Les femmes et la paix et la sécurité - Conseil de sécurité, 10254e séance
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Je déclare ouverte la 10254e séance du Conseil de sécurité. Je souhaite une chaleureuse bienvenue aux différents hauts représentants, aux représentants de haut niveau présents Ici, en cette salle du Conseil de sécurité, votre présence aujourd'hui atteste de l'importance de la question à l'examen. L'ordre du jour provisoire de la présente séance est le suivant: les femmes et la paix et la sécurité dans les 25 prochaines années, concrétiser les promesses par l'action. Conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil, J'invite les représentants de l'Afghanistan, de l'Albanie, de l'Algérie, de l'Angola, de l'Arménie, de l'Australie, de l'Autriche, de l'Azerbaïdjan, du Bangladesh, de la Belgique, du Brésil, du Brunei Darussalam, de la Bulgarie. du Burundi, du Cambodge, du Canada, du Chili, de la Côte d'Ivoire, de la Croatie, de Chypre, de la Tchéquie, de la République dominicaine, de l'Équateur, de l'Égypte, d'El Salvador, de l'Estonie, de Fidji, de la Finlande, de la Géorgie, de l'Allemagne, du Guatemala, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Irlande, d'Israël, de l'Italie, du Japon, de la Jordanie, du Kazakhstan, du Kenya, du Royaume des Pays-Bas, du Koweït, du Kirghizistan, du Liban, du Liechtenstein, de la Lituanie, du Luxembourg, de la Malaisie, des Maldives, de Malte, de la Mauritanie, du Mexique, de la Mongolie, du Monténégro, du Maroc, du Mozambique, du Myanmar, de la Namibie, du Népal, du Nigeria, des Philippines, de la Pologne, du Portugal, du Qatar, de la République de Corée, de la République de Moldova, de la Roumanie, de la Sierra Leone, de Singapour, de la Slovénie, de l'Afrique du Sud, de l'Espagne, du Soudan, de la Suisse, de la République arabe syrienne, de la Thaïlande, du Timor-Leste, de Trinité-et-Tobago, de la Tunisie, de la Turquie, du Turkménistan, de l'Ukraine, des Émirats arabes unis, de l'Uruguay.
De la République bolivarienne du Venezuela, du Yémen et du Zimbabwe à prendre part à cette séance.
Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du Règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite les intervenants principaux suivants à prendre part à cette séance. Madame Sima Sami Bahous, directrice exécutive d'ONU Femmes, et madame Tamana Zariad Pariani, militante des droits humains. Il en est ainsi décidé. Conformément à l'article 39 du règlement intérieur provisoire du Conseil, j'invite aussi les personnes suivantes à prendre part à cette séance: Son Excellence Monsieur Stavros Lambrinidis, chef de la délégation de l'Union européenne auprès de l'Organisation des Nations unies; Son Excellence Monsieur Oussama Mahmoud Abdelkhalid Mahmoud, observateur permanent de la Ligue des États arabes auprès de l'Organisation des Nations unies; Son Excellence Madame Liberata Mulamula, Envoyé spécial de l'Union africaine sur les femmes et la paix et la sécurité.
Mme Elise Nicole Moschini, Observatrice permanente, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge auprès de l'Organisation des Nations unies, et M. David Balza-Gouldris, Envoyé spécial de la présidence de la Cour de justice centrale américaine auprès de l'Organisation des Nations unies. Il en est ainsi décidé. Je propose que le Conseil invite l'observateur permanent de l'État observateur de Palestine auprès de l'Organisation des Nations unies à prendre part à cette séance. conformément au règlement intérieur provisoire et à la pratique habituelle en la matière.
En l'absence d'objection, il en est ainsi décidé. Le Conseil de sécurité va maintenant entamer l'examen du point 2 de l'ordre du jour. J'attire l'attention des membres du Conseil sur le document paru sous la cote S/2026/758.
Le rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité, ainsi que sur le document S/2026/789, une lettre datée du 1er octobre 2026, émanant du représentant permanent de la Grèce auprès de l'ONU et adressée au Secrétaire général et contenant une note de cadrage sur le point à l'examen. Je souhaite une chaleureuse bienvenue à Monsieur le Secrétaire général, Son Excellence, Monsieur Antonio Guterres, auquel je donne la parole.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, L'histoire des nombreuses crises auxquelles notre monde est confronté est, au fond.
Une histoire de pouvoir, de ceux qui la détiennent et de ceux qui en sont privés. C'est dans la forme d'inégalité la plus ancienne et la plus universelle, l'inégalité entre les femmes et les hommes que le déséquilibre de pouvoir est le plus flagrant? C'est cette question qui nous réunit aujourd'hui, et c'est une question dont le Conseil de sécurité a décidé de se saisir. Il y a 26 ans, sous l'impulsion de femmes qui refusaient d'être réduites au silence, la résolution 1325 du Conseil a mis en lumière une vérité simple: le leadership des femmes n'est pas seulement une question de droit, il est essentiel à l'instauration d'une paix juste et durable. Au cours du dernier quart de siècle, le Programme pour les femmes, la paix et la sécurité a permis de réaliser certains progrès, sur lesquels je reviendrai. Mais regardons les choses en face. Trop souvent, les déclarations n'ont pas été suivies d'effets concrets. En dépit des conférences, réunions, rapports et résolutions qui se sont succédé au cours des dernières décennies, le fléau de l'inégalité de genre persiste. Il persiste lorsque les femmes sont absentes des tables de négociation. Il persiste lorsque les artisanes de la paix ne sont pas suffisamment financées ou ne le sont pas du tout. Et pour les femmes et les filles prises dans l'enfer des conflits, l'inégalité de genre se manifeste par d'effroyables actes de violence, notamment de violences sexuelles. Excellence, Mesdames et Messieurs, au cours des décennies qui ont suivi l'adoption de la résolution 1325, nous avons réalisé des avancées encourageantes dans la réalisation des ambitions qu'elle énonce. quelque 110 pays et plus qui ont adopté des plans d'action nationaux pour les femmes et la paix et la sécurité, à l'augmentation du nombre de femmes prenant part à la médiation locale, souvent dans un rôle de premier plan, ainsi qu'à d'autres processus de paix, en passant par l'intégration de dispositions relatives à l'égalité des genres dans les processus et accords de paix, sans oublier le rôle vital que jouent les organisations de femmes en aidant les communautés à se relever une fois les combats terminés. Dès le début de mon mandat de Secrétaire général, j'ai voulu que l'ONU ne.
Montre la voie.
Nous sommes donc passés à l'action, en fixant à au moins un tiers la proportion de femmes participant au processus de paix que nous menons, en atteignant la parité à tous les postes de direction, dans tous les sièges et parmi l'ensemble des administrateurs, une première dans notre histoire, en établissant des niveaux de financement minimum pour les organisations de femmes qui se trouvent en première ligne face aux crises. en collaborant avec les partenaires humanitaires pour faire en sorte que les femmes soient intégrées dans les structures décisionnelles et en orientant davantage de financements vers les organisations dirigées par des femmes, en prenant une tolérance zéro à l'égard des représailles visant les défenseuses des droits humains dans les zones de conflit, en multipliant par deux le nombre de femmes en uniforme servant dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies et en soutenant les organisations locales dirigées par des femmes, notamment en en Afghanistan, en République démocratique du Congo et en Syrie. Excellence, Mesdames et Messieurs, Dans le même temps, la multiplication des conflits tout autour de nous menace ces acquis. Comme vous le savez, le nombre de conflits auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés est sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, de Gaza à l'Ukraine, en passant par le Sahel, le Soudan, le Myanmar et d'autres régions. Mon rapport annuel sur les femmes et la paix et la sécurité fait état d'une forte augmentation du nombre de femmes et de filles vivant dans un rayon de 50 km d'un conflit armé. Les femmes et les filles continuent d'être victimes de violences, d'exclusion, de discrimination et d'atteintes. Le nombre de cas de violences sexuelles liées aux conflits confirmés par l'ONU a fortement augmenté, dépassant les 9 700 l'an dernier, et le chiffre réel est sans nul doute bien plus élevé. On constate également une utilisation croissante d'armes explosives dans des zones densément peuplées, notamment au Myanmar, au Soudan et dans le territoire palestinien occupé, qui s'accompagne d'une hausse du nombre de victimes parmi les femmes et les filles. La mortalité maternelle augmente dans les zones de crise. Les filles se voient privées de l'éducation dont elles ont besoin et qui constitue pourtant un droit fondamental. Les dirigeantes, les femmes politiques, les journalistes, les défenseuses des droits humains sont mises à l'écart et prises pour cible. Les femmes et les filles font face à de nouvelles atteintes à leurs droits et à de sévères restrictions en Afghanistan, au Mali, au Yémen et en Somalie. Et les parties à des conflits continuent d'imposer aux membres du personnel féminin de l'ONU et des organisations partenaires des restrictions scandaleuses qui les empêchent d'exercer leurs fonctions au seul motif qu'elles sont des femmes. À chaque étape, les coupes budgétaires aggravent encore la situation. Tandis que les dépenses militaires mondiales ont explosé pour atteindre près de 2 900 milliards de dollars l'an dernier, l'aide internationale continue de s'effondrer. Ce recul politique et financier a des conséquences tangibles: de la fermeture des centres de santé et d'espaces sûrs pour les femmes et les filles, à la réduction des effectifs des opérations de maintien de la paix et des missions politiques des Nations Unies, y compris du nombre de conseillères et conseillers pour les questions de genre et la protection des femmes, en passant par la perte d'une aide humanitaire vitale pour les femmes et les filles, sans parler des organisations de femmes qui sauvent des vies mais qui sont contraintes de cesser leurs activités faute de ressources. Monsieur le Président, la participation des femmes n'est pas symbolique. Les processus de paix ont plus de chances de perdurer lorsque les femmes y participent de manière effective. La stabilité est plus facile à atteindre lorsque les femmes disposent des mêmes possibilités de façonner l'avenir de leur communauté. Et les sociétés sont plus fortes et plus résilientes lorsque les femmes et les filles peuvent vivre à l'abri de la peur et de la violence. Alors que nos efforts visant à réaliser la vision portée par la résolution 1325 traversent une période délicate, je distingue trois domaines qui exigent une action urgente. Premièrement, nous devons tenir l'engagement pris dans cette résolution. en faisant en sorte que les femmes participent à toutes les négociations de paix et que leurs besoins soient pris en compte dans chaque accord de paix. L'an dernier, les femmes ne représentaient que 5 % des négociateurs dans 57 processus de paix à travers le monde. Et moins d'un cinquième des accords de paix conclus l'an dernier comportaient au moins une référence aux femmes, aux filles, aux questions de genre ou à la violence sexuelle. 26 ans après l'adoption de la résolution 1325, ce déficit de mise en œuvre est inacceptable. Une paix durable doit refléter le leadership, les aspirations et les contributions de l'ensemble de la population, y compris des femmes et des filles. Cela passe notamment par la mise en œuvre de mesures concrètes, telles que des objectifs et des quotas contraignants, comme le prévoit notre engagement commun visant à accroître la participation pleine, égale et véritable des femmes au processus de paix. Depuis son lancement il y a deux ans, plus de 40 entités l'ont adopté, parmi lesquelles des États membres, des organisations internationales et régionales, et d'autres acteurs. Je demande aux entités qui ont souscrit à cet engagement d'honorer les engagements qu'elles ont contractés. Tous les processus de paix, dialogue, cessez-le-feu et accords de paix, sans exception, doivent tenir compte de la diversité des besoins des femmes et des filles. Deuxièmement, nous devons accroître les financements. Ce besoin est particulièrement pressant pour les organisations de femmes qui travaillent dans des zones touchées par des conflits et dans des contextes de déplacement forcé où les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables. Je demande à tous les pays de respecter leurs engagements en matière d'aide publique au développement et de rétablir de toute urgence le financement des organisations qui viennent en aide aux femmes et aux filles dans les zones de conflit.
Monsieur le Président, troisièmement, l'heure est venue de faire preuve de tolérance zéro à l'égard de la violence contre les femmes et les filles, des victimes de violences fondées sur le genre, notamment des violences sexuelles liées aux conflits. à toutes les femmes qui œuvrent en première ligne pour la paix, en tant qu'artisanes de la paix, organisatrices, communautaires, défenseurs des droits humains et travailleurs humanitaires. Je demande que les responsables de tout acte de violence contre les femmes et les filles répondent pleinement de leurs actes. L'ONU continuera de jouer son rôle, notamment en obtenant des engagements visant à mettre fin à de tels actes, en documentant les violations et en plaidant pour que justice soit rendue. Je réitère mon appel en faveur de la levée de toutes les restrictions imposées aux travailleurs humanitaires et de leur pleine protection dans l'exercice de leur mission vitale. Bien entendu, l'urgence d'agir ne se limite pas à ces trois priorités. Les États doivent également redoubler d'efforts pour amener les auteurs de violences fondées sur le genre à répondre de leurs actes. inscrire les engagements relatifs aux femmes et à la paix et à la sécurité dans les lois et les politiques nationales, et garantir la sécurité économique des femmes; renforcer le soutien apporté aux organisations de femmes dans les situations de conflit, et combler les lacunes en matière d'information grâce à une révolution des données sur le genre. Monsieur le Président, l'égalité n'est pas un rêve, c'est une décision. À l'ONU, c'est une décision que nous avons prise et notre organisation en est sortie renforcée. Le monde doit prendre cette même décision lorsqu'il s'agit d'inclure les femmes aux négociations de paix ainsi qu'à l'ensemble des processus décisionnels et à l'élaboration des budgets et des politiques. Lorsqu'il s'agit de défendre les droits et l'autonomie physique des femmes et des filles en toutes circonstances, y compris la situation de conflit, lorsqu'il s'agit de bâtir la paix et la sécurité dont notre monde a besoin. Je vous remercie.
Je remercie Monsieur le Secrétaire général, Son Excellence António Guterres, pour son exposé. Merci beaucoup. C'est pour nous un insigne honneur que de vous accueillir, Monsieur.
Je donne maintenant la parole à Madame Sima Sami Bahous.
Monsieur le Président, Excellence, Je remercie Son Excellence Georgios Gerapetritis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce, pour la convocation de cette séance. Merci aussi à la présidence grecque pour l'organisation de ce débat public. C'est pour moi un honneur que de présenter aujourd'hui le rapport annuel du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité. Mais avant cela, Je tiens à exprimer toute ma gratitude au Secrétaire général pour son rôle de premier plan au cours de la décennie écoulée pour promouvoir l'égalité de genre et les droits des femmes, et pour les efforts qu'il déploie pour faire en sorte que l'ONU soit véritablement aux côtés des femmes et des filles. Il aura vraiment été notre féministe en chef, nous exhortant toujours à être plus audacieux.
Plus ambitieux, plus déterminés dans nos efforts, plus courageux à l'heure de contester le statu quo. Monsieur le Président, Le rapport du Secrétaire général nous le dit très clairement: le leadership des femmes au service de la paix est entravé, alors même que nous en avons plus que jamais besoin. Alors que les dépenses militaires augmentent et que l'aide diminue, la nécessité d'investir dans la paix n'a jamais été aussi pressante. L'année dernière, je faisais part de inquiétude des plus vives face au fait que les femmes ne représentaient que 7 % des négociateurs autour des tables de négociation de la paix à l'échelle mondiale. En 2025, ce chiffre a chuté, atteignant 5 % dans le cadre de 57 processus de négociation examinés. S'agissant des trois processus pilotés ou copilotés par l'ONU, la participation des femmes atteint cependant 22 %, certes en deçà de l'objectif d'un tiers, mais nous constatons clairement la la différence que peuvent faire les Nations Unies. Excellence, après 26 ans d'engagement, il est impensable que 80 % des négociations de paix l'année dernière aient eu lieu sans qu'aucune femme n'y participe. Cette exclusion n'est pas le fruit du hasard. Elle est le reflet d'obstacles institutionnels persistants, de relations de pouvoir inégales. de normes genrées profondément ancrées qui continuent de priver les femmes de la place qui leur revient dans les efforts de paix. La participation des femmes est bien plus qu'une question de représentation symbolique. Leur exclusion a des conséquences sur la teneur même des accords de paix et sur ce qu'ils protègent. Ces conséquences ne se limitent pas aux femmes et aux filles. Alors que les conflits se multiplient, Les accords de paix d'ensemble se font de plus en plus rares. Depuis la République démocratique du Congo jusqu'à Gaza, en passant par l'Iran, le Moyen-Orient, le Myanmar, le Sahel, le Soudan, le Soudan du Sud, la Somalie, l'Ukraine et au-delà, les femmes restent majoritairement absentes des efforts déployés pour mettre un terme aux conflits qui affectent leur vie. Même lorsque des cessez-le-feu sont conclus, ils sont trop rares, trop fragiles et trop souvent ne parviennent pas à mettre un terme à la violence et aux souffrances ou assurer la sécurité des femmes et des filles. Aucun, pas un, des 13 accords de cessez-le-feu conclus en 2025 ne mentionnait spécifiquement les femmes et les filles. Pas un n'interdisait la violence sexuelle. alors même que le nombre de cas vérifiés par l'ONU de violences sexuelles liées au conflit a doublé en l'espace d'à peine une année. Ces omissions ont un coût humain terrible. Monsieur le Président, aujourd'hui, 756 millions de femmes et de filles, un chiffre record, vivent dans un rayon de 50 km d'un conflit armé. Alors que la guerre évolue, les technologies militaires utilisant l'IA signifient de nouveaux risques pour la protection des civils, l'établissement des responsabilités, les risques que courent déjà les femmes et les filles sont exacerbés. En plusieurs endroits, les femmes et les filles représentent une part croissante des civils tués, notamment dans le cadre d'attaques visant les lieux qui sont au cœur même de leur vie quotidienne: les hôpitaux, les écoles, les marchés, les maisons. C'est dommage, s'étendent bien au-delà du champ de bataille. Dans les situations de conflit, les femmes ont 5 fois plus de risques de mourir de causes maternelles évitables et les filles ont 2,5 fois plus de risques d'être privées d'école comparé à celles qui vivent dans une situation de stabilité. Près de 40 % de toutes les femmes et les filles qui vivent dans la pauvreté extrême vivent dans des zones touchées par un conflit. Lorsque les conflits mettent à mal les services, contraignant les familles à fuir leur maison, les femmes et les filles en paient le plus lourd tribut. Elles prennent soin des enfants, des blessés, des personnes âgées, tout en étant confrontées à un risque accru de violences fondées sur le genre, d'exploitation sexuelle et de traite. Tout cela tout en portant la douleur des êtres chers, tout en ayant le cœur brisé d'avoir perdu leur maison et en vivant le traumatisme de vie déchirée. En Afghanistan, la situation est plus sombre encore, alors que les femmes et les filles sont systématiquement gommées de la vie publique, privées d'une voix dans l'avenir de leur pays. Excellence, les choix que nous posons aujourd'hui sur l'investissement de nos ressources révèlent ce à quoi nous accordons de la valeur. Notre étude des organisations de femmes en situation de crise a montré que 61 % de ces femmes se trouvent dans une situation financière bien pire aujourd'hui qu'il y a un an. 45 % ont moins de six mois de fonds devant elles. Il s'agit des organisations dont nous dépendons pour protéger les droits, soutenir les communautés et bâtir la paix. Le fait que tant d'organisations de femmes soient en peine et éprouvent des difficultés à survivre n'est pas une simple conséquence de la guerre. C'est une situation qui découle de la façon dont nous définissons la sécurité et des décisions que nous prenons en matière d'investissement. La défense peut dissuader les menaces, mais la défense ne garantit jamais la paix. La sécurité se bâtit bien avant que le premier drone ne décolle ou que le premier coup ne tombe. La prévention passe par les communautés. tout, qui se font confiance les unes et les autres et qui croient dans la justice. Elle exige que des fillettes puissent aller en toute sécurité à l'école, que les familles puissent rentrer chez elles après le conflit, que les conflits soient réglés avant qu'ils n'aboutissent à la guerre chaque jour dans des communautés déchirées par un conflit. Les femmes travaillent et continuent de mener la charge. Elles négocient les passages en toute sécurité pour les civils, l'accès humanitaire pour acheminer les vivres, l'eau, les médicaments. Elles sont médiatrices dans le cadre de différents locaux avant qu'ils n'escaladent. Elles documentent les violations des droits humains et cherchent à établir les responsabilités. Elles soutiennent les rescapés de violences sexuelles, contribuent à rendre la dignité, à assurer la justice. Elles sont agents de police, soldats de la paix, protègent les civils, apaisent les tensions, rebâtissent la confiance entre les communautés et ceux qui sont chargés de leur sécurité. Dans bien des conflits de par le monde, les femmes sont capables d'identifier les premiers signes de trouble, préservant les espaces de dialogue, même lorsque les parties au conflit refusent de discuter, contribuant à prévenir la radicalisation, le recrutement des enfants et des jeunes par les groupes armés. Elles le font que la communauté internationale soit présente ou non. que le monde, que leur travail soit reconnu et financé ou pas. Notre incapacité à les soutenir n'est pas simplement injuste. Il s'agit d'une attitude de courte vue coûteuse et qui ne parvient, ne produit pas des résultats. Rien que pour l'année dernière, le Fonds Femmes, Paix et Humanitaire a soutenu 15 000 soldates de la paix qui ont contribué à à régler près d'un million de différents locaux. En Colombie, au Burundi, elles ont aidé à régler des conflits sur le manque de ressources, les déplacements, les questions de foncier, l'héritage et les biens. Ces efforts sont de plus en plus reflétés au niveau des engagements nationaux. 118 pays ont désormais adopté des plans d'action nationaux sur les femmes et la paix et la sécurité. Ces plans se traduisent en des politiques nationales et traduisent une idée puissante qui qui a émergé du mouvement des femmes, à savoir que le Conseil, dans sa sagesse, a transformé en une norme mondiale au travers la résolution 1325 et suivantes. Et pourtant, ces plans sont sous-financés, négligés lorsque les décisions sont prises sur la sécurité, la prévention des conflits, la reconstruction ou la politique étrangère. Monsieur le Président, Excellence, pour conclure, Je m'associe au secrétaire général en demandant que des mesures soient prises sur trois priorités qu'il n'a cessé d'évoquer devant le Conseil, année après année. Tout d'abord, faire en sorte que tous les processus de paix soutenus par les États membres respectent l'objectif d'un tiers de femmes. J'exhorte tous les signataires à l'engagement du Secrétaire général à respecter cette norme et à tendre vers la parité. Deuxièmement, réserver au moins 15 % de l'APD aux pays touchés par les conflits, notamment pour promouvoir l'égalité de genre, et allouer au moins 1 % aux organisations de femmes. Je salue tous les bailleurs de fonds qui le font déjà. Je demande à tous ceux qui ne l'auraient pas encore fait de suivre leur exemple. Troisièmement, mettre un terme à l'impunité pour les crimes contre les femmes et les filles. Sanctionnez, faites en sorte que les responsables des meurtres, des viols, des violences sexuelles fondées sur le genre, des persécutions de genre visant les femmes et les filles rendent des comptes. Protégez les femmes artisanes de paix, les défenseuses des droits humains, les travailleuses humanitaires contre les attaques et les représailles. Faites respecter le droit international et appliquez le cadre du Conseil sur les femmes, la paix et la sécurité de manière cohérente. Monsieur le Président, Excellence, nous savons ce que nous devons faire. La question est maintenant de savoir si nous aurons le courage de partager le pouvoir, si nous aurons la détermination d'investir dans le leadership des femmes et la volonté politique de transformer nos engagements en actions.
Je vous remercie.
Je remercie Madame Barus pour son exposé. Et je donne la parole à Madame Tamana Zaria Paryani.
Monsieur le Président, au nom de l'humanité, de la liberté, de la justice et de l'égalité, bonjour, merci de m'avoir invitée. Je m'appelle Tamana Zaria Paryani. Certains d'entre vous me reconnaissent peut-être. Je suis la femme qui apparaît dans une vidéo publiée en 2022. Celle qui tremble de peur, criant à l'aide depuis une chambre alors que les talibans encerclaient sa maison en pleine nuit. Je suis la femme qui pensait ne pas survivre cette nuit-là. J'étais avec mes trois sœurs lorsque les talibans ont fait irruption chez nous. Les talibans sont venus pour me faire taire en raison de mon militantisme pour les droits humains. comme ils l'ont fait pour tant d'autres. Mais cette nuit-là, depuis mon petit appartement à Kaboul, et malgré ma peur, j'ai décidé de documenter leurs crimes. Et c'est cette vidéo qui m'a sauvé la vie. Si je n'avais pas eu accès à Internet, si je n'avais pas eu mon téléphone en main, je ne serais peut-être pas là aujourd'hui. Mais d'autres n'ont pas eu cette chance. J'ai été emprisonné et torturé par les talibans. Quand j'étais détenu, nous pouvions entendre les cris des prisonniers réduits au silence par les coups de feu. Nous avons vu les corps des prisonniers morts laissés à se décomposer. Et ces souvenirs ne me quitteront jamais. Ces souvenirs montrent ce que les talibans sont prêts à faire à ceux qui les défient. Ma lutte contre la violence et l'inégalité a eu un coût élevé. Ma famille a souffert. Mes amis ont souffert. J'ai moi-même souffert. Mais je continue. Je continue à prendre la parole, car le silence n'est pas une option. Et surtout, pour les femmes en Afghanistan, s'exprimer n'est pas facile. Cela signifie défier des systèmes qui sont conçus pour vous museler. Cela signifie risquer votre liberté, votre sécurité, et parfois, risquer votre vie. Aujourd'hui, cela fait 5 ans et 73 jours que les femmes en Afghanistan vivent sous un système d'apartheid de genre. Je l'ai vécu personnellement, y compris pendant mon emprisonnement. Des millions d'autres femmes et filles en Afghanistan continuent de le vivre jour après jour. L'Afghanistan est le seul pays sur la planète où les filles se voient systématiquement refuser l'éducation et où les femmes sont exclues de presque tous les aspects de la vie publique. Les femmes sont interdites d'accès à l'université et à la plupart des emplois, elles ne peuvent pas se déplacer librement, elles n'ont pas le droit de visiter les parcs, les salles de sport et d'innombrables espaces publics. Les femmes se voient refuser les libertés fondamentales que beaucoup de personnes dans le monde tiennent pour acquises. Nous n'avons jamais cessé de résister aux talibans. Nous avons organisé des manifestations de rue pendant des mois dans le cadre de la campagne pour mettre un terme à l'apartheid de genre en Afghanistan. En 2023, nous avons entamé une grève de la faim en Allemagne. Nous avons exigé au monde de reconnaître cet apartheid de genre mené à bien par les talibans en tant que crime international. Et des militants du monde entier se sont ralliés à notre mouvement. Et pourtant, ni l'urgence de cette crise, ni notre activisme ne vous ont touchés. La communauté internationale nous a laissés tomber. Nous entendons des déclarations, certes, des expressions d'inquiétude, mais les femmes afghanes ont besoin d'action et non pas de mots. Chaque jour qui passe, une nouvelle génération de femmes et de filles perd des opportunités, voit ses rêves brisés, avenir s'éloigner. Ce n'est pas seulement la crise afghane. Les violations ne s'arrêtent pas aux frontières. Ces violations se propagent lorsqu'elles sont tolérées. Elles grandissent lorsqu'elles sont ignorées. C'est pourquoi ce qui se passe en Afghanistan devrait préoccuper chaque nation représentée ici aujourd'hui. Si vous êtes parent, défendez l'avenir de vos fils. Si vous êtes un frère, restez ferme aux côtés de vos sœurs. Et si aucun de ces rôles ne vous correspond, alors défendez notre humanité commune. Parce qu'aucun de nous ne peut prétendre l'ignorer. Aucun de nous ne peut dire qu'il ne savait pas. Pendant mon emprisonnement, j'ai été témoin du véritable visage de la misogynie. J'ai vu ce qui se passe lorsque la violence et la discrimination deviennent des systèmes de pouvoir, et j'en suis convaincu: si le monde n'agit pas en Afghanistan, d'autres sauront qu'il n'y a pas de conséquences pour de tels crimes. Aujourd'hui, nous réfléchissons à l'état des droits des femmes à l'échelle mondiale, et la situation que j'ai décrite En Afghanistan montre ce qui se passe lorsque tous les principes que défend le programme Femmes, Paix et Sécurité sont ignorés. Lorsque les femmes sont exclues de la vie publique, que leurs droits sont régulièrement violés et qu'il n'existe aucun mécanisme pour tenir les contrevenants responsables. Nous voyons d'autres exemples dans les territoires palestiniens occupés, au Soudan, au Myanmar et dans bien d'autres pays, les femmes paient le prix de guerres qu'elles n'ont pas déclenchées, de décisions qu'elles n'ont pas prises. Aujourd'hui, j'ai trois messages à adresser au Conseil de sécurité, des messages qui peuvent impacter la vie des femmes en Afghanistan et faire avancer l'égalité des genres à l'échelle mondiale. Premièrement, il faut mettre en place la justice de genre et les droits des femmes dans tous les engagements de ce Conseil, y compris en Afghanistan. Le fait de cibler les femmes et les groupes marginalisés ne doit pas être traité comme un avertissement, ou plutôt doit être traité comme un avertissement, comme une menace qui pèse sur la paix et la sécurité internationales. Il ne faut pas banaliser ces violations. ou les acteurs comme les talibans qui les commettent. Un nombre alarmant de pays ont remis des ambassades aux talibans, ont accordé une reconnaissance diplomatique aux talibans. D'autres cherchent l'aide des talibans pour expulser des personnes vers l'Afghanistan. Il convient donc de le répéter: les droits des femmes doivent être la priorité absolue dans toute interaction avec les talibans. Quand ce n'est pas le cas, cela signifie que vous nous abandonnez et vous abandonnez les femmes partout dans le monde. Deuxièmement, il faut demander des comptes à ceux qui violent les droits des femmes, tels que les talibans. Il faut codifier l'apartheid de genre en tant que crime contre l'humanité. Il faut soutenir le dossier devant la Cour internationale de justice pour violation de la CEDAW. Il faut soutenir les efforts pour arrêter les dirigeants talibans pour persécution fondée sur le genre. Ces actions pourraient aider à prévenir le même genre d'oppression systématique des femmes ailleurs. Troisièmement, il faut exiger la participation des femmes à toutes les décisions et à toutes les discussions sur leur propre avenir. Au fil des années, ce Conseil a entendu des déclarations puissantes de nombreuses femmes dirigeantes afghanes. Et pourtant, trop souvent, La communauté internationale a choisi d'écouter les hommes, les hommes armés, plutôt que les femmes qui se battent pour les droits de leur communauté. Si nous souhaitons vraiment mettre un terme au cycle de conflits, eh bien la pleine participation des femmes aux efforts de paix, aux efforts de responsabilisation, à l'aide humanitaire, la pleine participation des femmes est la clé pour un Afghanistan juste et égalitaire. À ceux d'entre vous qui pensent ne pas avoir le pouvoir de changer la situation des femmes en Afghanistan, je vous demande de vous souvenir de l'histoire que j'ai partagée avec vous. Les talibans ont tiré sur moi et sur mes compatriotes lors de manifestations. Nous avons été fouettés, gazés, battus, et nous nous sommes relevés et nous sommes revenus le lendemain pour manifester contre les politiques cruelles des talibans. Eh bien, nous l'avons fait car nous savons que les droits se gagnent par le biais de la lutte. Nous savons que nous représentons la résistance face à cette répression. La liberté n'est jamais accordée, elle est gagnée, et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas obtenu justice et égalité pour toutes les femmes. Je vous remercie.
Je remercie Madame Pariani pour son témoignage poignant. Je vais maintenant prendre la parole en ma qualité de ministre des Affaires étrangères de la Grèce. Excellence, Mesdames et Messieurs, tout d'abord, je remercie le Secrétaire général, Son Excellence António Guterres, pour ses remarques. Je remercie le Secrétaire général pour son rôle de chef de file, son dévouement en faveur du programme Femmes, paix et sécurité au cours de ces 10 dernières années. Nous vous sommes très reconnaissants. Je souhaiterais remercier pour votre travail, pour votre soutien en faveur du droit international, en faveur des valeurs et des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Je souhaite également remercier la directrice exécutive d'ONU Femmes, Son Excellence Madame Sami Bahous, pour son intervention. La Grèce vous réitère notre plein soutien pour votre mandat et nous souhaiterions également vous remercier de votre travail pour l'autonomisation des femmes. Enfin, Je remercie madame Zariab Paryani pour son fort message qui nous est adressé à nous tous. Merci de nous avoir rappelé quelles sont nos responsabilités, Excellence, Mesdames et Messieurs. C'est un honneur pour moi de présider cette séance du Conseil de sécurité à l'occasion de ce débat qui porte sur les femmes, la paix et la sécurité. J'ai passé une une bonne partie de ma carrière universitaire, amenant bien des travaux de recherche sur l'égalité, la non-discrimination et les politiques en la matière à travers le monde. Et ces politiques, selon moi, sont essentielles pour faire respecter les droits. Les sociétés ne peuvent survivre et prospérer sans protéger les femmes et sans leur permettre de participer à tous les aspects de la vie humaine. Le legs de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur le programme Femmes, paix et sécurité est plus pertinent aujourd'hui que jamais. Les femmes continuent de souffrir des conflits. Ce bilan s'alourdit. Le respect des droits humains fait l'objet d'une érosion. Il y a également l'avènement de l'intelligence artificielle qui menace la participation des femmes à la vie publique et politique. Nous devons donc redoubler d'efforts pour mettre en œuvre le programme Femmes, Paix et Sécurité, pour concrétiser ce programme pour toutes les femmes et toutes les filles. Je souhaiterais faire les commentaires suivants. Tout d'abord, la protection des droits humains et des libertés fondamentales, cela doit être notre priorité. Il ne peut y avoir de véritable égalité tant que des millions de femmes continuent de souffrir de violations et d'abus de leurs droits les plus fondamentaux, notamment en raison de la violence sexuelle et de genre. Nous condamnons toutes les attaques. Les bourreaux doivent rendre compte de leurs actes. Pour ce qui est du Conseil de sécurité, les comités de sanctions ont un rôle à jouer pour veiller à ce que ces actes de violence figurent fasse l'objet de critères de désignation pour toutes les listes de sanctions. Par ailleurs, les victimes, les survivants et survivantes de ces actes de violence, de toutes les formes de violences de genre et sexiste que ces victimes aient un accès à des services de santé sexuelle et reproductive et un soutien psychosocial. Cette aide doit reposer sur une approche qui respectent les droits des survivants, la confidentialité, la sécurité. Ce qui est tout aussi important, c'est que les femmes, souvent, assument le plus lourd fardeau dans le cadre des conflits, mais ce sont également des architectes de la paix. Ces processus, les pourparlers de paix sont plus durables lorsque les femmes y participent pleinement, car les femmes ont une énorme contribution à apporter. Voilà pourquoi les femmes doivent être pleinement impliquées sur un pied d'égalité et en toute sécurité dans les processus de paix. Et il faut qu'il y ait au moins un tiers de femmes dans les efforts de médiation et les processus de paix. Pour que cette participation se concrétise, pour que cela soit inclusif, nous devons plaider en faveur d'un financement prévisible pour les femmes qui travaillent dans la société civile, qui contribuent à la paix. Ce qui est tout aussi important, c'est la participation des femmes aux postes de prise de décision, et ce à tous les niveaux. La participation des femmes doit être une véritable participation. L'idée n'est pas simplement de respecter les quotas officiels. Par ailleurs, les tentatives visant à intimider les femmes politiques, ces tentatives, que ce soit en ligne ou hors ligne, notamment par le biais des réseaux sociaux, Nous ne pouvons pas les tolérer. La protection des femmes dirigeantes, des militantes face à ce harcèlement en ligne ou hors ligne, ces menaces, ces représailles, tout cela relève de notre responsabilité. Concernant maintenant l'échelle nationale, la Grèce est un champion du programme Femmes, paix et sécurité. Nous sommes déterminés à mettre tout cela en œuvre avec un plan d'action national. Nous intégrons l'égalité de genre dans les plans d'action de tous les ministères et dans ce contexte, nous avons une approche globale qui intègre la dimension de genre et dans les budgets. Cela contribue à une meilleure répartition des ressources et au développement de politiques qui éliminent les obstacles auxquels font face les femmes dans tous les domaines de la vie publique et politique. Au-delà de la Grèce, nous reconnaissons l'importance de mettre en œuvre ces engagements avec des actions concrètes sur le terrain, notamment établir des liens entre les efforts de médiation de haut niveau et l'expérience des communautés locales. Voilà pourquoi il faut inclure davantage les femmes, les jeunes, les dirigeants religieux, les acteurs de la société civile dans les efforts de médiation en cours. Il faut renforcer les capacités techniques et organisationnelles des organisations à l'échelle locale pour leur permettre de concevoir et de mettre en œuvre des approches qui sont sensibles au genre pour promouvoir la paix par ailleurs. Ces engagements doivent aboutir à l'action. Pour cela, nous avons besoin d'efforts pour combattre les menaces et les dangers qui sapent les droits des femmes et leur capacité à participer. Nous devons nous attaquer aux formes émergentes de violence de genre et violence facilitée par la technologie, lutter contre tous les arguments et les rhétoriques délétères en ligne qui sapent la pleine participation des femmes dans la vie publique et politique. Il faut combattre l'impunité en cas d'atrocités et de crimes commis contre les femmes et les filles. C'est essentiel pour garantir la reddition des comptes et pour faire respecter le droit international. Excellence, Mesdames et Messieurs, la mise en œuvre du du programme Femmes, Paix et Sécurité au cours de ces 25 dernières années coïncide avec l'ère de la révolution numérique. Nous avons une responsabilité partagée: veiller à ce que toutes les femmes et toutes les filles soient dotées des outils dont elles ont besoin pour relever ces nouveaux défis. Elles doivent être protégées et elles doivent être pleinement incluses dans toutes les prises de décision concernant leur avenir et l'avenir du monde. La paix durable, la sécurité ne sont pas possibles si la moitié de la population concernée ne participe pas à la table des négociations. Je vous remercie. Je reprends maintenant mes fonctions en ma qualité de président du Conseil. Je vais maintenant donner la parole à Son Excellence Madame Dace Melbade, la vice-ministre des Affaires étrangères de la Lettonie.
Merci, monsieur le Président. Je souhaiterais une fois encore remercier Excellence, le ministre des Affaires étrangères de la République hellénique qui préside cette réunion. Je remercie le secrétaire général Antonio Guterres pour son rapport et pour son travail en faveur du programme Femmes, paix et sécurité, et ce tout au long de son mandat. Je remercie également la directrice exécutive d'ONU Femmes, madame Bahous, et je remercie Tamana. C'est pour son témoignage poignant et pour ses efforts sans relâche pour concrétiser le programme Femmes, paix et sécurité. Monsieur le Président, nous assistons à une régression dangereuse. Les femmes continuent d'être exclues de la prise de décision. Les femmes qui prennent la parole font face à des menaces croissantes, à des représailles. La résistance aux Ou plutôt, il y a de plus en plus de personnes qui sont réticentes vis-à-vis de l'égalité des genres. Comme les intervenants l'ont dit, la participation des femmes au processus de paix diminue. Leur représentation sur le plan politique de la gouvernance reste très limitée. Et les conséquences humaines sont dévastatrices. Au Yémen, en Irak, les femmes dans la vie publique font face à la violence, parfois à de nombreuses conséquences en Ukraine. Les femmes qui travaillent dans le domaine humanitaire risquent leur vie au quotidien pour soutenir des communautés dévastées par la guerre d'agression de la Russie. Nous nous souvenons de Victoria Hrachina, une journaliste ukrainienne qui est décédée dans une prison russe Son corps a été restitué et il y avait des marques de mutilation et de torture. À Herat, en Afghanistan, les autorités des talibans continuent à détenir et à intimider des dizaines de femmes et de filles simplement parce qu'elles exercent leur droit fondamental à exister dans l'espace public. Dans toutes les zones de conflit, les femmes militantes des droits des femmes, les journalistes, les femmes politiques font face à une violence psychologique, à un harcèlement systématique, à la violence physique, qui a pour objectif de les réduire au silence. Et pour ce qui est de la violence sexuelle liée aux conflits, cette violence continue à être utilisée de façon délibérée en tant qu'arme de guerre. Monsieur le Président, la La Lettonie sait que protéger les femmes en temps de conflit n'exige pas simplement des déclarations avec la société civile, notamment un centre pour les femmes. Nous avons créé trois centres de soutien psychologique en Ukraine. Nous apportons un soutien aux femmes, aux filles qui ont été victimes de viols, de tortures, d'abus, qui ont été déplacées de façon forcée, qui ont été séparées, arrachées à leurs êtres chers en raison de cette guerre. C'est ça, mettre en œuvre le programme Femmes, paix et sécurité, apporter un véritable soutien à des femmes dont la vie a été ébranlée par la guerre. Et nous rendons hommage et nous disons toute notre admiration aux centaines de milliers de femmes ukrainiennes courageuses qui servent sur la ligne de front, dans la guerre, dans les hôpitaux, aux postes de commandement, aux pôles logistiques et dans leur maison pour défendre leur pays et pour défendre les principes fondamentaux du droit international. La paix durable ne peut être atteinte sans la participation des femmes. Selon des travaux de recherche de l'université Oxford, lorsque les femmes et les réseaux de la société civile sont inclus dans les négociations, dans les accords de paix, ces accords de paix hauteur de 64 % ont plus de chances de réussir. Et notre expérience montre l'importance du rôle que peuvent jouer les femmes dans le domaine de la sécurité et de la défense. Les femmes occupent des postes au plus haut niveau de nos forces armées. Par exemple, la colonel Blodona a commandé bataillon des forces lettones, c'est un exemple de leadership des femmes dans le domaine de la sécurité nationale. Nous sommes fiers d'avoir des femmes qui participent activement à la garde nationale, aux forces de réserve, aux forces de cybersécurité. Et ce n'est pas simplement une représentation symbolique, cela renforce nos institutions et cela nous permet d'avoir une perspective plus vaste dans le domaine de la sécurité. Nous devons Appliquer une politique de tolérance zéro en cas de violences, de représailles. Il faut que les auteurs de crimes rendent compte de leurs actes. Il faut démanteler les normes de genre néfastes qui ne font que perpétuer l'exclusion. C'est essentiel et c'est au cœur de notre plan d'action national à venir sur le programme Femmes, Paix et Sécurité. Nous nous concentrons sur trois domaines d'action. Premièrement, renforcer la participation des femmes et leur leadership dans le secteur sécuritaire. Nous avons créé un poste de conseiller. Nous avons intégré la perspective de genre dans les formations militaires et les opérations internationales. Deuxièmement, prévenir la violence de genre et lutter contre la violence de genre. Par exemple, nous avons créé des des formations pour les services de répression, pour les membres du ministère public. Troisièmement, notre expérience nationale peut aboutir à une action internationale. La Lettonie soutient la participation des femmes aux missions internationales pour promouvoir le programme Femmes, paix et sécurité grâce à la coopération avec les pays partenaires, notamment l'Ukraine. Monsieur le Président, Il est essentiel que le programme Femmes, Paix et Sécurité soit au cœur du mandat du Conseil. Nous plaidons en faveur de la création de conseillers ou conseillères chargés du programme Femmes, Paix et Sécurité. Cela doit être une priorité pour le système international, pour la prévention des conflits, l'action climatique, pour l'initiative ONU 80. Et le prochain secrétaire général ou la prochaine secrétaire générale doit promouvoir la pleine participation des femmes dans tous les piliers de l'ONU. Cela fait plus de huit décennies qu'il n'y a pas eu de femme secrétaire général. Le moment est venu de changer cela, monsieur le Président. Il est temps de joindre le geste à la parole. Il faut veiller à ce que les femmes puissent elles-mêmes siéger à la table des négociations. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence Madame Melbardi. Je donne maintenant la parole au Royaume-Uni.
Merci, Monsieur le Président. Merci à vous. Merci à la mission grecque d'avoir convoqué ce débat. Je remercie également le secrétaire général et directrice exécutive d'ONU Femmes pour leurs interventions et leur rôle de cheffes de file. Je remercie également madame Pariani pour son témoignage. Comme nous l'avons entendu, 26 ans après l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité 1325, il y a encore un écart béant entre les engagements pris dans cette salle et le quotidien des femmes et des filles dans les zones de conflit. Et nous le voyons à travers À Gaza, par exemple, près de 50 000 femmes et filles ont été tuées ou gravement blessées depuis octobre 2023. En Ukraine, les femmes et les filles font face à des déplacements, à la violence et à des risques plus élevés en raison de l'agression russe. Et au Myanmar, le Secrétaire général a documenté de nombreux cas de violences sexuelles et un manque d'accès aux services vitaux. Monsieur le Président, Le problème, c'est que ce n'est pas que nous ne savons pas ce qui fonctionne, mais que trop souvent, nous ne faisons pas ce que nous devrions faire. Et je souhaiterais faire trois commentaires. Tout d'abord, la participation doit signifier que les femmes peuvent véritablement avoir une influence. Nous saluons la contribution de l'intervenant de la société civile. Le Conseil doit écouter ce que les femmes qui travaillent dans ce domaine ont à dire, mais écouter, ce n'est pas suffisant. Nous devons tenir compte de leurs analyses et protéger ceux qui travaillent avec nous pour éviter toute représaille. La participation ne peut pas signifier faire entrer les femmes dans la salle une fois que les décisions ont été prises. En Afghanistan, les femmes, les filles, de façon systématique, ont été exclues de la vie publique, de la prise de décision. Or, elles doivent avoir droit, elles doivent avoir voix au chapitre. La paix ne peut être pérenne si la moitié de la population ne contribue pas à la rétablir. Le Royaume-Uni a apporté un soutien concret. Nous nous sommes engagés d'ici à 2030, près de 90 % de notre aide au développement mettra notamment l'accent sur l'égalité pour les femmes et les filles en tant qu'objectif principal ou secondaire. L'année dernière, nous avons fourni 4,6 millions de dollars pour des artisanes de la paix, des organisations de femmes, dans les contextes fragiles et en proie à des conflits. Et cette année, nous allons continuer à nous engager à hauteur. Deuxièmement, la protection doit être associée à la reddition des comptes. Les survivantes et les survivants de cette violence ont besoin d'un véritable soutien, mais elles méritent également la justice. Nous avons annoncé hier 6 millions de dollars pour soutenir les survivantes de la violence sexuelle et de genre au Soudan. Nous soutenons également les militants des droits humains qui documentent les atrocités pour pouvoir à l'avenir lancer des poursuites. Nous ne pouvons pas condamner ces crimes année après année et ne rien faire face à l'impunité. La reddition des comptes, c'est essentiel. C'est également essentiel pour la prévention. Troisièmement, nous devons lutter contre un phénomène qui se produit de plus en plus en ligne et qui a pour objectif d'exclure les femmes de la vie publique. Il y a des menaces. qui visent à intimider les femmes, ce qui crée un autre obstacle à leur participation à la vie publique et politique. Nous avons lancé un programme international pour lutter contre ces formes d'abus. La technologie doit élargir la capacité des femmes à participer et non pas leur donner, créer de nouveaux outils pour les exclure de la discussion, Monsieur le Président. Les femmes et le programme Femmes, Paix et Sécurité, ce n'est pas un programme facultatif, c'est au cœur de notre responsabilité. C'est essentiel pour que la paix soit pérenne. 26 ans après la résolution 1325, nous n'avons pas à réitérer le fait que nous devons agir. Non. Nous devons combler le déficit entre les promesses du Conseil et le quotidien auquel les femmes font face au quotidien dans les zones de conflit. C'est-à-dire, nous avons besoin de financement, de protection, de reddition des comptes. Nous devons veiller à ce que les femmes puissent participer en toute sécurité mesure que les menaces évoluent. Je vous remercie.
Je remercie la représentante du Royaume-Uni pour son intervention. Je donne la parole à la Colombie.
Merci, Monsieur le Président. Tout d'abord, je souhaite la bienvenue à Madame Bariani. Je la remercie pour son intervention poignante. Merci aux différents intervenants.
Une société juste est une société inclusive, égalitaire et libre. La limite naturelle du pouvoir, c'est la liberté. Mais l'expression incontournable, c'est la liberté des femmes, des filles. La liberté, mes collègues, c'est C'est la liberté d'agir, d'être libre, de devenir, d'être ce qu'on veut dans la vie.
Monsieur le Président, l'autonomisation des femmes, c'est ça la véritable liberté dont nous parlons. Il y a plus de 25 ans, le Conseil a reconnu que la paix était plus durable lorsque les femmes y participaient pleinement. Et mon pays, la Colombie, le sait très bien. Il y a eu des décennies de conflit et les femmes ont joué un rôle essentiel pour résoudre les questions les plus épineuses auxquelles les communautés font face. Elles permettent la cohésion de nos communautés et dans notre culture, elles jouent un rôle très important. Elles sont une source de sagesse dans les familles.
Et pourtant, en 2025, l'année marquée par le nombre le plus élevé de conflits depuis 1945, les femmes ne représentaient que 5 % des négociateurs dans le monde. Un fait qui, à lui seul, explique pourquoi ces conflits demeurent non réglés. Il nous manque une perspective différente. Les femmes font défaut. Comblé cet écart est une responsabilité partagée qui transcende toutes les perspectives politiques. La Colombie appelle à une participation égale et effective de toutes les femmes. des femmes. Nous saluons les efforts de l'ONU visant à intégrer le programme Femmes, Paix et Sécurité dans ses capacités spécialisées avec des résultats visibles. Dans les processus de paix appuyés par l'organisation, en 2025, les femmes représentaient jusqu'à 22 % des négociateurs, alors que la moyenne mondiale était inférieure, comme je l'ai évoqué. Dans le cadre de l'engagement partagé du Secrétaire général, nous proposons au minimum un tiers de femmes dans chaque négociation, dans le droit fil de cette initiative. Cette participation peut être renforcée grâce à une appropriation au niveau national, c'est-à-dire qu'il faut réunir les conditions permettant aux femmes de jouer un rôle de chef de file en toute sécurité sur un pied d'égalité. Et donc, conformément à la résolution 1325, 1332 de 2013, nous comprenons qu'il faut éliminer toutes les formes de violence faites aux femmes. Toutefois, c'est une question qui préoccupe profondément la Colombie. Dans la région, on a de plus en plus de filles de 14 et 15 ans qui sont violées. La violence sexuelle est utilisée comme une arme de guerre. Ce ne sont pas des cas isolés. Ce sont des milliers de cas qui sont corroborés. Des gangs s'en prennent à des femmes. à Haïti, et nous appelons l'ONU à faire davantage. C'est essentiel pour le bien-être de ces personnes.
La Colombie salue la contribution à la paix des organisations de femmes. Selon le dernier rapport du Secrétaire général, qui concerne la période 2025, la prévention, menée à bien par les femmes, a permis d'éviter un million de conflits communautaires. Pour ce qui est de la Colombie, les femmes permettent donc aux communautés de surmonter les difficultés. La Colombie, c'est un pays où il y a beaucoup de femmes qui sont chefs de famille, qui sont des dirigeantes de la société qui sont un exemple pour la société. Conformément à la résolution 2493, la Colombie estime qu'il faut préserver ce rôle des femmes, permettre aux femmes d'avoir voix au chapitre, ici au Conseil de sécurité. Investir dans les femmes, c'est investir dans la prévention, lutter contre les fléaux qui touchent le plus les femmes. émergentes et les nouvelles technologies, il faut investir dans ces technologies. L'intelligence artificielle et d'autres outils numériques peuvent nous permettre d'utiliser nos ressources à bon escient, pour permettre une plus grande participation des femmes à la vie politique. Et il y a des études qui ont été menées à bien, qui concernent les femmes en Amérique centrale au début des années 2000. Des femmes qui ont fait face à la violence sexuelle, à la violence de genre, la violence politique. Et ces femmes ont conjugué leurs efforts, ont décidé d'utiliser Facebook et d'autres réseaux sociaux afin de faire entendre leur voix, pour dénoncer la corruption au sein de leur communauté et pour obtenir notamment le licenciement de fonctionnaires publics. Et cela concerne plusieurs pays. Monsieur le Président, pour renforcer le programme Femmes, Paix et Sécurité, nous avons besoin de résultats. La Colombie le sait, nous l'avons vu sur notre territoire. Nous devons éviter les surinterprétations. Il faut vérifier les faits. Les droits des femmes et des filles sont des droits humains. Il faut mettre en œuvre le programme Femmes, Paix et Sécurité. Cela contribue à la paix et à la sécurité. Bien entendu, nous condamnons fermement la violence à l'encontre des femmes en Afghanistan, en Syrie. Empêcher les femmes de participer à la prise de décision, c'est empêcher la société de se développer. Je vous remercie.
Je remercie la Colombie de son intervention. Je donne la parole au Danemark.
Merci, Monsieur le Président. Je vais tout d'abord vous remercier, Monsieur le Ministre, de votre présence et je remercie Madame Baous et Madame Pariani de leur intervention. Je souhaite remercier le Secrétaire général de du travail qu'il fait en faveur de l'égalité de genre et qu'il a mené tout au long de son mandat. Monsieur le Président, chaque année, nous nous réunissons dans cette salle pour réaffirmer notre attachement collectif à la participation effective des femmes pour la paix et la sécurité. Le Conseil a adopté des résolutions, a créé des cadres institutionnels solides et a reçu des rapports réguliers sur les progrès observés dans le monde. Sur le plan normatif, on a un socle solide. Toutefois, comme nos intervenants l'ont dit, sur le terrain, la réalité n'est pas à la hauteur. Dans le monde, les femmes demeurent exclues des processus décisionnels qui façonnent la paix. Nous l'avons entendu en 2025, alors que l'espace civique se réduit en faveur de la médiation multilatérale inclusive, les femmes ne représentaient que 5 % des négociateurs pour la paix. Le Danemark déploie actuellement son cinquième plan d'action national pour les femmes et la paix et la sécurité et cherche à inverser cette tendance. En partenariat avec l'ONU Femmes en Syrie, le Danemark appuie la participation effective des femmes au processus de construction de la paix, politique, humanitaire et de justice transitionnelle. En Afrique de l'Ouest, nous avons créé un mécanisme de subvention régionale pour huit pays pour appuyer les organisations pilotées par les jeunes et les femmes en faveur de la prévention des conflits, de la médiation et de la cohésion sociale. En Afghanistan, grâce à notre institut Raoul Wallenberg et avec l'ONU Femmes, nous appuyons la société civile, notamment les organisations de femmes, et la participation des dirigeantes femmes aux discussions politiques internationales et nationales pour l'avenir du pays. Nous appelons les acteurs à garantir une médiation de haut niveau, notamment dans les organisations régionales et dans les initiatives de médiation, à donc désigner des femmes pour la médiation et pour une participation effective dans les équipes de négociation. Renforcer la participation des femmes dans la médiation et le dialogue est possible, et des efforts concrets sont observés. Mais la participation effective ne se limite pas à des chiffres. Il faut définir les priorités qui informent les décisions et avec des résultats au fil du temps. Avec les attaques qui ciblent les civils en Ukraine, les attaques qui visent le système de santé à Gaza, les violences sexuelles et fondées sur le genre à Haïti, les femmes et les filles subissent des risques propres dans les conflits d'aujourd'hui au Soudan. Une guerre est menée contre le corps des femmes grâce à l'utilisation systématique de la violence sexuelle et le refus d'accès aux services essentiels. Il importe de documenter ces atrocités. Les victimes doivent avoir accès à une aide, notamment aux services de santé sexuelle et reproductif et un soutien psychologique. Le Danemark apporte sa pierre à l'édifice. Grâce à notre appui via le FNUAP et les autres partenaires, nous aidons à promouvoir les droits et la santé sexuelle et reproductive et à permettre un accès aux services essentiels pour les femmes et les filles. Mais si les victimes ne peuvent pas se rétablir quand on leur refuse l'accès à ces services, La situation ne peut s'améliorer. Les parties au conflit armé doivent respecter leurs obligations au titre du DIH, notamment au titre des Conventions de Genève, de protéger le personnel et les installations médicales et de permettre une aide humanitaire pour les civils dans le besoin. Monsieur le Président, il ne peut y avoir de paix durable sans la justice ou de justice s'il y a impunité. Avec la condamnation historique de la CPI pour persécution fondée sur le genre au Darfour, et la reconnaissance de violences reproductives au titre du droit international, des progrès sont possibles. Mais il faut que cela aboutisse à des conséquences pour les auteurs de ces crimes. Le Danemark appuie la CPI et son indépendance. Nous appuyons la représentante spéciale sur la violence sexuelle dans les conflits et son équipe d'experts à l'appui des capacités nationales afin d'enquêter et de poursuivre ces crimes. devons également mobiliser davantage les sanctions de l'ONU afin que les auteurs de ces crimes rendent des comptes. Le Danemark appuie à cette fin le régime de sanctions 1591 sur le Soudan, sur le plan géographique, mais aussi pour identifier les violences sexuelles liées au conflit en tant que critère de désignation. Les victimes ne méritent pas simplement que les personnes soient condamnées, il faut que justice soit faite. Les mécanismes de justice internationaux et nationaux doivent être dotés de ressources, être indépendants et bénéficier d'un appui politique. En conclusion, le Danemark continuera à pleinement appuyer la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité. Nous l'avons fait en tant que membre du Conseil et nous continuerons à le faire après la fin de notre mandat. Je vous remercie.
Je remercie le Danemark de son intervention. Je donne la parole au Panama.
Merci, Monsieur le Président. Le Panama remercie la Grèce et son représentant permanent pour la convocation de ce débat public ô combien important. Nous souhaitons la bienvenue à Son Excellence Giorgios Galapetitis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce, qui préside cette séance. Nous remercions le secrétaire général, Antonio Guterres, et Mme Sima Bahous, directrice exécutive d'ONU Femmes, pour leurs exposés importants. Nous les remercions par ailleurs du rôle de chef de file qu'ils assument dans le cadre de leurs fonctions respectives pour promouvoir la participation des femmes et assurer leur protection. Par ailleurs, nous remercions Mme Tamana Zaria Bariani pour son témoignage des plus émouvants. Au nom de la société civile, nous la félicitons pour son courage exemplaire. Nous saluons les représentants et représentantes des délégations qui nous font l'honneur d'assister aujourd'hui à cette séance. Il y a 26 ans, le Conseil reconnaissait que la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, à la médiation et à l'édification de la paix était indispensable. La résolution 1325 fut le fruit de décennies de mobilisation de groupes de femmes et d'une alliance interrégionale qui a transformé une demande historique en un engagement international. 26 ans plus tard, la question est de savoir Dans quelle mesure la distribution du pouvoir a-t-elle évolué dans les processus?
Qui décident de la guerre et de la paix? Le rapport de cette année du Secrétaire général nous offre une réponse préoccupante. En 2025, plus de 756 millions de femmes et de filles vivaient à moins de 50 kilomètres d'un conflit armé. En outre, les femmes représentaient à peine 5 % des négociateurs dans les 57 processus de paix examinés. Quatre processus sur cinq ne comptaient aucune femme parmi leurs négociateurs. Cette exclusion se reflète aussi dans les résultats obtenus. À peine 19 % des accords de paix étudiés signés en 2025, mentionnaient les femmes, l'égalité de genre ou la violence sexuelle. Aucun des 13 accords de cessez-le-feu analysés n'interdisait expressément la violence sexuelle liée au conflit. Ces chiffres font état d'une contradiction structurelle. Les femmes sont confrontées aux conséquences de décisions qu'elles n'influencent pas. Le processus décisionnel ne les implique pas, ou si peu. Leur participation doit permettre d'influencer les priorités, le contenu des accords, les garanties de protection et leur application. Les femmes doivent participer aux négociations, aux transitions politiques. et aux institutions appelées à définir l'avenir de leur société. Par ailleurs, les mandats des missions de paix doivent être adaptés aux réalités de chaque conflit. Mais cette adaptation ne doit enlever en rien aux engagements déjà contractés. Monsieur le Président, la protection est tout aussi urgente. Les cas de violences sexuelles en temps de conflit vérifié par les Nations Unies en 2025, ont doublé par rapport à l'année antérieure et ont pour ainsi dire quadruplé par rapport à 2022. Au Soudan, la violence sexuelle et fondée sur le genre, les déplacements en masse, la détérioration des conditions humanitaires continuent de dévaster les communautés. En Afghanistan, Les restrictions systématiques imposées aux femmes et aux filles continuent de les exclure de l'éducation, du travail et de la vie publique. En Haïti, la violence des gangs et l'insécurité limitent quelque chose d'aussi simple que la liberté de se déplacer, tout comme la participation des femmes à la vie publique. Nous sommes particulièrement préoccupés de constater que, selon le dernier rapport du Secrétaire général, 87 % des femmes et des filles qui ont dénoncé ces victimes de violences sexuelles imputables aux membres de gangs ont subi des viols en réunion. Dans toutes ces situations, les femmes ont non seulement besoin de protection face à la violence, mais elles ont besoin de pouvoir exercer leur droit de prendre part au processus décisionnel et d'être associées à l'élaboration des réponses politiques et humanitaires. Le Panama réaffirme la nécessité de combattre toutes les formes de violences sexuelles et fondées sur le genre, notamment dans le monde du numérique. Nous devons aussi se concentrer sur les droits, les besoins des rescapés et renforcer la reddition des comptes. Excellence, la responsabilité du Conseil se mesure à l'aune des décisions concrètes qu'il prend, à l'aune des mandats qu'il approuve, des processus politiques qu'il soutient, des mesures de protection qu'il exige et des ressources qu'il mobilise. Tout ceci exige d'intégrer la participation des femmes aux efforts de médiation et de négociation, protéger les défenseuses des droits humains, les journalistes, les médiatrices, les artisanes de paix, les travailleuses humanitaires. Tout ceci exige aussi de faire en sorte que les violations donnent lieu à des enquêtes et à des sanctions. La volonté politique doit par ailleurs aboutir à des décisions au plan budgétaire. Alors que prolifèrent les conflits et les crises humanitaires, l'augmentation des dépenses militaires s'accompagne d'une baisse de l'aide extérieure. La prévention, la médiation, la participation politique des femmes et des organisations qui œuvrent pour la paix exigent des financements prévisibles et durables. Nous ne pouvons pas exiger des résultats de ceux qui œuvrent pour la paix, alors que, par ailleurs, les ressources qui pourraient leur permettre de travailler diminuent. Monsieur le Président, aux yeux du Panama, le programme Les femmes et la paix et la sécurité fait partie intégrante de notre politique étrangère attachée au multilatéralisme, à la Charte des Nations unies et au règlement pacifique des différends. En Amérique latine et dans les Caraïbes, une région dont l'expérience réaffirme le poids et l'importance des femmes dans les négociations et dans les règlements politiques, nous réaffirmons que la paix exige des institutions inclusives, une participation effective et le respect des droits humains. En 2025, le Panama accueillait, avec ONU Femmes, une réunion régionale destinée à avancer vers l'élaboration de plans d'action nationaux sur les femmes et la paix et la sécurité. En 2026, le Panama assumait la coordination des engagements communs sur les femmes et la paix et la sécurité du Conseil de sécurité, devenant le premier pays d'Amérique latine et des Caraïbes à assumer cette responsabilité. Dans le cadre de cette coordination, le Panama a œuvré pour consolider la collaboration entre les États signataires et assurer la participation, la protection et les droits des femmes en les plaçant au cœur de son action. Excellence, le défi des 25 années à venir va consister à transformer aussi les décisions, les ressources, les structures qui déterminent qui participent ou non à l'édification de la paix. Notre volonté politique devra être concrète, vérifiable et se mesurera à l'aune de qui sera capable de négocier des engagements qui seront intégrés aux accords, des ressources qui seront allouées à leur application. et des conséquences que devront assumer ceux qui ne les respecteront pas. Alors que notre mandat de deux ans touche à sa fin au Conseil de sécurité, nous réaffirmons que ce programme restera une priorité pour le Panama. La responsabilité que nous avons assumée ne s'achèvera pas avec notre sortie du Conseil. Elle exige de préserver les progrès réalisés, de consolider les alliances interrégionales. et de soutenir la mise en œuvre par-delà des cycles du Conseil.
Je vous remercie.
Je remercie le représentant du Panama. Je donne la parole à la Chine.
Je vous remercie, Monsieur le Président. Je souhaite la bienvenue au ministre des Affaires étrangères qui préside cette séance. Je remercie Madame Baous et Madame Pariani de leurs interventions. 26 ans après l'adoption de la résolution 1325, la communauté internationale a constaté une sensibilisation accrue à la question de l'égalité des genres. La condition de la femme s'améliore. Les femmes sont devenues un facteur de développement, de promotion du développement, de la paix et de la prospérité. Mais face à des turbulences À l'échelle internationale, les femmes rencontrent encore le problème des violences, de la discrimination, de la pauvreté. La communauté internationale doit appliquer effectivement la résolution 1325 et protéger les droits et intérêts des femmes et promouvoir la cause mondiale des femmes. Quatre points. Tout d'abord, un environnement stable et pacifique doit être créé. Comme c'est rappelé dans le rapport, il y a plus de. Des millions de femmes qui vivent dans des zones touchées par des conflits. Au Moyen-Orient, en Haïti et dans certains pays d'Afrique, les femmes sont des victimes de conflits armés, des violences de gangs et d'attaques terroristes. Et pour atténuer leurs souffrances, la priorité, c'est de mettre fin aux hostilités, de promouvoir la paix et de stabiliser la situation. Le Conseil doit promouvoir le règlement pacifique des points chauds, permettre le rapprochement des parties, des positions entre les parties, de favoriser la consultation et de prendre des mesures en faveur de la désescalade. Nous appuyons le rôle de coordination des activités humanitaires par l'ONU. Nous appelons les parties au conflit à garantir un accès humanitaire, à lutter contre l'impunité et à appuyer la paix et la sécurité des femmes. La participation des femmes, deuxièmement, doit être garantie. Elles ne sont pas de simples bénéficiaires, mais doivent être des défenseuses, des artisanes de la paix. Certaines femmes participent effectivement à des débats relevant d'affaires politiques et participent aux efforts de construction de la paix. Toutefois, les femmes sont dans l'ensemble moins représentées, en particulier celles des pays en développement. Il faut renforcer les capacités de chefs de file des femmes, promouvoir une participation égale, effective et complète des femmes. Il faut appuyer les femmes, notamment des pays en développement, pleinement mobiliser leur sagesse, leurs capacités dans les activités de médiation, dans le processus décisionnel. Troisièmement, l'autonomisation des femmes doit être promue. Le développement est le socle nous permettant de régler tous les problèmes et le droit au développement est le droit humain le plus fondamental. Nos pays doivent investir davantage à l'appui de la participation des femmes, des activités économiques des femmes et mettre en œuvre des plans et des stratégies pour préserver les intérêts des femmes. La communauté internationale doit accélérer les efforts de reconstruction dans les zones touchées par des conflits, aider les femmes à avoir accès à la santé, l'éducation, aux opportunités d'emploi et renforcer leurs capacités pour la légitime défense et pour être résilientes face aux risques. Il nous faut utiliser les nouvelles technologies pour permettre aux femmes d'avoir accès aux ressources et aux opportunités, lutter contre les risques de discrimination et d'atteinte en ligne, que les femmes puissent pleinement bénéficier du dividende numérique. Quatrièmement, les ressources de toutes les parties doivent être mobilisées pour construire des synergies. Actuellement, il y a encore des problèmes tels que des besoins de financement, des déséquilibres en matière de développement. Les pays développés doivent honorer leurs engagements et déployer davantage de financement pour le transfert de technologie et le renforcement des capacités pour les projets dans les pays en développement. La communauté internationale doit renforcer la coopération Nord-Sud, Sud-Sud et triangulaire. utiliser le rôle du secteur privé et mobiliser davantage de ressources pour aider les femmes à lutter contre des problèmes tels que la pauvreté, la discrimination et la fracture numérique. Nous appuyons les entités de l'ONU, notamment l'ONU Femmes et le PNUD, et ce afin de renforcer la coordination. Nous appuyons les institutions multilatérales à appuyer davantage les travaux permettant d'améliorer le niveau de vie des femmes en situation vulnérable. La Chine contribue à la promotion de la condition de la femme. Nous appliquons le programme d'action de Beijing. Nous avons formé plus de 200 000 femmes de plus de 180 pays et de différentes régions, et nous avons déployé plus de 1 000 femmes casques bleus. Lors des cinq prochaines années, nous allons verser 10 millions de dollars de plus à l'ONU Femmes. Nous mettrons à disposition 100 millions de dollars grâce au Fonds de développement mondial Sud-Sud et triangulaire, et nous contribuerons aussi au budget des organisations internationales. Nous mettrons à disposition le talent de nos femmes grâce à notre centre de renforcement des capacités. Nous aidons toutes les parties à prendre des mesures et à entamer un nouveau chapitre pour le programme Femmes, paix et sécurité. Je vous remercie.
Je remercie la Chine de son intervention. Je donne la parole aux États-Unis.
Je vous remercie, Monsieur le Président. Merci à nos intervenantes. Je remercie en particulier Madame Pariani. Je suis vraiment navré. de ce que vous avez connu, et nous le sommes toutes et tous. Mais votre courage, votre détermination et votre clarté nous inspirent. Et je vous remercie de cela. Je sais que pour tous ceux qui nous regardent ou qui sont dans la salle, votre expérience, votre action nous rappellent d'où nous sommes partis, en particulier pour ma génération. Merci d'être là. Monsieur le ministre, Votre ambassadrice, qui vient d'ailleurs de s'installer, qui va reprendre sa place, eh bien, moi, je suis nouvelle ici. Et j'ai vu comment travaille votre ambassadrice, son patriotisme, sa détermination. Je l'ai constaté. Elle a une volonté de faire avancer les choses pour la Grèce, mais aussi pour le Conseil et pour l'ONU. et c'est tout à fait remarquable. Donc, c'est un honneur que de pouvoir dire cela et je vous remercie également. La semaine prochaine, c'est la Lettonie qui assumera la présidence et je m'attends à une présidence remarquable. Merci, monsieur, madame l'ambassadrice et monsieur le ministre. Et merci à nos intervenantes à nouveau. Les États-Unis sont attachés à défendre et promouvoir les droits humains et l'autonomisation économique des femmes et des filles, notamment en protégeant leur capacité à participer à tous les aspects de la vie sociale, économique et politique. Nous défendons les efforts de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Nous défendons leurs droits. Et nous sommes par ailleurs le plus grand contributeur au système de l'ONU. Nous comprenons donc qu'il importe d'apporter une assistance aux femmes et aux filles dans les zones de conflits et touchées par des catastrophes, notamment pour celles qui sont victimes de violences sexuelles. En effet, nous sommes aujourd'hui au 21e siècle. Nous méritons un monde meilleur. Et à cet égard, nous saluons les engagements des autres États membres de l'ONU. Nous exhortons tous les États membres à joindre à la parole l'acte. Chers collègues, les femmes connaissent davantage de violence, de restrictions dans l'accès au travail et aux opportunités de travail. L'exclusion sociale, l'exclusion face à l'éducation, s'observe partout dans le monde et on en traite On traite de ces questions au sein du Conseil. Par exemple, en Afghanistan, les femmes n'ont pas accès à l'éducation, à des emplois sûrs ou n'ont pas accès à la formation. Les talibans ont réduit à néant des décennies de progrès obtenus de haute lutte en matière de participation des femmes à la paix et à la sécurité. Ces pratiques sont inacceptables et doivent cesser immédiatement. En Haïti et en RDC, les violences sexuelles omniprésentes montrent qu'il y a un effondrement de la protection des femmes et des filles. Au Soudan et au Soudan du Sud, des crises humanitaires qui perdurent continuent à toucher particulièrement les femmes et les filles. Les violences sexuelles s'observent partout dans les zones de conflit actives et au-delà. Aux États-Unis, conformément à la loi sur les femmes et la paix et la sécurité que le président Trump a promulgué en 2017, nous continuons à accorder notre priorité à ces questions, conformément à la résolution 1325.
Je vous remercie, les États-Unis, de votre intervention. Je donne la parole au Liberia.
Merci, Monsieur le Président. Le Liberia remercie le Secrétaire général la directrice exécutive d'ONU Femmes, ainsi que madame Pariani, pour leur rôle de premier plan et leurs éclairages édifiants. Nous saluons l'ensemble des collègues qui prennent part à ce débat important. Excellence, L'expérience du Liberia l'amène à poser une question: comment les femmes peuvent-elles contribuer à mettre fin à une guerre et, dans le même temps, éprouver des difficultés à exercer de l'influence sur la paix qui en découle? Les femmes du Liberia organisés par-delà les fractures religieuses et communautaires, ont exigé la paix et ont contribué à ramener la paix au Liberia. Leur réalisation reste une source de fierté nationale. Mais ça signifie aussi une responsabilité. pour la nation, une responsabilité qui n'est pas pleinement assumée. La résolution 1325 exige que nous nous demandions qui exerce le pouvoir, qui négocie, de qui devons-nous assurer la sécurité et qui décide de comment le pays va se rebâtir. C'est la raison pour laquelle le Liberia propose de mesurer la mise en œuvre à l'aune de trois critères. Est-ce que les femmes ont une influence sur le règlement du différend? Est-ce que les femmes sont libres d'exiger des comptes? Et est-ce que le soutien dont elles bénéficient va perdurer dans le temps? Premièrement, l'influence sur le règlement. Un accord peut certes mettre un terme au combat, mais préserver l'exclusion. Nous devons nous demander si nos processus de paix accordent davantage de poids politique à ceux qui peuvent prolonger la violence plutôt qu'à ceux qui œuvrent pour la prévenir. La médiation doit impliquer ceux et celles qui sont capables de pérenniser la paix. Les femmes doivent participer à la prise de décision sur la sécurité, la justice, les ressources publiques et l'autorité politique. Lorsqu'il appuie un processus de paix, le Conseil devrait demander Comment les propositions avancées par les femmes ont été prises en compte dans les accords? Et quel pouvoir les femmes pourront-elles exercer alors d'assurer l'application de ces textes? Deuxièmement, cette influence doit englober la liberté d'exiger des comptes par rapport à la mise en œuvre de l'accord de règlement. La participation ne peut pas dire grand-chose si le fait de s'exprimer avec franchise aboutit à des menaces, à la détention ou à la violence. Une femme ne devrait pas risquer sa sécurité pour aider le Conseil à comprendre les risques qui pèsent sur son pays. Notre responsabilité perdure une fois que les intervenants principaux ont quitté cette salle. Les entités de l'ONU devraient évaluer les risques avec les intervenants principaux eux-mêmes, convenir de mesures de protection adéquates et assurer le suivi en cas de représailles. Le Conseil devrait suivre les recommandations des intervenants et intervenantes principaux. Cette liberté doit aussi passer par la liberté de ne pas être d'accord. Personne ne devrait devoir entériner un règlement politique juste pour être entendu. Troisièmement, ni l'influence ni la protection ne devraient disparaître lorsque l'attention internationale se porte sur un autre sujet. Avant le déploiement d'une mission des Nations Unies, nous devrions savoir qui va travailler avec les organisations de femmes, répondre aux menaces, soutenir leur accès au processus décisionnel. Planifier la transition exige de savoir qui va assumer ces responsabilités et à partir de quelles ressources. Les organisations de femmes ont besoin de financements prévisibles qui préservent leur indépendance. Nous ne pouvons pas dépendre de leur travail en acceptant l'incertitude autour de leur survie. Le Liberia doit procéder de la même manière à l'intérieur du pays. Nous avons lancé notre troisième plan d'action national le mois dernier. Sa valeur sera démontrée au travers de l'influence qu'exerceront les femmes, leur sécurité, leur accès aux ressources. Monsieur le Président, le Liberia Je réaffirme que le programme Les femmes, la paix et la sécurité, les engagements connexes restent d'actualité. Dès lors que le Conseil appuie un règlement de paix, la transition d'une mission, il devrait se demander quelle influence les femmes pourront-elles exercer? Comment pourront-elles exiger des comptes des institutions? De quelles formes de soutien bénéficieront-elles au long cours? En conclusion, la participation des femmes doit avoir du poids et influer sur les décisions qui gouvernent leur vie. Une génération après l'adoption de la résolution 1325, oeuvrons véritablement à l'application de cette résolution, non pas simplement parce que c'est la chose juste à faire, c'est le cas, mais aussi parce qu'elle est une garantie de paix et une sécurité pour l'avenir. C'est aussi un moyen de préserver notre humanité. Merci.
Je remercie le représentant du Liberia et donne la parole à la République démocratique du Congo.
Monsieur le Président, la République démocratique du Congo félicite la Grèce pour la tenue de ce débat public consacré au thème « Femmes, paix et sécurité à l'aube du prochain quart de siècle ». Nous saluons la présence de Son Excellence Monsieur George Géras Petritis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce, ainsi que celle du Secrétaire général des Nations unies, dont nous saluons également le leadership en faveur de l'agenda femmes, paix et sécurité. La République démocratique du Congo exprime également sa gratitude à Madame Sima Bhaus, directrice exécutive d'ONU Femmes, et à Madame Tamara Pariani pour leur déclaration. 26 ans après l'adoption de la résolution 1325, le défi n'est plus seulement de renouveler nos engagements, mais d'en garantir la mise en œuvre effective. Pour la République démocratique du Congo, cette exigence est particulièrement pressante. Dans les situations de conflit, les femmes sont parmi les plus exposées aux violences, mais aussi, elles sont parmi les actrices les plus essentielles de la prévention, de la médiation et de la reconstruction. Mon pays a été cité plusieurs fois lors de ce débat, avec raison. C'est pour cela qu'en novembre 2024, la République démocratique du Congo s'est dotée d'un plan d'action national de la troisième génération pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies pour les femmes, la paix et la sécurité. Dans le même esprit, la République démocratique du Congo a adopté une stratégie nationale de masculinité positive qui vise à promouvoir l'engagement des hommes et des garçons dans la prévention des violences, la protection des femmes et l'égalité des genres. Cette dynamique a également conduit à l'institutionnalisation de la Journée nationale de la masculinité positive, célébrée chaque 31 mars. Cette volonté est soutenue par un cadre juridique solide comprenant la Constitution, la loi électorale et la loi sur la parité, l'ordonnance portant code pénal congolais pour les violences basées sur le genre, ainsi que la loi fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la répartition, la réparation pour les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et les victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité. Sous l'impulsion de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, La représentation des femmes au gouvernement est passée de moins de 15 % à 34 %, avec la nomination historique de la première femme Première ministre en 2024. En matière de protection, la République démocratique du Congo dispose d'une législation alignée sur les standards internationaux. Les forces armées, la police nationale ont adopté des plans d'action contre les violences sexuelles en période de conflit. La justice militaire sanctionne les auteurs, notamment à travers les audiences foraines, tandis que la campagne Tolérance zéro immédiate lancée en 2021 renforce la lutte contre les violences sexuelles. Pour soutenir le relèvement et la réinsertion des survivantes, la République démocratique du Congo s'appuie notamment sur le Fonds national de réparation des victimes, des violences sexuelles liées aux conflits et le programme PDDRCS, qui sensibilise le genre, programme consacré à la démobilisation, au relèvement communautaire et à la stabilisation. Monsieur le Président, fort de cette expérience, la République démocratique du Congo considère que l'enjeu est désormais de faire passer la résolution 1325 des engagements simplement proclamés à une mise en œuvre effective assortie de résultats concrets, mesurables et vérifiables. La participation des femmes ne saurait se limiter uniquement à leur présence. Bien plus, elle doit leur garantir une influence réelle sur les négociations, les accords de paix et les décisions en matière de sécurité. À cet effet, la République démocratique du Congo appelle le Conseil de sécurité à intégrer systématiquement l'analyse de genre dans les mandats, en améliorant le suivi de la participation des femmes au processus de paix et en renforçant le contrôle des engagements pris par les États membres. Pour que cette participation soit effective, nous recommandons également de soutenir les réseaux de femmes médiatrices, les programmes de formation et de mentorat, ainsi que des quotas temporaires dans les délégations de paix et les institutions publiques. Il est tout aussi essentiel de lutter contre les violences politiques, y compris celles commises en ligne. La protection doit aller de pair avec la participation. La République démocratique du Congo préconise à cet effet des mécanismes d'alerte précoce, intégrant les indicateurs de répression des droits des femmes, un accès renforcé à la justice, la protection des structures médicales et la continuité des soins de santé reproductive. Les auteurs de violations doivent pour leur part faire l'objet de sanctions ciblées. Dans l'est de mon pays, Les violences sexuelles demeurent une arme de guerre dans les zones occupées par l'AFC-M23, devenu le Front pour la Refondation de la Nation. Le chef d'état-major de ce mouvement, monsieur Sultani Makenga, figure depuis 2012 sur la liste des sanctions de ce Conseil, notamment pour des violences sexuelles commises contre des femmes et des enfants. Un changement d'appellation n'efface ni les crimes, ni les responsabilités. Les auteurs de ces violences doivent faire l'objet de sanctions ciblées, quel que soit le nom sous lequel ils agissent. La République démocratique du Congo applique la même exigence à toute personne, y compris au sein de ses propres forces, comme en témoignent les audiences foraines de la justice militaire. Ces engagements ne pourront toutefois être pleinement réalisés sans des ressources prévisibles. Compte tenu des contraintes budgétaires actuelles, la République démocratique du Congo propose des financements pluriannuels et flexibles, une meilleure intégration du programme Women, Peace and Security dans les budgets nationaux, la création de fonds régionaux dédiés et une coordination accrue entre donateurs et agences des Nations Unies. Monsieur le Président, à l'aube du prochain quart de siècle, notre responsabilité collective est de transformer les engagements en changements concrets. Des femmes présentes là où se décide la paix, des femmes protégées contre les violences, des femmes soutenues dans leur relèvement, et des femmes pleinement associées à la reconstruction de leur société. La République démocratique du Congo réaffirme sa détermination à poursuivre ses efforts nationaux et à contribuer, avec ses partenaires régionaux et internationaux, à la pleine réalisation de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité. Nous appelons le Conseil de sécurité et l'ensemble des partenaires à renforcer leurs engagements, à investir dans les femmes, à protéger leurs droits et à soutenir leur leadership dans tous les piliers du programme Femmes, Paix et Sécurité. La résolution 1325 ne doit pas demeurer une promesse renouvelée à chaque anniversaire. Elle doit plutôt devenir une réalité mesurable dans les progrès accomplis, les droits protégés et le pouvoir effectivement accordé aux femmes de façonner les décisions qui engagent leur avenir. Car la paix durable ne peut être envisagée sans les femmes. Leur participation est essentielle pour prévenir les conflits, reconstruire les sociétés et garantir une stabilité durable. C'est en plaçant les femmes au cœur des décisions et des solutions que nous bâtirons une paix juste, inclusive et véritablement durable. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la République démocratique du Congo et donne la parole à la Somalie.
Merci, Monsieur le Président. Je tiens à remercier la Grèce pour la convocation de ce débat aussi important qu'opportun sur les femmes et la paix et la sécurité. Bienvenue à Son Excellence Monsieur Guia Petritis, Ministre des Affaires étrangères de la Grèce. Merci de présider cette séance. Je tiens aussi à remercier Monsieur le Secrétaire général, Antonio Guterres, pour ses remarques. Merci à la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Madame Sima Bahous. ainsi qu'à la représentante de la société civile, Mme Tamana Paryani, pour leurs éclairages et de nous avoir fait part de l'expérience des femmes touchées par les conflits. Monsieur le Président, plus de 35 ans après l'adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.
Nous sommes confrontés à une vérité difficile.
La communauté internationale s'est dotée d'un cadre solide d'engagement.
Mais ces engagements n'ont pas été accompagnés d'une action cohérente. Ainsi, j'aimerais mettre en exergue les priorités suivantes. Premièrement, la prévention des conflits doit être au cœur du programme Les femmes et la paix et la sécurité. Les femmes et les filles sont affectées de manière disproportionnée par la guerre et les conflits. Elles sont confrontées à un risque accru de déplacement, de violence, de perte de leurs moyens de subsistance. La prévention doit s'attaquer aux causes profondes qui alimentent les conflits, notamment l'occupation prolongée, l'exclusion politique, la discrimination, la violation des droits humains. La diplomatie préventive doit prendre ces risques au sérieux, alors que l'investissement dans les droits des femmes, les services essentiels et des institutions inclusives contribue à bâtir des communautés plus sûres et plus résilientes. Les femmes sont souvent parmi les premières personnes à identifier les tensions émergentes au sein de leur communauté. Leur connaissance, leur leadership peuvent renforcer les systèmes d'alerte rapide, soutenir la médiation au niveau local, prévenir, empêcher que les différends n'aboutissent à la violence. Nous devons donc faire en sorte que les femmes soient systématiquement associées aux stratégies de prévention des conflits et aux initiatives de consolidation de la paix. Les femmes doivent avoir voix au chapitre dans la prévention et le règlement des conflits. Les femmes devraient être directement associées aux négociations, faire partie des délégations de négociation et être nommées comme médiatrices en chef. Leur participation doit se poursuivre tout au long des négociations de cessez-le-feu, des accords de paix et en phase de relèvement. Leur participation ne doit pas se limiter à une place autour de la table des négociations. Nous devons évaluer la représentation des femmes au sein des instances décisionnelles, nous demander dans quelle mesure elles influencent véritablement la prise de décision. Les femmes de Somalie nous montrent depuis longtemps leur courage, leur attachement à la liberté et à la paix de leur pays. J'en veux pour preuve l'exemple d'Awa Tako. Une femme somalienne qui s'est battue pour l'indépendance et qui est un exemple de contribution des femmes à la lutte pour l'autodétermination. Son héritage nous rappelle que les femmes ont toujours contribué à façonner l'avenir de leur nation. Elles doivent aussi avoir voix au chapitre dans les efforts de paix et dans la gestion de la vie publique. Troisièmement, la protection doit s'accompagner de l'établissement de responsabilités. Le sort des femmes palestiniennes exige une attention urgente. À titre d'exemple, à Gaza et dans tout le territoire palestinien occupé, notamment en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les femmes continuent d'endurer les mutilations, les assassinats, les blessures, les déplacements, les privations, les traumatismes. ONU Femmes estime que près de 50 000 femmes et filles ont été tuées ou gravement blessées depuis octobre 2023. Plus de 38 000 d'entre elles ont été tuées. Près d'un million de femmes et de filles ont été contraintes de fuir leur maison. Chaque femme, chaque fille à Gaza ou presque est aujourd'hui déplacée. L'occupation de longue date de la terre palestinienne doit cesser. La puissance occupante a l'obligation contraignante en droit international humanitaire et en droit international des droits de l'homme de respecter sans exception, sans excuse, sans tergiversation, ce droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme. Les violations à l'encontre des femmes doivent donner lieu à des enquêtes indépendantes. Les auteurs doivent rendre des comptes au travers de processus crédibles. L'établissement des responsabilités est essentiel pour prévenir de nouvelles violations. des droits des femmes et des filles pour bâtir la confiance dans une paix juste et durable. Il est tout aussi essentiel d'évaluer l'accès des rescapés à la justice, de se demander si les financements engagés parviennent bel et bien aux femmes et aux communautés censées en bénéficier. Quatrièmement, Monsieur le Président, la Somalie souligne aussi l'importance du renforcement de la coopération entre l'ONU et l'Union africaine, ainsi que les mécanismes régionaux compétents. pour assurer l'application du programme Les femmes et la paix et la sécurité. L'expérience des femmes artisanes de paix en Afrique et la mise en œuvre des engagements régionaux doivent être prises en compte à l'heure de poser des actions à l'international. Le renforcement de la coopération peut améliorer la coordination, renforcer l'appropriation locale, faire en sorte que les engagements mondiaux répondent à la réalité des communautés touchées par les conflits. Pour conclure, la résolution 1325 est on ne peut plus claire. La paix exige la prévention, la participation des femmes et leur protection. Nous ne pouvons pas bâtir une paix durable tant que les causes profondes telles que l'occupation ne sont pas prises en compte, tant que les femmes sont écartées des négociations et tant que les violations restent impunies. Passons de la parole aux actes. Faisons en sorte que la justice et le leadership des femmes fassent partie intégrante des efforts de paix. La Somalie reste déterminée à travailler avec l'ONU, l'Union africaine, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour atteindre cet objectif partagé.
Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la Somalie pour son intervention. Je donne la parole à la Fédération de Russie.
Monsieur Guérapétritis, Je suis heureuse de vous souhaiter à nouveau la bienvenue à la présidence du Conseil. Nous remercions la Grèce de la convocation de cette séance. Nous remercions le Secrétaire général, M. Guterres, et la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Mme Sima Bhaus, de leur point de vue sur la situation du programme Femmes, paix et sécurité. Nous avons écouté avec intérêt la représentante de la société civile. Monsieur le Président, l'adoption en l'an 2000 de la résolution 1325 correspondait à un processus naturel de renforcement du rôle des femmes dans tous les domaines de la vie sociale. Le progrès général dans le domaine du développement économique, l'accès à l'éducation et à la culture ne pouvait que conduire à un changement de la perception des femmes non plus comme victimes de conflits armés, mais comme actrices de l'élaboration de solutions pour la paix. Les femmes touchées directement par des conflits peuvent permettre de renforcer la confiance et la cohésion dans la société. Elles permettent d'empêcher les violations à l'encontre d'autres femmes, des personnes âgées, des personnes handicapées, des enfants. Leur aide est est irremplaçable pour la réintégration et la réhabilitation des victimes de conflits armés. Dans le rapport du Secrétaire général, on s'interroge sur le fait que les progrès en matière de l'égalité entre les hommes et les femmes se sont arrêtés, qu'il y a une régression sur le plan du genre et une réduction de l'espace civique. On mentionne la crise financière comme cause, crise financière au sein de l'ONU. Cette approche nous semble idéologique et découle de postulats néolibéraux. Notre pays, qui dispose d'une expérience avancée dans le domaine de l'égalité hommes-femmes, notre pays est le premier au sein du G20 sur le plan du nombre de femmes qui occupent les postes élevés, mon pays, disais-je, considère que la situation des femmes dans le monde révèle des tendances plus larges. Est-ce que l'on observe une tendance positive dans le domaine de développement économique, de coopération, d'échanges culturels, de l'accès à l'éducation? Non. Le monde est en proie à la confrontation dans le domaine militaire, économique et idéologique. La coopération garante de croissance économique est remplacée par le blocus et les sanctions unilatérales, et les échanges culturels par la cancel culture. Des centaines de milliards sont investis dans l'armée. Le travail en faveur de l'amélioration des conditions des femmes est remplacé par des campagnes financées de l'extérieur pour le genre. Est-ce que l'on peut parler de progrès? En ce qui concerne la contribution de l'ONU, Il faut reconnaître que l'organisation ne souffre pas que d'une crise financière, mais d'une crise de l'honnêteté, de la neutralité. L'ONU évoque une réduction des espaces civiques et une dégradation de la situation des défenseuses des droits humains. Toutefois, est-ce que l'ONU mentionne l'Ukraine où règne une censure et une répression des plus brutales, où l'on interdit les chaînes russe où l'on poursuit les journalistes russes, je vous invite à chercher cela sur Internet, vous pouvez chercher les poursuites qui ciblent des journalistes, des femmes, des hommes qui ont été poursuivis simplement parce qu'ils ont coopéré avec des chaînes russes. Est-ce que Est-ce que l'ONU parle de Yelena Berezhnaya, prisonnière de confiance, capturée par l'armée ukrainienne en 2022 et qui reste en détention non pas parce que, non seulement parce qu'elle a dit la vérité sur la situation des russophones et des Russes en Ukraine? L'on ne parle pas, dans le rapport, des femmes russes qui souffrent des attaques de l'armée ukrainienne dans les oblasts de Koursk, de Belgorod et dans d'autres régions. Alors, il est évident qu'il nous faut des changements. Monsieur le Président, la Russie a toujours appuyé la coopération internationale constructive et le dialogue aux fins de l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. centre de formation des casques bleus du ministère de l'Intérieur, certifié par l'ONU, a mis en œuvre depuis 2017 un cours pour les policières qui souhaitent participer aux missions de paix et a formé des policières russes, mais aussi de pays africains. Et un forum a été lancé avec l'appui de la présidente de l'Assemblée des fédérations russes, des programmes sont mis en œuvre. Il y a quelques jours, à Moscou, on a inauguré une session Russie-Afrique consacrée à la contribution de la Russie et de l'Afrique aux fins de la consolidation de la paix. On a traité de la contribution des femmes. Le cinquième forum, la contribution, le leadership des femmes dans les domaines humanitaires est devenu une pratique en Russie. Aujourd'hui, par exemple, cela fait cinq ans, jour pour jour, que Maria Lvova-Belova a été désignée commissaire aux droits de l'enfant auprès du président. Et l'une de ses priorités est la réunification des enfants ukrainiens et russes avec leurs parents séparés par la crise. 145 mineurs 118 familles ont été réunies en Ukraine dans d'autres pays et 32 en Russie. Et toutefois, l'Occident collectif, y compris lors de cette réunion, nous raconte des fables sur les enfants déportés et fait pression sur la CPI. Pendant ce temps-là, madame Lvova-Belova continue à travailler au quotidien pour les enfants avec la médiation du Saint-Siège, du Qatar, du CICR et avec Melania Trump. Autre exemple remarquable, celui de Yana Valerievna Lantratova. Avec son équipe, elle apporte une aide pour le rapatriement des dépouilles des personnes décédées, pour apporter une aide d'urgence, pour la réhabilitation des blessés. Et elle permet l'échange de prisonniers. En octobre, le 23, on a eu un échange de 270 prisonniers contre 270. C'est la sixième fois qu'il y a eu un tel échange. Au total, il y a un échange de 933 prisonniers de guerre. Nos compatriotes femmes contribuent à la paix et à aider les personnes dans le besoin dans les zones de conflit, non pas parce que ce sont des femmes, mais parce qu'elles sont professionnelles et non pas pour remplir des cases ou des quotas. Le progrès de l'humanité s'accompagnera toujours d'une amélioration de la condition des femmes, nous en sommes convaincus. Je vous remercie de votre attention.
Merci à la Fédération de Russie pour cette intervention. Je donne la parole au Pakistan.
Merci beaucoup. Ma délégation salue votre participation. Merci de présider cette séance. Je remercie le secrétaire général pour son intervention très complète et ses remarques éclairantes. Merci à la directrice exécutive, madame Bahous, et à madame Pariani pour leur contribution précieuse. 26 ans après l'adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, le programme Femmes, paix et sécurité se trouve constituent une véritable réalisation normative, mais l'écart entre les engagements et la réalité auxquels font face les femmes en situation de conflit nous préoccupe beaucoup. Quel est le défi? Nous devons mettre en œuvre ces engagements collectifs pour changer sensiblement la donne. Sur le terrain, à l'avenir, le programme Femmes, Paix et Sécurité doit être défini par sa mise en œuvre, par des résultats mesurables. Les femmes ne sont pas simplement des victimes des conflits. Les femmes sont des artisanes de la paix, de la résilience, de la réconciliation. Les femmes, lorsqu'elles participent, renforcent les processus de paix, la cohésion sociale. Cela contribue à la paix et à la sécurité durable. Monsieur le Président, le Pakistan a un engagement en faveur du programme Femmes, Paix et Sécurité, un engagement de longue date. J'en veux pour preuve notre contribution aux missions de maintien de la paix de l'ONU. Le Pakistan et les femmes pakistanaises servent avec distinction et professionnalisme, notamment avec des équipes spécifiques. Leur contribution montre que les femmes ont un rôle indispensable à jouer pour bâtir la confiance avec les communautés locales, protéger les populations vulnérables, renforcer l'efficacité des missions de maintien de la paix. Pour Mettre en œuvre pleinement la résolution 1325, nous devons accomplir des progrès dans les quatre piliers: la participation, la protection, la prévention et le relèvement et les secours. Nous souhaiterions faire quelques commentaires. Tout d'abord, la participation des femmes doit être mesurable. Les femmes doivent être représentées dans les postes de médiation, de négociation de la paix, de consolidation de la paix, pour la prévention des conflits, les négociations, la réconciliation. Deuxièmement, la protection des femmes et des filles doit être primordiale. La violence sexuelle liée aux conflits, les détentions arbitraires et d'autres violations exigent des efforts de prévention et de reddition des comptes. Le calvaire des femmes qui vivent sous occupation étrangère tout particulièrement exige l'attention de la communauté internationale. Troisièmement, nous avons besoin de financements prévisibles et durables. Les États membres, les partenaires internationaux doivent donner la priorité au Maintenir la paix sensible au genre, il faut fournir un financement pluriannuel. Il faut investir dans l'instruction, la santé, les moyens de subsistance, l'autonomisation des femmes. C'est essentiel pour une paix durable. Quatrièmement, nous devons utiliser les technologies émergentes de façon responsable. L'intelligence artificielle, les plateformes numériques peuvent faciliter la participation et les systèmes d'alerte précoce néanmoins, le harcèlement en ligne, la surveillance, la désinformation. La violence de genre facilitée par les technologies font peser de nombreux risques. La maîtrise du numérique, les garde-fous, la reddition des comptes sont essentiels pour que les technologies contribuent à promouvoir les droits des femmes. Monsieur le Président, nous devons reconnaître que la meilleure façon de protéger les femmes et les filles face aux conséquences des conflits armés, c'est la prévention des conflits avant qu'ils n'éclatent, ce qui exige des investissements dans la diplomatie préventive, la médiation, le règlement pacifique des différends conformément à la Charte de l'ONU. Le Conseil de sécurité doit s'attaquer à la cause sous-jacente des conflits, notamment les occupations étrangères prolongées, la privation du droit à l'autodétermination. Les femmes doivent être à même de participer pleinement à ces efforts, en tant que récipiendaire de la paix, mais pas seulement, en tant qu'artisane de la paix. Nous réitérons notre engagement en faveur de la pleine participation sur et sur un pied d'égalité des femmes à la prévention des conflits, au maintien de la paix, à la consolidation de la paix et à la reconstruction post-conflit. Les femmes doivent avoir leur place à la table des négociations pendant la prise de décision, non pas après. Nous devons mettre en œuvre la résolution 1325 grâce à un engagement politique, à suffisamment de ressources, à la reddition des comptes. et à un partenariat inclusif afin de bâtir un avenir défini par la paix, la justice, l'égalité et la dignité. Je vous remercie.
Merci. Je donne maintenant la parole au Bahreïn.
Monsieur le Président, avant toute chose, je voudrais remercier la Grèce de la tenue de cette réunion et nous nous réjouissons de vous voir présider la séance d'aujourd'hui. Nous remercions également le Secrétaire général des Nations Unies ainsi que madame Sima Bahous pour leurs exposés. Nous remercions également madame Tamanna Pariani pour son intervention riche en informations. Monsieur le Président, cette discussion intervient alors que nous assistons à une exacerbation des conflits. Et d'ailleurs, Le rapport du Secrétaire général fait mention de violences, de déplacements et d'obstacles face à la participation de la femme dans les efforts de paix. Le Royaume de Bahreïn insiste sur l'importance de passer des engagements à une mise en œuvre réelle et de mesurer l'impact de ces efforts sur le terrain. Le succès ne se mesure pas par le nombre de résolutions adoptées. mais plutôt par leur mise en œuvre et leur impact réel pour la vie des filles et des femmes. C'est pourquoi je voudrais mettre en exergue trois points essentiels. Premièrement, consolider les cadres institutionnels et renforcer les partenariats internationaux afin de réaliser de véritables progrès au bénéfice des femmes, renforcer le rôle de la femme dans la prise de décision et dans la consolidation de la paix, appelle à créer un environnement propice qui lui permet de renforcer ses capacités et d'élargir les opportunités de sa participation et de son accès à des postes de responsabilité. Les institutions nationales jouent un rôle important pour traduire ces orientations en politiques et en programmes pérennes. À ce titre, le Royaume de Bahreïn a toujours veillé à consolider cette approche, notamment à travers le Conseil suprême de la femme, présidé par Son Altesse royale la princesse Sabika bint Ibrahim Al Khalifa, épouse de Sa Majesté le Roi de Bahreïn, que Dieu le préserve. Ce Conseil célèbre cette année son 25e anniversaire. et dans le prolongement de cette expérience sur le plan international, le Royaume de Bahreïn, en partenariat avec l'ONU Femmes, a lancé le Prix de Son Altesse Royale pour l'autonomisation de la femme, et ce, afin de mettre en lumière des initiatives pionnières et encourager l'échange de bonnes pratiques. La troisième version de ce prix a suscité plus de 1 774 demandes de participation de par le monde. Troisièmement, renforcer la protection des femmes et des filles dans les zones de conflit et préserver leurs droits essentiels. Le rapport du Secrétaire général fait mention de déplacements, de privation de l'éducation, de privation des soins de santé, une absence de sécurité alimentaire, de violences sexuelles liées au conflit. Il est important de faire face à ces défis. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité absolue de respecter le droit international humanitaire, de garantir un accès des aides humanitaires sans entrave, de protéger les femmes et les filles de toutes les formes de violence et de renforcer leur rôle dans les efforts de relance et de reconstruction. Troisièmement, passer de l'autonomisation à l'entrepreneuriat. notamment en renforçant la participation de la femme, une participation qui soit ciblée, juste et sûre dans la prise de décision, dans les efforts de médiation et dans la consolidation de la paix. Le rapport du Secrétaire général souligne que le taux de femmes parmi les négociateurs a atteint seulement les 5 % au sein de 57 processus de paix en 2025. C'est ce qui appelle à de leur garantir une réelle opportunité pour participer aux négociations, pour influer sur l'issue des négociations et pour instaurer un environnement sûr qui les protège de l'intimidation et de la diffamation, notamment quand il s'agit d'utilisation malveillante des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle. Pour conclure, il est important de renforcer la coopération régionale et internationale pour protéger les filles et les femmes, pour renforcer leur participation en matière de prévention des conflits et de règlement des conflits, car une participation efficace des femmes et des filles est un pilier essentiel pour asseoir une paix durable. Je vous remercie, Monsieur le Président.
Merci au Bahreïn. Je donne maintenant la parole à la France.
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, nous vous souhaitons la bienvenue au sein de ce Conseil. La France apprécie tout particulièrement votre présence à cette réunion sur un sujet prioritaire pour notre diplomatie féministe. à savoir la mise en œuvre de l'agenda femmes, paix et sécurité. Je remercie aussi M. le Secrétaire général António Guterres, la directrice exécutive d'ONU Femmes, Mme Sima Bahous, ainsi que Mme Tamanna Zariab Pariani pour leurs interventions. Je salue l'engagement sans faille du Secrétaire général en faveur de l'agenda femmes, paix et sécurité et de l'égalité de genre tout au long de ses mandats. M. le Président, malgré des progrès notables, beaucoup reste à faire. Les femmes souffrent de façon disproportionnée des conséquences de conflits armés. Au Soudan et en République démocratique du Congo, les violences sexuelles et fondées sur le genre sont utilisées comme une arme de guerre et de terreur. En Ukraine, la guerre d'agression russe a provoqué le déplacement forcé de millions de femmes et de filles. À Gaza, la destruction des maternités et les restrictions d'accès humanitaire ont des effets dévastateurs sur les mères et leurs enfants. Les femmes demeurent malheureusement sous-représentées dans les processus de paix et les institutions liées aux questions de paix et de sécurité. Les femmes politiques, les négociatrices ou les défenseuses des droits se voient souvent attaquées et intimidées, y compris en ligne, comme nous l'a rappelé Tamana Zeriab Payani dans son courageux et inspirant témoignage. Nous ne saurions nous résigner face à ces attaques, ni face aux remises en cause des acquis en matière d'égalité de genre. Il est de notre responsabilité collective d'agir. J'insisterai sur trois leviers d'action qui sont à la main des membres de ce Conseil. Premièrement, exiger des parties au conflit qu'elles respectent le droit international humanitaire et en particulier leurs obligations relatives à la protection des civils, dont les femmes. Nous appelons l'ensemble des membres permanents à rejoindre l'initiative franco-mexicaine soutenu par 128 États, à renoncer volontairement à l'usage du veto en cas d'atrocités de masse. Il incombe à ce Conseil d'être exemplaire, et il est inacceptable qu'un membre permanent, la Russie, soit inscrit à l'annexe du rapport du secrétaire général sur les violences sexuelles en temps de conflit pour ses crimes commis en Ukraine. Deuxièmement, lutter contre l'impunité et pour que les victimes obtiennent réparation. Les sanctions ciblées doivent être mobilisées contre les responsables de violences sexuelles en temps de conflit. La France rappelle le rôle crucial de la Cour pénale internationale, à qui elle réitère son soutien, et de son fonds au profit des victimes. Les mécanismes internationaux enquêtant sur les crimes sexuels liés aux conflits jouent également un rôle majeur. Nous saluons la création du réseau international de procureurs, à l'initiative de la représentante spéciale Pramila Patten et que la France a l'honneur de soutenir. Troisièmement, renforcer la participation des femmes aux processus de paix et aux opérations de paix. La France continuera de défendre des mandats d'opérations de paix prenant pleinement en compte l'agenda femmes, paix et sécurité. Des actions de terrain, comme les formations de femmes déployées dans les opérations de maintien de la paix, les organisations engagées dans des actions locales de médiation et de prévention doivent être soutenues. La France appelle à ce que tous les processus de paix appliquent les critères onusiens en matière de participation des femmes. Monsieur le Président, il est établi que la participation des femmes aux processus de paix est associée à une paix plus durable. Dès lors, c'est autant par pragmatisme que par conviction que tous ceux qui souhaitent la paix sont appelés à soutenir l'agenda femmes, paix et sécurité et à redoubler d'efforts pour sa pleine mise en œuvre. Je vous remercie.
Merci à la France pour cette intervention. Je donne la parole à Son Excellence Monsieur Oleksandr Karasevych, secrétaire d'État du ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine.
Merci. Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, l'Ukraine remercie la présidence grecque d'avoir convoqué ce débat public. Merci d'avoir mis l'accent sur la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité. Un programme particulièrement pertinent à une époque où les conflits armés continuent de faire souffrir des millions de femmes et de filles, et leur participation à la prise de décisions concernant la paix et la sécurité reste trop limitée. Merci au Secrétaire général, merci à la Directrice exécutive pour leurs interventions. L'Ukraine a une longue expérience dans le domaine de la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité. Dans le cadre de notre guerre contre la Russie, les engagements nationaux portent leurs fruits, non pas seulement grâce à l'adoption de plans d'action. Il faut également que tout cela soit mis en œuvre à l'échelle nationale, régionale et locale. Les institutions d'État doivent coopérer avec la société civile, avec les organisations de femmes. En février cette année, nous avons adopté un plan d'action national sur la mise en œuvre de la résolution 1325, un programme à l'horizon 2030 qui porte sur la sécurité et la défense, le relèvement, la justice, les réparations, la protection à la suite de la violence sexuelle liée aux conflits, la participation des femmes à la prise de décision. Les autorités, la société civile, les organisations de femmes sont impliquées. Leur expérience est essentielle pour identifier les besoins des communautés affectées par la guerre et pour veiller à ce que les politiques nationales répondent aux défis qui sont les leurs. Monsieur le Président, autre problème important pour nous: veiller à ce qu'il y ait reddition des comptes pour les crimes de guerre et les graves violations commises par l'armée russe contre les femmes et les filles, cette agression non provoquée de la Russie contre l'Ukraine, et reddition de comptes pour cette violence sexuelle qui continue d'avoir des conséquences pour les survivantes, leurs familles et les communautés affectées. Le rapport du HCDH sur la violence dans le contexte de l'agression à grande échelle de la Russie en Ukraine souligne la gravité de ces violations. Pendant la période d'examen, le HCDH a documenté 892 cas de violences sexuelles au conflit perpétrés par des représentants de la Fédération de Russie, notamment 152 violations contre des femmes. La violence sexuelle a été utilisée comme méthode de torture et comme forme de traitement dégradant et pour intimider ces Ces conclusions montrent qu'il est urgent de renforcer la coopération internationale. Il faut mener à bien des enquêtes pour tous ces cas de violences sexuelles et il faut veiller à ce que les auteurs rendent compte de leurs actes. L'Ukraine renforce son aide pour les survivants et les survivantes. Nous améliorons l'accès à la justice, nous mettons en œuvre des mécanismes de réparation. Les responsables de ces crimes doivent être traduits en justice. Nous avons besoin de coopération internationale pour les enquêtes et les poursuites. Nous accordons la plus grande importance au rôle des organisations de femmes dans la société civile. Beaucoup travaillent directement avec les communautés affectées et elles continuent à apporter une aide pour identifier les besoins, pour contribuer au développement des politiques nationales. À une époque de contraintes financières croissantes, il est essentiel de garantir un soutien prévisible pour ces organisations. C'est essentiel pour mettre en œuvre le programme Femmes, paix et sécurité. L'Ukraine est convaincue que la pleine participation des femmes doit être garantie dans tous les efforts visant à atteindre une paix durable pour notre pays. Monsieur le Président, 26 ans après l'adoption de la résolution 1325, notre priorité doit être la mise en œuvre de cette résolution. Il faut veiller à ce que les engagements existants portent leurs fruits pour les femmes et les filles victimes de conflits armés. L'Ukraine continuera à contribuer à ces efforts en coopération étroite avec l'ONU, les États membres et la société civile. Je vous remercie.
Merci. Je donne maintenant la parole à Son Excellence Monsieur Dunoma Umar Ahmed, secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères.
Monsieur le Président, nous remercions la Grèce d'avoir convoqué ce débat. Merci au Secrétaire général et aux intervenants pour leurs présentations. Le rapport de cette année du Secrétaire général sur le programme Paix et sécurité, ce rapport me préoccupe au plus haut point. Concernant les processus de négociation de paix, les femmes font l'objet de beaucoup l'objet d'une exclusion, notamment en Afrique, l'exclusion des femmes de ces processus de paix, l'augmentation de la violence sexuelle signifie que les accords noués sont des accords fragiles et cela coûte des vies. Pour ce qui est de notre expérience dans le Nord-Est, cela montre qu'il y a un fardeau particulièrement lourd pour les femmes et les filles dans les zones en proie à des conflits, au terrorisme, aux enlèvements. Elles ont également été des médiatrices au sein de leur communauté. Elles ont été des membres des forces de sécurité, des secouristes. Le Nigeria continue à mettre en œuvre un plan d'action national sur la résolution 1325 et nous avons renforcé la protection juridique grâce à une législation sur l'interdiction de la violence à l'encontre des personnes. Nous avons également dépassé la cible fixée par l'ONU pour ce qui est de la participation des femmes au maintien de la paix, qu'elles représentent 24% des policières, alors que la cible était de 20%. Monsieur le Président, le Nigeria propose trois recommandations concrètes afin de joindre le geste à la parole. Tout d'abord, le rôle des femmes dans la médiation, dans la reconstruction post-conflit, cela doit être la norme et non pas l'exception. L'ONU, l'Union africaine, les communautés économiques régionales doivent de façon systématique recruter des femmes qualifiées dans les équipes de médiation. Il faut faire fond sur l'expertise des réseaux régionaux. Les femmes doivent avoir toute leur place à la table des négociations et doivent contribuer à la prise de décision. Deuxièmement. Nous devons veiller à ce qu'il y ait un financement prévisible et durable pour les plans d'action locaux et nationaux, notamment les organisations de femmes qui travaillent avec les communautés en proie des conflits. Nous devons prendre des mesures délibérées pour préserver et renforcer l'expertise des femmes dans le contexte des opérations de paix, notamment les opérations de l'Union africaine financées au titre de la résolution 2719. sachant qu'il y a des contraintes de liquidités actuellement. Troisièmement, nous devons donner la priorité aux survivantes et aux survivants dans le cadre des systèmes de protection, de justice et de reddition des comptes. Les auteurs d'actes de violence doivent rendre compte de leurs actes, notamment être traduits en justice par les tribunaux nationaux avec un soutien international. Les survivantes, notamment les femmes et les filles qui ont été enlevées par des groupes terroristes, doivent avoir accès à des soins de santé, un soutien psychosocial et des débouchés économiques pour pouvoir se reconstruire avec dignité. Monsieur le Président, la paix en Afrique ne peut être pérenne ou inclusive sans la pleine participation des femmes. Le Nigeria est déterminé à travailler avec le Conseil, avec l'Union africaine et avec tous nos partenaires pour mettre en œuvre la résolution 1325 pour changer sensiblement la donne pour les femmes et les filles à travers le continent africain. Je vous remercie.
Merci, je donne maintenant la parole à Son Excellence Madame Katuna Tautadze, ministre adjointe des Affaires étrangères de la Géorgie.
Monsieur le Président, Excellence, Mesdames et Messieurs, À l'entame de mon propos, je souhaiterais remercier la présidence grecque d'avoir convoqué ce débat qui arrive à point nommé. Nous souscrivons à l'intervention prononcée. Il sera prononcé par l'UE et je souhaiterais ajouter les commentaires suivants à titre national. Nous réitérons notre plein engagement en faveur du programme paix, paix et sécurité et en faveur de la résolution 1325. Je saisis cette occasion afin de rappeler l'occupation de l'Abkhazie l'Ossétie du Sud. Tout cela continue d'avoir une incidence sur les femmes et les filles de la région. Il faut protéger leurs droits et garantir la pleine participation des femmes à la consolidation de la paix. C'est une priorité pour nous. Voilà pourquoi nous avons élaboré un plan d'action national sur le programme Femmes, Paix et Sécurité, et ce depuis 2012, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Des progrès ont été accomplis dans le cadre de toutes les priorités pour mettre en œuvre ce plan d'action national pour la période 2022-2024. Je souhaiterais mettre en exergue certains des principaux faits survenus en 2024. L'engagement des femmes dans le secteur paix et sécurité a beaucoup augmenté. La représentation des femmes dans les discussions internationales et dans les mécanismes de prévention a augmenté de 27 à 36 %. Les services étatiques pour les femmes touchées par les conflits ont beaucoup été élargis. Nous avons amélioré la prestation de services de santé avec la création de cliniques. L'utilisation des services d'aide juridique a doublé, 11,8 %, pour ce qui est des femmes touchées par les conflits. Les mécanismes pour l'égalité dans le domaine de la défense et de la sécurité ont été renforcés. Le personnel de la défense, les procureurs, les juristes ont reçu une formation sur le programme Femmes, Paix et Sécurité et ses principes, les approches axées sur les victimes, les normes de poursuite et d'enquête. Le gouvernement de la Géorgie élabore un nouveau plan d'action pour la période 2027-2028 en coopération étroite avec ONU Femmes et la société civile et ses organisations. La Géorgie est déterminée travailler avec l'ONU et ses partenaires pour promouvoir le programme Femmes, Paix et Sécurité et veiller à ce que les engagements soient mis en œuvre. Je vous remercie.
Je remercie Son Excellence Madame de Latzay et je donne maintenant la parole à la sénatrice Cox.
Merci. J'ai l'honneur de représenter une génération de femmes des premières nations qui ont façonné la paix grâce à leur sagesse. Leur exemple nous rappelle que depuis longtemps, les femmes sont des artisanes de la paix. Il faut honorer la promesse du programme Femmes, Paix, Sécurité. Il faut que les femmes aient accès à des postes de responsabilité sur un pied d'égalité dans le domaine de la paix et de la sécurité.
En effet, les données sont très claires: quand les femmes participent effectivement aux efforts, les accords sont plus durables, les solutions sont plus inclusives et on arrive à de meilleurs résultats. Et pourtant, la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité n'est pas à la hauteur. Le rapport du secrétaire général tire la sonnette d'alarme. En 2025, les femmes étaient absentes des négociations dans quatre processus sur cinq et ne représentaient qu'une part infime des négociateurs de la paix. Le libellé consacré aux femmes ou aux questions de genre a atteint un niveau bas record. Face à une régression, ces tendances nous montrent qu'un avenir moins sûr, moins inclusif risque de nous attendre. et moins pacifique. Monsieur le Président, l'Australie promeut la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité à trois titres. Tout d'abord, nous investissons dans le leadership des femmes, dans la prévention, dans la construction de la paix. Nous avons un partenariat avec les médiateurs d'Asie du Sud-Est et nous aidons les artisanes de la paix à arriver à des résultats. Elle touche à des conflits les plus complexes au Myanmar et au Timor-Leste. Deuxièmement, l'Australie est attachée à promouvoir le programme Femmes, paix et sécurité grâce à un travail de leadership. Nous plaidons pour un siège non permanent que nous brigons pour promouvoir le programme Femmes, paix et sécurité. Troisièmement, Nous plaidons pour une redevabilité et, par exemple, nous appuyons le Centre de praticiens, qui est une initiative qui permet aux praticiens d'agir en faveur de la justice du genre. Nous contribuons au Fonds pour les victimes de violences sexuelles liées aux conflits. Monsieur le Président, J'aimerais également rappeler qu'une attaque terrible a eu lieu lundi dernier à l'encontre d'une parlementaire australienne. Et alors que nous parlons de sécurité des femmes, le Dr Haynes et leurs proches méritent nos pensées. Les 25 premières années de la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité montrent l'importance de celui-ci, mais il faut que pour les 25 prochaines années, nous soyons tout autant engagés. Nous devons veiller à ce que ce programme concrétise les promesses prises.
Je remercie l'Australie. Je donne la parole à Monsieur Abdel Satar Issa, secrétaire général auprès du ministère des Affaires étrangères.
Je remercie la Grèce pour avoir organisé ce débat consacré à l'avenir du programme Femmes, paix et sécurité. Il y a 26 ans, la résolution 1325 a marqué une évolution fondamentale dans notre conception de la paix et de la sécurité. Elle a reconnu que les femmes ne devaient pas être seulement protégées des conflits armés, mais aussi participer à leur prévention et à leur règlement. Ce principe est désormais largement reconnu. Il reste à lui faire une place dans le fonctionnement de nos institutions et dans les décisions prises sur le terrain. Monsieur le Président, au Liban, les conséquences de l'agression nous rappellent que la sécurité ne se résume pas à la cessation des hostilités, aussi indispensable soit-elle. Elle suppose également de pouvoir retrouver son foyer, accéder aux soins, reprendre une activité professionnelle et reconstruire ce que le conflit a détruit. Autant de dimensions qui doivent être prises en compte dans les politiques de relèvement et de reconstruction, et auxquelles les femmes doivent pleinement contribuer. C'est dans cette perspective que le Liban a adopté, en avril dernier, son deuxième plan d'action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, couvrant la période 2026-2030. Élaboré sous le pilotage de la Commission nationale de la femme libanaise, à l'issue d'une vaste consultation associant les institutions publiques, les forces de sécurité et la société civile, ce plan repose sur cinq priorités: La première, renforcer la participation des femmes aux postes de décision. La deuxième, protéger les femmes et les filles contre les violences en période de conflit et de crise. La troisième, promouvoir une culture de paix et prévenir les conflits. Intégrer les questions de genre dans les recours et la reconstruction. Et la cinquième, renforcer les capacités institutionnelles de coordination et de mise en œuvre. Madame la Présidente, cette évolution se retrouve également au sein de nos institutions. de sécurité où les femmes exercent des fonctions de commandement et prennent part aux missions opérationnelles. L'armée, les forces de sécurité intérieure et l'administration publique renforcent l'intégration de l'égalité entre les femmes et les hommes dans leurs politiques et leurs pratiques, à travers des stratégies, des plans d'action et des réseaux de points focaux. Ces mécanismes doivent permettre aux femmes de participer pleinement à la définition des priorités, leur mise en œuvre et l'accès des femmes aux postes de responsabilité. Cette dynamique se reflète aussi au plus haut niveau de l'État. La représentation des femmes au gouvernement est passée de 4 % en 2022 à près de 21 % en 2025. Cette participation est également une réalité dans la réponse humanitaire. Au sein de la Croix-Rouge libanaise, les femmes volontaires prennent part aux interventions d'urgence et aux secours médicaux, dans des circonstances souvent extrêmement dangereuses. Elles sont aussi aux commandes des secours face à l'agression. Dans l'un des centres de secours les plus mobilisés, quatre équipes sur cinq étaient dirigées par des femmes, tout comme le centre lui-même. Leur engagement nous rappelle aussi l'impératif de protéger le personnel médical et humanitaire conformément au droit international humanitaire. Parallèlement, des réseaux de médiatrices locales, soutenus notamment par ONU Femmes, contribuent à prévenir les tensions, à faciliter le dialogue entre les communautés et à accompagner les populations touchées par les déplacements. Ces initiatives donnent à la prévention des conflits une dimension concrète. Cette semaine encore, Beyrouth accueillait une nouvelle édition de la conférence Women on the Frontlines, une rencontre qui témoigne encore de l'importance d'un dialogue continu entre institutions publiques, société civile et acteurs de terrain pour faire progresser la participation des femmes dans la vie politique. Madame la Présidente, À l'heure où les ressources humanitaires se raréfient, la pérennité de ces efforts exige des financements prévisibles, un soutien aux organisations dirigées par des femmes et une coopération internationale soutenue. Car l'objectif de la résolution 1325 n'est pas seulement la participation des femmes aux discussions sur la paix et la sécurité, mais aussi de les rendre actrices à part entière des décisions qui façonnent la paix. 26 ans plus tard, notre responsabilité est de faire en sorte que leur participation soit garantie durablement par nos institutions. Je vous remercie.
Je remercie son excellence monsieur Issa de sa déclaration.
J'invite les délégués à ne pas parler plus de cinq minutes pour que le Conseil puisse examiner les points à l'ordre du jour, après quoi, après trois minutes, le micro sera éteint. Je donne la parole au Kazakhstan.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, Excellences, Je remercie la présidence grecque d'avoir convoqué cette séance à la veille de l'anniversaire de la résolution 1325. Nous sommes réunis pour un débat qui vise à faire advenir un monde plus sûr, sécurisé et pacifique. Le programme Femmes, Paix et Sécurité est un impératif national pour nous. Une paix durable n'est pas possible sans la participation pleine, égale et équitable des femmes aux efforts de prévention, de construction de la paix et aux processus décisionnels mondiaux. Alors que l'on fait le bilan des 25 dernières années, il faut que l'esprit du programme aboutisse à des actions. Les femmes ne doivent pas être perçues comme de simples victimes des conflits, mais comme des artisanes de la paix et des dirigeantes. Nous traduisons ces engagements grâce à une approche à l'ensemble du gouvernement, avec le travail des pouvoirs locaux, des institutions sécuritaires, de la société civile et des partenaires internationaux tels que l'ONU Femmes. Le Kazakhstan a terminé son premier plan d'action national sur la mise en œuvre de la résolution 1325, consacrée aux femmes et paix et sécurité, pour 2022-2025. Cela a jeté un socle, le socle de notre travail en faveur de la paix et de la sécurité, pour renforcer la coopération tout en renforçant les partenariats avec la société civile. Nous avons lancé cette année le deuxième plan d'action national 2026-2028. pour répondre aux menaces sécuritaires, au changement climatique, aux questions du numérique, aux cybercriminalités, etc. Les pouvoirs locaux appliqueront, avec les organisations non gouvernementales et les partenaires internationaux, les dispositions du programme. Nous avons une politique qui qui vise au moins 30 % de femmes à tous les niveaux décisionnels élevés. Cela renforce ce que le président Tokayev a édicté dans le cadre de son programme en faveur des droits humains. Nous punissons en pénal les violences domestiques et fondées sur le genre pour renforcer la sécurité sur le terrain. Et cela Elle se traduit aussi dans notre présence dans les Casques bleus depuis 2018. Les femmes kazakhes ont servi avec distinction dans les opérations de paix au Liban, au Sahara occidental et dans les hauteurs du Golan. Pour compléter ces efforts, nous avons une plateforme qui vise à renforcer les capacités. 35 formations sont proposées à la protection civile, à la perspective du genre. et à la préparation du personnel. Nous formons la génération suivante d'artisanes de la paix en faveur du multilatéralisme et de la diplomatie préventive. Nous entendons renforcer notre présence dans les opérations de paix et faire des femmes des artisanes indispensables de la paix et de la sécurité mondiales.
Je remercie le Kazakhstan de son intervention. Je donne la parole à la Suisse.
Madame la Présidente, La Suisse rappelle que la mise en œuvre de l'agenda femmes, paix et sécurité n'est pas qu'un engagement déclaratoire, mais nécessite des actions concrètes, des financements durables ainsi qu'une vision prospective et proactive. La Suisse s'engage à avancer cet agenda selon plusieurs axes prioritaires. Premièrement, la Suisse soutient la participation pleine, égale et significative des femmes à la médiation, aux négociations et à la consolidation de la paix, à tous les niveaux et étapes. L'inclusion des femmes est essentielle à la légitimité et à la durabilité des accords de paix et à leur mise en œuvre effective. Concrètement, en Cisjordanie, par exemple, nous formons des médiatrices en mettant en place des plateformes de dialogue et en créant un pôle de médiation. Au Soudan, la Suisse et la Berghof Foundation réunissent des Soudanaises issues de différentes régions et communautés afin de renforcer leurs capacités de médiation et de négociation. Ce projet s'est établi comme la plateforme de paix la plus inclusive au Soudan. et a permis de définir des mesures concrètes de confiance et de désescalade. Deuxièmement, les initiatives de paix de la société civile doivent être accompagnées par des ressources prévisibles, suffisantes et durables. Ainsi, la Suisse apporte un soutien pluriannuel aux organisations Peace Women Across the Globe, Women's International League for Peace and Freedom, et au NGO Working Group on Women, Peace and Security afin de renforcer les capacités, la protection, la visibilité et l'influence des femmes dans la consolidation de la paix dans plusieurs régions du monde. Pour la Suisse, ces investissements sont indispensables pour favoriser une paix durable et renforcer sur le long terme l'influence des femmes à toutes les étapes des processus de paix. Troisièmement, la Suisse aborde les chances et les risques des nouvelles technologies, en particulier de l'intelligence artificielle, pour une paix inclusive et durable. En 2021 et 2023, la Suisse a soutenu des études du Global Network for Women Peacebuilders concernant l'effet de la digitalisation et de la cybersécurité sur l'agenda Femmes, Paix et Sécurité, notamment les risques de discrimination, harcèlement et violence numérique. En outre, la Suisse soutient le projet pilote Peace Pace, qui utilise l'intelligence artificielle pour la prévention des conflits auprès de femmes artisanes de la paix en Colombie. Par ailleurs, nous coorganisons demain l'événement AI for Peace, not Harm: From Research to Action on Women, Peace and Security in the Digital Age. pour traduire la recherche en actions concrètes et garantir que l'intelligence artificielle serve la paix, les droits humains et la participation effective des femmes. Madame la Présidente, renforcer le rôle des femmes médiatrices, négociatrices et artisanes de la paix exige des initiatives concrètes, des financements pérennes et une vision tournée vers les défis et les opportunités à venir. La Suisse reste résolue à faire avancer l'agenda femmes, paix et sécurité. Je vous remercie.
Je remercie la Suisse de son intervention. Je donne la parole au Brésil.
Madame la Présidente, je remercie la présidence grecque d'avoir convoqué ce débat. Je salue les intervenantes pour leur contribution. 26 ans après l'adoption de la résolution 1325, le programme connexe n'est toujours pas mis en œuvre, loin de là. Le rapport présente une situation alarmante. En 2025, plus de 756 millions de femmes et filles vivaient près de conflits armés. Les femmes ne représentaient que 5 % des négociateurs dans les processus de paix. Des cas corroborés de violences sexuelles liées aux conflits ont plus que doublé, non pas en raison de l'absence d'engagement, mais parce qu'il ne se traduisait pas en mesures. Les femmes et les filles subissent encore les conséquences d'attaques visant les civils, de déplacements forcés, de violences sexuelles et de la destruction des infrastructures civiles. Ainsi, les efforts de promotion des droits des femmes et des filles demeureront insuffisants à moins qu'ils ne s'accompagnent d'un plein respect du droit international et du DIH. Nous ne pouvons défendre ces droits tout en tolérant les violations du droit international et du DIH qui exposent les femmes et les filles à des risques de violence, de déplacement et de privation. Les attaques visant les civils doivent prendre fin, l'assistance humanitaire doit être garantie, les violences sexuelles sous toutes leurs formes, y compris l'exploitation sexuelle et les atteintes dans les missions de paix, doivent être combattues. Et les auteurs de ces agissements doivent rendre des comptes. Le programme "Les femmes et la paix" ne pourra pas être effectivement mis en œuvre si l'impunité l'emporte. La participation des femmes ne doit pas être un simple engagement récurrent, mais une réalité. Les femmes doivent participer pleinement, sur un pied d'égalité, effectivement et en toute sécurité, à toutes les étapes des processus de paix, notamment la prévention, la médiation, la consolidation de la paix. Leur participation ne doit pas se limiter à de simples consultations. Elles doivent participer à la prise de décision. et définir les résultats politiques. Il faut appuyer les organisations de femmes, les artisanes de la paix et les défenseuses des droits humains, notamment grâce à des financements durables et prévisibles. Le Fonds pour la consolidation de la paix peut contribuer à cet objectif. L'égalité femmes-hommes, l'accès à l'éducation, l'autonomisation économique, les institutions publiques fortes et un développement inclusif sont essentiels pour une paix durable. Nous devons donc appuyer consolidation de la paix inclusive et des approches de prévention qui font le lien entre paix, développement et droits humains. Avec son cadre du genre, la CCP peut aider les États membres à promouvoir la mise en œuvre du programme Les femmes, la paix et la sécurité. Cela peut pérenniser les gains du programme et de consolidation de la paix lors des transitions ou des réductions des effectifs des opérations de paix lorsque les femmes et les filles sont particulièrement exposées. Madame la Présidente. Alors que les dépenses militaires augmentent et que les ressources pour la consolidation de la paix diminuent, il nous faut garantir que les droits des femmes ne soient pas sacrifiés. Les 25 prochaines années du programme ne doivent pas être définies par de nouvelles promesses et nouveaux engagements, mais par la mise en œuvre. Protéger les droits des femmes, le droit international, construire une paix durable sont des responsabilités qui se renforcent. Nous ne pouvons promouvoir l'un en négligeant les autres. Et dans ce droit fil, nous pouvons annoncer que nous sommes en train d'élaborer la deuxième phase de notre deuxième plan d'action national consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité, lequel reconnaît l'importance de faire se concorder les politiques du genre à l'objectif de promotion de la paix. Je vous remercie.
Je remercie le Brésil. Je donne la parole à l'Égypte.
Madame la Présidente, Nous nous réunissons aujourd'hui, 26 ans après l'adoption de la résolution historique 1325, pour faire face à une réalité que l'on ne peut ignorer: l'écart entre les engagements internationaux et la réalité des femmes dans les zones de conflit se creuse. D'après le rapport du Secrétaire général, Plus de 756 millions de femmes et de filles vivent à proximité de conflits armés. La part des femmes parmi les médiateurs dans les processus de paix en 2025 ne dépassait pas les 5 %. Ce sont des statistiques qui montrent qu'il ne faut pas simplement prendre de nouveaux engagements, mais mettre en œuvre. L'Égypte souligne que le programme Femmes, Paix et Sécurité fait fond sur des piliers interconnectés: coopération, rétablissement, consolidation. Il y a quelques priorités à souligner. Tout d'abord, la protection des femmes et des filles dans les conflits armés. Nous ne pouvons parler d'autonomisation des femmes si les femmes sont tuées, déplacées de force, réduites à la famine ou exposées à des violences sexuelles. Il est donc nécessaire d'arriver à un cessez-le-feu permanent et immédiat à Gaza, garantir l'acheminement d'aide humanitaire sans entrave, protéger les civils, assurer le respect du DIH. empêcher le déplacement forcé des Palestiniens tout en assurant la protection des femmes et des filles en Palestine. La situation se dégrade à Gaza et nous voyons que des agissements monstrueux sont observés de la part des colons en Cisjordanie. Au Soudan, les femmes et les filles souffrent, les forces de soutien rapide doivent rendre des comptes, notamment à Cordofan. Il ne faut pas d'approche à géométrie variable. Deuxièmement, nous devons dépasser les actions symboliques pour avoir un impact réel sur la participation. Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la paix. mais doivent contribuer à faire la paix. Nous devons autonomiser les femmes, qu'elles puissent participer aux efforts de médiation, au processus décisionnel. Nous devons investir dans le renforcement des capacités des femmes, qu'elles puissent participer à ces processus de paix, notamment en tant que négociatrices, grâce aux réseaux de négociateurs et grâce aux institutions nationales de prévention des conflits. Il faut faire le lien entre participation des femmes et lutte contre les causes profondes des conflits, favoriser le développement et la cohésion sociale. Troisièmement, rôle des femmes dans les processus de consolidation de la paix. L'Égypte est fière de permettre la participation des femmes à la composante policière des missions de paix de l'ONU. Et participation aussi à des opérations hautement dangereuses au Mali. Elles contribuent à sauver des vies. Elles prennent des risques élevés. Grâce au Centre du Caire pour le règlement des différends, pour la consolidation de la paix et la paix, nous renforçons les capacités africaines. Quatrièmement, participation des femmes à la prévention et à la construction de la paix durable. En tant que cofacilitateur de l'examen du dispositif de paix avec la Slovénie, nous avons renforcé le lien entre paix et sécurité et stratégie nationale pour la prévention et la construction de la paix. Ces gains doivent se traduire en appui pratique aux institutions nationales. Madame la Présidente, En marge de la semaine de haut niveau, en septembre, nous avons annoncé un premier plan national pour les femmes, la paix et la sécurité, qui vise à renforcer le leadership et la participation des femmes aux efforts de prévention, ce qui permet de préserver la protection en temps de conflit et de répondre aux besoins des femmes en matière de reconstruction et de rétablissement. Il y a aussi une dimension régionale et internationale qui correspond au rôle de l'Égypte pour aider les pays touchés par des conflits. Nous sommes attachés à continuer à promouvoir le programme Femmes et paix et sécurité à tous les niveaux.
Je remercie l'Égypte de son intervention. On entend du Luxembourg.
Madame la Présidente, le Luxembourg souscrit aux déclarations de l'Union européenne et du groupe des Amis Femmes, Paix et Sécurité. Merci à la Grèce pour l'organisation de ce débat important qui coïncide avec le 26e anniversaire de l'adoption unanime de la résolution 1325. Cette résolution demeure une affirmation forte d'une vérité simple: il ne peut y avoir de paix durable sans le respect total des droits des femmes. Notre monde est ravagé par un nombre record de conflits armés actifs qui produisent un impact disproportionné sur les femmes et les filles. Le rapport annuel du secrétaire général souligne que 19 % d'entre elles vivent dans ou à proximité de conflits armés. Le Luxembourg condamne sans équivoque toutes les formes de violence, d'exploitation et d'abus. les violences sexistes et sexuelles, les restrictions à l'accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, et les attaques contre les défenseuses des droits humains et les constructrices de paix, y compris les représailles et les intimidations à l'encontre de celles qui collaborent avec l'ONU. Nous restons déterminés à mettre fin à l'impunité. Le rapport annuel expose le déficit de mise en œuvre effective des engagements successifs pris par la communauté internationale. Plus inquiétant encore, Les progrès et les acquis que nous avons réalisés risquent d'être remis en cause. Un retour en arrière n'est pas acceptable. Le Luxembourg estime que la nomination d'une femme qui s'engage pour les droits humains et l'égalité des genres en tant que prochaine secrétaire générale de l'ONU contribuera à un monde plus pacifique, plus stable et plus prospère. Le Luxembourg appelle la responsabilité particulière des membres du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Pour honorer cette responsabilité, le Conseil doit montrer l'exemple en promouvant l'agenda femmes, paix et sécurité et en l'intégrant systématiquement dans ses discussions, ses décisions et ses mandats. Ceci comprend l'inclusion de briefings réguliers par des représentantes de la société civile. Pour faire avancer la mise en œuvre, tous les États doivent prendre des mesures concrètes en faveur de l'intégration de l'égalité des genres dans toutes les politiques. Nous saluons l'adoption de plans d'action nationaux par plus de 100 États et appelons à leur mise en œuvre. Le Luxembourg a adopté son deuxième plan d'action national pour la période 2025-2030. Ses quatre piliers, à savoir participation, prévention, protection et promotion, visent à renforcer l'intégration de la dimension genre dans les politiques de paix et de sécurité au niveau national et international. Le plan d'action s'applique à tous les domaines de notre politique étrangère, que sont la diplomatie, la défense et le développement, et porte également sur des questions relatives à la justice, à l'éducation, à l'accueil des réfugiés et à la sécurité intérieure. L'allocation d'un tiers de notre aide publique au développement à la promotion de l'égalité des genres fait partie intégrante de nos efforts sur la scène internationale. Vous pouvez compter sur l'engagement continu du Luxembourg en faveur de la protection, du respect et de la promotion des droits humains de toutes les femmes et filles. Merci.
Je remercie le Luxembourg de son intervention. Je donne la parole à l'Indonésie.
Merci, Monsieur le Président. Je remercie la Grèce d'avoir convoqué ce débat important. Je remercie le Secrétaire général, la Directrice exécutive de l'ONU Femmes et l'intervenante de la société civile. Jamais dans l'histoire n'a-t-on vu un soutien politique aussi important pour le programme Femmes, paix et sécurité. Et pour autant, il y a un écart record entre les engagements et la mise en œuvre. Le rapport nous le dit, 25 ans après l'adoption de la première résolution sur les femmes, la paix et la sécurité, Les enceintes des gouvernements, les négociations des institutions de sécurité demeurent dominées par des hommes. On le voit dans cette salle. Si la participation des femmes demeure une aspiration, nous ne devons pas être surpris que la paix nous échappe encore. L'Indonésie souhaite souligner trois points pour promouvoir le leadership des femmes et garantir leur participation pleine, égale, effective et sûre au processus décisionnel. politique et processus de paix, il faut reconnaître les femmes, acteurs indispensables pour l'ensemble du continuum de la paix. Elles doivent contribuer à chaque étape de la prévention, de la médiation, de la consolidation de la paix.
L'Indonésie défend de longue date la participation véritable des femmes à la paix et à la sécurité. En tant que délégation, l'initiative de la résolution 2538 sur les femmes dans le maintien de la paix. L'Indonésie continue de promouvoir le rôle des femmes dans les efforts déployés pour régler les conflits et au sein des opérations de paix. Nous avons aussi lancé le réseau des médiatrices de paix de l'Asie du Sud-Est. et le Réseau de femmes négociatrices et médiatrices pour la paix de l'Asie du Sud-Est, des plateformes régionales importantes qui se consacrent à la promotion de l'inclusion de la femme, de.
Leur leadership, de leur participation véritable à la prévention des conflits, aux.
Négociations de paix et à la gouvernance après les conflits en Asie du Sud-Est.
Nous sommes convaincus que les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires des processus de paix, elles sont des agents de la paix. Deuxièmement, traduire le leadership des femmes et les rôles dans les processus décisionnels ont une influence véritable au sein des sociétés. Au travers de nos contributions de longue date au maintien de la paix des Nations Unies, l'Indonésie a pu constater de première main les contributions des Casques bleus femmes qui permettent de bâtir la confiance au sein des communautés locales et qui renforcent la collaboration avec les femmes, les enfants touchés par les conflits, qui améliorent les efforts de protection et appuient la consolidation de la paix. Le plan d'action national de l'Indonésie sur l'autonomisation des femmes et l'égalité de genre en tant que conflit social et son plan d'action national pour la prévention et la lutte contre l'extrémisme violent ont prouvé le rôle stratégique et central que jouent les femmes dans les efforts que déploie l'Indonésie pour prévenir les conflits locaux, lutter contre le terrorisme et bâtir la paix au travers d'une collaboration entre de multiples parties prenantes au niveau national, sous-national et au niveau de la base.
Troisièmement.
Accompagner les engagements d'investissement durable et de partenariat. Le rapport du secrétaire général nous met en garde, disant que les coupes de financement affaiblissent le soutien aux organisations de femmes et à la mise en œuvre de l'ensemble du programme Les femmes et la paix et la sécurité. L'Indonésie appuie le renforcement des partenariats entre les gouvernements, les organisations régionales, les institutions onusiennes et la société civile pour garantir un financement durable du programme Les femmes et la paix et la sécurité. L'investissement dans le leadership des femmes est un investissement dans la paix elle-même. Monsieur le Président, pour l'Indonésie, assurer la mise en œuvre du programme Les femmes, la paix et la sécurité n'est pas simplement un choix de politique, il s'agit d'une nécessité stratégique pour faire advenir un monde plus pacifique. Guidés par le mandat de l'Indonésie tel que consacré dans sa Constitution pour contribuer à la paix dans le monde, nous continuerons de travailler à l'échelle du système des Nations Unies. notamment au travers de notre candidature au Comité d'organisation de la Commission de consolidation de la paix pour un mandat 2027-2028. Nous sommes aussi candidats à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité sur la période 2029-2030. Merci, Monsieur le Président.
Je remercie le représentant de l'Indonésie et donne la parole au Liechtenstein.
Merci, Monsieur le Président. Le programme Les femmes et la paix et la sécurité perd de son soutien alors qu'il en a plus que jamais besoin. En 2025, 25 % des femmes et des filles vivaient à 50 km d'un conflit actif.
Les cas vérifiés de violences sexuelles liées au conflit ont été multipliés par quatre depuis 2022. Et pourtant, moins de la moitié de toutes les décisions du Conseil de sécurité pas traite du programme Les femmes, la paix et la sécurité, en dépit de la résolution 2242 qui exige son intégration dans toutes les situations de paix. Les mandats ont été affaiblis. Seuls 21 représentants de société civile ont présenté des exposés au Conseil en 2026, contre un nombre record de 16 sur un mois uniquement en 2021. L'Union regrette vivement cette évolution préoccupante et demande au Conseil d'accompagner ses engagements de nouvelles actions concrètes. Monsieur le Président, les nouvelles technologies refaçonnent les conflits. L'IA peut contribuer à l'alerte précoce, à la documentation des atrocités, à la médiation et au maintien de la paix. Mais, dans le même temps, l'utilisation de l'IA en temps de conflit présente des risques significatifs. C'est les engagements pris en matière de femmes, paix et sécurité n'englobent pas les processus de décision militaire. Selon une récente étude, les modèles d'IA ignorent presque systématiquement les femmes et les filles dans leurs analyses. Ne mentionnons pas les questions de genre. Certains modèles justifient même l'élimination de postes de conseillers en questions de genre lorsque l'on demande des économies. Le risque est significatif. La fracture de genre dans le monde numérique risque d'aboutir à des déficits de compétences dans les domaines-là même où le programme est essentiel. Nous félicitons du fait que le Conseil se saisisse des questions de l'IA en lien avec les femmes et la paix et la sécurité. Nous souhaitons la création d'un groupe de travail informel sur les incidences du programme Les femmes et la paix et la sécurité. Alors que le programme Femmes, Paix et Sécurité est de plus en plus rejeté, il est une vérité qui reste indéniable: la paix est plus légitime, inclusive et durable lorsque les femmes sont pleinement associées, véritablement associées sur un pied d'égalité. Mais l'écart entre les engagements et la pratique reste important. Le Liechtenstein regrette qu'au cours de l'année écoulée, certain nombre de négociations n'impliquaient aucune femme. Plus alarmant encore, seuls 22 % des accords de paix parlaient des femmes, des filles, de questions de genre ou de la violence sexuelle ces 35 dernières années. Et l'ONU ne représente qu'une petite part des processus de paix. 57 en 2025, seuls trois ont été menés par l'ONU. Nous demandons au Conseil d'appuyer la participation pleine, égale et effective des femmes à tous ces processus. La participation des femmes améliore la qualité et la durabilité des accords de paix, dépasse la simple question de partage de pouvoir et accroît les chances de traiter dans ces accords de la justice, des moyens de subsistance, de l'éducation et de la réconciliation à long terme. Les femmes négocient déjà l'accès humanitaire, sont associées à la protection des civils, à la documentation des violations. Elles ont leur place autour de la table des négociations de paix. Je vous remercie.
Je remercie le représentant du Liechtenstein et donne la parole.
Monsieur le Président, d'emblée, nous nous félicitons de la participation de Monsieur George Gerapetritis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce, qui préside cette discussion importante. Nous remercions le secrétaire général pour son intervention et ses efforts, ainsi que les autres intervenants pour leur contribution. Monsieur le Président, l'État du Qatar s'est engagé à mettre en œuvre le programme Femmes, Paix et Sécurité, un engagement qui se reflète notamment par nos initiatives et nos efforts diplomatiques reconnus en matière de médiation. Nous avons veillé à garantir des opportunités pour les femmes afin qu'elles puissent participer dans les processus de prise de décision. Nous sommes fiers de participer au réseau des femmes médiatrices arabes et nous avons accueilli la troisième réunion du groupe travail sur la femme, paix et sécurité en janvier 2025, qui a mis la lumière sur l'importance de la coopération internationale. La mise en œuvre des engagements liés au programme Femmes, Paix et Sécurité nécessite de respecter les principes du droit international, la souveraineté des États et de régler les différends par les moyens pacifiques. Il convient de rappeler la phase critique à laquelle notre région est confrontée actuellement et les répercussions de cette situation sur la paix, la sécurité et la vie des communautés, y compris les femmes et les filles, ainsi que les répercussions sur l'économie, les approvisionnements en alimentation et en énergie. Le dialogue demeure le moyen idoine pour trouver une solution durable à cette crise et mettre fin à l'escalade. Et nous continuerons de déployer des efforts ainsi que des bons offices pour renforcer la paix, la stabilité régionale et pour servir les intérêts des peuples de notre région, et plus particulièrement les femmes et les filles. Madame la Présidente, les conflits et les crises ont un impact profond sur les femmes et les filles. Les données, les statistiques du rapport de secrétaire général affichent une situation inquiétante et font état d'un niveau record de conflits à travers le monde en 2025. Le rapport met également en lumière le grand nombre de femmes et de filles qui ont été tuées et blessées dans les territoires palestiniens occupés. Plus de 38 000 femmes et filles ont été tuées à Gaza entre octobre 2023 et décembre 2025, et les femmes palestiniennes sont touchées de plein fouet à cause des violations israéliennes graves du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme. Madame la Présidente, Plus de 25 ans se sont écoulés depuis l'adoption de la résolution historique 1325 au Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Nous sommes face à une occasion primordiale pour évaluer l'écart entre les engagements et la réalité sur le terrain. Le succès réel n'est pas par le nombre d'engagements, mais plutôt par l'impact réel dans la vie des femmes et des filles, notamment dans les zones de conflit. La participation de la femme ne doit pas demeurer une simple représentation symbolique, mais une participation réelle, entière et centrale dans la consolidation de la paix durable. Je vous remercie, Madame la Présidente.
Je remercie la représentante du Qatar pour son intervention et je donne la parole à Chypre.
Monsieur le Président, d'emblée, je tiens à sincèrement remercier la Grèce pour la convocation de ce débat important. Chypre souhaite aussi remercier le secrétaire général, la directrice exécutive d'ONU Femmes et madame Pariani pour leurs exposés édifiants. Monsieur le Président, la résolution 1325 est non seulement venue clairement reconnaître pour la première fois la différence et l'impact disproportionné des conflits sur les femmes et les filles, mais a aussi établi l'impératif de leur participation sur un pied d'égalité substantielle dans les centres décisionnels, dans les processus de paix, à la prévention des conflits, à la.
Reconstruction au lendemain des.
Conflits les plus importants, leur contribution à un monde plus pacifique et plus équitable. Chypre reste déterminée à traduire les principes de la résolution 1325 en actions concrètes. L'augmentation significative du nombre de femmes représentées à des postes clés de direction au plan politique et institutionnel, notamment au Conseil des ministres, dans le milieu diplomatique et au sein de la Garde nationale, reflète notre détermination à promouvoir la participation sur une égalité des femmes au processus décisionnel. Faisant fond sur les réalisations découlant du premier plan d'action national 2021-2025, Chypre a adopté un deuxième plan d'action national pour la période 2026-2028. Les mesures mises en œuvre au titre du premier plan, parallèlement aux mesures envisagées au titre du deuxième, sont notamment des formations ciblées pour la garde nationale, un code de conduite pour le personnel militaire et civil sur le respect des droits des femmes et des filles en temps de conflit, et la sensibilisation pour renforcer la compréhension et la mise en œuvre du programme Les femmes et la paix et la sécurité. Ce deuxième plan fait fond sur ces réalisations et s'efforce d'avancer encore dans la mise en œuvre du programme Les femmes, la paix et la sécurité. Monsieur le Président, Chypre reconnaît aussi que relever les défis régionaux et mondiaux exige une coopération étroite et une coordination dans nos actions. Nous nous efforçons de faire en sorte que notre aide humanitaire et au développement, ainsi que nos contributions volontaires aux organisations internationales, soutiennent le programme FPS. Nous continuons de renforcer les partenariats bilatéraux au travers d'un soutien au programme Égalité de genre dans les pays voisins. Il convient de noter qu'en 2025, 79 % des contributions volontaires de Chypre aux organisations internationales et entités connexes ont bénéficié à des organisations qui travaillaient directement ou indirectement pour promouvoir l'autonomisation des femmes. Monsieur le Président, les conclusions du dernier rapport du Secrétaire général ne laissent pas de place à l'autosatisfaction. En 2025, 756 millions de femmes et de filles, 19 % de la population féminine dans le monde, vivaient à 50 kilomètres d'un conflit actif, le niveau le plus élevé depuis les années 90. Dans l'intervalle, le nombre de cas documentés de violences sexuelles liées au conflit a plus que doublé par rapport à l'année précédente et a été multiplié par quatre depuis 2022. Ces chiffres attestent de l'urgente nécessité de poser une action internationale pérenne. Ayant vécu les atrocités de la violence sexuelle liée au conflit, Chypre n'oublie pas les souffrances endurées par les rescapés. Consciente de ces souffrances et en hommage à toutes les femmes visées par la violence sexuelle en temps de conflit, le Conseil des ministres a approuvé la construction d'un monument consacré dans notre capitale à ces femmes. Monsieur le Président, si l'on nous avait demandé en l'an 2000 si, 25 ans plus tard, la résolution 1325 serait plus importante que jamais?
Peut-être aurions-nous pu envisager une évolution plus encourageante. Et pourtant, la réalité que nous connaissons aujourd'hui, les défis qui occupent toujours notre attention, confirme l'importance de sa mise en œuvre pleine et entière. En tant que membre du Conseil des droits de l'homme, Chypre reste déterminée à promouvoir le programme FPS, à tirer parti du potentiel.
Transformateur des femmes et des filles et à renforcer les efforts au niveau local, national et international.
Cela passe notamment par l'autonomisation de la société civile, la promotion de l'intégration des questions de genre et faire en sorte que les questions de genre soient systématiquement intégrées à l'échelle mondiale dans toutes nos actions. Monsieur le Président, le moment est venu d'investir dans les femmes et les filles, maintenant.
Merci.
Je remercie la représentante de Chypre. Je donne la parole à la République de Corée.
Merci, Monsieur le Président. Je remercie la Grèce pour la convocation de ce débat public. Merci aussi au secrétaire général, à la directrice exécutive d'ONU Femmes et à Madame Pariani pour leurs exposés. Nous souscrivons à la déclaration qui sera prononcée par le Canada au nom du groupe des Amis des femmes, de la paix et de la sécurité. Plus de 25 ans après l'adoption de la résolution, notre défi consiste à agir. Dans le cadre d'un récent mandat au Conseil, nous avons assuré la fonction de porte-plume sur le programme FPS. Nous restons déterminés à poursuivre notre action dans ce domaine. Permettez-moi de mettre en exergue trois points. Tout d'abord, les femmes doivent être à la table des négociations. Ainsi, la République de Corée accueille chaque année la Conférence internationale sur l'action avec les femmes et la paix pour porter haut et fort la voix des femmes en matière de paix et de sécurité internationales. Le mois prochain à Séoul, la huitième édition consacrée à l'innovation en matière de FPS au service de la paix durable rassemblera des rescapés et des jeunes pour étudier de nouvelles possibilités d'assurer la participation des femmes. Deuxièmement, La protection doit suivre le rythme de l'évolution de la technique.
Les femmes dirigeantes, les femmes casques bleus, les défenseuses des droits humains sont de plus en plus ciblées par la violence utilisant la technologie, campagne de dénigrement, deepfake, connotation explicitement sexuelle. Nous nous efforçons de faire en sorte que la nouvelle technologie donne aux femmes les moyens d'agir plutôt que les menaces. Chez nous, les systèmes d'IA détectent maintenant les deepfakes sexuels et demandent leur suppression des plateformes en ligne. À l'ONU, au travers du Groupe des amis pour la lutte contre la traite des personnes facilitée par la technologie, nous continuerons d'aider l'organisation à suivre le rythme de l'évolution de ces défis. En tant que coprésident du dialogue de l'année prochaine sur la gouvernance globale de l'IA, nous veillerons à ce que les droits des femmes soient au cœur de la discussion. Troisièmement, les engagements pris doivent s'accompagner de ressources. Sur fond de difficultés financières, alors que l'aide se réduit, des financements souples et prévisibles sont plus importants que jamais pour les organisations de femmes. Cette année, nous avons soutenu notre appui au FNUAP et au Fonds Paix humanitaire pour les femmes pour pour aider les rescapés de violences sexuelles liées aux conflits et les femmes artisanes de paix en temps de conflit et de crise. Monsieur le Président, les 25 années du programme seront jugées non seulement à l'aune des résolutions que nous adoptons, mais à l'aune de la place qui sera donnée aux femmes au cœur des processus décisionnels, protégées des formes de violence en constante évolution, et des femmes qui devront avoir les moyens d'agir. Nous sommes prêts à jouer le rôle qui nous revient dans ce domaine. Merci.
Je remercie la République de Corée. Je donne la parole à l'Allemagne.
Merci, Monsieur le Président. Merci à la Grèce pour la convocation de ce débat important. Et merci à l'ensemble des intervenants pour leurs remarques extrêmement importantes. Nous nous associons à la déclaration de l'Union européenne. Il y a plus de 25 ans, cette Chambre adoptait la résolution 1325, reconnaissant l'impact disproportionné des conflits sur les femmes et les filles. En dépit des progrès réalisés depuis lors, le dernier rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité nous montre qu'il nous reste encore un long chemin à parcourir pour garantir la participation égale des femmes aux processus de paix. Qui plus est, l'on constate un revers inquiétant face au programme FPS. et en matière d'égalité de genre de manière plus générale, ce qui menace les gains obtenus de haute lutte en matière d'autonomisation des femmes et des filles partout dans le monde. Ainsi donc, à ce stade, nous devons nous demander comment pouvons-nous réaliser la promesse du programme FPS? Trois remarques. Tout d'abord, nous devons faire en sorte que les femmes bénéficient d'une participation pleine, égale et effective dans les processus décisionnels à tous les niveaux. processus de paix. L'ONU devrait exiger cette participation dans les processus de paix.
Les recherches montrent que la paix est plus durable lorsque les femmes sont dûment représentées dans les processus de paix, des processus menés ou co-pilotés par l'ONU. Il serait dans l'intérêt de chacun d'assurer leur participation parce que la paix ne fonctionne pas si la moitié de la population en est exclue.
Exclure les femmes signifie que la paix est moins durable.
On le constate dans les chiffres. Sur 57 processus de négociation en 2025, les femmes représentaient 5 % à peine des négociateurs en chef.
Et 14 % des médiateurs.
C'est la raison pour laquelle l'Allemagne appuie les initiatives telles que le Fonds humanitaire de l'ONU pour les femmes et la paix.
Ou le Réseau des femmes dirigeantes d'Afrique pour qu'elles soient dûment représentées. Nous exhortons donc le Conseil à faire en sorte que la participation des femmes soit un élément l'on retrouve constamment dans les mandats et que l'on entende davantage d'intervenantes principales femmes. Le dernier rapport du secrétaire général sur la violence sexuelle liée au conflit nous montre aussi que le nombre de cas vérifiés augmente de manière significative. En situation de conflit, les femmes et les filles sont affectées de manière disproportionnée par le déplacement, la violence sexuelle en temps de conflit, l'insécurité alimentaire et la perturbation des services essentiels en matière de santé et d'éducation. Les violences ont été documentées, la protection des femmes et des filles doit être assurée en situation de conflit.
Donc nous devons tous faire davantage pour atteindre nos cibles au plan national. L'Allemagne travaille actuellement sur son quatrième plan d'action national sur le FPS, un plan qui, entre autres, réaffirmera notre détermination à lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits, à les prévenir. Nous avons rejoint l'équipe d'experts de l'ONU et le réseau de femmes procureurs pour lancé il y a peu. Enfin, les ressources, elles sont essentielles, bien entendu, si nous voulons que le programme fonctionne. Raison pour laquelle l'Allemagne reste le bilatéral bilatéral le plus important au Fonds humanitaire de l'ONU. Nous signerons cette semaine un accord pour accroître ce soutien financier, encore pour le réseau des femmes dirigeantes d'Afrique, pour promouvoir la prochaine génération de femmes dirigeantes au Soudan, par exemple, au Soudan du Sud, en Somalie, pour ne citer que quelques exemples. Je puis donc en conclusion vous assurer que l'Allemagne continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour réaliser la promesse contenue dans la résolution 1325. Merci.
Je remercie le représentant de l'Allemagne. Je donne la parole à Singapour.
Merci, monsieur le Président. Je remercie la présidence grèce pour l'organisation de ce débat sur les femmes et la paix et la sécurité. Merci aux six intervenants principaux pour leurs exposés précieux.
Monsieur le Président, Singapour est convaincu que la participation véritable des femmes est essentielle pour.
Faire advenir la paix et la sécurité de manière durable à l'international.
Doivent non seulement être protégées par le droit international, mais elles doivent aussi avoir la possibilité de façonner son évolution, son interprétation, son application.
En tant qu'ambassadrice pour le droit international, j'ai toujours prôné.
La représentation véritable des femmes dans tous les processus juridiques internationaux, depuis l'élaboration des traités jusqu'au règlement pacifique des différends. Notre expérience dans le cadre des différents processus onusiens au fil des ans m'a convaincue que l'établissement inclusif du droit international aboutit à des résultats plus durables. L'attachement de Singapour au programme FPS n'est pas nouveau. Nous n'avons eu de cesse de soutenir les efforts déployés au plan régional et international pour assurer la mise en œuvre du programme. Nous avons notamment coparrainé les résolutions 1888 et 1889 du Conseil de sécurité. Nous travaillons aussi avec d'autres membres de l'ASEAN pour lancer le plan d'action régional sur le FPS en 2021. Les résolutions 1888 et 1889 ont reconnu que la violence sexuelle en temps de conflit était une menace pour la paix et la sécurité internationales. Elles ont réaffirmé aussi la nécessité d'inclure les femmes en tant que chefs de file actifs et parties prenantes des processus de paix. Ces principes restent pertinents aujourd'hui. Cependant, Monsieur le Président, un écart important demeure entre les engagements contractés et les actions posées. Le rapport du Secrétaire général nous montre que la violence sexuelle en temps de conflit reste une réalité un peu partout dans le monde. Nombre d'auteurs restent impunis. La prolifération des conflits aujourd'hui menace d'exposer davantage de femmes et de filles aux horreurs de la guerre, en particulier à la violence sexuelle en temps de conflit. Singapour appuie la recommandation du Secrétaire général qui demande à toutes les parties au conflit de mettre un terme à toutes les formes de violences sexuelles liées au conflit immédiatement. Nous demandons Nous demandons à toutes les parties à des conflits armés de respecter les obligations qui leur sont faites au titre du DIH, et notamment de respecter la protection spéciale des femmes et des filles et de faciliter le secours humanitaire pour aider les victimes. Singapour est préoccupé par les rapports faisant état d'exploitation sexuelle et d'exactions imputables à des casques bleus de l'ONU. Nous appuyons l'application par l'ONU de la politique de tolérance zéro, une politique ancrée sur les victimes en cas d'atteinte sexuelle et d'exploitation sexuelle. Singapour défend fermement l'inclusion des femmes dans le leadership du maintien de la paix et dans sa planification. Depuis 2016, cinq femmes se sont vu décerner le prix Nobel de la paix, ce qui nous montre ce que les femmes peuvent faire en matière de consolidation de la paix. Pour l'avenir, Monsieur le Président, notre tâche va consister à normaliser l'inclusion et le leadership des femmes dans les efforts de paix. Singapour réaffirme sa détermination à soutenir les efforts déployés par l'ONU et les États membres pour offrir aux femmes et aux filles un avenir meilleur partout. Je vous remercie.
Je remercie la représentante de Singapour et donne la parole à l'Espagne.
Monsieur le Président, l'Espagne se félicite de la tenue de ce débat public. Merci à la présidence grèce.
Un débat axé sur les FPS, pilier essentiel pour réaliser une paix durable, inclusive et durable. Le programme FPS est un programme axé sur la prévention, une approche qui, pour nous, doit être une priorité dans toute l'architecture paix et sécurité. Si nous voulons Pour mesurer le degré de démocratie et de paix au sein d'une société, nous devons voir comment cette société traite les femmes et quelle place elle leur réserve. Ainsi, face aux revers infligés au programme, nous devons redoubler d'efforts pour asseoir sa mise en œuvre depuis le Conseil de sécurité, lequel doit intégrer systématiquement les questions de genre dans tous ses mandats. Au niveau national, régional aussi, nous devons agir au travers de l'adoption de plans d'action qui permettent de traduire les engagements internationaux en objectifs concrets, adaptés aux différents contextes. La protection des droits humains, des femmes et des filles doit rester une priorité dans le cadre de ces efforts. La communauté internationale ne peut pas se permettre la régression. en matière d'égalité de genre. Monsieur le Président, la mise en œuvre effective du programme FPS doit s'accompagner d'un effort pour assurer l'établissement des responsabilités face aux crimes fondés sur le genre, violences sexuelles liées au conflit notamment. En l'absence de reddition des comptes, on ne peut pas espérer une paix durable ni une réconciliation pérenne. Les organisations menées par les femmes ont un rôle clé à jouer dans la mise en œuvre du programme. Cependant, elles sont toujours plus victimes de menaces, de persécutions. La communauté internationale doit leur fournir un appui politique et financier, leur assurer une protection effective, notamment contre ceux qui veulent les réduire au silence. Permettez-moi d'évoquer l'initiative Hear Us, portée par l'Espagne, qui réunira le 23 novembre à Madrid des organisations afghanes pour appuyer leur lutte contre le régime d'apartheid institutionnalisé contre les femmes dans leur pays. Cette initiative est un exemple concret de l'engagement de l'Espagne en faveur du programme FPS, un engagement renouvelé cette année avec la publication du troisième plan d'action national. Ce troisième plan actualise les instruments de mise en œuvre pour faire face aux effets de la transition numérique, assurer le leadership des femmes et des jeunes et lutter contre l'impunité en cas de crimes de genre. Nous défendons la participation pleine, égale et effective des femmes à tous les processus de prise de décision. Sous le thème « bâtir la paix et la démocratie », l'Espagne a organisé en juin la cinquième conférence ministérielle de la politique étrangère féministe. Notre engagement passe aussi par un appui politique et financier à ONU Femmes. Au total, nous avons alloué plus de 13 millions d'euros cette année. Nous aidons aussi d'autres institutions et entités qui assurent la mise en œuvre du programme, tels que le Fonds femmes pour la paix et l'action humanitaire des Nations unies, qui soutient les organisations de femmes. Nous avons alloué 500 000 euros. La lutte contre l'impunité face aux crimes fondés sur le genre et la violence sexuelle liés au conflit est une priorité pour l'Espagne. Nous appuyons les efforts déployés à l'international pour lutter contre ce fléau. Nous devons soutenir la représentante spéciale sur la violence sexuelle en temps de conflit. Récemment, nous nous sommes engagés à allouer 100 000 € à ce bureau et avant la fin de l'année, nous verserons une contribution supplémentaire. Nous appuyons aussi l'action des mécanismes judiciaires qui luttent contre l'impunité face à ces crimes. Nous soutenons la Cour pénale internationale qui doit pouvoir s'acquitter de son mandat de manière indépendante, intègre et impartiale. Je conclurai en réaffirmant l'appui de mon pays à la mise en œuvre effective du programme FPS, convaincus que nous sommes que garantir la participation pleine et effective des femmes aux négociations, au processus de désarmement, aux parlements régionaux ou nationaux, aux académies policières et militaires signifie faire advenir des sociétés plus égalitaires et consolider une paix plus juste, inclusive et durable. Merci.
Merci au.
Représentant de l'Espagne pour son intervention. Je donne la parole au Portugal.
Merci, Monsieur le Président. Le Portugal remercie la Grèce d'avoir convoqué ce débat annuel. Merci aux intervenants pour leurs présentations éclairantes. Nous souscrivons à l'intervention de l'UE à titre national. Nous souhaiterions faire les commentaires suivants. Le dernier rapport du secrétaire général confirme que la situation est sombre. Il y a un nombre de conflits record, avec une forte incidence sur les femmes et les filles. Il y a une réticence ou une régression face aux droits des femmes et il y a les discours de haine. La participation des femmes au processus de paix a également diminué, et ce en dépit des données qui montrent bien que cela contribue à des paix plus durables. Nous approchons 26e anniversaire de la résolution 1325, nous devons nous demander: que devons-nous faire au cours des 25 prochaines années? Ce n'est pas qu'il y a un manque d'engagement. Le problème a trait à la mise en œuvre. Nous avons identifié quatre priorités. Premièrement, l'inclusion tout au long du processus de paix. Les femmes doivent pleinement participer à ces processus. C'est essentiel. les négociations de paix, mais également pour la prévention, l'alerte précoce, la médiation. Le Portugal a signé l'engagement commun du Secrétaire général. Nous nous sommes ralliés au Pacte pour l'action. Deuxième priorité: la protection, l'aide et le relèvement. Nous avons besoin de plus de prévention, de reddition des comptes, notamment pour ce qui est de la violence sexuelle liée aux conflits. Nous avons besoin d'un accès efficace à la justice. Il faut soutenir les survivantes et survivants. Nous avons besoin d'un financement souple et prévisible pour les organisations de femmes locales. Troisième priorité: intégration systématique de la perspective de genre dans les efforts de paix et de sécurité, notamment le relèvement et la reconstruction, la réforme du secteur sécuritaire, la justice de transition. Les opérations de paix évoluent. Une perspective de genre est essentielle pour protéger les femmes et les filles. Nous avons besoin de plus d'efficacité, cela ne doit pas se faire au détriment de ces engagements. Quatrième priorité: la mise en œuvre. Les plans d'action nationaux sont essentiels pour que les engagements aboutissent à l'action.
La parole au Koweït.
Monsieur le Président, Merci d'avoir organisé ce débat. Merci aux intervenants. Nous sommes aujourd'hui réunis alors qu'il y a une recrudescence des conflits, ce qui crée beaucoup de souffrances. Les femmes sont obligées de fuir leur maison. Elles sont privées de soins de santé, d'éducation. 25 ans après l'adoption de la résolution 1325, il y a un écart entre nos engagements et la réalité auquel les femmes font face. Selon le rapport du secrétaire général, les femmes ne représentent que 5 % des négociateurs dans 57 opérations de paix en 2025. Nous devons nous demander comment bâtir une paix durable si les femmes ne peuvent pas s'exprimer. toutes ces décisions qui vont façonner l'avenir des sociétés, Monsieur le Président. Il faut impliquer les femmes. Il faut commencer avant la survenue d'un conflit. Les femmes doivent contribuer à la prévention, la médiation. Leur participation doit continuer pendant les négociations, les processus de paix, la reconstruction, le relèvement. Il faut protéger les femmes. C'est une responsabilité qui exige de respecter le droit international, notamment le DIH, il faut protéger les civils et les infrastructures civiles, et il faut garantir l'acheminement de l'aide humanitaire sans obstacle. Et cela exige la reddition des comptes. Monsieur le Président, les besoins des femmes ne prennent pas fin avec la fin des conflits. Nous avons besoin d'un relèvement durable. Cela exige le retour de l'accès à l'éducation, à la santé. Il faut rétablir l'accès aux moyens de subsistance, voilà pourquoi il faut tenir compte des besoins et des priorités des femmes dans les efforts de reconstruction. Il faut qu'il y ait des débouchés professionnels, il faut renforcer leurs capacités pour que les femmes soient indépendantes, pour qu'elles puissent contribuer à un avenir pour leur famille et pour la société. Les technologies progressent rapidement, nous devons utiliser les outils numériques pour garantir la pleine participation des femmes dans la société, pour renforcer leurs capacités. Nous devons également combattre les menaces associées à l'espace numérique, le harcèlement, la désinformation. Ces menaces limitent la participation des femmes à la prise de décision. À l'échelle nationale, nous poursuivons nos efforts pour garantir la participation des femmes dans la prise de décision. Nous travaillons avec la Commission économique de notre région et avec nos comités nationaux pour développer plan d'action sur le programme Femmes, Paix et Sécurité. Ces efforts ont pour objectif d'intégrer les piliers du plan d'action ou du programme Femmes, Paix et Sécurité dans notre stratégie nationale pour renforcer la protection des femmes, conformément à la Vision à l'horizon 2035. Je souhaiterais rendre hommage aux femmes koweïtiennes qui ont montré au fil des décennies qu'elles jouent un rôle essentiel pour relever les nombreux défis. Depuis l'invasion de l'Irak, de l'État du Koweït, les femmes ont fait des sacrifices, ont contribué à la reconstruction, à la sécurité. Elles ont continué à contribuer et aujourd'hui, à l'aune des attaques iraniennes contre le Koweït, attaques qui ciblent les infrastructures et les installations civiles, qui menacent la sécurité des résidents et des civils, les femmes koweitiennes continuent, elles jouent un rôle, elles contribuent à lutter contre ces attaques. Nous souhaiterions réitérer les efforts des femmes à des postes de responsabilité. Les femmes ont contribué à la cohésion de la société. Tout cela montre que les femmes ne sont pas épargnées par les conséquences des crises et des conflits. Les femmes contribuent également à répondre à cette crise. Ce sont des partenaires de la résilience, et il est indispensable que sa voix puisse se faire entendre, Monsieur le Président. Nous n'avons pas besoin de plus de promesses. Nous avons besoin de protéger les femmes, protéger leurs droits, garantir leur accès aux services essentiels. Il faut qu'elles puissent contribuer à la prise de décision. Enfin, nous sommes prêts à travailler avec les États membres, l'ONU et nos partenaires pour que le programme Femmes, paix et sécurité aboutisse à des résultats concrets. Et nous pensons que la paix durable ne peut être bâtie sans les femmes. Je vous remercie.
Je remercie la représentante du Koweït pour son intervention. Je donne maintenant la parole à l'Arménie.
Merci à la présidence grecque et au ministre des Affaires étrangères, monsieur Gerapetritis, d'avoir convoqué ce débat sur le programme Femmes, paix et sécurité. Merci aux intervenants de leur contribution. Nous sommes ravis de voir qu'il y a des femmes qui se sont exprimée en tant qu'intervenante de marque. Aujourd'hui, au mois d'octobre dernier, la communauté internationale a marqué le 25e anniversaire de l'adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, une réalisation pour lutter contre l'impact des conflits armés sur les femmes et les filles. et pour leur donner un plus grand rôle dans la consolidation de la paix, la prévention des conflits, la reconstruction et le règlement post-conflit. Les statistiques présentées par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur cette résolution, ces statistiques montrent qu'il y a encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre le programme Femmes, paix et sécurité. Rien que l'année dernière, 756 millions de femmes et de filles vivaient à moins de 50 km d'un conflit armé et continuaient d'être touchées de façon disproportionnée par les déplacements, les conflits, la violence sexuelle, l'insécurité alimentaire et les perturbations dans l'accès aux services essentiels. Face à cette toile de fond, nous avons été à l'origine d'une résolution qui encourage les États à créer des mécanismes pour que tout le monde ait accès à des espaces pédagogiques et pour abattre les obstacles qui entravent l'égalité des genres dans le système éducatif. La santé physique et mentale des femmes et des filles est menacée, et ce, à travers le monde. Il y a une diminution des financements qui sont canalisés vers les organisations de femmes dans les pays en proie à des conflits. À cet égard, nous souhaiterions souligner qu'il faut mettre l'accent sur les besoins des femmes handicapées, puisque 23 % seulement des femmes handicapées sont employées par rapport à 46 % des femmes qui n'ont pas de handicap et 34 % des hommes. Monsieur le Président, Le plan d'action national de mon pays pour le programme Femmes, paix et sécurité à l'horizon 2027 est intitulé « Investir dans les efforts mondiaux pour la paix », avec un certain nombre de mesures pour encourager la participation des femmes à la prise de décision, pour prévenir la violence de genre et pour soutenir le relèvement post-conflit. Le programme Femmes, paix et sécurité est essentiel pour l'Arménie, pour apporter un soutien aux femmes touchées par les conflits, mais également pour veiller à ce que les femmes puissent avoir voix au chapitre. L'Arménie est en train de mettre en œuvre des mesures pour la paix dans la région. Les femmes doivent avoir un rôle à jouer dans les décisions qui concernent la paix et la sécurité. L'itinéraire TRIP va créer une connectivité économique et va produire des dividendes de la paix accessibles pour les femmes. Les organisations de femmes doivent faire davantage pour les initiatives de paix et la connectivité régionale. Monsieur le Président, dans ce contexte et selon le programme Femmes, Paix et Sécurité, l'Arménie promeut la participation des femmes à tous les aspects de la paix et de la sécurité, notamment l'aspect économique et la cybersécurité. Concernant la violence facilitée par les technologies contre les femmes et les filles, l'Arménie a entamé une résolution intitulée "Renforcer la coopération internationale pour promouvoir et protéger les droits des femmes et des filles dans le contexte des technologies numériques". Récemment, adopté par le Conseil des droits de l'homme. C'est une initiative importante qui vise à renforcer la coopération internationale pluripartite pour promouvoir et protéger les droits des femmes et des filles tout au long du cycle de vie des technologies numériques, pour combattre la discrimination et atténuer l'impact sur les droits humains. Nous sommes pleinement engagés en faveur de ce programme Femmes, Paix et Sécurité. Nous sommes convaincus qu'il faut garantir la pleine participation des femmes et des filles dans les processus de paix. C'est ce qui peut nous permettre de contribuer au maintien et à la promotion de la paix et de la sécurité. Merci.
Merci. Je donne la parole à la Tchéquie.
Monsieur le Président, Nous souscrivons à l'intervention prononcée au nom de l'UE et du groupe d'amis Fin du programme Femmes, paix et sécurité. Merci aux intervenants pour leur contribution. Plus de 25 ans après l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité 1325, les engagements existent déjà. Le défi, c'est de les mettre en œuvre de façon cohérente dans la pratique. Il faut mettre l'accent sur la pleine mise en œuvre des cadres existants. Il faut aboutir à des résultats mesurables et concrets. Le dernier rapport du Secrétaire général montre que les femmes sont sous-représentées dans les processus de paix et les processus politiques, alors que nous savons bien que leur contribution contribue à de meilleurs résultats. Les progrès sont limités. Il y a un écart important entre les principes agréés et la pratique. Les femmes doivent pouvoir participer pleinement, sur un pied d'égalité et véritablement aux négociations et à la prise de décision à tous les niveaux et à toutes les étapes, notamment au postes de responsabilité. Il faut abattre les obstacles et créer les conditions propices à leur pleine participation. Il faut également protéger les artisanes de la paix, les médiatrices, les défendeuses des droits humains, les représentants de la société civile face à l'intimidation, les menaces, les représailles et la violence facilitée par la technologie. Il faut également prévenir la violence sexuelle liée aux conflits et y répondre. Nous ne pouvons pas accepter l'impunité, la stigmatisation, le silence. Nous devons renforcer la prévention, les auteurs doivent rendre compte de leurs actes, les survivants doivent avoir accès à des services et à un accès à la justice. Monsieur le Président, la République tchèque promeut ces priorités grâce à notre plan d'action national, troisième édition, sur ce programme Femmes, Paix et Sécurité. avec une coordination entre les différents ministères et la société civile, avec le soutien de mécanismes de suivi et d'évaluation, mécanismes conçus pour suivre les progrès mesurables et générer des résultats tangibles. Le plan reflète également les enseignements tirés de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, notamment l'impact de ce conflit sur les femmes et les filles, l'impact des déplacements forcés, le besoin de renforcer la résilience nationale et le rôle des femmes dans la réponse à la crise, la stabilisation et le relèvement. Nous avons également la coopération pour le développement et l'aide humanitaire qui nous permet de contribuer à ce programme. Nous répondons aux besoins des femmes et des filles et garantissons leur protection avec des projets qui mettent l'accent sur la prévention de la violence de genre, la protection des femmes déplacées de façon forcée dans les contextes de conflit et de post-conflit. Le Conseil de sécurité doit montrer l'exemple. Il faut mettre en œuvre les cadres existants. les libellés agréés. Les progrès sont possibles. Nous devons faire fond sur ceux qui travaillent et adapter tout cela à différents contextes. Je vous remercie.
Je remercie la représentante de la République tchèque pour son intervention. Je donne la parole à Israël.
Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir convoqué ce débat. C'est C'est le jour de l'élection en Israël, et je souhaiterais dire qu'il y a beaucoup de femmes candidates qui étaient en lice pour la Knesset et qui contribuent à façonner l'avenir d'Israël. Notamment des mères qui ont perdu des fils le 7 octobre et qui ont décidé d'utiliser leur deuil pour se mettre au service de la nation. Une mère dont le fils s'est sacrifié pour protéger d'autres au festival de musique de Nova. Leur candidature constitue un acte de résilience. Des femmes qui refusent d'être des victimes de cette journée et qui décident de façonner la période à venir. Les femmes sont en première ligne de notre sécurité. 50% des opérateurs de la défense aérienne sont des femmes, 40% des agents de renseignement et de planification sont des femmes. 20% de de nos soldats sont des soldates. Nous rendons hommage aux jeunes soldates qui sont les agents de la sécurité à la frontière avec Gaza. Elles ont été enlevées et assassinées le 7 octobre. Nous rendons hommage à toutes les femmes qui ont souffert ce triste jour. Trois ans après, la coopération avancent dans la région, il y a des pourparlers directs entre le Liban et Israël, des pourparlers facilités par les États-Unis, des diplomates chevronnés qui étaient à la table des négociations des deux côtés, qui travaillent ensemble pour bâtir un avenir où aucun des deux pays n'est tenu otage par le Hezbollah. Israël est entouré par des menaces de toutes les directions: le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen, Le Hezbollah au Liban et le régime iranien, principal sponsor du terrorisme. L'Iran et ses affiliés s'opposent à ce programme Femmes, Paix et Sécurité, s'opposent à l'égalité, à la démocratie et à la paix. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour libérer toutes les femmes de la région face à ces groupes. leur violence, leur terrorisme. Ils terrorisent les femmes israéliennes, mais également palestiniennes, libanaises, yéménites et bien entendu les femmes iraniennes qui vivent sous l'oppression de ce régime qui s'oppose au programme Femmes, Paix et Sécurité depuis près de 50 ans. Nous avons également appris de nombreux enseignements le 7 octobre et à la suite du 7 octobre. Avec la Suisse et l'Allemagne, parrainons la création inédite d'une boîte à outils pour les secouristes dans le cadre de l'ONU DC, une boîte à outils qui repose sur notre expérience collective pour aider les survivants et les victimes de la violence sexuelle liée au conflit. L'objectif, c'est de donner aux secouristes et aux volontaires des des orientations pour veiller à ce que les preuves soient préservées lorsqu'il y a des motifs de croire qu'il y a eu des agressions sexuelles. Voilà comment Israël contribue à la protection et à la prévention. Je vous remercie.
Je remercie la représentante d'Israël de son intervention. Je vais maintenant donner la parole à la Lituanie.
Merci, monsieur le président. Je remercie la Grèce d'avoir convoqué ce débat qui arrive à point nommé. Merci aux intervenants pour leurs présentations. Le dernier rapport du secrétaire général sur le programme Femmes, paix et sécurité alerte que deux décennies de progrès sont en train d'être anéanties, des normes qui sont de plus en plus remises en cause, l'espace civique qui rétrécit. des organisations des femmes dans les zones en proie à des conflits qui ne reçoivent que 0,4 % de l'aide. Les femmes sont exclues de la prise de décision, des processus de paix, du relèvement post-conflit. Nous devons défendre les engagements consacrés dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité et les mettre en œuvre. La Lituanie est déterminée à le faire. À cet égard, je souhaiterais souligner trois priorités. D'abord, il faut garantir la pleine participation des femmes à la prise de décision à chaque étape, de la prévention des conflits à la consolidation de la paix, au relèvement. Cela exige de fixer des cibles de participation, de faire de la médiation, élaborer des équipes de négociation, présenter des rapports transparents. Tout cela doit être reflété dans les accords. Deuxièmement, Nous devons prévenir toutes les formes de violence à l'encontre des femmes et garantir la reddition de comptes. Le dernier rapport thématique du HCDH a documenté quelque 1 004 cas de violences sexuelles liées au conflit en Ukraine depuis février 2022, 89 % attribués aux autorités russes. Il est essentiel que les auteurs rendent compte de leurs actes. C'est essentiel pour la justice, pour éviter que cela ne se reproduise et pour bâtir une paix durable. Troisièmement, il faut protéger les militantes des droits des femmes, les journalistes, les artisanes de la paix, les dirigeants de la société civile et travailleuses humanitaires. Elles font face à des menaces, à l'intimidation, à des détentions arbitraires, à de la violence, notamment en Russie, au Bélarus, en Afghanistan, en Iran, Cuba, au Soudan, au Myanmar. Les États doivent garantir les conditions pour leur pleine participation dans la vie publique. Pour honorer ces engagements, nous avons besoin de financement durable. Nous avons besoin de financement pour les organisations de femmes. Ce programme fait partie intégrante de la résilience. Notre plan d'action national 2025-2029 se concentre sur quatre priorités: améliorer l'équilibre de genre dans la prise de décision, abattre les obstacles qui entravent la participation des femmes, promouvoir une politique de tolérance zéro pour la violence à l'encontre des femmes et intégrer la perspective de genre dans la politique étrangère et sécuritaire. La Lituanie est déterminée à mettre en œuvre le programme Femmes, Paix et Sécurité pour générer des résultats mesurables. Je vous remercie.
Je remercie le représentant de la Lituanie. Je donne maintenant la parole à l'Azerbaïdjan.
Monsieur le Président, Merci à la Grèce d'avoir convoqué cette réunion sur le programme Femmes, paix et sécurité. L'année dernière a marqué le 25e anniversaire de la résolution 1325, qui reconnaît la vulnérabilité des femmes et des filles dans les conflits armés. et qui reconnaît l'importance de leur pleine participation et implication dans tous les efforts pour maintenir et promouvoir la paix et la sécurité. Hélas, les conflits armés continuent d'avoir une incidence disproportionnée sur les femmes et les filles à travers le monde. Des violations continuent, il y a le non-respect des obligations internationales, le manque de reddition des comptes en cas de violation du DIH et du droit international des droits humains. À plusieurs reprises, Les États membres ont réitéré leur engagement en faveur de l'accélération du programme Femmes, Paix et Sécurité, notamment dans les zones de conflit. Les conséquences humanitaires des conflits armés exigent un soutien international pour répondre aux besoins des populations. notamment les femmes et les filles, telles que reconnues dans la résolution 2474 du Conseil de sécurité. En dépit de la fin du conflit qui dure depuis des décennies et les progrès accomplis pour promouvoir l'agenda pour la paix dans la région, nous ne connaissons toujours pas le sort de milliers d'Azerbaïdjanais qui sont portés disparus à la suite du dernier conflit armé, et c'est pour nous une préoccupation humanitaire. Il faut connaître le sort des personnes disparues, il faut poursuivre les efforts internationaux en la matière, c'est essentiel pour l'Azerbaïdjan. Voilà pourquoi mon pays accueille des conférences internationales annuelles, notamment le Dialogue de Bakou sur les personnes portées disparues, consacrées à cette question. L'Azerbaïdjan a également entamé une résolution de l'Assemblée générale sur les personnes portées disparues et la Commission de la condition de la femme intitulée « Libération des femmes et des enfants pris en otage, notamment ceux qui ont été emprisonnés dans les conflits armés ». Monsieur le Président, dans la période post-conflit, l'Azerbaïdjan a procédé à des efforts de reconstruction et de réhabilitation à grande échelle pour permettre aux personnes déplacées d'exercer leur droit au retour, un retour volontaire, digne et sûr dans leur lieu d'origine. Grâce à ce programme, des mesures ont été prises pour permettre aux femmes et aux filles de participer pleinement au processus de reconstruction. Ces efforts sont néanmoins sapés par la menace que font peser les mines antipersonnel et d'autres restes de guerre. Depuis novembre 2020, 433 personnes, notamment des femmes et des enfants, ont été victimes d'incidents liés à des mines, et ces chiffres continuent d'augmenter. Voilà pourquoi nous avons besoin d'une aide internationale pour renforcer les capacités de déminage et soutenir les efforts de déminage. En dépit de ces difficultés, quelque 96 000 personnes ont déjà pu rentrer chez elles. Elles vivent dans des villes qui ont été reconstruites et dans des villages grâce aux mesures prises par le gouvernement. En guise de conclusion, nous réitérons l'importance de l'autonomisation des femmes et des filles dans les contextes post-conflit, conformément aux cadres normatifs internationaux et nationaux. Et je vous remercie.
Je remercie la représentante de l'Azerbaïdjan pour cette intervention et je donne maintenant la parole au représentant de la Ligue des États arabes.
Monsieur le Président, mon ambassadeur va arriver dans un instant. Si vous me donnez 30 secondes, il sera sur place.
Très bien, je donne la.
Parole à Son Excellence, Monsieur Oussama Mahmoud Abdel Khalek Mahmoud, observateur permanent de la Ligue des États arabes.
Je vous remercie, Monsieur le Président. Nous vous remercions d'avoir convoqué ce débat consacré aux femmes et à la paix et à la sécurité, 25 ans après l'adoption de la résolution 1325. Il faut encore traduire les engagements en mesures concrètes, garantir la protection des femmes et des filles et la participation sûre, égale et équitable des femmes aux efforts de prévention, de règlement des conflits et de construction de la paix. Au vu de l'occupation israélienne continue et des violations imposées au peuple palestinien, au vu des crises au Yémen, au Soudan, qui imposent un fardeau aux femmes et aux filles et qui intensifient les risques de violence, de déplacements et qui risquent de les priver d'accès aux services essentiels, il nous faut garantir une protection, un accès aux services de santé essentiels. Les auteurs de violations doivent rendre des comptes conformément au droit international. La Ligue des États arabes appuie la mise en œuvre du programme FPAS grâce à une stratégie régionale et en appuyant les États membres pour élaborer des plans d'action en coopération avec les partenaires de l'ONU. La Ligue travaille avec, a renforcé le rôle du réseau de médiateurs, nous tâchons de. Cela est complété par. Est complété par une coopération avec les mécanismes de l'ONU. Afin d'avancer, il nous faut nous concentrer sur quatre priorités liées. Tout d'abord, garantir la participation effective des femmes à la médiation, négociation et prise de décision. Il faut appuyer les femmes leaders. les protéger face aux représailles. Deuxièmement, financement souple et prévisible. Les plans d'actions nationaux, les organisations pilotées de la femme doivent recevoir des financements avec des résultats mesurables pour que les engagements produisent un impact réel sur la vie des femmes. Troisièmement, renforcer la redevabilité pour les violations commises à l'encontre des femmes. Les victimes doivent avoir accès à la justice, aux services de santé et de justice, notamment dans les situations de déplacement et pour les réfugiés. Ensuite, les technologies à l'appui de la protection des femmes tout en luttant contre les violences et la protection numérique tout en préservant les droits humains. Les efforts de développement durable, de lutte contre le changement climatique doivent être pris en compte dans cet effort. Il nous faut une paix durable. Nous sommes attachés à travailler avec l'ONU, les États membres et les partenaires pour traduire les engagements de la résolution 1325 et permettre une réelle protection et une redevabilité. Je vous remercie et toutes mes excuses pour mon retard.
Je remercie Monsieur Mahmoud, je donne la parole à Son Excellence Madame Liberata Mulamula, envoyée spéciale de l'Union africaine consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité.
Je vous remercie, monsieur le Président. Bonjour. Je remercie la Grèce d'avoir convoqué ce débat public. Je remercie le secrétaire général et la Directrice exécutive de l'ONU Femmes, Madame Sima Bahous, et je remercie les intervenants de la société civile de leurs interventions. Il y a 26 ans, Monsieur le Président, la résolution 1325 a été appliquée en Afrique. La Déclaration de Windhoek de mai 2000 a jeté le socle de la résolution 1325. Cinq mois plus tard, sous la présidence namibienne, le Conseil a affirmé que les femmes ne sont pas que victimes des conflits, mais des acteurs, actrices de la paix. Ça a été répété par d'autres. Et c'est d'ailleurs le Liberia Les femmes du Libéria qui ont mis fin à la guerre civile, et ce sont les femmes du Soudan qui ont pu, qui aujourd'hui occupent un siège à cette table. Pourtant, nous l'avons entendu. En 2025, les femmes ne représentaient que 5% des négociateurs dans les processus de paix. Quelque 550 millions de femmes et filles vivent près de zones de conflit. Au Soudan, dans l'Est de la RDC, au Sahel, en Somalie, les violences sexuelles, le déplacement et l'exclusion perdurent. Nous ne manquons pas aujourd'hui d'engagements, mais ces derniers doivent être mis en œuvre. En octobre, l'Afrique est revenue à Windhoek, avec la déclaration de Windhoek+25 qui appelle à des changements majeurs, de passer de la représentation à l'application, des engagements à la redevabilité, et des déclarations aux investissements pérennes. Et dans cet esprit, monsieur le Président, l'Union africaine propose 6 demandes. Numéro 1. Protéger. Protéger ce qui a été approuvé. Le libellé sur les femmes et les filles doit être préservé. Le libellé approuvé et la base de notre engagement, nous ne devons pas l'abandonner dans les négociations. Deuxièmement, il faut protéger l'expertise. Les conseillères ne doivent pas être les premières victimes des coupes de budget. Et pour les opérations en appui de l'Union Africaine, Pour la résolution 2719, l'expertise des femmes doit être intégrée dès le départ. Monsieur le Président, troisièmement, nous devons placer les femmes à la table des négociations. Pour le Soudan, l'est de la RDC, le Sahel, les femmes doivent pouvoir participer directement, ça a été dit maintes fois. Pas en marge des consultations, ou pas en marge ou pas dans le cadre de consultations. Et enfin, il faut rétablir l'identité juridique de celles qui sont devenues invisibles, ou de ceux, plutôt, les enfants nés de viol dans les conflits, qui souvent n'ont pas d'état civil, alors qu'il faut le nom du père, ce qui les prive d'un statut. d'accès à l'école, à la santé, à l'aide. Les femmes qui prennent la route de l'exil perdent leurs papiers et ainsi l'accès à l'aide, aux terres et à la justice, et de transmettre leur citoyenneté à leurs enfants. Nous avons la Charte africaine de l'enfant, Convention de Kampala, qui concerne et la documentation sur la déclaration de la nationalité. Aujourd'hui, il nous faut mettre en œuvre. Et cinquièmement, c'est mon dernier point, Monsieur le Président, les femmes doivent être entendues dans cette salle. Il faut les protéger face aux représailles lorsqu'elles s'expriment dans cette salle. Et enfin, il faut financer la paix au de manière aussi importante qu'on dépense la guerre, alors que les dépenses militaires sont de 2300 milliards de dollars. Il nous faut un budget qui tienne compte de la dimension du genre, des financements souples pour les organisations africaines pilotées par les femmes et les organisations du monde entier. En ce qui nous concerne, nous seront à la hauteur grâce à notre cadre régional, grâce au réseau des leaders africaines, nous continuerons à investir pour la prochaine génération de médiatrices africaines. Les femmes mènent les négociations, dirigent des nations, Non pas comme une exception, mais comme une expression de l'égalité. Pour qu'aucun enfant n'ait pas à être exclu de la scolarité, de la nationalité. Dans une Afrique marquée par la dignité des communautés. Et enfin, les femmes qui ont inspiré la résolution 1325. se sont battus, non pas simplement pour un siège à la table de négociation, mais pour définir l'avenir de leur société. Les 25 prochaines années devront être marquées non pas par les résolutions adoptées, non pas par les déclarations faites, mais par les promesses honorées. Monsieur le Président, je vous remercie de votre attention. Et je remercie les membres du conseil de leur attention, je vous remercie et bonne soirée.
Je remercie Son Excellence Madame Mula Mula. Il reste un certain nombre d'orateurs inscrits à la liste d'orateurs. Si les membres du conseil en conviennent, je propose que nous suspendions la séance jusqu'à 15h20. 28 octobre 2026, la séance est suspendue.
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