The situation in the Middle East.
The agenda was adopted. Briefer: Mr. Hans Grundberg, Special Envoy of the Secretary-General for Yemen (via video-teleconference) Statements: All Council members, with the Democratic Republic of the Congo speaking on behalf of: Democratic Republic of the Congo, Liberia, Somalia Statements: Saudi Arabia, Yemen The meeting was adjourned.
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La 10 219e séance du Conseil de sécurité est ouverte. L'ordre du jour provisoire de la présente séance est la situation au Moyen-Orient. L'ordre du jour est adopté. Conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les représentants de l'Arabie saoudite et du Yémen à participer à la présente séance. Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite M. Hans Groenberg, envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, à participer à la présente séance. Il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant aborder l'examen du point 2 de l'ordre du jour et je donne dès à présent la parole à Monsieur Hans Greinberg. La parole est à vous.
Merci, Monsieur le Président. Lorsque j'ai présenté un exposé au Conseil de sécurité le mois dernier, je vous alertais quant au fait que le Yémen était menacé par une reprise d'un conflit à grande ampleur, ce qui n'avait plus eu lieu depuis la trêve de 2022. Ce risque s'est mué en triste réalité ces 24 dernières heures. Les hostilités se sont intensifiées sur diverses lignes de front, en particulier sur la côte ouest stratégique. Ansar Allah a lancé une offensive majeure, notamment contre Mokha, la ville portuaire située à environ 75 kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb, un couloir d'étranglement qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden et par lequel passe la plupart du commerce, une grande partie du commerce et de l'énergie mondiale. Les Houthis auraient ainsi pris le contrôle de Mokha, ce qui les rapproche de Détroit Vitto. Cela préoccupe grandement la communauté internationale quant à la menace pour la liberté de navigation. L'évolution de la situation à Mokha la suite de semaines d'escalade. Début septembre, Ansar Allah a lancé de grandes attaques contre Taizz et Hudaydah, avec des affrontements intenses avec les forces gouvernementales. Ces hostilités se sont étendues à Marib, Al-Jawf et Al-Baida. Les civils auraient été tués à Taiz, à Hodeida, à Al-Baida, Al-Jawf et ailleurs. Et le pillage, le pillonnage plutôt de sites de déplacement à Marib aurait tué des enfants et détruit des abris. Selon les acteurs humanitaires, quelque 11 400 foyers seraient déplacés dans le pays depuis le 3 septembre, la majorité à Taïz ou dans le sud d'Odeïda, et les hostilités qui se poursuivent continuent d'entraîner de nouveaux déplacements. Ansar Allah a également mené des attaques contre les infrastructures énergétiques et civiles du Royaume d'Arabie saoudite, ce qui a fait des dizaines de blessés parmi les civils, attaques condamnées par l'ONU. J'appelle à nouveau Ansar Allah à arrêter ces attaques au sein du Yémen et contre l'Arabie saoudite et a cessé d'attaquer ou de menacer les navires de commerce. Cette guerre qui reprend devrait nous alerter tous et toutes. Cela sonne le glas du calme relatif qui régnait depuis près de 4 ans au Yémen, depuis la trêve négociée par l'ONU. Cela menace également de plonger le Yémen dans une guerre prolongée et qui pourrait déborder entraînant le pays dans la confrontation régionale avec des répercussions partout dans le monde. Cette situation n'était pas inévitable. Les exigences yéménites peuvent être réglées à la table des négociations et à la suite de l'escalade, j'ai fait des propositions pour proposer des options crédibles. Je vais continuer d'être en contact avec le gouvernement yéménite et Ansar Allah afin d'identifier des moyens d'avancer et de trouver des solutions pour sortir de la crise. J'agis également en partenariat étroit avec les acteurs régionaux. C'est essentiel pour contenir la situation. C'est mon rôle. Ce qui doit être négocié, ce qui doit être décidé, c'est aux Yéménites d'en décider. Je voudrais vous présenter les enjeux. Tout d'abord, les canaux de communication doivent rester ouverts, même en temps d'hostilité. Mon bureau va toujours veiller à ce que ces canaux soient disponibles, notamment par le biais du Comité de coordination militaire, le CCM, une enceinte concrète permettant de faciliter les échanges de vues sur les incidents militaires humanitaires et de décider de mesures pour protéger les civils et faciliter la liberté de circulation. Deuxièmement, le droit international humanitaire doit être respecté en tout temps par tous et toutes. Les civils et les sites civils ne sauraient être pris pour cible. Il faut veiller à les épargner en tout temps des effets des opérations militaires. Troisièmement, la voie vers un règlement politique doit être préservée pendant des années. Mon bureau a consulté les Yéménites dans toute leur diversité: partis politiques, femmes, jeunes, société civile et secteur privé. Partout dans le pays, leurs revendications sont très cohérentes. Ils souhaitent que soient rouvertes les routes, les aéroports, que soient versés les salaires, améliorés les services publics. libérer les détenus et que l'économie fragmentée soit stabilisée. Il souhaite des garanties de citoyenneté égale, de justice sociale et économique, d'institutions publiques qui servent leurs citoyens de façon équitable. Un tel avenir politique au Yémen devrait être forgé grâce à un dialogue inclusif, à un accord. L'ONU sera toujours disposée à accompagner le peuple yéménite le long de cette voie. Monsieur le Président, la question qui se pose n'est pas seulement de savoir si la guerre au Yémen va reprendre, mais plutôt comment faire face à une nouvelle étape périlleuse, car les conséquences pourraient s'étendre bien au-delà des frontières du Yémen. C'est pour ces raisons que l'unité Et l'engagement fort du Conseil de sécurité compte plus que jamais. Le Yémen ne peut pas échapper à l'attention du Conseil de sécurité. Tous les membres de cet organe doivent essayer de contenir une situation pour qu'elle ne dégénère pas en conflit très dangereux.
Je remercie Monsieur l'envoyé spécial pour son intervention et je donne maintenant la parole aux membres du Conseil qui souhaitent faire une déclaration. Je donne la parole au Royaume du Bahreïn.
Monsieur le Président, nous remercions la présidence française d'avoir donné suite rapidement à la demande de mon pays, aux côtés du Royaume-Uni, de convoquer la présente séance. afin de discuter des attaques terroristes perpétrées par les milices houthis terroristes contre le pays frère qu'est l'Arabie saoudite, mardi dernier. En plus de l'escalade nette de la situation au Yémen, à la suite de la prise de contrôle par les Houthis de la ville de Mocca, au bord de la mer Rouge et proche du détroit de Bab-el-Mandeb. Nous nous félicitons de la participation de M. Hans Brun Grunberg, l'envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen. Nous le remercions de son exposé édifiant. Nous nous félicitons également de la participation des représentants de l'Arabie saoudite et de la République du Yémen à notre séance. Qu'il me soit permis d'emblée de prononcer une déclaration au nom des États membres du Conseil de coopération du Golfe: Émirats arabes unis, Royaume d'Arabie saoudite, Sultanat d'Oman, État du Qatar, l'État du Koweït, ainsi que mon propre pays, le Bahreïn. Les États membres du CCG condamnent fermement les attaques terroristes commises par les milices houthis contre le pays frère qu'est l'Arabie saoudite, ainsi que la prise pour cible délibérée de civils, de sites civils et autres infrastructures, en mépris du droit international, du droit international humanitaire et de la Charte des Nations unies. Ces attaques persistantes peuvent mener à une nette escalade de la situation et à une menace directe pour la région et sa population. Dès lors, nous sommes pleinement solidaires de l'Arabie saoudite. qui affronte ces menaces à sa sécurité, à sa souveraineté et à son intégrité territoriale. La sécurité et la stabilité du Royaume d'Arabie saoudite fait partie intégrante de la sécurité de tous les pays du CCG, Conseil de coopération du Golfe. Nous appuyons également toutes les mesures prises par le Royaume d'Arabie saoudite pour protéger ses citoyens, ses résidents et ses avoirs dans l'exercice de son droit inhérent à la légitime défense, conformément à la Charte des Nations unies. Nos pays condamnent la prise pour cible par les Houthis de la sécurité maritime, leurs menaces pesant sur la liberté de navigation, ce qui est un défi majeur pour la communauté internationale et une menace directe à la paix et à la sécurité régionales. Cela perturbe également le commerce international et expose les gens de mer, les équipages et les navires à des risques élevés. La communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité, doivent assumer leurs responsabilités en s'opposant fermement à ces violations, en demandant aux auteurs de rendre des comptes, en garantissant la pleine application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et en particulier la résolution 2216, la résolution 2722 et la résolution 2817, ce qui devrait mettre un terme à ces attaques et préserver la stabilité et la sécurité de la région, ainsi que la liberté de navigation. Monsieur le Président, à présent, je veux m'exprimer à titre national, au nom du royaume du Bahreïn. À l'entame de mon propos, je condamne vigoureusement les attaques menées par les milices houthistes terroristes contre des sites à Abha, à Jazan et dans d'autres villes, en violation criante du droit international, du droit international humanitaire et de la Charte des Nations unies, ce qui a fait 73 blessés parmi les civils, dont des femmes et des enfants. Je rappelle la déclaration à la presse du 7 août du Conseil de sécurité, dans laquelle le Conseil avait condamné les attaques menées par les Houthis au cours du mois de juillet. Ces nouvelles attaques, en dépit de vives condamnations de la communauté internationale, le comportement incendiaire des Houthis et le mépris des appels de la communauté internationale à faire cesser ces attaques sont autant d'éléments que nous rappelons-le Royaume du Bahreïn rappelle que la prise pour cible par les Houthis de la sécurité maritime et les menaces qu'ils font peser sur la liberté de navigation s'étendent au-delà de la région et constituent un défi pour la communauté internationale et une menace directe pesant sur la paix et la sécurité régionales. Ces milices n'auraient pu poursuivre leurs attaques si elle n'était à même de contourner sans cesse le régime de sanctions. Dès lors, nous appelons la communauté internationale à endosser sa responsabilité en luttant contre ces violations, en demandant que des comptes soient rendus par les auteurs, en appliquant les critères d'inscription sur la liste dans la résolution 2801 de 2025. ce qui est des auteurs de ces attaques et des réseaux qui facilitent ces attaques. Nous appelons également à ce que le rapport périodique du Secrétaire général comprenne les attaques contre les pays du CCG. et leurs infrastructures vitales, en plus des attaques contre les navires de commerce, pour que le Conseil de sécurité ait un tableau d'ensemble de la menace que représentent les Houthis et les répercussions sur la région et le monde. A cet égard, le royaume du Bahreïn insiste sur la nécessité de faire appliquer pleinement l'embargo sur les armes et de lutter contre la contrebande d'armes et de leurs pièces détachées, en sus de l'application pleine et entière de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Nous soulignons également que les agressions des Houthis contre les États de la région constituent un prolongement de leurs attaques hostiles au Yémen. ils oeuvrent en faveur de l'escalade et ferment la porte au peuple yéménite, alors que les efforts internationaux s'intensifient pour apaiser les souffrances au Yémen. Et j'en veux pour preuve les attaques lancées récemment sur divers fronts contre le gouvernement yéménite, notamment la prise de contrôle de la ville de Moka en violation criante de la trêve, ce qui a fait des blessés, des victimes, de nouveaux déplacés, a endommagé les infrastructures structure, accentuant par là les souffrances humanitaires, éminant les efforts de désescalade et écartant un peu plus le Yémen de la voie de la paix. Cette situation dangereuse a également permis aux milices houthistes de s'en prendre à la navigation dans le détroit de Bab-el-Mandeb. C'est donc une menace directe à la sécurité des voies maritimes internationales et à la paix et à la sécurité À cet égard, nous louons les initiatives prises par l'Arabie saoudite, les efforts diplomatiques, humanitaires et de développement en faveur du peuple yéménite. Nous affirmons également notre soutien en faveur du gouvernement yéménite légitime et et de l'envoyé personnel pour préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays, pour parvenir à la prospérité au Yémen. Merci.
Je remercie le représentant du Royaume du Bahreïn pour son intervention et je donne la parole à la représentante du Royaume-Uni.
Merci, M. le Président. Je remercie l'envoyé spécial Grunberg de son exposé. Je salue les représentants du Yémen et de l'Arabie saoudite. Je formulerai trois observations. Premièrement, le Royaume-Uni se rallie au Bahreïn, se rallie au Bahreïn en demandant qu'ait lieu cette séance d'urgence à la suite de l'escalade grave menée par les Houthis au Yémen et des attaques irresponsables contre l'Arabie saoudite. Nous condamnons vivement la décision des Houthis de le conflit au Yémen ainsi que leurs frappes contre l'Arabie saoudite, notamment la prise pour cible de civils ou d'infrastructures énergétiques. Nous appelons les Houthis à cesser leurs attaques immédiatement. Nous présentons nos condoléances à tous les morts, les blessés, les personnes touchées par la violence. Nous affichons notre solidarité à l'égard de l'Arabie saoudite et du gouvernement yéménite face à ces menaces. Nous réaffirmons le droit de l'Arabie saoudite et du Yémen à défendre leur sécurité et leur souveraineté conformément au droit international. Que les choses soient claires, les Houthis sont pleinement responsables de cette crise. Leur attaque, une fois de plus, hypothèque la stabilité régionale, menace la liberté de navigation, le passage en transit et les grands itinéraires commerciaux par le biais de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb. Les avancées des Houthis vers Bab el-Mandeb ne vont que renforcer les risques pesant sur la navigation internationale, la sécurité maritime et le commerce mondial par ces voies navigables essentielles. Et ce sont les pays en développement paye le plus haut tribut. Deuxièmement, la décision des autistes d'attiser le conflit au Yémen fait courir des risques aux Yéménites les plus vulnérables et cela accroît les souffrances humanitaires. Plus de 22 millions de Yéménites ont besoin d'une aide humanitaire, 18 millions subissent l'insécurité alimentaire aiguë. Les Houthis détiennent toujours du personnel de l'ONU et des ONG, ce qui accentue ces souffrances. Les Houthis doivent libérer immédiatement et sans condition tout le personnel détenu des ONG, de la société civile, des missions diplomatiques ainsi que les 173 membres du personnel de l'ONU détenus. Enfin, le soutien de longue date de l'Iran pour les Houthis continue d'alimenter l'instabilité au Yémen. Nous appelons à la pleine mise en œuvre des résolutions 2140 et 2216 du Conseil de sécurité, notamment les mesures visant à empêcher le transfert d'armes, le soutien militaire et les articles à double usage qui permettent aux attaques des Houthis de se poursuivre, de saper la paix et la sécurité dans la région. Tous les États membres sont tenus d'empêcher les attaques des Houthis contre les civils, les États limitrophes et la navigation internationale. Le Royaume-Uni appuie sans faille les efforts de l'envoyé spécial en vue d'une paix pérenne au Yémen. Nous appelons les Houthis à privilégier les besoins des Yéménites, à arrêter leurs attaques immédiatement, à renouer avec le processus de paix. Aujourd'hui, le Conseil de sécurité devrait envoyer un message limpide. Les Houthis doivent œuvrer à la désescalade, arrêter leurs attaques et s'acheminer vers la paix. Le Royaume-Uni continuera de travailler aux côtés des partenaires en appui à cet objectif.
Merci. Je remercie la représentante du Royaume-Uni pour sa déclaration et je donne la parole au représentant de la République démocratique du Congo.
Monsieur le Président, j'ai l'honneur de prononcer cette déclaration au nom des A3, à savoir le Liberia, la Somalie et mon propre pays, la République démocratique du Congo. Nous remercions l'envoyé spécial Hans Gunther Berg pour son exposé exhaustif. Nous saluons également la participation des représentants permanents du Yémen et de l'Arabie saoudite à cette séance. Monsieur le Président, les A3 expriment leur profonde préoccupation face à la dernière escalade de violences observée au Yémen ainsi que dans ses environs et tiennent à relever ce qui suit. Premièrement, les Houthi réaffirment leur attachement indéfectible à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriales du Yémen. Ces principes consacrés par la Charte des Nations unies doivent être respectés par tous. Le Yémen ne doit pas devenir le théâtre d'un affrontement régional plus large. Nous appelons tous les partis ainsi que les acteurs régionaux influents à faire preuve de retenue, à éviter toute mesure susceptible d'aggraver le conflit et à préserver la marge de manœuvre nécessaire à la diplomatie. Deuxièmement, les A3 condamnent avec la plus grande fermeté les attaques à la roquette par drone menées par les Houthis contre le royaume d'Arabie saoudite le 8 septembre et qui ont frappé les villes de Abha, Qamish, Mushayid, Jizan et Najran. Ces attaques auraient fait 73 blessés parmi les civils, dont des femmes et des enfants, et endommagé les infrastructures civiles et énergétiques. Les attaques dirigées contre des civils et et des biens de caractère civil sont inacceptables et doivent cesser immédiatement. Les A3 expriment leur solidarité avec le gouvernement et le peuple du Royaume d'Arabie saoudite et réaffirment l'importance du respect de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de sa sécurité. Nous exhortons les Houthis à mettre fin à toutes les attaques transfrontalière et à toute autre action menaçant la paix et la sécurité régionales. Dans le même temps, nous appelons toutes les parties concernées à faire preuve d'une retenue maximale et à empêcher toute escalade par représailles qui exposerait les civils au Yémen et dans toute la région à de nouveaux dangers. Troisièmement, cette dernière escalade démontre une fois de plus la nécessité urgente d'un règlement politique global. L'action militaire ne peut pas résoudre le conflit au Yémen. Nous réaffirmons notre soutien sans faille aux efforts de l'Envoyé spécial et au processus de médiation mené par les Nations unies visant à parvenir à un règlement politique inclusif, dirigé par les Yéménites et dont ils soient les maîtres. Toutes les parties devraient s'engager, de manière constructive et sans conditions préalables, à rétablir la confiance et à faire passer les intérêts du peuple yéménite avant tout calcul politique ou militaire étroit. Quatrièmement, la situation humanitaire reste extrêmement grave. Les civils continuent de subir les conséquences du conflit, de la détérioration économique, déplacements de populations et de l'insuffisance de financement humanitaire. Nous appelons à un accès humanitaire total, sûr, rapide et sans entrave à la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi qu'à un financement adéquat, prévisible et flexible des opérations humanitaires. Nous restons également profondément préoccupés par la détention prolongée par les Houthis de membres du personnel des Nations unies, de travailleurs humanitaires, de membres d'ONG, de représentants de la société civile et du personnel associé aux missions diplomatiques. Nous réitérons notre appel en faveur de leur libération immédiate, en toute sécurité et sans condition. Pour conclure, les A3 appellent à une désescalade immédiate et à un retour au dialogue. La souveraineté et la sécurité des États doivent être respectées, les civils doivent être protégés et tout doit être mis en œuvre pour empêcher que le Yémen ne soit entraîné dans une confrontation régionale plus large. Une paix durable ne peut être instaurée que par un processus politique inclusif, fondé sur le dialogue, le compromis et un engagement soutenu. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la République démocratique du Congo pour sa déclaration et je donne la parole au représentant de la Chine.
Monsieur le Président, je remercie l'envoyé spécial Hans Kuhnberg de son exposé et je souhaite la bienvenue aux représentants du Yémen et de l'Arabie saoudite à cette séance. Ces 7-8 derniers jours, la situation au Yémen et aux alentours a enregistré une escalade avec des combats à Taiz, Hodeida, Al-Bayda et des attaques ciblants à Jizan, Adlan et Habla, des installations énergétiques notamment en Arabie saoudite. La Chine souhaite dire sa vive inquiétude face à cette escalade et l'intensité de la tournure qu'a pris le conflit. Nous déplorons les victimes civiles innocentes et la destruction d'infrastructures essentielles. Nous condamnons toutes les attaques aveugles visant des civils ou des cibles non militaires. Les parties belligérantes ont l'obligation de respecter le droit international humanitaire. Les civils et des installations civiles ne doivent pas être pris pour cible. Leur sécurité doit être respectée, protégée par toutes les parties. À l'heure actuelle, la situation au Yémen est arrivé à un point critique. La communauté internationale doit s'engager davantage en faveur de la paix et redoubler d'efforts pour aider le pays à sortir du cycle des troubles récurrents et à se lancer sur la voie d'une paix pérenne. A cette fin, je dirai trois choses. Tout d'abord, il faut préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale du Yémen. l'égalité souveraine entre tous les États et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États sont des principes phares ancrés dans la Charte des Nations Unies et reconnus comme les normes élémentaires régissant les relations internationales. La souveraineté de tous les pays de la région, y compris le Yémen et l'Arabie saoudite, doivent être pleinement respectés et leur intégrité territoriale défendue. La sécurité du personnel, des installations et des institutions de la région doit être garantie. L'avenir, la destinée du Yémen doivent être décidées par la population yéménite elle-même. Deuxièmement, nous devons tout mettre en œuvre pour promouvoir le dialogue et la consultation.
Les moyens militaires ne permettront pas de résoudre la crise au Yémen.
La confrontation, le conflit ne feront qu'accroître les souffrances de la population. Nous appelons toutes les parties à ce conflit à chercher un rapprochement, à travailler pour une désescalade et à créer les conditions permettant la recherche d'une solution Nous voulons appuyer l'ONU, qui doit jouer un rôle majeur à cet égard, et appuyer les efforts de médiation également déployés par M. Grunberg et des pays de la région. Les parties au conflit doivent pleinement mettre à profit le mécanisme du CCM, pleinement mettre en œuvre les accords passés sur les échanges de prisonniers, adopter des mesures de confiance et, petit à petit, revenir retisser des liens de confiance mutuelle. Il est important de choisir la voie du dialogue, de la communication, d'essayer d'accommoder les demandes de toutes les parties. Troisièmement, il nous faut une approche holistique pour régler les questions de sécurité. Pour résoudre le dossier yéménite, nous allons devoir nous concentrer pas seulement sur les préoccupations immédiates, les tensions d'aujourd'hui, mais aussi nous pencher sur les causes profondes du conflit. La situation humanitaire au Yémen est la pire au monde. La pauvreté extrême a tendance à nourrir la violence et les conflits. Étant donné l'escalade actuelle, les besoins humanitaires, notamment à Taïz et à Hodeïda, sont plus urgents que jamais. Nous appelons la communauté internationale à revoir la hausse de l'aide humanitaire pour le Yémen pour aider le pays à sortir de la crise, renforcer sa dynamique propre de développement, renforcer l'unité et travailler à la cohésion sociale. La Chine a toujours été fermement favorable à la paix, au dialogue et a toujours été du bon côté de l'histoire. La communauté internationale reconnaît le gouvernement légitime du Yémen. La Chine n'a eu de cesse de vouloir appuyer la préservation de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'unité du Yémen. Nous voulons travailler avec la communauté internationale et jouer un rôle constructif pour promouvoir un cessez-le-feu complet, afin que cesse la guerre, que puisse commencer la reconstruction et que la paix soit durable dans la région, tout en restaurant le développement et la prospérité. Merci, Monsieur le Président.
Je remercie le représentant de la Chine pour sa déclaration et je donne la parole à la représentante de la Grèce.
Merci, Monsieur le Président. Je remercie l'envoyé spécial Hans Grundberg pour son exposé. J'applaudis aussi la participation des représentants permanents du Yémen et de l'Arabie saoudite. J'aimerais signaler les points suivants. La désescalade est absolument capitale aujourd'hui. Comme l'envoyé Kronberg l'a souligné, le Yémen ne doit pas s'enliser dans le conflit plus général qui fait rage au Moyen-Orient. Au fil du mois écoulé, nous avons été les témoins d'une escalade militaire très grave au Yémen, qui s'est achevée par la dernière attaque des Houthis contre des infrastructures civiles et énergétiques dans le royaume de l'Arabie saoudite, avec à la clé plusieurs victimes civiles. La Grèce condamne avec la dernière énergie ces attaques. Nous réaffirmons notre appui inébranlable à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Arabie saoudite, qui doivent être pleinement respectées. Dans le même esprit, la souveraineté, l'intégrité territoriale, l'unité et l'indépendance politique du Yémen doivent aussi être défendues. Toute initiative qui viendrait jeter de l'huile sur le feu des tensions régionales doit cesser immédiatement. Les attaques des Houthis cette nouvelle escalade sont inacceptables et risquent de déstabiliser encore davantage un environnement régional déjà fragile sur le plan sécuritaire. Nous appelons à une désescalade immédiate et à la fin des attaques qui risquent de voir la région s'embraser dans le cadre d'une confrontation militaire plus vaste. Toutes les parties doivent faire preuve de la plus haute retenue et s'abstenir de tout ce qui risquerait de déclencher une guerre de grande envergure qui aurait des conséquences bien au-delà de la région. La protection des civils et des infrastructures civiles doit rester une priorité absolue. Nous répétons que toutes les parties ont l'obligation de pleinement respecter le droit international humanitaire, quelles que soient les circonstances. Les infrastructures civiles ne doivent jamais être prises pour cible à dessein et les civils ne doivent jamais à essuyer les conséquences des hostilités. De nouveau, nous appelons à la remise en liberté immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues de façon arbitraire par les Hautes-États, membres de la société civile, membres d'ONG, membres du corps diplomatique, y compris les 73 membres du personnel des Nations Unies. La sûreté et la sécurité du personnel humanitaire doivent être pleinement respectées. Toutes les parties doivent doivent veiller à ce que les conditions de sécurité nécessaires soient rassemblées pour que le personnel humanitaire puisse réaliser son travail vital dans le plein respect du droit international, y compris du droit international humanitaire. Monsieur le Président, la sécurité maritime et la liberté de navigation en mer Rouge, y compris dans le détroit de Bab el-Mandeb, d'une importance stratégique, sont vitales pour la stabilité tant régionale qu'internationale. Nous condamnons avec force les différentes attaques par les hautes-istres contre des navires marchands, qui représentent une grave menace pour la sécurité des gens de mer, perturbent le commerce international et minent le flux du commerce par voie maritime. Ces attaques sont inacceptables et doivent cesser immédiatement. Nous sommes bien décidés à préserver la liberté de navigation dans la région. L'opération Aspides de l'Union européenne continue de jouer un rôle charnière pour protéger les navires marchands et garantir la sécurité de passage en mer Rouge, conformément à son mandat défensif et dans le plein respect du droit international. Monsieur le Président, d'ores et déjà, le Yémen a connu plus d'une décennie de conflit. Si les hostilités de grande envergure reprennent, les conséquences seraient très graves pour la population yéménite et pour toute la région. Il est possible de trouver une solution politique au conflit au Yémen et c'est essentiel. Il faut préserver l'espace nécessaire à l'action diplomatique pour parvenir à cet objectif. De nouveau, nous disons notre plein soutien aux efforts de l'envoyé spécial des Nations unies, Hans Kuhnberg, qui travaillent à trouver une solution politique durable. Un processus inclusif par et pour les Yéménites sous les auspices des Nations Unies reste la seule voie viable pour trouver une paix et une stabilité durables au Yémen. Nous appelons toutes les parties intéressées à contribuer de façon constructive à cet effort, à travailler avec les Nations Unies sincèrement et à appuyer les efforts internationaux pour la désescalade et un retour au dialogue. à la fin de pouvoir régler la situation au Yémen à travers une solution politique et durable. Merci.
Je passe la parole à la représentante de la Lettonie.
Merci beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, je remercie la présidence française d'avoir convoqué cette séance d'urgence sur demande du Bahreïn et du Royaume-Uni. Je remercie aussi l'envoyé spécial Hans Grundberg pour son exposé et je me félicite de la participation des représentants permanents du Yémen et de l'Arabie saoudite. La Lettonie condamne dans les termes les plus forts les attaques houthistes récentes contre le royaume de l'Arabie saoudite. Plusieurs localités ont été frappées et il y a plusieurs victimes civiles à déplorer, y compris des femmes et des enfants. Nous disons notre solidarité vis-à-vis du royaume de l'Arabie saoudite et gouvernement du Yémen. Nous disons aussi nos condoléances à toutes les familles concernées. Ces derniers mois, nous avons été les témoins d'une série de frappes et de menaces des Houthis. La cible numéro 1 étant l'Arabie saoudite et les navires marchands liés à l'Arabie saoudite en mer Rouge. L'appui que continue d'apporter l'Iran aux actions des Houthis déstabilisent encore davantage la région. Ces attaques sont inacceptables et vont contre les principes élémentaires du droit international humanitaire. Comme l'a dit M. Kronberg, la situation sécuritaire à l'intérieur du Yémen s'est aussi détériorée de façon notable, avec la décision des Houthis de reprendre le conflit et leur avancée vers le sud, y compris la capture de Mocha, sans oublier une recrudescence des combats dans d'autres zones. et les menaces dans le détroit de Bab el-Mandab. Les dernières hostilités envoient le signal d'une escalade dangereuse avec des conséquences potentiellement dramatiques pour toute la région et sont un coup supplémentaire aux efforts visant à mettre fin au conflit au Yémen via des négociations. Les Houthis sont pleinement responsables de cette escalade. La Lettonie appelle les Houthis à faire cesser immédiatement les attaques contre l'Arabie saoudite. et à mettre fin aux attaques à l'intérieur du Yémen comme à l'extérieur de ses frontières. Nous appelons également au plein respect des décisions pertinentes adoptées par le Conseil, y compris les résolutions 2041 et 2216. Encore une fois, les civils yéménites sont les plus durement frappés par ce conflit qu'ils endurent depuis bien trop longtemps. Les conséquences humanitaires sont immédiates. Selon l'Organisation internationale des migrations, rien qu'en 72 heures depuis l'escalade du 3 septembre, 18 500 personnes approximativement auraient été déplacées le long de la côte occidentale du Yémen. Et le nombre de personnes déplacées continue d'augmenter heure après heure. En raison de la poursuite des combats, il est de plus en plus difficile pour les familles de prendre la route. Les organisations humanitaires rencontrent des difficultés croissantes pour prêter main-forte à ceux qui sont dans le besoin. Les familles qui fuient les violences doivent pouvoir gagner des zones plus sûres et les organisations humanitaires doivent pouvoir travailler en toute sécurité sans obstruction. Ce ne sont pas des concessions militaires ou politiques, ce sont des obligations relevant du droit international. Toutes les parties au conflit doivent les respecter. Encore une fois, nous appelons les Houthis à remettre en liberté de façon immédiate et sans condition tous les membres du personnel de l'ONU, humanitaire, de la société civile ou du corps diplomatique. Les besoins humanitaires de plus en plus grands s'inscrivent dans le cadre d'un manque de financement déjà sévère. Pour répondre aux besoins humanitaires supplémentaires urgents, il faut davantage de financements internationaux, complétés par l'appui de bailleurs de fonds de premier ordre comme l'Union européenne. Nous restons attachés à l'unité, à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Yémen, ainsi qu'à un processus politique complet, inclusif, durable, par et pour les Yéménites, facilité par les Nations unies. Pour atteindre cet objectif, il faut que toutes les parties fassent preuve de retenue et se montrent véritablement enclines à revenir à la table des négociations. À cet égard, nous disons de nouveau notre appui robuste aux efforts inlassables de l'Envoyé spécial Hans Kuhnberg et des membres de son Bureau. Aujourd'hui, leur travail visant à préserver le dialogue et à promouvoir un règlement pacifique de la crise est plus important que jamais. La population yéménite a payé un prix intolérable dans le cadre de ce conflit. Les Yéménites méritent de pouvoir échapper aux violences et méritent un horizon politique crédible pour un avenir fait de paix et de stabilité. Nous devons nous mettre au travail. Je vous remercie.
Merci, représentante de la Lettonie, pour sa déclaration, et je passe la parole au représentant du Panama.
Merci, Monsieur le Président. Nous remercions l'envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Hans Krunberg, de son intervention. Nous le remercions également de nous avoir livré, comme à l'accoutumée, un point de vue plus clair sur les derniers événements, des événements très graves qui risquent de nuire à la liberté de navigation. Nous saluons également la présence ici des représentants du Yémen et de l'Arabie saoudite, qui nous font l'honneur de leur participation. Monsieur le Président, depuis le début de notre mandat ici au Conseil de sécurité, nous avons entendu des avertissements répétés quant aux conséquences catastrophiques d'un conflit armé de grande envergure au Yémen. Malheureusement, ces derniers mois, nous avons vu que l'utilisation de tactiques coercitives ainsi que des initiatives visant à jeter délibérément de l'huile sur le feu des tensions ont de nouveau débouché, du fait des choix des autistes, sur la confrontation. Cette décision est particulièrement préoccupante. on court là le risque de voir une nouvelle spirale de violence engouffrer le pays, alors que la situation est déjà fragile. Les avancées modestes vers une solution politique sont aujourd'hui directement menacées. Les différentes attaques dans différentes parties du territoire yéménite ont fait de nombreuses victimes, semant encore davantage de souffrance pour une population qui a déjà trop souffert, et creusant encore les divisions qui depuis des années alimentent ce conflit. Il faut ajouter à cela les nouvelles attaques perpétrées contre des villes et infrastructures de l'Arabie saoudite, des attaques que nous condamnons. Selon les autorités, elles auraient fait au moins 73 blessés et entraîné des dommages importants pour des infrastructures civiles. Nous l'avons déjà dit, les attaques contre des installations essentielles dans le secteur énergétique sont particulièrement préoccupantes. de tels actes non seulement mettent en danger la vie de personnes, mais peuvent aussi entraîner des conséquences néfastes pour des services essentiels à la population civile et s'accompagner de répercussions économiques et humanitaires allant bien au-delà de la zone directement touchée par les attaques. Nous disons de nouveau notre appui et notre solidarité avec le Royaume de l'Arabie saoudite et toutes les personnes affectées par les attaques récentes, en particulier les victimes et leurs proches. Monsieur le Président, malgré tous les efforts déployés ici au Conseil de sécurité pour contenir les tensions et avancer vers une solution politique, la situation qui semblait relativement stable et qui semblait stagner se détériore aujourd'hui. C'est particulièrement préoccupant dans un contexte où notre attention concernant le Moyen-Orient est de plus en plus fragmentée étant donné l'intensification et la prolongation de différents conflits interconnectés. Ainsi, les attaques contre des navires marchands en mer Rouge sont pour nous une source de vive préoccupation. En effet, ces attaques font planer un risque sur la vie des membres de l'équipage de ces navires et menacent aussi la liberté de navigation le long d'un itinéraire stratégique pour le commerce international. Nous le répétons, la mer Rouge ne saurait devenir un nouveau théâtre de confrontation ni un instrument de pression géopolitique. La sécurité maritime et la liberté de navigation doivent être respectées. C'est pourquoi le Conseil de sécurité doit rester uni et agir avec détermination pour éviter une nouvelle spirale de violence, protéger la population civile et préserver l'espace nécessaire à la recherche d'une solution politique. Merci.
Je donne la parole à la représentante du Danemark.
Merci, Monsieur le Président. Je voudrais moi aussi remercier l'envoyé spécial, M. Grundberg, de sa présentation et souhaiter la bienvenue aux représentants de l'Arabie saoudite et du Yémen. Le Danemark est très préoccupé par cette escalade et condamne avec la dernière énergie les dernières attaques des Houthis au Yémen et contre l'Arabie saoudite. Nous disons nos condoléances à toutes les personnes tuées ou blessées dans le cadre de ces attaques illégales. Ces agissements représentent une escalade dangereuse et risquent de miner encore davantage les efforts déployés pour pouvoir régler pacifiquement le conflit au Yémen. Le Danemark appelle les Haoutistes à mettre fin immédiatement à toutes les attaques à l'intérieur ou à l'extérieur des frontières du pays, y compris contre des navires marchands en mer Rouge. Monsieur le Président, cela fait déjà plus d'une décennie que le Yémen souffre des affres de ce conflit. La seule avenue viable pour avancer vers la paix reste une solution négociée et un processus politique inclusif sous les auspices de l'ONU. Nous disons de nouveau notre plein soutien aux efforts de l'envoyé Grunberg pour faciliter un dialogue entre les parties à cette fin. Nous appelons avec force les Hautes et l'Iran de s'abstenir d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus vaste. Et nous exigeons aussi de nouveau de l'Iran qu'il s'abstienne de toute provocation ou de toute menace contre les pays de la région, y compris à travers des intermédiaires. L'Iran doit cesser d'appuyer les houthistes qui menacent non seulement la stabilité du Yémen, mais la stabilité de la région. Monsieur le Président, cette dernière escalade aggrave une situation d'ores et déjà catastrophique sur le plan humanitaire, avec plus de 22 millions de personnes, la moitié de la population, qui aujourd'hui dans le pays a besoin d'aide humanitaire. Nous sommes très inquiets face à la situation de ces milliers de Yéménites qui ont de nouveau dû quitter leur foyer, parfois pour la deuxième ou la troisième fois. Nous répétons la nécessité de respecter pleinement le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité. Toutes les parties doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et protéger les civils et les infrastructures civiles et permettre de fuir les zones de combat actif. Dans le même esprit, les autistes doivent remettre en liberté immédiatement et sans condition tous les membres du personnel de l'ONU, d'ONG ou de la société civile qui ont été détenus de façon arbitraire. Nous appelons à un accès humanitaire sûr et sans entrave pour que les humanitaires puissent prêter main-forte aux populations dans le besoin dans tout le pays. Si les efforts humanitaires sont encore davantage perturbés, les conséquences humanitaires pourraient être catastrophiques. Monsieur le Président, en guise de conclusion, de nouveau, Nous exhortons les Houthis à cesser ces attaques, à cesser l'escalade et à participer de façon constructive aux efforts pour la paix sous les auspices de l'ONU, et ce pour la population yéménite. Merci.
Je remercie le Danemark pour sa déclaration et je donne la parole.
Au représentant du Pakistan.
Merci, Monsieur le Président. Tout comme nos collègues, nous remercions l'envoyé spécial, M. Hans Kuhnberg, pour sa présentation. Et je salue également la participation des représentants du Royaume de l'Arabie saoudite et du Yémen à la présente séance. Monsieur le Président, le Pakistan condamne dans les termes les plus forts les attaques répréhensibles menées par les Houthis contre des cibles civiles et économiques à Abha, Hamees, Musayid, Jazan et Najran dans le royaume de l'Arabie saoudite. Ces attaques représentent une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du royaume et hypothèquent les efforts visant un règlement pacifique et durable du conflit au Yémen. Comme le Premier ministre du Pakistan l'a souligné, Ces attaques lâches menacent des vies innocentes ainsi que la paix et la sécurité dans la région. Nous disons de nouveau notre appui inébranlable à la souveraineté, à l'intégrité territoriale, à la sécurité et à la prospérité du Royaume de l'Arabie saoudite. Nous sommes solidaires de ses dirigeants, de son gouvernement et de son peuple qui est un peuple frère. Conformément à la Charte et au droit international, nous appuyons pleinement le droit légitime du Royaume à adopter toutes les mesures nécessaires pour défendre son territoire, protéger ses citoyens et ses résidents et préserver ses actifs nationaux face à toute menace. Monsieur le Président, la situation au Yémen connaît maintenant une phase dangereuse, alarmante. On constate une escalade marquée des hostilités le long de plusieurs lignes de front, la poursuite des attaques des Houthis contre le commerce par voie maritime en mer Rouge, des attaques contre des cibles économiques et civiles en Arabie saoudite et la détérioration de la situation humanitaire. Tout cela nous inquiète au plus haut point. Ces dernières évolutions pourrait s'accompagner de conséquences profondes pour le Yémen et pour toute la région, et souligne aussi la nécessité urgente de prévenir toute escalade ultérieure et de préserver l'espace nécessaire à l'action diplomatique. Il faut rappeler ici que le calme relatif préservé depuis 2022 a été le résultat d'efforts diplomatiques intenses. Nous ne devons pas accepter de retour en arrière. Un retour aux hostilités viendrait aggraver encore davantage la situation pour le peuple yéménite, intensifier ses souffrances et risquerait d'entraîner le pays dans un conflit régional plus vaste. La priorité immédiate doit donc être la désescalade et la restauration d'un processus politique crédible. Partant, le Pakistan appuie un processus politique inclusif par et pour les Yéménites, sous les auspices de l'Organisation des Nations unies. Nous appuyons l'envoyé spécial et saluons la poursuite de son travail avec les parties et les parties prenantes régionales. La crise humanitaire aiguë que traverse le Yémen nécessite aussi l'attention de la communauté internationale, et ce de façon durable. L'action humanitaire doit être suffisamment financée et le personnel humanitaire doit bénéficier des mesures de sécurité et de l'accès nécessaire à son travail. Nous réitérons aussi que nous condamnons la détention arbitraire aux mains des autistes de plusieurs membres du personnel de l'ONU et personnel humanitaire ainsi que de diplomates. Nous réitérons que nous exigeons leur remise en liberté immédiate et sans condition. Le Pakistan continuera d'appuyer tous les efforts sincères visant une désescalade, le dialogue, un règlement politique complet à même de permettre au Yémen et à toute la région de jouir de paix, de stabilité et de prospérité durable. Nous appelons le Conseil et la communauté internationale à continuer de faire front commun et d'appuyer ces objectifs. Merci.
Je remercie le représentant du Pakistan pour sa déclaration et je donne la parole au représentant de la Colombie.
Merci, M. le Président?
Monsieur le Président, L'enlèvement de membres du personnel de l'ONU et du personnel humanitaire, ainsi que le recours à la force par des acteurs qui n'en ont pas le droit, sont interdits par le droit pénal et le droit international humanitaire. On est là face à une violation de principes élémentaires du droit international, notamment le principe de distinction. Ce conflit et cette escalade ne peuvent durer. Monsieur le Président, la Colombie salue les représentants du Yémen et du Royaume de l'Arabie saoudite.
Le conflit a atteint des dimensions humanitaires.
Les dimensions humanitaires du conflit ne sont plus tenables. Plus de 22 millions de personnes sont déplacées, 8 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire. Nous sommes parvenus à une situation où les efforts pour parvenir à la paix représentent la seule avenue. Par conséquent, la Colombie condamne avec la dernière énergie les actions des Houthis qui violent le droit international humanitaire, ainsi que le principe de distinction et le principe d'humanité. Nous condamnons également les violations de la quatrième Convention de Genève de 1949 et des protocoles additionnels 1 et 2. Je pense ici notamment à la violation de l'accord concernant la protection du personnel des Nations Unies de 1974 et au protocole facultatif de 2005. Nous exigeons donc la remise en liberté sans condition du personnel humanitaire et des 73 membres des Nations Unies qui sont encore détenus par les Houthis. Nous appuyons le travail de l'envoyé spécial, M. Hans Kuhlberg, pour régler le conflit de façon pacifique. Les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, notamment la 2216, doivent être respectées. Les violations du droit international humanitaire et les violations des droits humains doivent faire l'objet d'un suivi. Il faut garder une trace historique pour qu'il y ait reddition de comptes lorsque le conflit aura été réglé. L'histoire nous observe. La Colombie appuie les efforts de l'ONU. Elle exige le respect du droit international. et appelle toutes les parties à rechercher une solution pacifique à ce conflit et à mettre fin à cette escalade intenable qui a d'ores et déjà provoqué une crise qui est presque aujourd'hui une crise régionale. Les attaques contre les navires marchands en mer Rouge, les attaques visant la souveraineté du royaume de l'Arabie saoudite sont inacceptables. La Colombie appelle toutes les parties à rechercher une solution pacifique à ce conflit. Merci, Monsieur le Président.
Je remercie le représentant de la Colombie pour sa déclaration et je donne la parole à la représentante de la Fédération de Russie.
Monsieur le Président, nous remercions l'envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Hans Grundberg, de son exposé. Nous sommes alarmés par la situation qui prévaut dans ce pays. Les affrontements entre le gouvernement officiel et le mouvement Ansar Allah s'intensifient, entraînant une escalade militaire et politique nette. Les hostilités, menées au moyen de diverses armes, ont lieu le long de quasiment toutes les lignes de front. Cette situation ne concerne pas seulement Taïz et Mokha, mais également l'archipel de Hanish. Les autorités yéménites, avec le concours de leurs alliés, s'emploient à rétablir l'ordre dans les provinces de Al-Bayda, de Marib, de Hodeïda et de Al-Jawf. Les tirs d'artillerie retentissent également près de la frontière entre le Yémen et l'Arabie saoudite, notamment dans la province de Saada. Sur fond de d'affrontements au Yémen, la situation humanitaire ne s'améliore guère. Les entités compétentes de l'ONU se préparent à une augmentation du nombre de personnes dans le besoin, à peu près 1,5 1000000 de personnes. Il convient d'accroître l'aide humanitaire sans aucune discrimination territoriale. Cette aide doit être fournie à l'ensemble de la population du pays. Nous rappelons que l'équation yéménite ne saurait être réglée par la force. Nous appelons toutes les parties à la retenue, à la cessation immédiate des hostilités, au règlement des différends par la voie diplomatique. Hélas, le conflit s'étend inexorablement au-delà du Yémen. Nous sommes vivement préoccupés par les signalements d'attaques de longue portée dans Sa'ala contre le territoire de l'Arabie saoudite. Des frappes ont ainsi visé de nombreux sites, à Abqa, à Najran, à une raffinerie de Djazan ou encore à la base aérienne de Hamis Mushait, dans le sud du pays. La situation est également tendue dans les eaux yéménites, où se poursuit le blocus lié aux navires du Royaume d'Arabie saoudite. Nous rappelons la position de longue date de notre pays en défense de la liberté de la navigation dans toutes les mers du monde, notamment celles qui bordent le Yémen. Les navires de commerce civils et ceux qui ne sont pas utilisés à des fins militaires ne doivent pas être la cible des belligérants. Ces mesures ne portent aucun résultat, ne font que déstabiliser davantage la situation et faire monter la violence au Yémen. Nous appelons Sanaa à faire montre de retenue, à respecter la souveraineté des États limitrophes qui pourraient, le moment voulu, contribuer à stabiliser le Yémen, à préserver son unité et à appuyer sa reprise économique. Monsieur le Président, ceci étant dit, nous pensons qu'il est de courte vue de rejeter toute la faute de l'escalade actuelle exclusivement sur le mouvement des Houthis. La situation actuelle est le fruit d'une absence chronique de règlement de la situation au Yémen et des retards dans la relance du processus politique sous la houlette de l'ONU. À maintes reprises, nous avons appelé l'envoyé spécial Grunberg à rechercher plus activement une solution entre les belligérants, sans trop insister sur le contexte régional, que ce soit la situation en mer Rouge ou encore les flambées de violence dans la bande de Gaza. Nous espérons toujours que l'envoyé spécial, en coordination avec les acteurs régionaux influents de la région, permettra de rassembler les protagonistes yéménites autour de la table des négociations. Il pourrait ainsi, dans le cadre de ses efforts, appuyer l'élaboration d'un projet définitif de feuille de route qui avait été approuvé précédemment par les autorités yéménites reconnues par la communauté internationale et les Houthis. Monsieur le Président, les affrontements au Yémen durent depuis près de 12 ans. Il y a eu quelques percées, du type de la trêve de 2022, ce qui allège quelque peu le fardeau de la guerre pour les citoyens ordinaires, mais cela ne peut se substituer à une normalisation durable. Ce qui ne sera possible que par un dialogue interéminit inclusif entre toutes les principales forces politiques du pays, y compris en Sarala. Ces forces doivent s'asseoir autour de la table des négociations et convenir de l'avenir d'un État uni. Nous appelons tous les États ayant une influence sur les parties au conflit, à engager un travail en ce sens. N'oublions pas que les accords inter-yéménites doivent bénéficier d'un fort appui international. Et c'est précisément pour cela que l'attention de l'ONU quant au processus politique ne doit pas faiblir. Merci de votre attention.
Je remercie la représentante de la Fédération de Russie pour son intervention et je donne la parole à la représentante des États-Unis.
Merci, monsieur le président. Merci beaucoup à monsieur Greenberg pour son exposé. Bienvenue aux représentants du Yémen et de l'Arabie saoudite. Le 8 septembre, les houthis ont lancé des attaques de missiles et de drones contre l'Arabie saoudite, blessant près de 73 personnes, dont des femmes et des enfants, incendiant des infrastructures pétrolières. Ces attaques ne sont que les attaques les plus récentes, démontrant le plein mépris des Houthis pour la vie des civils en Arabie saoudite. Ces derniers mois, ils ont pillonné des infrastructures énergétiques, s'en sont pris à des navires commerçants, blessant tant de personnes. Ce sont les mêmes tactiques que les Houthis utilisent pour intimider les Yéménites. Ils ont pillonné des villes, ont déplacé des milliers de familles, tout en tuant et blessant un grand nombre de civils yéménites. Leurs frappes contre Mokha ont détruit près de 10 millions de dollars d'infrastructures portuaires au Yémen. Toutes ces frappes sont de graves violations de la souveraineté du Yémen et de l'Arabie saoudite et menacent directement la sécurité énergétique de la région et du monde. Et le mode opératoire est limpide. Les Houthis sont des supplétifs de l'Iran. La main de l'Iran derrière ces attaques est claire. Ces attaques s'inscrivent dans le cadre d'une campagne plus large des Houthis visant à déstabiliser des couloirs maritimes cruciaux tels que le détroit de Bab el-Mandeb, menaçant la liberté de navigation et le commerce mondial. Les États-Unis se tiennent fermement aux côtés de l'Arabie saoudite et réaffirment le droit du royaume de défendre son territoire et ses citoyens. Nous nous tenons également aux côtés de la République du Yémen, qui tente de mettre un terme au terrorisme des houthis et de faire régner la paix et la stabilité Nous demandons aux autistes de cesser immédiatement toutes leurs attaques contre l'Arabie saoudite, le gouvernement yéménite légitime et la navigation internationale. Nous appelons également votre attention sur la détention injuste de personnels de l'ONU, d'ONG ou de diplomates, notamment de l'ambassade américaine à Sanaa. Nous demandons à nouveau qu'ils soient remis en liberté sans condition immédiatement. Il faut priver les Houthis des ressources qui alimentent leur axe de terrorisme, notamment en mieux appliquant les résolutions du Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité doit faire front uni. Cette escalade est inadmissible et ceux qui la permettent sont responsables des conséquences. Les États-Unis continueront de travailler aux côtés des partenaires afin de demander des comptes aux autistes et de rétablir la stabilité dans cette région vitale. Merci.
Merci, la représentante des États-Unis, pour sa déclaration. Je vais maintenant faire une déclaration en ma qualité de représentant de la France. Je remercie l'envoyé spécial, Hans Granberg, pour son exposé et salue la participation des représentants de l'Arabie saoudite et du Yémen. 6 points. Premièrement, la France condamne avec la plus grande fermeté les attaques Houthi au Yémen et en Arabie saoudite. Rien ne saurait justifier de telles frappes contre des civils et des infrastructures civiles qui ont fait des dizaines de victimes, dont des femmes et des enfants. La France réaffirme sa pleine solidarité aux autorités yéménites et à l'Arabie saoudite. Deuxièmement, cette attaque fait franchir un nouveau seuil à la plus grave crise que le Yémen ait connue depuis la trêve de 2022 Une crise dont les Houthis portent l'entière responsabilité. Ils ont intensifié leur offensive contre le gouvernement légitime et repris leurs attaques en mer Rouge, en violation de la résolution 2722 de ce Conseil. Les Houthis doivent cesser immédiatement toute action militaire au Yémen comme dans toute la région. Ces attaques menacent en outre la navigation en mer Rouge, et la France rappelle la nécessité de préserver la sûreté maritime et la liberté de navigation. La France poursuivra son engagement en ce sens au sein de l'opération européenne EU NAVFOR ASPIDES, dans une posture strictement défensive et en lien avec ses partenaires européens et internationaux. Troisièmement, rappelons-le, cette escalade a débuté le 3 juillet dernier, lorsqu'un aéronef iranien s'est posé à Sanaa sans l'accord des autorités légitimes. Elle traduit le comportement déstabilisateur de l'Iran qui, en soutenant les Houthis, alimente cette crise et manque à ses obligations au titre de l'embargo sur les armes institué par la résolution 2216. La France attend de l'Iran qu'il mette un terme à tout transfert d'équipements militaires au profit des Houthis et cesse ses activités déstabilisatrices dans la région. Quatrièmement, la France exige, en outre, la libération immédiate et inconditionnelle des 73 agents des Nations unies, ainsi que des agents des organisations non gouvernementales et des missions diplomatiques arbitrairement détenus par les Houthis. Ces sanctions sont non seulement contraires au droit international, mais en outre, elles entravent l'acheminement d'une aide humanitaire rendue encore plus nécessaire par l'aggravation du conflit. Cinquièmement, face à cette crise, la voie à suivre est connue. un processus politique inclusif sous l'égide des Nations unies, associant l'ensemble de la société yéménite. La France appuie pleinement les efforts de l'envoyé spécial pour dialoguer avec les parties et trouver une solution de paix durable. L'accord de libération de mai dernier avait montré que des avancées sont possibles. Nous l'encourageons à poursuivre dans cette voie et nous appelons les parties à s'y engager sans attendre, en privilégiant la négociation. Sixièmement, la France réaffirme enfin son plein attachement à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Yémen. C'est au peuple yéménite, à lui seul, de décider de son avenir. Il ne saurait être l'otage de la politique déstabilisatrice de l'Iran, et la France se tient aux côtés du gouvernement légitime, seul dépositaire de l'autorité de l'État, dans ses efforts pour rétablir la sécurité et protéger sa population. Je reprends mes fonctions de président du Conseil et donne maintenant la parole.
Au représentant de l'Arabie saoudite.
Monsieur le Président, d'emblée. Je tiens à féliciter la France pour sa présidence du Conseil de sécurité en ce mois de septembre. Nous sommes convaincus que vous dirigerez avec brio les travaux du Conseil en défense de la paix et de la sécurité internationales. Je vous remercie également d'avoir convoqué cette séance d'urgence du Conseil à la suite de l'escalade périlleuse du fait des Houthis, ce qui menace directement la sécurité de notre royaume, du Yémen, ainsi que la sécurité et la stabilité de la région. Nous remercions le royaume du Bahreïn et l'ONU d'avoir demandé, le Royaume-Uni plutôt, d'avoir demandé la tenue de cette réunion. Et nous remercions M. Grunberg, l'envoyé spécial, de ses efforts incessants et de son exposé prononcé aujourd'hui. Monsieur le Président. Le 8 septembre, la milice terroriste houthiste s'en est pris à des sites civils à Rabah, Kamish Mushayt, Shazan et Najran, faisant 73 blessés parmi les civils, dont des enfants et des femmes. Nous condamnons dans les termes les plus fermes ces attaques criminelles et terroristes. Nous affirmons qu'il ne s'agit pas là d'incidents isolés, mais plutôt du prolongement d'une approche hostile de la part de cette milice depuis son coup d'État contre le gouvernement yéménite en 2014, l'objectif étant de prendre pour cible des civils, des sites civils, des infrastructures économiques et utiliser la violence ou la menace pour imposer un fait accompli par la force. Ces attaques haineuses s'inscrivent dans le cadre d'une plus vaste escalade de la part des Houthis, avec une escalade militaire au Yémen et puis des attaques contre notre royaume, ses villes, ses citoyens, ses ressources, ainsi que des attaques contre les navires commerçants et des menaces à la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Le Conseil de sécurité, dans Sa déclaration à la presse du 7 août avait condamné les attaques de missiles des Houthis contre notre royaume depuis le 13 juillet, ainsi que les attaques contre des navires commerçants depuis le 22 juillet. Toutefois, la milice a décidé de répondre à ce message de la communauté internationale par une escalade nette et davantage d'attaques. La prise pour cible par les Houthis de navires commerçants et la menace qu'ils représentent pour les équipages et la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb constituent des comportements criminels extrêmement dangereux. Et les répercussions ne se font pas seulement ressentir dans la région, mais également sur le commerce mondial et l'économie avec des coûts d'assurance grandissants et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement. L'escalade des Houthis au Yémen, la prise pour cible de zones résidentielles, de sites civils et de camps de déplacés démontre une fois de plus leur mépris total pour les Yéménites ordinaires et leurs souffrances. Ils insistent sur l'utilisation de la force et de la violence au lieu de renouer avec le processus politique. Nous mettons en garde face au soutien que reçoivent les Houthis, qui peuvent ainsi poursuivre leurs attaques, menacer les pays de la région et la navigation internationale. Le Conseil des Nations ne peut appeler à la désescalade tout en permettant le flux constant de soutien à ces milices qui poursuivent leurs attaques criminelles. Nous appelons la communauté internationale et le Conseil de sécurité en particulier à assumer leurs responsabilités et à ne pas considérer ces attaques comme une nouvelle vague d'attaques ou d'escalade, mais plutôt à être fermes face à ces comportements criminels et terroristes, ainsi qu'à faire appliquer pleinement toutes les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la 2216 et la 2722. et à œuvrer à tarir tout soutien et source de financement aux Houthis qui perturbent la liberté de navigation. Le Royaume d'Arabie saoudite privilégie la paix, et cela depuis le début de la crise yéménite. Nous avons appelé l'Initiative du Golfe pour une période de transition, la Conférence de dialogue national, ainsi que les consultations de Genève et de Stockholm. En 2021, nous avons présenté une initiative visant à mettre un terme à la crise yéménite. Nous avons également appuyé la trêve en 2022. Nous n'avons cessé de plaider en faveur d'une feuille de route pour un règlement politique et durable de la crise yéménite. Nous n'avons de cesse également d'appuyer les efforts de M. Grunberg, et de nouer des contacts avec toutes les parties, car nous sommes intimement convaincus que la crise yéménite ne peut être réglée par des moyens militaires. Toutefois, tous ces efforts ont essuyé le rejet de toute initiative de paix par les Houthis, ce qui aggrave la crise et les souffrances du peuple frère du Yémen. Notre royaume a démontré par ses actes qu'il souhaitait la paix. tandis que la milice houthis a prouvé par ses pratiques qu'elle misait toujours sur le terrorisme, l'escalade et la violence. L'engagement du gouvernement yéménite en faveur de la désescalade ne devrait pas être exploité par les Houthis pour poursuivre leurs attaques et pour menacer la sécurité de notre royaume et de la région. À cet égard, nous réaffirmons notre droit à nous défendre, à défendre nos citoyens, nos résidents et à préserver nos ressources nationales. Nous n'hésiterons pas à prendre toutes les mesures qui s'imposent afin de dissuader les attaques des Houthis, de protéger notre sécurité, notre stabilité, notre intégrité territoriale, conformément à la Charte et au droit international. Notre position sur le Yémen demeurera inchangée: préserver la souveraineté, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique du Yémen et parvenir à une solution politique globale. sous la direction des Yéménites, pour réaliser les aspirations du peuple yéménite en faveur de la prospérité, de la stabilité et de la sécurité. Pour instaurer la paix, il faut un partenaire qui croit en la paix. Mais prendre pour cible des civils, menacer les pays de la région, la liberté de navigation et utiliser la force pour imposer des faits accomplis, cela n'est pas la voie vers la paix. Dès lors, nous appelons le Conseil de sécurité à envoyer un message clair et ferme. Sans ambages, à savoir que les attaques contre notre royaume doivent cesser. L'escalade militaire au sein du Yémen doit s'arrêter également, tout comme les menaces à la sécurité de la navigation. Et tous ceux qui poursuivent cette approche criminelle devront payer pour les conséquences. En conclusion, nous avons tendu la main, la main en faveur de la paix. et de la prospérité au Yémen. Mais nous n'hésiterons pas à défendre notre souveraineté, notre territoire, nos résidents, nos ressources nationales. Merci.
Je remercie le représentant de l'Arabie saoudite pour sa déclaration et je donne la parole au représentant du Yémen.
Je vous félicite, Monsieur le Président, pour votre présidence de ce Conseil pour ce mois.
D'entrée de jeu, je vous félicite de présider le Conseil de sécurité en ce mois de septembre. Je vous souhaite plein succès. Merci d'avoir convoqué cette séance d'urgence à un moment charnière, alors que notre région est le théâtre d'une nouvelle vague d'escalade du fait des agissements de la milice terroriste houthis, pas seulement contre le peuple yéménite et les institutions d'État, mais également contre les pays de la région, des civils, des sites civils, l'énergie, la sécurité de la navigation, le commerce international. Le gouvernement yéménite n'a cessé de dire que présenter chaque vague d'attaques comme un incident isolé et puis revenir à une politique visant à gérer la situation en attendant les nouvelles attaques, cela ne permettra pas d'instaurer la paix, mais donnera aux milices plus de temps pour se réarmer, pour renforcer leurs capacités et pour étendre l'emprise de leur menace. Ce que nous constatons aujourd'hui démontre la validité de ces mises en garde. La République du Yémen condamne dans les termes les plus fermes les nouvelles attaques menées par les milices houthistes terroristes contre le territoire du pays frère d'Arabie saoudite, notamment les attaques de missiles balistiques et de drones d'hier contre Musayyid, Ajran, Jazan et Najran. en ciblant des civils, des avoirs nationaux et les infrastructures de notre royaume. La République du Yémen réaffirme sa pleine solidarité envers le Royaume d'Arabie saoudite, sa direction, son peuple. Et nous rejetons catégoriquement l'utilisation de quelque part qui soit du territoire yéménite comme tremplin pour lancer des missiles, des drones ou encore pour menacer la sécurité du royaume ou d'autres pays limitrophes. Ces attaques ne sont pas seulement des actes d'agression contre notre pays, mais également des violations criantes de la souveraineté de la République du Yémen. Les Houthis utilisent ainsi un territoire d'un État membre de l'ONU pour lancer une attaque contre un autre État. Nous réaffirmons le droit de l'Arabie saoudite à se défendre et à protéger sa souveraineté, ses avoirs nationaux, ses citoyens et les sites civils face à ces attaques illicites, et ce conformément au droit international et à la Charte des Nations unies. Ces dernières années, le Royaume a fait montre d'une grande retenue à appuyer les efforts en faveur du calme. Mais cette retenue ne doit pas être vue comme une faiblesse et la quête de la paix ne doit pas devenir une sorte de bouclier qui donne les mains libres à l'agresseur pour poursuivre ses attaques sans conséquence. Les relations entre le Yémen et l'Arabie saoudite sont bien plus que dues à la proximité géographique. L'Arabie saoudite demeure le principal partenaire du Yémen face aux répercussions de la guerre, appuyant les institutions d'État, la stabilité économique, le versement des salaires, l'amélioration des services, le secours et le développement. Et le royaume joue également un rôle crucial en appui aux efforts de paix et en apaisant les souffrances du peuple yéménite. Ces dernières années, l'Arabie saoudite n'a cessé d'investir dans la paix, la stabilité de développement, alors que les milices houthistes ont utilisé cette accalmie pour investir dans leurs armes, missiles et drones, et pour se préparer à la prochaine reprise de la guerre. Dès lors, la sécurité du Yémen et de l'Arabie saoudite sont indissociables. Les missiles et les drones qui s'abattent sur des villes saoudiennes, tout comme les armes qui s'abattent sur Marib, Bodeida et la côte ouest, ou encore les menaces à la navigation maritime en mer Rouge et dans le détroit de Bab El-Mandeb. Tout cela vient d'une seule structure qui opère en dehors de l'État yéménite et appuyée par le régime iranien terroriste. Dès lors, Yémen, qui aurait le contrôle sur les armes et pourrait garantir sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire, n'irait pas seulement dans l'intérêt des Yéménites, mais également de l'Arabie saoudite, de la région pour la sécurité de la mer Rouge, du détroit de Bab el-Mandeb et la liberté de la navigation de par le monde. Les attaques contre le royaume interviennent dans le cadre d'une escalade plus vaste. Au Yémen, les milices ont renforcé les opérations à Marib, Taizz, Hodeida, sur la côte ouest, ciblant des civils, des camps de déplacés ou encore des infrastructures civiles. Cette escalade récente a entraîné une nouvelle vague de déplacements, touchant au moins 6 100 ménages, soit 44 000 personnes. En mer Rouge, les milices houthistes utilisent toujours des drones, des missiles, des bateaux sans équipage pour menacer la navigation et les voies navigables. Ils essayent à présent d'avancer vers la côte ouest et le détroit de Bab-el-Mandeb, ce qui démontre qu'ils veulent étendre leur emprise pour menacer l'une des artères commerciales les plus cruciales au monde. Dans ce contexte, le Conseil de sécurité doit prendre en compte le tableau d'ensemble. Faudrait-il permettre à ces milices de resserrer son étau sur le détroit de Bab-el-Mandeb, l'île stratégique? Dans cette bataille, le royaume du Yémen ne défend pas seulement sa souveraineté. Le peuple yéménite fait tant de sacrifices pour le détroit de Bab-el-Mandeb, ses eaux territoriales, et par cela, l'on défend la liberté de navigation, la stabilité du commerce mondial et les intérêts des populations et d'États situés bien au-delà du Yémen et de la région. a été le théâtre récemment d'attaques et de menaces iraniennes contre plusieurs États. Et même alors que les milices houthistes essayent d'étendre leurs attaques en s'en prenant à des installations pétrolières et à la navigation commerciale par la mer Rouge, il s'agit selon nous d'une tentative pour faire pression sur les pays de la région et pour modifier les chaînes d'approvisionnement, pour en faire des leviers de pression et d'extorsion. Monsieur le Président, le gouvernement yéménite privilégie la paix et non la guerre. Nous avons appuyé les initiatives de l'ONU et autres initiatives régionales, et nous avons fait montre de retenue ces dernières années. Mais quel a été le résultat? À la suite de la trêve de 2022, nos installations pétrolières ont été attaquées lorsque les efforts pour la feuille de route ont avancé. La milice en est pris à la liberté de la navigation. Et aujourd'hui, il y a une escalade de la guerre au Yémen et des attaques contre l'Arabie saoudite, menaçant les infrastructures énergétiques, tentant d'imposer de nouvelles réalités militaires le long de la mer Rouge et du détroit de Bab-el-Mandeb. Ce ne sont pas là des incidents isolés, mais plutôt le prolongement de ces agissements en toute impunité. Dès lors, le Conseil de sécurité ne doit pas seulement se demander comment faire cesser ces attaques, mais surtout comment éviter qu'un groupe armé n'ait les capacités de reproduire ces menaces tous les x mois contre le Yémen et les pays de la région, etc. Il faudrait protéger les infrastructures de la région et la navigation, certes, mais on ne s'attaque là seulement qu'aux symptômes du problème. Là où le bât blesse, c'est l'afflux de drones, de missiles vers les Houthis. Monsieur le Président, je réaffirme une fois de plus que l'heure est venue d'arrêter de gérer cette menace et de s'attaquer enfin aux causes profondes. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de livrer cette bataille en notre nom, mais plutôt, nous demandons au Conseil de faire appliquer ses propres résolutions et de ne pas permettre aux violences et aux menaces à la navigation internationale de devenir des moyens de pression pour atteindre des objectifs Dès lors, nous appelons le Conseil de sécurité à condamner vigoureusement l'escalade militaire due aux milices houthistes terroristes sur les différents fronts au Yémen et la prise pour cible de civils, de sites civils, de camps de déplacés, à réaffirmer le droit du gouvernement yéménite à protéger son territoire et ses citoyens, conformément à la Charte des Nations unies.
Ainsi qu'à condamner, et dans les termes les plus forts, les attaques des Houthis contre le royaume de l'Arabie saoudite. Nous appelons en outre à la bonne mise en œuvre de mesures pour interdire l'acheminement d'armes, de pièces détachées, de technologies et d'expertises militaires à la milice. Nous demandons un appui pour nous aider à protéger notre territoire et nos eaux territoriales. Il faut exiger des comptes aux individus qui sont impliqués dans l'organisation de ces attaques. Toute approche permettant à la milice d'obtenir un avantage économique ou militaire doit être condamnée. Monsieur le Président, il n'y a pas de contradiction entre la paix et la dissuasion. Il n'y a pas de contradiction non plus entre le droit d'un État à se défendre et la recherche d'un règlement négocié. Un État à même de défendre le droit et la garantie d'une paix pérenne, alors qu'une paix qui permettrait à un groupe armé de maintenir des armes, des drones, n'est pas une véritable paix, ce n'est même pas la paix du tout, c'est le prélude du nouvel épisode de guerre. Le Yémen continuera de travailler avec le Royaume de l'Arabie Saoudite, les Nations Unies et les membres du Conseil de sécurité, ainsi qu'avec tous ses partenaires pour parvenir à une paix juste et durable. Dans le même temps, l'État yéménite continuera de s'acquitter de son obligation à savoir protéger sa population, restaurer ses institutions et empêcher que son territoire ne soit utilisé pour menacer ses voisins. Restaurer l'État yéménite, protéger la liberté de passage et les chaînes d'approvisionnement internationales, prévenir l'utilisation de groupes armés pour menacés des pays de la région ne sont pas des entreprises distinctes. Tout cela s'inscrit dans un seul et même défi qui exige une posture internationale ferme et robuste. L'heure est venue pour la communauté internationale de ne pas se contenter de contenir la menace, mais d'œuvrer pour y mettre fin, mettre fin à ses causes profondes. Depuis la salle du Conseil de sécurité, nous devons faire passer un message Clair, les missiles, les drones, les attaques contre des États ou des voies maritimes internationales ne permettront aucune avancée et ne seront pas récompensés. Il n'y aura pas de récompense pour ceux qui choisissent la guerre. Merci.
Je remercie le représentant du Yémen pour sa déclaration. Il n'y a plus d'oratrice ou d'orateur inscrit sur la liste. Je remercie l'envoyé spécial et la séance est levée.