable et à ce titre, La Colombie avance sur le front de la mise en œuvre de son plan de travail bilatéral avec Haïti. En guise de conclusion, la Colombie réaffirme sa solidarité vis-à-vis du peuple haïtien et réaffirme son engagement à continuer d'accompagner les efforts menés par Haïti pour rétablir sa sécurité, rétablir l'ordre démocratique et consolider l'état de droit. La fenêtre d'opportunité qui s'ouvre aujourd'hui doit être mise à profit. Et ainsi, le rôle du BINU et de l'équipe des Nations Unies continuera d'être essentiel pour appuyer les efforts déployés au plan national et transformer les progrès en paix durable. Merci infiniment.
Je remercie la représentante de la Colombie et je donne maintenant la parole au représentant du Bahreïn.
Madame la Présidente, permettez-moi tout d'abord de saluer la présidence par la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie de la RDC. Je salue Monsieur Massieu, représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti. ainsi que Mme Monica Chuma, directrice exécutive de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que Mme Fraser, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, et M. Jacques Christofides, représentant spécial de la Force de répression des gangs, pour leurs exposés. Le Royaume de Bahreïn exprime sa reconnaissance pour les efforts déployés par le Bureau en vue d'appuyer la recherche d'une solution durable en Haïti. Je salue la participation de Mme Raynald Forbin, ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti, et M. Roberto Alvarez Gil, ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, ainsi que les autres participants dans notre séance. Madame la Présidente, le Royaume se félicite des mesures positives prises par les autorités de transition en Haïti afin de faire avancer le processus politique, notamment la publication du décret électoral révisé et l'accord conclu autour du budget des opérations électorales d'un montant de 120 millions de dollars. Nous souhaitons également souligner la nécessité de poursuivre un dialogue national inclusif et continu entre toutes les composantes politiques et civiles pour renforcer la confiance et surmonter les obstacles, et ce, afin d'assurer la tenue d'élections libres et régulières permettant de rétablir durablement les institutions démocratiques. Madame la Présidente, le Royaume de Bahreïn suit avec préoccupation la persistance des actes de violence et des affrontements armés perpétrés par les gangs, ainsi que les tragédies humanitaires qui en découlent, notamment les morts et les blessés par centaines et les déplacés par milliers, en plus de l'augmentation alarmante des violences commises contre les femmes et les filles. Dans ce contexte, le Royaume de Bahreïn souligne le rôle important joué par la force de répression des gangs, Nous insistons également sur l'importance de la coordination logistique assurée par le Bureau d'appui des Nations Unies en Haïti, ainsi que sur la nécessité pour toutes les forces de sécurité de respecter pleinement la politique de diligence voulue en matière des droits humains et les normes internationales relatives à la protection des civils lors des opérations conjointes. Nous réaffirmons en outre l'importance stratégique du programme de désarmement, de démantèlement et de réintégration qui constitue la garantie essentielle permettant de transformer des acquis sécuritaires temporaires en une stabilité durable et pérenne. Madame la Présidente, l'autonomisation des jeunes et la protection des enfants constituent des piliers fondamentaux de la consolidation de la paix durable et de la prévention de la résurgence des cycles de violence. À cet égard, le Royaume de Bahreïn souligne l'importance d'investir dans l'éducation, d'élargir les perspectives offertes aux jeunes et de soutenir les initiatives communautaires qui contribuent à les protéger contre le recrutement et l'exploitation par les groupes armés. renforçant ainsi leur capacité à participer à la construction d'un avenir plus sûr et plus stable. En conclusion, le Royaume réaffirme sa solidarité constante avec le peuple ami d'Haïti dans ses efforts pour surmonter cette période délicate de son histoire. Nous renouvelons également notre attachement aux principes humanitaires ainsi que notre engagement à œuvrer de concert avec la communauté internationale et les Nations unies afin de relever les défis actuels et de bâtir un avenir plus sûr et plus stable. Le Royaume réitère en outre son plein soutien au Bureau intégré des Nations unies en Haïti ainsi qu'aux efforts régionaux et internationaux visant à promouvoir la sécurité et la relance économique conformément aux aspirations du peuple haïtien, frère, à vivre dans la sécurité, la stabilité et le développement. Je vous remercie.
Je remercie le représentant du Bahreïn de sa déclaration. Et je donne maintenant la parole au représentant du Royaume-Uni.
Merci, Madame la Présidente.
Je remercie le représentant spécial, M. Ruiz-Mathieu, la directrice exécutive et la représentante spéciale sur les enfants et les conflits armés, Jack Christofides, de la Force de répression des gangs, de leurs exposés aujourd'hui. Je me félicite de la présence de la ministre des Affaires étrangères, Mme Forbin-Dahiti, et du ministre des Affaires étrangères, Alvarez Gil, de la République dominicaine. Et je me félicite de la présence de la Jamaïque et du Mexique. Avant toute chose, qui me soit permis de me féliciter de la dernière visite du Secrétaire général en Haïti, qui arrive à un moment crucial pour le peuple haïtien. Près de 1,5 million de personnes sont en situation de déplacement, plus de la moitié de la population est en situation d'insécurité alimentaire, et il y a des restrictions généralisées sur les services essentiels. Dans la dernière période à l'examen, le BINU a documenté pas moins de 853 rescapés de violences sexistes et sexuelles, avec un taux de viol en groupe pour plus de 84% des cas. Et j'aimerais m'arrêter sur trois grandes priorités pour lutter contre cette crise multiple. Tout d'abord, nous nous félicitons du déploiement de la Force de répression des gangs dont le succès est indispensable à la lutte contre l'instabilité en Haïti. Il est vital que les opérations respectent pleinement le cadre de droits humains établi dans la résolution 2713, avec notamment des mesures de protection de l'enfant solides. Dans ce contexte, le Royaume-Uni a promis 7,5 millions de dollars pour les mécanismes de respect des droits humains pour la force de répression des gangs acheminés par le HCDH. En outre, nous soutenons les éléments droits humains du prédécesseur de la force de répression des gangs, la MMS, et nous réaffirmons que la protection des civils et l'application du principe de responsabilité sont indispensables à la restauration de la confiance et de la stabilité en Haïti. Ensuite, nous demeurons vivement préoccupés par le taux élevé d'enfants recrutés par les gangs. Il nous faut réagir pour interrompre le cycle de violence et empêcher une autre perte de génération. Nous nous félicitons du fait qu'en mai, la représentante spéciale pour les enfants et conflits armés se soit rendue en Haïti. Je me félicite du message clair de la représentante aujourd'hui, les enfants associés aux gangs doivent être vus comme des victimes. Nous exhortons les autorités haïtiennes à mettre en œuvre le protocole de transition pour les enfants associés aux gangs sans plus attendre, notamment en établissant les cadres et groupes de travail tant promis. Nous appelons aussi le gouvernement à mettre au point des programmes de réintégration, de démobilisation et désarmement crédibles et financiers qui prennent à bras le corps les foyers d'instabilité et protègent les plus vulnérables. Troisièmement, les progrès récents sur le calendrier électoral d'Haïti sont louables. Nous encourageons cette dynamique afin que des élections crédibles soient tenues, indispensables à une transition en Haïti. Madame la Présidente, J'ai entendu les collègues d'aujourd'hui qui ont dit que c'était un moment charnière, une fenêtre de tir immanquable, le Royaume-Uni de me rattacher à soutenir une solution pilotée par Haïti afin de parvenir à une paix durable où la sécurité améliorée est accompagnée d'un renforcement de l'état de droit et un respect des droits humains. Nous continuerons à travailler avec toutes les parties prenantes haïtiennes, avec nos partenaires internationaux à cette fin pour le bien du peuple d'Haïti dans son ensemble. Merci.
Je remercie le représentant du Royaume-Uni de sa déclaration et je donne maintenant la parole au représentant du Pakistan.
Merci, Madame la Présidente. Quel plaisir de vous voir présider cette séance. Je souhaite la bienvenue à la ministre des Affaires étrangères, D. J. au ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine et à l'instar de nos collègues, qu'il me soit permis de remercier le représentant spécial, Monsieur Massieu, Madame Juma, directrice de l'UNIDCI, Madame Frejat, représentante spéciale et le représentant spécial de la Force, Monsieur Christophe Ides, de leurs exposés. Madame la Présidente, nous l'avons entendu de la part des intervenants, Haïti est aux proies est en prise plutôt avec des défis multidimensionnels complexes qui exigent une riposte plurifacétique globale. Haïti compte sur l'appui du Conseil. Dans le même temps, pour trouver des solutions à cette instabilité chronique, il faut que les parties prenantes haïtiennes fassent des choix politiques avisé. Madame la Présidente, j'aimerais m'arrêter sur quatre éléments. Tout d'abord, la stabilité politique en Haïti est essentielle. Nous nous félicitons du fait que les autorités haïtiennes mettent l'accent sur l'amélioration de la situation sécuritaire afin que des élections aient lieu. Nous espérons que tous les acteurs politiques travailleront à l'unisson pour que les élections respectent les délais impartis. Ensuite, la sécurité est indispensable. Le niveau de violence persistant a eu un effet dévastateur sur la société. Les atrocités commises par les gangs et des groupes agressifs sont déplorables et condamnables. Nous espérons que les modalités issues de la résolution 2793 du Conseil, notamment la force de répression des gangs soutenue par le Banu, créeront un espace propice au bon fonctionnement des institutions nationales, notamment la police nationale, afin qu'elle puisse s'acquitter de ses responsabilités sécuritaires en Haïti sur le long terme. Troisièmement, la situation humanitaire en Haïti demeure déplorable et ce sont en particulier les femmes et les enfants qui en paient le plus lourd tribut. L'association d'enfants avec des gangs est un défi central. Nous nous félicitons de la lettre du Secrétaire général qui présente toute une série d'options pour la mise en œuvre de la stratégie DDR. Et nous restons optimistes, nous sommes certains que la Commission Nationale Haïtienne pour le DDR continuera à créer une stratégie qui correspondra au mieux aux conditions en Haïti. Et quatrièmement, la question incontournable et persistante des armes illégales en Haïti. Des efforts internationaux et régionaux pour mettre en œuvre les sanctions 2653 permettront très largement de tarir le flux d'armes illicites dans le pays et d'empêcher les gangs de se rendre coupables de violences dans le pays. Madame la Présidente, la stabilité sur le long terme d'Haïti exige un processus piloté, dirigé par les Haïtiens, un processus total soutenu par les acteurs internationaux et régionaux bien coordonnés bien exécutés ce dont Haïti a besoin aujourd'hui c'est d'être uni dans l'effort il faut respecter l'intérêt supérieur du peuple haïtien le Pakistan est prêt à jouer un rôle constructif pour aider Haïti à enfin parvenir à la stabilité au progrès à la prospérité et ce sur le long terme je vous remercie.
Je remercie le représentant du Pakistan de sa déclaration Et je donne maintenant la parole à Son Excellence Madame Raynna Forbin, Ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti.
Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs les membres du Conseil de sécurité, Excellences, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord saluer la présidence congolaise du Conseil de sécurité pour le mois de juillet et lui souhaiter tous mes vœux de succès. Permettez-moi, au nom du Premier ministre de la République d'Haïti, Son Excellence Alex Didier Fisemé, et du peuple haïtien, d'exprimer notre profonde gratitude aux membres du Conseil de sécurité ainsi qu'à tous les membres qui continuent d'accompagner Haïti dans sa quête de paix, de sécurité, de stabilité, de démocratie et de prospérité. Je tiens également à remercier le représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, et le chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, M. Carlos Massieu, pour son exposé, ainsi que le Secrétaire général pour son rapport trimestriel et sa lettre en date du 29 mai 2026, soumis en application de la résolution 2814 du Conseil de sécurité. Je souhaite également saluer la présence du représentant spécial de la Force de répression des gangs, M. Jacques Christofides, ainsi que de la représentante spéciale du Secrétaire général, Madame Vanessa Fraser, pour la question des enfants et des conflits armés. Les enfants d'Haïti sont les premiers à subir les conséquences de cette crise sécuritaire et humanitaire. Et c'est avant tout pour eux que nous devons ensemble rétablir durablement la sécurité afin qu'ils puissent grandir dans la paix, accéder à l'éducation et construire l'avenir qu'ils méritent. Nous remercions également Madame la Directrice Exécutive de l'ONU DC, Madame Monica Diouma, pour son intervention. Je salue la présence du Ministre des Relations Extérieures de la République Dominicaine, mon homologue, Monsieur Roberto Alvarez Gil, et nous appuyons la déclaration que l'Ambassadeur de la Jamaïque prononcera au nom de la CARICOM. Enfin, je voudrais exprimer ma gratitude aux membres du Conseil pour leurs commentaires constructifs, notamment à l'Ambassadeur Waltz pour son intervention au cours de laquelle il a partagé avec le Conseil les principales observations issues de sa récente visite en Haïti. Aujourd'hui, je souhaite transmettre un message plein d'espoir pour le peuple haïtien et pour nos partenaires internationaux. Des progrès réels sont enregistrés sur le terrain. Nous sommes plus près que nous ne l'avons été depuis plusieurs années afin de rétablir la sécurité et d'organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participantes. Ce n'est pas le moment de reculer. C'est le moment pour la communauté internationale de se tenir résolument aux côtés du peuple haïtien, de consolider les progrès déjà accomplis et d'aider Haïti à retrouver durablement la voie de la paix, de la sécurité de la stabilité et de la démocratie. Madame la Présidente, malgré les défis, Haïti avance. Nos forces de sécurité et la force de répression des gangs sont pleinement mobilisées pour rétablir la sécurité. Le gouvernement demeure pleinement engagé à rétablir l'ordre constitutionnel tout en mettant en œuvre les réformes nécessaires pour renforcer la sécurité, renforcer les institutions publiques et améliorer les conditions de vie de la population. Le processus électoral est aujourd'hui plus avancé qu'il ne l'a été à aucun moment au cours des dix dernières années. Deux des trois grandes phases nécessaires à l'organisation des élections nationales ont déjà été achevées. La phase restante relève de la responsabilité du Conseil électoral provisoire qui devrait publier le calendrier électoral officiel dans les prochains jours. Le processus d'enregistrement des partis politiques est finalisé. L'inscription des électeurs est actuellement lancée. Le processus électoral est pleinement opérationnel. Car plus que jamais, le gouvernement haïtien est convaincu que la seule voie d'avenir pour Haïti passe par la sécurité, la stabilité et les élections. Madame la Présidente, Haïti a besoin d'élections libres, crédibles, inclusives, mais surtout participatives. Des élections qui restaurent la confiance. Des élections qui renforcent la légitimité démocratique. Des élections qui ouvrent la voie à une paix et une stabilité durable. C'est ce qu'espèrent aujourd'hui 12 millions d'hommes, de femmes et d'enfants en Haïti. Aujourd'hui, sept des dix départements d'Haïti sont en mesure d'accueillir des activités électorales sans entrave majeure sur le plan sécuritaire. Le déploiement de la Force de répression des gangs dans ces trois départements restant est encore essentiel pour que chaque citoyen haïtien puisse exercer librement et sans crainte son droit fondamental de choisir ses dirigeants. La sécurité constitue le fondement indispensable d'élections légitimes. Le gouvernement a pris des mesures considérables pour rétablir la sécurité. Depuis janvier 2026, Plus de 2 000 policiers ont été formés dans le cadre du programme gouvernemental P4000, tandis que le recrutement de 1 500 nouveaux membres des forces armées d'Haïti est actuellement en cours. Si les progrès se poursuivent comme prévu, d'ici à la fin de l'année 2026, la police nationale sera renforcée de 4 000 policiers supplémentaires, tandis que les forces armées accueilleront 1 500 nouveaux militaires. Notre objectif est clair. bâtir progressivement des institutions de sécurité haïtiennes capables d'assurer durablement la sécurité du pays. Les résultats concrets sont déjà obtenus sur le terrain et ils sont encourageants. Trois camps de personnes déplacées internes ont été fermés, permettant à de nombreuses familles de regagner leur foyer. Parallèlement, le gouvernement promeut une nouvelle approche de la réponse humanitaire, en passant de l'aide à l'investissement, from aid to trade, afin de créer des opportunités durables pour le peuple haïtien, en particulier pour sa jeunesse. En parallèle, nous avons réactivé la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réintégration et nous poursuivons la mise en œuvre d'importantes réformes judiciaires destinées à renforcer l'État de droit et à la reddition des comptes. Deux pôles judiciaires spécialisés dans la répression des crimes de masse, des violences sexuelles et de la criminalité financière ont été inaugurés. Nous sommes toutefois conscients que ces progrès demeurent fragiles. C'est dans cet esprit que nous appelons le Conseil de sécurité à soutenir le plein déploiement de la Force de répression des gangs ainsi que le renouvellement de son mandat afin de lui offrir l'appui nécessaire à l'accomplissement de sa mission. Des progrès réels sont enregistrés sur le terrain et ce n'est pas le moment de reculer. Madame la Présidente, Haïti a été pendant trop longtemps définie à travers ses crises. Aujourd'hui, Haïti demande d'être reconnue pour les progrès qu'elle accomplit. Le peuple haïtien a fait preuve d'une résilience remarquable. Nos institutions continuent de fonctionner, la sécurité s'améliore, La reconquête du territoire se poursuit. Le processus électoral progresse. La République d'Haïti, sous le leadership du gouvernement du Premier ministre, Alex Didier Fiseme, est résolument déterminée à se relever. La dynamique est réelle et nous ne pouvons pas perdre cet élan. C'est dans cet esprit de partenariat que nous appelons à un engagement international soutenu pour consolider les efforts déjà accomplis. Aujourd'hui, la communauté internationale est face à un choix. Elle peut préserver la dynamique qu'Haïti a bâtie au prix d'efforts considérables ou risquer de voir des années d'efforts collectifs compromises au moment même où le pays est le plus près que jamais de rétablir durablement la sécurité et d'organiser les élections. C'est pourquoi, aujourd'hui, soutenir le plein déploiement de la Force de répression des gangs ainsi que le renouvellement de son mandat, c'est soutenir la sécurité. Soutenir la sécurité, c'est demeurer auprès d'Haïti. C'est un investissement en faveur de la démocratie, de la stabilité régionale ainsi que de la paix et de la sécurité internationale. Ensemble, faisons en sorte que ces progrès encore fragiles deviennent irréversibles. Ensemble, permettant au peuple d'Haïtiens de tourner définitivement la page de la violence et de l'instabilité afin de bâtir un avenir de paix, de sécurité et de stabilité. Car le moment est venu de consolider les progrès accomplis. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence Madame Forbin de sa déclaration. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Monsieur Roberto Alvarez Gil, Ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine.
Madame la Présidente, Monsieur Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du secrétaire général, Madame Monica Azumah, directrice exécutive de l'ONU DC, Madame Vanessa Frazer, représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Madame Reina Forbin, ministre des Affaires étrangères et des cultes, de la République d'Haïti, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, nous adressons nos félicitations à la République démocratique du Congo qui conduit les travaux du Conseil ce mois-ci. Nous saluons les intervenantes et intervenants de leurs exposés précieux. Quasiment un an après l'adoption de la résolution 2793 et à quelques semaines de la décision du Conseil concernant son renouvellement, Le moment est venu de tirer un bilan, un bilan qui ne doit pas mesurer uniquement ce que nous avons construit, mais surtout ce que nous devons faire pour que la société haïtienne puisse commencer de récupérer une vie normale. Ce bilan doit reconnaître deux réalités. La première est plutôt prometteuse. Il y a à peine un an, la communauté internationale débattaient de l'instrument le plus adapté pour appuyer le rétablissement de la sécurité en Haïti. Ce débat est terminé. Le pays compte aujourd'hui sur une force de répression des gangs, un bureau d'appui pleinement établi, une structure de commandement qui fonctionne et des opérations qui commencent à porter leurs fruits. Les progrès réalisés méritent d'être reconnus par le Conseil de sécurité. Il convient notamment de saluer les États-Unis de leur rôle de chef de file dans cette initiative, mais également le Canada et les autres États qui ont déployé des efforts, fourni des ressources, un appui logistique. En outre, nous saluons tout spécialement les pays qui ont apporté ce qu'il y a de plus précieux, leurs hommes, leurs femmes déployés sur le terrain dont l'engagement représente une démonstration concrète de la solidarité avec Haïti. Mais il y a une deuxième réalité. La force a été autorisée à hauteur de 5550 membres du personnel, cependant, Jusqu'à maintenant, il y a seulement un peu plus de 1000 personnes déployées en Haïti. Voilà le principal défi pour la réussite de la mission. Nous avons des contingents engagés, des ressources et une structure de commandement qui fonctionne. L'obstacle le plus important pour le déploiement reste logistique. Les transports limités en matière de transport aérien stratégique, pour transporter rapidement les contingents et le matériel engagé. Et donc c'est un obstacle entre les efforts de la communauté internationale et le fait de venir en aide à tout un peuple. Et donc. on pourrait prendre quelques décisions pour accélérer de manière significative l'arrivée des contingents et du matériel. Ce caractère urgent a également une explication stratégique. Le temps ne joue pas en faveur d'Haïti. Chaque semaine de retard permet aux grands criminels d'asseoir leur contrôle territorial, d'élargir leurs sources de financement, de perfectionner leurs capacités opérationnelles et de recruter de nouveaux membres, en grande partie des enfants qui souffrent énormément, comme cela a été expliqué de manière très parlante aujourd'hui. Le fait de compléter la force, de constituer entièrement la force, n'est pas seulement une priorité opérationnelle, c'est une condition sine qua non pour commencer à inverser la dynamique actuelle. La sécurité est également essentielle pour la transition politique. La République dominicaine souhaite qu'Haïti organise des élections libres, inclusives et crédibles. Mais nous devons reconnaître une réalité évidente: ce ne sont pas les élections qui permettront de garantir la sécurité, c'est la sécurité qui rendra les élections possibles. Cet environnement sûr est un pont indispensable entre la transition politique et la légitimité démocratique. Tant que des zones importantes du pays resteront sous contrôle des gangs, comme Mme la ministre Forbin l'a dit, il sera très difficile de réunir les conditions nécessaires pour un processus électoral totalement libre et représentatif. Madame la Présidente, le rétablissement de la sécurité ne suffira pas pour autant en soi. Il sera nécessaire de renforcer, de continuer de renforcer la politique nationale haïtienne, le système judiciaire, les programmes de désarmement, démobilisation, réintégration, mais également de combattre avec plus d'efficacité le trafic illicite d'armes et le financement des organisations criminelles. Cet effort doit être complété par une exécution plus efficace du régime de sanctions établi par la résolution 2653 du Conseil. Ce régime a été conçu pas seulement pour sanctionner les chefs d'organisations criminelles, mais également les personnes qui les financent, qui facilitent le trafic d'armes, qui blanchissent les produits de leurs activités illicites ou leur fournissent un appui matériel ou politique. À date, la mise en œuvre des sanctions a concerné principalement un nombre très réduit de chefs criminels tandis que ceux qui financent, facilitent les activités de ces organisations ou en bénéficient restent en dehors du périmètre de ce régime en grande partie. Nous devons utiliser pleinement cet instrument pour identifier et réprimer les acteurs qui soutiennent le fonctionnement de ces organisations criminelles et qui les rendent possibles. Le fait de rompre ces réseaux de soutien représente une condition indispensable pour réaliser une paix durable en Haïti. Nous sommes d'accord avec l'appel de la directrice générale de l'ONU DC, Mme Juma, qui appelle à mettre sur pied une stratégie régionale de lutte contre les réseaux criminels transnationaux qui opèrent en coordination avec les gangs haïtiens. La crise ne peut pas être réglée uniquement à l'intérieur du pays. Il faut également démanteler les réseaux régionaux qui appuient ces organisations criminelles. Nous saluons les efforts déployés par le gouvernement haïtien pour renforcer ses institutions, avec notamment l'intégration de nouveaux effectifs à la police nationale, la formation de personnels de sécurité, et la création d'unités judiciaires spécialisées pour lutter contre les infractions les plus graves. Ces mesures montrent qu'en parallèle du soutien international, Haïti prend ses responsabilités pour rétablir les capacités de l'État. Une force internationale peut aider à récupérer un territoire, mais il n'y a que des institutions solides qui permettront de le conserver de manière permanente. La République dominicaine continuera de jouer son rôle, continuera de coopérer avec l'ONU, avec la Force de répression des gangs en matière de lutte contre le trafic illicite d'armes et nous continuerons de contribuer à la stabilisation de notre voisin dans la limite des ressources disponibles. La République Concernant le renouvellement de la force du bureau d'appui et de leur mandat, nous appuyons totalement cette prorogation, mais le fait de prolonger le mandat ne suffira pas si on ne saisit pas cette occasion pour surmonter les obstacles qui se dressent sur notre route. Le renouveler sans combler ces écarts reviendrait à ne pas honorer une promesse. Il y a une vraie fenêtre d'opportunité, comme cela a été dit, car comme rarement, il y a en même temps une force internationale en processus d'élargissement, une structure d'appui des Nations unies pleinement opérationnelle, des ressources disponibles, un engagement renouvelé au plan international et des avancées institutionnelles en Haïti. Et cette fenêtre ne restera pas ouverte indéfiniment. Et donc nous avons la responsabilité collective d'en tirer parti. Au cours des quatre dernières années, le Conseil a adopté des décisions importantes concernant Haïti. Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle stratégie. Nous devons mettre en œuvre pleinement ce que nous avons bâti. Cela veut dire qu'il faut achever le déploiement de la force, renforcer l'embargo sur les armes, appliquer pleinement le régime des sanctions établi par le Conseil et continuer de renforcer les institutions haïtiennes. Le peuple haïtien a fait preuve d'une résilience extraordinaire. Après tant d'années de souffrance, il n'a pas besoin que nous adoptions une résolution de plus. Le peuple haïtien a besoin que les décisions déjà adoptées par le Conseil débouchent enfin sur l'appel à sécurité et un espoir qui pendant tant de temps ont été hors de portée. Voilà en définitive la responsabilité historique que nous partageons aujourd'hui. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence Monsieur Alvarez Gil de sa déclaration et je donne maintenant la parole au représentant du Mexique.
Madame la ministre des Affaires étrangères et des Cultes d'Haïti, Son Excellence Reyna Faubon, ministre des Relations extérieures de la République.
Monsieur le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, monsieur Alvarez Gil, madame la présidente, Nous saluons la présentation des rapports du représentant spécial et chef du BINU, Carlos Ruiz Massieu, du représentant spécial de la Force de répression des gangs, Jacques Christofides, de la directrice exécutive de l'ONU DC, Monica Juma, et de la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Vanessa Frazer. Madame la Présidente, la situation humanitaire en Haïti reste grave et demeure une source de préoccupation. Nous rappelons que plus de la moitié de la population, près de 6,4 millions de personnes, dont 2,8 millions de garçons et de filles, ont besoin d'aide d'urgence. La Croix-Rouge haïtienne et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont signalé qu'il y avait plus de 1,4 million de personnes déplacées et que la population était de plus en plus vulnérable à mesure que le contrôle des gangs s'élargit. À ce titre, le Mexique salue les avancées enregistrées s'agissant du déploiement du Bureau d'appui des Nations Unies en Haïti, le BANU, Nous l'encourageons à travailler avec la force de répression des gangs pour que ces deux entités maintiennent un dialogue régulier, transparent et de fond avec les États membres. Notre pays, le Mexique, continuera de contribuer au renforcement des capacités nationales en Haïti avec la formation d'un nouveau groupe de membres des forces armées en Haïti. Ainsi, nous aurons contribué à la formation de plus de 1 000 personnes dans différentes modalités pour le gouvernement d'Haïti. Pour avancer, s'agissant des efforts en matière de sécurité et de pacification en Haïti, nous exhortons le Conseil de sécurité à passer en revue les options présentées par le Secrétaire général afin de promouvoir un programme DDR mené par le gouvernement haïtien. En outre, Le Mexique se fait l'écho de l'appel de la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Les mineurs recrutés ou utilisés par les gangs doivent être traités strictement en tant que victimes et pas en tant que responsables. Nous préconisons que la proposition du programme de DDR en Haïti intègrent une approche différenciée et préventive concernant les enfants et les jeunes courant le risque d'être recrutés. L'ONU DC a fait état de la nécessité urgente d'interrompre le flux illicite d'armes qui alimente la violence. Nous devons renforcer la mise en œuvre efficace de l'embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité par le biais de contrôles des exportations plus stricts et de mécanismes rigoureux de vérification des utilisateurs finaux. Le Mexique accueille avec satisfaction les avancées sur le front politique qui sont un motif d'espoir. La fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, la transition pacifique de l'autorité exécutive et la signature récemment du pacte national pour la stabilité et l'organisation d'élections sont des étapes importantes vers le rétablissement de l'ordre constitutionnel. Nous exhortons les autorités haïtiennes à conserver cet élan et à organiser des élections libres, inclusives et crédibles dans les délais prévus, les impératifs que toutes les parties prenantes haïtiennes réaffirment leur engagement à régler les différends de manière pacifique en s'efforçant d'avancer vers l'organisation d'élections et le rétablissement d'institutions démocratiques. Le Mexique estime qu'il est important avec l'accompagnement des Nations unies, de réunir les conditions matérielles minimales indispensables pour la tenue d'élections libres, inclusives et crédibles. Madame la Présidente, nous reconnaissons que les avancées en matière de sécurité ne pourront se consolider que si elles débouchent sur un renforcement effectif des institutions nationales. La riposte internationale sera d'autant plus efficace si on renforce les capacités institutionnelles nationales, on privilégie l'appropriation au niveau national du processus de stabilisation et si on articule de manière cohérente les efforts en matière de sécurité, de justice, de renforcement des institutions, d'aide humanitaire et de développement. À ce titre, mon pays souligne la signature récente d'un instrument de coopération électorale avec Haïti, nous réaffirmons notre volonté de continuer de soutenir le renforcement des capacités institutionnelles identifiées par les autorités haïtiennes comme étant prioritaires. Madame la Présidente, le travail du BINU est indispensable dans ce contexte pour continuer d'orienter de manière cohérente les efforts de tous les acteurs présents dans le pays vers la paix. faciliter le dialogue inter-haïtien qui doit être inclusif et promouvoir les programmes de réduction de la violence au niveau communautaire qui représentent des étapes indispensables pour avancer dans le cadre du processus politique et le renforcement de l'État de droit. La protection des droits humains et de la sécurité citoyenne doivent être au cœur de ces efforts. À ce titre, nous saluons la formation de la police nationale d'Haïti par le BINU en matière de prévention et de traitement des violences sexuelles et fondées sur le genre. Pour bâtir une paix durable, nous devons prendre en compte les causes profondes de la violence et renforcer le tissu social. Ainsi, le gouvernement du Mexique, avec les Nations unies, a facilité cette année un atelier auquel ont participé 40 responsables locaux pour mettre sur pied des propositions concrètes en matière de reconstruction sociale. C'est une action cohérente avec les objectifs de l'initiative du Forum national des jeunes décidèrent coordonnés avec le PNUD pour ouvrir des espaces véritables pour que les femmes et les jeunes participent activement à la prise de décision dans le pays. En guise de conclusion, le Mexique réaffirme l'importance d'être axé sur la consolidation de l'État haïtien et faciliter un nouveau pacte social qui permette de lutter contre les inégalités et de corriger les injustices historiques qui ont touché le peuple haïtien. Nous réaffirmons notre volonté de coopérer avec Haïti pour surmonter ces défis structurels qui l'assiègent. Merci beaucoup.
Je remercie le représentant du Mexique de sa déclaration et je donne maintenant la parole au représentant de la Jamaïque.
Merci, Madame.
La Présidente, j'ai l'honneur de m'exprimer. au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes, la CARICOM. Avant toute chose, qu'il me soit permis de remercier les intervenantes et intervenants, de me féliciter de la présence des deux ministres des Affaires étrangères. Nous saluons les progrès indiqués par Mme Forbin. Les États membres de la CARICOM, Madame la Présidente, demeurent préoccupés par la crise sécuritaire multidimensionnelle en Haïti. Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple haïtien, nous respectons la souveraineté haïtienne et nous sommes engagés à soutenir une solution pilotée par les Haïtiens face aux défis du pays. Nous savons que, bien évidemment, des progrès modestes ont été enregistrés, mais la situation générale demeure terrible. la CARICOM se félicite des efforts entrepris par le gouvernement de la République d'Haïti soutenu par des partenaires bilatéraux régionaux et multilatéraux y compris la CARICOM l'ONU et l'organisation des États d'Amérique afin de jeter les bases de futures élections libres justes et pacifiques cela étant dit étant donné que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition arrive à échéance en février 2026 et qu'il n'y a pas encore eu d'élections, la CARICOM estime qu'il faut absolument parvenir à cet objectif critique grâce à un processus démocratique piloté par les Haïtiens. Les élections étaient censées avoir lieu en août 2026, ce qui n'est plus possible. Et notons que l'enregistrement des électeurs prévu en avril n'a commencé qu'en juillet. Le Conseil électoral provisoire et le gouvernement d'Haïti sont en train de procéder à des pourparlers pour se mettre d'accord sur un calendrier électoral mis à jour à la lumière de la situation sécuritaire en présence. En dépit de ces problèmes, la CARICOM pense que la tenue d'élections demeure une priorité et nous soutenons que nous sommes engagés en faveur de la stabilité de la gouvernance démocratique et de l'ordre constitutionnel d'Haïti. puisque la force de répression des gangs n'a pas encore commencé pleinement ses travaux et puisque son mandat est censé est arrivé est censé arriver à échéance en septembre 2026 l'agcom souhaite une prorogation du mandat renouveler le mandat est un gar de fou critique face à toute détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire et permet de se prémunir face à toute généralisation de l'anarchie et de l'instabilité Madame la présidente laiti et figuré en bonne place lors de la réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet de cette année. Nous avons notamment parlé de la possibilité de la création d'une présence permanente de la CARICOM à Port-au-Prince. On y a aussi réaffirmé que le groupe de personnalités plutôt éminentes de la CARICOM continuera à soutenir le gouvernement haïtien dans sa collaboration avec les parties prenantes et les partenaires internationaux et internationaux. Les chefs de gouvernement se sont engagés à fournir un appui humanitaire pour répondre aux besoins du peuple haïtien et à la lumière des percées modestes sur le terrain. Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation humanitaire des plus vulnérables en Haïti, surtout les femmes, les jeunes et les jeunes filles surtout. La violence sexuelle basée sur le genre a augmenté avec l'activité des gangs. mettant les femmes et les jeunes filles dans une situation peu enviable. La violence des gangs a aussi des effets très néfastes sur les jeunes en Haïti, contribuant à la hausse du chômage et à la généralisation du recrutement des jeunes et des enfants dans des gangs criminels. En même temps, l'insécurité alimentaire généralisée et les conditions économiques en pleine détérioration en Haïti ont aggravé la crise humanitaire. La CARICOM souhaite une coopération internationale pérenne et un appui pour régler la crise qui frappe Haïti et nous appelons une stabilisation des efforts, y compris à un accroissement des financements humanitaires. Nous appelons la communauté internationale à coopérer encore davantage avec le gouvernement haïtien et avec les autres parties prenantes pour parvenir à un avenir stable, sûr et démocratique pour le peuple haïtien. Haïti mérite un avenir fait de paix, de prospérité, de gouvernance démocratique. et chaque citoyen de chaque État mérite cet avenir. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la Jamaïque de sa déclaration. Il n'y a plus d'oratrice ou d'orateur inscrit sur la liste. J'invite à présent les membres du Conseil à poursuivre l'examen de la question dans le cadre de consultations. La séance est levée.